dimanche 17 mai 2026

SAXON + SORTILEGE + OVERDRIVERS – Le Zénith (Paris 19e) – dimanche 17 mai 2026.

Retour vers Mon passé (argh, 45 !).

CHAPITRE I. Nous sommes le dimanche 22 novembre 1981, je suis au PAVILLON BALTARD de Nogent sur Marne (94) pour assister au concert de SAXON, qui assure sa promotion de l'album "Denim and Leather". Je n'ai pas hésité à me procurer le ticket de 53 FF (8,08 €), car depuis l'été 1980 l'album "Wheels of Steel" hante ma platine inlassablement. De même que "Strong Arm Of The Law", que deux potes m'avaient offert pour mon anniversaire. Au grand désespoir de mes parents, le quintuor formé de Biff Byford (chant), Nigel Glockler (batterie), Paul Quinn (guitare), Graham Oliver (guitare), et Steve Dawson (basse) contribue (h)ardemment à entretenir la vague métallique qui déferle sur l'Europe.

En état d'addiction, je retourne volontiers les voir au ZENITH de Paris le vendredi 11 octobre 1985 (tournée Crusader). Puis le dimanche 2 novembre 1986 (tournée Rock the Nation ; Steve Dawson venait alors d'être remplacé par Paul Johnson).

Cependant, durant les années 90, je confesse les avoir un peu négligés au profit de lames plus acérées. Ce désintérêt relatif, est sans doute en accord avec les raisons du départ de Steve Dawson (…), mais aussi une quête de nouvelles sensations. En dépit de cette infidélité, je dois préciser que JAMAIS à ce jour je ne me suis ennuyé à un concert de SAXON ! Ambiance garantie !! Mais par la grâce d'une programmation en tête d'affiche du RAISMESFEST le samedi 13 septembre 2008, SAXON m'inocule une piqûre de rappel.

Malheureusement, durant l'été 2025, Biff Byford a révélé suivre un traitement contre un cancer. Leur tournée qui était prévue à la fin de l'été 2025 fut ainsi reportée. Report confirmé, donc.

Ces gars-là méritent le respect pour leur pugnacité, leur sincérité, même si leurs choix musicaux ne m'ont pas toujours paru opportuns.

SAXON n'était plus revenu au Zénith en tête d'affiche depuis quarante années ! (j'étais présent pour leur belle prestation au Zénith le 8 avril 2024, mais ils étaient invités par Judas Priest). Ce soir, j'assiste ainsi à mon septième concert de SAXON.

CHAPITRE II. Nous sommes le mardi 8 mars 1983, je suis au BATACLAN afin d'assister au concert de DEF LEPPARD qui assure sa promotion du bien-nommé album "Pyromania". Ma dernière année de lycéen n'est pas encore terminée, mais cette soirée en semaine dans le 11e arrondissement n'est pas vraiment un obstacle. Mon ticket m'avait couté 63 FF (9,60 €). Auparavant, j'ai déjà été sensibilisé à SORTILEGE, un p'tit groupe français et francophone qui semble s'installer durablement dans notre paysage musical. L'annonce de son invitation en première partie est une bonne nouvelle ! La prestation de Christian "Zouille" Augustin (chant), Stéphane Dumont (guitare), Didier Demajean (guitare), Daniel Lapp (basse) et Bob Dumont (batterie) achève de me séduire à cette occasion ; la voix claire, rugueuse et juste est d'autant plus éloquente qu'elle exprime des textes en français, et les interventions de guitares sont redoutables pour valoriser des belles mélodies puissamment rythmées. Je me réjouis d'influences habilement exploitées ; celles de Judas Priest principalement.

L'Armée m'appelle le 1er avril 1984, mais même avec un crâne tondu, je n'omets pas la parution du vinyle 33T " Métamorphose ", que je me procure le 23 juin 1984, moyennant 51 FF (7,77 €).

Puis, en dépits d'obstacles militaires, j'avais pris un risque un misant sur le Sésame des deux jours (29 et 30), du BREAKING SOUND FESTIVAL, à l'Espace d'exposition du Bourget, moyennant 185 FF (28,20 €) ! J'assiste ainsi le mercredi 29 aout 1984, à la prestation de SORTILEGE qui est alors à son apogée. Il partage la scène avec l'illustres artistes ; HIGH POWER, BULLET, HEAVY PETTING, METALLICA, Gary MOORE, et OZZY OSBOURNE.

Puis, le 26 juin 1986, je me procure le vinyle 33T " Larmes De Héros " pour 52 FF (7,93 €) [eh oui l'inflation était passée par là !]. Hélas, ce bel album mélodique, (certains l'estimeront un peu moins énergique que le précédent (?!)), scellera le sort du groupe ; c'est le chant du cygne. SORTILEGE, sans doute mal conseillé, mal soutenu, se sépare. Je me souviens qu'à l'époque, leurs obligations militaires avaient été également évoquées pour expliquer cet abandon.

Nota bene : détail que je considère révélateur, en tant que militant pour la langue française ; les tentatives d'adaptation en langue anglaise de leurs deux albums n'ont jamais convaincu, ni les anglais, ni les allemands (et encore moins les Français, évidemment !). Téléphone et Trust s'étaient déjà cassés les dents sur cette prétention, mais les promoteurs sont têtus… La notoriété de SORTILEGE était pourtant en plein essor dans le BENELUX, en SUISSE et même en ALLEMAGNE ! A une époque où TRUST était victime de ses égo et de ses atermoiements, le public français pouvait légitiment miser sur cette valeur montante ! Mais bon…

J'avoue que la reformation de SORTILEGE à l'aube des années 2020 n'avait pas retenu mon attention car elle s'accompagnait de tensions regrettables et ridicules au regard de l'enjeu... Ce soir, j'assiste ainsi à mon troisième concert de SORTILEGE (enfin, ce qu'il en reste)...


Bref, en ce jour frais et pluvieux, mon fils ainé m'accompagne pour cet évènement. Peut-être devrais-je dire l'inverse ; j'accompagne mon fils, car sa motivation a précédé la mienne…

Ouverture des portes à 17:30. Premier choc, en entrant ; la superficie de la fosse est fortement réduite. Décidément, ma nostalgie est entretenue aussi par cette configuration restreinte qui me ramène quatre décennies en arrière, lorsque le Zénith avait accueilli DIO, le 5 mai 1986. En tous cas, je comprends mieux l'affichage prétendument "complet" qui avait bien failli me priver de la soirée ! En effet, je m'étais décidé tardivement, avant de me confronter à l'absence persistante de ticket pour la fosse !! J'étais prêt à renoncer, lorsque j'ai finalement pu me procurer le Sésame la veille, le 16 mai !…

Dans ces conditions, nous parvenons à nous positionner relativement proche de la scène.

OVERDRIVERS [19h-19h20]. https://www.overdriversrock.com/band

La participation d'OVERDRIVERS est une excellente surprise. Ces valeureux ch'timis, dotés d'une énergie communicative et d'un talent indéniable, avaient déjà décrassé mes cages à miel à l'occasion du Raismesfest, le samedi 10 septembre 2016. Nous avions gardé les doigts dans la prise pendant toute leur prestation ! Voici mon récit de l'époque : "Ces Ch'tis de Béthune, sont survoltés, dans un registre délibérément influencé par AC/DC ! Impossible pour le public (auquel je m'associe évidemment) de ne pas battre du pied et de la nuque en écoutant ce hardrock diablement efficace ! Adrien Desquirez au chant et guitare rythmique, Anthony Clay guitare/chœur, Sebastien Lorquet basse/ chœur et Florian Morgano à la batterie délivrent une dose impressionnante d'énergie ! Anthony Clay est le plus turbulent de tous puisqu'il n'hésite pas à faire quelques allers et retours dans le public ravi de partager ainsi cette folie ! Pour eux comme pour l'autre, j'estime cependant qu'ils se singulariseraient en chantant en français ; faute de quoi ils ne peuvent que souffrir de la comparaison avec AC/DC, Airbourne et une multitude d'autres groupes assimilés. Mais nous avons passé un bon moment avec eux, c'est le principal ; pour ce qui est de leur avenir, ça les regarde…"

Fondé en 2015, le quatuor ch'timi n'a pas tardé à réaliser un premier album "Rockin' Hell" paru le 30 avril 2016. Un deuxième, intitulé "She's On Her Period" (alors là, on est au comble de l'élégance !) est paru le 28 Septembre 2018.

Après " Rock Out " un mini-album paru en 2021, le troisième album, intitulé " Glory Or Nothing " est paru le 7 mars 2025.

Je retrouve, fidèles à leur poste, Adrien Desquirez (chant et guitare rythmique), Anthony Clay (guitare solo et chœurs), Florian Morgano (batterie et chœurs), Lion Das Neves (basse et chœurs). Le quatuor perdure depuis dix ans !

L'étroitesse de la salle se reflète sur la scène ; les quatre musiciens sont alignés, batteur compris, sur le périmètre peu profond qui leur est concédé. Curieuse impression, mais finalement intéressant. Au moins, il n'y a pas de jaloux ; tout le monde est à la même enseigne ! L'éclairage est réduit au strict nécessaire, mais on s'en fout, on est là pour le rock'n'roll, sacré nom d'au-delà !

La sonorisation me parait parfaitement maitrisée, équilibrée. Le son est suffisamment puissant pour attiser les humeurs, mais sans excès et donc audible sans besoin de protection.

Les corps s'électrisent sous le joug des rythmes irrésistibles, binaires ou endiablés, des accords de guitares fougueux et des chœurs hargneux. Pas de doute, on est dans le sillage d'un hardrock bigrement efficace, idéal pour festoyer ! Immédiatement, l'auditeur ressent les influences évidentes d'OVERDRIVERS ; AC/DC, ANGEL CITY, ROSE TATTOO, et AIRBOURNE. Le chant rappelle le timbre de Gary Stephen dit "Angry" Anderson. Les guitares émettent le son distinctif des groupes précités.

Mais limiter l'appréciation à cette comparaison serait réducteur et même injuste, car il ne suffit pas d'imiter encore faut-il convaincre ! L'ovation bruyante du public laisse peu de doute sur la satisfaction générale. Le temps de passage est bien trop court, mais avec trois groupes à l'affiche, il fallait s'attendre à une frustration réciproque…

Leur discographie est brièvement évoquée avec une sélection de cinq titres, dont trois issus de "Glory Or Nothing" (2025), un de "She's On Her Period" (2018) et un de "Rockin' Hell" (2016).

PROGRAMME 


1.      Bad Breath Girl (Glory Or Nothing, 2025)
2.      Overdrivers (Glory Or Nothing, 2025)
3.      We Are One (Glory Or Nothing, 2025)
4.      Show Your Boobies (She's On Her Period, 2018)
Guitar Solo
5.      Rockin' Hell (Rockin' Hell, 2016).

Je tiens à les soutenir, en dépit de mon engagement à limiter mes achats désormais (tout commentaire mesquin me semble superflu). A l'échoppe, je me procure deux de leurs albums en CD, même si je trouve le prix un élevé (20€, chaque). A un prix plus raisonnable, j'en aurais volontiers acheté deux autres… Tant pis ! D'ailleurs, l'échoppe dédiée à SAXON montre un magnifique t-shirt de la tournée (les seules trois dates françaises au dos), mais à 40 €, ce sera sans moi !


SORTILEGE [19h45-20h30]. https://sortilege.website/

La genèse débute en 1980 sous le patronyme BLOOD WAVE. Ensuite, ses fondateurs recrutent l'actuel chanteur Christian Augustin, et changent le nom du groupe. Ainsi naquit SORTILEGE. De ce quintuor, je ne retrouve que Christian "Zouille" Augustin (chant, (1981-1986, 1992, et depuis 2018/20). Résultat de regrettables tensions avec ses anciens complices fondateurs, Zouille a dû se résoudre à sélectionner une nouvelle formation. Il est désormais entouré d'Olivier "Commandant" Spitzer (guitare rythmique et chœurs, depuis 2020), Sébastien "Shag" Bonnet (basse et chœurs, depuis 2021), Clément "Cadet" Rouxel (batterie, depuis 2021) et Michaël Zurita (guitare solo, depuis 2025).

Un cinquième album, intitulé "Le Poids de l'âme" est paru le 21 novembre 2025.

En abordant son concert avec un titre de 1984, SORTILEGE ne pouvait qu'animer une forte émotion ! Ça fleure bon mes années 80 !

La sonorisation demeure très bien équilibrée. La scène, ayant gagné en profondeur, laisse légitiment davantage d'espace à la légende française. Un immense drap en fond de scène est à l'image de leur dernier album, faisant allusion à la mythologie égyptienne. L'éclairage est en conséquence plus puissant.

Je suis impressionné par la voix de Zouille au timbre toujours rugueux et juste, alors qu'il a 68 ans et demi, quand même ! Sa tessiture demeure étendue et puissante ; je pourrais fermer les yeux et me croire quatre décennies auparavant ! Impressionné aussi par Michaël Zurita une belle récente recrue qui assure de très bons soli dans le respect du style musical du groupe. Tous les musiciens s'impliquent et assurent le tempo.

Leur prestation est impeccable, les musiciens sont impliqués. La musique résiste bien à l'épreuve du temps et reste puissante, mélodique. J'éprouve beaucoup de respect pour cette volonté commune d'entretenir une Légende française. Néanmoins, en dépit de la sincérité des protagonistes, mon enthousiasme demeure tempéré. Je ne parviens pas dissiper une légère amertume ; ma nostalgie d'une époque lointaine et révolue parce que les membres d'origine ne sont pas parvenus à surmonter des querelles nuisibles à l'ambiance de retrouvailles. Mais je concède que mes états d'âme sont sans doute aussi futiles que les motifs des contestataires. Les absents ont toujours tort.

Quoi qu'il en soit, je suis ravi de partager le plaisir du public, auquel je me joins donc  volontiers lors des ovations. Davantage enthousiaste pour les vieux titres.

Le programme défend bien sûr la récente reformation de SORTILEGE. Il est astucieusement équilibré pour satisfaire à la fois les nostalgiques, et les plus récents admirateurs. Les cinq albums sont évoqués avec onze titres. Trois issus de "Apocalypso" (2023), et deux de "Le Poids De L'âme" (2025). Mais, la large part d'un public grisonnant (dans lequel je m'inclus évidemment) est ravi ; l'âge d'or est fortement valorisé avec trois titres de "Sortilège" (1983), deux de "Métamorphose" (1984), un de "Larmes de héros" (1986).

PROGRAMME

  1. D'ailleurs (Métamorphose, 1984)
  2. Progéniture (Sortilège, mini album, 1983)
  3. Vampire (Apocalypso, 2023)
  4. Chasse le dragon (Larmes de héros, 1986)
  5. Medusa (Le Poids De L'âme, 2025)
  6. Le sacre du sorcier (Apocalypso, 2023)
  7. Civilisation perdue (Métamorphose, 1984)
  8. Le Poids De L'âme (Le Poids De L'âme, 2025)
  9. Poseidon (Apocalypso, 2023)
  10. Amazone (Sortilège, mini album, 1983)
  11. Sortilège (Sortilège, mini album, 1983).


SAXON [21h-22h45] https://www.saxon747.com/

Deux groupes sévissaient dans le Yorkshire durant les années 70, BLUE CONDITION et COAST. En 1975, leur délitement a abouti à la fusion d'un groupe qui s'est d'abord nommé SON OF A BITCH. Ce doux nom ne roucoulait pas aux oreilles du promoteur, et SAXON fut préféré, dès 1978. Ainsi naquit le quintuor avant de connaitre une notoriété ascendante dans les années 80, notamment en assurant les premières parties de soirées pour Motörhead et Ian Gillan Band.

Le vingt-quatrième album studio du groupe, "Hell, Fire And Damnation" est paru 19 janvier 2024. L'album avait été promu lors d'une tournée avec Judas Priest. Cette fois, il s'agit d'une autre tournée intitulée "Castles and Eagles Show", qui compte six dates autonomes mais qui seront suivies de nombreuses participations à des festivals européens, elle a débuté le 24 avril à Barcelone et prévoit de perdurer jusqu'au 28 aout à Wörrstadt (Neuborn Open Air Festival).

Le duo fondateur Biff Byford (chant), et Nigel Glockler (batterie) est désormais entouré de Nibbs Carter (basse, depuis 1988), Doug Scarratt (guitare, depuis 1996), et Brian Tatler (guitare, depuis 2022).

L'atmosphère traditionnelle ne se dément pas, et l'ambiance est belle et bien là, comme d'habitude. La scène est grandiose, avec un gigantesque aigle lumineux qui surplombe la scène. Le secteur de la batterie est entouré d'un décor simulant des murs d'une enceinte médiévale. En fond de scène, un écran diffuse des évocations adéquates ; un circuit de courses motocyclistes, des pochettes d'albums emblématiques ou des allusions aux thèmes chantés (guillotine, croisade,…)

La sonorisation me semble excellente ; elle laisse entendre le chant des guitares et celui d'une voix reconnaissable entre toutes. Biff ne laisse rien paraitre de ses 75 ans, ni de ses soucis de santé.

Le nom donné à la tournée me laissait imaginer un rapport avec l'album "Crusader". Mais, c'est "Wheels of Steel" qui a été privilégié, paru le 3 avril 1980 ; il y a peu plus de quarante-six ans ! Le plus récent album a été brièvement évoqué, mais la majeure partie du concert a évoqué délibérément nos chères années 80, pour le bonheur d'un auditoire ravi !

SAXON célèbre le heavymetal avec une vigueur et une conviction conforme à ce qu'est venu chercher un public fidèle depuis tellement longtemps. SAXON ne s'encombre pas de démonstration de virtuosité (quoique), ce n'est pas son propos ; ici c'est le son mélodique et galvanisant qui priment !

Le rappel débute avec un titre particulièrement symbolique "Denim and Leather" ; des admirateurs n'hésitent pas à jeter leur veste-à-patch sur la scène. C'est alors que les musiciens enfilent tous une des vestes ; on imagine la fierté des propriétaires ! Un grand moment de communion, et de respect mutuel ! Les vestes seront rendues à leurs propriétaires, qui ne manqueront pas de les conserver en reliques, sans plus jamais les laver !

Mais le temps passe trop vite, et déjà "Princess of the Night" clôt le spectacle accompagné d'une assistance en chorale époumonée et particulièrement enthousiaste, comme pour ralentir la chute de ce maudit sable qui ne manquera pas d'arriver à son terme.

SAXON nous a proposé un florilège de leur âge d'or, en évoquant six albums, avec vingt titres, dont les neuf issus de "Wheels of Steel", trois de "Denim and Leather", trois de "Strong Arm of the Law", deux de "Power & the Glory", et un de "Crusader". Et deux de "Hell, Fire And Damnation" histoire de rappeler qu'ils sont encore vivace après toutes ces décennies.

Fait notable et honorable, les programmes diffèrent à chaque date, avec pour socle commun l'album " Wheels of Steel ".

PROGRAMME
Bande-son introductive The Prophecy

  1. Hell, Fire and Damnation (Hell, Fire And Damnation, 2024)
  2. Power and the Glory (Power & the Glory, 1983)
  3. And the Bands Played On (Denim and Leather, 1981)
  4. Dallas 1 PM (Strong Arm of the Law, 1980)
  5. Madame Guillotine (Hell, Fire And Damnation, 2024)
  6. Heavy Metal Thunder (Strong Arm of the Law, 1980)
  7. The Eagle Has Landed (Power & the Glory, 1983)

Wheels of Steel

  1. Motorcycle Man (Wheels of Steel, 1980)
  2. Stand Up and Be Counted (Wheels of Steel, 1980)
  3. 747, Strangers in the Night (Wheels of Steel, 1980)
  4. Wheels of Steel (Wheels of Steel, 1980)
  5. Freeway Mad (Wheels of Steel, 1980)
  6. See the Light Shining (Wheels of Steel, 1980)
  7. Street Fighting Gang (Wheels of Steel, 1980)
  8. Suzie Hold On (Wheels of Steel, 1980)
  9. Machine Gun (Wheels of Steel, 1980).

RAPPEL :

  1. Denim and Leather (Denim and Leather, 1981)
  2. And the Bands Played On (Denim and Leather, 1981)
  3. Crusader (Crusader, 1984)
  4. Princess of the Night (Denim and Leather, 1981).

La messe est dite. Les adeptes ravis se dispersent, l'esprit émerveillé par une parenthèse d'émancipation bienvenue en ce moment…




mardi 12 mai 2026

KARNIVOOL – Bataclan (Paris 11ème) – mardi 12 mai 2026.

 

Cette soirée pose de nouveau un cas de conscience aux mélomanes. La légende vivante, le guitariste virtuose Steve HACKETT joue ce soir à la salle PLEYEL, là-même où nous l'avions vu le 30 novembre 2021. J'aurais pu assister à mon cinquième concert du Monsieur. Il fallait donc arbitrer un dilemme insurmontable et décider la moins mauvaise solution…

L'album de KARNIVOOL "Sound Awake" m'avait séduit en 2019, mais il m'avait fallu attendre sa prestation du 29 juin 2024 pour les découvrir sur scène. Ce jour-là, KARNIVOOL a été le dernier groupe qui a foulé la scène du magnifique Openluchtheater de Valkenburg, dans le cadre du prestigieux Midsummer festival. Après six éditions, le festival a été contraint de déplacer ses rendez-vous annuels, pour une sombre querelle de voisinages … Il se tient désormais à Maastricht (…). Nous n'avions pas eu l'opportunité de revoir KARNIVOOL depuis.

Bref, ces Australiens se font rares dans nos contrées, d'autant plus qu'ils n'avaient rien produit en studio depuis treize années. Ian Kenny justifie cette attente en expliquant que les membres du groupe ont peu d'opportunité de se réunir pour écrire de la musique, car ils vivent éloignés les uns des autres. L'écoute du quatrième album, intitulé "In Verses" (Notez l'astuce ; les initiales du titre évoquent opportunément "quatre" en chiffres romains !), qui est paru le 6 février 2026, m'a finalement convaincu d'acquérir le ticket. Parmi les vingt-deux dates de leur tournée européenne "In Verses Tour 2026", débutée le 14 avril à Copenhague (Amager Bio), deux étapes sont inscrites en France, dont une à Paris. Elle se terminera le 15 mai à Manchester (Academy).

Après une pause de trois semaines dans mon calendrier des concerts, KARNIVOOL avec son metal progressif devrait me distraire d'une sinistre actualité (…). Depuis quatre décennies, j'ai sans doute manqué beaucoup de grands évènements au Bataclan ; CAMEL, PENDRAGON pour ne citer qu'eux. Nonobstant, j'y reviens avec nostalgie, pour une vingt-troisième soirée depuis le 21 mars 1981. Après ce mémorable concert d'IRON MAIDEN, je n'oublie pas toutes ces belles émotions vécues ici avec MOTÖRHEAD, UFO, FRANK MARINO, OPETH, MARILLION, PORCUPINE TREE, ANATHEMA et tant d'autres. Pourtant, je n'étais pas revenu au Bataclan depuis le 10 décembre 2022 (CLUTCH).

J'arrive pour l'ouverture des portes (18h30) ; étonnamment la file d'attente est maigre. En fait, le Bataclan sera bel et bien rempli, mais les gens arrivent à la dernière minute, en ce jour de semaine. Mon fils ainé me rejoint à temps pour me payer une excellente IPA avant d'intégrer la fosse à une position excellente, au troisième rang, légèrement excentré sur notre droite. En fosse, je ne reconnais personne de notre microcosme, dont la plupart est à la salle Pleyel. Toutefois, mon t-shirt de Leprous permet de m'identifier auprès d'un ami virtuel de longue date que je suis ravi de rencontrer enfin !

INTERVALS [19h30-20h15].
https://intrvls.com/
https://www.youtube.com/@Intervalsmusic
https://intervalsmusic.bandcamp.com/album/memory-palace

Ce groupe canadien était totalement inconnu à mon répertoire. J'apprends qu'il fut fondé en 2011, à Toronto (Ontario). Il exprime un metal progressif instrumental. Le guitariste Aaron Marshall en est à l'origine, après avoir quitté son ancien groupe, Speak of the Devil. Il est actuellement entouré de Nathan Bulla (batterie, depuis 2016), Jacob Umansky (basse, depuis 2017), Travis LeVrier (guitares, depuis 2019). Fait notable, entre autres collaborations, le guitariste Plini Roessler-Holgate a également œuvré avec le groupe en 2016.

Son cinquième album, intitulé "Memory Palace" est paru le 17 mai 2024. L'album me semble mal distribué, en tous cas présent uniquement en téléchargement sur leur site officiel, bandcamp, amazon…

Ce que j'ai écouté en préalable m'a séduit. Les commentateurs leur confère le style étiqueté "math metal progressif", soit. Ces sonorités me rappellent celles exprimées par bien d'autres groupes que j'ai vus ces dernières années, surtout à l'occasion de festivals. J'ai assisté avec plaisir aux prestations virtuoses de SPECIAL PROVIDENCE, ANIMALS AS LEADERS, PYMLICO, PLINI, ou encore THE NIGHT VERSES, APOCALYPTICA, OZRIC TENTACLES et J-M. JARRE. D'ailleurs, j'assisterais volontiers à un concert de POLYPHIA ou de LTE.

Bref, fort de mes expériences auditives, je me prête volontiers à cette séquence. Avec cependant une pointe d'inquiétude sur la tournure parfois rébarbative que peut prendre un tel exercice. Rapidement, mes doutes et mes préjugés nocifs s'émancipent par la grâce des talents conjugués par les quatre protagonistes ! L'absence de chant laisse la place à des mélodies instrumentales énergiques et très techniques. Sans connaitre parfaitement leur répertoire, j'ai pourtant pris un énorme plaisir et écouter ce bal des notes tourmentées.

Cette séduction fut aidée par une sonorisation parfaitement adaptée, permettant de percevoir chaque pupitre très distinctement. Je n'ai jamais ressenti  le besoin de me protéger les oreilles, ce qui m'a permis d'écouter toutes les finesses des interventions. L'éclairage, limité au dispositif prévu pour cette première partie, a permis toutefois de bien distinguer les musiciens. En fond de scène, un drap étendu sur toute la largeur montre des symboles liés au groupe.

Une bonne part du public semblait être venue en connaissance de cause. Les corps se mouvaient et les acclamations s'exprimaient avec une conviction préétablie évidente. Une ambiance à laquelle je me suis joint volontiers, je fus conquis par cette aisance à faire voyager les esprits dans un équilibre de puissance et de technicité.

INTERVALS nous a proposé un florilège de leurs albums avec huit titres, dont cinq issus de "Memory Palace".

PROGRAMME

  1. Neurogenesis (Memory Palace, 2024)
  2. Nootropic (Memory Palace, 2024)
  3. Galaxy Brain (Memory Palace, 2024)
  4. Leave No Stone (The Way Forward, 2017)
  5. Mata Hari (In Time, mini album 2012)
  6. Epiphany (In Time, 2012)
  7. mnemonic (Memory Palace, 2024)
  8. Chronophobia (Memory Palace, 2024).

Un tour à l'échoppe accentue mon incompréhension sur leur politique commerciale ; pas de CD à vendre.

mercredi 22 avril 2026

ROBERT JON & The Wreck – Alhambra (Paris 11) – le mercredi 22 avril 2026.

Après une première immersion d'un mois en aout 1980, je ne suis plus retourné aux Etats-Unis. Quarante-six années que ses paysages et son atmosphère me manquent. Il me reste de beaux états à visiter… Mais disons que le pays de Jimmy Carter a bien changé. Et puis, les conditions d'accès se compliquent toujours davantage (elles l'étaient déjà auparavant).

A défaut de s'y rendre, il reste le rêve. Pour cela ses artistes peuvent nous aider. Notamment ses musiciens. En l'occurrence, ROBERT JON & The Wreck a ravivé la flamme du rock sudiste qui s'était quelque peu affaiblie ces dernières décennies, avec les décès de nombreux héros des années 70 et 80. Des groupes ont disparus, quand d'autres tentent encore de nous faire croire aux fantômes ou aux morts-vivants.

Mais la bande d'épaves à Robert a décidé de redresser la situation, et de fort belle manière ! Il était venu hanter nos contrées, bien avant que je découvre son existence. Depuis le 8 avril 2015, (au The Blue Devils, à Arras, un site fermé, depuis) le groupe visite fréquemment notre beau pays. Mais pour ma part, ce n'est que le dimanche 10 septembre 2023 que j'ai découvert ces américains, à l'occasion du Festival Raismesfest. Ce jour-là nous étions nombreux à avoir été sidérés, abasourdis (mon récit). Non le rock sudiste n'est pas mort ! Nous l'avons vérifié le samedi 16 novembre 2024 au Trabendo (mon récit), inscrivant ainsi ces artistes à notre liste des incontournables à revoir inlassablement !

Pour rappel, ce quintuor américain de blues rock et de rock sudiste a été fondé en février 2011, non pas en Alabama, mais dans le comté d'Orange, en Californie, aux États-Unis. Un premier album autoproduit, intitulé "Fire Started" est paru le 2 Septembre 2011.

La discographie de ROBERT JON & The Wreck est déjà dense ; le neuvième album studio "Heartbreaks & Last Goodbyes" est paru le 22 aout 2025. Mais il ne faut pas négliger les parutions intermédiaires que constituent les "Wreckage", dont le troisième volume parait ce 1er mai 2026. Ce sont des sortes de compilations de titres joués en concert, de reprises, ou de monoplages inédits. Régal garanti !

Nous n'avons pas hésité à nous procurer nos tickets dès le 23 octobre 2025, dans la foulée de l'acquisition du nouvel album ! La tournée promotionnelle demeure dense ; actuellement une nouvelle session européenne vient de débuter ce 14 avril à Herne Bay (The Kings Hall, Canterbury) qui s'achève ce 9 mai 26 à Bruxelles (Ancienne Belgique). Quelques dates aux Etats-Unis durant l'été, puis ce sera un retour pour quelques semaines en Europe le 2 octobre !

Ma p'tite Fée et moi sommes accompagnés de Véro et Xavier qui avaient découverts avec nous le groupe lors du fameux festival. Mon prosélytisme acharné a fini par convaincre un troisième couple, Murielle et Éric. Ils ne le regretteront pas.

C'est la troisième fois ce soir que nous retrouvons l'Alhambra ; nous étions venus ici pour RIVERSIDE (16/10/23) et pour HAKEN (23/9/24). J'aime beaucoup cet auditorium, son cadre, son acoustique ; elle peut accueillir entre 600 et 800 personnes selon sa configuration. A l'ouverture des portes, à 19h, avec ma p'tite Fée et nos amis, nous nous engouffrons au balcon et prenons place assise juste à côté de la console de sons. L'acoustique s'avérera excellente ! Le point de vue est un peu éloigné (relatif dans cette petite salle), et l'ambiance de la fosse nous manque mais l'emplacement nous permet de ne pas trop fatiguer en ce jour de semaine (eh ouai, demain on bosse). En tout état de cause, la salle est pleine comme un œuf !

A l'échoppe, je suis victime d'une fièvre acheteuse ; je me saisis des volumes 2 et 3 de "Wreckage", pour 15€ pièce. Ma p'tite Fée m'offre de surcroit un pin's qui sera du plus bel effet sur mon cuir !

EARTH MOTION [20h-20h30]
https://earthmotion.bandcamp.com/album/earthmotion

Difficile de glaner des informations sur ce groupe français mais anglophone, qui semble s'être récemment formé à Reims (France). EarthMotion a joué pour la première fois ses compos sur scène le 29 mars 2025, devant le public du Music & Bike. Une année plus tard, le quatuor ne cache pas son plaisir de jouer au théâtre de l'Alhamlbra, à Paris ! Un premier mini-album (trois titres/quatorze minutes) est paru le 24 octobre 2025.

Actuellement, le quatuor se compose de Tom Aeschbach (chant, Guitare), Tristan Appert (batterie), Florian "pepito" Pascual (basse), et Tom Caburet (claviers), le tout sonorisé par Anouchka Starzynski.

Cette première a dû justifier une pression considérable et compréhensible sur les intéressés. Leur audace mérite le respect. Cette formation a au moins le mérite de s'engager à promouvoir un style devenu rare sur nos scènes. Nous avons ainsi passé une petite demi-heure bien sympa, aux sonorités conformes au thème de la soirée. Du bon rock sudiste joué de manière un peu académique mais avec de bonnes séquences. Gageons qu'avec un peu plus d'expérience, ils confirmeront une impression encourageante.

PROGRAMME

  1. Rock'n'Roll Band
  2. Bad Decision
  3. 1969
  4. Lonely Man
  5. I won't Get Down. 


ROBERT JON & The Wreck [21h-22h30]
https://robertjonandthewreck.com/

Nous retrouvons donc Robert Jon Burrison (chant, guitare), entouré d'Andrew Espantman (batterie, chœurs depuis 2011), Henry-James Schneekluth (guitare solo, chant, depuis 2017), Warren Murrel (basse, depuis 2017), et Jake Abernathie (claviers, depuis le 16 avril 2023).

Un drap couvre tout le mur du fond, le nom du groupe couronne un dessin (des ailes d'aigle ?) rappelle l'iconographie animalière qui apparait sur les t-shirts des tournées du groupe (éléphant, ours, …)

Le premier titre me surprend car je ne le reconnais pas, alors que j'avais pris la précaution de réécouter la discographie ces derniers jours… En fait, il s'agit d'un titre du récemment paru "Wreckage, volume 3" ! C'est compliqué de suivre l'actualité de ces insatiables musiciens ! On se demande où ils trouvent le temps d'enregistrer alors qu'ils semblent constamment en tournées, sur des dizaines de concerts par an…

Bref, le quintuor taillé pour la scène nous happe immédiatement avec son énergie à l'état pur, son rythme imprégné d'un blues-rock étourdissant, qui rappelle l'ambiance enivrante des pianos-bars américains. Il ne manque au tableau qu'une brochette de choristes, telles que Lynyrd Skynyrd parvenaient à entretenir. Mais pas grave, les musiciens assument parfaitement cette fonction avec émotion, enrichissant ainsi les mélodies endiablées par les soli de guitares et de claviers.

La basse est surplombée du large sourire émaillé de Warren Murrel. Avec ses lunettes et sa tête levée vers les étoiles, il me fait penser à Gilbert Montagné, et montre encore un vrai bonheur à planter ses clous, en parallèle aux frappes d'Andrew Espantman, son complice rythmique, le plus ancien membre avec Robert Jon. Jake Abernathie, le dernier arrivé dans la bande, contribue par ses chœurs et par ses claviers, à accentuer encore l'identité américaine de la musique.

Le cas du guitariste Henry-James Schneekluth est à part. Ce monsieur focalise les regards, et davantage encore les oreilles. Avec son apparence décalée tout droit sortie des années 70, il n'en demeure pas moins un intarissable guitariste, sans cesse dans le jeu. Sans démonstration, sobre dans l'attitude mais exubérant dans la richesse des accords, il optimise l'harmonie dans le contre chant avec une technicité hors du commun, sans médiator. Ses doigts galopent inlassablement sur l'instrument, et le bottleneck vient souvent frotter le manche pour accentuer encore les atmosphères bluesy.

Le superviseur en chef, Robert Jon Burrison, ne me semble pas particulièrement charismatique ; "hello Paris, how are you doing ?" et quelques locutions convenues ne laissent pas un souvenir impérissable. On retiendra juste qu'il est ravi de jouer dans une salle parisienne plus grande qu'à son précédent passage. En revanche, sa tessiture est parfaitement adaptée aux atmosphères sudistes. D'autant plus étonnement qu'il est Californien ! Sa voix est calibrée d'une intonation qui rappelle celle de ses illustres sources d'inspiration. Ses duos de guitare avec Henry entretiennent les sons légendaires et m'enivrent l'esprit; Le Patron est pourtant suffisamment humble pour se placer en retrait dès que l'un de ses musiciens s'exprime. Le regard obscurci par l'ombre de son chapeau de cow-boy, les traits de visage masqués par une barbe hirsute, on distingue pourtant dans son attitude un vrai plaisir.

Au-delà de la maitrise de chacun, le groupe permet à son auditoire de voyager dans l'espace (aux Etats-Unis) et dans le temps (les 70's). En ce sens, ROBERT JON & The Wreck répond à notre quête d'évasion ! Il entretient une image fantasmée de l'Amérique et d'une époque révolue. Dans l'auditoire, les crânes à la pilosité dispersée et grisonnante trahissaient un certain âge, pour ne pas dire un âge certain. D'ailleurs, mon fils aîné n'est pas venu ce soir… Notre génération s'accroche à des symboles : ROBERT JON & The Wreck en est un.

Nous avons eu quatre-vingt-dix minutes de bonheur, l'intensité des ovations l'exprime bruyamment.

Le programme est un magnifique florilège de douze titres issus de leur discographie entre 2015 et 2026, ce à quoi ils ont intercalé une surprenante reprise de THE WHO (1982). Si quelques titres de leur répertoire sont devenus incontournables, trois sont toutefois issu du récent "Heartbreaks & Last Goodbyes".

PROGRAMME

  1. Put Your Money Where Your Mouth Is (Wreckage, Vol. 3, 2026)
  2. Hold On (Red Moon Rising, 2024)
  3. Blame It on the Whiskey (Glory Bound, 2015)
  4. Ashes in the Snow (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  5. Dark Angel (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  6. Better Of Me (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  7. Red Moon Rising (Red Moon Rising, 2024)
  8. Eminence Front (reprise de The Who, It's Hard, 1982)
  9. Old Friend (Robert Jon & The Wreck, 2018)
  10. Glory Bound (Glory Bound, 2015)
  11. Oh Miss Carolina (Last Light on the Highway, 2020)
  12. Cold Night (Glory Bound, 2015).

RAPPEL :

  1. Do You Remember (Last Light on the Highway, 2020).

 


dimanche 29 mars 2026

GAZPACHO – 29 et 30 mars et 3 avril 2026.

 

Rarement la perception d'une Musique n'aura aussi bien illustré l'expression "trouver la Porte".

GAZPACHO est à part. D'ailleurs, selon les impressions des chroniqueurs, journalistes, commentateurs, l'étiquette attribuée diffère ; je cite, ce serait du néo-prog, du pop-rock, du rock alternatif, de l'art-rock… Bref, c'est pour moi une expression d'un rock hybride qui entraine son auditeur vers l'onirisme, la poésie, la douceur. Rien à voir donc avec la réputation de leurs ancêtres vikings, en tous cas telle que notre mémoire collective l'entretient. Trop souvent évalué à l'aune de son illustre parrain MARILLION, il s'en distingue pourtant par une réelle identité, avec un talent singulier pour bercer les esprits élégiaques.

GAZPACHO, fondé en 1996 à Oslo, fait partie de ces artistes dont l'activité a entretenu les commentaires dithyrambiques sur un forum musical que je consultais à la fin des années 2000… Je confesse avoir trop longtemps manqué d'intérêt pour GAZPACHO. Pourtant, j'ai toujours globalement apprécié, notamment à la parution de leur album "Tick Tock" (2009) en particulier, mais sans jamais accrocher au point de les suivre vraiment de près. Ce n'est que le 30 juin 2018 que j'ai pu assister à un de leurs concerts (tournée Soyuz), à l'occasion du festival BeProg, MyFriend de Barcelone. Avant de tomber définitivement dans cette Soupe scandinave, l'engouement est venu doucement, un peu au rythme de leur musique profondément émotionnelle, qui évoque parfois la mélancolie, le mystère, le destin. L'astre m'est apparu (très) lentement, au fil des années. Une lumière qui s'est soudainement amplifiée lorsque, par prosélytisme taquin, j'ai contrarié l'adversité de ma P'tite Fée que j'agaçais dès que je posais un de leurs albums sur la platine… Finalement, tous les deux, nous avons été totalement séduits à l'occasion de leur concert au Petit Bain, en ce jour béni du 26 avril 2022. Depuis cette Illumination, nous guettons la moindre occasion de les revoir en concert !

Cependant, le sextuor aussi talentueux soit-il, ne jouit que d'une notoriété confidentielle, et ses membres doivent donc travailler pour gagner leur vie. C'est sur leur temps de loisir qu'ils assument leur passion musicale. Les enregistrements et les promotions empiètent sur leur vie de famille, sur leur repos, sur leurs congés. GAZPACHO ne prodigue ainsi que quelques concerts par an. Pour ma part, ce n'est que la cinquième fois que je les revois ce soir, à Verviers.

Quoiqu'il en soit, en ce qui nous concerne, nous avons estimé que ce saupoudrage est insuffisant.

La participation de GAZPACHO au Midwinter Festival à Utrecht le 7 février 2026 n'avait fait qu'amplifier notre envie de les revoir. GAZPACHO a ensuite débuté une tournée de neuf étapes, le 26 mars à Oberhausen (Allemagne), qui prendra fin le 30 mai à Oslo (Norvège). Dès la mi-décembre 2025, à l'annonce ces dates, nous avions acquis nos tickets pour deux cibles, une aux Pays-Bas le 29 et une autre en Belgique le lendemain.

Nonobstant, son escale parisienne du 3 avril nous a posé un choix cornélien ; une convergence malheureuse de quatre concerts. Le même jour, LAZULI est Chez Paulette, et DeWOLFF est au Bataclan. De surcroit, nous avions déjà validé un premier arbitrage en acquérant les places pour ARCHIVE à la Seine Musicale ! Nous les avons finalement cédées, après un arbitrage estimant que GAZPACHO est plus rare et donc prioritaire.


Nous voilà de nouveau engagé sur un parcours musico-touristique de quelques 1200 kilomètres reliant donc notre domicile à Zoetermeer (PB) le 29 mars, à Gouda (PB) le 30, à Verviers (B), puis à Orval (B). Notre retour sera l'occasion d'une pause avant un rebond à Paris 13ème, le 3 avril.

PREMIERE ETAPE. LE DIMANCHE 29 MARS, ZOETERMEER, Boerderij (460 km, -5 heures de routes)

Pour la seconde fois en ce mois de mars, nous reprenons la route vers le bien-nommé plat-pays. La première étape à Zoetermeer est située dans la banlieue de La Haye (Den Haag, en néerlandais), compte tenu de quelques 460 km, soit un peu moins de cinq heures de routes, quand même … Nous reprenons nos quartiers à l'hôtel Golden Tulipe que nous avions quitté quinze jours auparavant (voir récit Lazuli).

Après un temps de repos et de restauration, nous nous rendons en voiture (afin d'éviter un dédale urbain peu attrayant) sur l'aire de stationnement gratuit du Boerderij. Seuls deux passionnés sont déjà devant la porte de l'Antre légendaire ; ce sont des Français (venus de Lorient, et de Grenoble) ! D'ailleurs, deux autres passionnés qui arrivent ensuite sont encore des Français (venus de Valenciennes) !! Nous voilà rassurés ; nous ne sommes pas les plus fêlés !

Nous parvenons à nous ranger au bord de la scène, proche du micro central, sur le centre gauche en tant que spectateur. Nous pourrons demeurer toute la soirée à cet emplacement, choisi pour sa proximité avec les pupitres de Jan-Henrik et celui de Mikael. La salle sera bien remplie (sans toutefois afficher complet) et le balcon est ouvert (il était fermé pour Lazuli).

HAMASAARI [20h-20h35]. hamasaari.com

Inconnu à mon répertoire, je m'étais intéressé en préalable sur la nature de ces invités. J'apprends ainsi que "HamaSaari est un groupe de rock progressif français, fondé en 2021, après la dissolution de Shuffle. Trois membres sont originaires de Le Mans et un de Nantes."

Un premier album (7 titres), intitulé "Ineffable" est paru le 03 Mars 2023. Puis "Pictures" (7 titres) est paru le 23 Janvier 2026. Notons qu'ils font partie du catalogue du label musical Klonosphere.

HAMASAARI est composé de Jordan Jupin (chant, guitare), Axel Vaumoron (guitare), Elie Chéron (batterie), Jonathan Jupin (basse).

J'imagine l'inquiétude des musiciens qui doivent exposer leur Création à un auditoire, a fortiori en terres étrangères. Le jeu périlleux et aléatoire de séduction dépend certes du talent exprimé par les musiciens, de l'intérêt de l'auditeur pour son univers, mais aussi de l'acoustique de la salle et de la sonorisation. La sonorisation m'a semblé assez surpuissante pour m'imposer les protections auditives, sans toutefois altérer la perception des pupitres. Le dispositif d'éclairage me semble généreux dans son jeu de couleurs, pour cette première partie de soirée. Un drap noir estampillé d'une fresque et du logo blanc du groupe s'étend sur le mur du fond.

Ces conditions étant plutôt favorables, je perçois ainsi un style relativement varié même s'il tend le plus souvent vers un post-rock. Un genre qui privilégie les ambiances collectives, et laisse peu de place aux individualités ; pas de soli de guitare. L'exubérance est plutôt dans l'attitude des musiciens, qui appuient leurs accords avec une conviction démonstrative. Ce quatuor manceau, mais anglophone, exprime des sonorités qui laissent percevoir quelques influences notables, telles que Porcupine Tree, The Pineapple Thief, Klone, Opeth, voire Mogwai, Pink Floyd. D'ailleurs, nous observons d'autres allusions à l'univers wilsonien ; les deux frères Jupin sont des va-nu-pieds sur scène, l'apparence de Jordan rappelle celle de Steven plus jeune, et la guitare verte de Jordan est similaire à celle du Génie. Les atmosphères sont alternativement éthérées, mélancoliques ou brutales, avec des voix claires le plus souvent, parfois gutturales. C'est puissant, aérien, envoutant.

A ce stade de découverte, je m'estime séduit. Suffisamment intéressé en tous cas, pour continuer à explorer leur univers. Mais c'est un premier contact ; deux autres suivront… HAMASAARI jouit là d'une opportunité exceptionnelle ; il bénéficie du confort d'un bus de tournée et des structures généreusement partagées par GAZPACHO pour sillonner le Nord de l'Europe sur huit (des dix) escales.

En tout état de cause, le public néerlandais a accroché et ovationne le valeureux quatuor français.

HAMASAARI nous présente un florilège de leur discographie ; les deux albums sont évoqués avec six titres, parmi lesquels quatre sont issus de "Ineffable" et deux de "Pictures".

PROGRAMME

  1. Frames (Pictures, 2026)
  2. Lost in Nights (Pictures, 2026)
  3. White Pinnacles (Ineffable, 2023)
  4. Crumbs (Ineffable, 2023)
  5. Bleak (Ineffable, 2023)
  6. Prognosis (Ineffable, 2023).

GAZPACHO [21h-23h05]. https://gazpachoworld.com/

Son douzième album, "Magic 8-Ball" est paru le 31 octobre 2025. Ceux qui s'intéressent aux textes anglophones nous rapportent qu'il explore le thème du Destin. La Magic 8-Ball serait une boule censée prédire l'avenir, un jouet qui semble être réputé dans les pays anglo-saxons…

Une des qualités du sextuor est la stabilité. Le trio fondateur maintient le cap depuis le début. Autour de Jan-Henrik Ohme (chant, depuis 1996), Jon-Arne Vilbo (guitares, depuis 1996), et Thomas Andersen (claviers, depuis 1996), se sont fidélisés Mikael Krømer (violon, guitares, mandoline, depuis 2001), Kristian Torp (basse, depuis 2005), ainsi que Robert Johansen (batterie, de 2004 à 2009, et depuis 2017).

En introduction, un mini-film diffuse des images sidérales qui me rappellent fortement celles qui illustraient la récente tournée de Steven Wilson. Il introduit magistralement "We Are Strangers". La douce voix de Jan-Henrik résonne sur des rythmes ondulatoires propices à bercer immédiatement les mélomanes…

Le Boerderij jouit d'une réputation honorable compte tenu de la liste des artistes venus s'y produire et même y enregistrer des concerts. D'ailleurs, Jan-Henrik n'a pas manqué de souligner que GAZAPACHO fait systématiquement étape ici à chacune de ses tournées. L'espace scénique est certes relativement vaste ; il permet un dispositif d'éclairage conséquent, ainsi qu'un vaste écran mural. De fait, le groupe peut ainsi diffuser des illustrations au cours de sa prestation. Toutefois, à l'instar de ma première présence, l'acoustique ne me semble pas exceptionnelle ; je perçois des réverbérations et un excès de basses. Ô rien de rédhibitoire, d'autant moins que ce style musical n'a pas vocation à privilégier la brutalité. Après quelques minutes ponctuées de larsens et de sons graves prédominants, l'ingénieur du son finit par établir un équilibre appréciable.

GAZAPACHO nous délivre une prestation conforme à notre attente. Le choix des titres est d'autant plus réjouissant qu'outre la promotion légitime du récent album, nous pourrons assister à une large évocation de l'opus culte paru en 2009, "Tick Tock". L'auditoire écoute religieusement, nous pouvons capter tout le talent de ces Norvégiens.

L'attention de l'auditeur a tendance à se porter sur le chant tellement émouvant de Jan-Henrik ; il vit son texte avec une éloquente sobriété. Cet oxymore se prête parfaitement à la prestation de ce chanteur, dont il parait vain de chercher à accompagner la ligne mélodique, tant elle est d'une grande complexité. Le vibrato de son timbre de voix exprime merveilleusement l'intensité émotive. Une sensibilité que j'observe aussi dans le jeu des autres musiciens. Mikael émet en douceur des accords enivrants au violon (notamment son introduction de "Golem", ou son final de "Upside Down"), et intervient à la guitare avec délicatesse et parcimonie pour accompagner son complice Jon-Arne. Ce dernier tout aussi délicat produit ses accords finement ciselés, qui accentuent grandement la qualité des mélodies. De même que Thomas, dont les notes de claviers donnent aux chansons leur ampleur onirique ou mystique (par exemple pour accompagner le violon sur "Upside Down"). Kristian demeure statique en fond de scène, et pourtant ses accords tout aussi délicats que les autres accentuent opportunément les rythmes si particuliers. L'impressionnante stature de Robert (celle d'un authentique bucheron viking !) tranche avec la subtilité de ses frappes ; elles alternent les cadences puissantes et les caresses habiles. En le voyant resserrer la peau de sa caisse claire, je me suis dit qu'elle était mise à rude épreuve…

Ces six musiciens s'expriment en parfaite harmonie, les échanges de regards complices et de sourires trahissent un vrai plaisir de jouer ensemble.

Le public de connaisseurs ovationne chaleureusement ces valeureux Norvégiens, obtenant ainsi un rappel composé de trois chansons, dont une inattendue "Bravo" qui date de 2003, qui n'avait plus été jouée depuis 2012 !

GAZAPACHO nous présente un florilège de leur discographie avec sept albums dont on écoute seize titres (en fait, treize dont deux déclinés), parmi lesquels on distingue cinq issus de "Magic 8-Ball", trois (dont deux subdivisés) de "Tick Tock", un de "Soyuz", un de "Night",  un de "Missa Atropos",  un de "March of Ghosts",  un de "Bravo".

PROGRAMME
Bande-son introductive

  1. We Are Strangers (Magic 8-Ball, 2025)
  2. Soyuz One (Soyuz, 2018)
  3. Golem (March of Ghosts, 2012)
  4. Gingerbread Men (Magic 8-Ball, 2025)
  5. 8-Ball (Magic 8-Ball, 2025)
  6. The Walk, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  7. The Walk, Part 2 Tick Tock, 2009)
  8. Starling (Magic 8-Ball, 2025)
  9. Upside Down (Night, 2007)
  10. Sky King (Magic 8-Ball, 2025)
  11. Tick Tock, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  12. Tick Tock, Part 2 (Tick Tock, 2009)
  13. Tick Tock, Part 3 (Tick Tock, 2009).

RAPPEL :
Bande son introductive : Mass for Atropos III)

  1. Defense Mechanism (Missa Atropos, 2010)
  2. Winter Is Never (Tick Tock, 2009)
  3. Bravo (Bravo, 2003).

The Walk à Zoetermeer 



A l'échoppe nous prenons chacun notre t-shirt de la tournée (25 € pièce, seulement !) et le cd de l'album "Bravo" (15 €) qui manquait à ma collection. Notons que le lendemain, les Belges feront remarquer une erreur sur la liste des villes affichées au recto du t-shirt ; VERVIERS est mentionné sans son "s" ! On leur pardonnera volontiers !!

Puis, alors que nous dégustions une succulente Trappe à la pression (une blonde pour madame, une Isid'Or pour monsieur), Jan-Henrik Ohme nous fait le plaisir de venir nous saluer chaleureusement ! Son accolade nous honore et ouvre une discussion sur nos impressions de la soirée. Cet artiste est vraiment un être exquis, modeste sincère et d'une grande sensibilité, conforme à celle qui émane de son attitude scénique.

Cependant, nous ne tardons pas à rentrer ; il faut ménager notre monture pour poursuivre cette aventure.


DEUXIEME ETAPE. LE LUNDI 30 MARS, escale à GOUDA, puis VERVIERS, Spirit of 66. (260 km, +3 heures de routes)

En tant que grands amateurs de fromages, nous savions déjà (depuis notre visite d'Amsterdam en 2024) que les fromages néerlandais sont bien meilleurs à déguster sur place que ceux qui sont exportés. Nous avons donc décidé de faire une escale intermédiaire à Gouda. Cette bourgade sillonnée par des canaux, s'est révélée magnifique, dans la pure tradition néerlandaise. Nous avons trouvé une boutique spécialisée dans les fromages locaux, dans laquelle nous avons trouvé diverses sources de régal… Dommage que la météo ne fut pas favorable.

Le parcours nous parait d'autant plus long que la vitesse est strictement limitée (…) et que la météo est toujours aussi exécrable. Mais il nous en faudrait plus pour nous démotiver. Arrivés enfin à Verviers, nos rites étant intangibles, nous nous rendons en premier lieu à "la Fringale" notre friterie favorite. Une légère collation dûment arrosée d'une bonne "Curtius", la bière locale servie à la pression, nous recharge les batteries. Puis nous rejoignons notre hôtel fétiche où nous attends Maggie, toujours aussi accueillante. Une chambre douillette nous permet un p'tit sommeil réparateur avant d'entamer une nouvelle soirée, qui sera aussi émouvante que la veille, nous n'en doutons pas…

Arrivés sur le pas de la salle mythique, nous retrouvons notre ami Marc, l'insatiable voyageur-chasseur d'images. Avec quelques autres mélomanes, les discussions s'animent autour des concerts vécus ou prévus. D'autres amis de notre microcosme viendront nous retrouver au cours de la soirée…

Arrivés parmi les premiers, nous n'aurons aucune difficulté à retrouver notre emplacement favori, au bord de la scène. Nous sommes ainsi toujours à proximité du micro central, mais cette fois sur la droite en tant que spectateur, et donc non loin de Jon-Arne, avec une perspective rapprochée sur Thomas. Pour un lundi, il est permis de se réjouir de constater une salle bien remplie, fosse et balcon.

Le mur du fond de scène permet rarement aux artistes d'étaler leurs artifices ; ce soir pas d'écran, ni drap de présentation, seul le nom du lieu. Nous sommes ici au (saint-)Spirit, sacré nom d'Au-Delà, les adeptes de l'Assemblée sont priés de se concentrer sur la Musique, rien que la Musique !

HAMASAARI [20h15-20h50].

L'impression laissée par leur prestation la vielle se confirme, et la séduction s'accroît. Avec une honorable audace, ils ont choisi de modifier leur programme. L'ordre des titres diffère ; "White Pinnacles" et "Crumbs" de l'album "Ineffable", sont remplacés par "The Wild Ones" et "Our Heads Spinning" de l'album "Pictures".

En dépit de petits équilibrages nécessaires en début de concert, la sonorisation va s'avérer plus agréable à mes oreilles que celle d'hier. S'agissant du dispositif d'éclairage, on sait bien que ce n'est pas le fort de cette salle, aussi sympathique soit-elle, mais bon il est toutefois suffisant.

Ce deuxième concert d'HAMASAARI me laisse entrevoir davantage encore les qualités, la diversité des ambiances.


Jordan exprime ses commentaires et remerciements en français ; le courant passe d'autant mieux avec le public belge. Ce qui ravit évidemment les quatre manceaux, qui vivent décidément une bien belle aventure en compagnie de GAZPACHO.

HAMASAARI nous présente un florilège différent de la veille ; des deux albums sont tirés six titres qui accordent une plus large part à "Pictures" avec quatre titres, alors que deux sont issus de "Ineffable".

PROGRAMME

  1. Frames (Pictures, 2026)
  2. The Wild Ones (Pictures, 2026)
  3. Lost in Nights (Pictures, 2026)
  4. Our Heads Spinning (Pictures, 2026)
  5. Bleak (Ineffable, 2023)
  6. Prognosis (Ineffable, 2023).

GAZPACHO [21h15-23h05].

Il n'y a pas de film d'introductif, compte tenu de la configuration de la salle (…), une courte bande-son prévient du concert, avant d'engager "We Are Strangers".

A l'instar de la veille, la sonorisation a montré quelques soucis d'équilibre des basses sur les premiers titres, avec un ou deux larsens, mais rien de grave. Globalement, j'ai même davantage apprécié la profondeur du son ici. Le dispositif d'éclairage de cette salle favorise comme d'habitude les tons sombres, rougeoyants et bleutés. La scène est moins spacieuse que la veille, mais le sextuor a pu se caser (à l'instar du septuor Mostly Autumn !).

GAZPACHO nous présente un florilège similaire, quoiqu'écourté par rapport à la veille. Le titre "Bravo" est évincé, ce qui nous procure un sentiment privilégié par rapport au public de ce soir ! Détail amusant, nous lisons leur liste au pied d'un pupitre ; elle est complètement fantaisiste ! Les titres sont évoqués par allusions détournées.



Une appréciation froide et sans passion pourrait railler la similarité du programme. Mais je rappelle qu'au contraire nous sommes dans une démarche admirative et insatiable pour ces passeurs de rêves. Loin de nous lasser, l'écoute de ces interprétations nous ravit chaque jour autant, et contribue à nous évader un tant soit peu d'un monde hystérisé. Nous prenons autant de plaisir à assister aux concerts, qu'à les commenter avec les musiciens, et des musicophiles comme nous.

Côté ambiance, la mentalité belge wallonne est partiellement latine, donc plus proche malgré tout de la nôtre que celle des néerlandais ; l'exaltation est davantage démonstrative, tout en demeurant respectueuse et bienveillante. L'ovation est bruyante et reconnaissante pour ces vecteurs scandinaves d'évasion.

PROGRAMME
Bande-son introductive [écourté]

  1. We Are Strangers (Magic 8-Ball, 2025)
  2. Soyuz One (Soyuz, 2018)
  3. Golem (March of Ghosts, 2012)
  4. Gingerbread Men (Magic 8-Ball, 2025)
  5. 8-Ball (Magic 8-Ball, 2025)
  6. The Walk, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  7. The Walk, Part 2 Tick Tock, 2009)
  8. Starling (Magic 8-Ball, 2025)
  9. Upside Down (Night, 2007)
  10. Sky King (Magic 8-Ball, 2025)
  11. Tick Tock, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  12. Tick Tock, Part 2 (Tick Tock, 2009)
  13. Tick Tock, Part 3 (Tick Tock, 2009).

RAPPEL :
Bande-son introductive : Mass for Atropos III)

  1. Defense Mechanism (Missa Atropos, 2010)
  2. Winter Is Never (Tick Tock, 2009).

Si la durée du concert fut plus courte que la veille (sans le film et sans le seizième titre), en revanche, les musiciens nous ont paru encore avantage disponibles. Ma p'tite Fée et moi en profitons pour recueillir les dédicaces sur l'album acquis la veille, et pour saisir des portraits immortalisés par notre ami Marc.

On constate ainsi une fois de plus les qualités humaines de tous ces musiciens ; ce sont des gens sensibles, humbles, voire timides. Ils nous confirment notamment que leur musique est une passion, un loisir qui ne leur rapporte pas assez pour vivre ; ils travaillent pour gagner leur vie, et ils ont dû prendre des congés pour accomplir cette tournée ! Respect. Personnellement je suis heureux d'avoir pu exprimer toute mon admiration à Jan-Henrik Ohme, Jon-Arne Vilbo, Thomas Andersen, et Mikael Krømer, tous très disponibles et souriants !




merci Marc !


TROISIEME ETAPE. LE MARDI 31 MARS : ABBAYE D'ORVAL. (140 km, ~2 heures de routes)

A priori, nous ne prévoyons pas de revenir au Spirit de Verviers avant le 6 novembre (pour PENDRAGON), mais les affiches sont tellement attractives que nous ne jurons de rien. Quoiqu'il en soit, nous prenons la route vers les Ardennes belges pour faire un plein d'un divin breuvage !

En préalable à notre départ, j'avais réservé un créneau horaire pour échanger mon casier de 24 bouteilles vides consignées avec la recharge adéquate. Notre humble, mais essentielle, contribution aux providentiels efforts des honorables moines étant accomplie, nous nous rendons au restaurant "L'Ange Gardien". L'agape est arrosé d'un succulent… Orval vert servi à la pression, bien entendu. Difficile de rester sage, mais il faut pourtant reprendre une longue route…

Le retour au domicile (300 km, ~3 heures de routes) après ce genre d'escapade est source de mélancolie, mais cette fois, il est animé par l'assurance joyeuse de revoir GAZPACHO à Paris, après quelques jours de travail !


QUATRIEME ETAPE. LE VENDREDI 04 AVRIL : 13ème arrondissement de Paris, LE PETIT-BAIN.

En nous rendant sur le quai de la Seine, nous avons une petite pensée pour les éléments éclatés de notre microcosme qui ont opté pour leurs choix, contribuant ainsi, chacun à notre façon, à soutenir la vie culturelle vivante dans une diversité musicale respectable.

Arrivé une nouvelle fois parmi les premiers (vers 18 heures) dans un froid de canard, nous pourrons nous placer au bord de la scène, sur la gauche en tant que spectateur. Mais cette fois, les emplacements des pupitres ont été inversés ; nous sommes face au matériel de Jon-Arne (guitare), et celui de Thomas (clavier) en retrait.

La scène est ici plus profonde que celle de Verviers. Toutefois, il n'a pas été estimé possible d'étendre un écran mural. Le dispositif d'éclairage est aussi faible qu'à Verviers, voire davantage… Mais bon. Notre attention n'en sera que plus concentrée sur les artistes.

HAMASAARI [19h30-20h10].

La sonorisation nous a semblé rapidement équilibrée et audible. Le quatuor prend de l'aisance et s'affirme. A l'instar de Verviers, Jordan peut ici communiquer avec le public sans barrière linguistique, en dehors des paroles de chansons.

Cette troisième soirée d'initiation nous a permis d'accentuer encore notre immersion dans la musique d'HAMASAARI. D'autant plus aisément que de retour au domicile, nous avions pris le temps d'écouter leurs deux albums dans notre salon. Cette fois nous percevons pleinement les subtilités exprimées. Au moins musicalement, puisqu'ils ont opté pour un chant anglophone (auquel je reste relativement hermétique par principe, surtout lorsqu'il s'agit d'un groupe français…). Décidément, ce groupe nous semble bien prometteur…

Visiblement, l'ovation finale et l'affluence à l'échoppe montrent que leur prestation en aura séduit quelques-uns.

HAMASAARI joue (presque) à domicile ; il a obtenu une séquence plus longue ce soir. Le florilège présente cette fois les deux albums avec sept titres, dont quatre titres sont issus de "Pictures" et trois de "Ineffable".

PROGRAMME

  1. Different Time (Ineffable, 2023)
  2. The Wild Ones (Pictures, 2026)
  3. Lost in Nights (Pictures, 2026)
  4. Frames (Pictures, 2026)
  5. Bleak (Ineffable, 2023)
  6. Our Heads Spinning (Pictures, 2026)
  7. Prognosis (Ineffable, 2023).

Pour cette dernière occasion, à leur échoppe, nous ne manquons pas de renouveler notre encouragement à Jonathan et Elie.

GAZPACHO [20h30-22h23].

Comme à Verviers, compte tenu de la configuration de la salle (…), le film d'introduction n'est pas diffusé ; une courte bande-son prévient du concert, qui débute avec "We Are Strangers".

Le son nous semble parfait dès le début. Un régal auditif jamais pris en défaut de la soirée.

L'ambiance est particulièrement chaleureuse. Le plaisir est réciproque. Jan-Henrik nous a semblé sincère en déclarant notre assemblée particulièrement vivante et réceptive. D'ailleurs, il l'a répété sur Facebook ; Paris lui a laissé un très grand souvenir. Gageons que son engagement à revenir dès que possible ne soit pas vain…

Aucun incident notable ne perturbe notre bonheur d'assister à notre quatrième concert de cette tournée. Plaisir répété, mais pas répétitif !

GAZPACHO nous présente une liste identique à celle de Verviers ; quinze titres (douze dont deux déclinés) issus de six albums.

Upside Down à Paris


Programme de Paris / programme d'Utrecht dédicacé

Nous retournons à l'échoppe, pour nous procurer (pour 15€) le CD de "Firebird", encore un album qui manquait à ma discothèque. Ma p'tite Fée use de son charme pour obtenir une dédicace de chacun des six musiciens, sur le programme qu'elle avait conservé depuis Utrecht.

C'est l'heure du bilan. Le voyage aurait pu être remis en cause par l'actualité, finalement il n'a été contrarié que par le surcoût du carburant. Inutile de tenter de convaincre nos collègues de travail et nos membres de la famille, de l'intérêt qui nous anime ; notre évasion leur semble définitivement "puérile et désinvolte". Une prescription de musicothérapie indispensable, sous peine de sombrer dans la dépression misanthropique, rétorquerais-je.

Nonobstant, cette série de concerts a confirmé tout le bien que je pense de "Magic 8-Ball", même si trois des huit titres ont été oubliés. Elle a accentué notre admiration pour ces artistes, musicalement mais aussi humainement. Elle a aussi permis de connaitre HAMASAARI, que nous pourrions revoir volontiers à l'occasion d'un passage sur Paris.

Terminer une soirée au Petit-Bain permet de prendre un verre, avec une vue sur les flots de la Seine. Cette soirée déjà parfaite, se termine avec l'arrivée de mon fils ainé qui vient d'assister aux concerts de DeWolf et de Blues Pills au Bataclan. C'est alors que je réalise de nouveau que notre microcosme était éclaté faute d'ubiquité. Tout compte fait, nous ne regrettons pas notre choix, même les trois autres options furent tentantes. La rareté accentue l'envie. GAZPACHO ne déçoit pas, GAZPACHO transporte, GAZPACHO enivre, GAZPACHO est addictif.

Quatre dates en 2026 c'est bien. Une cinquième c'est mieux. Nous aurions pu poursuivre sans lassitude aucune notre périple à Londres, le lendemain. Une option d'autant plus envisageable que la fin de semaine était prolongée par le lundi de Pâques. Mais, avec la sagesse légendaire qui nous caractérise, quitte à sortir de la zone euro, nous nous sommes engagés pour l'ultime date de la tournée ; sur leurs Terres, à Oslo. Ce sera le 30 mai. Amen.