samedi 19 juillet 2025

IRON MAIDEN – La Défense Arena de Nanterre (92) – samedi 19 et dimanche 20 juillet 2025.

Je reviens contre mon gré dans cette arène sportive. J'ai hélas déjà eu l'occasion de confirmer qu'elle est davantage adaptée pour brailler un soutien lors d'une compétition que pour écouter notre Musique. Mes expériences pour RAMMSTEIN et GENESIS, certes à des degrés divers, ne m'avaient pas donné l'envie d'y revenir a priori… Mais pour assister aux concerts d'IRON MAIDEN, j'ai vécu pires aventures ! (…)

Une fois de plus et sans surprise, durant les deux soirées, la réverbération du son a nui à l'acoustique, en dépit des efforts d'équilibrage des pupitres par l'ingénieur du son. L'ampleur du son fut perçue différemment selon l'emplacement du spectateur, sa perception fut plus ou moins décalée. Je rapporte cette sensation à la fois de mon expérience personnelle sur les deux jours, mais aussi des témoignages recueillis. En secteur prestige, le samedi cela restait correct. Mais le lendemain, en secteur tribune basse, davantage éloigné de la scène, le décalage systématique entre la cadence et les pupitres fut parfois à la limite du supportable.

Pour apprécier les deux concerts, il fallait avant tout admettre cette pénalité. Avec un minimum de bonne volonté, mes oreilles ont fini par s'y faire bon gré, mal gré. Heureusement, car par ailleurs, cet évènement aura été mémorable !


LEUR HISTOIRE DANS MON HISTOIRE. Steve Harris avait dix-neuf ans lorsqu'il a fondé IRON MAIDEN en 1975, à Leyton, dans l'est de Londres ; il n'imaginait probablement pas le développement de son projet. Alors que son groupe débutait dans le pub "Cart and Horses" à Stratford, pouvait-il concevoir la perspective de cinq décennies passées à sillonner la planète, pour promouvoir dix-sept albums enregistrés en studio, relayés par moult enregistrements audio et vidéo. Comme souvent, un engrenage de circonstances et de rencontres a contribué à construire un univers musical et visuel. Parmi celles-ci, Derek Riggs avec qui il a conçu dès 1979, la mascotte légendaire, Eddie, dont l'iconographie exploitée sur scène et dans les médias, a participé à la notoriété du groupe.

A l'instar de beaucoup, je fus emporté dans cette enivrante spirale. Mes aînés m'avaient pourtant prévenu ; les années passent à une vitesse vertigineuse. Cela fait déjà près de quarante-cinq années que ces maudits Anglais ont contribué à m'ouvrir un univers obsédant, dans un sillage déjà creusé par d'autres énervés. N'oublions pas qu'IRON MAIDEN est un des vecteurs de la très fameuse NWOBHM, autrement dit, la "nouvelle vague de heavy metal britanique".

Chacun grandit avec ses icônes contemporaines. Moi, c'est notamment avec IRON MAIDEN, qui m'évoque MES années 80, celles de mon adolescence. Avec davantage de constance qu'AC/DC (et ce n'est pas rien de le dire !), IRON MAIDEN a accompagné et soutenu lors de nombreuses étapes dans ma vie, comme une médecine alternative, une musicothérapie. La plupart des concerts de la Vierge de Fer me rappellent des souvenirs particuliers, et cela dépasse largement le strict cadre musical (…).

Passons sur le choc subi lorsque Didier F. cet ami bien inspiré de l'époque posa sur la platine de sa chaine hi-fi, dans le salon de ses parents, le vinyle du tout premier opus de la Dame de Fer (…). Je me contente ici de rappeler le cataclysme culturel que j'ai vécu en ce jour printanier du samedi 21 mars 1981 au Bataclan, à l'occasion de leur tournée "Killers". Certes, dans les quelques semaines qui avaient précédé, je venais d'assister au dantesque concert d'AC/DC le 29 novembre 1980 au Bourget, qui m'avait déjà ouvert les Portes de la Perdition ; puis je m'étais exalté avec TELEPHONE le 17 février 1981 au Palais des Sports. Mais là, avec ce concert survolté d'IRON MAIDEN, … clairement je pénétrais dans une autre dimension !

Visiblement, je ne m'en suis toujours pas remis. Je guette chaque tournée et chaque occasion festivalière de les revoir. Les nombreuses aventures liées à mes participations à leurs concerts seraient trop longues à relater ici ! L'après-midi sur 21 mars 1981 passée dans les locaux du Quai des Orfèvres, la nuit du 24 mars 1982 amené en panier à salades au commissariat du 12e arrondissement de Paris, les deux Monsters of Rock de Castle Donington, les onze concerts étourdissants vus à Bercy, les deux Zénith de Paris …ect.

En dernier lieu, le samedi 17 juin 2023, j'ai bravé, à mes risques et périls, la folie de dizaines de milliers de festivaliers hystérisés au Hellfest, en m'obstinant à m'accrocher au deuxième rang. J'étais ressorti de cette expérience littéralement vidé, exténué. Ce guet ne fut toutefois pas infaillible puisque, le 30 juin 2023, j'ai stupidement manqué l'occasion de les revoir à Manchester ; avec un peu plus de perspicacité, nous aurions dû/pu rester une journée de plus, après d'autres émotions musicales (…). Bref, quoi qu'il en soit, ce 19 juillet me permettra d'assister une vingt-quatrième fois à un de leurs concerts (dont six en festival) ; une nouvelle étape qui anime une charge émotive que je ne cache pas…

J'avais hâte de les revoir dans des conditions moins …éreintantes.

De surcroit, une fois n'est pas coutume (…), IRON MAIDEN sera précédé d'un groupe qui nous semble digne d'intérêt. En effet, nous revoyons AVATAR pour la quatrième fois ; jusqu'à présent ces Vikings ne nous ont pas déçu en concert.

Je ressens toujours le même plaisir de participer à ces grand-messes, vers lesquelles convergent des milliers de mélophiles vêtus de t-shirts, et de vestes à patch ; cela me rassure. Pour la présente occasion, force est de constater la grande diversité d'imagerie à la gloire d'IRON MAIDEN. Impressionnant ! Pour ma part, j'avais enfilé le t-shirt spécialement édité pour leur prestation du HellFest 2023, mon concert le plus récent avec eux.

Arrivé sur le site de La Défense, on doit s'insérer dans une dantesque file d'attente ; Elle débute bien avant le parvis de l'arène !! Mais bon, elle a le mérite d'avancer relativement vite. Les contrôles s'avèrent pragmatiques et rapides. Le concert, réputé complet (aujourd'hui et demain), est censé se produire devant plus de quarante mille personnes, d'après la capacité officiellement affichée par la salle.

Dès le 23 septembre 2024, moi et ma P'tite Fée avions délégué à un couple d'amis, la mission d'acquérir nos tickets pour le samedi 19. Pour une fois, nous avons opté pour un placement de prestige (E60/P116/R23/P21 & 22), afin de nous accorder la moins mauvaise place possible… Le fait est que nous sommes excellemment positionnés, compte tenu de la configuration de l'ovale ; la diagonale vers la scène n'est pas trop écrasée et nous permet une très bonne visibilité de l'ensemble de la scène. En outre, notre rangée de sièges surplombe la cage d'escalier ; ce qui dégage totalement notre point de vue, sans crainte subir des gaillards relevés devant nous (ce qui est la spécialité de ma P'tite Fée) ! Détails confortable, un rebord de balcon nous permet de déposer nos gobelets ; parfait ! Ces places numérotées ont également l'avantage d'autoriser, sans crainte de replacement aléatoire, d'aller chercher nos boissons. Les gobelets sont à collectionner ; magnifiquement illustrés à l'effigie d'Eddie, sur trois modèles différents ; Acte de bravoure indéniable en toute modestie, il m'aura fallu siffler trois bières pour les collecter.

On se dépêche de visiter l'échoppe officielle. Les t-shirts sont beaux, attrayants mais onéreux ; moyennant 50 € je prends un exemplaire pour ma p'tite Fée, mais je m'abstiens de tout excès. Les miens me suffiront compte tenu de ce cout que j'estime excessif.

Les conditions sont donc quasi idéales, dans ce contexte, même si l'oreille devra bien évidemment s'adapter à l'acoustique de cette arène… Il reste donc à évaluer les balances pour des pupitres audibles.


AVATAR [19h30-20h15].
https://avatarmetal.com/

BREVE BIO : Le quintuor suédois, originaire de Göteborg, a été fondé en 2001 par le batteur John Alfredsson et le guitariste Jonas "Kungen" Jarlsby. Après une phase toujours un peu pénible de chaises musicales inhérente à la genèse, le groupe se stabilise en décembre 2011, lorsque Tim Ohrstrom remplace le guitariste Simon Andresson. Puis le groupe évolue, visuellement et musicalement. Le chanteur Johannes Eckerström se grime alors en clown, à l'occasion du tournage du clip de "Black Waltz" (sur le thème d'une troupe d'artistes de cirque qui montrent leurs étonnants talents).

Leur neuvième album "Dance Devil Dance" est paru le 17 février 2023. Toujours sur un rythme effréné, un dixième est déjà en gestation, puisqu'ils sont rentrés en studio en janvier 2025. Mais sa tournée promotionnelle est déjà bien engagée. Depuis ce 5 juillet à Madrid, AVATAR a accroché son wagon au train fou d'IRON MAIDEN. A l'instar de la précédente tournée, je suis impressionné par la longueur de son calendrier, qui sera interrompu seulement en septembre 2025 et en janvier 2026 ; il s'étend à ce jour avec plus de soixante-douze dates déjà prévues jusqu'au 5 juillet 2026 à Londres ! Quelle santé !!

AVATAR se compose actuellement de Jonas "Kungen" Jarlsby (guitares, 2001), John Alfredsson (batterie, depuis 2001), Johannes Eckerström (chant, trombone et claviers, depuis 2002), Henrik Sandelin (basse, chœurs, depuis 2003) et Tim Öhrström (guitares, chœurs, depuis 2011).

A priori, je n'étais pas enclin à apprécier ce groupe, car le chant n'est pas de nature à me séduire, en tant qu'amateur de belles voix. Mais de bonnes âmes ont tellement insisté pour que j'y prête une oreille plus attentive que j'ai fini par apprécier leur conception d'un "death metal" mélodique, agrémenté d'un heavy metal puissant et ciselé. En outre, les vidéos promotionnelles de Johan Carlén sont très soignées, avec beaucoup d'humour et de dérision. Enfin, c'est leur prestation à la fois dantesque, loufoque et captivante du dimanche 26 juin 2022 au Hellfest, qui a achevé de nous magnétiser. Le quintuor démontre sur scène son efficacité, par une maitrise technique, une réelle harmonie entre les pupitres et de surcroit une mise en scène fantaisiste. Leur son lourd et puissant provoque irrésistiblement l'ébullition du public. Le charisme des musiciens, en particulier celui du facétieux et extravagant Johannes Eckerström, est fascinant. Ce dernier trahit de nouveau un de mes paradoxes ; sa voix peut rebuter par sa rugosité, par l'expression d'une folie inquiétante et pourtant je retiens une réelle cohérence avec l'univers développé.

La sonorisation de cette maudite enceinte s'avère acceptable depuis notre point de perception. Certes, le son résonne fatalement mais les pupitres sont distinctement audibles et c'est le principal, après tout ! Mon appréciation sur leur prestation de ce jour est heureusement conforme aux précédentes.

Un manutentionnaire dépose un carton (sans fond) au pied de la batterie. Johannes semble sortir de la boite, (du dessous de la sous-scène), l'illusion est jouissive ! Tu veux un ballon ? Puis, la machine est enclenchée ; nous retrouvons cette puissance dévastatrice ponctuée de séquences circassiennes déstabilisantes. Derrière une brutalité musicale se dévoilent de magnifiques segments mélodiques joués aux guitares. Ces contrastes de puissance mélodique continuent de me rappeler d'autres Suédois ; ARCH ENEMY et (les débuts de) TIAMAT.

Des deux nouveaux titres, je préfère "Captain Goat", plus mélodique que "In the Airwaves".

Manifestement, une bonne part du public découvre ces Suédois, et finit par acclamer bruyamment la prestation. Je suppose qu'ils ont su séduire de nouveau métallos ce soir.

Ce puissant maelström musical nous a proposé huit titres dont deux nouveaux et six issus de quatre de leurs neuf albums antérieurs. Deux titres sont issus de "Dance Devil Dance", deux de "Hail the Apocalypse", un de "Black Waltz", un de "Feathers & Flesh".

PROGRAMME
Bande-son introductive : "Beware of the Clown" (The Damned)

  1. Dance Devil Dance (Dance Devil Dance, 2023)
  2. The Eagle Has Landed (Feathers & Flesh, 2016)
  3. In the Airwaves (à paraitre, 2025)
  4. Bloody Angel (Hail the Apocalypse, 2014)
  5. The Dirt I'm Buried In (Dance Devil Dance, 2023)
  6. Captain Goat (à paraitre, 2025)
  7. Smells Like a Freakshow (Black Waltz, 2012)
  8. Hail the Apocalypse (Hail the Apocalyps, 2014).

 Notre calendrier est d'ores et déjà coché à la date du samedi 7 mars 2026 ; ils sont prévus au Zénith de Paris - La Villette.

L'entracte me permet de revoir des amis de longue date, dans les coursives. Beau moment de convivialité dans un état d'exaltation générale.


IRON MAIDEN [21h-23h].

La présente tournée mondiale est intitulée "Run for Your Lives World Tour". Sa partie européenne comprend à ce jour trente-deux dates ; elle a débuté le 27 mai 2025 à Budapest, en Hongrie, et se terminera le 2 aout 2025 à Varsovie. Il s'agit là de commémorer le demi-siècle de carrière du groupe. Ce qui exclut leur dix-septième opus, "Senjutsu " qui est paru le 3 Septembre 2021.

Alors que la bande son introductive clame puissamment l'hymne "Doctor, Doctor" de UFO, je sens l'émotion me prendre à la gorge. Les cinq décennies passées remontent en mémoire. Ce sont un peu des grands frères ; même s'ils sont légèrement plus âgés que moi, je me considère un peu de leur génération. Le fondateur, le bassiste Stephen Percy Harris, est né le 12 mars 1956 (69 ans). Il demeure fidèlement accompagné depuis 1976 par le guitariste David Michael Murray, né le 23 décembre 1956 (68 ans). Un peu moins fidèles mais finalement toujours au poste, nous retrouvons Adrian Frederick Smith, né le 27 février 1957 (68 ans), guitariste de 1980 à 1990 et depuis 1999, et Paul Bruce Dickinson, né le 7 août 1958 (66 ans), chanteur de 1981 à 1993, et depuis 1999.

Selon moi, le groupe aurait dû rester en quintuor, l'essence même de son existence. Le son de cette époque me parait plus incisif et moins confus. Mais, en 1990, le départ d'Adrian avait nécessité le recrutement de Janick Robert Gers, né le 27 janvier 1957 (68 ans). Au retour d'Adrian en 1999, on peut supposer qu'humainement il aurait semblé ingrat de débarquer Janick. C'est ainsi qu'est apparu un sixième pupitre.

La nouveauté sur cette tournée c'est l'absence de Nicko McBrain, qui était le batteur d'Iron Maiden depuis 1982 ; il avait succédé au déjà excellent Clive Burr. On a beau se persuader qu'il est préférable arrêter avant de défaillir ; il n'en demeure pas moins que revoir Maiden sans lui, c'est un peu dur… Nicko a sagement préféré déposer ses baguettes, à 72 ans ; son ultime concert a eu lieu le 7 décembre 2024 à São Paulo. Dès le lendemain, Steve Harris a désigné officiellement son remplaçant ; c'est Simon Dawson, (66 ans), le batteur de son groupe parallèle, BRITISH LION.

L'hommage à UFO se termine, une autre bande introductive recadre la période qui va être évoquée, c'est celle qui ouvre l'album "Killers". Les premières images diffusées évoquent astucieusement les débuts de l'aventure du groupe. Tels que le pub Cart and Horses de leurs premiers concerts, les allusions aux titres emblématiques des premiers opus…

La sonorisation ne me décevra pas, (hormis encore une fois l'acoustique résonnante du lieu) les musiciens expriment leur art avec un équilibre subtil de clarté et de puissance. Avec l'esprit bienveillant d'un admirateur de ladite Musique, l'oreille s'adapte autant que possible et parvient à estomper la démesure du lieu.

La mise en scène des concerts d'IRON MAIDEN a toujours fait l'objet d'un soin particulier, d'un esthétisme recherché, avec beaucoup d'audace. Ce soir encore, l'organisation s'est surpassée. C'est tout simplement excellent. Un écran géant central surplombe la scène et diffusera les illustrations des titres. Deux autres plus petits, de chaque côté, montreront principalement les plans rapprochés des musiciens filmés en direct, mais seront parfois aussi un complément du grand écran. Les images diffusées sur le central illustrent somptueusement les chansons ; en concert, j'ai rarement vu d'aussi belles images en termes de couleurs, de jeu d'ombres et lumières, d'hologrammes et autres trompe l'œil. Je pourrais disserter longuement sur la scénographie très soignée de chaque séquence sans tarir d'éloges. Les proportions étaient savamment calculées pour y fondre les interventions de Bruce, acteur malicieux.

L'éclairage est subtilement dosé pour produire les meilleurs effets. Il permet souvent de créer l'illusion de décors. Sans oublier les effets pyrotechniques, notamment durant "The Number of the Beast".

Mais les deux moments qui m'ont paru les plus esthétiquement remarquables furent "Powerslave", "Rime of the Ancient Mariner" et "Hallowed Be Thy Name".

Durant "Powerslave" de somptueuses images faisaient évoluer la pyramide au gré des éclairages d'une journée avec des couleurs chaudes et chatoyantes. Bruce semblait vraiment agir au pied des marches du monument ! En contrebas, un jeu de lumières produisait l'illusion de blocs sculptés (sans doute un gain de place précieux pour le transport du matériel de tournée !)

Le sommet de l'esthétisme et de la poésie fut atteint durant "Hallowed Be Thy Name" dans un décor et un jeu de lumières et d'images absolument saisissant et oniriques. La silhouette de Bruce qui se confond astucieusement avec son hologramme alors qu'il est poursuivi par l'esprit est un pur moment d'anthologie scénique du hardrock. Sa chute après une pendaison ratée, puis sa réapparition dans un fumigène flamboyant et superbement mis en scène.

Quant à "Rime of the Ancient Mariner", qui est de toute façon un de mes titres (si ce n'est mon titre) préféré(s) de toute la discographie, on erre dans le comte fantastique avec ses décors maritimes digne des meilleurs films du genre ! L'image d'Eddie y apparait de manière effrayante et belle à la fois !

Si l'avion Spitfire n'est plus suspendu comme lors de la précédente tournée, le mannequin d'Eddie intervient traditionnellement ; cette fois durant les titres "Killers" et "The Trooper" (mais pas durant "Iron Maiden").

Et bien entendu, nous sommes censés commenter avant tout un concert de musique ; les musiciens ne sont pas en reste ! Le sextuor émerveille les sens des mélophiles les plus exigeants. Steve demeure fougueux et évidemment très impliqué, le son des cordes tricotées de sa basse est omniprésent, sans pour autant masquer celui de ses petits camarades.

Bruce conserve son timbre distinctif, et il délecte sur des tonalités mineures fleuretant avec la justesse. Sa tessiture en concert est parfois surprenante. Son souffle m'a particulièrement sidéré sur le final de "Seventh Son…". D'un charisme évident, capable de soulever les foules à sa volonté, il fait partie de ces chanteurs qui adorent jouer la comédie, se déguiser et s'imprégner de ses personnages. Les chansons du répertoire lui en donnent d'excellentes occasions. Sur "Powerslave" il se coiffe toujours de ce mystérieux masque (plutôt incas en fait !). Sur "Rime of the Ancient Mariner", il est vêtu de guenille de marin fatigué. Sur "The Trooper" il est habillé en soldat, il agite fièrement le drapeau britannique et exacerbe un patriotisme assumé (dont une simple fraction équivalente ne serait pas pardonné à un Français, mais bon passons …!). Bondissant et pleinement engagé dans ses rôles, l'agilité et la fougue du sportif reconnu ne semble pas faiblir à l'approche de sa septième décennie. Et puis, sa francophonie accroit encore la sympathie du public français ; il ose des blagues et des allusions à nos us et coutumes ! Mon propos peut paraitre excessivement dithyrambique et pourtant j'estime que ce n'est pas le cas, car je maintiens ma préférence pour le personnage de son prédécesseur, Paul Di'Anno. Les deux ont leurs qualités et leurs défauts, mais j'appréciais beaucoup le côté rocker assumé de Paul, le timbre à la fois rugueux et mélodique, ainsi que sa tessiture impressionnante…

Dave le fidèle guitariste assume légitimement la majorité des soli avec perspicacité. Adrian est un excellent lieutenant assumant son pupitre et ses de soli à la perfection, mais aussi pour des duos splendides à pleurer.

Alors le cas Janick… Désolé mais je n'arrive pas à m'y faire. Oui je sais il compose et exécute quelques jolis soli. Je respecte l'artiste, ce n'est pas lui que je mets en cause, c'est juste sa présence. La plupart du temps je le sens en trop. Lui-même peut-être aussi d'ailleurs, quand on le voit faire le pantin désarticulé en maltraitant le harnais de sa guitare virevoltante. Et encore une fois, même quand il vient étoffer les harmonies avec sa troisième guitare, ce surcroît de corde me semble inutile, voire néfaste à la vigueur des interprétations.

Simon, le nouveau venu, doit assumer la redoutable fonction de remplacer Nicko. Je me dois par respect de modérer mon sentiment mais quand même… il me semble que son jeu manque des roulements de caisses et de cymbales que Niko étaient capable de produire avec fougue et bonne humeur. Pour le reste, honnêtement j'ai peiné à distinguer ce qui relève de sa responsabilité ou de l'acoustique résonnante, dans quelques pertes de rythme… Bref, une page est tournée avec le départ de Nicko.

Et le public… ahlalalaaa… quel enthousiasme encore et toujours... Les années passent mais la passion demeure, même si là aussi j'ai connu des concerts de Maiden encore bien plus telluriques ; les 21 mars 81 au Bataclan, 24 mars 82 au Pavillon Baltard. Et que dire de celui du  17 novembre 1983 à Balard durant lequel la sueur se mélangeait à l'eau de condensation qui coulait du toit de la tente ! Bref, j'arrête là mes souvenirs de vieux con. Disons que ce soir encore le public chante, s'époumone, exulte de joie. Ces chœurs de quarante mille gorges déployées sur "Fear of the Dark", par exemple, ça laisse des traces.

Je ne peux pas évoquer le public en général, sans évoquer ceux qui sont venus malgré leur handicap. Je les voyais heureux durant cette parenthèse de cent vingt minutes, sans béquilles ni chaise roulante, juste un esprit léger et empli de bonheur, dans la communion avec tous les autres.

Parmi leur discographie de dix-sept albums de studio, huit opus parus entre 1980 et 1992 ont été choisi pour évoquer cette période de leur prestigieuse carrière. A l'exclusion de "No Prayer for the Dying" (qui, même si ce n'est pas leur chef d'œuvre (…), aurait cependant mérité une mention).

Nous écouterons ainsi dix-sept titres, dont quatre issus de "Powerslave" (1984), trois de "Killers" (1981), trois de "The Number of the Beast" (1982), deux de "Iron Maiden" (1980), deux de "Seventh Son of a Seventh Son" (1988), une de " Fear of the Dark" (1992), une de "Piece of Mind" (1983), une de "Somewhere in Time" (1986).

PROGRAMME
Bande-son introductive : Doctor, Doctor (UFO)

Bande-son introductive : The Ides of March (Killers, 1981)

  1. Murders in the Rue Morgue (Killers, 1981)
  2. Wrathchild (Killers, 1981)
  3. Killers (Killers, 1981)
  4. Phantom of the Opera (Iron Maiden, 1980)
  5. The Number of the Beast (The Number of the Beast, 1982)
  6. The Clairvoyant (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  7. Powerslave (Powerslave, 1984)
  8. 2 Minutes to Midnight (Powerslave, 1984)
  9. Rime of the Ancient Mariner (Powerslave, 1984)
  10. Run to the Hills (The Number of the Beast, 1982)
  11. Seventh Son of a Seventh Son (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  12. The Trooper (Piece of Mind, 1983)
  13. Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast, 1982)
  14. Iron Maiden (Iron Maiden, 1980).
RAPPEL :
Bande-son introductive : discours de Churchill
  1. Aces High (Powerslave, 1984)
  2. Fear of the Dark (Fear of the Dark, 1992)
  3. Wasted Years (Somewhere in Time, 1986).

Bande-son finale : thème des Monty Python, "Always Look on the Bright Side of Life".


Mon ami Philippe, originaire du Sud-Ouest, m'avait lancé quelques jours auparavant un arrogant "Belote !" en me narguant de ses deux soirées réservées… Grâce à l'astuce de mon fils qui m'a dégoté un ticket à 40 € en tribune basse (au lieu de 112 !), j'ai pu répondre " et rebelote ! ". J'ai ainsi fait fi de ma fatigue de la veille et je me suis repointé à la grand-messe du dimanche. Ce 20 juillet me permettra d'assister une vingt-cinquième fois à un de leurs concerts, cette fois revêtu de mon t-shirt de leur prestation au Monters of Rok 1988, à Castle Donington ; beaucoup de connaisseurs, dans toutes les langues, ont loué ce tissu de collection, et surtout ce fut l'occasion d'échanger nos souvenirs, ce qui est la principale vocation d'un t-shirt évocateur...

Avec un point de vue différent, un peu plus en retrait que la veille, j'ai pu revoir tout le spectacle, ajuster mes impressions, et mesurer le bonheur collectif de cette belle communauté d'admirateurs de la Vierge de Fer !

UP THE IRONS !









samedi 7 juin 2025

NEAL MORSE & THE RESONANCE + THE FLOWER KINGS – Le Trianon (Paris 18) – samedi 07 juin 2025

 

Neal MORSE seul a accompagné THE FLOWER KINGS sur deux étapes en Suède fin mai 2025, puis une tournée européenne s'est engagée le 4 juin, où Neal MORSE a été rejoint par son groupe THE RESONANCE pour onze dates en double affiche. Cette tournée a prévu une escale au Trianon, Paris, unique étape française.

J'ai néanmoins tardé à me décider pour cette soirée ; à 15h je n'avais pas encore acquis son ticket ! J'apprécie pourtant tous les musiciens de cette affiche. De surcroit, je n'avais vu THE FLOWER KINGS qu'à trois occasions mais toujours en festivals (Midsummer 2019, Night of the Prog 2024, et Midwinter 2025). J'arrive sur le site peu après l'ouverture des portes 18h30. La salle étant intégralement configurée en places assises, j'avais opté pour un fauteuil I22, plutôt bien positionné au neuvième rang, en légère diagonale sur la droite, en regardant la scène.

THE FLOWER KINGS [19h30-20h30]

Ce quintet suédois perdure depuis sa création en 1994 à Uppsala, Suède, en dépit d'un hiatus de quatre années, entre 2008 et 2012. Pour l'anecdote, ce nom est un hommage au botaniste suédois Carl Linnaeus (alias Carl von Linné), le père de la taxonomie moderne, qui est né non loin de l'endroit où Stolt a grandi. "C'est lui qui a donné des noms aux fleurs", a déclaré M. Stolt. Leur premier album "Back in the World of Adventures" est paru en septembre 1995. Parmi les changements de personnel, notons qu'en 1999, Michael Stolt a quitté le groupe et est remplacé par Jonas Reingold… Jusqu'au mouvement inverse en 2021.

Nous retrouvons ainsi ce soir : Roine Stolt (chant et guitare solo, depuis 1994), Hasse Fröberg (chant et guitare, depuis 1994), Michael Stolt (basse et Moog, de 1994 à 1999, et depuis 2021), Mirko DeMaio (batterie et percussions, depuis 2018), Lalle Larsson (claviers, depuis 2023).

Leur dix-septième opus studio "Love" est paru le 2 mai 2025.

La sonorisation s'avère très bonne. Mais l'éclairage me parait indigne, sans couleur, blafard et mal orienté, laissant trop souvent les musiciens dans l'ombre.

La prestation ne me déçoit pas, conforme à mes précédentes impressions sur le groupe. Je ne suis pas un fervent admirateur de leur musique, je suis juste admiratif du talent des artistes. Roine et Hasse ont des voix complémentaires, justes et douces, idéales pour leur conception d'un rock progressif romantique et dont les mélodies sont entrecoupées de fantaisies inhérentes au genre. Si le style ne m'emporte pas aussi loin que Transatlantic (que je vénère), je n'en demeure pas moins sensible à la parenté indéniable. Je peinerais bien à expliquer pourquoi je n'adhère pas totalement à leur jeu ; question de sensibilité, on dira. Mon commentaire exprimé en 2019 demeure et le rappelle donc sans contradiction : "Leur rock progressif m'a toujours paru un peu difficile d'accès. Un style plus proche de Yes voire de King Crimson par la complexité des harmonies, avec peu ou pas de mélodie émergeante. J'écoute donc parfois cette musique comme un mélomane curieux, empreint de davantage d'admiration respectueuse que de réel ravissement".

Paradoxalement, alors que leurs titres s'étirent souvent dans la durée, celle de leurs concerts me semblent souffrir du contexte ou de soucis techniques inopinés, leurs prestations m'ont toujours paru courtes ; soixante-quinze minutes en 2019, soixante-dix minutes en 2025, encore un peu moins en 2024. Ce soir, ils ne jouent que soixante minutes, afin sans doute de partager équitablement la scène avec Neal Morse.

A l'instar du public, même quelque peu frustré, j'ovationne fortement les Vikings pour une prestation sans faille ni mauvais goût. Avant de quitter la scène, Roine nous promet une suite de soirée émouvantes, mais les plus curieux auront pu consulter la nature de cet engament en ayant consulté les programmes de la tournée…

THE FLOWER KINGS nous aura accordé une évocation de quatre albums avec six titres, dont trois issus de "Love", un de "The Rainmaker", un de "Back in the World of Adventures" et un de "Look at You Now".
Nota bene : privilégié, le public batave de Tilburg, a eu le droit la veille d'assister à l'interprétation d'un titre supplémentaire, "The Elder" (Love 2025).

PROGRAMME
1.                  We Claim the Moon (Love 2025) [introduit aux percussions par Hasse]
2.                  How Can You Leave Us Now!? (Love 2025)
3.                  Considerations (Love, 2025) [Michael Stolt au chant]
4.                  Last Minute on Earth (The Rainmaker, 2001)
Piano Solo ((Lasse Larsson)
5.                  Big Puzzle (Back in the World of Adventures, 1995)
6.                  The Dream, (Look at You Now, 2023).

NEAL MORSE & THE RESONANCE [20h55-22h05-22h10-22h15+].

Neal Morse est un chanteur, musicien et compositeur américain, né le 2 août 1960 (Van Nuys, Californie, États-Unis). Après avoir d'abord brièvement orienté ses jeunes ambitions sur la scène pop, il s'est heureusement tourné vers notre rock progressif. Avec son frère Alan, ils fondèrent SPOCK'S BEARD en 1992, qui a bénéficié d'une honorable reconnaissance. Pourtant, l'artiste insatiable s'est ensuite engagé sur moult participations ; les plus notables étant TRANSATLANTIC, FLYING COLORS, et NEAL MORSE BAND. Personnellement, je n'ai pu voir Neal qu'à deux reprises ; le vendredi 7 avril 2000 alors que Spock's Beard était invité de Dream Theater au Zénith de Paris. Puis parmi Transatlantic, le jeudi 28 juillet 2022 à l'Olympia.

Après un premier album en solo paru le 5 octobre 1999, son trente-troisième album "No Hill For A Climber" est paru le 8 novembre 2024 ; Neal Morse est l'un des artistes de rock progressif les plus prolifiques de nos jours.

Neal Morse (chant / Guitares / Claviers) est entouré ce soir de cinq musiciens ; j'ai distingué Andre Madatian (guitares, chœurs), Johnny Bisaha (chant, guitare). Ils sont accompagnés pour cette tournée de CJ Fiandra (basse, chant et chœurs), Andrew Delph (batterie) et Nathan Girard (clavier, guitare, chœurs et percussion).

La sonorisation est demeurée excellente, limpide et modérément puissante. En revanche, le choix d'éclairage ne m'a pas paru à la hauteur du spectacle ; aucune couleur, des faisceaux blancs blafards aux teintes jaunâtres ou légèrement bleutées laissant les musiciens quasi constamment dans l'ombre.

A la différence de la première partie de soirée, cette prestation emporte mon enthousiasme très rapidement, grâce des mélodies puissantes et inspirées. Je ne cache pas mon admiration à l’égard de Neal pour son talent individuel de multi instrumentiste. On le sait très porté sur la spiritualité, et cela s'entend, cela se ressent dans toute son interprétation. Il est capable d'exprimer une réelle adresse aux claviers autant qu'aux guitares, ainsi que vocalement. Sa voix exprime la sensibilité, la conviction et l'émotion avec justesse. De surcroit, cet artiste sait s'entourer d'excellence, loin de s'accaparer toute la gloire, il laisse ses complices s'exprimer. Ils sont six sur la scène, mais ce sont quatre chanteurs de très haut niveau, quatre guitaristes, deux claviers qui se dédoublent alternativement, soutenu ardemment par le batteur et le bassiste. Ce groupe est récemment assemblé et pourtant les imperfections de cohésion sont rares et négligeables. D'une richesse harmonique inouïe, tout est exécuté avec nuance et finesse, d'une subtilité, d'une puissance mesurée et toujours mélodique.

Leur audace à reprendre le répertoire de TRANSATLANTIC a ravi les mélophiles qui attendaient ardemment cette séquence ! De fait, Roine Stolt et Neal Morse, étant sur une même tournée, nous aurions été frustrés que les deux ex-complices ne profitent pas de l'occasion pour nous rappeler quelques extraits (Surtout qu'à Londres, le 4 juin, ce fut même l'occasion d'accueillir Pete Trewavas !…).

Ce matin encore j'hésitais à venir ; ce soir je serais prêt à revenir dès demain ! Une énorme sensation. Voilà donc un bel imprévu et je me dois de remercier ceux de mes amis qui m'ont influencé !

L'auditoire exulte de satisfaction ! Nous baignons dans le bonheur ! Les deux derniers titres sont joués devant un parterre debout et particulièrement enthousiaste. 

Légitiment, quatre des six titres interprétés sont issus de l'album récemment paru.
Nota bene : "Wind at My Back" (reprise de Spock’s Beard) n'a pas été interprété, à la différence de précédentes étapes de la tournée.

 PROGRAMME
Bande son introductive
1.                  Eternity in Your Eyes (No Hill For A Climber, 2024)
2.                  Thief (No Hill For A Climber, 2024)
3.                  Ever Interceding (No Hill For A Climber, 2024)
4.                  No Hill for a Climber (Intro from tape) (No Hill For A Climber, 2024)
5.                  Stranger in Your Soul (reprise de Transatlantic, Bridge Across Forever (2001), parties I : Sleeping Wide Awake & VI : Stranger in Your Soul).
RAPPEL :
6.                  Bridge Across Forever (reprise de Transatlantic, en duo acoustique entre Neal et Roine).

 

L'échoppe m'aura permis de saisir une belle édition spéciale de "No Hill For A Climber" en CD, moyennant 20 €. Les t-shirts, sans dates ne m'inspirent pas.

Cette belle soirée de rock progressif a été l'occasion de rassembler une bonne partie de notre microcosme d'amis, dont certains, Yann, Hervé, Chantal et Catherine, m'accompagnent pour un verre à la terrasse de la brasserie voisine. Nous en fûmes bien inspirés. On assiste ainsi au chargement des bus qui se préparent déjà à la date suivante. Néanmoins, les musiciens se montrent accessibles. A tel point que Monsieur Neal Morse, très détendu, aimable et souriant, s'assoit à la table à côté de la nôtre pour prendre le temps de répondre aux nombreuses sollicitations. J'en profite sans aucun scrupule pour obtenir un sympathique portrait ! Quoi d'autre ? Je pense qu'avec un peu plus vigueur, j'aurais pu me rapprocher aussi de Roine. Mais bon, je suis déjà dans le bonheur, profitant du temps présent, entre gens de bonne compagnie…




vendredi 28 mars 2025

MOSTLY AUTUMN – chez Paulette, à PAGNEY-DERRIERE-BARINE (54) – vendredi 28 mars 2025.

Gagnons du temps et n'y allons pas par des chemins aussi torsadés qu'hypocrites, MOSTLY AUTUMN est devenu l'un de mes groupes favoris. Voilà. Autant le confesser : mon propos ici n'aura rien d'objectif. Ces Anglais sont selon moi bien trop sous-estimés, chacun de leurs concerts m'en persuadent.

En tant que mélomane et ex-musicien, j'admire les belles voix, les chœurs, les polyphonies, les chants magnifiés harmonieusement par un ensemble instrumental laissant exprimer les talents individuels. Les compositions de MOSTLY AUTUMN m'offre ce véritable maelström harmonique, savamment constitué d'accords mélodiques et sensibles de guitares, de claviers, et de flutes, transcendés par une base rythmique à la fois puissante et mesurée. Leur musique exprime avec finesse et nuances, un univers onirique, parfois mélancolique, ou tout simplement très émouvant. Leur maitrise des Harmonies et donc de leurs instruments, leur attitude sincèrement sympathique et attrayante, tout est de nature à entretenir notre admiration.

Le prosélytisme peut être ennuyeux lorsqu'il semble imposer vainement un centre d'intérêt, mais en l'occurrence, je remercie l'ami (qui se reconnaitra) d'avoir quelque peu insisté, pour que ma P'tite Fée et moi tendions une oreille plus attentive sur MOSTLY AUTUMN. Un premier concert, le vendredi 3 juin 2022 à Verviers en Belgique, nous a confirmé tous les talents pressentis. A l'issue de leur plus récent concert, le jeudi 05 décembre 2024 au Spirit of 66, nous avions déjà prévu de les revoir ici, chez Paulette, pour une septième fois. Ils approchent ainsi des vingt groupes que j'ai vus le plus souvent en concerts. Ils accèderont à ce rang mérité en décembre prochain pour leur prestation traditionnelle avant Noël. Toutefois, notre rêve serait de les voir chez eux à York… Cela arrivera tôt ou tard, assurément…

Remercions l'association ARPEGIA qui permet à des artistes du rock progressif de venir jouer en France, fut-ce-t-il dans une salle située à trois heures et demie de routes de Paris ! (Routes parsemées d'une bonne vingtaine de radars vicieux, de surcroît !) Notre microcosme se nourrit de ces quelques bonnes volontés, sans lesquelles nous serions contraints de nous rendre ailleurs en Europe, pour écouter notre musique favorite. Ce que nous faisons malgré tout, car nous sommes insatiables et toujours motivés…

Je reviens pour la sixième fois à Pagney, en comptant le concert UNITOPIA/ANGE, du 15 septembre 2023, dans le cadre de l'anniversaire des 100 ans de Paulette. En dernier lieu, nous étions revenus au Cabaret le 18 novembre 2023 pour assister au concert d'AMAROK.


Petit rappel biographique, nécessaire pour éclairer leur musique actuelle : MOSTLY AUTUMN a été formé au milieu des années 1990. Les membres fondateurs sont issus d'un groupe hommage à PINK FLOYD et aux années 1970, nommé ONE STONED SNOWMAN. La formation fondatrice du groupe était composée notamment de Bryan Josh (chant et guitares), et d'Iain Jennings (claviers). Les premiers concerts de MOSTLY AUTUMN étaient soutenus par ONE STONED SNOWMAN ou vice versa ; d'ailleurs, le dernier concert d' ONE STONED SNOWMAN fut un spectacle d'adieu en décembre 1995 et était soutenu par MOSTLY AUTUMN.

Ce soir, autour de Bryan Josh (chant et guitares, depuis 1995), et Iain Jennings (claviers, de 1995 à 2005, puis depuis 2010), nous retrouvons Olivia Sparnenn-Josh (chant principal depuis 2010, mais chœurs, percussions, flûte à bec, depuis 2004), Angela Gordon (flûtes, claviers, percussions, et chœurs, de 1999 à 2007, et depuis 2015), Chris Johnson (guitares rythmiques et acoustiques, chant, claviers, de 2006 à 2007, et depuis 2014), Andy Smith (basse, depuis 2000) et de Henry Rogers (batterie, depuis 2018).

Un quinzième album studio, "Sea Water" est paru officiellement le 28 février 2025. En le précommandant dès le 28 octobre 2024, j'ai reçu une version Deluxe, qui comprend un second disque (dont les titres sont au moins aussi réussis que le premier !). Encore une très belle œuvre, même si mon album préféré demeure le treizième, un chef d'œuvre intitulé "White Rainbow" paru en 2019, que tout mélomane digne de ce nom doit posséder dans sa discothèque.

https://www.mostly-autumn.com/
http://www.youtube.com/channel/UCLcuTXJP4y-cTwUarLsN0TQ


Arrivés largement en avance, nous pouvons sans difficulté choisir notre positionnement devant la scène, en dépit de quelques resquilleurs sans scrupules... (eh oui, c'est comme les cafards, y'en a partout sauf chez moi).

LE CONCERT [20h30/21h20 – 21h45/23h30]

L'acoustique de la salle me convient mais la sonorisation a cependant peiné à équilibrer les sons. Durant l'acte I, le chant fut un peu trop couvert par les basse/batterie. Vous me direz que c'est bien fait pour ma pomme, fallait pas choisir la proximité avec Olivia, épicétou ! Fort heureusement, le son nous a paru bien meilleur après l'entracte. Le dispositif d'éclairage est limité par l'espace mais toutefois suffisant pour bien distinguer les jeux et les humeurs des artistes.

Attendus particulièrement avec les titres du nouvel opus, MA ne nous a pas déçu. Au contraire, le seul titre que je trouvais faible "When We Ran" a ici pris toute sa dimension réjouissante. En effet, en dépit d'une très belle intro au piano, ce titre avait le don de m'agacer pour ce côté pop-à-paillettes, et des sons de synthétiseur à la "Klaus Wunderlich" insupportables, même après plusieurs écoutes… Oui mais voilà ; sur scène ce titre prend une autre dimension. Le sourire éblouissant d'Olivia, son énergie sautillante, sa joie de vivre sur scène, mais aussi toutes les interventions instrumentales… et même celles du clavier ! Tout passe, et lorsque Olivia nous (m') a demandé de battre des mains en rythmes, je me suis retrouvé tout bêtement (avec mon cuir clouté à l'effigie de Motörhead) à suivre le troupeau d'âmes réjouies. Voilà, c'est ça aussi l'effet MOSTLY AUTUMN.

Pas d'incident majeur pendant le concert, à part de rares imperfections qui sont tout à leur honneur ; on n'est pas noyé de bandes-son ou d'impératifs techniques nuisibles à l'authenticité d'un concert. Le Septuor exécute sa partition en harmonie quasi-totale, forts des talents individuels complémentaires et complices. Un souci de justesse ici, ou une fausse note là, rien d'inquiétant au contraire, moi qui suis très attaché à la sincérité du jeu de scène.

Je l'ai déjà relaté dans mes précédents récits de concert du groupe, je retrouve ici le même plaisir de pouvoir écouter tous les musiciens s'exprimer à tour de rôle, les soli sont valorisés et/ou partagés. Les regards des musiciens en disent long sur leur assiduité, leur conscience et surtout leur plaisir à échanger d'un regard des impressions, des satisfactions ou des inquiétudes passagères. C'est aussi pour cela que j'apprécie les premiers rangs en dépit d'un son souvent altéré par les basses.

Je pourrais, car ils le méritent vraiment, m'étaler davantage en propos dithyrambiques et détaillés mais j'aurais le sentiment de me répéter !


Quoiqu'il en soit, le groupe m'a un peu surpris quant au choix des titres interprétés.

Fort légitimement, sur les dix-huit titres, sept sont issus de "Sea Water" (2025). Sur les onze restants, nous avons retrouvé avec joie certains titres récemment joués ; trois de "White Rainbow" (2019), deux issus de "For All We Shared" (1998), un de "Graveyard Star" (2021), un de "Heart Full of Sky" (2006), un de "Passengers" (2003),  un de "Sight of Day" (2017).

Plus surprenant, nous avons entendu "Deep in Borrowdale", un titre issu de "Go Well Diamond Heart" (2010), et en final "Tonight" issu de "The Ghost Moon Orchestra" (2012). A défaut de rééditer les anciens albums (dont ces deux-là) on peut se réjouir de les entendre sur scène. Ce faisant, ils ont modifié la liste qui était pourtant à leur pied ; j'en conserve toutefois la photographie.

L'auditoire n'a pas manqué de faire part bruyamment de son bonheur ; les remerciements sont réciproques.

PROGRAMME
ACTE 1:
1.      Let’s Take a Walk (Sea Water, 2025)
2.      Winter Dreaming (Sea Water, 2025)
3.      Deep in Borrowdale (Go Well Diamond Heart, 2010)
4.      Western Skies (White Rainbow, 2019)
5.      Why Do We Remember All the Rain (Sea Water, 2025)
6.      Future Is a Child (Sea Water, 2025)
7.      Silver Glass (Heart Full of Sky, 2006)
8.      The Night Sky (For All We Shared…, 1998).
ACTE 2:
9.      Distant Train (Passengers, 2003)
10.  My Home (Sea Water, 2025)
11.  When We Ran (Sea Water, 2025)
12.  If Only for a Day (Sea Water, 2025)
13.  Back in These Arms (Graveyard Star, 2021)
14.  Into the Stars (White Rainbow, 2019)
15.  Changing Lives (Sight of Day, 2017)
16.  White Rainbow (White Rainbow, 2019).
17.  Heroes Never Die (For All We Shared…, 1998).
RAPPEL :
18.  Tonight (The Ghost Moon Orchestra, 2012).

 

A l'échoppe, le t-shirt ne me séduit pas particulièrement et je reste donc sage. Les premiers albums, qui tardent à être réédités, m'auraient davantage tenté, assurément.

Je ne résiste pas à l'envie de m'approcher des artistes, toujours aussi accessibles après le concert, même s'ils doivent se dépêcher de remballer leur matériel, sans technicien logistique. J'ai pu répéter à Bryan, à Olivia, et Chris combien ils nous réjouissent avec leur musique…

Un dernier verre chez Paulette, quelques discussions entre amis et nous rentrerons sur Toul pour un sommeil bien mérité.