lundi 26 octobre 2026

ROBERT JON & The Wreck – Spirit of 66 (Verviers) – le lundi 26 octobre 2026.

Alors, à défaut de nous rendre aux Etats-Unis, s'il y a bien un endroit où nous souhaitions assister à un concert de ROBERT JON & The Wreck, c'est bien au Spirit of 66 ! Avec ma P'tite Fée, nous étions déjà venus au Spirit of 66 à l'occasion de onze évènements, mais ces derniers temps, nous en sortions en nous disant "T'imagines, si nous pouvions assister à un concert de RJW ici !..."

Ces Américains sont invités par Look at Music ASBL dans ce bar belge qui a su recréer une ambiance similaire à celle de ses homologues d'Outre-Atlantique ; un cadre idéal donc. Le lieu mythique peut s'enorgueillir de l'accueillir pour la neuvième fois, depuis 2016 ! Un regard sur l'évolution de l'affluence à l'occasion de ses concerts, est éloquent : 49 tickets le 31 mai 2016, 58 tickets le 24 octobre 2018, 71 tickets le 13 juin 2019, 181 tickets le 2 mai 2022, 272 tickets le 22 février 2023, complet les 11 septembre 2023, 8 juillet 2024, 16 avril 2025 et enfin ce soir !!!!

RJW sillonnait déjà nos contrées depuis le printemps 2015 (dès le 8 avril 2015, au The Blue Devil's à Arras) et n'a jamais cessé de revenir depuis, mais nous ne l'avons découvert que le dimanche 10 septembre 2023, grâce à sa renversante participation au Festival RAISMESFEST. Durablement marqués par cette prestation, nous sommes allés à son concert du samedi 16 novembre 2024 au Trabendo. Ce cadre resserré a achevé de nous convaincre, que nous tenions les Sauveurs du genre, et qu'il s'agissait d'un nouveau groupe à inscrire sur notre répertoire des artistes incontournables !

Je dois rappeler ici que mon engouement est d'autant plus exalté, qu'au fil des décennies j'avais fini par me persuader que le rock dit "sudiste" était mort avec ses protagonistes. De façon inespérée, ROBERT JON & The Wreck a ressuscité la Flamme !

Ce quintuor a été fondé en février 2011, dans le comté d'Orange, en Californie, (non pas en Alabama, comme ses sonorités blues rock et rock sudiste pourrait le laisser imaginer !). Un premier album autoproduit, intitulé "Fire Started" est paru le 2 Septembre 2011.

La discographie de ROBERT JON & The Wreck est déjà dense ; le neuvième album studio "Heartbreaks & Last Goodbyes" est paru le 22 aout 2025. Parallèlement à celle-ci, des parutions intermédiaires constituent les "Wreckage" ; ce sont des compilations de titres joués en concert, ou de reprises, ou de monoplages inédits. Le régal est autant garanti ! Le troisième volume est paru ce 1er mai 2026.

Forgés par et pour la scène, ces gaillards étaient déjà venus promouvoir l'album en début d'année ; nous avions ainsi assisté à un concert fabuleux à l'Alhambra de Paris le mercredi 22 avril 2026 ! L'étape de Verviers constitue la dernière d'une tournée d'automne européenne de vingt-deux dates (dont cinq françaises), qui a débuté le 2 octobre à Cambridge (Angleterre). Les Américains rentrent au Pays pour entamer une nouvelle tournée dès le 9 novembre à Salt Lake ! 

C'est un lundi, en fin de mois, ce qui rend notre disponibilité compliquée. Cependant, nous n'avons pas tardé à nous procurer nos tickets, dès le 13 mai dernier ! Soyons fou !

Après une route enchantée de quelques quatre cents kilomètres de bitumes, nous filons vers nos étapes traditionnelles ; La Fringale notre friterie favorite, puis Chez Maguy, à l'hôtel des Ardennes, pour une pause nécessaire avec une soirée qui s'annonce chaude.

Ouverture des portes : 19h. Nous choisissons le Plaisir masochiste d'un emplacement au bord de la scène sur la gauche pour être aux pieds du guitariste prodige. Certes, nous serons debout et proche des enceintes, mais c'est la contrepartie pour capter les ondes et les humeurs d'une soirée qui s'avèrera exceptionnelle !

ROBERT JON & The Wreck [20h35-21h20 + 21h50-23h05]
https://robertjonandthewreck.com/

Nous retrouvons donc Robert Jon Burrison (chant, guitare), entouré d'Andrew Espantman (batterie, chœurs depuis 2011), Henry-James Schneekluth (guitare solo, chant, depuis 2017), Warren Murrel (basse, depuis 2017), et Jake Abernathie (claviers, depuis le 16 avril 2023).

Très soucieux des réglages, en dépit de l'impatience du public, les musiciens prennent consciencieusement le temps d'accorder l'ensemble avant d'entamer les festivités avec un bouillonnant "Waiting for Your Man", issu de leur "Wreckage, vol2". Dès lors, nous comprenons que nous allons vivre un de ces évènements inoubliables ; le son, le cadre, l'ambiance, tout se prête à la fête. Certes, en ce qui nous concerne, compte tenu de notre emplacement, nous estimons opportun de nous protéger les oreilles. L'exigence des artistes les porte au début à réclamer quelques ajustements à la console, mais franchement rien de perceptible à mon niveau.

Notre préférence pour les premiers rangs vaut autant pour admirer la virtuosité, les techniques employées, que pour distinguer les humeurs des artistes. Comme d'hab' le visage de Robert Jon Burrison demeurera figé, et tendu ; il est concentré dans sa quête de perfection. Sa peau juvénile cachée par une barbe hirsute ne se détendra qu'à la fin, une fois le devoir accompli !! Le contraste est saisissant en observant le pur plaisir évident du batteur Andrew Espantman ; en voilà un qui est heureux ! Idem pour Warren Murrel le bassiste au large sourire émaillé dont le regard souvent pointé vers le plafond, demeure maqué par des lunettes de soleil ; à tel point qu'il continue de me rappeler Stevie Wonder ou Gilbert Montagné ! Jake Abernathie, qui est le dernier arrivé dans la bande, s'implique admirablement pour parvenir à alterner ses chœurs et ses accords et contribuer à entretenir ce parfum bluesy qui caractérise cette Musique enivrante.

Last but not least, nous nous sommes régalés du talent immense, époustouflant du guitariste Henry-James Schneekluth. Nous admirons beaucoup d'autres guitaristes bien sûr, et il ne serait pas opportun de les comparer car chacun s'exprime dans son style et avec ses sentiments. Mais pour ma part, Henry-James continue de me sidérer par tant de vigueur et d'envie. Il ne s'arrête pratiquement jamais, soli ou pas, il semble infatigable ! De surcroit, le bougre se permet de participer aux chœurs, accentuant ainsi les intonations typiquement américaines. Le personnage constitue la perle du groupe (sans dénigrer les autres) et cependant il nous semble modeste, loin de toute exubérance inutile, avec une apparence décalée sortie des années 70. Il joue et vit ses notes avec sincérité et émotion. Avec une dextérité admirable, alternant l'usage ou non du médiator, ses doigts galopent inlassablement sur l'instrument, ou le bottleneck vient frotter le manche pour accentuer encore les atmosphères bluesy. Et sans oublier les duos typiquement sudistes avec Robert, un pur régal dont je ne me lasserai jamais !

La tessiture de Robert est parfaitement calibrée pour exprimer les atmosphères sudistes, en tous cas pour évoquer un parfum d'ambiances imprégnées de whiskey et de sables chauds. Sans prompteur, avec sincérité et conviction, il chante son quotidien, avec une forme de mélancolie inhérente au blues. Avec les chœurs de ses trois complices (sauf le bassiste !) le dépaysement est garanti. Même si j'adorerais assister à une prestation soutenue par des choristes féminines, dans la tradition d'un certain LYNYRD SKYNYRD… ça m'arrivera peut-être, en tous cas, cela s'est déjà produit notamment à l'Ancienne Belgique (DVD). Mais bon, on imagine aisément les frais occasionnés.

Les influences sont perceptibles, pourtant la musique de RJW dégage un fort sentiment de fraicheur et entraine sans lassitude son auditeur dans les contrées lointaines ; peu importe qu'elles soient d'un authentique Sud profond ou de la côte Ouest. Ces atmosphères nous font voyager à moindres frais ; Qui oserait s'en plaindre ? Pas nous.

Fait notable, car de plus en plus rare, il suffit de lire les programmes des autres dates pour remarquer une honorable audace ; RJW s'évertue à modifier sa liste à chaque étape de sa tournée ! Bien sûr, il y a bien quelques titres devenus incontournables, tels que "Cold Night", "Oh Miss Carolina" ou "Do You Remember", mais au-delà de cet "impératif", force est de constater que le groupe aime modifier chaque jour son programme, sans doute pour éviter la lassitude sur leurs longues, longues tournées. Cette démarche serait de nature à inciter ses admirateurs de suivre le groupe, en mode musicotourisme…

L'auditoire du Spirit exulte, chavire de bonheur, chante et ovationne ardemment. Il y a de quoi. Le groupe publiera le lendemain un message particulièrement reconnaissant pour nos amis belges qui ont bruyamment acclamé la prestation !

Nous avions a priori le sentiment de vivre un privilège. Tant en raison de la qualité des interprétations, et des titres chantés. Des chansons rarement interprétées, tels que "Hurricane" (une première, si j'ai bien capté la présentation par Robert), ou "Highway", "Arroyo", et "One Last Time". De surcroit, un regard sur les listes des autres concerts de cette tournée européenne démontre que ROBERT JON & The Wreck nous a accordé, pour cette dernière date, un bouquet final inouï ! D'après ce que j'ai pu consulter, les programmes habituels ne dépassaient jamais les quinze ou seize titres maximum !....

Subdivisé en deux actes, et sans première partie, le concert fut un pur régal durant plus de deux heures ! Le programme fut un royal florilège de vingt titres issus de huit albums parus depuis 2015. Dont six issus de "Heartbreaks & Last Goodbyes", trois de "Glory Bound", trois de "Last Light on the Highway", trois de "Red Moon Rising", deux de "Shine a Light on Me Brother", un de "Ride into the Light", un de "Wreckage, Vol. 2", et un de "Wreckage, Vol. 3".

PROGRAMME

Acte 1 [20h35-21h20] :

  1. Waiting for Your Man (Wreckage, Vol. 2, 2022)
  2. Blame It on the Whiskey (Glory Bound, 2015)
  3. Arroyo (Wreckage, Vol. 3, 2026)
  4. Sittin' Pretty (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  5. Highway (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  6. Dark Angel (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  7. Keep Myself Clean (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  8. Ashes in the Snow (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  9. Heartbreaks and Last Goodbyes (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025).

Acte 2 [21h50-23h05] :

  1. The Devil Is Your Only Friend (Glory Bound, 2015)
  2. Stone Cold Killer (Red Moon Rising, 2024)
  3. Bring Me Back Home Again (Ride into the Light, 2023)
  4. Life Between the Lines (Red Moon Rising, 2024)
  5. Ballad of a Broken Hearted Man (Red Moon Rising, 2024)
  6. One Last Time (Last Light on the Highway, 2020)
  7. Hurricane (Shine a Light on Me Brother, 2021)
  8. Oh Miss Carolina (Last Light on the Highway, 2020)
  9. Do You Remember (Last Light on the Highway, 2020).

RAPPEL :

  1. Shine a Light on Me Brother (Shine a Light on Me Brother, 2021)
  2. Cold Night (Glory Bound, 2015).

La soirée était déjà excellente, pourtant notre attente hasardeuse nous a permis de parachever notre ivresse de bonheur (et la seule bière Spirit of 66, servie à la pression, n'y fut [!] pour rien !). Les musiciens sont tous descendus recueillir nos louanges et serrer les mains chaleureusement ; les gaillards sont d'une gentillesse et d'une simplicité que je n'aurais pas osé espérer. Ils ont pris le temps de décoder mes propos franglais et sans doute maladroits et accepter des portraits d'anthologie avec moi et avec ma P'tite Fée émerveillée. Un pur bonheur !

Petite déception, je m'y attendais, l'échoppe de cette dernière étape européenne dispose d'une offre restreinte,  dépourvue de tailles du t-shirt de tournée qui est pourtant attrayant. Je me suis abstenu d'acquérir une taille bien trop ample. Pas d'exemplaire de CD du "Wreckage, volume I".

Alors bien évidement, à la fin on dit "vivement une dixième édition, ici même" ! Mais, dans les discussions on a bien compris que le groupe est en pleine expansion ; il est à craindre que tout cela risque de prendre vite une autre dimension… Ce sera bientôt fini, les Spirit, les Trabendo et autres Alhambra, ces petites salles ou cette Musique s'exprime parfaitement. Bientôt, vu le nombre exponentiel de spectateurs, RJW devra hélas envisager les Zéniths, puis horreur-malheur, les arènes... Ne lisez pas mon récit, oubliez le ; ces Américains sont nuls à chier, incompétents et soporifiques. Oubliez les, n'en parlez pas, laissez-les nous ! Amen.



















vendredi 16 octobre 2026

AUDREY HORNE + MOTOROWL – Nouveau Casino (Paris 11e) – vendredi 16 octobre 2027.

Parmi les nombreuses découvertes musicale à mettre au crédit du RAISMESFEST, figure notamment le groupe norvégien AUDREY HORNE qui était à l'affiche le samedi 14 septembre 2013, dans le cadre de sa tournée "Young Blood". Ce jour-là, une bruine inopportune aurait pu rafraichir les (h)ardeurs, mais au contraire, celle-ci semble avoir été le vecteur vertical d'une énergie issue du tonnerre de Thor !

A l'occasion des tournées "Blackout" et "Devil's Bell", ces Vikings ont confirmé une convaincante capacité à nous décrasser les cages à miel, en toutes circonstances ! La conception du Heavy-Metal d'AUDREY HORNE est pourtant loin d'être inédite, les influences sont souvent évidentes, mais c'est très bien fait et c'est rafraichissant. Sa maitrise du son et de l'énergie est perceptible, une maitrise acquise sur les planches arpentées un peu partout dans le monde.

Petit rappel de la bio : Les victimes de l'ostracisme médiatique qui méconnaissent ainsi notre actualité musicale vous prétendront doctement que "Audrey Horne est un personnage fictif de la série télévisée ABC Twin Peaks". Heureusement, il subsiste notre microcosme de mélomanes avertis pour rétorquer que c'est avant tout un groupe de musiciens norvégiens. Etablis à Bergen, les membres ont fait partie de formations plus ou moins renommées de la scène (très) metal avant de décider, en 2002, de former un groupe de hard rock, disons plus accessible.

Le quintuor demeure composé de Torkjell "Toschie" Rød (chant, depuis 2002), Arve "Ice Dale" Isdal (guitare, depuis 2002), Thomas Tofthagen (guitare, depuis 2002), Kjetil Greve (batterie, depuis 2002), et Espen Lien (basse, depuis 2012).

Le huitième album studio, "Achilles" (2026) est paru le 4 septembre 2026. Le Nouveau Casino de Paris est (tout un symbole !) la huitième étape de la tournée promotionnelle qui a débuté le… 8 (!) octobre à Cologne (Allemagne) et qui aboutira à chez eux, à Bergen le 5 décembre.

Le rendez-vous a été organisé par Garmonbozia-Inc ; dès le 26 avril, nous avions acquis nos tickets. Cet engagement pour l'automne s'inscrivait dans un calendrier musical prévisionnel qui n'a cessé de se charger (presque) inéluctablement. Au bout de six mois, cela a généré un malheureux conflit de dates ; il a fallu arbitrer et rentrer d'Angleterre plus tôt que nous l'aurions souhaité (…). Tant pis. Avec ma P'tite Fée, nous revoyons ainsi AUDREY HORNE pour une quatrième fois !

Ouverture : 19h. Je retrouve avec plaisir ce bel auditorium que je n'avais fréquenté qu'à trois occasions : ORPHANED LAND (14/5/10), RIVERSIDE (13/5/11), et H.E.AT. (17/5/22). Ce bilan constitue encore une source de perplexité sur les choix de programmation de ce genre de salle. Elle me parait pourtant parfaitement adaptée à notre musique ; son acoustique est excellente (les murs et plafonds sont conçus pour), et sa capacité d'accueil varie entre 400 personnes debout ou 100 assises. De surcroit, un bar latéral sert une bonne Météor IPA. Nous montons en mezzanine et nous nous installons derrière l'éclairagiste ; une position stratégique qui s'est avérée agréable, tant sur le plan visuel qu'auditif.

MOTOROWL [19h30-20h10]. https://motorowl.de/

Mon répertoire s'allonge une nouvelle fois ce soir, puisque ce quintuor allemand m'est totalement inconnu. A ma décharge, MOTOROWL a été fondé en 2014 dans de land de Thüringen (Allemagne). Je trouve mention de son existence sur la Toile et note qu'il est classé dans le stoner, et du doom metal, agrémenté de textures psychédéliques et post-rock.

Max Hemmann (chant, guitare électrique, Membre fondateur, présent depuis 2014), est entouré de Vinzenz Steiniger (guitare électrique, présent depuis 2014), Tim Camin (basse électrique, présent depuis 2014), Martin Scheibe (batterie, présent depuis 2014), et de Marie-Christin Herberg (claviers, synthétiseurs, présente depuis 2024). Notons que le claviériste d'origine, Daniel Dettlev a souhaité s'éloigner de la scène et de l'activité intense du groupe ; il a été remplacé par l'ancienne musicienne de Death Cult 69, qui s'est visiblement parfaitement intégrée à l'alchimie du groupe.

Le troisième album studio, "This House Has No Center" est paru officiellement le 16 février 2024.

En mode découverte donc, je distingue correctement les harmonies mais le son des instruments ne me semble pas clair pour autant. Assez cependant pour percevoir des sonorités sabbathiennes bien sympathiques. L'éclairage me parait faiblard, mais après tout c'est inhérent au genre.

La bidouilleuse/claviériste est sur notre droite de la scène, le batteur (un colosse) s'impose au centre, les autres se blottissent où ils peuvent dans un espace assez réduit. Mais les guitaristes (solo, rythmique, basse) brillent peu de leurs interventions, ce qui finit par laisser une impression quelque peu monotone. On ressent un potentiel, mais il faudrait sans doute développer les individualités.

L'ovation du public me semble démontrer un intérêt, mais sans exaltation démesurée.

Bon, MOTOROWL n'a pas inventé le genre, c'est clair. Cependant, d'humeur militante, je suis assez séduit par la prestation pour me convaincre de les soutenir en acquérant (15€) le plus récent des trois albums disponibles à l'échoppe.

Mon fils m'a fait remarquer la reprise de TYPE O NEGATIVE. Le reste du programme, j'ai pu le recueillir auprès du groupe par messagerie personnelle dans les jours qui ont suivi le concert. Notons que "Water Line" est le premier morceau composé avec leur nouvelle claviériste / synthétiseuse Marie-Christin Herberg.

PROGRAMME

  1. The Night (This House Has No Center, 2024)
  2. No Center (This House Has No Center, 2024)
  3. Water Line (monoplage, 2026)
  4. To Give (Atlas, 2018)
  5. Fences (This House Has No Center, 2024)
  6. Future Nostalgia (This House Has No Center, 2024)
  7. I Don't Wanna Be Me (reprise de Type O Negative, Life Is Killing Me, 2003)
  8. Atlas (Atlas, 2018).

AUDREY HORNE [20h30-21h55] https://label.napalmrecords.com/audreyhorne

Plus tôt que l'horaire prévu (qui était 20h45), la tension monte lorsque la traditionnelle bande-son introductive laisse entendre l'intégralité de "The Boys are Back in Town" de THIN LIZZY, vénéré autant par eux que par moi ! Une autre bande-son, déjantée celle-là, sur le thème de "The Muppet Show", anticipe l'arrivée des Vikings, qui introduisent légitimement leur prestation avec deux titres de leur récent album !

Le charisme de Toschie constitue indéniablement un élément essentiel au spectacle, une qualité qui ne se démentira pas ce soir encore ! Son enthousiasme et sa voix entrainent irrésistiblement les auditeurs qui balaient ainsi leur tracas d'une actualité sociale déprimante ! Ce soir, on va chanter, crier, s'exalter, danser, partager un bonheur certes furtif mais tellement bon ! Le sourire de ma chérie et ceux de mes amis, suffisent à me confiner au sein d'une bulle rassurante.

Dans ce cadre acoustique excellent, la sonorisation m'a paru bien équilibrée ; tous les pupitres furent perceptibles malgré le déluge rythmique ! Etant positionné juste derrière l'éclairagiste, en dépit d'une modestie de rigueur, je n'ai pas pu m'empêcher d'évaluer les alternatives à ses choix. D'ailleurs, pendant le concert, Toschie lui a demandé de régler différemment les faisceaux. En fond de scène, un imposant logo du groupe surplombe la batterie. Cet écrin scénique parait pourtant trop petit pour ces musiciens très investis et mobiles. Les guitaristes et Toschie viendront plusieurs fois dans la foule attiser sans difficulté l'ardeur d'un auditoire complice et ravi !

Les influences sont plus honorables ; ceux des groupes de hardrock qui ont été capables d'équilibrer les harmonies à la fois mélodieuses et puissantes. On retrouve dans cet univers merveilleux de prestigieux artistes tels qu'IRON MAIDEN, THIN LIZZY ou OZZY. Cette inspiration du feu de Thor transparait autant dans la musique (duos de guitares, vrombissement de basse, chant mélodique et entêtant), que dans les attitudes (pauses de guitaristes qui en rappellent d'autres…), les clichés ne choquent pas, c'est la fête, ils prennent leur pied et nous aussi !

Pour mon plus grand plaisir, trois titres reprennent mon album préféré, "Youngblood". Fait notable, pour introduire son titre éponyme espéré, un bref suspens fut entretenu par un solo de guitare préliminaire. Mais bien sûr, tous les titres sont jouissifs. Les muscles, du cou, des jambes et des bras sont mis à rude et constante épreuve. Aucun temps mort ; l'agitation est musculaire et cérébrale ! L'énergie est réciproquement maintenue à un niveau redoutable (surtout en ce qui nous concerne personnellement, alors que nous revenions de deux autres concerts successifs en Angleterre !).

Habitués à nous réjouir des prestations enthousiasmantes du groupe, cette fois la singularité viendra de l'intervention du bassiste. Espen Lien, le plus Viking d'apparence avec sa barbe hirsute et son crâne chauve, est le plus récent membre du groupe (elle date de quatorze années) mais son intégration est réussie. A tel point qu'il chante le titre "God Damn Beautiful" issu de "Achilles". Le bougre s'en sort ma foi très bien !

Un autre moment théâtral et éloquent se produit au rappel, avec "Sail Away", que Toschie n'hésite pas chanter intégralement au beau milieu de la fosse.

Bref, un trop beau moment d'intense communion, entre des artistes intensément éloquents, percutants et un public acquis à sa cause. Ces musiciens ont rempli leur Mission de divertissement avec brio et engagement. Cette musique gavée de passages mélodiques et exaltants a le don de ventiler les ondes négatives qui s'accumulent dans nos esprits au quotidien. L'auditoire n'attendait que cela, et acclame AUDREY HORNE, le vecteur d'évasion d'un soir. C'est pour cela qu'on les paie. C'est pour cela qu'on les aime, tout va bien ! Revenez quand vous voulez, on en redemande volontiers !

AUDREY HORNE nous a interprété un florilège de quinze titres choisis dans six albums…dont cinq issus de "Achilles", trois de "Pure Heavy", trois de "Youngblood", deux de "Audrey Horne", un de "Blackout", un de "Devil’s Bell".

PROGRAMME
Bande son introductive : The Boys are Back in Town (Thin Lizzy) + Theme de The Muppet Show.

  1. Achilles (Achilles, 2026)
  2. In the Eye of the Hurricane (Achilles, 2026)
  3. This Is War (Blackout, 2018)
  4. Pretty Little Sunshine (Youngblood, 2013)
  5. Insanity (Achilles, 2026)
  6. Hell Is Eternity (Achilles, 2026)
  7. Out of the City (Pure Heavy, 2014)
  8. Holy Roller (Pure Heavy, 2014)
  9. Devil's Bell (Devil’s Bell, 2022)
  10. Youngblood (Youngblood, 2013)
  11. God Damn Beautiful (Achilles, 2026)
  12. Blaze of Ashes (Audrey Horne, 2010).

RAPPEL :

  1. Sail Away (Audrey Horne, 2010)
  2. Redemption Blues (Youngblood, 2013)
  3. Waiting for the Night (Pure Heavy, 2014).

A la fin du concert, contrairement à d'autres le bar reste ouvert ; ce vecteur de convivialité contribue à échanger les impressions enthousiastes avec d'autres mélomanes passionnés. Puis je saisis l'opportunité de faire un portrait avec l'impressionnant bassiste Espen Lien, histoire d'immortaliser l'évènement.

Le lendemain, nous nous surprenons à chantonner les airs retenus de la veille ; ils sont forts ces Vikings !




mercredi 14 octobre 2026

LAZULI – UK TOUR 2026 – 14 et 15 octobre 2026

A L'ENVIE. Décidément bien plus addictif que ladite pierre, le quintuor enchanteur m'entraine encore, avec ma P'tite Fée, dans la déraison du musicotourisme sans frontières !

Car en effet, notre valeureux représentant du rock français et francophone sillonne (de nouveau) le Royaume-Uni (l'Angleterre et le Pays de Galles), arpenté sur cinq étapes qui débutent le 14 octobre à Southampton (Hampshire), se poursuivent le 15 à Londres, puis le 16 à Fletching-Uckfield (East Sussex), le 17 à Chepstow (Monmouthshire, Pays de Galles), et se terminent le 18 à Birmingham (West-Midlands).

Ce n'était pourtant pas l'envie d'y retourner auparavant qui nous manquait ; c'est juste que les regrettables entraves à la libre circulation, entrées en vigueur le 1er janvier 2021, ont largement contribué à nous démotiver, en dépit des moult tentations. Notre dernier transit sous-manchois remonte à celui qui nous mena à Londres, en septembre 2019 (pour un ultime et mémorable concert de CAMEL). Toutefois, délaissant l'Eurostar, nous avions fait deux bonds aériens ; un, vers Manchester (en juin 2023 pour MAGMA / PROCUPINE TREE), puis un autre, vers Edinburgh (en mars 2024 pour OZRIC TENTACLES / GONG). Mais ensuite, l'accès à l'île ne s'est pas vraiment simplifié, avec l'instauration, le 25 février 2026, de l'autorisation de voyage électronique (ETA)…

Nonobstant ces complications politiques, cette abstinence avait assez duré. Il nous fallait, tôt ou tard revenir humer les parfums rock'n'roll sur ses terres d'origine ! Une fois les formalités accomplies, et les tickets acquis le 14 septembre (concerts et rails), il nous restait à patienter avant de nous rendre Outre-Manche, pour y vérifier la notoriété de nos troubadours favoris.


A L'HONNEUR. F https://lazuli-music.com  Ce talentueux quintuor existe depuis 1998 et pourtant seuls quelques médias confidentiels s'obstinent à promouvoir leur Activité. Vaille que vaille, les frangins gardois Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), continuent leur œuvre contre vents et marées d'indifférence, et ils sont désormais entourés de Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020).

En dépit de ce coupable et incompréhensible mépris national, depuis le premier concert officiellement répertorié le 5 avril 2005 à l'Antirouille de Montpellier, LAZULI parcourt l'Europe (surtout), et la France (plus rarement). Pour notre part, avec ma P'tite Fée, nous avons rejoint ce sillage depuis quelques années pour assister à vingt-deux concerts enivrants, avec d'autant plus de bonheur que, paradoxalement, l'apathie culturelle française pour le quintuor nous incite à voyager avec lui ; l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, la Norvège, le Danemark et épisodiquement en France !

L'album "Être et ne plus Être" paru le 30 janvier 2026 est, à mon sens, le chef d'œuvre de LAZULI, qui entraine son auditeur dans un tourbillon enivrant de notes harmonieuses et de mots délicieusement ciselés. Sa tournée promotionnelle a débuté le 10 mars 2026. Elle nous avait déjà fourni le nouveau prétexte d'une première escapade de trois dates entre les 12 et 14 mars 2026, dans le Benelux. Cette tournée britannique nous permet donc de revoir LAZULI, avant sa prestation en première partie du concert de MARILLION le 21 novembre !

En opposition à tout soupçon inquisiteur que je subodore, non nous ne sommes pas "fans" (d'ailleurs, je n'aime pas cette abréviation qui vient de "fanatique" ; un mot vulgaire et inapproprié dans l'univers de LAZULI) ; avec notre esprit critique, nous sommes juste de fervents admirateurs de ces Artistes qui nous paraissent injustement méconnus dans notre pauvre, pôôôvre france.


A L'AVENTURE. Aucun regret du mode de transport ; sur un trajet de cent cinquante minutes, l'Eurostar Paris-Londres constitue, moyennant 154 € (aller/retour), un confort appréciable et ponctuel. Puis, Londres n'étant qu'un rebond, nous constatons que le réseau ferré anglais s'est bien amélioré ces dernières décennies ; le SWR (South Western Railways) nous permet de rallier London-Waterloo à Southampton-Central en soixante-dix minutes, moyennant 18,15 € (aller/retour). The Star Hôtel nous accueillera dans un confort typiquement britannique moyennant 77 €. J'affiche ces tarifs à dessein afin de démontrer que le coût de notre musicotourisme n'est pas si exorbitant, en fait !

Je remets les pieds dans cette ville portuaire non sans une certaine émotion. J'y avais accosté une première fois, à l'été 1977 ; il y a plus de quarante-neuf ans, après une traversée de sept heures, depuis le Havre. Ce n'était qu'une étape avant de me rendre en vacances dans le vert comté du Somerset. Etape de nouveau empruntée deux ans plus tard. Je n'étais donc plus revenu à Southampton depuis quarante-sept années…

L'Angleterre n'étant pas particulièrement réputée pour sa gastronomie, nous nous restaurons copieusement dans un resto chinois, le Mi Rice Noodle Bar, (52 Commercial Rd, Southampton SO15 1GD, Royaume-Uni).

Le port de Southampton évoque surtout deux fameux bateaux ; le MAYFLOWER et le TITANIC. Si l'évocation du premier ne ravit pas les Amérindiens, le second n'évoque pas de meilleurs souvenirs aux Anglais ; car sur environ [ !? ] 2 200 personnes au total, [passagers et membres d'équipage confondus], seuls 711 survécurent au naufrage). Nous nous devions d'honorer ces malheureux en visitant le musée.

Après quelques pas dans la ville (nous la visiterons davantage demain matin) et un repos mérité, nous rejoignons donc la mythique salle de concert…


Le 14 octobre 2026 : SOUTHAMPTON, The 1865.

Nous sommes les premiers arrivés aux abords du bâtiment. Naturellement inquiets dans le calme de cette petite rue déserte, nous sommes rapidement rassurés en remarquant la fourgonnette du groupe, qui est discrètement garées sur le côté du bâtiment ! Puis, nous distinguons, au travers des hublots, les musiciens ainsi que Nellie et Alison, probablement les deux Anglaises les plus lazuliphiles ! Nous percevons les mélodies familières de l'intérieur ; LAZULI procède à l'équilibrage sonore. Nous sommes donc soulagés d'être arrivés à bon port !

La salle The 1865 (sise Brunswick Square, SO14 3AR Southampton) affiche une capacité d'accueil d'environ 225 personnes en configuration assis, (jusqu'à 800 en configuration debout). Mais en cette soirée de semaine, des tables bien espacées atténuent l'impression d'espace vide. Peu à peu les auditeurs arrivent. Les discussions sont enrichissantes ; j'apprends ainsi que, contrairement à ce que j'imaginais, les Anglais peinent, eux aussi, à remplir les salles pour écouter du rock progressif… Triste époque, décidément… Nonobstant, en commentant les affiches placardées au mur, un mélomane attise ma curiosité en me ciblant l'existence de "HENGE" un groupe anglais, réputé "space-rock", composé de musiciens visiblement habités, disons farfelus. J'apprendrai plus tard qu'ils passent à Paris en février ; à suivre…

Ouverture des portes : 19:00. L'accès est rendu compliqué à cause du dispositif imposé par DICE. Déjà que je hais leur concept de tickets virtuels, visibles uniquement durant une fenêtre de deux heures avant le spectacle, mais de surcroît la lecture de leur "QR code" pose un problème. Sans ticket aucun, ni avant, ni après, nous pénétrons finalement dans la salle, après avoir donné nos noms ; curieux Sésame n'est-il pas…

Bref, nous nous installons à une table en première rangée, avec un sentiment intense de vivre un certain privilège. Il nous en faut peu pour être heureux… Un bar propose un bel assortiment de bières, dont la barcelonaise Estrella qui nous hydrate délicatement ! Que du bonheur !!

L'acoustique de la salle se révèlera excellente. La scène est vaste et elle permet à LAZULI de déployer son écran mural.

Eliott LEONETTI [19:25-19:40]

Dominique présente la première partie avec l'aplomb d'un papa qui peine à masquer son émotion. C'est en effet son fils, Eliott qui a le redoutable privilège d'ouvrir la soirée ! Les admirateurs de LAZULI le connaissent bien ; depuis des années Eliott fait partie de l'équipe technique et se charge en particulier de l'échoppe des marchandises du groupe de son père. Lui-même musicien sur divers instruments, nous savions qu'il entretient une passion particulière pour la musique électronique. Peu à peu, il s'affirme dans cette voie. Si bien que cet été, il s'est produit sur quelques scènes, avec son père et son oncle. Désormais, ce soir il va devoir assumer seul les feux de la rampe !

Eliott est assis en tailleur, entouré des instruments qu'il a conçus. Il nous emmène dans son univers électronique, élaboré de sons bidouillés, triturés, produits avec maintes astuces ; une foison de fils multicolores relie des machines qui combinent séquenceur, boîte à rythmes, synthétiseurs, touches, boutons, ainsi qu'un thérémine. Cette musique, sans doute plus qu'une autre, a pour vocation de propulser son auditeur dans un monde onirique, chacun selon son ressenti, en fonction de ses expériences personnelles, de ses émotions. Pour ma part, je connais les influences majeures mais, personnellement, ces sonorités m'évoquent mon premier concert de Jean-Michel JARRE sur la place de la Concorde en été 1979 ! D'ailleurs, clin d'œil de l'histoire, quelques jours après j'embarquais pour Southampton !

Mission spatiale réussie, sa prestation nous a bel et bien fait voyager durant un peu moins de 17 minutes.

Le public ovationne le magicien, dont le regard mêle le soulagement et une fierté légitime. Mais sans tarder, il doit tout démonter pour laisser place nette aux artistes suivants !

JONES & SON [19h55-20h45]. https://www.facebook.com/profile.php?id=61556173043410

JONES & SON est (aussi) une belle histoire de famille. Le duo réunit John Dexter Jones, chanteur et auteur-compositeur britannique, une figure emblématique de JUMP, un groupe anglais de rock réputé progressif (qui mêle en fait du néo-prog, du rock éclectique et mélodique), et son fils Tal Jones, également connu sous le nom de Charlie "Tal" Jones.

Personnellement, je n'avais jamais relevé l'existence de ce duo (qui avait pourtant déjà soutenu la tournée anglaise de LAZULI en mars 2025), ni même de JUMP (qui a pourtant à son actif quatorze albums et, me dit-on, plus de mille-cinq-cent concerts, partageant la scène avec des pointures du genre telles que Marillion, Fish, IQ ou Mostly Autumn). John Dexter Jones, semble précédé d'une certaine notoriété en Grande-Bretagne, acquise au sein de JUMP, ce groupe britannique formé en 1990 à High Wycombe, en Angleterre.

Je conseille humblement d'écouter, par curiosité, JUMP via Bandcamp ; "The Winds of Change", le premier album studio début 1991, ainsi que le plus récent "Breaking Point" quatorzième album studio paru le 16 novembre 2020. Plutôt séduit (sans être transcendé), je perçois des influences sympathiques de Marillion période Fish, de Golden Earring de Machiavel, mais aussi de Foreigner. Bon, j'ai lu certains commentaires exaltés les décrivant comme " des piliers du rock progressif résolument divertissants " (dixit une affiche) ; ce qui me semble excessif, mais cette musique se laisse écouter, c'est déjà bien.

Bref, le duo nous propose de revisiter JUMP dans une formule acoustique intimiste, où deux voix et une guitare privilégient la simplicité, les harmonies vocales et l'émotion. Une relecture plus dépouillée d'un univers musical construit au fil des décennies, mêlée à des compositions originales. Je note que le duo s'est produit dans différentes salles et lors de festivals au Royaume-Uni.

Ce pedigree ne me parait pas particulièrement effrayant ; j'aborde donc cette prestation avec sérénité. Sans surprise, la prestation est sympathique et distrayante. La complicité père-fils est palpable, et produit de belles émotions. La transmission d'un héritage musical dans un respect réciproque, l'écoute et la construction d'une identité commune. Le père se révèle dissert entre les chansons, et éloquent pendant ; alternant exubérance mesurée et sobriété toute britannique. Cependant, le fiston laisse transparaitre sa propre personnalité artistique ; une belle voix, une interprétation poignante, habitée.

Puisque je ne connais pas vraiment JUMP, je ne peux que me fier aux réactions du public qui semble apprécier l'expression plus dépouillée, plus intimiste, de titres connus.

Le duo recueille une belle ovation, ma foi bien méritée.

PROGRAMME
(à déterminer, mais probablement similaire au lendemain, où j'ai relevé la liste)


LAZULI [20h55-22h55]

Les lumières s'estompent, l'introduction ne laisse plus de doute sur le premier titre. Légitiment, c'est l'éponyme "Être et ne plus être" qui ouvre le bal des ondes. L'occasion de confirmer l'excellent travail d'Ali à la console son, dans ce p'tit écrin à l'excellente acoustique. Nous pressentons une soirée exceptionnelle.

L'éclairage est parfaitement dosé, à la fois coloré et lumineux. Pour parfaire encore les sensations, l'écran délivre les images correspondantes. Quant à la scène, elle laisse un vaste espace à tous les musiciens ; Dominique la sauterelle va pouvoir s'éclater !

Comme à son habitude lors des concerts européens, Domi a préparé ses p'tites feuilles de commentaires traduits dans la langue locale. Je me surprends à comprendre son anglais, malgré mon niveau médiocre ! Quoiqu'il en soit, dès qu'il se saisit de sa guitare style "requinto", on sait que ce sera l'insolent "Sourire" qui s'enchaine. Le ton est donné pour un concert qui alternera les atmosphères poétiques (L'homme sûr), romantiques (Chaque jour que le soleil fait), souriantes (Triste carnaval), recueillies (Au bord du précipice), nostalgique (Quel dommage), ou indignées (Matière première). Cette palette d'émotions sincères est parfaitement exprimée par des mélodies et des rythmes enivrants dont on ne se lasse pas. J'imagine que les auditeurs anglais ne captent pas davantage les textes que ce que je capte de ceux de Marillion, mais je veux croire qu'ils en saisissent les grandes lignes. Suffisamment en tous cas pour réaliser combien LAZULI constitue un ensemble, un concept artistique à part, appréciable tant sur le plan musical que philosophique. Heureusement, il ne s'agit pas d'une école de pensée avec ses dictats ; Domi sait qu'il s'adresse à un public tolérant et varié. Il s'agit juste de commentaires, de nature à porter une réflexion sur notre société, notre environnement.

La prestation musicale de cette soirée demeure conforme à l'admiration que nous vouons à chacun d'eux ; les frangins demeurent logiquement en accord parfait, les complices Romain et Arnaud continuent admirablement de mettre tout leur talent entretenu (dans leurs activités parallèles), au service de LAZULI. Quant à Vincent, de toute évidence il se régale à cadencer tout ce petit monde, à percuter tous les esprits !

Cette cohésion est ressentie par un public composé de purs mélophiles. Pour l'anecdote, à la fin du concert, parmi les auditeurs admiratifs, un couple anglais qui nous avait remarqué (les seuls spectateurs français de la salle, pensez donc !) nous interpelle pour en savoir davantage, avant de tenter de leur parler ; c'est une découverte pour eux, ce soir ! Preuve en est, si nécessaire, que même dans une petite ville de province anglaise, dans une salle a peine remplie (pour ne pas dire à moitié vide !) LAZULI parvient à séduire ! Ah, si seulement les média pouvait s'emparer de … et puis non. Gardons-les pour nous, épicétou.

Nous assumons les revoir pour la quatrième fois sur cette même tournée, et nous ne bouderons donc pas le florilège choisi, qui ne diffère pas du début de la tournée. Au fil des tournée, je m'impatiente juste d'entendre d'autres titres plus anciens (disons avant 2010) ; non pas qu'il faille comparer, juste se souvenir !

Dix-sept titres (sans compter le traditionnel final avec le marimba), quatre albums. Onze issus de "Être et ne plus Être", quatre de "11", un de "4603 Battements", et un de "Tant que l'Herbe est grasse". Les Neuf Mains autour d'un Marimba expriment d'abord l'air habituel. Ensuite, une improvisation inspirée de leur propre répertoire "les courants ascendants". De la contrainte horaire qu'imposent deux premières parties, il résulte l'éjection d'un titre, "Mon Body se meurt" ; il fallait probablement en sacrifier un, mais je n'aurais pas désigné celui-là… mais bon.

PROGRAMME
Être et ne plus être (Être et ne plus être, 2026)
Sourire (Être et ne plus être, 2026)
Qui d'autre que l'autre (11, 2023)
Une chanson cherokee (Être et ne plus être, 2026)
Les 4 mortes saisons (Être et ne plus Être, 2026)
L'eau qui dort (Être et ne plus être, 2026)
Le miroir aux alouettes (4603 Battements, 2011)
Quel dommage (Être et ne plus être, 2026)
Triste carnaval (11, 2023)
L'homme sûr (Être et ne plus être, 2026)
Matière première (Être et ne plus Être, 2026)
Parlons du temps (11, 2023)
Chaque jour que le soleil fait (Être et ne plus être, 2026)
Le Pleureur sous la Pluie (11, 2023)
Les courants ascendants (Tant que l'herbe est grasse, 2014)
L’Instant (Être et ne plus Être, 2026)
Au bord du précipice (Être et ne plus être, 2026).
RAPPEL :
9 mains autour d'un marimba.

Notre hôtel étant à moins de cinq minutes à pied, la bière n'étant pas mauvaise, nous prolongeons la soirée dans cette salle agréable, en compagnie notamment des musiciens et d'Ali le fidèle et efficace ingé'son.


Après une matinée touristique dans Southampton (…), notre retour à Londres me permet de retrouver mon p'tit Alhambra-hôtel que j'affectionnais depuis quelques décennies. Son attrait réside toujours dans sa proximité avec la gare Saint-Pancras, mais cependant son propriétaire a changé. Un Paki s'en est visiblement emparé, et il ne propose plus le même service. Si le cadre et les chambres demeurent propres et (relativement) confortables, en revanche il ne propose plus de petit-déjeuner. La contrepartie d'une nuitée modique, à Londres.

Le 15 octobre 2026 : LONDON, 229 The Venue.

Si le nom de cette salle (sise 229 Great Portland St, W1W 5PN London), ne brille pas par son originalité, en revanche, elle séduit par son aspect cocon. Son accès est étonnant ; une porte se dresse d'un espace piéton, et précède un escalier qui plonge dans un sous-sol tortueux. Puis on pénètre un antre douillet à l'éclairage tamisé. En fait, le complexe comprend deux salles distinctes ; la grande (que nous ne verrons pas) peut accueillir 620 personnes debout, et la petite (où nous demeurons) peut accueillir environ 150 personnes. Les deux pouvant être combinées.

Ouverture des portes : 19:00. Nos amis Véro et Xavier nous rejoignent. Nous sommes cinq Français, fixés au premier rang, ne laissant ainsi qu'un seul Anglais entre nous ! Mais le reste du public londonien ne semble pas nous en tenir rigueur.

Eliott LEONETTI [19:25-19:40]

La scène est à l'image de la fosse ; étroite. Les instruments sont imbriqués et laissent peu d'espace pour s'exprimer. Le pauvre Eliott doit se tenir debout cette fois, dressé devant ses outils. Pourtant, il retrouve ses repères et exprime de nouveau ses harmonies rythmées avec une concentration qui ne l'empêche pas quelques regards obliques vers le regard de son papa qui l'admire toujours dans l'ombre du coin de scène.

Les aléas techniques inhérents au genre ont pu tracasser Eliott, mais ils ont au moins le mérite de nous accorder quelques nuances avec la prestation de la veille. En tout état de cause, il termine sous l'ovation bruyante d'un public satisfait !

JONES & SON [20h-20h45].

Le duo prend place dans le faible espace disponible ; l'exubérance des deux hommes est mesurée et ils parviennent donc à se maintenir dans l'ombre de leur pied de micro, sans trop de difficulté.

Sa prestation est similaire à la veille, avec des variantes que je ne suis pas en mesure de déterminer précisément puisque je ne connais pas l'historique. Toutefois, cette seconde prestation achève de nous séduire ; les deux musiciens montrent tant de ferveur et de conviction que même sans comprendre tous les textes, les mélodies énergiques parviennent à captiver l'auditeur.

Nonobstant, le public se montre ici aussi enthousiaste et réceptif aux commentaires, au chant et à la musique de duo, qui sera applaudit chaleureusement.

PROGRAMME (sur la foi de la liste photographiée)
Rise (On Impulse, 2001)
Old Gods (Over the Top, 2016)
The Heroes (Breaking Point, 2020)
Superstar (inédit JONES & SON)
Kingstone Corner Blues (The Beachcomber, 2010)
The Black Pilgrim (The Black Pilgrim, 2013)
Down Three Times (The Beachcomber, 2010)
L.I.A.M. (inédit JONES & SON)
Free at Last (A Man Was Made, 2004).

LAZULI [20h55-22h50]

La superficie restreint l'espace de chaque musicien, interdit tout écran mural, réduit aussi la densité d'éclairage. L'acoustique de la salle est très correcte ; je ressens cependant le besoin de protections auditives afin de modérer la disproportion du volume avec la taille de la salle, phénomène sans doute accentué par ma proximité avec les enceintes. Sur un plan technique, il aura fallu quelques réglages sur la console de Claude pour affiner le son, mais rien d'insupportable heureusement.

Domi demeure intenable, en dépit du faible espace dont il dispose, il parvient toutefois à sautiller dès que les frappes de Vincent imposent des rythmes dansants !

Globalement la prestation ne diffère pas de la veille ; la contrainte horaire demeure et impose une nouvelle fois l'éjection du titre "Mon Body se meurt". Quel dommage, si j'ose dire…

L'auditoire londonien exulte ; les articles lus sur la Toile le lendemain montrent que cette joie n'était pas feinte.

Le programme est identique à la veille.


Des deux concerts, j'ai préféré celui de Southampton, question de confort. Mais les deux furent de formidables moments d'évasion ! Vivement un vingt-cinquième concert ce 21 novembre, à Paris !

Nous aurions volontiers suivi LAZULI les deux jours suivants (surtout au fameux Trading Boundaries de Fletching-Uckfield, puis à Chepstow). Mais un malheureux conflit de dates nous imposait un retour à Paris. (Cela dit, a posteriori, nous ne le regretterons plus car Claude y a connu des soucis avec sa Léode, et de surcroit, notre autre rendez-vous musical aura été un régal !)

Maintenant que nous disposons de l'ETA (sans vouloir insulter les Basques), nous comptons bien cibler davantage le Royaume-Uni. D'ailleurs, RUSH constitue d'ores et déjà une autre cible londonienne d'ores et déjà verrouillée, en mars 2027. Dans le viseur, MOSTLY AUTUMN pourrait prochainement nous pousser à visiter la médiévale York !