L'artéfact produit par notre découverte de KOMODRAG & THE
MOUNODOR à l'occasion du festival RAISMESFEST le
14 septembre 2025, continue de rayonner sur le calendrier de nos
sorties musicales depuis l'automne dernier. En effet, nous avons assisté à
quelques autres de leurs concerts en
banlieue parisienne, mais s'agissant d'une Créature bicéphale dissociable, nous
tenions à en connaitre la genèse. Assez rapidement, nous avons perçu la
perspective de revoir les deux formations protagonistes, séparément.
C'est dans cette démarche que nous avons assisté au
concert de MOUNDRAG, le 5 mars
dernier à la péniche Petit-Bain ( ici ). Ce duo nous a confirmé notre pressentiment ;
ces gars-là ont un vrai talent pour maintenir notre bon vieux rock'n'roll, en
vie.
Il nous restait à voir la deuxième formation, KOMODOR. Dès le 22 octobre 2025, nous
avons acquis nos tickets.
Je me vois ainsi contraint de revenir à la
Maroquinerie, un site que j'avais délibérément proscrit ces dernières années. En
effet, je conserve une rancune contre ses gérants depuis qu'ils ont brutalement
traité PENDRAGON à l'issue de leur concert du 3 mars 2020, juste avant la Pandémie (Rappelons que faute de pouvoir attendre à
l'intérieur que leur fourgon se rapproche de la salle pour le chargement, le
groupe s'était retrouvé sur le trottoir avec son matériel en pleine nuit). De
surcroit, cette salle est mal desservie par les transports ; s'y rendre
nécessite un bon quart d'heure de marche. Enfin, le site officiel se vante
d'une liste d'artistes accueillis depuis 2003, sans citer aucun de notre
microcosme (THE PINEAPPLE THIEF, HAKEN, ARENA, PENDRAGON, SOEN, …) ; encore une
forme d'ostracisme culturel malheureusement habituel dans notre douce france.
Bref, j'assume avoir ainsi manqué quelques concerts.
Mais bon, ce ne sont pas les premiers grossiers personnages à gagner mon argent
contre mon gré, et puis, continuer à me priver de bonnes soirées ne les rendra
pas plus aimables… Pour KOMODOR, j'ai donc fini par accepter d'y revenir une huitième
fois depuis 2012.
Nous nous positionnons à l'écart des admirateurs les
plus démonstratifs, au calme, juste devant la console de sons. La suite nous
donnera raison. En surmontant ainsi la fosse de trois marches, nous bénéficions d'un confort visuel et auditif parfait ! La salle, d’une capacité de 495
personnes, est bien remplie, on ne doit pas être loin du complet !
AFTER
GEOGRAPHY [20h05-21h05].
https://www.youtube.com/@aftergeographymusic
Je ne connaissais pas même son existence. Je relève que
son histoire débute pendant la Pandémie. Julien Méret (chant, guitare) et
Nicolas Baud (basse, chant,
claviers), deux mélophiles nés dans les 90's ont échangé des idées
musicales. Ils partagent une passion
fervente de l'écriture et la pop rock british des années 60 aux années 90.
D'abord un duo lyonnais, le groupe prend la forme d'un quatuor avec l’arrivée d'Arthur Blanc (guitare,
basse, chœurs) puis de Lalie Michalon (batterie, chœurs). Après deux
monoplages parus en 2022, Un mini album (6 titres), "Caramel Room"
est paru le 10 novembre 2023.
Son premier album studio complet, "A Hundred Mixed Emotions" est paru
le 3 octobre 2025.
Entretien avec le groupe : https://www.tsugi.fr/after-geography-album-son-mat-et-fat-interview/
Dans cette salle, je n'ai pas que des bons souvenirs
sur la qualité acoustique, mais pourtant ce soir le son est excellent, dès
cette première partie. La basse claque mais n'étouffe pas les autres pupitres,
et la batterie pas davantage. Chacun s'exprime clairement, toutes les interventions
sont audibles.
En fond de scène, est étendu un drap montrant le logo
du groupe. Le dispositif d'éclairage sans être exceptionnel est correct,
proportionnel à la taille modeste de la scène.
Leurs influences évoquées par les musiciens dans les
articles de presse s'avèrent très vite conforme ; l'esprit de THE BEATLES (époque
"Revolver") jaillit souvent
de leur musique pop-rock mais le quatuor parvient cependant à exprimer sa
singularité avec quelques morceaux plus puissants mais jamais braillard. On
baigne dans une pop énergique et entrainante, tant sur l'aspect mélodique que
rythmique. Lors de chansons aux formats courts et efficaces, les harmonies
entre les guitares et le chant sont nourries de chœurs auxquels participent les
quatre complices. Pour ma part, j'ai surtout apprécié les interventions de Nicolas, remarquable multiinstrumentiste
; son chant juste et ses notes de claviers entretiennent les mélodies avec
émotion et les accords de basse sont alambiqués. J'accorde aussi un satisfécit
à Lalie, la batteuse, dont la frappe
fut d'une redoutable efficacité et la voix féminine s'ajoute à la beauté des
chœurs. Arthur alterne la guitare et
la basse avec efficacité et aisance sans omettre de participer aux chœurs. Julien est le plus exubérant des quatre, son chant expressif
et ses soli de guitare énergiques, ne l'empêchent pas d'arpenter de le devant
de la scène.
Notons que pour la première fois ce soir, le quatuor
s'est adjoint, pour un titre, d'une invitée au saxophone soprano en Si bémol,
dont l'intervention a ravi le public.
Je ne me prononcerai pas sur l'écriture que le duo
revendique encore ce soir, car ce groupe français est anglophone.
Ce concert aura permis une belle découverte, surprenante
et agréable de fraîcheur.
Le public est conquis et s'enthousiasme aisément sur
des titres il est vrai plutôt entrainants. Acclamations et rappel mérités.
Récemment paru, l'album "A Hundred Mixed Emotions" est logiquement valorisé avec neuf de ses titres. Cependant, les premiers
monoplages de 2022 sont intercalés.
Récemment paru, l'album "A Hundred Mixed Emotions" est logiquement valorisé avec neuf de ses titres. Cependant, les premiers
monoplages de 2022 sont intercalés.
PROGRAMME
- Slippin’Away (A Hundred
Mixed Emotions, 2025)
- She’s Magnetic (A Hundred
Mixed Emotions, 2025)
- A Hundred Mixed Emotions (A
Hundred Mixed Emotions, 2025)
- Mirror Of Creed (A Hundred
Mixed Emotions, 2025)
- The Mountebanks (Zany Cure,
2022)
- La La La Song (A Hundred
Mixed Emotions, 2025)
- Gemma (A Hundred Mixed
Emotions, 2025)
- Bird on the Wing (Mr Rain,
2022)
- Hear Me Out (A Hundred Mixed
Emotions, 2025)
- Feel Alive (A Hundred Mixed
Emotions, 2025)
- Here is the Day (…, ….)
RAPPEL :
- A Certain Elation (A Hundred Mixed Emotions, 2025).
KOMODOR [21h35-22h50].
KOMODOR, fondé en 2017,
est composé de Gaëtan "Goudzou" Convert (basse,
chant), Yves-Marie "Slyde Barnett" Cariou (guitare,
chant), Ronnie Calva (guitare), et
Elrik "Monroe" Morvan
(batterie, choeurs), et Melin Le Bigot
(guitares, chant, percussions). Douarnenez
est le berceau des jeunes loups qui ont décidé de porter haut les valeurs
déjantées du rock brut, sans fioritures, tel qu'il était exprimé dans les
années 70.
Un premier album intitulé "Nasty Habits" est paru le 17 décembre 2021 ; sa promotion a
motivé une tournée étalée sur deux années. KOMODOR s'est ainsi forgé une belle
réputation scénique. Cette expérience a encore été amplifiée par leur fusion
intermédiaire avec MOUNDRAG, formant ainsi KOMODRAG AND THE MOUNODOR !
Son deuxième album, intitulé "Time & Space" est paru le 31 janvier 2026.
Nous demeurons toujours bien placés ; au pied de la
console, en surplomb de la fosse, (même
s'il y a toujours des crustacés qui viennent s'imposer sur les quelques
centimètres qui vous sépare du bord de la marche…)
Au mur du fond, un drap au nom du groupe s'étend sur
toute la largeur. Le dispositif d'éclairage me parait plutôt
bien dosé. Le son est parfaitement
équilibré, chaque pupitre est audible. Toutefois, durant le premier titre, une
bande son (de clavier) aussi inutile
que peu perceptible a quelque peu contrarié des oreilles sensibles. Un choix
inopportun qui par bonheur n'a pas perduré… Sa réputation de rock sans
fioriture en aurait pâti ! Fort heureusement les moteurs ne tardent pas à
chauffer, et le groupe revient à l'essentiel.
Les cous, les nuques et jambes ne s'y trompent pas, la
fosse ressemble très vite à un bénitier rempli de pauvres diables en transe.
Une rythmique nerveuse servie densément par Goudzou et par Monroe,
autorise pourtant au trio de guitares Slyde Barnett, Ronnie et Melin
à échanger les soli incisifs. Le mélomane averti pourra trouver des influences
; Status Quo, Lynyrd Skynyrd ou MC5 dont KOMDOR ne se cache pas.
Le quintuor se régale de toute évidence, la complicité
et la bonne humeur semble de mise et le public semble galvaniser son ardeur
authentique ! L'implication de Goudzou
et Slyde Barnett est particulièrement démonstrative ; nous en
avions déjà perçu la tendance au sein de K&tM. Il fallait l'oser, ces
deux-là ont confié leur corps à l'auditoire qui les a portés à bout de bras pour
une petite ballade agitée au-dessus de la fosse. ! Ce genre de posture a le don
d'exalter le public qui a ainsi l'impression d'être en communion avec les
musiciens.
Nous sommes venus chercher du rock'n'roll, nous avons
eu notre ration. Même si une durée de soixante-quinze minutes peut paraitre un
peu courte quand même. Le concert est passé aussi vite que la cadence de leurs
titres.
L'auditoire semble repu, tant il s'est donné pour
animer l'ambiance, il est vrai. Un rappel (identique aux concerts de K&tM)
marque la fin de la soirée.
Les deux albums
de KOMODOR sont évoqués avec quinze
titres, plus la reprise de SLADE et celle de JERRY LEE LEWIS / MC5. Onze
titres sont issus de "Time &
Space", et quatre de "Nasty
Habits". Il me semble que notre programme est écourté de trois titres
par rapport aux concerts accordé à Grenoble le 5 mars dernier. (il semble que
"Give Up", "Mamacita" et "Through the Highway" ont été
retirés).
Dommage, à dix minutes avant 23h, KOMODOR avait de
quoi glisser un dernier titre… J'ose espérer que ce n'est pas le gérant qui
leur a interdit… (Ce qui ne me surprendrait pas…)
PROGRAMME
- Fall Guy (Time & Space,
2026)
- Soul Tricker (Time &
Space, 2026)
- Hard To Deal (Time &
Space, 2026)
- Bliss & Joy (Time &
Space, 2026)
- Top Of The Bock (Time &
Space, 2026)
- Ladies (Time & Space,
2026)
- Burning Land (Time &
Space, 2026)
- Once Upon A Time (Time &
Space, 2026)
- Nasty Habits (Nasty Habits,
2021)
- Believe It (Nasty Habits,
2021)
- Know Who You Are (reprise de SLADE) (1970)
- Raise Your Hands (Time &
Space, 2026)
- Washing Machine Man (Nasty
Habits, 2021)
- Moondrag (Nasty Habits, 2021)
- Madness (Time & Space,
2026)
- Ravish Holy Land (Time &
Space, 2026)
RAPPEL :
- Ramblin' Rose (version de MC5 [1970], d'une reprise de JERRY LEE LEWIS [1962]).
En dépit d'un vœu d'abstinence sincère (…) et d'un
souci grandissant d'espace de rangement, je me suis rendu à l'échoppe pour me
procurer le CD de leur récent album,
moyennant 15 €.
Au final, si KOMODOR et MOUDRAG sont parfaitement
légitimes et authentiques, il n'en demeure pas moins que je préfère quand même
le projet collaboratif KOMODRAG & THE MOUNODOR ; la fusion des deux
énergies me semble idéale et particulièrement festive. Nonobstant, je suis ravi
d'avoir été présent à la prestation des deux formations initiales ; expérience
à renouveler, à défaut d'assister à une nouvelle Réunion.
Demain il faut aller bosser, on ne s'attarde donc pas à
la terrasse à ciel ouvert, qui de toute façon ne nous a pas attendu pour être
remplie de bavards ravis et passionnés.








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