mercredi 17 mai 2023

METALLICA / EPICA / Ice Nine Kills - STADE DE FRANCE (ST DENIS) – mercredi 17 mai 2023

 

La tournée "M72 World Tour" présente la particularité de prévoir vingt-deux villes différentes à travers le monde à raison de deux soirées dans chaque ville. Chaque spectacle "No Repeat Weekend" étant une expérience totalement unique : Deux programmes totalement différents avec deux groupes différents en première partie chaque soir !

Cette promenade de santé vient de débuter à Amsterdam, les 27 et 29 avril, fera une pause en novembre à Détroit (Michigan, USA). Elle reprendra à Munich (Bavière, Allemagne) en mai 2024 et se terminera à Mexico pour deux fois deux dates, les 22 & 24 septembre puis les 27 & 29 septembre 2024 !! Il est permis d'imaginer que ces derniers petits veinards seront filmés pour un DVD.

MON CONTEXTE : Certains pourraient s'étonner de ma présence à cette grand'messe du metal, alors que ces derniers temps j'erre davantage dans les espaces nettement plus poétiques du rock progressifs. Et ce, d'autant plus sur fond de polémiques au sujet de l'inconfort d'écoute offert par les grands stades, au sujet de l'inflation scandaleuse des prix de tickets d'accès, au sujet des options artistiques de ces glorieux Californiens, … blabla, blabla, blabla…

La raison est simple. Le jeudi 9 février 1984, je n'avais pas encore 21 ans, c'était sept semaines avant de me raser les cheveux et partir accomplir mon service militaire. J'avais accepté l'invitation d'un pote qui avait gagné deux tickets à une loterie. Il s'agissait d'un concert de VENOM à l'Espace Balard (Paris 15ème), site aujourd'hui disparu. A priori, je ne me serais jamais déplacé pour cet évènement. Oui mais voilà, ces obscurs britanniques avaient cependant eu la bonne idée d'emmener avec eux des p'tits jeunes américains qui n'avaient encore jamais foulé une scène française. (récit)

METALLICA n'était pas tout à fait inconnus pour moi, car mes oreilles s'étaient déjà dressées à l'écoute de fragments dans un car, au retour d'un festival, fin 1983. Ces gamins encore boutonneux commençaient à entretenir les conversations ; je me souviens avoir trouvé le nom ridicule. La promotion de "Kill'em All" était amplifiée également sur les ondes par tonton zézé lors de ses Wango Tango, la légendaire émission des sculpteurs de menhirs.

Bref, ce premier concert parisien de METALLICA concrétisa mon pressentiment ; la décharge électrique fut fatale. Trente-neuf années plus tard, j'ai encore les doigts dans la prise ; je ne parviens pas à m'abstenir d'assister à une 20ème expérience. Je les soutiens depuis leur toute première prestation en France, il n'y a aucune raison objective que cela change. SEMPER FIDELIS !

Alors oui, j'entends bien les débats devenus récurrents à chaque sortie de METALLICA ; il y a toujours une minorité de rabat-joie, se prétendant métallo, qui agace systématiquement le reste du microcosme en critiquant la démarche du groupe californien. Oui, METALLICA a commis le crime de lèse-majesté, il a réussi. Oui METALLICA gagne probablement beaucoup d'argent. Oui, METALLICA a su évoluer, et a eu l'insolence de produire ("Black Album") un des albums de metal les plus vendus au monde, avant de produire deux albums audacieux ("Load" et "Reload", que pour ma part j'aime beaucoup). Dans tout cela, je ne vois rien de choquant, au contraire.

Certes, ces américains sont probablement eux aussi animés par l'appât du gain, d'autant plus qu'aux Etats-Unis plus qu'ailleurs leur retraite doit se gagner. Mais je veux croire aussi qu'ils ont fait le choix délibéré de déléguer tout ce qui ne relève pas de la création artistique. La mainmise des escrocs, sans scrupule, qui pilotent désormais la promotion des Mets en général et leurs tournées en particulier, contribue ainsi à l'inflation des prix de ticket de concert.

Alors que l'accès en pelouse était encore récemment un moyen de participer à un concert à moindre coût ; désormais, même cet accès figure parmi les plus onéreux ! C'est franchement révoltant. Quand on pense que le ticket de leur concert en 1984 ne dépassait pas les 13 €. En 2004, il était déjà à 40 €. En 2017, il atteignait déjà 100 €. Cette fois il vise les 130 € … Oui, c'est cher, surtout pour être debout en pelouse.

Mais il suffit de regarder le prix pour les autres fortes pointures, pour réaliser que la pompe à fric n'est pas l'apanage exclusif des seuls Mets …J'assume donc ma contribution à la pérennisation d'un système détestable, … en ne payant cependant le prix que d'un des deux concerts.

Dans le cadre de la promotion de leur nouvel opus, proposer deux concerts différents à chaque étape d'une tournée me parait une excellente idée à la base. Sauf qu'entre les mains de cupide organisateurs, fait cela aboutit à pénaliser ceux qui ne furent pas en mesure, pour des raisons financières ou calendaires, de se procurer le couple de tickets en prévente.

Influencé par les débats, j'ai bien failli renoncer à me procurer un sésame… Avant de céder à la tentation. Je préfère retenir leur sensibilité à des causes caritatives. Par exemple, en décembre 2022, s'est tenue la troisième édition du concert et de la vente aux enchères AWMH Helping Hands ; elle a permis de récolter 3 millions de dollars au profit d'une œuvre caritative. Et cette fois, ils versent un don de 80.000 euros aux Resto du Cœur !

Enfin, je les suis avec d'autant plus de ferveur que je suis natif de mars 1963 ; les Mets sont donc de ma génération : Lars Ulrich (batterie, percussion, depuis 1981) est né en décembre 1963, James Hetfield (chant, guitare rythmique depuis 1981), est né en aout 1963, Kirk Hammett (guitare, depuis 1983) est né en novembre 1962 et Robert Trujillo (basse, chœur, depuis 2003) est né en octobre 1964.

Ils créent de la Musique. Une Musique qu'il me plaît d'écouter, pour me distraire. Epicétou.

 

MA SOIREE : J'arrive sur place vers 17h10. En dépit de ma défiance à l'égard de la qualité acoustique du lieu, je reste ému par le rassemblement de notre communauté. Je n'étais plus retourné assister à un concert au Stade de France depuis … celui de Metallica le 12 mai 2019 ! (récit)

Ce n'est pas le concert de Bruce Springsteen au stade de Barcelone qui m'aura franchement réconcilié avec le gigantisme (…). Ayant eu connaissance de la configuration centrale, j'ai cette fois opté pour la pelouse car la scène est un cercle autour duquel le public peut se répartir. Du coup, je parviens à me placer correctement. Je me positionne au dixième rang, ce qui m'accorde une relative proximité avec ladite scène. J'y resterai paisiblement pour les deux groupes invités. Ensuite, ce sera une autre histoire …

FIVE FINGER DEATH PUNCH était initialement prévu pour ouvrir l'évènement mais un souci de santé d'un membre a contraint les organisateurs a trouvé un remplacement. Cela tombe bien, EPICA me convient beaucoup mieux !

ICE NINE KILLS
https://iceninekills.com/

MINI BIO PROMOTIONNELLE : "Originaire de Boston, fait dans le metalcore. C’est en 2002 que le groupe se forme autour de Spencer Charnas et Jeremy Schwartz, qui a quitté la formation en 2009. Avec pas moins de 6 albums à son actif (…) "

Le groupe est actuellement composé de Spencer Charnas (chant, claviers, depuis 2002), Patrick Galante (batterie, depuis 2018), Ricky Armellino (guitare rythmique, chœurs, claviers, depuis 2018), Joe Occhiuti (basse, chœurs, clavier, depuis 2019), Dan Sugarman (guitare solo, chœurs, depuis 2019).

"Welcome To Horrorwood: The Silver Scream 2" est le sixième album studio paru le 15 octobre 2021.

LE CONCERT (18h-18h30) : Le quatuor entre en scène accompagné d'une bande-son, vêtu en smoking et chaussures vernies, accompagné de trois figurants, censé impressionner par un accoutrement en rapport avec des films d'horreurs.


La sonorisation est ma foi convenable, en dépit d'une qualité inhérente à celle d'un stade. Ils ne peuvent pas compter sur un éclairage particulier puisqu'il fait jour, en revanche la scène circulaire leur permet de se présenter successivement en différents points du stade. Les musiciens (
à la différence des artistes suivants) ne daigneront pas venir de notre côté, nous nous contenterons des figurants qui étaient chargés de gesticuler de manière plus ou moins convaincante.

Ce cirque Grand-Guignol sur fond sonore d'une affligeante insipidité m'a assez vite lassé. Un solo par-ci, par-là a bien tenté de relever le niveau mais bon…

Fort heureusement, ce spectacle n'a duré qu'une demi-heure. Une partie du public leur a apporté son soutien. On en sera ravi pour eux, le ridicule ne tue pas, dit-on.

Parmi sept titres, cinq issus de "The Silver Scream 2", et deux de "The Silver Scream".

PROGRAMME

  1. Savages (The Silver Scream, 2018)
  2. Wurst Vacation (Welcome To Horrorwood: The Silver Scream 2, 2021)
  3. Hip to Be Scared (Welcome To Horrorwood: The Silver Scream 2, 2021)
  4. Ex-Mørtis (Welcome To Horrorwood: The Silver Scream 2, 2021)
  5. Welcome to Horrorwood (Welcome To Horrorwood: The Silver Scream 2, 2021)
  6. The Shower Scene (Welcome To Horrorwood: The Silver Scream 2, 2021)
  7. The American Nightmare (The Silver Scream, 2018).

 


EPICA
https://www.epica.nl/band

MINI BIO PROMOTIONNELLE : "Après avoir quitté After Forever en 2002, Mark Jansen a fondé ce groupe néerlandais qui a rapidement attiré l'attention en dehors de son pays d'origine. Après leur ambitieux premier album The Phantom Agony (2002) et leur deuxième opus étonnamment éclectique, Consign To Oblivion (2005), la route les a menés vers de nouveaux sommets avec leur premier chef-d'œuvre conceptuel, The Divine Conspiracy (2007), et leur percée mondiale, Design Your Universe (2009).

Le quintuor est stable depuis une dizaine d'années. Il est composé de Mark Jansen (guitares et grognements, depuis 2002), Coen Janssen (claviers, depuis 2002), Simone Simons (chant, depuis 2002), Ariën van Weesenbeek (batterie, depuis 2007), Isaac Delahaye (guitares et chœur, depuis 2009), Rob van der Loo (basse, depuis 2012).

Nota bene : comme Dupondt ou Durand en FRANCE, Schmitt en Allemagne, Anderson en Suède, Jansen est un nom de famille très répandu aux Pays-Bas. Coen Janssen d'EPICA n'a pas davantage de lien de parenté avec Mark, qu'avec Floor). En revanche, Irene Jansen, qui a participé à AYREON et STAR ONE et fondé son groupe KARMA, est la petite sœur de Floor.

"Omega" est le huitième album studio, paru le 26 février 2021 via Nuclear Blast.

LE CONCERT (19h-20h) : La sonorisation inhérente à un stade doit demander une certaine mansuétude à l'auditeur exigeant. Cependant, l'effort n'est pas démesuré cette fois. Car en tant que découvreur je perçois une Musique qui parvient à me séduire. Je retrouve ce que j'avais apprécié dans le défunt (et regretté) AFTER FOREVER, c’est-à-dire un bel équilibre des forces en présence. Une voix féminine au timbre puissant, à la tessiture étendue accompagne de belles mélodies, parfois interrompues de manière plus ou moins opportune, par la voix gutturale du mâle de service. De beaux soli de guitares incisifs et une rythmique dynamique dont j'apprécie la vivacité du bassiste et du batteur. Le pupitre du clavier est relativement discret à l'audition, mais physiquement présent grâce sa déclinaison en bandoulière qui lui permet lui aussi de venir haranguer le public.

Nous sommes encore soumis à l'éclairage naturel puisque le soleil n'est pas encore couché. Le quintuor maitrise bien la scène atypique, dénuée de leur matériel habituel. Ils arpentent la circonférence avec appétit de partage, sans masquer leur plaisir d'avoir pu saisir l'opportunité inattendue de jouer ici. Leur prestation s'en ressent et convainc facilement le public présent … à ce moment-là, car beaucoup ont estimé opportun d'attendre l'heure de passage des Mets. Tant pis pour ces auditeurs que je trouve quelque peu obtus. En ce qui me concerne, cette prestation m'incite à guetter leur prochain concert parisien avec envie.

Parmi neuf titres, trois sont issus de " Omega ", un de " The Holographic Principle ", un de " The Quantum Enigma ", un de " Design Your Universe ", un de " The Divine Conspiracy ", un de " Consign to Oblivion ", ainsi que de leur mini-album paru l'an dernier.

PROGRAMME

  1. Abyss of Time – Countdown to Singularity (Omega, 2021)
  2. The Essence of Silence (The Quantum Enigma, 2014)
  3. Unleashed (Design Your Universe, 2009)
  4. The Final Lullaby (The Alchemy Project, mini album 2022)
  5. The Obsessive Devotion (The Divine Conspiracy, 2007)
  6. The Skeleton Key (Omega, 2021)
  7. Code of Life (Omega, 2021)
  8. Beyond the Matrix (The Holographic Principle, 2016)
  9. Consign to Oblivion (Consign to Oblivion, 2005).

 


METALLICA
https://www.metallica.com/

MINI BIO : (réf. https://www.metallica.com/history.html ) Metallica, l'un des groupes les plus vendus de l'histoire des États-Unis, est né le 28 octobre 1981 lorsque le batteur Lars Ulrich et le guitariste/chanteur James Hetfield se sont rencontrés par le biais d'une annonce d'Ulrich dans le journal LA Recycler. Très vite, ils recrutent Ron McGovney, ami et colocataire de Hetfield, pour jouer de la basse, Dave Mustaine pour jouer de la guitare solo, et prennent le nom de METALLICA à la suite d'une suggestion de Ron Quintana, un ami de la scène métal de la baie de San Francisco. Leur ascension sera relativement rapide, grâce à leur travail acharné, à leurs efforts et à une rare alchimie musicale. Après s'être lancés dans le circuit des groupes d'ouverture à Los Angeles (où ils ont assuré la première partie de Saxon), ils ont enregistré leur toute première démo, "No Life 'Til Leather". Le circuit de vente de cassettes en raffole et, après plusieurs concerts bien accueillis dans la région de la baie, Metallica s'y installe après avoir convaincu le bassiste Cliff Burton de quitter son groupe Trauma et de remplacer McGovney.

Jon Zazula, promoteur de métal de la côte Est, propose au groupe de signer un contrat avec son label indépendant Megaforce Records et, en 1983, ils se rendent à New York dans un U-Haul volé pour enregistrer leur premier album. Peu après leur arrivée à New York en avril 1983, pendant les sessions d'enregistrement, les problèmes de Mustaine avec les drogues et l'alcool l'ont fait renvoyer du groupe, et ils ont rapidement recruté le nouveau guitariste Kirk Hammett, un membre d'Exodus, et les garçons entrent en studio pour la première fois. Le premier album qui en résulte, "Kill 'Em All", explose sur la scène plus tard dans l'année, avec des riffs métalliques croustillants incrustés de punk, tels que "The Four Horsemen", "Whiplash" et "Seek and Destroy", qui sont salués comme des classiques instantanés. L'accueil enthousiaste de la communauté metal leur a permis d'enregistrer rapidement leur deuxième album "Ride The Lightning" avec le producteur Flemming Rassmussen à Copenhague, aux Sweet Silence Studios, pendant l'été 1984. Les compositions classiques telles que "For Whom The Bell Tolls" et "Fade To Black" côtoient fièrement l'agressivité de "Fight Fire With Fire" et "Creeping Death". Q Prime Management et Elektra Records s'empressent d'engager le groupe à l'automne 1984, et avec des tournées de plus en plus fréquentées et internationales, la stature du groupe s'accroît rapidement.

Fin 1985, la combinaison Rassmussen/Sweet Silence fournit la base de Master Of Puppets, le troisième album du groupe, qui est mixé à Los Angeles avec Michael Wagener et sort en mars 1986. "Battery", la chanson titre et l'instrumental épique "Orion" font partie des compositions stupéfiantes, et après avoir assuré la première partie d'Ozzy Osbourne, "Master of Puppets" a atteint le top 30 des ventes d'albums et a élargi sa base de fans au-delà de l'entendement. C'est une véritable ascension. Metallica semblait inarrêtable. Mais le 27 septembre 1986, le groupe subit une tragédie inouïe. En tournée en Suède, lors d'un trajet de nuit, le bus de tournée du groupe dérape et se renverse, tuant Cliff Burton. Son influence sur le développement musical du groupe a été énorme, combinant les jams et expérimentations avec une connaissance aiguë de la théorie musicale."

(…) Mais le groupe surmontera ce terrible écueil et s'envolera vers la gloire… Pour ma part, j'aime toute la discographie, à l'exception toutefois de "St-Anger" (2003), dont je trouve l'enregistrement bâclé.

(…) "72 Seasons" est le onzième album studio paru le 14 avril 2023. Le temps pour l'écouter attentivement m'a manqué, mais ce que j'en ai perçu me convient, en dépit de quelques longueurs qui m'ont parue superflues. James commente ainsi le titre : "Une grande partie de notre expérience d'adulte est une reconstitution ou une réaction à ces expériences d'enfance vécues durant les 18 premières années (72 saisons) de notre vie. Prisonniers de l'enfance ou libérés de ces servitudes que nous portons".

 


Durant l'entracte sont diffusés des titres de Thin Lizzy et d'Iron Maiden, de quoi chauffer les muscles de ma nuque. Mais, finalement je comprends que le moment approche lorsque je perçois les accords d'Angus prémices à la diffusion intégrale du titre légendaire "It's a long Way to the Top if you wanna Rock 'n' Roll" écrit par Bon Scott. Titre opportun pour refléter la carrière des Mets, illustré par les images relatant leur évolution. Tickets de leurs premiers concerts, photos des jeunes boutonneux enthousiastes, souriants à leur présent et à l'avenir.

La tension monte encore d'un cran lorsque résonne la musique grandiloquente composée par Monsieur Ennio Morricone pour "Le Bon, la Brute et le Truand", le film culte de Sergio Leone. Son effet demeure imparable auprès des admirateurs ; elle accentue toujours la surexcitation de l'attente. Tant et si bien, que dès l'apparition du quatuor sur la scène, une bousculade monstrueuse m'aspire vers le bord de la scène, dont seuls trois, puis deux rangs me séparent !! A l'image de la sélection naturelle de l'humanité, les plus faibles ont été impitoyablement éjectés. Mon mètre-quatre-vingt-un et mon expérience de quatre décennies dans les fosses me permet de parer à la fougue de la jeunesse qui m'entoure. Un combat de chaque instant ne fait que débuter … Mais foi de Bélier, je m'accroche de haute lutte, sans omettre de me concentrer (aussi) sur ce qui se passe sur la scène.

LE CONCERT (20h40-22h45) : Le dispositif d'éclairage et son effet diffère au cours de la prestation car elle débute à la tombée du jour. La nuit apportera son lot d'effets lumineux et coloré à souhait ! Mes images captées en témoignent ! La scène circulaire prend ici tout son intérêt ; des pieds de micro sont disposés sur la circonférence. Les musiciens s'expriment à tour de rôles en différents points, afin de satisfaire un maximum d'auditeurs. Même la batterie change de place au cours du concert ; au début j'ai eu la chance d'en être à proximité, puis elle s'enfonce sous la scène avant de réapparaitre à un autre point. Evidemment, l'auditeur qui est placé à l'opposé de la position du musicien peut se sentir momentanément frustré, mais je trouve cette idée judicieuse. D'énormes écrans cylindriques surplombent et entourent la fosse pour diffuser les images.

Depuis mon point d'écoute (une fosse emplies de jeunes loups surexcités), la sonorisation ne m'a pas constamment paru aussi claire, perceptible que pour EPICA. Sans doute une question de perception de la densité des sons exprimés, compte tenu de ma fatigue physique vite ressentie dans l'agitation ambiante. Mais cependant, je peux garantir que je craignais bien pire que cela en venant ici ; rappelons la catastrophe sonore que constitua le concert de Rammstein à Lyon l'été dernier ! En tout état de cause, il en eût fallu bien davantage pour me démotiver à demeurer coûte que coûte à mon troisième rang !! Un regard circulaire me renseigne sur l'état d'occupation des lieux ; la couronne supérieure du stade est intégralement neutralisée, les autres niveaux sont constellés de quelques places vacantes, mais l'ensemble avec la fosse me semble bien rempli. Nous devons être aux alentours de soixante mille mais cette estimation mériterait d'être affinée. Hélas, ce chiffre restera dans une alcôve secrète afin de préserver peut-être des intérêts non avouables ...   

Par chance, le positionnement de la batterie au début du concert est très proche du mien. Je ne me souviens pas avoir été aussi proche de Lars en concert !! Cette proximité m'a permis de repenser brièvement à cette polémique inappropriée au sujet de sa frappe ; à l'instar de batteurs plus avisés que moi (Mike Portnoy par exemple) je reste admiratif du cogneur, qui conserve sa fougue et son efficacité, à bientôt 60 ans !

Les soixantenaires de ma classe sont tous encore vigoureux et d'un redoutable enthousiasme ! La voix de James hargneuse à l'unisson de sa guitare avec laquelle il se lance sur des accords et soli en écho à ceux de Kirk. Celui-ci, moins exubérant, est toujours aussi appliqué, et ses soli toujours aussi incisifs ! Quant à Rob, j'ai pu mesurer combien son rôle ne se cantonne pas à un mur sonore ; son tricot d'accords me rappellent ses prestations mémorables lorsqu'il était au sein d'INFECTIOUS GROOVE.

Au regard des programmes des dates néerlandaises, il semble que les titres diffèrent bien entre les deux concerts jumeaux, mais également entre les villes ! (source Setlist.fm) "Blackened" et "I Disappear" sont joués pour la première fois sur cette tournée, ce dernier n'ayant même jamais été interprété en Europe, d'après les statistiques établies ! Le début du concert avec "For Whom the Bell Tolls" me parait également atypique mais de nature à me satisfaire totalement !


Je dois confesser humblement ne pas me souvenir avoir entendu "I Disappear". Il faut dire que cet extrait de la bande sonore du film "The Mission : Impossible 2" avait dû être diffusée parallèlement à la sortie du film dans les salles, soit en juillet 2000. Mon premier fils étant né le 30 juillet, j'imagine que j'avais d'autres centres d'intérêt ! A ma décharge, ce morceau ne se trouve sur aucun album du groupe, bien qu'il ait été interprété plusieurs fois jusqu'en 2004.

Beaucoup de moments intenses ce soir mais citons notamment "Blackened", bourré de soli et d'une rage particulièrement époustouflante. Le concert se clôt sur "Master of Puppets" apocalyptiquement somptueux !

Je suis ravi de la prestation ainsi que choix des titres de ce soir. Un juste équilibre entre l'impérative évocation des quatre décennies et du nouvel opus récemment paru. Un p'tit Whiplash m'aurait comblé, mais bon là j'abuse un peu, après l'avoir reçu en pleine poire pour leur entrée sur la scène du Hellfest l'an dernier !…(récit) Quoiqu'il en soit, à l'issue de cet excellent concert, METALLICA demeure dans mon Panthéon des héros de ma vingtaine

Ils ont ainsi interprété seize titres ; seuls trois sont issus de "72 Seasons ", trois de "Metallica",  trois de "Ride the Lightning", deux de "And Justice for All", un de "Death Magnetic", un de "Master of Puppets"  un de "Kill 'Em Al "  un de "Reload" et un extrait de la bande sonore du film "The Mission: Impossible 2".

 

PROGRAMME :
Intro "It's a Long Way to the Top (If You Wanna Rock 'n' Roll)" (AC/DC)
Intro audio/video "The Ecstasy of Gold" (Ennio Morricone),

  1. For Whom the Bell Tolls (Ride the Lightning, 1984)
  2. Ride the Lightning (Ride the Lightning, 1984)
  3. Holier Than Thou (Metallica, 1991)
  4. I Disappear (the Mission: Impossible 2, 2000)
  5. Lux Æterna (72 Seasons, 2023)
  6. Screaming Suicide (72 Seasons, 2023)
  7. Fade to Black (Ride the Lightning, 1984)
  8. Sleepwalk My Life Away (72 Seasons, 2023)
  9. Orion (Master of Puppets, 1986)
  10. Nothing Else Matters (Metallica, 1991)
  11. Sad but True (Metallica, 1991)
  12. The Day That Never Comes (Death Magnetic, 2008)
  13. Blackened (…And Justice for All, 1988)
  14. Fuel (Reload, 1997)
  15. Seek & Destroy (Kill 'Em All, 1983)
  16. Master of Puppets (Master of Puppets, 1986).

 

Ce soir j'ai décrété ma sagesse ; pas d'achat de t-shirt, même si le prix n'est " qu'à " 35 € (j'en ai vus à 40, voire 50 € sur d'autres concerts récents !). J'ai sur moi celui que j'ai acquis sur la tournée 1984, et cela me satisfait pleinement. 

A défaut de retrouver mon fils quelque part dans la foule, je retrouve mon vieux pote Phil (avec lequel nous partageons notre passion depuis quatre décennies) et son fils Florian.

Les travaux préparatoires aux Jeux Olympiques de 2024 m'imposent de me détourner de mon trajet habituel (RER B), en empruntant la ligne D du RER, dont j'avais oublié à quel point c'est un plan galère … Raison de plus pour éviter de revenir au SdF. Quoique (…)

VIVE METALLICA !


vendredi 5 mai 2023

PROG at SEA – Croisière Oslo-Copenhague-Oslo – du 5 au 7 mai 2023.

 

Depuis avril 2013, le festival Cruise to the Edge fait rêver bon nombre de mélomanes, et je confesse volontiers en faire partie. Mais pour naviguer sur les mers des iles Caraïbes à bord d'un navire en écoutant des concerts de notre musique favorite, il faut se rendre en Floride (EUA) et donc engager des ressources financières considérables. Nos scrupules nous porteront sans doute à attendre la retraite pour céder à la tentation. Nonobstant, cette réelle frustration est désormais tempérée par une formidable initiative prise par "We Låve Rock", co-pilotée par Morten L. CLASON (THE WINDMILL).

Une précédente croisière avec la Stena Line Norge du 31 août au 1er septembre 2019 avait déjà proposé un "Prog at Sea", à notre insu, avec notamment THE FLOWER KINGS, KAIPA, THE WINDMILL, HASSE FRÖBERG, …

Cette fois, la croisière avec DFDS Norge nous suggère d'assister à six concerts de quatre-vingt-dix minutes avec concerts de cinq groupes. Trois groupes norvégiens ; DIM GRAY, SALUKI et WOBBLER. Un anglais ; THRESHOLD. Et surtout nos favoris français LAZULI !

Ce récit n'a pas pour ambition de relater toutes nos émotions, tant il y en eut ! Il a pour vocation d'en retracer les grandes lignes. Les regards, les discussions, les impressions sont peu transposables, en tout cas compte tenu de mon modeste niveau d'écriture. J'espère simplement qu'il donnera envie à d'autres  mélomanes de participer aux prochaines éditions…

Surtout que, hormis les vols pour Paris/Oslo/Paris, le coût nous a semblé assez raisonnable pour nous décider, compte tenu de l'affiche et surtout de la croisière. Il nous a suffi d'opter pour une version la moins onéreuse possible, ce que nous ne regretterons à aucun moment. Nos cabines standard se sont révélées parfaitement adaptées à nos besoins et les petits déjeuners à volonté se sont avérés largement assez copieux pour tenir la journée.

Nous avions imaginé une croisière à bord d'un frêle esquif, à l'étroit et des conditions spartiates. Que nenni ! Lorsque le bus nous débarque au port, nous fûmes impressionnés par la taille du paquebot. De nature inquiets, nous nous présentons fébriles à l'embarcadère munis de la simple lettre de confirmation de réservation, vers 13h15.


Le paquebot "Crown Seaways" vogue sur les eaux scandinaves depuis 1994. Il peut accueillir 1 790 passagers et 450 voitures. Il a été rénové en dernier lieu en 2017. J'ignore son mode de propulsion mais nous n'avons jamais été incommodés par un quelconque rejet. Il comprend 630 cabines, des restaurants, des bars et des installations de conférence, dont le salon privé, le Sky Club, réservé à notre microcosme, d'une petite centaine de mélomanes.

L'accueil est courtois et efficace ; en échange de notre courriel, nous recevons une enveloppe contenant les tickets, mais aussi nos bracelets permettant de nous distinguer des autres croisiéristes. Le fétichiste que je suis, déplore l'absence de ticket propre au festival. Ce qui, ajouté à l'absence de t-shirt, constitue une petite frustration… Dans un océan de bonheur.

Nous prenons place au restaurant italien pour déguster une pizza ; c'est là que nous avons la joie d'accueillir nos amis venus de Bruxelles ; Fiona et Zsolt !

Passé cette première collation, vers 14h40 nous prenons nos quartiers dans notre cabine (5139, pont 5) ; elle est certes relativement étroite, mais largement suffisante pour garantir nos sommeils réparateurs. Equipée d'éclairages tamisés, d'un coin toilettes et d'une douche. Tout cela suffit à  notre bonheur, d'autant plus que nous n'avons aucunement l'intention de nous y attarder !

Ponctuel, le légendaire signal sonore précède l'appareillage d'Oslo à 15h00.



Le ciel est bleu, la mer est calme, l'équipage est accueillant et le navire confortable… que demander de mieux ? du prog bien sûr !!

Ça commence bien, puisqu'à peine arrivé à bord nous rencontrons par hasard Jean-Robert VIITA (clavier de THE WINDMILL et de SALUKI), accompagné de sa Dame. Il semble autant ravi que nous ; accolades, sourires et propos enthousiastes. Sans son costume de scène habituel, sans son couvre-chef, nous avons toutefois mis quelques secondes avant de le reconnaitre avec certitude ! Cette première rencontre sera suivie de bien d'autres, aux détours des coursives, à commencer par Dominique.

Nous découvrirons au fil des événements des salons spacieux, une boutique, des restaurants et des bars de toutes tailles sur les ponts 7, 8, et 9. Mais nous ne tardons pas à nous rendre au seuil du Sky Club, une jolie p'tite salle de concert avec une scène relativement réduite (quoique moins exiguë que celle de la péniche le Petit-Bain, par exemple !), entourée d'un bar et de fauteuils, le tout surplombé d'une confortable mezzanine. Un dôme transparent inonde le tout de la clarté du jour. Excellente impression de confort ! Autant avouer que nos scrupules préalables à participer à une croisière se sont complétement dissipés. Carpe Diem !

Mais assez rêvassé, les choses sérieuses débutent rapidement.


DIM GRAY
https://dimgraymusic.bandcamp.com/
https://dimgray.no/

BREVE BIOGRAPHIE : Le noyau de DIM GRAY est un trio "Les membres fondateurs viennent d'endroits différents, à la fois musicalement et géographiquement, puisque tous les trois - Håkon Høiberg, Oskar Holldorff et Tom Ian Klungland - ont déménagé de différentes parties de la Norvège vers sa capitale en 2012 pour poursuivre leurs études. Après s'être trouvés, ils ont rapidement commencé à jouer ensemble. Les trois membres ont des expériences musicales contrastées dans des genres aussi divers que le black metal, le rock progressif, le blues, le folk et la musique de film, mais en les fusionnant, ils ont commencé à développer leur propre son, distinctif et unique.

En 2020, le groupe a sorti les chansons "Ráth", "Again", "Light Anew" et "Ouroboros" avant de publier, en été, un premier album conceptuel uniquement numérique intitulé "Flown". Il est sorti en double vinyle et en CD en 2021. Leur deuxième album "Firmament" est paru le 2 septembre 2022. "

Aujourd'hui, Håkon Høiberg (guitares, chant et chœurs), Oskar Holldorff (chant, claviers) et Tom Ian Klungland (batterie, chœurs) sont entourés du bassiste Kristian Kvaksrud et du guitariste rythmique Milad Amouzegar. Soulignons que DIM GRAY a un lien avec BIG BIG TRAIN et sa valse de titulaires des claviers puisque le 15 janvier 2023, il a été annoncé que Carly Bryant quittait (lui aussi) BBT, pour être remplacé par Oskar Holldorff…

LE CONCERT [15h30-16h50] : La prestation se tient en plein après-midi et donc c'est le dôme transparent qui éclaire la scène. La sonorisation m'a semblé correcte et audible.

Avant l'annonce de l'affiche, je ne connaissais absolument pas ce groupe. Leur musique très douce, planante et mélodique m'a complétement séduit au cours de ce concert. Il me semble que ce groupe est à conseiller à tous ceux qui savent déjà apprécier des artistes comme GAZPACHO, SIGUR ROS, A-ha, MARILLION et STEVEN WILSON. Grâce à l'écoute préalable de deux ou trois titres tels que "Abalus" j'ai rapidement été happé par les ambiances éthérées, planantes et mélodiques. Cette découverte était d'autant plus enivrante à bord d'un paquebot, avec les roulis qui accentuaient encore les sensations.

Ouvrir pour un événement aussi atypique devait leur paraitre impressionnant et cependant ils ont insérés deux nouveaux titres à leur répertoire. Le public leur a accordé une belle ovation méritée. Je me serais bien procuré un ou deux CD, mais ils ne prenaient pas la carte. Tant pis, je remets cela à plus tard via leur bandcamp !

Dix-sept titres dont huit issus de "Firmament" 2022, six de "Flown" 2020, et deux titres à paraitre.

PROGRAMME

  1. Mare (Firmament, 2022)
  2. The Wave We Thought We'd Ride Forever (Flown, 2020)
  3. Ashes (Firmament, 2022)
  4. Undertow (Firmament, 2022)
  5. Avalon (Firmament, 2022)
  6. 52 (Firmament, 2022)
  7. Paper Bird (monoplage, )
  8. Abalus (Firmament, 2022)
  9. Cannons (Firmament, 2022)
  10. Little One (nouveau titre)
  11. Light Anew (Flown, 2020)
  12. Iron Henry (Firmament, 2022)
  13. Murals (nouveau titre)
  14. Closer (Flown, 2020)
  15. Ráth (Flown, 2020)
  16. Dreamer's Disease (Flown, 2020)
  17. Black Sun (Flown, 2020).

L'auditoire se disperse sur les ponts après cette première prestation. Nous disposons de trois heures avant la suite… Quel bonheur que de pouvoir voguer entre les fjords puis de s'éloigner des côtes dans l'air vif de Scandinavie, qui ne m'a pas paru si froid que cela en fait. Un air sain et vivifiant, par un temps ensoleillé qui plus est ! Allons, tout cela vaut bien une bonne mousse scandinave, par Odin ! Nous explorons donc les produits de la brasserie danoise Svaneke Bryghus.

Nous sommes tentés de nous attarder pour admirer un splendide coucher de soleil doré sur la mer, mais nous n'en perdons pas le Nord pour autant ; un de mes principaux objectifs musicaux nous attend !


THE WOBBLER
https://www.wobblerofficial.com/
https://wobbler.bandcamp.com/

BREVE BIOGRAPHIE : "WOBBLER a été formé dans la campagne norvégienne idyllique, à proximité des grandes chutes d'eau de Hønefoss, au printemps 1999. Le groupe avait un désir ardent de créer, ou peut-être de recréer, certaines des expressions musicales du début des années 70 - en particulier en utilisant les instruments de l'époque et les compositions quelque peu complexes de la scène rock progressive de 1969 à 1974. (…).

En 2005, WOBBLER a sorti son premier album "Hinterland", porté par le titre phare de 28 minutes. Le concert de lancement a eu lieu au festival NEAR-fest aux États-Unis. Le concert et l'album sont à la hauteur du battage médiatique et amènent de nombreux nouveaux fans au groupe.

En avril 2009, le groupe a finalement sorti son deuxième album, "Afterglow". Il contient un réenregistrement de deux anciennes démos et trois autres chansons composées en 1999. (...)

Plus tard en 2009, le groupe entre à nouveau en studio, cette fois avec le nouveau chanteur et leader Andreas Wettergreen Strømman Prestmo. (…). Le troisième album, "Rites at Dawn", est sorti en 2011 et a été présenté en avant-première au festival Terra Incognita au Québec, au Canada. (…) Après un certain temps, le membre original Morten Andreas Eriksen a quitté le groupe, et un ami de longue date, Marius Halleland, a rejoint le groupe en tant que nouveau guitariste.

Après la sortie du quatrième album tant attendu et acclamé par la critique, "From Silence to Somewhere" en 2017, WOBBLER a pris la route et s'est produit dans toute l'Europe ainsi qu'au Canada en 2017-2019, y compris dans le plus grand festival de prog d'Europe, Night of the Prog Festival, en 2018.

Entre les concerts, WOBBLER était occupé à composer de nouveaux morceaux pour un cinquième album. Intitulé "Dwellers of the Deep", le nouvel album de WOBBLER sortira dans le monde entier chez Karisma Records le 23 octobre 2020." 

Ceux de mes amis qui avaient assisté à leur prestation au Crescendo Festival à Saint-Palais-sur-Mer le samedi 22 août 2015 m'avaient tous fait part de leur sensation positive. Pour ma part, je n'ai découvert WOBBLER que lors du Night of the Prog Festival, ici le samedi 14 juillet 2018. Complément bouleversé par leur musique, je me suis procuré leur discographie sans omettre de la suivre.

Je suis donc particulièrement ravi de les revoir ici ! Je retrouve le quintuor à l'identique : Kristian Karl Hultgren (basse, depuis 1999), Lars Fredrik Frøislie (claviers, chœurs, depuis 1999), Martin Nordrum Kneppen (batterie, flûte, depuis 1999), Andreas Wettergreen Strømman Prestmo (chant, guitare, depuis 2009) et Geir Marius Bergom Halleland (guitare, chœurs, depuis 2011).

LE CONCERT [21h00-22h30]: L'éclairage est tamisé, accentué sur les tons verts, et la sonorisation m'a semblé parfaitement équilibrée pour tous les pupitres ; le tout s'accorde pour une magnifique ambiance. A tel point que mes protections auditives ne furent jamais nécessaires. Assez puisant pour emporter l'auditeur dans un tourbillon de notes en furie mais sans excès, audible. Un cas d'école dont feraient bien de s'inspirer nombre de responsables de console de sons …

Conforme à mes premières sensations ressenties au NOTP, leur concert a encore accentué mon admiration pour ces norvégiens. Ce sont bien là cinq talents individuels qui se conjuguent à merveille pour produire des sons et des rythmes d'une beauté inouïe. Ils parviennent à recréer des ambiances contrastées rappelant les meilleures périodes du rock progressif, avec notamment ce son si particulier du mellotron ! Lars Fredrik Frøislie maîtrise parfaitement ses claviers pour emmener l'auditoire dans des atmosphères toujours plus planantes et tourmentées.

La basse de Kristian Karl Hultgren laboure inlassablement de ses accords toutes les séquences avec une empreinte qui, moi, m'a totalement subjugué. Pour parfaire la rythmique implacable, Martin Nordrum Kneppen assure une frappe d'une redoutable efficacité. En outre le multiinstrumentiste peut nous enchanter aux sons de sa flute.

La voix d'Andreas Prestmo me séduit par ce mélange de sensibilité et de conviction, exprimé avec un timbre plaintif et évocateur. Sa tessiture est plutôt dans les aigus mais d'une grande complexité ; je ne pense pas être capable de chanter avec pareille justesse une partition entière des chansons.

Les accords mélodiques de guitare et pourtant souvent complexes de Marius Halleland ont largement contribué à mon enthousiasme.

Si le précédent et premier groupe constituait une découverte, en revanche WOBBLER m'a confirmé son statut de valeur sûre. Encore un de ces groupes injustement méconnus et qui mériterait bien davantage de notoriété !

Le public présent ne s'y trompe pas et leur accorde une ovation dont la coque du navire doit encore se souvenir ! Et pourtant ce n'était pas gagné car une bande de soiffards ont bien failli pourrir le concert ; tellement bruyants et irrespectueux que Andreas a bien failli leur balancer sa bouteille d'eau ! Mais l'artiste étant un gentleman, il les a directement invités à se calmer, ce qu'ils ont fini par admettre.

Avec six titres, WOBBLER nous a invité à visiter trois de ses albums ; deux issus de "Dwellers of the Deep" 2020, deux de "From Silence to Somewhere", 2017 et deux de "Rites At Dawn" 2011.

PROGRAMME

  1. Five Rooms (Dwellers of the Deep, 2020)
  2. From Silence to Somewhere (From Silence to Somewhere, 2017)
  3. This Past Presence (Rites At Dawn, 2011)
  4. Fermented Hours (From Silence to Somewhere, 2017)
  5. Merry Macabre (Dwellers of the Deep, 2020)
  6. In Orbit (Rites At Dawn, 2011).


Nous disposons de trois quart d'heure pour nous remettre de nos émotions intenses. Cela aurait pu porter préjudice à n'importe quel artiste passant après une telle prestation… Mais c'est LAZULI qui est chargé de la suite ; autant dire que nous n'avons aucune difficulté, malgré tout, à nous remettre en selle ! (Nous aurons l'opportunité le lendemain de rencontrer WOBBLER pour leur dire tout le bien que je pense d'eux et me faire accorder un portrait en leur compagnie et celle de ma p'tite Fée !)

WOBBLER des artistes talentueux et sympathiques

LAZULI
https://lazuli-music.com/

BREVE BIOGRAPHIE : "Le milieu du Rock est peu propice à l’exportation de la langue de Molière, on le sait, mais Lazuli efface les frontières. En quelques années, le groupe est devenu l’ambassadeur de la France sur les plus grosses scènes internationales de Rock Progressif. Ses notes et ses mots sont devenus langage universel. Héritier des Peter Gabriel et autres Pink Floyd, le groupe Gardois se distingue par sa singularité, son instrumentation peu courante et l’invention d’un instrument unique: La Léode. Quelque part entre rock, chanson, électro et world, la musique atypique de LAZULI, onirique, exploratrice, nous mène hors des sentiers battus. LAZULI envisage ses chansons comme des toiles, mélange les couleurs, dépeint son monde ou le repeint. Quelque part entre Jacques Prévert et Tim Burton, les mots questionnent les maux du temps présent. La voix aérienne, funambulesque, tout en jeu de mots, nous chante l’homme sous toutes ses formes et ses “déformes”. Tour à tour on plane ou on est pris dans la tourmente, le temps se suspend ou s’accélère…"

Ces propos me semblent bien résumer l'essentiel. Je n'irai pas plus loin, d'autant moins que je me suis déjà longuement exprimé dans mes précédents récits sur tous les mérites que je leur reconnais.

Les prestations de LAZULI étant plus rares sur les scènes françaises que sur les européennes, j'ai attendu le samedi 5 août 2017 pour pouvoir enfin assister à un de leurs concerts ; ce fut lors du festival Rock au Château de Villersexel. Cette occasion m'a confirmé tout le bien que je pensais d'eux. 

Je retrouve ainsi ce soir, pour la neuvième fois avec un authentique bonheur, Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), entourés de Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020).

L'opus "11" paru et acquis dès le 14 Janvier 2023, tout droit sorti des presses !

Fidèle à leur personnalité, les membres viennent à notre rencontre pour échanger nos impressions sur cette croisière. C'est une première pour eux aussi !

LE CONCERT [23h15-00h45] : Le bateau tangue un peu ce soir. Assis devant la scène l'auditoire le ressent un peu, mais étant debout les musiciens ont ressenti des sensations qu'il fallait maitriser !

Nous sommes assis au bord de la scène, juste devant l'emplacement de Dominique ; un poteau nous masque partiellement Claude, mais on se voit mieux en se penchant de temps en temps ! Le reste du groupe est parfaitement visible. L'éclairage reste sur les teintes vertes (comme pour Wobbler), mais suffisamment lumineux pour laisser nos objectifs saisir de beaux clichés.

La sonorisation m'a semblé globalement correcte de notre point d'écoute. A leurs échanges de regard durant la prestation, nous avons perçu que les musiciens ont ressenti quelques frayeurs. Dominique et Claude nous ont indiqué ensuite que la Léode était en cause, mais sans gravité en ce qui nous concerne.

Dominique nous avait fait part de sa frustration ne pas pouvoir installer son écran, le privant ainsi de montrer son montage d'images. C'est certes dommage, mais cela ne nous a pas gêné, notre intérêt se portant de toute façon davantage sur le chant et la musique. Leur espace de scène était réduit par une batterie restée derrière eux. Du coup, le Domi semblait moins agile que de coutume,  même dans son élégant costume offert par sa Dulcinée. Le roulis du navire accentuant encore cette impression !

Néanmoins, nous avons pris un plaisir immense à soutenir leur répertoire devant un public qui, probablement, était majoritairement en phase de découverte. Avec ma p'tite Fée, nous nous sentions dans un tel confort d'écoute que nous avions le sentiment que LAZULI jouait pour nous, dans notre salon. Excès de présomption vaniteuse, sans doute. Cette sensation était pourtant accrue par les regards que nous adressaient les musiciens et plus particulièrement les frères Léonetti, sans doute à la recherche d'un point d'appui parmi un public quelque peu agité et bruyant au début du concert. Sauf qu'ici, Dominique tente de communiquer un tant soit peu en norvégien ; un effort apprécié par le public.

Les titres du dernier album constituent la majeure partie du programme et continuent ainsi leur cheminement dans mon esprit. Avec l'actualité musicale particulièrement dense en ce début d'année, je confesse ne pas avoir encore eu le temps de bien écouter l'album. Aucun d'entre eux ne me laisse insensible, mais les titres qui me séduisent le plus pour le moment sont "Sillonner des océans de vinyle", "Triste Carnaval", "La bétaillère", "Le Pleureur sous la Pluie" (ah, ce solo de guitare !)…Mais en écrivant cette sélection, je me rends compte que je pourrais toutes les citer en fait ! (non je ne suis pas adulateur, je me laisse juste bercer par leurs mélodies, par la voix de Dominique et par leur maitrise de leur instrument.

J'affectionne beaucoup l'opus "Saison 8" ces deux titres m'ont donc ravi. Mais bien sûr les titres "Le miroir aux alouettes" et "Les courants ascendants" produisent toujours un effet sur l'auditoire.


En tant que cornettiste et particulièrement sensibles aux sons cuivrés, je me réjouis de constater qu'au fil des années Romain intervient davantage avec son cor d'harmonie bidouillé, même pour introduire opportunément d'anciens titres. Le multi-instrumentiste affectionne particulièrement le clavier dont les accords enchantent constamment les contre-chants. Et de surcroit, il se défend très bien à la batterie ("Le miroir aux alouettes"), lorsque Vincent s'adonne aux percussions.

Le public était en partie composé de Vikings-boit-sans-soif relativement bruyants au début (ils l'étaient déjà pendant WOBBLER !), mais le sortilège de LAZULI a finalement opéré, l'ensemble du public étant complètement capté par les Français. Je ne cache pas avoir ressenti une certaine fierté pour eux ; ils sont capables de convertir n'importe quel incroyant !

Parmi les quatorze titres, neuf sont issus de "11", deux de "Saison 8", un de "4603 Battements", un de "Tant que l’herbe est grasse" et bien sûr la traditionnelle prestation autour du marimba.

PROGRAMME
1.      Sillonner des océans de vinyle (Onze, 2023)
2.      Triste Carnaval (Onze, 2023)
3.      Qui d'autre que l'autre (Onze, 2023)
4.      Égoïne (Onze, 2023)
5.      Lagune grise (Onze, 2023)
6.      Le Pleureur sous la Pluie (Onze, 2023)
7.      Un linceul de brume (Saison 8, 2018)
8.      Mes semblables (Saison 8, 2018)
9.      Parlons du temps (Onze, 2023)
10.  La bétaillère (Onze, 2023)
11.  Le miroir aux alouettes (4603 Battements, 2011)
12.  Les courants ascendants (Tant que l’herbe est grasse, 2014)
13.  Les Mots Désuets (Onze, 2023)
14.  Neuf Mains autour d'un Marimba (finissant par "Here Comes the Sun" des Beatles, 1969).


Au cours de cette journée, nous avons eu le plaisir de discuter avec des musiciens de THE WINDMILL ; Arnfinn Isaksen, Jean Robert Viita, Morten Loken Clason, Stig Andre Clason et Kristoffer Utby (Erik Borgen étant absent). Nous apprenons ainsi que le nouvel album suit son cours et devrait être prêt d'ici la fin de l'été. Il sera donc disponible pour leur venue au festival Prog en Beauce en octobre. Morten a démenti l'abandon définitif de Prog at Sea. Il explique juste que c'est compliqué à organiser ; mais cela nous le savions déjà. En tout cas, ses potes ont bien la ferme intention de programmer THE WINDMILL pour la prochaine édition ; ce qui serait pour eux la garantie absolue de notre retour sur le rafiot !!!

Avec le recul, je regrette ne pas être resté plus tardivement ce soir-là dans l'espace, afin de discuter encore davantage avec la bande à Domi et surtout poser pour ce qui aurait été un portrait d'anthologie au pays des Vikings. Car ce moment restera indubitablement unique. Nous aurions pu/dû finir la soirée en compagnie de nombreux musiciens (nous saurons par la suite que Lazuli et Wobbler ont sympathisé et fomenté des projets…), mais franchement nous étions au bout du rouleau. Nous avions stressé toute la journée depuis 5 heures du matin pour parvenir à nos fins, et les quelques bières arrosant nos émotions ont achevé nos dernières résistances ! Donc direction la cabine, pour une bonne nuit de sommeil bien mérité ! Quelle sensation agréable que ce délicieux roulis incessant. Il parait que la nuit fut agitée (non je ne parle pas du bar, mais de la mer !), mais je n'ai rien perçu !!!


LE DIMANCHE 6 MAI 2023

Nous aurions bien fait une p'tite grass'mat mais le pacha en a décidé autrement ; il a trouvé judicieux de nous souhaiter une bonne journée dès 8 heures ! Bon, après tout ce n'est pas plus mal ; cela nous garantit une bonne place au resto pour le p'tit déj' ! Parmi les annonces du commandant de bord, il était indiqué qu'en raison d'un fort vent dans la nuit, le navire avait pris du retard, écourtant quelque peu notre délai de séjour dans la capitale danoise.

Un service à volonté, qui m'a permis de prendre deux petits déjeuner en un ; un salé (arf, quel délice, ce bacon and egg !!), -j'ai même goûté leur hareng- et un autre sucré !

Me voici paré pour visiter Copenhague, le ventre plein, vers 11 heures ! Avec Fiona nous disposons d'un guide de qualité, puisqu'elle y vécu trois années en tant qu'étudiante ! Elle nous guidera ainsi vers le port, la petite sirène, le quartier multicolore de Nyhavn, où nous avons goûté la gastronomie et la bière locale (mmmh !). Puis, en passant par l'Église de Frédéric (qui rappelle un peu notre Panthéon), nous avons marché dans les rues grouillantes de monde, grimpé tout en haut de l'observatoire Rundetårn, puis avons assisté à la relève de la garde au Palais Royal, avant de visiter finalement l'imposant Parlement.

Pour être de retour à bord avant 16h15, il a été jugé préférable de prendre le service d'un taxi.

Alors que nous nous détendions sur le pont, avant de rejoindre l'auditoire pour la suite du festival, Claude Léonetti vient discuter avec nous. Un vrai plaisir d'échanger en toute simplicité sur nos impressions respectives à propos de notre croisière. On apprend ainsi qu'à Copenhague, ils ont opté pour la visite de la "Commune libre de Christiania", un quartier de hippies et dealers. Une curiosité locale, dont les paradoxes apparaissent assez vite avec un regard objectif et critique. Fiona nous a toutefois indiqué que cela faisait partie des sites à visiter. Nous verrons cela l'année prochaine … Mais notre discussion passionnée a bien failli nous faire louper le début du concert suivant ! Nous nous précipitons aux côtés de Fiona et Zsolt qui nous avaient gardé une belle place assise en premier rang !


SALUKI
https://salukimusic.no/

BREVE BIOGRAPHIE : "SALUKI est un groupe de jazz rock progressif. Avec Freddy Dahl et Peter Symington comme meneurs, SALUKI a donné des concerts dans des festivals, des clubs et a effectué de nombreuses tournées en Norvège, au Danemark et aux Pays-Bas entre 1976 et 77. SALUKI a sorti son premier album, "Saluki", le 30 mars 1977. Un disque éclectique qui, tout en s'inspirant d'influences telles que MAHAVISHNU ORCHESTRA ou même Miles DAVIS, s'est également ouvert à la pop, au funk et à d'autres genres. À l'époque, SALUKI était décrit comme un groupe mélodique accrocheur, avec des rythmes entraînants, des chants harmonieux et un jeu instrumental très habile. Ce groupe était composé de Freddy Dahl, Peter Berg Nilsen, Kjell Rønningen, Sverre Beyer et Bjørn Jenssen. Certains membres étaient issus de JUNIPHER GREEN ou de RUPHUS, ou dans le cas du chanteur et guitariste Freddy Dahl, des deux.

Un deuxième album, "Amazing Games", est sorti le 2 novembre 2018."

Jean-Robert et Odd Einar nous ont indiqué qu'un troisième album est en cours.

Cette reformation aboutit ainsi à présenter aujourd'hui Freddy Dahl (chant, guitare), entouré de Trond Tufte (guitares), Ginn Jahr (basse, chœur), Henrik Robertson Fossum (batterie), Jean-Robert Viita (claviers, chœur), et Odd Einar Nordheim (chant) ces deux derniers ayant été très récemment recrutés.

LE CONCERT [17h00-18h30]: A l'instar de DIM GREY la veille, l'éclairage est naturellement prodigué par le dôme transparent qui surplombe la scène. Excellente aubaine pour les chasseurs d'images, cette luminosité me garantit des clichés de qualité. La sonorisation nous a semblé équilibrée et audible pour tous les pupitres. Compte tenu du temps qui sépare leur prestation de la suivante, SALUKI dispose du privilège de la scène dans toute sa profondeur.

Je pensais à peu près savoir à quoi m'attendre, après avoir préparé l'évènement par des écoutes préalables. Mais en fait SALUKI constituera carrément la plus belle surprise du festival ! Je pensais voir un groupe qui aurait connu ses heures de gloire dans un passé lointain mais poussiéreux. Mais, que nenni !!! Le dynamisme, l'énergie et l'envie de danser sont les idées qui me reviennent en repensant à leur prestation exaltante.

Freddy Dahl montre un jeu de guitare d'une belle vélocité mélodique. J'aime aussi sa voix, même si sa nouvelle recrue, Odd Einar Nordheim s'est montré d'une grande efficacité. Ce dernier apporte indéniablement par son charisme une grande fraicheur avec son chant éloquent et jazzy. Nous avons parfaitement ressenti son envie de convaincre, à la fois son auditoire et ses partenaires, au bénéfice de la Musique.




Les regards complices et heureux des musiciens trahissaient un réel bonheur d'être présents. Cet état d'esprit ne pouvait que transparaitre dans leur musique funk-rock entrainante. Chaque pupitre dispose de son droit de cité ; Trond Tufte partage habillement les fonctions de guitariste avec ses accords et ses soli qui viennent encore étoffer ce tourbillon de notes. Le bassiste Ginn Jahr, constamment chaloupé, souriant et investi dans cette transe, contribuait largement à cette rythmique martelée par les frappes redoutablement efficaces d'Henrik Robertson Fossum.

Mais je dois admettre que notre regard bienveillant se portait souvent sur Jean-Robert Viita que nous connaissions en tant que clavier et meneur de THE WINDMILL. C'était une belle surprise que de le voir investi dans cette nouvelle aventure, même si la proximité musicale semble assez évidente entre les deux groupes. D'autant plus qu'il n'a pas ici un rôle de figurant, et qu'à l'instar de ses complices, ses interventions sont limpides, rythmées et jazzy à souhait. Une grande satisfaction.

Treize titres, dont cinq issus de "Saluki" 1977, quatre de "Amazing Games" 2018 et quatre titres inédits.

PROGRAMME

  1. Top of the world (Amazing Games, 2018)
  2. Come down (Saluki, 1977)
  3. The Awakening (Saluki, 1977)
  4. Divine Mother Earth (titre à paraitre)
  5. Take me home (nouveau titre !)
  6. Be here now (Amazing Games, 2018)
  7. Uranus in Cancer (Saluki, 1977)
  8. Universal seed (Amazing Games, 2018)
  9. Hidden path (Saluki, 1977)
  10. Feel free (nouveau titre !)
  11. Nail in my foot (nouveau titre !)
  12. Love to the Sun (Saluki, 1977)
  13. Open your eyes (Amazing Games, 2018).

Je me rue avec détermination à l'échoppe improvisée pour me procurer un (ou deux) CD, mais hélas l'offre n'est pas à la hauteur, car ils n'ont pas de terminal de carte bancaire, ni même le CD du deuxième album ! Ayant pris connaissance de mon désespoir, Freddy Dahl demande à Ginn Jahr de m'offrir le CD de leur premier album.

Un entr’acte de deux heure et demie nous permet de flâner dans les coursives du paquebot, de siroter une bonne bière en observant le large…Quoi d'autre pour notre bonheur, sinon suspendre le temps qui passe ?


LAZULI
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Principal motif (partagé avec WOBBLER) de notre embarquement pour cette croisière, LAZULI joue une seconde fois ce soir, avec un programme différent de surcroit ! Dominique nous avait annoncé une belle surprise ; nous ne serons pas déçus !

LE CONCERT [21h00-22h30] : Sonorisation et éclairage identique au reste de l'événement. Les teintes bleutées sont toutefois ce soir prédominantes.

La batterie du groupe suivant leur passage encombre le fond de la scène. Mais LAZULI ne parait pas trop en souffrir.

Le nez de Dominique a dû s'allonger encore un peu plus en janvier, lorsqu'il nous avait affirmé ne plus jamais interpréter "Le fantastique envol de Dieter Böhm" en entier ; Pour notre plus grand plaisir, ce soir nous y avons de nouveau droit !!! On chavire (et le bateau n'y est pour rien !) sur chaque séquence, en particulier sur le titre final "Dans les mains de Dieter" qui prend son envol vers 2'30 avant d'atteindre la stratosphère avec le solo étourdissant d'Arnaud à partir de 4"30.

Très belle surprise aussi que d'entendre deux autres titres issus de "Saison 8" ; Bien qu'étant davantage ailurophiles que cynophiles, les paroles de "Chronique canine" nous parlent, car elles dénoncent le coupable mépris des gens qui abandonnent leurs animaux sur le chemin de leurs vacances.

Plus globalement les sept titres du second acte sont enivrants, pour nous mais aussi pour l'auditoire qui est totalement emporté par l'ambiance. Encore davantage que la veille, LAZULI emporte un succès tellement mérité.




Ce qui est passionnant dans un concert de LAZULI, c'est que le regard et l'ouïe peuvent se poser sur n'importe quel musicien, on trouve toujours source de réjouissances. La frappe de Vincent alternant subtilité, rigueur et puissance. Les sons si particuliers et mélodieux de la Léode de Claude. La course des doigts de Romain sur son clavier, les sonorités étonnantes sorties du pavillon du cor. Ses improvisations. Des accords et soli d'Arnaud qui semble désormais parfaitement intégré au groupe. Sans oublier les textes que Dominique exprime toujours avec une réelle conviction, sans oublier ses interventions aux guitares sèches ou électriques. Bref, un concert de LAZULI remplit toujours son rôle de parenthèse poétique dans un monde brutal.

Parmi les seize titres interprétés ce soir, neuf sont issus de "Le fantastique envol de Dieter Böhm", deux de "Saison 8", deux de "Tant que l’herbe est grasse", deux de "Nos âmes saoules", et bien sûr la traditionnelle prestation autour du marimba.

PROGRAMME

Le fantastique envol de Dieter Böhm

  1. Sol (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
  2. Les chansons sont des bouteilles à la mer (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
  3. Mers lacrymales (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
  4. Dieter Böhm (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
  5. Baume (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
  6. Un visage lunaire (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
  7. L'envol (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
  8. L'homme volant (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
  9. Dans les mains de Dieter (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)

10.  Déraille (Tant Que L'Herbe Est Grasse, 2014)

  1. Chronique canine (Saison 8, 2018)
  2. Les sutures (Nos âmes saoules, 2016)
  3. Homo Sapiens (Tant Que L'Herbe Est Grasse, 2014)
  4. J’attends un printemps (Saison 8, 2018)
  5. Nos âmes saoules (Nos âmes saoules, 2016)
  6. . Neuf Mains autour d'un Marimba (finissant par "Here Comes the Sun" des Beatles, 1969).


THRESHOLD
https://www.thresh.net/
https://thresholdprog.bandcamp.com/

BREVE BIOGRAPHIE : "Fondé dans le Surrey en 1988, en jouant d'abord des reprises de groupes de métal comme Ratt et Testament, THRESHOLD s'est véritablement épanoui au cours de la décennie suivante. Il s'est rapidement imposé comme le principal porte-drapeau du metal progressif au Royaume-Uni. À partir du premier album de 1993, "Wounded Land", le noyau créatif composé du guitariste Karl Groom et du claviériste Richard West a construit un nouveau style unique de musique lourde et progressive, combinant des mélodies incisives, des paroles qui donnent à réfléchir et des arrangements complexes mais tonitruants. "Clone" paru en 1998, est un album conceptuel qui a confirmé leur place parmi les meilleurs groupes du genre. THRESHOLD a progressé inexorablement au cours de trois décennies de ferveur créative, atteignant sans doute un nouveau sommet de puissance avec l'explosion conceptuelle et musicale de "Legends Of The Shires" en 2017."

"Dividing Lines" est le douzième album studio du groupe de métal progressif THRESHOLD, paru le 18 novembre 2022.

La composition du groupe a connu plusieurs changements. Il serait trop compliqué de les décrire, mais notons que le poste de chanteur a vu passer en alternance Jon JEARY (de 1988 à 1992), Andrew "Mac" MCDERMOTT (de 1998 à 2007 ; mort en 2011), mais aussi le fameux Damian WILSON (de 1992 à 1993, de 1996 à 1998, de 2007 à 2017) et enfin Glynn MORGAN (de 1993 à 1996, et depuis 2017).

Soulignons que Karl Groom est également connu pour avoir contribué à la production d'albums de groupe tels que LANDMARQ, PENDRAGON et SHADOWLAND.

Le seul membre fondateur encore présent, Karl Groom (guitare, chœurs, depuis 1988 -claviers (de 1988 à 1992), est désormais entouré de Richard West (claviers, chœurs depuis 1992), Johanne James (batterie, depuis 2000), Steve Anderson (basse, chœurs, depuis 2003), Glynn Morgan (chant, de 1993 à 1996, et depuis 2017).

J'ai découvert THRESHOLD lors du Night of the Prog Festival, le vendredi 13 juillet 2018, mais leur prestation ne m'avait pas permis de trouver la Porte. Par la suite, j'ai continué à prêter une oreille, puisque beaucoup autour de moi me disent être admiratifs. Ma curiosité et ma bienveillance  m'ont permis d'y trouver quelques pistes d'intérêt.

LE CONCERT [23h15-00h50] : Je ne reviens pas sur l'éclairage et la sonorisation qui demeurent satisfaisants à l'instar des précédentes prestations. En passant en dernier, ils disposent de toute la scène pour s'exprimer.

Alors que pour les cinq précédents concerts, nous n'avions guère eu de mal à demeurer tranquillement assis devant la scène, pour THRESHOLD, quelques admirateurs manifestement excités sont venus se planter devant la barrière… donc devant nous. Nous n'avions plus d'autre choix que de nous mettre debout.

Tant qu'à faire, ma p'tite Fée et moi en avons profité pour prendre de la hauteur, en nous rendant en mezzanine.

Devant un public manifestement pré-conquis le groupe n'a pas eu grande difficulté à emporter ses ovations.


Pour ma part, j'ai apprécié tous les titres, pour la plupart très mélodiques et puissants à la fois. Mais sans toutefois emporter mon exaltation. C'est propre, carré et bien fait. C'est même agréable à écouter de bout en bout ! Les accords de basse et de guitare sont techniquement intéressants. Le chant est juste (même si en l'écoutant je regrette de ne pas avoir assisté aux ères Wilson du groupe !). Le batteur est impressionnant de puissance, de rigueur et de vigueur. C'est juste que, dans un style similaire, je ne retrouve pas ici toutes les subtilités que j'admire tant chez Dream Theater. Bref, je suis séduit mais pas totalement conquis. Mais honnêtement, je n'écarte pas la possibilité qu'un début de fatigue eût influé sur mon ressenti.

Ce concert m'a cependant beaucoup plu, et de toute façon, je continuerai à écouter leurs albums, car j'y ai trouvé beaucoup de plaisir ces dernières semaines préparatoires …

Douze titres, dont cinq issus de "Dividing Lines" 2022, quatre de "Legends of the Shires" 2017, deux de "Subsurface" 2004, et un de "Dead Reckoning" 2007.

PROGRAMME

  1. Haunted (Dividing Lines, 2022)
  2. The Domino Effect (Dividing Lines, 2022)
  3. Slipstream (Dead Reckoning, 2007)
  4. The Shire (Part 2) (Legends of the Shires, 2017)
  5. Mission Profile (Subsurface, 2004)
  6. Pressure (Subsurface, 2004)
  7. Silenced (Dividing Lines, 2022)
  8. Snowblind (Legends of the Shires, 2017)
  9. Complex (Dividing Lines, 2022)
  10. Lost in Translation (Legends of the Shires, 2017)
  11. King of Nothing (Dividing Lines, 2022)
  12. Small Dark Lines (Legends of the Shires, 2017).


LE LUNDI 7 MAI 2023

Le lever du corps est d'autant plus pénible qu'il s'agit du dernier à bord du paquebot et que l'horaire nous presse avant le débarquement imposé.

Nous prenons le dernier petit-déjeuner, toujours aussi copieux et agréablement installé avec vue sur les Fjords. Dominique toujours aussi convivial vient nous saluer et faire un dernier bilan d'impressions.

Une fois débarqués nous disposons de quelques heures pour flâner dans Oslo, exercice que nous adorons avec ma P'tite Fée. Marcher sous un ciel bleu, sans objectif particulier, se laisser surprendre et se laisser séduire par ses rues scandinaves propres et calmes.

Une dernière terrasse, une dernière bière et nous prenons le train vers l'aéroport. Décidément la Norvège n'a pas fini de nous attirer. Le prétexte se nommera Wobbler, Gazpacho, Leprous, Oak, ou de nouveau The Windmill… qui sait.