L'artéfact produit par notre découverte de KOMODRAG & THE
MOUNODOR à l'occasion du festival RAISMESFEST le
14 septembre 2025, continue de rayonner sur le calendrier de nos
sorties musicales depuis l'automne dernier. En effet, nous avons assisté à
quelques autres de leurs concerts en
banlieue parisienne, mais s'agissant d'une Créature bicéphale dissociable, nous
tenions à en connaitre la genèse. Assez rapidement, nous avons perçu la
perspective de revoir les deux formations protagonistes, séparément.
C'est dans cette démarche que nous avons assisté au
concert de MOUNDRAG, le 5 mars
dernier à la péniche Petit-Bain ( ici ). Ce duo nous a confirmé notre pressentiment ;
ces gars-là ont un vrai talent pour maintenir notre bon vieux rock'n'roll, en
vie.
Il nous restait à voir la deuxième formation, KOMODOR. Dès le 22 octobre 2025, nous
avons acquis nos tickets.
Je me vois ainsi contraint de revenir à la
Maroquinerie, un site que j'avais délibérément proscrit ces dernières années. En
effet, je conserve une rancune contre ses gérants depuis qu'ils ont brutalement
traité PENDRAGON à l'issue de leur concert du 3 mars 2020, juste avant la Pandémie (Rappelons que faute de pouvoir attendre à
l'intérieur que leur fourgon se rapproche de la salle pour le chargement, le
groupe s'était retrouvé sur le trottoir avec son matériel en pleine nuit). De
surcroit, cette salle est mal desservie par les transports ; s'y rendre
nécessite un bon quart d'heure de marche. Enfin, le site officiel se vante
d'une liste d'artistes accueillis depuis 2003, sans citer aucun de notre
microcosme (THE PINEAPPLE THIEF, HAKEN, ARENA, PENDRAGON, SOEN, …) ; encore une
forme d'ostracisme culturel malheureusement habituel dans notre douce france.
Bref, j'assume avoir ainsi manqué quelques concerts.
Mais bon, ce ne sont pas les premiers grossiers personnages à gagner mon argent
contre mon gré, et puis, continuer à me priver de bonnes soirées ne les rendra
pas plus aimables… Pour KOMODOR, j'ai donc fini par accepter d'y revenir une huitième
fois depuis 2012.
Nous nous positionnons à l'écart des admirateurs les
plus démonstratifs, au calme, juste devant la console de sons. La suite nous
donnera raison. En surmontant ainsi la fosse de trois marches, nous bénéficions d'un confort visuel et auditif parfait ! La salle, d’une capacité de 495
personnes, est bien remplie, on ne doit pas être loin du complet !
Je ne connaissais pas même son existence. Je relève que
son histoire débute pendant la Pandémie. Julien Méret (chant, guitare) et
Nicolas Baud (basse, chant,
claviers), deux mélophiles nés dans les 90's ont échangé des idées
musicales. Ils partagent une passion
fervente de l'écriture et la pop rock british des années 60 aux années 90.
D'abord un duo lyonnais, le groupe prend la forme d'un quatuor avec l’arrivée d'Arthur Blanc (guitare,
basse, chœurs) puis de Lalie Michalon (batterie, chœurs). Après deux
monoplages parus en 2022, Un mini album (6 titres), "Caramel Room"
est paru le 10 novembre 2023.
Son premier album studio complet, "A Hundred Mixed Emotions" est paru
le 3 octobre 2025.
Dans cette salle, je n'ai pas que des bons souvenirs
sur la qualité acoustique, mais pourtant ce soir le son est excellent, dès
cette première partie. La basse claque mais n'étouffe pas les autres pupitres,
et la batterie pas davantage. Chacun s'exprime clairement, toutes les interventions
sont audibles.
En fond de scène, est étendu un drap montrant le logo
du groupe. Le dispositif d'éclairage sans être exceptionnel est correct,
proportionnel à la taille modeste de la scène.
Leurs influences évoquées par les musiciens dans les
articles de presse s'avèrent très vite conforme ; l'esprit de THE BEATLES (époque
"Revolver") jaillit souvent
de leur musique pop-rock mais le quatuor parvient cependant à exprimer sa
singularité avec quelques morceaux plus puissants mais jamais braillard. On
baigne dans une pop énergique et entrainante, tant sur l'aspect mélodique que
rythmique. Lors de chansons aux formats courts et efficaces, les harmonies
entre les guitares et le chant sont nourries de chœurs auxquels participent les
quatre complices. Pour ma part, j'ai surtout apprécié les interventions de Nicolas, remarquable multiinstrumentiste
; son chant juste et ses notes de claviers entretiennent les mélodies avec
émotion et les accords de basse sont alambiqués. J'accorde aussi un satisfécit
à Lalie, la batteuse, dont la frappe
fut d'une redoutable efficacité et la voix féminine s'ajoute à la beauté des
chœurs. Arthur alterne la guitare et
la basse avec efficacité et aisance sans omettre de participer aux chœurs. Julien est le plus exubérant des quatre, son chant expressif
et ses soli de guitare énergiques, ne l'empêchent pas d'arpenter de le devant
de la scène.
Notons que pour la première fois ce soir, le quatuor
s'est adjoint, pour un titre, d'une invitée au saxophone soprano en Si bémol,
dont l'intervention a ravi le public.
Je ne me prononcerai pas sur l'écriture que le duo
revendique encore ce soir, car ce groupe français est anglophone.
Ce concert aura permis une belle découverte, surprenante
et agréable de fraîcheur.
Le public est conquis et s'enthousiasme aisément sur
des titres il est vrai plutôt entrainants. Acclamations et rappel mérités.
Récemment paru, l'album "A Hundred Mixed Emotions" est logiquement valorisé avec neuf de ses titres. Cependant, les premiers
monoplages de 2022 sont intercalés.
Récemment paru, l'album "A Hundred Mixed Emotions" est logiquement valorisé avec neuf de ses titres. Cependant, les premiers
monoplages de 2022 sont intercalés.
PROGRAMME
Slippin’Away (A Hundred
Mixed Emotions, 2025)
She’s Magnetic (A Hundred
Mixed Emotions, 2025)
A Hundred Mixed Emotions (A
Hundred Mixed Emotions, 2025)
Mirror Of Creed (A Hundred
Mixed Emotions, 2025)
The Mountebanks (Zany Cure,
2022)
La La La Song (A Hundred
Mixed Emotions, 2025)
Gemma (A Hundred Mixed
Emotions, 2025)
Bird on the Wing (Mr Rain,
2022)
Hear Me Out (A Hundred Mixed
Emotions, 2025)
Feel Alive (A Hundred Mixed
Emotions, 2025)
Here is the Day (…, ….)
RAPPEL :
A Certain Elation (A Hundred
Mixed Emotions, 2025).
KOMODOR, fondé en 2017,
est composé de Gaëtan "Goudzou" Convert (basse,
chant), Yves-Marie "Slyde Barnett" Cariou (guitare,
chant), Ronnie Calva (guitare), et
Elrik "Monroe" Morvan
(batterie, choeurs), et Melin Le Bigot
(guitares, chant, percussions). Douarnenez
est le berceau des jeunes loups qui ont décidé de porter haut les valeurs
déjantées du rock brut, sans fioritures, tel qu'il était exprimé dans les
années 70.
Un premier album intitulé "Nasty Habits" est paru le 17 décembre 2021 ; sa promotion a
motivé une tournée étalée sur deux années. KOMODOR s'est ainsi forgé une belle
réputation scénique. Cette expérience a encore été amplifiée par leur fusion
intermédiaire avec MOUNDRAG, formant ainsi KOMODRAG AND THE MOUNODOR !
Son deuxième
album, intitulé "Time & Space"
est paru le 31 janvier 2026.
Nous demeurons toujours bien placés ; au pied de la
console, en surplomb de la fosse, (même
s'il y a toujours des crustacés qui viennent s'imposer sur les quelques
centimètres qui vous sépare du bord de la marche…)
Au mur du fond, un drap au nom du groupe s'étend sur
toute la largeur. Le dispositif d'éclairage me parait plutôt
bien dosé. Le son est parfaitement
équilibré, chaque pupitre est audible. Toutefois, durant le premier titre, une
bande son (de clavier) aussi inutile
que peu perceptible a quelque peu contrarié des oreilles sensibles. Un choix
inopportun qui par bonheur n'a pas perduré… Sa réputation de rock sans
fioriture en aurait pâti ! Fort heureusement les moteurs ne tardent pas à
chauffer, et le groupe revient à l'essentiel.
Les cous, les nuques et jambes ne s'y trompent pas, la
fosse ressemble très vite à un bénitier rempli de pauvres diables en transe.
Une rythmique nerveuse servie densément par Goudzou et par Monroe,
autorise pourtant au trio de guitares Slyde Barnett, Ronnie et Melin
à échanger les soli incisifs. Le mélomane averti pourra trouver des influences
; Status Quo, Lynyrd Skynyrd ou MC5 dont KOMDOR ne se cache pas.
Le quintuor se régale de toute évidence, la complicité
et la bonne humeur semble de mise et le public semble galvaniser son ardeurauthentique ! L'implication de Goudzou
et Slyde Barnett est particulièrement démonstrative ; nous en
avions déjà perçu la tendance au sein de K&tM. Il fallait l'oser, ces
deux-là ont confié leur corps à l'auditoire qui les a portés à bout de bras pour
une petite ballade agitée au-dessus de la fosse. ! Ce genre de posture a le don
d'exalter le public qui a ainsi l'impression d'être en communion avec les
musiciens.
Nous sommes venus chercher du rock'n'roll, nous avons
eu notre ration. Même si une durée de soixante-quinze minutes peut paraitre un
peu courte quand même. Le concert est passé aussi vite que la cadence de leurs
titres.
L'auditoire semble repu, tant il s'est donné pour
animer l'ambiance, il est vrai. Un rappel (identique aux concerts de K&tM)
marque la fin de la soirée.
Les deux albums
de KOMODOR sont évoqués avec quinze
titres, plus la reprise de SLADE et celle de JERRY LEE LEWIS / MC5. Onze
titres sont issus de "Time &
Space", et quatre de "Nasty
Habits". Il me semble que notre programme est écourté de trois titres
par rapport aux concerts accordé à Grenoble le 5 mars dernier. (il semble que
"Give Up", "Mamacita" et "Through the Highway" ont été
retirés).
Dommage, à dix minutes avant 23h, KOMODOR avait de
quoi glisser un dernier titre… J'ose espérer que ce n'est pas le gérant qui
leur a interdit… (Ce qui ne me surprendrait pas…)
PROGRAMME
Fall Guy (Time & Space,
2026)
Soul Tricker (Time &
Space, 2026)
Hard To Deal (Time &
Space, 2026)
Bliss & Joy (Time &
Space, 2026)
Top Of The Bock (Time &
Space, 2026)
Ladies (Time & Space,
2026)
Burning Land (Time &
Space, 2026)
Once Upon A Time (Time &
Space, 2026)
Nasty Habits (Nasty Habits,
2021)
Believe It (Nasty Habits,
2021)
Know Who You Are (reprise de SLADE) (1970)
Raise Your Hands (Time &
Space, 2026)
Washing Machine Man (Nasty
Habits, 2021)
Moondrag (Nasty Habits, 2021)
Madness (Time & Space,
2026)
Ravish Holy Land (Time &
Space, 2026)
RAPPEL :
Ramblin' Rose (version de MC5 [1970], d'une reprise de JERRY LEE
LEWIS [1962]).
En dépit d'un vœu d'abstinence sincère (…) et d'un
souci grandissant d'espace de rangement, je me suis rendu à l'échoppe pour me
procurer le CD de leur récent album,
moyennant 15 €.
Au final, si KOMODOR et MOUDRAG sont parfaitement
légitimes et authentiques, il n'en demeure pas moins que je préfère quand même
le projet collaboratif KOMODRAG & THE MOUNODOR ; la fusion des deux
énergies me semble idéale et particulièrement festive. Nonobstant, je suis ravi
d'avoir été présent à la prestation des deux formations initiales ; expérience
à renouveler, à défaut d'assister à une nouvelle Réunion.
Demain il faut aller bosser, on ne s'attarde donc pas à
la terrasse à ciel ouvert, qui de toute façon ne nous a pas attendu pour être
remplie de bavards ravis et passionnés.
Eloge de la futilité (suite). Un adepteérudit de lithothérapie (Utilisation des pierres pour leurs propriétés thérapeutiques) pourrait expliquer notre addiction par une force d'attraction naturelle que LAZULI exerce sur nous. J'aurais bien du mal à contrarier cette expertise, car en effet je peine à résister à l'envie de les suivre, le plus souvent possible…
Pire, attendre un hypothétique concert ici et là ne
nous suffit plus. En 2024, à l'occasion de leur tournée "Onze",
nous étions trois couples de fêlés à les suivre, aux confins de la Raison. Cet
élan à la fois passionné, futile et aventurier, nous avait mené sur quatre
étapes musico-touristiques, du 20 au 27 octobre 2024 ; en Suisse, en Belgique,
en Allemagne puis en France. J'avais intitulé le récit ( ici) de notre escapade "ENVERS ET CONTRE
TOUR", car nous avions le sentiment insouciant d'avoir transgressé la
frontière du raisonnable, en accomplissant un vieux rêve.
Le souvenir de cette belle et mémorable aventure,
entretenu par la relecture nostalgique de mon récit, ne pouvait que soutenir
une irrésistible envie de renouveler ce p'tit coup de folie. Ce genre d'évasion
contribue à entretenir un sentiment de Liberté et de Bonheur qui fait du bien,
par les temps qui courent et nous essoufflent… carpe diem, comme dit l'autre…
Par une grâce providentielle, la tournée
promotionnelle du nouvel album "Être
et ne plus Être", paru le 30
janvier 2026, nous a fourni un prétexte parfaitementlégitime ! Toutefois,
honnêtement, je confesse avoir acquis les trois tickets dès les 15 et 16
novembre 2025, soit bien avant la parution de l'album… Il avait peu de chance
de nous décevoir ! En toute objectivité bien sûr, je ne pense pas me comporter en
thuriféraire excessif en affirmant qu'il s'agit à mon sens de leur meilleur
album. La qualité d'écriture et de composition me semble avoir atteint un
niveau d'excellence, et tous les thèmes abordés sont conformes à mes principes.
Durant ce premier semestre 2026, la tournée de LAZULI prévoit
à ce jour dix-sept dates européennes, soit entre le 10 mars à Pratteln
et le 5 juin à Contrexéville. Ensuite, ils ont prévu quelques apparitions lors
de festivals d'été, puis cinq étapes anglaises en octobre, et enfin sept étapes
françaises en novembre en soutien à la tournée MARILLION !
Pour l'instant, nous avons donc coché trois cases. Ce
seront :
·12.03.2026 –
Spirit of 66 – Verviers (BELGIQUE, Wallonie)
;
13.03.2026 – DePul – Uden (PAYS-BAS, Noord-Brabant) ;
Nous nous serions volontiers engagés sur une quatrième
date, Chez Paulette le 3 avril, rare étape française de surcroît.
Malheureusement, cette option est contrariée par un fâcheux conflit de date. En
effet, au comble de la malchance, nous avions déjà dû arbitrer entre GAZPACHO (au Petit-Bain), ARCHIVE (à La
Seine Musicale) et DEWOLFF (au Bataclan) qui se produisent tous le même jour à
Paris… Un choix cornélien s'est imposé…
Pour le second semestre, le concert parisien de LAZULI
en soutien de MARILLION est prévu.
Quoiqu'il en soit, en toute modestie j'ai bien
conscience que cette avidité ne peut pas masquer les nombreuses années perdues
en palabres, avant que je parvienne enfin à les voir sur scène une première
fois, le 5 aout 2017. Car, LAZULI, fondé en 1998, avait alors déjà près de
deux décennies d'existence…Fhttps://lazuli-music.com
En dépit d'aléas individuels difficilement évitables
dans une vie de groupe, le navire LAZULI est relativement préservé du syndrome du
bateau de Thésée ; le mat et le gouvernail de ce bel esquif, qui perdure
obstinément dans une tempête de vents médiatiques contrariants, sont encore
bien en place. Dominique Leonetti
(chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti
(léode, depuis 1998), garantissent un cap louable, et sont toujours entourés des
fidèles matelots compétents et engagés, Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie,
depuis 2010) et Arnaud Beyney
(guitare, depuis 2020). Hissez haut, moussaillons ! Tel Dieter, nos âmes
saoules glanerons vos bouteilles jetées à la mer, au gré des vents et marées !
NOTRE
PERIPLE. Notre circuit prévoit ainsi un parcours estimé à quelques 1 160 kilomètres,
au départ de la région parisienne vers Verviers, pour rebondir à Uden, puis Zoetermeer,
avant de rentrer. Ce périple, bien que déjà considérable, demeurera
inférieur aux 2 100 km de 2024 !
PREMIERE
ETAPE :
LE
JEUDI 12 MARS,VERVIERS
(BELGIQUE). (Quelques 400
kilomètres, environ soit plus de 4 heures de route)
Nos complices d'évasion, Pascal et Valérie ont déjà
assisté aux deux premières dates (Pratteln et Bonn) de la tournée. C'est
rassurant de se confronter à des gens plus insensés que soi. Nous nous
retrouvons à "La Fringale", notre friterie habituelle
pour cette étape, avant un repos préalable bien mérité à l'hôtel des Ardennes,
où nous sommes accueillis par notre chère Maguy. (…).
Nous entretenons une affection particulière pour le Spirit of 66. Même si nous avons tardé
à venir découvrir cette salle mythique, nous y revenons déjà pour la 10ème
fois, depuis le 3 juin 2022. Dont cinq fois pour Mostly Autumn …et deux fois
pour LAZULI, le 9 mai 2023, et le 22 octobre 2024 ! Si nous étions riverains de
cette salle, il est évident que sa programmation, bien supérieure à n'importe
quelle salle parisienne, nous attirerait au moins une fois par semaine…
LAZULI : (20h30-22h30). A peine
arrivés aux abords de la salle, nous avons le plaisir de revoir les musiciens,
toujours aussi affables. Aux détours de bavardages, nous ne tardons pas à
apprendre que le programme de deux heures prévoit (notamment) l'intégralité du
nouvel album !
Nous prenons place au bord de la scène. Nous ne
craignons pas de sons agressifs, car le quintuor présente la particularité de
ne pas utiliser d'ampli sur scène. Ali, l'ingénieur du son se charge
d'équilibrer les pupitres pour les rendre perceptibles à tous.
Avant le début du concert, ma P'tite Fée se charge des
emplettes à l'échoppe (…). L'album est ainsi enfin acquis en physique, ainsi qu'un
sweat et trois t-shirts très jolis et originaux. Dommage, il n'y a toujours pas
de t-shirt de tournée (j'entends avec les
dates dans le dos).
Dès les premières notes, nous constatons une
sonorisation bien équilibrée pour cette salle qui est dotée d'une bonne
acoustique. Le dispositif d'éclairage est limité à l'espace, mais suffisamment
dense pour accabler de chaleur les malheureux musiciens. Un écran occupe le
fond de scène pour diffuser les images composées principalement par Domi.
Même si la soirée n'affiche pas complet, la fosse est
pleine et l'ambiance traduit rapidement une satisfaction générale ; l'auditoire
ne tarde pas à se balancer et à chanter allègrement.
LAZULI avait dévoilé sur scène, dès octobre 2024,
trois chansons de l'opus qui vient de paraitre cette année ; "Chaque jour que le soleil fait",
"Être et ne plus être" et
"Quel dommage". Ce soir,
l'interprétation sur scène de tous les titres du nouvel album confirme le
potentiel pressenti. Ce n'est que le troisième concert de la tournée, mais déjà
les harmonies sont en place, pour le plus grand bonheur des mélomanes présents.
Les chansons me semblent magnifiées notamment par des introductions
instrumentales ("Chaque jour…").
Mes deux titres préférés m'éblouissent
particulièrement ; "L'homme sûr"
et "Au bord du précipice"
dont les soli sont étourdissants ! Cependant, la prestation démontre la qualité
des morceaux, valorise les musiciens et transcende les émotions. Bon, histoire
de ne pas paraitre fanatique, je confesse un bémol pour "Les 4 raisons", dont la mélodie me
semble un peu trop … facile. Pourtant même ce titre nous pénètre et résonne
dans le cerveau dans les heures et jours qui suivent… Non vraiment il n'y a
rien à rejeter dans cet album !
Bien sûr on doit tout cela à la créativité de
Dominique et Claude mais ils ont eu l'intelligence de s'entourer de personnes
adorables et de les laisser s'exprimer avec tous leurs talents. Ils alternent
avec brio les instruments et tous participent aux chœurs, en soutien à Domi.
Arnaud est le dernier arrivé de la bande et cependant il
semble contribuer au ciment du groupe ; il magnifie tous les titres (anciens et
nouveaux) de ses soli ciselés et bourrés d'émotions. Excellent à la guitare
mais aussi compétent à la basse.
Romain est un multiinstrumentiste de grande valeur ; il
maitrise les claviers et marginalement la percussion, mais c'est surtout son
statut de corniste qui me séduit ; son cor d'harmonie astucieusement bidouillé
permet des accords et des soli qui me font vibrer, en tant que cornettiste.
Vincent, le maitre des percussions, alterne avec application
et implication entre sa batterie, le marimba ou le djembé, sans omettre de
chanter les chœurs. Pour ne pas perturber ses complices, il a opté pour des
protections plastiques transparentes incurvées devant ses cymbales.
Après "Les courants ascendants", les chœurs
de la fosse reprennent la mélodie principale, ce qui incite Romain et Vincent , à nous gratifier d'un p'tit duo d'improvisations au gré
de leur envie et/ou de leur inspiration. Cette fantaisie musicale constitue toujours
un haut moment de complicité, c'est un régal de voir ces deux-là se lancer tantôt
des défis du regard, tantôt des alternances rythmiques inopinées ! Cette séquence
admirable permet de confirmer toute leur maitrise.
Claude jouit désormais d'un instrument fiable dont il
continue à maitriser les astuces pour exprimer une palette infinie de
sensibilités, de nuances de poésie quoi ! C'est évidemment un atout majeur pour
le son du groupe, mais par excès de modestie, il fait mine toujours de
s'étonner des marques de satisfaction qu'il suscite !
Quant à Dominique…
que dire. Juste qu'il semble heureux. Ce qui nous rend heureux, en retour. Sa
modestie peine à masquer un talent immense de composition, d'écriture, voire de
dessins ! Sa voix fine et fragile trahit une sensibilité et une émotion
authentiques. Sa superbe guitare, conçue par Eliott son fils, accompagne
merveilleusement les harmonies exprimées par ses complices. Selon les thèmes
abordés, il exprime un kaléidoscope d'émotions avec sincérité. Tel un lutin
espiègle, il bondit et sourit avec insolence sur tel morceau. Sur un autre, il
montre un abattement sombre. Sur un autre encore, il sera envahi par une mélancolie
désespérée. En dépit de la brutalité de l'humanité qu'il ne manque pas de dénoncer,
il n'en demeure pas moins un vecteur d'évasion par le plaisir.
Domi profite ici d'une rare date en pays francophone
pour pouvoir s'exprimer en français avec son auditoire. Il signale plusieurs
cas particuliers, parmi le public ; la présence d'une Mexicaine, mais aussi d'un
Californien ! LAZULI rayonne donc largement au-delà de nos frontières ! Autre
anecdote, il souligne la présence d'une jeune auditrice belge qui était venue
les découvrir quand elle avait quinze ans et qui est toujours présente ce
soir... Nous sommes émus de découvrir la présence du papa et de la maman des
frangins Leonetti.
La discographie officielle de LAZULI montre désormais douze
albums studio ; "Dénudé",
qui a revisité d'anciens titres en acoustique, est compté comme un album à part
entière. Avec une telle matière, les choix et les renoncements de programmation
continueront d'entretenir les discussions ; "Le Fantastique envol de Dieter Böhm" est ainsi évincé, alors
que quatre titres de "11"
sont maintenus… C'est le choix de l'artiste. Mais pour ma part je suis surtout
satisfait d'avoir entendu l'intégralité des titres de l'album récemment paru. Ce
fut une excellente surprise ; je n'aurais pas osé parier sur cette option ! Par
ailleurs, j'espère qu'un jour nous pourrons assister à l'interprétation de
morceaux issus de leurs débuts… D'ailleurs, le titre qui provoque
irrésistiblement la transe du public se trouve être le plus ancien (Le miroir aux alouettes, 2011). A cette
occasion, Dominique lui-même ne résiste pas d'aller fendre la foule pour le
final.
Le programme de ce soir évoque quatre albums avec dix-huit titres (et le traditionnel final au
marimba), dont douze issus de "Être et ne plus Être",
quatre de "11", un de "4603 Battements",
et un de "Tant que l'Herbe est grasse". Les Neuf Mains
autour d'un Marimba expriment d'abord l'air habituel. Ensuite, leur choix se
porte cette fois sur une improvisation inspirée de leur propre répertoire
"les courants ascendants".
PROGRAMME
Être et ne plus être (Être et ne plus Être, 2026)
Sourire (Être et ne plus Être, 2026)
Qui d'autre que l'autre (11,
2023)
Une chanson cherokee (Être et ne plus Être, 2026)
Mon body se meurt (Être et ne plus Être, 2026)
Les 4 raisons (Être et ne plus Être, 2026)
L'eau qui dort (Être et ne plus Être, 2026)
Le miroir aux alouettes (4603
Battements, 2011)
Quel dommage (Être et ne plus Être, 2026)
Triste carnaval (11, 2023)
L'homme sûr (Être et ne plus Être, 2026)
Matière première (Être et ne plus Être, 2026)
Parlons du temps (11, 2023)
Chaque jour que le soleil fait (Être et ne plus Être, 2026)
Le Pleureur sous la Pluie (11,
2023)
Les courants ascendants (Tant
que l'herbe est grasse, 2014)
L’Instant (Être et ne plus Être, 2026).
RAPPEL :
Au bord du précipice (Être et ne plus Être, 2026)
Neuf Mains autour d'un Marimba.
Le concert à peine fini, les cinq musiciens confirment
leur disponibilité naturelle, échangent volontiers les impressions avec les mélophiles
; certains sont novices, la famille s'agrandit !
DEUXIEME
ETAPE : LE VENDREDI 13 MARS, UDEN,
(PAYS-BAS). (Quelques 172
kilomètres depuis Verviers, environ deux heures de route.)
La conduite sur l'autoroute néerlandaise, imposée à
moins de 100 km/h, constitue pour moi une réelle épreuve d'endurance. Avec la
pluie et la densité de la circulation, c'est même un calvaire. Nonobstant, à
Uden nous découvrons une charmante bourgade néerlandaise, dont le calme
et la propreté laisse songeur le touriste français. Dommage qu'une pluie
incessante nous empêche de flâner. Visiblement, chez les Bataves, le Pays est
Bas, mais le ciel l'est aussi… Il faudrait revenir par beau temps. On se
restaure dans une brasserie au bon rapport qualité/prix, puis nous nous
accordons un repos nécessaire à l'hôtel "Jambon". Nous
sommes très proches de la salle.
A la fin des années 2000, avant la multiplication des
réseaux sociaux, je participais à des discussions sur le forum musical Chemical
Harvest. Les concerts à Uden étaient souvent évoqués, notamment ceux de
Porcupine Tree, alors que ce groupe n'était connu que de quelques spécialistes
bien informés. Après tant d'années, je ne cache pas mon émotion ; j'y suis
enfin ! Le Poppodium DePul
prétend être la plus ancienne salle de concert des Pays-Bas ; cette salle accueille
des artistes depuis mai 1968 ! En 2018, une seconde salle plus
intime, appelée Impuls, a été ajoutée ; après notre évènement, un
groupe tenta de nous retenir, mais en vain car nous devions ménager notre forme
pour le reste de notre escapade.
Le contrôle d'entrée est bienveillant et nous laisse
une bouteille d'eau. La Grote Zaal qui nous accueille peut accueillir jusqu'à 650 spectateurs, mais le
balcon est fermé ce soir. Un bar sert des bières à prix modiques. La
Grolsch à la pression est une bière néerlandaise particulièrement savoureuse et
désaltérante. Des petites tables rondes constellent la fosse. Un sentiment d'aisance
et de quiétude domine dans cette salle.
Nous nous plaçons au bord
de la scène mais cette fois positionnés entre Claude et Domi, donc face à
Romain. Pas de barrière, et une hauteur raisonnable qui maintient le contact
entre le public et les artistes.
LAZULI : (20h30-22h30).
Autant le dire d'emblée ; ce concert sera le meilleur ressenti des
trois !
Cette salle va nous révéler
un confort acoustique exceptionnel. Le dispositif d'éclairage est très bien
adapté. LAZULI a pu tendre un écran sur lequel seront diffusées les
illustrations.
Bon, cette fois nous sommes
en territoire batave et donc Domi doit adapter son discours. Principalement en
anglais. Mais en séducteur, il n'omet pas de prononcer quelques mots en
néerlandais. Pour l'anecdote, hormis les "bedankt"
inévitables, un mot amusant pour nous Français reviendra souvent : "nu"
qui signifie "maintenant".
Je ne reviens pas sur les titres, conformes à la
veille, sauf à préciser que leur interprétation achève de nous convaincre encore
davantage de leur qualité.
C'était l'objectif du soir, notre point d'écoute
décalé est mieux adapté pour observer la sensibilité de Claude avec sa Léode, et partager des regards complices. Mieux
adapté aussi pour admirer la maitrise du souffle de Romain dans son cor d'harmonie et sa dextérité au clavier, dans
tous les accompagnements mais aussi lors du duo d'improvisation avec Vincent.
PROGRAMME
Idem que la veille
Comme d'hab' on retrouve les musiciens pour commenter
la soirée, même si on a l'élégance de laisser la primeur aux admirateurs
néerlandais, quand même ! On s'accorde un portrait collectif avec le groupe pour
marquer ce nouveau merveilleux souvenir!
Nous quittons cette belle salle, mais nous y reviendrons
un jour ! Désormais, une nuit de sommeil s'impose ; la proximité avec l'hôtel est
une aubaine…
TROISIEME
ETAPE : LE SAMEDI 14 MARS, ZOETERMEER,
(PAYS-BAS). (Quelques 120
kilomètres d'Uden, environ 90 minutes de route).Le nom
Zoetermeer est traduisible en français par "Lac sucré"Elle se
trouve à une dizaine de kilomètres à l'est de La Haye.
La pluie incessante et la densité de la circulation continuent
de compliquer la conduite... Nonobstant, nous arrivons à Zoetermeer sous un
soleil radieux ! En admirateurs émus, nous avons le plaisir de remarquer, sur
la fin de notre parcours, le fourgon de LAZULI ; Nous arrivons donc en même
temps qu'eux sur l'aire de stationnement de l'hôtel "Golden Tulipe".
Dans l'attente de la disponibilité des chambres ; nous
prenons place dans les fauteuils du hall d'accueil. Nous engageons une passionnante
conversation avec Domi et Eliott. Nous ne boudons pas notre bonheur de pouvoir
discuter avec l'Artiste sans barrière linguistique, et sans filtre. Domi n'est
pas avare de commentaires sur sa Création et nous n'avons aucune raison de nous
abstenir de lui faire part de nos impressions, de lui poser nos questions. J'en
profite notamment pour lui avouer que "L'homme
sûr" me parle tout particulièrement ; une fois de plus il place des
mots sur des situations auxquelles on peut d'identifier… Puis Alison et Sam,
deux authentiques admiratrices anglaises du groupe depuis très longtemps, nous
font le plaisir de se joindre à nous. Pour l'anecdote, nous nous rappelons que LAZULI
a joué un concert à l'occasion du mariage d'Alison, il y a quelques années !
Ensuite, nous déposons nos bagages, puis prenons une
collation avant de filer vers le Boerderij. Nous y retrouvons nos nouvelles
amies anglaises déjà devant la porte ! Plus tard un couple d'amis normands
viendra nous rejoindre, portant ainsi notre assemblée à six francophones.
Ce lieu mythique m'évoque le même sentiment que hier.
Depuis aussi longtemps que DePul, je souhaitais me rendre au fameux Poppodium
Boerderij ; une envie souvent entretenue par des récits de nombreux
concerts, mais aussi des parutions de quelques films ici enregistrés (MOSTLY
AUTUMN, GAZPACHO, ...). Son histoire débute aussi à l'époque hippies, en
1975, dans une ferme occupée sans permission (anglicisme : squattée)
! Passons sur les différentes évolutions, elles aboutissent de nos jours à deux
déclinaisons ; une salle appelée "CreativeColors",
d'une capacité de 750 personnes, et une autre plus intime appelée "Podium
Café", d'une capacité de 100 personnes.
Le cadre du bâtiment est très convivial. On accède à
l'auditorium en montant un escalier. En haut à droite, se trouve un somptueux
salon, décoré de photos d'illustres artistes s'étant produit en ces murs. On y
sert notamment la succulente Trappe
à la pression en trois versions ; Blond, Dubbel, Isid'or !!! Est-il utile de
préciser que j'y finirai la soirée ?! Mais là, j'anticipe. Une coursive permet
au groupe de proposer ses marchandises. Une autre porte permet d'accéder à la
fosse, cernée par deux comptoirs où sont proposées des bières à prix modiques
(rien à voir avec le service des salles parisiennes !). Le balcon est fermé.
Nous nous plaçons encore une fois au bord de la scène,
au pied de Domi. Aucune barrière ne nous sépare de la scène, toutefois une
bande limite un espace réservé. Il s'avérera que ce concert sera filmé, notamment grâce à des caméras fixes sur
plusieurs points de la salle, mais aussi à un technicien mobile devant nous. Sans
aucune gêne pour nous. Ce dernier ne nous est pas inconnu ; nous l'avions
rencontré, lui et une compagne, notamment lors des festivals NOTP de Loreley.
Il fait du bon boulot, je l'ai encore observé avec admiration pendant ce
concert ; dans ses cadrages, on ressent sa passion, et son intérêt pour ce
qu'il filme. Il est donc permis d'espérer un beau film sur cette soirée…
LAZULI : (20h30-21h15
/ 21h40-22h50).
Un dispositif d'éclairage impressionnant surplombe la
scène. Deux écrans sur les côtés diffusent, simultanément avec l'écran géant en
fond de scène, les illustrations des titres.
Ma perception du son n'est pas aussi agréable que
celle ressentie la veille à Uden. Le son m'a paru moins agréable, des
réverbérations et des basses m'ont un tant soit peu gêné. Oh, rien de grave, à
ce niveau de qualité, on est dans la subtilité. Mais la comparaison n'est pas
flatteuse, à mon sens.
Quoiqu'il en soit, nous apprécions d'être là, entourés
de bienveillance et de gens heureux. Domi s'efforce une nouvelle fois de
communiquer en phonétique avec les néerlandais, qui semblent capter
suffisamment le discours pour faire part de leur approbation.
Les titres m'emportent à l'instar des deux précédentes
dates, sans jamais me lasser. Nous sommes encore dans une phase de découverte
pour les chansons les plus récentes, et je décèle encore des astuces et des
subtilités. Nous ne nous lassons pas d'eux, et d'ailleurs il me semble qu'ils
ne se lassent pas de nous davantage (dans
le cas contraire ils seraient très diplomates) ! A cet égard, j'ai vécu un
moment de belle émotion, lorsque Domi s'est souvenu de notre conversation
quelques heures auparavant, pour me dédier amicalement ma chanson favorite,
"L'homme sûr" avant de
l'interpréter. Cette amabilité et nos regards complices en fin de chanson m'ont
évidemment surpris et ému. Il a jeté une bouteille à la mer, je l'ai trouvée,
tout simplement.
La prestation de ce soir se distinguera étonnamment
des deux précédentes par un entracte d'une vingtaine de minutes. Située après
"Quel dommage" ; à ce jour,
j'ignore si cette interruption fut imposée. Le duo d'improvisations de Romain et Vincent reste un pur moment de fantaisie et de bonheur.
PROGRAMME
Idem que la veille, à part l'entracte
QUATRIEME
ETAPE : LE DIMANCHE 15 MARS, RETOUR. (Quelques 465 kilomètres de Zoetermeer, environ six heures de route).
Compte tenu des aléas de la route, nous avons tenu à
quitter l'endroit relativement tôt, après un copieux petit déjeuner.
Nous n'avons donc pas pu saluer et remercier une
dernière fois les musiciens. Dommage.
Bah le soleil est là, une route peu fréquentée en ce
dimanche nous permettra de rentrer sans encombre, la mémoire chargée de belles
émotions !
Je le sais et je l'assume. Ma santé mentale peut
inquiéter. Je me soigne par la musicothérapie, mais comme tout traitement, il
doit être savamment dosé. Pourtant, à mon corps défendant, le choix des promoteurs
musicaux impose parfois un calendrier susceptible de provoquer davantage de surdosage
que de plénitude.
Ce mois de mars s'annonce d'ores et déjà … agité. Deux
jours après le concert de MOUNDRAG au Petit Bain, nous retournons au Zénith,
pour un nouvel évènement… comment dire… quelque peu plus brutal.
Parmi les prescriptions médicinales AVATAR m'est indiqué dans des périodes
déprimantes et/ou révoltantes. Cela n'en fait pas un traitement continu, mais
globalement, ces Vikings assument leur rôle de ménestrel ; ils me divertissent.
Pourtant, j'aime, moi non plus. J'aime beaucoup les contrastes produits par
leur musique (subtile alternance d'agressivité et de mélodies), leurs talents
(instrumental et théâtral), et leur attitude (délicieusement démentielle et
drôle). Néanmoins, j'ai un peu plus de mal à écouter la voix, trop souvent
hurlée et/ou gutturale sans raison impérative, ce qui me semble nuire
inutilement à l'harmonie entre le chant et les instruments. Cependant, leur
évolution parait cibler un meilleur équilibre, sans renier leur identité. Bref,
AVATAR, c'est un peu une exception
qui confirme ma règle. Et puis, je dois le confesser, ma P'tite Fée me relance sur
le sujet dès que je m'en éloigne ; elle est une fervente admiratrice de ces
Vikings !
Avec ma p'tite Fée et mon fils, nous avons opté pour
un emplacement de la fosse pas très éloigné de la scène sur notre côté gauche, à nos risques et périls. Soyons
fous ! Mais, il fallait s'en douter, nous ne pourrons pas y demeurer toute la
soirée ; nous y tiendrons pourtant jusqu'au premier quart d'heure d'AVATAR,
quand même…
Le trio norvégien, fut fondé en 2022 à Oslo. Totalement
inconnu de mes répertoires, l'intitulé du groupe était déjà de nature à éveiller
des soupçons sur leur démarche, qui me semble tirer une fois de plus sur la
corde d'un satanisme Grand-Guignol, déjà maintes fois exploitée. Leur concept
repose, outre leur culte, sur une attitude intentionnellement outrancière,
théâtrale, très politisée et militante féministe. Le trio est exclusivement
féminin, avec Johanna Holt Kleive
(batterie, chant), Nikoline Spjelkavik
(guitare, chant), et Victoria Røising
(basse, chant).
Nous tenions à préserver notre emplacement en fosse, et
nous n'avions pas d'autre choix que d'assister à une démonstration affligeante
de la Bêtise. Un spectacle navrant de femmes d'autant plus pitoyables, que leur
posture nous semble desservir la cause qu'elles prétendent revendiquer, notamment
en cette veille de la journée de la femme
(8 mars). Une prestation sans intérêt musical ; les pupitres (une
guitare, une basse, une batterie, des micros) émettent des sons sans harmonie
aucune, juste du bruit délibérément violent et vociféré. Un surcroît de bandes-son
tente de masquer une pauvreté artistique évidente. Même sur le plan esthétique,
leur ridicule accoutrement serait risible si ces norvégiennes ne se prenaient
pas autant au sérieux. Coiffées de ce qui ressemblerait éventuellement à des
cornes, leur long vêtement blanc laisse délibérément sortir les seins. Le
naufrage touche le fond lorsqu'elles reviennent pour une deuxième partie, cette
fois complétement dévêtues et coiffées d'une perruque démesurée.
Depuis quelques décennies, je peux confesser avoir
assisté àmoult spectacles à oublier, et
donc oubliés. Mais, je n'imaginais pas assister à une telle déchéance.
Cette demi-heure calamiteuse nous a paru interminable.
Elle aurait pu/dû se clore d'une désapprobation plus ou moins marquée du
public. Mais mon évaluation de la situation semble déconnectée d'une certaine
réalité. J'observe avec incompréhension qu'une part du public, parfois féminine
(!), montre une satisfaction sincère, avec sourire et applaudissements … Je
peine parfois (de plus en plussouvent) à comprendre mes semblables ; il
faut de tout pour faire un monde, dit-on… Je réfléchi à me retirer dans une
grotte, mais peut-être risquerais-je alors de ressembler à ces harpies…
Contrairement à mon fils, je n'avais encore jamais
entendu parler de ce groupe, qui pourtant semble avoir déjà marqué quelques
esprits au-delà de leur territoire, notamment en se produisant au Hellfest en
2019 et en 2024. A priori, au-delà d'un univers musical que je fréquente peu
désormais, j'aurais au moins une bonne raison de m'intéresser à ce phénomène
musical. En effet, au lieu de s'exprimer banalement en anglais, ils
revendiquent une réelle identité culturelle en chantant souvent dans la langue
emblématique de leur pays, le Maoris. Cette particularité alliée à un style
parfois similaire à celui de SEPUTLTURA, me rappelle la période "Roots" (1996) à laquelle je
confesse avoir prêté une attention, en son temps.
Mon enquête préalable relève que ALIEN WEAPONRY est un groupe Néo-Zélandais basé à Waipu, fondé
en 2010 à Aucklandpar deux frères ; le guitariste/chanteur
Lewis Raharuhi de Jong, et le batteur Henry Te Reiwhati de Jong,
alors âgés respectivement de 8 et 10 ans ! Leur père et leur grand-mère
paternelle sont Maoris, mais leur mère et leur grand-père paternel sont
d'origine néerlandaise. Notons que leur patronyme reflète l'origine européenne
de la mère, alors qu'ils tiennent un discours militant pour le respect de
ladite culture ancestrale… Le bassiste Tūranga Morgan-Edmonds les
rejoint en août 2020, après deux précédents musiciens moins motivés.Les trois membres peuvent revendiquer des
ancêtres Māori. Plusieurs textes sont ainsi écrits et interprétés légitimement
en langue maori. La musique exprime un style un thrash metal tribal et
alternatif.
A ce jour, le trio semble stabilisé avec Henry de Jong (batterie, chœurs, depuis
2010), Lewis de Jong (guitares, voix
principale, depuis 2010), Tūranga Morgan-Edmonds
(basse, chœurs, depuis 2020).
Leur troisième
album studio "Te rā"
est paru le 28 mars 2025.
Le trio peut bénéficier d'une scène ample, le mur de
fond est couvert d'un large drap avec leur logo, orné en son bas d'un rideau
rouge de théâtre. La sonorisation est puissante mais audible.
Au-delà de leur démarche intellectuelle respectable, la
prestation sur le plan musical ne m'a pas emballé outre mesure. Hormis quelques
segments prometteurs, je ne suis parvenu à percevoir un minimum d'harmonies ou
d'interventions vocales susceptibles de me séduire totalement.
Chacun son ressenti, une bonne part du public s'exalte.
Ce qui donne lieu aux exubérances habituelles dans cet univers. Les murs de
défis prennent ici d'amusants accents maoris, imitant plus ou moins les hakas.
On pardonnera à ces âmes égarées une appropriation quelque peu désinvolte… Les
cercles tribaux, joyeux et endiablés, se forment et se déforment dans un chaos
total ; j'y distingue cependant mon fils.
Bon, ce n'est pas mon genre favori, on l'aura compris
mais cependant le niveau est (facilement)
monté d'un cran avec cette prestation engagée et agitée.
PROGRAMME (estimée à
l'aune des précédents de la tournée, à confirmer) Rū Ana Te Whenua (Tū, 2016) Te Riri o Tāwhirimātea (Te rā, 2025) Mau Moko (Te rā, 2025) Taniwha (Te rā, 2025) Kai Tangata (Tū, 2016).
Le quintuor, fondé en 2001 par le guitariste
Jonas "Kungen" Jarlsby et le batteur John Alfredsson,
s'est stabilisé avec Johannes Eckerström
(chant, claviers et trombone, depuis 2002), Henrik Sandelin (basse, chœurs, depuis 2003) et Tim Öhrström (guitares, chœurs, depuis 2011).
Leur dixième
album studio "Don't Go In The Forest"
est paru le 31 octobre 2025. Celui-ci
m'a séduit immédiatement, bien davantage que les précédents. Les excès vocaux
sont moins fréquents, au profit des harmonies.
Je demeure impressionné par le rythme de leurs
tournées promotionnelles qui s'enchainent frénétiquement depuis quelques années
déjà. Johannes Eckerström aime prétendre "Nous sommes accros à la scène
!". Sur chacun des continents visités, les admirateurs en seront
certes satisfaits, mais je m'interroge sur la pérennité de leur activité à une
telle cadence… En tout état de cause, ce soir ils nous démontreront encore une
belle vigueur !
L'affluence est forte ce soir, seuls quelques sièges
des gradins les plus hautes sont vacants. Un public hétéroclite, grimé ou non,
est là visiblement pour faire la fête, et ce sera le cas ! La fosse est pleine
come un œuf. Lorsque l'obscurité annonce le début, nous sommes encore bien
placés.
La mise en scène introductive s'inspire de leur
dernière production. Originalité, le socle de batterie sépare le pupitre en
deux parties. Entre les deux, surgit un groupe d'ombres précédées d'une lampe
portée par Johannes. Peu à peu nous distinguons les musiciens dans une lueur bleutées.
C'est une allusion théâtrale au titre "Captain
Goat", qui introduit le concert
!
La sonorisation s'avère parfaitement équilibrée. Aucun
pupitre ne nuit à l'autre. Le décor de scène est assez sobre ; un gigantesque
tissu avec le logo drape le mur du fond et le rideau rouge déjà présent plus
tôt en soirée est ici entrouvert, montrant le logo d'Avatar en caractères
lumineux (rouge ou bleu alternés). Un très impressionnant dispositif de feux
d'artifices, constitué de gigantesques flammes et rideaux d'étincelles,
réchauffera le spectacle de manière conséquente ! Une odeur de poudre viendra
ainsi se mélanger à celle des corps suant. L'agencement d'éclairage me parait astucieusement
original ; des projecteurs de fond de scène sont installés sur un rail ce qui
les rend mobiles et multidirectionnels.
Ces soins apportés à la représentation accentuent
l'engouement pour une musique déjà très entrainante. Toutefois, le deuxième
titre achevé, le groupe se retire durant de longues minutes inquiétantes. Un
souci technique qui finalement n'aura pas pénalisé la prestation, outre le
désagrément de suspendre l'ambiance, qui reviendra facilement. Même si une ultime frayeur fige les esprits quelques instants ; la batterie se scinde en deux a la grande consternation de son batteur.... heureusement les deux parties se rejoignent permettant à John de récupérer ses camarades déjà engagés...
Comme d'habitude, le charisme de Johannes, artiste
complet à la fois chanteur et comédien, achève d'emporter l'enthousiasme ;
impossible de demeurer stoïque devant tant d'exubérance et de conviction. Il
joue à la perfection son personnage de clown démoniaque. Quant à sa voix, même
je goute peu aux excès gutturaux, je dois reconnaitre qu'il dispose d'une
tessiture impressionnante. L'ensemble du groupe contribue à assurer le
spectacle, chacun très impliqué à son poste et selon son tempérament, mais le
plus souvent avec des allusions aux attitudes théâtrales ou circassiennes. John
surplombe et supervise le tout de son regard troublant. Son allure
mi-burlesque, mi martiale exprime un humour que j'apprécie beaucoup ! Par
exemple, pendant le concert un technicien se rapproche de lui, coiffé d'un
casque surplombé d'une mini cymbale sur laquelle John frappe à son passage.
Autre exemple, la scène finale où ses baguettes semblent maitriser l'immobilité
de ses quatre complices, le temps de faire ovationner le public complice de ses
frasques.
Les duos de guitares sont magnifiques et les soli de
Jonas rappellent son excellence, ce qui accentue encore notre admiration. A cet
égard, le titre "Legend of the King"
lui confère un honneur justifié.
Le public participe, exulte, chante et manifeste
bruyamment sa satisfaction ; les cercles tribaux se forment et se déforment,
tournent dans un désordre désinvolte mais bienveillant, la moindre chute étant
relevée ou écartée. Néanmoins, par attrition cette agitation aboutit par nous
écarter définitivement de l'espace central de la fosse. En retrait, mais
apaisés, nous apprécions plus sereinement le concert. J'en profite d'ailleurs,
fait rare, pour errer d'un bout à l'autre de la salle pour tester différents
points d'observation. Vraiment la sono est parfaitement réglée, où que l'on
soit !
A l'image des confettis explosés en final,
l'atmosphère festive des concerts d'AVATAR ne s'est pas démentie.
AVATAR nous a proposé un florilège extrait de septalbums avec dix-sept titres,
dont six issus de "Don't Go
In The Forest", quatre de "Black Waltz", un de "Avatar Country", deux de "Hail the Apocalypse", deux de "Hunter Gatherer", un de
"Dance Devil Dance", un
de "Feathers & Flesh".
En privilégiant la promotion du récent album, je ne
pouvais qu'être ravi. Bien sûr, cette sélection a fatalement écarté d'autres
titres tels que "Tower" ou "Puppet Show" que j'apprécie
particulièrement. Mais bon, c'est le jeu.
En revanche, comme à son habitude Johannes feint
d'accorder au public une quelconque autorité sur la nature du rappel ; ça
commence à sentir le réchauffé, pour ceux qui suivent le groupe. Au bout d'un
moment, soit il faudra qu'il cède et joue les dix titres supplémentaires
demandés par le public jamais rassasié, soit il s'abstient de jouer les
commissaires-priseurs, et joue ce qui est prévu sur sa liste (qui au
demeurant est identique sur toutes les dates que j'ai consultées !) …
PROGRAMME
Captain Goat (Don't Go In The Forest, 2025)
Silence in the Age of
Apes (Hunter Gatherer, 2020)
Panne technique
The Eagle Has Landed (Feathers and Flesh, 2016)
In the Airwaves (Don't Go In The Forest, 2025)
Bloody Angel (Hail the Apocalypse, 2014)
Death and Glitz (Don't Go In The Forest, 2025)
Blod (Black Waltz, 2012)
The Dirt I'm Buried In (Dance Devil Dance, 2023)
Colossus (Hunter Gatherer,
2020)
Torn Apart (Black Waltz,
2012)
Howling at the Waves (Don't Go In The Forest, 2025)
Legend of the King (Avatar Country, 2018)
Let It Burn (Black Waltz, 2012)
Tonight We Must Be
Warriors (Don't Go In The Forest,
2025)
RAPPEL :
Don’t Go in the Forest (Don't Go In The Forest, 2025)
Smells Like a Freakshow (Black Waltz, 2012)
Hail the Apocalypse (Hail the Apocalypse, 2014).
Johannes, toujours aussi bavard et flatteur, nous
laisse croire que le public parisien lui est particulièrement cher (on n'est
pas dupe,on lui pardonnera de
proclamer cela sans doute tous les soirs…). Comme à son habitude, il nous
invite à soin de nous et notre entourage. Mais cette fois, ce vœu résonne de
façon un peu particulière dans notre actualité inquiétante…
Alors que le groupe et l'auditoire échangent des
marques de sincère satisfaction, une bande son diffuse la traditionnelle
chanson de Vera Lynn "We'll Meet Again" ; oui très
probablement, nous nous reverrons !
En dépit d'une certaine tentation, nous nous abstenons
d'acquérir le t-shirt de la tournée (qui est pourtant attractif visuellement),
car pour 40€ il n'est pas proposé
dans une taille en-dessous du "L". Faute de prévoir une taille (et un
prix) plus modeste, ces gaillards vikings repartiront avec leurs modèles…