vendredi 9 décembre 2022

SAXON – Le Trianon (Paris 18e) – le vendredi 9 décembre 2022 à 19h00.

Quelle nouvelle calamité pouvait encore contrarier nos esprits déjà tourmentés après deux années de Pandémie, après une guerre aux portes de l'Europe,  alors que le nombre d'imbéciles sur Terre semble s'accroitre à proportion de sa population, et que le dérèglement climatique semble hors de contrôle … Allons, toute proportion gardée, pourquoi pas une p'tite inondation, hein ?! Qu'à cela ne tienne, dans l'après-midi du dimanche 2 octobre 2022, à quelques heures du concert, nous sommes alertés par un communiqué, nous annonçant que le Trianon rencontre des soucis de plomberie !

Il faudra attendre quelque temps après pour être rassurés sur le report de la soirée ; Gérard Drouot Productions annonce : "Nous sommes heureux d’annoncer le report du concert de Saxon prévu le dimanche 2 octobre 2022, au vendredi 9 décembre 2022 dans la même salle. Nous invitons les spectateurs à conserver leurs billets, qui resteront valables pour cette nouvelle date. Les clients souhaitant se faire rembourser leurs billets peuvent s’adresser au point de vente où ils ont été achetés. Nous remercions les spectateurs de leur compréhension. L’équipe Gérard Drouot Productions".

Le calendrier de cette période était déjà bien chargé (après le concert de SOEN et avant celui de MAGMA et celui de THE WINDMILL), nous avons donc pris ce report avec soulagement et philosophie. SAXON se présente ainsi à Paris treize jours après la fin officielle de leur tournée européenne, alors que cette étape aurait dû en être la première. On peut donc leur savoir gré de cet effort respectueux de son fidèle public. Seul dégât collatéral, que nous n'apprenons que ce soir, DIAMOND HEAD est remplacé par VICTORY.

Déçu de ne pas revoir une troisième fois ceux qui ont marqués l'Histoire du metal (au point d'inspirer Metallica). D'autant plus qu'ils sont remplacés par un ensemble musical, "Victory" qui, à l'instar de Molly Hatchet, n'a pas eu l'honnêteté de changer de nom après le départ de leurs membres fondateurs. Ce soir, je vais pourtant leur accorder le bénéfice du doute.

C'est dans ces conditions que je me rends, avec ma p'tite Fée et mon rejeton, à une soirée qui me rappellera Mes années 80. Celles du Renouveau du hardrock, autrement appelé en son temps la "NWOBHM" (New Wave Of British Heavy Metal). Encore une occasion de réaliser que le temps s'écoule inexorablement ; plus de quarante années sont passées, mais il me plait de croire que je reste cet adulescent qui continue de s'émerveiller et de voyager dans l'espace et dans le temps.

SAXON a marqué fortement l'Epoque, sans toutefois avoir suivi l'ascension des meilleurs. Et pourtant, ils sont toujours là. Cette soirée est d'autant plus attrayante qu'elle se tient dans un des plus beaux auditoriums parisiens, le Trianon de Paris.

18:30 Ouverture des portes.

Avec mon fils, nous nous plaçons en fosse, à deux rangs du centre de la scène. Ma p'tite fée a opté pour la mezzanine avec un pote ; nous aurons ainsi l'occasion de comparer nos impressions de deux points de vue/écoute.

VICTORY [19:00-19:45].

A l'instar de Molly Hatchet, Victory est désormais l'ombre de lui-même, il a été formé en 1984 par des musiciens allemands dont aucun ne subsiste à ce jour ; les derniers cofondateurs, le guitariste Tommy Newton et le bassiste Peter Knorn sont partis en 2011. Depuis 1994, les divergences nuisaient au groupe qui finit par se séparer après la promotion du dernier album "Voiceprint" paru en 1996. Une reformation partielle aboutit à un huitième album "Instinct" paru en 2003.

Le plus ancien membre est le guitariste Herman Frank recruté en 1986 mais qui avait abandonné le groupe durant dix années, entre 1995 et 2005. Je l'avais vu deux fois sur scène lors de son très bref premier passage au sein d'Accept en 1983. Curieusement, en parallèle à son retour au sein de Victory, Herman est revenu au sein d'Accept, de 2005 jusqu'à son nouveau départ le 28 décembre 2014 ; période durant laquelle je n'avais plus suivi ce groupe.

A l'issue de ce parcours chaotique, le quintet se compose actuellement d'Herman Frank (guitare 1986–1995, et depuis 2005), de Christos Mamalitsidis (guitare depuis 2013), Peter Pichl (basse, depuis 2013), Michael Wolpers (batterie depuis 2013) et Gianni Pontillo (chant, depuis 2019).

Un onzième album de ce pseudo-groupe, "Gods of Tomorrow", est paru le 26 novembre 2021.

Compte tenu de leur statut, les musiciens peuvent se déclarer satisfaits des moyens mis à leur disposition. Ils bénéficient d'une sonorisation correcte (je me protège les oreilles par précaution) pas de surpuissance et les pupitres sont audibles. L'éclairage est correcte également et la scène est sobre, pas de fond de scène ; seul la batterie montre le logotype du groupe.

Leur prestation fut convaincante. Les musiciens sont d'un bon niveau et ils interprètent les titres avec la même respectable fougue des groupes de reprise. Ils ont su enthousiasmer le public avec une grande efficacité toute germanique. Tous sont impliqués. Herman maintient manifestement l'intérêt du groupe avec des soli ciselés pour les mélodies. Mais physiquement il me fait de la peine ; je ne l'avais pas revu depuis plus de 39 années, quand même…il m'a semblé très marqué par ses années sur les planches.

Je les ovationne sincèrement pour avoir chauffé la salle avec ferveur et conviction. Mais il n'en demeure par moins que pour moi cette formation aurait dû se présenter sous le pseudonyme Victory II.

Parmi les titres interprétés, deux ont été reconnus mais il reste à définir les autres …

Are You Ready (Don't Get Mad... Get Even, xxx)
Take the Pace (Temples of Gold, xxx)
… (à déterminer)

Alors que la bande-son d'entracte diffuse une succession de titres phares des années 80, quelques parasites tentent de s'incruster dans nos premiers rangs ; ils n'assument pas leur arrivée tardive et s'imaginent qu'ils pourront me défaire de mon emplacement. C'est bien mal me connaitre. Après une brève mise au point je me fais comprendre, on ne viendra plus me casser les c….

SAXON [20:15-22:00]

Ce quintet anglais a été formé en 1977 à Barnsley, sous le nom "SON OF A BITCH", par Peter "Biff" Byford au chant, Paul Quinn (deux ex-membres du groupe COAST), rejoints par Graham Oliver aux guitares, Steve "Dobby" Dawson à la basse (deux ex-membres du groupe SOB), puis par Pete Gill à la batterie. En 1979, le groupe change son nom en SAXON et signe avec le label (français !) Carrere qui sort alors son premier album éponyme.

Alors que le heavy metal en était à ses balbutiements, mettant le hardrock en mutation, Saxon était un des fers de lance de la NWOBHM. Il faut se rappeler que dans les années 1980, huit albums étaient positionnés au Top 40 britannique, dont quatre albums du Top 10 et deux albums du Top 5. De nombreux monoplages se sont placés dans les meilleurs classements britanniques européens et japonais. Au cours des années 1980, Saxon a vendu plus de 13 millions d'albums dans le monde.

Voilà pour son pédigrée reconnu. Pour ma part, ce groupe m'a passionné peu après la parution de "Wheels of Steel" (paru le 5 mai 1980), puis encore davantage avec celle de "Strong Arm of the Law" (paru le 1er septembre 1980). J'ai continué à le suivre assidument jusque "Rock the Nations" (paru le 19 Septembre 1986). Mais, si j'apprécie toujours les ambiances festives de ses concerts, je confesse l'avoir peu à peu mis de côté, au profit d'artistes qui me parurent plus audacieux (Iron Maiden bien sûr, mais aussi Tyger of Pan-Tang, Def Leppard, Girlschool, Rock Goddess, Holocaust, Witchfinder General, Tokyo Blade, pour ne parler que de la NWOBHM…).

Ainsi, contrairement à d'autres groupes de cette mouvance, je ne l'ai vu que quatre fois ; une première le 22 novembre 1981 au Pavillon Baltard de Nogent sur Marne-94 (tournée Denim&Leather), puis le 11 octobre 1985 au Zénith de Paris (tournée Crusader), le 2 novembre 1986 au Zénith de Paris (tournée Rock the Nations) et enfin le 13 septembre 2008 au Raismesfest (tournée Into The Labyrinth).

Un concert de Saxon ne déçoit pas ; l'ambiance est garantie. Des rythmes relativement binaires, des accords mélodiques accrocheurs et saturés ... ces maudits anglais maîtrisent les ingrédients de base ! Il me plaisait de le répéter : "SAXON, c'est le secret des ambiances réussies !"

Il convient aussi de saluer la persévérance de Peter Rodney "Biff" Byford (71 ans, chant depuis 1977 - né le 15 janvier 1951), et de Paul Quinn (70 ans, guitares depuis 1977 - né le 26 décembre 1951) toujours aux commandes. Entourés de Nigel Glockler (69 ans, batterie depuis 1981, avec quelques interruptions – né le 24 janvier 1953), mais aussi de Nibbs Carter (56 ans, basse depuis 1988), et de Doug Scarratt (63 ans, guitares depuis 1995). On peut donc parler de relative stabilité depuis plus de vingt ans avec ce gang de papy dont la moyenne d'âge s'établit à 66 ans !

Voilà, pour toutes ces raisons, je tenais à emmener mon fils et ma P'tite Fée pour assister à un concert de ces authentiques vétérans !

Son vingt-troisième album studio, le bien nommé "Carpe Diem", est paru le 3 février 2022. C'est tout simplement un de mes préférés de l'année 2022 dans ma catégorie "metal" (en compétition avec le Magnum, le Rammstein et le Scorpions et, dans une moindre mesure, le Ghost). Leur tournée promotionnelle (17 dates prévues) intitulée "Seize the Day World Tour" devait débuter par Paris ; finalement elle s'y achèvera !

Une excellente sonorisation m'autorisera à ne pas protéger mes oreilles, même à proximité de la scène ; pas de surpuissance et la qualité rend audible tous les pupitres. (nota bene : Perception identique depuis la mezzanine) Un éclairage très colorés, et bien orienté permet aux yeux et aux objectifs de capter les plans de scène. Au mur est étendu le drap sur lequel est dessiné l'immuable logotype du groupe. Au centre, la batterie surplombe la scène sur un socle revêtu du thème du dernier opus. A chacun de ses côté sont alignés les amplificateurs estampillés du logo. Pour seuls effets spéciaux, quelques sobres jets de vapeurs, mais sinon pas d'extravagance, juste le rock'n'roll quoi !

Biff est vêtu de sa veste triplement boutonnée qui me paraitrait encombrante mais qui semble lui convenir, en tout cas il a toujours de l'allure avec ! Sa voix est intacte et nous laisse croire que le temps n'a que peu de prise sur lui. C'est agréable, et rassurant pour ceux de nous qui le suivent depuis quatre décennies… Eloquent, face à son ventilateur, il chante avec charisme et conviction un programme qui m'a semblé équilibré, même si j'aurais apprécié aussi davantage d'évocation de nos années 80.

Paul Quinn est là, c'est sûr. Mais sobrement. Il assure quelques soli efficaces, mais nettement il a passé le relais au plus flamboyant Doug Scarratt. En tous cas ces deux-là ont su faire résonner en nous les meilleurs souvenirs du parcours du groupe ! Nibbs Carter est le plus jeune et aussi le plus agité du groupe ! En même temps, on comprend qu'il ressente le besoin de se dégourdir car pour accompagner les rythmes relativement binaires martelés par Nigel Glockler, sa fonction est le plus souvent (mais pas toujours) d'assurer des ostinatos.

Bon voilà le tableau ; on n'est pas ici pour faire de la dentelle, juste pour écouter du heavy metal basique mais terriblement efficace. Mon exigence de mélomane aurait apprécié davantage de nuances sur certains titres emblématiques ; par exemple sur "Dallas 1 PM", la reprise après la brève bande son des coups de feu aurait pu s'amplifier avec un crescendo qui aurait sans doute emporté le public dans un pogo infernal. En revanche, l'enchainement avec "Heavy Metal Thunder" de Zeus fut très apprécié ! Depuis le début du concert un admirateur du premier rang brandissait un drapeau à l'image de "Wheels of Steel" ; manifestement cela n'avait pas échappé à Biff qui attendit son interprétation pour le réclamer et le poser sur le socle de batterie et le fixer solidement avec deux bouteilles d'eau ! Encore un beau geste de reconnaissance pour son fidèle auditoire, d'autant plus que Biff aura la précaution de lui restituer l'objet à la fin dudit titre ! Respect ! Peu de répit dans ce flux de metal incandescent, hormis peut-être le (relativement) calme "The Eagle Has Landed".

Le rappel est évidemment exigible et dûment exprimé ! Seul bémol durant celui-ci, à mon sens en tous cas, le titre légendaire "Strong Arm of the Law" est tronqué en le mixant avec "Solid Ball of Rock". Un peu dommage quand même… Mais bon, en poursuivant avec "747", puis le puissant "Denim and Leather" on leur pardonne volontiers ! Pour clore cette soirée festive, nous eûmes droit à un bondissant "Princess of the Night" qui me permis de clamer une nouvelle fois mon Amour pour ma Belle princesse dans sa mezzanine ! Romantique, moi ? bah oui, cela m'arrive …

Cette prestation ne pouvait pas me décevoir ; elle fut conforme à ce que je suis venu rechercher. Faire la teuf et la partager à mes êtres chers.

La réaction du public a logiquement répondu à l'attente du groupe qui semble avoir remarqué l'engouement du public parisien, en dépit de la barrière de la langue. J'ai connu des publics de Saxon bien plus agités que ce soir, mais cela m'arrangeait bien après une journée automnale de travail ! L'essentiel est que tout le monde avait le sourire en sortant !

Parmi les vingt titres interprétés, six sont issus de "Carpe Diem", (2022), quatre de "Denim and Leather", (1981), deux de "Strong Arm of the Law", (1980/09), deux de "Wheels of Steel", (1980/04), un de "Power and the Glory", (1983), un de "Unleash the Beast", (1997), un de "Metalhead", (1999), un de "The Inner Sanctum", (2007), un de "Sacrifice", (2013), une séquence a rendu hommage à deux opus (Strong Arm of the Law, 1980/09 / Solid Ball of Rock, 1990).

PROGRAMME
Carpe Diem (Seize the Day) (Carpe Diem, 2022)
Sacrifice (Sacrifice, 2013)
Age of Steam (Carpe Diem, 2022)
Never Surrender (Denim and Leather, 1981)
I've Got to Rock (To Stay Alive) (The Inner Sanctum, 2007)
Dambusters (Carpe Diem, 2022)
The Thin Red Line (Unleash the Beast, 1997)
Living on the Limit (Carpe Diem, 2022)
Dallas 1 PM (Strong Arm of the Law, 1980/09)
Heavy Metal Thunder (Strong Arm of the Law, 1980/09)
Metalhead (Metalhead, 1999)
The Eagle Has Landed (Power and the Glory, 1983)
Black Is the Night (Carpe Diem, 2022)
And the Bands Played On (Denim and Leather, 1981)
Wheels of Steel (Wheels of Steel, 1980/04).
RAPPEL :
The Pilgrimage (Carpe Diem, 2022)
Strong Arm of the Law / Solid Ball of Rock
(Strong Arm of the Law, 1980/09 / Solid Ball of Rock, 1990)
747 (Strangers in the Night) (Wheels of Steel, 1980/04)
Denim and Leather (Denim and Leather, 1981)
Princess of the Night (Denim and Leather, 1981).

En sortant je passe à l'échoppe, histoire de me laisser tenter. Il faut dire que je n'ai jamais acheté de t-shirt de SAXON à leurs concerts. Il me semblait que ce beau concert était l'occasion de rétablir cette injustice. Mais j'ai amèrement regretté de ne pas avoir saisi l'occasion au début de la soirée où le beau t-shirt rouge était encore disponible, avec ses dates au verso. Cette fois, tout était vendu ; logique en cette fin de tournée, j'en suis ravi pour eux, tant pis pour moi. Côté positif 35€ d'économisé !


 

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