Voilà un groupe inclassable qui semble prendre un
malin plaisir à entretenir l'envie par la rareté. Rareté des albums, qui
deviennent insaisissables peu de temps après avoir été édités. Rareté de ses
passages en Europe.
FRUSTRATIONS.
Tellement rare, que j'aurais très bien pu ignorer son existence, si je n'avais
pas été alerté en aout 2009 par une discussion sur un forum musical, qui était
par ailleurs dédié à Porcupine Tree. Intrigué par tant d'éloges, j'avais téléchargé
l'album "Act III, Life and Death"
(2009). Dès la première écoute, je fus immédiatement séduit par ses sonorités
très mélodieuses et rythmées. J'ai pourtant eu le tort de procrastiner ; cette pépite
est désormais introuvable (je signifie à
l'état neuf et à prix
raisonnable, bien évidemment !). Les albums précédents et les suivants sont
tout aussi fabuleux et tout aussi rares… Je suis parvenu
cependant à acquérir "Act V : Hymns
with The Devil in Confessional" (2016), "Migrant" (2013) et "Act
IV : Rebirth In Reprise" (2014).
Le neuvième
album studio, " Sunya ",
qui est paru le 20 mars 2026, n'est pas davantage accessible puisque, absent de
la vente en Europe, on peut acquérir le CD sur le site officiel, proposé à 11
€, mais le seul frais de port est à … 26,43 € !
Ma p'tite Fée et moi, étions déjà festivaliers
habituels du Midsummer festival, lorsque THE DEAR HUNTER fut annoncé pour le
samedi 24 juin 2023.
J'étais alors assez naïf pour imaginer que j'allais enfin disposer d'une offre
à une échoppe digne de ce nom, dotée de tous les objets du désir. Que nenni, de
manière incompréhensible et consternante, rien ; aucun album, une
échoppe quasi vide (juste un
t-shirt ordinaire). De surcroît, les musiciens furent inaccessibles en
dehors de la scène… Leur désintéressement pour le commerce de leur Art peut
paraitre certes honorable, mais il me parait surtout très frustrant…
Comme pour attiser
encore la convoitise, le présent concert était initialement prévu le 27
septembre 2025, avant d'être reporté. Un report ainsi excusé : " À nos chers amis et fans du Royaume-Uni et
d'Europe, je suis au regret de vous annoncer que j'ai décidé de reporter notre
prochaine tournée britannique et européenne à 2026. Nous avons la chance de
pouvoir vous communiquer ces dates dès aujourd'hui. Les musiciens et moi-même
sommes toujours ravis de pouvoir nous produire à l'étranger, mais pour diverses
raisons, tant personnelles que professionnelles, j'ai dû prendre cette décision
difficile.
La raison
principale est que nous espérons vous présenter un certain nombre de choses
très spéciales l'année prochaine, et bien que les progrès réalisés sur tous les
projets aient été inspirants et gratifiants, je suis encore loin d'avoir
atteint mes objectifs, et malheureusement, le seul moment opportun pour
finaliser les choses se trouve pendant cette tournée à venir.
Je n'ai pas
pris cette décision à la légère et je suis conscient de l'impact qu'elle aura
sur les gens, leurs projets et l'argent qu'ils ont dépensé pour nous soutenir
et nous rejoindre le mois prochain. Nous espérons que vous serez là l'année
prochaine et que, lorsque nous pourrons enfin vous dévoiler le fruit de notre
travail, vous penserez que cette décision en valait la peine."
Quoiqu'il en soit, à l'instar de l'année dernière, THE
DEAR HUNTER était également attendus au BeProgMyFriend festival à Barcelone. En
dépit d'une tentation réelle, j'y ai renoncé mais, dès le 21 avril je me suis
procuré le Sésame pour ce soir et basta !… Je fus bien inspiré puisque le
guichet fut rapidement fermé !
ATTENTE. Le
concert de ce soir est annoncé complet
depuis plusieurs semaines. Nous nous attendions donc à trouver une file
imposante en arrivant. Fort heureusement, nous sommes arrivés alors que seul un
couple, venu de Toulouse, attendait.
Nous nous lamentions avec eux sur la difficulté de
suivre et soutenir le groupe, lorsque notre attente est opportunément ponctuée par
l'apparition de Nick Crescenzo, le
frangin du Patron. S'il pensait se détendre sur le quai, au calme avant l'arrivée
du gros des troupes, bah c'est raté. Mais derrière un aspect bourru, le gars
est en fait très sympathique et souriant. Même pour écouter mes revendications
bassement matérielles ; il m'explique qu'ils sont à la recherche d'une maison
de disque qui serait capable de mieux diffuser leur Musique… (ainsi soit-il …).
Bref, après un portrait impératif, je retourne dans la file, heureux comme un
gamin qui revient du sapin de Noël (oui, j'avoue il m'en faut peu).
La file d'attente qui s'étire finalement devant la
péniche est impressionnante.
LE CONCERT. Dès l'ouverture, avec ma P'tite Fée, nous prenons place, de manière à disposer d'un point de vue idéal sur la scène. La proximité des enceintes ne sera absolument pas nuisible, l'ingénieur du son démontrera une excellente maitrise des équilibres et du volume.
Les Britanniques REDWOOD était prévu pour ouvrir la
soirée en 2025, mais le promoteur Take Me Out a désigner les Parisiens
POWELS en remplacement. Moins
exotique. Quoique…
POWELS [20h-20h30].
Le quatuor parisien a été fondé par Maxime Guiot et Matthieu Gadel. Son concept de base est de composer des bandes-son de films,
sur le thème du surf … Il en décline un style musical qui pourrait être défini
comme un mélange agréable et léger de rock californien, avec un zeste de
psychédélique et de pop solaire. Un premier monoplage, opportunément intitulé
" Malibu ", est paru fin
2025.
Maxime Guiot
(chant, guitare rythmique), et Matthieu Gadel
(guitare), sont entourés de Rafaël Valleran (batterie) et Matthias Roux (basse).
La sonorisation est à l'image de la musique exprimée ;
légère, dansante et chantante, tout en douceur. D'ailleurs je m'étonne de voir
un linge étalé sur la caisse claire, comme pour atténuer encore davantage les
frappes. La basse Rickenbacker laisse entendre distinctement ses accords qui
saccadent énergiquement ceux des guitares. Matthieu Gadel semble avoir été
biberonné aux sonorités de Mark Knopfler, tant son jeu nous parait similaire.
Le temps imparti est court mais suffisant pour
exprimer plusieurs compositions inédites, initialement créées pour des projets
de vidéos censées inspirer des glissades ensoleillées sur les vagues.
Le public se dandine gentiment, les sourire et les
acclamations montrent un plaisir partagé.
PROGRAMME
(à déterminer)
THE DEAR HUNTER [21h-22h35]
Petit rappel historique
sur le groupe. A l'origine, en 2005
s'il s'agissait davantage d'un projet personnel de Casey Crescenzo, alors qu'il était encore membre de THE RECEIVING END OF
SIRENS, à Providence, (Rhode Island, États-Unis). Il enregistre donc ses
premières démonstrations qui seront réunies sous le titre "Dear Ms. Leading" ; un CD bien
évidement introuvable (lui aussi). Le 2 février 2006, il joue une première fois
ses titres en public, en ouverture de soirée pour son autre groupe. Cette étape
marque le début de THE DEAR HUNTER qui prend forme en mai, avant d'enregistrer
un premier véritable album en septembre, qu'il intitule " Act I: The Lake South, The River North
". Visiblement, avec un titre pareil, le Monsieur avait de la suite dans
les idées ! Ce fut en réalité le premier volet d'un audacieux concept, relaté
en cinq albums retraçant "la vie
d'un garçon nommé Hunter, à l'aube du XXe siècle".
De nombreux autres projets
ont abouti, à ce jour, à neuf albums studio et plusieurs mini-albums
intermédiaires, allant même jusqu'à ré-instrumentaliser et réenregistrer
certains d'entre eux. Avec l'aide du directeur de la photographie Justin DeLuna
et l'auteur/acteur Dustin Reade, il a récemment réalisé un documentaire musical
intitulé " North American Tour 2023 ". Apparemment insatiable et jamais à court
d'idées, il a récemment annoncé travailler sur un nouveau concept de neuf
albums inspiré "des sept couleurs de
l'arc-en-ciel et des deux tons noir et blanc"…
Durant la présente tournée, THE DEAR HUNTER se
présente en quintuor ; Casey Crescenzo
(chant, talkbox, guitare, claviers), est entouré de son frère Nick Crescenzo (batterie), Maxwell Tousseau (guitare, depuis 2010), Robert
Parr (guitare, depuis 2011), et Nick
Sollecito (basse, depuis 2011).
Dès les premiers accords nous sommes rassurés sur l'acoustique,
dont l'équilibre ne se démentira pas de la soirée. La voix est clairement distincte
et chacun des protagonistes peut exprimer les mélodies attendues.
La complicité entre les musiciens semble authentique ;
elle se traduit par une atmosphère à la fois joyeuse et agréable. Les textes
sont aussi complexes que les structures musicales et pourtant THE DEAR HUNTER
emporte toutes les humeurs de son auditoire, venu pour oublier un quotidien
morose. Bien évidemment, toutes les subtilités du studio ne sont pas
reproductibles sur scène, et Casey a estimé judicieux d'introduire de rares nappes
préenregistrées, mais celle-ci sont négligeables. Il n'en abuse pas et, avec
ses complices, il assume la majeure partie des harmonies, y compris les
sonorités cuivrées que le clavier imite parfaitement. A cet égard, Robert Parr s'amuse souvent à émettre des sons
atypiques qui m'ont surpris plus d'une fois.
Cette Musique me ravit les tympans par des sonorités éclectiques
et hybrides, qui pour ma part me rappellent souvent celles exprimées par TOTO (pour
les aspects funky et jazzy), par QUEEN (pour les chœurs puissants et les
mélodies), ou encore par DREDG et par ECHOLYN. Avis aux amateurs desdits
groupes car THE DEAR HUNTER
s'exprime dans cette galaxie avec une originalité rafraichissante !
Nous avions déjà été conquis lors de leur exaltante
mais trop courte prestation en plein air, dans l'enceinte de l'Openluchtheater
du Midsummer festival, mais cette fois, dans ce cocon du Petit-Bain, nous avons
été davantage en mesure d'apprécier pleinement ces Américains. En outre, ma
personnalité décontractée et espiègle de Nick et Robert entretient une belle
complicité …
Les absents ont toujours tort, c'est bien connu. Cette
soirée ne dérogera pas à la règle.
Au rayon des bonnes nouvelles, à croire les
commentaires de Casey, il semblerait que nous soyons susceptibles de revoir THE DEAR HUNTER en France (on ne sait
pas quand)… De surcroit, il proclame qu’un nouvel album serait prévu au cours
de l'année 2027 !
Je suis particulièrement ravi par le florilège
interprété ce soir ; ils ont choisi quatre
de leurs albums pour en interpréter quatorze
titres. Leur plus récente production, " Sunya " est valorisée avec cinq titres. Quatre
morceaux sont issus de leur splendide album " Act IV " (2015), trois
de " Antimai " (2022) et deux
de "Act V" (2016).
PROGRAMME
1. Marauders (Sunya, 2026)
A l'échoppe, à défaut des CD vainement espérés, nous nous procurons chacun notre t-shirt de la tournée, moyennant 30€, histoire de les soutenir et de conserver un souvenir de cette magnifique soirée flottante… sur la Seine.



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