Après une première immersion d'un mois en aout 1980, je
ne suis plus retourné aux Etats-Unis. Quarante-six années que ses paysages et
son atmosphère me manquent. Il me reste de beaux états à visiter… Mais disons
que le pays de Jimmy Carter a bien changé. Et puis, les conditions d'accès se
compliquent toujours davantage (elles
l'étaient déjà auparavant).
A défaut de s'y rendre, il reste le rêve. Pour cela ses
artistes peuvent nous aider. Notamment ses musiciens. En l'occurrence, ROBERT JON & The Wreck a ravivé la
flamme du rock sudiste qui s'était
quelque peu affaiblie ces dernières décennies, avec les décès de nombreux héros
des années 70 et 80. Des groupes ont disparus, quand d'autres tentent encore de
nous faire croire aux fantômes ou aux morts-vivants.
Mais la bande d'épaves à Robert a décidé de redresser
la situation, et de fort belle manière ! Il était venu hanter nos contrées,
bien avant que je découvre son existence. Depuis le 8 avril 2015, (au The Blue Devils, à Arras, un site fermé,
depuis) le groupe visite fréquemment notre beau pays. Mais pour ma part, ce
n'est que le dimanche 10 septembre 2023 que j'ai découvert ces américains,
à l'occasion du Festival Raismesfest. Ce jour-là nous étions nombreux à avoir
été sidérés, abasourdis (mon récit).
Non le rock sudiste n'est pas mort ! Nous l'avons vérifié le samedi 16 novembre
2024 au Trabendo (mon récit), inscrivant ainsi ces artistes à notre liste des
incontournables à revoir inlassablement !
Pour rappel, ce quintuor américain de blues rock et de
rock sudiste a été fondé en février 2011,
non pas en Alabama, mais dans le comté d'Orange, en Californie, aux États-Unis. Un premier album autoproduit, intitulé
"Fire Started" est paru le
2 Septembre 2011.
La discographie de ROBERT JON & The Wreck est déjà dense ; le neuvième album studio "Heartbreaks
& Last Goodbyes" est paru le 22
aout 2025. Mais il ne faut pas négliger les parutions intermédiaires que
constituent les "Wreckage",
dont le troisième volume parait ce 1er mai 2026. Ce sont des sortes
de compilations de titres joués en concert, de reprises, ou de monoplages
inédits. Régal garanti !
Nous n'avons pas hésité à nous procurer nos tickets dès
le 23 octobre 2025, dans la foulée de l'acquisition du nouvel album ! La
tournée promotionnelle demeure dense ; actuellement une nouvelle session
européenne vient de débuter ce 14 avril à Herne Bay (The Kings Hall, Canterbury) qui s'achève ce 9 mai 26 à Bruxelles (Ancienne Belgique). Quelques dates aux
Etats-Unis durant l'été, puis ce sera un retour pour quelques semaines en
Europe le 2 octobre !
Ma p'tite Fée et moi sommes accompagnés de Véro et
Xavier qui avaient découverts avec nous le groupe lors du fameux festival. Mon
prosélytisme acharné a fini par convaincre un troisième couple, Murielle et
Éric. Ils ne le regretteront pas.
C'est la troisième fois ce soir que nous retrouvons l'Alhambra
; nous étions venus ici pour RIVERSIDE (16/10/23) et pour HAKEN (23/9/24). J'aime
beaucoup cet auditorium, son cadre, son acoustique ; elle peut accueillir entre
600 et 800 personnes selon sa configuration. A l'ouverture des portes, à 19h, avec
ma p'tite Fée et nos amis, nous nous engouffrons au balcon et prenons place assise
juste à côté de la console de sons. L'acoustique s'avérera excellente ! Le
point de vue est un peu éloigné (relatif
dans cette petite salle), et l'ambiance de la fosse nous manque mais l'emplacement
nous permet de ne pas trop fatiguer en ce jour de semaine (eh ouai, demain on
bosse). En tout état de cause, la salle est pleine comme un œuf !
A l'échoppe, je suis victime d'une fièvre acheteuse ;
je me saisis des volumes 2 et 3 de "Wreckage",
pour 15€ pièce. Ma p'tite Fée m'offre de surcroit un pin's qui sera du plus bel
effet sur mon cuir !
Difficile de glaner des informations sur ce groupe
français mais anglophone, qui semble s'être récemment formé à Reims (France). EarthMotion
a joué pour la première fois ses compos sur scène le 29 mars 2025, devant le
public du Music & Bike. Une année plus tard, le quatuor ne cache pas son
plaisir de jouer au théâtre de l'Alhamlbra, à Paris ! Un premier mini-album
(trois titres/quatorze minutes) est paru le 24 octobre 2025.
Actuellement, le quatuor se compose de Tom Aeschbach (chant, Guitare), Tristan Appert (batterie), Florian "pepito" Pascual (basse), et Tom Caburet
(claviers), le tout sonorisé par Anouchka Starzynski.
Cette première a dû justifier une pression considérable
et compréhensible sur les intéressés. Leur audace mérite le respect. Cette
formation a au moins le mérite de s'engager à promouvoir un style devenu rare
sur nos scènes. Nous avons ainsi passé une petite demi-heure bien sympa, aux
sonorités conformes au thème de la soirée. Du bon rock sudiste joué de manière
un peu académique mais avec de bonnes séquences. Gageons qu'avec un peu plus d'expérience,
ils confirmeront une impression encourageante.
Nous retrouvons donc Robert Jon Burrison (chant, guitare), entouré d'Andrew Espantman (batterie, chœurs depuis 2011), Henry-James Schneekluth (guitare solo, chant,
depuis 2017), Warren Murrel (basse,
depuis 2017), et Jake Abernathie (claviers,
depuis le 16 avril 2023).
Un drap couvre tout le mur du fond, le nom du groupe
couronne un dessin (des ailes d'aigle ?) rappelle l'iconographie animalière qui
apparait sur les t-shirts des tournées du groupe (éléphant, ours, …)
Le premier titre me surprend car je ne le reconnais
pas, alors que j'avais pris la précaution de réécouter la discographie ces
derniers jours… En fait, il s'agit d'un titre du récemment paru "Wreckage, volume 3" ! C'est
compliqué de suivre l'actualité de ces insatiables musiciens ! On se demande où
ils trouvent le temps d'enregistrer alors qu'ils semblent constamment en
tournées, sur des dizaines de concerts par an…
Bref, le quintuor taillé pour la scène nous happe
immédiatement avec son énergie à l'état pur, son rythme imprégné d'un blues-rock
étourdissant, qui rappelle l'ambiance enivrante des pianos-bars américains. Il
ne manque au tableau qu'une brochette de choristes, telles que Lynyrd Skynyrd
parvenaient à entretenir. Mais pas grave, les musiciens assument parfaitement cette
fonction avec émotion, enrichissant ainsi les mélodies endiablées par les soli
de guitares et de claviers.
La basse est surplombée du large sourire émaillé de
Warren Murrel. Avec ses lunettes et sa
tête levée vers les étoiles, il me fait penser à Gilbert Montagné, et montre
encore un vrai bonheur à planter ses clous, en parallèle aux frappes d'Andrew Espantman, son complice rythmique, le
plus ancien membre avec Robert Jon. Jake Abernathie,
le dernier arrivé dans la bande, contribue par ses chœurs et par ses claviers, à
accentuer encore l'identité américaine de la musique.
Le cas du guitariste Henry-James Schneekluth est à part. Ce monsieur focalise les regards, et
davantage encore les oreilles. Avec son apparence décalée tout droit sortie des
années 70, il n'en demeure pas moins un intarissable guitariste, sans cesse
dans le jeu. Sans démonstration, sobre dans l'attitude mais exubérant dans la
richesse des accords, il optimise l'harmonie dans le contre chant avec une
technicité hors du commun, sans médiator. Ses doigts galopent inlassablement sur
l'instrument, et le bottleneck vient souvent frotter le manche pour accentuer
encore les atmosphères bluesy.
Le superviseur en chef, Robert Jon Burrison, ne me semble pas
particulièrement charismatique ; "hello
Paris, how are you doing ?" et quelques locutions convenues ne
laissent pas un souvenir impérissable. On retiendra juste qu'il est ravi de
jouer dans une salle parisienne plus grande qu'à son précédent passage. En
revanche, sa tessiture est parfaitement adaptée aux atmosphères sudistes.
D'autant plus étonnement qu'il est Californien ! Sa voix est calibrée d'une
intonation qui rappelle celle de ses illustres sources d'inspiration. Ses duos
de guitare avec Henry entretiennent les sons légendaires et m'enivrent
l'esprit; Le Patron est pourtant suffisamment humble pour se placer en retrait
dès que l'un de ses musiciens s'exprime. Le regard obscurci par l'ombre de son
chapeau de cow-boy, les traits de visage masqués par une barbe hirsute, on
distingue pourtant dans son attitude un vrai plaisir.
Au-delà de la maitrise de chacun, le groupe permet à
son auditoire de voyager dans l'espace (aux Etats-Unis) et dans le temps (les
70's). En ce sens, ROBERT JON & The
Wreck répond à notre quête d'évasion ! Il entretient une image fantasmée de
l'Amérique et d'une époque révolue. Dans l'auditoire, les crânes à la pilosité
dispersée et grisonnante trahissaient un certain âge, pour ne pas dire un âge
certain. D'ailleurs, mon fils aîné n'est pas venu ce soir… Notre génération
s'accroche à des symboles : ROBERT JON
& The Wreck en est un.
Nous avons eu quatre-vingt-dix minutes de bonheur,
l'intensité des ovations l'exprime bruyamment.
Le programme est un magnifique florilège de douze titres issus de leur discographie
entre 2015 et 2026, ce à quoi ils ont intercalé une surprenante reprise de THE
WHO (1982). Si quelques titres de leur répertoire sont devenus incontournables,
trois sont toutefois issu du récent "Heartbreaks
& Last Goodbyes".
PROGRAMME
Put Your Money Where Your Mouth Is (Wreckage, Vol. 3, 2026)
Hold On(Red Moon Rising, 2024)
Blame It on the Whiskey(Glory Bound, 2015)
Ashes in the Snow (Heartbreaks
& Last Goodbyes, 2025)
Dark Angel (Heartbreaks
& Last Goodbyes, 2025)
Better Of Me (Heartbreaks
& Last Goodbyes, 2025)
Red Moon Rising(Red Moon Rising, 2024)
Eminence Front (reprise de The
Who, It's Hard, 1982)
Old Friend (Robert Jon &
The Wreck, 2018)
Glory Bound(Glory Bound, 2015)
Oh Miss Carolina (Last Light
on the Highway, 2020)
Cold Night(Glory Bound, 2015).
RAPPEL :
Do You Remember (Last Light
on the Highway, 2020).
Rarement la perception d'une Musique n'aura aussi bien
illustré l'expression "trouver la
Porte".
GAZPACHO est à part. D'ailleurs, selon les impressions
des chroniqueurs, journalistes, commentateurs, l'étiquette attribuée diffère ; je
cite, ce serait du néo-prog, du pop-rock, du rock alternatif, de l'art-rock…
Bref, c'est pour moi une expression d'un rock hybride qui entraine son auditeur
vers l'onirisme, la poésie, la douceur. Rien à voir donc avec la réputation de leurs
ancêtres vikings, en tous cas telle que notre mémoire collective l'entretient. Trop
souvent évalué à l'aune de son illustre parrain MARILLION, il s'en distingue
pourtant par une réelle identité, avec un talent singulier pour bercer les
esprits élégiaques.
GAZPACHO, fondé en 1996 à Oslo, fait partie de
ces artistes dont l'activité a entretenu les commentaires dithyrambiques sur un
forum musical que je consultais à la fin des années 2000… Je confesse avoir
trop longtemps manqué d'intérêt pour GAZPACHO. Pourtant, j'ai toujours
globalement apprécié, notamment à la parution de leur album "Tick Tock" (2009) en particulier,
mais sans jamais accrocher au point de les suivre vraiment de près. Ce n'est
que le 30 juin 2018 que j'ai pu assister à un de leurs concerts (tournée Soyuz), à l'occasion du festival
BeProg, MyFriend de Barcelone. Avant de tomber définitivement dans cette
Soupe scandinave, l'engouement est venu doucement, un peu au rythme de leur
musique profondément émotionnelle, qui évoque parfois la mélancolie, le
mystère, le destin. L'astre m'est apparu (très)
lentement, au fil des années. Une lumière qui s'est soudainement amplifiée
lorsque, par prosélytisme taquin, j'ai contrarié l'adversité de ma P'tite Fée
que j'agaçais dès que je posais un de leurs albums sur la platine… Finalement,
tous les deux, nous avons été totalement séduits à l'occasion de leur concert au Petit Bain, en ce jour bénidu 26 avril 2022. Depuis cette Illumination, nous guettons la moindre occasion
de les revoir en concert !
Cependant, le sextuor aussi talentueux soit-il, ne
jouit que d'une notoriété confidentielle, et ses membres doivent donc
travailler pour gagner leur vie. C'est sur leur temps de loisir qu'ils assument
leur passion musicale. Les enregistrements et les promotions empiètent sur leur
vie de famille, sur leur repos, sur leurs congés. GAZPACHO ne prodigue ainsi que
quelques concerts par an. Pour ma part, ce n'est que la cinquième fois que je les revois ce soir, à Verviers.
Quoiqu'il en soit, en ce qui nous concerne, nous avons
estimé que ce saupoudrage est insuffisant.
La participation de GAZPACHO au Midwinter Festival à Utrecht le 7 février 2026 n'avait fait
qu'amplifier notre envie de les revoir. GAZPACHO a ensuite débuté une tournée de
neuf étapes, le 26 mars à Oberhausen (Allemagne), qui prendra fin le 30 mai à
Oslo (Norvège). Dès la mi-décembre 2025, à l'annonce ces dates, nous avions
acquis nos tickets pour deux cibles, une aux Pays-Bas le 29 et une autre en
Belgique le lendemain.
Nonobstant, son escale parisienne du 3 avril nous a
posé un choix cornélien ; une convergence malheureuse de quatre concerts. Le
même jour, LAZULI est Chez Paulette, et DeWOLFF est au Bataclan.
De surcroit, nous avions déjà validé un premier arbitrage en acquérant les
places pour ARCHIVE à la Seine Musicale ! Nous les avons finalement
cédées, après un arbitrage estimant que GAZPACHO est plus rare et donc
prioritaire.
Nous voilà de nouveau engagé sur un parcours
musico-touristique de quelques 1200 kilomètres reliant donc notre domicile à Zoetermeer (PB) le 29 mars, à Gouda (PB) le 30, à Verviers (B), puis à Orval (B). Notre retour sera l'occasion
d'une pause avant un rebond à Paris 13ème,
le 3 avril.
PREMIERE
ETAPE. LE DIMANCHE 29 MARS, ZOETERMEER,
Boerderij (460 km, -5 heures de
routes)
Pour la seconde fois en ce mois de mars, nous
reprenons la route vers le bien-nommé plat-pays. La première étape à Zoetermeer
est située dans la banlieue de La Haye (Den
Haag, en néerlandais), compte tenu de quelques 460 km, soit un peu moins de
cinq heures de routes, quand même … Nous reprenons nos quartiers à l'hôtel Golden
Tulipe que nous avions quitté quinze jours auparavant (voir récit Lazuli).
Après un temps de repos et de restauration, nous nous
rendons en voiture (afin d'éviter un
dédale urbain peu attrayant) sur l'aire de stationnement gratuit du Boerderij.
Seuls deux passionnés sont déjà devant la porte de l'Antre légendaire ; ce sont
des Français (venus de Lorient, et de
Grenoble) ! D'ailleurs, deux autres passionnés qui arrivent ensuite sont
encore des Français (venus de
Valenciennes) !! Nous voilà rassurés ; nous ne sommes pas les plus fêlés !
Nous parvenons à nous ranger au bord de la scène,
proche du micro central, sur le centre gauche en tant que spectateur. Nous
pourrons demeurer toute la soirée à cet emplacement, choisi pour sa proximité
avec les pupitres de Jan-Henrik et celui de Mikael. La salle sera bien remplie (sans toutefois afficher complet) et le
balcon est ouvert (il était fermé pour
Lazuli).
Inconnu à mon répertoire,
je m'étais intéressé en préalable sur la nature de ces invités. J'apprends
ainsi que "HamaSaari est un groupe de rock progressif français, fondé en
2021, après la dissolution de Shuffle. Trois membres sont originaires de Le
Mans et un de Nantes."
Un premier album (7
titres), intitulé "Ineffable" est paru le 03 Mars 2023. Puis "Pictures" (7 titres) est paru
le23 Janvier
2026.
Notons qu'ils font partie du catalogue du label musical Klonosphere.
HAMASAARI est composé de
Jordan Jupin (chant, guitare), Axel Vaumoron (guitare), Elie Chéron
(batterie), Jonathan Jupin (basse).
J'imagine l'inquiétude des musiciens qui doivent
exposer leur Création à un auditoire, a fortiori en terres étrangères. Le jeu
périlleux et aléatoire de séduction dépend certes du talent exprimé par les
musiciens, de l'intérêt de l'auditeur pour son univers, mais aussi de
l'acoustique de la salle et de la sonorisation. La sonorisation m'a semblé
assez surpuissante pour m'imposer les protections auditives, sans toutefois
altérer la perception des pupitres. Le dispositif d'éclairage me semble
généreux dans son jeu de couleurs, pour cette première partie de soirée. Un
drap noir estampillé d'une fresque et du logo blanc du groupe s'étend sur le mur
du fond.
Ces conditions étant plutôt favorables, je perçois
ainsi un style relativement varié même s'il tend le plus souvent vers un post-rock.
Un genre qui privilégie les ambiances collectives, et laisse peu de place aux
individualités ; pas de soli de guitare. L'exubérance est plutôt dans
l'attitude des musiciens, qui appuient leurs accords avec une conviction
démonstrative. Ce quatuor manceau, mais anglophone, exprime des sonorités qui laissent
percevoir quelques influences notables, telles que Porcupine Tree, The
Pineapple Thief, Klone, Opeth, voire Mogwai, Pink Floyd. D'ailleurs, nous
observons d'autres allusions à l'univers wilsonien ; les deux frères Jupin sont
des va-nu-pieds sur scène, l'apparence de Jordan rappelle celle de Steven plus
jeune, et la guitare verte de Jordan est similaire à celle du Génie. Les
atmosphères sont alternativement éthérées,
mélancoliques ou brutales, avec des voix claires le plus
souvent, parfois gutturales. C'est puissant,
aérien, envoutant.
A ce stade de découverte, je m'estime séduit. Suffisamment
intéressé en tous cas, pour continuer à explorer leur univers. Mais c'est un
premier contact ; deux autres suivront… HAMASAARI jouit là d'une opportunité
exceptionnelle ; il bénéficie du confort d'un bus de tournée et des structures
généreusement partagées par GAZPACHO pour sillonner le Nord de l'Europe sur
huit (des dix) escales.
En tout état de cause, le public néerlandais a
accroché et ovationne le valeureux quatuor français.
HAMASAARI nous présente un florilège de leur
discographie ; les deux albums sont
évoqués avec six titres, parmi
lesquels quatre sont issus de "Ineffable"
et deux de "Pictures".
Son douzième
album, "Magic 8-Ball" est
paru le 31 octobre 2025. Ceux qui
s'intéressent aux textes anglophones nous rapportent qu'il explore le thème du
Destin.La Magic 8-Ball serait une boule
censée prédire l'avenir, un jouet qui semble être réputé dans les pays anglo-saxons…
Une des qualités du sextuor est la stabilité. Le trio
fondateur maintient le cap depuis le début. Autour de Jan-Henrik Ohme (chant, depuis 1996), Jon-Arne Vilbo (guitares, depuis 1996), et
Thomas Andersen (claviers, depuis
1996), se sont fidélisés Mikael Krømer
(violon, guitares, mandoline, depuis 2001), Kristian Torp (basse, depuis 2005), ainsi que Robert Johansen (batterie, de 2004 à 2009, et depuis 2017).
En introduction, un mini-film diffuse des images
sidérales qui me rappellent fortement celles qui illustraient la récente
tournée de Steven Wilson.Il introduit
magistralement "We Are Strangers".
La douce voix de Jan-Henrik résonne sur des rythmes ondulatoires propices à
bercer immédiatement les mélomanes…
Le Boerderij jouit d'une réputation
honorable compte tenu de la liste des artistes venus s'y produire et même y
enregistrer des concerts. D'ailleurs, Jan-Henrik n'a pas manqué de souligner
que GAZAPACHO fait systématiquement étape ici à chacune de ses tournées. L'espace
scénique est certes relativement vaste ; il permet un dispositif d'éclairage
conséquent, ainsi qu'un vaste écran mural. De fait, le groupe peut ainsi
diffuser des illustrations au cours de sa prestation. Toutefois, à l'instar de
ma première présence, l'acoustique ne me semble pas exceptionnelle ; je perçois
des réverbérations et un excès de basses. Ô rien de rédhibitoire, d'autant
moins que ce style musical n'a pas vocation à privilégier la brutalité. Après
quelques minutes ponctuées de larsens et de sons graves prédominants, l'ingénieur
du son finit par établir un équilibre appréciable.
GAZAPACHO nous délivre une prestation conforme à notre
attente. Le choix des titres est d'autant plus réjouissant qu'outre la
promotion légitime du récent album, nous pourrons assister à une large
évocation de l'opus culte paru en 2009, "Tick Tock". L'auditoire écoute religieusement, nous pouvons
capter tout le talent de ces Norvégiens.
L'attention de l'auditeur a tendance à se porter sur
le chant tellement émouvant de Jan-Henrik ; il vit son texte avec une éloquente sobriété. Cet oxymore se
prête parfaitement à la prestation de ce chanteur, dont il parait vain de
chercher à accompagner la ligne mélodique,
tant elle est d'une grande complexité.
Le vibrato de son timbre de voix exprime merveilleusement l'intensité émotive. Une
sensibilité que j'observe aussi dans
le jeu des autres musiciens. Mikael
émet en douceur des accords enivrants au violon (notamment son introduction de
"Golem", ou son final de
"Upside Down"), et
intervient à la guitare avec délicatesse
et parcimonie pour accompagner son
complice Jon-Arne. Ce dernier tout
aussi délicat produit ses accords finement ciselés, qui accentuent grandement
la qualité des mélodies. De même que
Thomas, dont les notes de claviers
donnent aux chansons leur ampleur onirique
ou mystique (par exemple pour
accompagner le violon sur "Upside
Down"). Kristian demeure
statique en fond de scène, et pourtant ses accords tout aussi délicats que les autres accentuent
opportunément les rythmes si particuliers. L'impressionnante stature de Robert (celle d'un authentique bucheron
viking !) tranche avec la subtilité
de ses frappes ; elles alternent les cadences puissantes et les caresses
habiles. En le voyant resserrer la peau de sa caisse claire, je me suis dit qu'elle
était mise à rude épreuve…
Ces six musiciens s'expriment en parfaite harmonie,
les échanges de regards complices et de sourires trahissent un vrai plaisir de
jouer ensemble.
Le public de connaisseurs ovationne chaleureusement
ces valeureux Norvégiens, obtenant ainsi un rappel composé de trois chansons,
dont une inattendue "Bravo"
qui date de 2003, qui n'avait plus été jouée depuis 2012 !
GAZAPACHO nous présente un florilège de leur
discographie avec sept albums dont
on écoute seize titres (en fait, treize dont deux déclinés), parmi lesquels on distingue cinq
issus de "Magic 8-Ball", trois (dont deux subdivisés) de "Tick Tock", un de "Soyuz", un de "Night", un de "Missa Atropos", un
de "March of Ghosts", un de "Bravo".
PROGRAMME Bande-son introductive
We Are Strangers (Magic 8-Ball, 2025)
Soyuz One (Soyuz,
2018)
Golem (March
of Ghosts, 2012)
Gingerbread Men (Magic 8-Ball, 2025)
8-Ball (Magic
8-Ball, 2025)
The Walk, Part 1 (Tick Tock, 2009)
The Walk, Part 2 Tick Tock, 2009)
Starling (Magic
8-Ball, 2025)
Upside Down (Night,
2007)
Sky King (Magic
8-Ball, 2025)
Tick Tock, Part 1 (Tick Tock, 2009)
Tick Tock, Part 2 (Tick Tock, 2009)
Tick Tock, Part 3 (Tick Tock, 2009).
RAPPEL : Bande son introductive : Mass for
Atropos III)
Defense Mechanism (Missa Atropos, 2010)
Winter Is Never (Tick Tock, 2009)
Bravo (Bravo,
2003).
The Walk à Zoetermeer
A l'échoppe nous prenons chacun notre t-shirt de la
tournée (25 € pièce, seulement !) et le cd de l'album "Bravo" (15 €) qui manquait à ma collection.
Notons que le lendemain, les Belges feront remarquer une erreur sur la liste
des villes affichées au recto du t-shirt ; VERVIERS est mentionné sans son
"s" ! On leur pardonnera volontiers !!
Puis, alors que nous dégustions une succulente Trappe
à la pression (une blonde pour madame, une Isid'Or pour monsieur), Jan-Henrik
Ohme nous fait le plaisir de venir nous saluer chaleureusement ! Son accolade nous
honore et ouvre une discussion sur nos impressions de la soirée. Cet artiste
est vraiment un être exquis, modeste sincère et d'une grande sensibilité,
conforme à celle qui émane de son attitude scénique.
Cependant, nous ne tardons pas à rentrer ; il faut
ménager notre monture pour poursuivre cette aventure.
DEUXIEME
ETAPE. LE LUNDI 30 MARS, escale à
GOUDA, puis VERVIERS, Spirit of
66. (260 km, +3 heures de routes)
En tant que grands amateurs de fromages, nous savions
déjà (depuis notre visite d'Amsterdam en
2024) que les fromages néerlandais sont bien meilleurs à déguster sur place
que ceux qui sont exportés. Nous avons donc décidé de faire une escale
intermédiaire à Gouda. Cette bourgade sillonnée par des canaux, s'est révélée
magnifique, dans la pure tradition néerlandaise. Nous avons trouvé une boutique
spécialisée dans les fromages locaux, dans laquelle nous avons trouvé diverses
sources de régal… Dommage que la météo ne fut pas favorable.
Le parcours nous parait d'autant plus long que la
vitesse est strictement limitée (…) et que la météo est toujours aussi
exécrable. Mais il nous en faudrait plus pour nous démotiver. Arrivés enfin à
Verviers, nos rites étant intangibles, nous nous rendons en premier lieu à
"la Fringale" notre friterie favorite. Une légère collation
dûment arrosée d'une bonne "Curtius",
la bière locale servie à la pression, nous recharge les batteries. Puis nous
rejoignons notre hôtel fétiche où nous attends Maggie, toujours aussi
accueillante. Une chambre douillette nous permet un p'tit sommeil réparateur
avant d'entamer une nouvelle soirée, qui sera aussi émouvante que la veille, nous
n'en doutons pas…
Arrivés sur le pas de la salle mythique, nous
retrouvons notre ami Marc, l'insatiable voyageur-chasseur d'images. Avec
quelques autres mélomanes, les discussions s'animent autour des concerts vécus
ou prévus. D'autres amis de notre microcosme viendront nous retrouver au cours
de la soirée…
Arrivés parmi les premiers, nous n'aurons aucune
difficulté à retrouver notre emplacement favori, au bord de la scène. Nous
sommes ainsi toujours à proximité du micro central, mais cette fois sur la
droite en tant que spectateur, et donc non loin de Jon-Arne, avec une
perspective rapprochée sur Thomas. Pour un lundi, il est permis de se réjouir
de constater une salle bien remplie, fosse et balcon.
Le mur du fond de scène permet rarement aux artistes
d'étaler leurs artifices ; ce soir pas d'écran, ni drap de présentation, seul
le nom du lieu. Nous sommes ici au (saint-)Spirit,
sacré nom d'Au-Delà, les adeptes de l'Assemblée sont priés de se concentrer sur
la Musique, rien que la Musique !
HAMASAARI[20h15-20h50].
L'impression laissée par leur prestation la vielle se
confirme, et la séduction s'accroît. Avec une honorable audace, ils ont choisi
de modifier leur programme. L'ordre des titres diffère ; "White Pinnacles" et "Crumbs" de l'album "Ineffable", sont remplacés par
"The Wild Ones" et "Our Heads Spinning" de l'album
"Pictures".
En dépit de petits équilibrages nécessaires en début
de concert, la sonorisation va s'avérer plus agréable à mes oreilles que celle
d'hier. S'agissant du dispositif d'éclairage, on sait bien que ce n'est pas le
fort de cette salle, aussi sympathique soit-elle, mais bon il est toutefois
suffisant.
Ce deuxième concert d'HAMASAARI me laisse entrevoir
davantage encore les qualités, la diversité des ambiances.
Jordan exprime ses commentaires et remerciements en
français ; le courant passe d'autant mieux avec le public belge. Ce qui ravit
évidemment les quatre manceaux, qui vivent décidément une bien belle aventure
en compagnie de GAZPACHO.
HAMASAARI nous présente un florilège différent de la
veille ; des deux albums sont tirés six titres qui accordent une plus large
part à "Pictures" avec quatre
titres, alors que deux sont issus de "Ineffable".
PROGRAMME
Frames (Pictures, 2026)
The Wild Ones (Pictures,
2026)
Lost in Nights (Pictures,
2026)
Our Heads Spinning (Pictures,
2026)
Bleak (Ineffable, 2023)
Prognosis (Ineffable, 2023).
GAZPACHO [21h15-23h05].
Il n'y a pas de film d'introductif, compte tenu de la
configuration de la salle (…), une courte bande-son prévient du concert, avant
d'engager "We Are Strangers".
A l'instar de la veille, la sonorisation a montré
quelques soucis d'équilibre des basses sur les premiers titres, avec un ou deux
larsens, mais rien de grave. Globalement, j'ai même davantage apprécié la
profondeur du son ici. Le dispositif d'éclairage de cette salle favorise comme
d'habitude les tons sombres, rougeoyants et bleutés. La scène est moins
spacieuse que la veille, mais le sextuor a pu se caser (à l'instar du septuor Mostly Autumn !).
GAZPACHO nous présente un florilège similaire, quoiqu'écourté
par rapport à la veille. Le titre "Bravo"
est évincé, ce qui nous procure un sentiment privilégié par rapport au public de
ce soir ! Détail amusant, nous lisons leur liste au pied d'un pupitre ; elle
est complètement fantaisiste ! Les titres sont évoqués par allusions
détournées.
Une appréciation froide et sans passion pourrait railler
la similarité du programme. Mais je rappelle qu'au contraire nous sommes dans
une démarche admirative et insatiable pour ces passeurs de rêves. Loin de nous
lasser, l'écoute de ces interprétations nous ravit chaque jour autant, et
contribue à nous évader un tant soit peu d'un monde hystérisé. Nous prenons
autant de plaisir à assister aux concerts, qu'à les commenter avec les
musiciens, et des musicophiles comme nous.
Côté ambiance, la mentalité belge wallonne est partiellement
latine, donc plus proche malgré tout de la nôtre que celle des néerlandais ;
l'exaltation est davantage démonstrative, tout en demeurant respectueuse et
bienveillante. L'ovation est bruyante et reconnaissante pour ces vecteurs scandinaves
d'évasion.
PROGRAMME Bande-son introductive [écourté]
We Are Strangers (Magic 8-Ball, 2025)
Soyuz One (Soyuz,
2018)
Golem (March
of Ghosts, 2012)
Gingerbread Men (Magic 8-Ball, 2025)
8-Ball (Magic
8-Ball, 2025)
The Walk, Part 1 (Tick Tock, 2009)
The Walk, Part 2 Tick Tock, 2009)
Starling (Magic
8-Ball, 2025)
Upside Down (Night,
2007)
Sky King (Magic
8-Ball, 2025)
Tick Tock, Part 1 (Tick Tock, 2009)
Tick Tock, Part 2 (Tick Tock, 2009)
Tick Tock, Part 3 (Tick Tock, 2009).
RAPPEL : Bande-son introductive : Mass for
Atropos III)
Defense Mechanism (Missa Atropos, 2010)
Winter Is Never (Tick Tock, 2009).
Si la durée du concert fut plus courte que la veille (sans le film et sans le seizième titre),
en revanche, les musiciens nous ont paru encore avantage disponibles. Ma p'tite
Fée et moi en profitons pour recueillir les dédicaces sur l'album acquis la
veille, et pour saisir des portraits immortalisés par notre ami Marc.
On constate ainsi une fois de plus les qualités
humaines de tous ces musiciens ; ce sont des gens sensibles, humbles, voire
timides. Ils nous confirment notamment que leur musique est une passion, un
loisir qui ne leur rapporte pas assez pour vivre ; ils travaillent pour gagner
leur vie, et ils ont dû prendre des congés pour accomplir cette tournée ! Respect.
Personnellement je suis heureux d'avoir pu exprimer toute mon admiration à
Jan-Henrik Ohme, Jon-Arne Vilbo, Thomas Andersen, et Mikael Krømer, tous très
disponibles et souriants !
merci Marc !
TROISIEME ETAPE. LE MARDI 31 MARS : ABBAYE D'ORVAL. (140 km, ~2
heures de routes)
A priori, nous ne prévoyons pas de revenir au Spirit
de Verviers avant le 6 novembre (pour PENDRAGON), mais les affiches sont
tellement attractives que nous ne jurons de rien. Quoiqu'il en soit, nous prenons
la route vers les Ardennes belges pour faire un plein d'un divin breuvage !
En préalable à notre départ, j'avais réservé un
créneau horaire pour échanger mon casier de 24 bouteilles vides consignées avec
la recharge adéquate. Notre humble, mais essentielle, contribution aux
providentiels efforts des honorables moines étant accomplie, nous nous rendons
au restaurant "L'Ange Gardien".
L'agape est arrosé d'un succulent… Orval vert servi à la pression, bien
entendu. Difficile de rester sage, mais il faut pourtant reprendre une longue
route…
Le retour au domicile (300 km, ~3 heures de routes)
après ce genre d'escapade est source de mélancolie, mais cette fois, il est
animé par l'assurance joyeuse de revoir GAZPACHO à Paris, après quelques jours
de travail !
QUATRIEME
ETAPE. LE VENDREDI 04 AVRIL : 13ème
arrondissement de Paris, LE PETIT-BAIN.
En nous rendant sur le quai de la Seine, nous avons
une petite pensée pour les éléments éclatés de notre microcosme qui ont opté
pour leurs choix, contribuant ainsi, chacun à notre façon, à soutenir la vie
culturelle vivante dans une diversité musicale respectable.
Arrivé une nouvelle fois parmi les premiers (vers 18 heures) dans un froid de canard,
nous pourrons nous placer au bord de la scène, sur la gauche en tant que
spectateur. Mais cette fois, les emplacements des pupitres ont été inversés ;
nous sommes face au matériel de Jon-Arne (guitare), et celui de Thomas
(clavier) en retrait.
La scène est ici plus profonde que celle de Verviers.
Toutefois, il n'a pas été estimé possible d'étendre un écran mural. Le
dispositif d'éclairage est aussi faible qu'à Verviers, voire davantage… Mais
bon. Notre attention n'en sera que plus concentrée sur les artistes.
HAMASAARI[19h30-20h10].
La sonorisation nous a semblé rapidement équilibrée et
audible. Le quatuor prend de l'aisance et s'affirme. A l'instar de Verviers, Jordan
peut ici communiquer avec le public sans barrière linguistique, en dehors des paroles
de chansons.
Cette troisième soirée d'initiation nous a permis d'accentuer
encore notre immersion dans la musique d'HAMASAARI. D'autant plus aisément que de
retour au domicile, nous avions pris le temps d'écouter leurs deux albums dans
notre salon. Cette fois nous percevons pleinement les subtilités exprimées. Au
moins musicalement, puisqu'ils ont opté pour un chant anglophone (auquel je reste relativement hermétique par
principe, surtout lorsqu'il s'agit d'un groupe français…). Décidément, ce
groupe nous semble bien prometteur…
Visiblement, l'ovation finale et l'affluence à
l'échoppe montrent que leur prestation en aura séduit quelques-uns.
HAMASAARI joue (presque) à domicile ; il a obtenu une séquence
plus longue ce soir. Le florilège présente cette fois les deux albums avec sept titres,
dont quatre titres sont issus de "Pictures" et trois de "Ineffable".
PROGRAMME
Different Time (Ineffable,
2023)
The Wild Ones (Pictures,
2026)
Lost in Nights (Pictures,
2026)
Frames (Pictures, 2026)
Bleak (Ineffable, 2023)
Our Heads Spinning (Pictures,
2026)
Prognosis (Ineffable, 2023).
Pour cette dernière occasion, à leur échoppe, nous ne
manquons pas de renouveler notre encouragement à Jonathan et Elie.
GAZPACHO [20h30-22h23].
Comme à Verviers, compte tenu de la configuration de
la salle (…), le film d'introduction n'est pas diffusé ; une courte bande-son
prévient du concert, qui débute avec "We
Are Strangers".
Le son nous semble parfait dès le début. Un régal
auditif jamais pris en défaut de la soirée.
L'ambiance est particulièrement chaleureuse. Le
plaisir est réciproque. Jan-Henrik nous a semblé sincère en déclarant notre assemblée
particulièrement vivante et réceptive. D'ailleurs, il l'a répété sur Facebook ;
Paris lui a laissé un très grand souvenir. Gageons que son engagement à revenir
dès que possible ne soit pas vain…
Aucun incident notable ne perturbe notre bonheur d'assister
à notre quatrième concert de cette tournée.Plaisir
répété, mais pas répétitif !
GAZPACHO nous présente une liste identique à celle de
Verviers ; quinze titres (douze dont deux déclinés) issus de six albums.
Upside Down à Paris
Programme de Paris / programme d'Utrecht dédicacé
Nous retournons à l'échoppe, pour nous procurer (pour
15€) le CD de "Firebird",
encore un album qui manquait à ma discothèque. Ma p'tite Fée use de son charme
pour obtenir une dédicace de chacun des six musiciens, sur le programme qu'elle
avait conservé depuis Utrecht.
C'est l'heure du bilan. Le voyage aurait pu être remis
en cause par l'actualité, finalement il n'a été contrarié que par le surcoût du
carburant. Inutile de tenter de convaincre nos collègues de travail et nos
membres de la famille, de l'intérêt qui nous anime ; notre évasion leur semble
définitivement "puérile et
désinvolte". Une prescription de musicothérapie
indispensable, sous peine de sombrer dans la dépressionmisanthropique, rétorquerais-je.
Nonobstant, cette série de concerts a confirmé tout le
bien que je pense de "Magic 8-Ball", même si trois des
huit titres ont été oubliés. Elle a accentué notre admiration pour ces
artistes, musicalement mais aussi humainement. Elle a aussi permis de connaitre
HAMASAARI, que nous pourrions revoir volontiers à l'occasion d'un passage sur
Paris.
Terminer une soirée au Petit-Bain permet de prendre un
verre, avec une vue sur les flots de la Seine. Cette soirée déjà parfaite, se
termine avec l'arrivée de mon fils ainé qui vient d'assister aux concerts de
DeWolf et de Blues Pills au Bataclan. C'est alors que je réalise
de nouveau que notre microcosme était éclaté faute d'ubiquité. Tout compte fait,
nous ne regrettons pas notre choix, même les trois autres options furent
tentantes. La rareté accentue l'envie.
GAZPACHO ne déçoit pas, GAZPACHO transporte,
GAZPACHO enivre, GAZPACHO est addictif.
Quatre dates en 2026 c'est bien. Une cinquième c'est
mieux. Nous aurions pu poursuivre sans lassitude aucune notre périple à Londres,
le lendemain. Une option d'autant plus envisageable que la fin de semaine était
prolongée par le lundi de Pâques. Mais, avec la sagesse légendaire qui nous caractérise, quitte à sortir de la
zone euro, nous nous sommes engagés pour l'ultime date de la tournée ; sur
leurs Terres, à Oslo. Ce sera
le 30 mai. Amen.