samedi 30 mai 2026

GAZPACHO – John Dee (Oslo, Norvège) – samedi 30 mai 2026

 

Peu de groupes enivrent nos sens comme GAZPACHO. Pourtant, je dois honnêtement confesser que cet intérêt a mûri de longues années, avant de céder totalement à son charme. Mais désormais, avec ma P'tite Fée nous sommes prêt à tous les excès (enfin presque !).

POUR MEMOIRE. GAZPACHO, fondé en 1996 à Oslo, termine ce soir la promotion de son douzième album, "Magic 8-Ball" qui est paru le 31 octobre 2025. Le trio fondateur maintient une honorable stabilité. Autour de Jan-Henrik Ohme (chant, depuis 1996), Jon-Arne Vilbo (guitares, depuis 1996), et Thomas Andersen (claviers, depuis 1996), les autres démontrent une honorable fidélité ; Mikael Krømer (violon, guitares, mandoline, depuis 2001), Kristian Torp (basse, depuis 2005), ainsi que Robert Johansen (batterie, de 2004 à 2009, et depuis 2017).

Depuis le 7 février 2026, nous participons au parcours du sextuor norvégien qui assure la promotion de son récent album "Magic 8-Ball". Notre musico-tourisme nous a ainsi menés aux Pays-Bas (à deux reprises), en Belgique et en France. Dans notre grande sagesse, ces quatre prestations nous ont convaincu d'assister à la dixième et ultime étape de cette tournée européenne. Assister à sa prestation devant son public, ne pouvait que générer une déraisonnable pulsion. Dans l'absence totale de mûre réflexion, dès le 2 avril, nous nous sommes engagés avec d'autant plus d'entrain que le cout du ticket de concert est modique (36,45 €).

Ce soir à Oslo, nous assistons ainsi à notre cinquième concert de cette série d'évènements itinérants, soit une bonne moitié des dates inscrites au dos de notre t-shirt. Nous n'en avions pas fait autant pour LAZULI, ni pour Steven WILSON (et pourtant...) !

Si l'actualité internationale quelque peu agitée (…) n'est pas étrangère à notre envie d'évasion, elle a également perturbé notre attente avec un risque non négligeable d'annulation de notre vol. Après quelques semaines de suspense, lorsque nous posons enfin nos pieds sur le sol norvégien pour la quatrième fois, nous sommes particulièrement ravis, et soulagés !

De surcroit, après la canicule française, nous nous attendions à une météo maussade annoncée ; mais en fait, le climat s'est montré clément, un temps très agréable (21°) et très ensoleillé. Tout va bien !


La salle de concert John Dee, d'une capacité de 500 personnes, située au sous-sol du Rockefeller Center, en plein cœur d'Oslo, a ouvert ses portes en 1997. Elle partage ses murs avec le Rockefeller Center (capacité 1300), qui est gérée avec une autre salle, le Sentrum Scene (capacité 1750), située juste en face dans la rue.

Nous trouvons sans trop de peine le bâtiment "Rockfeller" qui abrite la salle John Dee. L'entrée semble d'autant plus insignifiante que lorsque nous arrivons vers 18h personne n'attend ! On en profite pour s'attabler à la terrasse du bistrot d'en face, sous un radieux soleil, et déguster une "Aass", une désaltérante bière locale. Les musiciens de GAZPACHO passent sur le trottoir d'en face et nous saluent poliment avec une sobriété norvégienne que nous respectons.

A l'ouverture des portes, à 19 heures, nous sommes dans une maigre file d'attente. J'imagine que compte du tenu du climat local, les Norvégiens ne sont pas naturellement enclins à attendre longtemps dehors ; et de fait, il s'avèrera que la salle se remplira quelques minutes avant le concert… Nous n'avons donc aucune difficulté à nous positionner à la barrière, au pied de la scène, en son centre gauche en la regardant. A côté de nous, un couple est venu d'Autriche aussi pour ce concert (plus tard, j'apprendrais qu'un Brésilien présent postule également au titre des mélophiles-voyageurs les plus passionnés).

La configuration de la salle surprend ; elle est en largeur. La fosse est surmontée d'un trottoir de quelques centimètres, le bar est sur le côté droit en entrant, alors que l'échoppe occupe un coin, au fond de la salle. Quant à la scène, sa largeur se conjugue avec sa profondeur pour laisser un très bel espace aux six musiciens.


Il n'y pas d'artiste invité, pour ouvrir la soirée.

LE CONCERT [20h30-22h30]

Très vite, nous retrouvons cette atmosphère si délicieuse qui anime notre flamme, grâce à une acoustique excellente, et une sonorisation parfaitement maitrisée. Même si notre emplacement nous impose le son de la batterie située en face de nous. Le dispositif d'éclairage est relativement sobre mais varié et il met parfaitement en valeur les musiciens, dans une ambiance aux couleurs douces et apaisées. Cela étant dit, l'idée de projeter les images du fond d'écran depuis le plafond de la fosse, ne m'a pas vraiment paru judicieux ; au lieu d'être diffusées sur le drap mural, les images venaient se disperser sur les musiciens …

Notre emplacement nous permet d'observer de près et d'admirer tout particulièrement le jeu de Mikael Krømer, de Robert Johansen et bien sûr de Jan-Henrik Ohme.



De Mikael émane un personnage sensible, posé, et maitrisé. Il alterne les instruments, violon et guitares, avec brio et délicatesse. Bien entendu, le mérite est moins dans le respect de ses participations qu'il connait par cœur, que dans la sensibilité de son expression musicale. Sa concentration pendant ses exercices tranche avec ses larges sourires qu'il consent sous les ovations méritées. Détail amusant, après chaque intervention il dépose son violon à ses pieds avec un soin presque maniaque, obsessionnel, pour l'aligner à son socle de commandes.

Je demeure impressionné par la stature de Robert, entouré de son dispositif de percussions. Son allure de bucheron tranche avec la juste mesure de ses frappes, et son calme apparent. Assis sur son tabouret, il semble répéter dans sa tête l'expression de toutes les nuances attendues. Je l'ai observé plus souvent qu'à son tour durant le concert. J'admire sa délicatesse avec laquelle il caresse les toms et les cymbales, avec le bout de ses doigts ou les feutres de ses mailloches. Les olives de ses baguettes frappent les caisses, tantôt en douceur pour respecter la mélancolie, tantôt avec une violence saisissante pour exprimer le désespoir et la révolte. Avec ses pédales qui actionnent sa grosse caisse et son charleston; il achève d'amplifier un efficace kaléidoscope d'émotions.

Le pilier Kristian, discret et humble, positionné entre les pupitres de la batterie et des claviers, est parfaitement synchronisé avec ses complices par son jeu très délicat. Ses caresses sur les cordes expriment avec parcimonie les douces ambiances ; ses interventions ne sont jamais assourdissantes et sont pourtant essentielles.

Je suis un peu frustré de ne pas pouvoir distinguer la dextérité du clavier ; Thomas dont le jeu accompagne les mélodies oniriques avec une faculté à émouvoir qui est particulièrement éloquente.

La finesse et l'habileté des accords et soli de Jon-Arne accentuent encore la beauté des chansons. Lui aussi très appliqué dans ses interventions, son sourire timide dissimule son plaisir évident de contribuer aux ambiances.

J'aborde délibérément le cas de Jan-Henrik en dernier. Non pas par omission ou par mépris, mais au contraire parce que sa présence, son chant, son expression, constituent un enchantement constant, polarisant pendant tout le concert. J'admire beaucoup les chanteurs qui allient leur talent vocal à leur charisme. Celui de Jan-Henrik est particulièrement émouvant. Le geste est mesuré et sobre mais paradoxalement il est puissamment expressif. Tout comme le timbre de sa voix dont les vibratos développent une sensibilité bouleversante. Au début de la soirée il s'exprime en norvégien, entretenant une agréable sensation dépaysante. Mais, détectant des étrangers dans la fosse, il présente les chansons en anglais.

Nos précédentes expériences de communion avec le public norvégien nous avaient un peu agacés. Mais pas ce soir. Aucun (ou peu de) bavardage dans l'assemblée. Respect total. Durant le titre "Bravo", le refrain fut même chanté.

Finalement, cette soirée constitue notre meilleur souvenir des cinq concerts ! Ambiance, son, prestation, tout fut excellent.

Starling

Nous n'avions pas l'outrecuidance d'espérer un programme différent du reste de la tournée. Mais, finalement nous avons été gratifiés d'un titre supplémentaire ! La phase introductive est absente, et les dix-sept titres ont permis de vivre intensément deux bonnes heures de musique. A l'instar de Zoetermeer (mais aussi de Londres), la chanson "Bravo" est bien ajoutée au rappel. La particularité de ce soir tient dans l'ajout de "Fireworker", inséré en milieu de soirée, et qui n'avait pas été chantée sur les dates précédentes de cette année (nous avions entendu ce titre en 2022 au Petit-Bain et en 2023 au Prog en Beauce).

Ce florilège de leur discographie pioche dans huit albums ; six titres sont issus de "Tick Tock" (2009), cinq de "Magic 8-Ball" (2025), un de "Fireworker" (2020), un de "March of Ghosts" (2012), un de "Missa Atropos" (2010), un de "Night" (2007), un de "Soyuz" (2018), et un de "Bravo" (2003).

PROGRAMME

  1. We Are Strangers (Magic 8-Ball, 2025)
  2. Soyuz One (Soyuz, 2018)
  3. Golem (March of Ghosts, 2012)
  4. Gingerbread Men (Magic 8-Ball, 2025)
  5. 8-Ball (Magic 8-Ball, 2025)
  6. The Walk, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  7. The Walk, Part 2 (Tick Tock, 2009)
  8. Fireworker  (Fireworker, 2020)
  9. Starling (Magic 8-Ball, 2025)
  10. Upside Down (Night, 2007)
  11. Sky King (Magic 8-Ball, 2025)
  12. Tick Tock, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  13. Tick Tock, Part 2 (Tick Tock, 2009)
  14. Tick Tock, Part 3 (Tick Tock, 2009).

RAPPEL :

  1. Defense Mechanism (Missa Atropos, 2010)
  2. Winter Is Never (Tick Tock, 2009)
  3. Bravo (Bravo, 2003). 


Un bilan de cette folle fantaisie … Non, je ne regrette rien de cette déraison. Après tout, notre plaisir ne nuit à personne. Cette tournée nous a permis de voyager au pays des Bataves et des Vikings, mais aussi de parfaire encore notre connaissance de la discographie de GAZPACHO ("Bravo") et notre admiration pour ces artistes et leurs chansons.

Toutes ces émotions donnent soif ; je déguste une bonne bière Ringnes. Les musiciens sont accessibles pour discuter ; nous saluons Jan-Henrik, Robert et Mikael qui se montrent sensible à notre déplacement et nos félicitations. J'aimerais pouvoir davantage leur exprimer notre admiration avec un meilleur anglais, mais à quoi bon. Ils ont visiblement passé un bon moment. Nous aussi. Fin de l'histoire…

Lorsque nous sortons de la salle, nous observons qu'il fait encore jour à 23 heures ; nous sommes en Scandinavie, un autre monde.

Bravo

dimanche 29 mars 2026

GAZPACHO – 29 et 30 mars et 3 avril 2026.

 

Rarement la perception d'une Musique n'aura aussi bien illustré l'expression "trouver la Porte".

GAZPACHO est à part. D'ailleurs, selon les impressions des chroniqueurs, journalistes, commentateurs, l'étiquette attribuée diffère ; je cite, ce serait du néo-prog, du pop-rock, du rock alternatif, de l'art-rock… Bref, c'est pour moi une expression d'un rock hybride qui entraine son auditeur vers l'onirisme, la poésie, la douceur. Rien à voir donc avec la réputation de leurs ancêtres vikings, en tous cas telle que notre mémoire collective l'entretient. Trop souvent évalué à l'aune de son illustre parrain MARILLION, il s'en distingue pourtant par une réelle identité, avec un talent singulier pour bercer les esprits élégiaques.

GAZPACHO, fondé en 1996 à Oslo, fait partie de ces artistes dont l'activité a entretenu les commentaires dithyrambiques sur un forum musical que je consultais à la fin des années 2000… Je confesse avoir trop longtemps manqué d'intérêt pour GAZPACHO. Pourtant, j'ai toujours globalement apprécié, notamment à la parution de leur album "Tick Tock" (2009) en particulier, mais sans jamais accrocher au point de les suivre vraiment de près. Ce n'est que le 30 juin 2018 que j'ai pu assister à un de leurs concerts (tournée Soyuz), à l'occasion du festival BeProg, MyFriend de Barcelone. Avant de tomber définitivement dans cette Soupe scandinave, l'engouement est venu doucement, un peu au rythme de leur musique profondément émotionnelle, qui évoque parfois la mélancolie, le mystère, le destin. L'astre m'est apparu (très) lentement, au fil des années. Une lumière qui s'est soudainement amplifiée lorsque, par prosélytisme taquin, j'ai contrarié l'adversité de ma P'tite Fée que j'agaçais dès que je posais un de leurs albums sur la platine… Finalement, tous les deux, nous avons été totalement séduits à l'occasion de leur concert au Petit Bain, en ce jour béni du 26 avril 2022. Depuis cette Illumination, nous guettons la moindre occasion de les revoir en concert !

Cependant, le sextuor aussi talentueux soit-il, ne jouit que d'une notoriété confidentielle, et ses membres doivent donc travailler pour gagner leur vie. C'est sur leur temps de loisir qu'ils assument leur passion musicale. Les enregistrements et les promotions empiètent sur leur vie de famille, sur leur repos, sur leurs congés. GAZPACHO ne prodigue ainsi que quelques concerts par an. Pour ma part, ce n'est que la cinquième fois que je les revois ce soir, à Verviers.

Quoiqu'il en soit, en ce qui nous concerne, nous avons estimé que ce saupoudrage est insuffisant.

La participation de GAZPACHO au Midwinter Festival à Utrecht le 7 février 2026 n'avait fait qu'amplifier notre envie de les revoir. GAZPACHO a ensuite débuté une tournée de neuf étapes, le 26 mars à Oberhausen (Allemagne), qui prendra fin le 30 mai à Oslo (Norvège). Dès la mi-décembre 2025, à l'annonce ces dates, nous avions acquis nos tickets pour deux cibles, une aux Pays-Bas le 29 et une autre en Belgique le lendemain.

Nonobstant, son escale parisienne du 3 avril nous a posé un choix cornélien ; une convergence malheureuse de quatre concerts. Le même jour, LAZULI est Chez Paulette, et DeWOLFF est au Bataclan. De surcroit, nous avions déjà validé un premier arbitrage en acquérant les places pour ARCHIVE à la Seine Musicale ! Nous les avons finalement cédées, après un arbitrage estimant que GAZPACHO est plus rare et donc prioritaire.


Nous voilà de nouveau engagé sur un parcours musico-touristique de quelques 1200 kilomètres reliant donc notre domicile à Zoetermeer (PB) le 29 mars, à Gouda (PB) le 30, à Verviers (B), puis à Orval (B). Notre retour sera l'occasion d'une pause avant un rebond à Paris 13ème, le 3 avril.

PREMIERE ETAPE. LE DIMANCHE 29 MARS, ZOETERMEER, Boerderij (460 km, -5 heures de routes)

Pour la seconde fois en ce mois de mars, nous reprenons la route vers le bien-nommé plat-pays. La première étape à Zoetermeer est située dans la banlieue de La Haye (Den Haag, en néerlandais), compte tenu de quelques 460 km, soit un peu moins de cinq heures de routes, quand même … Nous reprenons nos quartiers à l'hôtel Golden Tulipe que nous avions quitté quinze jours auparavant (voir récit Lazuli).

Après un temps de repos et de restauration, nous nous rendons en voiture (afin d'éviter un dédale urbain peu attrayant) sur l'aire de stationnement gratuit du Boerderij. Seuls deux passionnés sont déjà devant la porte de l'Antre légendaire ; ce sont des Français (venus de Lorient, et de Grenoble) ! D'ailleurs, deux autres passionnés qui arrivent ensuite sont encore des Français (venus de Valenciennes) !! Nous voilà rassurés ; nous ne sommes pas les plus fêlés !

Nous parvenons à nous ranger au bord de la scène, proche du micro central, sur le centre gauche en tant que spectateur. Nous pourrons demeurer toute la soirée à cet emplacement, choisi pour sa proximité avec les pupitres de Jan-Henrik et celui de Mikael. La salle sera bien remplie (sans toutefois afficher complet) et le balcon est ouvert (il était fermé pour Lazuli).

HAMASAARI [20h-20h35]. hamasaari.com

Inconnu à mon répertoire, je m'étais intéressé en préalable sur la nature de ces invités. J'apprends ainsi que "HamaSaari est un groupe de rock progressif français, fondé en 2021, après la dissolution de Shuffle. Trois membres sont originaires de Le Mans et un de Nantes."

Un premier album (7 titres), intitulé "Ineffable" est paru le 03 Mars 2023. Puis "Pictures" (7 titres) est paru le 23 Janvier 2026. Notons qu'ils font partie du catalogue du label musical Klonosphere.

HAMASAARI est composé de Jordan Jupin (chant, guitare), Axel Vaumoron (guitare), Elie Chéron (batterie), Jonathan Jupin (basse).

J'imagine l'inquiétude des musiciens qui doivent exposer leur Création à un auditoire, a fortiori en terres étrangères. Le jeu périlleux et aléatoire de séduction dépend certes du talent exprimé par les musiciens, de l'intérêt de l'auditeur pour son univers, mais aussi de l'acoustique de la salle et de la sonorisation. La sonorisation m'a semblé assez surpuissante pour m'imposer les protections auditives, sans toutefois altérer la perception des pupitres. Le dispositif d'éclairage me semble généreux dans son jeu de couleurs, pour cette première partie de soirée. Un drap noir estampillé d'une fresque et du logo blanc du groupe s'étend sur le mur du fond.

Ces conditions étant plutôt favorables, je perçois ainsi un style relativement varié même s'il tend le plus souvent vers un post-rock. Un genre qui privilégie les ambiances collectives, et laisse peu de place aux individualités ; pas de soli de guitare. L'exubérance est plutôt dans l'attitude des musiciens, qui appuient leurs accords avec une conviction démonstrative. Ce quatuor manceau, mais anglophone, exprime des sonorités qui laissent percevoir quelques influences notables, telles que Porcupine Tree, The Pineapple Thief, Klone, Opeth, voire Mogwai, Pink Floyd. D'ailleurs, nous observons d'autres allusions à l'univers wilsonien ; les deux frères Jupin sont des va-nu-pieds sur scène, l'apparence de Jordan rappelle celle de Steven plus jeune, et la guitare verte de Jordan est similaire à celle du Génie. Les atmosphères sont alternativement éthérées, mélancoliques ou brutales, avec des voix claires le plus souvent, parfois gutturales. C'est puissant, aérien, envoutant.

A ce stade de découverte, je m'estime séduit. Suffisamment intéressé en tous cas, pour continuer à explorer leur univers. Mais c'est un premier contact ; deux autres suivront… HAMASAARI jouit là d'une opportunité exceptionnelle ; il bénéficie du confort d'un bus de tournée et des structures généreusement partagées par GAZPACHO pour sillonner le Nord de l'Europe sur huit (des dix) escales.

En tout état de cause, le public néerlandais a accroché et ovationne le valeureux quatuor français.

HAMASAARI nous présente un florilège de leur discographie ; les deux albums sont évoqués avec six titres, parmi lesquels quatre sont issus de "Ineffable" et deux de "Pictures".

PROGRAMME

  1. Frames (Pictures, 2026)
  2. Lost in Nights (Pictures, 2026)
  3. White Pinnacles (Ineffable, 2023)
  4. Crumbs (Ineffable, 2023)
  5. Bleak (Ineffable, 2023)
  6. Prognosis (Ineffable, 2023).

GAZPACHO [21h-23h05]. https://gazpachoworld.com/

Son douzième album, "Magic 8-Ball" est paru le 31 octobre 2025. Ceux qui s'intéressent aux textes anglophones nous rapportent qu'il explore le thème du Destin. La Magic 8-Ball serait une boule censée prédire l'avenir, un jouet qui semble être réputé dans les pays anglo-saxons…

Une des qualités du sextuor est la stabilité. Le trio fondateur maintient le cap depuis le début. Autour de Jan-Henrik Ohme (chant, depuis 1996), Jon-Arne Vilbo (guitares, depuis 1996), et Thomas Andersen (claviers, depuis 1996), se sont fidélisés Mikael Krømer (violon, guitares, mandoline, depuis 2001), Kristian Torp (basse, depuis 2005), ainsi que Robert Johansen (batterie, de 2004 à 2009, et depuis 2017).

En introduction, un mini-film diffuse des images sidérales qui me rappellent fortement celles qui illustraient la récente tournée de Steven Wilson. Il introduit magistralement "We Are Strangers". La douce voix de Jan-Henrik résonne sur des rythmes ondulatoires propices à bercer immédiatement les mélomanes…

Le Boerderij jouit d'une réputation honorable compte tenu de la liste des artistes venus s'y produire et même y enregistrer des concerts. D'ailleurs, Jan-Henrik n'a pas manqué de souligner que GAZAPACHO fait systématiquement étape ici à chacune de ses tournées. L'espace scénique est certes relativement vaste ; il permet un dispositif d'éclairage conséquent, ainsi qu'un vaste écran mural. De fait, le groupe peut ainsi diffuser des illustrations au cours de sa prestation. Toutefois, à l'instar de ma première présence, l'acoustique ne me semble pas exceptionnelle ; je perçois des réverbérations et un excès de basses. Ô rien de rédhibitoire, d'autant moins que ce style musical n'a pas vocation à privilégier la brutalité. Après quelques minutes ponctuées de larsens et de sons graves prédominants, l'ingénieur du son finit par établir un équilibre appréciable.

GAZAPACHO nous délivre une prestation conforme à notre attente. Le choix des titres est d'autant plus réjouissant qu'outre la promotion légitime du récent album, nous pourrons assister à une large évocation de l'opus culte paru en 2009, "Tick Tock". L'auditoire écoute religieusement, nous pouvons capter tout le talent de ces Norvégiens.

L'attention de l'auditeur a tendance à se porter sur le chant tellement émouvant de Jan-Henrik ; il vit son texte avec une éloquente sobriété. Cet oxymore se prête parfaitement à la prestation de ce chanteur, dont il parait vain de chercher à accompagner la ligne mélodique, tant elle est d'une grande complexité. Le vibrato de son timbre de voix exprime merveilleusement l'intensité émotive. Une sensibilité que j'observe aussi dans le jeu des autres musiciens. Mikael émet en douceur des accords enivrants au violon (notamment son introduction de "Golem", ou son final de "Upside Down"), et intervient à la guitare avec délicatesse et parcimonie pour accompagner son complice Jon-Arne. Ce dernier tout aussi délicat produit ses accords finement ciselés, qui accentuent grandement la qualité des mélodies. De même que Thomas, dont les notes de claviers donnent aux chansons leur ampleur onirique ou mystique (par exemple pour accompagner le violon sur "Upside Down"). Kristian demeure statique en fond de scène, et pourtant ses accords tout aussi délicats que les autres accentuent opportunément les rythmes si particuliers. L'impressionnante stature de Robert (celle d'un authentique bucheron viking !) tranche avec la subtilité de ses frappes ; elles alternent les cadences puissantes et les caresses habiles. En le voyant resserrer la peau de sa caisse claire, je me suis dit qu'elle était mise à rude épreuve…

Ces six musiciens s'expriment en parfaite harmonie, les échanges de regards complices et de sourires trahissent un vrai plaisir de jouer ensemble.

Le public de connaisseurs ovationne chaleureusement ces valeureux Norvégiens, obtenant ainsi un rappel composé de trois chansons, dont une inattendue "Bravo" qui date de 2003, qui n'avait plus été jouée depuis 2012 !

GAZAPACHO nous présente un florilège de leur discographie avec sept albums dont on écoute seize titres (en fait, treize dont deux déclinés), parmi lesquels on distingue cinq issus de "Magic 8-Ball", trois (dont deux subdivisés) de "Tick Tock", un de "Soyuz", un de "Night",  un de "Missa Atropos",  un de "March of Ghosts",  un de "Bravo".

PROGRAMME
Bande-son introductive

  1. We Are Strangers (Magic 8-Ball, 2025)
  2. Soyuz One (Soyuz, 2018)
  3. Golem (March of Ghosts, 2012)
  4. Gingerbread Men (Magic 8-Ball, 2025)
  5. 8-Ball (Magic 8-Ball, 2025)
  6. The Walk, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  7. The Walk, Part 2 Tick Tock, 2009)
  8. Starling (Magic 8-Ball, 2025)
  9. Upside Down (Night, 2007)
  10. Sky King (Magic 8-Ball, 2025)
  11. Tick Tock, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  12. Tick Tock, Part 2 (Tick Tock, 2009)
  13. Tick Tock, Part 3 (Tick Tock, 2009).

RAPPEL :
Bande son introductive : Mass for Atropos III)

  1. Defense Mechanism (Missa Atropos, 2010)
  2. Winter Is Never (Tick Tock, 2009)
  3. Bravo (Bravo, 2003).

The Walk à Zoetermeer 



A l'échoppe nous prenons chacun notre t-shirt de la tournée (25 € pièce, seulement !) et le cd de l'album "Bravo" (15 €) qui manquait à ma collection. Notons que le lendemain, les Belges feront remarquer une erreur sur la liste des villes affichées au recto du t-shirt ; VERVIERS est mentionné sans son "s" ! On leur pardonnera volontiers !!

Puis, alors que nous dégustions une succulente Trappe à la pression (une blonde pour madame, une Isid'Or pour monsieur), Jan-Henrik Ohme nous fait le plaisir de venir nous saluer chaleureusement ! Son accolade nous honore et ouvre une discussion sur nos impressions de la soirée. Cet artiste est vraiment un être exquis, modeste sincère et d'une grande sensibilité, conforme à celle qui émane de son attitude scénique.

Cependant, nous ne tardons pas à rentrer ; il faut ménager notre monture pour poursuivre cette aventure.


DEUXIEME ETAPE. LE LUNDI 30 MARS, escale à GOUDA, puis VERVIERS, Spirit of 66. (260 km, +3 heures de routes)

En tant que grands amateurs de fromages, nous savions déjà (depuis notre visite d'Amsterdam en 2024) que les fromages néerlandais sont bien meilleurs à déguster sur place que ceux qui sont exportés. Nous avons donc décidé de faire une escale intermédiaire à Gouda. Cette bourgade sillonnée par des canaux, s'est révélée magnifique, dans la pure tradition néerlandaise. Nous avons trouvé une boutique spécialisée dans les fromages locaux, dans laquelle nous avons trouvé diverses sources de régal… Dommage que la météo ne fut pas favorable.

Le parcours nous parait d'autant plus long que la vitesse est strictement limitée (…) et que la météo est toujours aussi exécrable. Mais il nous en faudrait plus pour nous démotiver. Arrivés enfin à Verviers, nos rites étant intangibles, nous nous rendons en premier lieu à "la Fringale" notre friterie favorite. Une légère collation dûment arrosée d'une bonne "Curtius", la bière locale servie à la pression, nous recharge les batteries. Puis nous rejoignons notre hôtel fétiche où nous attends Maggie, toujours aussi accueillante. Une chambre douillette nous permet un p'tit sommeil réparateur avant d'entamer une nouvelle soirée, qui sera aussi émouvante que la veille, nous n'en doutons pas…

Arrivés sur le pas de la salle mythique, nous retrouvons notre ami Marc, l'insatiable voyageur-chasseur d'images. Avec quelques autres mélomanes, les discussions s'animent autour des concerts vécus ou prévus. D'autres amis de notre microcosme viendront nous retrouver au cours de la soirée…

Arrivés parmi les premiers, nous n'aurons aucune difficulté à retrouver notre emplacement favori, au bord de la scène. Nous sommes ainsi toujours à proximité du micro central, mais cette fois sur la droite en tant que spectateur, et donc non loin de Jon-Arne, avec une perspective rapprochée sur Thomas. Pour un lundi, il est permis de se réjouir de constater une salle bien remplie, fosse et balcon.

Le mur du fond de scène permet rarement aux artistes d'étaler leurs artifices ; ce soir pas d'écran, ni drap de présentation, seul le nom du lieu. Nous sommes ici au (saint-)Spirit, sacré nom d'Au-Delà, les adeptes de l'Assemblée sont priés de se concentrer sur la Musique, rien que la Musique !

HAMASAARI [20h15-20h50].

L'impression laissée par leur prestation la vielle se confirme, et la séduction s'accroît. Avec une honorable audace, ils ont choisi de modifier leur programme. L'ordre des titres diffère ; "White Pinnacles" et "Crumbs" de l'album "Ineffable", sont remplacés par "The Wild Ones" et "Our Heads Spinning" de l'album "Pictures".

En dépit de petits équilibrages nécessaires en début de concert, la sonorisation va s'avérer plus agréable à mes oreilles que celle d'hier. S'agissant du dispositif d'éclairage, on sait bien que ce n'est pas le fort de cette salle, aussi sympathique soit-elle, mais bon il est toutefois suffisant.

Ce deuxième concert d'HAMASAARI me laisse entrevoir davantage encore les qualités, la diversité des ambiances.


Jordan exprime ses commentaires et remerciements en français ; le courant passe d'autant mieux avec le public belge. Ce qui ravit évidemment les quatre manceaux, qui vivent décidément une bien belle aventure en compagnie de GAZPACHO.

HAMASAARI nous présente un florilège différent de la veille ; des deux albums sont tirés six titres qui accordent une plus large part à "Pictures" avec quatre titres, alors que deux sont issus de "Ineffable".

PROGRAMME

  1. Frames (Pictures, 2026)
  2. The Wild Ones (Pictures, 2026)
  3. Lost in Nights (Pictures, 2026)
  4. Our Heads Spinning (Pictures, 2026)
  5. Bleak (Ineffable, 2023)
  6. Prognosis (Ineffable, 2023).

GAZPACHO [21h15-23h05].

Il n'y a pas de film d'introductif, compte tenu de la configuration de la salle (…), une courte bande-son prévient du concert, avant d'engager "We Are Strangers".

A l'instar de la veille, la sonorisation a montré quelques soucis d'équilibre des basses sur les premiers titres, avec un ou deux larsens, mais rien de grave. Globalement, j'ai même davantage apprécié la profondeur du son ici. Le dispositif d'éclairage de cette salle favorise comme d'habitude les tons sombres, rougeoyants et bleutés. La scène est moins spacieuse que la veille, mais le sextuor a pu se caser (à l'instar du septuor Mostly Autumn !).

GAZPACHO nous présente un florilège similaire, quoiqu'écourté par rapport à la veille. Le titre "Bravo" est évincé, ce qui nous procure un sentiment privilégié par rapport au public de ce soir ! Détail amusant, nous lisons leur liste au pied d'un pupitre ; elle est complètement fantaisiste ! Les titres sont évoqués par allusions détournées.



Une appréciation froide et sans passion pourrait railler la similarité du programme. Mais je rappelle qu'au contraire nous sommes dans une démarche admirative et insatiable pour ces passeurs de rêves. Loin de nous lasser, l'écoute de ces interprétations nous ravit chaque jour autant, et contribue à nous évader un tant soit peu d'un monde hystérisé. Nous prenons autant de plaisir à assister aux concerts, qu'à les commenter avec les musiciens, et des musicophiles comme nous.

Côté ambiance, la mentalité belge wallonne est partiellement latine, donc plus proche malgré tout de la nôtre que celle des néerlandais ; l'exaltation est davantage démonstrative, tout en demeurant respectueuse et bienveillante. L'ovation est bruyante et reconnaissante pour ces vecteurs scandinaves d'évasion.

PROGRAMME
Bande-son introductive [écourté]

  1. We Are Strangers (Magic 8-Ball, 2025)
  2. Soyuz One (Soyuz, 2018)
  3. Golem (March of Ghosts, 2012)
  4. Gingerbread Men (Magic 8-Ball, 2025)
  5. 8-Ball (Magic 8-Ball, 2025)
  6. The Walk, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  7. The Walk, Part 2 Tick Tock, 2009)
  8. Starling (Magic 8-Ball, 2025)
  9. Upside Down (Night, 2007)
  10. Sky King (Magic 8-Ball, 2025)
  11. Tick Tock, Part 1 (Tick Tock, 2009)
  12. Tick Tock, Part 2 (Tick Tock, 2009)
  13. Tick Tock, Part 3 (Tick Tock, 2009).

RAPPEL :
Bande-son introductive : Mass for Atropos III)

  1. Defense Mechanism (Missa Atropos, 2010)
  2. Winter Is Never (Tick Tock, 2009).

Si la durée du concert fut plus courte que la veille (sans le film et sans le seizième titre), en revanche, les musiciens nous ont paru encore avantage disponibles. Ma p'tite Fée et moi en profitons pour recueillir les dédicaces sur l'album acquis la veille, et pour saisir des portraits immortalisés par notre ami Marc.

On constate ainsi une fois de plus les qualités humaines de tous ces musiciens ; ce sont des gens sensibles, humbles, voire timides. Ils nous confirment notamment que leur musique est une passion, un loisir qui ne leur rapporte pas assez pour vivre ; ils travaillent pour gagner leur vie, et ils ont dû prendre des congés pour accomplir cette tournée ! Respect. Personnellement je suis heureux d'avoir pu exprimer toute mon admiration à Jan-Henrik Ohme, Jon-Arne Vilbo, Thomas Andersen, et Mikael Krømer, tous très disponibles et souriants !




merci Marc !


TROISIEME ETAPE. LE MARDI 31 MARS : ABBAYE D'ORVAL. (140 km, ~2 heures de routes)

A priori, nous ne prévoyons pas de revenir au Spirit de Verviers avant le 6 novembre (pour PENDRAGON), mais les affiches sont tellement attractives que nous ne jurons de rien. Quoiqu'il en soit, nous prenons la route vers les Ardennes belges pour faire un plein d'un divin breuvage !

En préalable à notre départ, j'avais réservé un créneau horaire pour échanger mon casier de 24 bouteilles vides consignées avec la recharge adéquate. Notre humble, mais essentielle, contribution aux providentiels efforts des honorables moines étant accomplie, nous nous rendons au restaurant "L'Ange Gardien". L'agape est arrosé d'un succulent… Orval vert servi à la pression, bien entendu. Difficile de rester sage, mais il faut pourtant reprendre une longue route…

Le retour au domicile (300 km, ~3 heures de routes) après ce genre d'escapade est source de mélancolie, mais cette fois, il est animé par l'assurance joyeuse de revoir GAZPACHO à Paris, après quelques jours de travail !


QUATRIEME ETAPE. LE VENDREDI 04 AVRIL : 13ème arrondissement de Paris, LE PETIT-BAIN.

En nous rendant sur le quai de la Seine, nous avons une petite pensée pour les éléments éclatés de notre microcosme qui ont opté pour leurs choix, contribuant ainsi, chacun à notre façon, à soutenir la vie culturelle vivante dans une diversité musicale respectable.

Arrivé une nouvelle fois parmi les premiers (vers 18 heures) dans un froid de canard, nous pourrons nous placer au bord de la scène, sur la gauche en tant que spectateur. Mais cette fois, les emplacements des pupitres ont été inversés ; nous sommes face au matériel de Jon-Arne (guitare), et celui de Thomas (clavier) en retrait.

La scène est ici plus profonde que celle de Verviers. Toutefois, il n'a pas été estimé possible d'étendre un écran mural. Le dispositif d'éclairage est aussi faible qu'à Verviers, voire davantage… Mais bon. Notre attention n'en sera que plus concentrée sur les artistes.

HAMASAARI [19h30-20h10].

La sonorisation nous a semblé rapidement équilibrée et audible. Le quatuor prend de l'aisance et s'affirme. A l'instar de Verviers, Jordan peut ici communiquer avec le public sans barrière linguistique, en dehors des paroles de chansons.

Cette troisième soirée d'initiation nous a permis d'accentuer encore notre immersion dans la musique d'HAMASAARI. D'autant plus aisément que de retour au domicile, nous avions pris le temps d'écouter leurs deux albums dans notre salon. Cette fois nous percevons pleinement les subtilités exprimées. Au moins musicalement, puisqu'ils ont opté pour un chant anglophone (auquel je reste relativement hermétique par principe, surtout lorsqu'il s'agit d'un groupe français…). Décidément, ce groupe nous semble bien prometteur…

Visiblement, l'ovation finale et l'affluence à l'échoppe montrent que leur prestation en aura séduit quelques-uns.

HAMASAARI joue (presque) à domicile ; il a obtenu une séquence plus longue ce soir. Le florilège présente cette fois les deux albums avec sept titres, dont quatre titres sont issus de "Pictures" et trois de "Ineffable".

PROGRAMME

  1. Different Time (Ineffable, 2023)
  2. The Wild Ones (Pictures, 2026)
  3. Lost in Nights (Pictures, 2026)
  4. Frames (Pictures, 2026)
  5. Bleak (Ineffable, 2023)
  6. Our Heads Spinning (Pictures, 2026)
  7. Prognosis (Ineffable, 2023).

Pour cette dernière occasion, à leur échoppe, nous ne manquons pas de renouveler notre encouragement à Jonathan et Elie.

GAZPACHO [20h30-22h23].

Comme à Verviers, compte tenu de la configuration de la salle (…), le film d'introduction n'est pas diffusé ; une courte bande-son prévient du concert, qui débute avec "We Are Strangers".

Le son nous semble parfait dès le début. Un régal auditif jamais pris en défaut de la soirée.

L'ambiance est particulièrement chaleureuse. Le plaisir est réciproque. Jan-Henrik nous a semblé sincère en déclarant notre assemblée particulièrement vivante et réceptive. D'ailleurs, il l'a répété sur Facebook ; Paris lui a laissé un très grand souvenir. Gageons que son engagement à revenir dès que possible ne soit pas vain…

Aucun incident notable ne perturbe notre bonheur d'assister à notre quatrième concert de cette tournée. Plaisir répété, mais pas répétitif !

GAZPACHO nous présente une liste identique à celle de Verviers ; quinze titres (douze dont deux déclinés) issus de six albums.

Upside Down à Paris


Programme de Paris / programme d'Utrecht dédicacé

Nous retournons à l'échoppe, pour nous procurer (pour 15€) le CD de "Firebird", encore un album qui manquait à ma discothèque. Ma p'tite Fée use de son charme pour obtenir une dédicace de chacun des six musiciens, sur le programme qu'elle avait conservé depuis Utrecht.

C'est l'heure du bilan. Le voyage aurait pu être remis en cause par l'actualité, finalement il n'a été contrarié que par le surcoût du carburant. Inutile de tenter de convaincre nos collègues de travail et nos membres de la famille, de l'intérêt qui nous anime ; notre évasion leur semble définitivement "puérile et désinvolte". Une prescription de musicothérapie indispensable, sous peine de sombrer dans la dépression misanthropique, rétorquerais-je.

Nonobstant, cette série de concerts a confirmé tout le bien que je pense de "Magic 8-Ball", même si trois des huit titres ont été oubliés. Elle a accentué notre admiration pour ces artistes, musicalement mais aussi humainement. Elle a aussi permis de connaitre HAMASAARI, que nous pourrions revoir volontiers à l'occasion d'un passage sur Paris.

Terminer une soirée au Petit-Bain permet de prendre un verre, avec une vue sur les flots de la Seine. Cette soirée déjà parfaite, se termine avec l'arrivée de mon fils ainé qui vient d'assister aux concerts de DeWolf et de Blues Pills au Bataclan. C'est alors que je réalise de nouveau que notre microcosme était éclaté faute d'ubiquité. Tout compte fait, nous ne regrettons pas notre choix, même les trois autres options furent tentantes. La rareté accentue l'envie. GAZPACHO ne déçoit pas, GAZPACHO transporte, GAZPACHO enivre, GAZPACHO est addictif.

Quatre dates en 2026 c'est bien. Une cinquième c'est mieux. Nous aurions pu poursuivre sans lassitude aucune notre périple à Londres, le lendemain. Une option d'autant plus envisageable que la fin de semaine était prolongée par le lundi de Pâques. Mais, avec la sagesse légendaire qui nous caractérise, quitte à sortir de la zone euro, nous nous sommes engagés pour l'ultime date de la tournée ; sur leurs Terres, à Oslo. Ce sera le 30 mai. Amen.