dimanche 22 août 2021

LAZULI DE RETOUR SUR LES ROUTES (22/8/21) !

Esplanade du Concié à Saint-Palais-sur-Mer – 22/08/2021.

Quelles sont les principales vertus et bienfaits du Lapis Lazuli ? Je lis qu'il aide à réduire le stress, atténue les migraines, allège les problèmes d’insomnie, contribue à débloquer la parole en cas de colère ou frustration, apaise les symptômes d’allergies, notamment respiratoires. Il me plait à croire qu'en choisissant ce nom les frères Leonetti avaient pour vocation de nous soulager des tourments du quotidien.

En cette période de disette musicale, l'annonce de ce concert en bord d'Océan nous a paru comme une véritable thérapie à appliquer sans hésiter, en dépit de la distance à parcourir (depuis Ivry) ! Une pré-inscription préalable pouvait nourrir une relative inquiétude quant au maintien de l'événement, alors que les annulations continuent de se succéder. Nous avions affronté le sort en réservant une chambre dans un centre hippique, à une douzaine de kilomètres, à Les Mathes. Jusqu'à la dernière semaine nous contenions notre enthousiasme, de peur d'être de nouveau déçu. Je fanfaronnais dans mon entourage sur l'objectif, mais dans le fond j'angoissais gravement.

L'obstination des organisateurs du Crescendo fut récompensée par l'engagement à venir, exprimé par quelque trois cents mélomanes. Et davantage furent finalement présent dans l'enclos du Concié. Le concert fut finalement maintenu. La fête s'annonce belle et pleine de sourires échangés entre les artistes et leurs admirateurs.

En préalable à cette soirée, avec une quinzaine d'autres amis nous nous sommes attablés pour déjeuner dans un resto de L'Éguille, un village au confluent de la Seudre et du Liman, suffisamment proche de l'Océan pour percevoir la montée de la marée dans son charmant petit port. Nous avons ainsi pu déguster notamment une éclade, préparation de moules caractéristique de la cuisine charentaise. Bières et vins accentuèrent notre ivresse des retrouvailles, la plupart des convives ne s'étant pas vus depuis de nombreux mois. Pour ma part, j'ai eu le plaisir de m'asseoir aux côtés de Jean-Max Delva qui m'a parlé de son parcours musical et de son groupe (trop méconnu) Anaïd, que j'avais pu apprécier lors de l'édition 2016 du Crescendo.

Après notre longue route et ces premières émotions, un p'tit répit s'est imposé avant d'atteindre la soirée que nous débutions par un apéro abreuvé notamment de vins cuits faits-maison.

C'est donc bien guillerets que nous présentons volontiers notre passe sanitaire pour pénétrer dans l'enceinte dans laquelle j'étais déjà venu en 2016 et 2017.

Un film rétrospectif du festival Crescendo créé en 1999, est montré au public. Le documentaire montre l'organisation, les émotions, les efforts, et les visages souvent connus des artistes, des protagonistes, simples mélomanes, programmateurs ou animateurs. Difficile de résumer tant d'années de labeur et de passion mais ce film a retenu l'attention et réveillé bien des souvenirs !

EUX ET MOI

Mes précédents récits de leurs prestations l'ont déjà exprimé, mais il me plait de le répéter ; ce groupe FRANÇAIS et FRANCOPHONE est scandaleusement ignoré par la bulle médiatique et pseudo-artistique française, incapable de curiosité musicale. Où sont les journalistes d'investigation, où sont les promoteurs audacieux, où sont les mélomanes curieux ? Heureusement quelques trop rares illuminés les ont reconnus à leur juste valeur. On trouve ces étonnants spécimens le plus souvent en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ; ils démontrent dans les faits que la langue de Molière n'est absolument pas un obstacle à la notoriété internationale. En France, quelques organisateurs sagaces et passionnés ont permis à Lazuli de se produire au Crescendo (2007), au Prog en Beauce (2013, 2014, 2017), Rock au Château (2017) mais aussi à Prog'Sud (2011 et 2018).

Pour ma part, ce n'est que par la grâce des réseaux sociaux que j'ai découvert le groupe gardois, petit à petit au début des années 2010 ; la parution de "Tant que l’herbe est grasse" (2014) motiva mon premier achat. Les occasions de les découvrir sur scènes étant inexistantes à Paris, ce n'est que lors de leur tournée " Nos âmes saoules" que j'ai pu enfin tomber dans la Marmite. Une première fois, le 05 aout 2017 à VILLERSEXEL (70), lors du festival Rock au Château. Puis une deuxième fois, le 29 octobre 2017 à PIERRES (28), lors du Prog en Beauce et enfin une troisième fois le 20 juillet 2019, à St GOARSHAUSEN lors du Loreley, Night of the Prog.

J'avais coché cinq dates dans les prochaines semaines. Ce 22 aout à St-Palais (17), le 11 septembre au Raismesfest (59), le 18 septembre à La-Ferté-Sous-Jouarre (77), le 23 octobre à Pierres (28) et le 31 octobre à Pagney-Derrière-Barine (54). Mais la pandémie continue de sévir, le Raismesfest est contraint de lâcher l'affaire… Je vais me contenter des deux dates d'octobre.

Si ces véritables artistes se distinguent par la qualité des textes, leurs talents de musiciens et leur innovation (Rappelons que la léode est leur invention), il faut aussi voir LAZULI sur scène pour comprendre toute l'essence de leur âme. Dans mon salon, je cultivais une admiration croissante. Devant leur scène, celle-ci fut transcendée en passion. Je frémis encore aujourd'hui en me souvenant de leur prestation étourdissante en Allemagne, devant un public international debout et enthousiaste !

LE CONCERT [21h55-00h05].

La pandémie, le départ de Ged et l'arrive d'Arnaud furent autant de motivation pour retourner au studio et concevoir un album atypique, astucieusement intitulé "Dénudé" qui est paru le 16 mars 2021. Lazuli a choisi de réviser certains titres de son répertoire, dans une version acoustique. L'album me semble magnifier encore les mélodies et les sons, même si je préfère quand même leur version plus électrique.

Aujourd'hui, les deux frangins Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), restent entourés de Vincent Barnavol (batterie, depuis 2010) et Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010). Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020) s'est produit une première fois avec Lazuli sur scène ce 20 aout à Reichenbach (Allemagne) ; ce soir sera ainsi son deuxième concert.

L'auditoire se réjouit d'entendre Domi qui annonce que le concert se composera de l'intégralité de l'album "Le Fantastique Envol de Dieter Böhm", suivi d'une sélection de titres emblématiques. Le tout étant prévu sur une durée de deux heures. Il s'agira ainsi de mon premier vrai concert et non d'un passage (toujours trop bref) en festival. C'est aussi ma première occasion d'entendre les titres de ce formidable album qui est déjà passé plus souvent qu'à son tour entre mes oreilles.

Rapidement, je constate une très bonne sonorisation, tout avait bien été préparé dans l'après-midi. L'éclairage, sans artifice superflu, s'est avéré adéquat, notamment pour les chasseurs d'images. En fond de scène, un écran a valeureusement diffusé quelques images, avant de rendre l'âme, une demi-heure avant la fin.

Positionné face à Claude, j'étais idéalement placé pour voir et entendre ses nombreux soli de léode, dont les sons si singuliers constituent la principale originalité du groupe. Sa place prépondérante sur la plupart des titres est rapidement montrées avec "Les Chansons Sont Des Bouteilles À La Mer". Je continue à admirer ce troublant instrument novateur et celui qui est capable de le maîtriser. Il est ainsi capable d'imiter des sonorités aussi diverses que la guitare, le clavier, ou la voix. Pendant le concert, il enivre mes sens et je n'y pense pas, mais avec le recul comment ne pas se réjouir du chemin parcouru depuis ce malheureux accident de moto qui aurait pu priver Claude de sa passion musicale ! Sa ténacité et la solidarité de son entourage aboutissent maintenant à produire un groupe atypique dans le paysage musical.

La voix si limpide et si juste de Domi fait partie aussi des éléments qui rendent la musique de Lazuli si singulière et émouvante. Sa tessiture élevée se marie à merveille pour exprimer les émotions. Quel plaisir que de pouvoir comprendre enfin des chansons lorsqu'elles racontent avec sincérité des rencontres (Dieter), et davantage encore la désillusion, la tristesse, la révolte. Je n'avais plus ressenti une telle conviction, une telle pertinence, alliée à une musique qui me convient, depuis les quatre premier opus de Trust ou les trois premiers de Téléphone. Il suffit de regarder Domi chanter, jouer de sa guitare, taper sur une caisse claire, un marimba, ou danser comme un lutin endiablé pour se convaincre de son authenticité, sa bonté d'âme.

Etant moi-même cornettiste de formation, je ne puis qu'être sensible aux apports cuivrés dans le rock. C'est notamment ce qu'apporte le multi-instrumentiste Romain. Si son pupitre principal reste le clavier qu'il maitrise parfaitement (soli improvisés notables), il prend souvent son cor d'harmonie avec lequel il contribue encore davantage aux sonorités Lazulienne. A cet égard, on aura notamment remarqué son solo durant "Les Sutures". Ce touche-à-tout participe aux percussions ou à la batterie, par exemple "Le Miroir aux Alouettes".

Autre particularité (décidément…), Lazuli ne comprend pas de guitare basse. Donc la rythmique repose fortement sur la batterie et donc sur la frappe à la fois chaloupée et puissante de Vincent. Sa technique irréprochable, les nuances qu'il sait porter sur les toms, caisses, et cymbales font de lui une pièce maitresse pour amplifier les rythmes si dansant de Lazuli. Tout cela ne l'empêche pas d'ajouter ses chœurs ou d'inter-changer son pupitre avec Romain dont il prend les percussions ("Le Miroir aux Alouettes").

Cette quatrième occasion qui m'est donnée d'assister à un concert de Lazuli présente la particularité de découvrir le nouveau guitariste depuis le départ de Gédéric Byar. On n'oubliera jamais Ged ; le remplacer n'est probablement pas une mince affaire, ni musicalement ni humainement, mais Arnaud semble bien intégré. Il assume son pupitre avec fougue et conviction, en démontrant sa propre sensibilité, notamment sur des soli qui m'ont paru plus bluesy.

Bref, chacune de ces pierres constituent un bien bel édifice ! D'ailleurs le public ne s'y est pas trompé ; il a logiquement chaviré de bonheur devant tant de générosité et de bonne humeur, il chante, danse et applaudit avec exaltation ! C'est comme un rituel désormais, une vraie complicité est une nouvelle fois démontrée à l'occasion de "Les courants ascendants" dont l'air est repris longuement à gorges déployées par des voix volontaires, les musiciens ne peuvent qu'accompagner l'ensemble vocal.

Le mélomane exigeant et passionné par le répertoire de l'artiste s'est encore (fatalement) senti frustré par l'absence de certains titres. Mais si j'étais raisonnable je serais ravi de souligner que nous avons eu la chance d'entendre dix-neuf invitations au voyage. Outre les neuf titres issus de "Le Fantastique Envol de Dieter Böhm" paru en 2020, la sélection a permis d'entendre notamment trois titres issus de "Tant que l’herbe est grasse" paru en 2014, trois titres issus de "Nos âmes saoules" paru en 2016, deux titres issus de "4603 battements" paru en 2011 et un seul titre issu du pourtant remarquable "Saison 8"  paru en 2018. A cette nuance près que l'interprétation de 15h40 est tirée de leur dernière parution en date "Dénudé".

Pour clore cette superbe prestation, Lazuli accorde au public averti un autre rituel très attendu, les cinq musiciens entourent un marimba sur lequel ils interprètent leur air favori "Neuf mains autour d'un marimba" suivi cette fois d'une allusion à Police (au dernier Loreley ce fut un hommage à Nick Mason qui les écoutait en coulisse !).


PROGRAMME

Sol (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
Les Chansons Sont Des Bouteilles À La Mer (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
Mers Lacrymales (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
Dieter Böhm (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
Baume (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
Un Visage Lunaire (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
L'envol (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
L'homme Volant (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020)
Dans Les Mains De Dieter (Le Fantastique Envol de Dieter Böhm, 2020).
Déraille (Tant que l’herbe est grasse, 2014)
Le Lierre (Nos âmes saoules, 2016)
Le Miroir aux Alouettes (4603 battements, 2011)
15h40 (4603 battements, 2011, version Dénudé, 2021)
Les Sutures (Nos âmes saoules, 2016)
Homo Sapiens (Tant que l’herbe est grasse, 2014)
Les Courants Ascendants (Tant que l’herbe est grasse, 2014)
J'attends un Printemps (Saison 8, 2018).
RAPPEL :
Nos Ames saoules (Nos Ames saoules, 2016)
Neuf mains autour d'un marimba + variation sur "Every Little Thing She Does Is Magic" de Police
A peine sortis de scène, les cinq membres de Lazuli viennent se mettre à la disposition de leurs admirateurs au kiosque qui leur est dévolu. Signatures, autoportraits, dialogues ; tout démontre une nouvelle fois leur disponibilité, leur gentillesse, leur simplicité, leur modestie. Il me plait d'imaginer qu'ils resteront dans cet état d'esprit  avec davantage de notoriété.

Il est tard, nous sommes passés largement au lendemain, il est temps de se quitter, plein d'étoiles dans la tête. On se quitte en se donnant rendez-vous à la prochaine occasion prévue ; le Raismesfest !

LE JOUR D'APRES (eh oui…)

Le lever du corps à une heure raisonnable, aussi regrettable fut-il, était nécessaire pour se mettre sur la longue route prévue vers l'Aveyron. D'autant plus qu'un détour dans les vignobles charentais s'imposait pour dégoter le meilleur Pineau. Pourquoi relater ce parcours d'une banalité affligeante ; quel rapport avec Lazuli ?

Bah justement, le Destin a prévu une autre surprise de taille. Inattendue, extraordinaire, incroyable. Pourquoi nous sommes-nous arrêtés aux alentours de midi justement sur cette aire de repos d'autoroute, quelque part après Bordeaux ? Il y a des moments dans la vie où on se demande si un ange gardien nous aide quelque part…

Toujours est-il qu'abrutis par la route une pose s'imposait à ce moment-là. Nous suspendons l'écoute des albums de Lazuli qui était en boucles depuis notre départ. Garé en épi au magasin de la station de carburants, nous commencions à nous détendre et à discuter encore et toujours de nos émotions vécues la veille. De notre passion pour Lazuli. Mais très rapidement ma p'tite Fée ouvre de grands yeux incrédules en direction de ce qui se passait derrière moi au niveau des pompes à essences …

Non ce n'était pas un hologramme, c'était bel et bien Claude qui venait de sortir de leur bahut. Puis Romain, puis Vincent… Domi en train de se charger de la logistique du véhicule utilitaire. Est-il utile de préciser l'état du palpitant à cet instant ? Nous les saluons à distance, chaleureusement mais assez respectueusement pour leur foutre la paix après les heures agitées qu'ils viennent aussi de vivre. Mais sans doute avions nous sous-estimé leur simplicité ; Claude s'approche volontiers et entame la conversation suspendue la veille. Vincent, puis Romain, puis Domi font de même. Nous nous trouvons ainsi en compagnie de nos idoles, à partager nos émotions plus calmement qu'hier soir sous le kiosque.

Une bonne demi-heure durant, nous pouvons leur dire toute notre admiration, régurgiter des questions que nous nous posions, sur eux, leur goûts, leur musique. Mais c'est bien mieux qu'un entretien à sens unique ; ils s'intéressent à nous, à nos impressions. Bref, ce fut un véritable échange qui accentue encore notre respect. Nous aurions bien prolongé ces instants magiques, presque irréels, mais nous avions notre route et eux la leur. Je précise que j'ai passé l'âge de jouer les "groupies", il s'agissait juste d'un immense plaisir de pouvoir échanger simplement aves des artistes. J'estime que ce genre de rencontre est de nature à nous rassurer sur l'état de notre humanité par les temps qui courent…

Confiant dans l'avenir, nous nous saluons et nous donnons rendez-vous pour le 11 septembre à l'occasion du Raismesfest. (Nous ne savions pas encore que cet événement, aussi, devait être malheureusement annulé…)

Je reprends le volant, encore abasourdi par l'événement extraordinaire que nous venions de vivre. Avec ma p'tite Fée nous peinions à réaliser la chance inouïe que nous avons eu ! Sur tout le reste de notre parcours, nous n'avons pas même songé à remettre la musique dans la voiture, tellement nous étions totalement bouleversés. Il a bien fallu reprendre nos esprits une fois arrivés à notre destination où il aurait été vain de vouloir faire partager l'intensité de notre joie d'adulescents.

vendredi 2 juillet 2021

WELCOME-X – Le Triton (Les Lilas 93) – 02/07/2021.

La Pandémie prive les mélomanes de concert depuis … trop longtemps. Personnellement, si le calendrier perpétuel avait été suspendu le 8 mars 2020 après le concert d'Anathema au Trianon, en revanche j'ai ponctué la période de privation par le concert (très agité) de Pogo Car Crash Control le 16 septembre 2020 au Trabendo. Moins d'un an s'est donc écoulé avant de retrouver une salle de concert. Certes, ce n'est pas un retour à la norme ; les spectateurs sont assis et masqués. Pour vivre un concert de metal alternatif cela s'annonce donc relativement frustrant…

Mais le mangeur de notes a faim. Et puis, revoir le bassiste Philippe Bussonnet dit "Bubu", en outre entouré de nouveaux complices sur la scène du Triton, cela ne se refuse pas.

Bubu m'a toujours séduit par son jeu hypnotique, au sein de formations aux univers musicaux divers et variés tels que Magma, de Guillaume Perret, ou de Wax'in. Plus proche du jazz que du rock. Cette fois, il s'est entouré de nouveaux partenaires pour exprimer son talent au sein de WELCOME –X, dans un registre davantage metal, quoique suffisamment atypique pour ne pouvoir subir un quelconque étiquetage définitif.

Le Triton est un site indépendant et légendaire situé dans le 9-3 où se produisent des artistes le plus souvent marginaux, qui proposent des atmosphères musicales atypiques et improvisées. La structure s'est dotée en outre d'un restaurant dans un cadre sympathique qui nous ferait presque oublier que nous sommes au cœur de l'Ile-de-France. Nous précédons donc les festivités d'un repas servi avec sourires et convivialité pour un tarif raisonnable. Une bière artisanale normande s'ajoute à la sensation de bonheur. Quatre amis heureux de se retrouver après tant de mois de privations autour d'une bonne table, entourés de mélomanes passionnés. Et de surcroit mon fils me fait la surprise de se joindre à nous ! Quoi d'autre ? The Best is yet to come, dirait Klaus.

LE CONCERT [20h40-22h25]. L'affiche ne présente pas d'invité. Fidèle à son habitude, le patron du lieu présente la soirée et souligne son attachement aux artistes qu'il aime recevoir et soutenir.

Depuis fin 2017, alors qu'il était encore au sein de Magma depuis 1996, Bubu a monté ce projet qui mijotait déjà depuis un certain temps. Il a écrit les musiques puis Sam Kün (ex chanteur du groupe rock Flesh & Dust) a brodé ses textes. Cette alchimie a produit une musique metal alternatif qui pourrait être comparée, selon les sensibilités de l'auditeur, à Black Sabbath, Soundgarden, Rage Against The Machine, Tool ou plus récemment Klone.

Aujourd'hui on trouve sur la scène Sam Kün (chants), Philippe Bussonnet (basse), Thomas Cœuriot (guitare), Joe Champ (guitare) et Julien Charlet (batterie).

Son premier album, éponyme, est paru le 1er décembre 2018 et avait déjà été réalisé au Triton (Paris) Leur second opus, sobrement intitulé "volume 2", vient de paraitre ce 25 juin 2021.

Le concert se déroule en salle 1. Elle offre une bonne acoustique. C'est d'ailleurs dans ces locaux que sont enregistrés des albums. Mais ce soir, le mixage du micro m'a semblé parfois défaillant. La voix devenait quasi inaudible sur les parties calmes. En revanche, les autres pupitres ont pu s'exprimer clairement.

L'affluence est satisfaisante pour cet auditorium modeste, qui peut accueillir 180 auditeurs. Avec mes quatre autres amis auditeurs, nous sommes sagement assis au premier rang, ce qui compte tenu des conditions fut une position idéale, notamment pour prendre quelques photos.

Pas d'artifice particulier, ni fond de scène, ni d'écran, qui de toute façon, auraient eu du mal à tenir sur cette petite scène. Un éclairage correct soutenu sur la scène par des tubes lumineux multicolores. Le quintet n'a pas de mal à trouver ses marques, seul le chanteur s'aventure hors de son cercle.

Etant dans une phase découverte (en dépit d'écoutes préalables), j'ai cependant apprécié cette alternance d'ambiances parfois planantes, lentes ou atmosphériques, parfois chaloupées, parfois agressives. Même si je suis davantage sensible aux voix claires, les passages plus rugueux m'ont semblé adaptés aux humeurs instrumentales. Bubu est hors concours, heureux visiblement d'être là, aussi à l'aise (davantage ?) qu'avec ses anciens prestigieux partenaires. Les deux guitaristes sont complémentaires, l'un assurant davantage les soli et l'autre la rythmique, mais toujours dans une dialogue constructif.

Impression très favorable dans l'ensemble, donc. Mon enthousiasme aurait été complet si les titres comprenaient davantage de mélodies entrainantes, évitant de se complaire dans un univers expérimental, car l'énergie m'a semblé souvent trop contenue. Cela étant, honnêtement, dans le cas contraire j'aurais eu du mal à tenir sur ma chaise ! En l'occurrence, j'ai eu bien du mal à tenir assis ; les pieds et les nuques n'ont cessé de battre le rythme toute la soirée ! Le seul temps faible de la soirée, à mon sens, fut peut-être ce titre prétendument évocateur du Japon, mais bon c'est un détail…

Le public est satisfait et le fait savoir dans la bonne humeur. Un rappel est obtenu.

Le dernier titre confirme l'impression générale de ce concert. Tout cela nous a donné soif, nous retournons donc bar terminer la soirée. Toujours ca de pris avant un prochain concert très hypothétique à ce stade de la pandémie …

PROGRAMME :

32Ge (Volume 2, 2021)
Ombromanie (Volume 2, 2021)
Finders Keepers  (Welcome-X, 2018)
Behold Your Karma (Welcome-X, 2018)
Lovesick Leech Pills (Welcome-X, 2018)
Inevitable Collapse (Volume 2, 2021)
Meltdown (Welcome-X, 2018)
Bullseye (Volume 2, 2021)
Scent of Sakura  (Volume 2, 2021)
Thylacine Blues (Volume 2, 2021)
Corrupted Suits (à paraitre)
Still Smile (Welcome-X, 2018).

mardi 3 mars 2020

PENDRAGON – La Maroquinerie - 03/03/2020


Davantage que de coutume, j'ai tardé à reprendre le clavier pour exprimer mes sentiments sur ce concert fabuleux de Pendragon. Lorsque j'ai appris la manière avec laquelle le personnel de la Maroquinerie a accueilli la Troupe, j'ai peiné à retrouver l'apaisement nécessaire pour relater le concert lui-même. C'est donc avec toute mon objectivité légendaire que je peux tenter d'exprimer mes impressions.
Tout avait pourtant bien commencé pour les organisateurs, comme pour le groupe et son public puisque la soirée était annoncée "complet", depuis le 28 février dernier. Les portes se sont ouvertes à l'heure ; le public a pu s'engouffrer rapidement dans cette salle que par ailleurs je n'apprécie guère. Son acoustique m'a toujours paru médiocre. Je lui reproche également son accessibilité car elle est assez éloignée des stations de métro. Il n'y a guère que son bar avec sa terrasse en plein air qui soit séduisant ; il permet aux beaux jours de bavarder avec les amis et les artistes volontaires (boire une bière à côté de Ross Jennings de Haken en toute simplicité fut un beau souvenir !). Nonobstant mes réticences, je n'ai pas d'autres choix que de continuer à m'y rendre bon gré mal gré, tant que mes artistes favoris y sont annoncés…Mais à mon humble avis, on n'est pas près d'y revoir Pendragon !
Comme pour tous les artistes qui se produisent à la Maroquinerie, la logistique a peiné à débarquer hommes et matériels. Pas d'espace de stationnement dans cette petite rue du vingtième arrondissement de Paris. Comme pour tous les artistes qui s'y produisent, l'arrière-scène est particulièrement exiguë et peu confortable. Jusque-là, il est permis de considérer que ce sont les aléas d'une tournée auxquels ils doivent plus ou moins s'attendre. En revanche, les soucis rencontrés après le concert me semblent, eux, inadmissibles. Je copie en fin de mon présent relevé la traduction du récit qui en a été fait pas Clive sur son site. J'espère que les artistes se passeront le mot pour boycotter cette salle et ses gérants.
Davey DODDS [19h30-19h55]. Après avoir longtemps imaginé que cette soirée anniversaire allait être intégralement assurée par Pendragon, j'ai appris dans la semaine précédente que les anglais ont eu droit à une première partie de luxe ; sur les trois précédentes dates, elle fut assurée par Monsieur Pete Jones (génial multi-instrumentiste au sein de son groupe Tiger Moth Tales, mais aussi et surtout au sein de Camel). Nous, nous devrons nous contenter de Davey Dodds glorieux inconnu en ce qui me concerne…
Renseignement pris, ce sympathique personnage fut le meneur, chanteur et compositeur du groupe de rock progressif Red Jasper jusqu'à ce qu'il quitte le groupe dans les années 90 pour travailler comme guide de pêche-à-la-mouche (!) et écrivain, reclus au fin fond des Cornouailles. Il semble toutefois que son œuvre jouisse d'une certaine reconnaissance, outre-manche… En juin 2017, "Kernowcopia" son album solo est paru. Ses thèmes traditionnels et celtiques sont évoqués ce soir, aux sons de sa mandoline.
Cette prestation acoustique ne nécessite pas de sonorisation particulière, ni d'artifice, ni d'autre éclairage que le faisceau focalisé sur lui. Celui-ci suffit à faire briller les yeux malicieux de cet artiste particulièrement indépendant.
Relativement disert pour présenter ses chansons, il nous a proposé quelques titres (quatre ou cinq) ma foi sympa à écouter, d'autant plus si on parvenait à laisser notre esprit vagabonder dans les pubs gallois, à l'abri des caprices météorologiques de la région… Mais là je m'égare. Le public applaudit poliment avec moi le monsieur qui ne semble pas en demander autant en s'éclipsant vers l'arrière-scène…
PENDRAGON [20h15-22h30]. Nick Barrett (guitares, chant, depuis 1978) demeure entouré par son fidèle complice, Peter Gee (basse, clavier depuis 1978), mais aussi par son très ancien ami d'enfance Clive Nolan (claviers, depuis 1986). Jan-Vincent Velazco (batterie, depuis 2015) continue à participer à l'aventure. Les choristes sont désormais Anne Cambridge et Zoe Devenish. Cette dernière est également violoniste. L'autre changement pour cette tournée, c'est l'apport d'un guitariste additionnel, Mark Westwood (ex-NEO en 2007, et ex-Clive Nolan band en 2013).
A l'échoppe du jour, je me procure l'édition simple de l'opus "Love Over Fear" (15€) qui vient de paraitre cette année. Mais ce soir, Nick promeut également le coffret du 40ème anniversaire contenant cinq disques compacts, dont trois proposent un enregistrement complet d'un concert réalisé à Londres en 2018.
Compte tenu de la configuration du lieu (…), les moyens techniques du groupe ont permis d'obtenir une sonorisation ma foi acceptable, passées les premières minutes de réglages durant lesquelles on ne percevait qu'à peine les choristes… Etant placé au troisième rang en face de Nick, j'étais de toutes façons condamné à conserver mes protections auditives pour me protéger des frappes redoutables du batteur. Mais bon, globalement j'ai pu profiter agréablement du concert.
L'éclairage m'a semblé correct, à la fois pour les yeux des spectateurs et pour les objectifs des chasseurs d'images. En tous cas, pour ma part je suis parvenu à conserver quelques beaux clichés.
Pour agrémenter cette scène relativement étroite, deux toiles étaient tendues en fond de scène sur lesquelles furent diffusés des images et des jeux de lumières assez ordinaires mais suffisantes pour illustrer un tant soit peu les titres du programme.
D'emblée Nick nous a paru lumineux, joyeux et bondissant, d'une bonne humeur surprenante (surtout avec le recul de ce que nous apprîmes le lendemain de leurs mésaventures…). C'est rafraichissant de voir cet artiste heureux comme un gamin sorti de classe pour s'éclater dans la cour de récréation ! Son attitude tranche quelque peu avec celle de ses complices ; Pete est très discret, très modeste, limite austère, alors que Clive est très concentré, limite préoccupé, il ne sourira qu'à la fin !
Mais au-delà de ces impressions de façade, les talents s'expriment. En particulier bien sûr celui de Nick dont les sons gilmouriens continuent à dissiper nos soucis du quotidien (et Dieu sait qu'ils sont nombreux en ce moment !). Pendant deux heures et quart, nos esprits se sont évadés dans un pays où la fantaisie est Reine et le bonheur son Roi. On se sent d'autant plus emporté par ses somptueux soli qu'il les offre au public avec une générosité et un plaisir évident. Les ovations que suscitent ses exploits entretiennent un échange intense et réjouissant de part et d'autre.

Pete laisse entendre sa basse avec perspicacité, quelques accords remarquables sont astucieusement ressortis des périodes les plus propices. Clive est impérial pour recréer les atmosphères qui sont déjà dans toutes les oreilles des admirateurs convaincus d'avance. Jan-Vincent fait l'objet de débats, mais pour ma part il me semble assurer correctement sa fonction. Il est certes moins exubérant que Scott Higham (parti en 2014) mais j'imagine que c'est ce que veut Nick, et c'est lui le patron, point final.
Le concert s'est tenu en deux actes ; d'abord la reprise intégrale de "Love Over Fear", puis des titres retraçant le répertoire de 1993 à 2014. Durant la première partie, j'étais plutôt en phase découverte et observations, visant à vérifier mes premières impressions relevées de l'écoute de l'opus. Je ne me suis donc pas senti emporté par l'émotion même si j'ai ressenti quelques beaux frissons ! En revanche, dès le début de la seconde partie avec "The Walls of Babylon" mon esprit s'est totalement libéré, capté par ces mélodies entêtantes et sublimées par ces soli fabuleux !
L'ensemble de la prestation m'a d'autant plus ravi qu'elle a rapidement dissipé ma crainte sur une séquence particulière issue du dernier opus. Ayant en horreur les bandes-sons pré-enregistrées, que j'estime le plus souvent parfaitement inutiles (voire nuisibles), j'attendais avec inquiétude l'interprétation de "360 Degrees" aux sonorités celtiques. Le pire eût donc été un son venu de "nulle part". Le moindre mal aurait pu être une intervention astucieuse de Clive au synthé. Or, que nenni, à mon grand soulagement, Zoe Devenish est non seulement l'une des deux choristes expansives, mais elle s'exprime aussi avec son violon ! Le son étant limpide à souhait, l'apport Mark Westwood, avec sa guitare sèche à douze cordes, contribua également à densifier opportunément les ambiances requises ! Ce dernier, assis discrètement en bord de scène, m'a semblé ainsi magnifier quelques-uns des plus beaux titres du répertoire de Pendragon.
Face à tant de beauté, d'harmonie et de virtuosité, la réaction du public ne pouvait qu'être exubérante ; les ovations se sont exprimées crescendo jusqu'au rappel. Un enthousiasme fervent, mais respectueux aura toutefois contribué à faire monter la température à tel point qu'un malheureux spectateur des premiers rangs (juste à ma gauche) a chuté au sol. L'émoi en fosse ne pouvait pas échapper au regard bienveillant de Nick alors qu'il venait de débuter "Afraid of Everything", qu'il arrêta immédiatement. Lorsque le malade a bien voulu se laisser transporter (on peut comprendre qu'il souhaitât rester !) Nick reprit le court du concert. Mais ce furent de précieuses minutes perdues avant l'heure de couvre–feu, prétendument fixée ici à 22h30 ! Un amis photographe que se reconnaitra m'indique être resté le lendemain bien au-delà de cet horaire à l'occasion d'un concert…


Seize titres sur les dix-huit prévus ont été interprétés ; mais les circonstances ont abouti au retrait terriblement frustrant de "This Green and Pleasant Land" et "Masters of Illusion", deux titres majeurs du répertoire qui étaient pourtant bel et bien inscrits sur les feuilles au pied des micros…
PROGRAMME
Everything (Love Over Fear, 2020)
Starfish and the Moon (Love Over Fear, 2020)
Truth and Lies (Love Over Fear, 2020)
360 Degrees (Love Over Fear, 2020)
Soul and the Sea (Love Over Fear, 2020)
Eternal Light (Love Over Fear, 2020)
Water (Love Over Fear, 2020)
Whirlwind (Love Over Fear, 2020)
Who Really Are We? (Love Over Fear, 2020)
Afraid of Everything (Love Over Fear, 2020) ; Nick a suspendu la chanson lorsqu'un spectateur des premiers rangs s'est effondré dans le public, puis il a recommencé après son évacuation.
The Walls of Babylon (The Window of Life, 1993)
The Wishing Well: II. Sou' by Sou' West (Believe, 2005)
Indigo (Pure, 2008)
Paintbox (The Masquerade Overture, 1996)
Breaking the Spell (The Window of Life, 1993).
RAPPEL :
Faces of Light (Men Who Climb Mountains, 2014).


Nous sommes restés avec ma p'tite Fée, espérant rencontrer les musiciens comme ce fut le cas à la fin de chaque concert précédent. Mais ignorant le contexte, nous avons attendu en vain …

"Le Jour de l'Enfer !
Nous nous doutions que ce serait un jour difficile, mais personne ne s'attendait à ce que ce soit le cas à ce point !
Comme si souvent à Paris, nous avons déposé notre matériel et nos affaires près du lieu du spectacle, afin que le bus puisse partir et trouver un parking adéquat. Sauf que nous avons été déposés dans une autre rue (à cause d'une bizarrerie de la position de la salle), donc tout le matos a dû descendre d'une petite colline, puis remonter une autre rue et revenir à la salle. Bravo à l'équipe pour cette "entrée" vraiment merdique !
Une fois à l'intérieur de la salle, nous avons eu droit à un environnement sans air et, bien sûr, à une loge de la taille d'un timbre-poste. Il y avait un peu de nourriture mais Vinnie s'est retrouvé à manger du poulet cru, ce qui nous a mis en garde !
C'est alors que les disputes ont commencé. Les chauffeurs n'ont pas réussi à faire entrer le bus dans le parking qui leur avait été proposé et ils ont donc dû trouver un autre endroit ; cela a coûté de l'argent et du temps, mais au moins ils ont fini par se garer et par se brancher sur le courant. Cela signifiait que le bus ne pouvait pas venir nous chercher à minuit mais à 1h30 du matin.
C'est simple, non ?
Non !
Il y avait un couvre-feu sonore strict à 22h30, donc la première chose que nous avons dû faire a été de couper le décor. Ce n'est jamais bon, mais nous n'avions pas le choix.
Le défi suivant était de libérer le lieu avant minuit. Une heure et demie pour finir de vendre la marchandise, emballer tout le matériel, mettre la marchandise en boîte, et tout sortir de la salle. Encore une fois, quelle équipe !
Cela aurait pu se faire, mais le bus n'a pu nous rejoindre qu'à 1h30. Il y avait une sorte de couloir couvert à l'extérieur de la salle où nous pouvions charger tout le matériel et le trimballer jusqu'à ce que nous soyons récupérés.
C'est simple, non ?
Non !
Apparemment... ce n'était pas possible parce que le personnel du site avait commencé à une certaine heure et, grâce à diverses règles syndicales, il devait finir à minuit. Malheureusement, à moins de payer des heures supplémentaires à quelqu'un pour attendre avec nous, il devait fermer les portes du grand couloir et nous laisser dans la rue glacée avec tous nos sacs et notre matériel.
Alors peut-être aurions-nous pu payer quelques shekels supplémentaires pour que quelqu'un nous laisse utiliser le couloir ?
C'est simple, non ?
Non !!!
Ils voulaient 300 euros pour nous laisser utiliser ce putain de tronçon de béton sous couverture. 300 euros ! Naturellement, nous étions pris à la gorge, alors malgré les meilleures tentatives de Rachel pour négocier quelque chose de plus raisonnable, 300 euros ont été accordés.
Sachant que ce concert était complet, on aurait pu penser qu'un peu de flexibilité aurait pu être exercée. Mais non.
Alors, on met le matériel dans le couloir avant minuit avant de tout faire glisser dans la rue, puis on remonte l'autre rue et on monte dans le bus.
C'est simple, non ?
Non !!!!
Un appel est arrivé pendant que nous attendions : les chauffeurs s'étaient réveillés mais quelqu'un avait coupé le courant dans ce parking de bus, si bien que les batteries du bus étaient complètement à plat ! Le bus n'allait nulle part ! Il n'allait certainement pas être avec nous à 1h30.
Mais il y a de la bonne nature en chacun de nous, alors ayant déjà payé les 300 euros pour ces "heures supplémentaires", on aurait pu imaginer qu'ils ne nous en voudraient sûrement pas de rester un peu plus longtemps jusqu'à ce que le bus arrive enfin.
C'est simple, non ?
Non ! !!!!
A une heure cinq minutes, on nous a dit de sortir le matériel du couloir ! A ce stade, nous n'avions aucune idée de quand nous reverrions le bus. Alors on s'est tous mis au travail et on a sorti le matériel dans la rue. Franchement, d'après mes calculs, on devrait nous rembourser une partie de ces 300 euros !

Nous étions donc là, dans la rue à 1h30 du matin.
Peu importe, l'autobus triait quelques câbles de démarrage et nous rejoignait rapidement.
C'est simple, non ?
Arghhhhhhhhh !!!!!
Apparemment, même cela était beaucoup trop compliqué. Alors nous avons attendu, et gelé, et attendu, et gelé, et attendu. Finalement, le "service normal" a repris et le bus est parti. Le matériel a donc été déplacé vers le bas de la colline et dans l'autre rue où nous avons attendu et gelé encore un peu.
Juste après 3 heures du matin, le bus est arrivé ! Après un emballage très fatigué de notre matériel et de nos affaires, nous avons enfin pu quitter une salle qui, je l'espère personnellement, ne sera plus jamais utilisée !
De surcroit, ce n'est qu'une partie de tous les incidents de la journée, mais je pense que cela suffira pour le moment. Peut-être que plus tard, je révélerai l'"épreuve du pantalon".

Jusqu'à présent, j'ai omis de mentionner le concert lui-même. Le meilleur moment de la journée, c'était le public ! Ils étaient absolument brillants et c'était un plaisir de mettre de côté toutes les conneries de la journée et de leur jouer 😉 J'ai été impressionné par leur silence pendant les moments d'ambiance ; merci pour ce respect 🙂
Il faisait tellement chaud et il n'y avait pas d'air dans la salle (qui, personnellement, je pense qu'elle était trop remplie) qu'un pauvre type s'est effondré, et nous avons dû interrompre le concert jusqu'à ce qu'il soit mis à l'écart. Je suis heureux de dire qu'il a quand même pu voir le reste du spectacle depuis le côté de la scène.
Donc oui, super concert.

Et puis tout ce qu'on a eu à faire, c'est de faire nos bagages et de partir...
C'est simple, non ?"

mardi 25 février 2020

LEPROUS à l’Empreinte de Savigny-le-Temple – 25/02/2020


Le concert de LEPROUS au Cabaret Sauvage a bouleversé l’ensemble du public qui avait eu la chance d’y assister. En ce qui me concerne, ce fut au moins l’un de mes meilleurs concerts de l’année, peut-être même Le meilleur. Conscients d’avoir vécu un grand moment de musique, nous nous attendions à devoir attendre de longs semestres avant de revivre une telle expérience en compagnie de ces formidables scandinaves. L’annonce inespérée de leur retour si proche ne permit aucun doute quant à notre détermination à prendre l'engagement de nous aventurer dans cette profonde banlieue parisienne. Nous ne fûmes manifestement pas les seuls puisque le concert de ce soir est complet !
Au comble de notre bonheur le matin-même du concert, nous apprîmes que Leprous est désormais à l’affiche du Midsummer festival à Valkenburg (Pays-Bas) qui se tiendra le 20 juin prochain ! Une nouvelle date cochée donc d'une croix rouge.
Reste à cibler la destination du jour, et à faire fi de mes précédentes réticences…
L'Empreinte est un auditorium municipal érigé à la fin de l’année 1999, composé notamment de deux salles ; celle qui accueille le concert de ce soir peut accueillir 400 personnes. L’autre, 150. Ces vingt dernières années j’ai souvent été tenté de m’y rendre, attiré par de nombreux groupes de rock (du metal au rock progressif). Pourtant habituellement prêt à traverser l'Europe pour voir mes artistes préférés, l'accessibilité de cette salle située à 45 kilomètres de Paris s'est toujours apparentée à une aventure compliquée.
Son accès est soi-disant facilité par la proximité de la gare du RER D. En effet, si le trajet est relativement long (90 mn de bus, tram et RER), l'aller peut être sympathique à condition de disposer d'une marge de temps suffisante. Mais s'agissant du retour, c'est une autre affaire… Passé une certaine heure, à moins d’écourter la soirée, le trajet s'annonce plus aléatoire, avec d'hypothétiques trains et noctambus. Quant au déplacement en voiture, c’est inverse ; en semaine, se rendre sur le site à l’heure où beaucoup de salariés rentrent chez eux, nécessite la prise en compte d’une circulation très encombrée, voire carrément bloquée. (Je viens de tester cette option à mes dépends…) En revanche, une fois arrivé, une grande aire de stationnement gratuit est relativement proche. (Mais je garantis que cette prétendue proximité peut paraître très relative lorsque vous devez faire ce trajet sous les hallebardes glaciales d’une pluie tempétueuse…) Le retour en fin de soirée est toutefois rendu agréable par la disparition des importuns de la route. Alors certes, vous me diriez qu’il me reste la marche à pieds ; oui c’est cela, bien sûr, mais un parcours d’une quarantaine de kilomètres, soit environ 9 heures de marche, n’est pas franchement de nature à me faire rêver, ni pour l’aller, ni pour le retour…
Bref, cet auditorium me semble décidément peu attractif, sauf à réveiller mes vieux fantasmes relevant de la science-fiction en envisageant la téléportation. La présente expérience n'aura pu que me confirmer mes craintes…
Et c’est bien dommage car une fois à l’intérieur, il est vraiment très agréable. Un spacieux vestibule nous sépare de la salle ; il accueille l’échoppe de produits dérivés. A l’intérieur, un vaste bar permet de se désaltérer à prix modiques. La scène me parait relativement large, elle est assez surélevée pour permettre un certain confort visuel. L'acoustique s’avérera excellente, à condition toutefois que le supposé ingénieur du son du groupe soit à la hauteur (...).
Arrivés dans les circonstances susmentionnées, pile à l’heure du début de concert de Maraton, nous manquâmes probablement un titre du programme.
MARATON [20h00-20h25]. Ce groupe de rock progressif norvégien, fondé en 2010, comprend Fredrik Bergersen-Klemp (chant), Jon Vegard-Næss (guitare), Frank Røe (batterie), Vegard Liverød (basse), et Magnus Johansen (claviers). Je n'avais jamais entendu parler d'eux mais il semble que le groupe se soit déjà placé au cœur d'une polémique. Ils ont dénoncé la similitude de l'image de couverture de leur monoplage paru en février 2018, "Blood Music" (deuxième titre sur "Meta"), avec celle de l'album "Bad Liar" paru six mois plus tard, en novembre 2018 d'un autre groupe appelé Imagine Dragons. Seule la coloration est différente. Maraton a pourtant acheté l'œuvre d'un artiste appelé Beeple-crap, mais n'a aucun droit exclusif sur la photo... Ils n'ont eu d'autre choix que de constater qu'ID avait aussi bon goût qu'eux…Voilà pour la petite histoire…
Leur premier opus "Meta", paru le 26 avril 2019 est présenté ce soir. Mais, alors que je n'étais pas encore arrivé dans la salle, Maraton a attaqué la soirée par "Almost Human" un titre paru en monoplage le 4 décembre dernier.
Durant les vingt-cinq minutes accordées au groupe, l’éclairage est demeuré relativement sombre et aucun autre fond de scène qu’un M majuscule n’est venu agrémenter la prestation. La scène était un peu réduite par le dispositif des groupes suivants, mais les musiciens ne m’ont pas paru en souffrir. Sauf peut-être le chanteur très agité qui est venu s’ébattre parmi l'auditoire pour mieux le haranguer, se roulant même à mes pieds.
Je ne suis pas sûr que le type chargé de la sonorisation soit susceptible de prétendre au titre d’ingénieur, car outre la nécessité de porter des protections auditives pour contrer la puissance excessive, la perception des instruments et de la voix ne fut pas toujours aisée. Et c’est bien regrettable car la musique pop-rock de ces vikings m’a séduit par les alternances de rythmes spasmodiques, saccadés et de mélodies finement ciselées. Des caractéristiques qui ne sont pas sans rappeler les titulaires de l’affiche de ce soir, voire même aussi, en filigrane, Muse pour certaines harmonies… Le chanteur Fredrik Bergersen est très charismatique et enthousiaste ! Franchement, j’ai beaucoup aimé et le public aussi, compte tenu de l’ovation finale.
A tel point que lorsque je me suis rendu à leur échoppe (plus tard en fin de soirée), leur stock de CD était inopinément épuisé. Tant pis pour eux. Mais tant mieux pour ma tirelire…
Six titres issus de leur premier opus :
PROGRAMME :
Almost Human (monoplage, 2019)
Change of Skin (Meta, 2019)
Mosaic (Meta, 2019)
Altered State (Meta, 2019)
Seismic (Meta, 2019)
Prime (Meta, 2019)
Spectral Friends (Meta, 2019).
KLONE [20h40-21h30]. Je pensais ne jamais avoir croisé le parcours de ce groupe français. Récemment, par le biais de discussions sur les réseaux sociaux, j'avais apprécié surtout leurs quatre derniers opus et, dans une moindre mesure leur répertoire antérieur à 2012. C'est en débutant mes recherches pour rédiger le présent récit que je me suis aperçu que KLONE figure déjà dans la liste des concerts auxquels j'ai assisté ! Ils étaient invités par Orphaned Land, le 7 novembre 2013 au Divan du Monde. Dans le cadre de leur tournée "The Dreamer's Hideaway", leur concert fut alors aux deux tiers basé sur le passé sombre et brutal de leur répertoire. Seuls deux titres étaient issus du récent opus qui venait de marquer un virage vers des sonorités sensées être plus accessibles à mes oreilles… De cette époque seul le batteur a été remplacé mais en revanche leur musique s'est singulièrement adoucie, en particulier au niveau du chant, tout en demeurant lourde pour nous faire percevoir une profonde mélancolie. Leur musique qui évoquait Gojira, Panthera ou Almighty, évoque désormais davantage des sonorités proches de Black Sabbath ou d'Anathema.
Initialement formé en 1995 à Poitiers, sous le nom SOWAT, le groupe prend un premier virage en 1999 en se renommant KLONE. Il se compose actuellement de Guillaume Bernard (guitare, depuis 1995), Yann Ligner (chant, depuis 2004), Enzo Alfano (basse, depuis peu…ou Jean-Étienne Maillard depuis 2006 –infos contradictoires, à vérifier-), Aldrick Guadagnino (guitare, depuis 2012) et Martin Weill (batterie, depuis 2019).
Leur septième opus (en faisant abstraction des deux monoplages) "Le Grand Voyage" est paru en 2019, il accentue le virage entamé en 2012 vers les atmosphères mélancoliques du rock progressif.
Pour cette deuxième partie de soirée, le responsable de la sonorisation fut beaucoup plus compétent ; un son puissant mais profond et limpide. Idéal pour entendre distinctement les complaintes du chanteur accompagnées par les musiciens très présents dans les harmonies.
Un éclairage à peine plus clair que pour Maraton, laissait l'évidence au fond de scène constitué d'une image mouvante reprenant la couverture du dernier opus. La scène n'est encombrée d'aucun autre outil que ceux nécessaires, ce qui permet au bassiste et aux guitaristes de se mouvoir sans retenue.
Leur prestation ne me semble pas comparable à l'impression que j'avais ressentie en 2013. Ici leur musique me parait bien plus convaincante, la puissance et les harmonies sont maitrisées. Yann Ligner ne hurle plus, sa voix ne dispose pas d'une tessiture extraordinaire mais elle est posée, son timbre est profond. Son chant n'en est que plus obsédant. Les autres musiciens ont conservé leur efficacité et leur vigueur.

La réaction du public ne se fait pas attendre, et le groupe bénéficie de belles ovations entre les titres. A cet égard je trouve regrettable que Yann ne cherche pas davantage de complicité avec son public francophone. Il me parait déjà regrettable que les textes ne soit pas en français (avis politiquement incorrect que j'assume totalement), je trouve donc dommage de se priver d'un minimum de communication. Tout juste a-t-il brièvement évoqué leur précédent concert dans cette salle. Mais, bon, le concert est réussi et l'auditoire acclame légitiment cette prestation qui en appelle d'autres…
Très logiquement dans leur démarche actuelle, les huit titres interprétés ce soir ne remontent guère avant l'année 2012. Quatre titres sont issus du dernier opus.
PROGRAMME :
Yonder (Le grand voyage, 2019)
Rocket Smoke (The Dreamer's Hideaway, 2012)
Breach (Le grand voyage, 2019)
Sealed (Le grand voyage, 2019)
Grim Dance (Here Comes the Sun, 2015)
Immersion (Here Comes the Sun, 2015)
Nebulous (Here Comes the Sun, 2015)
Silver Gate (Le grand voyage, 2019).
LEPROUS [22h00-23h40]. C'est fort heureusement dans la même configuration qu'en novembre dernier que nous retrouvons le groupe norvégien qui a été fondé en 2001 par Einar Solberg et Tor Oddmund Suhrke. Je rappelle donc qu'Einar Solberg (chant, claviers, depuis 2001) et Tor Oddmund Suhrke (guitares, chœur, depuis 2001), ont finalement été rejoints par Baard Kolstad (batterie, depuis 2014), Simen Børven (basse, chœur, claviers occasionnel, depuis 2015) et Robin Ognedal (guitares, chœur, depuis 2017). Le violoncelliste canadien Raphael Weinroth-Brown est toujours présent sur cette tournée (il contribue aux activités du groupe depuis 2017).
Ce concert prolonge la tournée promotionnelle pour leur sixième album "Pitfalls", paru le 25 Octobre 2019. Voilà ainsi la huitième occasion qui m'est offerte de les voir sur scène en plus de dix années. Symptôme notable de mon état d'esprit à leur égard : sur la tournée "Pitfalls" je les aurai donc vus quatre fois (Raismesfest, 15/09/19 ; Cabaret Sauvage, 12/11/19 ; Empreinte, ce soir ; et Midsummer, 20/6/20). Seul Steven Wilson pourrait se vanter de m'avoir ainsi attiré sur une même tournée !
Soutenu par une acoustique excellente, le titulaire de la console nous a délivré une sonorisation excellente, quoiqu'un peu puissante. Mais mes protections auditives ont aisément corrigé le tir. En tout état de cause, comme disait le fêlé (et pas que du tympan) Ted Nugent : "If it's too loud, you're too old".
L'éclairage nous a semblé plus lumineux qu'à l'automne dernier ; Einar aura probablement dû entendre les plaintes des photographes ! En fond de scène, un écran, pas très actif, diffusait de rares images, le plus souvent celle de la couverture de "Pitfalls".
L'espace de la scène semble toujours trop étroit pour ces vikings particulièrement expansifs et agités mais je les ai déjà vus se contenter de moins que ce dont ils disposent ce soir !
Au travers de ses entretiens et de ses chansons on peut entrevoir une partie de la personnalité d'Einar, qui me parait touchante. Derrière sa robustesse de viking se cache un être extrêmement sensible. Cette sensibilité perceptible à l'écoute des chansons devient évidente en le voyant s'exprimer sur scène. Avec une tessiture remarquable et un timbre puissant, il parvient à manifester toute une gamme de sentiments, le plus souvent mélancoliques ou dépressifs il est vrai. Mais, si ses textes sont souvent le reflet d'un vécu, il n'oublie pas qu'il doit son salut notamment à son public. Son aisance à dialoguer avec son auditoire s’accroît au fil des tournées, et on sent bien qu'il cherche à établir un lien (bien que relatif) de complicité. Ce soir il a fait mine d'accepter la sollicitation d'un admirateur du premier rang qui voulait entendre un titre des débuts du groupe ; quelques notes jouées avec son clavier ont enthousiasmé les admirateurs les plus exigeants et fait sourire Tor, son vieux complice. Mais le temps imparti est trop court pour s'attarder à sonder les avis, et je comprends que la sollicitation de ses cordes vocales est telle qu'il ne pourrait perdurer au-delà d'un délai raisonnable...
Comment rendre compte d'une telle prestation qui (comme d'autres, bien sûr) se vit davantage qu'elle ne se raconte ? Certes c'est cependant la redoutable vocation de tout journaliste à qui je laisse tout l'art de le faire avec les détails requis. De mon très modeste point d'écoute, je ne peux qu'affirmer que le cadre, les participants (musiciens et auditoire), l'atmosphère ; tout a contribué à faire de cette soirée un nouveau moment exceptionnel, après celui de novembre. Difficile de comparer les deux événements ; il reste à Leprous trois dates avant la fin de cette tournée. Une période avec ses avantages (maîtrise totale des titres) et ses inconvénients (une à peine perceptible usure naturelle et légitime au regard des dates de cette deuxième tournée européenne ; entre le 8 et le 1er mars inclus, ils ne s'accordent que quatre dates de repos, les 16, 23, 27 et 29). A l'instar de Monsieur Steven Wilson, leur exigence de la perfection est telle que je peine à distinguer d'hypothétiques erreurs. Ici comme lors de mes autres récits, j'assume ma part de subjectivité, je persiste à me complaire dans l'univers de Leprous. Certains m'ont fait observer à l'issue du concert au Cabaret que le groupe avait failli sur tel ou tel point, mais je ne m'en étais même pas aperçu car totalement subjugué et emporté par l'émotion. Tout comme ce soir. Mon exposé n'ayant d'autre objectif que d'inscrire mes modestes impressions pour ne rien omettre avec le temps, je laisse à mes lecteurs potentiels le soin de se laisser tenter pour aller vivre l'expérience Leprous lors de leur passage dans nos contrées.
Le maintien durable du violoncelliste Raphael Weinroth-Brown au sein du groupe, avec lequel l'entente me semble parfaite, serait de bon augure tant sa présence et ses interventions constituent un apport à la qualité intrinsèque des morceaux. Malgré trois claviers sur scène, il parvient à imposer ses sonorités si particulières qui vous prennent aux tripes. De surcroît, il n'hésite pas à venir à l'avant de la scène comme pour mieux asséner ses coups d'archet. En musicien complet, il assume également la partie de clavier sur un titre.
Au-delà des multiples observations techniques qui pourraient être soulignées, ma p'tite Fée m'a justement fait remarquer l'étonnante guitare à huit cordes dont se sert Tor Oddmund Suhrke. Du coup, en curieux nous avons fait des recherches pour identifier l'instrument. Il utilise des guitares Aristides depuis quelques années. Issues d'une société néerlandaise qui fabrique des "guitares à partir de leur propre formule secrète, un matériau synthétique appelé Arium". Sur scène, il s'agit du modèle appelé 080S dont les frettes sont disposées en éventail. C’est la première guitare qu'il a spécialement conçue pour lui. (source : https://www.musicradar.com/news/me-and-my-guitar-leprouss-tor-oddmund-suhrke?fbclid=IwAR2JkVcrI6-jk0P3dEq-8lxfcFa9SL-jRdC3f7zKwQmD1hQxzsTUCJ-mvbs).

La réaction du public autour de moi importait peu tant j'étais sur mon nuage, mais je crois bien pouvoir affirmer que la force des esprits réunis était tout particulièrement puissante et communicative. Les sourires ébahis des admirateurs déjà convaincus et des novices venus découvrir cette perle du monde progressif étaient de toute évidence la preuve que LEPROUS est déjà capable d'émerveiller, mais a vocation à devenir encore plus fabuleux. Ils sont encore jeunes, l'avenir leur appartient.
Les titres du programme maintiennent légitiment six titres phares de leur dernier opus. Mais la liste diffère légèrement de celle de novembre, avec l'insertion de Stuck, The Valley, The Flood, MB. Indifferentia, The Price et Slave. Le râleur de service, rôle dans lequel je confesse me vautrer trop souvent, pourrait se plaindre de l'absence de "Golden Prayers" déjà écarté en novembre, mais bon, je n'ai pas boudé pour autant mon plaisir. Tous les titres furent source de bonheurs intenses, et je souligne tout particulièrement "Alleviate" et davantage encore "Distant Bells" qui m'a fait perdre le sens des réalités, ma tête dans le sac-à-poussières et les neurones explosés. Est-ce bien raisonnable, à mon âge ?
PROGRAMME :
Below (Pitfalls, 2019)
I Lose Hope (Pitfalls, 2019)
Stuck (Malina, 2019)
The Valley (Coal, 2013)
The Flood (The Congregation, 2015)
From the Flame (Malina, 2019)
Observe the Train (Pitfalls, 2019)
Alleviate (Pitfalls, 2019)
MB. Indifferentia (Bilateral, 2011)
Distant Bells (Pitfalls, 2019)
RAPPEL
The Price (The Congregation, 2015)
Slave (The Congregation, 2015)
The Sky is Red (Pitfalls, 2019).
Nous nous attardons en bavardages avant de quitter les lieux. Ce qui me permet d'approcher Raphael Weinroth-Brown, qui m'a paru très timide et d'une douceur étonnante, alors que sur scène il dégage une telle conviction avec son violoncelle. Je me suis permis de lui adresser les compliments mérités pour sa participation à cette tournée. Les membres de Leprous se faisant désirer, nous avons dû mettre les voiles afin de rentrer à une heure acceptable pour ce jour de semaine.