Certaines célébrités du Grand Cirque du rock'n'roll (non, je ne citerai personne !), sans
doute fatiguées par le système et l'usure du temps, viennent vous expliquer
doctement que le rock serait mort. Heureusement, d'autres jeunes loups
démontrent que faire du neuf avec du vieux peut tout autant ravir les cages à
miel ! Il suffit d'un subtil mélange de talent, de fougue, et de passion, en
ajoutant un zeste d'originalité et beaucoup d'audace, pour produire un cocktail
détonnant et réjouissant. MOUNDRAG fait
partie de ces artistes. C'est pour cela que nous les soutenons. Nous les considérons
musicalement, mais aussi humainement attachants.
Notre découverte des Bretons KOMODRAG & THE MOUNODOR
lors du festival RAISMESFEST le 14 septembre 2025, a été un de nos
moments forts de l'année. A tel point que nous sommes retournés les voir le 20 septembre
à Tremblay puis le 15 novembre à Issy ! Une étude rapide de leur
biographie montrait que ce collectif de fous furieux était en fait le fruit
d'une fusion géniale entre deux groupes de copains. D'où le calembour que
constitue le nom dudit collectif, qui désigne la fusion de KOMODOR avec MOUNDRAG.
Cette opération a sans doute contribué à une notoriété ascendante des deux
entités distinctes. Elle a également induit des calendriers assez parallèles ;
si bien que KOMODOR viendra le 26 mars à la Maroquinerie pour promouvoir un
nouvel album, alors que MOUNDRAG est là ce soir, dans une similaire
démarche promotionnelle…
D'autant plus ravis d'embarquer à bord de cette
péniche, que nous y avons vécu beaucoup de belles émotions musicales. Pourtant,
ce n'est que la sixième fois que je reviens au Petit Bain. J'admets volontiers avoir manqué quelques occasions de revenir
davantage sur ce site qui pourtant proche de mon domicile. Avec ma p'tite Fée
nous sommes arrivés entre 18h30 et 19h, soit dans parmi les premiers à
attendre. Cependant, par ce temps printanier, nos bavardages au sein d'un
microcosme reconstitué nous ont fait perdre nos meilleurs emplacements à
l'intérieur.
Heureusement, l'espace limité de la fosse nous permet
de trouver un emplacement avec une visibilité relativement correcte, malgré une affluence étonnement importante (on ne doit pas être du complet !). L'acoustique
de la salle sera conforme à notre souvenir, c’est-à-dire satisfaisant.
https://3ctour.com/artistes/red-sun-atacama/#biographie
Je ne connaissais pas ce groupe. J'ai donc relevé en
préalable qu'il s'agit d'un trio bordelais, franco-chilien, fondé en 2014.
En 2015, RED SUN ATACAMA parvient à autoproduire un mini album intitulé "Part
1", avant un premier album en 2018, intitulé "Licancabur".
L'album "Darwin" sort le 17 juin 2022. Ce parcours est ponctué
de scènes notables telles que le Hellfest (Valley), le 28 juin 2024.
Leur tournée actuelle accompagne la parution de "Summerchild", le 13 mars 2026.
Ce trio se compose de Clément Márquez (basse, chant anglophone), Robin Caillon (batterie), et Vincent Hospital
(guitare).
Intrigué par le pedigree, j'ai procédé à quelques écoutes
préventives sur internet qui me laissent percevoir des influences dans les styles
dits "stoner", "heavy rock", voire "punk rock"
avec un zeste de psychédélique.
La scène, à proportion de l'endroit est quelque peu exiguë
mais pour le trio, c'est bien suffisant. L'éclairage est peu dense, et donc
assez sombre, mais toutefois suffisant pour percevoir le travail des musiciens.
RED SUN ATACAMA est parvenu à régler une sonorisation limpide
et puissante mais visant délibérément à faire persister le son par
réverbération, créant ainsi une atmosphère apocalyptique. Cette sensation de
puissance fut surtout amplifiée par le son de la basse réglée en mode saturation,
ce qui ne fut pas sans rappeler un certain Lemmy ! En revanche, la voix s'est
révélée peu compréhensible ; il parait que Clément chantait en anglais…
Avant le concert, j'étais a priori plutôt inquiet, et
j'avais préparé mes protections auditives en conséquence. Mais leur prestation a
révélé une musique bien plus subtile que prévue. Dès l'introduction, ils induisent
l'auditoire sur de fausses pistes hypnotisant avant le secouer par des explosions
sonores saisissantes, qui sont d'autant plus entrainantes que la percussion produite
par Robin sismique. Le tout est lourd, corrosif et puissant mais audible et
surprenant, grâce à des ruptures, d'atmosphères et de rythmes, inattendues.
Bref, c'est une bonne surprise pour moi. Je suis plutôt
séduit et demande à revoir et à réentendre…
Le public semble du même avis, car l'ovation finale
est sans doute de nature à satisfaire les Bordelais.
RED SUN ATACAMA a rappelé son répertoire avec neuf titres issus de trois albums, dont trois issus
de "Summerchild", cinq
de "Darwin" et un de "Licancabur".
PROGRAMME
Bande introductive
- Furies (Darwin, 2022)
- Conveyor (Summerchild,
2026)
- Summerchild (Summerchild,
2026)
- Antares (Darwin, 2022)
- Commotions (Summerchild,
2026)
- Revvelator (Darwin, 2022)
- Echoes (Darwin, 2022)
- Ribbons (Darwin, 2022)
- Cupid's Arrows (Licancabur, 2018).
La musique de cette fratrie Goëllaen rappelle
immanquablement une époque encensée de jasmin et colorée de pourpre, celle des
70's. Il parait évident que ces grands enfants ont forcément été élevés en
écoutant le hard rock rageusement bluesy de Deep Purple, ou les évasions
audacieuses d'Emerson, Lake & Palmer. Et cependant, ce style ne semble pas
avoir pris une ride par la grâce de leur interprétation mêlant folie et respect
des principes fondamentaux.
Leur fougue les emporte dans plusieurs activités
parallèles ; ils étaient déjà impliqués depuis 2010 dans SMOOTH MOTION,
un autre groupe de Paimpol, avant tenter une nouvelle aventure en 2019 dans KOMODRAG & THE MOUNODOR !
Le duo fraternel MOUNDRAG créé aussi
en 2019 exprime leur influence d'ELP
totalement assumée, qui leur permet d’explorer différentes facettes du rock
progressif avec un régal non dissimulé. Pas de guitare. Juste une batterie pour
Colin Goëllaen. Juste un authentique orgue Hammond pour Camille Goëllaen. Le chant est
partagé par les deux complices.
Le mur du fond de scène est couvert d'un drap montrant
le logo du groupe. Soutenus par une sonorisation bien équilibrée, et par un éclairage
un peu plus fourni et lumineux qu'en début de soirée, le duo a rapidement emporté
l'auditoire qui visiblement n'attendait que son entrain. Ils ne sont que deux
et pourtant ils occupent le son et l'espace avec un enthousiasme communicatif !
Leur musique renverse toute velléité de morosité et revigore les corps encore appesantis
par un hiver à peine fini !
Le public exulte et participe volontiers aux
incantations alternativement lancées pas les deux fomenteurs de troubles.
Les trois
albums sont évoqués avec huit titres
: cinq issus de "Deux",
deux de "Hic Sunt Moundrages"
et un de "Moundrag".
Pour clore le concert en beauté, le duo reprend audacieusement "War Pigs" de BLACK SABBATH ; les accords de guitares de Tony sont magnifiquement remplacés par ceux des claviers de Camille !
PROGRAMME
- My Woman (Moundrag, 2019)
- Changes (Deux, 2025)
- Morning Epitaph (Deux, 2025)
- Limbo (Deux, 2025)
- Black Flames (Deux, 2025)
- Demon Race (Hic Sunt
Moundrages, 2022)
- The Caveman (Deux, 2025)
RAPPEL :
- The Hangman (Hic Sunt
Moundrages, 2022).
Je me rue à l'échoppe, dans la file d'attente. MOUNDRAG
semble dépourvus de soutien logistique pour leur promotion ; il faut attendre
l'arrivée de Camille, mis sous pression, pour me procurer le CD de "Deux",
moyennant la très modique somme de 10 €. Hélas, les autres albums ne sont
proposés qu'en vinyles. Dommage. Camille toujours souriant, disponible, semble
sincèrement ravi de constater ma fidélité. Il est vrai que depuis six mois nous
nous sommes rencontrés plusieurs fois, déjà ! Compte tenu de la file d'impatients,
nous n'avons pas trop le temps de bavarder, juste le temps de l'encourager,
mais il m'accorde une amicale accolade, en espérant nous revoir rapidement… Au-delà
de l'activité parallèle de ses complices KOMODOR, Camille m'a laissé entendre qu'une
prochaine prestation du collectif est prévue ! Affaire à suivre…










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