mardi 13 août 2024

AC/DC – Hippodrome Paris-Longchamp, Paris (16) – mardi 13 aout 2024.

REFLEXIONS…

Encore un de ces concerts gigantesques, démesurés, qui serait de nature à nous faire regretter égoïstement le temps où ces artistes étaient plus confidentiels… En effet, on pourrait se lamenter ; on aimerait bien remonter le temps ; par exemple à la toute première prestation française du mercredi 13 Octobre 1976, lorsque AC/DC chauffa le Pavillon de Paris (sis dans le XIXème arrondissement de Paris, près du métro de la Porte de Pantin, aujourd'hui disparue) pour le concert de RAINBOW !... ou encore le mardi 24 octobre 1978, lorsque AC/DC joua son premier concert en tant que tête d'affiche en France, avec Trust en invités (!) au modeste Stadium de Paris (sis à deux pas de chez moi maintenant, au 66 avenue d'Ivry dans le XIIIème arrondissement de Paris, mais aujourd'hui disparu). Oui mais voilà, il se trouve qu'à l'instar des Rolling Stones et bien d'autres, la notoriété d'AC/DC n'a cessé de croitre. Autant s'en convaincre, nous ne verrons plus jamais ce groupe dans une petite salle, à moins d'une situation exceptionnelle à laquelle il vaut mieux ne pas rêver. Ce succès est sans doute mérité, mais depuis bien longtemps déjà, les admirateurs doivent choisir entre renoncer à assister à leurs concerts ou accepter les contraintes inhérentes aux impératifs de la collectivité ! C'est un dilemme certes, mais en ce qui me concerne, mon choix est fait et voilà pourquoi…

Honnêtement, je n'osais plus espérer revoir ce groupe. Ou du moins, ce qui reste de la formation qui a baigné mon adolescence. Car les années passent, avec leur cortège funèbre qui nous rappellent amèrement combien il est important du profiter du présent qui s'échappe avec une fugacité effrayante. Carpe Diem. Pourtant, l'annonce de la tournée, puis celle de la date parisienne m'a d'abord laissé perplexe. L'Hippodrome Paris-Longchamp ne me faisait pas franchement rêver ; c'est encore un de ces sites où la scène est loin pour les trois-quarts des spectateurs et qui, de surcroit, ne propose pas une accessibilité idéale. Mais bon, quoi qu'il en soit, je ne pouvais pas me résoudre à ignorer ce qui ressemble à un adieu de mes idoles d'antan.

Je me méfie de la nostalgie, car elle survient le plus souvent quand le présent ne nous semble pas à la hauteur des promesses du passé (référence à une scène dans le film de Ridley Scott "Legend" : "The dreams of youth are the regrets of maturity"). Or, en l'occurrence, ce n'est pas tout à fait le cas. AC/DC a perduré et a surmonté les aléas artistiques et humains d'un groupe. Leurs choix m'ont parfois agacé, voire déçu. Mais décidément, mes premières émotions musicales d'adolescent reviennent à la surface lors de chaque écoute d'un "High Voltage" survolté. Cette prestation me permettra de clore un parcours qui accompagna ma vie durant quarante-quatre années. La notion d'accompagnement est un doux euphémisme ; en fait, je peux même affirmer sans excès que leur écoute a marqué ma vie. Après les germes d'une révolte ensemencés dès 1972 avec SLADE, ALICE COOPER et CACTUS, AC/DC fut le catalyseur de toutes mes énergies adolescentes ! De surcroit, c'est en discutant sur un forum spécialisé que j'ai connu La Femme qui partage désormais ma vie … Enfin, le virus fut assez virulent pour contaminer mon fils ainé qui ne s'est pas remis de son premier concert à l'âge de neuf ans !

Alors que ma mémoire s'étiole avec les années, il y a bien une date qui restera inscrite à tout jamais dans mon crane de piaf, c'est celle de ce premier concert d'AC/DC auquel j'ai assisté le samedi 29 novembre 1980 dans un hall d'exposition, situé au Bourget (93). Je perçois encore aujourd'hui ce tout premier contact avec une dense foule d'admirateurs, je me rappelle de l'émotion intense liée à la conscience d'assister à un énorme et très attendu évènement. Ô je sais bien, cette sensation quelque peu puérile, mais persistante, n'est pas de nature à justifier une quelconque fierté. Pas de quoi me vanter particulièrement ; j'en conviens volontiers avec d'autant plus d'humilité que l'idéal eût été de m'éveiller bien plus tôt. C'est-à-dire, au plus tard un an auparavant, ce qui m'aurait permis de voir, au moins une fois, le très regretté chanteur Bon Scott, avant qu'il décède stupidement le 19 février 1980, à l'âge de 33 ans. Hélas, je n'avais contracté le virus qu'en écho à l'agitation qui entoura la dernière prestation du groupe avec lui, le 9 décembre 1979 au Pavillon de Paris (deux concerts, l'un à 16 heures, l'autre à 21 heures, une autre époque !).

Ce concert sera peut-être excellent, peut-être pas. Ce n'est pas bien grave, l'essentiel sera ailleurs. Il s'agira de réunir le clan de tympans fêlés, plus ou moins anciens, mais tous authentiquement passionnés par cette musique qui nous a rendus dingues, si souvent ! 'Cré boudiou, avec ce qui nous reste d'effet capillaire et d'énergie dans nos corps d'adulescents plus ou moins assumés, nous avons prévu de mettre (h)ardemment la tête dans notre sac à poussière, quoi qu'il en coûte à nos nuques et à nos neurones fatigués !

Mon récit n'a donc rien d'une chronique musicale ni artistique ; il ne s'adresse pas à une âme dénuée de passion musicale. Il relate juste mes sensations issues de mon indispensable présence à cet événement.

ACTION !

Tous ces arguments étant dûment pesés, il me restait à me procurer le précieux Sésame ! Ce qui n'est pas une mince affaire, lorsque je me souviens des années 80 durant lesquelles il nous suffisait de patienter devant le disquaire (ou RTL) pour acquérir les tickets !! La première foire d'empoigne (sans doute en prémices à une redoutable agitation de la fosse) s'est déroulée numériquement ce vendredi 16 février à compter de 10h ; en quelques minutes la totalité des milliers de tickets furent réputés vendus. Ma P'tite Fée fut opportunément l'une des heureuse élues, moyennant (symbole surprenant) 666 € pour quatre tickets, soit 166,50 € l'unité, tout frais compris. Et oui, ce n'est pas donné ; on est loin des 8 € payés en 1980 !

Ce regrettable aspect mercantile se rappellera encore à nous, une fois sur place… AC/DC est "victime" consentante de son succès ; les marchands du Temple n'ont aucun scrupule à profiter de la passion sincère des adeptes venus à la Grand'messe.

La météo s'annonce favorable ; j'entends sans canicule, ni pluie. Nous avions décidé d'y aller calmement après le déjeuner, sans excitation superflue. Le métro nous emmène sans encombre à la Porte d'Auteuil. Là, ce que je redoutais c'est vite confirmé ; avant même de dépenser son énergie pendant le concert, il fallait rejoindre le site sans les navettes qui avaient pourtant été mises en place pour le Download Festival de 2016. Pas de bus à la sortie de Paris, et c'est donc une marche à pied, d'une quarantaine de minutes, qui s'impose à travers le Bois de Boulogne. Fort heureusement, ce temps de parcours fut divisé par deux, grâce à notre choix judicieux d'arriver durant les balances de sonorisation ; comme aimantés par les sons du metal, nous nous sommes autorisés un parfum d'aventure en quittant les sentiers battus. Nous intégrons ainsi une file d'attente qui se réduit très rapidement.

Notre accès se passe bien, nous enfilons nos jolis bracelets. L'un d'entre eux est doté d'une puce, qui sera le moyen de paiement sans monnaie ; en english on dit "cashless". Le cout de la prétendue facilité est de 1,50 € par engagement ; multiplié par les quelques dizaines de milliers d'acquéreurs on imagine le niveau du profit, et on comprend pourquoi il fut fortement conseillé en préalable pour tout achat sur place … Nonobstant, sans doute afin de garantir un maximum de ventes, si certaines échoppes imposent bien le "cashless", d'autres acceptent le liquide, d'autres échoppes affichent accepter les cartes bancaires ! Même si les reliquats de la plateforme seront facilement remboursés dès le lendemain, cette indélicatesse est un peu raide à avaler… Tiens, d'ailleurs à ce propos ; la bière, une simple Carlsberg, était facturée 11 €, montant accru de € imposés pour des gobelets, certes de collection, mais non remboursables !

Mais les sujets d'agacement s'accumulent ; les t-shirts spécifiques pour la date parisienne étaient facturés à cinquante euros, cout aggravés par les frais bancaires inhérents au rattachement britannique du centre de paiement ! Heureusement que nous avions emmené les cornes lumineuses avec nous ; la vente de cette petite fantaisie avait doublé en dix ans, pour être vendues à 20 € !!

Autant l'avouer, avec ma P'tite Fée nous nous sommes abstenus de tomber dans le système. Après tout, mon t-shirt de la tournée 1982 continuera à me suffire.

AC/DC aura au moins eu la décence de ne pas interpréter "Moneytalks", ce soir !

Loin de la liberté de placement des années 80, le bétail était donc prié de se parquer dans un des trois enclos prévus selon les moyens investis ; OR, ARGENT, ou BRONZE. Chaque secteur pourra bénéficier d'écrans géants, histoire de voir quelque chose de la scène, et de procurer sans doute un sentiment confus d'être à la fois dans son salon et dans un concert… Faisant fi de mes états d'âme, et fidèle à un de mes principes, je ne tarde pas à aller droit au but (non, je ne suis pas Marseillais !) ; la zone OR, celle qui est réputée privilégiée. En fait, le cupide GDP a jugé opportun d'en vendre un maximum d'accès ! Ce qui aurait dû demeurer une zone de confort (même relatif), s'est vite transformée en boite à sardines. Dans ce genre de situation, fatalement c'est "malheur aux petits". Après une observation rapide de la situation à l'arrière, il m'a semblé judicieux de rester à une distance respectable de la scène (entendez ni proche, ni éloignée). Nous n'avions donc aucun intérêt à boire, au risque de devoir fendre une foule compacte, sans espoir de retour.

Nous sommes positionnés sur la gauche de l'avancée scénique ; ma tête surplombe les autres pour voir la scène, mais ma P'tite Fée devra se contenter des écrans géants, lorsque je ne la porterai pas… C'est-à-dire la plupart du temps. Fort heureusement, nous pourrons toutefois danser, vibrer, communier, sans subir aucune bousculade ; rien à voir donc avec nos souvenirs chaotiques du Stade de France en 2015 (…) ! Le public autour de nous se révélera enthousiaste mais respectueux. Si, si ; c'est possible !

THE PRETTY RECKLESS [19h].
https://theprettyreckless.com/

Les préjugés sont certes toujours à proscrire, mais à l'aune du pedigree de la jolie dame (mannequin et actrice) j'ai tendance à la percevoir comme un produit de consommation musical(e), tel que les américains peuvent en créer. A priori, ce que j'ai écouté en préalable à l'évènement, ne m'a pas traumatisé au point de prendre parti. Ces sonorités me rappellent celles émises par d'autres femmes énervées avant elle ; L7 ou Lita FORD. C'est juste avec perplexité et méfiance que j'aborde le concert…

La biographie indique que Taylor Momsen a 15 ans lorsqu'elle forme THE PRETTY RECKLESS en 2009. Elle compose elle-même les chansons qu'elle défend avec obstination dans les clubs, avant de finir par percer sur les scènes de rock alternatif. À l’origine, le groupe devait s’appeler The Reckless mais le nom étant déjà pris, il a dû opter pour THE PRETTY RECKLESS. Son premier concert se tient le 5 mai 2009, à New York... Le premier album studio "Light Me Up" du groupe paraît le 10 septembre 2010.

Le quatrième album studio, intitulé "Death by Rock and Roll" est paru le 21 février 2021.

Le quatuor me semble plutôt stable puisqu'après l'agitation de la période de construction, Taylor Momsen (chant, guitare rythmique, depuis 2009), demeure entourée par Ben Phillips (guitare, chant, depuis 2010), Mark Damon (basse, depuis 2010), et Jamie Perkins (batterie, depuis 2010).

La sonorisation s'avère très bonne après quelques minutes de réglages des basses ; puissante, mais audible !

La prestation est relativement conforme à ce que j'attendais. La dame joue beaucoup de sa plastique (très) avantageuse ; positions lascives et provocantes. Et "regarde mes beaux cheveux", et "suis mon déhanchement" ; "tu me désires, mais tu ne m'auras, na !" ; bon, je suis un peu sévère quand même, j'avoue. C'est du bon rock, bien exécuté qui chaufferait bien un bar de quartier. Mais nous ne sommes pas dans un bar. Nous sommes en plein air et nous nous impatientons de revoir nos héros ! C'est propre et bien fait… peut-être un peu trop.

Un bon succès d'estime permet au groupe de débarrasser le plancher, sans trop avoir à rougir… mais sans même que je m'en aperçoive !... car nous étions déjà en train d'évoquer la suite, avec une impatience non dissimulée !

Parmi les neuf titres, trois sont issus de "Death by Rock and Roll" (2021).

PROGRAMME
Death by Rock and Roll (Death by Rock and Roll, 2021)
Since You're Gone (Light Me Up, 2010)
Follow Me Down (Going to Hell, 2014)
Only Love Can Save Me Now (Death by Rock and Roll, 2021)
Make Me Wanna Die (Light Me Up, 2010)
Witches Burn (Death by Rock and Roll, 2021)
Going to Hell (Going to Hell, 2014)
Heaven Knows (Going to Hell, 2014)
Take Me Down (Who You Selling For, 2016).

 

AC/DC [20h15-22h30]
https://www.acdc.com/home/

Compte tenu de la charge émotionnelle et symbolique que ce groupe représente pour moi (…), il pourrait me sembler superflu de présenter ces Australiens. Nonobstant, je me plie volontiers à mon canevas habituel de récit, au moins pour susciter quelque peu de nostalgie, rafraichir les mémoires empoussiérées, ou peut-être pour certains, afin de mieux identifier le phénomène.

La biographie explique qu'à l'origine, il est fort probable que rien ne serait survenu sans que la famille Young n'ait émigré d'Ecosse vers l'Australie, en 1963. Les deux frangins sont nés à Glasgow, Malcolm le 6 janvier 1953, Angus le 31 mars 1955.

Lorsqu'AC/DC voit le jour en 1973, à Sydney (Australie), personne n'imagine que, dès la décennie suivante, le monde entier a au moins entendu parler d'eux ! Ils sont vite parvenus à créer leur son identifiable, qui est pourtant dans la plus pure lignée du blues et du rock 'n' roll. A la base, c'est Malcolm qui fomente un groupe. Il s'en déclare le guitariste rythmique ; son allure sur scène se révèlera idiosyncrasique. Tout comme celle de son p'tit frère, d'ailleurs ! Malcolm sera d'abord rejoint par Dave Evans (chant), Larry Van Kried (basse), et Colin Burgess (batterie). L'intégration d'Angus en tant que guitariste soliste sera d'abord raillée par les ainés incrédules : "Angus ? le petit con ? Tu plaisantes ??". On connait la suite... Le jeu des chaises musicales ne retiendra que la fratrie.

AC/DC donne son premier concert à Sydney le 31 décembre 73. Le premier monoplage, "Can I Sit Next To You Girl", est paru en 1974. En septembre 1974, Ronald Belford "Bon" Scott, un chanteur expérimenté et ami de George Young, remplace Dave Evans qui est jugé trop "glam". Comme les frères Young, Bon Scott est né aussi en Écosse, et a émigré en Australie pendant son enfance (à l'âge de six ans). Il contribuera largement au succès du groupe jusqu'à son décès le 19 février 1980. Brian le remplacera pour proroger l'autoroute infernale. La maladie (puis le décès) de Malcolm appellera Stevie, son neveu pour le remplacer. Deux autres membres historiques seront absent aujourd'hui ; Cliff Williams, bassiste de 1978 à 2023 et Phillip "Rudd" Witschke Rudzevecuis, le batteur entre 1975 et 1983 et de 1994 à 2014.

Le groupe est actuellement formé par Angus YOUNG (guitare solo, depuis novembre 1973), Brian JOHNSON (chant, depuis avril 1980), Stevie YOUNG (guitare rythmique, de mai à novembre 1988, puis depuis mai 2014), Matt LAUG (batterie, depuis octobre 2023) et Chris CHANEY (basse, 2024).

Si on veut déterminer la discographie du groupe, il convient de considérer que les deux premiers albums parus en Australie ont été partiellement fusionnés dans un premier album international "High Voltage" paru le 14 mai 1976. L'album "Power Up" paru le 13 novembre 2020 est ainsi considéré comme le seizième. Il succède à l'album "Rock or Bust" paru six ans plus tôt, le 28 novembre 2014.

La tournée européenne de 24 dates a débuté le 17 mai à Gelsenkirchen ; elle comprend onze dates en Allemagne, deux en Autriche, deux en Grande-Bretagne, deux en Espagne,  une en Suisse, une en Belgique, une en Italie une aux Pays-Bas, une en Slovaquie et se termine par une en France et une en Irlande, ce 17 aout. Il parait que l'on peut s'estimer heureux dans notre contexte olympique…

Un court-métrage introduit le concert. Un peu le même graphisme que les précédents mais sur un thème différent car cette fois c'est un bolide (une Ford) qui fonce à toute allure vers Paris. La mise en scène est plus sobre que sur les deux dernières tournées. Outre les deux écrans de chaque côté, les trois écrans géants qui occupent tout le fond de scène diffusent alternativement les gros plans des musiciens et les images d'illustrations.

L'enchainement avec le premier titre est l'occasion pour l'auditoire de libérer enfin son exaltation trop longtemps retenue ! Le son nous semble parfait, chaque pupitre est audible. Angus apparait toujours vêtu de son emblématique costume d'écolier, couleur sombre cette fois (il sera vert à Dublin). Sur les écrans nous distinguons les traits tirés de nos héros ; le temps est bel et bien passé, sur eux comme sur nous. Mais on danse, on chante, on exulte sans retenue, c'est du pur bonheur ! La charge émotionnelle est à son comble, j'ai même des larmes qui sont montées à mes yeux ! Mon sang bout d'autant plus que "If You Want Blood" est un de mes titres préférés, depuis que j'en avais vu subrepticement la vidéo en 1982, sur un écran chez Nuggets Records aux Champs Elysées ! (J'ai attendu des décennies avant de la revoir enfin en DVD !).

La liste des titres nous semble comme une sélection de succès musicaux qui ont marqué nos vies. Quelques-uns plus récents sont certes intercalés, mais ils prennent légitimement leur place. Même si je n'ai jamais vraiment apprécié l'interprétation des chansons de Bon par Brian, toutes ont emporté notre enthousiasme. Certaines plus que d'autres ; "Shoot to Thrill", "You Shook Me All Night Long" notamment.

Et "Thunderstruck" me diriez-vous ? Bah oui mais, à ce stade de mes impressions, je dois évoquer un ressenti, a posteriori (car dans le feu de l'action, c'est bien passé). Nous sommes nombreux à être d'accord pour admirer la longévité d'Angus, sa vivacité honorable pour son âge (il vient d'avoir 69 ans). Mais les courses frénétiques d'un côté à l'autre de la scène, les crises d'épilepsie sur le dos, c'est terminé. Le traditionnel strip-tease appartient au passé ; c'est vrai que cela devenait indécent à son âge, mais pas beaucoup moins que son costume d'écolier pourtant... C'est un fait incontestable, l'agilité d'Angus n'est plus ce qu'elle fut. Je l'observe d'autant plus volontiers que je serai bien mal placé pour m'en moquer (…). C'est juste que sur certains passages, ça coince un peu, notamment au niveau du doigté ; l'intro de "Thunderstruck", mais aussi le solo traditionnel de "Let There Be Rock". Ô rien de grave, juste de quoi égratigner le mémoire auditive... Et tant qu'on est sur les bémols, je ne peux pas éluder les faiblesses vocales de Brian (76 ans), qui ne pouvait pas reproduire les prouesses exprimées en studio, notamment sur le prestigieux album "Back In Black".

Cependant, les trois autres complices assument très bien leurs fonctions ; Stevie Young (67 ans, le neveu d’Angus) remplace honorablement Malcolm à la guitare rythmique. Les deux p'tits nouveaux, le bassiste Chris Chaney (54 ans, ex-Jane’s Addiction) et le batteur Matt Laug (56 ans) peinent à me faire oublier Cliff et Phil, tant par le jeu que l'apparence, mais bon ils font le boulot de pilier rythmique, relativement binaire il est vrai, avec l'énergie et la conviction adéquate.

Même dans cette configuration, le morceau d'anthologie que constitue LTBR reste un moment fort du concert, par sa durée et par son énergie dépensée. Angus monte sur une coursive en fond de scène pour exprimer son traditionnel solo, mais la plupart des spectateurs le regarde sur les écrans. Il finit par venir haranguer son public sur l'avancée de scène, dont une partie circulaire s'élève comme pour mieux le célébrer. Tout fini par une tempête de confettis (ma P'tite Fée en a récupéré quelques-uns, estampillés de divers symboles), qui accentue l'atmosphère festive.

Le groupe se retire brièvement avant de revenir pour nous asséner un "T.N.T." fatal. Nous sommes cramés, épuisés, nos jambes ne suivent plus, mais l'attention demeure vive tant le bonheur est total ! Comme un rituel, les canons apparaissent en fond de scène ; cela annonce la fin du concert, qui sera précédée du coutumier mais indispensable "For Those About to Rock".

Les deux heures quinze de fête se terminent par un beau p'tit feu d'artifice qui s'imposait, en effet…

Le groupe est réputé pour offrir des concerts relativement courts, selon les tournées, plus souvent autour de la petite quinzaine de titres que de la vingtaine, mais pour leur tournée d'adieu il nous offre une prestation large. Notons que Paris a eu droit à un traitement d'exception "Hell Ain't a Bad Place to Be" a remplacé "Shot Down in Flames" qui avait été interprété sur toutes les autres dates (y compris la dernière à Dublin quatre jour plus tard) !!

Parmi vingt-et-un titres, cinq sont issus de Back in Black (1980), deux de Highway to Hell (1979), trois de Let There Be Rock (1977), deux de Power Up (2020), deux de Powerage (1978), deux de High Voltage (1976), un de Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976), un de For Those About to Rock (1981), un de The Razors Edge (1990), un de Stiff Upper Lip (2000), et un de Black Ice (2008).

PROGRAMME

  1. If You Want Blood (You've Got It) (Highway to Hell, 1979)
  2. Back in Black (Back in Black, 1980)
  3. Demon Fire (Power Up, 2020)
  4. Hell Ain't a Bad Place to Be (Let There Be Rock, 1977)
  5. Thunderstruck (The Razors Edge, 1990)
  6. Have a Drink on Me (Back in Black, 1980)
  7. Hells Bells (Back in Black, 1980)
  8. Shot in the Dark (Power Up, 2020)
  9. Stiff Upper Lip (Stiff Upper Lip, 2000)
  10. Shoot to Thrill (Back in Black, 1980)
  11. Sin City (Powerage, 1978)
  12. Rock 'n' Roll Train (Black Ice, 2008)
  13. Dirty Deeds Done Dirt Cheap (Dirty Deeds Done Dirt Cheap, 1976)
  14. High Voltage (High Voltage, 1976)
  15. Riff Raff (Powerage, 1978)
  16. You Shook Me All Night Long (Back in Black, 1980)
  17. Highway to Hell (Highway to Hell, 1979)
  18. Whole Lotta Rosie (Let There Be Rock, 1977)
  19. Let There Be Rock (Let There Be Rock, 1977).

RAPPEL :

  1. T.N.T. (T.N.T., 1975, puis High Voltage européen, 1976)
  2. For Those About to Rock (We Salute You) (For Those About to Rock, 1981).

 

Voilà c'est fini, nous avons négligé notre potentiel physique dans l'euphorie ambiante ; nous sommes totalement exténués, harassés mais… ravis. Il nous reste assez de jus pour nous rassembler avec les membres du forum H2ACDC et immortaliser l'instant par une photo souvenir au pied de la scène ! Mon fils me retrouve malgré la nuit et la foule qui s'éparpille. Le bonheur, quoi.

Le retour s'annonce compliqué pour les raisons déjà évoquées. Mais de surcroit, ceux d'entre nous qui avait dû laisser des effets en consigne ont vécu un ultime calvaire, tant les responsables étaient des jean-foutre… Nous profitons d'un couple d'Anges-gardiens pour retrouver une voiture garée sur les hauteurs de Saint-Cloud. Mais, malgré tout, pour s'extraire de ce chaos général, nous ne sommes arrivés chez nous qu'à 1 heure du matin…

 

 

AC/DC POWER UP EUROPEAN TOUR 2024
MAY 17, 2024 : GELSENKIRCHEN, GERMANY VELTINS ARENA
MAY 21, 2024 : GELSENKIRCHEN, GERMANYVELTINS ARENA
MAY 25, 2024 : REGGIO EMILIA, ITALYRCF ARENA
MAY 29, 2024 : SEVILLE, SPAINLA CARTUJA STADIUM
JUNE 1, 2024 : SEVILLE, SPAINLA CARTUJA STADIUM
JUNE 5, 2024 : AMSTERDAM, THE NETHERLANDSJOHAN CRUYFF ARENA
JUNE 9, 2024 : MUNICH, GERMANYOLYMPIC STADIUM
JUNE 12, 2024 : MUNICH, GERMANYOLYMPIC STADIUM
JUNE 16, 2024 : DRESDEN, GERMANYRINNE
JUNE 19, 2024 : DRESDEN, GERMANYRINNE
JUNE 23, 2024 : VIENNA, AUSTRIAERNST HAPPEL STADIUM
JUNE 26, 2024 : VIENNA, AUSTRIAERNST HAPPEL STADIUM
JUNE 29, 2024 : ZURICH, SWITZERLANDLETZIGRUND STADIUM
JULY 3, 2024 : LONDON, ENGLANDWEMBLEY STADIUM
JULY 7, 2024 : LONDON, ENGLANDWEMBLEY STADIUM
JULY 13, 2024 : HOCKENHEIM, GERMANYRING
JULY 17, 2024 : STUTTGART, GERMANYWASEN
JULY 21, 2024 : BRATISLAVA, SLOVAKIAOLD AIRPORT
JULY 27, 2024 : NUREMBERG, GERMANYZEPPELINFELD
JULY 31, 2024 : HANNOVER, GERMANYMESSE
AUGUST 4, 2024 : HANNOVER, GERMANYMESSE
AUGUST 9, 2024 : DESSEL, BELGIUMFESTIVALPARK STENEHEI
AUGUST 13, 2024 : PARIS, FRANCE HIPPODROME PARIS-LONGCHAMP
AUGUST 17, 2024 : DUBLIN, IRELANDCROKE PARK. 

lundi 13 mai 2024

OVERHEAD – Spirit Of 66 (Verviers, Belgique) – lundi 13 mai 2024

En dépit de la distance qui nous en sépare (quatre heures de routes), nous apprécions toujours l'atmosphère qui entoure les concerts qui se tiennent dans ce lieu légendaire. Musicotouristes assumés, moi et ma p'tite Fée retournons volontiers dans les Ardennes belges, où les plaisirs brassicoles et gastronomiques ne sont pas la moindre des motivations ! Cette fois j'ai emmené mon fils aîné pour qu'il en découvre les plaisirs.

Nous retrouvons ainsi le confort rustique mais douillet de l'Hôtel des Ardennes avec l'accueil chaleureux de Maguy, sa gérante ! Notre escale devenue habituelle à La Fringale, une friterie ordinaire diront certains, mais  tout un symbole pour nous ; nous y savourons leurs frites traditionnellement cuites à la graisse de bœuf, leurs boulets artisanaux, leurs brochettes, leurs croquettes et autres burgers… le tout, bien entendu accompagné de bières locales, à la pression absolument succulentes, la "Curtius" et la "Smash" !!

Mais ne nous égarons pas, nous pourrions sans doute trouver ces plaisirs ailleurs en Belgique. L'objet principal de notre déplacement à Verviers demeure bel et bien musical. Nous revenons ainsi, pour la sixième fois depuis 2022, dans cette mythique salle de concert ; le Spirit Of 66 que je déplore n'avoir découvert que depuis peu… Ce petit cabaret, d'une capacité de 350 places, a pourtant accueilli beaucoup de mes groupes favoris avant que je me décide enfin à y venir ! A commencer par OVERHEAD, qui vient ici pour la neuvième fois depuis le 28 mai 2006 ! En attestent leurs inscriptions murales en arrière-salle !

C'est donc bien trop tardivement que nous avons découvert OVERHEAD ! C'était le samedi 20 juillet 2019, à l'occasion de leur superbe prestation au légendaire festival Night of the Prog qui marquait ainsi le vingtième anniversaire du groupe. Avec ma p'tite Fée, nous fûmes totalement séduits. Si bien, que nous décidâmes de suivre une petite partie de leur tournée promotionnelle de l'album "Haydenspark". C'est ainsi que nous les avons revus le lundi 22 aout 2022 lors du festival Crescendo, puis le samedi 22 octobre 2022 lors du festival Prog en Beauce.

Nonobstant, une prestation en festival est, par essence, le plus souvent écourtée. Nous attendions toujours de les revoir à l'occasion d'un vrai concert. Bien que reconnus et admirés dans la sphère des amateurs de rock progressif, ces valeureux Vikings finlandais peinent malheureusement à accroitre leur notoriété et à tourner davantage. D'ailleurs, lorsque j'interroge internet au sujet d'Overhead, hormis leur site officiel, je suis orienté vers …un groupe de jazz yvelinois ! Même Wikipédia ne les évoquent, à ce jour, que dans une très succincte version finlandaise, et dans une non moins succincte version allemande !
(https://fi.wikipedia.org/wiki/Overhead)
(https://de.wikipedia.org/wiki/Overhead_(Band))  

Un bref rappel biographique ne me semble donc pas superflu, pour les non-initiés : OVERHEAD, fondé en 1999 en Finlande, ne cache pas ses influences issues des géants historiques du rock progressif. La référence qui parait la plus évidente est JETHRO TULL, mais dans leur musique comme dans leurs déclarations auprès des journalistes, les musiciens évoquent volontiers KING CRIMSON, RUSH, PINK FLOYD, GENESIS, MARILLION, et DREAM THEATER. En tendant l'oreille on peut aussi capter quelques sonorités puissantes relevant du blues-rock et du hard rock des années 80 ; j'ai visionné une vidéo de Jaakko qui le montrait reprenant notamment du Gary MOORE. Cette fusion aboutit à des mélodies bien construites, raffinée et élégante, des voix claires et parfois éraillées, des atmosphères calmes et contrastées, des arrangements raffinés, sophistiqués, mélangés à de surprenantes séquences psychédéliques et électroniques. Sans oublier de superbes parties instrumentales, en particulier à la guitare avec Jaakko, mais aussi à la flûte avec Alex. Leur ascension a débuté par une trilogie d'albums studio : "Zumanthum" (2002), "Metaepitome" (2005) et "And We're Not Here After All" (2008), publiée par le label français Musea. Le succès de ces albums a conduit le groupe à tourner dans des clubs de rock et des festivals de prog dans toute l'Europe. "Of Sun and Moon" (2012), permet à Overhead d'asseoir un peu plus sa notoriété dans le milieu prog et lui donne l'occasion de se produire dans des festivals au Royaume-Uni (Summer's End) et en Italie (Veruno Prog Fest). Le cinquième album studio "Haydenspark" (2018) formalise un retour réussi à un style plus progressif.

Le sixième album studio, "Telepathic Minds" est paru le 16 janvier 2023. A mon humble avis, c'est tout simplement un des meilleurs opus de cette année-là (et je pèse mes mots !). Les habituels arrangements sophistiqués et les superbes parties instrumentales sont ici à leur meilleur niveau. Il développe des paysages typiques du rock progressif avec des morceaux longs et épiques, des mélodies fortes, des accords et des refrains entrainants. Les paroles de l'album traitent opportunément des événements récents et des crises auxquelles le monde est confronté.

En cette année 2024, leur tournée "Telepathic Minds Live, 25th anniversary tour" comprend, à ce jour, neuf étapes ; qui a débuté le 3 janvier en Finlande (2), l'Angleterre (1), l'Allemagne (3) les Pays-Bas (1), la Belgique (1) et … se terminera le 28 septembre à Bordeaux.

Nous nous présentons ainsi devant l'entrée vers 19h30. En ce jour de semaine, beaucoup de mélomanes sincères n'ont pas pu se déplacer. Ce n'est donc hélas pas la foule des grands jours, mais l'affluence internationale montre cependant un bel intérêt. A l'intérieur nous retrouvons une partie de notre microcosme international qui n'hésite pas à avaler les kilomètres pour soutenir nos artistes favoris. Les discussions passionnées estompent notre impatience, et la bière verviétoise "Spirit of 66", servie à  la pression et élaborée par la brasserie locale "Grain d'orge", permet de tenir bon !

OVERHEAD [20:30/21:50 - 22:05/23:30]. 
https://www.overhead-band.com/ 

Je revois ainsi le quintuor finlandais pour la quatrième fois ce soir. Une évolution est intervenue dans sa composition, puisque Jere Saarainen (claviers, depuis 2019) a récemment quitté le groupe. Il se compose actuellement du fondateur Jaakko Kettunen (guitare), toujours accompagné d'Alex Keskitalo (chant et flûte), de Ville Sjöblom (batterie), de Janne Katalkin (basse, depuis 2019), ainsi que de Mikko Patama (claviers, depuis novembre 2023).

®Samuel Couteau
Titre opportun par ces temps agités, "War to End All Wars" introduit le concert de fort belle manière ; l'acoustique de la salle est idéalement exploitée par une sonorisation tout simplement excellente ! La meilleure de tous les concerts ici entendus ! La piste de la guitare aurait même pu être un peu mieux mise en valeur mais, connaissant la modestie de Jaakko, je ne suis pas vraiment étonné qu'il se fonde dans le collectif ! Son immense talent transparait de toute façon ! L'éclairage est bien dosé pour cette scène, ce qui permettra quelques belles images pour les chasseurs avisés. En fond de scène, un écran diffuse les images illustrant les thèmes abordés.

Comme espéré, ce concert en bonne et due forme permet au groupe de s'exprimer pleinement et sans autre contrainte que l'amplitude horaire accordée. Il confirme tout le talent collectif et individuel de ces valeureux Vikings. Les pupitres se complètent et s'harmonisent à merveille. Sur la gauche de la scène, le nouveau titulaire des claviers aux sonorités 70's, Mikko accompagne avec talent et valorise les soli de Jaakko ainsi que le chant d'Alex. Ce dernier, détendu et souriant, se charge de la communication avec le public et entretient ainsi une complicité bienvenue. Placé logiquement au centre de l'espace, le charismatique Alex excelle pour exprimer ses textes, avec un chant éloquent et des interventions virevoltantes et enivrantes de flûte traversière. Pour parfaire les effets sonores, il bidouille habilement un boitier dont il dispose en bandoulière. Particulièrement exubérant, Alex a besoin d'un espace vital conséquent ; il sillonne la scène avec une allure désarticulée, à ses risques et périls. La chute, le choc, n'est jamais loin ; cette fois, dès le début il se cogne la lèvre et on craint pour son jeu de flûte. Heureusement, il s'en sort avec une petite frayeur passagère. Pour sa part, Jaakko révèle une nouvelle fois toute sa sensibilité et sa technicité aux six-cordes ; son jeu subtil et instinctif emmène l'auditoire vers les contrées dépaysantes de ses compositions. Un régal. Au soutien rythmique, ils peuvent compter sur la frappe alternativement subtile et puissante de Ville ainsi que sur la basse entrainante de Janne. Tous ces ingrédients ont contribué à rendre la prestation en deux actes, inoubliable et émouvante à souhait !

Le public ne s'y trompe pas et leur accorde les ovations amplement méritées. 

®Samuel Couteau

®Samuel Couteau
®Samuel Couteau
®Samuel Couteau

Le programme dense et équilibré, avec treize titres, a permis à la fois de promouvoir leur dernier opus avec six titres issus de "Telepathic Minds" (2023), mais aussi de revisiter leur discographie du dernier quart de siècle avec trois extraits de "Metaepitome" (2005), un de "Haydenspark" (2018), un de "And We’re Not Here After All" (2008), un de "Zumanthum" (2002). Etonnamment, "Of Sun and Moon" (2012) est écarté de la liste. La reprise de l'hymne emblématique de King Crimson (1969) a achevé d'enthousiasmer l'auditoire, par une excellente et très exaltante interprétation mêlant astucieusement quelques courtes allusions musicales à Black Sabbath. Une dernière occasion pour Jaakko, Alex et leurs complices de marquer nos mémoires.

PROGRAMME

Acte 1:

  1. War to End All Wars (Telepathic Minds, 2023)
  2. Haydenspark (Haydenspark, 2018)
  3. Planet of Disorder (Telepathic Minds, 2023)
  4. Zumanthum (Zumanthum, 2002)
  5. The Pilot's Not Fit to Fly (Telepathic Minds, 2023)
  6. …To the Madness (And We’re Not Here After All, 2008)
  7. Telepathic Minds (Telepathic Minds, 2023).

Acte 2:

  1. Metaepitome (Metaepitome, 2005)
  2. Butterfly's Cry (Metaepitome, 2005)
  3. Ghosts From the Future (Telepathic Minds, 2023)
  4. Tuesday That Never Came (Telepathic Minds, 2023)
  5. Dawn (Metaepitome, 2005).

RAPPEL :

  1. 21st Century Schizoid Man (reprise de King Crimson, 1969).

Planet of Disorder

Nous pouvons une nouvelle fois apprécier le cadre convivial qu'offre Le Spirit of 66 : un véritable antre de passionnés. Rien de commercial, ni d'oppressant ; nous pouvons nous attarder autour d'une bonne bière, entre amis. J'hésite longuement devant l'échoppe ; non pas pour les CD, que j'ai déjà chez moi, mais pour le splendide t-shirt atypique. Un recto/verso intégralement imprimé de somptueuses couleurs. Mais à 60 €, je ne suis pas parvenu à me convaincre d'une acquisition pourtant enviée. La soirée s'achève par de longues et passionnées discussions entre mélomanes, auxquelles se joignent volontiers les membres du groupe. Tous  accessibles et aimables. J'ai enfin pu parler un peu plus longuement avec Alex (les précédentes occasions festivalières étaient moins propices). Bien sûr nous avons pu discuter plus longuement encore avec Jaakko, à qui nous avons pu une nouvelle fois lui faire part de notre reconnaissance. Une nouvelle occasion de le faire rougir par nos compliments, son humilité et sa modestie me touchent. Mais nous devons hélas abandonner le groupe car demain nous devons repartir vers Paris pour d'autres aventures musicales qui s'annoncent également très émouvantes !

Pour information :
TELEPATHIC MINDS LIVE - 25th ANNIVERSARY TOUR
03.01.2024 Bar Loose, Helsinki, FINLAND
03.03.2024 Fusion Festival, The Civic, Stourport, UK
27.03.2024 Bar Loose, Helsinki, FINLAND
08.05.2024 Bergkeller, Reichenbach, GERMANY
10.05.2024 Das Rind, Russelsheim, GERMANY
11.05.2024 Mausefalle 33 1/3, Bonn, GERMANY
12.05.2024 't Blok, Nieuwerkerk a/d IJssel, NETHERLANDS
13.05.2024 Spirit of 66, Verviers, BELGIUM
28.09.2024 Salem Bar, Bordeaux, FRANCE.


®https://www.youtube.com/@guineaprog



 


lundi 8 avril 2024

JUDAS PRIEST et SAXON - Zénith (Paris 19) - lundi 8 avril 2024.

Metal Masters Tour 2024

TERGIVERSATIONS. Ces deux groupes anglais ont largement contribué dans les années 80 à entretenir ma passion pour ce genre musical durant mon adolescence. Comme JUDAS PRIEST le chante opportunément, pour moi ils demeurent les "Defenders of the Faith". Ces héros d'antan survivent malgré les aléas du temps ; défections avec ou sans retour, poids des ans… Cependant, compte tenu de l'évolution de mon oreille ces dernières années, je confesse m'en être quelque peu éloigné pour errer davantage vers les atmosphères plus feutrées du rock progressif.

Je confesse avoir ainsi tardé à me procurer le Sésame pour ce concert. Tant et si mal que la soirée ayant été annoncée complet en début d'année, je m'étais résolu à m'abstenir… En dépit de quelques remords. Car au même titre qu'AC/DC, ces maîtres du metal entretiennent, par leur opiniâtreté, une certaine nostalgie pour toutes ces années-Passions… Les derniers opus des deux protagonistes, dont je n'avais écouté que quelques titres, semblent faire une belle unanimité parmi les mélomanes.

Et puis après tout, je n'oublie pas que leurs récents concerts (JUDAS PRIEST au Zénith le dimanche 27 janvier 2019 et SAXON au Trianon le vendredi 9 décembre 2022) furent de nature à entretenir ma Flamme.

De surcroit, cette soirée en rappelle une autre ; le 16 février 1981, SAXON et JUDAS PRIEST partageaient déjà la même affiche à l'Hippodrome de Pantin ! Quarante-trois années après, nous les retrouvons ensemble à Paris, à l'occasion d'une tournée habilement intitulée "Metal Masters 2024", ce qui ne pouvait donc que m'inciter à bouger !

J'ai donc retenté ma chance une semaine avant, avec succès sur le site Gérard Drouot Production, pour trouver un ticket in extremis.

Le Zénith m'accueille ainsi pour la soixante-treizième fois depuis le jeudi 14 mars 1985 (ACCEPT). L'air de rien, je n'y étais plus retourné depuis le 27 novembre 2022 (POWERWOLF) ! Vers 17h10, je m'aligne sur des plus mordus que moi. Le lieu est chargé d'histoire(s) et je me souviens qu'à une époque je passais moi aussi des heures à attendre longtemps à l’avance ! L'âge moyen de la faune de fidèles est désormais élevé, mais la relève est là. A commencer par mon fils ainé !

OUVERTURE DES PORTES À 18:00

Le Zénith est plein comme un œuf ; une foule de mélomanes piaffe d'impatience, cela fait plaisir à voir !

Je parviens à me placer au quatrième rang, positionné entre le pupitre du guitariste et celui du chanteur. Je parviendrai à y demeurer une bonne partie de la soirée, en dépit de la fougue de jeunes loups peu préoccupés par l'élégance ou le respect.

SAXON
https://www.saxon747.com/

Souvent considérés comme les meneurs de la New Wave of British Heavy Metal (NWOBHM), ce groupe anglais de heavy metal fut fondé en 1975 à Barnsley. Ils n'ont pas connu la notoriété de leurs congénères de l'époque et pourtant ils demeurent parmi les plus légitimes représentants du genre. L'immuable fondateur Biff Byford (né en 1951, chant, depuis 1975) est désormais entouré de Nigel Glockler (né en 1953, batterie de 1981 à 1987, puis de 1988 à 1999 et depuis 2005), Nibbs Carter (né en 1966, basse chœurs depuis 1988), Doug Scarratt (né en 1959, guitares, depuis 1995).

Paul Quinn (guitariste historique de 1975 à 2023) a jeté l'éponge ; c'est désormais Brian Tatler (né en 1960, guitares en 2022, et depuis 2023) qui reprend le flambeau. Brian Tatler, a été annoncé le 10 mars 2023 comme le nouveau guitariste de tournée de SAXON à compter du juillet 2023. Brian est le fondateur du légendaire DIAMOND HEAD dont j'ai assisté aux concerts du vendredi 30 septembre 1983 (invités de BLACK SABBATH à l'Espace Balard de Paris) et du samedi 10 septembre 2016 (Raismesfest). Pour l'anecdote, DIAMOND HEAD avait été invité pour ouvrir des soirées de la tournée "Seize the Day World Tour" en 2022, mais hélas pas celle de Paris.

Le premier album "Saxon" est paru le 21 mai 1979.

Mon sixième concert d'adolescent émancipé fut celui de SAXON au Pavillon Baltard de Nogent sur Marne, le dimanche 22 novembre 1981 (tournée Denim and Leather). J'avais auparavant découvert SAXON à peu près en même temps que Judas Priest ; la parution de "Strong Arm of the Law" le 1er septembre 1980 fut une confirmation. Au rayon de mes regrets, pourrait figurer au moins un de leurs deux concerts parisiens de cette tournée (les 16 et 17 février 1981 à l'Hippodrome de Pantin). Je les revois ce soir pour la sixième fois.

Le vingt-quatrième album studio, "Hell, Fire and Damnation", est paru le 19 janvier 2024. Leur tournée européenne comprend vingt-six dates ; Paris en est la dix-huitième.

LE CONCERT [19:30-20:30] : Les lumières s'éteignent lorsqu'une bande sonore diffuse l'introduction du nouvel opus, suivi logiquement de "Hell, Fire and Damnation". La sonorisation m'a semblé un peu confuse sur les premières minutes. Mais l'impression s'est heureusement estompée. L'espace et l'éclairage demeurent de bon niveau, même réduit par le partage avec le dispositif prévu pour Judas. En fond de scène s'étend un large drap au logo de SAXON, que l'on retrouve également sur la batterie identifiée de surcroit au nom de Nigel.

En dépit des nombreux changements de musiciens, Biff est toujours parvenu à maintenir le son si particulier de SAXON. Si on me demandait de le décrire, ce n'est pas la brutalité qui me viendrait à l'esprit ; son heavy metal s'exprime davantage dans la mélodie de son chant, de celle de ses guitares et l'énergie communicative produite par une rythmique basse/batterie imparable.

Sans surprise, SAXON confirme l'adage qui lui va comme un gant, c'est le secret d'une soirée réussie. Le public chante, le public s'agite frénétiquement sur des compositions taillées pour la fête. Les titres du dernier opus ne dérogent pas à la règle. J'apprécie particulièrement "There's Something in Roswell", même s'il brille moins par son originalité que par l'efficacité de sa rythmique et des soli de guitares. Le mélodique "Madame Guillotine" fera probablement partie des incontournable à l'avenir.

En ce qui me concerne, j'ai évidemment mieux perçu les titres de la Grande Epoque, "Dallas 1 PM" étant celui que j'estime le mieux, avec ses soli et ses accords très harmonieux. A voire les mines réjouies autour de moi, je pense ne pas être le seul à baigner dans un subtil mélange de nostalgie et de volonté d'en profiter, tant que c'est encore possible…

Nibbs Carter est le plus agité de la bande, normal me direz-vous c'est aussi le plus jeune ! Il arpente constamment la scène entre ses complices, sans léser sa fonction essentielle bien entendu. Néanmoins, Doug Scarratt est très appliqué et impliqué pour interpréter à la perfection les soli historiques, suppléé en cela par Brian Tatler. Les deux garants de la Légende, Biff et Nigel veillent à ce que tout s'articule à la perfection et contribuent à entretenir l'enthousiasme d'un auditoire qui manifeste bruyamment son plaisir. Biff, engoncé dans son manteau militaire, fait mine de s'émerveiller (et j'ai la faiblesse de le croire sincère) de l'effervescence que provoque son groupe ; il harangue son public et le filme avec son portable, ce qui accroit encore l'exaltation générale !

L'exubérance de certains mélomanes pèse sur ma capacité de maintien en place, mais je m'accroche car je tiens à demeurer en bonne place pour la suite. Pourtant, je ne puis m'empêcher de songer à réduire mes efforts pour les prochains concerts !

On aurait apprécié un programme plus long ; en tous cas il fut plus court que celui de Lyon apparemment, dont "747, Strangers in the Night" fut ici exclu pour une raison qui  m'échappe... En tout état de cause, les sept derniers titres constituent une seconde partie particulièrement haletante qui se clôt par un "Princess of the Night" très apprécié.

Le programme favorise très nettement ma période préférée (1979-1985) avec neuf titres sur les treize interprétés ; donc je suis heureux ! Il oublie ainsi les douze albums de la période 1986-2011. Il oublie aussi Carpe Diem (2022) le précédent opus que j'aime beaucoup pourtant. Une heure pour évoquer une telle carrière c'est décidément bien trop court ! Trois titres sont issus de Hell, Fire and Damnation, 2024, un de Sacrifice, 2013, un de Crusader, 1984, trois de Denim and Leather, 1981, trois de Strong Arm of the Law, 1980, deux de Wheels of Steel, 1980.

PROGRAMME
Bande son introductive : The Prophecy.
1.                  Hell, Fire and Damnation (Hell, Fire and Damnation, 2024)
2.                  Motorcycle Man (Wheels of Steel, 1980)
3.                  Sacrifice (Sacrifice, 2013)
4.                  There's Something in Roswell (Hell, Fire and Damnation, 2024)
5.                  And the Bands Played On (Denim and Leather, 1981)
6.                  Madame Guillotine (Hell, Fire and Damnation, 2024)
7.                  Heavy Metal Thunder (Strong Arm of the Law, 1980)
8.                  Strong Arm of the Law (Strong Arm of the Law, 1980)
9.                  Crusader (Crusader, 1984)
10.              Dallas 1PM (Strong Arm of the Law, 1980)
11.              Denim and Leather (Denim and Leather, 1981)
12.              Wheels of Steel (Wheels of Steel, 1980)
13.              Princess of the Night (Denim and Leather, 1981).


A ce stade, je suis déjà lessivé mais toujours prêt à affronter la horde qui se presse d'autant plus en vue de la prestation suivante.

JUDAS PRIEST
https://archive.judaspriest.com/home/

JUDAS PRIEST, balbutia en 1969 à Birmingham, mais prit forme réellement en 1970 sur la dépouille d'un autre groupe appelé FREIGHT. Le seul membre fondateur et permanent depuis cette époque est Ian Hill (né en 1951, basse, chœurs occasionnel, depuis 1970), même si Rob Halford (né en 1951, chant, de 1973 à 1992, et depuis 2003) peut faire valoir ce rôle également tant il contribua indéniablement au succès du groupe. Le bucheron, Scott Travis (né en 1961, batterie, chœurs occasionnel, depuis 1989) peut faire valoir une belle ancienneté lui aussi. Les guitaristes historiques ont malheureusement cédé leur place. Kenneth Downing (de 1969 à 2011) a étonnamment préféré les pelouses de son golf, le 20 avril 2011 (il est permis d'imaginer qu'il s'en mord les doigts maintenant, puisqu'il a lancé un projet musical personnel) ; il est remplacé par Richie Faulkner (né en 1980, guitares, chœurs, depuis 2011). Puis Glenn Tipton (guitares, chœurs, de 1974 à 2018) fut contraint de prendre sa retraite car atteint de la maladie de Parkinson. C'est Andy Sneap (né en 1969, guitares, chœurs, de 2018 à 2022, depuis 2022) qui a pris sa place en tournée.

Pour l'anecdote, le bassiste Brian "Bruno" Stapenhill, a trouvé le nom "Judas Priest" en se référant à la chanson de Bob Dylan "The Ballad of Frankie Lee and Judas Priest" sur l'album John Wesley Harding. Le groupe créé par Stapenhill n'a pas survécu, mais ce nom a remplacé celui de FREIGHT.

Le premier album "Rocka Rolla" est paru le 6 septembre 1974.

Quelques semaines après celui de SAXON, mon septième concert fut celui de JUDAS PRIEST au Pavillon Baltard de Nogent sur Marne, le lundi 7 décembre 1981 (tournée World Wide Blitz, Point of Entry). Cependant, je m'en veux encore aujourd'hui d'avoir manqué leur concert parisien du 9 décembre 1979, qui leur permit d'ouvrir pour AC/DC. (Rappelons au passage que les Australiens se présentaient pour la dernière fois avec le très regretté Bon Scott). J'ai ensuite malheureusement manqué aussi deux autres prestations (25 avril 80 au Bataclan, puis du 16 février 81 à l'Hippodrome de Pantin). Ce n'est qu'en fin 1980 début 1981 que j'avais débuté ma découverte de JUDAS PRIEST avec le légendaire "Unleashed in the East" et "British Steel". Puis, lorsque "Point of Entry" est paru, le 26 février 1981, je me souviens de ma perplexité au regard du précédent ; et pourtant aujourd'hui il figure parmi mes opus préférés ! Dans la discographie des prêtres de Judas, j'écoute plus volontiers les premiers tels que Sad Wings of Destiny (1976), Sin After Sin (1977), Stained Class (1978), Killing Machine (1978), British Steel (1980) et surtout Point of Entry (1981) ! Pour le reste, cela demeure une affaire de compatibilité d'humeur avec l'instant, mais honnêtement j'ai moins adhéré (tout est relatif) à l'option vocale prise par Rob avec Screaming for Vengeance (1982). Néanmoins, la décennie suivante demeura exaltante. Hélas, la désespérante parenthèse sans Rob (1991-2003), suivi d'albums plutôt décevants, puis le consternant départ de Kenneth parti jouer au golf (2011), et enfin la regrettable maladie de Glenn (2018), avaient terni mon enthousiasme... Jusqu'à leur très convaincant concert en 2019. Je les revois ainsi ce soir pour la huitième fois.

Le dix-neuvième album studio, "Invincible Shield", est paru le 6 mars 2024. Aujourd'hui, c'est la seizième et dernière date de leur tournée européenne, avant qu'ils ne se lancent dans une interminable tournée américaine (ils seront à Wallingford, Connecticut, dès le 18 avril).

LE CONCERT [21:00-22:40] : La bande son, qui diffuse "War Pigs" de BLACK SABBATH, me confirme que le spectacle est imminent. Un rideau, sur lequel sont inscrits des locutions plus ou moins pertinentes, masque partiellement la scène. Elles scandent les valeurs qui nous unissent, très bien. Mais faire valoir l'unité me parait quand même prétentieux, au regard des errements de Rob et de Kenneth. Mais bon passons… La toile s'effondre et laisse découvrir le quintuor groupé autour de la batterie. Ce sera le seul moment où Ian sera hors de son périmètre en retrait ! En fond de scène sont déployés quatre hauts écrans rectangulaires, sur lesquels seront diffusés images en direct et illustrations des chansons. Sur les côtés, sont dressés des tentures aux logos du groupe. Deux blocs-écran ferment les bords de la scène. Le tout est surplombé d'un gigantesque trident lumineux qui s'inclinera selon les séquences du concert. Je sais bien que l'objet apparait, discrètement, dès la pochette de l'album "Sad Wings of Destiny" (1976), mais je m'étonne encore de l'ampleur que ce symbole a pris au fil du temps ; je ne l'avais jamais remarqué durant les années 80, il est réapparu avec "Painkiller" (1990).

Le nouvel album est logiquement à l'honneur pour aborder le concert avec un "Panic Attack" déjà très convaincant, même si encore une fois les balances tardent à s'équilibrer. A moins que ce ne soit mes protections auditives qui fussent trop enfoncées… Peu importe, je rentre volontiers dans la transe collective, c'est la fête du metal en fusion ! Pas de répit, l'imparable "You've Got Another Thing Comin'", un de mes titres préférés, par son entrain et sa mélodie, surprend l'auditoire plus habitué à l'entendre plus tard dans la soirée. Sans pitié, les brutes enfoncent encore les clous en nous assenant les redoutables "Rapid Fire" et "Breaking the Law " !! L'auditoire s'époumone ; le prêtre mène la communion. Déjà à ce moment-là, je sens mes forces défaillir. Seule ma volonté d'assister de près à au moins un titre phare me permet de tenir envers et contre tout.

La sonorisation est puissante mais limpide, les décibels sont savamment maitrisés. Les éclairages sont somptueusement lumineux.


La soirée est astucieusement orchestrée avec une succession de morceaux d'anthologie. Avec le recul, je m'étonne cependant du choix porté sur "Saints in Hell", ma foi sympa, mais j'aurais toutefois préféré "Exciter" du même album. Mais bon, avec "The Green Manalishi" et "Victim of Changes" je m'estime comblé, d'autant que la voix de Rob était au rendez-vous, et que Richie ne craint pas la comparaison avec Kenneth. D'ailleurs, je souligne que Ritchie et Andy n'ont à aucun moment trahi l'héritage laissé par leurs deux prédécesseurs ; accords parfaitement maitrisés, soli à bon escient. Rob a souvent son regard sur le téléprompteur, mais l'essentiel est qu'il conserve encore son timbre vocal à un niveau acceptable compte tenu de son âge. Bref que du bonheur.

C'est le moment que j'ai choisi, pour me retirer du quatrième rang de sardines, après de bons et loyaux services mais n'en pouvant plus. Cela m'a permis de mesurer la densité du public ! Une bonne IPA m'a ressourcé, partiellement mais suffisamment pour continuer à participer à cette grand'messe !

A peine remis de nos émotions après un "Painkiller" étourdissant, le rappel relance la machine infernale avec le prémonitoire "Electric Eye", illustré d'images de satellites espions. Le vrombissement de la moto n'est pas vraiment une surprise à ce niveau de soirée ; il précède le traditionnel "Hell Bent for Leather" attendu de tous !

Mais l'émotion est à son comble lorsque Monsieur Glenn Tipton rentre en scène. Brisé cruellement par la maladie de Parkinson, il nous fait le plaisir de venir interpréter les deux derniers titres. On le sent faible, il est raide, il ne se balance plus en harmonie avec les rythmes… mais il est là. Et il joue consciencieusement ses accords. Je gage qu'il a perçu la reconnaissance de son public. En tous cas, je me suis rapproché le plus possible pour contribuer aux ovations émues et sincères.

C'est la fin, les six hommes saluent le public longuement un public abasourdi hébété, ravi, heureux quoi !

Etonnamment, le programme parisien a un titre de plus que le lyonnais. Nous avons eu "Devil's Child" intercalé ! Nous aurons ainsi eu droit à dix-huit titres. Quatre sont issus de British Steel, 1980, trois de Invincible Shield, 2024, trois de Screaming for Vengeance, 1982, un de Defenders of the Faith, 1984, un de Firepower, 2018, un de Killing Machine, 1978, un de Painkiller, 1990", un de Sin After Sin, 1977, un de Stained Class, 1978, un de Turbo Lover, 1986, et une reprise de Fleetwood Mac.

PROGRAMME
Bande son introductive : War Pigs (Black Sabbath), puis l'hymne d'Invincible Shield Tour
1.                  Panic Attack (Invincible Shield, 2024)
2.                  You've Got Another Thing Comin' (Screaming for Vengeance, 1982)
3.                  Rapid Fire (British Steel, 1980)
4.                  Breaking the Law (British Steel, 1980)
5.                  Lightning Strike (Firepower, 2018)
6.                  Love Bites (Defenders of the Faith, 1984)
7.                  Devil's Child (Screaming for Vengeance, 1982)
8.                  Saints in Hell (Stained Class, 1978)
9.                  Crown of Horns (Invincible Shield, 2024)
10.              Turbo Lover (Turbo Lover, 1986)
11.              Invincible Shield (Invincible Shield, 2024)
12.              Victim of Changes (Sad Wings of Destiny, 1976)
13.              The Green Manalishi (With the Two Prong Crown) (de Fleetwood Mac) (1978)
14.              Painkiller (Painkiller, 1990).
RAPPEL :
Bande son introductive : The Hellion (Screaming for Vengeance, 1982)
15.              Electric Eye (Screaming for Vengeance, 1982)
16.              Hell Bent for Leather (Killing Machine, 1978)
17.              Metal Gods (British Steel, 1980)
18.              Living After Midnight (British Steel, 1980).
Bande son finale : We Are the Champions (Queen).

Je suis sage ; je passe devant l'échoppe sans craquer pour un t-shirt que je trouve certes emblématique d'une soirée mémorable, mais un peu cher quand même (45€).