Parmi les nombreuses découvertes musicale à mettre au
crédit du RAISMESFEST, figure notamment le groupe norvégien AUDREY HORNE
qui était à l'affiche le samedi 14 septembre 2013, dans le cadre de sa
tournée "Young Blood". Ce jour-là, une bruine inopportune
aurait pu rafraichir les (h)ardeurs, mais au contraire, celle-ci semble avoir
été le vecteur vertical d'une énergie issue du tonnerre de Thor !
A l'occasion des tournées "Blackout"
et "Devil's Bell", ces Vikingsont confirmé une convaincante
capacité à nous décrasser les cages à miel, en toutes circonstances ! La
conception du Heavy-Metal d'AUDREY HORNE est pourtant loin d'être
inédite, les influences sont souvent évidentes, mais c'est très bien fait et
c'est rafraichissant. Sa maitrise du son et de l'énergie est perceptible, une
maitrise acquise sur les planches arpentées un peu partout dans le monde.
Petit rappel de la
bio : Les victimes de l'ostracisme
médiatique qui méconnaissent ainsi notre actualité musicale vous prétendront
doctement que "Audrey Horne est un personnage fictif de la série
télévisée ABC Twin Peaks". Heureusement, il subsiste notre microcosme
de mélomanes avertis pour rétorquer que c'est avant tout un groupe de musiciens
norvégiens. Etablis à Bergen, les membres ont fait partie de formations plus ou
moins renommées de la scène (très)
metal avant de décider, en 2002, de
former un groupe de hard rock, disons plus accessible.
Le quintuor demeure
composé de Torkjell "Toschie"Rød (chant, depuis 2002),
Arve "Ice Dale" Isdal (guitare, depuis 2002), Thomas Tofthagen
(guitare, depuis 2002), Kjetil Greve (batterie, depuis 2002), et Espen Lien
(basse, depuis 2012).
Le huitième
album studio, "Achilles" (2026) est paru le 4 septembre 2026. Le Nouveau
Casino de Paris est (tout un symbole !) la huitième
étape de la tournée promotionnelle qui a débuté le… 8(!) octobre à Cologne (Allemagne) et qui aboutira à chez
eux, à Bergen le 5 décembre.
Le rendez-vous a été organisé par Garmonbozia-Inc ; dès
le 26 avril, nous avions acquis nos tickets. Cet engagement pour l'automne
s'inscrivait dans un calendrier musical prévisionnel qui n'a cessé de se
charger (presque) inéluctablement. Au
bout de six mois, cela a généré un malheureux conflit de dates ; il a fallu
arbitrer et rentrer d'Angleterre plus tôt que nous l'aurions souhaité (…). Tant
pis. Avec ma P'tite Fée, nous revoyons ainsi AUDREY HORNE pour une
quatrième fois !
Ouverture : 19h.
Je retrouve avec plaisir ce bel auditorium que je n'avais fréquenté qu'à trois
occasions : ORPHANED LAND (14/5/10), RIVERSIDE (13/5/11), et H.E.AT. (17/5/22).
Ce bilan constitue encore une source de perplexité sur les choix de
programmation de ce genre de salle. Elle me parait pourtant parfaitement adaptée
à notre musique ; son acoustique est excellente (les murs et plafonds sont
conçus pour), et sa capacité d'accueil varie entre 400 personnes debout ou 100
assises. De surcroit, un bar latéral sert une bonne Météor IPA. Nous montons en
mezzanine et nous nous installons derrière l'éclairagiste ; une position
stratégique qui s'est avérée agréable, tant sur le plan visuel qu'auditif.
Mon répertoire s'allonge
une nouvelle fois ce soir, puisque ce quintuor allemand m'est totalement
inconnu. A ma décharge, MOTOROWL a été fondé en 2014 dans de land de
Thüringen (Allemagne). Je trouve mention de son existence sur la Toile et note
qu'il est classé dans le stoner, et du doom metal, agrémenté de textures
psychédéliques et post-rock.
Max Hemmann (chant,
guitare électrique,Membre fondateur,
présent depuis 2014), est entouré de Vinzenz Steiniger (guitare
électrique, présent depuis 2014), Tim Camin (basse électrique, présent
depuis 2014), Martin Scheibe (batterie, présent depuis 2014), et de
Marie-Christin Herberg (claviers, synthétiseurs, présente depuis 2024). Notons
que le claviériste d'origine, Daniel Dettlev a souhaité s'éloigner de la scène
et de l'activité intense du groupe ; il a été remplacé par l'ancienne
musicienne de Death Cult 69, qui s'est visiblement parfaitement intégrée à
l'alchimie du groupe.
Le troisième album studio, "This House Has No Center"
est paru officiellement le 16 février
2024.
En mode découverte donc, je distingue correctement les
harmonies mais le son des instruments ne me semble pas clair pour autant. Assez
cependant pour percevoir des sonorités sabbathiennes bien sympathiques. L'éclairage
me parait faiblard, mais après tout c'est inhérent au genre.
La bidouilleuse/claviériste est sur notre droite de la
scène, le batteur (un colosse) s'impose au centre, les autres se blottissent où
ils peuvent dans un espace assez réduit. Mais les guitaristes (solo, rythmique,
basse) brillent peu de leurs interventions, ce qui finit par laisser une
impression quelque peu monotone. On ressent un potentiel, mais il faudrait sans
doute développer les individualités.
L'ovation du public me semble démontrer un intérêt,
mais sans exaltation démesurée.
Bon, MOTOROWL n'a pas inventé le genre, c'est clair.
Cependant, d'humeur militante, je suis assez séduit par la prestation pour me
convaincre de les soutenir en acquérant (15€) le plus récent des trois albums
disponibles à l'échoppe.
Mon fils m'a fait remarquer la reprise de TYPE O NEGATIVE.
Le reste du programme, j'ai pu le recueillir auprès du groupe par messagerie
personnelle dans les jours qui ont suivi le concert. Notons que "Water Line" est le premier morceau
composé avec leur nouvelle claviériste / synthétiseuse Marie-Christin Herberg.
PROGRAMME
The Night (This House
Has No Center, 2024)
No Center (This House
Has No Center, 2024)
Water Line (monoplage, 2026)
To Give (Atlas, 2018)
Fences (This House Has
No Center, 2024)
Future Nostalgia (This
House Has No Center, 2024)
I Don't Wanna Be Me
(reprise de Type O Negative, Life Is
Killing Me, 2003)
Plus tôt que l'horaire prévu (qui était 20h45), la tension monte lorsque la traditionnelle
bande-son introductive laisse entendre l'intégralité de "The Boys are Back in Town" de THIN
LIZZY, vénéré autant par eux que par moi ! Une autre bande-son, déjantée
celle-là, sur le thème de "The
Muppet Show", anticipe l'arrivée des Vikings, qui introduisent
légitimement leur prestation avec deux titres de leur récent album !
Le charisme de Toschie constitue indéniablement un élément essentiel au spectacle, une
qualité qui ne se démentira pas ce soir encore ! Son enthousiasme et sa voix
entrainent irrésistiblement les auditeurs qui balaient ainsi leur tracas d'une
actualité sociale déprimante ! Ce soir, on va chanter, crier, s'exalter,
danser, partager un bonheur certes furtif mais tellement bon ! Le sourire de ma
chérie et ceux de mes amis, suffisent à me confiner au sein d'une bulle
rassurante.
Dans ce cadre acoustique excellent, la sonorisation m'a
paru bien équilibrée ; tous les pupitres furent perceptibles malgré le déluge
rythmique ! Etant positionné juste derrière l'éclairagiste, en dépit d'une
modestie de rigueur, je n'ai pas pu m'empêcher d'évaluer les alternatives à ses
choix. D'ailleurs, pendant le concert, Toschie lui a demandé de régler différemment les faisceaux. En fond de
scène, un imposant logo du groupe surplombe la batterie. Cet écrin scénique
parait pourtant trop petit pour ces musiciens très investis et mobiles. Les
guitaristes et Toschie viendront plusieurs fois dans la foule attiser
sans difficulté l'ardeur d'un auditoire complice et ravi !
Les influences sont plus honorables ; ceux des groupes
de hardrock qui ont été capables d'équilibrer les harmonies à la fois mélodieuses et puissantes. On retrouve dans cet
univers merveilleux de prestigieux artistes tels qu'IRON MAIDEN, THIN
LIZZY ou OZZY. Cette inspiration du feu de Thor transparait autant dans la
musique (duos de guitares, vrombissement de basse, chant mélodique et entêtant),
que dans les attitudes (pauses de guitaristes qui en rappellent d'autres…), les
clichés ne choquent pas, c'est la fête, ils prennent leur pied et nous aussi !
Pour mon plus grand plaisir, trois titres reprennent
mon album préféré, "Youngblood".
Fait notable, pour introduire son titre éponyme espéré, un bref suspens fut
entretenu par un solo de guitare préliminaire. Mais bien sûr, tous les titres
sont jouissifs. Les muscles, du cou, des jambes et des bras sont mis à rude et
constante épreuve. Aucun temps mort ; l'agitation est musculaire et cérébrale !
L'énergie est réciproquement maintenue à un niveau redoutable (surtout en ce qui nous concerne
personnellement, alors que nous revenions de deux autres concerts successifs en
Angleterre !).
Habitués à nous réjouir des prestations
enthousiasmantes du groupe, cette fois la singularité viendra de l'intervention
du bassiste. Espen Lien, le plus
Viking d'apparence avec sa barbe hirsute et son crâne chauve, est le plus
récent membre du groupe (elle date de
quatorze années) mais son intégration est réussie. A tel point qu'il chante
le titre "God Damn Beautiful"
issu de "Achilles".
Le bougre s'en sort ma foi très bien !
Un autre moment théâtral et
éloquent se produit au rappel, avec "Sail Away", que Toschie n'hésite pas chanter intégralement au beau milieu de la fosse.
Bref, un trop beau moment
d'intense communion, entre des artistes intensément éloquents, percutants et un
public acquis à sa cause. Ces musiciens ont rempli leur Mission de
divertissement avec brio et engagement. Cette musique gavée de passages mélodiques et exaltants a le don de ventiler
les ondes négatives qui s'accumulent dans nos esprits au quotidien. L'auditoire n'attendait que cela, et acclame AUDREY
HORNE, le vecteur d'évasion d'un soir.
C'est pour cela qu'on les paie. C'est pour cela qu'on les aime, tout va bien !
Revenez quand vous voulez, on en redemande volontiers !
AUDREY HORNE nous a interprété un florilège de quinze titres choisis dans six albums…dont cinq issus de
"Achilles", trois
de "Pure Heavy", trois de "Youngblood",
deux de "Audrey Horne", un de "Blackout",
un de "Devil’s Bell".
PROGRAMME Bande son introductive : The Boys are
Back in Town (Thin Lizzy) + Theme de The Muppet Show.
Achilles (Achilles, 2026)
In the Eye of the Hurricane (Achilles, 2026)
This Is War (Blackout, 2018)
Pretty Little Sunshine (Youngblood,
2013)
Insanity (Achilles, 2026)
Hell Is Eternity (Achilles, 2026)
Out of the City (Pure Heavy,
2014)
Holy Roller (Pure Heavy,
2014)
Devil's Bell (Devil’s Bell,
2022)
Youngblood (Youngblood, 2013)
God Damn Beautiful (Achilles, 2026)
Blaze of Ashes (Audrey Horne,
2010).
RAPPEL :
Sail Away (Audrey Horne,
2010)
Redemption Blues (Youngblood,
2013)
Waiting for the Night (Pure
Heavy, 2014).
A la fin du concert, contrairement à d'autres le bar
reste ouvert ; ce vecteur de convivialité contribue à échanger les impressions
enthousiastes avec d'autres mélomanes passionnés. Puis je saisis l'opportunité
de faire un portrait avec l'impressionnant bassiste Espen Lien, histoire d'immortaliser l'évènement.
Le lendemain, nous nous surprenons à chantonner les
airs retenus de la veille ; ils sont forts ces Vikings !
A L'ENVIE. Décidément
bien plus addictif que ladite pierre, le quintuor enchanteur m'entraine encore,
avec ma P'tite Fée, dans la déraison du musicotourisme sans frontières !
Car en effet, notre valeureux représentant du rock
français et francophone sillonne (de nouveau) le Royaume-Uni (l'Angleterre et
le Pays de Galles), arpenté sur cinq étapes
qui débutent le 14 octobre à Southampton (Hampshire),
se poursuivent le 15 à Londres, puis le 16 à Fletching-Uckfield (East Sussex), le 17 à Chepstow (Monmouthshire, Pays de Galles), et se
terminent le 18 à Birmingham (West-Midlands).
Ce n'était pourtant pas l'envie d'y retourner
auparavant qui nous manquait ; c'est juste que les regrettables entraves à la
libre circulation, entrées en vigueur le 1er janvier 2021, ont
largement contribué à nous démotiver, en dépit des moult tentations. Notre
dernier transit sous-manchois remonte à celui qui nous mena à Londres, en
septembre 2019 (pour un ultime et
mémorable concert de CAMEL). Toutefois, délaissant l'Eurostar, nous avions
fait deux bonds aériens ; un, vers Manchester (en juin 2023 pour MAGMA / PROCUPINE TREE), puis un autre, vers
Edinburgh (en mars 2024 pour OZRIC
TENTACLES / GONG). Mais ensuite, l'accès à l'île ne s'est pas vraiment
simplifié, avec l'instauration, le 25 février 2026, de l'autorisation
de voyage électronique (ETA)…
Nonobstant ces complications politiques, cette
abstinence avait assez duré. Il nous fallait, tôt ou tard revenir humer les
parfums rock'n'roll sur ses terres d'origine ! Une fois les formalités
accomplies, et les tickets acquis le 14 septembre (concerts et rails), il nous
restait à patienter avant de nous rendre Outre-Manche, pour y vérifier la
notoriété de nos troubadours favoris.
A
L'HONNEUR. Fhttps://lazuli-music.comCe talentueux
quintuor existe depuis 1998 et
pourtant seuls quelques médias confidentiels s'obstinent à promouvoir leur Activité.
Vaille que vaille, les frangins gardois Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), continuent
leur œuvre contre vents et marées d'indifférence, et ils sont désormais
entourés de Vincent Barnavol
(batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020).
En dépit de ce coupable et incompréhensible mépris
national, depuis le premier concert officiellement répertorié le 5 avril 2005 à
l'Antirouille de Montpellier, LAZULI
parcourt l'Europe (surtout), et la France (plus rarement). Pour
notre part, avec ma P'tite Fée, nous avons rejoint ce sillage depuis quelques
années pour assister à vingt-deux concerts enivrants, avec d'autant plus de
bonheur que, paradoxalement, l'apathie culturelle française pour le quintuor
nous incite à voyager avec lui ; l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la
Suisse, la Norvège, le Danemark et épisodiquement
en France !
L'album "Être
et ne plus Être" paru le 30 janvier 2026 est, à mon sens, le
chef d'œuvre de LAZULI, qui entraine son auditeur dans un tourbillon enivrant
de notes harmonieuses et de mots délicieusement ciselés. Sa tournée
promotionnelle a débuté le 10 mars 2026. Elle nous avait déjà fourni le
nouveau prétexte d'une première escapade de trois dates entre les 12 et 14 mars 2026,
dans le Benelux. Cette tournée britannique nous permet donc de revoir LAZULI, avant
sa prestation en première partie du concert de MARILLION le 21 novembre !
En opposition à tout soupçon inquisiteur que je
subodore, non nous ne sommes pas "fans" (d'ailleurs, je n'aime
pas cette abréviation qui vient de "fanatique"
; un mot vulgaire et inapproprié dans l'univers de LAZULI) ; avec notre esprit
critique, nous sommes juste de fervents admirateurs de ces Artistes qui nous
paraissent injustement méconnus dans notre pauvre, pôôôvre france.
A L'AVENTURE.
Aucun regret du mode de transport ; sur un trajet de cent cinquante minutes, l'Eurostar Paris-Londres
constitue, moyennant 154 € (aller/retour), un confort appréciable et ponctuel.
Puis, Londres n'étant qu'un rebond, nous constatons que le réseau ferré anglais
s'est bien amélioré ces dernières décennies ; le SWR (South Western Railways)
nous permet de rallier London-Waterloo
à Southampton-Central en
soixante-dix minutes, moyennant 18,15 € (aller/retour). The Star Hôtel nous
accueillera dans un confort typiquement britannique moyennant 77 €. J'affiche
ces tarifs à dessein afin de démontrer que le coût de notre musicotourisme
n'est pas si exorbitant, en fait !
Je remets les pieds dans cette ville portuaire non
sans une certaine émotion. J'y avais accosté une première fois, à l'été 1977 ;
il y a plus de quarante-neuf ans, après une traversée de sept heures, depuis le
Havre. Ce n'était qu'une étape avant de me rendre en vacances dans le vert
comté du Somerset. Etape de nouveau empruntée deux ans plus tard. Je n'étais
donc plus revenu à Southampton depuis quarante-sept années…
L'Angleterre n'étant pas particulièrement réputée pour
sa gastronomie, nous nous restaurons copieusement dans un resto chinois, leMi Rice
Noodle Bar, (52 Commercial Rd, Southampton SO15 1GD, Royaume-Uni).
Le port de Southampton évoque surtout deux fameux
bateaux ; le MAYFLOWER et le TITANIC. Si l'évocation du premier ne ravit pas
les Amérindiens, le second n'évoque pas de meilleurs souvenirs aux Anglais ; car
sur environ [ !? ] 2 200 personnes au
total, [passagers et membres d'équipage
confondus], seuls 711survécurent au naufrage). Nous nous devions d'honorer
ces malheureux en visitant le musée.
Après quelques pas dans la ville (nous la visiterons davantage demain matin) et un repos mérité, nous
rejoignons donc la mythique salle de concert…
Le 14
octobre 2026 : SOUTHAMPTON, The 1865.
Nous sommes les premiers arrivés aux abords du
bâtiment. Naturellement inquiets dans le calme de cette petite rue déserte,
nous sommes rapidement rassurés en remarquant la fourgonnette du groupe, qui
est discrètement garées sur le côté du bâtiment ! Puis, nous distinguons, au
travers des hublots, les musiciens ainsi que Nellie et Alison, probablement les
deux Anglaises les plus lazuliphiles ! Nous percevons les mélodies
familières de l'intérieur ; LAZULI procède à l'équilibrage sonore. Nous sommes
donc soulagés d'être arrivés à bon port !
La salle The
1865 (sise Brunswick Square, SO14 3AR Southampton) affiche une
capacité d'accueil d'environ 225 personnes en configuration assis,
(jusqu'à 800 en configuration debout). Mais en cette soirée de semaine, des
tables bien espacées atténuent l'impression d'espace vide. Peu à peu les
auditeurs arrivent. Les discussions sont enrichissantes ; j'apprends ainsi que,
contrairement à ce que j'imaginais, les Anglais peinent, eux aussi, à remplir
les salles pour écouter du rock progressif… Triste époque, décidément…
Nonobstant, en commentant les affiches placardées au mur, un mélomane attise ma
curiosité en me ciblant l'existence de "HENGE" un groupe anglais,
réputé "space-rock", composé de musiciens visiblement habités, disons
farfelus. J'apprendrai plus tard qu'ils passent à Paris en février ; à suivre…
Ouverture des portes : 19:00. L'accès
est rendu compliqué à cause du dispositif imposé par DICE. Déjà que je hais
leur concept de tickets virtuels, visibles uniquement durant une fenêtre de
deux heures avant le spectacle, mais de surcroît la lecture de leur "QR
code" pose un problème. Sans ticket aucun, ni avant, ni après, nous pénétrons
finalement dans la salle, après avoir donné nos noms ; curieux Sésame n'est-il
pas…
Bref, nous nous installons à une table en première
rangée, avec un sentiment intense de vivre un certain privilège. Il nous en
faut peu pour être heureux… Un bar propose un bel assortiment de bières, dont
la barcelonaise Estrella qui nous
hydrate délicatement ! Que du bonheur !!
L'acoustique de la salle se révèlera excellente. La
scène est vaste et elle permet à LAZULI de déployer son écran mural.
Eliott
LEONETTI [19:25-19:40]
Dominique présente la première partie avec l'aplomb
d'un papa qui peine à masquer son émotion. C'est en effet son fils, Eliott
qui a le redoutable privilège d'ouvrir la soirée ! Les admirateurs de LAZULI le
connaissent bien ; depuis des années Eliott fait partie de l'équipe
technique et se charge en particulier de l'échoppe des marchandises du groupe
de son père. Lui-même musicien sur divers instruments, nous savions qu'il entretient
une passion particulière pour la musique électronique. Peu à peu, il s'affirme dans
cette voie. Si bien que cet été, il s'est produit sur quelques scènes, avec son
père et son oncle. Désormais, ce soir il va devoir assumer seul les feux de la
rampe !
Eliott est
assis en tailleur, entouré des instruments qu'il a conçus. Il nous emmène dans
son univers électronique, élaboré de sons bidouillés, triturés, produits avec
maintes astuces ; une foison de fils multicolores relie des machines qui
combinent séquenceur, boîte à rythmes, synthétiseurs, touches, boutons, ainsi
qu'un thérémine. Cette musique, sans doute plus qu'une autre, a pour vocation
de propulser son auditeur dans un monde onirique, chacun selon son ressenti, en
fonction de ses expériences personnelles, de ses émotions. Pour ma part, je
connais les influences majeures mais, personnellement, ces sonorités m'évoquent
mon premier concert de Jean-Michel JARRE sur la place de la Concorde en été 1979
! D'ailleurs, clin d'œil de l'histoire, quelques jours après j'embarquais pour Southampton
!
Mission spatiale réussie, sa prestation nous a bel et
bien fait voyager durant un peu moins de 17 minutes.
Le public ovationne le magicien, dont le regard mêle
le soulagement et une fierté légitime. Mais sans tarder, il doit tout démonter pour
laisser place nette aux artistes suivants !
JONES &
SON est (aussi) une belle histoire de
famille. Le duo réunit John Dexter Jones,
chanteur et auteur-compositeur britannique, une figure emblématique de JUMP, un
groupe anglais de rock réputé progressif (qui mêle en fait du néo-prog, du
rock éclectique et mélodique), et son fils Tal Jones, également connu sous le nom de Charlie "Tal" Jones.
Personnellement, je n'avais jamais relevé l'existence de
ce duo (qui avait pourtant déjà soutenu la tournée anglaise de LAZULI en
mars 2025), ni même de JUMP(qui
a pourtant à son actif quatorze albums et, me dit-on, plus de mille-cinq-cent
concerts, partageant la scène avec des pointures du genre telles que Marillion,
Fish, IQ ou Mostly Autumn). John
Dexter Jones, semble précédé d'une certaine notoriété en Grande-Bretagne,
acquise au sein de JUMP, ce groupe britannique
formé en 1990 à High Wycombe, en
Angleterre.
Je conseille humblement d'écouter, par curiosité, JUMP
via Bandcamp ; "The Winds of Change",
le premier album studio début 1991, ainsi que le plus récent "Breaking Point" quatorzième album
studio paru le 16 novembre 2020. Plutôt séduit (sans être
transcendé), je perçois des influences sympathiques de Marillion période Fish,
de Golden Earring de Machiavel, mais aussi de Foreigner. Bon, j'ai lu certains
commentaires exaltés les décrivant comme " des piliers du rock progressif résolument divertissants " (dixit
une affiche) ; ce qui me semble excessif, mais cette musique se laisse
écouter, c'est déjà bien.
Bref, le duo nous propose de revisiter JUMP dans une
formule acoustique intimiste, où deux voix et une guitare privilégient la
simplicité, les harmonies vocales et l'émotion. Une relecture plus dépouillée
d'un univers musical construit au fil des décennies, mêlée à des compositions
originales. Je note que le duo s'est produit dans différentes salles et lors de
festivals au Royaume-Uni.
Ce pedigree ne me parait pas particulièrement
effrayant ; j'aborde donc cette prestation avec sérénité. Sans surprise, la
prestation est sympathique et distrayante. La complicité père-fils est
palpable, et produit de belles émotions. La transmission d'un héritage musical
dans un respect réciproque, l'écoute et la construction d'une identité commune.
Le père se révèle dissert entre les chansons, et éloquent pendant ; alternant
exubérance mesurée et sobriété toute britannique. Cependant, le fiston laisse
transparaitre sa propre personnalité artistique ; une belle voix, une
interprétation poignante, habitée.
Puisque je ne connais pas vraiment JUMP, je ne peux
que me fier aux réactions du public qui semble apprécier l'expression plus
dépouillée, plus intimiste, de titres connus.
Le duo recueille une belle ovation, ma foi bien
méritée.
PROGRAMME (à déterminer, mais probablement
similaire au lendemain, où j'ai relevé la liste)
LAZULI [20h55-22h55]
Les lumières s'estompent, l'introduction ne laisse
plus de doute sur le premier titre. Légitiment, c'est l'éponyme "Être et ne plus être" qui ouvre le bal des ondes.
L'occasion de confirmer l'excellent travail d'Ali à la console son, dans ce
p'tit écrin à l'excellente acoustique. Nous pressentons une soirée
exceptionnelle.
L'éclairage est
parfaitement dosé, à la fois coloré et lumineux. Pour parfaire encore les
sensations, l'écran délivre les images correspondantes. Quant à la scène, elle laisse un vaste espace à tous les musiciens
; Dominique la sauterelle va pouvoir s'éclater !
Comme à son habitude lors des concerts européens, Domi
a préparé ses p'tites feuilles de commentaires traduits dans la langue locale.
Je me surprends à comprendre son anglais, malgré mon niveau médiocre !
Quoiqu'il en soit, dès qu'il se saisit de sa guitare style "requinto",
on sait que ce sera l'insolent "Sourire" qui s'enchaine. Le
ton est donné pour un concert qui alternera les atmosphères poétiques (L'homme
sûr), romantiques (Chaque jour que le soleil fait), souriantes (Triste
carnaval), recueillies (Au bord du précipice), nostalgique (Quel
dommage), ou indignées (Matière première). Cette palette d'émotions
sincères est parfaitement exprimée par des mélodies et des rythmes enivrants
dont on ne se lasse pas. J'imagine que les auditeurs anglais ne captent pas
davantage les textes que ce que je capte de ceux de Marillion, mais je veux
croire qu'ils en saisissent les grandes lignes. Suffisamment en tous cas pour
réaliser combien LAZULI constitue un ensemble, un concept artistique à part,
appréciable tant sur le plan musical que philosophique. Heureusement, il ne
s'agit pas d'une école de pensée avec ses dictats ; Domi sait qu'il s'adresse à
un public tolérant et varié. Il s'agit juste de commentaires, de nature à porter
une réflexion sur notre société, notre environnement.
La prestation musicale de cette soirée demeure
conforme à l'admiration que nous vouons à chacun d'eux ; les frangins demeurent
logiquement en accord parfait, les complices Romain et Arnaud continuent
admirablement de mettre tout leur talent entretenu (dans leurs activités
parallèles), au service de LAZULI. Quant à Vincent, de toute évidence il se
régale à cadencer tout ce petit monde, à percuter tous les esprits !
Cette cohésion est ressentie par un public composé de
purs mélophiles. Pour l'anecdote, à la fin du concert, parmi les auditeurs
admiratifs, un couple anglais qui nous avait remarqué (les seuls spectateurs
français de la salle, pensez donc !) nous interpelle pour en savoir
davantage, avant de tenter de leur parler ; c'est une découverte pour eux, ce
soir ! Preuve en est, si nécessaire, que même dans une petite ville de province
anglaise, dans une salle a peine remplie (pour ne pas dire à moitié vide !)
LAZULI parvient à séduire ! Ah, si seulement les média pouvait s'emparer de …
et puis non. Gardons-les pour nous, épicétou.
Nous assumons les revoir
pour la quatrième fois sur cette même tournée, et nous ne bouderons donc pas le
florilège choisi, qui ne diffère pas du début de la tournée. Au fil des
tournée, je m'impatiente juste d'entendre d'autres titres plus anciens (disons avant
2010) ; non pas qu'il faille comparer, juste se souvenir !
Dix-sept
titres (sans compter le traditionnel final avec le marimba), quatre albums. Onze issus de
"Être et ne plus Être", quatre de "11",
un de "4603 Battements", et un de "Tant
que l'Herbe est grasse". Les Neuf Mains autour d'un Marimba expriment
d'abord l'air habituel. Ensuite, une improvisation inspirée de leur propre
répertoire "les courants ascendants".
De la contrainte horaire qu'imposent deux premières parties, il résulte
l'éjection d'un titre, "Mon Body se meurt" ; il fallait
probablement en sacrifier un, mais je n'aurais pas désigné celui-là… mais bon.
PROGRAMME Être et ne plus être (Être
et ne plus être, 2026) Sourire (Être et ne plus être, 2026) Qui d'autre que l'autre (11,
2023) Une chanson cherokee (Être
et ne plus être, 2026) Les 4 mortes saisons (Être et ne plus Être, 2026) L'eau qui dort (Être
et ne plus être, 2026) Le miroir aux alouettes (4603
Battements, 2011) Quel dommage (Être
et ne plus être, 2026) Triste carnaval (11,
2023) L'homme sûr (Être
et ne plus être, 2026) Matière première (Être et ne plus Être, 2026) Parlons du temps (11,
2023) Chaque jour que le soleil
fait (Être et ne plus être, 2026) Le Pleureur sous la Pluie (11,
2023) Les courants ascendants (Tant
que l'herbe est grasse, 2014) L’Instant (Être et ne plus Être, 2026) Au bord du précipice (Être
et ne plus être, 2026). RAPPEL : 9 mains autour d'un marimba.
Notre hôtel étant à moins de cinq minutes à pied, la
bière n'étant pas mauvaise, nous prolongeons la soirée dans cette salle
agréable, en compagnie notamment des musiciens et d'Ali le fidèle et efficace
ingé'son.
Après une matinée touristique dans Southampton (…),
notre retour à Londres me permet de retrouver mon p'tit Alhambra-hôtel que
j'affectionnais depuis quelques décennies. Son attrait réside toujours dans sa
proximité avec la gare Saint-Pancras, mais cependant son propriétaire a changé. Un Paki s'en est visiblement emparé, et il ne propose plus le même service. Si le cadre et les chambres demeurent
propres et (relativement) confortables, en revanche il ne propose plus de
petit-déjeuner. La contrepartie d'une nuitée modique, à Londres.
Le 15
octobre 2026 : LONDON, 229 The Venue.
Si le nom de cette salle (sise 229 Great Portland
St, W1W 5PN London), ne brille pas par son originalité, en revanche, elle
séduit par son aspect cocon. Son accès est étonnant ; une porte se dresse d'un
espace piéton, et précède un escalier qui plonge dans un sous-sol tortueux.
Puis on pénètre un antre douillet à l'éclairage tamisé. En fait, le complexe
comprend deux salles distinctes ; la grande (que nous ne verrons pas) peut
accueillir 620 personnes debout, et la petite (où nous demeurons) peut
accueillir environ 150 personnes. Les deux pouvant être combinées.
Ouverture des portes : 19:00. Nos amis Véro et Xavier nous rejoignent. Nous sommes cinq
Français, fixés au premier rang, ne laissant ainsi qu'un seul Anglais entre
nous ! Mais le reste du public londonien ne semble pas nous en tenir rigueur.
Eliott LEONETTI [19:25-19:40]
La scène est à l'image de la fosse ; étroite. Les
instruments sont imbriqués et laissent peu d'espace pour s'exprimer. Le pauvre
Eliott doit se tenir debout cette fois, dressé devant ses outils. Pourtant, il
retrouve ses repères et exprime de nouveau ses harmonies rythmées avec une
concentration qui ne l'empêche pas quelques regards obliques vers le regard de
son papa qui l'admire toujours dans l'ombre du coin de scène.
Les aléas techniques inhérents au genre ont pu
tracasser Eliott, mais ils ont au moins le mérite de nous accorder quelques
nuances avec la prestation de la veille. En tout état de cause, il termine sous
l'ovation bruyante d'un public satisfait !
JONES
& SON [20h-20h45].
Le duo prend place dans le faible espace disponible ;
l'exubérance des deux hommes est mesurée et ils parviennent donc à se maintenir
dans l'ombre de leur pied de micro, sans trop de difficulté.
Sa prestation est similaire à la veille, avec des
variantes que je ne suis pas en mesure de déterminer précisément puisque je ne
connais pas l'historique. Toutefois, cette seconde prestation achève de nous
séduire ; les deux musiciens montrent tant de ferveur et de conviction que même
sans comprendre tous les textes, les mélodies énergiques parviennent à captiver
l'auditeur.
Nonobstant, le public se montre ici aussi enthousiaste
et réceptif aux commentaires, au chant et à la musique de duo, qui sera
applaudit chaleureusement.
PROGRAMME(sur la foi de
la liste photographiée) Rise (On Impulse, 2001) Old Gods (Over the Top, 2016) The Heroes (Breaking Point, 2020) Superstar (inédit JONES & SON) Kingstone Corner Blues (The
Beachcomber, 2010) The Black Pilgrim (The Black
Pilgrim, 2013) Down Three Times (The Beachcomber, 2010) L.I.A.M.
(inédit JONES & SON) Free at Last (A Man Was Made, 2004).
LAZULI [20h55-22h50]
La superficie restreint l'espace de chaque musicien, interdit tout écran mural, réduit aussi la densité d'éclairage.
L'acoustique de la salle est très correcte ; je ressens cependant le besoin de
protections auditives afin de modérer la disproportion du volume avec la taille
de la salle, phénomène sans doute accentué par ma proximité avec les enceintes.
Sur un plan technique, il aura fallu quelques réglages sur la console de Claude
pour affiner le son, mais rien d'insupportable heureusement.
Domi demeure intenable, en dépit du faible espace dont
il dispose, il parvient toutefois à sautiller dès que les frappes de Vincent
imposent des rythmes dansants !
Globalement la prestation ne diffère pas de la veille ;
la contrainte horaire demeure et impose une nouvelle fois l'éjection du titre
"Mon Body se meurt". Quel dommage, si j'ose dire…
L'auditoire londonien exulte ; les articles lus sur la
Toile le lendemain montrent que cette joie n'était pas feinte.
Le programme est identique à la veille.
Des deux concerts, j'ai préféré celui de Southampton,
question de confort. Mais les deux furent de formidables moments d'évasion ! Vivement
un vingt-cinquième concert ce 21 novembre, à Paris !
Nous aurions volontiers suivi LAZULI les deux jours
suivants (surtout au fameux Trading Boundaries de Fletching-Uckfield, puis
à Chepstow). Mais un malheureux conflit de dates nous imposait un retour à
Paris. (Cela dit, a posteriori, nous ne
le regretterons plus car Claude y a connu des soucis avec sa Léode, et de
surcroit, notre autre rendez-vous musical aura été un régal !)
Maintenant que nous disposons de l'ETA (sans vouloir insulter les Basques), nous
comptons bien cibler davantage le Royaume-Uni. D'ailleurs, RUSH constitue
d'ores et déjà une autre cible londonienne d'ores et déjà verrouillée, en mars
2027. Dans le viseur, MOSTLY AUTUMN pourrait prochainement nous pousser à
visiter la médiévale York !
Voilà un groupe inclassable qui semble prendre un
malin plaisir à entretenir l'envie par la rareté. Rareté des albums, qui
deviennent insaisissables peu de temps après avoir été édités. Rareté de ses
passages en Europe.
FRUSTRATIONS.
Tellement rare, que j'aurais très bien pu ignorer son existence, si je n'avais
pas été alerté en aout 2009 par une discussion sur un forum musical, qui était
par ailleurs dédié à Porcupine Tree. Intrigué par tant d'éloges, j'avais téléchargé
l'album "Act III, Life and Death"
(2009). Dès la première écoute, je fus immédiatement séduit par ses sonorités
très mélodieuses et rythmées. J'ai pourtant eu le tort de procrastiner ; cette pépite
est désormais introuvable (je signifie à
l'état neuf et à prix
raisonnable, bien évidemment !). Les albums précédents et les suivants sont
tout aussi fabuleux et tout aussi rares… Je suis parvenu
cependant à acquérir "Act V : Hymns
with The Devil in Confessional" (2016), "Migrant" (2013) et "Act
IV : Rebirth In Reprise" (2014).
Le neuvième
album studio, " Sunya ",
qui est paru le 20 mars 2026, n'est pas davantage accessible puisque, absent de
la vente en Europe, on peut acquérir le CD sur le site officiel, proposé à 11
€, mais le seul frais de port est à … 26,43 € !
Ma p'tite Fée et moi, étions déjà festivaliers
habituels du Midsummer festival, lorsque THE DEAR HUNTER fut annoncé pour le
samedi 24 juin 2023.
J'étais alors assez naïf pour imaginer que j'allais enfin disposer d'une offre
à une échoppe digne de ce nom, dotée de tous les objets du désir. Que nenni, de
manière incompréhensible et consternante, rien ; aucun album, une
échoppe quasi vide (justeun
t-shirt ordinaire). De surcroît, les musiciens furent inaccessibles en
dehors de la scène… Leur désintéressement pour le commerce de leur Art peut
paraitre certes honorable, mais il me parait surtout très frustrant…
Comme pour attiser
encore la convoitise, le présent concert était initialement prévu le 27
septembre 2025, avant d'être reporté. Un report ainsi excusé : " À nos chers amis et fans du Royaume-Uni et
d'Europe, je suis au regret de vous annoncer que j'ai décidé de reporter notre
prochaine tournée britannique et européenne à 2026. Nous avons la chance de
pouvoir vous communiquer ces dates dès aujourd'hui. Les musiciens et moi-même
sommes toujours ravis de pouvoir nous produire à l'étranger, mais pour diverses
raisons, tant personnelles que professionnelles, j'ai dû prendre cette décision
difficile.
La raison
principale est que nous espérons vous présenter un certain nombre de choses
très spéciales l'année prochaine, et bien que les progrès réalisés sur tous les
projets aient été inspirants et gratifiants, je suis encore loin d'avoir
atteint mes objectifs, et malheureusement, le seul moment opportun pour
finaliser les choses se trouve pendant cette tournée à venir.
Je n'ai pas
pris cette décision à la légère et je suis conscient de l'impact qu'elle aura
sur les gens, leurs projets et l'argent qu'ils ont dépensé pour nous soutenir
et nous rejoindre le mois prochain. Nous espérons que vous serez là l'année
prochaine et que, lorsque nous pourrons enfin vous dévoiler le fruit de notre
travail, vous penserez que cette décision en valait la peine."
Quoiqu'il en soit, à l'instar de l'année dernière, THE
DEAR HUNTER était également attendus au BeProgMyFriend festival à Barcelone. En
dépit d'une tentation réelle, j'y ai renoncé mais, dès le 21 avril je me suis
procuré le Sésame pour ce soir et basta !… Je fus bien inspiré puisque le
guichet fut rapidement fermé !
ATTENTE. Le
concert de ce soir est annoncé complet
depuis plusieurs semaines. Nous nous attendions donc à trouver une file
imposante en arrivant. Fort heureusement, nous sommes arrivés alors que seul un
couple, venu de Toulouse, attendait.
Nous nous lamentions avec eux sur la difficulté de
suivre et soutenir le groupe, lorsque notre attente est opportunément ponctuée par
l'apparition de Nick Crescenzo, le
frangin du Patron. S'il pensait se détendre sur le quai, au calme avant l'arrivée
du gros des troupes, bah c'est raté. Mais derrière un aspect bourru, le gars
est en fait très sympathique et souriant. Même pour écouter mes revendications
bassement matérielles ; il m'explique qu'ils sont à la recherche d'une maison
de disque qui serait capable de mieux diffuser leur Musique… (ainsi soit-il …).
Bref, après un portrait impératif, je retourne dans la file, heureux comme un
gamin qui revient du sapin de Noël (oui, j'avoue il m'en faut peu).
La file d'attente qui s'étire finalement devant la
péniche est impressionnante.
LE CONCERT. Dès
l'ouverture, avec ma P'tite Fée, nous prenons place, de manière à disposer d'un point de vue idéal sur
la scène. La proximité des enceintes ne sera absolument pas nuisible,
l'ingénieur du son démontrera une excellente maitrise des équilibres et du
volume.
Un regard sur le public nous impose une première
observation ; de notre microcosme seul Alain, un ami mélomane est présent. La
fosse est bondée d'un auditoire jeune (peu
de têtes grises ou chauve !), très féminin et hétéroclite. Nous nous
interrogeons sur l'origine de leur auguste intérêt ; il me semble peu probable
qu'il émane de nos chers médias, davantage enclin à diffuser une infâme bouillie
sonore. Plus probablement, il est permis d'imaginer que cette affluence résulte
d'une propagation confidentielleparticulièrement
efficace. Il existe bien un monde parallèle au mien, décidément.
Les Britanniques REDWOOD était prévu pour ouvrir la
soirée en 2025, mais le promoteur Take Me Out a désigner les Parisiens
POWELS en remplacement. Moins
exotique. Quoique…
POWELS [20h-20h30].
Le quatuor parisien a été fondé par Maxime Guiot et Matthieu Gadel. Son concept de base est de composer des bandes-son de films,
sur le thème du surf … Il en décline un style musical qui pourrait être défini
comme un mélange agréable et léger de rock californien, avec un zeste de
psychédélique et de pop solaire. Un premier monoplage, opportunément intitulé
" Malibu ", est paru fin
2025.
Maxime Guiot
(chant, guitare rythmique), et Matthieu Gadel
(guitare), sont entourés de Rafaël Valleran (batterie) et Matthias Roux (basse).
La sonorisation est à l'image de la musique exprimée ;
légère, dansante et chantante, tout en douceur. D'ailleurs je m'étonne de voir
un linge étalé sur la caisse claire, comme pour atténuer encore davantage les
frappes. La basse Rickenbacker laisse entendre distinctement ses accords qui
saccadent énergiquement ceux des guitares. Matthieu Gadel semble avoir été
biberonné aux sonorités de Mark Knopfler, tant son jeu nous parait similaire.
Le temps imparti est court mais suffisant pour
exprimer plusieurs compositions inédites, initialement créées pour des projets
de vidéos censées inspirer des glissades ensoleillées sur les vagues.
Le public se dandine gentiment, les sourire et les
acclamations montrent un plaisir partagé.
Petit rappel historique
sur le groupe. A l'origine, en 2005
s'il s'agissait davantage d'un projet personnel de Casey Crescenzo, alors qu'il était encore membre de THE RECEIVING END OF
SIRENS, à Providence, (Rhode Island, États-Unis). Il enregistre donc ses
premières démonstrations qui seront réunies sous le titre "Dear Ms. Leading" ; un CD bien
évidement introuvable (lui aussi). Le 2 février 2006, il joue une première fois
ses titres en public, en ouverture de soirée pour son autre groupe. Cette étape
marque le début de THE DEAR HUNTER qui prend forme en mai, avant d'enregistrer
un premier véritable album en septembre, qu'il intitule " Act I: The Lake South, The River North
". Visiblement, avec un titre pareil, le Monsieur avait de la suite dans
les idées ! Ce fut en réalité le premier volet d'un audacieux concept, relaté
en cinq albums retraçant "la vie
d'un garçon nommé Hunter, à l'aube du XXe siècle".
De nombreux autres projets
ont abouti, à ce jour, à neuf albums studio et plusieurs mini-albums
intermédiaires, allant même jusqu'à ré-instrumentaliser et réenregistrer
certains d'entre eux. Avec l'aide du directeur de la photographie Justin DeLuna
et l'auteur/acteur Dustin Reade, il a récemment réalisé un documentaire musical
intitulé "North American Tour 2023 ". Apparemment insatiable et jamais à court
d'idées, il a récemment annoncé travailler sur un nouveau concept de neuf
albums inspiré "des sept couleurs de
l'arc-en-ciel et des deux tons noir et blanc"…
Durant la présente tournée, THE DEAR HUNTER se
présente en quintuor ; Casey Crescenzo
(chant, talkbox, guitare, claviers), est entouré de son frère Nick Crescenzo (batterie), Maxwell Tousseau (guitare, depuis 2010), Robert
Parr (guitare, depuis 2011), et Nick
Sollecito (basse, depuis 2011).
L'actualité du groupe étant la parution récente de
"Sunya", le programme
débute énergiquement avec "Marauders"
enchainé avec "The Bazaareteria".
Immédiatement, les talents de multi-instrumentiste de Casey sont remarquables ;
il alterne avec aisance et brio ses claviers, sa guitare, ou encore son "talkbox". Cette maitrise totale
nous plonge dans un bain de pur bonheur.
Dès les premiers accords nous sommes rassurés sur l'acoustique,
dont l'équilibre ne se démentira pas de la soirée. La voix est clairement distincte
et chacun des protagonistes peut exprimer les mélodies attendues.
La complicité entre les musiciens semble authentique ;
elle se traduit par une atmosphère à la fois joyeuse et agréable. Les textes
sont aussi complexes que les structures musicales et pourtant THE DEAR HUNTER
emporte toutes les humeurs de son auditoire, venu pour oublier un quotidien
morose. Bien évidemment, toutes les subtilités du studio ne sont pas
reproductibles sur scène, et Casey a estimé judicieux d'introduire de rares nappes
préenregistrées, mais celle-ci sont négligeables. Il n'en abuse pas et, avec
ses complices, il assume la majeure partie des harmonies, y compris les
sonorités cuivrées que le clavier imite parfaitement. A cet égard, Robert Parr s'amuse souvent à émettre des sons
atypiques qui m'ont surpris plus d'une fois.
Cette Musique me ravit les tympans par des sonorités éclectiques
et hybrides, qui pour ma part me rappellent souvent celles exprimées par TOTO (pour
les aspects funky et jazzy), par QUEEN (pour les chœurs puissants et les
mélodies), ou encore par DREDG et par ECHOLYN. Avis aux amateurs desdits
groupes car THE DEAR HUNTER
s'exprime dans cette galaxie avec une originalité rafraichissante !
Nous avions déjà été conquis lors de leur exaltante
mais trop courte prestation en plein air, dans l'enceinte de l'Openluchtheater
du Midsummer festival, mais cette fois, dans ce cocon du Petit-Bain, nous avons
été davantage en mesure d'apprécier pleinement ces Américains. En outre, la
personnalité décontractée et espiègle de Nick et Robert entretient une belle
complicité …
Notre bonheur est manifestement partagé, au vu des sourires
et des déhanchements qui animent la fosse. Je demeure heureusement étonné de
voir le public chanter les paroles, faisant d'eux de bien plus fervents
admirateurs que moi, en fait. Mes scrupules de ne pas entretenir ma mémoire et
mon anglais refont surface.
Les absents ont toujours tort, c'est bien connu. Cette
soirée ne dérogera pas à la règle.
Au rayon des bonnes nouvelles, à croire les
commentaires de Casey, il semblerait que nous soyons susceptibles de revoir THE DEAR HUNTER en France (on ne sait
pas quand)… De surcroit, il proclame qu’un nouvel album serait prévu au cours
de l'année 2027 !
Je suis particulièrement ravi par le florilège
interprété ce soir ; ils ont choisi quatre
de leurs albums pour en interpréter quatorze
titres. Leur plus récente production, " Sunya " est valorisée avec cinq titres. Quatre
morceaux sont issus de leur splendide album " Act IV " (2015), trois
de " Antimai " (2022) et deux
de "Act V" (2016).
PROGRAMME 1.Marauders (Sunya, 2026) 2.The Bazaareteria (Sunya, 2026) 3.Ring 7 - Industry (Antimai, 2022) 4.Wait (Act IV : Rebirth in Reprise, 2015) 5.The Most Cursed of
Hands (Act V: Hymns with the Devil in
Confessional, 2016) 6.The Glass Desert II
: Cliffs and Stormlands (Sunya, 2026) 7.The Bitter Suite IV
and V : The Congregation and the Sermon in the Silt (Act IV : Rebirth in Reprise, 2015) 8.At the End of the
Earth (Act IV : Rebirth in Reprise, 2015) 9.Ring 5 - Middle
Class (Antimai, 2022) 10.Ring 4 - Patrol (Antimai, 2022) 11.The Revival (Act V : Hymns with the Devil in Confessional,
2016) 12.The Glass Desert
III : The Plains (Sunya, 2026) 13.Waves (Act IV : Rebirth in Reprise, 2015) 14.Sunya (Sunya, 2026).
A l'échoppe, à défaut des CD vainement espérés, nous
nous procurons chacun notre t-shirt de la tournée, moyennant 30€, histoire de
les soutenir et de conserver un souvenir de cette magnifique soirée flottante…
sur la Seine.