vendredi 28 mars 2025

MOSTLY AUTUMN – chez Paulette, à PAGNEY-DERRIERE-BARINE (54) – vendredi 28 mars 2025.

Gagnons du temps et n'y allons pas par des chemins aussi torsadés qu'hypocrites, MOSTLY AUTUMN est devenu l'un de mes groupes favoris. Voilà. Autant le confesser : mon propos ici n'aura rien d'objectif. Ces Anglais sont selon moi bien trop sous-estimés, chacun de leurs concerts m'en persuadent.

En tant que mélomane et ex-musicien, j'admire les belles voix, les chœurs, les polyphonies, les chants magnifiés harmonieusement par un ensemble instrumental laissant exprimer les talents individuels. Les compositions de MOSTLY AUTUMN m'offre ce véritable maelström harmonique, savamment constitué d'accords mélodiques et sensibles de guitares, de claviers, et de flutes, transcendés par une base rythmique à la fois puissante et mesurée. Leur musique exprime avec finesse et nuances, un univers onirique, parfois mélancolique, ou tout simplement très émouvant. Leur maitrise des Harmonies et donc de leurs instruments, leur attitude sincèrement sympathique et attrayante, tout est de nature à entretenir notre admiration.

Le prosélytisme peut être ennuyeux lorsqu'il semble imposer vainement un centre d'intérêt, mais en l'occurrence, je remercie l'ami (qui se reconnaitra) d'avoir quelque peu insisté, pour que ma P'tite Fée et moi tendions une oreille plus attentive sur MOSTLY AUTUMN. Un premier concert, le vendredi 3 juin 2022 à Verviers en Belgique, nous a confirmé tous les talents pressentis. A l'issue de leur plus récent concert, le jeudi 05 décembre 2024 au Spirit of 66, nous avions déjà prévu de les revoir ici, chez Paulette, pour une septième fois. Ils approchent ainsi des vingt groupes que j'ai vus le plus souvent en concerts. Ils accèderont à ce rang mérité en décembre prochain pour leur prestation traditionnelle avant Noël. Toutefois, notre rêve serait de les voir chez eux à York… Cela arrivera tôt ou tard, assurément…

Remercions l'association ARPEGIA qui permet à des artistes du rock progressif de venir jouer en France, fut-ce-t-il dans une salle située à trois heures et demie de routes de Paris ! (Routes parsemées d'une bonne vingtaine de radars vicieux, de surcroît !) Notre microcosme se nourrit de ces quelques bonnes volontés, sans lesquelles nous serions contraints de nous rendre ailleurs en Europe, pour écouter notre musique favorite. Ce que nous faisons malgré tout, car nous sommes insatiables et toujours motivés…

Je reviens pour la sixième fois à Pagney, en comptant le concert UNITOPIA/ANGE, du 15 septembre 2023, dans le cadre de l'anniversaire des 100 ans de Paulette. En dernier lieu, nous étions revenus au Cabaret le 18 novembre 2023 pour assister au concert d'AMAROK.


Petit rappel biographique, nécessaire pour éclairer leur musique actuelle : MOSTLY AUTUMN a été formé au milieu des années 1990. Les membres fondateurs sont issus d'un groupe hommage à PINK FLOYD et aux années 1970, nommé ONE STONED SNOWMAN. La formation fondatrice du groupe était composée notamment de Bryan Josh (chant et guitares), et d'Iain Jennings (claviers). Les premiers concerts de MOSTLY AUTUMN étaient soutenus par ONE STONED SNOWMAN ou vice versa ; d'ailleurs, le dernier concert d' ONE STONED SNOWMAN fut un spectacle d'adieu en décembre 1995 et était soutenu par MOSTLY AUTUMN.

Ce soir, autour de Bryan Josh (chant et guitares, depuis 1995), et Iain Jennings (claviers, de 1995 à 2005, puis depuis 2010), nous retrouvons Olivia Sparnenn-Josh (chant principal depuis 2010, mais chœurs, percussions, flûte à bec, depuis 2004), Angela Gordon (flûtes, claviers, percussions, et chœurs, de 1999 à 2007, et depuis 2015), Chris Johnson (guitares rythmiques et acoustiques, chant, claviers, de 2006 à 2007, et depuis 2014), Andy Smith (basse, depuis 2000) et de Henry Rogers (batterie, depuis 2018).

Un quinzième album studio, "Sea Water" est paru officiellement le 28 février 2025. En le précommandant dès le 28 octobre 2024, j'ai reçu une version Deluxe, qui comprend un second disque (dont les titres sont au moins aussi réussis que le premier !). Encore une très belle œuvre, même si mon album préféré demeure le treizième, un chef d'œuvre intitulé "White Rainbow" paru en 2019, que tout mélomane digne de ce nom doit posséder dans sa discothèque.

https://www.mostly-autumn.com/
http://www.youtube.com/channel/UCLcuTXJP4y-cTwUarLsN0TQ


Arrivés largement en avance, nous pouvons sans difficulté choisir notre positionnement devant la scène, en dépit de quelques resquilleurs sans scrupules... (eh oui, c'est comme les cafards, y'en a partout sauf chez moi).

LE CONCERT [20h30/21h20 – 21h45/23h30]

L'acoustique de la salle me convient mais la sonorisation a cependant peiné à équilibrer les sons. Durant l'acte I, le chant fut un peu trop couvert par les basse/batterie. Vous me direz que c'est bien fait pour ma pomme, fallait pas choisir la proximité avec Olivia, épicétou ! Fort heureusement, le son nous a paru bien meilleur après l'entracte. Le dispositif d'éclairage est limité par l'espace mais toutefois suffisant pour bien distinguer les jeux et les humeurs des artistes.

Attendus particulièrement avec les titres du nouvel opus, MA ne nous a pas déçu. Au contraire, le seul titre que je trouvais faible "When We Ran" a ici pris toute sa dimension réjouissante. En effet, en dépit d'une très belle intro au piano, ce titre avait le don de m'agacer pour ce côté pop-à-paillettes, et des sons de synthétiseur à la "Klaus Wunderlich" insupportables, même après plusieurs écoutes… Oui mais voilà ; sur scène ce titre prend une autre dimension. Le sourire éblouissant d'Olivia, son énergie sautillante, sa joie de vivre sur scène, mais aussi toutes les interventions instrumentales… et même celles du clavier ! Tout passe, et lorsque Olivia nous (m') a demandé de battre des mains en rythmes, je me suis retrouvé tout bêtement (avec mon cuir clouté à l'effigie de Motörhead) à suivre le troupeau d'âmes réjouies. Voilà, c'est ça aussi l'effet MOSTLY AUTUMN.

Pas d'incident majeur pendant le concert, à part de rares imperfections qui sont tout à leur honneur ; on n'est pas noyé de bandes-son ou d'impératifs techniques nuisibles à l'authenticité d'un concert. Le Septuor exécute sa partition en harmonie quasi-totale, forts des talents individuels complémentaires et complices. Un souci de justesse ici, ou une fausse note là, rien d'inquiétant au contraire, moi qui suis très attaché à la sincérité du jeu de scène.

Je l'ai déjà relaté dans mes précédents récits de concert du groupe, je retrouve ici le même plaisir de pouvoir écouter tous les musiciens s'exprimer à tour de rôle, les soli sont valorisés et/ou partagés. Les regards des musiciens en disent long sur leur assiduité, leur conscience et surtout leur plaisir à échanger d'un regard des impressions, des satisfactions ou des inquiétudes passagères. C'est aussi pour cela que j'apprécie les premiers rangs en dépit d'un son souvent altéré par les basses.

Je pourrais, car ils le méritent vraiment, m'étaler davantage en propos dithyrambiques et détaillés mais j'aurais le sentiment de me répéter !


Quoiqu'il en soit, le groupe m'a un peu surpris quant au choix des titres interprétés.

Fort légitimement, sur les dix-huit titres, sept sont issus de "Sea Water" (2025). Sur les onze restants, nous avons retrouvé avec joie certains titres récemment joués ; trois de "White Rainbow" (2019), deux issus de "For All We Shared" (1998), un de "Graveyard Star" (2021), un de "Heart Full of Sky" (2006), un de "Passengers" (2003),  un de "Sight of Day" (2017).

Plus surprenant, nous avons entendu "Deep in Borrowdale", un titre issu de "Go Well Diamond Heart" (2010), et en final "Tonight" issu de "The Ghost Moon Orchestra" (2012). A défaut de rééditer les anciens albums (dont ces deux-là) on peut se réjouir de les entendre sur scène. Ce faisant, ils ont modifié la liste qui était pourtant à leur pied ; j'en conserve toutefois la photographie.

L'auditoire n'a pas manqué de faire part bruyamment de son bonheur ; les remerciements sont réciproques.

PROGRAMME
ACTE 1:
1.      Let’s Take a Walk (Sea Water, 2025)
2.      Winter Dreaming (Sea Water, 2025)
3.      Deep in Borrowdale (Go Well Diamond Heart, 2010)
4.      Western Skies (White Rainbow, 2019)
5.      Why Do We Remember All the Rain (Sea Water, 2025)
6.      Future Is a Child (Sea Water, 2025)
7.      Silver Glass (Heart Full of Sky, 2006)
8.      The Night Sky (For All We Shared…, 1998).
ACTE 2:
9.      Distant Train (Passengers, 2003)
10.  My Home (Sea Water, 2025)
11.  When We Ran (Sea Water, 2025)
12.  If Only for a Day (Sea Water, 2025)
13.  Back in These Arms (Graveyard Star, 2021)
14.  Into the Stars (White Rainbow, 2019)
15.  Changing Lives (Sight of Day, 2017)
16.  White Rainbow (White Rainbow, 2019).
17.  Heroes Never Die (For All We Shared…, 1998).
RAPPEL :
18.  Tonight (The Ghost Moon Orchestra, 2012).

 

A l'échoppe, le t-shirt ne me séduit pas particulièrement et je reste donc sage. Les premiers albums, qui tardent à être réédités, m'auraient davantage tenté, assurément.

Je ne résiste pas à l'envie de m'approcher des artistes, toujours aussi accessibles après le concert, même s'ils doivent se dépêcher de remballer leur matériel, sans technicien logistique. J'ai pu répéter à Bryan, à Olivia, et Chris combien ils nous réjouissent avec leur musique…

Un dernier verre chez Paulette, quelques discussions entre amis et nous rentrerons sur Toul pour un sommeil bien mérité.

 


lundi 24 mars 2025

RENDEZVOUS POINT + TEMIC – LE BACKSTAGE BY THE MILL (Paris 18) – lundi 24 Mars 2025.

Voilà encore une salle que je ne connaissais pas. Les quelques concerts attractifs annoncés jusque-là ne m'avaient pas assez motivé pour venir dans une salle encore une fois située dans le Nord de la capitale…

Cette scène parisienne, bâtie sur les ruines de l’ancien MCM Café, voisine du mythique Moulin Rouge, se situe au fond du pub/restaurant O’Sullivans. Elle affiche une capacité de 400 places. 

Je visais cet évènement depuis sa publication, mais sans certitude ; j'ai tardé jusqu'à l'avant-veille pour me procurer le Sésame, car je n'étais pas sûr de me remettre rapidement de mes émotions d'une Convention de Marillion qui fut en, tous points, mémorable… Pourtant, j'y retrouve Axel et Marie-Antoinette, et Hervé ; nous serons donc au moins quatre à témoigner d'un éclectisme musical capable d'affronter des sonorités autrement plus metalliques !

Cette soirée s'inscrit dans une tournée commune RENDEZVOUS POINT / TEMIC qui comprend onze date du 19 au 30 mars. Elle est astucieusement intitulée "Theory of Dreams 2025 Tour", un montage des deux titres des albums respectifs en promotion.

Comme prévu les portes ouvrent à 18h. Je découvre une salle confortable et spacieuse. La soirée n'affiche pas complet, mais l'affluence semble garantir la rentabilité de l'évènement.

TEMIC [19h30-20h35].
https://www.temicband.com/

TEMIC est considéré comme un groupe norvégien. Cependant, si le chanteur Fredrik Bergersen Klemp (Maraton) et le batteur Simen Sandness (Shining et Arkentype) représentent une petite moitié de l'effectif, le reste est international. Le duo fondateur est constitué du claviériste mexicain Diego Tejeida (ex-Haken, vivant au Royaume-Uni), et du guitariste et multi-instrumentiste américain Eric Gilette (Neal Morse Band). En outre, TEMIC a annoncé sur son mur, le 31 août 2024, que le bassiste portugais Miguel Pereira est "officiellement bassiste permanent" ! (notons pourtant qu'à ce jour celui-ci n'est toujours pas nommé sur le site officiel).

Fondé en 2021, les origines de TEMIC remontent à 2017, lorsque Tejeida et Gillette ont parcouru le monde en tant que membres du groupe SHATTERED FORTRESS de Mike Portnoy. (…). Le duo s'est fixé pour objectif de créer un son "prog rock/métal moderne mélangé à de la musique électronique énergique". Le premier à rejoindre Tejeida et Gillette est le batteur Simen Sandness. C'est celui-ci qui a suggéré de recruter le chanteur de MARATON, Fredrik Bergersen Klemp, capable de délivrer des lignes vocales expressives et intenses requises pour l'orientation voulue par le groupe. Leur musique est clairement orientée métal progressif, tirant délibérément ses influences d'augustes prédécesseurs tels que HAKEN, LEPROUS, THRESHOLD ou DREAM THEATER.

Le premier album, "Terror Management Theory", est paru le 17 novembre 2023.

Je les ai vus à l'occasion de leur première prestation scénique, le samedi 3 février 2024, lors du Midwinter Festival d'Utrecht. Il faut dire que le producteur de TEMIC n'est autre que Rob Palmen, qui est aussi le coorganisateur du festival ; ça aide, forcément… Leur musique m'avait intéressé mais sans franchement m'enthousiasmer. Une deuxième prestation au Midsummer Festival le 29 juin 2024, ne m'avait pas davantage convaincu. Certes, les talents individuels sont indéniables, mais il ne ressortait pas vraiment d'originalité susceptible d'aiguiser mon attention ; les influences de Haken, et Sons of Appolo me semblaient trop flagrante.

Ce n'était pas un rejet, juste un intérêt relatif et modéré. "Jamais deux sans trois" dit-on ; Je les revois ainsi pour la troisième fois.

L'acoustique de la salle me semble très bonne et la sonorisation bien équilibrée. Un dispositif d'éclairage lumineux et coloré, a proportion de la petite scène, permet une bonne mise en valeur des artistes.

On l'aura compris, c'est plutôt circonspect et placide que j'aborde la prestation. Peut-être une question de contexte ou d'état d'esprit, mais cette fois, j'ai assez vite trouvé la Porte. TEMIC a sans doute bénéficié de mon besoin de metal en ce début de printemps… Mon appréciation a évolué favorablement avec les interventions d'Eric Gilette dont les soli incisifs ne peuvent laisser indifférent. Les accords de claviers de Diego Tejeida complètent avec brio et harmonie ceux de son complice. D'ailleurs cette complicité s'est exprimée durant un très joli duo de quelques trois minutes assez planantes, laissant un peu de répit à nos muscles.

Quant au chanteur, Fredrik Bergersen Klemp use de son timbre éloquent pour exprimer avec justesse une partition joliment complémentaire aux instrumentistes. D'un charisme charmant, il n'hésite pas à descendre en fosse (sur "Mothallah"), pour haranguer le public. La redoutable frappe de Simen Sandness contribue à remuer nos muscles et à maintenir notre tension. Les accords du bassiste Miguel Pereira sont efficacement rythmés pour accentuer le metal énergique délivré par le groupe ; l'homme semble investi pour continuer à officier parmi cet effectif de haut niveau. Une fugace bande-son aurait pu perturber ma perception, mais elle fut suffisamment discrète pour ne pas gêner ma susceptibilité de principe sur cet usage superflu.

Visiblement, une bonne part du public était venue pour vérifier la compétence de TEMIC dont c'est la première apparition en France. Des paroles sont scandées et la fosse est agitée de nuques martyrisées. Une belle ovation finale a permis aux musiciens de quitter la scène avec un franc sourire.

Le groupe nous déroule l'intégralité des dix titres de leur album "Terror Management Theory". Ce programme se termine ainsi fort opportunément sur "Mothallah" dont les harmonies et les soli constituent un point d'orgue très efficace pour leur soirée réussie. Klemp excelle une dernière fois pour faire chanter le refrain au public ravi !

PROGRAMME

  1. TMT (Terror Management Theory, 2023)
  2. Through the Sands of Time (Terror Management Theory, 2023)
  3. Falling Away (Terror Management Theory, 2023)
  4. Count Your Losses (Terror Management Theory, 2023)
  5. Skeletons (Terror Management Theory, 2023)
  6. Acts of Violence (Terror Management Theory, 2023)
  7. Friendly Fire (Terror Management Theory, 2023)
  8. Paradigm (Terror Management Theory, 2023)
  9. Once More (Terror Management Theory, 2023)
  10. Mothallah (Terror Management Theory, 2023). 

©Hervé / Mothallah


RENDEZVOUS POINT [21h-22h15]
https://rendezvouspointband.com/

Ce quintuor norvégien fut fondé à Kristiansand, en 2010. Les musiciens se sont rencontrés lorsqu'ils étudiaient la musique rythmique à l'université d'Agder. RENDEZVOUS POINT se définit comme "une bombe d'énergie féroce et percutante dans le domaine du métal progressif". On ressent fréquemment leurs influences énergiques et mélodiques scandinaves ; on pense bien sûr à LEPROUS surtout, et pas seulement en raison de son batteur.

RENDEZVOUS POINT est actuellement composé de Petter Walter Hallaråker (guitar), Nicolay Tangen Svennæs (claviers), Gunn-Hilde Erstad Haugen (basse), Baard Hvesser Kolstad (batterie, LEPROUS) et Geirmund Hansen (chant).

Le troisième album, "Dream Chaser", est paru le 21 juin 2024.

Je les ai découverts le lundi 5 octobre 2015 au Divan du Monde, alors qu'ils étaient les invités de LEPROUS, et qu'ils assuraient la promotion de leur premier album "Solar Storm". Puis, je les ai revus lors de leur promotion de "Universal Chaos", le dimanche 8 mars 2020 au Trianon, alors qu'ils étaient les invités d'ANATHEMA ; c'était d'ailleurs l'avant-dernier concert avant la Pandémie ! Et enfin ce samedi 25 janvier 2025, à l'occasion du récent Midwinter festival. Je les revois ainsi pour la quatrième fois.

Le titre "Don’t Look Up" débute puissamment le concert. La sonorisation et l'éclairage sont similaires au dispositif du précèdent groupe avec lequel la logistique semble mutualisée sur la tournée.

Pour distinguer la particularité de ces Vikings il faut absolument faire abstraction de leur filiation martelée par leur batteur Baard Hvesser Kolstad. La tentation est d'autant plus grande, que le personnage est très expressif lors de ses frappes vigoureuses et puissantes. Les rythmes sont syncopés et convulsifs avec la même énergie qu'au sein de Leprous. Cette filiation me parait particulièrement flagrante sur le titre "Apollo".

Cependant, il serait injuste de limiter notre appréciation à cet aspect, car le brave Geirmund Hansen chante avec conviction et justesse, sans trop chercher à imiter un certain Einar... Juste quelques intonations légitimes et sans prétention.

Le guitariste Petter Walter Hallaråker intervient opportunément pour relever les lignes mélodiques par des soli sensibles et emportés. La (très belle) bassiste Gunn-Hilde Erstad Haugen contribue efficacement à toutes les atmosphères percutantes des compositions ; son rôle partage même une fonction prépondérante avec celui de la batterie. Ses slaps martèlent vigoureusement le manche et accentuent cette base rythmique qui caractérise tant la musique de RVP. L'espace scénique laisse peu d'opportunité pour bouger ; la chorégraphie des deux guitaristes se limite à un échange méthodique et épisodique de leur place. Le claviériste Nicolay Tangen Svennæs est sans doute le plus discret physiquement, mais ses nappes n'en demeurent pas moins essentielles. Je souligne son interprétation remarquable de "Still Water" dont les sons d'un orchestre sont subtilement substitués.

Le public a manifestement était subjugué par la prestation. La puissance des chœurs remontant de la fosse en disaient longs sur la satisfaction générale.

Treize titres, sept issus "Dream Chaser" quatre de "Universal Chaos" et deux de "Solar Storm". Le titre "Still Water" m'a particulièrement ému. L'entrainant "Mirrors" a achevé de remuer l'auditoire qui a (h)ardemment contribué à entretenir l'ambiance festive jusqu'à la dernière note. Harangué il est vrai par Geirmund Hansen qui est brièvement descendu dans la fosse, avant (courageux mais pas téméraire !) de laisser le public se libérer dans un pogo énergisant !

Le salut final montre des sourires qui illustrent parfaitement cette soirée réussie.

PROGRAMME

  1. Don’t Look Up (Dream Chaser, 2024)
  2. Utopia (Dream Chaser, 2024)
  3. Digital Waste (Universal Chaos, 2019)
  4. Pressure (Universal Chaos, 2019)
  5. Fireflies (Dream Chaser, 2024)
  6. Oslo Syndrome (Dream Chaser, 2024)
  7. Universal Chaos (Universal Chaos, 2019)
  8. Presence (Dream Chaser, 2024)
  9. The Tormented (Dream Chaser, 2024)
  10. Still Water (Dream Chaser, 2024)
  11. Wasteland (Solar Storm, 2015)
  12. Apollo (Universal Chaos, 2019).

RAPPEL :

  1. Mirrors (Solar Storm, 2015).

©Hervé / /Still Water

© Hervé / Mirrors

A l'échoppe, je me procure le CD de TEMIC (20€) ; eh non, je ne l'avais pas encore… Il est prédédicacé, ce qui m'agace ; par principe je préfère obtenir la dédicace par moi-même !  Quant à celui de RENDEZVOUS POINT, je l'ai acquis en janvier à leur échoppe lors du Midwinter.

Comme à leur habitude, tous les musiciens des deux groupes se montrent disponibles et accessibles, dès la fin du concert, afin de discuter, signer des autographes et poser pour des autoportraits. Mais, je ne reste pas car je prévois au moins quatre-vingt minutes de trajets dans les transports en commun, pour rentrer chez moi. Dommage.

vendredi 21 février 2025

OPETH – Olympia (Paris 9e) – le vendredi 21 février 2025.

Le Last Will And Testament european Tour 2025, s'inscrit dans une vaste tournée mondiale que OPETH a débuté en octobre 2024. La promotion de leur quatorzième album, qui est paru le 22 novembre 2024, nous permet donc de revoir ces Suédois enfin, plus de deux années après leur dernier passage à Paris. Parmi les seize dates européennes, prévues du 9 février et le 2 mars 2025, onze dates ont été annoncé "complet", dont celle de l'Olympia. Fort heureusement j'ai acquis mon ticket dès le 28 aout 2024 !

Ce nouvel album m'a complétement séduit dès la première écoute ; il constitue à mes sens l'une de leurs meilleures créations, et me parait être un des meilleurs albums de l'année 2024. Mon intérêt porte essentiellement sur la musique, mais, s'agissant d'un album conceptuel, il convient de souligner le thème de l'opus : "The Last Will & Testament se déroule dans l’après-Première Guerre Mondiale. Il raconte l’histoire d’un riche patriarche conservateur dont les dernières volontés et le testament révèlent des secrets de famille choquants. Le récit se tisse au fil des confessions du patriarche, des réactions de ses enfants jumeaux et de la présence mystérieuse d’une jeune fille atteinte de polio dont la famille s’est occupée. L’album commence par la lecture du testament du père dans son manoir. Parmi les personnes présentes se trouve une jeune fille qui, bien qu’orpheline et atteinte de poliomyélite, a été élevée par la famille. Sa présence à la lecture du testament éveille les soupçons et les questions des jumeaux..."

Pour en revenir à la Musique, ma réelle aversion de base pour les voix gutturales s'est partiellement dissipée au fil des écoutes d'albums de TIAMAT, dès le début des années 90, puis de ceux d'OPETH. Cet exercice n'est toujours pas mon style favori, mais ces deux groupes suédois, ont eu l'intelligence de ne pas en abuser et au contraire de l'enrober dans de subtiles alternances d'atmosphères certes lugubres et terrifiantes mais séduisantes. Et désormais, j'en suis arrivé à me considérer comme privilégié d'être capable de percevoir tous les raffinements de la Musique créée par Mikael Åkerfeldt.

La prestation d'OPETH du 27 novembre 2008 à l'Elysée Montmartre, lors de sa tournée "Watershed", m'avait suffisamment séduit pour continuer l'expérience. Cependant, celle-ci aurait pu s'interrompre le 5 novembre 2014 au Bataclan, par la faute d'une mauvaise acoustique pour les auditeurs placés en mezzanine (fort heureusement, j'avais eu la bonne idée de descendre au niveau de la console avant la fin !). Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais déçu par le groupe et sa musique. Sa plus récente prestation parisienne, à la salle Pleyel, le 16 novembre 2022 fut un régal. Ce soir, c'est ainsi mon douzième concert…

©ph. Samuel


Avec mon fiston, nous pénétrons dans l'Olympia peu après l'ouverture des Portes, vers 18h40 et prenons place à nos risques et périls, dans la fosse aux lions, dans les cinq/six premiers rangs, face au micro central de la scène.


GRAND MAGUS [20h00-20h40].
https://www.grandmagus.com/  et https://grandmagusband.bandcamp.com/album/sunraven

EXTRAIT DE LA BIOGRAPHIE OFFICIELLE : Le groupe fondé à Stockholm, Suède a publié un premier album éponyme "Grand Magus", le 5 novembre 2001 sur Rise Above Records. L'album orienté doom metal, a commencé à agiter l'underground et est aujourd'hui considéré comme un album culte. Au fil des années, GRAND MAGUS a introduit un penchant pour le heavy metal classique qui, combiné à son groove inhérent, est devenu la signature du groupe. Les premiers signes de cette évolution se trouvent sur "Monument" (2003) et "Wolf's Return" (2005). Mais c'est en 2008, avec '"Iron Will"', que le groupe s'est imposé et a conquis le cœur des fans. En plus des innombrables concerts, dont une tournée avec ELECTRIC WIZARD et CATHEDRAL, il a joué un rôle clé dans l'ascension proéminente du groupe. L'album "Hammer Of The North" (2010) a continué sur cette lancée et le groupe a tourné avec d'autres légendes de la scène : MOTÖRHEAD et DORO PESCH. L'entrée dans le classement des albums allemands était inévitable. Il en va de même pour les trois albums suivants : "The Hunt" (2012), "Triumph And Power" (2014) et "Sword Songs" (2016). On peut dire qu'il en va de même avec "Wolf God (2019)".

Leur dixième album "Sunraven" est paru le 18 octobre 2024. https://metal.nightfall.fr/index_17205_grand-magus-sunraven.html 

Le trio se compose actuellement de Janne "JB" Christoffersson (ex Cardinal Fang et ex Spiritual Beggars, chant, guitare, depuis 1996), Fox Skinner (basse, chœurs, depuis 1996), et Ludwig "Ludde" Witt (batterie, depuis 2012).

LE CONCERT. Grâce à une sonorisation équilibrée, relativement puissante mais audible, et un éclairage sobre mais clair, les Vikings nous ont confirmé leur capacité à reprendre tous les principes fondateurs du heavy metal. Car effet, leur musique évoque de belles références traditionnelles, influencée par Judas Priest, Saxon, Black Sabbath. Mais GRAND MAGUS exprime cependant une musique et un son particulier, sans doute du fait de leur configuration en trio.

C'est très bien exécuté et donc convaincant. Devant une telle efficacité difficile de critiquer ; il me semble cependant qu'ils pêchent par un certain statisme qui contraste avec l'énergie qui se dégage de leurs titres. Mais bon, cet impression est sans doute subjective et injuste, ils ont probablement passé l'âge de faire les clowns sur scène. On peut dire qu'ils ont bien chauffé la salle ; à son invitation le public participé (h)ardemment aux chœurs !

Etonnamment d'ailleurs, quatre ou cinq hurluberlus particulièrement excités de (re)voir GRAND MAGUS se sont crus autorisés à bousculer tous les premiers rangs pour imposer leur fortes corpulences devant nous... mais uniquement durant la prestation de ce groupe. Fort heureusement, après avoir démontré leur exaltation et contribué à l'ambiance, ils sont partis, bon débarras, nous accordant ainsi de nouveau nos champs de vision.

Le groupe quitte la scène sous les acclamations ma foi méritées ; ils sont ravis, nous aussi.

Leur prestation a parcouru cinq albums, avec huit titres, dont deux de leur plus récente parution, "Sunraven".

PROGRAMME

  1. I, the Jury (Hammer Of The North, 2010)
  2. Skybound (Sunraven, 2024)
  3. Steel Versus Steel (Triumph And Power, 2014)
  4. Ravens Guide Our Way (Hammer Of The North, 2010)
  5. Sunraven (Sunraven, 2024)
  6. Untamed (Wolf God, 2019)
  7. Like the Oar Strikes the Water (Iron Will, 2008)
  8. Hammer of the North (Hammer Of The North, 2010).

OPETH [21h15-23h15]

Fondé en Suède par Mikael Åkerfeldt (guitare, depuis 1990, puis chant, depuis 1992), OPETH a connu de nombreux changements de musiciens. Une relative stabilité s'est établie depuis une quinzaine d'année. Il est entouré désormais de Martín Méndez (guitare basse, depuis 1997), Fredrik Åkesson (guitare, chœurs, depuis 2007) et Joakim Svalberg (clavier, synthétiseur, chœurs, percussions, depuis 2011), ainsi que Waltteri Väyrynen (batterie, percussion, depuis septembre 2022).

La sonorisation m'a semblé bien équilibrée et raisonnablement puissante ; mes protections auditives ne m'ont pas paru nécessaires. Un éclairage raffiné a mis en valeur toutes les nuances d'atmosphères, sans nuire à la visibilité. Un fond de scène était constitué d'un dispositif de plusieurs écrans de différentes tailles, répartis sur toute la largeur ; ils ont permis d'illustrer le plus souvent les titres du récent album.

Sans surprise, et pour le plus grand bonheur des plus anciens admirateurs, OPETH est revenu à un univers plus metal et plus puissant. Toutefois, le groupe conserve sa capacité à exprimer toutes ses nuances et ses complexités harmoniques, avec finesse et efficacité. Ce qui me séduit dans mon salon, continue dans cette fosse très agitée. Une puissance dévastatrice qui soudainement se calme, comme si on se trouvait au centre d'un cyclone. 

Les quatre titres du récent opus, somptueusement illustrés par les images sur les écrans, sont exprimés fidèlement et avec une grande maitrise. Je confirme l'émotion produite par les soli de Fredrik, sensibles et incisifs. Martín et Waltteri sont parfaitement coordonnés pour garantir une rythmique d'une redoutable efficacité. Joakim apporte l'onirisme et la délicatesse dans ce monde tenté par la brutalité.

Mikael quant à lui, m'impressionne toujours pour son aisance à alterner la voix claires et la voix gutturales, sans altérer la qualité du chant. A part cela, fidèle à lui-même, il demeure toujours très bavard entre les chansons. Peut-être trop, pour ceux qui ne maitrisent pas la langue de Shakespeare. Mais, de ce que je parviens à capter, il est tellement drôle et sincère, qu'on lui accorde volontiers ce droit, d'autant que la durée du concert est en proportion acceptable. Anecdote amusante, Mikael, emporté par son éloquence, s'est trompé dans la présentation d'un titre à venir ; avec une opportune sagacité, Martín vient lui rappeler l'ordre prévu, pour rétablir la situation. Autre anecdote, lorsque sa guitare le lâche en pleine prestation, et que son technicien se précipite pour lui remplacer, il n'omet pas de lui rendre un hommage appuyé, repris par le public qui ovationne et scande son prénom "Yyyyves" !

Bref l'ambiance était là, un bel échange entre les artistes qui expriment leur Art et les auditeurs qui renvoient leur satisfaction. Avec une ferveur qui m'a souvent éprouvé ; à mon âge, je commence à peiner à supporter les bousculades, même bienveillantes. D'autant moins que je conserve un esprit guerrier, qui tient son emplacement âprement. Mais au bout d'un moment je sature, et je confesse que cela est parfois de nature à contrarier ma perception du moment. A l'avenir, j'opterai probablement pour un supplément de frais afin de bénéficier d'une place plus calme… Mais mon combat parmi ces jeunes loups ne m'a pas abattu, puisque je me suis retrouvé au troisième rang, toujours face à Mikael ; bel exploit.

C'est ainsi que j'étais parfaitement placé pour assister au titre final que j'attendais ; "Deliverance", un puissant feu d'émotions, imparable ! Pourtant, comme son nom l'indique, cette délivrance finale est la bienvenue pour reposer le corps et l'esprit après deux heures de concert de très haute intensité !

Les ovations et la participation très physique d'un public exalté, ont démontré la satisfaction générale. On m'a rapporté que l'acoustique fut excellente en mezzanine également.  

Huit albums sont évoqués avec douze titres, dont quatre issus de "The Last Will & Testament", deux de "Deliverance", un de "Blackwater Park", un de "Damnation", un de "Ghost Reveries", un de "Heritage", un de "Morningrise", et un de "Sorceress". De manière plus anecdotique, le groupe joue une traditionnelle et amusante évocation de Napalm Death, avec "You Suffer", un titre aussi court que brutal.

PROGRAMME

Bande son introductrice :Seven Bowls (chanson d'Aphrodite’s Child)

  1. §1 (The Last Will & Testament, 2024)
  2. Master's Apprentices (Deliverance, 2002)
  3. The Leper Affinity (Blackwater Park, 2001)
  4. §7 (The Last Will & Testament, 2024)
  5. Häxprocess (Heritage, 2011)
  6. In My Time of Need (Damnation, 2003)
  7. The Night and the Silent Water (Morningrise, 1996)
  8. §3 (The Last Will & Testament, 2024)
  9. Ghost of Perdition (Ghost Reveries, 2005)
  10. A Story Never Told (The Last Will & Testament, 2024).

RAPPEL :

  1. Sorceress (Sorceress, 2016)
  2. Deliverance (Deliverance, 2002).

Cette fois encore, je suis sage et je ne cède pas aux tentations de l'échoppe. Les t-shirts sont pourtant tentants mais onéreux, à quarante euros ; c'est non. Heureux mais épuisés, je dirais même éreintés (...), nous passons notre chemin, pour nous engager sur une heure de trajet dans les transports nocturnes.