vendredi 25 avril 2025

WE LÅVE ROCK FESTIVAL 2025 - Asker Kulturhus (Asker, Norvège) – vendredi 25 et samedi 26 avril 2025.

HISTORIQUE DE WLR. Il était une fois, à Hurum, un mélomane et musicien appelé Morten-Løken Clason qui, assisté de quelques autres, invita des musiciens à venir s'exprimer dans une grange. Hurum est une ancienne commune située dans le comté de Buskerud, aux alentours d'Oslo, en Norvège. L'initiative avait déjà pris de l'ampleur lorsque Hurum fut intégrée à la municipalité d'Asker, le 1ᵉʳ janvier 2020. De concerts en festivals, de déboires en réussites, et à force de persévérance et d'abnégation, une structure s'est imposée. Le site indique que l'Organisation œuvre ainsi depuis 2013. Une consultation du site officiel de l'Association, notamment la page historique, permet de réaliser la grande qualité des programmations.

C'est en mémoire de ses origines que l'Organisation s'est intitulée WE LÅVE ROCK, qui est en fait un jeu de mot éloquent pour les initiés ; car s'il se prononce bien "we love rock", le mot norvégien "låve" signifie "grange". Oui, en effet nous adorons tous le rock fût-t-il joué dans une grange ou dans son salon.

Cette structure perpétue ainsi son œuvre pour promouvoir le rock, et le rock progressif en particulier. Depuis 2018, son festival en est une des déclinaisons, mais des concerts et un partenariat avec la maison "Crime Records" accentue un soutien sans faille à la bonne Musique ! (pour info, CR soutient des artistes, tels que THE WINDMILL, INFRINGEMENT, CLIVE NOLAN, ARKENTYPE, entre autres…).
> https://www.welaverock.no/festival

Dans cet honorable élan, chaque année en mai, le festival de rock progressif We Låve Rock rassemble des musiciens et des amateurs de musique, de Norvège et de l'étranger, en collaboration avec des artistes, des sponsors, des sympathisants et des bénévoles. Mais le site originel demeurait pénalisé car relativement peu aisé d'accès. Récemment, la ville d'Asker accepta un partenariat en confiant sa Maison de la Culture (Kulturhus) pour accueillir les artistes et les mélomanes dans un plus grand confort.

Fait louable, WLR est un festival non commercial dont les bénéfices sont reversés aux artistes et au festival de l'année suivante. Il faut saluer la persévérance des organisateurs, authentiques passionnés. Elle se heurte, même en Norvège, à l'apathie de trop nombreux mélophiles ; ce qui pèse sur les objectifs, en dépit des bonnes volontés. De surcroit, des évènements ont été annulés à cause de la Pandémie.

Dommage que leur éloignement et leur situation économique rendent leur accès onéreux pour nous. Parmi toutes les belles affiches précédentes, nous n'avons pu assister qu'à deux évènements ; d'abord le concert ARENA/THE WINDMILL au Cosmopolite d'Oslo, le 15 octobre 2022 ; puis la mémorable croisière Prog at Sea, le 5 mai 2023. Cette dernière n'a été maintenue faute de rentabilité, malheureusement…

La septième édition du festival propose huit groupes sur deux soirées ; trois le vendredi et cinq le samedi. Cinq groupes sont norvégiens ; THE WINDMILL, BRESK, MEER, CONFIRMATION BIAS et PIL & BUE. Un groupe est suédois ; PAIN OF SALVATION. Le cas de Kristoffer GILDENLOW est particulier ; ce Suédois a émigré aux Pays-Bas pour rejoindre sa chérie batave ; cela et ses complices, donnent à son groupe une identité néerlandaise… CYAN sera le seul groupe clairement non scandinave, puisque britannique.


UNE PASSION CONTRARIEE PAR DES SCRUPULES. A défaut de trouver dans notre douce France de quoi assouvir notre passion musicale, nous continuons de sillonner l'Europe. Fût-ce à pied, en béquilles, en chaise roulante, en voiture, en train, à cheval, …ou en avion, il me semble encore que peu d'entraves seraient de nature à m'empêcher de partir à l'aventure musicotouristique, dès qu'une affiche en vaille la peine, à mon sens bien entendu. Et pourtant, un jour viendra où nous devrons fatalement nous calmer ; La Raison, la santé, les finances, et peut-être d'autres contrariétés, finiront fatalement par l'emporter tôt ou tard, mais je procrastine délibérément ! Carpe Diem !

En dépit de nos Grands Principes écodurables, nous prendrons donc l'avion pour aller à Oslo. L'impact négatif de nos voyages sur l'environnement est relativement peu défendable, certes. Oui mais, je plaide des circonstances atténuantes ; cela reste un mode de transport collectif et en outre, je me vois mal me lancer dans un trajet de plus d'une journée… Et puis, il s'agit d'assister à un évènement avec des artistes trop rares (en tous cas en France) ; THE WINDMILL, mais aussi Peter JONES, CYAN, et PAIN of SALVATION.

Au-delà de ces états d'âme, nos errances musico-touristiques nous ont déjà mené en Scandinavie sans jamais nous décevoir. En outre, je considère que nos allers-retours dans ces contrées nordiques sont d'autant plus légitimes, que ces Vikings ont largement contribué ces dernières années à revigorer notre Musique préférée. Symptôme révélateur, le répertoire des concerts auxquels j'ai assisté depuis 1979, montre que les artistes originaires de la Norvège occupent le sixième rang (ceux de la Suède le cinquième !!). Même caractéristique prééminente en analysant ma discothèque.

Nous allons voir ailleurs si l'herbe est plus verte, mais paradoxalement je considère que les moutons ne sont pas ceux qu'on imagine ! Notre microcosme, dans toute sa diversité, se démarque obstinément en dépit de nos très médiocres médias nationaux.


LE FESTIVAL. Au sein de la Maison de la Culture d'Asker, nous montons quelques marches pour accéder à un espace qui comprend, d'une part la salle polyvalente dont la capacité d'accueil est de 300 personnes debout, et d'autre part "la scène Radar", une cafétéria étendue dont la capacité est de 150 personnes. J'ai glané un chiffre de participation à deux cent vingt pour le samedi (source fiable a priori), ce qui est rassurant pour la pérennité de ce valeureux festival. Les principales prestations se tiendront dans la salle polyvalente, mais la scène Radar va nous offrir une splendide surprise le samedi…

Morten, en Maître de cérémonie, se chargera de la présentation de chaque groupe. Je trouve ce geste très courtois, à la fois pour les artistes et pour le public, qui n'est pas censé tout connaitre. Coiffé d'un chapeau qui n'est pas sans me rappeler celui de Franck Carducci, il apparait ainsi pour ouvrir le Festival puis pour présenter son propre groupe, en norvégien ce qui est bien légitime. Ainsi nous resterons perplexes aux commentaires de la plupart des artistes, autant que ceux de Morten. A noter que la langue suédoise est très proche de la langue norvégienne, ce qui leur facilite la communication … mais à nos dépends. Néanmoins, lot de consolation non négligeable, Morten ne manque pas de signaler notre présence dans l'assemblée. Sans fausse modestie, il est vrai que nous sommes les deux seuls Français à avoir fait le voyage !

Nous sommes ainsi deux Français et un Anglais, réunis pour une fois dans une même galère linguistique ! Pas grave. Nous avons ainsi saisi l'occasion de nous faire un nouvel ami franchement sympathique, Paul, un anglais de notre génération, venu de Sheffield pour la même passion musicale que nous. A défaut de maitriser totalement la langue de Shakespeare (il ne maitrise pas du tout celle de Molière !), nous avons cependant échangé moult informations. Je lui sais gré déjà de nous avoir fait découvrir le quatuor anglais KYROS que nous allons suivre de près désormais … mais trêve de bavardage en fosse, je m'égare, c'est une autre histoire. Silence, on écoute !

Les horaires indiqués sont ceux constatés ; ils diffèrent quelque peu du protocole établi.

L'acoustique de ce bel auditorium s'avérera d'une excellente qualité.

THE WINDMILL [18h05-19h45]
https://www.thewindmill.no/

Présentation par l'Organisation du Festival : "THE WINDMILL fête ses 25 ans en tant que groupe et jouera les quatre titres emblématiques de leurs quatre albums. Presque deux heures de Musique : "A Day In A Hero's Life", "The Gamer", "The Tree", et "Fear"."

Le groupe de rock progressif norvégien THE WINDMILL a débuté en 2001. Que de chemin parcouru après cette divine révélation de Jean-Robert, à la vue d'un parc éolien dont les pales de rotor semblaient en quasi synchronisation alors qu'il écoutait CAMEL diffusé sur l'autoradio ! La graine était semée, un temps de gestion permit de rassembler des volontaires. Les membres fondateurs sont Jean R. Viita (claviers, chant), Morten Clason (saxophone, flûtes, guitares, chant, claviers) et Arnfinn Isaksen (basse). Puis Bent Jensen (guitares), Vidar Kleivane (batterie) et Erik Borgen (guitares, chant) se sont ensuite ajoutés à la formation. Leur premier album "To Be Continued" est paru en mai 2010.

Leur quatrième opus "Mindscapes" est paru le 1er juillet 2024, via Crime Records.

THE WINDMILL se compose actuellement de Morten-Løken Clason (chant, flûtes, saxophones, guitare, claviers, depuis 2001), Jean-Robert Viita (claviers, et chant, depuis 2001), Arnfinn Isaksen (basse, depuis 2001), Erik Borgen (chant, guitare, depuis 2003), et Stig André Clason (fils de Morten). En octobre 2023, Kristoffer Utby, le batteur depuis 2018, a choisi de se retirer du groupe, pour consacrer plus de temps à INFRINGEMENT. Le nouveau batteur est Nils Harsem ; il a fait ses débuts avec le groupe lors d'un concert le 15 janvier 2024.

Avec ma p'tite Fée, nous avions découverts ce sextuor norvégien à l'occasion du festival The Night of the Prog, à Sankt Goarshausen le 21 juillet 2019. Immédiatement séduits par ces harmonieuses combinaisons d'instruments et de chants, nous sommes allés les revoir en concert trois années plus tard, sur leurs terres à Oslo (Cosmopolite). Ce soir, c'est la sixième fois que nous avons la chance et le plaisir d'assister à ce concert.

Nous parvenons à nous placer parfaitement, devant la scène au centre. Le fond de scène est décoré des quatre tentures peintes par Kirsten Knoph Viita (l'épouse de J-Robert), pour illustrer les quatre albums à leur actif.

D'emblée nous nous réjouissons d'une sonorisation parfaitement équilibrée qui nous permet de jouir totalement d'un concert qui s'avérera réussi et mémorable. Le dispositif d'éclairage est bien dosé, en densité et en couleurs, et sont le plus souvent correctement ciblés sur les intervenants.

La prestation est comme un gâteau quatre-quarts (les gourmets apprécieront) ; les quatre morceaux emblématiques dépassent les vingt minutes. Sans mépriser le reste de leur répertoire, ce choix me parait judicieux pour symboliser leur quart de siècle d'existence. Ces pièces majeures rassemblent tout ce qu'un mélomane progueux apprécie. Les ruptures rythmiques et harmoniques ; les atmosphères oniriques sont ponctuées de sons jazzy, folk ou orageusement métalliques. Il serait circonvenu de hiérarchiser ces quatre titres, mais pour ma part je considère que "Fear" montre, dans sa structure, une apogée des expériences engrangées durant leur existence et laisse augurer d'un avenir appétissant.

Les accords et les nappes mélodiques enivrantes du clavier de Jean-Robert sont magnifiés par le chant d'Erik, qui est accompagné des chœurs exprimés en douceur par Morten, et J-Robert.

La Musique de The Windmill est succession de voyages poétiques dans lesquels chaque pupitre peut s'exposer lors d'un solo à tour de rôles ; pas de prérogative. Les musiciens sont parvenus à doser concentration, efficacité et décontraction.

Toutefois, la particularité multi-instrumentiste de Morten l'amène à intervenir souvent avec l'une de ses trois flutes ou de ses deux saxophones. On imagine la satisfaction, voire la fierté de Morten de pouvoir échanger des duos avec son fils Stig-André ; leurs rapprochements sur scène est assez éloquent.

La fonction de guitariste soliste est brillamment assurée par Stig-André ; avec une apparente décontraction, toujours avec le sourire d'un bonheur évident. Il distille des accords brodés avec la minutie et la sensibilité requise pour magnifier l'ambiance onirique des chansons. Mais ne minorons pas les compétences d'Erik ; loin de se cantonner à son micro, il excelle également sur d'admirables interventions à six cordes !

La transition avec Nils, le nouveau batteur, semble acquise, son rôle continue de cadrer la rythmique avec soutien implacable de la basse d'Arnfinn.

The Gamer

Je pourrais m'étendre en compliments sur tous les titres, mais si je devais désigner un segment ce serait la séquence de "The Tree" qui débute à la dixième minute, particulièrement jouissive, jazzy à souhait ! Il met à l'épreuve les six musiciens pour une parfaite synchronisation, qui s'est à nouveau vérifiée sur scène ce soir.

Dans la foulée des marques de reconnaissances mutuelles entre les artistes et l'auditoire, Kirsten est invitée par Morten à venir sur la scène afin d'être honorée pour sa contribution artistique au groupe. Elle reçoit une juste récompense.

La notable complicité entre la fosse et la scène est logique puisque THE WINDMILL joue à domicile, devant son public ! La prestation de qualité est bien évidemment acclamée en conséquence ! Le bonheur est réciproque et nous en profitons modestement lorsque Jean-Robert n'a pas manqué de nous cibler d'un signe d'affection pour marquer sa satisfaction de notre présence.

Les quatre opus sont donc évoqués avec quatre titres, durant chacun plus de vingt minutes ! Et pourtant le temps est passé très (trop) vite !

PROGRAMME

  1. A Day In A Hero`s Life [21:43] (To Be Continued..., 2010)
  2. The Gamer [24:42] (The Continuation, 2013)
  3. The Tree [23:54] (Tribus, 2018)
  4. Fear [22:47] (Mindscapes, 2024).

BRESK [20h35-21h40].
https://www.facebook.com/profile.php?id=100071550152451&ref=page_internal#

Présentation par l'Organisation du Festival : "BRESK est un trio instrumental norvégien qui joue un prog symphonique, inspiré par des artistes tels que FOCUS, ELP et JON LORD. Le groupe est composé du claviériste Lars Christian Narum, qui se fit connaitre par des groupes tels que Conception, Nickels & Dimes, Crest of Darkness, Narum et Hellbillies. Son fils Peder Narum est à la batterie et son frère Jon Anders Narum à la basse. "A Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887", un opus paru le 28 janvier 2022, est un album instrumental basé sur le concept de la vie dramatique du peintre Peder Balke. WLR a hâte d'entendre ces incroyables musiciens jouer la musique de ce disque."

Le trio familial ne semble donc pas avoir de nouveauté à nous présenter, mais pas de frustration car nous sommes en totale découverte.

En curieux intrigués, nous nous étions positionnés en retrait dans la fosse, entre la scène et la console de sons, afin d'assister à ce que nous imaginions un sympathique intermède musical, sans plus… Quelle erreur, quelle surprise ! Nous avons en fait assisté à une réjouissante prestation !!

Un socle surélevé supporte un ensemble de claviers. Il fait face à l'autre socle sur lequel est établie la batterie. En léger contrebas se situe l'espace du bassiste. Pas de guitare, donc. Les trois pupitres forment ainsi un cercle, magique et complice. Lars Christian est entouré de claviers dont il joue avec une gourmandise évidente, un entrain et une fougue qui ne peut laisser personne indifférent. Peder, qui se charge des commentaires intermédiaires, démontre alternativement une puissance et subtilité qui accentue encore le tourbillon dans lequel est plongé l'auditoire. Jon Anders est sans doute le plus discret des trois mais il suffit de le regarder et de l'entendre jouer pour réaliser la parfaite cohésion que constituent les trois Narum. Le tout est très rythmé et entrainant, foisonnant de notes galopantes sur le clavier ; personnellement j'ai capté de délicieuses influences des années 70.

Hangin' Out With the King

La prestation, instrumentale, a été bien mise en valeur par une sonorisation excellente. Un éclairage assez modeste, mais suffisant pour le trio, puisque relativement statique par nature.

Le public semble déjà connaitre le phénomène et acclame bruyamment ces fous furieux. Avec ma p'tite Fée nous nous associons volontiers à cet enthousiasme général. Nous sommes totalement conquis ! Wouahou, ça c'est vraiment le genre de surprise qu'on adore recevoir !

Dix titres sont interprétés, dont six issus de leur album paru en 2022.

PROGRAMME

  1. Fanfare
  2. Sailing the Northern Coast  (A Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
  3. Train to Transylvania
  4. The Revolution of 1848 (A Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
  5. Balkeby (A Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
  6. The Fire  (A Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
  7. The End  (A Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
  8. Hangin' Out With the King  (A Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
  9. Varøger
  10. The Lynx. 

L'entracte me permet de les approcher. Ils sont d'une grande simplicité qui tranche avec leur talent. Ils n'ont hélas pas prévu de vendre de CD (il parait que ce matériel serait obsolète chez les Vikings). Mais je ne manque pas de m'autoriser un portrait en leur compagnie, histoire de me rappeler de leurs bonnes bouilles !


MEER [22h30-00h05]
https://meer.bandcamp.com/music

Présentation par l'Organisation du Festival : "Comme tout le monde le sait, MEER est l'un des grands favoris de WLR. Ils ont sorti trois albums depuis 2016 et nous avons maintenant hâte d'entendre les chansons des trois albums quand nous les aurons enfin en tête d'affiche vendredi. MEER mélange pop, rock et rock progressif d'une façon accrocheuse et très propre. On attend ça avec impatience !"

Bref rappel de la biographie. A la base, MEER a débuté en 2008 en tant que duo (Johanne Margrethe et Knut) à Hamar, en Norvège, sous le nom de TED GLEN EXTENDED. Depuis, le duo s'est considérablement développé pour devenir ce qu'il est aujourd'hui : un collectif éclectique de huit musiciens dont la musique est un mélange de pop orchestrale, de musique classique et de rock progressif.

Son deuxième "Playing House" est paru le 29 janvier 2021. Un troisième album intitulé Wheels Within Wheels, est paru le 23 aout 2024. Ils participent à ce festival WLR pour la quatrième fois !

MEER illustre parfaitement l'intérêt des festivals, car sans ces évènements fédérateurs, nous n'aurions pas eu l'occasion d'être séduit peu à peu par ces artistes atypiques. En effet, le 23 juin 2023 (Midsummer festival), puis le 3 février 2024 (Midwinter festival), je n'étais pas parvenu à me laisser séduire... Mais ce n'est qu'à l'occasion du Night of the Prog festival le 21 juillet 2024 que j'ai commencé à percevoir les subtilités harmoniques.

Constitué à la base de la fratrie, Johanne Kippersund (chant) est seule aujourd'hui. Sur le site du groupe on peut lire que "Knut Kippersund (chant, claviers) a obtenu le travail de ses rêves, acteur au Nye Hjorten Teater à Trondheim ; son emploi du temps n'était hélas pas compatible en ce vendredi." Le reste du groupe est présent ; Eivind Strømstad (guitare), Ole Gjøstøl (piano), Morten Strypet (basse), et Mats Lillehaug (batterie). Åsa Ree est toujours au violon, mais sa complice habituelle (Ingvild Nordstoga Eide) à l'alto, est ici remplacée par un homme que je ne suis pas parvenu à identifier, qu'il me pardonne !

Nous parvenons à nous positionner sur la gauche (en regardant la scène), entre le micro et le clavier.

La sonorisation est cette fois encore parfaitement équilibrée. Tous les pupitres, pourtant nombreux, sont audibles, et aucune protection auditive ne parait nécessaire. Le dispositif d'éclairage est correct et permet de distinguer les musiciens tout en entretenant les atmosphères requises.

Nous sommes positionnés plus à proximité que pour nos trois précédentes participations, cette prestation nous a encore davantage séduits. Nous avons mieux mesuré la qualité du timbre et le charisme de Johanne, et l'efficacité des autres complices. On peut en effet parler d'efficacité et de talent car, à quatre reprise, une panne de sonorisation aurait pu en déstabiliser plus d'un, mais eux non. Le batteur, imperturbable, continuait à marquer le rythme qui permettait à chaque fois aux autres pupitres de reprendre le morceau en cours !  Du grand Art !  

En dépit de ma discothèque encore incomplète, j'ai pu reconnaitre et apprécier les mélodies entrainante et symphoniques de cette musique atypique. Ils ne se complaisent pas dans la facilité ; les ruptures surprenantes font alterner avec subtilité les atmosphères joyeuses ou hargneuses.

Nous sommes autant enthousiasmés que le public avec lequel nous manifestons notre grande satisfaction. Les échanges en norvégiens nous laissent un peu de côté dans cette belle communion, mais l'essentiel est l'impression partagée dans la bonne humeur.

Quatre albums ont été évoqués avec seize titres, dont sept issus de "Wheels Within Wheels" (2024), cinq de "Playing House" (2021), trois de "Meer" (2016), un du mini album "Ted Glen Extended" (2012).

PROGRAMME

  1. To What End (Wheels Within Wheels, 2024)
  2. Lay It Down (Playing House, 2021)
  3. Come to Light (Wheels Within Wheels, 2024)
  4. Golden Circle (Wheels Within Wheels, 2024)
  5. You Were a Drum (Playing House, 2021)
  6. Chains of Changes (Wheels Within Wheels, 2024)
  7. Solveig (Meer, 2016)
  8. Hello (Ted Glen Extended EP, 2012)
  9. Sorry for the Kiss (Meer, 2016)
  10. Something in the Water (Wheels Within Wheels, 2024)
  11. Honey (Playing House, 2021)
  12. Today Tonight Tomorrow (Wheels Within Wheels, 2024)
  13. Take Me to the River (Wheels Within Wheels, 2024)
  14. Valentina in the Sky (Meer, 2016).

RAPPEL :

  1. Picking Up the Pieces (Playing House, 2021)
  2. Beehive (Playing House, 2021).

J'ai visité l'échoppe dans la journée mais avec abstinence, car je me méfie de la couronne norvégienne (je ferai mon marché en rentrant en France) pour éviter les frais bancaires et les fluctuants taux de changes. Par ailleurs, je n'ai pas rencontré les membres de MEER.

Dès la fin du concert, nous filons à la gare pour éviter de louper le dernier train vers Oslo qui est passé à 0h35.


SAMEDI 26 AVRIL 2025

Une fois n'est pas coutume, nous ne sommes pas parvenu à respecter les impératifs horaires. Suite à des contretemps inopinés, nous avons été contraints de manquer le premier groupe du jour. Désolé pour CONFIRMATION BIAS que je n'ai pas eu l'occasion de découvrir… Je me dois cependant, par respect et pour la postérité, d'évoquer au moins leur pédigrée :

CONFIRMATION BIAS [13h00-14h00]
https://www.confirmationbias.no/  
https://confirmationbias.bandcamp.com/

Présentation par l'Organisation du Festival : "CONFIRMATION BIAS est un groupe de progrock dont la musique peut être décrite provisoirement comme un creuset inspiré de l'art-rock seventies, du rock moderne et d'une touche de metal, jouée par des musiciens expérimentés et habiles aux goûts éclectiques et un filtre à conneries bien développé. CONFIRMATION BIAS a sorti l'un des meilleurs albums norvégiens sorti en 2024  "Century Mornings" paru le 29 mars 2024."

Leur biographie relevée sur leur site officiel nous indique : "Confirmation Bias est né dans le sillage du groupe hommage RUSJ – A Working Man's Tribute to RUSH, formé en 2013. Le noyau dur de ce groupe souhaitait se lancer un défi créatif : écrire et enregistrer des morceaux originaux. Depuis 2016, nous avons complété notre line-up, écrit, répété et enregistré de nouveaux morceaux."

Les membres du groupe sont : Lars Martin Aasgård (chant principal), Jon Martin Haarr (basse, pédales, claviers et chant), Ørjan Risa Svensen (guitares électriques et acoustiques, chant), Kai Gabrielsen (batterie et percussions), Fredrik Skår (claviers et vocodeur), Eirik Hanssen (guitare acoustique, mandoline et chant).


Fort heureusement, nous parvenons juste à temps à la scène Radar (la petite scène en face de la cafétéria pour ceux qui n'auraient pas tout suivi), pour assister à LA surprise immanquable du festival ; Peter Jones nous offre un récital, juste accompagné d'un clavier. Je ne cache pas ma gourmandise pour ce genre d'imprévu musical, surtout s'agissant de cet admirable artiste.

PETER JONES [14h-14h50]
https://www.tigermothtales.com/pete-jones

Bref rappel biographique : Voilà un exemple de musicien complet, multi-instrumentiste de talent. Il semble aussi à l'aise au chant qu'aux claviers, le piano, la guitare, la basse, le saxophone, la clarinette, la flûte à bec, les sifflets ainsi que divers instruments de percussion. Malheureusement atteint, à l'âge de 15 mois, d'un rétinoblastome (une forme de cancer qui attaque la partie sensible à la lumière de l'œil), la musicothérapie lui a été salvatrice. Son immense sensibilité et ses talents musicaux variés lui ont très vite valu la reconnaissance de ses pairs. Ainsi, outre son propre projet TIGER MOTH TALES, il a intégré CAMEL en 2016, puis CYAN, et RED BAZAR. De surcroît, il n'hésite pas à participer à toutes prestations de nature à partager les plaisirs de la Musique. La clairvoyance et la sensibilité de la plupart des aveugles n'est plus à démontrer, mais elle est d'autant plus évidente à l'égard de Peter Jones ; C'est un authentique Musicien qui vit pour et par la Musique.

LE RECITAL. Le cadre est quasi idéal pour ce genre de prestation ; l'artiste fait face à un public assis (pour les premiers arrivés) ou débout (pour les autres, dont nous deux qui ont déjà la chance d'assister à l'évènement). La cafétéria est relativement respectueuse et silencieuse pour écouter religieusement les émotions exprimées par ce musicien hors pair. Il reprend tout ou partie de divers chansons empruntées au répertoire du rock progressif, mais très légitiment, il puise beaucoup dans celui de son groupe TIGER MOTH TALES.

Lorsqu'il reprend un judicieux montage de titres extraits du répertoire de GENESIS, on perçoit nettement le frémissement de satisfaction des mélomanes. Emotion aussi lorsqu'il dédie "We'll Remember" à son ami David LONGDON. Mais, lorsqu'il reprend "Long Good Byes" de CAMEL, mes pieds ne touchent plus le sol ; mon émotion est à son comble. .

Long Good Byes

Dancing with the Moonlit Knight +Carpet Crawlers

Ce sont ainsi quelque huit titres (dans l'exaltation, on me pardonnera de ne pas avoir compté) qui seront interprétés avec le brio qui éclabousse nos âmes. Enormissime sensation que je ne suis pas près d'oublier… Et le plus beau, c'est que ce n'est pas fini ! (mais ça je ne le sais pas à cet instant).

PROGRAMME
(non exhaustif, mais nous avons écouté ceci)
Taking the Dawn (issu de "The Whispering of the World", TIGER MOTH TALES, 2020) ;
Intro de "Dancing with the Moonlit Knight", et un extrait de "Carpet Crawlers" (de GENESIS, 1973/74) ;
The Lock Keeper (issu de "The Turning Of The World", TIGER MOTH TALES, 2023) ;
We'll Remember (issu de "Inside the Cocoon ", TIGER MOTH TALES, 2024) ;
Long Good Byes (issu de "Stationary Traveller" de CAMEL, 1984) ;
Harold the Barrel (issu de "Nursery Cryme" de GENESIS, 1971) ;
Don’t Let Go, Feels Alright (issu de "Cocoon", TIGER MOTH TALES, 2014) ;
Blackbird (issu de "The Whispering Of The World", TIGER MOTH TALES, 2020)

Nous ne disposons pas de beaucoup de temps pour nous attendrir, il faut s'engouffrer dans la salle polyvalente pour espérer bénéficier d'un bon emplacement…

KRISTOFFER GILDENLÖW [15h05-16h10]
https://www.kristoffergildenlow.com/

Présentation par l'Organisation du Festival : "Kristoffer Gildenlöw a sorti cinq albums depuis qu'il a quitté son poste de bassiste dans Pain Of Salvation en 2006. La musique est évocatrice, mélodique et inspirée par des groupes comme Pink Floyd, Dire Straits et Mike Oldfield, dont l'influence est particulièrement entendue sur son dernier disque "Empty", qui est l'un des meilleurs disques paru en 2024. En plus de faire sa propre musique, Kristoffer Gildenlöw a enregistré des disques et fait des tournées avec Kayak, Neal Morse et Nine Skies. WLR a hâte de voir Kristoffer sur scène samedi et ceux qui viennent peuvent attendre avec enthousiasme pour voir s'il y aura des retrouvailles entre frères sur scène ce soir."

Bref rappel biographique : Né le 27 juillet 1978 à Eskilstuna (Suède), Kristoffer commence à jouer du piano à l'âge de 8 ans. À 13 ans, son intérêt s'oriente davantage vers le rock et il passe à la guitare basse et à la batterie tout en jouant dans différents groupes de hard rock à l'école. En 1994, il étudie la guitare basse à l'Aesthetic College of Music d'Eskilstuna, en Suède.

Puis dès novembre 1994, à l'âge de 16 ans, Kristoffer a été invité à participer à un concert du groupe de Daniel Gildenlöw, son frère : c'est PAIN OF SALVATION. Les choses se sont bien passées et on lui a demandé de rejoindre le groupe et de devenir membre à part entière début 1995. Avec le quatrième album "Remedy Lane", PAIN OF SALVATION accroit encore son envergure. C'est à l'occasion de cette tournée promotionnelle qu'il m'est permis de voir Kristoffer Gildenlow une première fois sur la scène du Zénith de Paris le 7 février 2002, alors que le groupe était invité de DREAM THEATER.

Mais en 2006, Kristoffer émigre aux Pays-Bas pour partager la vie de Lilo (Liselotte Hegt), l'élue de son cœur. Il doit quitter le groupe. Il offre alors ses services auprès d'autres artistes, en concert ou en studio, tels que Neal Morse (US), Lana Lane (US), Damian Wilson (UK), Mr. Fastfinger (FIN), Dark Suns (DE), Harmony (S), Omnia (NL), Bert Heerink (NL), Semantic Saturation (US), For All We Know (NL) et bien d'autres… En 2007, il fonde avec sa femme Lilo le groupe DIAL, étiqueté "art-rock". L'album "Synchronized" parait le 8 mai 2007. Ce fut le début de l'écriture de sa propre musique cela mènera Kristoffer à sa propre carrière solo. Son premier album solo "Rust" parait le 24 mai 2012.

Il continue toutefois ses diverses collaborations ; il est annoncé officiellement en janvier 2023, comme bassiste au sein du groupe néerlandais DILEMMA. C'est ainsi que je l'ai revu sur scène une deuxième fois, au Center Park de Port-Zeland (lors du Marillion Weekend), le 17 mars 2023.

Le deuxième album "Empty" est paru le 8 février 2024. Un album portant "sur le monde, ses habitants, ses dirigeants et son créateur", selon la promotion.

Puis, la prestation de cette même formation à l'occasion du Midsummer Festival, à Valkenburg le 28 juin 2024, m'a permis de le revoir une troisième fois. Il nous avait totalement séduits.

Kristoffer, Suédois d'origine est toujours entouré de ses complices néerlandais ; Paul Coenradie (guitare), qui a largement contribué à magnifier son dernier opus, par ses soli étourdissants. Mais aussi Joris Lindner (guitare), Liselotte Hegt (basse), Dirk Bruinenberg (batterie), et Paul van Acht (claviers).






Notre place, sur la gauche (en regardant la scène) face au pupitre de la bassiste, nous permet de voir parfaitement tout en bénéficiant d'une sonorisation équilibrée et audible, et ce, même si nous somme proche d'une enceinte.

Très vite, nous retrouvons les impressions positives ressenties à Valkenburg ; des influences de Pink Floyd, Mike Oldfield, voire Dire Straits, sont magnifiées par des musiciens de talents. Les guitares se partagent les soli et de nombreux trio de guitares ("Down We Go") apporte un surcroît d'harmonies somptueuses. Paul Coenradie et Joris Lindner constituent indéniablement un soutien de luxe pour Kristoffer. La complicité avec les autres membres du sextuor, articule tout cela avec efficacité et implication. Etant juste à ses pieds, je me suis amusé à observer Lilo ; comme pour contrarier sa discrétion car souvent en retrait, dans l'ombre (retrait d'ailleurs dénoncé avec amusement par Kristoffer au moment des présentations). Pourtant, il pouvait lui arriver de s'avancer en martelant les deux pieds comme pour accentuer les accords de sa basse.

Empty

L'auditoire a été complètement conquis, et l'a fait savoir par de belles ovations !

Trois albums ont été évoqués avec dix titres ; L'opus le plus récent "Empty" (2024) est valorisé avec sept morceaux, deux sont issus de "Rust" (2012) et un de "Let Me Be a Ghost" (2021).

PROGRAMME

  1. Time to Turn the Page (Empty, 2024)
  2. The End of their Run (Empty, 2024)
  3. Harbinger of Sorrow (Empty, 2024)
  4. He’s Not Me (Empty, 2024)
  5. Down We Go (Empty, 2024)
  6. Saturated (Empty, 2024)
  7. Rust (Rust, 2012)
  8. Living Soil (Rust, 2012)
  9. Fleeting Thought (Let Me Be a Ghost, 2021).

RAPPEL :

  1. Empty (Empty, 2024).

 


PETER JONES [16h30-17h05]

Revenu d'une nécessaire pause extérieure, nous constatons à notre grand émerveillement que le Monsieur est de retour. Toutes les places assises sont bien évidemment occupées ; au jeu des chaises musicales, nous n'avons gagné qu'en fin de session, nous sommes restés un bon moment sur le côté pour assister à cette suite inespérée. Mais peu importe, nous n'en avons pas souffert trop longtemps.

Cette seconde session accentue encore notre admiration pour l'Artiste. Doté de beaucoup d'humour, il vit complétement ses interprétations et maitrise parfaitement paroles et notes avec une mémoire admirable. La durée des deux sessions cumulées constitue indéniablement un concert à part entière et c'est ainsi que je m'en souviendrai, même s'il n'est pas ainsi présenté à l'affiche.

Nous aurons droit à quelques huit autres titres, toujours magnifiques et émouvants. Il a notamment rendu hommage à David Longdon (BIGBIG TRAIN).

PROGRAMME
(non exhaustif, mais nous avons écouté ceci)
Ripples (issu de "A Trick of the Tail" de GENESIS, 1976) ;
The Merry Vicar (issu de "Cocoon", TIGER MOTH TALES, 2014) ;
Musical Box (issu de "Nursery Cryme" de GENESIS, 1971) ;
A Visit to Chigwick (issu de "Cocoon", TIGER MOTH TALES, 2014) ;
Guide Vocal (issu de "Duke" de GENESIS, 1980) ;
Hygge (issu de "The Depths of Winter", TIGER MOTH TALES, 2017).

N'en déplaise à certains râleurs (ici cela ne gêne personne), je revendique avoir conservé de nombreuses images ; je ne pouvais pas me permettre de laisser tomber dans l'oubli cet évènement …

Au terme de cette session bouleversante, nous ne tardons pas à nous engouffrer dans la salle polyvalente, afin de découvrir ce que peut exprimer le groupe suivant, parfaitement inconnu dans nos contrées.


PIL & BUE [17h15-18h45]
https://pilbue.bandcamp.com/album/bonus-level-1-live-in-alta-rock-city

Présentation par l'Organisation du Festival : "Réservés pour le WLRF de cette année, après leur concert à Tons of Rock à Oslo l'été dernier. Pil & Bue sont géniaux en concert et les deux musiciens sur scène livrent un feu d'artifice de hard rock mélodieux et merveilleux. On attend ça avec impatience !"

Leur biographie nous indique que Pil & Bue est "un duo venu des profondeurs du Nord de la Norvège, qui malgré leur format minimal ressemble à un groupe à part entière. Avec l'un des meilleurs chanteur norvégien, Petter Carlsen, au chant et à la guitare, et Gøran Johansen redoutable à la batterie, ils sont une explosion de hard rock."

Un quatrième album studio "Special Agents" est paru le 24 février 2023.

Il convient de préciser, pour éviter tout malentendu, que ce Petter Carlsen est un homonyme à l'autre Petter Carlsen qui avait accompagné Anneke Van Giersbergen en son temps… Carlsen, c'est un peu le Dupont français.

Bon, l'unanimité des appréciations du public s'estompe à cette occasion. Le duo semble populaire ici et était très attendu par une bonne partie de l'auditoire. Mais pas toute. Quelques-uns ont profité de la prestation pour se détendre.

Pour ma part, en curieux, j'ai cependant tenu à assister à la majeure partie de ce concert étonnant. Au début la voix peut surprendre, un peu aigue avec une tendance à crier, ce qui est de nature à heurter les oreilles les plus délicates, j'en conviens.

Cependant, doté d'un tant soit peu de bienveillance au fil des morceaux, on s'y fait d'autant plus qu'il varie les humeurs avec une certaine subtilité. Je suis également étonné du son délivré avec pour seul accompagnement une batterie fut-elle densément équipée. Je ne dis pas que la prestation m'a fait grimper aux rideaux, mais les deux complices ont eu le mérite d'exprimer une Musique plutôt séduisante, parfois mélodique, assez brutale le plus souvent mais sans excès. Franchement, j'ai trouvé cela très intéressant.

Nonobstant, cette séquence restera au rayon des curiosités vikings.

Le public de connaisseurs, ma foi assez conséquent, n'a pas manqué de soutenir bruyamment leurs valeureux compatriotes.

PROGRAMME
A déterminer…


CYAN [19h45-21h17].

Présentation par l'Organisation du Festival : "CYAN a été fondé par Rob Reed en 1984, mais les premiers albums ne sont parus que dans les années 90. En 2018, Rob a réactivé CYAN,  qui est maintenant un "supergroupe" de musiciens incroyables, dont bien sûr Rob Reed lui-même aux claviers, Peter Jones (de Tiger Moth Tales et Camel) au chant, le guitariste Luke Machin (de The Tangent) et le bassiste Dan Nelson (Magenta/ex-Godsticks). Pour les concerts, la batterie est gérée soit par Tim Robinson, soit Jon 'Jiffy' Griffiths issus de MAGENTA. WLR est fier de présenter ce super groupe à leur festival. On attend ça avec impatience !"

Bref rappel biographique : Durant les années 80, Robert Reed composa les premiers morceaux qui allaient devenir ceux de CYAN quelques années plus tard. Mais ce groupe n'a été officiellement fondé par Rob Reed qu'au début des années 90 ; trois albums sont ainsi parus entre 1993 et 1999. Mais CYAN a été plus ou moins mis en sommeil, lorsque R. Reed s'est impliqué dans un autre projet qui est devenu MAGENTA, en 2001.

Il y a quelques années, Reed a décidé de ressusciter CYAN, mais pour cela il fallait trouver de nouveaux partenaires. En 2021, il parvient à réunir de gros talents ; Pete Jones (TALES FROM THE TIGER MOTH, CAMEL, RED BAZAR), Luke Machin et Dan Nelson (GODSTICKS, MAGENTA). 

Je tiens à m'attarder sur le cas du guitariste. J'ai déjà évoqué ci-dessus la bio de Peter. Voici celle tout aussi édifiante de Luke Machin : "musicien, artiste, compositeur, producteur et enseignant. Il a commencé à jouer de la guitare à l'âge de 3 ans et a été impliqué dans la musique toute sa vie. Il a étudié à l'Institut de musique moderne de Brighton sous la direction de musiciens tels que Guthrie Govan et a joué aux côtés de Jeff Beck ; il a été élu "étudiant de l'année" lors de sa première année d'études." https://www.lukemachin.com/

C'est ainsi que l'album "For King And Country", qui était initialement paru en 1993, fait l'objet d'une nouvelle parution le 25 Septembre 2021, réarrangé (on peut dire, revalorisé !) et enregistré avec la nouvelle formation. En hommage aux autres compositions écrites, mais pas toutes publiées, dans les années 90, Reed a choisi de les remodeler en deux volets. D'abord sur "Pictures from the Other Side" paru le 17 novembre 2023, puis "The Guardians" paru le 9 aout 2024.

La prestation de CYAN lors du Night of the Prog festival, à Sankt Goarshausen le 14 juillet 2023, nous avait fortement impressionnés.

Le groupe se compose donc de CYAN : Rob Reed (guitares, claviers), Dan Nelson (basse), Luke Machin (guitares), et Peter Jones (chant, claviers, saxo, flûte), ainsi que Jon "Jiffy" Griffith (batterie). Notons qu'Angharad Brinn qui illumine de sa voix en studio n'est pas présente.

Je me doutais que nous allions assister à un grand moment. En fait ce fut un TRES grand moment ! On a beau prétendre que le meilleur point d'écoute n'est pas le bord de la scène, il n'empêche que regarder de près les musiciens dans un cadre aussi confortable, ne peut qu'accroire notre admiration. A Loreley nous étions en gradin, relativement distants de la scène. Là, nous avons pu bien observer de près et nous imprégner totalement de leur maitrise impressionnante pour interpréter des chansons pourtant très complexes dans leurs structures, dans la pure tradition du rock progressif !

I Defy the Sun

Une parfaite sonorisation a valorisé idéalement chaque pupitre. Pourtant placés à la barrière, entre les pupitres de Peter et de Rob, nous nous sommes régalés de l'exécution des titres.

Nous avons pu jouir totalement des compétences qui sont subtilement dirigées par Rob ; on le voit vibrer de sa Musique qu'il est parvenu à ressusciter après tant d'année dans l'oubli. Peter et Luke ont en commun une grande sensibilité qu'ils expriment magnifiquement avec leurs instruments. Tout fut parfaitement en place avec les nuances requises pour un jeu de scène, et sans bande son excessive (juste quelques sons d'ambiance), tous les titres nous ont replongé dans l'univers crée en studio. C'est passionnant de regarder la vivacité du jeu de Luke, son apparente facilité d'exécution… Et puis son regard bienveillant et attentif sur son partenaire Peter, dont on pressent que rien ne lui échappe. Son regard est vide, mais on devine aux traits de son visage l'acuité de son audition et de son analyse de la situation.

Je sais bien qu'il faut toujours relativiser, qu'il y a bien d'autres artistes exceptionnels, bien d'autres style musicaux, et même qu'il n'y as pas que la Musique dans la vie, blabla… oui mais moi, c'est ici, parmi ce microcosme de quelques mélomanes et avec ma P'tite Fée à mes côtés, au fin fond d'un bled paumé de la Norvège, que je suis heureux, tout simplement. Ce n'est pas mépriser les autres que de considérer modestement ma chance de vivre de tels moments de bonheur, grâce à ces artistes exceptionnels. Voilà.

Bien évidemment conquis, l'auditoire ne pouvait qu'être exalté par tant de prouesses et d'harmonie entre des musiciens exceptionnels. L'ovation reconnaissante est longue et bruyante !

Deux albums (mais étonnamment pas du plus récent) ont été évoqués avec neuf titres. Sept sont issus de "For King and Country" (2021) et deux de Man "Pictures from the Other Side" (2023).

PROGRAMME

  1. Snowbound (For King and Country, 2021)
  2. Don't Turn Away (For King and Country, 2021)
  3. Pictures From the Other Side (Pictures from the Other Side, 2023)
  4. Call Me (For King and Country, 2021)
  5. Man Amongst Men (For King and Country, 2021)
  6. I Defy the Sun (For King and Country, 2021)
  7. Broken Man (Pictures from the Other Side, 2023)
  8. The Sorcerer (For King and Country, 2021).

RAPPEL :

  1. For King and Country (For King and Country, 2021). 

Le retard pris sur la programmation fait craindre le pire à ceux qui dépendent du dernier train pour rentrer à Oslo.

PAIN OF SALVATION [22h05-00h05]
https://painofsalvation.com/

Présentation par l'Organisation du Festival : "Pain Of Salvation n'a plus joué à Oslo depuis le 15 novembre 2017 ; et c'était pourtant à guichet fermé. Nous sommes impatients d'entendre des chansons de toute la carrière, teintées à la fois de pop, rock, prog et metal, avec des harmonies vocales lourdes et des puissantes."

> Je constate ainsi que même les mélomanes norvégiens se plaignent de la rareté de PoS !

Bref rappel biographique. PAIN OF SALVATION est un groupe suédois dont les fondements remontent en 1984 avec le seul membre original restant, Daniel Gildenlöw (chant et guitare). Reconnu pour son incroyable instinct musical, sa grande variété d'influences et une approche sombre et poétique. PAIN OF SALVATION a la réputation d'être imprévisible, de sortir des sentiers battus et de vouloir expérimenter avec les styles. Le son de Pain of Salvation est caractérisé par une large gamme vocale et une oscillation entre passages lourds et calmes. Mais ce sont surtout les harmonies complexes, ponctuées de syncopes, de contretemps et de polyrythmies qui entrainent l'auditeur dans un maelström enivrant. Ceux qui sont en capacité de comprendre les textes anglais auront observé que jusqu'à présent, chaque album sorti par le groupe est un album concept. Le groupe a tendance à aborder des questions contemporaines, telles que la guerre, l'environnement, la sexualité, ou encore la nature de Dieu, l'humanité et l'existence.

Le premier opus "Entropia" n'est paru qu'en 1997, même si Daniel Gildenlöw a débuté les fondations du groupe dès 1984.

Le onzième album studio, intitulé "Panther", est paru le 28 août 2020. Rien depuis cinq longues années, donc…

Je ne revois PAIN OF SALVATION ce soir que pour la septième fois depuis le 7 février 2002 ; et encore, dont trois fois seulement en France ! Au travers de ses entretiens et de son œuvre, je ressens Daniel Gildenlöw comme un artiste particulièrement sensible et farouchement indépendant. Il est rare, même sur les réseaux sociaux. Rien ne semble influer sur son rythme créatif ni sur ses activités. La rareté entretient l'envie ; les sorties du groupe sont donc guettées…

Daniel Gildenlöw (chant et guitare) est actuellement entouré de Johan Hallgren (guitare, chœurs, de 1997 à 2011, puis depuis 2017), Léo Margarit (batterie, percussions, chœurs, depuis 2007). Vikram A. Shankar (claviers, percussions, chœurs, 2024), et Per Schelander (basse, 2024) semblent toujours considérés comme des musiciens additionnels de tournée.

Malgré notre vigilance, et compte tenu de l'engouement pour cette ultime prestation, nous ne retrouvons pas notre premier rang. Nous nous positionnons cependant au deuxième rang face au centre de la scène, là où nous apparait le nouveau Daniel. Le nouveau car ce qui nous sidère d'amblée, c'est sa nouvelle apparence. Un peu comme l'a fait il y a quelques années Einar Solberg (un autre Suédois), Daniel a décidé de couper sa tignasse. Son apparence me semble plus féline, mais plus austère. Il faudra nous y faire… Il continue à nous surprendre.

Le concert débute très fort, dans tous les sens du terme. La sonorisation nous semble excessivement puissante et pour la première fois du festival, je dois me protéger de mes protections auditives ! De surcroît, le choix du titre introductif a le mérite d'imposer à l'auditoire un réveil très brutal, après le concert précédent (Cyan pour ceux qui n'ont pas tout suivi) qui fut davantage dans un lyrisme plus apaisé.

L'éclairage me semble un peu trop sombre, mais il faut reconnaitre qu'il sied bien à l'atmosphère requise. En fond de scène s'étale l'inquiétante image d'une panthère sournoise dont le regard me rappelle étrangement celui de Daniel.

D'une puissance phénoménale, le deuxième titre "Reasons" est loin de calmer les esprits. Puis vient le "Meaningless" un des titres que j'affectionne particulièrement pour sa fausse mélancolie désespérée, marquée notamment par le chœur de Johan Hallgren. Avec "Wait" l'univers musical devient moins violent, toute proportion gardée.

Les huit premiers titres restent ainsi dans la période relativement récente des deux derniers albums (2017-2020), hormis la parenthèse "Used" dont le rythme est de nature à désarticuler le plus rigide des Guard de Buckingham Palace ! Lorsque tous les musiciens se coiffent d'un inquiétant masque à l'image d'un chien, on comprend que nous aurons droit à "Panther".

Une bonne première moitié du concert aura été marquée par un enchainement impitoyable n'offrant que peu de répit à l'auditoire abasourdi. Enfin c'est mon ressenti, mais je reconnais que ma fatigue physique se faisait déjà ressentir.

Loin de reposer les muscles déjà lourdement mis à contribution, "On a Tuesday" apporte cependant davantage de nuance, d'alternance entre le calme solennel et la folie totale ; c'est aussi un de mes titres favoris. La séquence reste toujours surprenante, lorsque Léo Margarit derrière sa batterie chantonne d'une voix androgyne, avant que la folie s'empare de la fosse. Ma nuque va encore souffrir demain. Le sac à poussière a été encore très agité !

Puis le maelström semble s'apaiser quelque peu ; Daniel semble affectionner l'opus "The Perfect Element" puisqu'il y revient avec le titre éponyme. On retrouve une certaine quiétude avec cette diversité musicale que j'apprécie plus particulièrement dans la démarche du groupe, même si on demeure dans l'humeur mélancoliquement désespérée.

Comme un clin d'œil à ma propre approche du groupe, le programme aborde à deux reprises l'opus "Remedy Lane", tournée sur laquelle je les ai découverts à l'époque.

Moi, le point culminant du concert pour moi aura été le titre final (avant le rappel) ; "Icon" me parle. Je ne sais pas pourquoi ; sans doute toujours cette fameuse alternance de mélancolie tourmentée et de puissance dévastatrice irrésistible. Une rythmique implacable sur un fond sonore dissonant et inquiétant, tout cela crée en moi une perte totale du sens de la raison. L'émotion m'a pris à la gorge et aux yeux. J'adore, tout simplement. Déjà fatigué, ce titre a achevé d'épuiser mes ultimes forces. Imparable.

Tant et si bien que le temps du rappel, j'ai commencé à regarder avec inquiétude l'heure qui s'approchait dangereusement de la limite au-delà de laquelle nous aurions dû écouter la fête, ce dont j'ai horreur. A ce moment-là nous ignorions en effet ce que nous réservait PoS, et j'espérais toujours l'arrivée du frangin Kristoffer pour quelques titres joué ensemble. Cela aurait été une apothéose. Mais cela ne se produira pas hélas. Ils n'ont pas voulu nous accorder ce plaisir ; c'était pourtant l'occasion unique. Dommage.

Au lieu de cela, "The Passing Light of Day" conclut le concert sur un crescendo émotionnel. D'abord en quasi acoustique très calme, puis avec l'apport des autres pupitres dans un final déchirant. Ce titre a eu le don de faire pleurer (au moins) deux Norvégiennes à mes côtés. N'ayant jamais tenté de comprendre ces paroles en particulier, j'imagine que leur sens doit être très triste.

Paradoxalement, je confesse que c'est avec une forme de soulagement relatif que je constate la fin du concert. Au moins, nous n'aurons pas à quitter une fête en cours…Nous pourrons quitter la fosse sans frustration.

Bien évidemment le groupe recueille une belle ovation à laquelle je ne participe que brièvement, ayant déjà tourné les talons.

Quatre albums ont été évoqués avec quatorze titres. Cinq sont issus de "Panther", quatre de "In the Passing Light of Day", trois de "The Perfect Element - Part 1" et deux de "Remedy Lane".

J'aurais apprécié que la période entre 2002 et 2017 soit davantage evoquée, mais puisqu'aucun titre ne m'a déplu, j'imagine que j'étais condamné à une certaine attente insatisfaite.

PROGRAMME

  1. Accelerator (Panther, 2020)
  2. Reasons (In the Passing Light of Day, 2017)
  3. Meaningless (In the Passing Light of Day, 2017)
  4. Wait (Panther, 2020)
  5. Used (The Perfect Element - Part 1, 2000)
  6. Panther (Panther, 2020)
  7. Restless Boy (Panther, 2020)
  8. On a Tuesday (In the Passing Light of Day, 2017)
  9. Falling (The Perfect Element - Part 1, 2000)
  10. The Perfect Element (The Perfect Element - Part 1, 2000)
  11. Chain Sling (Remedy Lane, 2002)
  12. Icon (Panther, 2020)
  13. Beyond the Pale (Remedy Lane, 2002).

RAPPEL :

  1. The Passing Light of Day (In the Passing Light of Day, 2017).

 

Nous ne pouvons pas nous permettre de saluer nos amis avant de courir vers la gare pour monter dans le dernier train vers Oslo, ouf ! Nous nous effondrons dans les confortables fauteuils du wagon, épuisés totalement mais heureux et conscients d'avoir vécu un Grand moment.


vendredi 11 avril 2025

MARILLION WEEKEND PARIS 2025 – Casino de Paris (9e) – 11 et 12 avril 2025.

Depuis 2002, MARILLION a organisé deux cent trente-cinq Conventions, essentiellement en Europe, mais aussi au Canada et au Chili. Un peu partout donc, sauf en France. Mais cette fois, ça y'est ! Paris a enfin sa Convention, elle aussi ! Si le contexte particulier de celle de Port-Zélande, interdit toute comparaison, on ne boudera pas notre plaisir d'accueillir les admirateurs du monde entier qui auront convergé vers notre capitale pour communier avec nous.

Depuis le 3 mai 2024, date de l'ouverture d'une page Facebook par Lucy, notre communauté est entrée en ébullition, jusqu'à la mise en vente des tickets qui a débuté le jeudi 12 septembre 2024. Toutefois, une fois le Sésame acquis, nous avons un peu mis de côté ce rendez-vous, car la Cible principale demeurait l'étape incontournable de la neuvième Convention néerlandaise qui se tenait en mars.

A peine remis de nos émotions, nous remettons le couvert ! Parmi nos douze colocataires de Port-Zélande, sept se retrouvent de nouveau pour l'édition parisienne ! Ma P'tite Fée, mon fils ainé, Xavier et Véronique venus de Picardie, ainsi que Pascal et Valérie venus de Suisse.

Les admirateurs les plus investis dans cette édition française, notamment le WEB FRANCE, ont organisé quelques manifestations parallèles pour tenter de recréer un sentiment de communauté. Cette initiative est d'autant plus louable, qu'il est plus difficile de rassembler les corps et les esprits dans Paris, que dans un Center Parcs privatisé ! Une tombola de charité au bénéfice de l'Association Petits Princes (dont la vocation est de réaliser les rêves d'enfants et d'adolescents gravement malades) a été proposée. Une croisière en bateau mouche a permis de voguer sur la Seine samedi matin, en compagnie notamment de Steve Hogarth et de Mark Kelly. Et un point de ralliement a été instauré chez "ROD, BISTROT URBAIN" (prix préférentiels appliqués au public de la Convention), qui jouxte le Casino.

Paris a revêtu pour cette occasion un ciel bleu agrémenté d'une température clémente pour accentuer encore le bonheur de se réunir. Le microcosme international est ainsi saisi d'un émoi légitime, en quête de distraction dans un monde menaçant.

Ajoutons que le Casino de Paris est un des plus esthétiques auditoriums de la capitale. En outre, l'acoustique excellente de la salle a largement contribué à satisfaire les auditeurs. Toutefois, on m'a rapporté que le confort des fauteuils en mezzanine laisse à désirer. Je peine à compatir pour les petites fesses endolories, car attendre debout dans la fosse n'est guère plus confortable.


Un regard dans le rétroviseur :

Le Casino de Paris a trop rarement ouvert ses portes pour nos concerts ; en ce qui me concerne ce n'est que la sixième fois en quarante-deux années que j'y viens ! La première occasion fut le concert de VAN MORISON, le 20 juin 1983 ! Il y eut ensuite TWISTED SISTER le 28 avril 1986, puis Rory GALLAGHER le 12 mai 1986; BLACK SABBATH 23 juin 2009 et enfin ASIA le 30 avril 2010. On notera que, allez savoir pourquoi, l'honorable antre ne m'aura ouvert ses portes qu'aux printemps… A noter qu'un festival de rock progressif se tiendra ici les 26 et 27 septembre 2025, mais c'est une autre histoire.

La musique de MARILLION est parvenue à mes oreilles aux alentours de 1983 ou 1984, mais à cette époque j'étais davantage focalisé sur le mouvement NWOBHM. Je dois par conséquent confesser ne pas avoir été assez réceptif. J'avais pourtant copié une ou deux cassettes audio ; notamment celle d'un concert enregistré par RTL, à Bercy le 14 décembre 1987 (diffusé en janvier 88), auquel je n'avais pas assisté, par manque de conviction... Ce n'est que beaucoup plus tard, lors de discussions sur le forum Chemical Harvest Anorak, que j'ai finalement été séduit, grâce aux travaux d'un certain Steven WILSON. Puis un premier concert à l'Olympia, le lundi 16 février 2009, m'a convaincu de me lancer dans les aventures des Mari-Lions ponctuées de concerts, festivals et Conventions. A tel point que ce vingt-quatrième concert propulse désormais MARILLION en tête de mon répertoire des concerts vécus. Maigre consolation.


VENDREDI 11 AVRIL 2025

Une tradition bien française a été respectée, le manque d'anticipation du Casino aboutit à un tardif barriérage à l'entrée, donc injuste pour les premiers arrivés. Finalement, deux files se sont constituées dans le chaos en sens opposés. Pour notre part, en arrivant vers 17 heures, nous avons pu nous positionner sans trop de difficulté…

Ouverture des portes : 18h00. Encore une belle initiative, le Web France nous distribue des tiges colorées, à agiter pendant la chanson de MARILLION "You're Gone". En revanche, les bracelets traditionnels pour les Conventions n'ont pas été retenus par la salle pour le contrôle des entrées ; du coup sa distribution fut aléatoire et bien entendu à nos dépends (En fétichistes assumés, ma P'tite Fée et moi, avons attendu le lendemain pour pouvoir en récupérer un chacun, grâce à l'ami qui se reconnaitra !).

Je m'arrête à l'échoppe pour garantir l'acquisition du t-shirt officiel ( je me méfie car à PZ, seule notre anticipation avait pu éviter une rupture de stock ! ), mais cette étape ne nous aura pas trop pénalisés puisqu'avec ma P'tite Fée et mon fils ainé, nous nous positionnons dans les trois premiers rangs, au centre gauche (en regardant la scène).

CONAL KELLY : 19h00-19h40

La plupart d'entre nous ignorait que Mark Kelly a un neveu, et a fortiori que celui-ci est musicien. C'est à lui, accompagné de deux complices, qu'il a été accordé le redoutable privilège d'ouvrir les festivités. Il ne risquait pas grand-chose, puisque le public de MARILLION est bienveillant par nature, d'autant plus s'agissant d'un membre de la Famille…

Cela étant dit, une fois les premiers accords passé, j'ai vite regardé ma montre. Ce n'était pas mauvais, il y a avait même des passages funky plutôt sympas… Mais bon. Je confesse avoir imaginé un autre groupe français pour ouvrir ce soir… genre, au hasard, ESTHESIS ou Franck CARDUCCI par exemple. Bref, le brave garçon est applaudi poliment, mais ne laissera pas une trace impérissable (doux euphémisme).

MARILLION : 20h15-22h.

Déjà ressenti lors la première partie de soirée, la qualité acoustique de la salle est très bien exploitée par l'ingénieur du son, qui a su parfaitement équilibrer les pupitres. Tout était audible, même le tambourin et les guitares de H ! Le dispositif d'éclairage est similaire, bien que réduit, à celui de Port-Zélande ; il a magnifié les décors de la salle. A l'apparition des premiers jeux de lumières, j'ai nettement entendu l'ébahissement du public émerveillé ; Ôoooo ! En revanche, la scène n'est pas très profonde, il n'y aucun écran.

Ces Conventions auront eu au moins le mérite de me rappeler les qualités de "Marbles" ; ce treizième album studio, d'une discographie de vingt. Impossible d'oublier les morceaux d'anthologie ; "The Invisible Man", "Ocean Cloud", "Neverland", "Fantastic Place" ! Pour ma part, j'entretiens une affection particulière pour l'enjouement de "Don't Hurt Yourself" et la mélodie folk enjôleuse de "Genie".

Content aussi de réentendre sur scène le Beatle(s)esque "The Damage". La chanson "You're Gone", déjà très sémillante, a accru l'ambiance festive lorsque les tiges colorées se sont agitées partout dans la salle. Cette belle sensation qui ne semble pas être passé inaperçue depuis la scène.

On ne se lasse pas d'admirer le Maître du Jeu, Steve Rothery, qui valorise chaque titre par ses soli toujours aussi étourdissants, joués avec finesse et sensibilité. Il est consciencieux et concentré ; mais il surveille aussi l'exécution générale, son regard en dit long sur ses impressions au fil des accords de ses partenaires. Pourtant, les imperfections des uns et des autres deviennent des fantaisies que l'auditeur pardonne et oublie volontiers, même s'il n'est pas dupe ; chaque frappe, chaque note, chaque rythme défaillant est systématiquement remplacé par nos mémoires ! Et puis, je préfère encore de vraies dissonances (clavier, voix) ou des frappes manquées (batterie), à des bandes son incongrues !

Les accords de basse (Pete) et de claviers (Mark) garantissent une harmonie à l'ensemble, et accentue ainsi ce que recherche le mélomane ; une évasion de l'esprit. Bien entendu, hormis l'attention portée sur les instruments, les regards se portent forcément sur Steve Hogarth, chanteur et comédien, constamment en train de mimer et de vivre ses textes avec un charisme légendaire ! Sa voix et sa gestuelle sont tellement expressives que je ne ressens pas de réelle frustration à ne pas comprendre. Juste une frustration à ne pas pouvoir les chanter, à ne plus être capable de mémoriser (surtout en anglais) !

Le rappel, avec "Sugar Mice", donne l'occasion à l'auditoire de soulager les cordes vocale de H ; C'est l'un des rituels de concert, les paroles sont chantées à gorge déployée, dans un surcroit d'émotion.

Ensuite, le faux démarrage de "King", est un loupé vite oublié tant la chanson prend aux tripes. Elle termine une soirée qui peut sembler un peu courte mais tellement dense !

Le public, en fin connaisseur, acclame la prestation à la hauteur de la communion ressentie !



Quinze titres ont été interprétés. Le programme est exclusivement consacré à "Marbles", avec treize de ses chansons. Dommage, "Angelina" est cette fois passée à la trappe… Puis le rappel réjouit les admirateurs nostalgiques avec un de "Clutching at Straws". La conclusion permettra de faire une liaison astucieuse avec le programme du lendemain ; un titre de "Afraid of Sunlight".

PROGRAMME

  1. The Invisible Man (Marbles, 2004)
  2. Marbles I (Marbles, 2004)
  3. Genie (Marbles, 2004)
  4. Fantastic Place (Marbles, 2004)
  5. The Only Unforgivable Thing (Marbles, 2004)
  6. Marbles II (Marbles, 2004)
  7. Ocean Cloud (Marbles, 2004)
  8. Marbles III (Marbles, 2004)
  9. The Damage (Marbles, 2004)
  10. Don't Hurt Yourself (Marbles, 2004)
  11. You're Gone (Marbles, 2004)
  12. Marbles IV (Marbles, 2004)
  13. Neverland (Marbles, 2004).

RAPPEL :

  1. Sugar Mice (Clutching at Straws, 1987)
  2. King (Afraid of Sunlight, 1995).

Les mélomanes encore abasourdis par l'ivresse du bonheur, sont rejetés relativement rapidement hors de la salle ; les débats continuent donc sur le trottoir. Mais cette journée du vendredi, débutée au travail, a été chargée et le besoin de repos s'impose. Paradoxalement, ce sont les mélomanes locaux qui sont pénalisés pour le retour au foyer. Nous ne sommes pas au Center Parcs ; nous avons à assumer trois bons quarts d'heure de trajet en transports en commun, quand beaucoup de participants disposent de leur hôtel à proximité. Après avoir tenu plus de sept heures debout, notamment en fosse, les jambes sont lourdes et les muscles raidis. Autant dire que le sommeil était très attendu et nécessaire !


SAMEDI 12 AVRIL 2025

Faute de place chez Rod, notre journée débute par un déjeuner à la terrasse de la brasserie Le Hollywood, situé en face du site. Nous l'espérions très fort ; toute l'équipe de LAZULI (les musiciens, Claude, Dominique, Romain, Vincent et Arnaud et les soutiens Ali et Eliot) apparaissent en toute simplicité. La joie de se revoir est sincèrement réciproque et nous profitons de notre privilège pour échanger nos nombreuses impressions passées, présentes et futures. Avec le temps déjà partagé ensemble, notamment lors de la tournée de l'automne dernier (mon récit ici), nous commençons à cumuler quelques modestes mais impérissables souvenirs en commun. Même la maman d'Arnaud, légitimement fière de son fiston, se joint à notre attroupement ! Mais nous les libérons vite car, il faut qu'ils se restaurent quelque peu, avant de faire les derniers ajustements et les balances, prévues à 16h.

Cette rencontre nous a un peu plus galvanisés pour entamer une longue attente sur le trottoir. Même impréparation du Casino que la veille ; personne ne sait exactement où attendre… Aujourd'hui, ce n'est plus deux, mais trois files qui se forment ; des privilégiés munis de tickets numérotés sont intercalés. Mais des petits malins s'y sont faufilés également… Bref.

Je préfère m'attarder sur le beau geste de Marie-Antoinette qui a pris l'initiative, à ses frais, de distribuer généreusement des bougies LED, que nous sommes invités à brandir pendant le solo de cor durant "Chaque jour que le soleil fait". Il s'agit bien sûr de soutenir nos compatriotes LAZULI et de montrer que, malgré tout, ils sont soutenus en France, aussi…

Ouverture des portes : 18h00. En dépit d'un barriérage précipité dans les minutes précédant l'ouverture (…), je parviens à me positionner avec mon fils dans les premiers rangs mais sur la droite (en regardant la scène), cette fois. Sur ce temps-là, ma P'tite Fée se rend à l'échoppe pour se procurer un beau sweatshirt à capuche de Lazuli (45€).

Histoire de patienter, dans un prosélytisme assumé, je prêche la Bonne Parole autour de moi… Bon nombre des spectateurs dans cette salle ignorait encore récemment l'existence de LAZULI, qui demeure victime de l'ostracisme ou du manque de curiosité de nos média français. Il y a fort à parier que ce soir, la majorité des connaisseurs du groupes était constituée d'Anglais, d'Allemands ou de Néerlandais, tant LAZULI est bien plus populaire là-bas ! Pauvre, pôôôôôoôvre france.

Moi-même, je confesse avoir tardé à les trouver ! C'est la parution de "Tant que l’herbe est grasse" (2014) qui a motivé mon premier achat, après quelques trimestres de discussions sur le forum Anorak/Chemical Harvest.

Il faut dire que les occasions de les découvrir sur les scènes parisiennes sont rarissimes (2006 au Triton, 2007 à la Locomotive, 2008 à La Scène Bastille. Epicétou). Las d'attendre une improbable venue dans mes contrées, je m'étais rendu au feu-festival Rock au Château à Villersexel (70) le 05 aout 2017 ! Celui-ci avait eu la bonne idée de programmer LAZULI, qui faisait alors la promotion de "Nos âmes saoules" (2016). Ce premier concert acheva bien sûr de me convaincre de leur talent. J'ai ensuite pu mesurer leur notoriété en sillonnant l'Europe, auprès des publics allemands (Sankt-Goarshausen, et Bonn), norvégiens (Oslo), belges (Verviers), néerlandais (Utrecht), suisse (Pratteln) …mais aussi -quand même (!)- français (Saint-Palais [17], Pierres [28], Pagney [54], et Villeurbanne [69]).

Tant et si bien que cette invitation de MARILLION va me permettre de revoir LAZULI pour la dix-neuvième fois. Eh oui ; contrairement à l'adage, j'aime, et pourtant je compte ! Même si je concède volontiers les avoir trop tardivement découverts, je me revendique donc volontiers ardent promoteur du talent de ces troubadours occitans.

Ce fabuleux quintuor a débuté son histoire en 1998. Les aléas d'un groupe ont abouti à voir passer plusieurs musiciens ; Pol Amar (guitare, de 1998 à 2002), Yohan Simeon (percussions, de 1998 à 2009), Frederik Juan (marimba, vibraphone, percussions, de 1998 à 2009), Sylvan Bayol (Chapman Stick, de 1998 à 2009), puis Marc Almeras (de 2002 à 2004). Enfin, le guitariste Gédéric Byar (de 2004 à 2020) a quitté récemment le navire à la surprise générale.

Les frangins Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), sont désormais entourés de Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020).

LAZULI : (19h00-19h45)

Pour ceux d'entre nous qui les avons récemment vus en tournées, c'est un peu frustrant d'assister à un concert aussi court (trois quart d'heure) et sans l'écran sur lequel aurait dû être projetées des images conçues par Dominique.

Mais, ce strapontin qui leur est accordé ce soir, est une occasion dorée, car cela fait longtemps que nous attendions l'opportunité de les voir ENFIN à Paris !

Dans la fosse, en attendant le concert, j'avais prévenu mon entourage incrédule qu'il y avait un fort risque foyer épidémique ; le virus Lazuli étant assez fatal. J'aurais pu le parier, car je ne risquais pas de perdre. Mais c'est toujours mieux de le vérifier !

Leur prestation s'avérera évidemment une totale réussite ! Je peux témoigner que de nombreux nouveaux adeptes ont été convaincus, à l'occasion de ce concert ! Hallelujah ! Je n'ai pas eu besoin de les forcer ; des Corses, des Ardennais, des Bretons ... Tous porteront assurément la Bonne Parole autour d'eux. Les commentaires dithyrambiques entendus juste après le concert et lus les jours suivants sur les réseaux sociaux font plaisir car ils sont tellement mérités.

En effet, comme à leur habitude, les multi-instrumentistes ont démontré tout leur talent avec le charisme de gens sincèrement humains et humbles.

Romain a fait frémir les échines en exprimant les sonorités de son cor bidouillé et celles d'un clavier qu'il maitrise avec grâce. Vincent cogne ou caresse subtilement sa batterie et tient ainsi la baraque ; c'est le "maître-on-home" sur lequel se balancent autant ses complices que son public. Arnaud, le dernier arrivé, éclabousse de tout son immense talent ; il n'en finit plus de magnifier les anciens titres et de valoriser les plus récents. Et bien sûr les frangins, (last but not least comme on dit ailleurs) dont la complicité et le talent font plaisir à voir et à entendre. Tous deux assument la marque de fabrique du groupe ; Domi dont la voix si particulière accentue encore son éloquence et Claude dont la Léode, instrument unique, exprime des nuances atypiques.

Le geste romantique des spectateurs brandissant leur bougie LED a visiblement ému les musiciens, alors qu'il vivait un grand moment scénique !

Chaque jour que le soleil fait -© Thierry Voyen-

Le peu de temps imparti a tout de même permis d'écouter neuf titres, extrait de quatre de leurs onze albums officiels. Très judicieusement, leur final traditionnel s'est conclu par un thème de Marillion, ce qui a achevé de convaincre les derniers sceptiques de l'assemblée.

Une triomphale ovation a été accordée au quintuor magique ! J'imagine qu'ils s'en souviendront longtemps, même s'ils en ont vécu bien d'autres, mais hors de nos frontières... Je veux croire que cet évènement fera date, et qu'il augure d'une notoriété amplement méritée. Mais je reste lucide et sceptique, compte tenu du silence médiatique assourdissant qui a précédé cet évènement. Ce coup de pouce aurait pourtant pu inciter un promoteur à leur proposer l'organisation de tournées françaises, à renfort de publicités. Mais hélas, je crains que cet engouement, aussi réjouissant soit-il, ne dépasse pas notre microcosme. Le bon côté de la chose, c'est qu'ainsi nous les conserverons accessibles ; tels des aristocrates avares et égoïstes, nous tenons à conserver nos privilèges !

Je laisse le mot de la fin à Dominique : " Il est des instants magiques dans la vie de musicien, celui-ci en était un ! Merci à vous, merci à MARILLION ainsi qu’à toute l’équipe du Casino de Paris ".

PROGRAMME

  1. Dieter Böhm (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  2. Les chansons sont des bouteilles à la mer (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  3. Qui d'autre que l'autre (11, 2023)
  4. Quel dommage (à paraitre, 2025)
  5. Être et ne plus être (à paraitre, 2025)
  6. Chaque jour que le soleil fait (à paraitre, 2025)
  7. Les courants ascendants (Tant que l'herbe est grasse, 2014)
  8. Le Pleureur sous la Pluie (11, 2023)
  9. 9 Mains Autour d'un Marimba (conclu par un enchainement sur le thème de "Easter" de Marillion).

Difficile de reprendre mes esprits après une telle effervescence dans une grande salle parisienne.

MARILLION : 20h15-22h20

A l'instar de la veille, les conditions techniques (sonorisation, éclairage, scène) demeureront de nature à promouvoir confortablement l'univers du groupe.

Contrairement à ce que pouvait laisser interpréter le t-shirt de la Convention, les albums "Seasons End" et "Afraid of Sunlight" sont en fait relativement peu évoqués dans la soirée. En revanche, l'ère Fish est fortement honorée, avec pas moins de six titres. En débutant le concert avec "Slàinte Mhath", MARILLION n'a guère laissé le temps aux admirateurs de chauffer leur voix ! Ce choix a immédiatement amorcé l'ambiance festive. Car, si certains ont pu préférer la thématique d'hier (avec "Marbles", pour le lecteur qui n'aurait pas tout suivi), on peut affirmer que, de l'avis majoritairement exprimé, ce soir fut l'apothéose d'une Convention parisienne réussie.

La sélection de titres a constitué une subtile alternance des périodes qui a permis à tous de trouver son compte de plaisir auditif.

Vingt et un titres, sont issus de dix albums, dont quatre de "Brave", un de "F.E.A.R." (4 volets), quatre de "Seasons End ", quatre de "Misplaced Childhood", deux de "Afraid of Sunlight", deux de "An Hour Before It's Dark ", un de "Clutching at Straws", un de "Script for a Jester's Tear", un de "Somewhere Else", et un de "This Strange Engine".




La première partie, nous a baignés dans la nostalgie, en revisitant les années 80 et 90. Je suis toujours fortement ému et admiratif d'entendre ce public, communiant à pleine voix sur les vieux titres ; mais je demeure frustré de ne pas avoir retenu les paroles. Un des points culminants pour moi aura été l'interprétation époustouflante de "The Space" ; la partie vocale est pourtant particulièrement redoutable, mais H fut sublime et émouvant. Cette chanson m'a encore procuré des frissons intenses !

Puis les rappels ont probablement répondu à une attente d'œuvres plus récentes. Le majestueux et puissant "The New Kings" fut magistralement interprété. Ensuite, je m'autorise un petit regret ; j'aurais apprécié un chœur sur les deux titres issus de "An Hour Before It's Dark". Au lieu de quoi, Mark a lancé les sons requis… mais ce n'est pas pareil. Lors du concert à la salle Pleyel (9/12/2019), le chœur de Gil PINATEL avait magnifié quelques titres, mais pas ce soir donc. Je reconnais que j'ai la vie trop belle ; je pourrais me contenter de ce que j'ai vécu à Port-Zélande.

Avant un troisième rappel, le public observe, perplexe et intrigué, l'installation de deux chaises en bord de scène… MARILLION a souhaité faire plaisir au public, en invitant l'accordéoniste Charles KIENY. Il s'installe à côté de H pour interpréter les deux premiers couplets de "Faith", enchainé avec quelques mesures de la "Marseillaise", qui est reprise à gorge déployée par le public.

Nota bene : CHARLES KIENY est accordéoniste et compositeur, basé entre Paris et Londres. Résolument tourné vers la création de musiques originales et les mélanges artistiques, diplômé en Jazz et improvisation au CNSM de Paris (Conservatoire National Supérieur de Musique), il affiche une constante volonté de mélanger les styles et prend part à une grande variété de projets : de la musique de chambre croisée au jazz, jusqu'au groupe de métal aux influences mélodiques grégoriennes, les barrières volent en éclat au son de l'accordéon et du synthétiseur de Charles. https://www.charleskieny.com/about

Le concert se conclut avec le reste du groupe pour interpréter "Made Again", dans l'exaltation générale. La satisfaction est réciproque ; les sourires sont partout, le bonheur n'est pas dans les prés, mais dans les concerts de MARILLION !

PROGRAMME

  1. Slàinte Mhath (Clutching at Straws, 1987)
  2. The Uninvited Guest (Seasons End, 1989)
  3. Easter (Seasons End, 1989)
  4. Holloway Girl (Seasons End, 1989)
  5. Beautiful (Afraid of Sunlight, 1985)
  6. Script for a Jester's Tear (Script for a Jester's Tear, 1983)
  7. Kayleigh (Misplaced Childhood, 1985)
  8. Lavender (Misplaced Childhood, 1985)
  9. Bitter Suite [- III. Blue Angel-] (Misplaced Childhood, 1985)
  10. Heart of Lothian [-I.Wide Boy-] (Misplaced Childhood, 1985)
  11. The Space... (Seasons End, 1989)
  12. Afraid of Sunlight (Afraid of Sunlight, 1985)
  13. Wave (Brave, 1994)
  14. Mad (Brave, 1994)
  15. The Great Escape (Brave, 1994).

RAPPEL 1 :

  1. The New Kings (F.E.A.R., 2016)
I. Fuck Everyone and Run
II. Russia's Locked Doors
III. A Scary Sky
IV. Why Is Nothing Ever True?

RAPPEL 2 :

  1. The Crow and the Nightingale (An Hour Before It's Dark, 2022)
  2. Man of a Thousand Faces (This Strange Engine, 1997)
  3. Care (IV) Angels on Earth (An Hour Before It's Dark, 2022).

RAPPEL 3 : avec Charles KIENY.

  1. Faith (Somewhere Else, 2007)
  2. Made Again (Brave, 1994).

Après le rideau final, c'est un rideau de pluie fine qui entretient ce sentiment diffus mêlant la joie d'avoir assisté à un grandiose moment musical et la mélancolie de sa fin. Nous nous attardons toutefois sur le trottoir pour de longs échanges d'impressions au terme de cette belle Convention. Nous voyons sortir H puis Mark. Ils sont une fois de plus impitoyablement assaillis par des demandes de portraits, auxquels ils se plient volontiers. Je me rends au bistrot afin de féliciter les membres de LAZULI pour leur performance. Mais je les abandonne vite, ils sont submergés par leurs nouveaux admirateurs. Nous rentrons nous reposer, la tête pleine d'étoiles mais les jambes alourdies par deux jours agités…

Merci Marco ;)