Eloge de la futilité (suite). Un adepte érudit de lithothérapie (Utilisation des pierres pour leurs propriétés thérapeutiques) pourrait expliquer notre addiction par une force d'attraction naturelle que LAZULI exerce sur nous. J'aurais bien du mal à contrarier cette expertise, car en effet je peine à résister à l'envie de les suivre, le plus souvent possible…
Pire, attendre un hypothétique concert ici et là ne
nous suffit plus. En 2024, à l'occasion de leur tournée "Onze",
nous étions trois couples de fêlés à les suivre, aux confins de la Raison. Cet
élan à la fois passionné, futile et aventurier, nous avait mené sur quatre
étapes musico-touristiques, du 20 au 27 octobre 2024 ; en Suisse, en Belgique,
en Allemagne puis en France. J'avais intitulé le récit (ici) de notre escapade "ENVERS ET CONTRE
TOUR", car nous avions le sentiment insouciant d'avoir transgressé la
frontière du raisonnable, en accomplissant un vieux rêve.
Le souvenir de cette belle et mémorable aventure,
entretenu par la relecture nostalgique de mon récit, ne pouvait que soutenir
une irrésistible envie de renouveler ce p'tit coup de folie. Ce genre d'évasion
contribue à entretenir un sentiment de Liberté et de Bonheur qui fait du bien,
par les temps qui courent et nous essoufflent… carpe diem, comme dit l'autre…
Durant ce premier semestre 2026, la tournée de LAZULI prévoit
à ce jour dix-sept dates européennes, soit entre le 10 mars à Pratteln
et le 5 juin à Contrexéville. Ensuite, ils ont prévu quelques apparitions lors
de festivals d'été, puis cinq étapes anglaises en octobre, et enfin sept étapes
françaises en novembre en soutien à la tournée MARILLION !
Pour l'instant, nous avons donc coché trois cases. Ce
seront :
·
12.03.2026 –
Spirit of 66 – Verviers (BELGIQUE, Wallonie)
;
- 13.03.2026 – DePul – Uden (PAYS-BAS, Noord-Brabant) ;
- 14.03.2026 – Boerderij – Zoetermeer (PAYS-BAS, Zuid-Holland).
Nous nous serions volontiers engagés sur une quatrième
date, Chez Paulette le 3 avril, rare étape française de surcroît.
Malheureusement, cette option est contrariée par un fâcheux conflit de date. En
effet, au comble de la malchance, nous avions déjà dû arbitrer entre GAZPACHO (au Petit-Bain), ARCHIVE (à La
Seine Musicale) et DEWOLFF (au Bataclan) qui se produisent tous le même jour à
Paris… Un choix cornélien s'est imposé…
Pour le second semestre, le concert parisien de LAZULI
en soutien de MARILLION est prévu.
Quoiqu'il en soit, en toute modestie j'ai bien
conscience que cette avidité ne peut pas masquer les nombreuses années perdues
en palabres, avant que je parvienne enfin à les voir sur scène une première
fois, le 5 aout 2017. Car, LAZULI, fondé en 1998, avait alors déjà près de
deux décennies d'existence…
En dépit d'aléas individuels difficilement évitables
dans une vie de groupe, le navire LAZULI est relativement préservé du syndrome du
bateau de Thésée ; le mat et le gouvernail de ce bel esquif, qui perdure
obstinément dans une tempête de vents médiatiques contrariants, sont encore
bien en place. Dominique Leonetti
(chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti
(léode, depuis 1998), garantissent un cap louable, et sont toujours entourés des
fidèles matelots compétents et engagés, Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie,
depuis 2010) et Arnaud Beyney
(guitare, depuis 2020). Hissez haut, moussaillons ! Tel Dieter, nos âmes
saoules glanerons vos bouteilles jetées à la mer, au gré des vents et marées !
NOTRE
PERIPLE. Notre circuit prévoit ainsi un parcours estimé à quelques 1 160 kilomètres,
au départ de la région parisienne vers Verviers, pour rebondir à Uden, puis Zoetermeer,
avant de rentrer. Ce périple, bien que déjà considérable, demeurera
inférieur aux 2 100 km de 2024 !
PREMIERE
ETAPE :
LE
JEUDI 12 MARS, VERVIERS
(BELGIQUE). (Quelques 400
kilomètres, environ soit plus de 4 heures de route)
Nos complices d'évasion, Pascal et Valérie ont déjà
assisté aux deux premières dates (Pratteln et Bonn) de la tournée. C'est
rassurant de se confronter à des gens plus insensés que soi. Nous nous
retrouvons à "La Fringale", notre friterie habituelle
pour cette étape, avant un repos préalable bien mérité à l'hôtel des Ardennes,
où nous sommes accueillis par notre chère Maguy. (…).
Nous entretenons une affection particulière pour le Spirit of 66. Même si nous avons tardé
à venir découvrir cette salle mythique, nous y revenons déjà pour la 10ème
fois, depuis le 3 juin 2022. Dont cinq fois pour Mostly Autumn …et deux fois
pour LAZULI, le 9 mai 2023, et le 22 octobre 2024 ! Si nous étions riverains de
cette salle, il est évident que sa programmation, bien supérieure à n'importe
quelle salle parisienne, nous attirerait au moins une fois par semaine…
LAZULI : (20h30-22h30). A peine
arrivés aux abords de la salle, nous avons le plaisir de revoir les musiciens,
toujours aussi affables. Aux détours de bavardages, nous ne tardons pas à
apprendre que le programme de deux heures prévoit (notamment) l'intégralité du
nouvel album !
Nous prenons place au bord de la scène. Nous ne
craignons pas de sons agressifs, car le quintuor présente la particularité de
ne pas utiliser d'ampli sur scène. Ali, l'ingénieur du son se charge
d'équilibrer les pupitres pour les rendre perceptibles à tous.
Avant le début du concert, ma P'tite Fée se charge des
emplettes à l'échoppe (…). L'album est ainsi enfin acquis en physique, ainsi qu'un
sweat et trois t-shirts très jolis et originaux. Dommage, il n'y a toujours pas
de t-shirt de tournée (j'entends avec les
dates dans le dos).
Dès les premières notes, nous constatons une
sonorisation bien équilibrée pour cette salle qui est dotée d'une bonne
acoustique. Le dispositif d'éclairage est limité à l'espace, mais suffisamment
dense pour accabler de chaleur les malheureux musiciens. Un écran occupe le
fond de scène pour diffuser les images composées principalement par Domi.
Même si la soirée n'affiche pas complet, la fosse est
pleine et l'ambiance traduit rapidement une satisfaction générale ; l'auditoire
ne tarde pas à se balancer et à chanter allègrement.
LAZULI avait dévoilé sur scène, dès octobre 2024,
trois chansons de l'opus qui vient de paraitre cette année ; "Chaque jour que le soleil fait",
"Être et ne plus être" et
"Quel dommage". Ce soir,
l'interprétation sur scène de tous les titres du nouvel album confirme le
potentiel pressenti. Ce n'est que le troisième concert de la tournée, mais déjà
les harmonies sont en place, pour le plus grand bonheur des mélomanes présents.
Les chansons me semblent magnifiées notamment par des introductions
instrumentales ("Chaque jour…").
Mes deux titres préférés m'éblouissent
particulièrement ; "L'homme sûr"
et "Au bord du précipice"
dont les soli sont étourdissants ! Cependant, la prestation démontre la qualité
des morceaux, valorise les musiciens et transcende les émotions. Bon, histoire
de ne pas paraitre fanatique, je confesse un bémol pour "Les 4 raisons", dont la mélodie me
semble un peu trop … facile. Pourtant même ce titre nous pénètre et résonne
dans le cerveau dans les heures et jours qui suivent… Non vraiment il n'y a
rien à rejeter dans cet album !
Bien sûr on doit tout cela à la créativité de
Dominique et Claude mais ils ont eu l'intelligence de s'entourer de personnes
adorables et de les laisser s'exprimer avec tous leurs talents. Ils alternent
avec brio les instruments et tous participent aux chœurs, en soutien à Domi.
Arnaud est le dernier arrivé de la bande et cependant il
semble contribuer au ciment du groupe ; il magnifie tous les titres (anciens et
nouveaux) de ses soli ciselés et bourrés d'émotions. Excellent à la guitare
mais aussi compétent à la basse.
Romain est un multiinstrumentiste de grande valeur ; il
maitrise les claviers et marginalement la percussion, mais c'est surtout son
statut de corniste qui me séduit ; son cor d'harmonie astucieusement bidouillé
permet des accords et des soli qui me font vibrer, en tant que cornettiste.
Vincent, le maitre des percussions, alterne avec application
et implication entre sa batterie, le marimba ou le djembé, sans omettre de
chanter les chœurs. Pour ne pas perturber ses complices, il a opté pour des
protections plastiques transparentes incurvées devant ses cymbales.
Après "Les courants ascendants", les chœurs
de la fosse reprennent la mélodie principale, ce qui incite Romain et Vincent , à nous gratifier d'un p'tit duo d'improvisations au gré
de leur envie et/ou de leur inspiration. Cette fantaisie musicale constitue toujours
un haut moment de complicité, c'est un régal de voir ces deux-là se lancer tantôt
des défis du regard, tantôt des alternances rythmiques inopinées ! Cette séquence
admirable permet de confirmer toute leur maitrise.
Claude jouit désormais d'un instrument fiable dont il
continue à maitriser les astuces pour exprimer une palette infinie de
sensibilités, de nuances de poésie quoi ! C'est évidemment un atout majeur pour
le son du groupe, mais par excès de modestie, il fait mine toujours de
s'étonner des marques de satisfaction qu'il suscite !
Quant à Dominique…
que dire. Juste qu'il semble heureux. Ce qui nous rend heureux, en retour. Sa
modestie peine à masquer un talent immense de composition, d'écriture, voire de
dessins ! Sa voix fine et fragile trahit une sensibilité et une émotion
authentiques. Sa superbe guitare, conçue par Eliott son fils, accompagne
merveilleusement les harmonies exprimées par ses complices. Selon les thèmes
abordés, il exprime un kaléidoscope d'émotions avec sincérité. Tel un lutin
espiègle, il bondit et sourit avec insolence sur tel morceau. Sur un autre, il
montre un abattement sombre. Sur un autre encore, il sera envahi par une mélancolie
désespérée. En dépit de la brutalité de l'humanité qu'il ne manque pas de dénoncer,
il n'en demeure pas moins un vecteur d'évasion par le plaisir.
Domi profite ici d'une rare date en pays francophone
pour pouvoir s'exprimer en français avec son auditoire. Il signale plusieurs
cas particuliers, parmi le public ; la présence d'une Mexicaine, mais aussi d'un
Californien ! LAZULI rayonne donc largement au-delà de nos frontières ! Autre
anecdote, il souligne la présence d'une jeune auditrice belge qui était venue
les découvrir quand elle avait quinze ans et qui est toujours présente ce
soir... Nous sommes émus de découvrir la présence du papa et de la maman des
frangins Leonetti.
La discographie officielle de LAZULI montre désormais douze
albums studio ; "Dénudé",
qui a revisité d'anciens titres en acoustique, est compté comme un album à part
entière. Avec une telle matière, les choix et les renoncements de programmation
continueront d'entretenir les discussions ; "Le Fantastique envol de Dieter Böhm" est ainsi évincé, alors
que quatre titres de "11"
sont maintenus… C'est le choix de l'artiste. Mais pour ma part je suis surtout
satisfait d'avoir entendu l'intégralité des titres de l'album récemment paru. Ce
fut une excellente surprise ; je n'aurais pas osé parier sur cette option ! Par
ailleurs, j'espère qu'un jour nous pourrons assister à l'interprétation de
morceaux issus de leurs débuts… D'ailleurs, le titre qui provoque
irrésistiblement la transe du public se trouve être le plus ancien (Le miroir aux alouettes, 2011). A cette
occasion, Dominique lui-même ne résiste pas d'aller fendre la foule pour le
final.
Le programme de ce soir évoque quatre albums avec dix-huit titres (et le traditionnel final au
marimba), dont douze issus de "Être et ne plus Être",
quatre de "11", un de "4603 Battements",
et un de "Tant que l'Herbe est grasse". Les Neuf Mains
autour d'un Marimba expriment d'abord l'air habituel. Ensuite, leur choix se
porte cette fois sur une improvisation inspirée de leur propre répertoire
"les courants ascendants".
PROGRAMME
- Être et ne plus être (Être et ne plus Être, 2026)
- Sourire (Être et ne plus Être, 2026)
- Qui d'autre que l'autre (11,
2023)
- Une chanson cherokee (Être et ne plus Être, 2026)
- Mon body se meurt (Être et ne plus Être, 2026)
- Les 4 raisons (Être et ne plus Être, 2026)
- L'eau qui dort (Être et ne plus Être, 2026)
- Le miroir aux alouettes (4603
Battements, 2011)
- Quel dommage (Être et ne plus Être, 2026)
- Triste carnaval (11, 2023)
- L'homme sûr (Être et ne plus Être, 2026)
- Matière première (Être et ne plus Être, 2026)
- Parlons du temps (11, 2023)
- Chaque jour que le soleil fait (Être et ne plus Être, 2026)
- Le Pleureur sous la Pluie (11,
2023)
- Les courants ascendants (Tant
que l'herbe est grasse, 2014)
- L’Instant (Être et ne plus Être, 2026).
RAPPEL :
- Au bord du précipice (Être et ne plus Être, 2026)
- Neuf Mains autour d'un Marimba.
Le concert à peine fini, les cinq musiciens confirment
leur disponibilité naturelle, échangent volontiers les impressions avec les mélophiles
; certains sont novices, la famille s'agrandit !
DEUXIEME
ETAPE : LE VENDREDI 13 MARS, UDEN,
(PAYS-BAS). (Quelques 172
kilomètres depuis Verviers, environ deux heures de route.)
La conduite sur l'autoroute néerlandaise, imposée à
moins de 100 km/h, constitue pour moi une réelle épreuve d'endurance. Avec la
pluie et la densité de la circulation, c'est même un calvaire. Nonobstant, à
Uden nous découvrons une charmante bourgade néerlandaise, dont le calme
et la propreté laisse songeur le touriste français. Dommage qu'une pluie
incessante nous empêche de flâner. Visiblement, chez les Bataves, le Pays est
Bas, mais le ciel l'est aussi… Il faudrait revenir par beau temps. On se
restaure dans une brasserie au bon rapport qualité/prix, puis nous nous
accordons un repos nécessaire à l'hôtel "Jambon". Nous
sommes très proches de la salle.
A la fin des années 2000, avant la multiplication des
réseaux sociaux, je participais à des discussions sur le forum musical Chemical
Harvest. Les concerts à Uden étaient souvent évoqués, notamment ceux de
Porcupine Tree, alors que ce groupe n'était connu que de quelques spécialistes
bien informés. Après tant d'années, je ne cache pas mon émotion ; j'y suis
enfin ! Le Poppodium DePul
prétend être la plus ancienne salle de concert des Pays-Bas ; cette salle accueille
des artistes depuis mai 1968 ! En 2018, une seconde salle plus
intime, appelée Impuls, a été ajoutée ; après notre évènement, un
groupe tenta de nous retenir, mais en vain car nous devions ménager notre forme
pour le reste de notre escapade.
Le contrôle d'entrée est bienveillant et nous laisse
une bouteille d'eau. La Grote Zaal qui nous accueille peut accueillir jusqu'à 650 spectateurs, mais le
balcon est fermé ce soir. Un bar sert des bières à prix modiques. La
Grolsch à la pression est une bière néerlandaise particulièrement savoureuse et
désaltérante. Des petites tables rondes constellent la fosse. Un sentiment d'aisance
et de quiétude domine dans cette salle.
Nous nous plaçons au bord
de la scène mais cette fois positionnés entre Claude et Domi, donc face à
Romain. Pas de barrière, et une hauteur raisonnable qui maintient le contact
entre le public et les artistes.
LAZULI : (20h30-22h30).
Autant le dire d'emblée ; ce concert sera le meilleur ressenti des
trois !
Cette salle va nous révéler
un confort acoustique exceptionnel. Le dispositif d'éclairage est très bien
adapté. LAZULI a pu tendre un écran sur lequel seront diffusées les
illustrations.
Bon, cette fois nous sommes
en territoire batave et donc Domi doit adapter son discours. Principalement en
anglais. Mais en séducteur, il n'omet pas de prononcer quelques mots en
néerlandais. Pour l'anecdote, hormis les "bedankt"
inévitables, un mot amusant pour nous Français reviendra souvent : "nu"
qui signifie "maintenant".
Je ne reviens pas sur les titres, conformes à la
veille, sauf à préciser que leur interprétation achève de nous convaincre encore
davantage de leur qualité.
C'était l'objectif du soir, notre point d'écoute
décalé est mieux adapté pour observer la sensibilité de Claude avec sa Léode, et partager des regards complices. Mieux
adapté aussi pour admirer la maitrise du souffle de Romain dans son cor d'harmonie et sa dextérité au clavier, dans
tous les accompagnements mais aussi lors du duo d'improvisation avec Vincent.
PROGRAMME
Idem que la veille
Comme d'hab' on retrouve les musiciens pour commenter
la soirée, même si on a l'élégance de laisser la primeur aux admirateurs
néerlandais, quand même ! On s'accorde un portrait collectif avec le groupe pour
marquer ce nouveau merveilleux souvenir!
Nous quittons cette belle salle, mais nous y reviendrons
un jour ! Désormais, une nuit de sommeil s'impose ; la proximité avec l'hôtel est
une aubaine…
TROISIEME
ETAPE : LE SAMEDI 14 MARS, ZOETERMEER,
(PAYS-BAS). (Quelques 120
kilomètres d'Uden, environ 90 minutes de route). Le nom
Zoetermeer est traduisible en français par "Lac sucré" Elle se
trouve à une dizaine de kilomètres à l'est de La Haye.
La pluie incessante et la densité de la circulation continuent
de compliquer la conduite... Nonobstant, nous arrivons à Zoetermeer sous un
soleil radieux ! En admirateurs émus, nous avons le plaisir de remarquer, sur
la fin de notre parcours, le fourgon de LAZULI ; Nous arrivons donc en même
temps qu'eux sur l'aire de stationnement de l'hôtel "Golden Tulipe".
Dans l'attente de la disponibilité des chambres ; nous
prenons place dans les fauteuils du hall d'accueil. Nous engageons une passionnante
conversation avec Domi et Eliott. Nous ne boudons pas notre bonheur de pouvoir
discuter avec l'Artiste sans barrière linguistique, et sans filtre. Domi n'est
pas avare de commentaires sur sa Création et nous n'avons aucune raison de nous
abstenir de lui faire part de nos impressions, de lui poser nos questions. J'en
profite notamment pour lui avouer que "L'homme
sûr" me parle tout particulièrement ; une fois de plus il place des
mots sur des situations auxquelles on peut d'identifier… Puis Alison et Sam,
deux authentiques admiratrices anglaises du groupe depuis très longtemps, nous
font le plaisir de se joindre à nous. Pour l'anecdote, nous nous rappelons que LAZULI
a joué un concert à l'occasion du mariage d'Alison, il y a quelques années !
Ensuite, nous déposons nos bagages, puis prenons une
collation avant de filer vers le Boerderij. Nous y retrouvons nos nouvelles
amies anglaises déjà devant la porte ! Plus tard un couple d'amis normands
viendra nous rejoindre, portant ainsi notre assemblée à six francophones.
Ce lieu mythique m'évoque le même sentiment que hier.
Depuis aussi longtemps que DePul, je souhaitais me rendre au fameux Poppodium
Boerderij ; une envie souvent entretenue par des récits de nombreux
concerts, mais aussi des parutions de quelques films ici enregistrés (MOSTLY
AUTUMN, GAZPACHO, ...). Son histoire débute aussi à l'époque hippies, en
1975, dans une ferme occupée sans permission (anglicisme : squattée)
! Passons sur les différentes évolutions, elles aboutissent de nos jours à deux
déclinaisons ; une salle appelée "CreativeColors",
d'une capacité de 750 personnes, et une autre plus intime appelée "Podium
Café", d'une capacité de 100 personnes.
Le cadre du bâtiment est très convivial. On accède à
l'auditorium en montant un escalier. En haut à droite, se trouve un somptueux
salon, décoré de photos d'illustres artistes s'étant produit en ces murs. On y
sert notamment la succulente Trappe
à la pression en trois versions ; Blond, Dubbel, Isid'or !!! Est-il utile de
préciser que j'y finirai la soirée ?! Mais là, j'anticipe. Une coursive permet
au groupe de proposer ses marchandises. Une autre porte permet d'accéder à la
fosse, cernée par deux comptoirs où sont proposées des bières à prix modiques
(rien à voir avec le service des salles parisiennes !). Le balcon est fermé.
Nous nous plaçons encore une fois au bord de la scène,
au pied de Domi. Aucune barrière ne nous sépare de la scène, toutefois une
bande limite un espace réservé. Il s'avérera que ce concert sera filmé, notamment grâce à des caméras fixes sur
plusieurs points de la salle, mais aussi à un technicien mobile devant nous. Sans
aucune gêne pour nous. Ce dernier ne nous est pas inconnu ; nous l'avions
rencontré, lui et une compagne, notamment lors des festivals NOTP de Loreley.
Il fait du bon boulot, je l'ai encore observé avec admiration pendant ce
concert ; dans ses cadrages, on ressent sa passion, et son intérêt pour ce
qu'il filme. Il est donc permis d'espérer un beau film sur cette soirée…
LAZULI : (20h30-21h15
/ 21h40-22h50).
Un dispositif d'éclairage impressionnant surplombe la
scène. Deux écrans sur les côtés diffusent, simultanément avec l'écran géant en
fond de scène, les illustrations des titres.
Ma perception du son n'est pas aussi agréable que
celle ressentie la veille à Uden. Le son m'a paru moins agréable, des
réverbérations et des basses m'ont un tant soit peu gêné. Oh, rien de grave, à
ce niveau de qualité, on est dans la subtilité. Mais la comparaison n'est pas
flatteuse, à mon sens.
Quoiqu'il en soit, nous apprécions d'être là, entourés
de bienveillance et de gens heureux. Domi s'efforce une nouvelle fois de
communiquer en phonétique avec les néerlandais, qui semblent capter
suffisamment le discours pour faire part de leur approbation.
Les titres m'emportent à l'instar des deux précédentes
dates, sans jamais me lasser. Nous sommes encore dans une phase de découverte
pour les chansons les plus récentes, et je décèle encore des astuces et des
subtilités. Nous ne nous lassons pas d'eux, et d'ailleurs il me semble qu'ils
ne se lassent pas de nous davantage (dans
le cas contraire ils seraient très diplomates) ! A cet égard, j'ai vécu un
moment de belle émotion, lorsque Domi s'est souvenu de notre conversation
quelques heures auparavant, pour me dédier amicalement ma chanson favorite,
"L'homme sûr" avant de
l'interpréter. Cette amabilité et nos regards complices en fin de chanson m'ont
évidemment surpris et ému. Il a jeté une bouteille à la mer, je l'ai trouvée,
tout simplement.
La prestation de ce soir se distinguera étonnamment
des deux précédentes par un entracte d'une vingtaine de minutes. Située après
"Quel dommage" ; à ce jour,
j'ignore si cette interruption fut imposée. Le duo d'improvisations de Romain et Vincent reste un pur moment de fantaisie et de bonheur.
PROGRAMME
Idem que la veille, à part l'entracte
QUATRIEME
ETAPE : LE DIMANCHE 15 MARS, RETOUR. (Quelques 465 kilomètres de Zoetermeer, environ six heures de route).
Compte tenu des aléas de la route, nous avons tenu à
quitter l'endroit relativement tôt, après un copieux petit déjeuner.
Nous n'avons donc pas pu saluer et remercier une
dernière fois les musiciens. Dommage.
Bah le soleil est là, une route peu fréquentée en ce
dimanche nous permettra de rentrer sans encombre, la mémoire chargée de belles
émotions !




























