mercredi 15 novembre 2017

HELLOWEEN – Zénith de Paris - 15/11/2017

Groupe de métal allemand, Helloween est considéré comme le fondateur du genre "speed mélodique". Ils ont débuté en 1984, puis évolué vers le succès sans une ombre jusqu'en 1989, pour la tournée du diptyque "Keeper of the Seven Keys". Puis les tensions naissent au sujet du contrôle du groupe qui se scinde alors en deux, Helloween et Gamma Ray. 
Passons sur ces détails malheureux, ils ont décidé après trop d'années de brouilles stupides de se réunir, le temps d'une tournée, sous la bannière Pumpkins United.
Nous retrouvons ainsi un septuor magique : Michael Weikath (guitare, chœur, depuis 1984), Markus Grosskopf (basse, chœur, depuis 1984), Kai Hansen (guitare, chœur, de 1984 à 1989), Michael Kiske (chant de 1986 à 1993, puis depuis 2016), Andi Deris (chant depuis 1994), Sascha Gerstner (guitare, chœur, depuis 2002) et Daniel Löble (batterie, depuis 2005).

Pour ma part, je les avais découverts le 20 aout 1988 à l'occasion de leur prestation lors du festival de Donington (entre Derby et Nottingham dans l’Est des Midlands en Angleterre) avec quelques cent mille personnes. J'ai pu confirmer rapidement un certain intérêt puisque le Monsters of Rock les a amenés le 24 septembre 88, au POP de Bercy.
Toutefois, de manière assez surprenante, les cinq fois où j'ai eu l'occasion de les voir sur scène (deux en 1988/tournée Keeper of the Seven Keys Part 2, 1998/tournée Better Than Raw, 2003/tournée Rabbit Don't Come Easy et 2008/tournée Gambling With The Devil), ce furent dans l'ombre d'un certain IRON MAIDEN pour lesquels ils ouvraient ; et j'ai toujours ainsi sous-estimé leur valeur en comparaison avec la Dame de Fer.
Ils ont fait ainsi partie de ces nombreux groupes que j'ai relativement méprisés, à tort. Je leur ai toujours porté une estime suffisante pour apprécier leurs prestations scéniques mais insuffisante pour acheter leurs CD (lacune comblée ces derniers jours). Question de circonstances, sans doute.
En tous cas, cette réunion des "frères ennemis" justifiait que j'achète pour la toute première fois un ticket pour me rendre leur concert, accompagné de mon fils et de ma p'tite Fée.

Le Zénith est quasi plein pour cette soirée exclusivement consacrée à la célébration des retrouvailles des pastèques teutonnes réunies, pendant près de trois heures (pause dessins animés comprises, il est vrai !).
La discographie (16 opus) est largement visitée (à l'exclusion étonnante de Gambling With the Devil) avec pas moins de vingt-quatre titres (dont 5 titres de Keeper of the Seven Keys-Part I-1987, 4 titres de Keeper of the Seven Keys-Part II-1988, 3 titres de Master of the Rings-1994, 2 titres de The Time of the Oath-1996, 2 titres de Walls of Jericho-1985, 1 titre de 7 Sinners-2010, 1 titre de Better Than Raw-1998, 1 titre de Straight out of Hell-2013, 1 titre de Pink Bubbles Go Ape-1991). Je confesse ne pas connaître assez bien leur répertoire pour juger du choix des titres ou de leur interprétation par rapport à l'origine, mais le fait que le tout est efficace et rudement agréable aux tympans !

La scène très ample se déploie avec une avancée centrale dans le public. Un vaste écran diffuse les images illustrant les différentes étapes du groupe. Les intermèdes de dessins animés m'ont souvent laissé perplexe ; je n'ai sans doute pas tout compris de leur humour, mais c'est pas grave, c'était globalement marrant. La sonorisation est puissante mais audible. Bref, tout est réuni pour faire la fête, fête entretenue par à un public enthousiaste pourtant de tous âges.

Ce que j'apprécie tout particulièrement chez Helloween, c'est la qualité des deux chanteurs Michael Kiske et Andi Deris dont le timbre me rappelle parfois André Matos (Angra) ou parfois Geoff Tate (Queensrÿche). Ils démontrent avec la même aisance sur scène qu'en studio une grande amplitude vocale, aussi juste dans les aigus que dans les graves. Et, leur charisme fait le reste ; ils chantent avec conviction et savent emporter l'enthousiasme de leur public.
Mais les envolées lyriques et duos de guitares sont également magnifiques, on a autant envie de chanter avec les chanteurs qu'avec les guitares, preuve que les compositions sont de grande qualité !

Inutile de préciser qu'avec de tels ingrédients, la fosse dans laquelle j'ai survécu avec mon fils (et ma p'tite Fée en retrait prudent), était en ébullition ! Des bousculades bienveillantes et festives mêlant des tempes grises et de jeunes crinières hérissées ont contribué maintenir une très bonne ambiance pendant tout le concert !
Les allemands ont le bon gout de clore la soirée par une pluie de confettis et de ballons oranges avec lesquels le public échange de longues passes durant un "I Want Out" qui accentue encore un peu plus l'intensité de la fête.
Vraiment une bien belle soirée metal qui aura replongé les plus anciens dans nos chères 80's !



PROGRAMME

Introduction sonore : Let Me Entertain You (Robbie Williams)

Halloween (chanté par Michael Kiske & Andi Deris) (Keeper of the Seven Keys, Part I)
Dr. Stein (chanté par Michael Kiske & Andi Deris) (Keeper of the Seven Keys, Part II)
Pause dessin animé (Seth & Doc)
I'm Alive (chanté par Michael Kiske) (Keeper of the Seven Keys, Part I)
If I Could Fly (chanté par Andi Deris) (The Dark Ride)
Pause dessin animé (Seth & Doc)
Are You Metal? (chanté par Andi Deris) (7 Sinners)
Kids of the Century (chanté par Michael Kiske, Michael) (Pink Bubbles Go Ape)
Waiting for the Thunder (chanté par Andi Deris & Kai Hansen) (Straight out of Hell)
Pause dessin animé (Seth & Doc)
Perfect Gentleman (chanté par Andi Deris) (Master of the Rings)
Pause dessin animé (Seth & Doc)
Starlight / Ride the Sky / Judas (chanté par  Kai Hansen) (Walls of Jericho)
Heavy Metal (Is the Law) (chanté par Kai Hansen) (Walls of Jericho)
Pause dessin animé (Seth & Doc)
Forever and One (Neverland) (chanté par Michael Kiske & Andi Deris) (The Time of the Oath)
A Tale That Wasn't Right (chanté par M. Kiske & A. Deris) (Keeper of the Seven Keys, Part I)
Pause dessin animé (Seth & Doc)
I Can (chanté par  Andi Deris) (Better Than Raw)
Pause dessin animé (Seth & Doc)
Solo de batterie (duo par images interposées, Dani Löble & Ingo 'battle') Hommage à Ingo
Livin' Ain't No Crime (The Best, The Rest, The Rare)
A Little Time (chanté par  Michael Kiske) (Keeper of the Seven Keys, Part I)
Pause dessin animé (Seth & Doc)
Why? (chanté par  Michael Kiske & Andi Deris) (Master of the Rings)
Sole Survivor (chanté par  Andi Deris) (Master of the Rings)
Pause dessin animé (Seth & Doc)
Power (chanté par  Andi Deris) ) (The Time of the Oath)
How Many Tears (chanté par  Andi Deris, Kai Hansen & Michael Kiske) (Walls of Jericho)

RAPPEL :
Eagle Fly Free (chanté par  Michael Kiske) (Keeper of the Seven Keys, Part II)
Keeper of the Seven Keys (chanté par  M. Kiske & A. Deris) (Keeper of the Seven Keys, Part II)

RAPPEL 2 :
Kai Hansen Solo / In the Hall of the Mountain King
Blue Suede Shoes (reprise de Carl Perkins) (extrait, chanté par Michael Kiske)
Future World (chanté par  Michael Kiske) (Keeper of the Seven Keys, Part I)
I Want Out (chanté par  Michael Kiske & Andi Deris) (Keeper of the Seven Keys, Part II)

Bande son finale : A Tale That Wasn't Right


lundi 6 novembre 2017

TRUST – Bus Palladium le 06/11/2017 + Le Bataclan le 08/11/17


L'histoire de mon intérêt pour TRUST est à la fois longue, torturée, paradoxale et complexe. Mon respect et mon admiration pour ce groupe ne peut pas être mis en doute mais, comme il est coutume de dire, "qui aime bien châtie bien". Il me semble nécessaire de situer mon état d'esprit avant de tenter de relater mes impressions sur cette série de concerts parisiens.

J'ai découvert le groupe courant 1980, peu après avoir découvert AC/DC. Dès la première écoute de leur opus "Répression" j'ai été subjugué par l'énergie et l'audace dégagées par ce groupe français et francophone ! L'analyse de ses textes m'a passionné et me questionne encore aujourd'hui sur notre société et ses valeurs. Mêmes réactions à l'écoute de l' "Elite", leur précédent et premier opus.
Le propos insolent et dénonciateur des …disons quatre premiers opus, me parait le plus souvent pertinent ; cependant si j'adhère totalement à une grande partie d'entre eux, d'autres me gênent déjà en 1980. Paradoxalement, j'étais ainsi prêt à soutenir l'existence de TRUST face à des détracteurs, tout en dénigrant certaines prises de position.
Les pseudo-critiques du milieu musical et des élites bien-pensantes (toujours les mêmes que de nos jours) prétend(ai)ent dénoncer une démagogie à propos de certaines chansons qui, certes, dévi(ai)ent de la pensée-unique en vigueur. Pour ma part je persiste à penser que la part de démagogie de Bernie porte sur d'autres chansons et s'est amplifiée dans les années 90, en particulier avec la tournée "Europe et Haines". En gros, j'adore le Bernie qui dénonce tous les extrêmes religieux et politiques, ce qui fut le cas en particulier dans les quatre premiers opus, mais je ne peux pas adhérer à son apologie de certains personnages douteux de l'Histoire. C'est la raison pour laquelle je me suis peu à peu déconnecté du parcours, d'ailleurs très chaotique (claquements de portes incessants), du groupe…

Cette passion contrariée m'a toutefois permis d'assister à cinq de leurs concerts, le premier étant celui du 21 novembre 1981 à Blois (41), lors de la tournée "Marche ou Crève", avec Starfighters en première partie ! J'ai gardé de cette époque le souvenir nostalgique de concerts comparables avec ce qui était permis d'imaginer en écoutant les 33 tours. Mais, je doutais de revivre tout cela. Cette crainte avait été alimentée par le souvenir amer de la dernière fois où je les voyais ; c'était au concert du 25 novembre 1989. Impression encore accrue par la suite avec les échos perçus à l'issue des autres prestations durant les 90's ; même la musique avait perdu son identité.
Et puis, vingt-huit années ont passé. Après moult "viens-ici, fout-le-camp", voici nos deux complices réunis à nouveau et, semble-t-il, avec les meilleures intentions.

Leur longue, audacieuse et admirable tournée leur a permis de confirmer leur popularité dans de nombreuses villes françaises et les voilà enfin pour une série de cinq concerts à Paname ! Mon calendrier d'automne étant déjà bien chargé je me suis contenté de choisir deux dates. Choix difficile, j'ai renoncé au Trianon, à La Maroquinerie ainsi qu'à l'Elysée Montmartre et donc opté pour les deux autres…

D'abord le Bus Palladium, car cette salle mythique a accueilli une bonne part des artistes du monde rock depuis les années 60, alors que je n'y ai jamais mis les pieds ! Je me disais (naïvement) que le premier concert de cette série parisienne serait probablement marqué par des particularités pour les privilégiés entassés dans ce petit club. J'imaginais un concert jusqu'au bout de la nuit, des invités …
Ensuite le Bataclan, car je tiens à soutenir cette salle qui vient de renaitre d'un cataclysme et car, en déclinaison qui me semble logique, j'attends de pieds fermes que Bernie y chante LA chanson adéquate. En effet, pour moi "M. Comédie" s'impose à la fois en hommage aux victimes et en rappel aux amnésiques.

J'attends donc beaucoup de ces deux concerts ; j'attends de l'émotion, de la rage, de la révolte, de l'abnégation, de la générosité (durée de concert), de la passion, de la nostalgie et, (était-ce trop demander ?) pour le Bataclan, un hommage en chanson. Il s'avèrera que je suis bien trop exigeant.

Le problème avec la bande à Bernie, c'est que la Légende, les Principes, la communion avec le public et tout le tralala, c'est de la foutaise. Alors, bien sûr, on pourra toujours m'opposer que l'artiste est libre et que le public n'a qu'à suivre ou s'en aller, épicétou. Certes, mais quand-même…

Déjà, avec le recul sur les deux soirées, comment ne pas remarquer le maigre programme. Dix titres par soir et puis "au revoir les amis, nous avons notre tisane à prendre". De surcroît, peu de différence entre les programmes ; en allant au Bus Palladium le public a eu droit (ô privilège !) à "Chaude est la foule" et "Instinct de mort" (wouaaaâh, la vââche !), et en allant au Bataclan, leurs Altesses ont daigné nous accorder "La mort rôde" et "Le temps efface tout" (ô làlàààh !), autant dire que côté friandise les gourmands sont restés sur leur faim.
En outre, au Bataclan, Trust a eu la bonne idée d'interpréter "Fatalité" (aaâh !) …mais ce fut sans la fantaisie d'un saxophoniste (oooôh !) qui aurait pourtant ajouté à la folie du titre et aurait donc été le bien venu pour cet événement… (et qu'on ne vienne pas m'argumenter du cout d'un musicien de session, d'autant plus que d'autres fantaisies auront été accordées aux privilégiés du Trianon.)
Pompon sur le béret : Je suis évidemment très déçu de l'absence de mon très attendu, tellement indispensable et opportun "M. Comédie". Au diable les symboles, "L'institution n'a plus d'valeur, pratique l'inceste avec ta sœur" qu'il disait le Bernie. Ça c'était avant, c'était il y a longtemps !
Ah, j'allais oublier (et pour cause !), autre décalage avec la réalité : l'hommage aux victimes du Bataclan était sans doute émouvant, mais la minute de silence fut d'autant plus facile à respecter que la salle était encore à moitié vide ! L'autre moitié du public, dont moi, mon fils et ma p'tite Fée, et ben elle était dehors à attendre de pouvoir entrer. Affligeant, juste affligeant.

A la lecture de ce récit, je ne voudrais pas laisser l'impression de n'avoir rien apprécié durant ces deux soirées, c'est juste qu'il a toujours un "mais". J'ai trouvé les musiciens à la hauteur, même si on aurait apprécié un peu plus de spontanéité et de folie. Bernie chante bien, avec sa désinvolture habituelle, mais pourquoi a-t-il gommé du répertoire tous les titres vraiment dénonciateurs des premiers albums ? A la trappe, "Bosser 8 heures", "Idéal", "les Brutes", "l'Elite", "Le Sauvage", "La Grande Illusion", "Varsovie", "Les sectes", "Toujours pas une tune", et donc " M. Comédie" (oui j'y tenais !). Sans compter qu'il aura encore fallu qu'il balance des propos contestables et pour le coup bien démago (affaire Traoré qui est loin d'être aussi manichéenne qu'il le dit, ou encore Macron qu'il est de bon aloi de critiquer bien sûr). En fait, Bernie n'est plus révolté, il est juste désabusé mais lisse et politiquement correct. Soit il a oublié qui il était, soit je ne l'ai pas compris. Il y a sans doute un peu des deux, à mon humble avis.

Le public a plutôt bien participé, mais aucun rapport avec le public des Insus qui se démène bien plus et chante tout, à la place du chanteur. Revoir enfin Trust à Paris après tant d'années aurait pu/dû être une fête, mais au final ça sent plutôt le pétard mouillé. Et ce n'est pas le magistral et réjouissant "Antisocial" qui aura changé l'impression globale. Pour le côté exceptionnel, il aurait fallu être au Trianon, m'a-t-on dit ; bah merde alors, c'est comme au loto, j'ai misé et j'ai perdu !

Heureusement Nono sauve le portrait. Sur les deux soirées (un peu plus à l'aise au Bataclan) il était manifestement ravi et fier d'être là avec le public.

Et les invités me direz-vous ?
Eh bien au BP j'ai passé une excellente première partie de soirée avec Klink-Clock; un couple français bien déjanté et surprenant. La fille, debout avec un ensemble de percussions atypiques et le mec, avec une guitare ; le tout assurant un bon rock ravageur ! La fille avec son faux-air de Françoise Hardy se révèle en fait comme une tigresse, sauvage, bougeant, frappant et chantant avec une conviction évidente ! Aucune fioriture, du rock à l'état pur !
Vraiment une excellente surprise que je demande à revoir !
Quant au Bataclan, ce fut simplement soporifique. Des belges bien sympathiques mais franchement décalés qui ne laisseront probablement pas un souvenir indélébile, ils ont toutefois bénéficié de l'applaudissement poli du public.

Reste que sur les deux soirées, j'en tire un sentiment contrarié, comme d'habitude avec Trust. Je suis ravi de les avoir revus en bonne forme, pour interpréter les titres dans leur jus d'origine (excepté un "Surveille ton look" méconnaissable). En même temps, je suis assez frustré par un événement qui, à défaut d'être extraordinaire, aura été juste réjouissant.



PROGRAMME

BUS PALLADIUM
BA TA CLAN
L'Archange
L'Archange
Marche ou crève
Marche ou crève
Fais où on te dit de faire
Fais où on te dit de faire
Au nom de la race
Au nom de la race
L'exterminateur
L'exterminateur
Chaude est la foule
La mort rôde
Instinct de mort
Le temps efface tout
Déjà servie
Déjà servie
Démocrassie
Démocrassie
Surveille ton look
Surveille ton look
Comme un damné
Comme un damné
Préfabriqués
Fatalité


Rappel :
Rappel :
Certitude... Solitude...
Certitude... Solitude...
Le temps efface tout
Préfabriqués
Antisocial.
Antisocial.


samedi 28 octobre 2017

SAGA – Z7 à Pratteln (Suisse) – 28/10/2017

Ce groupe canadien a bercé une bonne partie de mes années 80. Ses chansons, tout particulièrement celles magnifiquement restituées dans le somptueux enregistrement de concert "In Transit" (1982), sont souvent liés à mes souvenirs de vacances. Pour ma part, je conserve une préférence pour les six premiers opus: Saga (1978), Images At Twilight (1979), Silent Knight (1980), Worlds Apart (1981), Heads or Tales (1983), Behaviour (1985). Les œuvres sorties ensuite s'écoutent agréablement aussi mais sortent moins fréquemment de ma discothèque car j'y retrouve moins ce zeste de rythme funky si entrainant.

Peu reconnu en France, ils tournent beaucoup plus fréquemment en Allemagne. Cependant, j'ai eu la chance d'assister à trois de leurs concerts parisiens ; le 13 février 1986 (tournée Behaviour), le 13 mai 1993 (tournée Security of Illusion), et le 3 mars 2003 (tournée Marathon). Sur le plan scénique comme discographique, j'ai souvent déploré un manque d'audace, reprochant au groupe de se reposer constamment sur leurs succès des années 80. Néanmoins, ce fut toujours un réel plaisir d'assister à leurs concerts, car ces multi-instrumentistes sont réellement talentueux et ils maitrisent parfaitement la scène et le son.

Quatorze années sont passées depuis mon dernier concert. L'annonce de leur tournée d'adieu, évitant une nouvelle fois la France, avait anéanti tout espoir de les revoir, d'autant plus que pratiquement toutes les dates allemandes affichèrent vite complet !
Or, l'heureuse rencontre d'un couple suisse dans la file d'attente du concert de Pendragon chez Paulette a tout fait chavirer au dernier moment. Ces bienfaiteurs helvètes, compatissant à mon désespoir, m'informaient que le concert du lendemain à Pratteln n'était pas complet ! A moins de deux heures et demie de là, ma petite Fée et moi pouvions donc être guidés vers cette légendaire salle Z7. L'aventure de ce samedi était bien trop tentante pour être négligée… Surtout que ma p'tite Fée n'avait encore jamais mis les pieds dans la Confédération.

Loin des images idéales que nous pouvons imaginer lorsqu'on évoque la Suisse, nous traversons l'agglomération de Bâle, guidés par nos deux Saint-Bernard pour parvenir relativement rapidement aux abords de la fameuse salle Z7 … qui ne paie pas de mine, en fait. De l'extérieur on observe une structure qui évoque davantage un entrepôt de marchandises qu'un zénith de Paris. Renseignement pris, il s'agit bien d'un ancien entrepôt qui a été transformé en salle de concert. D'ailleurs, la petite rue pentue s'appelle opportunément "Kraftwerkstrasse".
Mais tout cela est anecdotique et l'excitation s'accroit dans la file d'attente qui ne tarde pas à se créer. Je suis surpris de constater qu'une majorité des impatients qui nous entourent sont francophones, parmi lesquels de nombreux français, plus ou moins frontaliers.

Une baraque en bois, qui semble avoir vocation à délivrer les billets restants pour la soirée, est vite assiégée mais n'ouvre que très peu de temps avant l'ouverture des portes ! Déception, en guise de laisser-passer ils n'ont même pas les moyens de nous délivrer un ticket d'entrée (argh ! pas de ticket pour ma collection !... mais notre bienfaiteur helvète dans sa grande générosité m'en cèdera un des siens ; ouf !) ; ils nous tamponnent le poignet comme à l'entrée d'un club !!
Lorsque l'ouverture des grilles et les fouilles réglementaires nous permettent enfin de pénétrer dans la salle, nous découvrons un cadre très agréable. Une vaste fosse peut accueillir 1600 visiteurs, elle est encadrée de deux bars et d'une grande scène.

Aucune échoppe en place dans la salle. Déçu et étonné de cette absence, je recueille une explication auprès de nos nouveaux amis ; les taxes sont pénalisantes en Suisse pour la vente des marchandises par les artistes qui, logiquement, s'abstiennent de vendre tout souvenir. (N.B. : Pas grave : une semaine après j'aurais reçu le t-shirt de la tournée via le site officiel du groupe, et pour seulement 25€ tous frais compris !)

Toujours accompagnés de nos anges(?)-gardiens helvètes nous parvenons à nous placer au deuxième rang face à la scène ! Nous découvrons ainsi le soin apporté aux décors qui évoquent la bibliothèque d'une maison. Avec les commentaires des admirateurs qui suivent la tournée, nous comprenons ainsi qu'il y aura un premier acte qui sera acoustique, suivi d'un second acte électrique. Le groupe a donc décidé de soigner son public pour cette tournée d'adieux …

Dès l'intro de "Images", une émotion intense m'envahit. La pureté du son, l'ambiance bienveillante et la sensation de vivre un évènement aussi exceptionnel qu'inattendu encore la veille, m'assurent d'une soirée mémorable ! Les musiciens s'installent paisiblement et nous délivrent leur nectar auditif ! J'en ai encore les frissons en écrivant les lignes … Du Bonheur à l'état pur, mes amis !!
Michael Sadler (chant, guitare, basse, claviers (de 1977-2007, de retour depuis 2011), Jim Crichton (basse, claviers, depuis 1977), Ian Crichton (guitare, depuis 1977), Jim Gilmour (claviers, chant, clarinette, harmonica, saxophone, accordéon de 1980 à1986, de retour depuis 1992), et Mike Thorne (batterie, depuis 2012) nous montrent toute l'étendue de leurs talents, n'hésitant pas à changer d'instruments (accordéon, clarinette,  …) pour mettre encore un peu plus en valeur des titres inscrits dans l'anthologie du rock progressif !
Tout est juste, doux et hallucinant, d'une beauté à couper le souffle !

Lorsque l'acte II débute après un court entracte, nous nous demandons bien comment ils pourront faire mieux que cette première partie ! Et pourtant c'est une véritable claque magistrale que nous allons encore recevoir ! Le décor intimiste a laissé place à une scène plus vaste et plus sobre ou chaque pupitre dispose de son périmètre plus ou moins large. Jim Gilmour surplombe ses comparses dans un enclos que forment ses claviers. Jim Crichton et Ian Crichton resteront placés de chaque côté de la scène. Seul Michael s'autorisera avec tout son charisme à arpenter l'espace de long en large, et prendra même la basse sur le superbe "Humble Stance".

Soutenu par un éclairage lumineux, une sonorisation parfaite et des images adéquates en fond de scène, le concert s'avèrera un voyage hors du temps et de l'espace ! Des films de leurs premières tournées sont parfois diffusés en fond de scène pendant les titres, souvent synchronisés avec ce qui se passe sur la scène.

Sur les vingt-cinq interprétés, trois titres sont issus de l'éponyme "Saga", cinq de "Silent Knight", quatre de "Worlds Apart", trois d' "Images at Twilight ", soit quinze titres issus des quatre premiers opus ; cette "routine" qui pouvait paraitre regrettable sur les tournées ordinaires, devait de toute évidence s'imposer pour cette ultime prestation du groupe ! D'ailleurs, certains titres magnifiques avaient été plutôt rarement joués auparavant, à l'instar de "Someone Should" issu de l'opus "Silent Knight" !

Je me sens donc comblé !! Que dis-je, NOUS sommes comblés, moi, ma p'tite Fée, nos amis et tout le public formidable composé d'admirateurs ravis ! Une belle communion unit suisses, français et allemands dans une même ferveur ! Je pense que tous nous avions conscience de vivre les dernières minutes avec SAGA, après quarante années de plaisirs partagés.
Saga, au terme d'une soirée en deux actes parfaitement réussis, nous accorde deux rappels avant de dire adieux. C'est fini.

Le groupe ne saura pas qu'une partie du public est venu de loin pour les saluer, imaginant probablement que la France est décidément bien rétive à leur musique. On ne peut pas leur en vouloir… Quoique …
PROGRAMME

ACTE I (acoustique)
Images (Chapter 1) (Images at Twilight)
Time to Go (Silent Knight)
The Perfectionist (Saga)
Footsteps in the Hall / You Were Right / On the Other Side (Trust)
No Regrets (Chapter 5) (Worlds Apart)
The Security of Illusion (The Security of Illusion).

ACTE II
Take a Chance (Behaviour)
How Long (Saga)
On the Loose (Worlds Apart)
Generation 13 / Learning Tree (Generation 13)
Careful Where You Step (Silent Knight)
Time's Up (Worlds Apart)
Someone Should (Silent Knight)
On the Air (Network)
Mouse in a Maze (Images at Twilight)
Book of Lies Drum Solo (10,000 Days)
Humble Stance (Saga)
Scratching the Surface (Heads or Tales)
You're Not Alone (Images at Twilight)
Don't Be Late (Chapter 2) (Silent Knight).

RAPPEL
The Flyer (Heads or Tales)
Wind Him Up (Worlds Apart).

RAPPEL2
Compromise (Silent Knight).






vendredi 27 octobre 2017

PENDRAGON – Chez Paulette à Pagney-Derrière-Barine (54) - 27/10/2017

Ah, "Chez Paulette" ! Depuis quelques années, j'entends ce lieu résonner d'échos favorables relayés par de chanceux autochtones. Pendragon y a déjà sévi mais aussi Lazuli, Carducci et bien d'autres y sont passés depuis 1970 alors que Georges Lang en parlait déjà sur RTL (Cf. entrevue avec MusicWaves). La salle accueille environ 55 concerts par an pour une capacité maximum de 400 mélomanes !

Lorsque Pendragon a annoncé cette nouvelle tournée pour la promotion de son DVD "Masquerade20" nous avons vite réalisé que c'était le moment de se décider à visiter cette contrée. En effet, c'était la seule date française sur une mini-tournée !

Après avoir posé notre bagage dans un petit hôtel pris à Toul, à quelques minutes du village, nous avons enfin pu approcher de ce fameux site "Chez Paulette". Evidemment surpris en arrivant de constater l'environnement : un petit village très ordinaire avec une maison très ordinaire également sur laquelle était juste inscrit la désignation. A ce stade, dans la maigre file d'attente qui se forme derrière nous, il était encore possible de douter de la qualité acoustique d'un tel lieu. Mais bon nous ne sommes pas vraiment inquiet, forts des échos de précédents concerts et des discussions entre mélomanes impatients devant l'entrée.
Les discussions entre fous furieux de musique sont toujours intéressantes mais là nous avons eu la chance de discuter avec un couple venu de la Suisse voisine. Cette amitié naissante nous poussera plus tard, en ce vendredi soir, à décider de les suivre le lendemain pour poursuivre un délirant parcours néo-prog qui ne s'arrêtera que dimanche à minuit. Mais, mon récit risque alors de s'égarer ; c'est une autre histoire …
Tiens d'ailleurs, alors que nous attendions, plus ou moins patiemment, Nick nous salue en passant ; tout va bien le groupe a bien fait étape dans le coin !

En première partie de soirée, Nick en bon prince permet à sa Verity White, une des deux choristes de Pendragon accompagnée de son mari (récemment mariés, d'ailleurs) à la basse et d'une boite à rythmes, de nous proposer un petit concert de rock du genre électro.
Le public bienveillant accueille poliment la chanteuse. Davantage eu égard à son talent vocal et à son sourire irrésistible qu'à l'intérêt des chansons interprétées. Les deux musiciens proposent une série de chansons qui, sans être désagréables à entendre, n'en sont pas moins ordinaires ; en tant que parisien je peux entendre au moins aussi bien quotidiennement dans les couloirs du métro.
Mais bon, la dame semble s'épanouir sur la scène, alors nous applaudissons volontiers ce qui pourra être au moins considéré comme un bon exercice pour chauffer sa voix pour le concert qui suit !

PENDRAGON, composé de Nick Barrett (guitares, chant, depuis 1978), Peter Gee (basse, clavier depuis 1978), est toujours entourés de Clive Nolan (claviers, depuis 1986) et de Jan-Vincent Velazco (batterie, depuis 2015). Comme en mai 2016, Verity White et toujours là aussi, mais accompagnée cette fois de Zoe Devenish.
Une belle complicité semble unir ces musiciens qui ont chacun l'opportunité de montrer à tour de rôle leur talent, sans dénaturer les atmosphères voulues par Nick et son public. Les choristes s'impliquent également avec beaucoup d'entrain et semblent beaucoup s'amuser avec le groupe. La présence de choristes sur les dernières tournées ont apporté indéniablement un surcroît de qualité !
Très vite la qualité acoustique de la salle se vérifie alors que la puissance sonore n'impose pas de protection auditive. Nous sommes comme dans notre salon, avec cette différence que nous sommes entourés de quelques centaines de fêlés comme nous !

Le programme dévoile un bon équilibre pour illustrer la carrière du groupe, puisque sur les quatorze titres interprétés ce soir, quatre font toujours référence au 20ème anniversaire de "The Masquerade Overture", mais trois sont issus de "Men Who Climb Mountains" dernier opus en date.
C'est la cinquième fois depuis 2011 que j'assiste à un concert de Pendragon et, comme à l'accoutumée, je ne peux que m'extasier devant l'émotion gilmourienne qui se dégage du jeu de guitare de Nick et devant l'étendue de sa technique. D'autant plus cette fois que nous étions à ses pieds (deuxième rang) dans une petite salle parfaitement adaptée à la prestation. Bien placé pour observer les regards complices de Nick avec ses comparses. Observer Peter le fidèle et discret compagnon depuis le début. Observer aussi la placidité de Clive qui pourtant avait quelques soucis peu perceptibles avec son clavier. Observer enfin la frappe à la fois dévastatrice et chirurgicale de Jan-Vincent.

Pour le reste, il suffit de rappeler qu'un concert de néo-prog, plus encore que l'écoute d'un CD, ca se vit plus que ca ne se raconte. Quelques images vidéo ou fixes tenteront bien d'en dénoncer les bienfaits, mais il est clair qu'il faut assister à leurs concerts pour en connaitre l'intensité. Pourtant, il n'est pas certain que d'espérer un plus grand public, et par conséquent une plus grande salle, soit de nature à vraiment promouvoir cette musique divine ! Donc, chuuuuuuuuuuuut ! Taisons-nous et jouissons du temps présent !




PROGRAMME :
Intro bande-son de The Masquerade Overture

As Good as Gold (The Masquerade Overture)
Paintbox (The Masquerade Overture)
A Man of Nomadic Traits (Not of This World)
The Shadow (The Masquerade Overture)
Masters of Illusion (+solo de batterie) (The Masquerade Overture)
King of the Castle (Not of This World)
Beautiful Soul (Men Who Climb Mountains)
Faces of Light (Men Who Climb Mountains)
Nostradamus (Stargazing) (The Window of Life)
If I Were the Wind (and You Were the Rain) (Not of This World)
This Green and Pleasant Land (Passion)
Breaking the Spell (The Window of Life).

RAPPEL :
Indigo (Pure)
Netherworld (Men Who Climb Mountains).

samedi 7 octobre 2017

MARILLION – Zénith de Paris – 07/10/2017.


Mea culpa ! A chaque fois que je me rends à un concert de Marillion, je me remémore avec regrets toutes ces années malheureuses durant lesquelles j'avais décrété un mépris basé sur des impressions erronées. Heureusement, grâce aux réseaux sociaux (et oui, n'en déplaise aux anti-[réseau] sociaux !), depuis 2007, alors que Marillion terminait sa tournée "Somewhere Else" je suis revenu dans l'Univers de ce groupe merveilleux que j'avais donc stupidement délaissé en 1985.
Outre les émotions perdues durant ces années, ce retour bien trop tardif a retardé ma découverte d'autres groupes qui sont passés dans leur sillage (je pense surtout à Porcupine Tree, bien sûr !).
Mais désormais, je me rattrape comme je peux ; en me gavant de bouchées doubles ! Cette tournée F.E.A.R. par exemple m'aura donné l'occasion d'assister à six autres concerts (l'Elysée Montmartre, la Convention à Port-Zélande, le BeProg à Barcelone, puis ce Zénith de Paris).
Comme à l'accoutumée, l'avant-concert donne l'occasion à notre microcosme d'admirateurs de se rencontrer pour échanger nos émotions. Pour ma part, c'est une bonne trentaine de coforumeurs et conventionnistes, tous animés de la même passion que je revois avec plaisir.
Les réseaux sociaux (toujours eux) ont bien évidemment anéanti l'effet de surprise sur le contenu de la soirée et de la programmation. Nous savons que le quatuor de cordes qui était invité à la Convention sera là. Nous savons aussi qu'il s'agit d'une soirée consacrée exclusivement au groupe avec un premier acte consacré au dernier opus (F.E.A.R.) suivi d'un second constellé de titres magnifiques. Le seul suspense résidait sur leur choix de jouer "The Space" lors de cette date, certaines villes ayant été comblées, d'autres pas. Mais fort heureusement l'effet de surprise n'est pas le seul vecteur de plaisir dans notre rencontre avec ces artistes !
C'est ainsi que, vers 19h30, je revois pour la neuvième fois sur scène Steve Rothery (guitares), Pete Trewavas (basse), Mark Kelly (claviers), Ian Mosley (batterie) et Steve Hogarth (chant) dans un Zénith à peine rétréci (env.4500 places), mais plein comme un œuf !
Placé judicieusement dans les tout-premiers rangs sur le centre droit, entre SH et PT, le son me semble un peu trop puissant en basse. Mais rien de rédhibitoire car le chant, la musique et l'émotion restent parfaitement perceptibles ! Les images particulièrement colorées défilent en fond d'écran et illustrent à merveille les chansons.
A l'instar des récents concerts auxquels j'ai eu le privilège d'assister ces derniers mois, FEAR, le dernier opus est magnifié en concert ; on se rend ainsi compte que chaque titre constitue une véritable pépite. Les musiciens sont unis étroitement et harmonieusement, en totale symbiose ; cette tournée aura achevé de les rassurer sur leur capacité à interpréter ces titres difficiles. L'an dernier à l'Elysée Montmartre, ils avaient évité "The Leavers" le temps sans doute de le roder ; mais à la Convention ce titre m'avait complètement subjugué et ce soir c'est la confirmation ! J'adore ce titre ! Tant de mélodies, tant de ruptures rythmiques et de force tranquille qui précèdent cette montée finale en puissance, c'est juste émotionnellement étourdissant !
Alors qu'un entracte nous est accordé, nous savons que nous ne sortirons pas davantage indemnes que des précédentes prestations du groupe !
Pour le second acte, nous avons la surprise de constater que certes le quatuor de cordes est bien présent mais qu'en outre une flûte traversière et un cor d'harmonie sont venus étoffer le groupe classique ! J'en suis absolument ravi car j'apprécie les instruments à vents et tout particulièrement les cuivres !!
Lorsque "The Space" débute je suis sur un nuage de bonheur. Là encore il s'agit d'une chanson enivrante dont le final est tout particulièrement émouvant. Quel talent ce chanteur, que dis-je ce comédien ! Les autres titres sont parfaitement joués et ravissent les spectateurs ébahis, même si chacun aura sa propre attente d'un titre qui lui est cher. Mais il n'y a aucune place pour la déception tant les solos de Steve Rothery sont toujours aussi étourdissants, tant les atmosphères dégagées par Mark Kelly sont toujours magnifiques, tant la paire rythmique Pete Trewavas/Ian Mosley martèle la marche vers le bonheur !
Le moment du rappel arrive trop vite et nous fait craindre une fin trop proche ; mais en fait, les titres choisis pour terminer ce concert en apothéose sont d'une durée suffisante pour apaiser les esprits !
Une caméra judicieusement placée filme les musiciens retirés provisoirement en arrière scène et les images sont diffusées en fond d'écran. Le lien du groupe avec son public est ainsi maintenu et l'envie attisée ! Un second rappel est pressenti.
Compte tenu de ce que j'ai relaté ci-haut, je vous laisse imaginer ma satisfaction d'entendre de nouveau le final de "The Leavers" ! D'autant plus que j'avais dès le début de la soirée observé la présence d'un canon à confettis … J'ai alors immédiatement fait le lien avec la Convention qui s'était conclue avec le même titre ! L'effet est toujours aussi enivrant ; tels de pauvres diables dans un bénitier les spectateurs ravis agitent les bras parmi les milliers de confettis bleus, blancs, rouges qui retombent !
Un à un les musiciens quittent la scène (pas de salut collectif, donc), les éclairages s'éteignent, lumières du Zénith s'allument ; c'est la fin du voyage !
Alors que, vers 23h10, se termine ce fabuleux concert, je regrette déjà de ne pas avoir opté pour un voyage à Londres la semaine suivante ; c'est le Royal Albert Hall qui les accueille pour le tournage d'une vidéo qui sera, à n'en point douter, un document à détenir !

PROGRAMME :

ACTE I
El Dorado: I. Long-Shadowed Sun
El Dorado: II. The Gold
El Dorado: III. Demolished Lives
El Dorado: IV. F E A R
El Dorado: V. The Grandchildren of Apes
Living in F E A R
The Leavers: I. Wake Up in Music
The Leavers: II. The Remainers
The Leavers: III. Vapour Trails in the Sky
The Leavers: IV. The Jumble of Days
The Leavers: V. One Tonight
White Paper
The New Kings: I. Fuck Everyone and Run
The New Kings: II. Russia's Locked Doors
The New Kings: III. A Scary Sky
The New Kings: IV. Why Is Nothing Ever True ?

ACTE II
The Space (Seasons End)
Afraid of Sunlight (Afraid of Sunlight)
The Great Escape (Brave)
Easter (Seasons End)
Man of a Thousand Faces (This Strange Engine)
Go! (.com)

RAPPEL :
The Invisible Man (Marbles)
Waiting to Happen (Holidays in Eden)
Neverland. (Marbles).

RAPPEL 2:

The Leavers: V. One Tonight.


mercredi 4 octobre 2017

ANATHEMA – Bataclan (75) – 04/10/2017



Ma démarche pour réserver cette soirée était un peu particulière, cette fois …
D'abord, parce que si Anathema demeure un grand groupe de scène, en revanche leur deux derniers opus (Distant Satellites et The Optimist) ne me transcendent toujours pas.
Ensuite, parce que si je ne suis plus retourné au Bataclan depuis le concert d'Opeth du 5 novembre 2014 ce n'est pas uniquement dû au manque d'intérêt musical (quoique) ; un événement légèrement dramatique survenu le 13 novembre 2015 a eu de quoi alimenter cette réticence.

Mais bon, après mûre réflexion j'ai fini par balayer ces deux arguments.
Primo, je ne pouvais pas manquer une occasion de revoir (et accessoirement réentendre) Lee, dont je reste un grand admirateur (...). Plus sérieusement, les atmosphères scéniques développées par ces musiciens sont toujours aussi délicieusement réussies. J'ai pu le vérifier de nouveau au BeProg Festival cet été.
Secundo, je considère que ce lieu emblématique des nuits parisiennes doit survivre à ce qui s'y est passé. Hors de question que des abrutis barbares nous dictent notre culture. Depuis le 21 mars 1981, j'assiste ce soir à mon trente-huitième concert dans cette salle mythique. Elle ne devait pas, elle ne pouvait définitivement pas rester seulement associée à de telles atrocités. Il ne s'agit pas d'oublier mais davantage de surmonter. D'autant plus que les travaux de restauration, impératifs pour cette si belle salle, ont permis me semble-t-il d'améliorer l'acoustique et le confort en mezzanine.


ALCEST ouvre la soirée. Etonnant lien avec mon dernier concert ici ; ces français assuraient également la première partie pour Opeth ! Là s'arrête la comparaison car s'il y a trois années je n'avais pas accroché du tout, cette fois j'ai davantage apprécié ces atmosphères envoutantes.
Je suis même bienveillant à l'égard du chanteur alors que sa voix est juste inaudible et ses propos incompréhensibles … Mais cependant cette voix, que je veux croire intentionnellement sous mixée tant elle est lointaine, fait cependant partie d'un ensemble sonore ma foi très captivant.
L'ensemble du groupe (excessivement introverti et discret, taisant jusque leur identité derrière des surnoms) reste d'ailleurs dans la pénombre et le brouillard de scène, éclairé de lumières sombres, le tout collant à merveille avec une musique sombre mais cependant souvent entrainante.
Je n'écouterais pas cela pendant des heures infinies mais cette entame de soirée était ainsi fort bien réussie !


ANATHEMA se présente à moi pour la quatorzième fois. Le sextuor est toujours composé de Vincent Cavanagh (chant,guitares), Daniel Cavanagh (guitare, chant, clavier), Jamie Cavanagh (basse), Lee Douglas (chant) John Douglas et de Daniel Cardoso (batteries, percussion et claviers).

Dix-sept titres se succèdent dont six tirés du dernier opus (The Optimist) et un seul de l'avant-dernier (Distant Satellites). Je n'aurais donc pas eu trop à souffrir du programme choisi, d'autant moins qu'il me faut admettre que décidément même ces titres passent très bien sur scène, ce qui démontre une fois de plus la propension de ce groupe à s'exprimer en concert !
Même si Vincent ne réside désormais plus à Paris, afin de se rapprocher de sa fratrie à Londres, il reste cependant francophile et le prouve par ses efforts persistants à échanger quelques mots français avec son public. Ca n'a l'air de rien, mais j'imagine aisément que cela contribue à l'affection particulière qui lie Anathema à ses fidèles mélomanes français ; ce groupe reste de surcroit un des seuls à visiter de nombreuses villes de province, qualité appréciables pour les intéressés.

Mon récit, comme d'habitude, n'exprime que mes émotions personnelles et ne prétend à aucune objectivité ni à un quelconque professionnalisme, mais je ne serais pas honnête si je taisais ce qui m'a particulièrement gêné ce soir dans l'interprétation. Tous, (à l'exception de Lee et de Jamie) démontrent leur talent de multi-instrumentiste, notamment leur compétence au clavier. Or, 'faudra qu'on m'explique l'intérêt de ces trop fréquentes bandes pré-enregistrées … de clavier ! Soit les séquences sont dispensables et on s'en passe, soit elles contribuent à l'atmosphère et on les joue ; les deux options relèvent bien d'un choix artistique, mais celle qui a été choisie me semble inappropriée.

Mais bon qui aime bien châtie bien, et puisque je sais que les frères Cavanagh n'apprécient guère d'être contrariés (j'ai en mémoire des anecdotes) je ne m'attarderai pas sur cet aspect du concert qui par ailleurs fut un beau voyage !
Le diptyque "Untouchable I & II" reste au programme des tournées depuis quelques années et semble s'inscrire ainsi comme un incontournable, et je ne m'en plaindrai pas ; Lee et Vincent y forment un duo toujours très émouvant.
Quatre chansons issues de l'excellent opus "Weather Systems" et trois du non-moins réussi " We’re Here…" contribuent à maintenir un très haut niveau de qualité.
Bien évidemment, la durée du concert n'étant pas extensible à volonté, cette forte proportion de titres "imposés" laisse peu place à d'autres titres plus anciens, question de choix.
Cependant avec le rappel, c'est un autre titre récurrent, "Closer", qui ravit le public qui profite de ce titre festif pour se dégourdir un peu la nuque et les jambes. Vincent me semble moins s'attarder sur les distorsions de guitares au sol que d'habitude ; les aléas de l'improvisation sans doute.

Cinq titres en rappel viennent clore cette bien belle soirée.
Notons particulièrement la dédicace émouvante de "A Natural Disaster" pour les victimes du massacre. Les lampes de portable qui éclairent la salle d'une lumière blafarde et la musique mélancolique contribuent à alimenter une atmosphère de recueillement bienveillante.
"Fragile Dreams" vient alors à point nommé pour une fin étincelante et époumonante, le chant de guitare étant repris par le public ravi ! Si les rêves de bonheur sont bien fragiles, Anathema sait les chanter (et c'est déjà ca !…).

A l'échoppe, les marchandises sont plutôt tentantes mais j'ai décidé d'être sage, cette fois. Si, si je vous assure que j'en suis capable ! Je ne prends même pas le CD.
PROGRAMME
San Francisco (The Optimist)
Untouchable, Part 1 (Weather Systems)
Untouchable, Part 2 (Weather Systems)
Can't Let Go (The Optimist)
Endless Ways (The Optimist)
The Optimist (The Optimist)
Thin Air (We’re Here Because We’re Here)
Lightning Song (Weather Systems)
Dreaming Light (We’re Here Because We’re Here)
The Beginning and the End (Weather Systems)
Universal (We’re Here Because We’re Here)
Closer (A Natural Disaster)

RAPPEL
Distant Satellites (Distant Satellites)
Springfield (The Optimist)
Back to the Start (The Optimist)
A Natural Disaster (dedié aux victimes) (A Natural Disaster)

Fragile Dreams (Alternative 4).