Depuis ses débuts à Aylesbury (Royaume-Uni), MARILLION ne cesse d'entretenir une histoire passionnée et passionnante avec ses fidèles admirateurs. Cet évènement exceptionnel va une nouvelle fois le démontrer. Nous sommes ravis de retrouver Steve Rothery (guitares depuis 1979), Pete Trewavas (basse, depuis 1981), Mark Kelly (claviers, depuis 1981), Ian Mosley (batterie, depuis 1984) et Steve Hogarth (chant, depuis 1989). Andy Gangadeen se joint au quintuor pour ajouter ses percussions. Cet évènement est moins pour promouvoir un album que pour satisfaire une envie réciproque de partager un grand moment ensemble ! Le vingtième album "An Hour Before It's Dark" est paru le 4 mars 2022, soit (déjà) plus de quatre années ; Le vingtième-et-unième est en cours…
L'annonce du concert de MARILLION dans l'Amphithéâtre
de Pompéi avait occasionné une effervescence particulière au sein de la
communauté des admirateurs. Pensez donc ; il s'agit d'assister à une prestation
du groupe anglais sur un site historique. Historique avant tout en raison de sa
richesse archéologique bien sûr, mais aussi pour des raisons musicales. Tous les
mélomanes savent que PINK FLOYD y a filmé un concert, court et sans public,
mais d'anthologie, début octobre 1971.
Evidemment, le 11 novembre 2025, la mise en vente des
tickets fut quelque peu anxiogène ; la ruée prévisible sur le site de vente
généra quelques crispations (doux
euphémisme). Le samedi fut vite complet à nos dépends, en dépit d'une
stratégie collective. Finalement, nous avons pu obtenir nos places pour un
second jour, le dimanche fut opportunément ajouté, compte tenu de l'engouement
constaté. Entre soulagement pour les plus chanceux, et la déception pour d'autres,
nous avons saisi les emplacements avec opportunisme. La sagesse aurait dû
exiger une démarche apaisée, en imaginant ce qui n'a pas manqué de se passer
ensuite. Dans les jours et semaines suivantes des tickets ont été remis en
vente, soit par l'organisation soit par des spectateurs ayant changé leur
projet… Bref, une fois toutes ces émotions surmontées, il nous restait à
attendre 257 jours…
Un tunnel donne accès à l'amphithéâtre dans lequel
sont alignées les rangées de sièges numérotés, qui font face bien entendu à la
scène qui est d'abord protégée contre une pluie probable ; en effet l'orage
menace, la chaleur se fait de plus en plus accablante, la pluie menace. Nous
redoutons le pire, tout en essayant de le bannir. Ces tonnelles seront opportunément
ôtées avant le spectacle. La pluie fera une agaçante quoique brève apparition
en cours du concert, juste de quoi angoisser la population mais surtout Mark
Kelly et Andy Gangadeen pour leur matériel respectif.
Conscients de notre privilège (acquis de haute lutte rappelons-le !), avec ma p'tite Fée nous
prenons place en secteur "Poltronissima
Gold", au rang sept, place 29 et 31. Ni trop près, ni trop loin ! Mon fils est positionné en "Gradinata
Numerata", rang 9 et place 3, soit un peu en diagonale et en surplomb
de la fosse. Nous sommes cinq couples, plus mon fils, mais ce microcosme de
Français est dispersé par le hasard des acquisitions. Tant pis ; les
impressions collectées n'en seront que plus objectives. Le cadre d'exception et
notre emplacement nous rend particulièrement émerveillés… Le site est plein
comme un œuf, pour le second jour consécutif.
Je tente de mémoriser le maximum d'observations. Je
suis rassuré sur la captation de l'évènement ; je distingue deux caméras sur
chaque côté, une caméra à l'épaule sur la scène et une Louma. Ma p'tite Fée me
fait remarquer la présence d'un drone dans le ciel ; le groupe confirmera avoir
filmé des plans vus du ciel. Nous sommes déjà tous impatients de visionner le
DVD qui ne manquera pas de nous être proposé.
LE CONCERT [21h10-23h35]
Un léger retard précède l'extinction des feux et
l'ovation d'un public déjà exalté.
La magie opère immédiatement. L'acoustique du lieu s'avère
absolument parfaite, la sonorisation est excellemment adaptée. Le dispositif
d'éclairage produira des effets somptueux. Nous retrouvons l'organisation scénique
habituelle du groupe ; le percussionniste récemment recruté est casé entre le piédestal
de la batterie et celui du clavier.
Les premiers accords graves, organiques de "Splintering Heart" font
inévitablement tressaillir les corps, les poils de bras s'hérissent de plaisir.
Les grincheux blasés pourront encore se plaindre du
programme qui certes demeure identique à la plupart des précédents (surtout pour les conventionnistes), mais
au diable le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ! Pourquoi s'impatienter de titres
inédits qui ne seraient pas encore finalisés ?! Soyons patients et d'ailleurs "Ribbons and Lace", le seul nouveau
titre dévoilé ce soir, laisse entrevoir de belles partitions !
Nous avons vécu des moments émouvants dès la première
partie de soirée avec les six musiciens alchimistes, particulièrement efficaces
et impliqués. Les huit titres furent une pompe aspirante d'émotions intenses, animée
par les soli d'un Steve Rothery étourdissant, par une voix d'un Steve Hogarth
toujours aussi charismatique, et des accords d'un Pete Trewavas toujours aussi régulier et perspicace. Mark m'a paru très
anxieux pour la préservation de son instrument mais il a évidemment assuré son
rôle sans faillir. Quant à Ian j'ai capté un ou deux roulements décalés mais
rien de dramatique, nos cœurs battaient à la bonne cadence !
La voix expressive et nuancée de Steve Hogarth durant "The Space" me procure toujours les
mêmes frissons, mais avec ces choristes en appui, c'est simplement étourdissant
de bonheur. Déjà la version studio de "The Crow and …" est émouvante,
mais alors là c'est encore plus puissant ! "Easter" est transcendé dans cette version. Bref, tous les
titres ainsi interprétés nous portent à un summum émotionnel. Les mélomanes
attachés à l'album "Brave"
auront été comblés par un final de trois titres réinterprétés avec une texture
polyphonique saisissante.
Quant aux auditeurs, composé de cinquante nationalités
nous dit-on, il suffit de les entendre chanter les paroles pour comprendre leur
ardeur à suivre ce groupe britannique si attachant. La plupart affiche un compteur
impressionnant de participation aux apparitions du groupe. L'un d'entre eux
arborait un t-shirt personnalisé pour son 150ème concert ! Pour ma
part, plus modestement ce n'est que mon vingt-cinquième concert depuis mon
premier tardif du 16 février 2009. Mais celui-ci pourrait bien être le plus
bouleversant et mémorable de tous, tant par la qualité de jeux et l'émotion
exprimée par les musiciens, que par la ferveur du public qui trahissait une
osmose sensationnelle entre les artistes et les mélomanes. Un grand moment
exaltant où les larmes n'étaient jamais loin. Elles se confondaient avec la
sueur d'une chaleur à la limite du supportable pour un Ch'timi.
Les absents délibérés ont eu torts de s'abstenir, et
les absents contraints pourront toutefois se régaler à n'en point douter,
d'images somptueuses, à la Gloire de nos héros. Le dispositif d'enregistrement
nous promet un film étourdissant. Un rêve éveillé que nous ne sommes pas près
d'oublier, mais dont le DVD garantira chaque seconde, chaque émotion.
Le florilège de douze
albums a permis d'entendre vingt-deux
titres dont un inédit à paraitre dans le prochain album.
PROGRAMME
ACTE 1 :
- Splintering Heart (Holidays
in Eden, 1991)
- You're Gone (Marbles, 2004)
- Fantastic Place (Marbles,
2004)
- Hotel Hobbies (Clutching at Straws, 1987)
- Sugar Mice (Clutching at
Straws, 1987)
- Ribbons and Lace (à paraitre, 2026)
- Seasons End (Seasons End,
1989)
- Care (I) Maintenance Drugs (An
Hour Before It's Dark, 2022)
- Care (II) An Hour Before It's Dark (An Hour Before It's Dark, 2022)
- Care (III) Every Cell (An
Hour Before It's Dark, 2022)
- Care (IV) Angels on Earth (An
Hour Before It's Dark, 2022).
ACTE
2 : avec le FLOWING CHORDS
Brève pause entre "Care" et "The Space"
pour installer les micros destinés à la chorale
- The Space... (Seasons End,
1989)
- The Crow and the Nightingale (An
Hour Before It's Dark, 2022)
- Easter (Seasons End, 1989)
- Lucky Man (Sounds That Can’t
Be Made, 2012)
- Out of This World (Afraid of Sunlight, 1995)
- Living in F E A R (F.E.A.R.,
2016)
- Go! (marillion.com, 1999)
- Man of a Thousand Faces (This Strange Engine, 1997).
RAPPEL :
- Wave (Brave, 1994)
- Mad (Brave, 1994)
- The Great Escape (Brave,
1994).
Cet ultime titre achève de nous déchirer l'âme avant
de nous abandonner dans le silence de Pompéï.
Lorsque le moment est venu de quitter ces lieux mythiques, nous peinons à redescendre de notre nuage. Les mots nous manquent pour partager les émotions vécues. D'ailleurs, ils me manquent à l'instant où je rédige le présent récit. Seule la vidéo pourra au moins partiellement évoquer le vécu.





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