mardi 12 mai 2026

KARNIVOOL – Bataclan (Paris 11ème) – mardi 12 mai 2026.

 

Cette soirée pose de nouveau un cas de conscience aux mélomanes. La légende vivante, le guitariste virtuose Steve HACKETT joue ce soir à la salle PLEYEL, là-même où nous l'avions vu le 30 novembre 2021. J'aurais pu assister à mon cinquième concert du Monsieur. Il fallait donc arbitrer un dilemme insurmontable et décider la moins mauvaise solution…

L'album de KARNIVOOL "Sound Awake" m'avait séduit en 2019, mais il m'avait fallu attendre sa prestation du 29 juin 2024 pour les découvrir sur scène. Ce jour-là, KARNIVOOL a été le dernier groupe qui a foulé la scène du magnifique Openluchtheater de Valkenburg, dans le cadre du prestigieux Midsummer festival. Après six éditions, le festival a été contraint de déplacer ses rendez-vous annuels, pour une sombre querelle de voisinages … Il se tient désormais à Maastricht (…). Nous n'avions pas eu l'opportunité de revoir KARNIVOOL depuis.

Bref, ces Australiens se font rares dans nos contrées, d'autant plus qu'ils n'avaient rien produit en studio depuis treize années. Ian Kenny justifie cette attente en expliquant que les membres du groupe ont peu d'opportunité de se réunir pour écrire de la musique, car ils vivent éloignés les uns des autres. L'écoute du quatrième album, intitulé "In Verses" (Notez l'astuce ; les initiales du titre évoquent opportunément "quatre" en chiffres romains !), qui est paru le 6 février 2026, m'a finalement convaincu d'acquérir le ticket. Parmi les vingt-deux dates de leur tournée européenne "In Verses Tour 2026", débutée le 14 avril à Copenhague (Amager Bio), deux étapes sont inscrites en France, dont une à Paris. Elle se terminera le 15 mai à Manchester (Academy).

Après une pause de trois semaines dans mon calendrier des concerts, KARNIVOOL avec son metal progressif devrait me distraire d'une sinistre actualité (…). Depuis quatre décennies, j'ai sans doute manqué beaucoup de grands évènements au Bataclan ; CAMEL, PENDRAGON pour ne citer qu'eux. Nonobstant, j'y reviens avec nostalgie, pour une vingt-troisième soirée depuis le 21 mars 1981. Après ce mémorable concert d'IRON MAIDEN, je n'oublie pas toutes ces belles émotions vécues ici avec MOTÖRHEAD, UFO, FRANK MARINO, OPETH, MARILLION, PORCUPINE TREE, ANATHEMA et tant d'autres. Pourtant, je n'étais pas revenu au Bataclan depuis le 10 décembre 2022 (CLUTCH).

J'arrive pour l'ouverture des portes (18h30) ; étonnamment la file d'attente est maigre. En fait, le Bataclan sera bel et bien rempli, mais les gens arrivent à la dernière minute, en ce jour de semaine. Mon fils ainé me rejoint à temps pour me payer une excellente IPA avant d'intégrer la fosse à une position excellente, au troisième rang, légèrement excentré sur notre droite. En fosse, je ne reconnais personne de notre microcosme, dont la plupart est à la salle Pleyel. Toutefois, mon t-shirt de Leprous permet de m'identifier auprès d'un ami virtuel de longue date que je suis ravi de rencontrer enfin !

INTERVALS [19h30-20h15].
https://intrvls.com/
https://www.youtube.com/@Intervalsmusic
https://intervalsmusic.bandcamp.com/album/memory-palace

Ce groupe canadien était totalement inconnu à mon répertoire. J'apprends qu'il fut fondé en 2011, à Toronto (Ontario). Il exprime un metal progressif instrumental. Le guitariste Aaron Marshall en est à l'origine, après avoir quitté son ancien groupe, Speak of the Devil. Il est actuellement entouré de Nathan Bulla (batterie, depuis 2016), Jacob Umansky (basse, depuis 2017), Travis LeVrier (guitares, depuis 2019). Fait notable, entre autres collaborations, le guitariste Plini Roessler-Holgate a également œuvré avec le groupe en 2016.

Son cinquième album, intitulé "Memory Palace" est paru le 17 mai 2024. L'album me semble mal distribué, en tous cas présent uniquement en téléchargement sur leur site officiel, bandcamp, amazon…

Ce que j'ai écouté en préalable m'a séduit. Les commentateurs leur confère le style étiqueté "math metal progressif", soit. Ces sonorités me rappellent celles exprimées par bien d'autres groupes que j'ai vus ces dernières années, surtout à l'occasion de festivals. J'ai assisté avec plaisir aux prestations virtuoses de SPECIAL PROVIDENCE, ANIMALS AS LEADERS, PYMLICO, PLINI, ou encore THE NIGHT VERSES, APOCALYPTICA, OZRIC TENTACLES et J-M. JARRE. D'ailleurs, j'assisterais volontiers à un concert de POLYPHIA ou de LTE.

Bref, fort de mes expériences auditives, je me prête volontiers à cette séquence. Avec cependant une pointe d'inquiétude sur la tournure parfois rébarbative que peut prendre un tel exercice. Rapidement, mes doutes et mes préjugés nocifs s'émancipent par la grâce des talents conjugués par les quatre protagonistes ! L'absence de chant laisse la place à des mélodies instrumentales énergiques et très techniques. Sans connaitre parfaitement leur répertoire, j'ai pourtant pris un énorme plaisir et écouter ce bal des notes tourmentées.

Cette séduction fut aidée par une sonorisation parfaitement adaptée, permettant de percevoir chaque pupitre très distinctement. Je n'ai jamais ressenti  le besoin de me protéger les oreilles, ce qui m'a permis d'écouter toutes les finesses des interventions. L'éclairage, limité au dispositif prévu pour cette première partie, a permis toutefois de bien distinguer les musiciens. En fond de scène, un drap étendu sur toute la largeur montre des symboles liés au groupe.

Une bonne part du public semblait être venue en connaissance de cause. Les corps se mouvaient et les acclamations s'exprimaient avec une conviction préétablie évidente. Une ambiance à laquelle je me suis joint volontiers, je fus conquis par cette aisance à faire voyager les esprits dans un équilibre de puissance et de technicité.

INTERVALS nous a proposé un florilège de leurs albums avec huit titres, dont cinq issus de "Memory Palace".

PROGRAMME

  1. Neurogenesis (Memory Palace, 2024)
  2. Nootropic (Memory Palace, 2024)
  3. Galaxy Brain (Memory Palace, 2024)
  4. Leave No Stone (The Way Forward, 2017)
  5. Mata Hari (In Time, mini album 2012)
  6. Epiphany (In Time, 2012)
  7. mnemonic (Memory Palace, 2024)
  8. Chronophobia (Memory Palace, 2024).

Un tour à l'échoppe accentue mon incompréhension sur leur politique commerciale ; pas de CD à vendre.

KARNIVOOL [20h45-22h15]
www.karnivool.com.au

Le quintuor, originaire de Perth (Australie) a été fondé en 1997. A l'époque, Ian Kenny (chant, depuis 1997), et Andrew "Drew" Goddard (guitare, chant, depuis 1997) décidèrent de rebondir après une expérience musicale de lycéens qui leur valut d'être qualifiés de clowns ; d'où le nom ultérieur de KARNIVOOL. Il fil du temps, il affirme un style plus convaincant et parviennent à stabiliser une formation ; ils sont désormais entourés de Jon Stockman (basse, depuis 2000), Mark Hosking (guitare, chant, depuis 2003) et Steve Judd (batterie, depuis 2004).

La sonorisation est d'abord un peu confuse ; nous ne percevons pas la voix. Fort heureusement, l'équilibre des pupitres est très vite atteint. Le son est puissant mais clair et sans excès, ce qui m'épargne les protections et me permet de distinguer toutes les subtilités exprimées par le quintuor. Le fond de scène est constitué d'une image évoquant le thème du dernier album.

Mes impressions ressenties au Midsummer se confirme et s'amplifie ici. Les atmosphères lourdes et puissantes me rappellent souvent celles exprimées par KATATONIA, TOOL, AUDREY HORNE. L'ambiance monte très vite, et la fosse s'agite (h)ardemment ! Les bousculades bienveillantes m'atteignent peu cependant.

Les musiciens sont relativement statiques et la musique montre peu d'individualité, à l'exception du chanteur charismatique et expressif dont le timbre de voix envoute les esprits. La section rythmique m'a particulièrement marqué ; la basse (à six cordes) et la batterie ont parfaitement accentué les sensations.

Je me joins donc volontiers à l'enthousiasme collectif de mélomanes exaltés ; les nuques et les cordes vocales sont mises à rude J'ai tout particulièrement apprécié le titre "New Day", qui me hante depuis que je connais le groupe ; la puissance désespérée de ce titre emporte définitivement le public qui chante à gorge déployée. Le concert se termine idéalement avec "Opal" et "Salva" qui me semblent en effet les meilleurs titres de leur album récent.

Les quatre-vingt-dix minutes sont passées bien trop vite ; en dépit d'un rappel, on aurait bien continué la fête un peu plus !

Visite quatre albums avec quatorze titres, dont sept issus de "In Verses".

PROGRAMME

  1. Ghost (In Verses, 2026)
  2. Simple Boy (Sound Awake, 2009)
  3. Aozora (In Verses, 2026)
  4. Goliath (Sound Awake, 2009)
  5. Drone (In Verses, 2026)
  6. We Are (Asymmetry, 2013)
  7. Deadman (Sound Awake, 2009)
  8. All It Takes (In Verses, 2026)
  9. Animation (In Verses, 2026)
  10. Themata (Themata, 2005)
  11. Roquefort (Themata, 2005)
  12. New Day (Sound Awake, 2009)

RAPPEL :

  1. Opal (In Verses, 2026)
  2. Salva (In Verses, 2026).

Je me rue à l'échoppe, déjà bien encombrée d'admirateurs, et je me procure le Cd du récent album (20€).


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