MOSTLY AUTUMN a instauré, il y a plusieurs années, un
rituel auquel nous nous sommes joints tardivement,
depuis 2022. Tous les ans à la même époque, (allons, j'ose) surtout en automne
donc, ces artistes Anglais originaires de York,
traversent la Manche pour convier ses admirateurs du continent à marquer la
période de l'Avent. Le Spirit of 66 constitue une des étapes.
Avec ma p'tite Fée, nous revenons volontiers festoyer ce
soir, pour notre quatrième Avent consécutif. C'est aussi l'occasion d'assister
à notre huitième concert de MOSTLY
AUTUMN, depuis le 3 juin 2022 ; en trois ans et demi, le septuor
accède ainsi au rang des vingt groupes que j'ai vu en concert le plus souvent depuis
quarante ans. Notre objectif demeure un déplacement sur leur terre, à York…
On peut comparer cet engouement à un vrai coup de foudre, sur fond de
repentir. Nous nous sommes beaucoup attachés à ces musiciens, tant musicalement
qu'humainement. Dans mes précédents récits, je me suis déjà longuement exprimé sur
le talent et la personnalité des musiciens, en évoquant la biographie du groupeformé en
1995. (cf. notamment mon récit du 16/12/22, ou alors celui plus récent et
plus succinct du 28/3/25).
Voilà une vingtaine d'années que des albums fabuleux ont
été édités à notre insu, à la différence de quelques astucieux musicophiles.
Heureusement, le prosélytisme au sein de notre microcosme de mélomanes
passionnés permet, un tant soit peu, de rattraper ce genre de coupable bévue.
Notre Rite annuel débute par une route de quelques quatre
cents kilomètres, qui nous mène à Verviers, une petite ville ardennaise de
Belgique.
L'étape gastronomique traditionnelle s'impose ; comme
à chaque fois, nous nous restaurons à La Fringale, une petite friterie qui
satisfait pleinement notre gourmandise ! N'oublions pas que nous sommes en
Belgique ; l'excellente bière locale nous est servie à la pression, les frites
sont succulentes. Nous sommes comblés de plaisir.
Une fois restaurés, nous retrouvons avec bonheur notre
chère Maguy qui nous accueille dans son douillet hôtel des Ardennes.
Nous sommes heureux de la revoir, car depuis quelque temps, elle cherche un
repreneur pour son établissement. Elle voudrait prendre sa retraite, sans aucun
doute bien méritée, néanmoins secrètement nous aimerions qu'elle reste encore
le plus longtemps possible. Car sans elle, cet accueil et ces espaces au charme
suranné disparaitraient assurément… Cependant, il plane comme un parfum de fin
de règne.
Nous nous y accordons une phase de repos bien mérité
avant de nous rendre au Spirit of 66.
LE
CONCERT [20h30-21h30 et
21h50-23h30].
Impatients, confiants, heureux, nous retrouvons le septuor
constitué de Bryan Josh (chant et
guitares, depuis 1995), et Iain Jennings (claviers, de 1995 à 2005, puis depuis 2010), toujours
entourés d'Olivia Sparnenn-Josh
(chant principal depuis 2010, mais chœurs, percussions, flûte à bec, depuis 2004), Angela Gordon (flûtes, claviers, percussions, et chœurs, de 1999 à 2007, et depuis 2015), Chris Johnson (guitares rythmiques et
acoustiques, chant, claviers, de 2006
à 2007, et depuis 2014), Andy Smith
(basse, depuis 2000) et de Henry Rogers (batterie, depuis 2018).
Dans le cadre de la promotion de leur album "Sea Water ", qui est paru le 28 février
2025, nous avions assisté à leur concert du vendredi 28 mars 2025, chez Paulette. Ce fut encore une soirée gavée de
belles émotions !
Nous sommes toujours ravis de revenir au Spirit of 66. L'acoustique de cette
salle mythique n'est plus à démontrer, et ce soir l'ingénieur du son fut à la
hauteur en nous délivrant une sonorisation digne de ces artistes. Basses et
batterie furent dosées avec l'équilibre requis, ce qui permit à tous les autres
pupitres de s'exprimer dans toutes leurs nuances. La configuration du Spirit ne
permettra jamais de disposer d'un éclairage considérable mais cependant nous
nous sommes facilement contentés de l'existant.
Le temps avec MOSTLY AUTUMN passe toujours bien trop
vite. Pourtant, un dense programme de vingt-trois titres, délivré en deux
actes, aurait pu rassasier notre appétit féroce. Mais que nenni ; nous trouvons
au final encore le moyen de déplorer l'absence de tel ou tel autre titre !!! Averti
de ce danger à l'aune de mes précédentes participations, j'ai pris soin de
porter mon attention sur chaque moment, sur chaque musicien. J'ai tenu à capter
ces mini-évènements qui rendent un concert particulier ; les (fréquents) moments de virtuosité, les
regards complices entre les musiciens, mais aussi les échanges avec le public. A
défaut de maitriser le temps, j'ai tenté de maitriser mes émotions. Autant que
faire se peut…
Une bande son (sans
doute la seule du concert) introductive, un peu longuette, met notre
patience à rude épreuve, avant que les musiciens pénètrent enfin sur la scène…
L'équilibre des sons est immédiat, ce qui nous permet de nous réjouir dès les
premières mesures, de nous laisser délicieusement emporter dans un tourbillon
d'harmonies…
Olivia Sparnenn-Josh,
modeste, humble et pourtant tellement douée, irradie la salle de tout son
talent et de toute sa beauté ; sa voix est dotée d'un timbre, d'une tessiture
et d'une puissance magnifique. L'an dernier, certains avaient remarqué qu'elle
n'était pas aussi à l'aise qu'à son habitude, sans doute indisposée. Mais ce
soir, d'un avis unanime, elle est à son meilleur niveau, sans équivoque !
D'ailleurs, son sourire trahit un plaisir évident d'être sur la scène avec ses amis,
elle contribue ainsi à une complicité réjouissante et efficace.
Angela Gordon,
discrète et humble, mais tellement essentielle, apporte ses talents de multi
instrumentiste ; la choriste qui accentue les émotions avec une remarquable
intensité, la flutiste bouleversante de sensibilité, la claviériste en
complément astucieux aux partitions d'Iain. Dans tous les cas, elle incarne
avec brio l'authenticité du groupe qui évite les bandes-son.
Chris Johnson,
dont la sensibilité à fleur de peau se ressent constamment, démontre lui aussi
un talent essentiel au groupe. Sa voix, tant aux chœurs, qu'au chant principal
quand vient son tour, est touchante de délicatesse et de douceur. Idem pour ses
interventions aux guitares (sa vieille acoustique trouée mais toujours sonore ou
son électrique) qui viennent étoffer et soutenir celles du Patron.
Andy Smith,
discret pilier avec sa nouvelle basse (il est vrai que son ancienne avait visiblement
vécu !!) contribue à la rythmique entrainante avec une constance sans doute
rassurante pour les autres.
Henry Rogers,
le maitre des tempos, est également d'une efficacité sans faille alors que son
regard montre une attention scrupuleuse pour se conformer aux dispositions du
collectif.
Iain Jennings,
c'est le lieutenant qui encadre la scène dans l'espace opposé du Patron. Ses
accords de claviers expriment de gracieuses mélodies dans une atmosphère
onirique avec une grande sensibilité. Il surveille lui aussi la cohérence du
groupe avec bienveillance.
Enfin, le Grand Patron, Bryan Josh, que je considère parmi les plus grands guitaristes, régule
son équipage avec une bienveillante fermeté. Toujours vêtu de son t-shirt (sons of Ragnar), le virtuose exprime des
soli de guitare avec une élégance, une sensibilité qui ne peuvent qu'émouvoir
son auditoire. Son chant, rauque mais doux, est une alternance agréable à celle
de son épouse, avec qui la complicité est évidente, touchante.
Bref, la prestation fut conforme à ce que nous étions
venus chercher ; un plaisir intense et partagé. Les mots qui continuent de
résumer leur musique, et qui reviennent sans dans mon récit demeurent "mélodie",
"harmonie", "sensibilité", "délicatesse",
"douceur", "complicité", "virtuosité",
"talent". Bref, un pur enchantement musical.
Le public nombreux et cosmopolite (ça parle allemand,
néerlandais et français) se montra particulièrement enthousiaste et chaleureux,
ce qui semble avoir été perçu par le groupe au regard des sourires affichés (et
de leur publication du lendemain).
MOSTLY AUTUMN dispose d'une discographie de quinze
opus de studio et pourrait sans réserve y puiser de quoi réjouir son auditoire.
Il en résulte assez fatalement une frustration de ne pas entendre davantage de
titres anciens et de retrouver souvent un programme similaire aux précédents
concerts. Mais ce caprice d'admirateur est coupable car on n'est jamais déçu par
cette source de plaisirs irrésistibles.
La prestation de ce soir a sélectionné sept opus. Elle comporte vingt-trois titres, dont huit
issus de " Sea Water " (2025). Mais aussi un de "Graveyard Star" (2021), trois
de "White Rainbow" (2018), un
de "Sight of Day" (2017), un
de "Heart Full of Sky" (2006),
trois de "Passengers"
(2003) et deux de "For All We
Shared" (1998). Le concert se termine par trois reprises traditionnelles
et opportunément festives. Notons que contrairement aux années précédentes, les
joyeux lurons ne se sont pas coiffés du bonnet conique rouge et blanc. Nous non
plus, d'ailleurs.
PROGRAMME
ACTE
1 :
Let’s Take a Walk (Seawater, 2025)
In for the Bite (reprise
de Josh & Co. Limited, 2016)
Winter Dreaming (Seawater, 2025)
Western Skies (White Rainbow, 2018)
Why Do We Remember All
the Rain (Seawater, 2025)
Future Is a Child (Seawater, 2025)
Passengers (Passengers, 2003)
Silver Glass (Heart Full of Sky, 2006)
The Night Sky (For All We Shared, 1999).
ACTE
2 :
Distant Train (Passengers, 2003)
Answer the Question (Passengers, 2003)
My Home (Seawater, 2025)
Be Something (Seawater, 2025)
If Only for a Day (Seawater, 2025)
Back in These Arms (Graveyard Star, 2021)
Into the Stars (White Rainbow, 2018)
Changing Lives (Sight of Day, 2017)
When We Ran (Seawater, 2025)
White Rainbow (White Rainbow, 2018).
RAPPEL :
Heroes Never Die (For All We Shared, 1998).
I Believe in Father
Christmas (reprise de Greg Lake)
A Spaceman Came
Travelling (reprise de Chris de
Burgh)
Fairytale of New York (reprise
de The Pogues).
Comme d'habitude, en dépit de leurs travaux de
démontage de la scène et de chargement du matériel, les membres du groupe (en
particulier Olivia, Chris, Angela et Bryan) se montrent accessibles et d'une
sincère gentillesse. Je ne me prive pas de leur répéter toute mon admiration.
Je leur épargne les portraits, mais je les invite malgré tout à signer le
dernier opus que j'avais préalablement emmené à dessein.
A l'échoppe, je me lâche. Je me procure quatre albums ;
"Glass Shadows" (15€),
"Still Beautiful - Live 2011"
(20€), "Through These Eyes"
(10€) et "Transylvania - Part 1 -
The Count Demands It" (10€). Ainsi
qu'un t-shirt (15€). Et hop ! Parce qu'ils le méritent. Et puis moi aussi.
Nous sommes déjà impatients de les revoir, même si
"Heroes Never Die" faisant,
cela ne manquera pas de survenir, tôt ou tard… Hélas, il ne faut pas trop compter
sur notre petit hexagone pour cela. A défaut de traverser la Manche pour se rendre
à York (il faudra bien qu'on atteigne cet objectif un jour ou l'autre), il
se pourrait bien que nous traversions le Rhin. L'Allemagne est dans le viseur (Neunkirchen n'est qu'à 420 km aussi après
tout…), ce serait le jeudi 7 mai 2026. Soyons fou…
Ce concert, à priori l'avant-dernier de l'année 2025, me
semble l'occasion d'un premier regard dans le rétroviseur. Le bilan annuel montrera
certes de nombreuses émotions liées aux parutions d'albums et aux concerts, mais
je peux d'ores et déjà prétendre qu'au rayon "découvertes", KOMODRAG
& THE MOUNODOR aura été LA
Révélation de l'année 2025 ! Confirmant ainsi que non, le rock n'est
pas mort, de jeunes loups prennent la relève, et de très brillante manière !!
Cette découverte, le 14 septembre à l'occasion du
Raismesfest 2025 (Nord), fut assez ébouriffante pour nous inciter, dès la
semaine suivante, à traverser l'Ile-de-France (et sa légendaire circulation…),
vers sa banlieue Nord, afin de nous assurer de ne pas avoir été victime de la
berlue ! Cette piqûre de rappel, le 20 septembre à Tremblay-en-France
(Seine-Saint-Denis), s'avéra encore plus convaincante et achevait de nous
séduire ! Nous étions ainsi rassurés ; nous n'avions donc pas été victimes de substances
hallucinogènes ! Nous ne sommes pas dans un futur incertain et chaotique des
années 2020, nous sommes bien en 1970, …tout
va bien !
De surcroît, leur échéancier montrait quelques autres
dates dans nos contrées durant cet automne ; jamais deux sans trois, dit-on… La présente date fut ainsi immédiatement
cochée !! Le ticket fut acquis le 23 octobre.
Une fois n'est pas coutume, cela se passe dans notre
banlieue Sud de Paris. Le pôle musical du Réacteur d'Issy-les-Moulineaux,
qui dispose notamment de l'Espace Icare, est situé au 31 boulevard
Gambetta. Il s'agit d'un bâtiment de plus de 2500 m², doté de plusieurs
équipements à caractères culturels et sportifs, dont cet auditorium modulable qui
peut accueillir 350 places debout, 142 places assises). Encore un
site à découvrir !
Les joies procurées par les transports en commun à
Paris sont insondables ; la ligne 12, censée desservir le site, est fermée
précisément sur ce secteur, depuis la Porte de Versailles. Bah, une p'tite
marche d'une vingtaine de minute ne nous fera pas de mal (à l'aller en tous cas, au retour ce sera un peu plus pénible !),
d'autant plus que la pluie automnale s'est arrêtée. On arrivera une trentaine
de minutes avant l'ouverture des portes qui sera effective à19h30.
Nous découvrons la salle d'accueil du bâtiment avec son
p'tit bar sympa (peu onéreux), puis l'espace Icare qui est situé en sous-sol.
Sensation de confort dans ce bel auditorium dont le mobilier et les murs sont de
nature à nous rassurer a priori sur sa qualité.
Dans notre entrain à revoir les Bretons, nous avions
quelque peu ignoré l'invitée, LUCIE SUE dont j'ignorais totalement l'existence.
Seul mon fils connaissait la Dame, qu'il avait remarquée sur la scène
principale du HELLFEST, le 13 juin 2025, lorsqu'elle fut invitée à gratouiller des
cordes de basse quelques minutes pendant la prestation de STEEL PANTHER, devant
60 000 personnes.
Son ascension est soutenue par Richard Gamba, son
directeur musical qui est connu pour avoir travaillé entre autres pour Gojira
pendant plusieurs années. Il voit en elle, une artiste majeure de la scène
metal. Son frère Baptiste Germser lui apporte également son soutien technique
et logistique. À 46 ans, son obstination lui permet d'atteindre ses objectifs.
Afin de garantir son financement, elle continue à travailler dans son studio de
graphiste, Sphynx, dont elle a repris le nom pour créer son label musical.
Je me renseigne sur ce quatuor et découvre le parcours
honorable de la Biarrotte. Elle se présente ainsi : "La musique, c’est ma vie. Je suis née dans une famille de musiciens.
J’ai étudié le violoncelle au conservatoire de Lyon. Il ne s’est jamais passé
un jour sans musique. J’ai joué dans des groupes de rock, metal, pop, ou folk.
Dans des orchestres symphoniques aussi ! (…). Jusqu’ici j’ai TOUT payé avec mes
économies : L’enregistrement, le mixage, la production musicale, la promotion,
les clips, les marchandises, l’essence, les péages, les sandwichs Sodebo, etc.
Beaucoup pensent que la musique est mon métier et que j’en vis agréablement.
PAS DU TOUT : Je travaille comme graphiste la journée, et le soir, quand j’ai
fini de bosser et couché les enfants, je peux enfin m'y coller. La musique me
coûte bien plus qu’elle ne me rapporte. Les salles de concert sont de plus en
plus rares et fauchées. Nous sommes très souvent payés au lance-pierres. Mais
on le fait parce que comme Johnny, on a ça dans le sang ! "
Après un premier album, "To Sing in
french" paru le 31 janvier 2023,
le deuxième album, intitulé "Battlestation"
est paru le 29 aout 2025. Il comprend
treize titres.
LE CONCERT.
Nous sommes positionnés en deuxième rang, entre les pupitres du chant et de la
basse. Très vite, nous sommes rassurés par la qualité de la sonorisation, qui
profite de l'excellente acoustique de la salle. La scène est un peu réduite par
la place prise pour les instruments du groupe suivant, mais les quatre pupitres
parviennent à s'exprimer sans dommage. L'éclairage, davantage porté sur les
tons rouges, m'a semblé un peu trop sombre et limité, la pénalité que subissent
la plupart des invités.
Outre la chanteuse
guitariste Lucie Germser, le quatuor est composé d'Enzo Metro
à la guitare, Mitch Livas à la
batterie (qui fête son anniversaire
aujourd'hui !). La basse (et les chœurs) est assumée par une aussi
mystérieusement anonyme que ravissante Laura, dite "Cosmic Girl". On
n'en saura pas davantage…
L'auditoire a
pu être convaincu avec des accords et refrains entraînants, une fougue
collective menée par une voix féroce et sincère qui force l'intérêt. Le groupe
français chante en anglais, mais Lucie a la bonne idée de souvent présenter le
thème de ses chansons pour les présenter. Les interventions incisives d'Enzo
sont appréciées. La base rythmique (batterie/basse), est bien en place et
contribue efficacement à l'entrain général.
On perçoit les influences, tels que L7, METALLICA et
plus globalement les groupes anglo-saxons des 90’s, que la chanteuse ne cache
pas avoir admiré en visionnant les clips sur MTV de l'époque. D'ailleurs, elle
a souligné sa fierté de jouer ce soir sur les planches où avait joué NIRVANA.
En effet, le 1er décembre 1989, le groupe américain a donné son
premier concert français dans cette modeste MJC des Hauts-de-Seine, devant
214 personnes !
Le public semble poliment enthousiasmé, il chante et
danse, mais notre présence dans les premiers rangs ne sera pas bousculée. Les musiciens
quittent la scène avec les ovations méritées.
L'échoppe sera prise d'assaut, les albums se vendront
bien. Il faut dire que les musiciens se sont montrés agréables et disponibles
pour des discussions et des autoportraits délirants. Je soutiens volontiers ce
groupe prometteur, en achetant le CD du récent album.
Le parcours du groupe, et de sa genèse, a été
abondamment commenté dans les médias bretons, dont la consultation m'a permis
de relater, sur mes deux précédents récits [ ici], une partie de leur biographie
déjà riche. Je rappelle seulement ici que KOMODRAG & THE MOUNODOR constitue
une fusion de deux autres formations ; KOMODOR d'une part et de MOUNDRAG
d'autre part. Cette union n'est en aucune manière un faire-part de décès ; ces
deux groupes sont bel et bien vivants ! D'ailleurs, chacun va bientôt
promouvoir un nouvel album ; MOUNDRAG sera en concert le jeudi 5 Mars 2026
au Petit-Bain et KOMODOR sera en concert le jeudi 26 mars 2026
à La Maroquinerie.
Quant à l'Entité ici formée, elle est représentée par
un premier album " Green Fields of
Armorica ", qui est paru le 20
octobre 2023. Un album qui avait été enregistré dans l'urgence d'un succès
fulgurant, après des premières prestations particulièrement convaincantes. Plus
récemment, deux nouveaux monoplages " Stone
In The Field " et " Ready
For The Boogie " sont parus en 2024, et seront probablement insérés
dans un nouvel album à venir.
LE CONCERT. Nous
retrouvons le confort acoustique de la première partie de soirée. Aucun excès
sonore ne viendra pénaliser la prestation ; sans mes protections auditives, je
pourrai ressentir pleinement les sensations. L'éclairage s'est intensifié et
clarifié pour une scène densément occupée par le septuor qui demeure composé de
Camille "Organ Fury" Goellaen-Duvivier (Orgue), Colin "Dr
Mad Drum" Goellaen-Duvivier (batterie, chant), Gaëtan "Goudzou"
Convert (basse, chant), Yves-Marie "Slyde Barnett" Cariou (guitare,
chant), Ronnie Calva (guitare), et Elrik "Monroe" Morvan
(batterie), et Melin Le Bigot (guitares, chant, percussions).
Grâce à ces excellentes conditions, je retrouve
rapidement les émotions provoquées par cette déflagration de rock, dont les
sonorités évoquent la période psychédélique des années 70, totalement
maîtrisées ! Le son du clavier, les guitares incandescentes et harmonieuses,
les voix incantatoires ou douces selon les séquences et une énergie brute et
explosive. Tout contribue à créer et à entretenir une transe collective
irrépressible, même parmi la large part des auditeurs venus découvrir ces fous
furieux bretons. De nouveaux adeptes ont été assurément recrutés ce soir encore
!
Bien sûr, le programme a peu évolué depuis notre récente
découverte de cette formation, qui en est encore à ces prémices. Mais on
redemande volontiers de revivre ces instants privilégiés qui nous accordent une
salvatrice parenthèse dans un quotidien morose. Et puis, leur attitude est
tellement sincèrement orientée pour la fête, que le public ne peut que se
laisser emporter dans un délicieux tourbillon aux parfums de patchouli et
d'encens exotiques. Les auditeurs sexagénaires voyagent dans l'espace-temps,
les plus jeunes peuvent imaginer l'époque avec une relative frustration. Mais
toutes les générations s'accordent pour s'enivrer de ce bal évocateur.
La prestation est similaire à celle de Tremblay (et
donc plus étendue qu'à Raismes), mais cette fois point d'invité pour partager
la scène. Nous sommes quelques-uns à avoir nourri un vœu naïf de voir
intervenir Lucie Sue durant un "Voodoo
Love", ce qui n'aurait pas manqué d'accentuer encore la folie
ambiante. Mais bon, disons que la taille de la scène aurait pu rendre l'opération
un peu compliquée...
La complicité entre les musiciens est flagrante, ils
se partagent les interventions avec une redoutable efficacité. Les sourires et
les accolades trahissent un bonheur collectif, une fraicheur d'esprit
absolument réjouissante.
L'auditoire a été d'autant plus conquis que, comme à
leur habitude, les plus exubérants "Goudzou", "Monroe"
et "Slyde Barnett" sont venus fendre la foule comme pour
l'exalter encore davantage. Ce dernier allant même jusqu'à confier sa guitare
aux spectateurs pour clore le spectacle ! Chacun y a allant de sa gratouille
pour ajouter à la cacophonie finale !
PROGRAMME Bande son introductive
hawaïenne 1.Ready to Boogie
(monoplage, 2024) 2.Born in a Valley (Green Fields of Armorica, 2023) 3.Brown Sugar (Green Fields of Armorica, 2023) 4.Stone in the Field
(monoplage, 2024) 5.Fleeing Soldier (Green Fields of Armorica, 2023) 6.It Could Be You (Green Fields of Armorica, 2023) 7.Green Fields of Armorica
(Green Fields of Armorica, 2023) 8.Voodoo Love (Green Fields of Armorica, 2023) 9.Marie France (Green Fields of Armorica, 2023). RAPPEL : 10.If I Were a King (Green Fields of Armorica, 2023) 11.We're an American Band
(reprise de Grand Funk Railroad [1973]) 12.Ramblin'Rose (reprise de MC5 [1970], qui l'avait repris de
Jerry Lee Lewis [1962]).
Leur opération séduction fonctionne totalement ;
l'échoppe a de nouveau été envahie massivement par une nouvelle horde
d'admirateurs fraichement conquis ; ceux qui voulaient acquérir CD, vinyle ou
t-shirts devaient s'aligner dans une longue file !
Pour notre part, nous avons profité de la grande
disponibilité des musiciens qui, fidèles à leur habitude, se rendent accessible
pour discuter, échanger les impressions, poser pour des portraits, dans la joie
et la bonne humeur.
La capacité de KOMODRAG & THE MOUNODOR à agiter
les foules ne s'est pas démentie ce soir. L'avenir dira si le septuor s'inscrira
dans la durée pour surmonter les aléas d'une vie de groupe ; en tout cas on lui
souhaite (h)ardement ! Pour ma part, j'attends le mois de mars pour découvrir
leur facette originelle…
Ce festival était l'occasion de réunir
toute notre communauté de passionnés du rock progressif. Mais c'était sans
compter sur le Crabe qui nous a ôté notre amie Marie-Antoinette, alias "Montague
Miel", qui a brutalement disparu à la surprise générale, en ce mois de
septembre, deux ans après Thierry…
Le 11 avril dernier encore, authentiquement
passionnée, elle nous distribuait des bougies à brandir pendant le concert de
Lazuli, ici même au Casino de Paris. Marie-Antoinette
et sa peluche habillée des t-shirts des concerts consciencieusement élaborés,
vont nous manquer avant, pendant et après nos concerts ; à commencer par ce
festival qu'elle avait pourtant coché sur son calendrier…
Nonobstant, cet évènement aura permis de faire
converger nos amis venus d'Aveyron, de Picardie, de Suisse, de Belgique et de partout
en France ! Tous autant que nous sommes, tenterons d'oublier nos tracas
quotidiens le temps du Festival…
Ces dernières années, des festivals français et
européens spécialisés dans le rock progressifs se sont arrêtés (tels que le
NOTP et le PeB en 2024). D'autres ont vu le jour (tel que le MidWinter). Cependant,
avec un courage animé par la passion, Cédric
Segal et son équipe ont organisé ce premier
festival de rock progressif dans Paris. Je rends hommage à cette heureuse
initiative qui a nécessité sans doute beaucoup d'efforts et d'abnégation pour
parvenir à maintenir cet honorable objectif.
CONTEXTE POUR
IQ : Après une vingtaine d'années
sans être revenus à Paris, IQ avait
ravi l'auditoire du Café de la Danse, le 21 septembre 2024. Cette satisfaction
semble avoir été réciproque puisque peu de temps après, courait la rumeur
d'un "IQ WEEKEND" à
Paris. Cette rumeur a finalement pris la forme d'un festival, sous la houlette
de Cédric …
Un concept qui pouvait a priori paraître plus
raisonnable, compte tenu de la fiabilité d'un public français trop peu nombreux,
il faut bien le reconnaitre... L'idée de réunir une palette de rock progressif autour
d'IQ avait de quoi attirer et aurait
dû/pu remplir cette salle qui revendique une capacité de deux mille spectateurs.
Nonobstant, en dépit de toute la bonne volonté et de
la louable énergie déployée par l'Organisation, il y avait beaucoup d'espaces
vides le premier soir. Un peu moins de second.
Ce regrettable constat pourrait mettre en péril la
pérennité de l'initiative, car en ce bas monde tout a un coût et le défaut de
rentabilité entravera toujours toute utopie. La quête d'équilibre financier est
un enjeu majeur.
Parmi les causes probables du peu d'affluence, on ne
peut pas ignorer cette part de mélomanes qui ont déclaré être réticents à payer
un ticket, dont le montant est estimé d'autant plus onéreux au regard de quatre
groupes inscrits à l'affiche, pour cinq concerts sur deux soirées…
Alors, comparaison n'est pas raison, certes, et les
conseilleurs ne sont pas les payeurs… Les arbitrages pour préserver à la fois
la sécurité financière et l'intérêt de l'évènement, sont évidemment compliqués.
Mais j'observe que le MARILLION WEEKEND parisien, qui s'était tenu dans cette
même salle, le 11 avril dernier, était lui aussi onéreux. Certes, le
Casino de Paris est un auditorium splendide, dont l'acoustique est excellente. Mais
est-il est permis de se demander si la location de ce prestigieux écrin ne fut
pas trop audacieux…
Les pistes de réflexion pour organiser la prochaine
édition, pourraient-elles conduire à changer de site ? à réduire la voilure à
une journée ?? Après tout, mieux vaut un petit festival en banlieue, que pas de
festival du tout…
Quoi qu'il en soit, j'ai acquis nos tickets dès le
12 février 2025, surtout motivé pour revoir non pas un mais deux concerts
d'IQ ! Même si, parmi les artistes invités, seul THE
WATCH, un groupe hommage, constituait une découverte pour moi et ma P'tite Fée.
Nous étions néanmoins ravis de revoir RPWL. S'il est difficile de satisfaire
toutes les sensibilités, disons qu'avec le recul, c'était déjà bien, pour une première édition d'un festival de rock
progressif dans Paris !
Et puis, l'autre paramètre agréable, c'est le plan de passage des artistes qui ne
débute pas trop tôt dans l'après-midi ! Cela laisse le temps aux festivaliers
de se restaurer et d'arriver détendu sur le site. En outre, rester réceptif et
debout de midi à minuit devient une gageüre pour beaucoup d'entre nous (…)
Le
vendredi 26 septembre
A l'ouverture des portes, la désinvolture du personnel
du Casino constatée au printemps dernier, se renouvelle ; il avait laissé
délibérément les files d'attente se former, avant de les redéfinir malicieusement
à la dernière minute. Ce manque d'égard pour les plus passionnés peut agacer. Malheur
aux premiers arrivés…
Cet agacement à peine surmonté, lorsque nous
présentons nos tickets aux contrôleurs du Casino, leurs lecteurs ne parviennent
pas à valider le QR code ! Nous sommes quelques dizaines de victimes dans le
même embarras, a devoir s'agglutiner dans une cohue devant le guichet pour la
délivrance d'un Sésame en bonne et due forme…
De surcroît, l'accueil chaotique (pour ne pas dire irrespectueux) des PMR n'aura pas contribué à
grandir l'image de la France pour les festivaliers venus de l'étranger. Les
urinoirs tous bouchés en seconde soirée, viendront ensuite sublimer
l'impression.
A ce stade, on pouvait donc s'inquiéter de la suite du
Festival … Mais, le produit des efforts conjoints de l'Organisateur du Festival
et des équipes techniques (Les
changements de plateaux, la sonorisation, le respect des horaires et les
échoppes …) fut à la hauteur des attentes ! Bravo encore une fois !!
KARNATAKA a été fondé
au Pays de Galles, en 1997, par
Ian Jones (basse/guitare
acoustique), Jonathan Edwards (claviers) et Rachel Jones (chant). La biographie
est segmentée en plusieurs ères, car dans les faits, le concept est devenu
avant tout le groupe de Môssieur Ian Jones…
J'avais été séduit par KARNATAKA, ère Hayley Griffiths
en 2017, après avoir assisté aux festivals Crescendo le 19 aout 2017, puis
Prog en Beauce le 29 octobre 2017. Ces deux concerts se cadraient dans la
tournée "Secrets of Angels".
La vitalité et l'harmonie, que j'avais perçu lors de la remarquable (euphémisme) prestation de la chanteuse
Hayley Griffiths, du guitariste Enrico Pinna et du batteur Jimmy Pallagrosi,
était de nature à prévoir un beau parcours à venir. Il paraissait évident que
ces musiciens s'étaient pleinement investis dans l'aventure. … Pourtant,
quelques semaines plus tard, ils étaient tous congédiés, par le Patron. Le
Créateur décide de virer systématiquement son entourage dès qu'il estime
vouloir passer à autre chose… Ce qui peut certes paraitre artistiquement
respectable, mais humainement beaucoup moins.
En tout état de cause, on observe que le " KARNATAKA's
IAN JONES BAND " peine décidément à se stabiliser, puisque s'il demeure
composé (pour combien de temps encore ?)
de la (quatrième) chanteuse Nicola "Sertari" Knight (chant, aaah mais !… depuis 2018, quand même !), et de Luke Machin (guitares, depuis 2018, membre
de CYAN), en revanche les deux autres strapontins (ou sièges éjectables) sont désormais occupés par Rob Wilsher (claviers, depuis 2023), et Jack Summerfield (batterie, depuis 2023).
Leur sixième
album "Requiem for a Dream",
est paru le 28 juillet 2023.
Nous avons découvert cette nouvelle mouture lors du
Festival Night of the Prog le 20 juillet
2024. Avec l'objectivité requise, je dois reconnaitre que j'ai de nouveau
été séduit. Car, une nouvelle fois, le bougre est parvenu à s'entourer de
talents. En particulier celui du guitariste Luke Machin, dont j'ai déjà admiré toute l'adresse et la sensibilité en
le voyant officier au sein de CYAN. Mais aussi celui de la chanteuse Sertaridont le timbre, la tessiture et le charisme sont remarquables.
Ce soir encore, la prestation est agréable en tous
points. La sonorisation extériorise le chant pendant quelques minutes. Cela
tarde un peu à s'équilibrer, mais peu à peu, on pourrait se laisser bercer par
les mélodies entrainantes, souvent ponctuées d'admirables soli du Grand Luke.
Cependant, l'ensemble lissé à l'extrême finit par me lasser quelque peu. Les
limites du genre néo-prog sont poussées aux confins d'une pop gentillette.
C'est certes mignon, cela semble plaire à une bonne partie de l'auditoire, mais
nous sommes quelques-uns à attendre en vain les caractéristiques du rock progressif,
avec ses ruptures et ses digressions rythmiques.
La part conquise du public ovationne chaleureusement
les musiciens qui n'ont pas démérité dans leur genre.
Même si je suis sensible aux qualités vocales (mais
aussi esthétiques ; au Diable l'hypocrisie)
de Sertari, mes applaudissements s'adressent plus particulièrement à Luke Machin, qui décidément confirme encore
ici sa finesse de jeu.
Plus tard dans la soirée, j'aurai le plaisir de rencontrer
Luke dans le hall ; il est modeste et très accessible. Il m'apprend qu'un
nouvel opus de CYAN est en cours. Et puisqu'il est proche de Peter Jones, il me
confirme hélas que CAMEL demeure moribond.
Sur cinq titres,
la période la plus récente est privilégiée, avec trois issus de "Requiem for a Dream", mais fait
notable, "Secrets of Angels"
est boudé, pour laisser place à deux opus plus anciens "Delicate Flame of Desire" et "The Gathering Light".
PROGRAMME 1.The Serpent and the Sea (The Gathering Light, 2010) 2.All Around the World (Requiem for a Dream, 2023) 3.Forgiven (Requiem
for a Dream, 2023) 4.Heart of Stone (Delicate
Flame of Desire, 2003) 5.Requiem for a Dream (Requiem for a Dream, 2023).
POUR RAPPEL
: Ce quintet britannique, cofondé en
1981 par Mike Holmes et Martin
Orford, s'inscrit dans la mouvance du rock néo-progressif, à l'instar de ses
contemporains MARILLION et PENDRAGON. Ses musiciens sont parfois partis pour revenir,
parfois non. Le groupe a surmonté ses instabilités ; Actuellement, le pilier
Mike Holmes (guitares, claviers,
chœur depuis 1981) est entouré de Tim Esau
(basse, chœur de 1981 à 1989, et
depuis 2011), Peter Nicholls (chant
de 1982 à 1985, et depuis 1989),
Paul Cook (de batterie 1982 à 2005, et depuis 2009), Neil Durant (claviers depuis 2011).
Le treizième
album, "Dominion" est
paru le 28 mars 2025.
Personnellement, j'ai hélas tardé à voir sur scène ce
groupe pourtant majeur de l'univers néo-progressif. Je les écoute depuis 1988 (peu après la parution de "Nomzamo"), mais je n'ai assisté à
un premier concert que le 22 juin 2019, à l'occasion du festival
Midsummer. Puis le 19 juillet 2019 lors du Night of the Prog festival, et
enfin le 21 septembre 2024 au Café de la Danse à Paris ! Nonobstant, avec le
recul, je m'accorde une circonstance atténuante ; il me semble que le groupe n'a
valorisé réellement ses longs morceaux aux arrangements et aux harmonies
complexes, qu'à l'occasion du retour de Peter Nicholls et de l'enregistrement
de "Ever", qui est paru le
1er juin 1993.
Le concert débute avec un titre issu de "The Road of Bones" qui nous séduit
immédiatement grâce à une sonorisation qui me semble parfaitement équilibrée,
comme le dispositif d'éclairage. En fond de scène, trois écrans diffuseront les
illustrations. Les trois pupitres alignés de Peter, Mike et Tim me paraissent un
peu trop éloigné du public.
Je retrouve avec bonheur les sensations inhérentes aux
atmosphères à la fois mélancoliques et oniriques qui sont développées avec une
grande sensibilité par ces musiciens.
Sans s'embourber dans des préjugés stupides, force est
d'admettre que Mike Holmes semble
insignifiant physiquement, et pourtant ses soli s'imposent avec une élégance et
une émotion à faire pleurer le plus féroce des prédateurs ! A mon sens, il
n'aurait pas à rougir de la comparaison avec les plus grands.
L'autre personnage qui focalise l'attention, c'est
bien sûr Peter Nicholls, dont la
sobriété gestuelle ne nuit absolument pas à un charisme maitrisé. Son allure
triste, voire désespérée, est assortie à une voix dotée d'un timbre qui exprime
davantage la détresse que la joie de vivre. Et cependant, la beauté des
mélodies invite davantage à l'extase qu'à la neurasthénie. J'admire particulièrement
sa constante maitrise des tonalités mineures, car elle requiert un vrai talent
pour maintenir la justesse des harmonies produites avec les claviers et
guitare.
Pour accentuer ces atmosphères enivrantes, il fallait
encore pouvoir compter sur un accompagnement à la fois harmonieux, éloquent et
puissant ; toutes choses que maitrisent Neil Durant, avec ses accords et nappes splendides, ainsi que Paul Cook et Tim Esau, avec leur interventions relativement discrètes mais
indispensables.
Alors que j'applaudis vivement à chaque session, je mesure
la chance de pouvoir apprécier cette Musique qui m'enivre et me réconforte ; j'ai
une pensée émue pour les malheureuses oreilles hermétiques.
Pendant les chansons, les auditeurs semblent comme engourdis,
mais la satisfaction est suffisamment stimulante pour acclamer les pilotes du
vaisseau IQ. Le rappel s'impose à
tous, bien évidemment.
Près de deux heures (1h50) ont ainsi passé à l'insu
général. Avec douze titres, IQ a
évoqué neuf albums parus sur quatre décennies. Deux titres
sont issus de "Dominion" (2025), un de "Resistance" (2019), trois de "The
Road of Bones" (2014), un
de "Frequency" (2009), un de "Dark Matter" (2008), un de "The
Seventh House" (2001), un
de "Subterranea" (1997), un de "Ever" (1993), et un de "The
Wake" (1985).
PROGRAMME 1.From the Outside In (The Road of Bones, 2014) 2.Sacred Sound (Dark Matter, 2008) 3.Subterranea (Subterranea, 1997) 4.Guiding Light (The
Seventh House, 2001) 5.Never Land (Dominion,
2025) 6.The Wake (The
Wake, 1985) 7.Shallow Bay (Resistance,
2019) 8.Far from Here (Dominion,
2025) 9.The Road of Bones (The
Road of Bones, 2014) 10.Closer (Frequency,
2009) 11.Further Away (Ever,
1993). RAPPEL : 12.Ten Million Demons (The Road of Bones, 2014).
Je ne peux
pas quitter la salle sans me procurer à l'échoppe le t-shirt de la tournée
d'IQ. Compte tenu du relatif éloignement du site (une petite heure de transports en commun), nous sommes contraints
de ne pas nous attarder, et de couper court aux conversations passionnées.
RPWL (initiales des quatre membres fondateurs du groupe, à savoir Risettion-Postl-Wallner-Lang, dont les deux premiers sont
partis) est un groupe de rock progressif allemand fondé à Freising
(Bavière), en 1997. Le groupe se
donnait alors pour vocation de reprendre du Pink Floyd. Après trois années à
jouer la musique des autres, ils ont créé peu à peu leur propre musique, basée
sur leurs influences de l'époque, du rock progressif psychédélique. Un parcours
similaire avec celui de MOSTLY AUTUMN, même si les Anglais ont davantage
incliné sur le versant folk.
J'ai eu plaisir à assister à leur concert à l'occasion
du festival Midsummer le 25 juin 2022,
puis à celui du festival The Night of the Prog le 24 juillet 2022. J'ai davantage apprécié leur deuxième prestation ;
peut-être en raison de l'ajout de deux choristes, Caro von Brünken et Carmen
Tannich Wallner, qui avaient singulièrement valorisé les chansons.
Leur huitième album studio, "Crime
Scene" est paru le 17 mars 2023.
Jürgen "Yogi"
LANG (chant, claviers, depuis 1997)
et Karlheinz "Kalle" WALLNER
(guitare, depuis 1997), sont maintenant entourés de Marc TURIAUX (batterie, depuis 2008), Markus GRÜTZNER (basse, depuis 2022) et "Butsch Keys"(?) (claviers, depuis 2022). Je suis soulagé de la présence des deux
choristes déjà participantes en 2022 à Sank-Goarshausen, Caro von Brünken et Carmen Tannich-Wallner.
En fond de scène, un vaste écran diffusera des
mini-films et images d'illustrations.
D'emblée, la présence des deux choristes apporte
indéniablement une profondeur aux émotions, elles brillent par leur timbre
puissant et par leur éloquence. Leur tessiture se limite à une portée
intermédiaire, mais avec la sensibilité et la justesse requises pour émouvoir.
Parmi les séquences intenses de la prestation, cet
ancien groupe d'hommage à Pink Floyd, nous accorde une excellente reprise de
"Welcome to the Machine".
La similitude du timbre de Yogi avec celui de la voix de David Gilmour est troublante. Il n'en trahit aucunement la sensibilité mélancolique. Quant à Kalle, il excelle dans des soli magnifiquement délicats et émouvants. Le bassiste, à la stature imposante, semble s'être bien intégré au groupe, et contribue avec le batteur et le clavier à soutenir efficacement toute la force émotionnelle des compositions.
L'ensemble de la prestation de ce soir vient me
rappeler combien ces Allemands devraient pouvoir compter sur un succès mérité.
L'ovation ardente de l'auditoire entretient une satisfaction générale.
Outre l'émouvante reprise de PINK FLOYD, RPWL puise
dans cinq albums pour exprimer neuf titres, dont trois issus de
"World Through My Eyes" (2005), deux de "Beyond man and time" (2012), un de "Tales from outer Space" (2019), un de "Crime Scene" (2023), et un de "God
Has Failed" (2000).
PROGRAMME 1.Victim of Desire (Crime
Scene, 2023) 2.Sleep (World
Through My Eyes, 2005) 3.A New World (Tales
from outer Space, 2019) 4.3 Lights (World
Through My Eyes, 2005) 5.The Shadow (Beyond
man and time, 2012) 6.Welcome to the Machine (reprise de PINK FLOYD, 1975) 7.Hole in the Sky (God
Has Failed, 2000) 8.Unchain the Earth (Beyond
man and time, 2012). RAPPEL : 9.Roses (World
Through My Eyes, 2005).
J'ai trop hésité à me procurer leur t-shirt à
l'échoppe. J'ai sans doute trop hésité également à me rapprocher de Yogi et
Kalle notamment, qui semblaient pourtant abordables et souriants. Bah, on se reverra
!
Je ne connaissais que de réputation ce groupe italien,
qui est composé d'authentiques passionnés et garants de l'héritage de Genesis, et
qui est surtout focalisé sur l'ère des années septante.
Je constate qu'il a été initialement formé en 1997 sous le nom de THE NIGHT
WATCH. Par ailleurs, le groupe a publié son premier album original, "Twilight" avant de se séparer en
2000. Seul, le chanteur Simone Rossetti
a décidé pourtant de continuer l'aventure sous le nom de THE WATCH. Puis, ses
éphémères complices le laissent de nouveau seul dès 2008.
Mais il est toujours là envers et contre tout. Simone Rossetti (chant, flûte traversière,
depuis 1997) est actuellement entouré de Valerio de Vittorio (claviers, depuis 2009), Mattia Rossetti (fils de Simone Rossetti, à la basse, depuis 2014), et Francesco Vaccarezza
(batterie, depuis 2022). Giorgio Gabriel
(guitare, depuis 2008) remplace Andrea Giustiniani, qui est cependant toujours
cité à ce jour sur le site officiel...
Un neuvième
album studio original, "The Art of Bleeding" est paru le 24 septembre
2021.
Nonobstant, ce soir THE WATCH annonce uniquement recréer
l’univers musical de Genesis.
La sonorisation est bien équilibrée et permet à
l'auditeur de très vite s'immerger dans l'atmosphère grâce un respect total de
l'âme de Genesis. Chaque musicien est totalement investi dans ses fonctions ;
Simone exprime religieusement les partitions vocales et à la flute traversière,
Giorgio va jusqu'à mimer l'attitude de Hackett en restant assis le plus souvent…
Ils appliquent consciencieusement les subtilités harmoniques entre les différents
pupitres.
Les plus fins connaisseurs du groupe légendaires sont
séduits, ce qui n'est pas une mince appréciation quand on connait l'exigence que
requiert l'exécution de cette musique à la fois complexe et onirique ! Même ma
P'tite Fée, pourtant réticente a priori, a été emportée par ce vent nostalgique
! Pour ma part d'appréciation, il m'a semblé que sur certains segment le
chanteur manqua un peu de tessiture, mais mettons cela sur le compte de
l'émotion. Car visiblement, sur scène on les ressent tous très investis dans
leur mission.
Bref, pari réussi pour les Italiens. Autant la
prestation des Canadiens de Musical Box au NOTP ne m'avait pas ému, autant
celle-ci est parvenue à me séduire, et à m'imaginer en présence de l'Original !
De la liste de dix chansons prévues, quatre titres ont
été abandonnés. Simone Rossetti s'en
est excusé (sans que j'en comprenne l'explication). Dommage car les six titres
en appelaient volontiers d'autres !
PROGRAMME 1.The Knife (de Genesis, Trespass, 1970) 2.Watcher of the Skies (de Genesis, Foxtrot, 1972) 3.I Know What I Like (In Your Wardrobe) (de Genesis, Selling England by the Pound, 1973) 4.Firth of Fifth (de Genesis, Selling England by the Pound, 1973) 5.In the Cage (de Genesis, The Lamb Lies Down on Broadway, 1974). RAPPEL : 6.Supper's Ready (reprise de Genesis, Foxtrot, 1972).
Lorsque Peter Nicholls
annonce que l'intégralité de leur dixième opus, "Frequency", qui est paru le 26 mai 2009, sera interprétée,
je suis absolument ravi car il s'agit de l'un de mes albums préférés de leur
discographie.
Cependant, avec le recul, je m'étonne que "Closer", titre magnifique au
demeurant, fut joué une deuxième fois… D'autant plus que, "Never Land" et "Far From Here", issus de l'album
"Dominion", furent
également joués une deuxième fois ce soir, alors qu'il m'aurait semblé plus
opportun de promouvoir le récent album paru cette année, avec des titres tels
que "No Dominion" par
exemple.
Dans le même ordre d'idée, IQ persiste à jouer "No Love Lost", certes un joli
titre, mais déjà joué aussi l'an dernier au Café de la Danse…
Mais bon, notre exigence d'auditeur peinerait à
satisfaire toutes sensibilités dans la salle, de toutes façons, et j'imagine
que ces choix artistiques sont sans doute justifiés d'une manière ou d'une
autre. Et puis honnêtement, je n'ai même pas eu le sentiment de redondance au
cours de la soirée !
Bref, la sélection n'en fut pas moins réjouissante, et
comme la veille, elle a évoqué les quatre dernières décennies.
Seul incident notable, cette maudite corde qui lâche
la guitare de Mike Holmes sur le
solo final de "Headlong" !
L'auditoire ne manque pas d'ovationner la prestation,
une réaction qui semble toucher les musiciens.
Durant ces deux heures somptueuses, IQ a privilégié cinq albums, avec treizetitres, dont sept
issus de "Frequency", deux
de "Dominion", deux
de "Ever", un de
"Nomzamo" et un
"The Wake".
PROGRAMME 1.Frequency (Frequency, 2009) 2.Life Support (Frequency, 2009) 3.Stronger Than
Friction (Frequency, 2009) 4.One Fatal Mistake
(Frequency, 2009) 5.Ryker Skies (Frequency, 2009) 6.The Province Of The King (Frequency, 2009) 7.Closer (Frequency, 2009) 8.No Love Lost (Nomzamo, 1987) 9.Never Land (Dominion, 2025) 10.Leap of Faith (Ever,
1993) 11.Far from
Here (Dominion, 2025) 12.Headlong (The
Wake, 1985). RAPPEL : 13.The Darkest Hour (Ever,
1993).
Ce
festival en appelle un autre bien entendu ; on se demande déjà qui sera à
l'affiche en 2026 !