Cette soirée pose de nouveau un cas de conscience aux
mélomanes. La légende vivante, le guitariste virtuose Steve HACKETT joue ce
soir à la salle PLEYEL, là-même où nous l'avions vu le 30 novembre 2021. J'aurais
pu assister à mon cinquième concert du Monsieur. Il fallait donc arbitrer un
dilemme insurmontable et décider la moins mauvaise solution…
L'album de KARNIVOOL
"Sound Awake" m'avait séduit
en 2019, mais il m'avait fallu attendre sa prestation du 29 juin 2024 pour les découvrir sur scène. Ce jour-là, KARNIVOOL a été le dernier groupe qui a
foulé la scène du magnifique Openluchtheater
de Valkenburg, dans le cadre du prestigieux Midsummer festival. Après six éditions, le festival a été
contraint de déplacer ses rendez-vous annuels, pour une sombre querelle de
voisinages … Il se tient désormais à Maastricht (…). Nous n'avions pas eu
l'opportunité de revoir KARNIVOOL
depuis.
Après une pause de trois semaines dans mon calendrier
des concerts, KARNIVOOL avec son metal
progressif devrait me distraire d'une sinistre actualité (…). Depuis quatre
décennies, j'ai sans doute manqué beaucoup de grands évènements au Bataclan ; CAMEL, PENDRAGON pour ne citer
qu'eux. Nonobstant, j'y reviens avec nostalgie, pour une vingt-troisième soirée
depuis le 21 mars 1981. Après ce mémorable concert d'IRON MAIDEN, je
n'oublie pas toutes ces belles émotions vécues ici avec MOTÖRHEAD, UFO, FRANK
MARINO, OPETH, MARILLION, PORCUPINE TREE, ANATHEMA et tant d'autres. Pourtant,
je n'étais pas revenu au Bataclan depuis le 10 décembre 2022 (CLUTCH).
J'arrive pour l'ouverture des portes (18h30) ; étonnamment
la file d'attente est maigre. En fait, le Bataclan sera bel et bien rempli,
mais les gens arrivent à la dernière minute, en ce jour de semaine. Mon fils
ainé me rejoint à temps pour me payer une excellente IPA avant d'intégrer la
fosse à une position excellente, au troisième rang, légèrement excentré sur
notre droite. En fosse, je ne reconnais personne de notre microcosme, dont la
plupart est à la salle Pleyel. Toutefois, mon t-shirt de Leprous permet de m'identifier
auprès d'un ami virtuel de longue date que je suis ravi de rencontrer enfin !
INTERVALS [19h30-20h15].
https://www.youtube.com/@Intervalsmusic
https://intervalsmusic.bandcamp.com/album/memory-palace
Ce groupe canadien était totalement inconnu à mon répertoire. J'apprends qu'il fut fondé en 2011, à Toronto (Ontario). Il exprime un metal progressif instrumental. Le guitariste Aaron Marshall en est à l'origine, après avoir quitté son ancien groupe, Speak of the Devil. Il est actuellement entouré de Nathan Bulla (batterie, depuis 2016), Jacob Umansky (basse, depuis 2017), Travis LeVrier (guitares, depuis 2019). Fait notable, entre autres collaborations, le guitariste Plini Roessler-Holgate a également œuvré avec le groupe en 2016.
Ce que j'ai écouté en préalable m'a séduit. Les commentateurs
leur confère le style étiqueté "math
metal progressif", soit. Ces sonorités me rappellent celles exprimées
par bien d'autres groupes que j'ai vus ces dernières années, surtout à
l'occasion de festivals. J'ai assisté avec plaisir aux prestations virtuoses de
SPECIAL PROVIDENCE, ANIMALS AS LEADERS, PYMLICO, PLINI, ou encore THE NIGHT
VERSES, APOCALYPTICA, OZRIC TENTACLES et J-M. JARRE. D'ailleurs, j'assisterais volontiers
à un concert de POLYPHIA ou de LTE.
Bref, fort de mes expériences auditives, je me prête
volontiers à cette séquence. Avec cependant une pointe d'inquiétude sur la
tournure parfois rébarbative que peut prendre un tel exercice. Rapidement, mes doutes
et mes préjugés nocifs s'émancipent par la grâce des talents conjugués par les
quatre protagonistes ! L'absence de chant laisse la place à des mélodies
instrumentales énergiques et très techniques. Sans connaitre parfaitement leur
répertoire, j'ai pourtant pris un énorme plaisir et écouter ce bal des notes
tourmentées.
Cette séduction fut aidée par une sonorisation
parfaitement adaptée, permettant de percevoir chaque pupitre très distinctement.
Je n'ai jamais ressenti le besoin de me
protéger les oreilles, ce qui m'a permis d'écouter toutes les finesses des
interventions. L'éclairage, limité au dispositif prévu pour cette première
partie, a permis toutefois de bien distinguer les musiciens. En fond de scène,
un drap étendu sur toute la largeur montre des symboles liés au groupe.
Une bonne part du public semblait être venue en
connaissance de cause. Les corps se mouvaient et les acclamations s'exprimaient
avec une conviction préétablie évidente. Une ambiance à laquelle je me suis joint
volontiers, je fus conquis par cette aisance à faire voyager les esprits dans
un équilibre de puissance et de technicité.
INTERVALS nous a proposé un florilège de leurs albums
avec huit titres, dont cinq issus de "Memory Palace".
PROGRAMME
- Neurogenesis (Memory Palace, 2024)
- Nootropic (Memory Palace, 2024)
- Galaxy Brain (Memory Palace, 2024)
- Leave No Stone (The Way
Forward, 2017)
- Mata Hari (In Time, mini
album 2012)
- Epiphany (In Time, 2012)
- mnemonic (Memory Palace, 2024)
- Chronophobia (Memory Palace, 2024).
Un tour à l'échoppe accentue mon incompréhension sur leur politique commerciale ; pas de CD à vendre.
KARNIVOOL [20h45-22h15]
La sonorisation est d'abord un peu confuse ; nous ne
percevons pas la voix. Fort heureusement, l'équilibre des pupitres est très
vite atteint. Le son est puissant mais clair et sans excès, ce qui m'épargne
les protections et me permet de distinguer toutes les subtilités exprimées par
le quintuor. Le fond de scène est constitué d'une image évoquant le thème du
dernier album.
Mes impressions ressenties au Midsummer se confirme et
s'amplifie ici. Les atmosphères lourdes et puissantes me rappellent souvent
celles exprimées par KATATONIA, TOOL, AUDREY HORNE. L'ambiance monte très vite,
et la fosse s'agite (h)ardemment ! Les bousculades bienveillantes m'atteignent
peu cependant.
Les musiciens sont relativement statiques et la musique
montre peu d'individualité, à l'exception du chanteur charismatique et expressif
dont le timbre de voix envoute les esprits. La section rythmique m'a
particulièrement marqué ; la basse (à six cordes) et la batterie ont parfaitement
accentué les sensations.
Je me joins donc volontiers à l'enthousiasme collectif de mélomanes exaltés ; les nuques et les cordes vocales sont mises à rude J'ai tout particulièrement apprécié le titre "New Day", qui me hante depuis que je connais le groupe ; la puissance désespérée de ce titre emporte définitivement le public qui chante à gorge déployée. Le concert se termine idéalement avec "Opal" et "Salva" qui me semblent en effet les meilleurs titres de leur album récent.
Les quatre-vingt-dix minutes sont passées bien trop
vite ; en dépit d'un rappel, on aurait bien continué la fête un peu plus !
Visite quatre albums avec quatorze titres,
dont sept issus de "In Verses".
PROGRAMME
- Ghost (In Verses, 2026)
- Simple Boy (Sound Awake,
2009)
- Aozora (In Verses, 2026)
- Goliath (Sound Awake, 2009)
- Drone (In Verses, 2026)
- We Are (Asymmetry, 2013)
- Deadman (Sound Awake, 2009)
- All It Takes (In Verses, 2026)
- Animation (In Verses, 2026)
- Themata (Themata, 2005)
- Roquefort (Themata, 2005)
- New Day (Sound Awake, 2009)
RAPPEL :
- Opal (In Verses, 2026)
- Salva (In Verses, 2026).
Je me rue à l'échoppe, déjà bien encombrée d'admirateurs, et je me procure le Cd du récent album (20€).








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