Je le sais et je l'assume. Ma santé mentale peut
inquiéter. Je me soigne par la musicothérapie, mais comme tout traitement, il
doit être savamment dosé. Pourtant, à mon corps défendant, le choix des promoteurs
musicaux impose parfois un calendrier susceptible de provoquer davantage de surdosage
que de plénitude.
Ce mois de mars s'annonce d'ores et déjà … agité. Deux
jours après le concert de MOUNDRAG au Petit Bain, nous retournons au Zénith,
pour un nouvel évènement… comment dire… quelque peu plus brutal.
Parmi les prescriptions médicinales AVATAR m'est indiqué dans des périodes
déprimantes et/ou révoltantes. Cela n'en fait pas un traitement continu, mais
globalement, ces Vikings assument leur rôle de ménestrel ; ils me divertissent.
Pourtant, j'aime, moi non plus. J'aime beaucoup les contrastes produits par
leur musique (subtile alternance d'agressivité et de mélodies), leurs talents
(instrumental et théâtral), et leur attitude (délicieusement démentielle et
drôle). Néanmoins, j'ai un peu plus de mal à écouter la voix, trop souvent
hurlée et/ou gutturale sans raison impérative, ce qui me semble nuire
inutilement à l'harmonie entre le chant et les instruments. Cependant, leur
évolution parait cibler un meilleur équilibre, sans renier leur identité. Bref,
AVATAR, c'est un peu une exception
qui confirme ma règle. Et puis, je dois le confesser, ma P'tite Fée me relance sur
le sujet dès que je m'en éloigne ; elle est une fervente admiratrice de ces
Vikings !
Avec ma p'tite Fée et mon fils, nous avons opté pour
un emplacement de la fosse pas très éloigné de la scène sur notre côté gauche, à nos risques et périls. Soyons
fous ! Mais, il fallait s'en douter, nous ne pourrons pas y demeurer toute la
soirée ; nous y tiendrons pourtant jusqu'au premier quart d'heure d'AVATAR,
quand même…
Le trio norvégien, fut fondé en 2022 à Oslo. Totalement
inconnu de mes répertoires, l'intitulé du groupe était déjà de nature à éveiller
des soupçons sur leur démarche, qui me semble tirer une fois de plus sur la
corde d'un satanisme Grand-Guignol, déjà maintes fois exploitée. Leur concept
repose, outre leur culte, sur une attitude intentionnellement outrancière,
théâtrale, très politisée et militante féministe. Le trio est exclusivement
féminin, avec Johanna Holt Kleive
(batterie, chant), Nikoline Spjelkavik
(guitare, chant), et Victoria Røising
(basse, chant).
Nous tenions à préserver notre emplacement en fosse, et
nous n'avions pas d'autre choix que d'assister à une démonstration affligeante
de la Bêtise. Un spectacle navrant de femmes d'autant plus pitoyables, que leur
posture nous semble desservir la cause qu'elles prétendent revendiquer, notamment
en cette veille de la journée de la femme
(8 mars). Une prestation sans intérêt musical ; les pupitres (une
guitare, une basse, une batterie, des micros) émettent des sons sans harmonie
aucune, juste du bruit délibérément violent et vociféré. Un surcroît de bandes-son
tente de masquer une pauvreté artistique évidente. Même sur le plan esthétique,
leur ridicule accoutrement serait risible si ces norvégiennes ne se prenaient
pas autant au sérieux. Coiffées de ce qui ressemblerait éventuellement à des
cornes, leur long vêtement blanc laisse délibérément sortir les seins. Le
naufrage touche le fond lorsqu'elles reviennent pour une deuxième partie, cette
fois complétement dévêtues et coiffées d'une perruque démesurée.
Depuis quelques décennies, je peux confesser avoir
assisté àmoult spectacles à oublier, et
donc oubliés. Mais, je n'imaginais pas assister à une telle déchéance.
Cette demi-heure calamiteuse nous a paru interminable.
Elle aurait pu/dû se clore d'une désapprobation plus ou moins marquée du
public. Mais mon évaluation de la situation semble déconnectée d'une certaine
réalité. J'observe avec incompréhension qu'une part du public, parfois féminine
(!), montre une satisfaction sincère, avec sourire et applaudissements … Je
peine parfois (de plus en plussouvent) à comprendre mes semblables ; il
faut de tout pour faire un monde, dit-on… Je réfléchi à me retirer dans une
grotte, mais peut-être risquerais-je alors de ressembler à ces harpies…
Contrairement à mon fils, je n'avais encore jamais
entendu parler de ce groupe, qui pourtant semble avoir déjà marqué quelques
esprits au-delà de leur territoire, notamment en se produisant au Hellfest en
2019 et en 2024. A priori, au-delà d'un univers musical que je fréquente peu
désormais, j'aurais au moins une bonne raison de m'intéresser à ce phénomène
musical. En effet, au lieu de s'exprimer banalement en anglais, ils
revendiquent une réelle identité culturelle en chantant souvent dans la langue
emblématique de leur pays, le Maoris. Cette particularité alliée à un style
parfois similaire à celui de SEPUTLTURA, me rappelle la période "Roots" (1996) à laquelle je
confesse avoir prêté une attention, en son temps.
Mon enquête préalable relève que ALIEN WEAPONRY est un groupe Néo-Zélandais basé à Waipu, fondé
en 2010 à Aucklandpar deux frères ; le guitariste/chanteur
Lewis Raharuhi de Jong, et le batteur Henry Te Reiwhati de Jong,
alors âgés respectivement de 8 et 10 ans ! Leur père et leur grand-mère
paternelle sont Maoris, mais leur mère et leur grand-père paternel sont
d'origine néerlandaise. Notons que leur patronyme reflète l'origine européenne
de la mère, alors qu'ils tiennent un discours militant pour le respect de
ladite culture ancestrale… Le bassiste Tūranga Morgan-Edmonds les
rejoint en août 2020, après deux précédents musiciens moins motivés.Les trois membres peuvent revendiquer des
ancêtres Māori. Plusieurs textes sont ainsi écrits et interprétés légitimement
en langue maori. La musique exprime un style un thrash metal tribal et
alternatif.
A ce jour, le trio semble stabilisé avec Henry de Jong (batterie, chœurs, depuis
2010), Lewis de Jong (guitares, voix
principale, depuis 2010), Tūranga Morgan-Edmonds
(basse, chœurs, depuis 2020).
Leur troisième
album studio "Te rā"
est paru le 28 mars 2025.
Le trio peut bénéficier d'une scène ample, le mur de
fond est couvert d'un large drap avec leur logo, orné en son bas d'un rideau
rouge de théâtre. La sonorisation est puissante mais audible.
Au-delà de leur démarche intellectuelle respectable, la
prestation sur le plan musical ne m'a pas emballé outre mesure. Hormis quelques
segments prometteurs, je ne suis parvenu à percevoir un minimum d'harmonies ou
d'interventions vocales susceptibles de me séduire totalement.
Chacun son ressenti, une bonne part du public s'exalte.
Ce qui donne lieu aux exubérances habituelles dans cet univers. Les murs de
défis prennent ici d'amusants accents maoris, imitant plus ou moins les hakas.
On pardonnera à ces âmes égarées une appropriation quelque peu désinvolte… Les
cercles tribaux, joyeux et endiablés, se forment et se déforment dans un chaos
total ; j'y distingue cependant mon fils.
Bon, ce n'est pas mon genre favori, on l'aura compris
mais cependant le niveau est (facilement)
monté d'un cran avec cette prestation engagée et agitée.
PROGRAMME (estimée à
l'aune des précédents de la tournée, à confirmer) Rū Ana Te Whenua (Tū, 2016) Te Riri o Tāwhirimātea (Te rā, 2025) Mau Moko (Te rā, 2025) Taniwha (Te rā, 2025) Kai Tangata (Tū, 2016).
Le quintuor, fondé en 2001 par le guitariste
Jonas "Kungen" Jarlsby et le batteur John Alfredsson,
s'est stabilisé avec Johannes Eckerström
(chant, claviers et trombone, depuis 2002), Henrik Sandelin (basse, chœurs, depuis 2003) et Tim Öhrström (guitares, chœurs, depuis 2011).
Leur dixième
album studio "Don't Go In The Forest"
est paru le 31 octobre 2025. Celui-ci
m'a séduit immédiatement, bien davantage que les précédents. Les excès vocaux
sont moins fréquents, au profit des harmonies.
Je demeure impressionné par le rythme de leurs
tournées promotionnelles qui s'enchainent frénétiquement depuis quelques années
déjà. Johannes Eckerström aime prétendre "Nous sommes accros à la scène
!". Sur chacun des continents visités, les admirateurs en seront
certes satisfaits, mais je m'interroge sur la pérennité de leur activité à une
telle cadence… En tout état de cause, ce soir ils nous démontreront encore une
belle vigueur !
L'affluence est forte ce soir, seuls quelques sièges
des gradins les plus hautes sont vacants. Un public hétéroclite, grimé ou non,
est là visiblement pour faire la fête, et ce sera le cas ! La fosse est pleine
come un œuf. Lorsque l'obscurité annonce le début, nous sommes encore bien
placés.
La mise en scène introductive s'inspire de leur
dernière production. Originalité, le socle de batterie sépare le pupitre en
deux parties. Entre les deux, surgit un groupe d'ombres précédées d'une lampe
portée par Johannes. Peu à peu nous distinguons les musiciens dans une lueur bleutées.
C'est une allusion théâtrale au titre "Captain
Goat", qui introduit le concert
!
La sonorisation s'avère parfaitement équilibrée. Aucun
pupitre ne nuit à l'autre. Le décor de scène est assez sobre ; un gigantesque
tissu avec le logo drape le mur du fond et le rideau rouge déjà présent plus
tôt en soirée est ici entrouvert, montrant le logo d'Avatar en caractères
lumineux (rouge ou bleu alternés). Un très impressionnant dispositif de feux
d'artifices, constitué de gigantesques flammes et rideaux d'étincelles,
réchauffera le spectacle de manière conséquente ! Une odeur de poudre viendra
ainsi se mélanger à celle des corps suant. L'agencement d'éclairage me parait astucieusement
original ; des projecteurs de fond de scène sont installés sur un rail ce qui
les rend mobiles et multidirectionnels.
Ces soins apportés à la représentation accentuent
l'engouement pour une musique déjà très entrainante. Toutefois, le deuxième
titre achevé, le groupe se retire durant de longues minutes inquiétantes. Un
souci technique qui finalement n'aura pas pénalisé la prestation, outre le
désagrément de suspendre l'ambiance, qui reviendra facilement.
Comme d'habitude, le charisme de Johannes, artiste
complet à la fois chanteur et comédien, achève d'emporter l'enthousiasme ;
impossible de demeurer stoïque devant tant d'exubérance et de conviction. Il
joue à la perfection son personnage de clown démoniaque. Quant à sa voix, même
je goute peu aux excès gutturaux, je dois reconnaitre qu'il dispose d'une
tessiture impressionnante. L'ensemble du groupe contribue à assurer le
spectacle, chacun très impliqué à son poste et selon son tempérament, mais le
plus souvent avec des allusions aux attitudes théâtrales ou circassiennes. John
surplombe et supervise le tout de son regard troublant. Son allure
mi-burlesque, mi martiale exprime un humour que j'apprécie beaucoup ! Par
exemple, pendant le concert un technicien se rapproche de lui, coiffé d'un
casque surplombé d'une mini cymbale sur laquelle John frappe à son passage.
Autre exemple, la scène finale où ses baguettes semblent maitriser l'immobilité
de ses quatre complices, le temps de faire ovationner le public complice de ses
frasques.
Les duos de guitares sont magnifiques et les soli de
Jonas rappellent son excellence, ce qui accentue encore notre admiration. A cet
égard, le titre "Legend of the King"
lui confère un honneur justifié.
Le public participe, exulte, chante et manifeste
bruyamment sa satisfaction ; les cercles tribaux se forment et se déforment,
tournent dans un désordre désinvolte mais bienveillant, la moindre chute étant
relevée ou écartée. Néanmoins, par attrition cette agitation aboutit par nous
écarter définitivement de l'espace central de la fosse. En retrait, mais
apaisés, nous apprécions plus sereinement le concert. J'en profite d'ailleurs,
fait rare, pour errer d'un bout à l'autre de la salle pour tester différents
points d'observation. Vraiment la sono est parfaitement réglée, où que l'on
soit !
A l'image des confettis explosés en final,
l'atmosphère festive des concerts d'AVATAR ne s'est pas démentie.
AVATAR nous a proposé un florilège extrait de septalbums avec dix-sept titres,
dont six issus de "Don't Go
In The Forest", quatre de "Black Waltz", un de "Avatar Country", deux de "Hail the Apocalypse", deux de "Hunter Gatherer", un de
"Dance Devil Dance", un
de "Feathers & Flesh".
En privilégiant la promotion du récent album, je ne
pouvais qu'être ravi. Bien sûr, cette sélection a fatalement écarté d'autres
titres tels que "Tower" ou "Puppet Show" que j'apprécie
particulièrement. Mais bon, c'est le jeu.
En revanche, comme à son habitude Johannes feint
d'accorder au public une quelconque autorité sur la nature du rappel ; ça
commence à sentir le réchauffé, pour ceux qui suivent le groupe. Au bout d'un
moment, soit il faudra qu'il cède et joue les dix titres supplémentaires
demandés par le public jamais rassasié, soit il s'abstient de jouer les
commissaires-priseurs, et joue ce qui est prévu sur sa liste (qui au
demeurant est identique sur toutes les dates que j'ai consultées !) …
PROGRAMME
Captain Goat (Don't Go In The Forest, 2025)
Silence in the Age of
Apes (Hunter Gatherer, 2020)
Panne technique
The Eagle Has Landed (Feathers and Flesh, 2016)
In the Airwaves (Don't Go In The Forest, 2025)
Bloody Angel (Hail the Apocalypse, 2014)
Death and Glitz (Don't Go In The Forest, 2025)
Blod (Black Waltz, 2012)
The Dirt I'm Buried In (Dance Devil Dance, 2023)
Colossus (Hunter Gatherer,
2020)
Torn Apart (Black Waltz,
2012)
Howling at the Waves (Don't Go In The Forest, 2025)
Legend of the King (Avatar Country, 2018)
Let It Burn (Black Waltz, 2012)
Tonight We Must Be
Warriors (Don't Go In The Forest,
2025)
RAPPEL :
Don’t Go in the Forest (Don't Go In The Forest, 2025)
Smells Like a Freakshow (Black Waltz, 2012)
Hail the Apocalypse (Hail the Apocalypse, 2014).
Johannes, toujours aussi bavard et flatteur, nous
laisse croire que le public parisien lui est particulièrement cher (on n'est
pas dupe,on lui pardonnera de
proclamer cela sans doute tous les soirs…). Comme à son habitude, il nous
invite à soin de nous et notre entourage. Mais cette fois, ce vœu résonne de
façon un peu particulière dans notre actualité inquiétante…
Alors que le groupe et l'auditoire échangent des
marques de sincère satisfaction, une bande son diffuse la traditionnelle
chanson de Vera Lynn "We'll Meet Again" ; oui très
probablement, nous nous reverrons !
En dépit d'une certaine tentation, nous nous abstenons
d'acquérir le t-shirt de la tournée (qui est pourtant attractif visuellement),
car pour 40€ il n'est pas proposé
dans une taille en-dessous du "L". Faute de prévoir une taille (et un
prix) plus modeste, ces gaillards vikings repartiront avec leurs modèles…
Certaines célébrités du Grand Cirque du rock'n'roll (non, je ne citerai personne !), sans
doute fatiguées par le système et l'usure du temps, viennent vous expliquer
doctement que le rock serait mort. Heureusement, d'autres jeunes loups
démontrent que faire du neuf avec du vieux peut tout autant ravir les cages à
miel ! Il suffit d'un subtil mélange de talent, de fougue, et de passion, en
ajoutant un zeste d'originalité et beaucoup d'audace, pour produire un cocktail
détonnant et réjouissant. MOUNDRAG fait
partie de ces artistes. C'est pour cela que nous les soutenons. Nous les considérons
musicalement, mais aussi humainement attachants.
Notre découverte des Bretons KOMODRAG & THE MOUNODOR
lors du festival RAISMESFEST le 14 septembre 2025, a été un de nos
moments forts de l'année. A tel point, que nous sommes retournés les voir le 20 septembre
à Tremblay puis le 15 novembre à Issy ! Une étude rapide de leur
biographie montrait que ce collectif de fous furieux était en fait le fruit
d'une fusion géniale entre deux groupes de copains. D'où le calembour que
constitue le nom dudit collectif, qui désigne la fusion de KOMODOR avec MOUNDRAG.
Cette opération a sans doute contribué à une notoriété ascendante des deux
entités distinctes. Elle a également induit des calendriers assez parallèles ;
si bien que KOMODOR viendra le 26 mars à la Maroquinerie pour promouvoir un
nouvel album, alors que MOUNDRAG est là ce soir, dans une similaire
démarche promotionnelle…
D'autant plus ravis d'embarquer à bord de cette
péniche, que nous y avons vécu beaucoup de belles émotions musicales. Pourtant,
ce n'est que la sixième fois que je reviens au Petit Bain. J'admets volontiers avoir manqué quelques occasions de revenir
davantage sur ce site qui est pourtant proche de mon domicile. Avec ma p'tite Fée
nous sommes arrivés entre 18h30 et 19h, nous étions ainsi parmi les premiers à attendre. Cependant, par ce temps printanier, nos bavardages au sein d'un
microcosme reconstitué nous ont fait perdre nos meilleurs emplacements à
l'intérieur.
Heureusement, l'espace limité de la fosse nous permet
de trouver un emplacement avec une visibilité relativement correcte, malgré une affluence étonnement importante (on ne doit pas être loin du complet !). L'acoustique
de la salle sera conforme à notre souvenir, c’est-à-dire satisfaisant.
Je ne connaissais pas ce groupe. J'ai donc relevé en
préalable qu'il s'agit d'un trio bordelais, franco-chilien, fondé en 2014.
En 2015, RED SUN ATACAMA parvient à autoproduire un mini album intitulé "Part
1", avant un premier album en 2018, intitulé "Licancabur".
L'album "Darwin" sort le 17 juin 2022. Ce parcours est ponctué
de scènes notables, telles que le Hellfest (Valley), le 28 juin 2024.
Leur tournée actuelle accompagne la parution de "Summerchild",
le 13 mars 2026.
Ce trio se compose de Clément Márquez (basse, chant anglophone), Robin Caillon (batterie), et Vincent Hospital
(guitare).
Intrigué par le pedigree, j'ai procédé à quelques écoutes
préventives sur internet qui me laissent percevoir des influences dans les styles
dits "stoner", "heavy rock", voire "punk rock"
avec un zeste de psychédélique.
La scène, à proportion de l'endroit est quelque peu exiguë
mais pour le trio, c'est bien suffisant. L'éclairage est peu dense, et assez sombre, mais toutefois suffisant pour percevoir le travail des musiciens.
RED SUN ATACAMA est parvenu à régler une sonorisation limpide
et puissante mais visant délibérément à faire persister le son par
réverbération, créant ainsi une atmosphère apocalyptique. Cette sensation de
puissance fut surtout amplifiée par le son de la basse réglée en mode saturation,
ce qui ne fut pas sans rappeler un certain Lemmy ! En revanche, la voix s'est
révélée peu compréhensible ; il parait que Clément chantait en anglais…
Avant le concert, j'étais a priori plutôt inquiet, et
j'avais préparé mes protections auditives en conséquence. Mais leur prestation a
révélé une musique bien plus subtile que prévue. Dès l'introduction, ils induisent
l'auditoire sur de fausses pistes, l'hypnotisant avant de le secouer par des explosions
sonores saisissantes, rythmées par une percussion sismique. Le tout est lourd, corrosif et puissant mais surprenant, grâce à des ruptures, d'atmosphères et de rythmes, inattendues.
Bref, c'est une bonne surprise pour moi. Je suis plutôt
séduit et demande à revoir et à réentendre…
Le public semble du même avis, car l'ovation finale
est sans doute de nature à satisfaire les Bordelais.
RED SUN ATACAMA a rappelé son répertoire avec neuf titres issus de trois albums, dont trois issus
de "Summerchild", cinq
de "Darwin" et un de "Licancabur".
La musique de cette fratrie Goëllaen rappelle
immanquablement une époque encensée de jasmin et colorée de pourpre, celle des
70's. Il parait évident que ces grands enfants ont forcément été élevés en
écoutant le hard rock rageusement bluesy de Deep Purple, ou les évasions
audacieuses d'Emerson, Lake & Palmer. Et cependant, ce style ne semble pas
avoir pris une ride par la grâce de leur interprétation mêlant folie et respect
des principes fondamentaux.
Leur fougue les emporte dans plusieurs activités
parallèles ; ils étaient déjà impliqués depuis 2010 au sein de SMOOTH MOTION,
un autre groupe de Paimpol, avant tenter une nouvelle aventure en 2019 dans KOMODRAG & THE MOUNODOR !
Le duo fraternel MOUNDRAG, créé aussi
en 2019,exprime leur influence d'ELP
totalement assumée, et explore aussi différentes facettes du rock
progressif avec un régal non dissimulé. Pas de guitare. Juste une batterie pour
ColinGoëllaen. Juste un authentique orgue Hammond pour Camille Goëllaen. Le chant est
partagé par les deux complices.
Un premier album, éponyme est paru le 7 aout 2019, puis "Hic Sunt Moundrages" (6 titres) est
paru le 21 octobre 2022. Enfin, "Deux" est paru le 8
octobre 2025. Du 11 au 28 février, MOUNDRAG a sillonné toute la péninsule
ibérique, en quinze étapes ! Les revoilà dans nos contrées pour une vingtaine
d'autres dates jusqu'en juillet !!! Ils profitent opportunément d'une vague
porteuse, et méritée.
Sur le mur du fond de scène s'étend un drap montrant
le logo du groupe. Soutenus par une sonorisation bien équilibrée, et par un éclairage
un peu plus fourni et lumineux qu'en début de soirée, le duo a rapidement emporté
l'auditoire qui visiblement n'attendait que son entrain. Ils ne sont que deux
et pourtant ils occupent le son et l'espace avec un enthousiasme communicatif !
Leur musique renverse toute velléité de morosité et revigore les corps encore appesantis
par un hiver à peine fini !
Le public exulte et participe volontiers aux
incantations alternativement lancées pas les deux fomenteurs de troubles.
Les trois
albums sont évoqués avec huit titres
: cinq issus de "Deux",
deux de "Hic Sunt Moundrages"
et un de "Moundrag".
Pour clore le concert en beauté ce concert un peu trop court, le duo reprend audacieusement
"War Pigs" de BLACK SABBATH ; les accords de guitares
de Tony sont magnifiquement remplacés par ceux des claviers de Camille !
PROGRAMME
My Woman (Moundrag, 2019)
Changes (Deux, 2025)
Morning Epitaph (Deux, 2025)
Limbo (Deux, 2025)
Black Flames (Deux, 2025)
Solo batterie
Demon Race (Hic Sunt
Moundrages, 2022)
The Caveman (Deux, 2025)
RAPPEL :
The Hangman (Hic Sunt
Moundrages, 2022).
The Caveman
Je me rue à l'échoppe, où une file d'attente s'est vite allongée. MOUNDRAG
semble dépourvus de soutien logistique pour sa promotion ; il faut attendre
l'arrivée de Camille, mis sous pression, pour me procurer le CD de "Deux",
moyennant la très modique somme de 10 €. Hélas, les autres albums ne sont
proposés qu'en vinyles. Dommage. Camille toujours souriant, disponible, semble
sincèrement ravi de constater ma fidélité. Il est vrai que depuis six mois nous
nous sommes déjà rencontrés plusieurs fois ! Compte tenu de la file d'impatients,
nous n'avons pas trop le temps de bavarder, juste le temps de l'encourager,
mais il m'accorde une amicale accolade, en espérant nous revoir rapidement… Au-delà
de l'activité parallèle de ses complices KOMODOR, Camille m'a laissé entendre qu'une
prochaine prestation du collectif K&M est prévue ! Affaire à suivre…
En ce dimanche pluvieux et hivernal, ce p'tit concert
dans une cave de la rue Saint-Denis, aurait pu passer inaperçu, sans la
publicité d'un groupe francilien, que nous suivons depuis quelques temps… Moyennant
dix euros, nous passons outre un calendrier prévisionnel pourtant déjà chargé.
L'intensité du nombre de concerts et de parutions
musicales, rend la concurrence rude pour les petits groupes qui peinent à se
faire connaitre sur le Circuit. Mais c'est surtout la politique culturelle
méprisante voire sectaire de notre douce france, relayée par des média
qui ne le sont pas moins qui pénalise les groupes français méritants tels que MOONSHINE
BLAST. Pourtant, ce quatuor francilien, français mais anglophone, pourrait
rapidement gagner en notoriété et en reconnaissance, avec un minimum de
curiosité de nos chères élites. Car cette Musique fusionne harmonieusement des
influences prog, pop rock !
Je n'ai perçu son existence qu'en 2024. J'avais alors relevé
que MOONSHINE BLAST, originaire de
Yerres dans l'Essonne, vit le jour en 2012.
Un premier opus "Reality Fear"
est paru le 20 mars 2018. Notre
intérêt s'est accru au fil des écoutes de téléchargements et de visionnages de vidéos.
Puis, le groupe nous a confirmé notre pressentiment le
8 février 2025 au Zèbre de
Belleville, à l'occasion d'une soirée promotionnelle pour leur deuxième album,
intitulé "Realm of Possibilities",
qui est paru le 6 décembre 2024.
Les concerts suivants, ceux de la Péniche-Antipode le 25 juin 2025, puis du Supersonic le 28 aout 2025, n'ont
pas démenti la bonne impression.
Ce soir, le rendez-vous est fixé dans un minuscule antre
atypique, une cave très ancienne ; Le Klub, que je ne connais pas encore
! Il faut chercher pour trouver des informations sur ce site, mais je lis qu'il
s'agit d'une discothèque, d'une capacité d'accueil variant de 50 personnes à … 300
personnes (!), ce dont je doute une fois sur place, mais bon...
La soirée est partagée avec deux autres groupes,
ERESIS et EDENYA. Toutefois, délibérément, nous ciblons notre valeur sûre, en
arrivant à l'heure prévue pour leur prestation… Pourtant, en arrivant peu avant
21h, nous assistons à une vingtaine de minutes de la prestation d'EDENYA.
Le public est constitué d'une douzaine de personnes.
Il est à l'échelle de l'espace, constitué d'une petite scène à peine surélevée…
La soirée étant déjà entamée, on constate avec soulagement que l'acoustique est
acceptable, et la sonorisation est raisonnable, plutôt bien équilibrée. Quelques
projecteurs diffusent un éclairage suffisant, adapté à cette ambiance club,
quoi…
Mon fils, présent depuis le début, me rapporte une
prestation intéressante d'ERESIS. Ce dont je prends acte pour une prochaine
occasion peut-être.
EDENYA[(20h40) 21h00-21h20].
Fondé en 2010 en tant que projet instrumental
par Marc "Marco" Le Cudonnec auteur-compositeur et
guitariste-claviériste, EDENYA se compose à ce jour de Jean-Paul Cartigny
(basse, depuis 2023), Juliette Carradec (violon, claviers, depuis 2023),
d'Ingrid Denis-Payet (chant, chœurs, depuis 2024), mais aussi Sylvie "Sj"
Jacquot (batterie, depuis 2024).
Nous revoyons une seconde
fois ces franciliens (Montgeron, Essonne), après avoir assisté à leur concert durant
le festival Crescendo, le dimanche 17 aout 2025. Ce même jour paraissait leur
plus récent album "The Secret Destination". Au-delà d'un
respect de principe, disons que leurs ondes musicales n'avaient pas été perçues
par nos récepteurs sensoriels. On entend certes de bons segments, mais pas suffisamment transcendant pour nous étourdir. Nous n'avons pas été davantage emportés
ce soir.
PROGRAMME (à déterminer) The Promise (Silence, 2020) …
Nous retrouvons donc sur la scène une quatrième fois le
quatuor ; Nicolas dit "Duke" (chant, claviers), Thomas
Zecchinon (batterie, percussions),
Marius Marin (guitare / chœurs) et
Jean-Baptiste David (basse).
Dès les premières notes, on retrouve les sensations
attendues. La qualité des compositions se ressent et la prestation demeure de
qualité, exécutée avec professionnalisme et application. Duke dirige l'ensemble
avec charisme, implication et vigueur. Il est bien soutenu par Thomas,
l'horloger aux commandes de sa batterie et de la console numérique. Jean-Baptiste
peut exprimer puissamment et distinctement son soutien, grâce à une sono équilibrée.
Marius démontre de très belles interventions par des soli à la fois harmonieux
et sensibles.
Tout cela nous démontre une fois de plus un vrai talent de création et d'interprétation, ce qui rend l'absence de notoriété d'autant plus frustrante. Comme l'a si bien chanté Bon Scott ; "It's A Long Way to the Top, If you wanna rock'n'roll" (et il savait de quoi il parlait). Il faut donc aider ces jeunes à perdurer et venir les soutenir dès qu'ils ont l'occasion de se produire.
Embarqués à bord d'un navire prometteur et doté d'un intrépide
équipage, les quelques valeureux voyageurs participants ont apprécié ces roulis
et ces vagues déferlantes durant les quelques minutes d'un voyage qui est passé
trop vite ! L'évasion fut cependant agréable. Evidemment l'ambiance est un peu
légère avec une audience aussi faible, mais nous avons contribué modestement à
saluer leur prestation.
Durant la petite heure qui leur était impartie, ils
ont pu nous exprimer neuf titres, issus de leurs deux albums
studio parus à ce jour.
PROGRAMME
No exit (Realm of
Possibilities, 2024)
Mars (Reality Fear, 2018)
Fractal (Realm of
Possibilities, 2024)
Realm of Possibilities (Realm
of Possibilities, 2024)
Burning out (Reality Fear,
2018)
Liquid Feels II (Realm of
Possibilities, 2024)
Broken Arrow (Realm of
Possibilities, 2024)
Strangled (Realm of Possibilities, 2024)
Earthquake (Reality Fear,
2018).
Nous fixons un prochain rendez-vous avec MOONSHINE
BLAST, ce sera probablement le vendredi 17 avril, dans le 20ème arrondissement
de Paris
Voilà une p'tite soirée sympa qui ne se termine pas trop
tard. Quoique…
Depuis sa création, ce festival néerlandais ne nous déçoit pas. Sa programmation explore les vastes étendues du rock progressif, dans toutes ses nuances.
Sa première édition, en 2024, était déjà attractive, avec MEER
(NL), TEMIC (N), LAZULI (F), SPOCK's BEARD (USA), et PAIN OF SALVATION (S).
Celle de l'année suivante, ne l'était pas moins, avec LESOIR (NL), AVKRVST (N),
RENDEZVOUS POINT (N), THE FLOWER KINGS (S), et RIVERSIDE (PL).
Pour cette troisième, avec LEPROUS (N) désigné
en tête d'affiche, notre retour était immédiatement validé ! Puis l'ajout de GAZPACHO (N), n'a fait qu'accentuer
encore davantage notre conviction ! De surcroit, PURE REASON REVOLUTION (GB) s'est engagé à venir, accompagné de
Chloé Alper !! Enfin, le festival assume une de ses fonctions, celle de
soutenir des talents moins reconnus ; GREEN CARNATION (N) et IHLO
(GB) viennent justifier leur réputation élogieuse… Et ce que j'ai écouté en
préalable attise mon attention au plus haut point !!
Nos tickets sont ainsi acquis depuis le 6 octobre
2025. Notons à cet égard que le prix demeure modique puisqu'identique aux
deux précédentes années ! Fait notable par ces temps d'inflations !
Notre dernier concert de rock progressif, c'était
MOSTLY AUTUMN, le 6 décembre 2025. Après deux mois de disette (et une actualité décidément morose), cet
événement est particulièrement bienvenu ! Mon bonheur sera intensifié par la
présence de ma P'tite Fée et de mes deux fistons.
La route (~ 470 km) est rendue d'autant plus pénible
en ce vendredi, qu'aux nombreux poids lourds et autres encombrants (…), s'est
ajouté une pluie incessante. Nous étions donc particulièrement soulagés
d'arriver dans une maison située en bordure d'Utrecht, à une petite demi-heure
en bus de notre objectif. L'hôte batave était aux petits soins pour nous
quatre.
LE SITE. Le TivoliVredenburg,
qui fut inauguré en 2014, est un
vaste complexe culturel qui se décline en cinq salles de différentes tailles et
configurations ; Grote Zaal (1 717), Ronda (capacité 2 000), Pandora
(capacité 700), Hertz (543 chaises fixes) et Cloud Nine (capacité
400).
La "Grote Zaal"
accueille notre festival. C'est un splendide auditorium qui offre une acoustique
excellente. Il est de surcroit très fonctionnel, à l'esthétique soignée ; ce
qui en fait sans doute un de mes favoris (peut-être même mon favori) en
Europe. Techniciens et artistes semblent bénéficier d'un espace scénique
confortable. La scène est astucieusement formatée ; Entre les prestations, les
éléments peuvent s'escamoter lors de procédures rapides. Le dispositif d'éclairage
et de sonorisation est parfaitement adapté à la salle.
L'espace est configuré en demi-cercle
pour cet évènement. La salle affiche en théorie 1 717 places assises,
disposées en gradins. Mais pour ce festival, le parterre est la fosse, et permet d'accueillir encore davantage d'auditeurs debout. La déclivité abrupte
des gradins garantit un confort absolu pour chaque auditeur assis, quel que
soit sa taille. Sur plusieurs niveaux, les coursives proposent des échoppes
dédiées à la musique et à la restauration ; bien entendu les marchandises
officielles du festival et celles des artistes y sont proposées.
Nous arrivons vers midi. Ouverture des portes à 13h. L'organisation de cette manifestation me rappelle délicieusement celles
d'antan ; le placement est libre (assis en gradin ou debout en fosse) ;
les premiers arrivés sont ainsi légitimement les mieux placés ! Fort de nos
deux précédentes expériences en ces lieux, nous choisissons une place qui nous
offre un confort à la fois visuel et acoustique excellent !
Le camp de base étant
établi, je fais visiter les principaux points d'intérêts à mes deux crapules,
et j'en profite pour faire quelques menues emplettes. Je nous procure le joli t-shirt
officiel du festival (25€). A l'autre échoppe, je me procure le cd du dernier
album de GAZPACHO (je me contentais du mp3 depuis trop longtemps), puis le celui de IHLO. Etonnement,
GREEN CARNATION ne propose que des t-shirt, pas de cd…
Mais nous ne perdons pas
trop de temps et retournons nous installer avant 13h30.
La présentatrice du
festival remercie les festivaliers venus d'une trentaine de pays, dont une
majorité de Néerlandais, mais aussi une belle part de Français et de Belges. Elle
reviendra entre chaque prestation pour présenter les artistes. Respect.
Pour le premier concert,
IHLO, nous restons à notre camp de base en gradin, et je vérifie ainsi le confort
prévu.
Ne connaissant pas ce groupe, je m'étais renseigné et j'avais
relevé : "Le groupe de metal
progressif anglais IHLO combine le rock progressif mélodique avec
l'électronique et la pop dans des morceaux très variés. À recommander aux
amateurs de Threshold, Dream Theater, Haken et Leprous !"
Ainsi alerté en préalable, j'ai écouté ce progmetal
alternant atmosphères mélancoliques et puissantes, avec un intérêt favorable.
Même si la comparaison avec ses influences évidentes, montre une marge de
progression.
IHLO est actuellement composé d'Andy Robison
(chant et synthés, depuis 2016),
Phil Monro (guitare électrique, chœur,
depuis 2016), Clark McMenemy (batterie, depuis 2017). Le trio de base a constitué un quintuor,
en s'entourant de Rob Mair (guitare,
chœur, depuis 2019) et Max Brayson (basse, depuis 2025). Ce soir, sur le titre final,
"Legacy", un
musicien a été invité ; Romain Jeuniaux (guitare, chœur, membre des
groupes belges Omnerod ; de Epidemian ; et Ubiquity).
Le premier album "Union" est paru le 31 mai 2019. Leur deuxième album, "Legacy"
est paru le 29 août 2025.
De notre position, la sonorisation m'a semblé relativement
correcte, en tous cas elle a permis d'entendre distinctement les intervenants.
Le dispositif d'éclairage est conforme à celui d'une ouverture de soirée, soit peu
lumineux. Pas d'affichage en fond de scène. Quant à l'espace, il semble que le traitement des groupes
diffère ; à l'instar de PRR, IHLO doit éviter le fond, encombré de
matériels bâchés.
L'ouverture d'un festival impose souvent aux musiciens
de jouer devant un public relativement clairsemé, et dont l'esprit n'est pas
encore immergé. De ce redoutable exercice, IHLO s'en sort bien.
Je m'étais familiarisé avec les deux albums que j'avais
téléchargés, ce qui m'a facilité l'appréciation. J'ai adhéré favorablement dans
l'ensemble. La voix d'Andy Robison est d'une tessiture remarquable. Le
seul bémol, selon moi c'est qu'effectivement ils ont l'audace de s'aventurer
sur des Terres déjà conquises par de prestigieux et talentueux ainés…
La
concurrence est rude, mais on va dire qu'ils ont du potentiel indéniablement !
A l'aune des ovations du public, les Anglais peuvent
se retirer avec le sentiment d'un devoir dûment accompli.
Le programme évoque deux albums, dont sont extraits : six titres issus de "Legacy" et deux de "Union".
PROGRAMME Bande son introductive : Legacy
Haar (Legacy, 2025)
Replica (Legacy, 2025)
Source (Legacy, 2025)
Wraith (Legacy, 2025)
Starseeker (Union, 2019)
Cenotaph (Legacy, 2025)
Union (Union, 2019)
Legacy (Legacy, 2025).
Un premier entracte permet une séance de dédicaces avec
Gazpacho (14h30-15h15). C'est ma P'tite Fée qui s'y rend pour leur répéter
tout le bien qu'elle pense d'eux, avec un texte traduit à l'avance. Jan-Henrik
la reconnait désormais, et s'est montré ravi de la revoir bientôt à Paris… Nous
avons ainsi notre album dédicacé, et ils savent que nous les reverrons très
bientôt sur plusieurs dates …
Pour assister à la prestation de Green Carnation, je
me positionne au premier rang de la fosse, légèrement excentré sur la droite,
soit entre le bassiste Stein Roger Sordal et le guitariste Tchort. Je
tenais à vérifier de près ce que ces gaillards pouvaient produire. Ma P'tite
Fée vient m'y rejoindre. Cet emplacement se révèlera judicieux pour un
excellent confort visuel et auditif. Le chasseur d'images s'est régalé !
Ne connaissant pas ce groupe, je m'étais renseigné et
j'avais relevé : "Le groupe
norvégien fondé en 1990 peut être
qualifié d'éclectique : leur son mêle doom, prog rock, gothique et post-metal. Parmi
leur discographie entre 2000 et 2006, les mélophiles distinguent leur
chef-d'œuvre "Light of Day, Day of Darkness" (2001). Mais, ce
n'est qu'après un hiatus de dix années que le groupe a fait son retour sur la
scène metal internationale. Puis, son sixième album "Leaves of Yesteryear"
parait en 2020. Nonobstant, trente-cinq années après sa création, le groupe est
plus créatif que jamais : ce concert sera consacré à son nouvel album".
Le septième album studio, présenté comme
étant le premier volet d'une trilogie, intitulé "A Dark Poem, Pt. I: The
Shores Of Melancholia", est paru le 5 septembre 2025. La suite, "A Dark Poem, Part II:
Sanguis" est déjà attendu pour le 8
avril 2026.
F Avec de tels indices, je me suis lancé dans une
enquête musicale approfondie, notamment sur Youtube
et sur Bandcamp. Cette musique m'a
séduit rapidement par ses mélodies puissantes et nuancées ! J'ai donc hâte de
vérifier leur capacité à confirmer ces premières excellentes impressions.
Le fondateur de GREEN
CARNATION, Terje Vik "Tchort"
Schei (guitares, 1990-91, 1998-2007,
et depuis 2014), est entouré de Kjetil Nordhus
(chant, 2001-2007, et depuis 2014), Stein
Roger Sordal (basse et chœurs, 2001-2007, et depuis 2014), Bjørn Harstad (guitares, 2001-2003, 2006, 2016-2017, et depuis 2019). Ce noyau relativement
stable, est actuellement complété par Jonathan Alejandro Perez (batterie, et depuis 2016), et Endre Kirkesola (claviers et chœurs, depuis 2025). Sur la scène cependant,
nous voyons un septuor, mais je n'identifie pas qui est le troisième guitariste…
Fort heureusement, la sonorisation de la section
basse/batterie m'a paru bien équilibrée, ce qui m'a laissé ainsi percevoir les
autres pupitres. Ma relative proximité avec l'enceinte de la basse, ne fut pas
pénalisant. Le chant, les chœurs (du bassiste et du claviériste), et le clavier,
ont pu ainsi exprimer toutes les harmonies attendues. Un éclairage assez
lumineux et coloré, a correctement valorisé les musiciens. Sur le mur du fond
de scène étaient diffusées des images fixes en rapport avec les albums. Le
septuor dispose de l'espace scénique
dans toute sa profondeur ; le clavier et la batterie sont légèrement en
retrait.
Cette prestation a été conforme à mon pressentiment ;
ces Vikings maitrisent un son puissant et mélodique. Les soli de guitares, et de
clavier expriment un metal progressif qui rappelle parfois ARENA, THERION,
voire même les confins d'un hardrock 70's, avec des sonorités souvent proches
de DEEP PURPLE, RAINBOW.
Cependant, j'imagine volontiers que les oreilles des
plus progueux ont dû saigner durant "The Slave That You Are", un
titre dont la brutalité était délibérément inspirée du death-metal. J'ai
moi-même dû surpasser un moment de saisissement. Mais tout cela est bien
maitrisé et cohérent.
L'acclamation dans la salle autorise à penser que le
public est majoritairement conquis.
Assurément une très belle découverte, pour nous quatre
en tous cas ; notre microcosme est unanime !
Le programme distingue deux albums, dont sont extraits : six titres issus de "A Dark Poem, Pt. I: The Shores Of Melancholia", et un de "A Dark Poem, Pt. II, Sanguis". Il convient de souligner que, compte
tenu de la rareté des prestations du groupe, l'interprétation des six titres du
Pt I constituait une première européenne (joués une fois
aux Etats-Unis, l'an dernier), et l'interprétation du titre issu de Pt.
II constituait tout simplement une première mondiale !
PROGRAMME
As Silence Took You (A Dark
Poem, Pt. I: The Shores Of
Melancholia, 2025)
In Your Paradise (A Dark
Poem, Pt. I: The Shores Of
Melancholia, 2025)
Me, My Enemy (A Dark Poem, Pt. I: The Shores Of Melancholia,
2025)
The Shores of Melancholia (A
Dark Poem, Pt. I: The Shores Of
Melancholia, 2025)
Too Close to the Flame (A
Dark Poem, Pt. I: The Shores Of
Melancholia, 2025)
The Slave That You Are (A
Dark Poem, Pt. I: The Shores Of
Melancholia, 2025)
Sanguis (A Dark Poem, Pt. II: Sanguis, 2026).
J'ai tardé à reprendre mes esprits, omettant de me
rendre pendant l'entracte, à la séance de dédicaces avec Leprous (16h15-17h).
Visiblement, la file d'attente monstrueuse s'était formé avant la fin du
concert de GREEN CARNATION. J'ai donc abandonné une fois de plus l'espoir de
les approcher ; Depuis quinze années, je ne suis jamais parvenu à les féliciter
en personne !... (un jour, je les aurai ! )
Pour les plus motivés et disponibles, il y avait un
aussi intermède proposé dans les coursives, avec Marcel Singor [15h15- 16h15], qui fut
guitariste de Kayak de 2017 à 2025.
Je retourne à notre camp de base pour assister confortablement
à la prestation de Pure Reason Revolution. Je les ai déjà vus maintes fois de
près et puis je préfère me préserver pour le reste de la soirée.
Pour rappel, ces anglais, se sont rencontrés à
l'Université de Westminster et ont fondé PURE REASON REVOLUTION en 2003. Après plusieurs changements de
formation, PRR finit hélas par se séparer en novembre 2011.
Heureusement, j'avais eu auparavant l'occasion de
repérer leur existence via un forum de discussions musicales de l'époque
(Chemical Harvest). J'ai assisté à un premier concert au Café de la Danse
le 27 février 2007, alors qu'ils étaient invités de Blackfield.
Cette prestation m'avait confirmé leur maitrise des harmonies enivrantes et
rythmées, des mélanges de rock progressif et de sonorités subtilement électro.
Leur réunion inespérée à l'occasion du Midsummer
festival le 22 juin 2019 à Valkenburg avait fait naître de nouveaux espoirs. Le
public progueux, pourtant réputé calme et posé, avait fini debout, surexcité et
applaudissant à tout rompre ; la prestation étourdissante de PRR venait tout
simplement de voler la vedette à IQ !
Pourtant, après la Pandémie et la parution de "Above Cirrus" (6 mai 2022), Chloë Alper (chant, basse, claviers) a hélas
choisi de prioriser "JAMES", un autre groupe de pop britannique, jugé
sans doute plus lucratif. Elle est remplacée par Annicke Shireen, (chant, claviers, ex-membre de Heilung).
Mais pour quelques dates, dont aujourd'hui, le trio
historique Jon Courtney (guitare,
chant, claviers, depuis 2003) et
Greg Jong chant, guitare (de 2003 à 2005, 2011, et depuis 2021) et
Chloë Alper (chant, basse, clavier,
de 2003 à 2022, et en 2026) est
reconstitué ! Annicke Shireen (chant
/ claviers, depuis 2022) est là aussi bien sûr, ainsi que Ravi Kesavaram (batterie). La cofondatrice
Chloë Alper est donc de retour,
après avoir quitté le groupe il y a cinq ans. Ce retour (temporaire semble-t-il) semble justifié par le vingtième
anniversaire de "The Dark Third",
puisqu'il est paru le 10 avril 2006.
Je m'impatiente de revoir une huitième fois ces
anglais, dont je ne me lasse pas.
Alors que les autres musiciens sont en place pour le
début du concert, Chloë se fait désirer ; je la distingue pourtant à la console
latérale de contrôle, avant qu'elle finisse par bondir à son micro.
J'étais a priori inquiet sur le partage des rôles des
deux filles. Mon inquiétude venait d'être accentuée par la lecture de
commentaires nuancés, peu enthousiastes sur la prestation parisienne de Chloë la
veille (6 février, au Nouveau Casino). Finalement, au fil du programme,
j'ai constaté les avantages et les inconvénients d'arbitrages sans doute
négociés pour la répartition des pupitres. Jusqu'en 2019, Chloë avait un rôle
prépondérant, elle assumait les claviers, la basse et le chant.
Pour ma part, son engagement, sa vivacité et sa voix
m'ont paru intacte, voire décuplée. Telle une sauterelle, Chloë n'a pas cessé
de bondir tout en chantant avec enthousiasme. Ce sont désormais quatre voix qui
excellent dans de merveilleuses polyphonies, les chants masculins et féminins
étoffent encore davantage les mélodies.
En revanche, on ressent quand même que Chloë se tient
en retrait de ses pupitres d'origine ; elle a abandonné totalement les claviers
à Anneke et à Jon.
Pour cette musique aux sonorités très électro, une
bonne sonorisation s'imposait. De notre point d'écoute, le niveau sonore nous a
d'abord paru trop puissant ; les protections auditives s'imposèrent très vite.
Cependant, une fois protégés nous distinguions bien les pupitres, notamment les
voix qui sont essentielles dans les harmonies de PRR. L'éclairage m'a paru un
peu sombre, minimaliste. Etonnement, alors que l'espace est habituellement
débarrassé, PRR occupe un segment avancé de la scène, car du matériel bâché
pour le groupe suivant occupe le fond. Seul la batterie est en retrait ; les
quatre micros sont alignés, dont celui des deux claviers (Anneke sur notre gauche et Jon sur notre droite).
Sur le plan musical, cette prestation fut très bien
exécutée, chacun a fait son boulot.
Principalement axé sur "The Dark Third",
les séquences douces et mélancoliques alternent avec des périodes festives et
dansantes.
Alors que Green Carnation venait de transgresser les
rails du prog avec du deathmetal, cette fois c'est Jon qui propose une
teuf délibérément électro avec un surprenant "Fight Fire". Il
en faut pour tous les goûts, dit-on… Mais quand même, le concept de rock progressif
n'en finit plus d'être étiré (doux euphémisme).
En tous cas, le public valide.
Le programme évoque quatre albums, dont sont extraits : neuf titres issus de
"The Dark Third", un
de "Eupnea", un de
"Amor Vincit Omnia", un
de "Hammer and Anvil".
PROGRAMME
The Dark Third 1.Aeropause (The Dark Third,
2006) 2.Goshen's Remains
(The Dark Third, 2006) 3.Apprentice of the
Universe (The Dark Third, 2006) 4.The Bright
Ambassadors of Morning (The Dark Third,
2006) 5.Nimos &
Tambos (The Dark Third, 2006) 6.Voices in Winter
/ In the Realms of the Divine (The Dark
Third, 2006) 7.Bullitts Dominæ (The Dark Third, 2006) 8.Arrival / The
Intention Craft (The Dark Third, 2006) 9.He Tried to Show
Them Magic! / Ambassadors Return (The
Dark Third, 2006). 10.Ghosts & Typhoons (Eupnea, 2020) 11.Deus Ex Machina (Amor
Vincit Omnia, 2009) 12.Fight Fire (Hammer
and Anvil, 2010).
Durant l'entracte suivant, c'est Kristoffer Gildenlöw [18h20-19h00]
qui nous propose quelques partitions. Mais il me fallait partager le temps avec
la séance de dédicaces avec Green Carnation (18h15-19h), …qui n'avait
rien à signer ! C'est consternant, mais les bougres proposaient aucun album
disponible à leur échoppe !!! Pourtant fort sympathiques, ils ont volontiers
discuté et posé pour un portrait. J'ai exprimé le vœu de les voir un jour à
Paris, mais je pense qu'on en est très loin…
Bref, je ne m'attarde pas, car je souhaitais me placer
en fosse avec ma P'tite Fée pour la prestation de GAZPACHO. Elle n'a pas tardé
à se placer aux pieds de Jan-Henrik. Pour ma part,
j'avais mal estimé l'affluence, et j'ai dû me contenter d'une place un peu
excentrée (non loin de celle pour Green Carnation). Pas grave, puisque le
confort demeure excellent. Et puis cet emplacement me permettra d'observer de
près le jeu Jon-Arne.
L'histoire de ce groupe présente un autre aspect
positif non négligeable ; sa stabilité. Le trio fondateur maintient le cap depuis
le début. Autour de Jan-Henrik Ohme
(chant, depuis 1996), Jon-Arne Vilbo (guitares, depuis 1996), et Thomas Andersen (claviers, depuis 1996),
se sont fidélisés Mikael Krømer
(violon, guitares, mandoline, depuis 2001),
Kristian "Fido" Torp
(basse, depuis 2005), ainsi que
Robert Johansen (batterie, 2004–2009, et depuis 2017).
Ce groupe norvégien hante mon esprit depuis aussi
longtemps que PRR, soit une vingtaine d'années. C'est dans le même forum de
discussions musicales (Chemical Harvest) que je lisais déjà des commentaires
dithyrambiques. Sauf, que je n'ai pas immédiatement trouvé la Porte.
J'ai attendu le 30 juin 2018 avant de les voir une
première fois sur scène, ce fut à Barcelone lors du BeProg festival. Et je ne
suis tombé définitivement dans la Soupe, que doucement, un peu au rythme de
leur musique profondément mélancolique, atmosphérique, cinématographique et
mystérieuse. Ensuite, à l'instar de beaucoup de leurs morceaux, mon intérêt a
évolué crescendo. A tel point, qu'ils sont entrés dans le cercle très restreint
des groupes dont la Musique est capable de me faire pleurer (encore récemment à
l'écoute du triptyque "Tick Tock").
A l'instar de Pendragon, GAZPACHO ne vit pas de sa
musique. Ils sont soumis à leurs obligations professionnelles, et l'organisation
de leurs tournées est un dilemme permanent. Leurs prestations sont donc
relativement rares, surtout dans nos contrées malentendantes. Ce n'est ainsi
que la quatrième fois que je les vois ce soir. Mais ce ne sera pas la
dernière, car avec ma P'tite Fée, nous avons programmé de les suivre sur
quelques dates ce printemps (le 29 mars à Zoetermeer, Pays-Bas, le 30 mars à
Verviers, Belgique, et probablement le 3 avril à Paris) !
Leur douzième
album, "Magic 8-Ball" est
paru le 31 octobre 2025. Ceux qui
s'intéressent aux textes anglophones nous rapportent qu'ils y explorent le
thème du destin.
Mais pour ce soir, pas de chance, l'avion que devait emprunterKristian Torp fut bloqué à
l'aéroport par un froid excessif. Il a dû renoncer à rejoindre ses camarades.
In extremis, une bande-son de son pupitre a été élaborée pour cette prestation.
Jan-Henrik raconte à l'auditoire
ces mésaventures avant d'inviter Jon-Arne à brandir son portable, pour nous faire partager à distance le cri de désespoir
de Kristian ! Comble de malchance, il nous relate que cet empêchement les a en
outre privés d'oreillettes, avant qu'une âme bienveillante du festival leur en
prête !!
Une absence qui nous rappelle
celle du bassiste Nate Navarro, qui avait obligé Porcupine Tree à continuer sa
tournée avec une bande-son ! Je n'apprécie guère écouter une musique
préenregistrée lors d'un concert, mais c'est clair, je préfère encore cela à
une annulation. Pour me rassurer, j'ai prêté une attention toute particulière à
surveiller l'exécution des autres pupitres…
Quoi qu'il en soit, la sonorisation s'est avérée
parfaitement adaptée aux atmosphères éthérées. Le dispositif d'éclairage fut,
lui aussi, dosé délicatement. Sur le mur du fond de scène sont diffusées les
images fixes et mouvantes illustrant les textes. Leur espace scénique est correct (surtout avec un bassiste en moins
!) ; le clavier en retrait sur notre droite, Jon-Arne est posté devant
lui, un peu décalé. La batterie est excentrée au fond à notre gauche, devant
lui c'est Mikael.
Les gestes de Jan-Henrik Ohme trahissent une grande sensibilité, qui s'entend également dans
le timbre de sa voix douce et émouvante. Elle maitrise les tonalités mineures
qui expriment une profonde mélancolie. Son prompteur le rassure sans doute,
mais de toute évidence il vit ses textes avec une ferveur mystique. Avez-vous
déjà tenté de suivre la ligne mélodique du chant ? Elle est d'une très grande
complexité, même si j'imagine que comprendre le sens des textes doit aider à
l'expression des nuances.
L'autre pièce maitresse du groupe, Jon-Arne Vilbo pose ses accords avec une délicatesse saisissante. Quand d'autres
guitaristes démontrent leur talent, tout aussi louable, dans la vélocité, lui
il démontre sa maitrise dans la retenue et la recherche constante des nuances.
C'est beau, c'est émouvant.
Davantage encore dans la sobriété, on observe et
entend le claviériste Thomas Andersen, par qui arrivent de belles nappes oniriques
et des accords qui accentuent les émotions. Ainsi que Mikael Krømer qui alterne ses accompagnements à la guitare, avec ses interventions au
violon électrique. Le tout délicatement contrebalancé par les frappes précises de
Robert Johansen.
Je ne serai pas assez insolent pour commenter la
prestation irréprochable de Kristian "Fido" Torp !
Cette prestation de GAZPACHO rappelle avec brio la
vocation prétendue pour ce festival de rock revendiqué progressif. Le reste erre
davantage dans les sphères métalliques ou électro. A ce titre, le concert de
GAZPACHO nous a accordé un havre de paix et de pur bonheur bienvenu.
Dans la fosse, j'étais bien entouré, avec des Mélophiles
qui connaissaient les paroles, ou écoutaient religieusement la Musique. Ce
cocon douillet a cependant tranché avec la ferveurdes
acclamationsqui visiblement ont ému les
musiciens avant de quitter la scène…
Le programme évoque cinq albums, dont sont extraits : les quatre titres issus de
"Magic 8-Ball" sont
interprétés pour la première fois sur une scène. Nous avons eu la très bonne
surprise d'entendre les trois volets du titres éponyme de "Tick Tock ", un de "Soyuz",
un de "Night", un
de "March of Ghosts". Je
note a posteriori que le merveilleux "Winter Is Never" a
malheureusement été retiré du programme en raison de "contraintes de
temps" ?!
PROGRAMME
We Are Strangers (Magic
8-Ball, 2025)
Soyuz One (Soyuz, 2018)
Golem (March of Ghosts, 2012)
Gingerbread Men (Magic 8-Ball, 2025)
8-Ball (Magic 8-Ball, 2025)
Upside Down (Night, 2007)
Sky King (Magic 8-Ball, 2025)
Tick Tock, Part 1 (Tick Tock,
2009)
Tick Tock, Part 2 (Tick Tock,
2009)
Tick Tock, Part 3 (Tick Tock,
2009).
Là encore, cette surdose émotionnelle m'a bouleversé
au point de peiner à reprendre mes esprits ; oui je sais je suis un grand
émotif, que voulez-vous… Pendant l'entracte, je ne me suis pas inséré dans la
file de la séance de dédicaces avec Pure Reason Revolution (20h30-21h10). Je
n'avais rien à leur faire signer, et puis franchement je n'avais pas trop envie
de discuter avec Chloë sur son choix (parfaitement respectable, mais
décevant) de quitter le groupe ; j'aurais pu être désagréable… Je préfère
siroter une mousse, au calme.
Pour le concert suivant, les coursives et les bars se
vident mystérieusement. Je réalise alors que bien avant l'heure dite, la fosse
est pleine comme un œuf, et les escaliers encombrés de divers parasites et
crustacés. Dans l'obscurité, je parviens à fendre les masses, au prix de quelques
giclées de bières, et à retrouver ma place en gradin, juste avant le début du
concert ; ouf !
LEPROUS, originaire de Notodden, a été fondé en 2001 par Einar Solberg (chant, claviers depuis 2001)
et Tor Oddmund Suhrke (guitares,
chœurs depuis 2001), alors âgés respectivement de 16 et 15 ans. Les deux
fondateurs demeurent à ce jour entourés de Baard Kolstad (batterie depuis 2014), Simen Børven (basse, chœurs depuis 2015), et Robin Ognedal (guitares, chœurs depuis 2017).
Ces Vikings sont, pour moi, un des groupes les plus
intéressants de la scène actuelle. Autant sur le plan vocal qu'instrumental,
ils excellent dans l'audace, et la maitrise absolue de leur art d'alterner les
atmosphères éthérées ou tourmentées. Depuis 25 ans, le groupe norvégien virevolte
avec virtuosité sur la frontière entre le métal progressif et le rock progressif.
Leur évolution les a menés d'un métal puissant et intense, vers un son plus
ample, subtil et mélodique, sans renier leurs origines. Et pourtant leur
musique est reconnaissable rapidement ; des rythmes syncopés et des mélodies
teintées de mélancolie ou de colère contenue. Je suis ravi et impatient de les
revoir une quatorzième fois, depuis
le 3 novembre 2010, alors qu'ils étaient invités de THERION, à l'Elysée
Montmartre !
L'album, "Melodies
Of Atonement" paru le 30 aout 2024
est réputé constituer leur huitième,
mais c'est sans compter "Aeolia",
considéré comme un album de démonstration paru le 2 avril 2006. Pourtant, s'il est
certes atypique, il contient déjà les ingrédients d'une musique reconnaissable,
ce qui en fait un album à part entière selon moi.
Avec LEPROUS nous ne sommes jamais déçus, c'est ascenseur
émotionnel garanti. Dès que leur Musique parvient dans nos cages à miel, on
a le sentiment de mettre les deux doigts dans la prise, on sait que cela va
secouer les crinières, les neurones, et les muscles.
Sur le mur de fond de scène ; pas d'autre image que
celle de leur album le plus récent.
Un éclairage très dense, très lumineux et trépident
contribue à envouter l'auditoire dont distingue les corps et les têtes se
balancer aux rythmes impitoyablement frappés par ce fou furieux Baard Kolstad ! Doté d'une sonorisation époustouflante, à la fois puissante et
limpide, les musiciens expriment leur art avec une énergie dantesque et
désarticulée.
La batterie et les claviers se partagent le fond de la
scène. Les cordes occupent le devant et doivent partager l'espace avec Einar
pour leurs gesticulations légendaires !
Avec ma P'tite Fée, nous nous rappelons avec émotion
combien ces valeureux Vikings avaient dû souffrir sur le minuscule espace du
kiosque qui leur avait été magnanimement
concédé au BeProg de Barcelone, le 11 juillet 2015 !!! Eux aussi, ils ont
galéré… Leur succès est désormais amplement mérité, mais je ne souhaite pas
pour autant les voir dans une arène ou un stade (argh !).
Le programme me semble être un florilège de leur
discographie, une succession de titres inespérés et toujours aussi renversants.
J'évite de citer les titres qui m'ont ému car de fait, il n'y avait rien à
écarter !!
Toutefois, je me dois honnêtement de citer deux
moments particulièrement intenses.
Pour le premier, on doit remonter à quelques mois en
arrière. Leprous n'est pas coutumier des reprises. Cependant, ils ont été
conviés à un défi télévisé par Musora, qui a été filmé et publié en aout
2025. Il s'agissait de les enfermer dans un studio et de leur faire écouter un
titre d'une chanson qu'ils étaient tenus d'adapter à leur manière. Ils écoutent
ainsi "Take on Me" de Aha. En un quart d'heure, on
assiste à leur travail, à leur capacité d'analyse et d'adaptation. De cet évènement
a été extraite la chanson dans sa version finale. Je n'imaginais même pas une
interprétation sur scène, jusqu'à ces derniers jours, où j'ai remarqué cette
reprise sur quelques dates de la tournée… Mais pas toutes ! Autant dire que
leur choix de ce soir a fait monter la pression encore au-delà ;le public jubile et chante à poitrine
déployée ! Quelle ambiance !!!
Le deuxième moment hors norme, j'ai eu la sensation de
me mettre vraiment en danger, au-delà du raisonnable ; c'est durant le
crescendo final de "Distant Bells". Ce titre démoniaque
a le don de nous rendre dingue moi et ma P'tite Fée. Le calme du départ, la
retenue, la mélancolie, suivis de la rage absolue chantée de façon déchirante
par Einar au sommet de son talent ; tout cela a gravement endolori nos nuques
et traumatisé mes cordes vocales…
Impossible de suivre Einar Solberg, dans sa
tessiture hallucinante. On peut juste l'imiter, changer d'octave … ou rester
bouche bée. Impressionnant par les talents multiinstrumentistes, le charisme,
la voix et la carrure, ce chanteur est pour moi le meilleur du circuit actuel,
tout simplement !
Quant à ses complices multiinstrumentistes, ils
maitrisent à la perfection leur partition, pourtant très technique et gavée de
contretemps. Leur chorégraphie, que l'on sent sincère et sans retenue,
impressionne !
Allez, je me laisse aller à évoquer un autre titre
étourdissant lui aussi, "Like a
Sunken Ship", dont l'intro original m'a un peu perdu au début, pour
ensuite m'emporter dans l'ivresse du navire. Ensuite, Einar a fait mine de faire voter
le public pour les dixième et onzième titre ; peu importe la sincérité du
procédé, de toutes façons, tout ce qui était soumis au choix était validé pour
moi : en extrait de "Bilateral","Forced Entry" a été choisi au
dépend de "Acquired Taste",
"Mb. Indifferentia" et
"Restless". Puis, en extrait
de "The Congregation", "Slave" a éliminé "Rewind" "The Flood" et "Third
Law". Il n'y a pas mauvais morceau. Epicétou.
Le malheureux qui n'aurait pas encore trouvé la Porte,
pourrait trouver mon propos excessivement laudatif et dithyrambique et pourtant
ce que j'exprime ici est à peine représentatif de mes émotions, que j'assume
totalement.
Le public exulte, mon microcosme familial aussi ; le
rappel est réclamé à cor et à cri. C'est la Gloire pour LEPROUS !
Le programme évoque six albums, dont sont extraits : quatre titres issus de "Melodies Of Atonement" (2024), quatre de "Pitfalls", deux de "Malina", deux de "The Congregation", un de
"Aphelion", un de
"Bilateral", et une reprise.
PROGRAMME
Silently Walking Alone (Melodies
Of Atonement, 2024)
Illuminate (Malina, 2017)
Nighttime Disguise (Aphelion,
2021)
My Specter (Melodies Of
Atonement, 2024)
Below (Pitfalls, 2019)
Take On Me (reprise d' A-ha,
1985)
Alleviate (Pitfalls, 2019)
The Price (The Congregation,
2015)
Like a Sunken Ship (Melodies
Of Atonement, 2024)
Forced Entry (Bilateral,
2011)
Slave (The Congregation,
2015)
Distant Bells (Pitfalls,
2019)
From the Flame (Malina, 2017).
RAPPEL:
Atonement (Melodies Of
Atonement, 2024)
The Sky Is Red (segment final seulement) (Pitfalls, 2019).
Bande-son finale : "Your Blood" de Nothing
But Thieves
Encore sonné par tant d'émotions, nous devons admettre
de fermer cette parenthèse. Les écrans nous indiquent déjà la prochaine édition
; elle se tiendra le samedi 30 janvier 2027. Je ne doute pas Rob
Palmen saura nous concocter encore une belle affiche !
Le lendemain, dimanche on reprend la route sous un
beau soleil, et peu de circulation, que demander d'autre, sinon y revenir.