Quatre bonnes raisons pour contrarier cette morose
soirée hivernale et pluvieuse.
- D'abord, AUDREY
HORNE est un groupe norvégien qui nous avait laissé un souvenir
étourdissant et impérissable lors de son passage au fameux Raismesfest lors de
l'édition 2013.
- Le Petit-Bain est une salle de concert que je ne
connaissais pas encore.
- Cerise sur le gâteau, les teutons THE NEW ROSES, autre belle révélation
du Raismesfest (édition 2016) sont aussi de la partie !
- Epi, deux mois sans concert c'est long.
Ajoutons à cela que cette soirée était un bon prétexte
pour festoyer joyeusement entre amis toute l'après-midi …
La crue de la Seine (l'eau est au ras du quai à cet
endroit !) aurait pourtant pu contrarier ce projet car en fait ce site est une barge
flottante, amarrée sur le quai opposé à Bercy, entre le quai de la Gare et le
Batofar (…) ! Astucieusement aménagée, son fond-de-cale est un bel auditorium
qui annonce pouvoir accueillir quelques 450 personnes et dont l'acoustique
s'est révélée excellente !
Cette belle dame s'est cependant faite désirer ; la
bande de joyeux drilles dont nous faisions partie a dû attendre sous une pluie
fine, bien au-delà de l'horaire qui était annoncé. Mais il en fallait davantage
pour refroidir nos (h)ardeurs !
Une fois dans la place, nous avons à peine le temps de
papoter dans la fosse, que le hardrock mélodique, festif et énergique d'AUDREYHORNE vient nous décrasser les cages à miel ! Les nuques sont vite
mises à l'épreuve, les crinières, les poings et les cornes s'agitent, les rangs
se bousculent, bref c'est la fête !!!
Rapidement rassurés sur la qualité sonore (le son est audible
et d'une puissance raisonnable !), nous sommes rentrés immédiatement dans le vif
du sujet, en retrouvant toutes les qualités qui motivent notre intérêt pour ces
Vikings ! Les lignes mélodiques et soli incisifs des guitares, la section basse/batterie
implacable, les chœurs qui accompagnent un chanteur survitaminé, tout a
contribué à nous rappeler les meilleures heures du hardrock des 80's. Il n'est
pas rare que certains passages donnent l'impression troublante que Thin Lizzy
aurait pris Ozzy au chant ! Iron Maiden n'était pas loin dans les esprits non
plus mais n'allez pas croire que le répertoire d'AUDREYHORNE se limite à
leurs influences ! C'est rafraichissant et jouissif à souhait !
C'est du rock pur jus et sans fioritures pas de
bande-son, juste de l'énergie qui donne envie de bondir à en perdre haleine !
Dans le programme de quatorze titres, cinq permettent
de se faire une idée prometteuse pour "Blackout",
opus qui vient juste de paraitre (et que je me procure à l'échoppe) ; "Audrevolution", "Blackout", "Midnight Man", "Naysayer", et "This is War". Six titres sont issus
de "Youngblood" paru en 2013,
l'auditoire n'en attendait pas moins ! Mais bon, de toutes les façons, point de
temps mort durant leur concert.
En
tout état de cause, ces valeureux scandinaves confirment une nouvelle fois les
talents que j'avais décelés en 2013 ; énergie, mélodie, folie et fraternité. En
effet, ce groupe semble soudé depuis 2002 autour de Torkjell Rød/Toschie (chant), Arve Isdal/Ice Dale (guitare), Thomas Tofthagen (guitare), et Kjetil Greve (batterie). Le dernier arrivé est
le bassiste barbu Espen Lien (depuis
2007), tout autant impliqué, notamment dans les chœurs.
Toschie,
doté de tatouages remarquables, dispose comme à l'accoutumée d'un vrai charisme.
Il harangue constamment le premier rang et vient dans la fosse chanter avec son
public ébahi ! Comme si cela ne suffisait pas, les deux guitaristes font de
même un peu plus tard, ce qui est encore plus surprenant. Comment ne pas être
séduit par ces gros malades !
PROGRAMME
This Is War (Blackout)
Audrevolution (Blackout)
Out of the City (Pure Heavy)
This Ends Here (Youngblood)
Youngblood (Youngblood)
Midnight Man (Blackout)
Blackout (Blackout)
The King Is Dead (Youngblood)
Naysayer (Blackout)
Pretty Little Sunshine (Youngblood)
Straight Into Your Grave (Youngblood)
Redemption Blues (Youngblood)
Waiting For The Night (Pure
Heavy)
Blaze of Ashes (Audrey Horne).
La prestation incandescente dure soixante-quinze
minutes ; un peu court, tout de même. Sans rappel de surcroit. Paradoxalement,
alors que le public était logiquement déchainé durant le concert, le retour des
musiciens ne m'a pas semblé être réclamé avec la vigueur qui eût été
nécessaire. On va tenter une justification hasardeuse : c'est l'hiver, les ours
ont ouvert un œil mais hibernent encore. Il est probable aussi que la soirée
avait ainsi été planifiée pour permettre au second groupe de ne pas finir trop
tard …
Toschie
est le premier à venir à l'échoppe pour se soumettre volontiers aux demandes de
dédicaces et de portraits. Les autres membres se montreront tout autant
disponibles ! Bien entendu, le CD "Blackout"
(15€) dédicacésera désormais en
bonne place dans mon salon dans les jours à venir.

La
soirée continue avec les allemands de Wiesbaden, THE NEW ROSES.
Fondé
en 2007, ce groupe est actuellement composé de Timmy Rough (chant et guitare), de Norman Bites (guitare), de "Hardy"
(? mais où est donc Laurel ?? - basse) et Urban Berz (batterie). Ils commencent à disposer d'une notoriété
grandissante grâce à leurs prestations en ouverture de ZZ-Top, Y&T, ou
d'autres allemands tels qu'Accept ou Die Toten Hosen. Je les ai donc découverts
et remarqués en 2016 lors du Raismesfest mais l'année suivante il étaient
également au Hellfest…(non, je n'y étais pas).
Les
musiciens sont efficaces, en particulier Norman Bites dont les interventions
sont remarquables et leur style, qui me semble se rapprocher davantage de Guns 'n'
Roses ou de Poison que de Metallica, est agréable à écouter. Etonnamment, alors
qu'à la base je n'ai jamais été un admirateur de G'n'R, je parviens à apprécier
(impression accentuée à l'écoute du dernier CD) ces sons chaloupés et
endiablés par des musiciens qui
manifestement ont pris leur biberon en écoutant ces ricains.
Onze
titres défilent, dont quatre du dernier opus "One More For The Road".
Mais,
après la prestation très musclée des norvégiens il faut reconnaitre que
l'atmosphère paru différente, relativement plus apaisée, on va dire …
PROGRAMME
Every Wildheart
Forever Never Comes (One More
For The Road)
Dancing on a Razorblade
For A While (Without A Trace)
It's A Long Way (Dead Man's
Voice)
Whiskey Nightmare (Dead Man's
Voice)
Devil's Toys (Without A Trace)
Life Ain't Easy (For A Boy
With Long Hair) (One More For The Road)
My Own Worst Enemy (One More
For The Road)
Thirsty (Dead Man's Voice)
One More for the Road (One More For The Road).
Pas
de rappel non plus, il faut croire que la soirée était ainsi formatée… Je me
demande bien qui est l'hurluberlu qui se permet ainsi de régenter notre soirée,
car The New Roses semblait frustré de ne pas pouvoir continuer …
La
durée de la prestation, l'éclairage et la sonorisation furent similaires aux
deux groupes ; on ne peut donc pas prétendre que le dernier fut la tête
d'affiche. Néanmoins, a posteriori, nous étions nombreux à imaginer que THE NEW
ROSES eût mieux adapté pour chauffer la salle. Le public aurait pu se lâcher avec
les Vikings et peut-être obtenir un programme un peu plus long
Je
tiens à soutenir THE NEW ROSES qui n'a toutefois pas démérité, en me rendant à
l'échoppe où je retrouve le bassiste qui me vend leur dernier CD "One More for the Road", (15€) paru
en 2017.
L'histoire
de mon intérêt pour TRUST est à la fois longue, torturée, paradoxale et
complexe. Mon respect et mon admiration pour ce groupe ne peut pas être mis en
doute mais, comme il est coutume de dire, "qui aime bien châtie
bien". Il me semble nécessaire de situer mon état d'esprit avant de tenter
de relater mes impressions sur cette série de concerts parisiens.
J'ai découvert le groupe courant 1980, peu après avoir
découvert AC/DC. Dès la première écoute de leur opus "Répression" j'ai été subjugué par l'énergie et l'audace
dégagées par ce groupe français et francophone ! L'analyse de ses textes m'a
passionné et me questionne encore aujourd'hui sur notre société et ses valeurs.
Mêmes réactions à l'écoute de l' "Elite",
leur précédent et premier opus.
Le propos insolent et dénonciateur des …disons quatre
premiers opus, me parait le plus souvent pertinent ; cependant si j'adhère
totalement à une grande partie d'entre eux, d'autres me gênent déjà en 1980.
Paradoxalement, j'étais ainsi prêt à soutenir l'existence de TRUST face à des
détracteurs, tout en dénigrant certaines prises de position.
Les pseudo-critiques du milieu musical et des élites
bien-pensantes (toujours les mêmes que de nos jours) prétend(ai)ent dénoncer une
démagogie à propos de certaines chansons qui, certes, dévi(ai)ent de la
pensée-unique en vigueur. Pour ma part je persiste à penser que la part de démagogie
de Bernie porte sur d'autres chansons et s'est amplifiée dans les années 90, en
particulier avec la tournée "Europe
et Haines". En gros, j'adore le Bernie qui dénonce tous les extrêmes
religieux et politiques, ce qui fut le cas en particulier dans les quatre
premiers opus, mais je ne peux pas adhérer à son apologie de certains
personnages douteux de l'Histoire. C'est la raison pour laquelle je me suis peu
à peu déconnecté du parcours, d'ailleurs très chaotique (claquements de portes
incessants), du groupe…
Cette
passion contrariée m'a toutefois permis d'assister à cinq de leurs concerts, le
premier étant celui du 21 novembre 1981 à Blois (41), lors de la tournée "Marche ou Crève", avec Starfighters
en première partie ! J'ai gardé de cette époque le souvenir nostalgique de
concerts comparables avec ce qui était permis d'imaginer en écoutant les 33
tours. Mais, je doutais de revivre tout cela. Cette crainte avait été alimentée
par le souvenir amer de la dernière fois où je les voyais ; c'était au concert du
25 novembre 1989. Impression encore accrue par la suite avec les échos perçus à
l'issue des autres prestations durant les 90's ; même la musique avait perdu
son identité.
Et
puis, vingt-huit années ont passé. Après moult "viens-ici,
fout-le-camp", voici nos deux complices réunis à nouveau et, semble-t-il,
avec les meilleures intentions.
Leur
longue, audacieuse et admirable tournée leur a permis de confirmer leur
popularité dans de nombreuses villes françaises et les voilà enfin pour une
série de cinq concerts à Paname ! Mon calendrier d'automne étant déjà bien
chargé je me suis contenté de choisir deux dates. Choix difficile, j'ai renoncé
au Trianon, à La Maroquinerie ainsi qu'à l'Elysée Montmartre et donc opté pour
les deux autres…
D'abord
le Bus Palladium, car cette salle mythique a accueilli une bonne part
des artistes du monde rock depuis les années 60, alors que je n'y ai jamais mis
les pieds ! Je me disais (naïvement) que le premier concert de cette série
parisienne serait probablement marqué par des particularités pour les
privilégiés entassés dans ce petit club. J'imaginais un concert jusqu'au bout
de la nuit, des invités …
Ensuite
le Bataclan, car je tiens à soutenir cette salle qui vient de renaitre
d'un cataclysme et car, en déclinaison qui me semble logique, j'attends de
pieds fermes que Bernie y chante LA chanson adéquate. En effet, pour moi
"M. Comédie" s'impose à la fois en hommage aux victimes et en rappel
aux amnésiques.
J'attends
donc beaucoup de ces deux concerts ; j'attends de l'émotion, de la rage, de la
révolte, de l'abnégation, de la générosité (durée de concert), de la passion,
de la nostalgie et, (était-ce trop demander ?) pour le Bataclan, un hommage en
chanson. Il s'avèrera que je suis bien trop exigeant.
Le
problème avec la bande à Bernie, c'est que la Légende, les Principes, la
communion avec le public et tout le tralala, c'est de la foutaise. Alors, bien
sûr, on pourra toujours m'opposer que l'artiste est libre et que le public n'a
qu'à suivre ou s'en aller, épicétou. Certes, mais quand-même…
Déjà,
avec le recul sur les deux soirées, comment ne pas remarquer le maigre
programme. Dix titres par soir et puis "au revoir les amis, nous avons notre tisane à prendre". De surcroît,
peu de différence entre les programmes ; en allant au Bus Palladium le public a
eu droit (ô privilège !) à "Chaude
est la foule" et "Instinct
de mort" (wouaaaâh, la vââche !), et en allant au Bataclan, leurs Altesses ont daigné nous accorder "La
mort rôde" et "Le temps
efface tout" (ô làlàààh !), autant dire que côté friandise les
gourmands sont restés sur leur faim.
En
outre, au Bataclan, Trust a eu la bonne idée d'interpréter "Fatalité" (aaâh !) …mais ce fut
sans la fantaisie d'un saxophoniste (oooôh !) qui aurait pourtant ajouté à la
folie du titre et aurait donc été le bien venu pour cet événement… (et qu'on ne
vienne pas m'argumenter du cout d'un musicien de session, d'autant plus que
d'autres fantaisies auront été accordées aux privilégiés du Trianon.)
Pompon
sur le béret : Je suis évidemment très déçu de l'absence de mon très attendu,
tellement indispensable et opportun "M.
Comédie". Au diable les symboles, "L'institution n'a plus d'valeur, pratique l'inceste avec ta sœur"
qu'il disait le Bernie. Ça c'était avant, c'était il y a longtemps !
Ah,
j'allais oublier (et pour cause !), autre décalage avec la réalité : l'hommage
aux victimes du Bataclan était sans doute émouvant, mais la minute de silence
fut d'autant plus facile à respecter que la salle était encore à moitié vide !
L'autre moitié du public, dont moi, mon fils et ma p'tite Fée, et ben elle
était dehors à attendre de pouvoir entrer. Affligeant, juste affligeant.
A
la lecture de ce récit, je ne voudrais pas laisser l'impression de n'avoir rien
apprécié durant ces deux soirées, c'est juste qu'il a toujours un
"mais". J'ai trouvé les musiciens à la hauteur, même si on aurait
apprécié un peu plus de spontanéité et de folie. Bernie chante bien, avec sa
désinvolture habituelle, mais pourquoi a-t-il gommé du répertoire tous les
titres vraiment dénonciateurs des premiers albums ? A la trappe, "Bosser 8 heures", "Idéal", "les Brutes", "l'Elite",
"Le Sauvage", "La Grande Illusion", "Varsovie", "Les sectes", "Toujours pas une tune", et donc
" M. Comédie" (oui j'y
tenais !). Sans compter qu'il aura encore fallu qu'il balance des propos
contestables et pour le coup bien démago (affaire
Traoré qui est loin d'être aussi manichéenne qu'il le dit, ou encore Macron
qu'il est de bon aloi de critiquer bien sûr). En fait, Bernie n'est plus
révolté, il est juste désabusé mais lisse et politiquement correct. Soit il a
oublié qui il était, soit je ne l'ai pas compris. Il y a sans doute un peu des
deux, à mon humble avis.
Le
public a plutôt bien participé, mais aucun rapport avec le public des Insus qui
se démène bien plus et chante tout, à la place du chanteur. Revoir enfin Trust
à Paris après tant d'années aurait pu/dû être une fête, mais au final ça sent
plutôt le pétard mouillé. Et ce n'est pas le magistral et réjouissant "Antisocial" qui aura changé
l'impression globale. Pour le côté exceptionnel, il aurait fallu être au
Trianon, m'a-t-on dit ; bah merde alors, c'est comme au loto, j'ai misé et j'ai
perdu !
Heureusement
Nono sauve le portrait. Sur les deux soirées (un peu plus à l'aise au Bataclan)
il était manifestement ravi et fier d'être là avec le public.
Et
les invités me direz-vous ?
Eh
bien au BP j'ai passé une excellente première partie de soirée avec Klink-Clock; un couple français bien
déjanté et surprenant. La fille, debout avec un ensemble de percussions
atypiques et le mec, avec une guitare ; le tout assurant un bon rock ravageur !
La fille avec son faux-air de Françoise Hardy se révèle en fait comme une
tigresse, sauvage, bougeant, frappant et chantant avec une conviction évidente
! Aucune fioriture, du rock à l'état pur !
Vraiment
une excellente surprise que je demande à revoir !
Quant
au Bataclan, ce fut simplement soporifique. Des belges bien sympathiques mais
franchement décalés qui ne laisseront probablement pas un souvenir indélébile,
ils ont toutefois bénéficié de l'applaudissement poli du public.
Reste
que sur les deux soirées, j'en tire un sentiment contrarié, comme d'habitude
avec Trust. Je suis ravi de les avoir revus en bonne forme, pour interpréter
les titres dans leur jus d'origine (excepté un "Surveille ton look" méconnaissable). En même temps, je suis assez
frustré par un événement qui, à défaut d'être extraordinaire, aura été juste réjouissant.
Ah, "Chez Paulette" !
Depuis quelques années, j'entends ce lieu résonner d'échos favorables relayés
par de chanceux autochtones. Pendragon y a déjà sévi mais aussi Lazuli,
Carducci et bien d'autres y sont passés depuis 1970 alors que Georges Lang en
parlait déjà sur RTL (Cf. entrevue avec
MusicWaves). La salle accueille environ 55 concerts par an pour une capacité
maximum de 400 mélomanes !
Lorsque Pendragon a annoncé cette
nouvelle tournée pour la promotion de son DVD "Masquerade20" nous avons vite réalisé que c'était le moment de
se décider à visiter cette contrée. En effet, c'était la seule date française
sur une mini-tournée !
Après avoir posé notre bagage
dans un petit hôtel pris à Toul, à quelques minutes du village, nous avons
enfin pu approcher de ce fameux site "Chez Paulette". Evidemment
surpris en arrivant de constater l'environnement : un petit village très
ordinaire avec une maison très ordinaire également sur laquelle était juste
inscrit la désignation. A ce stade, dans la maigre file d'attente qui se forme
derrière nous, il était encore possible de douter de la qualité acoustique d'un
tel lieu. Mais bon nous ne sommes pas vraiment inquiet, forts des échos de
précédents concerts et des discussions entre mélomanes impatients devant
l'entrée.
Les discussions entre fous
furieux de musique sont toujours intéressantes mais là nous avons eu la chance
de discuter avec un couple venu de la Suisse voisine. Cette amitié naissante nous
poussera plus tard, en ce vendredi soir, à décider de les suivre le lendemain
pour poursuivre un délirant parcours néo-prog qui ne s'arrêtera que dimanche à
minuit. Mais, mon récit risque alors de s'égarer ; c'est une autre histoire …
Tiens d'ailleurs, alors que nous
attendions, plus ou moins patiemment, Nick nous salue en passant ; tout va bien
le groupe a bien fait étape dans le coin !
En première partie de soirée,
Nick en bon prince permet à sa Verity White,
une des deux choristes de Pendragon accompagnée de son mari (récemment mariés,
d'ailleurs) à la basse et d'une boite à rythmes, de nous proposer un petit
concert de rock du genre électro.
Le public bienveillant accueille
poliment la chanteuse. Davantage eu égard à son talent vocal et à son sourire
irrésistible qu'à l'intérêt des chansons interprétées. Les deux musiciens
proposent une série de chansons qui, sans être désagréables à entendre, n'en
sont pas moins ordinaires ; en tant que parisien je peux entendre au moins
aussi bien quotidiennement dans les couloirs du métro.
Mais bon, la dame semble
s'épanouir sur la scène, alors nous applaudissons volontiers ce qui pourra être
au moins considéré comme un bon exercice pour chauffer sa voix pour le concert
qui suit !
PENDRAGON, composé de Nick Barrett
(guitares, chant, depuis 1978), Peter Gee
(basse, clavier depuis 1978), est toujours entourés de Clive Nolan (claviers, depuis 1986) et de
Jan-Vincent Velazco (batterie, depuis 2015). Comme en mai 2016, Verity White et toujours là aussi, mais
accompagnée cette fois de Zoe Devenish.
Une belle complicité semble unir
ces musiciens qui ont chacun l'opportunité de montrer à tour de rôle leur
talent, sans dénaturer les atmosphères voulues par Nick et son public. Les
choristes s'impliquent également avec beaucoup d'entrain et semblent beaucoup
s'amuser avec le groupe. La présence de choristes sur les dernières tournées
ont apporté indéniablement un surcroît de qualité !
Très vite la qualité acoustique
de la salle se vérifie alors que la puissance sonore n'impose pas de protection
auditive. Nous sommes comme dans notre salon, avec cette différence que nous
sommes entourés de quelques centaines de fêlés comme nous !
Le programme dévoile un bon
équilibre pour illustrer la carrière du groupe, puisque sur les quatorze titres
interprétés ce soir, quatre font toujours référence au 20ème
anniversaire de "The Masquerade
Overture", mais trois sont issus de "Men Who Climb Mountains" dernier opus en date.
C'est la cinquième fois depuis
2011 que j'assiste à un concert de Pendragon et, comme à l'accoutumée, je ne
peux que m'extasier devant l'émotion gilmourienne qui se dégage du jeu de
guitare de Nick et devant l'étendue de sa technique. D'autant plus cette fois
que nous étions à ses pieds (deuxième rang) dans une petite salle parfaitement
adaptée à la prestation. Bien placé pour observer les regards complices de Nick
avec ses comparses. Observer Peter le fidèle et discret compagnon depuis le
début. Observer aussi la placidité de Clive qui pourtant avait quelques soucis
peu perceptibles avec son clavier. Observer enfin la frappe à la fois
dévastatrice et chirurgicale de Jan-Vincent.
Pour le reste, il suffit de
rappeler qu'un concert de néo-prog, plus encore que l'écoute d'un CD, ca se vit
plus que ca ne se raconte. Quelques images vidéo ou fixes tenteront bien d'en
dénoncer les bienfaits, mais il est clair qu'il faut assister à leurs concerts
pour en connaitre l'intensité. Pourtant, il n'est pas certain que d'espérer un
plus grand public, et par conséquent une plus grande salle, soit de nature à
vraiment promouvoir cette musique divine ! Donc, chuuuuuuuuuuuut ! Taisons-nous
et jouissons du temps présent !
PROGRAMME :
Intro bande-son de The Masquerade Overture
As Good as
Gold (The Masquerade Overture)
Paintbox (The Masquerade Overture)
A Man of
Nomadic Traits (Not of This World)
The Shadow (The Masquerade Overture)
Masters of
Illusion (+solo de batterie) (The
Masquerade Overture)
King of the
Castle (Not of This World)
Beautiful
Soul (Men Who Climb Mountains)
Faces of
Light (Men Who Climb Mountains)
Nostradamus
(Stargazing) (The Window of Life)
If I Were
the Wind (and You Were the Rain) (Not of
This World)
Mea culpa ! A
chaque fois que je me rends à un concert de Marillion, je me remémore avec
regrets toutes ces années malheureuses durant lesquelles j'avais décrété un
mépris basé sur des impressions erronées. Heureusement, grâce aux réseaux
sociaux (et oui, n'en déplaise aux anti-[réseau] sociaux !), depuis 2007, alors
que Marillion terminait sa tournée "Somewhere Else" je suis revenu
dans l'Univers de ce groupe merveilleux que j'avais donc stupidement délaissé
en 1985.
Outre les émotions
perdues durant ces années, ce retour bien trop tardif a retardé ma découverte
d'autres groupes qui sont passés dans leur sillage (je pense surtout à
Porcupine Tree, bien sûr !).
Mais désormais,
je me rattrape comme je peux ; en me gavant de bouchées doubles ! Cette tournée
F.E.A.R. par exemple m'aura donné l'occasion d'assister à six autres concerts (l'Elysée
Montmartre, la Convention à Port-Zélande, le BeProg à Barcelone, puis ce Zénith
de Paris).
Comme à
l'accoutumée, l'avant-concert donne l'occasion à notre microcosme d'admirateurs
de se rencontrer pour échanger nos émotions. Pour ma part, c'est une bonne
trentaine de coforumeurs et conventionnistes, tous animés de la même passion que
je revois avec plaisir.
Les réseaux
sociaux (toujours eux) ont bien évidemment anéanti l'effet de surprise sur le
contenu de la soirée et de la programmation. Nous savons que le quatuor de
cordes qui était invité à la Convention sera là. Nous savons aussi qu'il s'agit
d'une soirée consacrée exclusivement au groupe avec un premier acte consacré au
dernier opus (F.E.A.R.) suivi d'un second constellé de titres magnifiques. Le
seul suspense résidait sur leur choix de jouer "The Space" lors de
cette date, certaines villes ayant été comblées, d'autres pas. Mais fort
heureusement l'effet de surprise n'est pas le seul vecteur de plaisir dans
notre rencontre avec ces artistes !
C'est ainsi que,
vers 19h30, je revois pour la neuvième fois sur scène Steve Rothery (guitares), Pete Trewavas (basse), Mark Kelly (claviers), Ian Mosley (batterie) et Steve Hogarth (chant) dans un Zénith à peine
rétréci (env.4500 places), mais plein comme un œuf !
Placé
judicieusement dans les tout-premiers rangs sur le centre droit, entre SH et PT,
le son me semble un peu trop puissant en basse. Mais rien de rédhibitoire car
le chant, la musique et l'émotion restent parfaitement perceptibles ! Les
images particulièrement colorées défilent en fond d'écran et illustrent à
merveille les chansons.
A l'instar des
récents concerts auxquels j'ai eu le privilège d'assister ces derniers mois, FEAR,
le dernier opus est magnifié en concert ; on se rend ainsi compte que chaque
titre constitue une véritable pépite. Les musiciens sont unis étroitement et
harmonieusement, en totale symbiose ; cette tournée aura achevé de les rassurer
sur leur capacité à interpréter ces titres difficiles. L'an dernier à l'Elysée
Montmartre, ils avaient évité "The Leavers" le temps sans doute de le
roder ; mais à la Convention ce titre m'avait complètement subjugué et ce soir
c'est la confirmation ! J'adore ce titre ! Tant de mélodies, tant de ruptures
rythmiques et de force tranquille qui précèdent cette montée finale en
puissance, c'est juste émotionnellement étourdissant !
Alors qu'un
entracte nous est accordé, nous savons que nous ne sortirons pas davantage
indemnes que des précédentes prestations du groupe !
Pour le second
acte, nous avons la surprise de constater que certes le quatuor de cordes est
bien présent mais qu'en outre une flûte traversière et un cor d'harmonie sont
venus étoffer le groupe classique ! J'en suis absolument ravi car j'apprécie
les instruments à vents et tout particulièrement les cuivres !!
Lorsque
"The Space" débute je suis sur un nuage de bonheur. Là encore il
s'agit d'une chanson enivrante dont le final est tout particulièrement
émouvant. Quel talent ce chanteur, que dis-je ce comédien ! Les autres titres
sont parfaitement joués et ravissent les spectateurs ébahis, même si chacun
aura sa propre attente d'un titre qui lui est cher. Mais il n'y a aucune place
pour la déception tant les solos de Steve Rothery sont toujours aussi
étourdissants, tant les atmosphères dégagées par Mark Kelly sont toujours
magnifiques, tant la paire rythmique Pete Trewavas/Ian Mosley martèle la marche
vers le bonheur !
Le moment du
rappel arrive trop vite et nous fait craindre une fin trop proche ; mais en
fait, les titres choisis pour terminer ce concert en apothéose sont d'une durée
suffisante pour apaiser les esprits !
Une caméra
judicieusement placée filme les musiciens retirés provisoirement en arrière
scène et les images sont diffusées en fond d'écran. Le lien du groupe avec son
public est ainsi maintenu et l'envie attisée ! Un second rappel est pressenti.
Compte tenu de
ce que j'ai relaté ci-haut, je vous laisse imaginer ma satisfaction d'entendre
de nouveau le final de "The Leavers" ! D'autant plus que j'avais dès
le début de la soirée observé la présence d'un canon à confettis … J'ai alors
immédiatement fait le lien avec la Convention qui s'était conclue avec le même
titre ! L'effet est toujours aussi enivrant ; tels de pauvres diables dans un
bénitier les spectateurs ravis agitent les bras parmi les milliers de confettis
bleus, blancs, rouges qui retombent !
Un à un les
musiciens quittent la scène (pas de salut collectif, donc), les éclairages
s'éteignent, lumières du Zénith s'allument ; c'est la fin du voyage !
Alors que, vers
23h10, se termine ce fabuleux concert, je regrette déjà de ne pas avoir opté
pour un voyage à Londres la semaine suivante ; c'est le Royal Albert Hall qui
les accueille pour le tournage d'une vidéo qui sera, à n'en point douter, un
document à détenir !
Ma démarche pour réserver cette soirée était un peu
particulière, cette fois …
D'abord, parce que si Anathema demeure un grand groupe
de scène, en revanche leur deux derniers opus (Distant Satellites et The
Optimist) ne me transcendent toujours pas.
Ensuite, parce que si je ne suis plus retourné au
Bataclan depuis le concert d'Opeth du 5 novembre 2014 ce n'est pas uniquement
dû au manque d'intérêt musical (quoique) ; un événement légèrement dramatique survenu
le 13 novembre 2015 a eu de quoi alimenter cette réticence.
Mais bon, après mûre réflexion j'ai fini par balayer
ces deux arguments.
Primo, je ne pouvais pas manquer une occasion de
revoir (et accessoirement réentendre) Lee, dont je reste un grand admirateur
(...). Plus sérieusement, les atmosphères scéniques développées par ces
musiciens sont toujours aussi délicieusement réussies. J'ai pu le vérifier de
nouveau au BeProg Festival cet été.
Secundo, je considère que ce lieu emblématique des
nuits parisiennes doit survivre à ce qui s'y est passé. Hors de question que
des abrutis barbares nous dictent notre culture. Depuis le 21 mars 1981,
j'assiste ce soir à mon trente-huitième concert dans cette salle mythique. Elle
ne devait pas, elle ne pouvait définitivement pas rester seulement associée à
de telles atrocités. Il ne s'agit pas d'oublier mais davantage de surmonter. D'autant
plus que les travaux de restauration, impératifs pour cette si belle salle, ont
permis me semble-t-il d'améliorer l'acoustique et le confort en mezzanine.
ALCEST ouvre la soirée. Etonnant lien avec mon dernier
concert ici ; ces français assuraient également la première partie pour Opeth !
Là s'arrête la comparaison car s'il y a trois années je n'avais pas accroché du
tout, cette fois j'ai davantage apprécié ces atmosphères envoutantes.
Je suis même bienveillant à l'égard du chanteur alors
que sa voix est juste inaudible et ses propos incompréhensibles … Mais cependant
cette voix, que je veux croire intentionnellement sous mixée tant elle est
lointaine, fait cependant partie d'un ensemble sonore ma foi très captivant.
L'ensemble du groupe (excessivement introverti et
discret, taisant jusque leur identité derrière des surnoms) reste d'ailleurs
dans la pénombre et le brouillard de scène, éclairé de lumières sombres, le
tout collant à merveille avec une musique sombre mais cependant souvent entrainante.
Je n'écouterais pas cela pendant des heures infinies
mais cette entame de soirée était ainsi fort bien réussie !
ANATHEMA se présente à moi pour la quatorzième fois. Le
sextuor est toujours composé de Vincent Cavanagh
(chant,guitares), Daniel Cavanagh
(guitare, chant, clavier), Jamie Cavanagh
(basse), Lee Douglas (chant) John Douglas et de Daniel Cardoso (batteries, percussion et claviers).
Dix-sept titres se succèdent dont six tirés du dernier
opus (The Optimist) et un seul de
l'avant-dernier (Distant Satellites).
Je n'aurais donc pas eu trop à souffrir du programme choisi, d'autant moins
qu'il me faut admettre que décidément même ces titres passent très bien sur
scène, ce qui démontre une fois de plus la propension de ce groupe à s'exprimer
en concert !
Même si Vincent ne réside désormais plus à Paris, afin
de se rapprocher de sa fratrie à Londres, il reste cependant francophile et le
prouve par ses efforts persistants à échanger quelques mots français avec son
public. Ca n'a l'air de rien, mais j'imagine aisément que cela contribue à
l'affection particulière qui lie Anathema à ses fidèles mélomanes français ; ce
groupe reste de surcroit un des seuls à visiter de nombreuses villes de
province, qualité appréciables pour les intéressés.
Mon récit, comme d'habitude, n'exprime que mes
émotions personnelles et ne prétend à aucune objectivité ni à un quelconque
professionnalisme, mais je ne serais pas honnête si je taisais ce qui m'a
particulièrement gêné ce soir dans l'interprétation. Tous, (à l'exception de
Lee et de Jamie) démontrent leur talent de multi-instrumentiste, notamment leur
compétence au clavier. Or, 'faudra qu'on m'explique l'intérêt de ces trop
fréquentes bandes pré-enregistrées … de clavier ! Soit les séquences sont
dispensables et on s'en passe, soit elles contribuent à l'atmosphère et on les
joue ; les deux options relèvent bien d'un choix artistique, mais celle qui a
été choisie me semble inappropriée.
Mais bon qui aime bien châtie bien, et puisque je sais
que les frères Cavanagh n'apprécient guère d'être contrariés (j'ai en mémoire
des anecdotes) je ne m'attarderai pas sur cet aspect du concert qui par
ailleurs fut un beau voyage !
Le diptyque "Untouchable
I & II" reste au programme des tournées depuis quelques années et
semble s'inscrire ainsi comme un incontournable, et je ne m'en plaindrai pas ;
Lee et Vincent y forment un duo toujours très émouvant.
Quatre chansons issues de l'excellent opus "Weather Systems" et trois du
non-moins réussi " We’re Here…"
contribuent à maintenir un très haut niveau de qualité.
Bien évidemment, la durée du concert n'étant pas
extensible à volonté, cette forte proportion de titres "imposés"
laisse peu place à d'autres titres plus anciens, question de choix.
Cependant avec le rappel, c'est un autre titre
récurrent, "Closer", qui
ravit le public qui profite de ce titre festif pour se dégourdir un peu la
nuque et les jambes. Vincent me semble moins s'attarder sur les distorsions de
guitares au sol que d'habitude ; les aléas de l'improvisation sans doute.
Cinq titres en rappel viennent clore cette bien belle
soirée.
Notons particulièrement la dédicace émouvante de
"A Natural Disaster" pour
les victimes du massacre. Les lampes de portable qui éclairent la salle d'une
lumière blafarde et la musique mélancolique contribuent à alimenter une
atmosphère de recueillement bienveillante.
"Fragile
Dreams" vient alors à point nommé pour une fin étincelante et époumonante,
le chant de guitare étant repris par le public ravi ! Si les rêves de bonheur
sont bien fragiles, Anathema sait les chanter (et c'est déjà ca !…).
A l'échoppe, les marchandises sont plutôt tentantes
mais j'ai décidé d'être sage, cette fois. Si, si je vous assure que j'en suis
capable ! Je ne prends même pas le CD.
PROGRAMME
San Francisco (The Optimist)
Untouchable, Part 1 (Weather
Systems)
Untouchable, Part 2 (Weather
Systems)
Can't Let Go (The Optimist)
Endless Ways (The Optimist)
The Optimist (The Optimist)
Thin Air (We’re Here Because We’re
Here)
Lightning Song (Weather Systems)
Dreaming Light (We’re Here Because
We’re Here)
The Beginning and the End (Weather
Systems)
Universal (We’re Here Because
We’re Here)
Closer (A Natural Disaster)
RAPPEL
Distant Satellites (Distant Satellites)
Springfield (The Optimist)
Back to the Start (The Optimist)
A Natural Disaster (dedié aux victimes) (A Natural Disaster)
Voici donc la 19ème
édition de ce festival orienté sur le hardrock, un de mes préférés dans ce
genre. D'année en année, les affiches proposent toujours des artistes intéressants à
découvrir, redécouvrir ou à revoir avec plaisir. De surcroit, je peux souvent y
trouver un zeste de progmetal ou de rock sudiste (deux styles qui comptent
beaucoup pour moi). C'est la raison pour laquelle je me suis fidélisé autant
que faire se peut à cet événement de fin d'été ; ce sera ainsi la sixième participation
pour moi (2007, 2008, 2013, 2014, 2016 et 2017).
Cette année ma
motivation première est de revoir UFO et TYGERS OF PAN TANG, deux groupes des
années 80, des groupes qui figurent parmi les premiers concerts auxquels j'ai
pu me rendre à l'époque ! Mais au-delà de cet attrait "automatique"
j'ai été intrigué tout particulièrement par DEAD LORD et WOLVESPIRIT dont les
vidéos laissent imaginer un bon concert. Pour le reste je fais confiance à Phil
et toute son équipe qui auront sans doute su nous dégoter des belles surprises,
comme tous les ans !
Quel plaisir de
pénétrer dans le parc du château tous les ans, avec ma p'tite fée, tel un
rituel attendu !
Les marchands
sont là, entourant les quelques vrais passionnés arrivés en premiers. Premières
poignées de mains et accolades avec des amis déjà croisés lors d'autres évènements
musicaux cet été ! Puis direction l'échoppe officielle pour le t-shirt (15€) qui
cette fois encore est joli et évocateur, mais hélas pas de taille M pour la
couleur bleue que j'aurais préférée ; je me contente donc du noir. Et malheureusement
pas de taille "fille" pour ma fée. Ca nous fera des économies pour
boire plus de bières ! Ca tombe bien ; à la buvette, c'est toujours de la Cuvée
des Trolls à la pression ! Le système de paiement des consommations est
désormais basé sur des jetons estampillés, je m'en rempli les fouilles et hop !
Météo
relativement clémente au regard de ce qui était craint : pas mal de périodes
ensoleillées avec toutefois un passage pluvieux pendant les malheureux Gypsies.
Mais les nuits sont très fraiches, pour ne pas dire froides (11°C).
Samedi 09 septembre.
Pour des raisons familiale je ne
peux pas arriver l'ouverture et je manque ainsi le premier groupe Ev'Sane,
désolé pour eux. Mais j'arrive pile-poil avant le début du deuxième !
NIGHT [14h-14h30]. Ce groupe
suédois vient se produire pour la première fois en France dans le cadre de la
promotion de leur troisième opus "Raft of the World" qui vient juste
de paraitre. Dans la série "le malheur des uns fait toujours le bonheur
des autres", il faut souligner que NIGHT bénéficie d'un concours de
circonstances : il assure en ce moment les premières parties de la tournée de
Dead Lord ; lorsque Headblaster, initialement prévu, a dû être remplacé, les
regards se sont logiquement et opportunément tournés vers eux. Une vraie chance
pour eux comme pour nous car ces valeureux Vickings se révèlent comme une
première belle découverte de la journée !
Leur hard rock
est on ne peut plus traditionnel mais révèle une extraordinaire efficacité. La voix
suraiguë du chanteur/guitariste Oskar Andersson
peut surprendre de prime abord mais finalement leur musique accroche ! Il est
solidement entouré de Sammy Ouirra (guitare)
ainsi que de Joseph Max (basse) et Dennis
Skoglund (batterie).
Voilà qui aura
permis à nos nuques et nos jambes de chauffer les muscles en prévision du reste
de l'affiche !
Programme : (à
déterminer)
BLACK RIVER SONS [15h-15h30]. Ce
groupe Ch'ti nous propose un rock sudiste très efficace. Les duos de guitares
acérées délivrant des arpèges mélodiques et énergiques typiques du genre ne
pouvaient que me séduire.
A défaut de
chanter Ch'ti (et pourquoi pas ?!!) j'aurais préféré qu'ils suivent la lignée
tracée par leurs ainés Stocks en chantant français, mais bon c'est le choix de
l'artiste qu'il faut respecter quoiqu'on en pense.
Emeric Martel (guitare et chant), Baptiste Duquesnoy (guitare), Luke Debruyne (basse) et Vincent Bourree (batterie) exercent leur
passion dans divers autres groupes (Luke reviendra demain à la guitare au sein
d'Abbygail), mais cette formation-là semble soudée et destinée à écumer les
bars et autres scènes pendant de longues années. En tous cas c'est ce que je leur
souhaite !
Programme : (à
déterminer)
JESTER SMOKEBREAK [16h-16h30].
Ce groupe breton (Rennes) semble bien rodé et pourtant de l'aveu du chanteur,
il s'agit de leur première prestation sur une grande scène ! Du bon rock'n'roll
rappelant parfois les Gun's and Roses, parfois AC/DC, est parvenu à secouer
rudement les nuques des festivaliers présents !
Il faut dire que
le chanteur Hugo Trémorin s'est
particulièrement démené et n'a pas hésité à descendre en fosse durant tout un
morceau (en dépit d'un micro à fil !). Il faut dire aussi que ses petits
camarades Méd Stuff (guitare), Fred Mevel (guitare), Guillaume Le Moine (basse) et Axel Fayet (batterie) assurent également un
train d'enfer.
Ces p'tits
jeunes me semblent prometteurs, souhaitons leur bon vent et hissez haut !
Programme : (à
déterminer)
AYMERIC SILVERT [17h-17h45]. Bien
qu'ayant déjà participé aux deux premières éditions du festival (1998 et 1999),
je n'avais pas encore entendu parler de ce Ch'ti local.
Son rock est maîtrisé.
Trop peut-être, car il ne m'a toutefois pas bouleversé particulièrement.
Programme : (à
déterminer)
BAND OF GYPSIES [18h15-19h15]. Décidément
ANGE me poursuit et il va bien falloir que je m'intéresse de plus près à ce
groupe français qui hante mes univers musicaux progressifs. Notamment parce
Ange figure parmi les groupes favoris de Steven Wilson ! Ses membres étaient
assis juste devant moi en mezzanine lors du dernier concert de Porcupine Tree à
l'Olympia. Puis j'en ai vu une géniale émanation, Gens de la Lune, cet été au
festival Rock au Château.
Bref,
aujourd'hui c'est son guitariste (depuis 1995) Hassan Hadji accompagné de Benoit Cazzulini
(membres tous les deux de ANGE) et de Jean-Christophe Bauer à la basse qui nous proposent un hommage au Dieu Jimmy
Hendrix.
En dépit d'une
drache inopportunément passagère, ils nous ont démontré une excellente maitrise
du sujet lors de savoureuses et époustouflantes interprétations ! Un régal
auditif teinté de nostalgie …
Programme :
Fire
Foxy Lady
Manic Depression
Spanish Castle Magic
If 6 Was 9
Castles Made of Sand
Stone Free
Voodoo Child (Slight Return)
Izabella
Freedom
Purple Haze.
La pluie
ne reviendra plus ce samedi et quelques éclaircies nous rassurent sur le reste
de la journée !
DEAD LORD [19h45-20h45]. Les
suédois de Dead Lord ont confirmé ma bonne impression préalable.
Le groupe,
composé du très charismatique et fantasque Hakim Krim au chant et à la guitare, de Olle Hedenström à la guitare, de Martin Nordin à la basse (depuis 2013), et de Adam Lindmark à la batterie a secoué l'audience avec une redoutable
efficacité durant un concert sans aucun temps-mort.
Cette prestation
aurait pu plaire à certains absents malheureux, admirateurs de Thin Lizzy tant
les titres donnent l'impression de constituer des inédits du groupe et tant les
intonations de voix sont similaires à celles du très regretté Phil Lynnot.
Cette 19ème
édition du Raismes Fest a de nouveau apporté son lot de belles découvertes.
Programme :
Too Late
When History Repeats Itself
Kill Them All
Because of Spite
No Regrets
Onkalo
Hank
(titre à déterminer)
Reruns
No Prayers Can Help You Now
Ruins
Hammer to the Heart.
Achat du CD obligé (15€) mais pas
eu l'opportunité de le faire dédicacer … tant pis.
Le froid
tombe sur le site et nous commençons à peiner à maintenir notre esprit éveillé
…
VANDEN PLAS [21h15-22h30]. Ce
groupe allemand ayant déjà participé à l'édition de RF1998, est sensé emporter
mon enthousiasme puisqu'il est le seul à représenter mon style favori, le
metalprog. Cependant, il ne m'avait guère laissé de souvenir impérissable lors
de son concert en invité d'Angra (Aquaboulevard, le 15/11/1996).
Ils reviennent
ici pour promouvoir un live "The Seraphic Liveworks".
Andy Kuntz (chant), Stephan Lill (guitares), Andreas Lill (batterie), Günter Werno (claviers) et Torsten Reichert (basse) ne sont toujours pas
parvenus à me convertir à leur concept. Je ne sais pas ce qui cloche. Le manque
de charisme du chanteur peut-être. Des compositions pas très inspirées plus sûrement.
Il est vrai que la comparaison avec la scène prog et progmetal actuelle est
sévère ; il y règne une telle créativité, une telle énergie que la moindre
fadeur minore tout intérêt.
Heureusement, Vanden
Plas reste un groupe constitué de bons musiciens qui ont produit de bonnes
séquences et cela aura suffi à satisfaire mon appétit de progmetal que j'avais
mis en veilleuse pour ce festival dont ce n'est pas la spécialité…
Programme : (à
déterminer)
D.A.D. [23h-00h30]. Ayant déjà
assisté à la prestation de ces danois au RF 2014, je savais que cette journée
allait se clôturer de bonne manière.
Les postures
déjantées et extravagantes de son bassiste Stig Pedersen ont tendance à attirer
les regards ; ses deux modèles de basse à deux cordes sont surprenants. L'une
transparente et lumineuse et l'autre en forme de croix de fer. Mais il serait
bien réducteur de se limiter à cela, car Jesper Binzer (chant, guitare), Jacob Binzer
(guitare), Stig Pedersen (basse,
chant), Laust Sonne (batterie), maitrisent
vraiment leur art et savent créer une bonne ambiance en interprétant un
hardrock basique mais efficace.
Il fallait au
moins ca pour tenter (vainement) de réchauffer nos côtelettes car le soleil
aura été un peu trop timide cet après-midi et la petite pluie pendant Gypsies a
accentué de la fraicheur nocturne habituelle en cette saison.
Programme :
Riskin' It All
Evil Twin
Written in Water
Monster Philosophy
Girl Nation
Soulbender
A New Age Moving In
Grow or Pay
Riding With Sue
Everything Glows
Scare Yourself
Jihad
I Want What She's Got
RAPPEL :
Bad Craziness
Sleeping My Day Away
It's After Dark.
Une première journée qui se
termine donc en beauté. Mais nous ne tardons pas à rentrer car d'une part il
fait froid désormais et puis demain s'annonce encore pleine d'émotions !
Dimanche 10 septembre.
A l'instar de la veille, nous ne
parvenons à revenir avant le début de l'après-midi. Lorsque nous arrivons les
dunkerquois Fool's Paradise et les arrageois Hycks sont déjà passés. Désolé
pour eux.
Les nuages vont nous épargner
jusqu'en fin de soirée ; une p'tite bruine bien Ch'ti est venue pour clore le
festival.
ABBYGAIL [15h-15h30]. Lorsque
ces Ch'tis arrivent sur scène je n'ai aucune idée du style qui va nous être
délivré, n'ayant pas pris le temps de fouiner sur Youtube à leur sujet. Et
c'est tant mieux ; la surprise est d'autant plus belle !
Bertrand Roussel (chant) a troqué son uniforme
de présentateur du festival pour une tenue de scène plus adéquate. Luke Debruyne (guitares, chœurs), Guillaume Rue (guitares, chœurs), et Pascal Roszyk (basse, chœurs) assurent
l'interprétation d'un bon hardrock bien bluesy !
Abbygail profite
de cette prestation pour promouvoir de son premier album, "Electric
lady", et pour montrer son
potentiel très convaincant ! La plupart des autres groupes français que je
soutiens subissent la même réserve de ma part et Abbygail n'y échappera pas :
je déplore que le chant ne soit pas français, à l'instar, par exemple, de leurs
illustres et honorables ainés nordistes Stocks. Mais bon je suis peut-être bien
le seul à le regretter alors je ferme ma grande gueule et ouvre mes petites
oreilles pour jouir pleinement des riffs acérés et du chant toujours juste et accrocheur
!
J'ai adoré,
carrément ! Achat du CD obligé et dédicaces accordées volontiers par des mecs
adorables ! A soutenir impérativement ! (note
a posteriori : le CD est juste excellent !)
Programme : (à
déterminer)
Yann ARMELLINO & EL BUTCHO [16h-16h50].
Ce duo français, aux longs pédigrées individuels, réunis depuis 2016, vient
promouvoir son opus "Better Way" et nous propose un hardrock
classique, tantôt blues, tantôt glam. En plus de leur musique, j'observe que je
partage aussi l'intérêt affiché du chanteur sur son tshirt pour le groupe
Dokken !
C'est très bien
fait, le chant est juste et la guitare affutée mais j'ai attendu vainement dans
les titres interprétés les preuves de virtuosité affichées dans l'annonce. La
prestation ne me donne aucune raison de douter de la "virtuosité" de
Yann mais disons que malheureusement la publicité laissait présager autre chose
du plus marquant …
Si je reste donc
sur ma faim, j'aurais cependant passé un moment agréable. Mais pas renversant.
Programme : (à
déterminer)
WOLVESPIRIT [17h20-18h20]. J'attendais
ce groupe allemand de pieds fermes car j'avais prospecté avec envie sur
Youtube. Il faut dire aussi que je suis frustré de ne pas avoir encore pu
assister à un concert de Blues Pills, autres fabuleux nostalgiques des 70's.
Debby Craft (chant), Oliver Eberlein (claviers, orgue), Richy Eberlein (guitare) et Daniel Scholz (batterie) font revivre, depuis
2010 semble-t-il, un style heavy/psychedelic qui ne laisse pas le public
indifférent. Il faut dire aussi qu'outre les sons typiques et revendiqués des
musiciens, Debby aguiche par des postures suggestives et des paroles très
portées sur le thème "love&peace" très prisé dans les 70's…
N'ayant pas
encore assisté à un concert de Blues Pills (mais ayant néanmoins visionné les
vidéos) je me réserve de comparer définitivement a priori mais il me semble que
Wolvespirit présente moins de talents individuels. En dépit d'avoir passé un
très bon moment il m'a semblé percevoir quelques lacunes ; des titres qui se
concluent mal, un chant parfois limité, des regards inquiets entre eux qui
trahissaient un manque d'assurance.
Cependant je
suis suffisemment convaincu pour me procurer leur CD (15€) et le faire
dédicacer dans la foulée par les musiciens accessibles et sympas. Séance de
portrait sympathiques aussi !
Programme : (à
déterminer)
TYGERS OF PAN-TANG [18h50-20h05].
Ah ! Alors là … on touche à ma nostalgie et donc mon objectivité s'en trouve
d'autant plus relative. Ce groupe britannique a accompagné quelques années de
mon adolescence. J'étais allé voir Gillan ce 3 février 1982 au Bataclan non pas
pour l'ex-chanteur de Deep Purple (que je
méprisais à l'époque pour avoir quitté le groupe) mais bien davantage pour
ses invités ; ces jeunes félins très prometteurs de la NWOBHM (New-Wave-Of-British-Heavy-Metal pour les
non-initiés !) ! A l'époque, le guitariste qui focalisait les regards et
les oreilles n'était autre que John Sykes, qui allait ensuite être recruté par
le légendaire Thin Lizzy. Voilà pour mon état d'esprit avant ce concert.
Evidemment les
années ont passé, le groupe s'est séparé mais à l'instar de Diamond Head (venu
au RF l'an passé aussi !), un des musiciens a eu la bonne idée de reformer le
concept une dizaine d'années après. Il ne reste plus que Rob Weir, mais bon,
leur dernier opus récemment paru montre que l'esprit est toujours vivace ! Robb
Weir (guitares) est désormais
entouré du très bon chanteur Jacopo Meille,
d'un excellent guitariste Micky Crystal,
du bassiste Gav Gray et du batteur
Craig Ellis.
Des titres comme
"Gangland", "Hellbound", "Take It" claquent
encore de bien belle manière et me renvoient à une trentaine d'année derrière …
Beaucoup
d'émotions donc durant cette prestation.
Programme : (à
déterminer)
U.F.O. [20h35-22h05]. …et là, le
centre d'intérêt numéro un du festival, pour moi ! Pour avoir assisté à leur
concert au Bataclan le 7 février 1983, même si la période glorieuse avec
Mickael Schenker était déjà finie, j'ai continué d'admirer la bande à Mogg. Les
formations ont changé mais la musique a conservé son charme, sa finesse. UFO
faisait partie dans les 80's (avec Thin Lizzy) de ces fleurons du hard rock
mélodique. Depuis je ne les ai vus qu'une fois par décennie. Et ce soir sera
donc la quatrième fois. Voilà pour le contexte.
Donc, fatalement,
je me place au second rang pour profiter pleinement du spectacle tant attendu.
C'était sans compter avec l'ingénieur du son qui aurait dû s'engager chez des bûcherons
canadien au lieu de venir nous assourdir les tympans. Ce son excessivement
puissant a bien failli me gâcher le plaisir, même si je m'étais doté de
protections auditives.
Mais mon
admiration m'a permis de prendre le dessus et d'apprécier la voix de Phil Mogg, entouré du batteur historique Andy Parker (déjà présent en 1969 !),
mais aussi de Paul Raymond (au
clavier, déjà présent en 1976), Vinnie Moore
(guitariste, depuis 2003), Rob DeLuca (bassiste depuis 2008). Ce quintet
magique a su me transporter au pays du bonheur en dépit, encore une fois, du
son aurait dû être moins fort… Mais il semble d'après ceux qui étaient en
retrait, que j'aurais dû quitter la proximité de la scène. Difficile choix
entre entendre ou voir…
Beaucoup de
plaisir d'entendre une nouvelle fois en concert ces titres notamment ceux interprétés
dans le fameux enregistrement "Strangers in the Night", qui a tant
contribué au succès du groupe. "Too Hot to Handle", "Doctor, doctor",
"Shoot, shoot", …mais aussi l'inattendu "We belong to the
Night" extrait de "Mechanix" !
Programme : (à
déterminer)
Encore une belle édition réussie
! Merci à cette équipe de valeureux bénévoles passionnés et vivement la 20ème
édition !