En dépit de promesses renouvelées m'engageant à ne plus remettre les pieds dans une enceinte sportive, arène ou stade, la notoriété de certains de mes artistes favoris m'impose de surmonter cette aversion. Bannir ces évènements est un luxe que seuls les gens dénués de passion musicale peuvent se permettre. C'est l'un de mes paradoxes ; l'ostracisme médiatique m'exaspère et pourtant je me remémore avec une certaine nostalgie l'époque où nous étions quelques centaines tout au plus, à nous impatienter sur le seuil du Bataclan…
Maintenant, je me plains des conséquences logiques du
succès !... IRON MAIDEN fait partie des Légendes vivantes pour lesquels je ne
peux pas me permettre d'être intransigeant et égoïste. Partageons donc, dans la
médiocrité des distorsions sonores, mais partageons…
Chapitre
I : La Défense Arena
de Nanterre (92) – le lundi
22 juin 2026
Je consens donc à revenir pour une cinquième fois dans
cette "Défense-Arena" qui,
à défaut d'offrir une acoustique de qualité, a au moins le mérite de rassembler
les adeptes pour communier dans une Grand'messe à la gloire de notre Musique
favorite… En fonction de mon emplacement ou de la compétence de l'ingénieur du
son, j'y ai plus ou moins souffert d'une acoustique parfois catastrophique (Rammstein en 2019), parfois passable (Genesis en 2022 et Iron Maiden deux fois en
2025). Toutefois, ces aléas font figure d'incidents mineurs au regard de ce
que nous vivrons ce soir ; le paroxysme sera atteint … J'y reviendrai dans le
cours du récit.
Dans le cadre de sa tournée " Run For Your Lives ",
IRON MAIDEN revient donc de nouveau sur le même site, moins d'une année après y
avoir fait salle comble. Il faut croire que cet évènement avait laissé de bons
souvenirs, puisque comme pour justifier ce retour, il est prévu de filmer le
spectacle parisien ! Je considère cette démarche comme une juste reconnaissance
pour un public fidèle ; ce nouveau rendez-vous là s'impose donc, je n'en ai que
trop manqué d'autres…
Car, sur quatre décennies, je confesse avoir manqué
six concerts parisiens (plus ou moins) délibérément (allons, disons douze, en comptant les six
dates doublées). En premier lieu, mon dédain pour KISS (à l'époque)
m'a causé un regret que je rumine encore maintenant ; IRON MAIDEN était l'invité
de leur soirée du 27 septembre 1980 à l'Hippodrome de Pantin, pour
leur tout premier concert parisien !!... Ce n'est pas faute d'avoir été prévenu
par mes potes du lycée. Mais à l'époque, je n'appréciais pas assez les
maquillés pour investir dans cette soirée (grave erreur)… Puis, vil
infidèle, j'ai péché pour quatre autres dates, durant une période creuse entre 1990 à 1995 ; les voir à
l'Elysée Montmartre en 1993 devait valoir son pesant d'émotion ! Enfin, plus
récemment, j'assume avoir choisi délibérément de manquer le concert du 26 juin
à Bercy, au profit de la toute première prestation de Metallica au HELLFEST. Au
rayon de mes frustrations, je pourrai ajouter, mais hors de Paris, mon second puissant remord, celui d'avoir très stupidement
manqué le concert du 30 juin 2023 à Manchester, alors que j'étais sur place la
veille (…).
En dépit de ces errements regrettables, j'assiste
ainsi à Nanterre à mon vingt-sixième concert d'IRON MAIDEN, quarante-cinq années et trois mois
après ce mémorable concert du samedi 21
mars 1981 au Bataclan, qui
s'inscrivait dans sa tournée "Killers".
Le groupe sévissait déjà depuis 1975
dans l'Est londonien, mais ce fut son
premier concert en tête d'affiche à Paris !
Dès notre arrivée dans les coursives de l'arène, nous
nous ruons à l'échoppe officielle. Les t-shirts sont désormais à des prix
exorbitants (50 €), mais au diable l'avarice ! L'Evènement est important et le
produit est magnifiquement attrayant ; il est ciblé sur les trois dates
françaises, astucieusement illustrés des emblèmes de Clisson, Paris, et Lyon.
Nous sommes deux couples adulescents à prendre place
dans l'enceinte ; nous sommes plutôt bien placés, avantagés par un filon que notre
Guide a opportunément exploité (…). Assis en gradins à droite en regardant la
scène, à peu près sur une perspective diagonale similaire à celle de l'an
dernier, nous bénéficions d'une bonne visibilité.
EVERGREY [19h20-20h00]. https://evergrey.net/
Evergrey a été fondé en 1993 à
Göteborg par le guitariste/chanteur Tom S. Englund et le guitariste Dan
Bronell, dans un cadre musical "power
metal". Le premier album, intitulé "The Dark Discovery" est paru le 16 mars 1998, il a
été plutôt bien accueilli.
Actuellement, Tom S. Englund
(chant, guitare, depuis 1993), est
entouré de Rikard Zander (claviers,
chœurs, depuis 2002), Johan Niemann (basse, chœurs, depuis 2010), Simen Sandnes (batterie, depuis 2024), Stephen Platt
(guitare, depuis 2026, après sessions scéniques
en 2025). Plus de trois décennies après, le groupe a évolué vers un metal
plus diversifié, que certains osent même classifier "progmetal" (?).
C'est cependant leur quinzième album, "Architects
Of A New Weave" qui est paru le 5
juin 2026, soit peu de jours avant de le présenter au public d'IRON MAIDEN.
Leur prestation du samedi 17 juin 2023,
lors du HELLFEST, m'avait séduit, sans toutefois m'inciter à les suivre ensuite
(la concurrence, sans doute). Je n'ai
donc aucun album dans ma discothèque.
Leur espace est réduit par les éléments
drapés de Maiden, la batterie est curieusement désaxée sur la droite de la
scène. L'image de couverture d'une récente compilation (2023) est étendue en
fond de scène. Hélas, le quintuor est handicapé par une sonorisation
désavantageuse qui empêche d'apprécier la musique à sa juste valeur. Leur
talent n'y peut rien, mais dans cette arène le son réverbère et on ne perçoit
aucune profondeur susceptible de nous prendre aux tripes. La voix est claire,
puissante et juste. Quelques mélodies et quelques soli ici et là, animent ma
bienveillance. Aucun rejet donc, mais aucune passion non plus. Ils annoncent
revenir à Paris en fin d'année ; peut-être une occasion de les apprécier dans
de meilleures conditions que dans cette boite à échos.
L'auditoire accorde une attention encourageante au
quintuor. Après trois quart d'heures d'une musique globalement agréable, sa
sortie est ovationnée ; les musiciens semblent contents, c'est le principal !
Ignorant ses huit premiers albums (1998/2011),
EVERGREY a ciblé cinq albums (2014/2026)
avec neuf titres, dont quatre
issus de "Architects of the New
Weave".
PROGRAMME
1. Falling From the Sun (Theories of Emptiness, 2024)
Pendant l'entracte, une voix sentencieuse retendit
dans l'enceinte pour rappeler que les portables sont proscrits, surtout en
fosse. Il s'agit de montrer une ambiance saine et sincèrement tournée vers le
spectacle, sans mini écrans interposés. Je n'ai pas entendu cette prescription,
trop occupé à discuter passionnément avec des amis de plusieurs décennies dans
les coursives !
IRON
MAIDEN [21h/21h42 - 22h40/23h30]
Une petite dizaine de minute avant le début du
concert, la traditionnelle bande-son introductive "Doctor, Doctor" de UFO, provoque toujours un émoi particulier,
qui mêle curieusement nostalgie et excitation impatiente. Chacun vit se
préalable à sa façon, moi c'est un catalogue d'images des cinq dernières décennies
passées qui défilent. Le cœur bat la chamade, les larmes perlent aux yeux,
c'est puissant. Puis, une seconde bande-son délivre le majestueux "The Ides of March" ; la tension
monte encore d'un cran.
La ferveur impatiente est à son comble lorsqu'une
ultime et courte bande-son débute le premier arpège acoustique de "Murders in the Rue Morgue" !
Dans une dantesque acclamation, la folie s'empare de
chacun, la canicule est oubliée, la chaleur est recrée sans autre état d'âme
que la volonté de libérer sa joie ! Le sextuor apparait mené par le toujours
fougueux fondateur, le bassiste Stephen Percy Harris, né le 12 mars 1956 (70 ans). Celui-ci demeure fidèlement
accompagné depuis 1976 par le
guitariste David Michael Murray, né
le 23 décembre 1956 (69 ans). Un peu moins fidèles mais finalement toujours au
poste, nous retrouvons Adrian Frederick Smith,
né le 27 février 1957 (69 ans), guitariste de 1980 à 1990 et depuis 1999, et Paul Bruce Dickinson, né le 7 août 1958 (67 ans), chanteur de 1981 à 1993, et depuis 1999. Le départ
d'Adrian avait nécessité, en 1990,
le recrutement de Janick Robert Gers,
né le 27 janvier 1957 (69 ans). Au retour du premier, en 1999, il a été convenu
de maintenir le second ; le groupe abandonna ainsi le concept du quintuor. Après
Clive Burr (batteur de 1979 à 1982), puis Nicko McBrain (batteur de 1982 à
2024), c'est désormais Simon Dawson
(le batteur de BRITISH LION) qui occupe ce poste Ô combien essentiel à
l'entrain collectif.
Il n'est point besoin d'être devin pour connaitre le
programme, car il est identique tout au long de la tournée, identique à celui
de l'an dernier ici même. Mais peu s'en plaindront. Le son me semble potable, mais
cela reste celui d'une arène. Heureusement, l'auditeur perçoit chaque pupitre. On
admire ainsi la voix de Bruce qui est à son meilleur niveau. On frémit au son
de la basse de Steve qui exprime puissamment et distinctement le galop si
représentatif, qui est amplifié par une batterie puissante mais pas
assourdissante. Les accords et soli de guitares sont incisifs. Quant à la mise
en scène, elle demeure somptueuse ; le décor est lumineux et astucieusement
adapté aux thèmes abordés.
Pas de répit, les titres s'enchainent ; "Wrathchild"
est vite suivi de "Killers" durant lequel le turbulent Eddie
apparait une première fois. Puis le sublime et intemporel "Phantom of
the Opera" continue de me remuer depuis ma première écoute !
De notre positionnement en surplomb de la gigantesque
fosse, j'admire cette foule effervescente, telle une assemblée de Diables dans
un Bénitier ! Les bras se lèvent, les voix scandent et chantent à l'unisson.
C'est puissant, cette ferveur sans retenue continue de m'émouvoir ! Soyons
fiers, camarades ; l'Elite culturelle voudrait nous réduire au silence, mais ce
ne sera pas ce soir ! Avē Maiden !
Les autres titres maintiennent l'(h)ardeur ; Bruce, le
conteur nous emporte avec les mélodies entêtantes de "Infinite Dreams", un morceau dont le seul reproche serait la
présence superflue d'un son de clavier. Le colossal et emblématique "Powerslave" est un encore très
grand moment, musical autant que visuel. Les effets d'optiques sont oniriques
et captivants ! Enorme ! L'enthousiasme est étourdissant, c'est un bonheur
total, l'esprit s'égare, le corps semble en apesanteur.
Le fougueux Steve tricote toujours aussi allégrement
sa basse et son apparence entretient la fiction d'un temps figé ; il paraît toujours
aussi jeune, en état d'esprit et physiquement (même s'il est permis d'imaginer
qu'il se colore les cheveux !). Bruce déborde d'énergie et son charisme brille
de mille feux. Il revêt selon les titres des habits appropriés et harangue sans
cesse l'auditoire. A part Janick "l'affligeante
moulinette" Gers (…), les autres musiciens sont plus sobres et se
concentrent sur des accords à la fois techniques et mélodieux. Simon Dawson
mérite le respect, il tente de remplacer l'irremplaçable Nicko.
Bref, tout cela promet une soirée à nouveau mémorable…
Mémorable, elle le sera assurément mais pas pour les
raisons attendues… En effet, le sort en décidera autrement. Est-ce le sort, ou plutôt
la négligence du propriétaire de la salle ? Avec humour certains soupçonneraient
volontiers une intervention malicieuse d'Eddie… Lorsque débute le titre "2 Minutes
to Midnight", on ne se doute de rien encore ; comme la plupart d'entre
nous, j'avais les doigts dans la prise, et la tête dans le sac à poussières.
Mais soudain, entre deux secousses sismiques, vers 20h40, je m'étonne d'une extinction totale. L'obscurité et le silence complet interrompent subitement la fête … très vite, l'auditoire égaré, éberlué, stupéfait réagit et gronde sa légitime impatience… L'improbable s'est produit dans ce temple évènementiel ; une invraisemblable et inadmissible coupure de courant ! Dans les premières minutes qui suivent, une voix prétend justifier la situation par une "panne de quartier". Perplexes, nous faisons un lien improbable avec les fortes chaleurs… Mais le temps s'égrène. Peu à peu, nous nous inquiétons du reste de la soirée, puis de la probable suppression de l'enregistrement. Près d'une heure se gâchent ainsi… Je note qu'à une époque où les racailles ne manquent pas de tout casser pour le moindre prétexte, ici le Peuple Métal patiente, reste digne et calme …
Vers 21h40, Bruce réapparait, visiblement en colère.
Dans un français excellent et explicite, il dénonce la mauvaise foi de la
première annonce. "Je préfère Bercy
! " conclut-il. Je ne peux qu'acquiescer. En fait, il s'agirait d'une
panne de l'installation électrique de la salle. Une salle probablement louée
pour un montant exorbitant (sans
doute plus de 70 000 €). Une salle équipée pour l'enregistrement
onéreux d'un DVD. Une salle dont le gérant n'a pas été capable de garantir la
fiabilité de son dispositif technique. C'est tout simplement scandaleux.
Bruce est sincère comme toujours ; il présente des
excuses qui devraient davantage être exprimées par le gérant de l'arène. Il
nous prévient que le concert sera écourté en raison d'un couvre-feu municipal
imposé à 23h30 (au lieu de 23h apparemment),
afin de ne pas laisser les spectateurs dans les rues, sans transport.
Nonobstant, en ce qui me concerne en tous cas, l'entrain
est brisé. Heureusement, d'autres surmontent la déception et la fosse est
restée bouillonnante !
Le programme reprend son cours sur le titre suivant initialement
prévu. Un de mes titres préférés, le somptueux "Rime of the Ancient
Mariner" a beau être excellemment interprété (aâââh ! ce crescendo à 9 mn !!), tout comme le reste du programme,
mon humeur n'y est plus. Malgré l'abnégation redoublée des musiciens, et leur
professionnalisme, j'ai peiné jusqu'à la fin à m'impliquer autrement que par
quelques battements de jambes, j'avais plutôt envie de pleurer de rage.
Irrésistiblement, cet immense gâchis m'a pourri le reste de la soirée.
Mais "Run
to the Hills" reste très entrainant, je ne boude pas mon plaisir.
Puis, arrive le tour de ce titre majestueux, "Seventh Son of a Seventh",
dont je persiste à considérer que la séquence centrale, qui se veut onirique me
semble polluée par ce dispensable son de clavier qui vient de nulle part. Mon
côté progueux devrait l'accepter mais à mon humble avis, IRON MAIDEN ne devrait
pas utiliser ce type de bande sonore qui dénature son caractère. Dans le même
ordre d'idée, j'estime qu'il aurait dû demeurer un quintuor. Mais bon, le
morceau est tellement fabuleux, ça passe globalement très bien.
Avec l'épique "The Trooper", les
Anglais ne manquent pas d'accroitre encore l'enthousiasme par son rythme
particulièrement entrainant. Eddie revient haranguer les protagonistes et Bruce
brandit son union-jack et brièvement notre tricolore.
Puis, le splendide "Hallowed Be Thy Name"
maintient une forte émotion, par son récit poignant et sa mise en scène
particulièrement saisissante, usant d'hologramme et de trompe l'œil. Le titre
éponyme et emblématique "Iron Maiden"
achève d'épuiser les énergies.
Mais bien sûr, on pressent avec amertume que le
concert sera amputé du rappel…Sont ainsi passés à la trappe "Aces High", "Fear of the Dark" et "Wasted Years", dont chacun connait
le potentiel d'ambiance que ces titres peuvent générer… Et de fait, le groupe
salue le public et Bruce essaie de le consoler (toujours en français). Il nous invite à assister à leur prestation
complète à Lyon. Les plus fêlés (comme
moi) ne manqueront pas de suivre la prescription du docteur Dickinson.
Le florilège réduit à six albums (a lieu de huit
prévus) évoque la glorieuse période de
1980 à 1988. Nous aurons écouté ainsi quatorze
titres (a lieu de dix-sept prévus),
dont deux de "Iron Maiden"
(1980), trois de "Killers" (1981), trois de "The
Number of the Beast" (1982),
une de "Piece of Mind"
(1983), trois issus de "Powerslave" (1984), deux de "Seventh
Son of a Seventh Son" (1988).
PROGRAMME
Bandes-sons introductives : Doctor (UFO)
/ The Ides of March.
- Murders in the Rue Morgue (Killers,
1981)
- Wrathchild (Killers, 1981)
- Killers (Killers, 1981)
- Phantom of the Opera (Iron
Maiden, 1980)
- The Number of the Beast (The
Number of the Beast, 1982)
- Infinite Dreams (Seventh
Son of a Seventh Son, 1988)
- Powerslave (Powerslave, 1984)
- 2 Minutes to Midnight (Powerslave,
1984)
- Rime of the Ancient Mariner (Powerslave,
1984)
- Run to the Hills (The Number
of the Beast, 1982)
- Seventh Son of a Seventh Son (Seventh
Son of a Seventh Son, 1988)
- The Trooper (Piece of Mind,
1983)
- Hallowed Be Thy Name (The
Number of the Beast, 1982)
- Iron Maiden (Iron Maiden,
1980).
Je peine à me lever à la fin du concert. Pas seulement
à cause de la chaleur accablante qui nous attend dehors, mais surtout abasourdi
par le coup du sort qui nous a privé d'une perfection qui semblait garantie… En
d'autres circonstances, on pourrait prétendre que ce serait un soir à oublier,
mais non. Nous tâcherons surtout de retenir un moment de communion avec ces
adorables artistes, avec lesquels nous sommes unis pour le meilleur et pour le
pire ; c'est ça, l'Amour !
Dans les heures qui suivent le groupe publie sur son
site officiel un long message de compassion et d'explications. Je souligne avec
étonnement qu'un film demeure prévu, ce qui me laisse perplexe sur la
légitimité d'une telle réalisation. Les titres impactés seraient tirés du
spectacle prévu à l'Eddfest de Knebworth, le 11 juillet. Soyons positifs ; le
bon aspect de la chose serait de conserver, malgré tout, une trace des trois
quarts de cette soirée qui, quoi qu'il en soit, aura été mémorable …
On apprend par ailleurs que cette arène changera de
nom dès ce 1er juillet. Ce sera désormais, il fallait oser cette
provocation ; la "Plenitude arena"
!!! Dans sa profession de foi insolente on peut notamment lire ; "Acteur européen présent dans plus de quinze
pays, Plenitude s’impose aujourd’hui comme l’un des leaders de la transition
énergétique, avec un modèle intégré
couvrant la production d’énergies renouvelables, la fourniture d’électricité et de gaz, l’efficacité énergétique et la mobilité électrique". Eh
bé… ils vont avoir du boulot pour rehausser le niveau laissé par leur
prédécesseur…
Allons cette fois c'est promis, juré ; je ne
reviendrai plus ! Mais... sacré nom d'au-delà, j'ai déjà un ticket d'entrée
pour le 19 février 2017 ! Encore une dérogation imparable…
Chapitre
II : Groupama Stadium de Décines (69) – le dimanche 28
juin 2026
Ma conscience (en
ai-je seulement une ?!) m'interpelle " Nan, mais t'as pas honte ?!!
". Je pourrais hypocritement me défausser de mon obligation d'honnêteté, en me justifiant par
l'incitation machiavélique de mon fils aîné, sans lequel je ne me serais pas
décidé à venir à Lyon… Mais je l'avoue ce serait, indécent, il faut que
j'assume. En fait, la tentation était latente. Le prix modique d'un emplacement
en fosse, ainsi que le prix non moins modique du voyage aller-retour en Flixbus,
m'ont finalement convaincu de me rendre à une vingt-septième prestation de la
Vierge de Fer !
La notoriété d'IRON MAIDEN à Lyon n'étant pas
inférieure à celle de Paris, c'est encore dans un vaste équipement sportif qu'environ
35 000 admirateurs vont devoir s'agglutiner, sous un soleil de plomb de
surcroît !
Nonobstant, le groupe désigné pour chauffer (un peu plus encore) le chaudron est
différent de Nanterre, ce qui constitue une motivation supplémentaire, s'il en
fallait une.
Avec mon fils, nous nous fondons dans la fosse. En
spectateur certes exalté mais averti, je nous place prudemment juste en face de
la scène, ni trop près, ni trop loin, et à l'ombre de surcroit (ce qui est loin
d'être un détail par cette canicule accablante ! 38°C, qu'un léger zéphyr
parvient à tempérer autant que faire se peut).
ANTHRAX [19h20-20h00]. https://www.anthrax.com/
Fondé par les guitaristes Scott Ian Rosenfeld, dit "Scott Ian" et Dan Lilker à New York
(Queens), le 18 juillet 1981, ANTHRAX est répertorié dans la
mouvance "thrash metal". En
dépit de quelques nuances au fil de la discographie, le son du groupe est vite
reconnaissable.
La biographie de ce quintuor était déjà agitée de
tensions et d'antagonismes, lorsque j'ai entendu parler de lui à l'époque. Il
m'a rincé une première fois au Zénith de Paris le jeudi 5 février 1987 (tournée "Among
the Living"), alors qu'il était invité de Metallica. Sans être un
fervent admirateur, je dispose de quelques albums dans ma discothèque,
notamment "State Of Euphoria" un de mes derniers vinyles
acquis en 1988 ! ANTHRAX n'a pas connu le succès de METALLICA, mais peut
toutefois se vanter d'avoir malgré tout bien survécu, à l'instar de SLAYER,
MEGADETH, TESTAMENT, alors que d'autres non moins valeureux ont davantage
peiné, tels que ANVIL…
Le douzième
album studio "Cursum Perficio"
(2026) doit paraitre le 18 septembre
2026. Certains semblent interpréter la locution "cours parfait"
par "Ici s'achève mon voyage". De là à imaginer une fin de
carrière pour ANTHRAX…
L'air de rien, ce soir, je retrouve ainsi une
formation similaire à celle que j'avais découvert en 1987 ; Scott Ian (guitare rythmique, chœurs, depuis
1981), Charlie Benante (batterie,
depuis 1983), Frank Bello (basse,
chœurs, de 1984 à 2004, et depuis 2005), et Joey Belladonna (chant principal, de 1984 à 1992, de 2005 à 2007, depuis
2010). Seul Daniel Alan Spitz (soliste de
1983 à 1995 et de 2005 à 2007) est désormais remplacé par Jonathan Donais (guitare solo, chœurs, depuis
2013). Je revois ainsi ces Américains pour la septième fois.
Une bande son enflamment les (h)ardeurs ; c'est "Les
Sectes" chanté par Trust ! Cette chanson n'a pas vieilli, elle
transmet une énergie folle. Puis, en réf(v)érence aux Blues Brothers, on entend
un titre créé par Otis Redding. Puis les fous furieux entrent en scène.
La sonorisation m'a paru un peu confuse au début ;
j'ai peiné à reconnaitre le premier titre. Mais ensuite, un relatif équilibre
s'est établi pour laisser percevoir un vent de nostalgie ; puisque hormis leur
nouvelle chanson, toutes étaient ciblées sur les années 80. En fond de scène,
est dressé un drap qui évoque leur prochain album ; on distingue le dessin d'un
démoniaque prestidigitateur occupé à la découpe d'une créature dévouée.
En dépit d'une section rythmique (basse / batterie) quelque peu obsédante, j'ai perçu de bons soli de guitare, et le timbre du chant de Joey me convient. La passion semble intacte, les Américains nous livrent une prestation énergique qui emporte l'adhésion d'une large partie du public.
Je reconnais qu'au fil des années ANTHRAX a marqué
notre génération, même s'il ne figure pas parmi mes groupes favoris. Je scande
volontiers leurs refrains.
Un des temps forts, fut la reprise en anglais du titre
français emblématique des 80's ; "Antisocial", composé par
notre Groupe National, j'ai nommé TRUST. Honnêtement, cette version traduite
m'a toujours agacé. Mon esprit cocardier sans doute, mais je ne comprends pas
pourquoi nos groupes s'échinent à chanter les reprises dans leur langue et pas
eux… Mais bon, je me plie volontiers à cet écart de conduite, qui d'ailleurs ne
semble gêner que moi.
L'autre montée d'adrénaline intervient avec le dernier
titre "Indians", excellente manière de quitter la scène.
Cette première partie de soirée fut donc une bonne
entrée en matière, qui nous a permis d'oublier, un tant soit peu, la canicule
pendant trois petits quarts d'heure. ANTHRAX conserve mon estime.
Les sept morceaux sont issus de cinq
albums, dont un de "Cursus
Perficio", à paraitre.
PROGRAMME
Bandes-sons introductives : Les Sectes (Trust)
/ I Can't Turn You Loose (Otis Redding)
- Caught in a Mosh (Among the
Living, 1987)
- Got the Time (Persistence of
Time 1990 ; reprise de Joe Jackson)
- Madhouse (Spreading the
Disease, 1985)
- It's for the Kids (Cursum
Perficio, 2026)
- Antisocial (reprise de TRUST, Répression,
1980)
- Medusa (Spreading the
Disease, 1985)
- Indians (Among the Living,
1987).
Bande-son finale : Long Live Rock 'n' Roll (Rainbow)
Quelques mélomanes se retirent des premiers rangs
après avoir vu ANTHRAX. Ce surprenant mouvement provoque mon rapprochement de
la scène, mais je prends soin de demeurer à bonne distance quand même ; je suis
courageux et passionné mais pas téméraire (le souvenir du Hellfest 2023 m'a
durablement marqué !)…
Echaudé par le coup du sort qui a frappé la prestation
parisienne, je surveille le ciel par crainte qu'un orage vienne tout gâcher de
nouveau… Certes, le phénomène présenterait l'avantage de rafraichir
l'atmosphère, mais en revanche les Autorités y trouveraient un prétexte pour
nous retirer le dessert de la table ! La crainte était justifiée puisque le
panneau d'informations du stade nous indique que le concert d'IRON MAIDEN est
avancé à 20h30. Puis nous apprenons en outre que l'autre évènement musicale qui
devait se tenir au stade Gerlan est carrément supprimé ! Le suspens fut pesant,
même si je ne pouvais pas imaginer une annulation…
IRON
MAIDEN [20h35-22h45].
Les deux bandes-son attendues nous rassurent, et suscitent
une ferveur soulagée et impatiente !
Bon, mon statut de simple commentateur m'épargne de
relater les détails qui s'imposent à un journaliste spécialisé, et donc je ne m'attarde
pas sur d'autres considérations qu'émotionnelles. Et d'ailleurs, chacun sait
que la prestation millimétrée est similaire aux précédentes et à celle de
demain (à Anvers, Belgique) ! Après cinq décennies passées à arpenter les
scènes et les studios, ces Anglais ne s'aventurent plus trop hors des sentiers
battus ; les concerts s'apparentent désormais davantage à une solennelle et
joyeuse commémoration, à une communion fervente, qu'à une fantaisie
d'improvisations.
Seule une coupure de courant peut interrompre le cours des évènements... La fin de "2 Minutes to Midnight" fut vécue comme une victoire ! La sonorisation m'a paru parfaitement équilibrée durant tout le concert. Aucune comparaison avec mon traumatisme vécu ici dans les gradins durant le concert de RAMMSTEIN. Je confirme ce qui m'avait été rapporté, on entend bien mieux dans la fosse. Le souci, c'est le physique ; un concert debout devient éprouvant avec les années, a fortiori accablé par la chaleur et sollicité par l'entrain malgré tout… Je finirai sur les rotules mais heureux.
La plupart du spectacle s'est déroulé à la lumière du
jour ; l'éclairage n'a donc pris de l'importance qu'au fil de la soirée. La mise
en scène demeure somptueuse. Le régal est donc auditif et visuel.
Je ne regrette absolument pas mon déplacement. D'abord
parce que je ne me lasse pas de voir et de revoir IRON MAIDEN, bien sûr. Mais
aussi parce que cette fois, au prix d'une station debout épuisante, j'ai pu assister
au spectacle en étant parfaitement positionné, en conditions acoustique et visuelle
idéales. Et puis, rien que pour revivre ces sensations intenses durant "Rime of the Ancient Mariner", cela
valait le coût !
Aussi objectivement que peut l'exprimer un admirateur,
je me dois de rapporter une impression qui a été confirmée lors de discussions
ultérieures. Les musiciens étaient probablement éprouvés par la chaleur, ce qui
justifie à mon sens quelques accords inexacts. Mais sans grande importance, je
ne suis pas sûr que beaucoup d'oreilles les aient perçus. J. Gers ne risquait
de fautes puisque son rôle demeure davantage porté sur la ventilation.
En revanche, Bruce demeure au sommet de sa forme,
autant sur un plan vocal que physique. Quel charisme ! Steve Harris demeure
également généreux dans l'engagement. En le regardant, j'avais l'impression de
le revoir tel qu'il fut, quatre décennies auparavant ; agréable illusion qu'il
entretient probablement d'une manière ou d'une autre...
Il faut dire cette énergie est générée par une
communion intense et sincère avec le public. D'ailleurs à cet égard, le public
parisien a été franchement lésé (la
semaine dernière) par la privation des trois titres de rappel ; quelle
formidable ambiance sur ces chansons particulièrement enthousiasmantes !
Entendre quelques dizaines de milliers de chœurs sur "Fear of the Dark",
vaut son pesant d'émotions !
Cependant, après plus de deux heures d'un bonheur soutenu,
il était temps d'en finir ; j'étais à court d'énergie.
Les Lyonnais ont ainsi bénéficié du programme conforme
au reste de la tournée. Le florilège explore donc huit albums avec ainsi dix-sept
titres, dont quatre issus de "Powerslave" (1984),
trois de "Killers" (1981), trois de "The Number of the Beast" (1982), deux de "Iron Maiden" (1980), deux de "Seventh
Son of a Seventh Son" (1988),
une de " Fear of the Dark" (1992), une de
"Piece of Mind" (1983), une de "Somewhere in Time" (1986).
PROGRAMME
Bandes-sons introductives : Doctor (UFO)
/ The Ides of March.
- Murders in the Rue Morgue (Killers,
1981)
- Wrathchild (Killers, 1981)
- Killers (Killers, 1981)
- Phantom of the Opera (Iron
Maiden, 1980)
- The Number of the Beast (The
Number of the Beast, 1982)
- Infinite Dreams (Seventh
Son of a Seventh Son, 1988)
- Powerslave (Powerslave, 1984)
- 2 Minutes to Midnight (Powerslave,
1984)
- Rime of the Ancient Mariner (Powerslave,
1984)
- Run to the Hills (The Number
of the Beast, 1982)
- Seventh Son of a Seventh Son (Seventh
Son of a Seventh Son, 1988)
- The Trooper (Piece of Mind,
1983)
- Hallowed Be Thy Name (The
Number of the Beast, 1982)
- Iron Maiden (Iron Maiden,
1980).
RAPPEL :
- Aces High (Powerslave, 1984)
- Fear of the Dark (Fear of
the Dark, 1992)
- Wasted Years (Somewhere
in Time, 1986).
Bande son finale : thème des Monty Python,
"Always Look on the Bright Side of Life".
Un orage semble menacer notre sortie du stade ; ça
gronde, les éclairs sillonnent et illuminent le ciel lyonnais, un vent violent
qui achève de saouler les esprits. Mais pas de pluie (quelques grosses gouttes, juste avant d'arriver à l'hébergement).
Malgré tout, nous parvenons à retrouver nos amis venus du Sud Daniel et
Viviane, eux aussi ravis de cette soirée mémorable. Nous avons pris le temps
d'un portrait collectif pour commémorer l'Evènement ; il se révèle particulièrement
éloquent sur notre état (épuisement, satisfaction) !
S'en suit pour nous une pénible attente d'une navette
qui doit nous ramener au centre-ville. Nous sommes tous heureux mais éreintés.
Et dire que IRON MAIDEN joue encore dès demain à
Anvers ; quelle santé !
















.jpg)
















