mardi 12 novembre 2019

LEPROUS Le Cabaret Sauvage le 12 novembre 2019.

Alors que je rédige ce petit relevé d'impressions, au lendemain de cette soirée dantesque, je suis encore sous le choc émotionnel avec le sentiment d'avoir assisté à un concert tout simplement exceptionnel et inoubliable.
Lorsque ce concert a été annoncé officiellement en mai 2019, je disposais d'un double motif d'engagement.
1°) Revoir un concert de LEPROUS me semble a priori un objectif quasi inévitable compte tenu de leur discographie qui est pour moi une source ininterrompue de plaisirs auditifs, mais aussi compte tenu de la haute qualité de tous les concerts auxquels j'avais déjà assisté.
2°) Mais tout bijou mérite son écrin ; retourner au Cabaret Sauvage entretient une motivation supplémentaire pour mon déplacement. Je n'y avais pas remis les pieds depuis 2014 ; c'était à l'occasion du concert de Guillaume Perret et son Electric Epic. C'est un très joli petit auditorium, situé en bord du Canal de l'Ourcq, qui affiche une capacité de 1 200 personnes. Cet espace douillet me fait davantage penser à un petit cirque car il offre la particularité d'être conçu selon un format à 360°. Dans sa configuration concert, une piste centrale accueille la fosse. Elle est entourée d'un cercle compartimenté et feutré pour accueillir des spectateurs, et entrecoupé d'un segment pour la scène. Cette particularité permet à une partie du public d'assister au concert depuis les côtés de la scène. Je m'étonne et déplore que sa programmation particulièrement hétéroclite soit trop rarement à mon goût pour y venir plus souvent. Mais outre la bonne visibilité, c'est surtout l'excellente acoustique qui en fait un véritable auditorium.
PORT NOIR [19h30-20h]
Port Noir est un groupe suédois de rock alternatif qui a commencé en 2011. Leur premier album, "Puls", est sorti à l'automne 2013. Il est actuellement composé de Love Andersson (basse, chant), Andreas Hollstrand (boite à sons, guitare) et Andreas Wiberg (batterie).
Leur nouvel album, "The New Routine" est paru le 10 mai 2019.
La sonorisation fut correcte, audible et équilibrée laissant entendre notamment les sonorités électroniques crées par Andreas Hollstrand sur son bidouilleur de sons sur pied.
Logiquement réduit vu le statut d'invité, l'éclairage fut toutefois plutôt clair et sans fumée. Pas de fond de scène mais, afin de s'identifier ostensiblement, deux bloc monolithiques noirs installés de chaque côté de la batterie montrait respectivement les mots "Port" et "Noir". Voilà qui a le mérite d'être clair !
Habituellement, je suis enclin à aimer les trios, car ils ont tendance à exprimer avec une guitare, une basse et une batterie, un rock épuré de toute fioriture inutile. Sur le papier, un trio avec un bassiste chanteur, cela aurait pu m'évoquer Mötorhead, mais ici on est bien loin du rock'n'roll pur et dur, plus proche du rock électro. D'ailleurs, la guitare de Hollstrand est juste un accessoire, peu mise en valeur, le plus souvent en bandoulière dans le dos. Le chant est juste, mais sans tessiture ni relief particulier. Les rythmes sont chaloupés et souvent entraînant, mais peu de mélodie susceptible de m’entraîner vers la satisfaction.

Heureusement pour ces scandinaves, une part du public semble apprécier plus que moi et leur accorde une ovation sans doute méritée dans leur genre…
Durant une demi-heure, ils ont pu chanter six titres.
PROGRAMME :
Young Bloods (The New Routine)
Flawless (The New Routine)
Blow (The New Routine)
Champagne (The New Routine)
Old Fashioned (The New Routine)
13 (The New Routine).

THE OCEAN [20h10-20h45]
Ce quintet allemand est supposé proposer au fil de ses créations du post-metal ou/et du metal progressif (personnellement je cherche encore l'aspect progeux...) Le groupe trouve ses origines à Berlin en 2001 sous l'impulsion du guitariste Robin Staps. Mais THE OCEAN se stabilise à partir de 2009. C'est ainsi qu'actuellement, autour de Robin Staps (guitare, depuis 2001) nous découvrons le français Loïc Rossetti (chant-ou plutôt hurlement-, depuis 2009), Damian Murdoch (guitare, depuis 2013), Paul Seidel (batterie, depuis 2013), Chris Breuer (basse, depuis 2013, membre de tournée et apparition sur l'album "Pelagial"). Il semblerait que le titulaire du pupitre de basse depuis 2008, Louis Jucker ait mis son activité en suspens pour suivre ses études…
Leur septième album, "Phanerozoic I: Palaeozoic" est paru le 2 novembre 2018. Il semble que ce soit le premier volet d'un diptyque dont la deuxième partie serait prévue pour 2020. J'ai déjà eu l'occasion d'assister à un de leurs concerts car, lors de leur tournée "Precambrian", ils furent invités par Opeth pour ouvrir leur soirée à l'Elysée Montmartre, le 27 novembre 2008. Je n'en avais conservé qu'un souvenir bruyant et désagréable.
L'ingénieur du son a su tirer profit de l'excellente acoustique de cet espace en produisant un son un peu trop puissant mais équilibré et audible.
Pas de fond de scène dans cet espace restreint. Quant à l'éclairage, il est logiquement minimaliste vu le statut d'invité, et plutôt sombre favorisant les couleurs vertes enveloppées de vapeurs épaisses. Un Mandrilloptère aurait sans doute été nécessaire pour distinguer autre chose que des ombres sur la scène, mais je suppose que l'effet était recherché…


 
Leur musique très metal aurait pu me paraître attractive s'il n'y avait pas ces hurlements du vociféraptor de service. Du coup, globalement THE OCEAN me parait toujours aussi répulsif, onze années après. Quant à leurs textes anglais, notoirement antithéistes, ils ne me touchent guère.
Une bonne part du public leur a accordé son soutien. Ils ont recueillis une belle ovation finale. On est content pour eux. Moi, je suis soulagé de passer à autre chose…
Durant une grosse demi-heure, six titres ont été interprétés.
PROGRAMME :
Permian: The Great Dying (Phanerozoic I: Palaeozoic)
Mesopelagic: Into the Uncanny (Pelagial)
Silurian: Age of Sea Scorpions (Phanerozoic I: Palaeozoic)
Bathyalpelagic II: The Wish in Dreams (Pelagial)
Devonian: Nascent (Phanerozoic I: Palaeozoic)
Firmament (Heliocentric).

LEPROUS [21h45-23h10]
Ce groupe norvégiens a été fondé en 2001 par le chanteur et claviériste Einar Solberg et le guitariste Tor Oddmund Suhrke.
Après quelques tâtonnements et changements, Einar Solberg (chant, claviers, depuis 2001) et Tor Oddmund Suhrke (guitares, chœur, depuis 2001), ont finalement été rejoints par Baard Kolstad (batterie, depuis 2014), Simen Børven (basse, chœur, claviers occasionnel, depuis 2015) et Robin Ognedal (guitares, chœur, depuis 2017).
Cette tournée, débutée avec l'arrivée de l'automne, se cadre dans la promotion de leur sixième album "Pitfalls" paru le 25 Octobre 2019. Déjà avec l'opus "Melina" paru en 2017, on pressentait un virage vers un horizon moins agressif, plus éthéré. Les soli de guitares, leurs accords agressifs et les grognements ayant disparu. En effet, après la parution du dvd "Live at Rockefeller Music Hall"  (2016), il est probable qu'Einar aura voulu tourner une page. Au désarroi de certains admirateurs des débuts, ce "Pitfalls" confirme et accentue magnifiquement cette orientation. Ce splendide opus transpire l'état psychologique difficile et finalement salvateur que vient de traverser Einar. Il restait à vérifier la transposition de cette création sur les scènes de la tournée…
Avant de me rendre au concert de THERION ce 3 novembre 2010, à l'Elysée Montmartre, j'avais été prévenu d'une probable transmission d'un virus imparable durant la première partie de soirée. LEPROUS était à cette époque en tournée pour promouvoir "Tall Poppy Syndrome". A l'écoute de leur musique à la fois très énergique et mélodique, et de la voix incroyable d'Einar, la contagion fut en effet inévitable. Je ne pouvais que subir l'évolution de la fièvre en attendant fébrilement les parutions successives d'opus-remèdes pour calmer les accès. A l'occasion des tournées que s'en suivirent, j'ai eu ainsi la chance d'assister aux concerts du 20 octobre 2012 au Divan du Monde (tournée Bilateral), du 11 juillet 2015 au Poble Espagnol/BeProg My Friend (tournée The Congregation), du 05 octobre 2015 au Divan du Monde (tournée The Congregation), du 01 juillet 2017 au Poble Espagnol/BeProg My Friend (tournée Malina), et enfin du 15 septembre 2019 au Raismefest (tournée Pitfalls). Ce soir c'est donc la septième fois que j'ai le plaisir d'assister à un de leurs concerts.
Au fil des années, leur metal-progressif aux mélodies irrésistibles emportées par une puissance colossale s'est mué en rock de plus en plus éthéré, mélancolique mais paradoxalement toujours aussi puissant, atypique et toujours surprenant.
Je sais à quoi m'attendre musicalement ce soir, puisqu'il y a deux mois, je faisais partie des metallos du Raismesfest qui avaient la lourde tâche de soutenir ces valeureux vikings, parmi un public majoritairement sceptique. Mais j'ai hâte de communier avec le public de LEPROUS a priori plus réceptif. Je m'incruste dans les premiers rangs, histoire de capter l'émotion au plus près.
S'agissant de la sonorisation, il est rare de bénéficier d'un tel faisceau d'opportunités : le plus souvent soit l'acoustique de la salle est mauvaise, soit l'ingénieur du son est plus ou moins incompétent, ou/et désinvolte. Cette fois, tout est parfait, et ce du début à la fin du concert ! Il ne me fut même pas nécessaire de garder mes protections auditives, ce qui a encore accru la finesse de ma perception de tous les sons. Dès les premières notes la pureté sonore a permis aux auditeurs de percevoir toute la sensibilité, tout le talent exprimé par les artistes, et Dieu sait qu'ils en ont !
Alors que l'éclairage m'avait semblé sombre et lugubre au Raismesfest, cette fois il m'a paru plus lumineux offrant davantage de visibilité aux auditeurs et aux chasseurs d'images. Les couleurs rouges et bleues sont toujours favorites, mais les projecteurs blancs me paraissent plus présents qu'auparavant, c'est en tous cas mon ressenti de photographe amateurs. En fond de scène, malgré l'exiguïté du lieu on distingue l'image de la couverture du dernier album.
La scène est étroite, et pourtant non seulement LEPROUS est parvenu à caser un espace pour chacun des cinq membres du groupe (pourtant très expansifs et agités !), et un espace pour un clavier occasionnel en plus du clavier central, mais de surcroît ils accueillent à leurs côtés Raphael Weinroth-Brown, un violoncelliste canadien déjà connu pour avoir collaboré avec Steven Wilson et Mikael Åkerfeldt. Ce virtuose se révèle aussi expressif sur scène que pouvaient le laisser imaginer ses vidéos.
Dans ce contexte, cette soirée ne pouvait être que grandiose. Einar, d'une main de maître est parvenu à adapter parfaitement ses chansons à la fois somptueuses et complexes pour la scène et à les faire apprécier de son public. Voilà un artiste qui prend des risques et les assume. Cela passe ou cela casse, mais en l'occurrence, LEPROUS parvient à obliger son auditoire à adapter son logiciel d'écoute pour le suivre dans des aventures qui débordent largement du metal et même du rock progressif. Il nous emmène aux confins d'une pop expérimentale.
Les conditions idéales d'écoute, et ma proximité avec les artistes m'ont permis de déceler moult subtilités que je n'avais pas encore eu le temps de capter sur l'album. Je souligne bien évidement la performance vocale de Einar qui, sur des titres comme "Below", ou "Alleviate" entre autres, montre le même timbre à la fois délicat et puissant, la même tessiture étourdissante qu'en studio. Il chante avec une telle facilité apparente que rien sur son visage ne montre d'autre marque que celle de sa conviction. Je souligne aussi en particulier la présence quasi permanente du violoncelliste, dont les accords en contre-chant subliment densément les mélodies. Je souligne encore l'abnégation des guitaristes (tous pupitres) qui font un travail remarquable techniquement sans pour autant démontrer de soli saillant. Ils contribuent ainsi à l'expression d'une musique fouillée mais pas fouillis, chacun à sa place mais tous ensemble. Je souligne de surcroît les talents de multi-instrumentistes qui alternent leur pupitre avec un clavier ou avec un micro pour les chœurs. D'ailleurs j'en profite pour ajouter une autre qualité à cette prestation, à part quelques rares séquences négligeables, tout était interprété par les musiciens : pas de bandes-son ! Les deux claviers et le violoncelle ont remplis à merveille les fonctions de jonctions harmoniques et d'ambiance. Que du bonheur je vous dis !
Le public ne pouvait que chavirer de bonheur. L'auditoire était certes conquis d'avance mais beaucoup comme moi ont eu le sentiment ce soir d'avoir assisté à un concert d'une rare perfection.
Durant près de deux heures et demie, nous aurons eu droit à quatorze titres, dont sept (des dix) titres extraits de Pitfalls. Je me permets de déplorer l'absence de "Golden Prayers", très beau titre paru en monoplage (mot québécois que je préfère à "single") le 1er juin 2018, et qui avait pourtant été chanté au Raismesfest … Mais par ailleurs l'ensemble du programme fut un pur régal ; de surcroit il m'a permis de redécouvrir  "Distant Bells" qui figure désormais dans mes favoris !
PROGRAMME :
Below (Pitfalls, 2019)
I Lose Hope (Pitfalls, 2019)
Illuminate (Malina, 2017)
Foe (Coal, 2013)
From the Flame (Malina, 2017)
Observe the Train (Pitfalls, 2019)
Alleviate (Pitfalls, 2019)
At the Bottom (Pitfalls, 2019)
The Cloak (Coal, 2013)
The Price (The Congregation, 2015)
Third Law (The Congregation, 2015)
Salt (Coal, 2013)
Distant Bells (Pitfalls, 2019).
RAPPEL
The Sky Is Red. (Pitfalls, 2019).

samedi 9 novembre 2019

RIVAL SONS – Olympia (Paris 9) – 09/11/2019

Certains "défenseurs du Temple" entretiennent une polémique, prétendant dénoncer RIVAL SONS, et d'autres tels que DEWOLFF, qui n'auraient rien inventé, et qui ne feraient "que" du recyclage, blâablabla… Ce faisant, ils omettent que d'une part tous les artistes au travers de l'Histoire ont fondé leurs créations sur leur propre expérience culturelle et donc avec une inspiration plus ou moins influencée par celle-ci. Ils omettent aussi que le peuple a certes besoin d'honorer les légendes mais a aussi besoin d'entendre les troubadours et autres trouvères bien vivants, eux. Je laisse tous ces pisse-vinaigre à leur nostalgie poussiéreuse. Fort d'une expérience acquise durant plus de quarante années ponctuées de concerts, je suis ravi de voir le flambeau du Rock être aussi vigoureusement repris. Car il le vaut bien. Et nos oreilles aussi. Ainsi soit-il.
RIVAL SONS m'a séduit lors du Download festival le 12 juin 2016, alors qu'une pluie incessante aurait pu/dû nous faire fuir. Leur concert dantesque à l'Elysée Montmartre le 6 février 2017 ne pouvait que me confirmer leur talent. Leur musique, leur attitude tout concourt à succomber à leurs incantations émise dans une transe électrique irrésistible.
Malgré un calendrier musical déjà chargé en cet automne, nous sommes donc impatients de retrouver ces sensations.
Nous nous plaçons dans les premiers rangs de la fosse, excentrés sur la droite (face aux pupitres guitare et clavier). En dépit de la proximité de personnages un peu trop éméchés dans notre entourage (…), nous jouirons d'un bon point de vue et d'écoute durant toute la soirée.
MNNQNS (prononcez “mannequins”, avec l’accent gallois si possible, nous dit-on. Ce sigle antivoyelle me rappelle celui du groupe belge BRNS qu'il faut prononcer "brains") [20h00-20h30]. Ce quatuor désigné pour débuter la soirée, m'est totalement inconnu. A priori, c'est déjà mieux que la première partie proposée en février 2017 (voir mon récit). N'ayant pas consulté l'affiche officielle, j'en ai même ignoré le nom jusqu'au lendemain (ils se sont peut-être présentés mais je n'ai pas compris grand-chose à ce qu'a bien voulu exprimer notre normand de passage) ! Renseignement pris, Adrian, rouennais, a commencé MNNQNS tout seul, en 2013 lors d’un échange universitaire à Cardiff, au Pays de Galles. Douze membres en trois ans se sont succédés dans le groupe. Adrian (chant, guitare) est aujourd'hui entouré de Grégoire (batterie), de Félix (basse) et de Marc (guitare). En dépit de mes recherches, on n'en saura pas plus sur leur identité.
Ils ont livré un mini-album en 2016 intitulé "Capital", puis un autre le 13 avril 2018, intitulé "Advertisement". Un premier album "Body Negative" est paru le 30 août 2019. Leurs prestations aux festivals Printemps de Bourges, Terra Incognita, puis Rock en Seine en 2019, viennent apparemment de marquer certains esprits. Début octobre la Maroquinerie les accueillait en tête d'affiche. D'une influence délibérément britannique, les textes sont en anglais. Leur démarche de révoltés transparaît dans leur musique et sur scène.
Un éclairage vif et blafard est à l'image d'une scène dépouillée de tout décor, pour une musique qui l'est tout autant. La sonorisation est délibérément puissante et sans concession, conforme au style revendiqué par le groupe ; on n'est pas dans la subtilité.


Ce soir, ils ont délivré un bon rock solide, énervé, efficace. Les musiciens sont impliqués, honnêtes et motivés, mais pour ma part, en dépit de leur conviction ce n'est pas (ou plus ?) ce qui me touche maintenant. MNNQNS aura eu le mérite de faire chauffer les muscles de mon cou en parvenant à me faire marquer un rythme complice et bienveillant.
Le public leur accorde une ovation respectueuse et méritée.

RIVAL SONS [21h00-22h45] La formation qui m'a tant séduite en 2016 et 2017 demeure identique. Fondé en 2009 par Jay Buchanan (chant), Scott Holiday (guitare, chœur) et Mike Miley (batterie), ce groupe californien a accueilli Dave Beste (basse, chœur) depuis 2013. Pour la scène, le très barbu Todd Ögren-Brooks semble être régulièrement recruté depuis 2014 pour tenir les claviers (mais aussi assurer les chœurs et quelques percussions).
Leur sixième album, "Feral Roots" est paru le 25 janvier 2019.
La scène est de plain-pied, est n'est encombrée d'aucun décor ; les musiciens disposent de beaucoup d'espace. L'éclairage s'avère très lumineux, alternant toutes les teintes, un vrai plaisir pour les yeux mais aussi pour les objectifs des chasseurs d'images. Le fond de scène est fixe, il reprend la couverture très colorée de "Feral Roots". La sonorisation est puissante mais audible. Aucun pupitre ne s'impose sur les autres, et les protections auditives sont juste une précaution.
Avec "End of Forever" en introduction je perçois vite les mêmes sensations qu'en 2017 ; leur prestation a tendance à me faire oublier les dimensions de la salle. Il me plait de m'imaginer dans un club en écoutant ce hardrock chaleureusement bluesy et survolté. Musicalement, ils entretiennent une maîtrise remarquable des sonorités distinctives de leur style de prédilection, telles que ces guitares plaintives répondant à un chant écorché conforme au style. Les mélodies sont appuyées par des chœurs auxquels participent tous les autres musiciens.
Scott Holiday dispose toujours d'un impressionnant râtelier, particulièrement fournis en guitares adaptées à ses besoins, pour nous offrir ses soli d'une sensibilité réjouissante. Mike Miley, à qui le groupe a accordé quelques instants d'un solo efficace (mais dispensable à mon humble avis), assure par ailleurs son rôle de métronome avec un juste équilibre de brutalité assumée et de finesse. Dave Beste, dont le son de la basse m'a souvent évoqué celui de Lemmy, est relativement discret et pourtant plusieurs accords vigoureux m'ont impressionné. Todd Ögren-Brooks ne semble pas complexé par son statut d'occupant de strapontin car sa participation est notable autant par les accords de clavier que par ses interventions vocales ou par ses interventions aux percussions.
Mais par la force des choses, le regard et l'attention du public se porte particulièrement sur le très charismatique Jay Buchanan, dont la voix est émouvante, captivante ; elle continue de me rappeler celle de Joe Cocker et celle de Rusty Day (Cactus), voire celle de Robert Plant (Led Zeppelin, parfois). Le chanteur vit ses chansons avec une émotion qui ne peut qu’accroître l'attention du public à son égard. En observant ses grimaces qui lézardent parfois son visage, il est permis de se demander combien d'années il pourra tenir à ce rythme quotidien (ou quasi).
Bien que toujours aussi peu souriants, ils n'ont rien perdu de leur classe. Scott Holiday, toujours aussi dandy avec un costume et une moustache finement taillés ; Todd Ögren-Brooks avec sa très longue et dense barbe. Jay Buchanan, qui était arrivé chaussé de chaussures vernies et couvert d'un chapeau de paysan américain, se mettra très vite plus à son aise, tête et pieds nus.
Dans ces conditions, l'auditorium plein comme un œuf, le public s'est montré logiquement enthousiaste et répondant volontiers aux sollicitations du chanteur. Comme d'habitude, le groupe peine à calmer les ardeurs de l'auditoire notamment lorsque celui-ci impose une longue pause en chantant une mélodie marquante.
Durant une heure quarante-cinq défilerons dix-huit titres, dont six (des onze) titres de leur opus "Feral Roots", paru en 2019.
PROGRAMME
End of Forever (Feral Roots, 2019)
Wild Animal (Head Down, 2012)
Pressure and Time (Pressure & Time, 2011)
Secret (Great Western Valkyrie, 2014)
Burn Down Los Angeles (Pressure & Time, 2011)
Tied Up (Hollow Bones, 2016)
My Nature (Great Western Valkyrie, 2014)
Solo de batterie
Look Away (Feral Roots, 2019)
Too Bad (Feral Roots, 2019)
Where I've Been (Great Western Valkyrie, 2014)
Feral Roots (Feral Roots, 2019)
Open My Eyes (Great Western Valkyrie, 2014)
Electric Man (Great Western Valkyrie, 2014)
Shooting Stars (Feral Roots, 2019)
Do Your Worst (Feral Roots, 2019).
RAPPEL :
Sleepwalker (Rival Sons EP, 2011)
Face of Light (Pressure & Time, 2011)
Keep On Swinging (Head Down, 2012).


Une très bonne ambiance, et par conséquent une excellente soirée.



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