lundi 22 juin 2026

IRON MAIDEN –22 juin 2026 à Nanterre (92) + 28 juin 2026 à Décines (69).

En dépit de promesses renouvelées m'engageant à ne plus remettre les pieds dans une enceinte sportive, arène ou stade, la notoriété de certains de mes artistes favoris m'impose de surmonter cette aversion. Bannir ces évènements est un luxe que seuls les gens dénués de passion musicale peuvent se permettre. C'est l'un de mes paradoxes ; l'ostracisme médiatique m'exaspère et pourtant je me remémore avec une certaine nostalgie l'époque où nous étions quelques centaines tout au plus, à nous impatienter sur le seuil du Bataclan…

Maintenant, je me plains des conséquences logiques du succès !... IRON MAIDEN fait partie des Légendes vivantes pour lesquels je ne peux pas me permettre d'être intransigeant et égoïste. Partageons donc, dans la médiocrité des distorsions sonores, mais partageons…

Chapitre I : La Défense Arena de Nanterre (92) le lundi 22 juin 2026

Je consens donc à revenir pour une cinquième fois dans cette "Défense-Arena" qui, à défaut d'offrir une acoustique de qualité, a au moins le mérite de rassembler les adeptes pour communier dans une Grand'messe à la gloire de notre Musique favorite… En fonction de mon emplacement ou de la compétence de l'ingénieur du son, j'y ai plus ou moins souffert d'une acoustique parfois catastrophique (Rammstein en 2019), parfois passable (Genesis en 2022 et Iron Maiden deux fois en 2025). Toutefois, ces aléas font figure d'incidents mineurs au regard de ce que nous vivrons ce soir ; le paroxysme sera atteint … J'y reviendrai dans le cours du récit.

Dans le cadre de sa tournée " Run For Your Lives ", IRON MAIDEN revient donc de nouveau sur le même site, moins d'une année après y avoir fait salle comble. Il faut croire que cet évènement avait laissé de bons souvenirs, puisque comme pour justifier ce retour, il est prévu de filmer le spectacle parisien ! Je considère cette démarche comme une juste reconnaissance pour un public fidèle ; ce nouveau rendez-vous là s'impose donc, je n'en ai que trop manqué  d'autres…

Car, sur quatre décennies, je confesse avoir manqué six concerts parisiens (plus ou moins) délibérément (allons, disons douze, en comptant les six dates doublées). En premier lieu, mon dédain pour KISS (à l'époque) m'a causé un regret que je rumine encore maintenant ; IRON MAIDEN était l'invité de leur soirée du 27 septembre 1980 à l'Hippodrome de Pantin, pour leur tout premier concert parisien !!... Ce n'est pas faute d'avoir été prévenu par mes potes du lycée. Mais à l'époque, je n'appréciais pas assez les maquillés pour investir dans cette soirée (grave erreur)… Puis, vil infidèle, j'ai péché pour quatre autres dates, durant une période creuse entre 1990 à 1995 ; les voir à l'Elysée Montmartre en 1993 devait valoir son pesant d'émotion ! Enfin, plus récemment, j'assume avoir choisi délibérément de manquer le concert du 26 juin à Bercy, au profit de la toute première prestation de Metallica au HELLFEST. Au rayon de mes frustrations, je pourrai ajouter, mais hors de Paris, mon second puissant remord, celui d'avoir très stupidement manqué le concert du 30 juin 2023 à Manchester, alors que j'étais sur place la veille (…).

En dépit de ces errements regrettables, j'assiste ainsi à Nanterre à mon vingt-sixième concert d'IRON MAIDEN, quarante-cinq années et trois mois après ce mémorable concert du samedi 21 mars 1981 au Bataclan, qui s'inscrivait dans sa tournée "Killers". Le groupe sévissait déjà depuis 1975 dans l'Est londonien, mais ce fut son premier concert en tête d'affiche à Paris !


Dès notre arrivée dans les coursives de l'arène, nous nous ruons à l'échoppe officielle. Les t-shirts sont désormais à des prix exorbitants (50 €), mais au diable l'avarice ! L'Evènement est important et le produit est magnifiquement attrayant ; il est ciblé sur les trois dates françaises, astucieusement illustrés des emblèmes de Clisson, Paris, et Lyon.

Nous sommes deux couples adulescents à prendre place dans l'enceinte ; nous sommes plutôt bien placés, avantagés par un filon que notre Guide a opportunément exploité (…). Assis en gradins à droite en regardant la scène, à peu près sur une perspective diagonale similaire à celle de l'an dernier, nous bénéficions d'une bonne visibilité.

EVERGREY [19h20-20h00]. https://evergrey.net/

Evergrey a été fondé en 1993 à Göteborg par le guitariste/chanteur Tom S. Englund et le guitariste Dan Bronell, dans un cadre musical "power metal". Le premier album, intitulé "The Dark Discovery" est paru le 16 mars 1998, il a été plutôt bien accueilli.

Actuellement, Tom S. Englund (chant, guitare, depuis 1993), est entouré de Rikard Zander (claviers, chœurs, depuis 2002), Johan Niemann (basse, chœurs, depuis 2010), Simen Sandnes (batterie, depuis 2024), Stephen Platt (guitare, depuis 2026, après sessions scéniques en 2025). Plus de trois décennies après, le groupe a évolué vers un metal plus diversifié, que certains osent même classifier "progmetal" (?).

C'est cependant leur quinzième album, "Architects Of A New Weave" qui est paru le 5 juin 2026, soit peu de jours avant de le présenter au public d'IRON MAIDEN.

Leur prestation du samedi 17 juin 2023, lors du HELLFEST, m'avait séduit, sans toutefois m'inciter à les suivre ensuite (la concurrence, sans doute). Je n'ai donc aucun album dans ma discothèque.

Leur espace est réduit par les éléments drapés de Maiden, la batterie est curieusement désaxée sur la droite de la scène. L'image de couverture d'une récente compilation (2023) est étendue en fond de scène. Hélas, le quintuor est handicapé par une sonorisation désavantageuse qui empêche d'apprécier la musique à sa juste valeur. Leur talent n'y peut rien, mais dans cette arène le son réverbère et on ne perçoit aucune profondeur susceptible de nous prendre aux tripes. La voix est claire, puissante et juste. Quelques mélodies et quelques soli ici et là, animent ma bienveillance. Aucun rejet donc, mais aucune passion non plus. Ils annoncent revenir à Paris en fin d'année ; peut-être une occasion de les apprécier dans de meilleures conditions que dans cette boite à échos.

L'auditoire accorde une attention encourageante au quintuor. Après trois quart d'heures d'une musique globalement agréable, sa sortie est ovationnée ; les musiciens semblent contents, c'est le principal !

Ignorant ses huit premiers albums (1998/2011), EVERGREY a ciblé cinq albums (2014/2026) avec neuf titres, dont quatre issus de "Architects of the New Weave".

PROGRAMME
1.      Falling From the Sun (Theories of Emptiness, 2024)
2.      Where August Mourn (Escape of the Phoenix, 2021)
3.      Heaven (Architects of the New Weave, 2026)
4.      Eternal Nocturnal (Escape of the Phoenix, 2021)
5.      Call Out the Dark (A Heartless Portrait: The Orphean Testament, 2022)
6.       King of Errors (Hymns for the Broken, 2014)
7.      Architects of the New Weave (Architects of the New Weave, 2026)
8.      Leaving the Emptiness (Architects of the New Weave, 2026)
9.       OXYGEN! (Architects of the New Weave, 2026).

Pendant l'entracte, une voix sentencieuse retendit dans l'enceinte pour rappeler que les portables sont proscrits, surtout en fosse. Il s'agit de montrer une ambiance saine et sincèrement tournée vers le spectacle, sans mini écrans interposés. Je n'ai pas entendu cette prescription, trop occupé à discuter passionnément avec des amis de plusieurs décennies dans les coursives !

IRON MAIDEN [21h/21h42 - 22h40/23h30]

Une petite dizaine de minute avant le début du concert, la traditionnelle bande-son introductive "Doctor, Doctor" de UFO, provoque toujours un émoi particulier, qui mêle curieusement nostalgie et excitation impatiente. Chacun vit se préalable à sa façon, moi c'est un catalogue d'images des cinq dernières décennies passées qui défilent. Le cœur bat la chamade, les larmes perlent aux yeux, c'est puissant. Puis, une seconde bande-son délivre le majestueux "The Ides of March" ; la tension monte encore d'un cran.

La ferveur impatiente est à son comble lorsqu'une ultime et courte bande-son débute le premier arpège acoustique de "Murders in the Rue Morgue" !

Dans une dantesque acclamation, la folie s'empare de chacun, la canicule est oubliée, la chaleur est recrée sans autre état d'âme que la volonté de libérer sa joie ! Le sextuor apparait mené par le toujours fougueux fondateur, le bassiste Stephen Percy Harris, né le 12 mars 1956 (70 ans). Celui-ci demeure fidèlement accompagné depuis 1976 par le guitariste David Michael Murray, né le 23 décembre 1956 (69 ans). Un peu moins fidèles mais finalement toujours au poste, nous retrouvons Adrian Frederick Smith, né le 27 février 1957 (69 ans), guitariste de 1980 à 1990 et depuis 1999, et Paul Bruce Dickinson, né le 7 août 1958 (67 ans), chanteur de 1981 à 1993, et depuis 1999. Le départ d'Adrian avait nécessité, en 1990, le recrutement de Janick Robert Gers, né le 27 janvier 1957 (69 ans). Au retour du premier, en 1999, il a été convenu de maintenir le second ; le groupe abandonna ainsi le concept du quintuor. Après Clive Burr (batteur de 1979 à 1982), puis Nicko McBrain (batteur de 1982 à 2024), c'est désormais Simon Dawson (le batteur de BRITISH LION) qui occupe ce poste Ô combien essentiel à l'entrain collectif.

Il n'est point besoin d'être devin pour connaitre le programme, car il est identique tout au long de la tournée, identique à celui de l'an dernier ici même. Mais peu s'en plaindront. Le son me semble potable, mais cela reste celui d'une arène. Heureusement, l'auditeur perçoit chaque pupitre. On admire ainsi la voix de Bruce qui est à son meilleur niveau. On frémit au son de la basse de Steve qui exprime puissamment et distinctement le galop si représentatif, qui est amplifié par une batterie puissante mais pas assourdissante. Les accords et soli de guitares sont incisifs. Quant à la mise en scène, elle demeure somptueuse ; le décor est lumineux et astucieusement adapté aux thèmes abordés.

Pas de répit, les titres s'enchainent ; "Wrathchild" est vite suivi de "Killers" durant lequel le turbulent Eddie apparait une première fois. Puis le sublime et intemporel "Phantom of the Opera" continue de me remuer depuis ma première écoute !

De notre positionnement en surplomb de la gigantesque fosse, j'admire cette foule effervescente, telle une assemblée de Diables dans un Bénitier ! Les bras se lèvent, les voix scandent et chantent à l'unisson. C'est puissant, cette ferveur sans retenue continue de m'émouvoir ! Soyons fiers, camarades ; l'Elite culturelle voudrait nous réduire au silence, mais ce ne sera pas ce soir ! Avē Maiden !

Les autres titres maintiennent l'(h)ardeur ; Bruce, le conteur nous emporte avec les mélodies entêtantes de "Infinite Dreams", un morceau dont le seul reproche serait la présence superflue d'un son de clavier. Le colossal et emblématique "Powerslave" est un encore très grand moment, musical autant que visuel. Les effets d'optiques sont oniriques et captivants ! Enorme ! L'enthousiasme est étourdissant, c'est un bonheur total, l'esprit s'égare, le corps semble en apesanteur.

Le fougueux Steve tricote toujours aussi allégrement sa basse et son apparence entretient la fiction d'un temps figé ; il paraît toujours aussi jeune, en état d'esprit et physiquement (même s'il est permis d'imaginer qu'il se colore les cheveux !). Bruce déborde d'énergie et son charisme brille de mille feux. Il revêt selon les titres des habits appropriés et harangue sans cesse l'auditoire. A part Janick "l'affligeante moulinette" Gers (…), les autres musiciens sont plus sobres et se concentrent sur des accords à la fois techniques et mélodieux. Simon Dawson mérite le respect, il tente de remplacer l'irremplaçable Nicko.

Bref, tout cela promet une soirée à nouveau mémorable…

Mémorable, elle le sera assurément mais pas pour les raisons attendues… En effet, le sort en décidera autrement. Est-ce le sort, ou plutôt la négligence du propriétaire de la salle ? Avec humour certains soupçonneraient volontiers une intervention malicieuse d'Eddie… Lorsque débute le titre "2 Minutes to Midnight", on ne se doute de rien encore ; comme la plupart d'entre nous, j'avais les doigts dans la prise, et la tête dans le sac à poussières.

Mais soudain, entre deux secousses sismiques, vers 20h40, je m'étonne d'une extinction totale. L'obscurité et le silence complet interrompent subitement la fête … très vite, l'auditoire égaré, éberlué, stupéfait réagit et gronde sa légitime impatience… L'improbable s'est produit dans ce temple évènementiel ; une invraisemblable et inadmissible coupure de courant ! Dans les premières minutes qui suivent, une voix prétend justifier la situation par une "panne de quartier". Perplexes, nous faisons un lien improbable avec les fortes chaleurs… Mais le temps s'égrène. Peu à peu, nous nous inquiétons du reste de la soirée, puis de la probable suppression de l'enregistrement. Près d'une heure se gâchent ainsi… Je note qu'à une époque où les racailles ne manquent pas de tout casser pour le moindre prétexte, ici le Peuple Métal patiente, reste digne et calme …

Vers 21h40, Bruce réapparait, visiblement en colère. Dans un français excellent et explicite, il dénonce la mauvaise foi de la première annonce. "Je préfère Bercy ! " conclut-il. Je ne peux qu'acquiescer. En fait, il s'agirait d'une panne de l'installation électrique de la salle. Une salle probablement louée pour un montant exorbitant (sans doute plus de 70 000 €). Une salle équipée pour l'enregistrement onéreux d'un DVD. Une salle dont le gérant n'a pas été capable de garantir la fiabilité de son dispositif technique. C'est tout simplement scandaleux.

Bruce est sincère comme toujours ; il présente des excuses qui devraient davantage être exprimées par le gérant de l'arène. Il nous prévient que le concert sera écourté en raison d'un couvre-feu municipal imposé à 23h30 (au lieu de 23h apparemment), afin de ne pas laisser les spectateurs dans les rues, sans transport.

Nonobstant, en ce qui me concerne en tous cas, l'entrain est brisé. Heureusement, d'autres surmontent la déception et la fosse est restée bouillonnante !

Le programme reprend son cours sur le titre suivant initialement prévu. Un de mes titres préférés, le somptueux "Rime of the Ancient Mariner" a beau être excellemment interprété (aâââh ! ce crescendo à 9 mn !!), tout comme le reste du programme, mon humeur n'y est plus. Malgré l'abnégation redoublée des musiciens, et leur professionnalisme, j'ai peiné jusqu'à la fin à m'impliquer autrement que par quelques battements de jambes, j'avais plutôt envie de pleurer de rage. Irrésistiblement, cet immense gâchis m'a pourri le reste de la soirée.

Mais "Run to the Hills" reste très entrainant, je ne boude pas mon plaisir. Puis, arrive le tour de ce titre majestueux, "Seventh Son of a Seventh", dont je persiste à considérer que la séquence centrale, qui se veut onirique me semble polluée par ce dispensable son de clavier qui vient de nulle part. Mon côté progueux devrait l'accepter mais à mon humble avis, IRON MAIDEN ne devrait pas utiliser ce type de bande sonore qui dénature son caractère. Dans le même ordre d'idée, j'estime qu'il aurait dû demeurer un quintuor. Mais bon, le morceau est tellement fabuleux, ça passe globalement très bien.

Avec l'épique "The Trooper", les Anglais ne manquent pas d'accroitre encore l'enthousiasme par son rythme particulièrement entrainant. Eddie revient haranguer les protagonistes et Bruce brandit son union-jack et brièvement notre tricolore.

Puis, le splendide "Hallowed Be Thy Name" maintient une forte émotion, par son récit poignant et sa mise en scène particulièrement saisissante, usant d'hologramme et de trompe l'œil. Le titre éponyme et emblématique "Iron Maiden" achève d'épuiser les énergies.

Mais bien sûr, on pressent avec amertume que le concert sera amputé du rappel…Sont ainsi passés à la trappe "Aces High", "Fear of the Dark" et "Wasted Years", dont chacun connait le potentiel d'ambiance que ces titres peuvent générer… Et de fait, le groupe salue le public et Bruce essaie de le consoler (toujours en français). Il nous invite à assister à leur prestation complète à Lyon. Les plus fêlés (comme moi) ne manqueront pas de suivre la prescription du docteur Dickinson.

Le florilège réduit à six albums (a lieu de huit prévus) évoque la glorieuse période de 1980 à 1988. Nous aurons écouté ainsi quatorze titres (a lieu de dix-sept prévus), dont deux de "Iron Maiden" (1980), trois de "Killers" (1981), trois de "The Number of the Beast" (1982), une de "Piece of Mind" (1983), trois issus de "Powerslave" (1984), deux de "Seventh Son of a Seventh Son" (1988).

PROGRAMME

Bandes-sons introductives : Doctor (UFO) / The Ides of March.

  1. Murders in the Rue Morgue (Killers, 1981)
  2. Wrathchild (Killers, 1981)
  3. Killers (Killers, 1981)
  4. Phantom of the Opera (Iron Maiden, 1980)
  5. The Number of the Beast (The Number of the Beast, 1982)
  6. Infinite Dreams (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  7. Powerslave (Powerslave, 1984)
  8. 2 Minutes to Midnight (Powerslave, 1984)
  9. Rime of the Ancient Mariner (Powerslave, 1984)
  10. Run to the Hills (The Number of the Beast, 1982)
  11. Seventh Son of a Seventh Son (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  12. The Trooper (Piece of Mind, 1983)
  13. Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast, 1982)
  14. Iron Maiden (Iron Maiden, 1980).

Je peine à me lever à la fin du concert. Pas seulement à cause de la chaleur accablante qui nous attend dehors, mais surtout abasourdi par le coup du sort qui nous a privé d'une perfection qui semblait garantie… En d'autres circonstances, on pourrait prétendre que ce serait un soir à oublier, mais non. Nous tâcherons surtout de retenir un moment de communion avec ces adorables artistes, avec lesquels nous sommes unis pour le meilleur et pour le pire ; c'est ça, l'Amour !

Dans les heures qui suivent le groupe publie sur son site officiel un long message de compassion et d'explications. Je souligne avec étonnement qu'un film demeure prévu, ce qui me laisse perplexe sur la légitimité d'une telle réalisation. Les titres impactés seraient tirés du spectacle prévu à l'Eddfest de Knebworth, le 11 juillet. Soyons positifs ; le bon aspect de la chose serait de conserver, malgré tout, une trace des trois quarts de cette soirée qui, quoi qu'il en soit, aura été mémorable …

On apprend par ailleurs que cette arène changera de nom dès ce 1er juillet. Ce sera désormais, il fallait oser cette provocation ; la "Plenitude arena" !!! Dans sa profession de foi insolente on peut notamment lire ; "Acteur européen présent dans plus de quinze pays, Plenitude s’impose aujourd’hui comme l’un des leaders de la transition énergétique, avec un modèle intégré couvrant la production d’énergies renouvelables, la fourniture d’électricité et de gaz, l’efficacité énergétique et la mobilité électrique". Eh bé… ils vont avoir du boulot pour rehausser le niveau laissé par leur prédécesseur…

Allons cette fois c'est promis, juré ; je ne reviendrai plus ! Mais... sacré nom d'au-delà, j'ai déjà un ticket d'entrée pour le 19 février 2017 ! Encore une dérogation imparable…


Chapitre II : Groupama Stadium de Décines (69)le dimanche 28 juin 2026

Ma conscience (en ai-je seulement une ?!) m'interpelle " Nan, mais t'as pas honte ?!! ". Je pourrais hypocritement me défausser de mon obligation d'honnêteté, en me justifiant par l'incitation machiavélique de mon fils aîné, sans lequel je ne me serais pas décidé à venir à Lyon… Mais je l'avoue ce serait, indécent, il faut que j'assume. En fait, la tentation était latente. Le prix modique d'un emplacement en fosse, ainsi que le prix non moins modique du voyage aller-retour en Flixbus, m'ont finalement convaincu de me rendre à une vingt-septième prestation de la Vierge de Fer !

La notoriété d'IRON MAIDEN à Lyon n'étant pas inférieure à celle de Paris, c'est encore dans un vaste équipement sportif qu'environ 35 000 admirateurs vont devoir s'agglutiner, sous un soleil de plomb de surcroît !

Nonobstant, le groupe désigné pour chauffer (un peu plus encore) le chaudron est différent de Nanterre, ce qui constitue une motivation supplémentaire, s'il en fallait une.

Avec mon fils, nous nous fondons dans la fosse. En spectateur certes exalté mais averti, je nous place prudemment juste en face de la scène, ni trop près, ni trop loin, et à l'ombre de surcroit (ce qui est loin d'être un détail par cette canicule accablante ! 38°C, qu'un léger zéphyr parvient à tempérer autant que faire se peut).

ANTHRAX [19h20-20h00]. https://www.anthrax.com/

Fondé par les guitaristes Scott Ian Rosenfeld, dit "Scott Ian" et Dan Lilker à New York (Queens), le 18 juillet 1981, ANTHRAX est répertorié dans la mouvance "thrash metal". En dépit de quelques nuances au fil de la discographie, le son du groupe est vite reconnaissable.

La biographie de ce quintuor était déjà agitée de tensions et d'antagonismes, lorsque j'ai entendu parler de lui à l'époque. Il m'a rincé une première fois au Zénith de Paris le jeudi 5 février 1987 (tournée "Among the Living"), alors qu'il était invité de Metallica. Sans être un fervent admirateur, je dispose de quelques albums dans ma discothèque, notamment "State Of Euphoria" un de mes derniers vinyles acquis en 1988 ! ANTHRAX n'a pas connu le succès de METALLICA, mais peut toutefois se vanter d'avoir malgré tout bien survécu, à l'instar de SLAYER, MEGADETH, TESTAMENT, alors que d'autres non moins valeureux ont davantage peiné, tels que ANVIL…

Le douzième album studio "Cursum Perficio" (2026) doit paraitre le 18 septembre 2026. Certains semblent interpréter la locution "cours parfait" par "Ici s'achève mon voyage". De là à imaginer une fin de carrière pour ANTHRAX…

L'air de rien, ce soir, je retrouve ainsi une formation similaire à celle que j'avais découvert en 1987 ; Scott Ian (guitare rythmique, chœurs, depuis 1981), Charlie Benante (batterie, depuis 1983), Frank Bello (basse, chœurs, de 1984 à 2004, et depuis 2005), et Joey Belladonna (chant principal, de 1984 à 1992, de 2005 à 2007, depuis 2010). Seul Daniel Alan Spitz (soliste de 1983 à 1995 et de 2005 à 2007) est désormais remplacé par Jonathan Donais (guitare solo, chœurs, depuis 2013). Je revois ainsi ces Américains pour la septième fois.

Une bande son enflamment les (h)ardeurs ; c'est "Les Sectes" chanté par Trust ! Cette chanson n'a pas vieilli, elle transmet une énergie folle. Puis, en réf(v)érence aux Blues Brothers, on entend un titre créé par Otis Redding. Puis les fous furieux entrent en scène.

La sonorisation m'a paru un peu confuse au début ; j'ai peiné à reconnaitre le premier titre. Mais ensuite, un relatif équilibre s'est établi pour laisser percevoir un vent de nostalgie ; puisque hormis leur nouvelle chanson, toutes étaient ciblées sur les années 80. En fond de scène, est dressé un drap qui évoque leur prochain album ; on distingue le dessin d'un démoniaque prestidigitateur occupé à la découpe d'une créature dévouée.

En dépit d'une section rythmique (basse / batterie) quelque peu obsédante, j'ai perçu de bons soli de guitare, et le timbre du chant de Joey me convient. La passion semble intacte, les Américains nous livrent une prestation énergique qui emporte l'adhésion d'une large partie du public.

Je reconnais qu'au fil des années ANTHRAX a marqué notre génération, même s'il ne figure pas parmi mes groupes favoris. Je scande volontiers leurs refrains.

Un des temps forts, fut la reprise en anglais du titre français emblématique des 80's ; "Antisocial", composé par notre Groupe National, j'ai nommé TRUST. Honnêtement, cette version traduite m'a toujours agacé. Mon esprit cocardier sans doute, mais je ne comprends pas pourquoi nos groupes s'échinent à chanter les reprises dans leur langue et pas eux… Mais bon, je me plie volontiers à cet écart de conduite, qui d'ailleurs ne semble gêner que moi.

L'autre montée d'adrénaline intervient avec le dernier titre "Indians", excellente manière de quitter la scène.

Cette première partie de soirée fut donc une bonne entrée en matière, qui nous a permis d'oublier, un tant soit peu, la canicule pendant trois petits quarts d'heure. ANTHRAX conserve mon estime.

Les sept morceaux sont issus de cinq albums, dont un de "Cursus Perficio", à paraitre.

PROGRAMME

Bandes-sons introductives : Les Sectes (Trust) / I Can't Turn You Loose (Otis Redding)

  1. Caught in a Mosh (Among the Living, 1987)
  2. Got the Time (Persistence of Time 1990 ; reprise de Joe Jackson)
  3. Madhouse (Spreading the Disease, 1985)
  4. It's for the Kids (Cursum Perficio, 2026)
  5. Antisocial (reprise de TRUST, Répression, 1980)
  6. Medusa (Spreading the Disease, 1985)
  7. Indians (Among the Living, 1987).

Bande-son finale : Long Live Rock 'n' Roll (Rainbow)

Quelques mélomanes se retirent des premiers rangs après avoir vu ANTHRAX. Ce surprenant mouvement provoque mon rapprochement de la scène, mais je prends soin de demeurer à bonne distance quand même ; je suis courageux et passionné mais pas téméraire (le souvenir du Hellfest 2023 m'a durablement marqué !)…

Echaudé par le coup du sort qui a frappé la prestation parisienne, je surveille le ciel par crainte qu'un orage vienne tout gâcher de nouveau… Certes, le phénomène présenterait l'avantage de rafraichir l'atmosphère, mais en revanche les Autorités y trouveraient un prétexte pour nous retirer le dessert de la table ! La crainte était justifiée puisque le panneau d'informations du stade nous indique que le concert d'IRON MAIDEN est avancé à 20h30. Puis nous apprenons en outre que l'autre évènement musicale qui devait se tenir au stade Gerlan est carrément supprimé ! Le suspens fut pesant, même si je ne pouvais pas imaginer une annulation…

IRON MAIDEN [20h35-22h45].

Les deux bandes-son attendues nous rassurent, et suscitent une ferveur soulagée et impatiente !

Bon, mon statut de simple commentateur m'épargne de relater les détails qui s'imposent à un journaliste spécialisé, et donc je ne m'attarde pas sur d'autres considérations qu'émotionnelles. Et d'ailleurs, chacun sait que la prestation millimétrée est similaire aux précédentes et à celle de demain (à Anvers, Belgique) ! Après cinq décennies passées à arpenter les scènes et les studios, ces Anglais ne s'aventurent plus trop hors des sentiers battus ; les concerts s'apparentent désormais davantage à une solennelle et joyeuse commémoration, à une communion fervente, qu'à une fantaisie d'improvisations.

Seule une coupure de courant peut interrompre le cours des évènements... La fin de "2 Minutes to Midnight" fut vécue comme une victoire ! La sonorisation m'a paru parfaitement équilibrée durant tout le concert. Aucune comparaison avec mon traumatisme vécu ici dans les gradins durant le concert de RAMMSTEIN. Je confirme ce qui m'avait été rapporté, on entend bien mieux dans la fosse. Le souci, c'est le physique ; un concert debout devient éprouvant avec les années, a fortiori accablé par la chaleur et sollicité par l'entrain malgré tout… Je finirai sur les rotules mais heureux.

La plupart du spectacle s'est déroulé à la lumière du jour ; l'éclairage n'a donc pris de l'importance qu'au fil de la soirée. La mise en scène demeure somptueuse. Le régal est donc auditif et visuel.


Je ne regrette absolument pas mon déplacement. D'abord parce que je ne me lasse pas de voir et de revoir IRON MAIDEN, bien sûr. Mais aussi parce que cette fois, au prix d'une station debout épuisante, j'ai pu assister au spectacle en étant parfaitement positionné, en conditions acoustique et visuelle idéales. Et puis, rien que pour revivre ces sensations intenses durant "Rime of the Ancient Mariner", cela valait le coût !

Aussi objectivement que peut l'exprimer un admirateur, je me dois de rapporter une impression qui a été confirmée lors de discussions ultérieures. Les musiciens étaient probablement éprouvés par la chaleur, ce qui justifie à mon sens quelques accords inexacts. Mais sans grande importance, je ne suis pas sûr que beaucoup d'oreilles les aient perçus. J. Gers ne risquait de fautes puisque son rôle demeure davantage porté sur la ventilation.

En revanche, Bruce demeure au sommet de sa forme, autant sur un plan vocal que physique. Quel charisme ! Steve Harris demeure également généreux dans l'engagement. En le regardant, j'avais l'impression de le revoir tel qu'il fut, quatre décennies auparavant ; agréable illusion qu'il entretient probablement d'une manière ou d'une autre...

Il faut dire cette énergie est générée par une communion intense et sincère avec le public. D'ailleurs à cet égard, le public parisien a été franchement lésé (la semaine dernière) par la privation des trois titres de rappel ; quelle formidable ambiance sur ces chansons particulièrement enthousiasmantes ! Entendre quelques dizaines de milliers de chœurs sur "Fear of the Dark", vaut son pesant d'émotions !

Cependant, après plus de deux heures d'un bonheur soutenu, il était temps d'en finir ; j'étais à court d'énergie.

Les Lyonnais ont ainsi bénéficié du programme conforme au reste de la tournée. Le florilège explore donc huit albums avec ainsi dix-sept titres, dont quatre issus de "Powerslave" (1984), trois de "Killers" (1981), trois de "The Number of the Beast" (1982), deux de "Iron Maiden" (1980), deux de "Seventh Son of a Seventh Son" (1988), une de " Fear of the Dark" (1992), une de "Piece of Mind" (1983), une de "Somewhere in Time" (1986).

PROGRAMME
Bandes-sons introductives : Doctor (UFO) / The Ides of March.

  1. Murders in the Rue Morgue (Killers, 1981)
  2. Wrathchild (Killers, 1981)
  3. Killers (Killers, 1981)
  4. Phantom of the Opera (Iron Maiden, 1980)
  5. The Number of the Beast (The Number of the Beast, 1982)
  6. Infinite Dreams (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  7. Powerslave (Powerslave, 1984)
  8. 2 Minutes to Midnight (Powerslave, 1984)
  9. Rime of the Ancient Mariner (Powerslave, 1984)
  10. Run to the Hills (The Number of the Beast, 1982)
  11. Seventh Son of a Seventh Son (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  12. The Trooper (Piece of Mind, 1983)
  13. Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast, 1982)
  14. Iron Maiden (Iron Maiden, 1980).

RAPPEL :
Bande son introductive : discours de Churchill

  1. Aces High (Powerslave, 1984)
  2. Fear of the Dark (Fear of the Dark, 1992)
  3. Wasted Years (Somewhere in Time, 1986).

Bande son finale : thème des Monty Python, "Always Look on the Bright Side of Life".


Un orage semble menacer notre sortie du stade ; ça gronde, les éclairs sillonnent et illuminent le ciel lyonnais, un vent violent qui achève de saouler les esprits. Mais pas de pluie (quelques grosses gouttes, juste avant d'arriver à l'hébergement). Malgré tout, nous parvenons à retrouver nos amis venus du Sud Daniel et Viviane, eux aussi ravis de cette soirée mémorable. Nous avons pris le temps d'un portrait collectif pour commémorer l'Evènement ; il se révèle particulièrement éloquent sur notre état (épuisement, satisfaction) !

S'en suit pour nous une pénible attente d'une navette qui doit nous ramener au centre-ville. Nous sommes tous heureux mais éreintés.

Et dire que IRON MAIDEN joue encore dès demain à Anvers ; quelle santé !


samedi 30 mai 2026

GAZPACHO – John Dee (Oslo, Norvège) – samedi 30 mai 2026

 

Peu de groupes enivrent nos sens comme GAZPACHO. Pourtant, je dois honnêtement confesser que cet intérêt a mûri de longues années, avant de céder totalement à son charme. Mais désormais, avec ma P'tite Fée nous sommes prêt à tous les excès (enfin presque !).

POUR MEMOIRE. GAZPACHO, fondé en 1996 à Oslo, termine ce soir la promotion de son douzième album, "Magic 8-Ball" qui est paru le 31 octobre 2025. Le trio fondateur maintient une honorable stabilité. Autour de Jan-Henrik Ohme (chant, depuis 1996), Jon-Arne Vilbo (guitares, depuis 1996), et Thomas Andersen (claviers, depuis 1996), les autres démontrent une honorable fidélité ; Mikael Krømer (violon, guitares, mandoline, depuis 2001), Kristian Torp (basse, depuis 2005), ainsi que Robert Johansen (batterie, de 2004 à 2009, et depuis 2017).

Depuis le 7 février 2026, nous participons au parcours du sextuor norvégien qui assure la promotion de son récent album "Magic 8-Ball". Notre musico-tourisme nous a ainsi menés aux Pays-Bas (à deux reprises), en Belgique et en France. Dans notre grande sagesse, ces quatre prestations nous ont convaincu d'assister à la dixième et ultime étape de cette tournée européenne. Assister à sa prestation devant son public, ne pouvait que générer une déraisonnable pulsion. Dans l'absence totale de mûre réflexion, dès le 2 avril, nous nous sommes engagés avec d'autant plus d'entrain que le cout du ticket de concert est modique (36,45 €).

Ce soir à Oslo, nous assistons ainsi à notre cinquième concert de cette série d'évènements itinérants, soit une bonne moitié des dates inscrites au dos de notre t-shirt. Nous n'en avions pas fait autant pour LAZULI, ni pour Steven WILSON (et pourtant...) !

Si l'actualité internationale quelque peu agitée (…) n'est pas étrangère à notre envie d'évasion, elle a également perturbé notre attente avec un risque non négligeable d'annulation de notre vol. Après quelques semaines de suspense, lorsque nous posons enfin nos pieds sur le sol norvégien pour la quatrième fois, nous sommes particulièrement ravis, et soulagés !

De surcroit, après la canicule française, nous nous attendions à une météo maussade annoncée ; mais en fait, le climat s'est montré clément, un temps très agréable (21°) et très ensoleillé. Tout va bien !


La salle de concert John Dee, d'une capacité de 500 personnes, située au sous-sol du Rockefeller Center, en plein cœur d'Oslo, a ouvert ses portes en 1997. Elle partage ses murs avec le Rockefeller Center (capacité 1300), qui est gérée avec une autre salle, le Sentrum Scene (capacité 1750), située juste en face dans la rue.

Nous trouvons sans trop de peine le bâtiment "Rockfeller" qui abrite la salle John Dee. L'entrée semble d'autant plus insignifiante que lorsque nous arrivons vers 18h personne n'attend ! On en profite pour s'attabler à la terrasse du bistrot d'en face, sous un radieux soleil, et déguster une "Aass", une désaltérante bière locale. Les musiciens de GAZPACHO passent sur le trottoir d'en face et nous saluent poliment avec une sobriété norvégienne que nous respectons.

A l'ouverture des portes, à 19 heures, nous sommes dans une maigre file d'attente. J'imagine que compte du tenu du climat local, les Norvégiens ne sont pas naturellement enclins à attendre longtemps dehors ; et de fait, il s'avèrera que la salle se remplira quelques minutes avant le concert… Nous n'avons donc aucune difficulté à nous positionner à la barrière, au pied de la scène, en son centre gauche en la regardant. A côté de nous, un couple est venu d'Autriche aussi pour ce concert (plus tard, j'apprendrais qu'un Brésilien présent postule également au titre des mélophiles-voyageurs les plus passionnés).

La configuration de la salle surprend ; elle est en largeur. La fosse est surmontée d'un trottoir de quelques centimètres, le bar est sur le côté droit en entrant, alors que l'échoppe occupe un coin, au fond de la salle. Quant à la scène, sa largeur se conjugue avec sa profondeur pour laisser un très bel espace aux six musiciens.


Il n'y pas d'artiste invité, pour ouvrir la soirée.

LE CONCERT [20h30-22h30]

Très vite, nous retrouvons cette atmosphère si délicieuse qui anime notre flamme, grâce à une acoustique excellente, et une sonorisation parfaitement maitrisée. Même si notre emplacement nous impose le son de la batterie située en face de nous. Le dispositif d'éclairage est relativement sobre mais varié et il met parfaitement en valeur les musiciens, dans une ambiance aux couleurs douces et apaisées. Cela étant dit, l'idée de projeter les images du fond d'écran depuis le plafond de la fosse, ne m'a pas vraiment paru judicieux ; au lieu d'être diffusées sur le drap mural, les images venaient se disperser sur les musiciens …

Notre emplacement nous permet d'observer de près et d'admirer tout particulièrement le jeu de Mikael Krømer, de Robert Johansen et bien sûr de Jan-Henrik Ohme.



De Mikael émane un personnage sensible, posé, et maitrisé. Il alterne les instruments, violon et guitares, avec brio et délicatesse. Bien entendu, le mérite est moins dans le respect de ses participations qu'il connait par cœur, que dans la sensibilité de son expression musicale. Sa concentration pendant ses exercices tranche avec ses larges sourires qu'il consent sous les ovations méritées. Détail amusant, après chaque intervention il dépose son violon à ses pieds avec un soin presque maniaque, obsessionnel, pour l'aligner à son socle de commandes.

Je demeure impressionné par la stature de Robert, entouré de son dispositif de percussions. Son allure de bucheron tranche avec la juste mesure de ses frappes, et son calme apparent. Assis sur son tabouret, il semble répéter dans sa tête l'expression de toutes les nuances attendues. Je l'ai observé plus souvent qu'à son tour durant le concert. J'admire sa délicatesse avec laquelle il caresse les toms et les cymbales, avec le bout de ses doigts ou les feutres de ses mailloches. Les olives de ses baguettes frappent les caisses, tantôt en douceur pour respecter la mélancolie, tantôt avec une violence saisissante pour exprimer le désespoir et la révolte. Avec ses pédales qui actionnent sa grosse caisse et son charleston; il achève d'amplifier un efficace kaléidoscope d'émotions.

Le pilier Kristian, discret et humble, positionné entre les pupitres de la batterie et des claviers, est parfaitement synchronisé avec ses complices par son jeu très délicat. Ses caresses sur les cordes expriment avec parcimonie les douces ambiances ; ses interventions ne sont jamais assourdissantes et sont pourtant essentielles.

Je suis un peu frustré de ne pas pouvoir distinguer la dextérité du clavier ; Thomas dont le jeu accompagne les mélodies oniriques avec une faculté à émouvoir qui est particulièrement éloquente.

La finesse et l'habileté des accords et soli de Jon-Arne accentuent encore la beauté des chansons. Lui aussi très appliqué dans ses interventions, son sourire timide dissimule son plaisir évident de contribuer aux ambiances.

J'aborde délibérément le cas de Jan-Henrik en dernier. Non pas par omission ou par mépris, mais au contraire parce que sa présence, son chant, son expression, constituent un enchantement constant, polarisant pendant tout le concert. J'admire beaucoup les chanteurs qui allient leur talent vocal à leur charisme. Celui de Jan-Henrik est particulièrement émouvant. Le geste est mesuré et sobre mais paradoxalement il est puissamment expressif. Tout comme le timbre de sa voix dont les vibratos développent une sensibilité bouleversante. Au début de la soirée il s'exprime en norvégien, entretenant une agréable sensation dépaysante. Mais, détectant des étrangers dans la fosse, il présente les chansons en anglais.

Nos précédentes expériences de communion avec le public norvégien nous avaient un peu agacés. Mais pas ce soir. Aucun (ou peu de) bavardage dans l'assemblée. Respect total. Durant le titre "Bravo", le refrain fut même chanté.

Finalement, cette soirée constitue notre meilleur souvenir des cinq concerts ! Ambiance, son, prestation, tout fut excellent.

Starling

Nous n'avions pas l'outrecuidance d'espérer un programme différent du reste de la tournée. Mais, finalement nous avons été gratifiés d'un titre supplémentaire ! La phase introductive est absente, et les dix-sept titres ont permis de vivre intensément deux bonnes heures de musique. A l'instar de Zoetermeer (mais aussi de Londres), la chanson "Bravo" est bien ajoutée au rappel. La particularité de ce soir tient dans l'ajout de "Fireworker", inséré en milieu de soirée, et qui n'avait pas été chantée sur les dates précédentes de cette année (nous avions entendu ce titre en 2022 au Petit-Bain et en 2023 au Prog en Beauce).

Ce florilège de leur discographie pioche dans huit albums ; six titres sont issus de "Tick Tock" (2009), cinq de "Magic 8-Ball" (2025), un de "Fireworker" (2020), un de "March of Ghosts" (2012), un de "Missa Atropos" (2010), un de "Night" (2007), un de "Soyuz" (2018), et un de "Bravo" (2003).

PROGRAMME

  1. We Are Strangers (Magic 8-Ball, 2025)
  2. Soyuz One (Soyuz, 2018)
  3. Golem (March of Ghosts, 2012)
  4. Gingerbread Men (Magic 8-Ball, 2025)
  5. 8-Ball (Magic 8-Ball, 2025)
  6. The Walk, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  7. The Walk, Part 2 (Tick Tock, 2009)
  8. Fireworker  (Fireworker, 2020)
  9. Starling (Magic 8-Ball, 2025)
  10. Upside Down (Night, 2007)
  11. Sky King (Magic 8-Ball, 2025)
  12. Tick Tock, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  13. Tick Tock, Part 2 (Tick Tock, 2009)
  14. Tick Tock, Part 3 (Tick Tock, 2009).

RAPPEL :

  1. Defense Mechanism (Missa Atropos, 2010)
  2. Winter Is Never (Tick Tock, 2009)
  3. Bravo (Bravo, 2003). 


Un bilan de cette folle fantaisie … Non, je ne regrette rien de cette déraison. Après tout, notre plaisir ne nuit à personne. Cette tournée nous a permis de voyager au pays des Bataves et des Vikings, mais aussi de parfaire encore notre connaissance de la discographie de GAZPACHO ("Bravo") et notre admiration pour ces artistes et leurs chansons.

Toutes ces émotions donnent soif ; je déguste une bonne bière Ringnes. Les musiciens sont accessibles pour discuter ; nous saluons Jan-Henrik, Robert et Mikael qui se montrent sensible à notre déplacement et nos félicitations. J'aimerais pouvoir davantage leur exprimer notre admiration avec un meilleur anglais, mais à quoi bon. Ils ont visiblement passé un bon moment. Nous aussi. Fin de l'histoire…

Lorsque nous sortons de la salle, nous observons qu'il fait encore jour à 23 heures ; nous sommes en Scandinavie, un autre monde.

Bravo

dimanche 17 mai 2026

SAXON + SORTILEGE + OVERDRIVERS – Le Zénith (Paris 19e) – dimanche 17 mai 2026.

Retour vers Mon passé (argh, 45 !).

CHAPITRE I. Nous sommes le dimanche 22 novembre 1981, je suis au PAVILLON BALTARD de Nogent sur Marne (94) pour assister au concert de SAXON, qui assure sa promotion de l'album "Denim and Leather". Je n'ai pas hésité à me procurer le ticket de 53 FF (8,08 €), car depuis l'été 1980 l'album "Wheels of Steel" hante ma platine inlassablement. De même que "Strong Arm Of The Law", que deux potes m'avaient offert pour mon anniversaire. Au grand désespoir de mes parents, le quintuor formé de Biff Byford (chant), Nigel Glockler (batterie), Paul Quinn (guitare), Graham Oliver (guitare), et Steve Dawson (basse) contribue (h)ardemment à entretenir la vague métallique qui déferle sur l'Europe.

En état d'addiction, je retourne volontiers les voir au ZENITH de Paris le vendredi 11 octobre 1985 (tournée Crusader). Puis le dimanche 2 novembre 1986 (tournée Rock the Nation ; Steve Dawson venait alors d'être remplacé par Paul Johnson).

Cependant, durant les années 90, je confesse les avoir un peu négligés au profit de lames plus acérées. Ce désintérêt relatif, est sans doute en accord avec les raisons du départ de Steve Dawson (…), mais aussi une quête de nouvelles sensations. En dépit de cette infidélité, je dois préciser que JAMAIS à ce jour je ne me suis ennuyé à un concert de SAXON ! Ambiance garantie !! Mais par la grâce d'une programmation en tête d'affiche du RAISMESFEST le samedi 13 septembre 2008, SAXON m'inocule une piqûre de rappel.

Malheureusement, durant l'été 2025, Biff Byford a révélé suivre un traitement contre un cancer. Leur tournée qui était prévue à la fin de l'été 2025 fut ainsi reportée. Report confirmé, donc.

Ces gars-là méritent le respect pour leur pugnacité, leur sincérité, même si leurs choix musicaux ne m'ont pas toujours paru opportuns.

SAXON n'était plus revenu au Zénith en tête d'affiche depuis quarante années ! (j'étais présent pour leur belle prestation au Zénith le 8 avril 2024, mais ils étaient invités par Judas Priest). Ce soir, j'assiste ainsi à mon septième concert de SAXON.

CHAPITRE II. Nous sommes le mardi 8 mars 1983, je suis au BATACLAN afin d'assister au concert de DEF LEPPARD qui assure sa promotion du bien-nommé album "Pyromania". Ma dernière année de lycéen n'est pas encore terminée, mais cette soirée en semaine dans le 11e arrondissement n'est pas vraiment un obstacle. Mon ticket m'avait couté 63 FF (9,60 €). Auparavant, j'ai déjà été sensibilisé à SORTILEGE, un p'tit groupe français et francophone qui semble s'installer durablement dans notre paysage musical. L'annonce de son invitation en première partie est une bonne nouvelle ! La prestation de Christian "Zouille" Augustin (chant), Stéphane Dumont (guitare), Didier Demajean (guitare), Daniel Lapp (basse) et Bob Dumont (batterie) achève de me séduire à cette occasion ; la voix claire, rugueuse et juste est d'autant plus éloquente qu'elle exprime des textes en français, et les interventions de guitares sont redoutables pour valoriser des belles mélodies puissamment rythmées. Je me réjouis d'influences habilement exploitées ; celles de Judas Priest principalement.

L'Armée m'appelle le 1er avril 1984, mais même avec un crâne tondu, je n'omets pas la parution du vinyle 33T " Métamorphose ", que je me procure le 23 juin 1984, moyennant 51 FF (7,77 €).

Puis, en dépits d'obstacles militaires, j'avais pris un risque un misant sur le Sésame des deux jours (29 et 30), du BREAKING SOUND FESTIVAL, à l'Espace d'exposition du Bourget, moyennant 185 FF (28,20 €) ! J'assiste ainsi le mercredi 29 aout 1984, à la prestation de SORTILEGE qui est alors à son apogée. Il partage la scène avec l'illustres artistes ; HIGH POWER, BULLET, HEAVY PETTING, METALLICA, Gary MOORE, et OZZY OSBOURNE.

Puis, le 26 juin 1986, je me procure le vinyle 33T " Larmes De Héros " pour 52 FF (7,93 €) [eh oui l'inflation était passée par là !]. Hélas, ce bel album mélodique, (certains l'estimeront un peu moins énergique que le précédent (?!)), scellera le sort du groupe ; c'est le chant du cygne. SORTILEGE, sans doute mal conseillé, mal soutenu, se sépare. Je me souviens qu'à l'époque, leurs obligations militaires avaient été également évoquées pour expliquer cet abandon.

Nota bene : détail que je considère révélateur, en tant que militant pour la langue française ; les tentatives d'adaptation en langue anglaise de leurs deux albums n'ont jamais convaincu, ni les anglais, ni les allemands (et encore moins les Français, évidemment !). Téléphone et Trust s'étaient déjà cassés les dents sur cette prétention, mais les promoteurs sont têtus… La notoriété de SORTILEGE était pourtant en plein essor dans le BENELUX, en SUISSE et même en ALLEMAGNE ! A une époque où TRUST était victime de ses égo et de ses atermoiements, le public français pouvait légitiment miser sur cette valeur montante ! Mais bon…

J'avoue que la reformation de SORTILEGE à l'aube des années 2020 n'avait pas retenu mon attention car elle s'accompagnait de tensions regrettables et ridicules au regard de l'enjeu... Ce soir, j'assiste ainsi à mon troisième concert de SORTILEGE (enfin, ce qu'il en reste)...


Bref, en ce jour frais et pluvieux, mon fils ainé m'accompagne pour cet évènement. Peut-être devrais-je dire l'inverse ; j'accompagne mon fils, car sa motivation a précédé la mienne…

Ouverture des portes à 17:30. Premier choc, en entrant ; la superficie de la fosse est fortement réduite. Décidément, ma nostalgie est entretenue aussi par cette configuration restreinte qui me ramène quatre décennies en arrière, lorsque le Zénith avait accueilli DIO, le 5 mai 1986. En tous cas, je comprends mieux l'affichage prétendument "complet" qui avait bien failli me priver de la soirée ! En effet, je m'étais décidé tardivement, avant de me confronter à l'absence persistante de ticket pour la fosse !! J'étais prêt à renoncer, lorsque j'ai finalement pu me procurer le Sésame la veille, le 16 mai !…

Dans ces conditions, nous parvenons à nous positionner relativement proche de la scène.

OVERDRIVERS [19h-19h20]. https://www.overdriversrock.com/band

La participation d'OVERDRIVERS est une excellente surprise. Ces valeureux ch'timis, dotés d'une énergie communicative et d'un talent indéniable, avaient déjà décrassé mes cages à miel à l'occasion du Raismesfest, le samedi 10 septembre 2016. Nous avions gardé les doigts dans la prise pendant toute leur prestation ! Voici mon récit de l'époque : "Ces Ch'tis de Béthune, sont survoltés, dans un registre délibérément influencé par AC/DC ! Impossible pour le public (auquel je m'associe évidemment) de ne pas battre du pied et de la nuque en écoutant ce hardrock diablement efficace ! Adrien Desquirez au chant et guitare rythmique, Anthony Clay guitare/chœur, Sebastien Lorquet basse/ chœur et Florian Morgano à la batterie délivrent une dose impressionnante d'énergie ! Anthony Clay est le plus turbulent de tous puisqu'il n'hésite pas à faire quelques allers et retours dans le public ravi de partager ainsi cette folie ! Pour eux comme pour l'autre, j'estime cependant qu'ils se singulariseraient en chantant en français ; faute de quoi ils ne peuvent que souffrir de la comparaison avec AC/DC, Airbourne et une multitude d'autres groupes assimilés. Mais nous avons passé un bon moment avec eux, c'est le principal ; pour ce qui est de leur avenir, ça les regarde…"

Fondé en 2015, le quatuor ch'timi n'a pas tardé à réaliser un premier album "Rockin' Hell" paru le 30 avril 2016. Un deuxième, intitulé "She's On Her Period" (alors là, on est au comble de l'élégance !) est paru le 28 Septembre 2018.

Après " Rock Out " un mini-album paru en 2021, le troisième album, intitulé " Glory Or Nothing " est paru le 7 mars 2025.

Je retrouve, fidèles à leur poste, Adrien Desquirez (chant et guitare rythmique), Anthony Clay (guitare solo et chœurs), Florian Morgano (batterie et chœurs), Lion Das Neves (basse et chœurs). Le quatuor perdure depuis dix ans !

L'étroitesse de la salle se reflète sur la scène ; les quatre musiciens sont alignés, batteur compris, sur le périmètre peu profond qui leur est concédé. Curieuse impression, mais finalement intéressant. Au moins, il n'y a pas de jaloux ; tout le monde est à la même enseigne ! L'éclairage est réduit au strict nécessaire, mais on s'en fout, on est là pour le rock'n'roll, sacré nom d'au-delà !

La sonorisation me parait parfaitement maitrisée, équilibrée. Le son est suffisamment puissant pour attiser les humeurs, mais sans excès et donc audible sans besoin de protection.

Les corps s'électrisent sous le joug des rythmes irrésistibles, binaires ou endiablés, des accords de guitares fougueux et des chœurs hargneux. Pas de doute, on est dans le sillage d'un hardrock bigrement efficace, idéal pour festoyer ! Immédiatement, l'auditeur ressent les influences évidentes d'OVERDRIVERS ; AC/DC, ANGEL CITY, ROSE TATTOO, et AIRBOURNE. Le chant rappelle le timbre de Gary Stephen dit "Angry" Anderson. Les guitares émettent le son distinctif des groupes précités.

Mais limiter l'appréciation à cette comparaison serait réducteur et même injuste, car il ne suffit pas d'imiter encore faut-il convaincre ! L'ovation bruyante du public laisse peu de doute sur la satisfaction générale. Le temps de passage est bien trop court, mais avec trois groupes à l'affiche, il fallait s'attendre à une frustration réciproque…

Leur discographie est brièvement évoquée avec une sélection de cinq titres, dont trois issus de "Glory Or Nothing" (2025), un de "She's On Her Period" (2018) et un de "Rockin' Hell" (2016).

PROGRAMME 


1.      Bad Breath Girl (Glory Or Nothing, 2025)
2.      Overdrivers (Glory Or Nothing, 2025)
3.      We Are One (Glory Or Nothing, 2025)
4.      Show Your Boobies (She's On Her Period, 2018)
Guitar Solo
5.      Rockin' Hell (Rockin' Hell, 2016).

Je tiens à les soutenir, en dépit de mon engagement à limiter mes achats désormais (tout commentaire mesquin me semble superflu). A l'échoppe, je me procure deux de leurs albums en CD, même si je trouve le prix un élevé (20€, chaque). A un prix plus raisonnable, j'en aurais volontiers acheté deux autres… Tant pis ! D'ailleurs, l'échoppe dédiée à SAXON montre un magnifique t-shirt de la tournée (les seules trois dates françaises au dos), mais à 40 €, ce sera sans moi !


SORTILEGE [19h45-20h30]. https://sortilege.website/

La genèse débute en 1980 sous le patronyme BLOOD WAVE. Ensuite, ses fondateurs recrutent l'actuel chanteur Christian Augustin, et changent le nom du groupe. Ainsi naquit SORTILEGE. De ce quintuor, je ne retrouve que Christian "Zouille" Augustin (chant, (1981-1986, 1992, et depuis 2018/20). Résultat de regrettables tensions avec ses anciens complices fondateurs, Zouille a dû se résoudre à sélectionner une nouvelle formation. Il est désormais entouré d'Olivier "Commandant" Spitzer (guitare rythmique et chœurs, depuis 2020), Sébastien "Shag" Bonnet (basse et chœurs, depuis 2021), Clément "Cadet" Rouxel (batterie, depuis 2021) et Michaël Zurita (guitare solo, depuis 2025).

Un cinquième album, intitulé "Le Poids de l'âme" est paru le 21 novembre 2025.

En abordant son concert avec un titre de 1984, SORTILEGE ne pouvait qu'animer une forte émotion ! Ça fleure bon mes années 80 !

La sonorisation demeure très bien équilibrée. La scène, ayant gagné en profondeur, laisse légitiment davantage d'espace à la légende française. Un immense drap en fond de scène est à l'image de leur dernier album, faisant allusion à la mythologie égyptienne. L'éclairage est en conséquence plus puissant.

Je suis impressionné par la voix de Zouille au timbre toujours rugueux et juste, alors qu'il a 68 ans et demi, quand même ! Sa tessiture demeure étendue et puissante ; je pourrais fermer les yeux et me croire quatre décennies auparavant ! Impressionné aussi par Michaël Zurita une belle récente recrue qui assure de très bons soli dans le respect du style musical du groupe. Tous les musiciens s'impliquent et assurent le tempo.

Leur prestation est impeccable, les musiciens sont impliqués. La musique résiste bien à l'épreuve du temps et reste puissante, mélodique. J'éprouve beaucoup de respect pour cette volonté commune d'entretenir une Légende française. Néanmoins, en dépit de la sincérité des protagonistes, mon enthousiasme demeure tempéré. Je ne parviens pas dissiper une légère amertume ; ma nostalgie d'une époque lointaine et révolue parce que les membres d'origine ne sont pas parvenus à surmonter des querelles nuisibles à l'ambiance de retrouvailles. Mais je concède que mes états d'âme sont sans doute aussi futiles que les motifs des contestataires. Les absents ont toujours tort.

Quoi qu'il en soit, je suis ravi de partager le plaisir du public, auquel je me joins donc  volontiers lors des ovations. Davantage enthousiaste pour les vieux titres.

Le programme défend bien sûr la récente reformation de SORTILEGE. Il est astucieusement équilibré pour satisfaire à la fois les nostalgiques, et les plus récents admirateurs. Les cinq albums sont évoqués avec onze titres. Trois issus de "Apocalypso" (2023), et deux de "Le Poids De L'âme" (2025). Mais, la large part d'un public grisonnant (dans lequel je m'inclus évidemment) est ravi ; l'âge d'or est fortement valorisé avec trois titres de "Sortilège" (1983), deux de "Métamorphose" (1984), un de "Larmes de héros" (1986).

PROGRAMME

  1. D'ailleurs (Métamorphose, 1984)
  2. Progéniture (Sortilège, mini album, 1983)
  3. Vampire (Apocalypso, 2023)
  4. Chasse le dragon (Larmes de héros, 1986)
  5. Medusa (Le Poids De L'âme, 2025)
  6. Le sacre du sorcier (Apocalypso, 2023)
  7. Civilisation perdue (Métamorphose, 1984)
  8. Le Poids De L'âme (Le Poids De L'âme, 2025)
  9. Poseidon (Apocalypso, 2023)
  10. Amazone (Sortilège, mini album, 1983)
  11. Sortilège (Sortilège, mini album, 1983).


SAXON [21h-22h45] https://www.saxon747.com/

Deux groupes sévissaient dans le Yorkshire durant les années 70, BLUE CONDITION et COAST. En 1975, leur délitement a abouti à la fusion d'un groupe qui s'est d'abord nommé SON OF A BITCH. Ce doux nom ne roucoulait pas aux oreilles du promoteur, et SAXON fut préféré, dès 1978. Ainsi naquit le quintuor avant de connaitre une notoriété ascendante dans les années 80, notamment en assurant les premières parties de soirées pour Motörhead et Ian Gillan Band.

Le vingt-quatrième album studio du groupe, "Hell, Fire And Damnation" est paru 19 janvier 2024. L'album avait été promu lors d'une tournée avec Judas Priest. Cette fois, il s'agit d'une autre tournée intitulée "Castles and Eagles Show", qui compte six dates autonomes mais qui seront suivies de nombreuses participations à des festivals européens, elle a débuté le 24 avril à Barcelone et prévoit de perdurer jusqu'au 28 aout à Wörrstadt (Neuborn Open Air Festival).

Le duo fondateur Biff Byford (chant), et Nigel Glockler (batterie) est désormais entouré de Nibbs Carter (basse, depuis 1988), Doug Scarratt (guitare, depuis 1996), et Brian Tatler (guitare, depuis 2022).

L'atmosphère traditionnelle ne se dément pas, et l'ambiance est belle et bien là, comme d'habitude. La scène est grandiose, avec un gigantesque aigle lumineux qui surplombe la scène. Le secteur de la batterie est entouré d'un décor simulant des murs d'une enceinte médiévale. En fond de scène, un écran diffuse des évocations adéquates ; un circuit de courses motocyclistes, des pochettes d'albums emblématiques ou des allusions aux thèmes chantés (guillotine, croisade,…)

La sonorisation me semble excellente ; elle laisse entendre le chant des guitares et celui d'une voix reconnaissable entre toutes. Biff ne laisse rien paraitre de ses 75 ans, ni de ses soucis de santé.

Le nom donné à la tournée me laissait imaginer un rapport avec l'album "Crusader". Mais, c'est "Wheels of Steel" qui a été privilégié, paru le 3 avril 1980 ; il y a peu plus de quarante-six ans ! Le plus récent album a été brièvement évoqué, mais la majeure partie du concert a évoqué délibérément nos chères années 80, pour le bonheur d'un auditoire ravi !

SAXON célèbre le heavymetal avec une vigueur et une conviction conforme à ce qu'est venu chercher un public fidèle depuis tellement longtemps. SAXON ne s'encombre pas de démonstration de virtuosité (quoique), ce n'est pas son propos ; ici c'est le son mélodique et galvanisant qui priment !

Le rappel débute avec un titre particulièrement symbolique "Denim and Leather" ; des admirateurs n'hésitent pas à jeter leur veste-à-patch sur la scène. C'est alors que les musiciens enfilent tous une des vestes ; on imagine la fierté des propriétaires ! Un grand moment de communion, et de respect mutuel ! Les vestes seront rendues à leurs propriétaires, qui ne manqueront pas de les conserver en reliques, sans plus jamais les laver !

Mais le temps passe trop vite, et déjà "Princess of the Night" clôt le spectacle accompagné d'une assistance en chorale époumonée et particulièrement enthousiaste, comme pour ralentir la chute de ce maudit sable qui ne manquera pas d'arriver à son terme.

SAXON nous a proposé un florilège de leur âge d'or, en évoquant six albums, avec vingt titres, dont les neuf issus de "Wheels of Steel", trois de "Denim and Leather", trois de "Strong Arm of the Law", deux de "Power & the Glory", et un de "Crusader". Et deux de "Hell, Fire And Damnation" histoire de rappeler qu'ils sont encore vivace après toutes ces décennies.

Fait notable et honorable, les programmes diffèrent à chaque date, avec pour socle commun l'album " Wheels of Steel ".

PROGRAMME
Bande-son introductive The Prophecy

  1. Hell, Fire and Damnation (Hell, Fire And Damnation, 2024)
  2. Power and the Glory (Power & the Glory, 1983)
  3. And the Bands Played On (Denim and Leather, 1981)
  4. Dallas 1 PM (Strong Arm of the Law, 1980)
  5. Madame Guillotine (Hell, Fire And Damnation, 2024)
  6. Heavy Metal Thunder (Strong Arm of the Law, 1980)
  7. The Eagle Has Landed (Power & the Glory, 1983)

Wheels of Steel

  1. Motorcycle Man (Wheels of Steel, 1980)
  2. Stand Up and Be Counted (Wheels of Steel, 1980)
  3. 747, Strangers in the Night (Wheels of Steel, 1980)
  4. Wheels of Steel (Wheels of Steel, 1980)
  5. Freeway Mad (Wheels of Steel, 1980)
  6. See the Light Shining (Wheels of Steel, 1980)
  7. Street Fighting Gang (Wheels of Steel, 1980)
  8. Suzie Hold On (Wheels of Steel, 1980)
  9. Machine Gun (Wheels of Steel, 1980).

RAPPEL :

  1. Denim and Leather (Denim and Leather, 1981)
  2. Strong Arm of the Law (Strong Arm of the Law, 1980)
  3. Crusader (Crusader, 1984)
  4. Princess of the Night (Denim and Leather, 1981).

La messe est dite. Les adeptes ravis se dispersent, l'esprit émerveillé par une parenthèse d'émancipation bienvenue en ce moment…