samedi 7 juillet 2018

STEVEN WILSON – Olympia, Paris - 07/07/2018



Cette troisième série de dates pour la tournée "To the Bone" a déjà permis à Steven de s'exprimer notamment devant le public du Hellfest (vendredi). Le choix fut difficile, mais je ne suis pas allé à ce rendez-vous. D'autres opportunités se sont offertes heureusement à moi ; d'abord assister à sa très bonne prestation au festival Retro-C-Trop dimanche dernier, puis d'assister à ce retour à l'Olympia. C'est ainsi que j'ai la chance d'assister une quatrième fois à la promotion de cet opus.
Je savais que le principe d'une "soirée avec Steven" en deux actes était maintenu, mais en revanche j'avais un doute sur sa volonté à proposer un programme différent du printemps dernier. Bien qu'admirateur absolu de l'œuvre du Monsieur, j'étais d'autant plus inquiet que son concert de mars avait privé le public parisien de "Song of Unborn", sublime titre du dernier opus auquel je tiens tout particulièrement. J'attendais donc au moins l'interprétation de ce titre, faute de quoi le Steven m'aurait vraiment déçu pour la première fois (Il en faut bien une me direz-vous…)
Il était par ailleurs assez intéressant de jauger l'évolution de la notoriété de Steve, en observant l'état de remplissage de la salle et la perception du public. Car l'auditoire est cette fois composé de quelques nouveaux venus qui avaient été séduits par la campagne de promotion, sans pouvoir accéder au concert de mars, qui affichait complet mais bien avant la promotion dans nos "augustes" médias…
Fort heureusement, pas de (mauvaise) surprise au niveau du groupe ; outre les fidèles Nick Beggs à la basse, et Adam Holzmann aux claviers, nous retrouvons Craig Blundell (batterie) et Alex Hutchings (guitare) qui entourent Steven dans la joie et la bonne humeur (enfin, à ce qu'il me semble bien sûr). Je ne m'étendrai pas sur les talents de ces musiciens que Steven a le bon goût de savoir recruter (mais pas toujours de savoir garder, hélas…). Ce concert ne pouvait que confirmer mes récentes observations.
Pour une fois, j'avais pris un siège situé plus en retrait sans être trop éloigné, face au milieu de la scène. Connaissant le principe d'une partie du spectacle, qui consiste à utiliser le rideau transparent pour y diffuser des images, je m'assurais ainsi d'avoir le recul nécessaire pour apprécier la globalité du spectacle et surtout apprécier davantage le son. En effet, à me précipiter trop systématiquement sur les premiers rangs tel un fan transi (et, disons-le franchement abruti), je me retrouvais trop souvent le nez sur le rideau et les oreilles à proximité des enceintes. Là, au moins je peux affirmer d'une part que la sonorisation, quoiqu'un peu surpuissante, fut excellente (d'autres auditeurs diront même, meilleure qu'en mars) et, d'autre part que les images illustrant les titres sur le rideau (notamment sur "Song of I") comme en fond de scène sont d'un esthétisme soigné.
A l'instar de trois précédents concerts, je revois le court-métrage introductif "Truth" qui (je le rappelle pour le nouveau lecteur) évoque les dangers de l'interprétation des images par des commentaires brefs et décalés.
Lors du premier acte, si Steven choisit de débuter avec trois titres issus de "To the Bone" (dont le titre éponyme qui avait été oublié lui aussi du concert de mars), en revanche il enchaine avec sept titres du précédent opus "Hand Cannot Erase". Beaucoup de plaisir donc, mais afin de ne pas être suspecté d'angélisme je ferai part de quelques observations. D'abord, toujours pas de Ninet Tayeb en personne pour interpréter "Pariah" ; la diva commence à m'agacer grave, le public doit se contenter d'une bande-son accompagnant son minois en gros plan sur le rideau. Perso, j'apprécie moyennement. Je ne comprends pas l'obstination de Steven, à moins qu'il ne soit fada de la dame… Ensuite, lors des soli, sur "Routine" et "Ancestral" notamment, je ne parviens pas à oublier la virtuosité, la finesse de jeu, la sensibilité de Guthrie Govan (le guitariste sur l'opus HCE et sa première partie de tournée). Cette légère obsession n'a pas vraiment gâché mon plaisir mais c'est juste que ma mémoire entend autre chose que ce que je vois interpréter. C'est tout le problème du luxe, quand on en est privé, on a du mal à s'en passer, on devient aigri. Mais bon, ne restons pas sur cette impression, Alex est aussi un très bon guitariste, c'est certain ; le groupe est parvenu à évoquer avec bonheur cet album d'anthologie.
Durant le second acte, Steven revient à "To the Bone" avec cinq titres. Cependant, le superbe "Don't Hate Me", dans sa version de "Stupid Dream", s'intercale d'autant plus judicieusement qu'il nous épargne les miaulements dispensables subit dans la reprise de "". Une fois de plus, nous aurons droit à son (trop) habituel "je suis désolé d'écrire des chansons tristes". Ça devient lourd. Vous me direz que je pourrais aussi m'abstenir de le voir quatre fois en une tournée, et vous n'auriez pas tort. Même laïus pour "s'excuser" de jouer un titre pop en référence à son adoration pour des groupes tels qu'ABBA… Mais, bon public, on rit puis on se détend sur "Permanating", titre qui me procure malgré tout un étrange malaise. Non pas que je n'aime pas cette chanson ; mais depuis quinze années à écouter du mélancolique, du déprimant avec lui, j'ai un peu de mal à sourire à la vie pendant ses concerts… Ça viendra peut-être mais là c'est un peu dur, quoi. Mais bon, fort heureusement, cet état d'âmes n'est que temporaire, cette deuxième partie est somptueuse également ! Elle se clôt en pure folie avec "Vermillioncore" et "Sleep Together".
En amont du présent récit j'évoquais un regard sur la salle et ses occupants. La salle est bien pleine, mais pas complète ; quelques sièges sont vacants ici et là mais sans toutefois ternir l'impression d'une belle occupation. En revanche, je me suis amusé à regarder du coin de l'œil et à écouter du coin de l'oreille, les auditeurs manifestement nouveaux, et curieux d'examiner la nature de ce mystérieux va-nu-pied ! J'ai bien perçu toute la fragilité de leur démarche dans les conversations pendant l'entracte. Fatalement, ils n'ont pas résisté à l'assaut final ; "Vermillioncore" les a traumatisés et "Sleep Together" les a fait fuir, profitant de l'obscurité ! Le nombre de fauteuil vacants fut (relativement) plus important lorsque l'éclairage fut rétabli ! Ah évidemment, mes p'tites cailles, ici on n'est pas chez Nagui, ni à RTL2 hein ! Sacré Steven, va !! Il va avoir encore du boulot s'il veut séduire les chastes oreilles franchouillardes ! hahahaha !
Lorsque nous réclamons un rappel, je réalise que je n'ai toujours pas obtenu MON TITRE, celui qui a été accordé à d'autres salles, pas la mienne. Je peste à l'idée qu'il me lèse à nouveau, …grrrr. Sous le coup de l'agacement sans doute, je trouve sa reprise de "Blackfield" un peu fade. "Postcard" à peine mieux, dans les deux cas je préfère nettement leur version d'origine (que j'ai déjà entendue en concerts, dans les deux cas). Mais "The Sound of Muzak", avec ses rythmes chaloupés, tempère ma mauvaise humeur ; j'adore chaque titre de "In Absentia" qui demeure mon opus favori, toute ère confondue de SW.
Lorsqu'enfin Steven daigne annoncer en dernier lieu "Song of Unborn" c'est avec un immense soulagement que je me cale profondément dans mon fauteuil pour déguster cette chanson aux mélodies parfaites et mélancoliques. Ce titre et "From 44 to 48" écrit pour Blackfield, sont ceux que je préfère parmi ses créations de ces deux dernières années (il ne faudrait pas remonter plus loin dans le temps, car cela deviendrait trop compliqué !).
Encore une superbe soirée en compagnie de Monsieur Steven WILSON, qui m'a fait vivre une nouvelle fois une bonne dose d'émotions.

PROGRAMME

ACTE 1: (20:00)
Introduction mini-film "Truth"
To the Bone (To the Bone, 2017)
Nowhere Now (To the Bone, 2017)
Pariah (To the Bone, 2017)
Home Invasion (Hand Cannot Erase, 2015)
Regret #9 (Hand Cannot Erase, 2015)
Routine (Hand Cannot Erase, 2015)
Hand Cannot Erase (Hand Cannot Erase, 2015)
Ancestral (Hand Cannot Erase, 2015)
Happy Returns (Hand Cannot Erase, 2015)
Ascendant Here On... (Hand Cannot Erase, 2015).
(pause : 21:10-21h30)
ACTE 2:
People Who Eat Darkness (To the Bone, 2017)
Don't Hate Me (Stupid Dream, Porcupine Tree, 1999)
Permanating (To the Bone, 2017)
Song of I (To the Bone, 2017)
Refuge (To the Bone, 2017)
The Same Asylum as Before (To the Bone, 2017)
Vermillioncore (4½, 2016)
Sleep Together (Fear of the Blank Planet, Porcupine Tree, 2007).

RAPPEL:
Blackfield en acoustique (Blackfield, 2004)
Postcard en acoustique (Grace for Drowning, 2011)
The Sound of Muzak (In Absentia, Porcupine Tree, 2002)
Song of Unborn (To the Bone, 2017).
(fin : 23:07)
Au moment où je rédige ce récit, j'apprends qu'une quatrième série de concerts pour cette tournée TTB est prévue début janvier, mais en province. J'incite les concernés à s'y rendre, pour ma part j'ai le sentiment d'avoir (pour l'instant) reçu ma dose avec ce que je voulais entendre. L'année 2019 commence déjà à se remplir par ailleurs…

jeudi 5 juillet 2018

IRON MAIDEN – POP BERCY - 05/07/2018



Déjà cinq années que IRON MAIDEN n'est plus revenu au POP de Bercy ! Il est vrai toutefois que depuis ils sont passés au Download Festival en 2016. Les revoilà donc pour deux soirées de suite (les 5 et 6 juillet) et ce, dix jours avec avoir rassemblé une foule immense au Hellfest de Clisson !! Compte tenu de mon calendrier déjà bien chargé (…), j'ai opté pour le premier soir.

19H30 : THE RAVEN AGE. Ce groupe heavy metal anglais s'est formé à Londres. Il est conduit par George Harris (guitares, depuis 2009), fils de Steve… Bon, ce n'est pas certes jamais facile d'être "fils de", en particulier dans le milieu artistique, alors on ne va pas l'accabler par des comparaisons inopportunes. Mais cette filiation explique tout de même sa présence ce soir en ouverture de soirée, à l'instar de celle de Rise To Remain en 2011…
Le groupe est par ailleurs composé de Matt Cox (basse, chœur, depuis 2012), Jai Patel (batterie, depuis 2013), Tony Maue (guitares, depuis 2017) et Matt James (chant, depuis 2018). Ils ont à leur actif un opus "Darkness Will Rise" paru en 2017, et un mini album "The Raven Age", paru en 2014.
The Raven Age nous aura produit une bonne prestation mais toutefois pas de nature à me laisser un souvenir impérissable… Je n'ai pas trouvé de motif d'enthousiasme particulier mais je veux bien admettre que mon impression fut fondée en rapport avec ma position inhabituelle au fond de cette arène. Ils ont bien chauffé la salle comme on dit …
PROGRAMME
Betrayal of the Mind
The Merciful One
Promised Land
The Death March
Salem's Fate
Surrogate
My Revenge
Angel in Disgrace.
A ce niveau, et indépendamment des qualités de ces invités au demeurant fort sympathiques, je ne peux pas m'empêcher de me rappeler que IRON MAIDEN nous avait habitué à des invités d'un autre calibre. Je me rappelle avec une vraie nostalgie de : BLACKFOOT en 1982, MSG en 1983, MOTLEY CRUE en 1984, ANTHRAX en 1990, HELLOWEEN en 1998, MEGADETH en 1999, SLAYER en 2000, ou encore AVENGED SEVENFOLD en 2008. Au risque de passer pour un vieux con, moi je l'assume et je le dis ; c'était mieux avant !

L’imminence de l'extinction des feux avant le concert de Maiden est, comme d'habitude, prévenue par le titre d'anthologie de U.F.O. “Doctor, Doctor" ; l'impatience du public est à son comble ! Dix jours après les avoir revus au Hellfest, mon envie est intacte ! Le Discours de Churchill dans le noir fait monter encore la pression… Un Spitfire surgit face à un auditoire en frénésie générale ! D'autant plus lorsque Bruce bondit sur la scène coiffé d'un casque d'aviateur d'époque et revêtu d'une veste adéquate !
21h : IRON MAIDEN. Après plus de trente-sept années de fidélité, je revois IRON MAIDEN pour leur vingt-deuxième concert, retrouvant ainsi Steve Harris (basse, chœur depuis 1975), Dave Murray (guitares, depuis 1976), et Adrian Smith (guitares, chœurs depuis 1980). Bruce Dickinson (chant depuis 1981), et Nicko McBrain (batterie, depuis 1982) qui ont rejoint le groupe dans les années 80 font désormais bien entendu pleinement partie de l'Histoire. Je vais peut-être saouler le lecteur de mes récits, mais je maintiens ma perplexité sur la présence de Janick Gers (guitares, depuis 1990). Voilà pour les présentations.


Les admirateurs de la Vierge de Fer sont encore gâtés pour cette tournée "Legacy of the Beast", car si la mise en scène est, comme d'habitude, très soignée, cette fois le surplomb de la scène par un Spitfire à 90% de sa taille réelle impressionne d'emblée l'auditoire. "Aces High" n'aura jamais été aussi bien illustré !!! Bien d'autres décors réussis alterneront avec notamment de nombreux effets pyrotechniques et, en fond de scène, des représentations empruntant souvent au style religieux, tels que des vitraux. Pour le reste, maintien des "classiques" ; Eddie intervient dans une simulation burlesque de combat au sabre contre Bruce, et la tête d'Eddie finit par émerger derrière les fût de Nicko. Bruce ayant affirmé que le spectacle aurait quelques ajouts par rapport à celui du Hellfest (auquel j'ai assisté, pour celui qui n'a pas tout suivi), je n'ai pas observé d'évolution notable… mais bon, peu importe car le tout apporte une réelle satisfaction.
Bien entendu et fort heureusement, l'intérêt du concert ne se limite pas aux effets spéciaux, même s'ils entretiennent l'impression d'un spectacle réussi. Du fond de l'ovale, en gradin où j'étais placé, la sonorisation m'a paru très bonne, après avoir été un peu brouillonne durant les toutes premières minutes ; mais ca c'est comme d'hab' …
Mes impressions ressenties le 24 juin dernier au sujet de la prestation de Bruce sont confortées. Il aura 60 ans le 7 aout ; sa prestance énergique est impressionnante, et sa voix semble encore s'améliorer (en dépit du cancer de sa langue, qu'il semble avoir surmonté). Je confesse l'avoir sous-estimé pendant les années 80 durant lesquels je nourrissais l'amertume du départ de son prédécesseur Paul Di'Anno. Mais avec le recul, je reconnais avoir été injuste ; l'attitude et la voix de Paul était parfait pour le style musical du groupe à l'époque mais Bruce a contribué à faire évoluer le concept voulu par Steve. Omnipotent, ces nombreuses compétences rendent parfois des services inattendus comme celui de pouvoir piloter leur avion de tournée ! Son caractère affirmé l'a certes amené à une infidélité au groupe (1993-1999), mais on lui pardonne au regard du regain de notoriété apporté par son retour. Pardonné d'autant plus facilement qu'il se montre encore ce soir francophile (bien qu'eurosceptique d'après ce que j'ai lu…) en tentant de parler quelques mots dans la langue de Molière lors de la présentation du titre "The Clansman" portant sur la Liberté.
Je conserve un peu le même scrupule à l'égard de Nicko McBrain (ex-batteur de Trust et de Pat Travers Band), qui a longtemps pâti de mon amertume du départ du précédent batteur Clive Burr. Il faut dire qu'à l'époque je n'aurais pas garantis la future la carrière du groupe ; le moindre changement d'effectif alimentait la crainte d'un arrêt définitif. Et pourtant, … là encore Steve avait vu juste car Nicko s'est avéré indispensable à la poursuite de l'aventure avec toutes ces tournées mondiales ! Il a eu 66 ans le 5 juin dernier ; sa bonne humeur, sa technique irréprochable et son énergie continuent à rythmer très efficacement les grand-messes comme celle d'aujourd'hui !
Les duos de guitares de Dave Murray et Adrian Smith, à la fois mélodiques et rageurs contribuent au son distinctif d'IRON MAIDEN et enivrent mes sens toujours de la même manière. La troisième guitare tenue par Janick Gers (véritable pantin désarticulé dont les gesticulations semblent vouloir démontrer la solidité de la sangle de sa guitare) me paraît toujours dispensable mais j'observe cependant qu'il assure désormais quelque soli réussis.
Et que dire de Steve Harris qui, a 62 ans, peut être fier de sa création. A ce jour, il parvenu à maintenir une cohésion satisfaisante. En bon père de famille, il a toujours su accepter (ou obtenir) le retour de ses enfants prodigues … Quant à son talent musical personnel, il suffit d'écouter son pupitre de basse pour jauger son degré de technicité et d'habileté ; ca tricote le manche avec virtuosité et constance, un vrai régal pour mélomane averti !
Le programme, à l'instar du spectacle, ne diffère pas de celui du Hellfest, mis à part l'inversion des titres en rappel… L'accent est mis sur l'album "Piece of Mind" avec quatre titres et sur "The Number of the Beast" avec trois titres ; ces opus sont effectivement honorables puisqu'ils ont assurément propulsé IRON MAIDEN au stade de groupe planétaire !
PROGRAMME
Aces High (Powerslave, 1984)
Where Eagles Dare (Piece of Mind, 1983)
2 Minutes to Midnight (Powerslave, 1984)
The Clansman (Virtual XI, 1998)
The Trooper (Piece of Mind, 1983)
Revelations (Piece of Mind, 1983)
For the Greater Good of God (A Matter of Life and Death, 2006)
The Wicker Man (Brave New World, 2000)
Sign of the Cross (The X Factor, 1995)
Flight of Icarus (Piece of Mind, 1983)
Fear of the Dark (Fear of the Dark, 1992)
The Number of the Beast (The Number of the Beast, 1982)
Iron Maiden (Iron Maiden, 1980)

Rappel:
Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast, 1982)
Run to the Hills (The Number of the Beast, 1982)
The Evil That Men Do (Seventh Son of a Seventh Son, 1988).


De façon aussi traditionnelle que l'introduction, la chanson “Always Look on the Bright Side of Life” met un terme à tout espoir de second rappel. Mais pas d'inquiétude, IRON MAIDEN n'est pas prêt d'arrêter, manifestement ils ont encore envie ; ça tombe bien, moi aussi !

dimanche 1 juillet 2018

RETRO C TROP FESTIVAL – LE 1er JUILLET 2018 – CHATEAU DE TILLOLOY (80)



Mon calendrier des événements étaient trop chargé pour que je puisse inscrire ce festival dans mes prévisions. J'avais donc renoncé, à mon grand désespoir, à revoir Steven à cette occasion.
Mais, foi de Bélier, une petite flamme veillait dans mon esprit ; la convergence de plusieurs facteurs favorables pouvaient me permettre in extremis de me rendre au moins à la seconde journée, celle où (ô, joie) Steven joue ! N'étant pas féru d'astrologie, je confesse avoir fortement espéré un alignement favorable de planètes et autres satellites…

Le premier facteur nécessaire s'est déroulé conformément à mes vœux ; le décollage à l'heure de mon avion de Barcelone, suivi d'un bus pas trop lent (quoique) pour rentrer sur Paris avant midi.
Un deuxième facteur restait à surmonter (mais je nourris volontiers quelques scrupules à m'en plaindre) ; une grosse fatigue causée par l'accumulation des derniers jours de travail avec les trois journées de festivals et un concert … pour surmonter cet écueil, il fallait toute ma passion de mélomane mais aussi l'envie de retrouver des amis qui avaient prévu de s'y rendre.
Alors hop ! Ce sera bien le premier ticket de festival que j'aurai acquis sur place !

Arrivé à 14h15, je me réjouis de pouvoir garer facilement ma voiture sous un temps ensoleillé et chaud, avec un petit vent agréable. Tout se déroule comme prévu !


15h00 : ANGE. A cette heure de la journée, devant la scène il reste un petit angle à l'ombre ; j'arrive à temps pour m'y placer afin de me ménager après toutes ces émotions. Les conditions sont donc proches de l'idéal pour revoir ces musiciens français qui m'avaient déjà bien séduit le mois dernier au Café de la Danse.
Je retrouve donc Christian Décamps (chant, claviers depuis 1970, seul membre fondateur donc), Tristan Décamps (claviers, voix depuis 1997 et fils du premier), Hassan Hajdi (guitare depuis 1997), Thierry Sidhoum (basse depuis 1997), et Benoît Cazzulini (batterie depuis 2003).
Les textes en français sont indéniablement un point fort de ce groupe atypique. Les limites vocales de Christian sont négligeables si l'auditeur veut bien écouter les textes et des mélodies. De surcroît, Tristan (davantage discret qu'au café de la Danse) soutient son père avec une voix surprenante de volume, et de charge émotive.
Une très bonne section rythmique met en valeur la virtuosité d'Hassan qui exprime avec bonheur son influence notable de Jimi Hendrix.
Leur prestation en extérieur ne diffère pas de l'intérieur, et ne peut que confirmer mes premières impressions enthousiastes. D'ailleurs, le talent d'Hassan Hajdi m'était déjà apparu en extérieur aussi puisque c'était au RaismesFest (le 9 septembre 2017). J'ai déjà hâte de les revoir sur la scène du Loreley dans quinze jours, pour leur première prestation en Allemagne !


PROGRAMME
L'autre est plus précieux que le temps (Heureux !)
Aujourd'hui c'est la fête chez l'apprenti-sorcier (Le Cimetière des arlequins)
Jour de chance pour un poète en mal de rimes (Heureux !)
Quasimodo (Rêves-parties)
Vu d'un chien (Vu d'un chien)
Capitaine cœur de miel (Guet-apens)
Ces gens-là (reprise de Jacques Brel).


16h30 : THE SELECTER. Voilà un groupe britannique, survivant de l'époque où le ska faisait dandiner moult rocker en manque d'exotisme dans les années 80. Encore que, le mot "groupe" est exagéré puisque seule Pauline Black est là depuis le début, au chant. Il faut lui reconnaitre une sacrée volonté puisqu'en 2017, the Selecter sortait un dix-neuvième album, depuis 1980 !

La dame est entourée d'une respectable section de cuivres et de la section rythmique adéquate. Ces sonorités de reggae accéléré me rappellent mes propres souvenirs de l'époque et, au début je trouve cela plutôt sympa… mais ensuite, je finis par me lasser de ces rythmes un peu trop répétitifs.
Mes oreilles sont devenues trop exigeantes sans doute ; le prog' s'y est installé au détriment du reste …
Mais bon, ce désintérêt relatif me permet d'aller me mettre à l'ombre du petit bois dans lequel ont été installés astucieusement des fontaines et un coin toilette. Au travers des branchages, je continue à avoir un œil curieux sur la scène et sur le public qui se déhanche.


18H15 : BUZZCOCKS. Encore des survivants britanniques ! … mais cette fois-ci issus du front punk-rock. Pete Shelley (chant, guitare, depuis 1976), et Steve Diggle (guitare, chant, depuis 1977), sont désormais entourés de Chris Remington (basse, depuis 2008) et Danny Farrant (batterie, depuis 2006). En 2014, est paru "The Way" leur onzième album depuis 1977.
Voilà du rock qui agite les neurones en cette fin d'après-midi et cela fait du bien ! Ce rock abrupt n'est pas au gout de nombreux festivaliers qui du coup vont se mettre à l'ombre, à leur tour. Mais il reste suffisamment d'amateurs et de curieux pour ovationner comme il se doit ces authentiques rockers !
Honnêtement j'ignorais leur existence, n'ayant pas particulièrement baigné dans ce style musical, mais je suis admiratif de leur ténacité et leur démarche au fil des décennies.
Une belle ovation leur est accordée pour saluer leur départ.

Mon objectif de la soirée approche et irrésistiblement je me positionne au plus proche de la scène, dès la fin du concert des Buzzcocks ! Solidement ancré au deuxième rang au centre, légèrement sur la gauche j'attends patiemment l'arrivée du va-nu-pied.

20h00 : STEVEN WILSON. Le lecteur assidu de mes récits (si tant est qu'il y en eu un) le sait déjà, mon admiration pour Monsieur Steven Wilson ne faiblit pas au fil de ses tournées. Bien au contraire, son éclectisme parvient même toujours à remettre en question mes préférences musicales.
Sa collaboration avec Mickael Arkerfeld (Opeth, Storm Corrosion) m'a permis de comprendre et de savoir apprécier les couleurs sombres de ce death progressif suédois si particulier. Sa collaboration avec Aviv Geffen (Blackfield) ainsi que le port de son t-shirt au logo d'ABBA ont contribué à ne plus cacher mon même intérêt pour la bonne musique pop. Sa collaboration avec Tim Bowness (No-Man) m'a réconcilié avec la douceur musicale. Ce raisonnement éclectique est infini tant le monsieur se complait dans l'exploration de nombreux univers musicaux avec toutefois une vraie exigence de qualité.
La preuve en est une nouvelle fois donnée aujourd'hui, puisque quelques jours après avoir convaincu une bonne part du public franchement metal du Hellfest, Steven participe à ce jeune festival hétérogène qui se dit "rétro" !

Toutefois, son programme est audacieux ; il a heurté les oreilles les plus délicates des festivaliers de Tilloloy avec en introduction musclée "Home Invasion", titre que j'adore tout particulièrement. Il a encore traumatisé une bonne part de l'auditoire sur la fin avec un "Vermilloncore" survitaminé, et un "Sleep Together" totalement enivrant ! Je me suis beaucoup amusé à regarder du coin de l'œil les mines effarées et les âmes égarées autour de moi qui semblaient découvrir l'Animal ! La gestuelle de Steven a dû en dérouter plus d'un, aussi.
Steven pouvait bien s'excuser de ne jouer que des titres sombres ou mélancoliques, je en suis pas sûr qu'il ait convaincu beaucoup de nouveaux adeptes dans ce public ! Bien évidemment, on pouvait s'y attendre, c'est le titre "Permanating", arrivé en sixième position, qui a mis tout le monde (ou presque) d'accord !

Pour les admirateurs convaincus comme moi, et nous étions heureusement quelques-uns, aucun problème, que du bonheur. Chacun de nous aimerait être le sélectionneur et valoriser un autre opus. Néanmoins, il faut reconnaitre qu'il a su proposer, pour promouvoir son œuvre au sein de ce festival, un panel plutôt équilibré, mais fatalement très restreint, comprenant trois titres de 2017, quatre de 2015, un (seul) de 2013 et deux titres de l'époque Porcupine Tree.
Quant aux musiciens, on se régale toujours avec Nick Beggs à la basse, d'une élégance et d'une rigueur technique irréprochable. Adam Holzmann au clavier est aussi étourdissant dans les mélodies torturées que dans les passages nappés. Steven a eu le tort d'habituer mes oreilles au grand luxe en 2015 avec la paire Guthrie Govan/Marco Minnemann dont je ne parviens toujours pas à oublier l'absence, en dépit du talent d'Alex Hutchings (guitare) et Craig Blundell (batterie) qui font bien leur boulot.

Finalement l'ovation finale est rassurante ; le courant est globalement bien passé ! Gageons que cette prestation au format festival aura donné envie à (au moins) quelques festivaliers de se rendre à l'Olympia ce 7 juillet pour assister à un vrai concert, une soirée avec Monsieur Steven Wilson.


PROGRAMME
Home Invasion (Hand Cannot Erase, 2015)
Regret #9 (Hand Cannot Erase, 2015)
Pariah (To the Bone, 2017)
The Sound of Muzak (Porcupine Tree, In Absentia, 2002)
Refuge (To the Bone, 2017)
Permanating (To the Bone, 2017)
Ancestral (Hand Cannot Erase, 2015)
Vermillioncore (4½, 2015)
Sleep Together (Porcupine Tree, Fear of a Blank Planet, 2007)
The Raven that refused to sing (TRTRTS, 2013).


22h00 : STING. L'annonce de cette tournée était sans équivoque mais je n'y avais bien sûr pas prêté attention ; on pouvait lire dans les médias "Sting & Shaggy : avis de brise jamaïcaine sur les festivals".
En fixant cet azimut, Sting était assuré de séduire la masse du public. Le pari était peu risqué et de fait une foule immense avait les yeux rivés sur la scène. Les amateurs du genre balançaient leurs hanches s'imaginant sans doute passer des vacances sous les tropiques.
En ce qui me concerne, mes craintes se sont vites avérées exactes ; les sonorités reggae et, disons-le, variété britannique, ont largement plombé le programme de l'ex-rockeur.
Si je suis resté trois quart d'heure, c'est par curiosité et un peu aussi par respect pour la carrière de Sting, avec l'espoir de ressentir ne fut-ce qu'un zeste de folie rock'n'roll. Mais au bout d'un moment, affligé, j'ai jeté l'éponge ; le corps n'étant plus soutenu par l'esprit, il était temps d'aller me reposer.

PROGRAMME
Englishman in New York
44/876
Morning Is Coming
Every Little Thing She Does Is Magic (reprise de The Police)
Oh Carolina / We'll Be Together (Shaggy / Sting)
If You Can’t Find Love
Love Is the Seventh Wave
To Love and Be Loved
Message in a Bottle (reprise de The Police)
Fields of Gold
Gotta Get Back My Baby
(…)

Mais il y a toujours un mal pour un bien, puisque sur le chemin d'accès à la zone de stationnement je rencontre Nick Beggs !! Très accessible et gentil, il a été capable de supporter le p'tit franchouillard ridicule, incapable de s'exprimer correctement en anglais. Ma fatigue et mon émotion de le rencontrer m'ont fait perdre le peu de capacité linguistique dont j'aurais pu/dû disposer… M'enfin il aura compris toute mon admiration, un p'tit portrait à deux et je le laisse aller se reposer, sachant que je ferais mieux d'en faire autant.
Je file à la voiture et rentre sans encombre sur Paris …