samedi 6 décembre 2025

MOSTLY AUTUMN – Spirit of 66 (Verviers, Belgique) – samedi 6 décembre 2025.

MOSTLY AUTUMN a instauré, il y a plusieurs années, un rituel auquel nous nous sommes joints tardivement, depuis 2022. Tous les ans à la même époque, (allons, j'ose) surtout en automne donc, ces artistes Anglais originaires de York, traversent la Manche pour convier ses admirateurs du continent à marquer la période de l'Avent. Le Spirit of 66 constitue une des étapes.

Avec ma p'tite Fée, nous revenons volontiers festoyer ce soir, pour notre quatrième Avent consécutif. C'est aussi l'occasion d'assister à notre huitième concert de MOSTLY AUTUMN, depuis le 3 juin 2022 ; en trois ans et demi, le septuor accède ainsi au rang des vingt groupes que j'ai vu en concert le plus souvent depuis quarante ans. Notre objectif demeure un déplacement sur leur terre, à York

On peut comparer cet engouement à un vrai coup de foudre, sur fond de repentir. Nous nous sommes beaucoup attachés à ces musiciens, tant musicalement qu'humainement. Dans mes précédents récits, je me suis déjà longuement exprimé sur le talent et la personnalité des musiciens, en évoquant la biographie du groupe formé en 1995. (cf. notamment mon récit du 16/12/22, ou alors celui plus récent et plus succinct du 28/3/25).

Voilà une vingtaine d'années que des albums fabuleux ont été édités à notre insu, à la différence de quelques astucieux musicophiles. Heureusement, le prosélytisme au sein de notre microcosme de mélomanes passionnés permet, un tant soit peu, de rattraper ce genre de coupable bévue.


Notre Rite annuel débute par une route de quelques quatre cents kilomètres, qui nous mène à Verviers, une petite ville ardennaise de Belgique.

L'étape gastronomique traditionnelle s'impose ; comme à chaque fois, nous nous restaurons à La Fringale, une petite friterie qui satisfait pleinement notre gourmandise ! N'oublions pas que nous sommes en Belgique ; l'excellente bière locale nous est servie à la pression, les frites sont succulentes. Nous sommes comblés de plaisir.

Une fois restaurés, nous retrouvons avec bonheur notre chère Maguy qui nous accueille dans son douillet hôtel des Ardennes. Nous sommes heureux de la revoir, car depuis quelque temps, elle cherche un repreneur pour son établissement. Elle voudrait prendre sa retraite, sans aucun doute bien méritée, néanmoins secrètement nous aimerions qu'elle reste encore le plus longtemps possible. Car sans elle, cet accueil et ces espaces au charme suranné disparaitraient assurément… Cependant, il plane comme un parfum de fin de règne.

Nous nous y accordons une phase de repos bien mérité avant de nous rendre au Spirit of 66.


LE CONCERT [20h30-21h30 et 21h50-23h30].

Impatients, confiants, heureux, nous retrouvons le septuor constitué de Bryan Josh (chant et guitares, depuis 1995), et Iain Jennings (claviers, de 1995 à 2005, puis depuis 2010), toujours entourés d'Olivia Sparnenn-Josh (chant principal depuis 2010, mais chœurs, percussions, flûte à bec, depuis 2004), Angela Gordon (flûtes, claviers, percussions, et chœurs, de 1999 à 2007, et depuis 2015), Chris Johnson (guitares rythmiques et acoustiques, chant, claviers, de 2006 à 2007, et depuis 2014), Andy Smith (basse, depuis 2000) et de Henry Rogers (batterie, depuis 2018).

Dans le cadre de la promotion de leur album " Sea Water ", qui est paru le 28 février 2025, nous avions assisté à leur concert du vendredi 28 mars 2025, chez Paulette. Ce fut encore une soirée gavée de belles émotions !

Nous sommes toujours ravis de revenir au Spirit of 66. L'acoustique de cette salle mythique n'est plus à démontrer, et ce soir l'ingénieur du son fut à la hauteur en nous délivrant une sonorisation digne de ces artistes. Basses et batterie furent dosées avec l'équilibre requis, ce qui permit à tous les autres pupitres de s'exprimer dans toutes leurs nuances. La configuration du Spirit ne permettra jamais de disposer d'un éclairage considérable mais cependant nous nous sommes facilement contentés de l'existant.

Le temps avec MOSTLY AUTUMN passe toujours bien trop vite. Pourtant, un dense programme de vingt-trois titres, délivré en deux actes, aurait pu rassasier notre appétit féroce. Mais que nenni ; nous trouvons au final encore le moyen de déplorer l'absence de tel ou tel autre titre !!! Averti de ce danger à l'aune de mes précédentes participations, j'ai pris soin de porter mon attention sur chaque moment, sur chaque musicien. J'ai tenu à capter ces mini-évènements qui rendent un concert particulier ; les (fréquents) moments de virtuosité, les regards complices entre les musiciens, mais aussi les échanges avec le public. A défaut de maitriser le temps, j'ai tenté de maitriser mes émotions. Autant que faire se peut…

Une bande son (sans doute la seule du concert) introductive, un peu longuette, met notre patience à rude épreuve, avant que les musiciens pénètrent enfin sur la scène… L'équilibre des sons est immédiat, ce qui nous permet de nous réjouir dès les premières mesures, de nous laisser délicieusement emporter dans un tourbillon d'harmonies…

Olivia Sparnenn-Josh, modeste, humble et pourtant tellement douée, irradie la salle de tout son talent et de toute sa beauté ; sa voix est dotée d'un timbre, d'une tessiture et d'une puissance magnifique. L'an dernier, certains avaient remarqué qu'elle n'était pas aussi à l'aise qu'à son habitude, sans doute indisposée. Mais ce soir, d'un avis unanime, elle est à son meilleur niveau, sans équivoque ! D'ailleurs, son sourire trahit un plaisir évident d'être sur la scène avec ses amis, elle contribue ainsi à une complicité réjouissante et efficace.

Angela Gordon, discrète et humble, mais tellement essentielle, apporte ses talents de multi instrumentiste ; la choriste qui accentue les émotions avec une remarquable intensité, la flutiste bouleversante de sensibilité, la claviériste en complément astucieux aux partitions d'Iain. Dans tous les cas, elle incarne avec brio l'authenticité du groupe qui évite les bandes-son.

Chris Johnson, dont la sensibilité à fleur de peau se ressent constamment, démontre lui aussi un talent essentiel au groupe. Sa voix, tant aux chœurs, qu'au chant principal quand vient son tour, est touchante de délicatesse et de douceur. Idem pour ses interventions aux guitares (sa vieille acoustique trouée mais toujours sonore ou son électrique) qui viennent étoffer et soutenir celles du Patron.

Andy Smith, discret pilier avec sa nouvelle basse (il est vrai que son ancienne avait visiblement vécu !!) contribue à la rythmique entrainante avec une constance sans doute rassurante pour les autres.

Henry Rogers, le maitre des tempos, est également d'une efficacité sans faille alors que son regard montre une attention scrupuleuse pour se conformer aux dispositions du collectif.

Iain Jennings, c'est le lieutenant qui encadre la scène dans l'espace opposé du Patron. Ses accords de claviers expriment de gracieuses mélodies dans une atmosphère onirique avec une grande sensibilité. Il surveille lui aussi la cohérence du groupe avec bienveillance.

Enfin, le Grand Patron, Bryan Josh, que je considère parmi les plus grands guitaristes, régule son équipage avec une bienveillante fermeté. Toujours vêtu de son t-shirt (sons of Ragnar), le virtuose exprime des soli de guitare avec une élégance, une sensibilité qui ne peuvent qu'émouvoir son auditoire. Son chant, rauque mais doux, est une alternance agréable à celle de son épouse, avec qui la complicité est évidente, touchante.

Bref, la prestation fut conforme à ce que nous étions venus chercher ; un plaisir intense et partagé. Les mots qui continuent de résumer leur musique, et qui reviennent sans dans mon récit demeurent "mélodie", "harmonie", "sensibilité", "délicatesse", "douceur", "complicité", "virtuosité", "talent". Bref, un pur enchantement musical.

Le public nombreux et cosmopolite (ça parle allemand, néerlandais et français) se montra particulièrement enthousiaste et chaleureux, ce qui semble avoir été perçu par le groupe au regard des sourires affichés (et de leur publication du lendemain).

MOSTLY AUTUMN dispose d'une discographie de quinze opus de studio et pourrait sans réserve y puiser de quoi réjouir son auditoire. Il en résulte assez fatalement une frustration de ne pas entendre davantage de titres anciens et de retrouver souvent un programme similaire aux précédents concerts. Mais ce caprice d'admirateur est coupable car on n'est jamais déçu par cette source de plaisirs irrésistibles.

La prestation de ce soir a sélectionné sept opus. Elle comporte vingt-trois titres, dont huit issus de " Sea Water " (2025). Mais aussi un de "Graveyard Star" (2021), trois de "White Rainbow" (2018), un de "Sight of Day" (2017), un de "Heart Full of Sky" (2006), trois de "Passengers" (2003) et deux de "For All We Shared" (1998). Le concert se termine par trois reprises traditionnelles et opportunément festives. Notons que contrairement aux années précédentes, les joyeux lurons ne se sont pas coiffés du bonnet conique rouge et blanc. Nous non plus, d'ailleurs.

PROGRAMME

ACTE 1 :

  1. Let’s Take a Walk (Seawater, 2025)
  2. In for the Bite (reprise de Josh & Co. Limited, 2016)
  3. Winter Dreaming (Seawater, 2025)
  4. Western Skies (White Rainbow, 2018)
  5. Why Do We Remember All the Rain (Seawater, 2025)
  6. Future Is a Child (Seawater, 2025)
  7. Passengers (Passengers, 2003)
  8. Silver Glass (Heart Full of Sky, 2006)
  9. The Night Sky (For All We Shared, 1999).

ACTE 2 :

  1. Distant Train (Passengers, 2003)
  2. Answer the Question (Passengers, 2003)
  3. My Home (Seawater, 2025)
  4. Be Something (Seawater, 2025)
  5. If Only for a Day (Seawater, 2025)
  6. Back in These Arms (Graveyard Star, 2021)
  7. Into the Stars (White Rainbow, 2018)
  8. Changing Lives (Sight of Day, 2017)
  9. When We Ran (Seawater, 2025)
  10. White Rainbow (White Rainbow, 2018).

RAPPEL :

  1. Heroes Never Die (For All We Shared, 1998).
  2. I Believe in Father Christmas (reprise de Greg Lake)
  3. A Spaceman Came Travelling (reprise de Chris de Burgh)
  4. Fairytale of New York (reprise de The Pogues). 

Comme d'habitude, en dépit de leurs travaux de démontage de la scène et de chargement du matériel, les membres du groupe (en particulier Olivia, Chris, Angela et Bryan) se montrent accessibles et d'une sincère gentillesse. Je ne me prive pas de leur répéter toute mon admiration. Je leur épargne les portraits, mais je les invite malgré tout à signer le dernier opus que j'avais préalablement emmené à dessein.

A l'échoppe, je me lâche. Je me procure quatre albums ; "Glass Shadows" (15€), "Still Beautiful - Live 2011" (20€), "Through These Eyes" (10€) et "Transylvania - Part 1 - The Count Demands It" (10€). Ainsi qu'un t-shirt (15€). Et hop ! Parce qu'ils le méritent. Et puis moi aussi.

Nous sommes déjà impatients de les revoir, même si "Heroes Never Die" faisant, cela ne manquera pas de survenir, tôt ou tard… Hélas, il ne faut pas trop compter sur notre petit hexagone pour cela. A défaut de traverser la Manche pour se rendre à York (il faudra bien qu'on atteigne cet objectif un jour ou l'autre), il se pourrait bien que nous traversions le Rhin. L'Allemagne est dans le viseur (Neunkirchen n'est qu'à 420 km aussi après tout…), ce serait le jeudi 7 mai 2026. Soyons fou…



samedi 15 novembre 2025

KOMODRAG & THE MOUNODOR + LUCIE SUE Espace Icare du Réacteur, à Issy-les-Moulineaux (92) – samedi 15 novembre 2025.

Ce concert, à priori l'avant-dernier de l'année 2025, me semble l'occasion d'un premier regard dans le rétroviseur. Le bilan annuel montrera certes de nombreuses émotions liées aux parutions d'albums et aux concerts, mais je peux d'ores et déjà prétendre qu'au rayon "découvertes", KOMODRAG & THE MOUNODOR aura été LA Révélation de l'année 2025 ! Confirmant ainsi que non, le rock n'est pas mort, de jeunes loups prennent la relève, et de très brillante manière !!

Cette découverte, le 14 septembre à l'occasion du Raismesfest 2025 (Nord), fut assez ébouriffante pour nous inciter, dès la semaine suivante, à traverser l'Ile-de-France (et sa légendaire circulation…), vers sa banlieue Nord, afin de nous assurer de ne pas avoir été victime de la berlue ! Cette piqûre de rappel, le 20 septembre à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), s'avéra encore plus convaincante et achevait de nous séduire ! Nous étions ainsi rassurés ; nous n'avions donc pas été victimes de substances hallucinogènes ! Nous ne sommes pas dans un futur incertain et chaotique des années 2020, nous sommes bien en 1970, …tout va bien !

De surcroît, leur échéancier montrait quelques autres dates dans nos contrées durant cet automne ; jamais deux sans trois, dit-on… La présente date fut ainsi immédiatement cochée !! Le ticket fut acquis le 23 octobre.

Une fois n'est pas coutume, cela se passe dans notre banlieue Sud de Paris. Le pôle musical du Réacteur d'Issy-les-Moulineaux, qui dispose notamment de l'Espace Icare, est situé au 31 boulevard Gambetta. Il s'agit d'un bâtiment de plus de 2500 m², doté de plusieurs équipements à caractères culturels et sportifs, dont cet auditorium modulable qui peut accueillir 350 places debout, 142 places assises). Encore un site à découvrir !

Les joies procurées par les transports en commun à Paris sont insondables ; la ligne 12, censée desservir le site, est fermée précisément sur ce secteur, depuis la Porte de Versailles. Bah, une p'tite marche d'une vingtaine de minute ne nous fera pas de mal (à l'aller en tous cas, au retour ce sera un peu plus pénible !), d'autant plus que la pluie automnale s'est arrêtée. On arrivera une trentaine de minutes avant l'ouverture des portes qui sera effective à19h30.

Nous découvrons la salle d'accueil du bâtiment avec son p'tit bar sympa (peu onéreux), puis l'espace Icare qui est situé en sous-sol. Sensation de confort dans ce bel auditorium dont le mobilier et les murs sont de nature à nous rassurer a priori sur sa qualité.


LUCIE SUE [20h00-20h45].
https://luciesue.com/
https://luciesue.bandcamp.com/
https://www.youtube.com/@iamluciesue
https://www.metalrock-magazine.com/news/20244/lucie-sue-nouvel-album-battlestation-le-29-aout/

Dans notre entrain à revoir les Bretons, nous avions quelque peu ignoré l'invitée, LUCIE SUE dont j'ignorais totalement l'existence. Seul mon fils connaissait la Dame, qu'il avait remarquée sur la scène principale du HELLFEST, le 13 juin 2025, lorsqu'elle fut invitée à gratouiller des cordes de basse quelques minutes pendant la prestation de STEEL PANTHER, devant 60 000 personnes.

Son ascension est soutenue par Richard Gamba, son directeur musical qui est connu pour avoir travaillé entre autres pour Gojira pendant plusieurs années. Il voit en elle, une artiste majeure de la scène metal. Son frère Baptiste Germser lui apporte également son soutien technique et logistique. À 46 ans, son obstination lui permet d'atteindre ses objectifs. Afin de garantir son financement, elle continue à travailler dans son studio de graphiste, Sphynx, dont elle a repris le nom pour créer son label musical.

Je me renseigne sur ce quatuor et découvre le parcours honorable de la Biarrotte. Elle se présente ainsi : "La musique, c’est ma vie. Je suis née dans une famille de musiciens. J’ai étudié le violoncelle au conservatoire de Lyon. Il ne s’est jamais passé un jour sans musique. J’ai joué dans des groupes de rock, metal, pop, ou folk. Dans des orchestres symphoniques aussi ! (…). Jusqu’ici j’ai TOUT payé avec mes économies : L’enregistrement, le mixage, la production musicale, la promotion, les clips, les marchandises, l’essence, les péages, les sandwichs Sodebo, etc. Beaucoup pensent que la musique est mon métier et que j’en vis agréablement. PAS DU TOUT : Je travaille comme graphiste la journée, et le soir, quand j’ai fini de bosser et couché les enfants, je peux enfin m'y coller. La musique me coûte bien plus qu’elle ne me rapporte. Les salles de concert sont de plus en plus rares et fauchées. Nous sommes très souvent payés au lance-pierres. Mais on le fait parce que comme Johnny, on a ça dans le sang ! "

Après un premier album, "To Sing in french" paru le 31 janvier 2023, le deuxième album, intitulé "Battlestation" est paru le 29 aout 2025. Il comprend treize titres.

LE CONCERT. Nous sommes positionnés en deuxième rang, entre les pupitres du chant et de la basse. Très vite, nous sommes rassurés par la qualité de la sonorisation, qui profite de l'excellente acoustique de la salle. La scène est un peu réduite par la place prise pour les instruments du groupe suivant, mais les quatre pupitres parviennent à s'exprimer sans dommage. L'éclairage, davantage porté sur les tons rouges, m'a semblé un peu trop sombre et limité, la pénalité que subissent la plupart des invités.

Outre la chanteuse guitariste Lucie Germser, le quatuor est composé d'Enzo Metro à la guitare, Mitch Livas à la batterie (qui fête son anniversaire aujourd'hui !). La basse (et les chœurs) est assumée par une aussi mystérieusement anonyme que ravissante Laura, dite "Cosmic Girl". On n'en saura pas davantage…

L'auditoire a pu être convaincu avec des accords et refrains entraînants, une fougue collective menée par une voix féroce et sincère qui force l'intérêt. Le groupe français chante en anglais, mais Lucie a la bonne idée de souvent présenter le thème de ses chansons pour les présenter. Les interventions incisives d'Enzo sont appréciées. La base rythmique (batterie/basse), est bien en place et contribue efficacement à l'entrain général.

On perçoit les influences, tels que L7, METALLICA et plus globalement les groupes anglo-saxons des 90’s, que la chanteuse ne cache pas avoir admiré en visionnant les clips sur MTV de l'époque. D'ailleurs, elle a souligné sa fierté de jouer ce soir sur les planches où avait joué NIRVANA. En effet, le 1er décembre 1989, le groupe américain a donné son premier concert français dans cette modeste MJC des Hauts-de-Seine, devant 214 personnes !

Le public semble poliment enthousiasmé, il chante et danse, mais notre présence dans les premiers rangs ne sera pas bousculée. Les musiciens quittent la scène avec les ovations méritées.

L'échoppe sera prise d'assaut, les albums se vendront bien. Il faut dire que les musiciens se sont montrés agréables et disponibles pour des discussions et des autoportraits délirants. Je soutiens volontiers ce groupe prometteur, en achetant le CD du récent album.

PROGRAMME
(à déterminer)


KOMODRAG & THE MOUNODOR [21h10-22h35]
https://www.youtube.com/@komodragandthemounodor
https://komodragantthemounodor.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/komodragandthemounodor/

Le parcours du groupe, et de sa genèse, a été abondamment commenté dans les médias bretons, dont la consultation m'a permis de relater, sur mes deux précédents récits [ ici ], une partie de leur biographie déjà riche. Je rappelle seulement ici que KOMODRAG & THE MOUNODOR constitue une fusion de deux autres formations ; KOMODOR d'une part et de MOUNDRAG d'autre part. Cette union n'est en aucune manière un faire-part de décès ; ces deux groupes sont bel et bien vivants ! D'ailleurs, chacun va bientôt promouvoir un nouvel album ; MOUNDRAG sera en concert le jeudi 5 Mars 2026 au Petit-Bain et KOMODOR sera en concert le jeudi 26 mars 2026 à La Maroquinerie.

Quant à l'Entité ici formée, elle est représentée par un premier album " Green Fields of Armorica ", qui est paru le 20 octobre 2023. Un album qui avait été enregistré dans l'urgence d'un succès fulgurant, après des premières prestations particulièrement convaincantes. Plus récemment, deux nouveaux monoplages " Stone In The Field " et " Ready For The Boogie " sont parus en 2024, et seront probablement insérés dans un nouvel album à venir.

LE CONCERT. Nous retrouvons le confort acoustique de la première partie de soirée. Aucun excès sonore ne viendra pénaliser la prestation ; sans mes protections auditives, je pourrai ressentir pleinement les sensations. L'éclairage s'est intensifié et clarifié pour une scène densément occupée par le septuor qui demeure composé de Camille "Organ Fury" Goellaen-Duvivier (Orgue), Colin "Dr Mad Drum" Goellaen-Duvivier (batterie, chant), Gaëtan "Goudzou" Convert (basse, chant), Yves-Marie "Slyde Barnett" Cariou (guitare, chant), Ronnie Calva (guitare), et Elrik "Monroe" Morvan (batterie), et Melin Le Bigot (guitares, chant, percussions).

Grâce à ces excellentes conditions, je retrouve rapidement les émotions provoquées par cette déflagration de rock, dont les sonorités évoquent la période psychédélique des années 70, totalement maîtrisées ! Le son du clavier, les guitares incandescentes et harmonieuses, les voix incantatoires ou douces selon les séquences et une énergie brute et explosive. Tout contribue à créer et à entretenir une transe collective irrépressible, même parmi la large part des auditeurs venus découvrir ces fous furieux bretons. De nouveaux adeptes ont été assurément recrutés ce soir encore !

Bien sûr, le programme a peu évolué depuis notre récente découverte de cette formation, qui en est encore à ces prémices. Mais on redemande volontiers de revivre ces instants privilégiés qui nous accordent une salvatrice parenthèse dans un quotidien morose. Et puis, leur attitude est tellement sincèrement orientée pour la fête, que le public ne peut que se laisser emporter dans un délicieux tourbillon aux parfums de patchouli et d'encens exotiques. Les auditeurs sexagénaires voyagent dans l'espace-temps, les plus jeunes peuvent imaginer l'époque avec une relative frustration. Mais toutes les générations s'accordent pour s'enivrer de ce bal évocateur.

La prestation est similaire à celle de Tremblay (et donc plus étendue qu'à Raismes), mais cette fois point d'invité pour partager la scène. Nous sommes quelques-uns à avoir nourri un vœu naïf de voir intervenir Lucie Sue durant un "Voodoo Love", ce qui n'aurait pas manqué d'accentuer encore la folie ambiante. Mais bon, disons que la taille de la scène aurait pu rendre l'opération un peu compliquée...

La complicité entre les musiciens est flagrante, ils se partagent les interventions avec une redoutable efficacité. Les sourires et les accolades trahissent un bonheur collectif, une fraicheur d'esprit absolument réjouissante.

L'auditoire a été d'autant plus conquis que, comme à leur habitude, les plus exubérants "Goudzou", "Monroe" et "Slyde Barnett" sont venus fendre la foule comme pour l'exalter encore davantage. Ce dernier allant même jusqu'à confier sa guitare aux spectateurs pour clore le spectacle ! Chacun y a allant de sa gratouille pour ajouter à la cacophonie finale !

PROGRAMME
Bande son introductive hawaïenne
1.         Ready to Boogie (monoplage, 2024)
2.         Born in a Valley (Green Fields of Armorica, 2023)
3.         Brown Sugar (Green Fields of Armorica, 2023)
4.         Stone in the Field (monoplage, 2024)
5.         Fleeing Soldier (Green Fields of Armorica, 2023)
6.         It Could Be You (Green Fields of Armorica, 2023)
7.         Green Fields of Armorica (Green Fields of Armorica, 2023)
8.         Voodoo Love (Green Fields of Armorica, 2023)
9.         Marie France (Green Fields of Armorica, 2023).
RAPPEL :
10.       If I Were a King (Green Fields of Armorica, 2023)
11.       We're an American Band (reprise de Grand Funk Railroad [1973])
12.       Ramblin'Rose (reprise de MC5 [1970], qui l'avait repris de Jerry Lee Lewis [1962]).

Leur opération séduction fonctionne totalement ; l'échoppe a de nouveau été envahie massivement par une nouvelle horde d'admirateurs fraichement conquis ; ceux qui voulaient acquérir CD, vinyle ou t-shirts devaient s'aligner dans une longue file !

Pour notre part, nous avons profité de la grande disponibilité des musiciens qui, fidèles à leur habitude, se rendent accessible pour discuter, échanger les impressions, poser pour des portraits, dans la joie et la bonne humeur.

La capacité de KOMODRAG & THE MOUNODOR à agiter les foules ne s'est pas démentie ce soir. L'avenir dira si le septuor s'inscrira dans la durée pour surmonter les aléas d'une vie de groupe ; en tout cas on lui souhaite (h)ardement ! Pour ma part, j'attends le mois de mars pour découvrir leur facette originelle…




vendredi 26 septembre 2025

PROG ROCK FEST PARIS 2025 - Casino de Paris (Paris 09) – 26 et 27 septembre 2025.


CONTEXTES POUR NOTRE MICROCOSME DE MELOMANES :

Ce festival était l'occasion de réunir toute notre communauté de passionnés du rock progressif. Mais c'était sans compter sur le Crabe qui nous a ôté notre amie Marie-Antoinette, alias "Montague Miel", qui a brutalement disparu à la surprise générale, en ce mois de septembre, deux ans après Thierry…

Le 11 avril dernier encore, authentiquement passionnée, elle nous distribuait des bougies à brandir pendant le concert de Lazuli, ici même au Casino de Paris. Marie-Antoinette et sa peluche habillée des t-shirts des concerts consciencieusement élaborés, vont nous manquer avant, pendant et après nos concerts ; à commencer par ce festival qu'elle avait pourtant coché sur son calendrier…

Nonobstant, cet évènement aura permis de faire converger nos amis venus d'Aveyron, de Picardie, de Suisse, de Belgique et de partout en France ! Tous autant que nous sommes, tenterons d'oublier nos tracas quotidiens le temps du Festival…

Ces dernières années, des festivals français et européens spécialisés dans le rock progressifs se sont arrêtés (tels que le NOTP et le PeB en 2024). D'autres ont vu le jour (tel que le MidWinter). Cependant, avec un courage animé par la passion, Cédric Segal et son équipe ont organisé ce premier festival de rock progressif dans Paris. Je rends hommage à cette heureuse initiative qui a nécessité sans doute beaucoup d'efforts et d'abnégation pour parvenir à maintenir cet honorable objectif.


CONTEXTE POUR IQ : Après une vingtaine d'années sans être revenus à Paris, IQ avait ravi l'auditoire du Café de la Danse, le 21 septembre 2024. Cette satisfaction semble avoir été réciproque puisque peu de temps après, courait la rumeur d'un "IQ WEEKEND" à Paris. Cette rumeur a finalement pris la forme d'un festival, sous la houlette de Cédric …

Un concept qui pouvait a priori paraître plus raisonnable, compte tenu de la fiabilité d'un public français trop peu nombreux, il faut bien le reconnaitre... L'idée de réunir une palette de rock progressif autour d'IQ avait de quoi attirer et aurait dû/pu remplir cette salle qui revendique une capacité de deux mille spectateurs.

Nonobstant, en dépit de toute la bonne volonté et de la louable énergie déployée par l'Organisation, il y avait beaucoup d'espaces vides le premier soir. Un peu moins de second.

Ce regrettable constat pourrait mettre en péril la pérennité de l'initiative, car en ce bas monde tout a un coût et le défaut de rentabilité entravera toujours toute utopie. La quête d'équilibre financier est un enjeu majeur.

Parmi les causes probables du peu d'affluence, on ne peut pas ignorer cette part de mélomanes qui ont déclaré être réticents à payer un ticket, dont le montant est estimé d'autant plus onéreux au regard de quatre groupes inscrits à l'affiche, pour cinq concerts sur deux soirées…

Alors, comparaison n'est pas raison, certes, et les conseilleurs ne sont pas les payeurs… Les arbitrages pour préserver à la fois la sécurité financière et l'intérêt de l'évènement, sont évidemment compliqués. Mais j'observe que le MARILLION WEEKEND parisien, qui s'était tenu dans cette même salle, le 11 avril dernier, était lui aussi onéreux. Certes, le Casino de Paris est un auditorium splendide, dont l'acoustique est excellente. Mais est-il est permis de se demander si la location de ce prestigieux écrin ne fut pas trop audacieux…

Les pistes de réflexion pour organiser la prochaine édition, pourraient-elles conduire à changer de site ? à réduire la voilure à une journée ?? Après tout, mieux vaut un petit festival en banlieue, que pas de festival du tout…

Quoi qu'il en soit, j'ai acquis nos tickets dès le 12 février 2025, surtout motivé pour revoir non pas un mais deux concerts d'IQ !  Même si, parmi les artistes invités, seul THE WATCH, un groupe hommage, constituait une découverte pour moi et ma P'tite Fée. Nous étions néanmoins ravis de revoir RPWL. S'il est difficile de satisfaire toutes les sensibilités, disons qu'avec le recul, c'était déjà bien, pour une première édition d'un festival de rock progressif dans Paris !

Et puis, l'autre paramètre agréable, c'est le plan de passage des artistes qui ne débute pas trop tôt dans l'après-midi ! Cela laisse le temps aux festivaliers de se restaurer et d'arriver détendu sur le site. En outre, rester réceptif et debout de midi à minuit devient une gageüre pour beaucoup d'entre nous (…)


Le vendredi 26 septembre

A l'ouverture des portes, la désinvolture du personnel du Casino constatée au printemps dernier, se renouvelle ; il avait laissé délibérément les files d'attente se former, avant de les redéfinir malicieusement à la dernière minute. Ce manque d'égard pour les plus passionnés peut agacer. Malheur aux premiers arrivés…

Cet agacement à peine surmonté, lorsque nous présentons nos tickets aux contrôleurs du Casino, leurs lecteurs ne parviennent pas à valider le QR code ! Nous sommes quelques dizaines de victimes dans le même embarras, a devoir s'agglutiner dans une cohue devant le guichet pour la délivrance d'un Sésame en bonne et due forme…

De surcroît, l'accueil chaotique (pour ne pas dire irrespectueux) des PMR n'aura pas contribué à grandir l'image de la France pour les festivaliers venus de l'étranger. Les urinoirs tous bouchés en seconde soirée, viendront ensuite sublimer l'impression.

A ce stade, on pouvait donc s'inquiéter de la suite du Festival … Mais, le produit des efforts conjoints de l'Organisateur du Festival et des équipes techniques (Les changements de plateaux, la sonorisation, le respect des horaires et les échoppes …) fut à la hauteur des attentes ! Bravo encore une fois !!


KARNATAKA [19h05-20h20]. (ANGLETERRE)
https://www.karnataka.org.uk/
http://www.youtube.com/channel/UCgejaVIWDijAax6kjqXakuQ

KARNATAKA a été fondé au Pays de Galles, en 1997, par Ian Jones (basse/guitare acoustique), Jonathan Edwards (claviers) et Rachel Jones (chant). La biographie est segmentée en plusieurs ères, car dans les faits, le concept est devenu avant tout le groupe de Môssieur Ian Jones…

J'avais été séduit par KARNATAKA, ère Hayley Griffiths en 2017, après avoir assisté aux festivals Crescendo le 19 aout 2017, puis Prog en Beauce le 29 octobre 2017. Ces deux concerts se cadraient dans la tournée "Secrets of Angels". La vitalité et l'harmonie, que j'avais perçu lors de la remarquable (euphémisme) prestation de la chanteuse Hayley Griffiths, du guitariste Enrico Pinna et du batteur Jimmy Pallagrosi, était de nature à prévoir un beau parcours à venir. Il paraissait évident que ces musiciens s'étaient pleinement investis dans l'aventure. … Pourtant, quelques semaines plus tard, ils étaient tous congédiés, par le Patron. Le Créateur décide de virer systématiquement son entourage dès qu'il estime vouloir passer à autre chose… Ce qui peut certes paraitre artistiquement respectable, mais humainement beaucoup moins.

En tout état de cause, on observe que le " KARNATAKA's IAN JONES BAND " peine décidément à se stabiliser, puisque s'il demeure composé (pour combien de temps encore ?) de la (quatrième) chanteuse Nicola "Sertari"  Knight (chant, aaah mais !… depuis 2018, quand même !), et de Luke Machin (guitares, depuis 2018, membre de CYAN), en revanche les deux autres strapontins (ou sièges éjectables) sont désormais occupés par Rob Wilsher (claviers, depuis 2023), et Jack Summerfield (batterie, depuis 2023).

Leur sixième album "Requiem for a Dream", est paru le 28 juillet 2023.

Nous avons découvert cette nouvelle mouture lors du Festival Night of the Prog le 20 juillet 2024. Avec l'objectivité requise, je dois reconnaitre que j'ai de nouveau été séduit. Car, une nouvelle fois, le bougre est parvenu à s'entourer de talents. En particulier celui du guitariste Luke Machin, dont j'ai déjà admiré toute l'adresse et la sensibilité en le voyant officier au sein de CYAN. Mais aussi celui de la chanteuse Sertari dont le timbre, la tessiture et le charisme sont remarquables.

Ce soir encore, la prestation est agréable en tous points. La sonorisation extériorise le chant pendant quelques minutes. Cela tarde un peu à s'équilibrer, mais peu à peu, on pourrait se laisser bercer par les mélodies entrainantes, souvent ponctuées d'admirables soli du Grand Luke. Cependant, l'ensemble lissé à l'extrême finit par me lasser quelque peu. Les limites du genre néo-prog sont poussées aux confins d'une pop gentillette. C'est certes mignon, cela semble plaire à une bonne partie de l'auditoire, mais nous sommes quelques-uns à attendre en vain les caractéristiques du rock progressif, avec ses ruptures et ses digressions rythmiques.

La part conquise du public ovationne chaleureusement les musiciens qui n'ont pas démérité dans leur genre.

Même si je suis sensible aux qualités vocales (mais aussi esthétiques ; au Diable l'hypocrisie) de Sertari, mes applaudissements s'adressent plus particulièrement à Luke Machin, qui décidément confirme encore ici sa finesse de jeu.

Plus tard dans la soirée, j'aurai le plaisir de rencontrer Luke dans le hall ; il est modeste et très accessible. Il m'apprend qu'un nouvel opus de CYAN est en cours. Et puisqu'il est proche de Peter Jones, il me confirme hélas que CAMEL demeure moribond.

Sur cinq titres, la période la plus récente est privilégiée, avec trois issus de "Requiem for a Dream", mais fait notable, "Secrets of Angels" est boudé, pour laisser place à deux opus plus anciens "Delicate Flame of Desire" et "The Gathering Light".

PROGRAMME
1.        The Serpent and the Sea (The Gathering Light, 2010)
2.        All Around the World (Requiem for a Dream, 2023)
3.        Forgiven (Requiem for a Dream, 2023)
4.        Heart of Stone (Delicate Flame of Desire, 2003)
5.        Requiem for a Dream (Requiem for a Dream, 2023).


IQ [20h40-22h30] (ANGLETERRE)
https://www.thewatchmusic.net/
http://www.youtube.com/@TheWatchband

POUR RAPPEL : Ce quintet britannique, cofondé en 1981 par Mike Holmes et Martin Orford, s'inscrit dans la mouvance du rock néo-progressif, à l'instar de ses contemporains MARILLION et PENDRAGON. Ses musiciens sont parfois partis pour revenir, parfois non. Le groupe a surmonté ses instabilités ; Actuellement, le pilier Mike Holmes (guitares, claviers, chœur depuis 1981) est entouré de Tim Esau (basse, chœur de 1981 à 1989, et depuis 2011), Peter Nicholls (chant de 1982 à 1985, et depuis 1989), Paul Cook (de batterie 1982 à 2005, et depuis 2009), Neil Durant (claviers depuis 2011).

Le treizième album, "Dominion" est paru le 28 mars 2025.

Personnellement, j'ai hélas tardé à voir sur scène ce groupe pourtant majeur de l'univers néo-progressif. Je les écoute depuis 1988 (peu après la parution de "Nomzamo"), mais je n'ai assisté à un premier concert que le 22 juin 2019, à l'occasion du festival Midsummer. Puis le 19 juillet 2019 lors du Night of the Prog festival, et enfin le 21 septembre 2024 au Café de la Danse à Paris ! Nonobstant, avec le recul, je m'accorde une circonstance atténuante ; il me semble que le groupe n'a valorisé réellement ses longs morceaux aux arrangements et aux harmonies complexes, qu'à l'occasion du retour de Peter Nicholls et de l'enregistrement de "Ever", qui est paru le 1er juin 1993.

Le concert débute avec un titre issu de "The Road of Bones" qui nous séduit immédiatement grâce à une sonorisation qui me semble parfaitement équilibrée, comme le dispositif d'éclairage. En fond de scène, trois écrans diffuseront les illustrations. Les trois pupitres alignés de Peter, Mike et Tim me paraissent un peu trop éloigné du public.

Je retrouve avec bonheur les sensations inhérentes aux atmosphères à la fois mélancoliques et oniriques qui sont développées avec une grande sensibilité par ces musiciens.

Sans s'embourber dans des préjugés stupides, force est d'admettre que Mike Holmes semble insignifiant physiquement, et pourtant ses soli s'imposent avec une élégance et une émotion à faire pleurer le plus féroce des prédateurs ! A mon sens, il n'aurait pas à rougir de la comparaison avec les plus grands.


L'autre personnage qui focalise l'attention, c'est bien sûr Peter Nicholls, dont la sobriété gestuelle ne nuit absolument pas à un charisme maitrisé. Son allure triste, voire désespérée, est assortie à une voix dotée d'un timbre qui exprime davantage la détresse que la joie de vivre. Et cependant, la beauté des mélodies invite davantage à l'extase qu'à la neurasthénie. J'admire particulièrement sa constante maitrise des tonalités mineures, car elle requiert un vrai talent pour maintenir la justesse des harmonies produites avec les claviers et guitare.

Pour accentuer ces atmosphères enivrantes, il fallait encore pouvoir compter sur un accompagnement à la fois harmonieux, éloquent et puissant ; toutes choses que maitrisent Neil Durant, avec ses accords et nappes splendides, ainsi que Paul Cook et Tim Esau, avec leur interventions relativement discrètes mais indispensables.

Alors que j'applaudis vivement à chaque session, je mesure la chance de pouvoir apprécier cette Musique qui m'enivre et me réconforte ; j'ai une pensée émue pour les malheureuses oreilles hermétiques.

Pendant les chansons, les auditeurs semblent comme engourdis, mais la satisfaction est suffisamment stimulante pour acclamer les pilotes du vaisseau IQ. Le rappel s'impose à tous, bien évidemment.

Près de deux heures (1h50) ont ainsi passé à l'insu général. Avec douze titres, IQ a évoqué neuf albums parus sur quatre décennies. Deux titres sont issus de "Dominion" (2025), un de "Resistance" (2019), trois de "The Road of Bones" (2014), un de "Frequency" (2009), un de "Dark Matter" (2008), un de "The Seventh House" (2001), un de "Subterranea" (1997), un de "Ever" (1993), et un de "The Wake" (1985).

PROGRAMME
1.        From the Outside In (The Road of Bones, 2014)
2.        Sacred Sound (Dark Matter, 2008)
3.        Subterranea (Subterranea, 1997)
4.        Guiding Light (The Seventh House, 2001)
5.    Never Land (Dominion, 2025)
6.    The Wake (The Wake, 1985)
7.    Shallow Bay (Resistance, 2019)
8.    Far from Here (Dominion, 2025)
9.    The Road of Bones (The Road of Bones, 2014)
10.    Closer (Frequency, 2009)
11.    Further Away (Ever, 1993).
RAPPEL :
12.    Ten Million Demons (The Road of Bones, 2014).

Je ne peux pas quitter la salle sans me procurer à l'échoppe le t-shirt de la tournée d'IQ. Compte tenu du relatif éloignement du site (une petite heure de transports en commun), nous sommes contraints de ne pas nous attarder, et de couper court aux conversations passionnées.



Le samedi 27 septembre

RPWL [17h-18h10]. (ALLEMAGNE)
https://www.rpwl.net/
http://www.youtube.com/@RPWLtv

RPWL (initiales des quatre membres fondateurs du groupe, à savoir Risettion-Postl-Wallner-Lang, dont les deux premiers sont partis) est un groupe de rock progressif allemand fondé à Freising (Bavière), en 1997. Le groupe se donnait alors pour vocation de reprendre du Pink Floyd. Après trois années à jouer la musique des autres, ils ont créé peu à peu leur propre musique, basée sur leurs influences de l'époque, du rock progressif psychédélique. Un parcours similaire avec celui de MOSTLY AUTUMN, même si les Anglais ont davantage incliné sur le versant folk.

J'ai eu plaisir à assister à leur concert à l'occasion du festival Midsummer le 25 juin 2022, puis à celui du festival The Night of the Prog le 24 juillet 2022. J'ai davantage apprécié leur deuxième prestation ; peut-être en raison de l'ajout de deux choristes, Caro von Brünken et Carmen Tannich Wallner, qui avaient singulièrement valorisé les chansons.

Leur huitième album studio, "Crime Scene" est paru le 17 mars 2023.

Jürgen "Yogi" LANG (chant, claviers, depuis 1997) et Karlheinz "Kalle" WALLNER (guitare, depuis 1997), sont maintenant entourés de Marc TURIAUX (batterie, depuis 2008), Markus GRÜTZNER (basse, depuis 2022) et "Butsch Keys"(?) (claviers, depuis 2022). Je suis soulagé de la présence des deux choristes déjà participantes en 2022 à Sank-Goarshausen, Caro von Brünken et Carmen Tannich-Wallner.

En fond de scène, un vaste écran diffusera des mini-films et images d'illustrations.

D'emblée, la présence des deux choristes apporte indéniablement une profondeur aux émotions, elles brillent par leur timbre puissant et par leur éloquence. Leur tessiture se limite à une portée intermédiaire, mais avec la sensibilité et la justesse requises pour émouvoir.

Parmi les séquences intenses de la prestation, cet ancien groupe d'hommage à Pink Floyd, nous accorde une excellente reprise de "Welcome to the Machine".

La similitude du timbre de Yogi avec celui de la voix de David Gilmour est troublante. Il n'en trahit aucunement la sensibilité mélancolique. Quant à Kalle, il excelle dans des soli magnifiquement délicats et émouvants. Le bassiste, à la stature imposante, semble s'être bien intégré au groupe, et contribue avec le batteur et le clavier à soutenir efficacement toute la force émotionnelle des compositions.

L'ensemble de la prestation de ce soir vient me rappeler combien ces Allemands devraient pouvoir compter sur un succès mérité. L'ovation ardente de l'auditoire entretient une satisfaction générale.

© Hervé

Outre l'émouvante reprise de PINK FLOYD, RPWL puise dans cinq albums pour exprimer neuf titres, dont trois issus de "World Through My Eyes" (2005), deux de "Beyond man and time" (2012), un de "Tales from outer Space" (2019), un de "Crime Scene" (2023), et un de "God Has Failed" (2000).

PROGRAMME
1.        Victim of Desire (Crime Scene, 2023)
2.        Sleep (World Through My Eyes, 2005)
3.        A New World (Tales from outer Space, 2019)
4.        3 Lights (World Through My Eyes, 2005)
5.        The Shadow (Beyond man and time, 2012)
6.        Welcome to the Machine (reprise de PINK FLOYD, 1975)
7.        Hole in the Sky (God Has Failed, 2000)
8.        Unchain the Earth (Beyond man and time, 2012).
RAPPEL :
9.        Roses (World Through My Eyes, 2005).

J'ai trop hésité à me procurer leur t-shirt à l'échoppe. J'ai sans doute trop hésité également à me rapprocher de Yogi et Kalle notamment, qui semblaient pourtant abordables et souriants. Bah, on se reverra !


THE WATCH [19h-20h]. (ITALIE)
https://www.thewatchmusic.net/
http://www.youtube.com/@TheWatchband

Je ne connaissais que de réputation ce groupe italien, qui est composé d'authentiques passionnés et garants de l'héritage de Genesis, et qui est surtout focalisé sur l'ère des années septante.

Je constate qu'il a été initialement formé en 1997 sous le nom de THE NIGHT WATCH. Par ailleurs, le groupe a publié son premier album original, "Twilight" avant de se séparer en 2000. Seul, le chanteur Simone Rossetti a décidé pourtant de continuer l'aventure sous le nom de THE WATCH. Puis, ses éphémères complices le laissent de nouveau seul dès 2008.

Mais il est toujours là envers et contre tout. Simone Rossetti (chant, flûte traversière, depuis 1997) est actuellement entouré de Valerio de Vittorio (claviers, depuis 2009), Mattia Rossetti (fils de Simone Rossetti, à la basse, depuis 2014), et Francesco Vaccarezza (batterie, depuis 2022). Giorgio Gabriel (guitare, depuis 2008) remplace Andrea Giustiniani, qui est cependant toujours cité à ce jour sur le site officiel...

Un neuvième album studio original, "The Art of Bleeding" est paru le 24 septembre 2021.

Nonobstant, ce soir THE WATCH annonce uniquement recréer l’univers musical de Genesis.

La sonorisation est bien équilibrée et permet à l'auditeur de très vite s'immerger dans l'atmosphère grâce un respect total de l'âme de Genesis. Chaque musicien est totalement investi dans ses fonctions ; Simone exprime religieusement les partitions vocales et à la flute traversière, Giorgio va jusqu'à mimer l'attitude de Hackett en restant assis le plus souvent… Ils appliquent consciencieusement les subtilités harmoniques entre les différents pupitres. 

Les plus fins connaisseurs du groupe légendaires sont séduits, ce qui n'est pas une mince appréciation quand on connait l'exigence que requiert l'exécution de cette musique à la fois complexe et onirique ! Même ma P'tite Fée, pourtant réticente a priori, a été emportée par ce vent nostalgique ! Pour ma part d'appréciation, il m'a semblé que sur certains segment le chanteur manqua un peu de tessiture, mais mettons cela sur le compte de l'émotion. Car visiblement, sur scène on les ressent tous très investis dans leur mission.

Bref, pari réussi pour les Italiens. Autant la prestation des Canadiens de Musical Box au NOTP ne m'avait pas ému, autant celle-ci est parvenue à me séduire, et à m'imaginer en présence de l'Original !

De la liste de dix chansons prévues, quatre titres ont été abandonnés. Simone Rossetti s'en est excusé (sans que j'en comprenne l'explication). Dommage car les six titres en appelaient volontiers d'autres !

PROGRAMME
1.        The Knife (de Genesis, Trespass, 1970)
2.        Watcher of the Skies (de Genesis, Foxtrot, 1972)
3.        I Know What I Like (In Your Wardrobe) (de Genesis, Selling England by the Pound, 1973)
4.        Firth of Fifth (de Genesis, Selling England by the Pound, 1973)
5.        In the Cage (de Genesis, The Lamb Lies Down on Broadway, 1974).
RAPPEL :
6.        Supper's Ready (reprise de Genesis, Foxtrot, 1972). 


IQ [20h35-22h35]
https://www.iq-hq.co.uk/
http://www.youtube.com/@IQUK

Lorsque Peter Nicholls annonce que l'intégralité de leur dixième opus, "Frequency", qui est paru le 26 mai 2009, sera interprétée, je suis absolument ravi car il s'agit de l'un de mes albums préférés de leur discographie.

Cependant, avec le recul, je m'étonne que "Closer", titre magnifique au demeurant, fut joué une deuxième fois… D'autant plus que, "Never Land" et "Far From Here", issus de l'album "Dominion", furent également joués une deuxième fois ce soir, alors qu'il m'aurait semblé plus opportun de promouvoir le récent album paru cette année, avec des titres tels que "No Dominion" par exemple.

Dans le même ordre d'idée, IQ persiste à jouer "No Love Lost", certes un joli titre, mais déjà joué aussi l'an dernier au Café de la Danse…

Mais bon, notre exigence d'auditeur peinerait à satisfaire toutes sensibilités dans la salle, de toutes façons, et j'imagine que ces choix artistiques sont sans doute justifiés d'une manière ou d'une autre. Et puis honnêtement, je n'ai même pas eu le sentiment de redondance au cours de la soirée !

Bref, la sélection n'en fut pas moins réjouissante, et comme la veille, elle a évoqué les quatre dernières décennies.

Seul incident notable, cette maudite corde qui lâche la guitare de Mike Holmes sur le solo final de "Headlong" !

L'auditoire ne manque pas d'ovationner la prestation, une réaction qui semble toucher les musiciens.

©Hervé

Durant ces deux heures somptueuses, IQ a privilégié cinq albums, avec treize titres, dont sept issus de "Frequency", deux de "Dominion", deux de "Ever", un de "Nomzamo" et un "The Wake".

PROGRAMME
1.        Frequency (Frequency, 2009)
2.        Life Support (Frequency, 2009)
3.        Stronger Than Friction (Frequency, 2009)
4.        One Fatal Mistake (Frequency, 2009)
5.        Ryker Skies (Frequency, 2009)
6.        The Province Of The King (Frequency, 2009)
7.        Closer (Frequency, 2009)
8.        No Love Lost (Nomzamo, 1987)
9.        Never Land (Dominion, 2025)
10.    Leap of Faith (Ever, 1993)
11.    Far from Here (Dominion, 2025)
12.    Headlong (The Wake, 1985).
RAPPEL :
13.    The Darkest Hour (Ever, 1993).

 

Ce festival en appelle un autre bien entendu ; on se demande déjà qui sera à l'affiche en 2026 !