jeudi 5 décembre 2024

MOSTLY AUTUMN – Spirit of 66 (Verviers, Belgique) – le jeudi 05 décembre 2024.

 

LE CONTEXTE. Chaque année à la même époque, MOSTLY AUTUMN vient de York pour jouer quelques concerts dans le Benelux, et célébrer ainsi avec un peu d'avance les fêtes de fin d'année. Avec ma p'tite Fée, nous y participons pour notre troisième fois consécutive ce soir, dans cette salle mythique. Nous assistons ainsi à notre sixième concert de ces Anglais, que nous écoutons inlassablement.

Pourtant, des gens raisonnables se seraient abstenus ; le lendemain nous irons célébrer la perpétuation de la Légende de GONG au Café de la Danse, alors que nous venons de revoir MOSTLY AUTUMN le 26 octobre dernier, mais quand on aime on ne compte pas, parait-il. Ewé….

Autant dissiper tout malentendu en préalable à la lecture de mon récit ; comme ma p'tite Fée, je suis un admirateur assumé, quoique relativement tardif. Voilà qui est dit. Et il faut l'être pour se lancer sur quatre cents kilomètres de routes sous une pluie incessante. Plus de quatre heures et demie, soit une demie heure de plus que prévu… 

Cela ne nous empêche pas de respecter notre petit rituel gastronomique ; nous nous restaurons à la Fringale, une petite friterie bien sympathique, où l'excellente bière locale nous est servie à la pression. Puis Maguy nous accueille dans son douillet hôtel des Ardennes où nous nous accordons une phase de repos bien mérité avant de nous rendre au Spirit.

LE GROUPE. Pourquoi particulièrement MOSTLY AUTUMN parmi la multitude d'artistes que nous avons la chance d'admirer par ailleurs ? En tant que mélomane et ex-musicien, j'admire les belles voix, les chants et les chœurs, magnifiés par un ensemble instrumental exécutés par d'excellents musiciens. Toutes les compositions offrent à l'auditeur un véritable maelström harmonique savamment constitué d'accords mélodiques et sensibles de guitares, de claviers, et de flutes, transcendés par une base rythmique à la fois puissante et mesurée. Leur musique exprime avec finesse et nuances, un univers onirique, parfois mélancolique, ou tout simplement très émouvant ; n'est-ce pas ce qui est attendu de la Musique !?

Petit rappel biographique, nécessaire pour éclairer leur musique actuelle : MOSTLY AUTUMN a été formé au milieu des années 1990. Les membres fondateurs sont issus d'un groupe hommage à PINK FLOYD et aux années 1970, nommé ONE STONED SNOWMAN. La formation fondatrice du groupe était composée notamment de Bryan Josh (chant et guitares), et d'Iain Jennings (claviers). Les premiers concerts de MOSTLY AUTUMN étaient soutenus par ONE STONED SNOWMAN ou vice versa ; d'ailleurs, le dernier concert d' ONE STONED SNOWMAN fut un spectacle d'adieu en décembre 1995 et était effectivement soutenu par MOSTLY AUTUMN.

Ce soir, autour de Bryan Josh (chant et guitares, depuis 1995), et Iain Jennings (claviers, de 1995 à 2005, puis depuis 2010), nous retrouvons Olivia Sparnenn-Josh (chant principal depuis 2010, mais chœurs, percussions, flûte à bec, depuis 2004), Angela Gordon (flûtes, claviers, percussions, et chœurs, de 1999 à 2007, et depuis 2015), Chris Johnson (guitares rythmiques et acoustiques, chant, claviers, de 2006 à 2007, et depuis 2014), Andy Smith (basse, depuis 2000) et de Henry Rogers (batterie, depuis 2018).

Un prochain album, déjà intitulé "Sea Water" est prévu au premier semestre 2025. Je l'ai précommandé afin de garantir la version spéciale avec son bonus ; je précise que les deux derniers opus comprenaient chacun un disque bonus dont les compositions nous semblent aussi magnifiques que celle retenues pour le disque officiel !!

Arrivés sous le porche de l'établissement vers 18h40, des mélomanes plus fêlés que nous attendent déjà l'ouverture des portes. Lorsque nous entrons, nous pouvons toutefois sans difficulté nous positionner au bord de la scène, positionnés entre les pupitres d'Olivia et de Bryan.

LE CONCERT [20h30/21h20 – 21h45/23h30] : Une fois passées quelques minutes d'équilibrage des pupitres, la sonorisation s'avèrera très bonne, si bien qu'aucune protection auditive ne s'avère indispensable. L'éclairage scénique est proportionnel à cette petite salle, on le sait et l'auditoire adapte sa vue aux couleurs choisies, souvent un peu sombres.

Par la force des choses, vu la configuration du groupe sur scène, le regard se porte irrésistiblement sur la prestation d'Olivia qui continue d'irradier de son charisme, de son charme, de sa vivacité et de sa voix. Même les segments compliqués à chanter, sur "White Rainbow" ou "Broken Glass", sont exprimés avec une grâce qui excuse toutes les imperfections scéniques. Son timbre limpide, harmonieux et puissant, est un surcroit indéniable de qualité pour ce groupe, qui n'en manque pourtant pas par ailleurs ! Je ne peux pas m'empêcher de me réjouir de la complémentarité du couple qu'elle forme avec Bryan. On les sent complices, sans exubérances mais avec des regards et des signes qui ne trompent pas l'observateur.

Toutefois le chant est partagé heureusement avec les voix d'Angela, de Chris et de Bryan. Tous contribuent à soutenir la qualité des compositions dans une merveilleuse combinaison des sons, une véritable eurythmie. Cette complicité musicale est particulièrement flagrante entre les deux multi-instrumentistes Angela et Chris qui alternent leurs talents aux flûtes et au clavier (Angela), aux guitares et au clavier (Chris) ou encore au chant (pour les deux). Ceci explique sans doute cela, ils jouent tous deux par ailleurs dans des formations "folk", leur expérience et leur complémentarité constitue un apport incontestable. La voix douce et expressive de Chris m'émeut, notamment lorsque qu'il chante ses compositions "Changing Lives" et "Silver Glass".

Enclaver derrière son pupitre, Iain le fidèle complice, semble souffrir de la chaleur produite par les proches rampes d'éclairage mais cela ne perturbe pas son application pour sublimer avec une grande sensibilité les compositions par des accords, des touches subtiles, des nappes de sonorités puissantes ou délicates selon les séquences.

Personne ne peut ignorer la qualité de jeu de Bryan, dont l'influence majeure de David Gilmour est souvent trahie. Ses accords m'émeuvent autant que ceux d'Andrew Latimer, Nick Barett, Steve Rothery (pour ne citer qu'eux).

Voilà c'est dit (ou presque) sur ces musiciens ; je ne parle pas de niveau de technicité, ni d'expérience musicale, je parle de sensibilité et d'aisance à partager des émotions. Tous leurs titres sont de nature à m'émouvoir, mais je me réjouis d'avoir de nouveau entendu "Mother Nature", "White Rainbow" et "Western Skies", dont la richesse harmonique est à la fois subtile et somptueuse.

Pour clore traditionnellement ce concert de fin d'année, quelques accoutrements de circonstances achèvent d'entretenir une humeur festive. Bryan n'a aucun mal à nous faire chanter des chansons inscrites dans la tradition britannique de Noël, dans une atmosphère particulièrement bienveillante. Les sourires sont épanouis, les corps se balancent ; on se sent bien, tout simplement. Dans l'humeur grivoise de la reprise finale des Pogues, Bryan euphorique tire du pied sa dernière canette en direction de ses complices à l'autre bout de la scène. L'objet est évité avec les sourires complices mais soulagés !

Le public ne s'y trompe pas et ovationne à tout rompre l'ensemble de la prestation sublime, comme d'habitude.  

Cette prestation comporte vingt-et-un titres, dont quatre issus de "For All We Shared" (1998), trois de "Sight of Day" (2017), trois de "White Rainbow" (2019), deux de "Graveyard Star" (2021), un de "Heart Full of Sky" (2006), un de "Storms over Still Water" (2005), un de "Passengers" (2003), un de "The Last Bright Light" (2001), un de "The Spirit of Autumn Past" (1999).

PROGRAMME

ACTE 1:

  1. In for the Bite (Limited, Transylvania - Part 1 - The Count Demands It, reprise de Josh & Co, 2016)
  2. Into the Stars (White Rainbow, 2019)
  3. Winter Mountain (The Spirit of Autumn Past, 1999)
  4. Western Skies (White Rainbow, 2019)
  5. The Last Climb (For All We Shared…, 1998)
  6. Passengers (Passengers, 2003)
  7. Back in These Arms (Graveyard Star, 2021)
  8. Silver Glass (Heart Full of Sky, 2006)
  9. The Night Sky (For All We Shared…, 1998).

ACTE 2:

  1. Tomorrow Dies (Sight of Day, 2017)
  2. Nowhere to Hide (Close My Eyes) (For All We Shared…, 1998)
  3. Broken Glass (Storms over Still Water, 2005)
  4. Changing Lives (Sight of Day, 2017)
  5. This Endless War (Graveyard Star, 2021)
  6. Heart, Body and Soul (Sight of Day, 2017)
  7. Mother Nature (The Last Bright Light, 2001).
  8. White Rainbow (White Rainbow, 2019).

RAPPEL :

  1. Heroes Never Die (For All We Shared…, 1998)
  2. I Believe in Father Christmas (reprise de Greg Lake)
  3. A Spaceman Came Travelling (reprise de Chris de Burgh)
  4. Fairytale of New York (reprise de The Pogues).

MOSTLY AUTUMN s'est ainsi brillamment acquitté de sa fonction troubadour, par ses temps troublés. Nous avons tardé délibérément dans la salle, après le concert pour leur exprimer toute notre gratitude et notre admiration. Comme de coutume ils se sont tous montrés disponibles et reconnaissants de notre attention. Nous leur avons fait signer des portraits de précédentes rencontres. Les informations sur la période de parution du prochain album demeurent évasives, mais on peut l'estimer à la fin du premier trimestre probablement. En tout état de cause, nous les reverrons très certainement chez Paulette, le 28 mars 2025. 

L'échoppe nous donne l'occasion de soutenir ces authentiques et attachants artistes ; je me procure un DVD et ma p'tite Fée opte pour un bonnet magnifiquement brodé. De quoi tenter un prosélytisme amplement justifié…

Cette évènement nous aura une nouvelle fois permis de rencontrer des gens passionnés comme nous, venus de loin eux aussi ; des Anglais, des Allemands et des Belges bien sûr. Sans oublier des Français venus de Normandie et de Lyon auprès desquels nous avons promus la valeur de LAZULI. Sans doute de futures adeptes eux aussi à en croire leur première réaction !

Un p'tit déj' aux produits du Terroir servis par Maguy nous permet de reprendre la route malgré un temps encore pluvieux. Nous retrouverons le soleil une fois en France; mais en fait, celui-ci n'avait jamais quitté notre esprit ravi, ces dernières heures...










samedi 23 novembre 2024

DREAM THEATER – Adidas Arena (Paris 18) – le samedi 23 novembre 2024.

Cette soirée nous donne l'occasion d'assister à notre premier concert au sein de l’Arène de la Porte de la Chapelle, située dans le 18ème arrondissement de Paris. Elle a été intitulée au nom de son parraineur commanditaire ; Adidas Arena. C'est une salle polyvalente et modulable, inaugurée le 11 février 2024. Elle a été construite dans la perspective des Jeux olympiques d'été de 2024. La salle a une jauge de 8 000 places assises pour les événements sportifs et de 8 500 places pour les concerts-spectacles ; il n'est cependant pas précisé comment est évalué la capacité de la fosse, selon la configuration assise ou debout...

Hormis cette "première", la principale motivation pour cette participation, c'est le retour de DREAM THEATER avec son batteur cofondateur, Mike PORTNOY, après quatorze années (certains ont compté 5 177 jours) d'absence ! En attendant la parution d'un futur album, en cours de finitions, le quintuor s'est lancé sans attendre dans une tournée commémorant ses quarante années d'existence. De surcroit, parmi les nombreuses dates de cette longue tournée internationale, celle de Paris aurait été choisie pour enregistrer le film du concert qui ferait donc l'objet d'un bluray. Des séquences du premier concert de la formation réunie à Londres ont toutefois été filmées et serviront probablement de bonus.

Nous nous sommes abstenus de rentrer dans la logique inflationniste du cout des tickets de concert lorsque, dès le 17 avril dernier, nous avions réservés nos tickets modestement en catégorie 2 (85 €). Nous prenons ainsi places en balcon S, rang 86. Le confort de vue est correct, en dépit de la scène fatalement lointaine. Le site est encore neuf et beau, mais c'est une arène sportive avant tout ; certainement pas un auditorium…

Quoi qu'il en soit, peu à peu la salle se remplit quasi totalement ; ce qui me rassure, car cette date était la seule de la tournée à ne pas afficher complet. Pour parfaire ma soirée au Théâtre de Rêve, je suis accompagné de mes deux crapules et de ma P'tite Fée ; que demander d'autre ? Rien, sinon écouter, regarder, se divertir et jouir du temps présent. Carpe Diem !

BREF HISTORIQUE https://dreamtheater.net/  John Petrucci et John Myung ont grandi ensemble à Long Island, New York. Après le lycée, tous deux ont reçu des bourses d'études à la prestigieuse Berklee University of Music, à Boston (Massachusetts/USA). Ce sont les deux seuls membres constants du groupe qui allait se former. A Berklee, ils ont rencontré Mike Portnoy. Tous trois, passionnément admiratifs de la sophistication de YES, de la virtuosité de RUSH et la puissance d'IRON MAIDEN, se sont rapidement liés d'une réelle amitié, ils ont alors abandonné leurs études pour se concentrer sur l'objectif de créer leur propre musique. Ils s'engagent ainsi dans une constante recherche d'un son à la fois complexe, puissant et progressif. Il restait à recruter les complices ; ainsi a été fondé MAJESTY en 1985. Les claviéristes et les chanteurs se succéderont avant d'établir une certaine stabilité depuis vingt-cinq ans ; mais le trio historique demeurera le cœur de la machine !

Toutefois, juste avant la parution du premier album "When Dream and Day Unite", le nom MAJESTY doit être remplacé, sous la menace d'une action judiciaire d'un autre groupe ayant le même nom. Ils choisissent alors de s'appeler DREAM THEATER.

En octobre 1991, avant de débuter l'enregistrement d'un deuxième disque, "Images and Words", DREAM THEATER embauche le canadien Kevin LaBrie, (un ex-chanteur du groupe glam rock Winter Rose). Le quintuor comporte déjà deux John et un Kevin ; LaBrie change son nom en James, qui est son 2ième prénom. Le groupe rejoint le label Atco Records, dirigé par Derek Shulman, un ancien membre du légendaire groupe de rock progressif GENTLE GIANT.

L'Histoire débute là, le talent de ces artistes se révèle enfin.

Mike Portnoy est resté jusqu'en 2010, après avoir contribué à dix albums pendant les vingt premières années. Le reste du groupe ne souhaitant pas faire une pause, Mike a décidé de partir poursuivre d'autres projets musicaux notamment avec SONS OF APOLLO, TRANSATLANTIC, FLYING COLORS, SHATTERED FORTRESS, et THE WINERY DOGS. Il est alors remplacé par Mike Mangini. Après d'excellents et loyaux services, en octobre 2023 celui-ci rend les baguettes à Mike Portnoy, qui ne cachait plus son envie retrouver son groupe de cœur.

La parution du seizième album studio, intitulé "Parasomnia" est prévue le 7 février 2025. Il s'agit donc moins de promouvoir un nouvel album, que de fêter dignement le 40ième anniversaire du groupe, qui de surcroit est couronné par le retour du batteur prodigue, Mike Portnoy ! Ce concert se tient donc dans le cadre d'une tournée européenne comprenant vingt-trois escales, qui a débuté le 20 octobre à Londres et aboutira au 24 novembre à Amsterdam, après quoi ils s'envoleront vers les Amériques. Il s'agit plus globalement d'une longue tournée internationale intitulée "40th Anniversary Tour 2024-2025" qui est prévue à ce jour jusqu'au 27 juillet 2025, à Istanbul.

Le quintet est actuellement composé de John Petrucci (guitares, chœurs, depuis 1985), et John Myung (basse, depuis 1985), de Mike Portnoy (batteur de 1985 à 2010, et depuis 2023), de James LaBrie (chant, depuis 1991), et Jordan Rudess (claviers, lap steel guitar, continuum, depuis 1999).

Je ne revois ce soir DREAM THEATER que pour la quinzième fois, depuis ce 7 avril 2000 où je les découvrais à l'occasion de leur prestigieuse et mémorable tournée "Scenes from a Memory". Auparavant, je m'obstinais à les ignorer, au bénéfice du groupe brésilien ANGRA que je préférais à l'époque, notamment en raison d'Andre Matos, son chanteur de 1991 à 1998, dont la tessiture, le timbre et le charisme étaient tout simplement exceptionnels. Paix à son âme. La dislocation d'ANGRA, ainsi que le conseil insistant d'un ami, m'ont incité à me tourner avec bonheur vers DREAM THEATER… Je n'ai pas eu le sentiment d'y perdre, car à défaut de retrouver un chanteur d'exception, je découvrais des musiciens extraordinaires sortis de conservatoire ! (pour l'anecdote, c'est par ce biais que je découvrais aussi PORCUPINE TREE !).

LE CONCERT [20h00/21h15 - 21h40/23h15] Avec ponctualité, la lumière s'éteint et l'auditoire est plongé dans l'angoisse qu'évoque la bande son de Bernard Herrmann, tirée du film d'Alfred Hitchcock "Psychose" (1960). La pénombre est alors percée par l'éclairage ciblant le tableau qui illustre l'affiche de la tournée, les lettres de DREAM THEATER brillent comme des décharges électriques. Le tissu tombe pour laisse paraitre les musiciens qui débutent "Metropolis Pt. 1: The Miracle and the Sleeper" issu de l’album "Images and Words" (1992).

En dépit de l'excitation, je tente de maitriser mes émotions pour bien capter et analyser ces premiers instants. Le son de chaque pupitre me parait limpide mais puissant ; dans cette arène sportive la musique résonne et cela devient assez pénible pour m'imposer les protections auditives. L'éclairage est particulièrement lumineux ; c'est un pur bonheur ! Le fond est constitué d'un écran articulé en trois volets verticaux. La batterie de Mike Portnoy trône en surplomb au centre. Je remarque bien évidemment son évidente envie d'en découdre. Sur sa droite, légèrement en contrebas, sont positionnés les claviers de Jordan Rudess. Sur la scène on voit à notre gauche John Myung et à droite John Petrucci. Le chanteur James LaBrie rejoint la formation, une fois que la phase instrumentale introductive se termine.

Je passe rapidement sur le contenu du programme qui évoque astucieusement les quatre décennies. Inutile de chipoter sur les choix de titres qui seront toujours de nature à discuter inutilement. Le temps imparti nous a permis de nous réjouir des extraits de neuf albums sur seize, et tant pis pour les oubliés. L'essentiel est que les esprits s'évadent et se réjouissent ! Disons quand même que la fin de l'acte II fut une apothéose étourdissante avec deux purs chefs d'œuvre du rock progressif : l'instrumental "Stream of Consciousness" (déjà énormissime), suivi de "Octavarium" (que j'affectionne tout particulièrement). Ces morceaux sont bourrés d'alternances mélodiques, de ruptures rythmiques, d'harmonies oniriques, d'interventions individuelles et/ou collectives virtuoses ; bref, tout ce que j'attends du rock progressif. Rien que pour écouter ces deux morceaux d'anthologie, pendant environ trois quarts d'heure, il fallait être présent (même dans une arène sportive) ! Ajoutons à ce délicieux tourbillon de sonorités hallucinantes quelques improvisations du meilleur goût, distillées au cours de la prestation, et vous pourriez imaginer un tant soit peu le bonheur vécu durant ce concert !

Le programme débutant par une évocation des années 90, la relative faiblesse du groupe actuel est apparue cruellement. Un petit bémol que je me dois honnêtement d'évoquer, pour que le reste de mon récit dithyrambique conserve sa crédibilité. Chacun, selon son centre d'intérêt, trouve sa part à admirer au sein de DREAM THEATER ; En ce qui me concerne, j'admire tout particulièrement les parties instrumentales qui me paraissent constamment d'une richesse harmonique et technique extraordinaire. Cependant, je peine souvent à relativiser les limites de James LaBrie qui, rappelons-le, ont pour origine une intoxication alimentaire (29 décembre 1994, lors de vacances à Cuba) dont ses cordes vocales ne semblent que partiellement remises. La tessiture et parfois même la justesse de sa voix en concert, pâtissent de la comparaison avec les enregistrements en studio, surtout sur des titres antérieur à l'accident. Il n'en demeure pas moins que son timbre est lié au son du groupe et j'imagine mal écouter un autre chanteur, finalement. Il est le légitime chanteur depuis 1991, d'un groupe qui a marqué une génération, la mienne. Certes victime de circonstances fatales pour un chanteur, j'estime qu'il mérite le respect malgré tout.

Cette gêne relative est heureusement surmontée par l'univers onirique que m'inspirent globalement ces musiciens.

S'agissant du reste du groupe, l'art est affaire de sensibilités et d'appréciations personnelles. Certains préfèrent l'ombre à la lumière, les cuivres aux cordes, le romantisme à la fureur … Pour mon bonheur, je parviens souvent à adapter mon écoute selon mes humeurs et surtout selon les talents observés. En tant que mélomane, je me régale autant des douces et suaves subtilités d'Andy Latimer et de David Gilmour, que des performances techniques de Joe Satriani et de John Petrucci ; tous expriment avec leur propre sensibilité des harmonies qui me touchent au plus profond de l'âme. Un artiste exprime son talent qu'il a forgé par un travail admirable et qu'il perfectionne au fil de son expérience. Je me refuse à opposer cette conception de la Musique à d'autres prétendument plus sensibles parce qu'épurées. Ce soir encore, devant tant de virtuosité, comment ne pas être sidéré par la capacité de John Petrucci à maitriser son répertoire à la fois si complexe et si mélodique !!? On ne vénère que son Dieu, mais je ne suis pourtant pas loin de le faire ici…

Idem pour John Myung dont la réserve légendaire le porte à s'effacer le plus possible. Et pourtant, ses accords de basse continuent à m'impressionner. Avec une dextérité remarquable sur ces cordes basses, il accompagne souvent la partition de Petrucci, ce qui est déjà remarquable, mais ses interventions en solo montrent une classe que mes oreilles perçoivent avec admiration !

La partition de Jordan Rudess s'inscrit dans ce maelström harmonique avec nuance et subtilité. Son exubérance naturelle n'est pas nuisible, car il démontre une totale maitrise du potentiel de ses claviers ; notamment avec le continuum dont les sonorités me rappellent parfois celles de la Léode. Lui et les deux John alternent les soli avec adresse et inspiration.

Quant à l'infatigable et prodigieux Mike Portnoy, je ne me lasse pas d'assister à ses prestations ! Toujours fougueux, énergique et motivé comme un débutant, ce véritable passionné adulescent et facétieux reste d'une efficacité hors du commun. Il sait adapter sa frappe à son environnement avec une aisance surprenante ; je l'ai vu à sept reprises au sein de DT, deux fois au sein de SOA, une fois au sein de SHATTERED FORTRESS, et une fois au sein de TRANSATLANTIC, dans tous les cas avec un sourire constant et plaisir sincère ! Je n'ai aucune difficulté à imaginer son bonheur de s'épanouir à nouveau dans son cadre initial.

Une somme de talents individuels qui m'impressionne au plus haut point ! Cette capacité à fusionner autant de potentiel pour produire une œuvre collective d'une telle densité m'émeut ! DREAM THEATER SONT DES DIEUX ET JE SUIS UN APOTRE ! amen.

Le public, sagement aligné par les travées de ce vaste enclos peu propice encore une fois à apprécier de la Musique de cette qualité, a contribué autant que faire se peut à animer l'ambiance compte tenu de l'annonce de l'enregistrement de la soirée. Le concert se termine avec un plaisir qui se trahit par les mines réjouies; y compris celle de mon fils cadet qui découvrait le groupe ce soir !

Le concert d'une durée de (près de) trois heures a déroulé un programme en deux actes distincts.

Parmi les dix-huit titres interprétés, quatre de "Scenes from a Memory" (1999), trois sont issus de "Images and Words" (1992), trois de "Train of Thought" (2003), deux de "Octavarium" (2005), un de "Awake" (1994), un de "Falling into Infinity" (1997), un de "Systematic Chaos" (2007), et un de "Parasomnia" (2025). Comme indiqué plus haut dans mon récit, neuf albums ont ainsi été sollicités, ainsi que la prochaine parution.

Par ailleurs, fait notable, Mike Portnoy a joué pour la première fois deux titres qui avaient été initialement enregistrés avec son remplaçant, Mike Mangini : un de "A Dramatic Turn of Events" (2011), un de "Distance Over Time" (2019).

PROGRAMME

Acte I

  1. Metropolis Pt. 1: The Miracle And The Sleeper (Images and Words, 1992)
  2. Act I: Scene Two: I. Overture 1928 (Scenes from a Memory, 1999)
  3. Act I: Scene Two: II. Strange Déjà Vu (Scenes from a Memory, 1999)
  4. The Mirror (Awake, 1994)
  5. Panic Attack (Octavarium, 2005)
  6. Barstool Warrior (Distance Over Time, 2019)
  7. Hollow Years (Falling into Infinity, 1997)
  8. Constant Motion (Systematic Chaos, 2007)
  9. As I Am (Train of Thought, 2003).

Acte II

  1. Night Terror (Parasomnia, 2025)
  2. This Is The Life (A Dramatic Turn of Events, 2011)
  3. Under A Glass Moon (Images and Words, 1992)
  4. Vacant (Train of Thought, 2003)
  5. Stream Of Consciousness (Train of Thought, 2003)
  6. Octavarium (Octavarium, 2005).

RAPPEL : Bande image et son, "There's No Place Like Home", tirée du film "'The Wizard of Oz' "

  1. Act II: Scene Six: Home (Scenes from a Memory, 1999)
  2. Act II: Scene Eight: The Spirit Carries On (Scenes from a Memory, 1999)
  3. Pull Me Under (Images and Words, 1992).

En conclusion, ce concert, aussi monumental soit-il, ne sera pourtant pas mon préféré avec ce groupe, car nous étions éloignés en balcon, dans une salle davantage prédisposée à faire résonner les acclamations pour une équipe de basket, qu'à savourer les subtilités de notre Musique. Je ne retiendrai donc pas le cadre mais la toile. De toutes façon, ne doutons pas que le film (qui paraitra dans un prochain bluray) gommera les aspects finalement secondaires pour laisser l'essentiel ; une Musique dense et riche exprimée par des Maîtres ès guitares, claviers et percussions !

Je m'abstiens de l'achat du t-shirt (pourtant joli) en raison de son prix (45 €) que je trouve excessif en dépit de sa qualité. En revanche, mon fils ainé ne s'en prive pas et ma P'tite fée se procure un bonnet estampillé du logo et des 40 ans du groupe !

Dans la fraicheur d'une fin d'automne, nous ne tardons pas à rejoindre nos chemins de retour. D'autant que ce nouveau site nous éloigne encore un peu plus que de coutume (…) de chez nous ; pas moins de soixante-quinze minutes de  transports en commun.

samedi 16 novembre 2024

ROBERT JON & The Wreck – Le Trabendo (Paris 19e) – le samedi 16 novembre 2024.

LE CONTEXTE. Depuis quelques années, le rock sudiste me semblait en voie d'extinction, au fil de la disparition de ses plus éminents représentants. Pourtant, le XXXIIIème Raismesfest m'a permis de découvrir ROBERT JON & The Wreck, dont la vitalité revigorante, m'a donné le sentiment de revoir quelqu'un que je croyais mort depuis belle lurette !

J'attendais donc avec impatience de les revoir dans un cadre plus intime, persuadé que cette Musique prend encore davantage son ampleur dans un endroit plus confiné ; Le Trabendo me parait à cet égard idéal !

Nous étions arrivés dans la file d'attente peu avant l'ouverture des portes, et pourtant nous nous plaçons sans difficulté dans les premiers rangs, positionnés au centre droit. La scène est basse mais, pour une fois que ma P'tite Fée ne subit pas la présence d'un géant, on bravera la grosse caisse et l'ampli de la basse, qui sont situés en face de nous, au fond de la scène…

FAT JEFF [19h30-20h00]
https://fatjeff.bandcamp.com/album/get-back-to-boogie
https://www.facebook.com/fatbluesjeff?locale=fr_FR

Inconnu de mon répertoire, Jeff Duschek vient du département du Doubs, dans la région de Franche-Comté dans laquelle il s'est montré au sein de Wootz, Blend Of Stones, et Café Noir. Depuis 2017, il est FAT JEFF, un seul homme, doté de ses guitares et d'une grosse caisse. Son univers baigne délibérément dans les profondes racines du blues. Il a séduit de nombreux bars, de nombreuses salles, lors des concerts donnés en France, en Belgique ou encore au Luxembourg. Un premier album "Tales From The Road" est paru le 1 septembre 2018, suivi d'un deuxième, intitulé "Feelin' Wood" le 10 septembre 2020.

Son troisième album "Get Back to Boogie" est paru le 3 avril 2023. Alors qu'il est par ailleurs engagé pour accompagner STEVE'N'SEAGULLS durant trois dates, il vient d'apprendre ce 10 novembre qu'il est invité à assurer la présente première partie de soirée. C'est sa première prestation à Paris.

La sonorisation, parfaitement équilibrée pour les deux seuls instruments, lui a permis d'exprimer toute l'énergie et l'émotion qui se dégagent de ses compositions. Dans l'espace réduit qui lui était concédé, l'éclairage sobre mais efficace, nous a permis de distinguer correctement le personnage, et ses guitares parfois atypiques. Il débute sa prestation avec une "cigar box guitar" estampillée FAT JEFF, dont les sonorités placent l'imaginaire de l'auditeur dans les contrées américaines du Sud profond, en écoutant un blues, martelé par les coups de grosse caisse qu'il actionne nerveusement. Puis il utilise une guitare plus classique, avant de nous en présenter une autre, bidouillée avec deux jantes de roues d'une vieille Peugeot ! Le son de cette guitare résonne un peu comme celui  d'une Dobro. Et ma foi, le tout nous procure de bien belles sensations.

Franchement, nous avons beaucoup aimé cette prestation aussi étonnante qu'inattendue. Ce musicien exprime un authentique blues avec toute la sensibilité requise. Sa sincérité et sa joie manifeste de jouer sur cette scène nous le rend attachant. Pour clore la prestation, Jeff parvient sans difficulté à faire chanter le refrain "Goin' To The Radio" par le public.

Le public ovationne l'audacieux bluesman, dans le cadre de remerciements mutuels et sincères. Nous avons passé un moment bien agréable avec vous, merci monsieur.

Parmi six titres, quatre sont issus de "Get Back to Boogie" et deux de "Feelin' Wood".

PROGRAMME

  1. Clock Mornin’ (Get Back to Boogie, 2023)
  2. Cookie Box (Get Back to Boogie, 2023)
  3. Tarred and Feathered (Get Back to Boogie, 2023)
  4. I’m A Gipsy (Get Back to Boogie, 2023)
  5. Rust, Coffee and Cigarettes (Feelin' Wood, 2020)
  6. I’m Goin’ to the Radio (Feelin' Wood, 2020).

 

ROBERT JON & The Wreck [20h30-22h05]
https://robertjonandthewreck.com/

Ce quintuor américain de blues rock et de rock sudiste a été fondé en février 2011, non pas en Alabama, mais dans le comté d'Orange, en Californie, aux États-Unis. Un premier album autoproduit, intitulé "Fire Started" est paru le 2 Septembre 2011. Très vite, avec soixante dates à travers les Etats-Unis, leurs prestations sont remarquées. Tant et si bien que leur calendrier s'étoffe des tournées, ponctuées de dates en studio.

Avec un peu plus de perspicacités et d'opportunisme, j'aurais pu/dû les repérer plus tôt ; le groupe a ainsi joué dès le 8 avril 2015, au The Blue Devils, à Arras (un site fermé, depuis) ! Plus récemment, le 21 mai 2022 à Bully-les-Mines, puis à l'Empreinte le 30 juin 2022, puis le 5 février 2023 à la Maroquinerie. Mais j'aurai attendu ce 10 septembre 2023 pour découvrir ces américains, lors du Festival Raismesfest (ici), parmi un public abasourdi, sidéré par autant de talent !

Dans la continuité d'une abondante production, un neuvième album studio, intitulé "Red Moon Rising" est paru le 28 juin 2024. Réjouissons-nous de cette unique date française, puisqu'elle s'inscrit dans une tournée européenne débutée ce 30 octobre, et qui comprend dix dates en Allemagne et quatre aux Pays-Bas !... "pauvre, pôôoovre france" ?!

Nous retrouvons donc Robert Jon Burrison (chant, guitare), entouré d'Andrew Espantman (batterie, chœurs depuis 2011), Henry-James Schneekluth (guitare solo, chant, depuis 2017), Warren Murrel (basse, depuis 2017), et Jake Abernathie (claviers, depuis le 16 avril 2023).

L'éclairage m'a semblé satisfaisant, compte tenu de l'espace modeste dont le quintuor peut disposer. La sonorisation, après quelques petites minutes pour atteindre l'équilibre requis, a permis d'entendre distinctement les pupitres et en particulier, les sublimes soli de Henry-James.

D'entrée, l'exaltant "Hold On" nous plonge immédiatement dans l'univers du rock sudiste le plus étourdissant ! Les duos de guitares, ou de guitare et clavier, endiablés par une percutante base de basse/batterie, le chant et les chœurs américains, tout cela me permet de retrouver enfin mes sensations vécues lors des concerts de BLACKFOOT, MOLLY HATCHET, LYNYRD SKYNYRD. J'adooooooooore !

Robert Jon Burrison est manifestement le maître à bord, et pourtant il se place en retrait dès que l'un de ses musiciens s'exprime. Le regard obscurci par l'ombre de son chapeau de cow-boy, les traits de visage masqués par une barbe hirsute, il est concentré sur son chant, son jeu de guitare et celui de ses complices. Il apprécie de se frotter alternativement, comme par défi musical, à son bassiste et/ou à son guitariste. Il n'arborera ses sourires qu'une fois passée la première heure de concert, lorsqu'il aura estimé que le boulot est garanti, le public est emballé.

Les accords de basse de Warren Murrel sont intensément rythmés et finement tricotés. Il est manifestement heureux, épanoui, à voir son large sourire émaillé pendant la majeure partie du concert.

Jake Abernathie, intégré au groupe depuis dix-huit mois, apporte un indéniable surcroit de talent à ce groupe ; il agrémente excellemment les harmonies avec des accords d'une folie rock'n'roll aux claviers. Son duo avec le guitariste durant le rappel est le point d'orgue de son éminent rôle. Avec son apparence assumée de cowboy, le chapeau vissé sur une belle blonde crinière ondulée, il contribue aussi aux chœurs pour faire voyager nos esprits dans les vastes étendues d'Outre-Atlantique.

Le plus souvent dans l'ombre du fond de scène, Andrew Espantman n'en demeure pas moins bien sûr un des éléments moteur des rythmes effrénés ; sa frappe redoutable n'a laissé que bien peu de répit à nos nuques et nos jambes ! Il est le plus ancien membre avec Robert Jon, et en dépit de tournées répétitives, nous avons pourtant remarqué sa joie de jouer et de chanter les chœurs avec envie. Par exemple, son insistance à photographier et filmer ses complices et leur succès est d'une fraicheur réjouissante et communicative ! En voilà un autre qui ne semble pas se lasser de son statut de saltimbanque !

Bref, chacun contribue à perpétuer le style avec entrain et efficacité ! J'aborde délibérément à part le cas du guitariste Henry-James Schneekluth qui constitue une véritable pépite, que Robert a une chance inouïe d'avoir dégoté ! Il nous a une fois de plus totalement épatés par son talent, son inspiration, son implication dans chaque segment de jeu ! C'est un régal de regarder ses doigts courir sur l'instrument, et le bottleneck frotter très souvent le manche pour accentuer encore les atmosphères bluesy. L'intarissable guitariste ne pouvait pas s'arrêter de jouer, même lorsque le patron s'adressait à l'auditoire de son micro ; c'est à croire qu'il a une pile dans la main ! Incroyable. Il quitte souvent son espace pour se rapprocher du public et traverse la scène pour défier ses complices, notamment au clavier. Et, pourtant, l'homme me semble réservé, presque austère ; son charisme il le doit davantage à son jeu de guitare, qu'à sa communication. Par ailleurs, son allure se confond souvent avec celles de Jimi Hendrix (son maintien) et Phil Lynott (sa coupe afro ?). Vous l'aurez compris je suis totalement admiratif de ce musicien au jeu à la fois sobre dans l'attitude, et luxuriant dans la richesse des accords.

Ce genre de concert passe à une vitesse démesurée, on aimerait que cela continue encore… ROBERT JON & The Wreck constitue indéniablement un ardent hommage au Rock Sudiste, avec tout ce que l'on en attend ; sa Musique truffée de subtils arrangements met en valeur les guitares avec moult duos, intervention de clavier et de chœurs.

L'auditoire ovationne vivement ces américains avec un enthousiasme qui semble les toucher. Espérons qu'ils ne tarderont pas à revenir !

C'est assez rare et admirable pour être souligné ; en comparant les programmes du reste de la tournée, j'observe qu'un gros tiers des titres est renouvelé à chaque concert. A chaque fois, "Red Moon Rising", la plus récente parution est logiquement promue, ici avec cinq titres. Mais nous aurons droit à trois titres issus de "Glory Bound", trois de "Last Light on the Highway", un de "Ride into the Light" et un de "Robert Jon & The Wreck".

PROGRAMME

  1. Hold On (Red Moon Rising, 2024)
  2. Rager (Red Moon Rising, 2024)
  3. Blame It on the Whiskey (Glory Bound, 2015)
  4. Red Moon Rising (Red Moon Rising, 2024)
  5. High Time (Robert Jon & The Wreck, 2018)
  6. Life Between the Lines (Red Moon Rising, 2024)
  7. Ballad of a Broken Hearted Man (Red Moon Rising, 2024)
  8. Bring Me Back Home Again (Ride into the Light, 2020)
  9. Glory Bound (Glory Bound, 2015)
  10. Tired of Drinking Alone (Last Light on the Highway, 2020)
  11. Oh Miss Carolina (Last Light on the Highway, 2020)
  12. Do You Remember (Last Light on the Highway, 2020).

RAPPEL :

  1. Cold Night (Glory Bound, 2015).

Je me rue à l'échoppe pour me procurer trois autres albums pour compléter ma collection. Un t-shirt pour ma P'tite Fée compétera mon soutien au groupe. J'apprendrais plus tard que les musiciens étaient venus au bar sans que j'y sois, hélas… J'aurais pourtant apprécié discuter avec eux, histoire de vérifier leur bon état d'esprit, ce dont je ne doute pas vraiment, en fait.




samedi 19 octobre 2024

LAZULI, ENVERS ET CONTRE TOUR – du 20 au 27 octobre 2024.

 

On mesure avec certitude le temps passé, mais avec moins de garantie celui qui reste. Il était donc opportun d'assouvir enfin mon envie multidécennale de suivre des musiciens que j'apprécie, durant tout ou partie de leur tournée, dans une forme totalement assumée de musico-tourisme. Il me fallait juste trouver un prétexte, un artiste ou un groupe d'artistes qui en vaille la peine …

Avant que la Pandémie vienne ralentir nos ardeurs, nous envisagions de suivre Steven Wilson. Ce que nous avions fait partiellement en 2015, mais de manière discontinue.

C'est finalement la convergence d'intérêts de trois couples de mélomanes, autant adulescents que nous, qui m'a permis de jeter mon dévolu sur LAZULI, pour lesquels nous entretenons une affection toute particulière. Comme le prétendrait une célèbre publicité pour des produits cosmétiques, "ils le valent bien".

Depuis sa parution le 14 Janvier 2023, l'album "11" continue d'être promu par des tournées sporadiques. Celles-ci nous avaient déjà permis d'assister à sept concerts depuis janvier 2023, dont un cet été lors de l'ultime édition du  feu festival The Night of the Prog. Nous aurions pu aussi nous contenter d'assister à leur concert prévu à l'occasion de l'ultime édition du feu festival Prog en Beauce, ce 27 octobre. Mais l'idée, qui a muri pendant une année, a fini par s'imposer au fil des mois.

Parmi les seize dates prévues (à ce jour) en 2024, au titre du nouveau segment de tournée européenne, il ne nous restait plus qu'à choisir nos étapes. Toutefois, puisque LAZULI est bien plus attendu hors de notre douce France (…), cela implique de nous déplacer soit Outre-Rhin, soit Outre-Manche… Nous aurions pu visiter un pays ; soit l'Allemagne, soit les Pays-Bas. Nous aurions pu aussi reporter notre projet en 2025, pour aller en Grande-Bretagne. Nous avons finalement arbitré pour sillonner quatre pays différents, avec quatre dates. Notre plan prévoit ainsi :

      ·        20.10.2024 – Z7 – Pratteln (SUISSE) ;
·        22.10.2024 – Spirit of 66 – Verviers (BELGIQUE) ;
·        23.10.2024 – Harmonie – Bonn (ALLEMAGNE) ;
·        27.10.2024 – Prog En Beauce – Pierres (FRANCE).


EUX EMOI. J'ai le désagréable sentiment de me répéter, mais à l'instar de mes précédents récits sur leurs prestations, je dois une fois de plus déplorer que ce groupe FRANÇAIS et FRANCOPHONE demeure scandaleusement ignoré par la bulle médiatique et pseudo-artistique française, qui semble incapable de curiosité musicale. Je peste de me sentir impuissant face à des promoteurs aveuglés par leur cupidité, et animés d'aucune audace. Les médias, qu'ils se définissent comme généralistes ou spécialisés, n'en sont hélas que trop souvent le triste reflet … Pourtant, chacun des albums de LAZULI, chacun de ses concerts est un réel enchantement. Les mots m'interpellent et les notes m'ensorcellent.

Quoi qu'il en soit, je me revendique volontiers ardent promoteur du talent de ces troubadours occitans. Même si je concède volontiers les avoir tardivement découverts, petit à petit, au début des années 2010, par la grâce d'un forum musical.

La parution de "Tant que l’herbe est grasse" (2014) a motivé mon premier achat. Mais les occasions de les découvrir sur les scènes parisiennes sont rarissimes (2006 au Triton, 2007 à la Locomotive, 2008 à La Scène Bastille. Epicétou). Las d'attendre une improbable venue dans mes contrées, je me suis rendu au festival Rock au Château à Villersexel (70), lui aussi disparu, hélas ! Celui-ci avait eu la bonne idée de programmer LAZULI le samedi 05 aout 2017, alors que le groupe faisait la promotion de "Nos âmes saoules" (2016). Ce premier concert acheva de me convaincre de leur talent. J'ai ensuite pu mesurer leur notoriété notamment auprès des publics allemands (Sankt Goarshausen), néerlandais (Utrecht), norvégiens (Oslo), belges (Verviers) mais aussi … quand même (!) français (Saint-Palais, Pierres, Villeurbanne). Tant et si bien que ma présence ce soir au sein du public, suisse cette fois (Pratteln), va me permettre de revoir LAZULI pour la quinzième fois.

EUX ET LES AUTRES. Heureusement, bien avant moi, quelques autres (trop rares) illuminés les ont reconnus à leur juste valeur en France ; notamment les audacieux organisateurs de Prog en Beauce (2013, 2014, 2017), de Rock au Château (2017), du Crescendo (2007), et de Prog'Sud (2011 et 2018). Néanmoins, c'est encore le plus souvent Outre-Rhin ou Outre-Manche que nous trouvons les plus nombreux admirateurs. Ce qui démontre au moins que la langue de Molière n'est absolument pas un obstacle à la notoriété internationale.

De nature relativement prosélyte, j'ai tenté de porter, modestement mais avec conviction, la bonne parole autour de moi. J'ai commencé par ma P'tite Fée bien sûr. Absente du Rock au Château en 2017, elle fut peu sensible à mon récit pourtant ému. Elle ne prêtait qu'une oreille distraite aux enregistrements. Davantage impatient que désespéré, je pressentais que seul un contact scénique pouvait lui faire trouver la Porte. La Révélation survint assez rapidement, dès ce dimanche 29 octobre 2017, par la Grâce du feu festival Prog en Beauce ! Ce dangereux foyer de contagion lui a été fatal. Depuis, elle ne lâche plus l'affaire… Ainsi soit-il.

Mais cette saine conversion ne me suffisait pas. Inlassablement j'ai persisté, avec souvent le sentiment de prêcher dans le désert, tant mon exaltation devait paraitre suspecte. Mais, sans doute intrigués aussi par d'autres échos qui ont probablement été jugés plus fiables, d'autres mélomanes parmi mes amis ont à leur tour perçu le talent des membres de LAZULI. C'est ainsi que peu à peu notre microcosme s'est étoffé. Parmi eux, Pascal, Valérie, Xavier et Véronique sont désormais de fervents adeptes ; suffisamment en tous cas pour nous accompagner sur les routes de cette folle aventure !

EUX. Ce merveilleux quintuor existe depuis 1998. Les aléas de l'histoire d'un groupe ont abouti à voir passer Pol Amar (guitare, de 1998 à 2002), Yohan Simeon (percussions, de 1998 à 2009), Frederik Juan (marimba, vibraphone, percussions, de 1998 à 2009), Sylvan Bayol (Chapman Stick, de 1998 à 2009), Marc Almeras (de 2002 à 2004). Enfin, le guitariste Gédéric Byar (de 2004 à 2020) a quitté récemment le navire à la surprise générale.

Les frangins Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), sont désormais entourés de Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020).

Sur le site officiel, l'historique de leurs concerts qui débute le 5 avril 2005 à l'Antirouille de Montpellier, est édifiant. Parmi ces dates, on peut relever particulièrement leur prestation des 2 et 3 juillet 2005, à Montreux en Suisse, en marge du célèbre Jazz Festival, qui leur a valu un début de reconnaissance internationale. En effet, c'est à cette occasion qu'un jazzophile allemand, qui déambulait parmi les sites du festival, est tombé par hasard sur nos LAZULI.  Totalement séduit, il entreprendra peu à peu de les faire connaitre en Allemagne. C'est ainsi que le 12 avril 2006, LAZULI est invité au festival allemand KOMMZ-Festival au Colos-Saal, à Ashafenburg ; c'est le début d'une notoriété grandissante chez nos amis Teutons. Notons qu'entre-temps, le 10 mars 2006, LAZULI était présent au Baja Prog Festival au Mexique.

C'est à cette même époque, en 2006, que parait le troisième album intitulé "En Avant Doute", qui contribuera à accroitre une belle reconnaissance dans le milieu musical spécialisé. Néanmoins, pas assez connu en France, le groupe en devient l'ambassadeur sur les plus grosses scènes internationales du rock progressif.

Les média n'ont pas toujours ignoré LAZULI ; la défunte émission nocturne de France Inter, "Sous les étoiles exactement" (1997-2013) a évoqué leur existence le 10 décembre 2007. Rien à voir avec les programmations affligeantes de nos jours…

Bref, quoi qu'il en soit, LAZULI perdure, pour notre plus grand bonheur ! Leur musique délivre des sonorités inhabituelles et agréables. Les textes sont subtils, ciselés et délicats, rarement donneurs de leçons, juste des invitations à l'évasion ou à la réflexion. C'est rafraîchissant par les temps qui courent.

F https://lazuli-music.com/


NOTRE PERIPLE.

Le trajet peut impressionner le non-initié : Ivry/ Granvillard/ Pratteln/ Colmar/ Riquewihr/ Sélestat/ Verviers/ Bonn/ Ivry/ Pierres/ Ivry. En omettant quelques détours, on estime le tout à environ 2100 kilomètres tout de même ! Mais que le pourfendeur écologiste se rassure ; dans une démarche autant écodurable qu'économique, nous avons convenu de réunir les deux couples français et de confier la conduite du véhicule à notre émérite Véronique guidée par son non moins apprécié copilote Xavier. Certes, nous aurions pu voyager à cheval ou en carriole, mais c'eut été plus fastidieux.

LE 19 OCTOBRE, PREMIERE ETAPE : LA SUISSE. (Quelques 590 kilomètres, environ 7 heures, sans les pauses)

Notre cohorte infernale arrivera à temps pour l'apéro du soir, à Grandvillard, une commune suisse du canton de Fribourg, située dans le district de la Gruyère, où nous retrouvons le troisième couple, Valérie et Pascal.

Les adulescents palabrent et peinent à masquer leur impatience de débuter le fabuleux parcours ensemble.


LE 20 OCTOBRE, DEUXIEME ETAPE : PRATTELN. (Quelques 155 kilomètres, environ 1h30 de route). Nous reprenons la route, ponctuée de paysages grandioses, durant laquelle nous distinguons de rassurantes neiges éternelles ; oui il en existe encore… Nous aboutissons à Pratteln et rejoignons l'hôtel IBIS proche du Z7, une salle dans laquelle nous avions déjà assisté à un concert de SAGA en 2017. Le secteur demeure toujours aussi sordide (il me rappelle l'Espace Balard des années 80), mais on s'en fout, on y est que de passage !

Créé en 1994, le Z7 est un ancien entrepôt de Pratteln, situé à une douzaine de kilomètres de Bâle, qui a été transformé en salle de concert. Celle-ci s'est inscrite sur les tournées de plusieurs artistes et a ainsi vite gagné en notoriété. C'est maintenant l'une des salles de concert les plus célèbres de Suisse, confortable et dotée d'une bonne acoustique. Elle peut accueillir jusqu'à 1 600 spectateurs.

Le public est estimé à environ 150 auditeurs. Nous prenons facilement position à la barrière, excellent poste d'observation pour notre premier émoi musical.

TICKET TO THE MOON : (19h-19h50). Ce trio suisse a été formé en 2003 par Andrea "Andy" Portapia et Danny Gosteli. Après les péripéties habituelles d'une vie de groupe, le bassiste Guillaume "Gys" Carbonneau les a rejoints. Ensemble, ils ont joué plusieurs concerts en Suisse et ont décidé d'enregistrer leur premier album. Il faudra attendre novembre 2012, pour que paraisse ''Dilemma On Earth''. Deux semaines plus tard, le succès du concert promotionnel leur a permis d'être engagés en première partie du célèbre groupe néo-prog canadien SAGA. Ils se définissent en tant que "heavyrock progressif".

Un album autoproduit, intitulé "Elements" est paru le 25 septembre 2022.

Nous trouvons ainsi ce soir un trio instrumental composé d'Andrea Portapia (guitares, depuis 2003), Danny Gosteli (batterie, depuis 2003), et Guillaume Carbonneau (basse, depuis 2008). Il semble qu'un claviériste (Matt Zwick) les a récemment quittés.

Les musiciens me paraissent mieux maitriser leur répertoire que leur charisme sur scène. Les obsédants allers et retours des deux guitaristes m'ont semblé un peu trop académiques, mais en fermant les yeux j'ai pu apprécier quelques segments très intéressants, en dépit de quelques longueurs. Evidemment, dans ce style d'exercice sans voix, on est tenté de faire un rapprochement avec d'illustres semblables, tels que SPECIAL PROVIDENCE ou LTE. Mais sans en être là, disons qu'ils se sont montrés digne d'intérêt.

LAZULI : (20h05-22h). Afin de ne pas me montrer trop répétitif pour les trois (voire quatre !) concerts à venir, je me contenterai ici (comme ensuite) d'impressions succinctes. Après tout, mon statut de simple mélomane (j'entends rédacteur non professionnel) me permet de considérer que les prestations de LAZULI, davantage que d'autres encore, s'apprécient à l'écoute (pour les notes), au regard (pour les sourires) et moins à la lecture subjective de mes récits amateurs et approximatifs …

Je rassure néanmoins le lecteur inquiet qui se demande fébrilement si les musiciens demeurent à la hauteur de notre admiration : chaque pupitre est tenu avec talent et entrain. La Léode n'est pas tombée en panne. Les sons  m'ont semblé parfaitement équilibrés. Le chant et les instruments nous ont apportés les émotions et l'évasion attendue. L'ingénieur du son et les musiciens sont exigeants ; ils nous dénoncent souvent, ici et là, une faiblesse. Mais mon oreille a pour habitude d'ignorer ces prétendues imperfections inhérentes à un concert pour me concentrer sur l'exécution des harmonies. LAZULI ne me semble pas abuser de bandes-son ou d'artifices, et chaque artiste met toute sa virtuosité au service de la Musique, la vraie, celle qui se travaille avant d'être exécutée en réel, pour créer une mélodie propice à l'évasion. Tout autre commentaire pourrait paraitre partial et donc superflu.

Ce qui me semble toutefois plus notable à relater, c'est qu'une fois de plus, LAZULI a transformé la fosse en baptistère ; les bienheureux curieux venus découvrir les bonnes paroles sont désormais des adeptes. Derrière nous, un mélomane assistait médusé pour la première fois, à ce foisonnement de notes merveilleuses ; je me suis autant réjoui de son regard émerveillé, que du concert lui-même ! En préalable au concert, je lui avais confessé que j'aurais (un peu) aimé être à sa place, pour connaitre à nouveau ces instants de découverte. Ce qu'il a perçu n'a pas démenti ma prédiction.

Leur programme présente dix-huit titres, en comptant les deux fantaisies finales interprétées au marimba. Leur plus récente parution, "11", demeure très représentée avec sept morceaux, mais on peut déplorer le retrait de "Égoïne" "La bétaillère" et " "Lagune grise" ; personnellement j'aurais préféré le retrait d'autres segments que ceux-là, mais j'ai bien conscience qu'en disant cela je m'assimile à un commentateur d'après match... Ils auraient pu, ils auraient dû, Turlututu !...

Les trois titres à paraitre en 2025, qui avaient été présentés lors de leur prestation au Loreley cet été, sont interprétés aussi. J'aime les trois, mais je ne cache pas ma préférence pour "Chaque jour…" dont le texte et les harmonies m'émeuvent particulièrement ! Cette introduction au cor d'harmonie me prend aux tripes. Ce thème cuivré, repris et accompagné par la Léode, est tout simplement poignant. Il se pourrait bien que ce soit, à mon sens, l'une des plus belles chansons écrites par Dominique, voilà c'est dit. J'aime beaucoup "Être et ne plus être" aussi. Mais bon, tout cela est à placer en perspective avec mon admiration pour l'ensemble…

Autre observation, on pourrait aussi déplorer le retrait du morceau "Dans les Mains de Dieter", dont le solo final créé par Arnaud était époustouflant. Mais fort heureusement, celui-ci s'exprime désormais lors d'un non moins splendide solo à l'occasion de la séquence finale de la chanson "le Pleureur sous la Pluie". Décidément Arnaud, avec son immense talent et sa gentillesse remarquable, a pleinement pris sa place dans le groupe.

En tout état de cause chacun de ces cinq artistes multi-instrumentistes démontrent constamment un réel investissement collectif, un réel plaisir de partager. Les sourires ne s'effacent que pour la concentration nécessaire à certaines séquences. Romain est principalement titulaire du clavier, avec lequel il exprime une large palette d'inspirations plus ou moins jazzy. A cet égard, il convient de souligner son duo magnifique avec Vincent pour clore la chanson "Les courants ascendants", où il démontre toute l'étendue de son talent. Mais son attrait pour les sons cuivrés et bidouillés avec son cor d'harmonie est également admirable. Vincent excelle à la batterie, mais peut la céder ("Le miroir aux alouettes"), pour s'adonner à son autre centre d'intérêt ; les percussions, telles que le marimba. Arnaud exprime énormément de sensibilité lors d'accords et de soli avec sa guitare, mais sait aussi amplifier une rythmique par de puissants accords à la basse. Dominique est le plus souvent avec une de ses guitares en bandoulière, mais le timbre de son chant constitue indéniablement une des particularités du groupe ; en l'écoutant je pense souvent à celui de Geddy Lee de RUSH. Quant à Claude, sa Léode lui permet de combiner tant de sons différents qu'il semble pouvoir se substituer à tous les pupitres, et participe à un véritable maelström harmonique ! Enfin, à l'image de la cohésion qui se dégage de ce quintet magique, tous participent peu ou prou aux chœurs.

Excusez mes propos dithyrambiques mais, comment pourrais je tarir d'éloges pour décrire leur Musique et leur attitude positive !? Ils ne constituent que le contrepoids d'un silence médiatique assourdissant.

PROGRAMME

  1. Le lierre (Nos Ames Saoules, 2016)
  2. Sillonner des océans de vinyle (11, 2023)
  3. Dieter Böhm (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  4. Les chansons sont des bouteilles à la mer (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  5. L'homme volant (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  6. Triste carnaval (11, 2023)
  7. Qui d'autre que l'autre (11, 2023)
  8. Quel dommage (à paraitre, 2025)
  9. Être et ne plus être (à paraitre, 2025)
  10. Chaque jour que le soleil fait (à paraitre, 2025)
  11. Mille rêves hors de leur cage (11, 2023)
  12. Parlons du temps (11, 2023)
  13. Le miroir aux alouettes (4603 Battements, 2011)
  14. Les courants ascendants (Tant que l'herbe est grasse, 2014)
  15. Le grand vide (11, 2023)
  16. Le Pleureur sous la Pluie (11, 2023)

RAPPEL :

  1. Neuf Mains autour d'un Marimba
  2. Dreamer (reprise instrumentale de Supertramp).

Cette première soirée fut conforme à nos espoirs en suivant un groupe français ; un concert fantastique suivi d'une rencontre avec les musiciens toujours aussi aimables et disponibles. Ali Laouamen, l'ingénieur du son ne fait pas exception ; dans la cours des fumeurs, nous écoutons ses expériences. Elliot Leonetti, le patient, aimable et souriant responsable de l'échoppe finit par nous connaitre, à force de sollicitations pressantes de notre part ! "Comment cela, il n'y a pas de t-shirt sur cette tournée ??" Le pauvre n'a pas toujours réponse à tout !

Bref, après nos échanges d'émotions passionnées, et un portrait collectif obligé, nous les abandonnons à leur travaux de rangements, que Vincent "Tetris" a déjà entamé sans attendre !

Nos esprits sont gavés de bonnes ondes, nous rentrons à notre hôtel qui s'avère être également celui de LAZULI.


LE 21 OCTOBRE, TROISIEME ETAPE : L'ALSACE. (Quelques 75 kilomètres, environ 1 heure de route)

Alors que nous prenons notre petit déjeuner dans la salle à manger, toute l'équipe de LAZULI prend le sien de son côté. Bien sûr, nous respectons leur intimité, mais d'une envie réciproque les discussions et les échanges d'impressions reprennent de plus belle ! Nous décidons cependant de leur cacher notre dessein de les suivre, mais que c'est difficile ! Les échanges cordiaux se poursuivent jusque sur le parking.

Nous les quittons pour partir vers l'Alsace, une région que ma P'tite Fée et moi tenions à visiter, depuis très, très longtemps.

Colmar nous a séduits par son charme, et sa tranquillité. En particulier son quartier de la Petite Venise, dans lequel nous trouvons un restaurant "La Tarte Flambée" à la terrasse de laquelle nous prenons place. La célèbre Flamenküche est un pur régal bien sûr. Mais ce plaisir est encore accentué par l'accompagnement du divin Gewurztraminer vendanges tardives ! Toutefois, je confesse ne pas résister à assumer ma réputation en commandant une délicieuse bière locale servie à la pression, fraiche et désaltérante !

Ensuite, Riquewihr nous a complètement éblouis, sidérés, par l'authenticité et la beauté de ses rues pavées et de ses constructions à colombages, multicolores et pastel. On voyage plusieurs siècles en arrière en lisant les dates d'origine sur les encadrements de porte. Une des plus belles villes d'Alsace, si ce n'est de France, assurément.

Cette charmante journée touristique aboutit à Sélestat, dans un somptueux hôtel de charme, situé au Sud de Strasbourg. Accueil bienveillant, nourriture succulente et hébergement douillet, le tout proche de l'excellence.


LE 22 OCTOBRE, QUATRIEME ETAPE : LA BELGIQUE. (Quelques 400 kilomètres, environ 5 heures de route)

Après un long parcours sans singularité, nous nous rendons à "La Fringale", notre friterie habituelle de Verviers. Une délicieuse gamme de produits artisanaux, brochettes, boulets, frites et bière locale (brasserie Curtius !) nous remettent d'aplomb, avant la belle soirée qui s'annonce !

Verviers est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement dans la province de Liège. Elle ne présente que très peu d'intérêt (…) sauf de compatir à la désolation qui a résulté de l'inondation dantesque dont elle fut victime le 15 juillet 2021. D'ailleurs, déjà pauvre à la base, la ville peine à s'en remettre encore aujourd'hui…

Nous posons nos valises dans l'hôtel des Ardennes, où nous avons nos habitudes (…), accueilli par Maguy, notre adorable hôte ! Elle envisage de prendre une retraite certes bien méritée, mais avant cette échéance, nous profitons de son accueil traditionnel et particulièrement bienveillant.

Créé en juin 95, The Spirit au 66 est un club qui organise plusieurs concerts par mois, ce qui en fait l'un des plus actifs de Belgique ! Sa décoration, inspirée du style de la "Route 66", entretient une atmosphère très chaleureuse, semblable à celle de nombreux bars musicaux américains légendaires. Son acoustique est très bonne. Dans un grand éclectisme, il accueille toutes les musiques : blues, rock, progressif, hard-rock, métal, jazz, country, salsa, reggae, etc... Sa capacité d'accueil est limitée à 325 personnes, et pourtant elle parvient à présenter souvent de très grands noms (Parmi les plus illustres, citons Camel, Caravan, Gong, Magma, The Flower Kings, Saga, Porcupine Tree, Steve Hackett, IQ, Pendragon, Arena, Mostly Autumn, Amarok, Rose Tattoo, bref des légendes…). Son gérant, Francis Geron est modeste et réservé, pour ne pas dire distant, mais chacun lui sait gré de son abnégation au service de la Musique !

La soirée est intégralement consacrée à LAZULI, pas de première partie.

La taille de la salle la rend plus conviviale que le Z7, il n'y a pas de barrière pour nous séparer de la scène.

Ainsi que convenu en amont de ce récit, je ne m'étendrai pas sur mon appréciation de ce deuxième concert de notre tournée ; sans lassitude aucune, elle est similaire à celle de l'avant-veille. Notons toutefois que cette fois Dominique n'a pas résisté à son besoin de contact avec le public ; il s'est fondu dans le public pendant l'exotique et entrainant "Le miroir aux alouettes", pour partager quelques pas festifs sur la séquence finale ! C'est un réel bonheur de regarder Claude détendu avec une Léode fiable, qui lui permet d'exprimer tant de sonorités harmonieuses ! Ali n'a eu aucun mal à jouer des manettes pour permettre à chaque pupitre d'exprimer ses nuances de sons. L'éclairage de cette petite scène demeure traditionnellement assez limité, mais n'a pas terni l'ambiance chaleureuse accordée par le public belge. Tiens, en parlant de belgitude, notons plus anecdotiquement que le pauvre Romain avait mal mesuré l'impact de la bière Jupiler sur sa vessie ; une envie pressante imposa une pause impromptue au groupe ! Son retour à la scène fut dignement salué.


La soirée se prolonge en intarissables palabres positives et passionnées, notamment avec nos amis belges, mais aussi avec toute l'équipe de LAZULI, bien entendu. Il semble que notre démarche de suivi de leur tournée fut cousue de fils blancs, car ils ne semblèrent guère étonnés de nous revoir…


LE 23 OCTOBRE, CINQUIEME ETAPE : L'ALLEMAGNE, BONN. (Quelques 120 kilomètres, environ 1h30 de route)

Après un copieux petit déjeuner, notre joyeux équipage se remet en route en direction de l'Allemagne.

Nous faisons halte pour visiter le château de Drachenburg, construit entre 1882 et 1884 sur la commune de Königswinter, par un milliardaire qui a fait fortune dans divers placements financiers (en partie liés au Canal de Suez). Pour y accéder il faut marcher sur un chemin qui mène au sommet du Drachenfels, un lieu chargé de légendes dont s'est inspiré Richard Wagner pour son opéra "L'Anneau du Nibelung". Une structure à coupole la Nibelungenhalle abrite une collection de peintures d'Hermann Hendrich sur ce thème.

Le château est intéressant à visiter, ainsi que son jardin, ne fut-ce que pour mesurer la folie des grandeurs de son initiateur. La terrasse du restaurant nous offre une magnifique vue panoramique sur le Rhin et les environs du Siebengebirge, un massif montagneux situé sur la rive droite du Rhin au sud de Bonn.

Nous n'avons pas oublié que nous sommes en train de suivre LAZULI, et ne manquons pas d'acheter un p'tit cadeau pour l'anniversaire d'Elliot, le fils de Dominique. La figurine d'un p'tit Dragon constitue un astucieux clin d'œil.

L'Harmonie est un auditorium situé dans le quartier d'Endenich de Bonn (Frongasse 28-30 - 53121 Bonn). Outre la salle de concert d'une capacité de 500 personnes, dans une superficie de 1200 mètres carrés, l'Harmonie offre un bier garten, ainsi qu'un restaurant. Elle est par ailleurs particulièrement réputée pour accueillir la Beethovenfest en septembre.

Ce troisième concert de notre tournée ne nous déçoit pas et demeure une source continue de bonheur ! Pas de fait notable, hormis un p'tit incident pour Arnaud, dès le début du concert ; une corde ayant cédé, il a dû précipitamment changer sa guitare. Au moment d'interpréter "Le Pleureur sous la Pluie", c'est l'émetteur de la guitare de Domi qui s'est détaché. Le temps de brancher un câble traditionnel et c'est reparti ! Incidents mineurs et sans conséquence, réglé avec professionnalisme. La très bonne acoustique de l'Harmonie, les pupitres parfaitement équilibrés par Ali le magicien du son, et un éclairage lumineux, ont contribué à animer un très grand enthousiasme chez nos amis allemands ! Acclamation bruyante et chaleureuse accompagne le départ du groupe !

A la fin du concert, nous réunissons notre chœur à six voix pour chanter l'anniversaire d'Elliot, à qui nous remettons respectueusement le petit Dragon en signe de notre amitié. Pour cette remise solennelle, Eliott quitte son échoppe et il est remplacé par un mystérieux personnage très serviable et souriant et arborant un atypique t-shirt de LAZULI. Le personnage m'intrigue… Nous ferons sa connaissance un peu plus tard dans la soirée…

Mais nous n'étions pas au bout de nos émotions !... Alors que nous nous désaltérons sagement au bar, Dominique vient nous inviter à nous rendre …dans les coulisses, avec eux pour discuter le temps de leur repas. Nous avions beau nous pincer, nous vivions une situation extra-ordinaire, au plein sens du terme. Je me calais discrètement dans un canapé histoire de capter toutes les ondes positives de l'évènement.

Je me suis alors rappelé que nous étions en Allemagne et il me parut opportun d'évoquer l'existence de Dieter Böhm. "ah bah ça tombe bien", me dit Dominique, "il est là ce soir, il va arriver parmi nous". Là, c'est le séisme collectif dans nos esprits déjà bien secoués. En effet, ledit personnage finit un peu plus tard par nous apparaitre ; c'était celui que j'avais remarqué à l'échoppe alors qu'il remplaçait aimablement Elliot ! Il est tellement humble et gentil que nous avons tardé à l'aborder. Nous l'avons rassuré en comprenant ce qu'il pouvait ressentir ; bien évidemment il n'y est pour rien, il n'a rien demandé et surtout pas la notoriété ! Mais nous lui avons fait admettre qui lui c'est nous, nous sommes lui. Et qu'il était bien malgré lui devenu un symbole de tous les admirateurs de la Musique de Lazuli. Nous conserverons de lui le souvenir d'un garçon charmant, souriant, humble.

Le retour vers notre hôtel dans la pénombre de Bonn nous parait s'écouler hors du temps. L'esprit encore émerveillé par cette soirée en point d'orgue d'une folle tournée européenne !


LE 24 OCTOBRE, SIXIEME ETAPE : RETOUR EN ILE-DE-FRANCE, A DOMICILE. (Quelques 520 kilomètres, environ 6 heures de route)

Pour cette parenthèse déconnectée, nous flânerons dans Paris avec nos amis helvètes. Rien d'extravagant, il fallait juste laisser la poussière retomber, histoire de clarifier nos esprits. Après un déjeuner au pied de Notre-Dame, nous déambulons, en passant par l'ile Saint-Louis pour déguster une glace Berthillon, avant de longer l'hôtel de ville et continuer la rue de Rivoli jusqu'au Louvre puis le parc des Tuileries. Bref, du tourisme, sans musique.


LE 27 OCTOBRE, LA FINALE EN BEAUCE : PIERRES. (Quelques 90 kilomètres, environ 1h30 de route)

Cette fois accompagnés de Samuel et Julien, mes deux fils, nous reprenons la route vers la Beauce pour assister à la dernière édition du festival PROG EN BEAUCE, qui sera couronnée par un concert de ... LAZULI. Ce mémorable bouquet final fera l'objet d'un récit à part. Mais je souligne toutefois que ce quatrième concert sur notre tournée, leur dernier de l'année 2024, s'inscrit dans la continuité d'une épopée que nous n'oublierons jamais ! Encore un superbe concert qui constituera l'apothéose d'une idée folle que nous avons concrétisée enfin !


Alors que nous croyons être allés au bout de nos émotions, nous avons eu le plaisir de pouvoir discuter avec les parents de Claude et Dominique, qui sans surprise s'avèrent être des gens exquis, d'une très grande gentillesse. Tels parents, tels fils, quoi …