jeudi 12 mars 2026

LAZULI, POUR UN AUTRE TOUR – du 12 au 14 mars 2026

 

Eloge de la futilité (suite). Un adepte érudit de lithothérapie (Utilisation des pierres pour leurs propriétés thérapeutiques) pourrait expliquer notre addiction par une force d'attraction naturelle que LAZULI exerce sur nous. J'aurais bien du mal à contrarier cette expertise, car en effet je peine à résister à l'envie de les suivre, le plus souvent possible…

Pire, attendre un hypothétique concert ici et là ne nous suffit plus. En 2024, à l'occasion de leur tournée "Onze", nous étions trois couples de fêlés à les suivre, aux confins de la Raison. Cet élan à la fois passionné, futile et aventurier, nous avait mené sur quatre étapes musico-touristiques, du 20 au 27 octobre 2024 ; en Suisse, en Belgique, en Allemagne puis en France. J'avais intitulé le récit (ici) de notre escapade "ENVERS ET CONTRE TOUR", car nous avions le sentiment insouciant d'avoir transgressé la frontière du raisonnable, en accomplissant un vieux rêve.

Le souvenir de cette belle et mémorable aventure, entretenu par la relecture nostalgique de mon récit, ne pouvait que soutenir une irrésistible envie de renouveler ce p'tit coup de folie. Ce genre d'évasion contribue à entretenir un sentiment de Liberté et de Bonheur qui fait du bien, par les temps qui courent et nous essoufflent… carpe diem, comme dit l'autre

Par une grâce providentielle, la tournée promotionnelle du nouvel album "Être et ne plus Être", paru le 30 janvier 2026, nous a fourni un prétexte parfaitement légitime ! Toutefois, honnêtement, je confesse avoir acquis les trois tickets dès les 15 et 16 novembre 2025, soit bien avant la parution de l'album… Il avait peu de chance de nous décevoir ! En toute objectivité bien sûr, je ne pense pas me comporter en thuriféraire excessif en affirmant qu'il s'agit à mon sens de leur meilleur album. La qualité d'écriture et de composition me semble avoir atteint un niveau d'excellence, et tous les thèmes abordés sont conformes à mes principes.

Durant ce premier semestre 2026, la tournée de LAZULI prévoit à ce jour dix-sept dates européennes, soit entre le 10 mars à Pratteln et le 5 juin à Contrexéville. Ensuite, ils ont prévu quelques apparitions lors de festivals d'été, puis cinq étapes anglaises en octobre, et enfin sept étapes françaises en novembre en soutien à la tournée MARILLION !

Pour l'instant, nous avons donc coché trois cases. Ce seront :

·        12.03.2026 – Spirit of 66 – Verviers (BELGIQUE, Wallonie) ;

  • 13.03.2026DePul Uden (PAYS-BAS, Noord-Brabant) ;
  • 14.03.2026 – Boerderij – Zoetermeer (PAYS-BAS, Zuid-Holland).

Nous nous serions volontiers engagés sur une quatrième date, Chez Paulette le 3 avril, rare étape française de surcroît. Malheureusement, cette option est contrariée par un fâcheux conflit de date. En effet, au comble de la malchance, nous avions déjà dû arbitrer entre GAZPACHO (au Petit-Bain), ARCHIVE (à La Seine Musicale) et DEWOLFF (au Bataclan) qui se produisent tous le même jour à Paris… Un choix cornélien s'est imposé…

Pour le second semestre, le concert parisien de LAZULI en soutien de MARILLION est prévu.

Quoiqu'il en soit, en toute modestie j'ai bien conscience que cette avidité ne peut pas masquer les nombreuses années perdues en palabres, avant que je parvienne enfin à les voir sur scène une première fois, le 5 aout 2017. Car, LAZULI, fondé en 1998, avait alors déjà près de deux décennies d'existence…F https://lazuli-music.com


En dépit d'aléas individuels difficilement évitables dans une vie de groupe, le navire LAZULI est relativement préservé du syndrome du bateau de Thésée ; le mat et le gouvernail de ce bel esquif, qui perdure obstinément dans une tempête de vents médiatiques contrariants, sont encore bien en place. Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), garantissent un cap louable, et sont toujours entourés des fidèles matelots compétents et engagés, Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020). Hissez haut, moussaillons ! Tel Dieter, nos âmes saoules glanerons vos bouteilles jetées à la mer, au gré des vents et marées !


NOTRE PERIPLE. Notre circuit prévoit ainsi un parcours estimé à quelques 1 160 kilomètres, au départ de la région parisienne vers Verviers, pour rebondir à Uden, puis Zoetermeer, avant de rentrer. Ce périple, bien que déjà considérable, demeurera inférieur aux 2 100 km de 2024 !

PREMIERE ETAPE : LE JEUDI 12 MARS, VERVIERS (BELGIQUE). (Quelques 400 kilomètres, environ soit plus de 4 heures de route)

Nos complices d'évasion, Pascal et Valérie ont déjà assisté aux deux premières dates (Pratteln et Bonn) de la tournée. C'est rassurant de se confronter à des gens plus insensés que soi. Nous nous retrouvons à "La Fringale", notre friterie habituelle pour cette étape, avant un repos préalable bien mérité à l'hôtel des Ardennes, où nous sommes accueillis par notre chère Maguy. (…).

Nous entretenons une affection particulière pour le Spirit of 66. Même si nous avons tardé à venir découvrir cette salle mythique, nous y revenons déjà pour la 10ème fois, depuis le 3 juin 2022. Dont cinq fois pour Mostly Autumn …et deux fois pour LAZULI, le 9 mai 2023, et le 22 octobre 2024 ! Si nous étions riverains de cette salle, il est évident que sa programmation, bien supérieure à n'importe quelle salle parisienne, nous attirerait au moins une fois par semaine…

LAZULI : (20h30-22h30). A peine arrivés aux abords de la salle, nous avons le plaisir de revoir les musiciens, toujours aussi affables. Aux détours de bavardages, nous ne tardons pas à apprendre que le programme de deux heures prévoit (notamment) l'intégralité du nouvel album !

Nous prenons place au bord de la scène. Nous ne craignons pas de sons agressifs, car le quintuor présente la particularité de ne pas utiliser d'ampli sur scène. Ali, l'ingénieur du son se charge d'équilibrer les pupitres pour les rendre perceptibles à tous.

Avant le début du concert, ma P'tite Fée se charge des emplettes à l'échoppe (…). L'album est ainsi enfin acquis en physique, ainsi qu'un sweat et trois t-shirts très jolis et originaux. Dommage, il n'y a toujours pas de t-shirt de tournée (j'entends avec les dates dans le dos).

Dès les premières notes, nous constatons une sonorisation bien équilibrée pour cette salle qui est dotée d'une bonne acoustique. Le dispositif d'éclairage est limité à l'espace, mais suffisamment dense pour accabler de chaleur les malheureux musiciens. Un écran occupe le fond de scène pour diffuser les images composées principalement par Domi.

Même si la soirée n'affiche pas complet, la fosse est pleine et l'ambiance traduit rapidement une satisfaction générale ; l'auditoire ne tarde pas à se balancer et à chanter allègrement.

LAZULI avait dévoilé sur scène, dès octobre 2024, trois chansons de l'opus qui vient de paraitre cette année ; "Chaque jour que le soleil fait", "Être et ne plus être" et "Quel dommage". Ce soir, l'interprétation sur scène de tous les titres du nouvel album confirme le potentiel pressenti. Ce n'est que le troisième concert de la tournée, mais déjà les harmonies sont en place, pour le plus grand bonheur des mélomanes présents. Les chansons me semblent magnifiées notamment par des introductions instrumentales ("Chaque jour…").

Mes deux titres préférés m'éblouissent particulièrement ; "L'homme sûr" et "Au bord du précipice" dont les soli sont étourdissants ! Cependant, la prestation démontre la qualité des morceaux, valorise les musiciens et transcende les émotions. Bon, histoire de ne pas paraitre fanatique, je confesse un bémol pour "Les 4 raisons", dont la mélodie me semble un peu trop … facile. Pourtant même ce titre nous pénètre et résonne dans le cerveau dans les heures et jours qui suivent… Non vraiment il n'y a rien à rejeter dans cet album !

Bien sûr on doit tout cela à la créativité de Dominique et Claude mais ils ont eu l'intelligence de s'entourer de personnes adorables et de les laisser s'exprimer avec tous leurs talents. Ils alternent avec brio les instruments et tous participent aux chœurs, en soutien à Domi.






Arnaud est le dernier arrivé de la bande et cependant il semble contribuer au ciment du groupe ; il magnifie tous les titres (anciens et nouveaux) de ses soli ciselés et bourrés d'émotions. Excellent à la guitare mais aussi compétent à la basse.

Romain est un multiinstrumentiste de grande valeur ; il maitrise les claviers et marginalement la percussion, mais c'est surtout son statut de corniste qui me séduit ; son cor d'harmonie astucieusement bidouillé permet des accords et des soli qui me font vibrer, en tant que cornettiste.

Vincent, le maitre des percussions, alterne avec application et implication entre sa batterie, le marimba ou le djembé, sans omettre de chanter les chœurs. Pour ne pas perturber ses complices, il a opté pour des protections plastiques transparentes incurvées devant ses cymbales.

Après "Les courants ascendants", les chœurs de la fosse reprennent la mélodie principale, ce qui incite Romain et Vincent , à nous gratifier d'un p'tit duo d'improvisations au gré de leur envie et/ou de leur inspiration. Cette fantaisie musicale constitue toujours un haut moment de complicité, c'est un régal de voir ces deux-là se lancer tantôt des défis du regard, tantôt des alternances rythmiques inopinées ! Cette séquence admirable permet de confirmer toute leur maitrise.

Claude jouit désormais d'un instrument fiable dont il continue à maitriser les astuces pour exprimer une palette infinie de sensibilités, de nuances de poésie quoi ! C'est évidemment un atout majeur pour le son du groupe, mais par excès de modestie, il fait mine toujours de s'étonner des marques de satisfaction qu'il suscite !

Quant à Dominique… que dire. Juste qu'il semble heureux. Ce qui nous rend heureux, en retour. Sa modestie peine à masquer un talent immense de composition, d'écriture, voire de dessins ! Sa voix fine et fragile trahit une sensibilité et une émotion authentiques. Sa superbe guitare, conçue par Eliott son fils, accompagne merveilleusement les harmonies exprimées par ses complices. Selon les thèmes abordés, il exprime un kaléidoscope d'émotions avec sincérité. Tel un lutin espiègle, il bondit et sourit avec insolence sur tel morceau. Sur un autre, il montre un abattement sombre. Sur un autre encore, il sera envahi par une mélancolie désespérée. En dépit de la brutalité de l'humanité qu'il ne manque pas de dénoncer, il n'en demeure pas moins un vecteur d'évasion par le plaisir.

Domi profite ici d'une rare date en pays francophone pour pouvoir s'exprimer en français avec son auditoire. Il signale plusieurs cas particuliers, parmi le public ; la présence d'une Mexicaine, mais aussi d'un Californien ! LAZULI rayonne donc largement au-delà de nos frontières ! Autre anecdote, il souligne la présence d'une jeune auditrice belge qui était venue les découvrir quand elle avait quinze ans et qui est toujours présente ce soir... Nous sommes émus de découvrir la présence du papa et de la maman des frangins Leonetti.

La discographie officielle de LAZULI montre désormais douze albums studio ; "Dénudé", qui a revisité d'anciens titres en acoustique, est compté comme un album à part entière. Avec une telle matière, les choix et les renoncements de programmation continueront d'entretenir les discussions ; "Le Fantastique envol de Dieter Böhm" est ainsi évincé, alors que quatre titres de "11" sont maintenus… C'est le choix de l'artiste. Mais pour ma part je suis surtout satisfait d'avoir entendu l'intégralité des titres de l'album récemment paru. Ce fut une excellente surprise ; je n'aurais pas osé parier sur cette option ! Par ailleurs, j'espère qu'un jour nous pourrons assister à l'interprétation de morceaux issus de leurs débuts… D'ailleurs, le titre qui provoque irrésistiblement la transe du public se trouve être le plus ancien (Le miroir aux alouettes, 2011). A cette occasion, Dominique lui-même ne résiste pas d'aller fendre la foule pour le final.

Le programme de ce soir évoque quatre albums avec dix-huit titres (et le traditionnel final au marimba), dont douze issus de "Être et ne plus Être", quatre de "11", un de "4603 Battements", et un de "Tant que l'Herbe est grasse". Les Neuf Mains autour d'un Marimba expriment d'abord l'air habituel. Ensuite, leur choix se porte cette fois sur une improvisation inspirée de leur propre répertoire "les courants ascendants".

PROGRAMME

  1. Être et ne plus être (Être et ne plus Être, 2026)
  2. Sourire (Être et ne plus Être, 2026)
  3. Qui d'autre que l'autre (11, 2023)
  4. Une chanson cherokee (Être et ne plus Être, 2026)
  5. Mon body se meurt (Être et ne plus Être, 2026)
  6. Les 4 raisons (Être et ne plus Être, 2026)
  7. L'eau qui dort (Être et ne plus Être, 2026)
  8. Le miroir aux alouettes (4603 Battements, 2011)
  9. Quel dommage (Être et ne plus Être, 2026)
  10. Triste carnaval (11, 2023)
  11. L'homme sûr (Être et ne plus Être, 2026)
  12. Matière première (Être et ne plus Être, 2026)
  13. Parlons du temps (11, 2023)
  14. Chaque jour que le soleil fait (Être et ne plus Être, 2026)
  15. Le Pleureur sous la Pluie (11, 2023)
  16. Les courants ascendants (Tant que l'herbe est grasse, 2014)
  17. L’Instant (Être et ne plus Être, 2026).

RAPPEL :

  1. Au bord du précipice (Être et ne plus Être, 2026)
  2. Neuf Mains autour d'un Marimba.

Le concert à peine fini, les cinq musiciens confirment leur disponibilité naturelle, échangent volontiers les impressions avec les mélophiles ; certains sont novices, la famille s'agrandit !


DEUXIEME ETAPE : LE VENDREDI 13 MARS, UDEN, (PAYS-BAS). (Quelques 172 kilomètres depuis Verviers, environ deux heures de route.)

La conduite sur l'autoroute néerlandaise, imposée à moins de 100 km/h, constitue pour moi une réelle épreuve d'endurance. Avec la pluie et la densité de la circulation, c'est même un calvaire. Nonobstant, à Uden nous découvrons une charmante bourgade néerlandaise, dont le calme et la propreté laisse songeur le touriste français. Dommage qu'une pluie incessante nous empêche de flâner. Visiblement, chez les Bataves, le Pays est Bas, mais le ciel l'est aussi… Il faudrait revenir par beau temps. On se restaure dans une brasserie au bon rapport qualité/prix, puis nous nous accordons un repos nécessaire à l'hôtel "Jambon". Nous sommes très proches de la salle.

A la fin des années 2000, avant la multiplication des réseaux sociaux, je participais à des discussions sur le forum musical Chemical Harvest. Les concerts à Uden étaient souvent évoqués, notamment ceux de Porcupine Tree, alors que ce groupe n'était connu que de quelques spécialistes bien informés. Après tant d'années, je ne cache pas mon émotion ; j'y suis enfin ! Le Poppodium DePul prétend être la plus ancienne salle de concert des Pays-Bas ; cette salle accueille des artistes depuis mai 1968 ! En 2018, une seconde salle plus intime, appelée Impuls, a été ajoutée ; après notre évènement, un groupe tenta de nous retenir, mais en vain car nous devions ménager notre forme pour le reste de notre escapade.

Le contrôle d'entrée est bienveillant et nous laisse une bouteille d'eau. La Grote Zaal qui nous accueille peut accueillir jusqu'à 650 spectateurs, mais le balcon est fermé ce soir. Un bar sert des bières à prix modiques. La Grolsch à la pression est une bière néerlandaise particulièrement savoureuse et désaltérante. Des petites tables rondes constellent la fosse. Un sentiment d'aisance et de quiétude domine dans cette salle.

Nous nous plaçons au bord de la scène mais cette fois positionnés entre Claude et Domi, donc face à Romain. Pas de barrière, et une hauteur raisonnable qui maintient le contact entre le public et les artistes.

LAZULI : (20h30-22h30).

Autant le dire d'emblée ; ce concert sera le meilleur ressenti des trois !

Cette salle va nous révéler un confort acoustique exceptionnel. Le dispositif d'éclairage est très bien adapté. LAZULI a pu tendre un écran sur lequel seront diffusées les illustrations.

Bon, cette fois nous sommes en territoire batave et donc Domi doit adapter son discours. Principalement en anglais. Mais en séducteur, il n'omet pas de prononcer quelques mots en néerlandais. Pour l'anecdote, hormis les "bedankt" inévitables, un mot amusant pour nous Français reviendra souvent : "nu" qui signifie "maintenant".

Je ne reviens pas sur les titres, conformes à la veille, sauf à préciser que leur interprétation achève de nous convaincre encore davantage de leur qualité.

C'était l'objectif du soir, notre point d'écoute décalé est mieux adapté pour observer la sensibilité de Claude avec sa Léode, et partager des regards complices. Mieux adapté aussi pour admirer la maitrise du souffle de Romain dans son cor d'harmonie et sa dextérité au clavier, dans tous les accompagnements mais aussi lors du duo d'improvisation avec Vincent.

PROGRAMME

Idem que la veille

Comme d'hab' on retrouve les musiciens pour commenter la soirée, même si on a l'élégance de laisser la primeur aux admirateurs néerlandais, quand même ! On s'accorde un portrait collectif avec le groupe pour marquer ce nouveau merveilleux souvenir!

Nous quittons cette belle salle, mais nous y reviendrons un jour ! Désormais, une nuit de sommeil s'impose ; la proximité avec l'hôtel est une aubaine…


TROISIEME ETAPE : LE SAMEDI 14 MARS, ZOETERMEER, (PAYS-BAS). (Quelques 120 kilomètres d'Uden, environ 90 minutes de route). Le nom Zoetermeer est traduisible en français par "Lac sucré" Elle se trouve à une dizaine de kilomètres à l'est de La Haye.

La pluie incessante et la densité de la circulation continuent de compliquer la conduite... Nonobstant, nous arrivons à Zoetermeer sous un soleil radieux ! En admirateurs émus, nous avons le plaisir de remarquer, sur la fin de notre parcours, le fourgon de LAZULI ; Nous arrivons donc en même temps qu'eux sur l'aire de stationnement de l'hôtel "Golden Tulipe".

Dans l'attente de la disponibilité des chambres ; nous prenons place dans les fauteuils du hall d'accueil. Nous engageons une passionnante conversation avec Domi et Eliott. Nous ne boudons pas notre bonheur de pouvoir discuter avec l'Artiste sans barrière linguistique, et sans filtre. Domi n'est pas avare de commentaires sur sa Création et nous n'avons aucune raison de nous abstenir de lui faire part de nos impressions, de lui poser nos questions. J'en profite notamment pour lui avouer que "L'homme sûr" me parle tout particulièrement ; une fois de plus il place des mots sur des situations auxquelles on peut d'identifier… Puis Alison et Sam, deux authentiques admiratrices anglaises du groupe depuis très longtemps, nous font le plaisir de se joindre à nous. Pour l'anecdote, nous nous rappelons que LAZULI a joué un concert à l'occasion du mariage d'Alison, il y a quelques années !

Ensuite, nous déposons nos bagages, puis prenons une collation avant de filer vers le Boerderij. Nous y retrouvons nos nouvelles amies anglaises déjà devant la porte ! Plus tard un couple d'amis normands viendra nous rejoindre, portant ainsi notre assemblée à six francophones.

Ce lieu mythique m'évoque le même sentiment que hier. Depuis aussi longtemps que DePul, je souhaitais me rendre au fameux Poppodium Boerderij ; une envie souvent entretenue par des récits de nombreux concerts, mais aussi des parutions de quelques films ici enregistrés (MOSTLY AUTUMN, GAZPACHO, ...). Son histoire débute aussi à l'époque hippies, en 1975, dans une ferme occupée sans permission (anglicisme : squattée) ! Passons sur les différentes évolutions, elles aboutissent de nos jours à deux déclinaisons ; une salle appelée "CreativeColors", d'une capacité de 750 personnes, et une autre plus intime appelée "Podium Café", d'une capacité de 100 personnes.

Le cadre du bâtiment est très convivial. On accède à l'auditorium en montant un escalier. En haut à droite, se trouve un somptueux salon, décoré de photos d'illustres artistes s'étant produit en ces murs. On y sert notamment la succulente Trappe à la pression en trois versions ; Blond, Dubbel, Isid'or !!! Est-il utile de préciser que j'y finirai la soirée ?! Mais là, j'anticipe. Une coursive permet au groupe de proposer ses marchandises. Une autre porte permet d'accéder à la fosse, cernée par deux comptoirs où sont proposées des bières à prix modiques (rien à voir avec le service des salles parisiennes !). Le balcon est fermé.

Nous nous plaçons encore une fois au bord de la scène, au pied de Domi. Aucune barrière ne nous sépare de la scène, toutefois une bande limite un espace réservé. Il s'avérera que ce concert sera filmé, notamment grâce à des caméras fixes sur plusieurs points de la salle, mais aussi à un technicien mobile devant nous. Sans aucune gêne pour nous. Ce dernier ne nous est pas inconnu ; nous l'avions rencontré, lui et une compagne, notamment lors des festivals NOTP de Loreley. Il fait du bon boulot, je l'ai encore observé avec admiration pendant ce concert ; dans ses cadrages, on ressent sa passion, et son intérêt pour ce qu'il filme. Il est donc permis d'espérer un beau film sur cette soirée…


LAZULI : (20h30-21h15 / 21h40-22h50).

Un dispositif d'éclairage impressionnant surplombe la scène. Deux écrans sur les côtés diffusent, simultanément avec l'écran géant en fond de scène, les illustrations des titres.

Ma perception du son n'est pas aussi agréable que celle ressentie la veille à Uden. Le son m'a paru moins agréable, des réverbérations et des basses m'ont un tant soit peu gêné. Oh, rien de grave, à ce niveau de qualité, on est dans la subtilité. Mais la comparaison n'est pas flatteuse, à mon sens.

Quoiqu'il en soit, nous apprécions d'être là, entourés de bienveillance et de gens heureux. Domi s'efforce une nouvelle fois de communiquer en phonétique avec les néerlandais, qui semblent capter suffisamment le discours pour faire part de leur approbation.

Les titres m'emportent à l'instar des deux précédentes dates, sans jamais me lasser. Nous sommes encore dans une phase de découverte pour les chansons les plus récentes, et je décèle encore des astuces et des subtilités. Nous ne nous lassons pas d'eux, et d'ailleurs il me semble qu'ils ne se lassent pas de nous davantage (dans le cas contraire ils seraient très diplomates) ! A cet égard, j'ai vécu un moment de belle émotion, lorsque Domi s'est souvenu de notre conversation quelques heures auparavant, pour me dédier amicalement ma chanson favorite, "L'homme sûr" avant de l'interpréter. Cette amabilité et nos regards complices en fin de chanson m'ont évidemment surpris et ému. Il a jeté une bouteille à la mer, je l'ai trouvée, tout simplement.

La prestation de ce soir se distinguera étonnamment des deux précédentes par un entracte d'une vingtaine de minutes. Située après "Quel dommage" ; à ce jour, j'ignore si cette interruption fut imposée. Le duo d'improvisations de Romain et Vincent reste un pur moment de fantaisie et de bonheur.

PROGRAMME

Idem que la veille, à part l'entracte


QUATRIEME ETAPE : LE DIMANCHE 15 MARS, RETOUR. (Quelques 465 kilomètres de Zoetermeer, environ six heures de route).

Compte tenu des aléas de la route, nous avons tenu à quitter l'endroit relativement tôt, après un copieux petit déjeuner.

Nous n'avons donc pas pu saluer et remercier une dernière fois les musiciens. Dommage.

Bah le soleil est là, une route peu fréquentée en ce dimanche nous permettra de rentrer sans encombre, la mémoire chargée de belles émotions !


samedi 7 mars 2026

AVATAR – Le Zénith (Paris 19e) – samedi 7 mars 2026.

 

Je le sais et je l'assume. Ma santé mentale peut inquiéter. Je me soigne par la musicothérapie, mais comme tout traitement, il doit être savamment dosé. Pourtant, à mon corps défendant, le choix des promoteurs musicaux impose parfois un calendrier susceptible de provoquer davantage de surdosage que de plénitude.

Ce mois de mars s'annonce d'ores et déjà … agité. Deux jours après le concert de MOUNDRAG au Petit Bain, nous retournons au Zénith, pour un nouvel évènement… comment dire… quelque peu plus brutal.

Parmi les prescriptions médicinales AVATAR m'est indiqué dans des périodes déprimantes et/ou révoltantes. Cela n'en fait pas un traitement continu, mais globalement, ces Vikings assument leur rôle de ménestrel ; ils me divertissent. Pourtant, j'aime, moi non plus. J'aime beaucoup les contrastes produits par leur musique (subtile alternance d'agressivité et de mélodies), leurs talents (instrumental et théâtral), et leur attitude (délicieusement démentielle et drôle). Néanmoins, j'ai un peu plus de mal à écouter la voix, trop souvent hurlée et/ou gutturale sans raison impérative, ce qui me semble nuire inutilement à l'harmonie entre le chant et les instruments. Cependant, leur évolution parait cibler un meilleur équilibre, sans renier leur identité. Bref, AVATAR, c'est un peu une exception qui confirme ma règle. Et puis, je dois le confesser, ma P'tite Fée me relance sur le sujet dès que je m'en éloigne ; elle est une fervente admiratrice de ces Vikings !

Avec ma p'tite Fée et mon fils, nous avons opté pour un emplacement de la fosse pas très éloigné de la scène sur notre côté gauche, à nos risques et périls. Soyons fous ! Mais, il fallait s'en douter, nous ne pourrons pas y demeurer toute la soirée ; nous y tiendrons pourtant jusqu'au premier quart d'heure d'AVATAR, quand même…


WITCH CLUB SATAN [19h00-19h30].
https://www.witchclubsatan.com/

Le trio norvégien, fut fondé en 2022 à Oslo. Totalement inconnu de mes répertoires, l'intitulé du groupe était déjà de nature à éveiller des soupçons sur leur démarche, qui me semble tirer une fois de plus sur la corde d'un satanisme Grand-Guignol, déjà maintes fois exploitée. Leur concept repose, outre leur culte, sur une attitude intentionnellement outrancière, théâtrale, très politisée et militante féministe. Le trio est exclusivement féminin, avec Johanna Holt Kleive (batterie, chant), Nikoline Spjelkavik (guitare, chant), et Victoria Røising (basse, chant).

Nous tenions à préserver notre emplacement en fosse, et nous n'avions pas d'autre choix que d'assister à une démonstration affligeante de la Bêtise. Un spectacle navrant de femmes d'autant plus pitoyables, que leur posture nous semble desservir la cause qu'elles prétendent revendiquer, notamment en cette veille de la journée de la femme (8 mars). Une prestation sans intérêt musical ; les pupitres (une guitare, une basse, une batterie, des micros) émettent des sons sans harmonie aucune, juste du bruit délibérément violent et vociféré. Un surcroît de bandes-son tente de masquer une pauvreté artistique évidente. Même sur le plan esthétique, leur ridicule accoutrement serait risible si ces norvégiennes ne se prenaient pas autant au sérieux. Coiffées de ce qui ressemblerait éventuellement à des cornes, leur long vêtement blanc laisse délibérément sortir les seins. Le naufrage touche le fond lorsqu'elles reviennent pour une deuxième partie, cette fois complétement dévêtues et coiffées d'une perruque démesurée.

Depuis quelques décennies, je peux confesser avoir assisté à moult spectacles à oublier, et donc oubliés. Mais, je n'imaginais pas assister à une telle déchéance.

Cette demi-heure calamiteuse nous a paru interminable. Elle aurait pu/dû se clore d'une désapprobation plus ou moins marquée du public. Mais mon évaluation de la situation semble déconnectée d'une certaine réalité. J'observe avec incompréhension qu'une part du public, parfois féminine (!), montre une satisfaction sincère, avec sourire et applaudissements … Je peine parfois (de plus en plus souvent) à comprendre mes semblables ; il faut de tout pour faire un monde, dit-on… Je réfléchi à me retirer dans une grotte, mais peut-être risquerais-je alors de ressembler à ces harpies…


Contrairement à mon fils, je n'avais encore jamais entendu parler de ce groupe, qui pourtant semble avoir déjà marqué quelques esprits au-delà de leur territoire, notamment en se produisant au Hellfest en 2019 et en 2024. A priori, au-delà d'un univers musical que je fréquente peu désormais, j'aurais au moins une bonne raison de m'intéresser à ce phénomène musical. En effet, au lieu de s'exprimer banalement en anglais, ils revendiquent une réelle identité culturelle en chantant souvent dans la langue emblématique de leur pays, le Maoris. Cette particularité alliée à un style parfois similaire à celui de SEPUTLTURA, me rappelle la période "Roots" (1996) à laquelle je confesse avoir prêté une attention, en son temps.

Mon enquête préalable relève que ALIEN WEAPONRY est un groupe Néo-Zélandais basé à Waipu, fondé en 2010 à Auckland par deux frères ; le guitariste/chanteur Lewis Raharuhi de Jong, et le batteur Henry Te Reiwhati de Jong, alors âgés respectivement de 8 et 10 ans ! Leur père et leur grand-mère paternelle sont Maoris, mais leur mère et leur grand-père paternel sont d'origine néerlandaise. Notons que leur patronyme reflète l'origine européenne de la mère, alors qu'ils tiennent un discours militant pour le respect de ladite culture ancestrale… Le bassiste Tūranga Morgan-Edmonds les rejoint en août 2020, après deux précédents musiciens moins motivés. Les trois membres peuvent revendiquer des ancêtres Māori. Plusieurs textes sont ainsi écrits et interprétés légitimement en langue maori. La musique exprime un style un thrash metal tribal et alternatif.

A ce jour, le trio semble stabilisé avec Henry de Jong (batterie, chœurs, depuis 2010), Lewis de Jong (guitares, voix principale, depuis 2010), Tūranga Morgan-Edmonds (basse, chœurs, depuis 2020).

Leur troisième album studio "Te rā" est paru le 28 mars 2025.

Le trio peut bénéficier d'une scène ample, le mur de fond est couvert d'un large drap avec leur logo, orné en son bas d'un rideau rouge de théâtre. La sonorisation est puissante mais audible.

Au-delà de leur démarche intellectuelle respectable, la prestation sur le plan musical ne m'a pas emballé outre mesure. Hormis quelques segments prometteurs, je ne suis parvenu à percevoir un minimum d'harmonies ou d'interventions vocales susceptibles de me séduire totalement.

Chacun son ressenti, une bonne part du public s'exalte. Ce qui donne lieu aux exubérances habituelles dans cet univers. Les murs de défis prennent ici d'amusants accents maoris, imitant plus ou moins les hakas. On pardonnera à ces âmes égarées une appropriation quelque peu désinvolte… Les cercles tribaux, joyeux et endiablés, se forment et se déforment dans un chaos total ; j'y distingue cependant mon fils.

Bon, ce n'est pas mon genre favori, on l'aura compris mais cependant le niveau est (facilement) monté d'un cran avec cette prestation engagée et agitée.

PROGRAMME (estimée à l'aune des précédents de la tournée, à confirmer)
Rū Ana Te Whenua (, 2016)
Te Riri o Tāwhirimātea (Te rā, 2025)
Mau Moko (Te rā, 2025)
Taniwha (Te rā, 2025)
Kai Tangata (, 2016).


AVATAR [20h50-23h]
https://avatarmetal.com/

Le quintuor, fondé en 2001 par le guitariste Jonas "Kungen" Jarlsby et le batteur John Alfredsson, s'est stabilisé avec Johannes Eckerström (chant, claviers et trombone, depuis 2002), Henrik Sandelin (basse, chœurs, depuis 2003) et Tim Öhrström (guitares, chœurs, depuis 2011).

Leur dixième album studio "Don't Go In The Forest" est paru le 31 octobre 2025. Celui-ci m'a séduit immédiatement, bien davantage que les précédents. Les excès vocaux sont moins fréquents, au profit des harmonies.

Je demeure impressionné par le rythme de leurs tournées promotionnelles qui s'enchainent frénétiquement depuis quelques années déjà. Johannes Eckerström aime prétendre "Nous sommes accros à la scène !". Sur chacun des continents visités, les admirateurs en seront certes satisfaits, mais je m'interroge sur la pérennité de leur activité à une telle cadence… En tout état de cause, ce soir ils nous démontreront encore une belle vigueur !

L'affluence est forte ce soir, seuls quelques sièges des gradins les plus hautes sont vacants. Un public hétéroclite, grimé ou non, est là visiblement pour faire la fête, et ce sera le cas ! La fosse est pleine come un œuf. Lorsque l'obscurité annonce le début, nous sommes encore bien placés.

La mise en scène introductive s'inspire de leur dernière production. Originalité, le socle de batterie sépare le pupitre en deux parties. Entre les deux, surgit un groupe d'ombres précédées d'une lampe portée par Johannes. Peu à peu nous distinguons les musiciens dans une lueur bleutées. C'est une allusion théâtrale au titre "Captain Goat", qui introduit le concert !

La sonorisation s'avère parfaitement équilibrée. Aucun pupitre ne nuit à l'autre. Le décor de scène est assez sobre ; un gigantesque tissu avec le logo drape le mur du fond et le rideau rouge déjà présent plus tôt en soirée est ici entrouvert, montrant le logo d'Avatar en caractères lumineux (rouge ou bleu alternés). Un très impressionnant dispositif de feux d'artifices, constitué de gigantesques flammes et rideaux d'étincelles, réchauffera le spectacle de manière conséquente ! Une odeur de poudre viendra ainsi se mélanger à celle des corps suant. L'agencement d'éclairage me parait astucieusement original ; des projecteurs de fond de scène sont installés sur un rail ce qui les rend mobiles et multidirectionnels.

Ces soins apportés à la représentation accentuent l'engouement pour une musique déjà très entrainante. Toutefois, le deuxième titre achevé, le groupe se retire durant de longues minutes inquiétantes. Un souci technique qui finalement n'aura pas pénalisé la prestation, outre le désagrément de suspendre l'ambiance, qui reviendra facilement. Même si une ultime frayeur fige les esprits quelques instants ; la batterie se scinde en deux a la grande consternation de son batteur.... heureusement les deux parties se rejoignent permettant à John de récupérer ses camarades déjà engagés...

Comme d'habitude, le charisme de Johannes, artiste complet à la fois chanteur et comédien, achève d'emporter l'enthousiasme ; impossible de demeurer stoïque devant tant d'exubérance et de conviction. Il joue à la perfection son personnage de clown démoniaque. Quant à sa voix, même je goute peu aux excès gutturaux, je dois reconnaitre qu'il dispose d'une tessiture impressionnante. L'ensemble du groupe contribue à assurer le spectacle, chacun très impliqué à son poste et selon son tempérament, mais le plus souvent avec des allusions aux attitudes théâtrales ou circassiennes. John surplombe et supervise le tout de son regard troublant. Son allure mi-burlesque, mi martiale exprime un humour que j'apprécie beaucoup ! Par exemple, pendant le concert un technicien se rapproche de lui, coiffé d'un casque surplombé d'une mini cymbale sur laquelle John frappe à son passage. Autre exemple, la scène finale où ses baguettes semblent maitriser l'immobilité de ses quatre complices, le temps de faire ovationner le public complice de ses frasques.

Les duos de guitares sont magnifiques et les soli de Jonas rappellent son excellence, ce qui accentue encore notre admiration. A cet égard, le titre "Legend of the King" lui confère un honneur justifié.

Le public participe, exulte, chante et manifeste bruyamment sa satisfaction ; les cercles tribaux se forment et se déforment, tournent dans un désordre désinvolte mais bienveillant, la moindre chute étant relevée ou écartée. Néanmoins, par attrition cette agitation aboutit par nous écarter définitivement de l'espace central de la fosse. En retrait, mais apaisés, nous apprécions plus sereinement le concert. J'en profite d'ailleurs, fait rare, pour errer d'un bout à l'autre de la salle pour tester différents points d'observation. Vraiment la sono est parfaitement réglée, où que l'on soit !

A l'image des confettis explosés en final, l'atmosphère festive des concerts d'AVATAR ne s'est pas démentie.

AVATAR nous a proposé un florilège extrait de sept albums avec dix-sept titres, dont six issus de "Don't Go In The Forest", quatre de "Black Waltz", un de "Avatar Country", deux de "Hail the Apocalypse", deux de "Hunter Gatherer", un de "Dance Devil Dance", un de "Feathers & Flesh".

En privilégiant la promotion du récent album, je ne pouvais qu'être ravi. Bien sûr, cette sélection a fatalement écarté d'autres titres tels que "Tower" ou "Puppet Show" que j'apprécie particulièrement. Mais bon, c'est le jeu.

En revanche, comme à son habitude Johannes feint d'accorder au public une quelconque autorité sur la nature du rappel ; ça commence à sentir le réchauffé, pour ceux qui suivent le groupe. Au bout d'un moment, soit il faudra qu'il cède et joue les dix titres supplémentaires demandés par le public jamais rassasié, soit il s'abstient de jouer les commissaires-priseurs, et joue ce qui est prévu sur sa liste (qui au demeurant est identique sur toutes les dates que j'ai consultées !)

PROGRAMME

  1. Captain Goat (Don't Go In The Forest, 2025)
  2. Silence in the Age of Apes (Hunter Gatherer, 2020)

Panne technique

  1. The Eagle Has Landed (Feathers and Flesh, 2016)
  2. In the Airwaves (Don't Go In The Forest, 2025)
  3. Bloody Angel (Hail the Apocalypse, 2014)
  4. Death and Glitz (Don't Go In The Forest, 2025)
  5. Blod (Black Waltz, 2012)
  6. The Dirt I'm Buried In (Dance Devil Dance, 2023)
  7. Colossus (Hunter Gatherer, 2020)
  8. Torn Apart (Black Waltz, 2012)
  9. Howling at the Waves (Don't Go In The Forest, 2025)
  10. Legend of the King (Avatar Country, 2018)
  11. Let It Burn (Black Waltz, 2012)
  12. Tonight We Must Be Warriors (Don't Go In The Forest, 2025)

RAPPEL :

  1. Don’t Go in the Forest (Don't Go In The Forest, 2025)
  2. Smells Like a Freakshow (Black Waltz, 2012)
  3. Hail the Apocalypse (Hail the Apocalypse, 2014).

Johannes, toujours aussi bavard et flatteur, nous laisse croire que le public parisien lui est particulièrement cher (on n'est pas dupe, on lui pardonnera de proclamer cela sans doute tous les soirs…). Comme à son habitude, il nous invite à soin de nous et notre entourage. Mais cette fois, ce vœu résonne de façon un peu particulière dans notre actualité inquiétante…

Alors que le groupe et l'auditoire échangent des marques de sincère satisfaction, une bande son diffuse la traditionnelle chanson de Vera Lynn "We'll Meet Again" ; oui très probablement, nous nous reverrons !

En dépit d'une certaine tentation, nous nous abstenons d'acquérir le t-shirt de la tournée (qui est pourtant attractif visuellement), car pour 40€ il n'est pas proposé dans une taille en-dessous du "L". Faute de prévoir une taille (et un prix) plus modeste, ces gaillards vikings repartiront avec leurs modèles…

 


https://loudtv.net/interviews/avatar-interview-dont-go-in-the-forest/


jeudi 5 mars 2026

MOUNDRAG + RED SUN ATACAMA – Le Petit Bain (Paris 13e) – jeudi 5 mars 2026.

Certaines célébrités du Grand Cirque du rock'n'roll (non, je ne citerai personne !), sans doute fatiguées par le système et l'usure du temps, viennent vous expliquer doctement que le rock serait mort. Heureusement, d'autres jeunes loups démontrent que faire du neuf avec du vieux peut tout autant ravir les cages à miel ! Il suffit d'un subtil mélange de talent, de fougue, et de passion, en ajoutant un zeste d'originalité et beaucoup d'audace, pour produire un cocktail détonnant et réjouissant. MOUNDRAG fait partie de ces artistes. C'est pour cela que nous les soutenons. Nous les considérons musicalement, mais aussi humainement attachants.

Notre découverte des Bretons KOMODRAG & THE MOUNODOR lors du festival RAISMESFEST le 14 septembre 2025, a été un de nos moments forts de l'année. A tel point, que nous sommes retournés les voir le 20 septembre à Tremblay puis le 15 novembre à Issy ! Une étude rapide de leur biographie montrait que ce collectif de fous furieux était en fait le fruit d'une fusion géniale entre deux groupes de copains. D'où le calembour que constitue le nom dudit collectif, qui désigne la fusion de KOMODOR avec MOUNDRAG. Cette opération a sans doute contribué à une notoriété ascendante des deux entités distinctes. Elle a également induit des calendriers assez parallèles ; si bien que KOMODOR viendra le 26 mars à la Maroquinerie pour promouvoir un nouvel album, alors que MOUNDRAG est là ce soir, dans une similaire démarche promotionnelle…

D'autant plus ravis d'embarquer à bord de cette péniche, que nous y avons vécu beaucoup de belles émotions musicales. Pourtant, ce n'est que la sixième fois que je reviens au Petit Bain. J'admets volontiers avoir manqué quelques occasions de revenir davantage sur ce site qui est pourtant proche de mon domicile. Avec ma p'tite Fée nous sommes arrivés entre 18h30 et 19h, nous étions ainsi parmi les premiers à attendre. Cependant, par ce temps printanier, nos bavardages au sein d'un microcosme reconstitué nous ont fait perdre nos meilleurs emplacements à l'intérieur.

Heureusement, l'espace limité de la fosse nous permet de trouver un emplacement avec une visibilité relativement correcte, malgré une affluence étonnement importante (on ne doit pas être loin du complet !). L'acoustique de la salle sera conforme à notre souvenir, c’est-à-dire satisfaisant.


Je ne connaissais pas ce groupe. J'ai donc relevé en préalable qu'il s'agit d'un trio bordelais, franco-chilien, fondé en 2014. En 2015, RED SUN ATACAMA parvient à autoproduire un mini album intitulé "Part 1", avant un premier album en 2018, intitulé "Licancabur". L'album "Darwin" sort le 17 juin 2022. Ce parcours est ponctué de scènes notables, telles que le Hellfest (Valley), le 28 juin 2024.

Leur tournée actuelle accompagne la parution de "Summerchild", le 13 mars 2026.

Ce trio se compose de Clément Márquez (basse, chant anglophone), Robin Caillon (batterie), et Vincent Hospital (guitare).

Intrigué par le pedigree, j'ai procédé à quelques écoutes préventives sur internet qui me laissent percevoir des influences dans les styles dits "stoner", "heavy rock", voire "punk rock" avec un zeste de psychédélique.

La scène, à proportion de l'endroit est quelque peu exiguë mais pour le trio, c'est bien suffisant. L'éclairage est peu dense, et assez sombre, mais toutefois suffisant pour percevoir le travail des musiciens.

RED SUN ATACAMA est parvenu à régler une sonorisation limpide et puissante mais visant délibérément à faire persister le son par réverbération, créant ainsi une atmosphère apocalyptique. Cette sensation de puissance fut surtout amplifiée par le son de la basse réglée en mode saturation, ce qui ne fut pas sans rappeler un certain Lemmy ! En revanche, la voix s'est révélée peu compréhensible ; il parait que Clément chantait en anglais…

Avant le concert, j'étais a priori plutôt inquiet, et j'avais préparé mes protections auditives en conséquence. Mais leur prestation a révélé une musique bien plus subtile que prévue. Dès l'introduction, ils induisent l'auditoire sur de fausses pistes, l'hypnotisant avant de le secouer par des explosions sonores saisissantes, rythmées par une percussion sismique. Le tout est lourd, corrosif et puissant mais surprenant, grâce à des ruptures, d'atmosphères et de rythmes, inattendues.

Bref, c'est une bonne surprise pour moi. Je suis plutôt séduit et demande à revoir et à réentendre…

Le public semble du même avis, car l'ovation finale est sans doute de nature à satisfaire les Bordelais.

RED SUN ATACAMA a rappelé son répertoire avec neuf titres issus de trois albums, dont trois issus de "Summerchild", cinq de "Darwin" et un de "Licancabur".

PROGRAMME

Bande introductive

  1. Furies (Darwin, 2022)
  2. Conveyor (Summerchild, 2026)
  3. Summerchild (Summerchild, 2026)
  4. Antares (Darwin, 2022)
  5. Commotions (Summerchild, 2026)
  6. Revvelator (Darwin, 2022)
  7. Echoes (Darwin, 2022)
  8. Ribbons (Darwin, 2022)
  9. Cupid's Arrows (Licancabur, 2018).

La musique de cette fratrie Goëllaen rappelle immanquablement une époque encensée de jasmin et colorée de pourpre, celle des 70's. Il parait évident que ces grands enfants ont forcément été élevés en écoutant le hard rock rageusement bluesy de Deep Purple, ou les évasions audacieuses d'Emerson, Lake & Palmer. Et cependant, ce style ne semble pas avoir pris une ride par la grâce de leur interprétation mêlant folie et respect des principes fondamentaux.

Leur fougue les emporte dans plusieurs activités parallèles ; ils étaient déjà impliqués depuis 2010 au sein de SMOOTH MOTION, un autre groupe de Paimpol, avant tenter une nouvelle aventure en 2019 dans KOMODRAG & THE MOUNODOR ! Le duo fraternel MOUNDRAG, créé aussi en 2019, exprime leur influence d'ELP totalement assumée, et explore aussi différentes facettes du rock progressif avec un régal non dissimulé. Pas de guitare. Juste une batterie pour Colin Goëllaen. Juste un authentique orgue Hammond pour Camille Goëllaen. Le chant est partagé par les deux complices.

Un premier album, éponyme est paru le 7 aout 2019, puis "Hic Sunt Moundrages" (6 titres) est paru le 21 octobre 2022. Enfin, "Deux" est paru le 8 octobre 2025. Du 11 au 28 février, MOUNDRAG a sillonné toute la péninsule ibérique, en quinze étapes ! Les revoilà dans nos contrées pour une vingtaine d'autres dates jusqu'en juillet !!! Ils profitent opportunément d'une vague porteuse, et méritée.

Sur le mur du fond de scène s'étend un drap montrant le logo du groupe. Soutenus par une sonorisation bien équilibrée, et par un éclairage un peu plus fourni et lumineux qu'en début de soirée, le duo a rapidement emporté l'auditoire qui visiblement n'attendait que son entrain. Ils ne sont que deux et pourtant ils occupent le son et l'espace avec un enthousiasme communicatif ! Leur musique renverse toute velléité de morosité et revigore les corps encore appesantis par un hiver à peine fini !

Le public exulte et participe volontiers aux incantations alternativement lancées pas les deux fomenteurs de troubles.

Les trois albums sont évoqués avec huit titres : cinq issus de "Deux", deux de "Hic Sunt Moundrages" et un de "Moundrag".

Pour clore le concert en beauté ce concert un peu trop court, le duo reprend audacieusement "War Pigs" de BLACK SABBATH ; les accords de guitares de Tony sont magnifiquement remplacés par ceux des claviers de Camille !

PROGRAMME

  1. My Woman (Moundrag, 2019)
  2. Changes (Deux, 2025)
  3. Morning Epitaph (Deux, 2025)
  4. Limbo (Deux, 2025)
  5. Black Flames (Deux, 2025)
Solo batterie
  1. Demon Race (Hic Sunt Moundrages, 2022)
  2. The Caveman (Deux, 2025)

RAPPEL :

  1. The Hangman (Hic Sunt Moundrages, 2022).

The Caveman

Je me rue à l'échoppe, où une file d'attente s'est vite allongée. MOUNDRAG semble dépourvus de soutien logistique pour sa promotion ; il faut attendre l'arrivée de Camille, mis sous pression, pour me procurer le CD de "Deux", moyennant la très modique somme de 10 €. Hélas, les autres albums ne sont proposés qu'en vinyles. Dommage. Camille toujours souriant, disponible, semble sincèrement ravi de constater ma fidélité. Il est vrai que depuis six mois nous nous sommes déjà rencontrés plusieurs fois ! Compte tenu de la file d'impatients, nous n'avons pas trop le temps de bavarder, juste le temps de l'encourager, mais il m'accorde une amicale accolade, en espérant nous revoir rapidement… Au-delà de l'activité parallèle de ses complices KOMODOR, Camille m'a laissé entendre qu'une prochaine prestation du collectif K&M est prévue ! Affaire à suivre…