samedi 31 janvier 2026

CACHEMIRE + HOWARD / La Cigale (Paris 18e) / le samedi 31 janvier 2026.

La période que certains s'amusent à nommer avec gourmandise "la trêve des confiseurs", s'apparente plutôt, pour le musicophile que je suis, à un jeûne, une diète, une privation de concerts, de musique vivante ! Ma musicothérapie est ainsi amputée d'un traitement de soutien essentiel. En ce 31 janvier, j'ai ainsi fiévreusement compté pas moins de cinquante-six jours, soit un mois et vingt-cinq jours sans concerts.

Bien que l'attractivité des sonorités raffinées du rock progressif m'ait quelque peu écarté du rock énervé ces dernières années, CACHEMIRE avait marqué mon répertoire musical de l'année 2024. Leur prestation lors du RAISMESFEST le dimanche 8 septembre 2024 avait totalement sidéré tous les festivaliers. Y compris ma P'tite Fée qui m'accompagne ce soir ! Cette prestation extérieure en appelait une autre, en salle ! Nous attendions donc une nouvelle tournée promotionnelle, et nous n'avons donc pas longtemps hésité à nous procurer nos tickets, dès le 15 juillet 2025.

En tout état de cause, la soirée est annoncée "complet", le 20 janvier !


LE SITE. Aaaah, enfin LA CIGALE ! " Viens ici, fout le camp ! "…

Bien que située, une fois de plus, au Nord de Paris, cette jolie salle de spectacles m'avait séduit, par son décor mais aussi et surtout par son acoustique. Mais je n'avais eu le plaisir de m'y rendre que pour seulement trois concerts, entre 1998 (Manowar) et 2007 (Pure Reason Revolution et Porcupine Tree). J'admets bien volontiers avoir probablement manqué quelques autres opportunités ; oui, je confesse avoir manqué notamment le concert de MARILLION qui y fut enregistré le 29 avril 1994. Mais de fait, il me semble cependant que la programmation particulièrement sélective (j'allais écrire intolérante) rend son accès particulièrement restreint, voire interdit à notre microcosme (progueux et metalleux inclus). Mes goûts sont pourtant éclectiques mais visiblement, la dogmatique programmation encore affichée à ce jour pour l'année à venir (https://lacigale.fr/programmation) continue d'accueillir des artistes probablement respectables (quoique…), mais en contribuant à ostraciser notre univers. Ah, je relève toutefois la prévision de The Aristocrats, le 1er juin 2026.

LA CIGALE est entourée de voisins bien plus accueillants et bien plus éclectiques ; tels que Le Trianon, l'Elysée Montmartre. Avec une certaine arrogance, son slogan a pourtant l'insolence de prétendre : " La Cigale, un véritable lieu d'échange, de partage et de découvertes aux pieds de Montmartre ; cent-trente-huit années de passion, de vibrations et d'émotions. Elle maintient son statut de salle iconique en accueillant la fine fleur de la scène française et internationale ". Donc, comprenons ici que pour être digne de ces oreilles-là, le rock doit démontrer des qualités horticoles, séduisantes et conformes aux standards élitistes tels que définis par un mystérieux oracle !

Mais que les gueux incultes soient enfin comblés et reconnaissants, sa Seigneurie a estimé qu'au regard de ses dix années CACHEMIRE serait digne de fouler l'auguste scène.

Allons, soyons magnanimes et laissons au gérant exposer l'histoire : "En 1887, à Pigalle, La Cigale entonne son premier chant face à mille spectateurs. Elle agite l’éventail de ses spectacles : Sketchs, danse, musique. Comme son prestigieux voisin Le Moulin Rouge, elle accueille de célèbres danseuses de Cancan : La Goulue, Rigolboche etc… Les opérettes et vaudevilles se succèdent jusqu’en 1927 avec Mistinguett, Maurice Chevalier et Arletty pour ne citer qu’eux. Depuis 1887, La Cigale n’a jamais fermé ses portes et s’est perpétuellement transformée, au gré des travaux d’embellissement et renouvelé au travers des grandes avancées de son temps. D’abord café-concert puis music-hall, elle devient "La Cigale-Cinéma" pendant 60 ans… avant de devenir, en 1987, la salle de concert que nous connaissons aujourd’hui." Ses murs englobent LA BOULE NOIRE, autre lieu de notre mémoire (…).

Compte tenu de sa capacité d'accueil de 1 472 personnes debout, j'imagine que beaucoup de nos groupes favoris s'y rendrait volontiers…


LA SOIREE. Nous arrivons vers 17h30 pour nous insérer dans une file d'attente encore à son amorce, mais qui ne tarde pas à s'agrandir derrière nous ! Nous pourrons ainsi entrer paisiblement pour choisir un emplacement à notre guise, situé en balcon sur la gauche en regardant la scène. En effet, il convient de souligner avec satisfaction que le placement est libre, à l'ancienne. Ce qui avantage les plus passionnés et courageux, ayant bravé l'attente hivernale. Seules deux rangées de fauteuils de balcon, soit une vingtaine face à la scène, étaient réservés, ce qui laissait un beau choix à tous les autres spectateurs.

HOWARD [19h50-20h30].
https://howardtheband.bandcamp.com/

Ne connaissant pas le groupe, je me renseigne en préalable : "Entre le rock organique des aînés et les résonances électroniques actuelles, le trio Howard trace son chemin en puisant dans ses émotions les plus sombres comme les plus porteuses d’espoir pour offrir un véritable ouragan rock confinant à la transe." Ce que j'entends sur son site Bandcamp me semble intéressant, en tous cas a priori cohérent avec son hôte… Je relève qu'il est passé sur la scène du Hellfest le 21 juin 2025 et du Grand Rex le 9 novembre 2024.

Après un premier album sorti le 15 juin 2018, quelques autres parutions précèdent celle d' "Oscillations" du 28 mars 2025.

L'effectif semble stable depuis le début avec Jean-Marie Canoville (chant guitare, et thérémine), Raphaël Jeandenand (claviers, thérémine), et Tom Karren (batterie). Sur la gauche de la scène se trouve le pupitre des claviers, sur la droite s'agite le guitariste/chanteur, alors que le batteur est au centre légèrement en retrait.

La sonorisation était parfaitement équilibrée pour laisser percevoir les accords flamboyants des claviers, de deux thérémines et de guitares. L'éclairage accordé pour cette première partie de soirée est certes limité, mais un projecteur additif astucieusement ajouté sur le côté rend l'espace suffisamment lumineux pour distinguer musiciens et instruments. Le mur du fond de scène est drapé avec le logo du groupe.

Nous avons été rapidement séduits par cette musique entrainante, festive et/ou atmosphérique, mêlant électro et rock survitaminé. J'ai particulièrement apprécié la maitrise de Raphaël Jeandenand sur ses outils numériques et la thérémine placée de son côté. Ses mains galopent et caressent les touches, sur les nombreuses options en face de lui. L'autre thérémine étant utilisé une seule fois en complément par Jean-Marie Canoville, qui pour sa part, alternait une guitare électrique habituelle avec une guitare basse étonnamment petite, surtout sur le personnage d'une corpulence impressionnante ! L'ensemble étant vaillamment cadré par les frappes redoutablement efficaces de Tom Karren.

Une prestation qui aurait toutefois pu être davantage convaincante avec moins de bavardages intermédiaires, qui ont un peu cassé le rythme. Bon, on aura compris qu'ils semblaient sincèrement émus de leur présence sur cette scène. Le meneur est pourtant charismatique même s'il peine à bien diriger le public ; par exemple en s'inspirant des concerts metal, il scinde la foule en deux, mais laisse les protagonistes égarés, sans top départ. Quelques maladresses qui ont traduit un manque d'expérience de la scène, dommage.

Ce fut cependant un agréable moment et le public acclament le trio qui peut être content d'avoir emporté l'adhésion qui attendait pourtant avec impatience d'en découdre avec Cachemire.

PROGRAMME
A déterminer


CACHEMIRE [21h00-22h25]
https://www.cachemiremusic.fr/
https://www.facebook.com/cachemiremusic/about?locale=fr_FR
https://www.youtube.com/@cachemirevideos/videos

Avant leur remarquable prestation au RAISMESFEST, je ne connaissais pas vraiment CACHEMIRE, un quintuor français et francophone, qui avait pourtant déjà conquis quelques scènes ! Fort heureusement, à l'heure dite de leur prestation, j'étais particulièrement réceptif car, intrigué par sa réputation, j'avais eu la prudence de me renseigner sur la Bête. Sage précaution, quand on connait la vie de festivalier, qui est parfois enclin à des discussions interminables au bar ou dans les files d'attente de latrines !

Depuis cette apparition, je ne pouvais que reprendre mon bâton de pèlerin prédicateur pour soutenir ces vaillants adeptes du rock francophone, dignes descendants d'illustres ainés ! A l'instar de LAZULI, ils démontrent une fois de plus que notre langue n'est pas incompatible avec le rock.

Contrairement à mon habitude, cette fois je ne peux pas honorer les musiciens en les identifiant. Ils font partie de ceux qui prétendent effacer leurs individualités au profit de l'Art qu'ils sont censés nous faire partager.

Article de presse intéressant pour en savoir davantage : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/cachemire-du-rock-francais-qui-demange-5742996

J'espère ne pas brusquer leur modestie en relatant cependant qu'après cinq années passées dans le groupe MOBSOFA, "Seb" et "Freddy" avaient décidé de repartir à l’aventure début 2012, avec deux nouveaux compères. CACHEMIRE voit ainsi le jour mi-2012, composé de quatre musiciens des Pays de Loire. Plus exactement, ils viennent des Mauges, de Vendée et de Nantes. Puis le quatuor est devenu un quintuor. Nous écoutons donc les pseudonymés "Fred Bastar" au chant, "Seb" à la basse (+chœurs), "Farid" à la batterie, et "Ron" à la guitare. Quant au guitariste "Sven" Kaballero, il vient de céder son pupitre à "Alice Animal".

Un premier album "Qui est la Punk ?" est paru le 4 mai 2018. Un deuxième album studio "Photochope-moi" est paru le 13 mars 2015, puis un troisième "Dernier Essai" est paru le 25 février 2022.

Leur quatrième album studio "Suffit Juste d'Une Seconde" est paru le 10 octobre 2025.

Le quintuor, conformément à leur campagne promotionnelle, est vêtu de blanc. En jupe (avec panty, en dessous quand même hein ; 'faut pas déconner !) pour les hommes et en short pour la dame. Même les instruments, guitares et batterie) sont blancs ! Sur notre gauche de l'espace on distingue le quatuor de cordes (trois violons et un violoncelle, compagnons depuis 2018). Le bassiste est devant eux. Des invités participeront en alternance ; le claviériste Corentin Pujol, a impressionné avec ses accords joués au clavinet, puis le guitariste Stanislas " Yarol " Poupaud fut également remarquable de talent et de charisme, ainsi que Tanguy " Teka " Kerleroux. L'apport de ces trois larrons fut remarquable, étoffant les harmonies de soli opportuns !

Dans ce cadre acoustique excellent, la sonorisation fut parfaitement équilibrée ; elle a permis de percevoir les pupitres avec clarté et puissance. En revanche, l'éclairage m'a semblé insuffisant ; juste quelques projecteurs placés en plafond et en fond de scène, finalement peu efficients. Heureusement, une imposante structure triangulaire permet de maintenir une relative luminosité. Le mur du fond de la scène est peu utilisé, juste éclairé ponctuellement de la diapo du dernier album.

Nous pouvions nous en douter, l'ambiance fut très électrique, réactive, bouillante. C'est bel et bien du rock brut de décoffrage, puissant, percutant, simple mais efficace. Ledit Fred Bastar avoue volontiers, dans ses entretiens, une influence de TELEPHONE, mais je ressens aussi du NOIR DESIR et même du SUPERBUS. Le charisme de Fred Bastar pourrait réveiller n'importe quel désabusé, la foule répond à ses moindres désirs ; ça s'assoit, ça saute, ça danse, ça chante et ça acclame bruyamment. Vu du balcon, on ne peut qu'être impressionné par la puissance dégagée. Bref, on voulait s'encanailler, on n'est pas déçu. On est bien loin des subtilités harmoniques du rock progressif, mais on assume.

Bon, s'il fallait poser un bémol sur cette harmonieuse portée musicale, les textes en français effleurent parfois une démagogie rampante. Mais qui est inhérente au genre. La plupart de leurs ainés ont également dénoncé et revendiqué avec plus ou moins de subtilité, sur des sujets sociétaux ; une forme de politiquement correct dans un milieu rock réputé alternatif. Personnellement, cet aspect ne me dérange pas trop, je fais mon marché. Je prends en priorité cette énergie salvatrice.

Le concert aura duré moins de quatre-vingt-dix minutes, et sans rappel. Une fin un peu brutale donc. Les lumières du palais sont rallumées lorsqu'une bande son amplifie "Hey Jude" des Beatles, et que Fred Bastar se laisse porter par la foule en délire, pour un aller/retour vers la console du fond !

Sur les quatorze titres, neuf sont issus de "Suffit Juste d'Une Seconde". L'album précédent "Dernier Essai" est oublié.

PROGRAMME

  1. Moi Etre Roi (Qui est la Punk, 2018)
  2. Ma gueule (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  3. A l'ancienne (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  4. Sexy beat (Qui est la Punk, 2018)
  5. Suis-Moi Baby ! (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  6. Mouscash (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  7. La Nuit je mens (reprise d'Alain Bashung, 1998)
  8. Adam (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  9. Ces Voix (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  10. Seul (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  11. La Veste (Qui est la Punk, 2018)
  12. Pied Au Plancher (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  13. L'Animal (Photochope-moi, 2015)
  14. Chanson pour sépultures (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025).

Conforme à ma prévision, cette soirée de remise en forme fut très agitée, et revigorante. Nous aspirons désormais à notre prochaine étape, davantage conforme à nos centres d'intérêts musicaux désormais ; ce sera dès samedi prochain, pour le MidWinter Festival, à Utrecht !


samedi 6 décembre 2025

MOSTLY AUTUMN – Spirit of 66 (Verviers, Belgique) – samedi 6 décembre 2025.

MOSTLY AUTUMN a instauré, il y a plusieurs années, un rituel auquel nous nous sommes joints tardivement, depuis 2022. Tous les ans à la même époque, (allons, j'ose) surtout en automne donc, ces artistes Anglais originaires de York, traversent la Manche pour convier ses admirateurs du continent à marquer la période de l'Avent. Le Spirit of 66 constitue une des étapes.

Avec ma p'tite Fée, nous revenons volontiers festoyer ce soir, pour notre quatrième Avent consécutif. C'est aussi l'occasion d'assister à notre huitième concert de MOSTLY AUTUMN, depuis le 3 juin 2022 ; en trois ans et demi, le septuor accède ainsi au rang des vingt groupes que j'ai vu en concert le plus souvent depuis quarante ans. Notre objectif demeure un déplacement sur leur terre, à York

On peut comparer cet engouement à un vrai coup de foudre, sur fond de repentir. Nous nous sommes beaucoup attachés à ces musiciens, tant musicalement qu'humainement. Dans mes précédents récits, je me suis déjà longuement exprimé sur le talent et la personnalité des musiciens, en évoquant la biographie du groupe formé en 1995. (cf. notamment mon récit du 16/12/22, ou alors celui plus récent et plus succinct du 28/3/25).

Voilà une vingtaine d'années que des albums fabuleux ont été édités à notre insu, à la différence de quelques astucieux musicophiles. Heureusement, le prosélytisme au sein de notre microcosme de mélomanes passionnés permet, un tant soit peu, de rattraper ce genre de coupable bévue.


Notre Rite annuel débute par une route de quelques quatre cents kilomètres, qui nous mène à Verviers, une petite ville ardennaise de Belgique.

L'étape gastronomique traditionnelle s'impose ; comme à chaque fois, nous nous restaurons à La Fringale, une petite friterie qui satisfait pleinement notre gourmandise ! N'oublions pas que nous sommes en Belgique ; l'excellente bière locale nous est servie à la pression, les frites sont succulentes. Nous sommes comblés de plaisir.

Une fois restaurés, nous retrouvons avec bonheur notre chère Maguy qui nous accueille dans son douillet hôtel des Ardennes. Nous sommes heureux de la revoir, car depuis quelque temps, elle cherche un repreneur pour son établissement. Elle voudrait prendre sa retraite, sans aucun doute bien méritée, néanmoins secrètement nous aimerions qu'elle reste encore le plus longtemps possible. Car sans elle, cet accueil et ces espaces au charme suranné disparaitraient assurément… Cependant, il plane comme un parfum de fin de règne.

Nous nous y accordons une phase de repos bien mérité avant de nous rendre au Spirit of 66.


LE CONCERT [20h30-21h30 et 21h50-23h30].

Impatients, confiants, heureux, nous retrouvons le septuor constitué de Bryan Josh (chant et guitares, depuis 1995), et Iain Jennings (claviers, de 1995 à 2005, puis depuis 2010), toujours entourés d'Olivia Sparnenn-Josh (chant principal depuis 2010, mais chœurs, percussions, flûte à bec, depuis 2004), Angela Gordon (flûtes, claviers, percussions, et chœurs, de 1999 à 2007, et depuis 2015), Chris Johnson (guitares rythmiques et acoustiques, chant, claviers, de 2006 à 2007, et depuis 2014), Andy Smith (basse, depuis 2000) et de Henry Rogers (batterie, depuis 2018).

Dans le cadre de la promotion de leur album " Sea Water ", qui est paru le 28 février 2025, nous avions assisté à leur concert du vendredi 28 mars 2025, chez Paulette. Ce fut encore une soirée gavée de belles émotions !

Nous sommes toujours ravis de revenir au Spirit of 66. L'acoustique de cette salle mythique n'est plus à démontrer, et ce soir l'ingénieur du son fut à la hauteur en nous délivrant une sonorisation digne de ces artistes. Basses et batterie furent dosées avec l'équilibre requis, ce qui permit à tous les autres pupitres de s'exprimer dans toutes leurs nuances. La configuration du Spirit ne permettra jamais de disposer d'un éclairage considérable mais cependant nous nous sommes facilement contentés de l'existant.

Le temps avec MOSTLY AUTUMN passe toujours bien trop vite. Pourtant, un dense programme de vingt-trois titres, délivré en deux actes, aurait pu rassasier notre appétit féroce. Mais que nenni ; nous trouvons au final encore le moyen de déplorer l'absence de tel ou tel autre titre !!! Averti de ce danger à l'aune de mes précédentes participations, j'ai pris soin de porter mon attention sur chaque moment, sur chaque musicien. J'ai tenu à capter ces mini-évènements qui rendent un concert particulier ; les (fréquents) moments de virtuosité, les regards complices entre les musiciens, mais aussi les échanges avec le public. A défaut de maitriser le temps, j'ai tenté de maitriser mes émotions. Autant que faire se peut…

Une bande son (sans doute la seule du concert) introductive, un peu longuette, met notre patience à rude épreuve, avant que les musiciens pénètrent enfin sur la scène… L'équilibre des sons est immédiat, ce qui nous permet de nous réjouir dès les premières mesures, de nous laisser délicieusement emporter dans un tourbillon d'harmonies…

Olivia Sparnenn-Josh, modeste, humble et pourtant tellement douée, irradie la salle de tout son talent et de toute sa beauté ; sa voix est dotée d'un timbre, d'une tessiture et d'une puissance magnifique. L'an dernier, certains avaient remarqué qu'elle n'était pas aussi à l'aise qu'à son habitude, sans doute indisposée. Mais ce soir, d'un avis unanime, elle est à son meilleur niveau, sans équivoque ! D'ailleurs, son sourire trahit un plaisir évident d'être sur la scène avec ses amis, elle contribue ainsi à une complicité réjouissante et efficace.

Angela Gordon, discrète et humble, mais tellement essentielle, apporte ses talents de multi instrumentiste ; la choriste qui accentue les émotions avec une remarquable intensité, la flutiste bouleversante de sensibilité, la claviériste en complément astucieux aux partitions d'Iain. Dans tous les cas, elle incarne avec brio l'authenticité du groupe qui évite les bandes-son.

Chris Johnson, dont la sensibilité à fleur de peau se ressent constamment, démontre lui aussi un talent essentiel au groupe. Sa voix, tant aux chœurs, qu'au chant principal quand vient son tour, est touchante de délicatesse et de douceur. Idem pour ses interventions aux guitares (sa vieille acoustique trouée mais toujours sonore ou son électrique) qui viennent étoffer et soutenir celles du Patron.

Andy Smith, discret pilier avec sa nouvelle basse (il est vrai que son ancienne avait visiblement vécu !!) contribue à la rythmique entrainante avec une constance sans doute rassurante pour les autres.

Henry Rogers, le maitre des tempos, est également d'une efficacité sans faille alors que son regard montre une attention scrupuleuse pour se conformer aux dispositions du collectif.

Iain Jennings, c'est le lieutenant qui encadre la scène dans l'espace opposé du Patron. Ses accords de claviers expriment de gracieuses mélodies dans une atmosphère onirique avec une grande sensibilité. Il surveille lui aussi la cohérence du groupe avec bienveillance.

Enfin, le Grand Patron, Bryan Josh, que je considère parmi les plus grands guitaristes, régule son équipage avec une bienveillante fermeté. Toujours vêtu de son t-shirt (sons of Ragnar), le virtuose exprime des soli de guitare avec une élégance, une sensibilité qui ne peuvent qu'émouvoir son auditoire. Son chant, rauque mais doux, est une alternance agréable à celle de son épouse, avec qui la complicité est évidente, touchante.

Bref, la prestation fut conforme à ce que nous étions venus chercher ; un plaisir intense et partagé. Les mots qui continuent de résumer leur musique, et qui reviennent sans dans mon récit demeurent "mélodie", "harmonie", "sensibilité", "délicatesse", "douceur", "complicité", "virtuosité", "talent". Bref, un pur enchantement musical.

Le public nombreux et cosmopolite (ça parle allemand, néerlandais et français) se montra particulièrement enthousiaste et chaleureux, ce qui semble avoir été perçu par le groupe au regard des sourires affichés (et de leur publication du lendemain).

MOSTLY AUTUMN dispose d'une discographie de quinze opus de studio et pourrait sans réserve y puiser de quoi réjouir son auditoire. Il en résulte assez fatalement une frustration de ne pas entendre davantage de titres anciens et de retrouver souvent un programme similaire aux précédents concerts. Mais ce caprice d'admirateur est coupable car on n'est jamais déçu par cette source de plaisirs irrésistibles.

La prestation de ce soir a sélectionné sept opus. Elle comporte vingt-trois titres, dont huit issus de " Sea Water " (2025). Mais aussi un de "Graveyard Star" (2021), trois de "White Rainbow" (2018), un de "Sight of Day" (2017), un de "Heart Full of Sky" (2006), trois de "Passengers" (2003) et deux de "For All We Shared" (1998). Le concert se termine par trois reprises traditionnelles et opportunément festives. Notons que contrairement aux années précédentes, les joyeux lurons ne se sont pas coiffés du bonnet conique rouge et blanc. Nous non plus, d'ailleurs.

PROGRAMME

ACTE 1 :

  1. Let’s Take a Walk (Seawater, 2025)
  2. In for the Bite (reprise de Josh & Co. Limited, 2016)
  3. Winter Dreaming (Seawater, 2025)
  4. Western Skies (White Rainbow, 2018)
  5. Why Do We Remember All the Rain (Seawater, 2025)
  6. Future Is a Child (Seawater, 2025)
  7. Passengers (Passengers, 2003)
  8. Silver Glass (Heart Full of Sky, 2006)
  9. The Night Sky (For All We Shared, 1999).

ACTE 2 :

  1. Distant Train (Passengers, 2003)
  2. Answer the Question (Passengers, 2003)
  3. My Home (Seawater, 2025)
  4. Be Something (Seawater, 2025)
  5. If Only for a Day (Seawater, 2025)
  6. Back in These Arms (Graveyard Star, 2021)
  7. Into the Stars (White Rainbow, 2018)
  8. Changing Lives (Sight of Day, 2017)
  9. When We Ran (Seawater, 2025)
  10. White Rainbow (White Rainbow, 2018).

RAPPEL :

  1. Heroes Never Die (For All We Shared, 1998).
  2. I Believe in Father Christmas (reprise de Greg Lake)
  3. A Spaceman Came Travelling (reprise de Chris de Burgh)
  4. Fairytale of New York (reprise de The Pogues). 

Comme d'habitude, en dépit de leurs travaux de démontage de la scène et de chargement du matériel, les membres du groupe (en particulier Olivia, Chris, Angela et Bryan) se montrent accessibles et d'une sincère gentillesse. Je ne me prive pas de leur répéter toute mon admiration. Je leur épargne les portraits, mais je les invite malgré tout à signer le dernier opus que j'avais préalablement emmené à dessein.

A l'échoppe, je me lâche. Je me procure quatre albums ; "Glass Shadows" (15€), "Still Beautiful - Live 2011" (20€), "Through These Eyes" (10€) et "Transylvania - Part 1 - The Count Demands It" (10€). Ainsi qu'un t-shirt (15€). Et hop ! Parce qu'ils le méritent. Et puis moi aussi.

Nous sommes déjà impatients de les revoir, même si "Heroes Never Die" faisant, cela ne manquera pas de survenir, tôt ou tard… Hélas, il ne faut pas trop compter sur notre petit hexagone pour cela. A défaut de traverser la Manche pour se rendre à York (il faudra bien qu'on atteigne cet objectif un jour ou l'autre), il se pourrait bien que nous traversions le Rhin. L'Allemagne est dans le viseur (Neunkirchen n'est qu'à 420 km aussi après tout…), ce serait le jeudi 7 mai 2026. Soyons fou…



samedi 15 novembre 2025

KOMODRAG & THE MOUNODOR + LUCIE SUE Espace Icare du Réacteur, à Issy-les-Moulineaux (92) – samedi 15 novembre 2025.

Ce concert, à priori l'avant-dernier de l'année 2025, me semble l'occasion d'un premier regard dans le rétroviseur. Le bilan annuel montrera certes de nombreuses émotions liées aux parutions d'albums et aux concerts, mais je peux d'ores et déjà prétendre qu'au rayon "découvertes", KOMODRAG & THE MOUNODOR aura été LA Révélation de l'année 2025 ! Confirmant ainsi que non, le rock n'est pas mort, de jeunes loups prennent la relève, et de très brillante manière !!

Cette découverte, le 14 septembre à l'occasion du Raismesfest 2025 (Nord), fut assez ébouriffante pour nous inciter, dès la semaine suivante, à traverser l'Ile-de-France (et sa légendaire circulation…), vers sa banlieue Nord, afin de nous assurer de ne pas avoir été victime de la berlue ! Cette piqûre de rappel, le 20 septembre à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), s'avéra encore plus convaincante et achevait de nous séduire ! Nous étions ainsi rassurés ; nous n'avions donc pas été victimes de substances hallucinogènes ! Nous ne sommes pas dans un futur incertain et chaotique des années 2020, nous sommes bien en 1970, …tout va bien !

De surcroît, leur échéancier montrait quelques autres dates dans nos contrées durant cet automne ; jamais deux sans trois, dit-on… La présente date fut ainsi immédiatement cochée !! Le ticket fut acquis le 23 octobre.

Une fois n'est pas coutume, cela se passe dans notre banlieue Sud de Paris. Le pôle musical du Réacteur d'Issy-les-Moulineaux, qui dispose notamment de l'Espace Icare, est situé au 31 boulevard Gambetta. Il s'agit d'un bâtiment de plus de 2500 m², doté de plusieurs équipements à caractères culturels et sportifs, dont cet auditorium modulable qui peut accueillir 350 places debout, 142 places assises). Encore un site à découvrir !

Les joies procurées par les transports en commun à Paris sont insondables ; la ligne 12, censée desservir le site, est fermée précisément sur ce secteur, depuis la Porte de Versailles. Bah, une p'tite marche d'une vingtaine de minute ne nous fera pas de mal (à l'aller en tous cas, au retour ce sera un peu plus pénible !), d'autant plus que la pluie automnale s'est arrêtée. On arrivera une trentaine de minutes avant l'ouverture des portes qui sera effective à19h30.

Nous découvrons la salle d'accueil du bâtiment avec son p'tit bar sympa (peu onéreux), puis l'espace Icare qui est situé en sous-sol. Sensation de confort dans ce bel auditorium dont le mobilier et les murs sont de nature à nous rassurer a priori sur sa qualité.


LUCIE SUE [20h00-20h45].
https://luciesue.com/
https://luciesue.bandcamp.com/
https://www.youtube.com/@iamluciesue
https://www.metalrock-magazine.com/news/20244/lucie-sue-nouvel-album-battlestation-le-29-aout/

Dans notre entrain à revoir les Bretons, nous avions quelque peu ignoré l'invitée, LUCIE SUE dont j'ignorais totalement l'existence. Seul mon fils connaissait la Dame, qu'il avait remarquée sur la scène principale du HELLFEST, le 13 juin 2025, lorsqu'elle fut invitée à gratouiller des cordes de basse quelques minutes pendant la prestation de STEEL PANTHER, devant 60 000 personnes.

Son ascension est soutenue par Richard Gamba, son directeur musical qui est connu pour avoir travaillé entre autres pour Gojira pendant plusieurs années. Il voit en elle, une artiste majeure de la scène metal. Son frère Baptiste Germser lui apporte également son soutien technique et logistique. À 46 ans, son obstination lui permet d'atteindre ses objectifs. Afin de garantir son financement, elle continue à travailler dans son studio de graphiste, Sphynx, dont elle a repris le nom pour créer son label musical.

Je me renseigne sur ce quatuor et découvre le parcours honorable de la Biarrotte. Elle se présente ainsi : "La musique, c’est ma vie. Je suis née dans une famille de musiciens. J’ai étudié le violoncelle au conservatoire de Lyon. Il ne s’est jamais passé un jour sans musique. J’ai joué dans des groupes de rock, metal, pop, ou folk. Dans des orchestres symphoniques aussi ! (…). Jusqu’ici j’ai TOUT payé avec mes économies : L’enregistrement, le mixage, la production musicale, la promotion, les clips, les marchandises, l’essence, les péages, les sandwichs Sodebo, etc. Beaucoup pensent que la musique est mon métier et que j’en vis agréablement. PAS DU TOUT : Je travaille comme graphiste la journée, et le soir, quand j’ai fini de bosser et couché les enfants, je peux enfin m'y coller. La musique me coûte bien plus qu’elle ne me rapporte. Les salles de concert sont de plus en plus rares et fauchées. Nous sommes très souvent payés au lance-pierres. Mais on le fait parce que comme Johnny, on a ça dans le sang ! "

Après un premier album, "To Sing in french" paru le 31 janvier 2023, le deuxième album, intitulé "Battlestation" est paru le 29 aout 2025. Il comprend treize titres.

LE CONCERT. Nous sommes positionnés en deuxième rang, entre les pupitres du chant et de la basse. Très vite, nous sommes rassurés par la qualité de la sonorisation, qui profite de l'excellente acoustique de la salle. La scène est un peu réduite par la place prise pour les instruments du groupe suivant, mais les quatre pupitres parviennent à s'exprimer sans dommage. L'éclairage, davantage porté sur les tons rouges, m'a semblé un peu trop sombre et limité, la pénalité que subissent la plupart des invités.

Outre la chanteuse guitariste Lucie Germser, le quatuor est composé d'Enzo Metro à la guitare, Mitch Livas à la batterie (qui fête son anniversaire aujourd'hui !). La basse (et les chœurs) est assumée par une aussi mystérieusement anonyme que ravissante Laura, dite "Cosmic Girl". On n'en saura pas davantage…

L'auditoire a pu être convaincu avec des accords et refrains entraînants, une fougue collective menée par une voix féroce et sincère qui force l'intérêt. Le groupe français chante en anglais, mais Lucie a la bonne idée de souvent présenter le thème de ses chansons pour les présenter. Les interventions incisives d'Enzo sont appréciées. La base rythmique (batterie/basse), est bien en place et contribue efficacement à l'entrain général.

On perçoit les influences, tels que L7, METALLICA et plus globalement les groupes anglo-saxons des 90’s, que la chanteuse ne cache pas avoir admiré en visionnant les clips sur MTV de l'époque. D'ailleurs, elle a souligné sa fierté de jouer ce soir sur les planches où avait joué NIRVANA. En effet, le 1er décembre 1989, le groupe américain a donné son premier concert français dans cette modeste MJC des Hauts-de-Seine, devant 214 personnes !

Le public semble poliment enthousiasmé, il chante et danse, mais notre présence dans les premiers rangs ne sera pas bousculée. Les musiciens quittent la scène avec les ovations méritées.

L'échoppe sera prise d'assaut, les albums se vendront bien. Il faut dire que les musiciens se sont montrés agréables et disponibles pour des discussions et des autoportraits délirants. Je soutiens volontiers ce groupe prometteur, en achetant le CD du récent album.

PROGRAMME
(à déterminer)


KOMODRAG & THE MOUNODOR [21h10-22h35]
https://www.youtube.com/@komodragandthemounodor
https://komodragantthemounodor.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/komodragandthemounodor/

Le parcours du groupe, et de sa genèse, a été abondamment commenté dans les médias bretons, dont la consultation m'a permis de relater, sur mes deux précédents récits [ ici ], une partie de leur biographie déjà riche. Je rappelle seulement ici que KOMODRAG & THE MOUNODOR constitue une fusion de deux autres formations ; KOMODOR d'une part et de MOUNDRAG d'autre part. Cette union n'est en aucune manière un faire-part de décès ; ces deux groupes sont bel et bien vivants ! D'ailleurs, chacun va bientôt promouvoir un nouvel album ; MOUNDRAG sera en concert le jeudi 5 Mars 2026 au Petit-Bain et KOMODOR sera en concert le jeudi 26 mars 2026 à La Maroquinerie.

Quant à l'Entité ici formée, elle est représentée par un premier album " Green Fields of Armorica ", qui est paru le 20 octobre 2023. Un album qui avait été enregistré dans l'urgence d'un succès fulgurant, après des premières prestations particulièrement convaincantes. Plus récemment, deux nouveaux monoplages " Stone In The Field " et " Ready For The Boogie " sont parus en 2024, et seront probablement insérés dans un nouvel album à venir.

LE CONCERT. Nous retrouvons le confort acoustique de la première partie de soirée. Aucun excès sonore ne viendra pénaliser la prestation ; sans mes protections auditives, je pourrai ressentir pleinement les sensations. L'éclairage s'est intensifié et clarifié pour une scène densément occupée par le septuor qui demeure composé de Camille "Organ Fury" Goellaen-Duvivier (Orgue), Colin "Dr Mad Drum" Goellaen-Duvivier (batterie, chant), Gaëtan "Goudzou" Convert (basse, chant), Yves-Marie "Slyde Barnett" Cariou (guitare, chant), Ronnie Calva (guitare), et Elrik "Monroe" Morvan (batterie), et Melin Le Bigot (guitares, chant, percussions).

Grâce à ces excellentes conditions, je retrouve rapidement les émotions provoquées par cette déflagration de rock, dont les sonorités évoquent la période psychédélique des années 70, totalement maîtrisées ! Le son du clavier, les guitares incandescentes et harmonieuses, les voix incantatoires ou douces selon les séquences et une énergie brute et explosive. Tout contribue à créer et à entretenir une transe collective irrépressible, même parmi la large part des auditeurs venus découvrir ces fous furieux bretons. De nouveaux adeptes ont été assurément recrutés ce soir encore !

Bien sûr, le programme a peu évolué depuis notre récente découverte de cette formation, qui en est encore à ces prémices. Mais on redemande volontiers de revivre ces instants privilégiés qui nous accordent une salvatrice parenthèse dans un quotidien morose. Et puis, leur attitude est tellement sincèrement orientée pour la fête, que le public ne peut que se laisser emporter dans un délicieux tourbillon aux parfums de patchouli et d'encens exotiques. Les auditeurs sexagénaires voyagent dans l'espace-temps, les plus jeunes peuvent imaginer l'époque avec une relative frustration. Mais toutes les générations s'accordent pour s'enivrer de ce bal évocateur.

La prestation est similaire à celle de Tremblay (et donc plus étendue qu'à Raismes), mais cette fois point d'invité pour partager la scène. Nous sommes quelques-uns à avoir nourri un vœu naïf de voir intervenir Lucie Sue durant un "Voodoo Love", ce qui n'aurait pas manqué d'accentuer encore la folie ambiante. Mais bon, disons que la taille de la scène aurait pu rendre l'opération un peu compliquée...

La complicité entre les musiciens est flagrante, ils se partagent les interventions avec une redoutable efficacité. Les sourires et les accolades trahissent un bonheur collectif, une fraicheur d'esprit absolument réjouissante.

L'auditoire a été d'autant plus conquis que, comme à leur habitude, les plus exubérants "Goudzou", "Monroe" et "Slyde Barnett" sont venus fendre la foule comme pour l'exalter encore davantage. Ce dernier allant même jusqu'à confier sa guitare aux spectateurs pour clore le spectacle ! Chacun y a allant de sa gratouille pour ajouter à la cacophonie finale !

PROGRAMME
Bande son introductive hawaïenne
1.         Ready to Boogie (monoplage, 2024)
2.         Born in a Valley (Green Fields of Armorica, 2023)
3.         Brown Sugar (Green Fields of Armorica, 2023)
4.         Stone in the Field (monoplage, 2024)
5.         Fleeing Soldier (Green Fields of Armorica, 2023)
6.         It Could Be You (Green Fields of Armorica, 2023)
7.         Green Fields of Armorica (Green Fields of Armorica, 2023)
8.         Voodoo Love (Green Fields of Armorica, 2023)
9.         Marie France (Green Fields of Armorica, 2023).
RAPPEL :
10.       If I Were a King (Green Fields of Armorica, 2023)
11.       We're an American Band (reprise de Grand Funk Railroad [1973])
12.       Ramblin'Rose (reprise de MC5 [1970], qui l'avait repris de Jerry Lee Lewis [1962]).

Leur opération séduction fonctionne totalement ; l'échoppe a de nouveau été envahie massivement par une nouvelle horde d'admirateurs fraichement conquis ; ceux qui voulaient acquérir CD, vinyle ou t-shirts devaient s'aligner dans une longue file !

Pour notre part, nous avons profité de la grande disponibilité des musiciens qui, fidèles à leur habitude, se rendent accessible pour discuter, échanger les impressions, poser pour des portraits, dans la joie et la bonne humeur.

La capacité de KOMODRAG & THE MOUNODOR à agiter les foules ne s'est pas démentie ce soir. L'avenir dira si le septuor s'inscrira dans la durée pour surmonter les aléas d'une vie de groupe ; en tout cas on lui souhaite (h)ardement ! Pour ma part, j'attends le mois de mars pour découvrir leur facette originelle…




lundi 27 octobre 2025

EUROPEAN BLOOD DYNASTY 2025 TOUR ARCH ENEMY + ELUVEITIE + AMORPHIS + GATECREEPER, le Zénith de Paris (Paris 19e) - lundi 27 octobre 2025.

Tel un mini-festival itinérant, la présente tournée, intitulée " European Blood Dynasty 2025 Tour ", rassemble quatre groupes et elle prévoit, à ce jour, vingt-sept dates. Elle a débuté à Stuttgart le 10 octobre et s'achèvera à Düsseldorf le 15 novembre. Notons que dès le 30 septembre, Lyon et Bruxelles affichaient "complet" !

Les protagonistes ont en commun un répertoire ostensiblement apparenté au style "death metal", un style qui peut sembler plus ou moins agréable, selon le niveau de tolérance de l'auditeur…

Ma présence nécessite une explication. Je suis peu enclin à supporter les orgies gutturales et métalliques mais pourtant, par la grâce de certains artistes astucieux (Steven Wilson, Mikael Åkerfeldt, Johan Edlund), mon oreille a appris à percevoir les subtilités qui sont parfois masquées par de fausses évidences. De ce parcours initiatique, il résulte une certaine mansuétude pour ces écarts à la douceur.

Néanmoins, cet intérêt relatif n'était pas de nature à nous motiver pour nous rendre à une soirée entièrement vouée à ce style… En fait, notre engagement résulte d'une tentation passagère. Dans l’euphorie de la fête de la musique le 21 juin, nous avions apprécié l'écoute de quelques titres d'AMORPHIS. Dans ma quête d'information, je me suis alors aperçu que ces Finlandais venaient cet automne, dans le cadre de la présente tournée qui intègre donc ELUVEITIE et ARCH ENEMY, deux groupes qui ne m'avaient pas laissé de mauvais souvenirs. Alors, même sans passion débordante pour cet univers, pourquoi ne pas tenter l'Aventure extrasensorielle ?

Dans ce cheminement de mélomane égaré, j'avais quelque peu sous-estimé mon attachement aux belles voix et aux mélodies enjôleuses…

Me voici donc aujourd'hui dans cet inquiétant chaudron, peu après l'ouverture des portes qui étaient prévue à 16h30. Mon fils ainé sera là aussi mais en fosse. Nous avions pris la sage précaution d'opter pour des places assises (G/14/75 et 74) ; ce qui nous offre un agréable confort visuel, sans être très éloigné de la console de sons. Ce dernier point nous avait a priori rassuré sur l'acoustique générale mais pourtant…

 

GATECREEPER [18h00-18h30].
https://www.gatecreeper.eu/
https://www.facebook.com/gatecreeper

Je ne connaissais absolument pas ce groupe américain, formé en septembre 2013 à Tucson et à Phoenix, (Arizona). Pour l'anecdote, sa bio nous rapporte que son nom serait un jeu de mots avec le terme "Gatekeeper".

Le quintuor est actuellement composé de Chase H. Mason (chant), Eric Wagner (guitares), Israël Garza (guitares), Alex Brown (basse), Matt Arrebollo (batterie, claviers, effets sonores).

Le troisième album studio, "Dark Superstition" est paru le 17 mai 2024.

Avec ma p'tite Fée nous sommes en mode "totale découverte" ; jamais vus ni entendus.

Lorsque débute ce concert, la salle est encore peu remplie ; beaucoup n'arriveront qu'après 19h30/20h…

Le logotype du groupe est étendu en fond de scène ; il laisse présager un univers assez éloigné de plaines verdoyantes, agrestes et bucoliques. Autant dire qu'effectivement ces messieurs ne feront pas dans la dentelle ; âmes sensibles et oreilles délicates, aux abris…

L'éclairage était délibérément dans les sombres verdâtres et rougeâtres. Question d'ambiance…. La scène qui leur était concédée était assez restreinte, tout l'arrière étant encombré du matériel pour les prestations suivantes. (On est loin de scènes coulissantes de certains auditoriums !…)

La sonorisation a favorisé excessivement la redoutable section basse/batterie, ce qui m'imposa le port de protections auditives et pénalisa d'autant plus mon ressenti. Cela dit, ce ne fut pas une surprise ; au micro un monsieur en colère (ou dépressif) hurlait sans nuance. Dommage, car musicalement une impressionnante puissance pouvait m'entrainer ici et là ; de bons passages de guitare audibles, malgré tout.

A l'issue de cette prestation, on va dire "impressionnante", une bonne partie du public déjà présent a semblé apprécier. En une trentaine de minutes, gageons que ces Américains auront su capter l'intérêt de quelques nouvelles recrues.

GATECREEPER a interprété dix titres tirés de quatre albums. Six sont issus de "Dark Superstition".

PROGRAMME
1.          Dead Star (Dark Superstition, 2024)
2.          Ruthless (Deserted, 2019)
3.          A Chilling Aura (Dark Superstition, 2024)
4.          Caught in the Treads (Dark Superstition, 2024)
5.          The Black Curtain (Dark Superstition, 2024)
6.          From the Ashes (Deserted, 2019)
7.          Mistaken For Dead (Dark Superstition, 2024)
8.          Flesh Habit (Dark Superstition, 2024)
9.          Sick of Being Sober (An Unexpected Reality, 2020)
10.      Flamethrower (Sonoran Depravation, 2016).

 

AMORPHIS [18h50-19h35].
https://amorphis.net/
https://www.facebook.com/amorphis

Ce groupe finlandais a été fondé en 1990 à l'initiative d' Esa Holopainen, Tomi Koivusaari et Jan Rechberger. D'abord dans la frange la plus radicale du "death metal", AMORPHIS a ensuite évolué vers un métal davantage mélodique avoisinant le folk metal, voire de metal progressif… Leur particularité est l'usage du "Kalevala", une forme atypique de littérature finlandaise mêlant folklore et mythologie. Après quelques démos, le premier album "The Karelian Isthmus" est paru le 1er novembre 1992.

Le trio fondateur, Esa Holopainen (guitare solo, depuis 1990), Tomi Koivusaari (guitare rythmique, chœurs, depuis 1990), Jan Rechberger (batterie, de 1990 à 1996, et depuis 2002), est désormais entouré de Santeri Kallio (claviers, depuis 1998), et Tomi Joutsen (chant principal, depuis 2005). Le bassiste Olli-Pekka Laine de 1990 à 2000, et depuis 2017) s'est excusé pour cette tournée ; il est remplacé temporairement par Victor Brandt.

Leur quinzième album, "Borderland" est paru le 26 septembre 2025. AMORPHIS partage l'affiche de la tournée avec ARCH ENEMY du 10/10 au 15/11, mais continuera sa tournée en Finlande.

Voilà donc le quintuor à l'origine de notre présence ici ; avec ma p'tite Fée nous nous estimons cependant en mode découverte également, puisque nous ne les avons jamais vus et que nous ne les connaissons que par vidéo interposées.

L'affluence s'étoffe à peine, lorsque vient leur tour de passage en scène.

En fond de scène, le logotype du groupe s'impose sur toute la largeur (il était à peine masqué par celui du précédent groupe). Par le jeu d'élimination, les Finlandais gagnent un peu d'espace de scène. Quant à l'éclairage, il nous semble un peu plus lumineux.

Eux aussi, nous semblent pénalisés par une sonorisation favorisant trop la section basse/batterie … A moins que ce ne soient nos vieilles oreilles qui peinent décidément à supporter ces avalanches de décibels ?... Toujours est-il que les protections auditives s'imposent une nouvelle fois.

Nous captons pourtant davantage de nuances dans cette prestation ; le clavier apporte une touche de fraicheur, et le chant alterne la voix en mode clair et guttural.

Cependant, notre espoir d'un engouement confirmé s'estompe au fil du concert. L'ensemble est souvent agréable, il y a de beaux passages mélodiques et/ou techniques, mais pas de quoi estomper cette impression de violence mal contenue, malgré tout. Sans connaitre les paroles, qui pourraient justifier une agressivité, je ne comprends pas les segments de chants gutturaux qui me semblent systématiquement casser les belles harmonies.

Bref, une prestation globalement décevante, même si j'ai relevé des aspects intéressants. Disons que je ne me ruinerai pas à leur échoppe…

L'auditoire est un peu plus nombreux à montrer sa satisfaction. Je me joins aux applaudissements, ne fut-ce que pour leur responsabilité à nous avoir fait venir…

AMORPHIS nous a interprété neuf titres issus de sept albums. Deux morceaux sont issus de "Borderland".

PROGRAMME
1.          Bones (Borderland, 2025)
2.          Silver Bride (Skyforger, 2009)
3.          Wrong Direction (Queen of Time, 2018)
4.          The Moon (Halo, 2002)
5.          Dancing Shadow (Borderland, 2025)
6.          Death of a King (Under the Red Cloud, 2015)
7.          Black Winter Day (Tales from the Thousand Lakes, 1994)
8.          House of Sleep (Eclipse, 2006)
9.          The Bee (Queen of Time, 2018).

 

ELUVEITIE [20h-20h45].
https://eluveitie.ch/
https://www.facebook.com/eluveitie

Chrigel Glanzmann échouait à fonder un groupe, lorsqu'il est finalement parvenu à rassembler quelques musiciens en 2002, pour exécuter diverses compositions, lors d'un simple projet de studio…

Mais, suite au succès rencontré par la publication en octobre 2003 de "Vên" (mot gaulois helvétique signifiant "joie sauvage"), ELUVEITIE a perduré, animé par le désir de mêler le death metal mélodique aux traditions musicales du monde celtique. Depuis, le groupe s'est montré l'un des groupes de metal les plus originaux et inventifs. Pour ce faire, ELUVEITIE utilise des instruments folkloriques traditionnels, tels que des violons, des sifflets ainsi que des flûtes, des cornemuses et des vielles à roue. Les airs folkloriques traditionnels de leurs chansons sont puisés dans diverses sources celtes, notamment les airs irlandais ou bretons traditionnels.

Les paroles sont souvent en anglais, mais certaines sont rédigées dans l'ancienne langue gauloise helvétique, aujourd'hui disparue ; les deux langues sont parfois mêlées lors des chansons.

Quant au nom du groupe, la biographie nous indique qu'il s'inspire d'un graffiti datant d'environ 300 ans avant J.C. découvert à Mantoue. En alphabet étrusque, l'inscription se lisait "eluveitie", interprété en langue étrusque comme "elvetios" ("les Suisses"). D'autres sources indiquent que Eluveitie signifie "Je suis l'helvète", en helvète.

Cet Octuor helvète se compose actuellement de Chrigel Glanzmann, chant, mandoline, sifflets, gaita, guitare acoustique, bodhrán, harpe, bouzouki (depuis 2002), Kay Brem (basse, depuis 2008), Rafael Salzmann (guitare solo, depuis 2012), Matteo Sisti (cornemuse, sifflets, guitare acoustique, depuis 2014, et vielle à roue, depuis 2024), Alain Ackermann (batterie, depuis 2016), Jonas Wolf (guitare rythmique, depuis 2016), Fabienne Erni (chant, harpe, depuis 2017) et Lea-Sophie Fischer (violon, vielle à roue, depuis 2024).

Le neuvième album studio, " Ànv " est paru le 25 avril 2025.

Je revois ce groupe une deuxième fois, après leur prestation du vendredi 15 juin 2018 lors du Download festival à Brétigny-sur-Orge (91). Je vais pouvoir vérifier ce soir, si mon impression a évolué …

Cette fois le public est nombreux, les employés sont sortis de leur bureau, les étudiants sortis de leurs cours. Le Zénith est bien rempli (sans être complet, et d'ailleurs les sièges latéraux ont été neutralisés par un drap noir…)

En fond de scène, s'étend une large image du récent album. Fort heureusement, l'espace scénique s'est encore agrandit pour l'octuor, même si le fond demeure occupé par le matériel suivant. L'éclairage s'avère vite lumineux et coloré.

La sonorisation accorde toujours trop de place à la fameuse section basse/batterie. Il faut croire que c'est la loi du genre... Pourtant elle me parait relativement ici mieux équilibrée et permet au moins de capter distinctement les huit pupitres. L'idéal aurait été de baisser un peu le niveau sonore, mais c'eût été trop demander dans ce cadre…

La perception de l'ensemble pourra être nuancée, mais pour ma part je m'agace assez vite de la voix constamment en mode guttural du mâle de service. A mon sens, ces grognements inappropriés ont gâché les si belles harmonies exprimées par le violon de Lea-Sophie Fischer, la flûte de Matteo Sisti, le chant clair de la ravissante et talentueuse Fabienne Erni. Cela m'a semblé d'autant plus évident que, lorsqu'il fermait sa "gueule" (mot choisi) tout redevenait harmonieux et agréable.

L'auditeur perspicace aura reconnu des influences celtes ; d'ailleurs, "Inis Mona" est très largement inspirée de "Tri Martolod" une chanson traditionnelle bretonne qui avait été popularisée notamment par Alan Stivell et Tri Yann.

En fosse, c'était la fête ! Le public a visiblement accroché aux humeurs folk-metal.

ELUVEITIE a interprété dix titres issus de cinq albums. Trois morceaux sont issus de "Ànv".

PROGRAMME
Bande son introductive : Origins
1.          Ategnatos (Ategnatos, 2019)
2.          Deathwalker (Ategnatos, 2019)
3.          The Prodigal Ones (Ànv, 2025)
4.          Exile of the Gods (Ànv, 2025)
5.          A Rose for Epona (Helvetios, 2012)
6.          Premonition (Ànv, 2025)
7.          Ambiramus (Ategnatos, 2019)
8.          The Call of the Mountains (Origins, 2014)
9.          King (Origins, 2014)
10.      Inis Mona (Slania, 2008).

 

ARCH ENEMY [21h25-22h50].
https://www.archenemy.net/en/
https://www.youtube.com/@archenemyofficial/videos
https://www.facebook.com/archenemyofficial/

Fondé par le guitariste suédois Michael Amott en 1995, ARCH ENEMY s'inscrit délibérément dans un cadre sombre et brutal, un genre étiqueté "death metal". Cependant, dès son premier album, "Black Earth" paru en 1996, il démontre un intense jeu de guitare à la fois complexe et mélodique. L'autre singularité du groupe était constituée du chant guttural féminin, atypique jusqu'alors, et qui était exprimé par la chanteuse Angela Gossow. En 2014, son départ a laissé place à l'arrivée de la québécoise Alissa White-Gluz, qui a continué sur ce timbre.

Désormais, Michael Amott (guitares, chœurs, depuis 1995), et Daniel Erlandsson (batterie, de 1995 à 1997, et depuis 1998), sont entourés de Sharlee d'Angelo (basse, depuis 1999), Alissa White-Gluz (chant principal, (depuis 2014), Joey Concepcion (guitares, chœurs depuis 2023).

Le douzième album studio, "Blood Dynasty" est paru le 28 mars 2025.

J'ai assisté à deux concerts d'ARCH ENEMY, à chaque fois à l'occasion du HELLFEST ; d'abord le dimanche 24 juin 2018, puis le samedi 17 juin 2023. Voir cette jolie femme vociférer des grognements particulièrement gutturaux m'avait davantage impressionné que séduit ; c'est plutôt les harmonies aux guitares que j'avais beaucoup apprécié. Cela m'évoquait Accept survitaminé. Ajoutons à cela une mise en scène brulante avec beaucoup de pyrotechnie. Bref, ces deux prestations m'avaient suffisamment impressionné pour assister avec envie à cette troisième.

En fond de scène, une fresque rappelle l'image du dernier album en cours de promotion. Un pentagramme inversé lumineux et/ou coloré selon les périodes s'impose ponctuellement.

Il était de bon ton de rendre hommage au père Ozzy (après son décès cet été, pour ceux qui n'auraient pas suivi) ; les lumières s'éteignent avec NIB de Black Sabbath, puis à l'extinction, la bande son était opportunément la chanson "Bark at the Moon" d'Ozzy Osbourne. Frissons.

On pouvait s'y attendre, le dispositif d'éclairage est excellent et assez innovant. Des rampes atypiques sur trois rangées et six  colonnes éclairent de leurs larges faisceaux les pupitres sur des rythmes trépidants. En revanche, il n'y aura aucun effet pyrotechnique ; ils sont remplacés par des effets spéciaux lumineux. Quant à la sonorisation, elle nous a paru similaire au début de soirée ; toujours très, trop puissante surtout au niveau des basses. Cependant avec les protections auditives, on pouvait distinguer les accords de guitares et la voix rauque de la Belle Canadienne.

Comme prévu ce fut du lourd, du puissant ; les Vikings n'ont pas fait dans la dentelle… A tel point que la prestation m'a un peu déçu, globalement. "Deceiver, Deceiver" débutait le programme sans que je réalise vraiment et pourtant je l'avais apprécié en vidéo ! Ce soir je n'ai pas trouvé la Porte ; le chant guttural n'est décidément pas ma préférence, a fortiori de la part d'une fille. Fort heureusement, je suis assez ouvert d'esprit pour entendre les duels de guitare qui sont une particularité distinctive de leur musique.

Mais n'étant pas un fin connaisseur du répertoire, j'attendais particulièrement l'interprétation de mon titre préféré, "The World Is Yours" (Will to Power, 2017), mais je suppose que les habitués auront été soulagé de ne plus l'entendre ; tant pis pour moi.

Le public semblait dans son ensemble très satisfait ; de notre gradin, c'était impressionnant de regarder les crinières s'agiter vigoureusement, de voir les cercles endiablés, les corps abandonnés portés par des bras secourables, les murs se confronter… Ce fut chaud, et nous étions d'autant plus ravis d'être à l’abri de toute cette agitation.

On aura remarqué la maitrise et l'énergie déployée par la Belle Alissa durant toute la prestation. Elle n'a pas manqué d'arborer (h)ardemment le drapeau d'Arch Enemy durant "Illuminate the Path". Sa francophonie a aidé à entretenir une belle complicité avec le public, qui l'a flattée en scandant son prénom "Alissa !". Cette complicité aurait pu monter encore d'un cran si la reprise de "Vivre libre" avait été l'occasion d'inviter un membre de Blasphème, mais bon…

Fait notable, pour entretenir l'humeur festive, pendant la phase finale, de gros ballons estampillés "Arch Enemy" ont été lâchés dans le public.

ARCH ENEMY nous a interprété seize titres issus de huit albums. Quatre morceaux sont issus de "Blood Dynasty".

PROGRAMME
Bande son introductive : Bark at the Moon, d'Ozzy Osbourne) + Set Flame to the Night
1.          Deceiver, Deceiver (Deceivers, 2022)
2.          Ravenous (Wages of Sin, 2001)
3.          Dream Stealer (Blood Dynasty, 2025)
4.          Blood Dynasty (Blood Dynasty, 2025)
5.          War Eternal (War Eternal, 2014)
6.          My Apocalypse (Doomsday Machine, 2005)
7.          Illuminate the Path (Blood Dynasty, 2025)
8.          Liars & Thieves (Blood Dynasty, 2025)
9.          The Eagle Flies Alone (Will to Power, 2017)
10.      Vivre libre (reprise de Blaphème, 198x)
11.      First Day in Hell (Will to Power, 2017)
Bande son : Saturnine
12.      Sunset Over the Empire (Deceivers, 2022)
13.      No Gods, No Masters (Khaos Legions, 2011)
14.      Avalanche (War Eternal, 2014).
RAPPEL :
15.      Snow Bound (Wages of Sin, 2001)
16.      Nemesis (Doomsday Machine, 2005)
17.      Fields of Desolation (Black Earth, 1996).
Bande son finale : Enter the Machine + Vox Stellarum.

 

L'échoppe ne nous a aucunement tentés ; les t-shirt sont aussi moches que chers.

Mon fils est bien plus enthousiaste que moi. Question de génération probablement. Cette date ne nous laissera pas la meilleure empreinte de l'année, même si plusieurs segments sont parvenus à me séduire malgré tout…