samedi 19 octobre 2024

LAZULI, ENVERS ET CONTRE TOUR – du 20 au 27 octobre 2024.

 

On mesure avec certitude le temps passé, mais avec moins de garantie celui qui reste. Il était donc opportun d'assouvir enfin mon envie multidécennale de suivre des musiciens que j'apprécie, durant tout ou partie de leur tournée, dans une forme totalement assumée de musico-tourisme. Il me fallait juste trouver un prétexte, un artiste ou un groupe d'artistes qui en vaille la peine …

Avant que la Pandémie vienne ralentir nos ardeurs, nous envisagions de suivre Steven Wilson. Ce que nous avions fait partiellement en 2015, mais de manière discontinue.

C'est finalement la convergence d'intérêts de trois couples de mélomanes, autant adulescents que nous, qui m'a permis de jeter mon dévolu sur LAZULI, pour lesquels nous entretenons une affection toute particulière. Comme le prétendrait une célèbre publicité pour des produits cosmétiques, "ils le valent bien".

Depuis sa parution le 14 Janvier 2023, l'album "11" continue d'être promu par des tournées sporadiques. Celles-ci nous avaient déjà permis d'assister à sept concerts depuis janvier 2023, dont un cet été lors de l'ultime édition du  feu festival The Night of the Prog. Nous aurions pu aussi nous contenter d'assister à leur concert prévu à l'occasion de l'ultime édition du feu festival Prog en Beauce, ce 27 octobre. Mais l'idée, qui a muri pendant une année, a fini par s'imposer au fil des mois.

Parmi les seize dates prévues (à ce jour) en 2024, au titre du nouveau segment de tournée européenne, il ne nous restait plus qu'à choisir nos étapes. Toutefois, puisque LAZULI est bien plus attendu hors de notre douce France (…), cela implique de nous déplacer soit Outre-Rhin, soit Outre-Manche… Nous aurions pu visiter un pays ; soit l'Allemagne, soit les Pays-Bas. Nous aurions pu aussi reporter notre projet en 2025, pour aller en Grande-Bretagne. Nous avons finalement arbitré pour sillonner quatre pays différents, avec quatre dates. Notre plan prévoit ainsi :

      ·        20.10.2024 – Z7 – Pratteln (SUISSE) ;
·        22.10.2024 – Spirit of 66 – Verviers (BELGIQUE) ;
·        23.10.2024 – Harmonie – Bonn (ALLEMAGNE) ;
·        27.10.2024 – Prog En Beauce – Pierres (FRANCE).


EUX EMOI. J'ai le désagréable sentiment de me répéter, mais à l'instar de mes précédents récits sur leurs prestations, je dois une fois de plus déplorer que ce groupe FRANÇAIS et FRANCOPHONE demeure scandaleusement ignoré par la bulle médiatique et pseudo-artistique française, qui semble incapable de curiosité musicale. Je peste de me sentir impuissant face à des promoteurs aveuglés par leur cupidité, et animés d'aucune audace. Les médias, qu'ils se définissent comme généralistes ou spécialisés, n'en sont hélas que trop souvent le triste reflet … Pourtant, chacun des albums de LAZULI, chacun de ses concerts est un réel enchantement. Les mots m'interpellent et les notes m'ensorcellent.

Quoi qu'il en soit, je me revendique volontiers ardent promoteur du talent de ces troubadours occitans. Même si je concède volontiers les avoir tardivement découverts, petit à petit, au début des années 2010, par la grâce d'un forum musical.

La parution de "Tant que l’herbe est grasse" (2014) a motivé mon premier achat. Mais les occasions de les découvrir sur les scènes parisiennes sont rarissimes (2006 au Triton, 2007 à la Locomotive, 2008 à La Scène Bastille. Epicétou). Las d'attendre une improbable venue dans mes contrées, je me suis rendu au festival Rock au Château à Villersexel (70), lui aussi disparu, hélas ! Celui-ci avait eu la bonne idée de programmer LAZULI le samedi 05 aout 2017, alors que le groupe faisait la promotion de "Nos âmes saoules" (2016). Ce premier concert acheva de me convaincre de leur talent. J'ai ensuite pu mesurer leur notoriété notamment auprès des publics allemands (Sankt Goarshausen), néerlandais (Utrecht), norvégiens (Oslo), belges (Verviers) mais aussi … quand même (!) français (Saint-Palais, Pierres, Villeurbanne). Tant et si bien que ma présence ce soir au sein du public, suisse cette fois (Pratteln), va me permettre de revoir LAZULI pour la quinzième fois.

EUX ET LES AUTRES. Heureusement, bien avant moi, quelques autres (trop rares) illuminés les ont reconnus à leur juste valeur en France ; notamment les audacieux organisateurs de Prog en Beauce (2013, 2014, 2017), de Rock au Château (2017), du Crescendo (2007), et de Prog'Sud (2011 et 2018). Néanmoins, c'est encore le plus souvent Outre-Rhin ou Outre-Manche que nous trouvons les plus nombreux admirateurs. Ce qui démontre au moins que la langue de Molière n'est absolument pas un obstacle à la notoriété internationale.

De nature relativement prosélyte, j'ai tenté de porter, modestement mais avec conviction, la bonne parole autour de moi. J'ai commencé par ma P'tite Fée bien sûr. Absente du Rock au Château en 2017, elle fut peu sensible à mon récit pourtant ému. Elle ne prêtait qu'une oreille distraite aux enregistrements. Davantage impatient que désespéré, je pressentais que seul un contact scénique pouvait lui faire trouver la Porte. La Révélation survint assez rapidement, dès ce dimanche 29 octobre 2017, par la Grâce du feu festival Prog en Beauce ! Ce dangereux foyer de contagion lui a été fatal. Depuis, elle ne lâche plus l'affaire… Ainsi soit-il.

Mais cette saine conversion ne me suffisait pas. Inlassablement j'ai persisté, avec souvent le sentiment de prêcher dans le désert, tant mon exaltation devait paraitre suspecte. Mais, sans doute intrigués aussi par d'autres échos qui ont probablement été jugés plus fiables, d'autres mélomanes parmi mes amis ont à leur tour perçu le talent des membres de LAZULI. C'est ainsi que peu à peu notre microcosme s'est étoffé. Parmi eux, Pascal, Valérie, Xavier et Véronique sont désormais de fervents adeptes ; suffisamment en tous cas pour nous accompagner sur les routes de cette folle aventure !

EUX. Ce merveilleux quintuor existe depuis 1998. Les aléas de l'histoire d'un groupe ont abouti à voir passer Pol Amar (guitare, de 1998 à 2002), Yohan Simeon (percussions, de 1998 à 2009), Frederik Juan (marimba, vibraphone, percussions, de 1998 à 2009), Sylvan Bayol (Chapman Stick, de 1998 à 2009), Marc Almeras (de 2002 à 2004). Enfin, le guitariste Gédéric Byar (de 2004 à 2020) a quitté récemment le navire à la surprise générale.

Les frangins Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), sont désormais entourés de Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020).

Sur le site officiel, l'historique de leurs concerts qui débute le 5 avril 2005 à l'Antirouille de Montpellier, est édifiant. Parmi ces dates, on peut relever particulièrement leur prestation des 2 et 3 juillet 2005, à Montreux en Suisse, en marge du célèbre Jazz Festival, qui leur a valu un début de reconnaissance internationale. En effet, c'est à cette occasion qu'un jazzophile allemand, qui déambulait parmi les sites du festival, est tombé par hasard sur nos LAZULI.  Totalement séduit, il entreprendra peu à peu de les faire connaitre en Allemagne. C'est ainsi que le 12 avril 2006, LAZULI est invité au festival allemand KOMMZ-Festival au Colos-Saal, à Ashafenburg ; c'est le début d'une notoriété grandissante chez nos amis Teutons. Notons qu'entre-temps, le 10 mars 2006, LAZULI était présent au Baja Prog Festival au Mexique.

C'est à cette même époque, en 2006, que parait le troisième album intitulé "En Avant Doute", qui contribuera à accroitre une belle reconnaissance dans le milieu musical spécialisé. Néanmoins, pas assez connu en France, le groupe en devient l'ambassadeur sur les plus grosses scènes internationales du rock progressif.

Les média n'ont pas toujours ignoré LAZULI ; la défunte émission nocturne de France Inter, "Sous les étoiles exactement" (1997-2013) a évoqué leur existence le 10 décembre 2007. Rien à voir avec les programmations affligeantes de nos jours…

Bref, quoi qu'il en soit, LAZULI perdure, pour notre plus grand bonheur ! Leur musique délivre des sonorités inhabituelles et agréables. Les textes sont subtils, ciselés et délicats, rarement donneurs de leçons, juste des invitations à l'évasion ou à la réflexion. C'est rafraîchissant par les temps qui courent.

F https://lazuli-music.com/


NOTRE PERIPLE.

Le trajet peut impressionner le non-initié : Ivry/ Granvillard/ Pratteln/ Colmar/ Riquewihr/ Sélestat/ Verviers/ Bonn/ Ivry/ Pierres/ Ivry. En omettant quelques détours, on estime le tout à environ 2100 kilomètres tout de même ! Mais que le pourfendeur écologiste se rassure ; dans une démarche autant écodurable qu'économique, nous avons convenu de réunir les deux couples français et de confier la conduite du véhicule à notre émérite Véronique guidée par son non moins apprécié copilote Xavier. Certes, nous aurions pu voyager à cheval ou en carriole, mais c'eut été plus fastidieux.

LE 19 OCTOBRE, PREMIERE ETAPE : LA SUISSE. (Quelques 590 kilomètres, environ 7 heures, sans les pauses)

Notre cohorte infernale arrivera à temps pour l'apéro du soir, à Grandvillard, une commune suisse du canton de Fribourg, située dans le district de la Gruyère, où nous retrouvons le troisième couple, Valérie et Pascal.

Les adulescents palabrent et peinent à masquer leur impatience de débuter le fabuleux parcours ensemble.


LE 20 OCTOBRE, DEUXIEME ETAPE : PRATTELN. (Quelques 155 kilomètres, environ 1h30 de route). Nous reprenons la route, ponctuée de paysages grandioses, durant laquelle nous distinguons de rassurantes neiges éternelles ; oui il en existe encore… Nous aboutissons à Pratteln et rejoignons l'hôtel IBIS proche du Z7, une salle dans laquelle nous avions déjà assisté à un concert de SAGA en 2017. Le secteur demeure toujours aussi sordide (il me rappelle l'Espace Balard des années 80), mais on s'en fout, on y est que de passage !

Créé en 1994, le Z7 est un ancien entrepôt de Pratteln, situé à une douzaine de kilomètres de Bâle, qui a été transformé en salle de concert. Celle-ci s'est inscrite sur les tournées de plusieurs artistes et a ainsi vite gagné en notoriété. C'est maintenant l'une des salles de concert les plus célèbres de Suisse, confortable et dotée d'une bonne acoustique. Elle peut accueillir jusqu'à 1 600 spectateurs.

Le public est estimé à environ 150 auditeurs. Nous prenons facilement position à la barrière, excellent poste d'observation pour notre premier émoi musical.

TICKET TO THE MOON : (19h-19h50). Ce trio suisse a été formé en 2003 par Andrea "Andy" Portapia et Danny Gosteli. Après les péripéties habituelles d'une vie de groupe, le bassiste Guillaume "Gys" Carbonneau les a rejoints. Ensemble, ils ont joué plusieurs concerts en Suisse et ont décidé d'enregistrer leur premier album. Il faudra attendre novembre 2012, pour que paraisse ''Dilemma On Earth''. Deux semaines plus tard, le succès du concert promotionnel leur a permis d'être engagés en première partie du célèbre groupe néo-prog canadien SAGA. Ils se définissent en tant que "heavyrock progressif".

Un album autoproduit, intitulé "Elements" est paru le 25 septembre 2022.

Nous trouvons ainsi ce soir un trio instrumental composé d'Andrea Portapia (guitares, depuis 2003), Danny Gosteli (batterie, depuis 2003), et Guillaume Carbonneau (basse, depuis 2008). Il semble qu'un claviériste (Matt Zwick) les a récemment quittés.

Les musiciens me paraissent mieux maitriser leur répertoire que leur charisme sur scène. Les obsédants allers et retours des deux guitaristes m'ont semblé un peu trop académiques, mais en fermant les yeux j'ai pu apprécier quelques segments très intéressants, en dépit de quelques longueurs. Evidemment, dans ce style d'exercice sans voix, on est tenté de faire un rapprochement avec d'illustres semblables, tels que SPECIAL PROVIDENCE ou LTE. Mais sans en être là, disons qu'ils se sont montrés digne d'intérêt.

LAZULI : (20h05-22h). Afin de ne pas me montrer trop répétitif pour les trois (voire quatre !) concerts à venir, je me contenterai ici (comme ensuite) d'impressions succinctes. Après tout, mon statut de simple mélomane (j'entends rédacteur non professionnel) me permet de considérer que les prestations de LAZULI, davantage que d'autres encore, s'apprécient à l'écoute (pour les notes), au regard (pour les sourires) et moins à la lecture subjective de mes récits amateurs et approximatifs …

Je rassure néanmoins le lecteur inquiet qui se demande fébrilement si les musiciens demeurent à la hauteur de notre admiration : chaque pupitre est tenu avec talent et entrain. La Léode n'est pas tombée en panne. Les sons  m'ont semblé parfaitement équilibrés. Le chant et les instruments nous ont apportés les émotions et l'évasion attendue. L'ingénieur du son et les musiciens sont exigeants ; ils nous dénoncent souvent, ici et là, une faiblesse. Mais mon oreille a pour habitude d'ignorer ces prétendues imperfections inhérentes à un concert pour me concentrer sur l'exécution des harmonies. LAZULI ne me semble pas abuser de bandes-son ou d'artifices, et chaque artiste met toute sa virtuosité au service de la Musique, la vraie, celle qui se travaille avant d'être exécutée en réel, pour créer une mélodie propice à l'évasion. Tout autre commentaire pourrait paraitre partial et donc superflu.

Ce qui me semble toutefois plus notable à relater, c'est qu'une fois de plus, LAZULI a transformé la fosse en baptistère ; les bienheureux curieux venus découvrir les bonnes paroles sont désormais des adeptes. Derrière nous, un mélomane assistait médusé pour la première fois, à ce foisonnement de notes merveilleuses ; je me suis autant réjoui de son regard émerveillé, que du concert lui-même ! En préalable au concert, je lui avais confessé que j'aurais (un peu) aimé être à sa place, pour connaitre à nouveau ces instants de découverte. Ce qu'il a perçu n'a pas démenti ma prédiction.

Leur programme présente dix-huit titres, en comptant les deux fantaisies finales interprétées au marimba. Leur plus récente parution, "11", demeure très représentée avec sept morceaux, mais on peut déplorer le retrait de "Égoïne" "La bétaillère" et " "Lagune grise" ; personnellement j'aurais préféré le retrait d'autres segments que ceux-là, mais j'ai bien conscience qu'en disant cela je m'assimile à un commentateur d'après match... Ils auraient pu, ils auraient dû, Turlututu !...

Les trois titres à paraitre en 2025, qui avaient été présentés lors de leur prestation au Loreley cet été, sont interprétés aussi. J'aime les trois, mais je ne cache pas ma préférence pour "Chaque jour…" dont le texte et les harmonies m'émeuvent particulièrement ! Cette introduction au cor d'harmonie me prend aux tripes. Ce thème cuivré, repris et accompagné par la Léode, est tout simplement poignant. Il se pourrait bien que ce soit, à mon sens, l'une des plus belles chansons écrites par Dominique, voilà c'est dit. J'aime beaucoup "Être et ne plus être" aussi. Mais bon, tout cela est à placer en perspective avec mon admiration pour l'ensemble…

Autre observation, on pourrait aussi déplorer le retrait du morceau "Dans les Mains de Dieter", dont le solo final créé par Arnaud était époustouflant. Mais fort heureusement, celui-ci s'exprime désormais lors d'un non moins splendide solo à l'occasion de la séquence finale de la chanson "le Pleureur sous la Pluie". Décidément Arnaud, avec son immense talent et sa gentillesse remarquable, a pleinement pris sa place dans le groupe.

En tout état de cause chacun de ces cinq artistes multi-instrumentistes démontrent constamment un réel investissement collectif, un réel plaisir de partager. Les sourires ne s'effacent que pour la concentration nécessaire à certaines séquences. Romain est principalement titulaire du clavier, avec lequel il exprime une large palette d'inspirations plus ou moins jazzy. A cet égard, il convient de souligner son duo magnifique avec Vincent pour clore la chanson "Les courants ascendants", où il démontre toute l'étendue de son talent. Mais son attrait pour les sons cuivrés et bidouillés avec son cor d'harmonie est également admirable. Vincent excelle à la batterie, mais peut la céder ("Le miroir aux alouettes"), pour s'adonner à son autre centre d'intérêt ; les percussions, telles que le marimba. Arnaud exprime énormément de sensibilité lors d'accords et de soli avec sa guitare, mais sait aussi amplifier une rythmique par de puissants accords à la basse. Dominique est le plus souvent avec une de ses guitares en bandoulière, mais le timbre de son chant constitue indéniablement une des particularités du groupe ; en l'écoutant je pense souvent à celui de Geddy Lee de RUSH. Quant à Claude, sa Léode lui permet de combiner tant de sons différents qu'il semble pouvoir se substituer à tous les pupitres, et participe à un véritable maelström harmonique ! Enfin, à l'image de la cohésion qui se dégage de ce quintet magique, tous participent peu ou prou aux chœurs.

Excusez mes propos dithyrambiques mais, comment pourrais je tarir d'éloges pour décrire leur Musique et leur attitude positive !? Ils ne constituent que le contrepoids d'un silence médiatique assourdissant.

PROGRAMME

  1. Le lierre (Nos Ames Saoules, 2016)
  2. Sillonner des océans de vinyle (11, 2023)
  3. Dieter Böhm (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  4. Les chansons sont des bouteilles à la mer (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  5. L'homme volant (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  6. Triste carnaval (11, 2023)
  7. Qui d'autre que l'autre (11, 2023)
  8. Quel dommage (à paraitre, 2025)
  9. Être et ne plus être (à paraitre, 2025)
  10. Chaque jour que le soleil fait (à paraitre, 2025)
  11. Mille rêves hors de leur cage (11, 2023)
  12. Parlons du temps (11, 2023)
  13. Le miroir aux alouettes (4603 Battements, 2011)
  14. Les courants ascendants (Tant que l'herbe est grasse, 2014)
  15. Le grand vide (11, 2023)
  16. Le Pleureur sous la Pluie (11, 2023)

RAPPEL :

  1. Neuf Mains autour d'un Marimba
  2. Dreamer (reprise instrumentale de Supertramp).

Cette première soirée fut conforme à nos espoirs en suivant un groupe français ; un concert fantastique suivi d'une rencontre avec les musiciens toujours aussi aimables et disponibles. Ali Laouamen, l'ingénieur du son ne fait pas exception ; dans la cours des fumeurs, nous écoutons ses expériences. Elliot Leonetti, le patient, aimable et souriant responsable de l'échoppe finit par nous connaitre, à force de sollicitations pressantes de notre part ! "Comment cela, il n'y a pas de t-shirt sur cette tournée ??" Le pauvre n'a pas toujours réponse à tout !

Bref, après nos échanges d'émotions passionnées, et un portrait collectif obligé, nous les abandonnons à leur travaux de rangements, que Vincent "Tetris" a déjà entamé sans attendre !

Nos esprits sont gavés de bonnes ondes, nous rentrons à notre hôtel qui s'avère être également celui de LAZULI.


LE 21 OCTOBRE, TROISIEME ETAPE : L'ALSACE. (Quelques 75 kilomètres, environ 1 heure de route)

Alors que nous prenons notre petit déjeuner dans la salle à manger, toute l'équipe de LAZULI prend le sien de son côté. Bien sûr, nous respectons leur intimité, mais d'une envie réciproque les discussions et les échanges d'impressions reprennent de plus belle ! Nous décidons cependant de leur cacher notre dessein de les suivre, mais que c'est difficile ! Les échanges cordiaux se poursuivent jusque sur le parking.

Nous les quittons pour partir vers l'Alsace, une région que ma P'tite Fée et moi tenions à visiter, depuis très, très longtemps.

Colmar nous a séduits par son charme, et sa tranquillité. En particulier son quartier de la Petite Venise, dans lequel nous trouvons un restaurant "La Tarte Flambée" à la terrasse de laquelle nous prenons place. La célèbre Flamenküche est un pur régal bien sûr. Mais ce plaisir est encore accentué par l'accompagnement du divin Gewurztraminer vendanges tardives ! Toutefois, je confesse ne pas résister à assumer ma réputation en commandant une délicieuse bière locale servie à la pression, fraiche et désaltérante !

Ensuite, Riquewihr nous a complètement éblouis, sidérés, par l'authenticité et la beauté de ses rues pavées et de ses constructions à colombages, multicolores et pastel. On voyage plusieurs siècles en arrière en lisant les dates d'origine sur les encadrements de porte. Une des plus belles villes d'Alsace, si ce n'est de France, assurément.

Cette charmante journée touristique aboutit à Sélestat, dans un somptueux hôtel de charme, situé au Sud de Strasbourg. Accueil bienveillant, nourriture succulente et hébergement douillet, le tout proche de l'excellence.


LE 22 OCTOBRE, QUATRIEME ETAPE : LA BELGIQUE. (Quelques 400 kilomètres, environ 5 heures de route)

Après un long parcours sans singularité, nous nous rendons à "La Fringale", notre friterie habituelle de Verviers. Une délicieuse gamme de produits artisanaux, brochettes, boulets, frites et bière locale (brasserie Curtius !) nous remettent d'aplomb, avant la belle soirée qui s'annonce !

Verviers est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement dans la province de Liège. Elle ne présente que très peu d'intérêt (…) sauf de compatir à la désolation qui a résulté de l'inondation dantesque dont elle fut victime le 15 juillet 2021. D'ailleurs, déjà pauvre à la base, la ville peine à s'en remettre encore aujourd'hui…

Nous posons nos valises dans l'hôtel des Ardennes, où nous avons nos habitudes (…), accueilli par Maguy, notre adorable hôte ! Elle envisage de prendre une retraite certes bien méritée, mais avant cette échéance, nous profitons de son accueil traditionnel et particulièrement bienveillant.

Créé en juin 95, The Spirit au 66 est un club qui organise plusieurs concerts par mois, ce qui en fait l'un des plus actifs de Belgique ! Sa décoration, inspirée du style de la "Route 66", entretient une atmosphère très chaleureuse, semblable à celle de nombreux bars musicaux américains légendaires. Son acoustique est très bonne. Dans un grand éclectisme, il accueille toutes les musiques : blues, rock, progressif, hard-rock, métal, jazz, country, salsa, reggae, etc... Sa capacité d'accueil est limitée à 325 personnes, et pourtant elle parvient à présenter souvent de très grands noms (Parmi les plus illustres, citons Camel, Caravan, Gong, Magma, The Flower Kings, Saga, Porcupine Tree, Steve Hackett, IQ, Pendragon, Arena, Mostly Autumn, Amarok, Rose Tattoo, bref des légendes…). Son gérant, Francis Geron est modeste et réservé, pour ne pas dire distant, mais chacun lui sait gré de son abnégation au service de la Musique !

La soirée est intégralement consacrée à LAZULI, pas de première partie.

La taille de la salle la rend plus conviviale que le Z7, il n'y a pas de barrière pour nous séparer de la scène.

Ainsi que convenu en amont de ce récit, je ne m'étendrai pas sur mon appréciation de ce deuxième concert de notre tournée ; sans lassitude aucune, elle est similaire à celle de l'avant-veille. Notons toutefois que cette fois Dominique n'a pas résisté à son besoin de contact avec le public ; il s'est fondu dans le public pendant l'exotique et entrainant "Le miroir aux alouettes", pour partager quelques pas festifs sur la séquence finale ! C'est un réel bonheur de regarder Claude détendu avec une Léode fiable, qui lui permet d'exprimer tant de sonorités harmonieuses ! Ali n'a eu aucun mal à jouer des manettes pour permettre à chaque pupitre d'exprimer ses nuances de sons. L'éclairage de cette petite scène demeure traditionnellement assez limité, mais n'a pas terni l'ambiance chaleureuse accordée par le public belge. Tiens, en parlant de belgitude, notons plus anecdotiquement que le pauvre Romain avait mal mesuré l'impact de la bière Jupiler sur sa vessie ; une envie pressante imposa une pause impromptue au groupe ! Son retour à la scène fut dignement salué.


La soirée se prolonge en intarissables palabres positives et passionnées, notamment avec nos amis belges, mais aussi avec toute l'équipe de LAZULI, bien entendu. Il semble que notre démarche de suivi de leur tournée fut cousue de fils blancs, car ils ne semblèrent guère étonnés de nous revoir…


LE 23 OCTOBRE, CINQUIEME ETAPE : L'ALLEMAGNE, BONN. (Quelques 120 kilomètres, environ 1h30 de route)

Après un copieux petit déjeuner, notre joyeux équipage se remet en route en direction de l'Allemagne.

Nous faisons halte pour visiter le château de Drachenburg, construit entre 1882 et 1884 sur la commune de Königswinter, par un milliardaire qui a fait fortune dans divers placements financiers (en partie liés au Canal de Suez). Pour y accéder il faut marcher sur un chemin qui mène au sommet du Drachenfels, un lieu chargé de légendes dont s'est inspiré Richard Wagner pour son opéra "L'Anneau du Nibelung". Une structure à coupole la Nibelungenhalle abrite une collection de peintures d'Hermann Hendrich sur ce thème.

Le château est intéressant à visiter, ainsi que son jardin, ne fut-ce que pour mesurer la folie des grandeurs de son initiateur. La terrasse du restaurant nous offre une magnifique vue panoramique sur le Rhin et les environs du Siebengebirge, un massif montagneux situé sur la rive droite du Rhin au sud de Bonn.

Nous n'avons pas oublié que nous sommes en train de suivre LAZULI, et ne manquons pas d'acheter un p'tit cadeau pour l'anniversaire d'Elliot, le fils de Dominique. La figurine d'un p'tit Dragon constitue un astucieux clin d'œil.

L'Harmonie est un auditorium situé dans le quartier d'Endenich de Bonn (Frongasse 28-30 - 53121 Bonn). Outre la salle de concert d'une capacité de 500 personnes, dans une superficie de 1200 mètres carrés, l'Harmonie offre un bier garten, ainsi qu'un restaurant. Elle est par ailleurs particulièrement réputée pour accueillir la Beethovenfest en septembre.

Ce troisième concert de notre tournée ne nous déçoit pas et demeure une source continue de bonheur ! Pas de fait notable, hormis un p'tit incident pour Arnaud, dès le début du concert ; une corde ayant cédé, il a dû précipitamment changer sa guitare. Au moment d'interpréter "Le Pleureur sous la Pluie", c'est l'émetteur de la guitare de Domi qui s'est détaché. Le temps de brancher un câble traditionnel et c'est reparti ! Incidents mineurs et sans conséquence, réglé avec professionnalisme. La très bonne acoustique de l'Harmonie, les pupitres parfaitement équilibrés par Ali le magicien du son, et un éclairage lumineux, ont contribué à animer un très grand enthousiasme chez nos amis allemands ! Acclamation bruyante et chaleureuse accompagne le départ du groupe !

A la fin du concert, nous réunissons notre chœur à six voix pour chanter l'anniversaire d'Elliot, à qui nous remettons respectueusement le petit Dragon en signe de notre amitié. Pour cette remise solennelle, Eliott quitte son échoppe et il est remplacé par un mystérieux personnage très serviable et souriant et arborant un atypique t-shirt de LAZULI. Le personnage m'intrigue… Nous ferons sa connaissance un peu plus tard dans la soirée…

Mais nous n'étions pas au bout de nos émotions !... Alors que nous nous désaltérons sagement au bar, Dominique vient nous inviter à nous rendre …dans les coulisses, avec eux pour discuter le temps de leur repas. Nous avions beau nous pincer, nous vivions une situation extra-ordinaire, au plein sens du terme. Je me calais discrètement dans un canapé histoire de capter toutes les ondes positives de l'évènement.

Je me suis alors rappelé que nous étions en Allemagne et il me parut opportun d'évoquer l'existence de Dieter Böhm. "ah bah ça tombe bien", me dit Dominique, "il est là ce soir, il va arriver parmi nous". Là, c'est le séisme collectif dans nos esprits déjà bien secoués. En effet, ledit personnage finit un peu plus tard par nous apparaitre ; c'était celui que j'avais remarqué à l'échoppe alors qu'il remplaçait aimablement Elliot ! Il est tellement humble et gentil que nous avons tardé à l'aborder. Nous l'avons rassuré en comprenant ce qu'il pouvait ressentir ; bien évidemment il n'y est pour rien, il n'a rien demandé et surtout pas la notoriété ! Mais nous lui avons fait admettre qui lui c'est nous, nous sommes lui. Et qu'il était bien malgré lui devenu un symbole de tous les admirateurs de la Musique de Lazuli. Nous conserverons de lui le souvenir d'un garçon charmant, souriant, humble.

Le retour vers notre hôtel dans la pénombre de Bonn nous parait s'écouler hors du temps. L'esprit encore émerveillé par cette soirée en point d'orgue d'une folle tournée européenne !


LE 24 OCTOBRE, SIXIEME ETAPE : RETOUR EN ILE-DE-FRANCE, A DOMICILE. (Quelques 520 kilomètres, environ 6 heures de route)

Pour cette parenthèse déconnectée, nous flânerons dans Paris avec nos amis helvètes. Rien d'extravagant, il fallait juste laisser la poussière retomber, histoire de clarifier nos esprits. Après un déjeuner au pied de Notre-Dame, nous déambulons, en passant par l'ile Saint-Louis pour déguster une glace Berthillon, avant de longer l'hôtel de ville et continuer la rue de Rivoli jusqu'au Louvre puis le parc des Tuileries. Bref, du tourisme, sans musique.


LE 27 OCTOBRE, LA FINALE EN BEAUCE : PIERRES. (Quelques 90 kilomètres, environ 1h30 de route)

Cette fois accompagnés de Samuel et Julien, mes deux fils, nous reprenons la route vers la Beauce pour assister à la dernière édition du festival PROG EN BEAUCE, qui sera couronnée par un concert de ... LAZULI. Ce mémorable bouquet final fera l'objet d'un récit à part. Mais je souligne toutefois que ce quatrième concert sur notre tournée, leur dernier de l'année 2024, s'inscrit dans la continuité d'une épopée que nous n'oublierons jamais ! Encore un superbe concert qui constituera l'apothéose d'une idée folle que nous avons concrétisée enfin !


Alors que nous croyons être allés au bout de nos émotions, nous avons eu le plaisir de pouvoir discuter avec les parents de Claude et Dominique, qui sans surprise s'avèrent être des gens exquis, d'une très grande gentillesse. Tels parents, tels fils, quoi …

vendredi 18 octobre 2024

Y&T - Le Forum de Vauréal (95) – le Vendredi 18 Octobre 2024.

CONTEXTE : Nous n'étions plus allés au Forum de Vauréal depuis huit ans déjà (Y&T en octobre 2016, puis MYRATH en novembre). Cette cinquième occasion d'y retourner nous permettra, avec ma P'tite Fée et mon fils, de visiter le nouvel équipement qui a été inauguré le mardi 19 septembre 2023, après plus de deux ans de travaux. La nouvelle salle peut aujourd’hui réunir plus de 800 spectateurs (contre 420 dans l’ancien), avec sa fosse de 600 places, ses balcons à l’italienne (164 places assises et 36 debout). Une deuxième salle plus petite, "le Club" d’une capacité de 150 personnes, a aussi été aménagée afin d’accueillir les groupes émergents et locaux, ainsi que trois studios de répétition.

Très excentré au Nord-Ouest de Paris, la situation géographique de ce site n'est pas idéale ; à une soixantaine de kilomètre de mon domicile, soit une bonne heure de trajet en voiture. Comme d'habitude, notre trajet dans cette banlieue parisienne nous semble donc long et tortueux. Mais nous arrivons devant le site transfiguré, méconnaissable. C'est désormais une très belle et grande salle ! Une longue file d'attente de mélomanes, à la moyenne d'âge probablement proche de la soixantaine, nous confirme qu'un grand évènement se prépare…

Nous sommes accompagnés d'Olivier, le guitariste de THE SOUNDROOTS, et de sa jolie femme Isabelle. Il avait déjà rencontré Dave, à Los Angeles ; il tenait à venir spécialement des Charentes pour le revoir ici, en France.

LE GROUPEhttps://yandtrocks.com/ Le groupe californien nous propose une date unique en FRANCE, dans le cadre de sa tournée intitulée "An Evening With", commémorant le cinquantième anniversaire de son existence.

Formé en 1974, à l'origine sous le nom de Yesterday and Today, à Oakland, en Californie, le quatuor initial était composé de Dave Meniketti (guitare principale/voix principale), Phil Kennemore (basse), Leonard Haze (batterie) et Joey Alves (guitare rythmique). Après deux albums dans les années 70 sur London Records, ils raccourcissent leur nom pour laisser Y&T et sortent huit albums avec le soutien du label A&M dans les années 80. Après les décès de Kennemore, Haze et Alves, c'est désormais Dave Meniketti qui perpétue seul l'héritage de Y&T. Et pourtant, il n'a pas été davantage épargné par le destin, puisqu'il survit à un cancer de la prostate.

Dans la continuité du double principe, pochette moche et superbe musique, le douzième et dernier album studio "Facemelter" est paru le 21 mai 2010, sous le label Frontiers Records. Curieusement, cet opus est actuellement introuvable en rayon, ainsi qu'à l'échoppe du concert ; une réédition serait la bienvenue ! Depuis 2018, Dave semble avoir renoncé à de nouvelles créations ; nous devons nous contenter de mini-albums acoustiques.

Néanmoins, je me déplace volontiers une sixième fois pour revoir Y&T, car chaque concert est un enchantement qui me permet de voyager dans le temps. L'album "Earthshaker" m'avait séduit peu après sa parution le 30 juin 1981. Puis, dans le cadre de la promotion de "Black Tiger" qui est paru le 24 aout 1982, j'ai eu le bonheur d'assister à leur concert le 4 décembre 1982 au Bourget (invité par AC/DC). Je les ai revus un an après, le 22 décembre 1983 (invités par Ozzy) à l'Espace Balard. Puis deux autres fois, grâce au Raismesfest (2008 et 2013). En dernier lieu, c'était ici même au Forum de Vauréal, le 22 octobre 2016.

Leur biographie mentionne à juste titre "qu'ils se produisent dans un festival devant une foule de cinquante mille personnes ou dans une boîte de nuit intime, leur set très énergique et leurs performances passionnées captivent toujours des légions de fans dans le monde entier, prouvant que la musique de Y&T est intemporelle." Pour avoir assisté à leurs prestations dans les deux configurations, je confirme cette présentation. Y&T constitue une figure emblématique d'un style de musique qu'il a largement contribué à promouvoir.

Actuellement, Dave Meniketti (guitare solo, chant, depuis 1974), demeure fidèlement accompagné de John Nymann (guitare rythmique, chœurs, depuis 2003), Mike Vanderhule (batterie, chœurs, depuis 2006), auxquels s'est ajouté Aaron Leigh (basse, chœurs, depuis 2016), qui était déjà présent ici le 22 octobre 2016.

A l'ouverture des portes, 20h00, les spectateurs sont orientés vers la "Grande Salle".


LE CONCERT [20h46-22h45] (début retardé d'un quart d'heure, pour un concert d'une durée de deux heures)


Cet auditorium s'avère être doté d'une excellente acoustique, qui nous permet de profiter d'une sonorisation bien équilibrée et d'un éclairage satisfaisant. La scène est sobre, une tenture au logo du groupe s'étend en son fond.

Dave Meniketti qui fêtera ses 71 ans ce 12 décembre, me touche particulièrement. Humainement et musicalement. Il parle à son public avec le cœur et joue avec ses tripes. Sa dextérité et sa sensibilité en font un excellent guitariste... et la prestation de ce soir conforte une fois de plus mon estime.

Une séquence introductive rappelle déjà le titre qui terminera le concert, mais c'est en fait avec un "Hurricane" très énergisant que débute la soirée.

Physiquement, il a un peu changé, forcément (quoique), mais en fermant les yeux j'ai le sentiment de me replonger quatre décennies en arrière ! La voix me semble intacte et les soli demeurent toujours aussi incisifs ou bluesy, et pleins de sensibilité.

Le reste du groupe contribue largement à soutenir la qualité de la prestation ; les trois complices assurent leur soutien avec talent et y mettent à la fois leurs chœurs et leur cœur.

Certains titres m'emportent plus que d'autres, car je confesse ne pas avoir suivi assidument leur parcours après 1985. Le thème anniversaire de la tournée autorise Dave à nous interpréter des titres de ses débuts (74/80), qui me semblent moins intéressant, mais joués ici avec un entrain et une efficacité salvatrice !

L'auditoire ne peut qu'être enthousiaste et participe activement à l'ambiance, dans laquelle se mêlent la nostalgie des mélancoliques et le bonheur des amnésiques délibérés. Le temps passe mais nous sommes toujours là à nous fondre dans ces harmonies émouvantes ! Les morceaux d'anthologie sont chantés et acclamées très bruyamment.

Le quatuor nous a délivré un programme de vingt titres, dont quatre issus de l'album emblématique "Earthshaker". Une bonne douzaine de titres m'ont particulièrement ravi car ils correspondent à la période de mes années 80, que je préfère. Le sommet aura été, à mon sens, la magistrale interprétation de "I Believe in You".

PROGRAMME

  1. Hurricane (Earthshaker, 1981)
  2. Rock & Roll's Gonna Save the World (In Rock We Trust, 1984)
  3. 25 Hours a Day (Yesterday and Today, 1976)
  4. Struck Down (Struck Down, 1978)
  5. Don't Stop Runnin' (In Rock We Trust, 1984)
  6. How Long (Facemelter, 2010)
  7. Mean Streak (Mean Streak, 1983)
  8. Long Way Down (Musically Incorrect, 1995)
  9. Midnight in Tokyo (Mean Streak, 1983)
  10. Contagious (Contagious, 1987)
  11. Winds of Change (Black Tiger, 1982)
  12. Gimme the Beat (Endangered Species, 1997)
  13. Summertime Girls (Down for the Count, 1985)
  14. Don't Be Afraid of the Dark (Ten, 1990)
  15. Black Tiger (Black Tiger, 1982)
  16. Dirty Girl (Earthshaker, 1981)
  17. I'm Coming Home (Facemelter, 2010)
  18. Rescue Me (Earthshaker, 1981).

RAPPEL :

  1. I Believe in You (Earthshaker, 1981)
  2. Forever (Black Tiger, 1982).

L'échoppe ne propose pas les albums réputés épuisés, cela me fera faire des économies...


samedi 21 septembre 2024

IQ – Café de la Danse (Paris 11e) – le samedi 21 septembre 2024.

 

LE SITEhttps://www.iq-hq.co.uk/ Avec une légitime subjectivité, je me permets de m'interroger sur les choix de programmation de cette magnifique salle de spectacles. Car en effet, même si on peut admettre une grande diversité d'expressions artistiques (entre 150 et 180 événements par an), je peine à comprendre pourquoi je ne suis amené à venir davantage au Café de la Danse … Le fait est qu'en dépit de mon volontarisme et de mon éclectisme pour assister à de nombreux concerts à Paris et alentours, la programmation n'a pas proposé de quoi m'attirer depuis ... le 4 juin 2018 ; c'était pour ANGE !  et encore ; avant cela il faut remonter au 24 janvier 2009 pour BLACKFIELD !!

Et pourtant, cette salle de 500 places située près de Bastille à Paris, le Café de la Danse propose des spectacles, des concerts et des évènements depuis 1992. Située au 5, passage Louis-Philippe dans le 11e arrondissement. En outre elle dispose de deux types de configurations : 250 places assises ou 500 places debout/assis.

J'appréciais également la Cigale (qui décide de rejeter un style qui ne leur évoque manifestement aucun intérêt), le Divan du Monde (qui a radicalement changé de configuration), l'Arapaho (qui a fermé), et j'en oublie…autant de salles, qui n'accueillent plus nos concerts favoris.


LE CONTEXTE. Ce quintet britannique, cofondé en 1981 par Mike Holmes et Martin Orford, s'inscrit indubitablement dans la mouvance du rock néo-progressif, à l'instar de ses contemporains MARILLION et PENDRAGON. Le groupe a surmonté une réelle instabilité, ses musiciens sont parfois partis pour revenir, parfois non. Actuellement, le pilier Mike Holmes (guitares, claviers, chœur depuis 1981) est entouré de Tim Esau (basse, chœur de 1981 à 1989, et depuis 2011), Peter Nicholls (chant de 1982 à 1985, et depuis 1989), Paul Cook (de batterie 1982 à 2005, et depuis 2009), Neil Durant (claviers depuis 2011).

A l'instar de nombreux groupes similaires fortement influencés par leurs ainés, le groupe a peiné à déterminer son propre style musical, surtout au début ; il était souvent comparé à Genesis. Pourtant, le guitariste Mike Holmes est parvenu à affirmer sa particularité dans ses racines de rock progressif, avec des longs morceaux aux arrangements et aux harmonies complexes. Chacun apprécie la discographie selon son ressentis, mais personnellement il me semble que le groupe s'épanouit réellement après le retour de Peter Nicholls pour enregistrer "Ever" qui paraitra le 1er juin 1993.

Le douzième album, "Resistance" est paru le 11 octobre 2019. Son successeur est en cours d'enregistrement.

Un ami bien inspiré m'offrit pour mon vingt-cinquième anniversaire "Nomzamo", qui venait de paraitre l'année précédente. A défaut d'être un chef d'œuvre, cet album avait eu le mérite de retenir mon attention à une époque où j'écoutais des sons biens plus énervés ! Cependant, je dois confesser n'avoir trouvé réellement La Porte que vers la fin des années 2000. A ma décharge, la France a rarement eu le privilège de les accueillir. La faute à qui ?... J'ai ainsi attendu trente-et-une années pour les voir enfin sur scène !

Une première opportunité s'était pourtant présentée avec l'affiche initiale du festival BeProg My Friend pour son édition 2015. En effet, IQ était prévu et d'ailleurs il figure sur mon t-shirt. Cette année-là, avec ma p'tite Fée nous avions hésité entre découvrir ce festival barcelonais, ou découvrir le festival Loreley ; les deux présentaient CAMEL à l'affiche. Nous avions choisi finalement Barcelone précisément parce que IQ faisait partie de nos objectifs prioritaires ! Leur défection fut par conséquent très décevante, mais cependant notre choix nous a permis de débuter une nouvelle addiction à ce beau festival ensoleillé qui nous servira de bien belles émotions (2015/2016/2017/2018). Pourtant, l'affiche du Loreley était par ailleurs également fabuleuse. Vous me direz que nous aurions pu nous rendre aux deux. Certes. Mais à cette époque notre jeune couple ne bénéficiait pas encore de la souplesse de calendrier requise… et d'ailleurs je ne suis allé aux deux qu'en 2018, … et seul !

L'occasion me fut accordée par le Midsummer festival, le samedi 22 juin 2019 ; mais cette première prestation me parut décevante. Manifestement Peter Nicholls et IQ, n'avaient pas apprécié de passer juste derrière Pure Reason Revolution qui venait d'exalter le public (moi, y compris d'ailleurs). En revanche, ma seconde tentative fut davantage convaincante, lors du Night of the Prog festival, le vendredi 19 juillet 2019. Néanmoins, à ce stade je considérais que la musique de ce groupe s'apprécie davantage en salon. Cette troisième fois, me permettra de les apprécier dans un cadre plus intime, pour un concert qui leur est dédié ; ce sera alors une toute autre histoire !

Avant de me rendre à l'évènement, je n'ai pas résisté à la tentation de consulter le programme interprété la veille pour le premier concert de leur tournée, qui s'est tenu à Uden aux Pays-Bas [De Pul Grote Zaal]. Je misais sur un programme similaire de quatorze titres merveilleux mais, de nature inquiète, j'imaginais qu'il fut moindre ; que nenni !

Une très longue file d'attente nous intègre dans la rue Lappe (perpendiculaire à celle de ladite salle). Je regrette déjà de ne pas être arrivé plus tôt. Mais c'est déjà un bon présage sur l'affluence à ce concert. Nous constaterons que la salle est bien pleine, même si la soirée n'était pas annoncée au complet. Cependant, une fois rentré, avec ma p'tite Fée nous nous positionnons non loin de la scène, légèrement excentrés sur la droite ; il est vrai que la fosse n'est pas très grande et qu'une bonne partie des auditeurs a choisi les gradins et balcons.

LE CONCERT. IQ [20h-22h30]. D'emblée, l'auditoire peut se convaincre de la qualité acoustique de la salle ainsi que de la sonorisation qui, de mon point d'écoute, m'a semblé parfaitement équilibrée. Les pupitres guitares et claviers n'ont jamais été altérés par la batterie ni par la basse. Les conditions idéales sont réunies pour passer une excellente soirée. Il manquait juste un peu de ventilation pour dissiper cette sensation de chaleur un peu pénible, pour peu que la prestation nous en laisse le loisir. En fait, les deux heures et demie sont passées dans une atmosphère de pur bonheur partagé ! L'ambiance feutrée des interprétations était accentuée par un éclairage plutôt sombre, mais dont les subtilités lumineuses ont permis cependant quelques belles prises d'images (voir mon album).

En fond de scène sont disposés trois écrans, sur lesquelles des rétroprojecteurs diffusent les illustrations requises.

Dès le début, et jusqu'à la fin nous avons vécu un pur bonheur auditif. Les musiciens nous ont exprimés leur répertoire enivrant avec talent et poésie. Nous retrouvons ces caractéristiques si particulières du rock dit néo-progressif ; des harmonies délicieusement oniriques, douces et mélodieuses accompagnées des émouvants soli de guitare de Mike Holmes et du timbre si mélancolique de Peter Nicholls. La conjugaison parfaite avec les autres pupitres essentiels a contribué à nous évader de nos réalités quotidiennes … De surcroit, Mike, outre ses redoutables et magnifiques interventions à la guitare, était d'humeur assez badine pour aller au-delà des chœurs prévus en chantant les paroles en retrait du micro !

Un de mes albums favoris est "Dark Matter" ; son évocation génésienne avec "Harvest of Souls" introduite délicatement avec deux guitares à douze cordes fut un moment fort apprécié de la soirée. Ma parenthèse découverte fut l'évocation de "The Seventh House" avec "Guiding Light" avec notamment sa séquence instrumentale fantastique ! Ravissement également d'écouter "Headlong" qui me parait bien plus séduisant sur cette scène qu'en studio ! Au comble du bonheur, je fus soulagé de constater que "Frequency" en premier rappel fut maintenu ; j'y tenais tout particulièrement !

C'était la première fois que j'assistais à un concert du groupe en France ; la personnalité de Peter Nicholls nous est apparue bien différente. Il nous a montré un aspect francophile inattendu, en s'exprimant souvent dans notre langue. Bien plus souriant et détendu que précédemment. A 65 ans, il parvient à exprimer avec émotion et justesse un répertoire vocal particulièrement délicat. La noirceur des thèmes est révélée sur des tonalités mineures à la limite de la dissonance, et le bougre maitrise cet art.

Le courant est manifestement bien passé entre le groupe et son auditoire ! Le public parisien leur a accordé un formidable accueil dont il est permit d'imaginer que le groupe se souviendra. D'ailleurs Peter s'est clairement engagé à revenir "bientôt" et ce, à au moins deux reprises !

Parmi quinze titres, deux anticipent leur prochain album, trois sont issus de "Resistance" (2019), trois de "The Road of Bones" (2014), les autres sont un astucieux rappel de leur discographie depuis 1985. Personnellement, cette liste m'a ravi par son éclectisme et son astucieux équilibre entre la nécessaire évocation d'un prestigieux parcours et la promotion de l'œuvre récente. Le poids accordé aux deux derniers opus parus (2014 et 2019) m'a particulièrement séduit. Les deux nouveautés nous ont laissé entrevoir un bel album à paraitre. Et plus personnellement, j'ai été content d'assister à l'interprétation d'un titre issu de "Nomzamo" qui est l'album avec lequel j'ai connu le groupe (même si j'en conviens ce n'est pas le meilleur !). Enfin, l'enthousiasme bruyamment exprimé par le public a sans doute contribué à obtenir un troisième rappel dûment mérité !

PROGRAMME

From the Outside In (The Road of Bones, 2014)
Subterranea (Subterranea, 1997)
Stay Down (Resistance, 2019)
No Dominion (album à paraitre)
Harvest of Souls (Dark Matter, 2004)
No Love Lost (Nomzamo, 1987)
Shallow Bay (Resistance, 2019)
Far From Here (album à paraitre)
Rise (Resistance, 2019)
Guiding Light (The Seventh House, 2000)
The Road of Bones (The Road of Bones, 2014)
Headlong (The Wake, 1985).
RAPPEL :
Frequency (Frequency, 2009)
RAPPEL :
Ten Million Demons (The Road of Bones, 2014).
RAPPEL :
The Last Human Gateway [Middle Section] (compilation The Lost Attic, 1999).

Bien évidemment l'auditoire peine à se disperser ; les échanges d'impressions vont bon train ! Nous sommes tous subjugués par tant d'émotions… Mon fils ne regrette pas mon insistance pour qu'il nous accompagne ici ; il va creuser la question, désormais ! Je me précipite cependant à l'échoppe située au balcon afin de compléter ma discothèque. Je me procure ainsi "The Seventh House" pour 12€, ainsi que le coffret "The IQ Weekender 2024" et le bluray "Scrape Across the Sky".  Pas de t-shirt pour cette fois, je m'abstiens (on applaudit bien fort, merci !).





jeudi 19 septembre 2024

FRANCK CARDUCCI & THE FANTASTIC SQUAD – Backstage de Montrouge (92) – le jeudi 19 Septembre 2024.

Cette fin d'été 2024 est marquée par une concentration d'évènements, sans doute motivée par les reports de calendriers résultant des JO 2024. Les temps de récupération entre les loisirs et le travail sont du coup un peu compliqués à gérer. Ce jour de semaine, j'avais plutôt vocation à me prélasser dans mon canapé chez moi avec ma chérie et mon chat. Oui mais voilà, l'agenda de Monsieur Carducci a ciblé ce jeudi pour nous accorder un concert en proche banlieue, gratuit de surcroit ! Un bus (125) assure la liaison directe entre mon domicile et The Basckstage, que je souhaitais visiter depuis un certain temps déjà. Je ne pouvais donc décemment pas renoncer…

LE SITE. "The Backstage est un café-concert situé à 5 minutes de la Porte d’Orléans, à Montrouge. Pas une salle de concert, mais plutôt un lieu confortable, où s’attabler devant un bon verre, en dégustant de bons produits (tapas, planches, desserts…) et surtout, en écoutant jouer un groupe en concert. Une qualité acoustique unique sur Paris, un bar mieux équipé qu’une salle de concert… un lieu dédié aux amoureux de musique vivante,  où partager de bons moments de convivialité. Un espace de 300m² climatisé, 130 places assises." Sur place, je constaterai que l'acoustique de la salle s'avère effectivement adaptée. Un espace scénique équipé, proportionnel à la salle, accueille les musiciens sous les feux de quelques éclairages adaptés selon les artistes.

A l'entrée on doit s'acquitter d'un droit d'accès à 2 €. Une partie de notre microcosme de passionnés est là, avec qui je trinque ma Brooklyn East IPA à la pression que je me suis fait servir moyennant … 7 €, quand même !
https://thebackstage.fr/

Red RETAM [20h00].
https://redretam.com/
https://www.youtube.com/@redretam8712

La biographie de RED RETAM indique notamment que c'est un trio de rock originaire de la région Annécienne, formé en 2000. "Le groupe se caractérise par un rock énergique où les textes en français sont souvent basés sur des observations qui les touchent : l’injustice, l’actualité, la tourmente, et la contradiction. Le son rock électro est dû au mélange guitare/ basse/ batterie avec l’électronique des claviers et samplers… RED RETAM intégre à sa musique des sonorités et ambiances différentes, inspirées de leurs racines musicales, parmi lesquelles le hard rock, le rock, l’électro, le trip hop ou encore le grunge (les influences avouées du groupe sont NIN, Archives, Aston Villa, Ghinzu…)".

Etonnamment, leur site n'identifie pas ses membres ; mais en fouinant dans un article à leur sujet, je découvre RED RETAM est un trio constitué de Fred Miguel aux synthés, Mick Marcillat, à la guitare et la basse et Fred Busson au chant et à la batterie.

Leur discographie présente un mini album (4 titres) intitulé "IRM" paru en 2004, un monoplage "Un monde" paru en 2015, et un monoplage "Un Rayon Par Étage" (2017).

Une sonorisation bien équilibrée permet de distinguer correctement les pupitres. Le dispositif d'éclairage est minimaliste mais lumineux. En fond de scène, l'écran du Backstage diffuse quelque temps la publicité des prochains concerts prévus ici, avant d'afficher le logo du groupe.


Etant a priori peu enclin à prêter attention à ce genre musical, j'écoute cependant sans gêne particulière. Je perçois même de bonnes séquences et je me surprends souvent à battre du pied. Les musiciens expriment leur musique électro-rock avec l'entrain requis, de manière assez communicative. Avec fougue, Fred Miguel bouscule son clavier dans ses élans. Lorsque Fred Busson se met à scier une malheureuse chaise avec une tronçonneuse, je me dis que j'ai sans doute manqué de suivre le texte de la chanson ; je n'ai pas vraiment compris le sens de la démarche… Le regard de mon voisin semble partager la même perplexité. Le bûcheron en sera quitte à balayer la scène après son départ. Bon, et puis le porte-paroles m'a quelque peu agacé avec des propos politisés de mauvais goûts ; il a répété qu'il n'aime pas les riches. Il aurait annoncé ne pas aimer les pauvres que cela ne m'aurait pas moins choqué. Je ne me situe pourtant pas du tout dans la cible du prédicateur, mais cette posture intolérante me crispe, alors que je suis venu me divertir. Dès lors, leur quête de notoriété artistique s'arrête là, et j'attends la fin avec une certaine impatience.

Toute cette agitation prend fin avec les applaudissements polis d'un public majoritairement venus pour l'étape suivante.

PROGRAMME
(à déterminer)


FRANCK CARDUCCI & THE FANTASTIC SQUAD
http://www.franckcarducci.com/

Franck CARDUCCI est un multiinstrumentiste (chant, guitares, basse, clavier) qui occupe une place à part dans le répertoire des artistes et dont je suis le parcours depuis quelques années. Ce musicien et mélomane authentiquement passionné est très actif, toujours à l'affût de pouvoir se produire en concert aux quatre coins de l'Europe. Très accessible et humainement attachant, on ne peut qu'être séduit par son univers. Depuis quelque temps, il a fondé THE FANTASTIC SQUAD pour soutenir sa création. Cette équipe de joyeux drilles contribue désormais à animer les concerts avec une ferveur et un engagement garantis pour enthousiasmer ses auditoires. J'ai particulièrement appréciés la prestation lors du festival The Night of the Prog en Allemagne, le 15 juillet 2023.

Sa biographie fait légitimement valoir sa notoriété parmi un public composé de mélomanes avertis et d'artistes reconnus, ainsi que ses collaborations avec Steve Hackett (ex-guitariste de Genesis, qui les soutient depuis 2010, et a même enregistré sur leur deuxième album en 2015) ou avec Sting (dont il a assuré la première partie en juin 2022 devant 15 000 personnes). Le Français a opté pour les textes anglophones afin de séduire une part toujours croissante d'un auditoire avide d'aventures sonores et de fantaisie.

Son premier album "Oddity" (2011) a marqué le début d'un voyage épique, qui s'illustre parfaitement sur scène avec costumes, maquillages, ambiances psychédéliques, humour et sensualité. Pour son deuxième opus "Torn Apart" (2015), Steve Hackett lui a fait l'honneur d'apporter sa contribution. Puis Franck a participé une première fois au Night Of The Prog 2017. Son troisième opus "The Answer" est paru en novembre 2019.

LE CONCERT. [21h10-23h] Une bande-son introductive annonce l'arrivée du groupe, qui débute le concert sans tarder ; les présentations et commentaires suivront après un bon quart d'heure d'enchainement de titres. Comme l'annonce son site officiel, l'auditeur est vite emporté dans une véritable expérience musicale où on perçoit bien les influences festives du rock des années 70. Les voluptueuses interventions de Mary accentuent les atmosphères oniriques par des chants, des danses et une gestuelle élégante.

La sonorisation parfaitement équilibrée permet de mesurer l'apport de chaque musicien, dont le talent et l'enthousiasme contribuent grandement à emporter l'auditoire au pays des sourires. Le mot divertir prend ici tout son sens ; la fantaisie et l'exubérance se conjuguent harmonieusement avec la musique. L'univers musical est chatoyant et euphorique.

Je retrouve ce soir tous les aspects qui m'avaient emporté sur le site de la Loreley. Lea Fernandez est une batteuse aussi souriante et enthousiaste qu'efficace pour mener le rythme requis pour cette atmosphère festive. Le guitariste Barth Sky et le claviériste Cédric Selzer (arrivé en 2021) sont aussi exubérants que talentueux dans leurs interventions. Leur vivacité et leur entrain anime le cirque rock 'n' roll. Mary Reynaud a de nouveau démontré toutes les facettes de son talent de comédienne et de danseuse (Alice), de musicienne (guitare, thérémine, percussions) et de chanteuse. A cet égard, son interprétation audacieuse de "The Ecstasy of Gold" (reprise d'Ennio Morricone) m'a de nouveau bouleversé. Sa tessiture lui a permis d'exécuter très fidèlement le chant légendaire ! N'oublions pas sa voix suave lorsqu'elle chante The Angel. Garante de la sensualité, elle fait osciller sa thérémine par ses ondulations corporelles. Ses danses du ventre torrides et ses ballets de tissus colorés, accentuent la beauté du spectacle. Le tout est canalisé par le chant de Franck ainsi que par ses puissants et chaloupés accords de basse. La reprise de "Wish You Were Here" de Pink Floyd fut un autre moment de communion intense avec le public chantant ! 

Le public est ravi est le faire bruyamment savoir par une ovation méritée.

Voici les treize titres interprétés : 

PROGRAMME
Slave to Rock 'n' Roll (The Answer, 2019)
A Brief Tale of Time (Torn Apart, 2015)
Achilles (Oddity, 2011)
The Ecstasy of Gold (reprise d'Ennio Morricone)
The Betrayal of Blue (à paraitre)
The Limits of Freedom (à paraitre)
Artificial Paradises (Torn Apart, 2015)
Wish You Were Here (reprise de Pink Floyd )
The Angel, chanté par Mary
Solo de Léa
Torn Apart (Torn Apart, 2015)
Alice's Eerie Dream (Oddity, 2011)
Love or Survive.
RAPPEL :
On the Road to Nowhere  (The Answer, 2019) (a capella par tous les membres).

Après son concert, je me rapproche de Franck et de son échoppe pour le féliciter pour cette belle prestation, et pour me procurer l'enregistrement en concert de son spectacle. Je sais qu'il fait partie de ces artistes particulièrement sensibles au soutien de ses admirateurs, qui d'ailleurs auraient pu/dû être un peu plus nombreux ce soir ; les absents avaient torts, et ce n'est pas seulement un vieil adage….