L'Organisation de l'évènement se définit ainsi :
" Un festilage, le savant mélange entre un festival et une fête de
village, qui se tient dans son stade municipal ". Je valide. Ce P'tit
festival en Aveyron m'avait laissé une bonne impression l'an dernier. Pour
autant, je ne prévoyais pas forcément un retour cette année.
D'abord, parce qu'après un premier semestre musical
bien chargé, nous aspirions à quelques semaines de repos en famille. D'ailleurs,
à ce titre nous avons renoncé à notre participation au festival de rock
progressif Crescendo, que nous affectionnons pourtant (et qui se tient en même temps !).
Mais aussi, parce que la thématique musicale (disons
"rock alternatif") demeure
en marge de mes centres d'intérêt.
Nonobstant, l'édition 2026 de DRULHE EN FÊTE se déroule du
21 au 24 août, soit une période
conforme à nos errances estivales en Occitanie. Puisque MATMATAH et CACHEMIRE
sont prévus le même jour et qu'ils sont assez fédérateurs pour animer l'envie
d'une partie de notre microcosme d'amis (quatre couples et mon fils), je me
laisse finalement tenter par ce nouvel écart de conduite.
Le climat est clément. Nous pénétrons dans l'enclos un
peu avant la première "activité
scénique" (…).
ANTES
& MADZES [19h30-20h30].
Nous sommes dans l'Aveyron ; on peut admettre que l'Organisation
ait légitiment convié une entité locale pour ouvrir les festivités. L'invité
s'avère être un duo (Sylvain Antes et Rémi Massol) originaire de Rodez, mais
dont le registre sort totalement de mon cadre prospectif. Pour la première fois,
je me vois ainsi contraint de supporter les sonorités monocordes et insipides
d'un style que l'on désigne par "rap"
(horreur, malheur !). Sans surprise, les inflexions harmoniques et rythmiques
ne varient pas, ou si peu que je m'agace et me lasse très vite. Avec
mansuétude, je tends l'oreille pour écouter les propos marmonnés, mais très
vite je constate une affligeante pauvreté lyrique. Ces gens parviennent
pourtant à recueillir l'attention d'une partie d'un auditoire dont la majorité
semble au moins aussi perplexe que moi.
Heureusement, les échoppes proposent de la bière
désaltérante et, en dépit d'une sonorisation bien trop puissante pour si peu
d'intérêt, nous parvenons à échanger quelques éléments de conversation.
Mettons cette stérile expression, ce supplice pour
mélophile, sur le compte d'un apéro indigeste, dont l'empreinte sur ma mémoire
sera négligeable.
MPL [21h00-22h00].
La formation suivante ne relève pas vraiment le niveau
(quoique). Il s'agit d'un groupe de musiciens délibérément fantaisistes, formé
en 2012, composé de Cédric Bouteiller (chant), Julien Abitbol (guitare), Manuel
Rouzier (guitare), Andreas Radwan (basse) et Arthur Dagallier (maître de
cérémonie).
Il anime l'intérêt d'une partie bienveillante du
public, en assurant la promotion d'un album paru à la mi-février 2026, intitulé
opportunément "Bisou magique".
Bien que plus supportable et sympathique que leur
prédécesseur, cette prestation n'en demeure pas moins insignifiante, consternante
et finalement lassante.
Fermons le ban.
MATMATAH [22h30-23h50].
A l'origine de l'aventure, le duo formé en 1995 par Tristan "Stan"
Nihouarn et Cédric "Sammy" Floc'h, est rejoint par le
bassiste Éric Digaire et le batteur Jean-François
"Fañch" Paillard. MATMATAH (référence à Matmata, un village troglodytique tunisien) nait ainsi
à Brest, en Bretagne. Animé par un attrait pour le rock et le folk français teinté
d'influences celtiques, le premier album, "La Ouache" est paru le 9
juin 1998.
C'est une période durant laquelle, je baignais allègrement
dans le rock celtique (j'écoutais volontiers Gwenfol, Carré Manchot, Dan Ar
Braz, Carlos Núñez). La musique de MATMATAH m'avait donc logiquement séduit. Sa
promotion de l'album "La Cerise"
paru le 5 mars 2007, m'a permis d'assister à son concert du jeudi 3 mai 2007, à La Cigale. Sa
notoriété était à son comble, comme la salle. Cette chaude prestation m'avait séduit
mais cependant l'ensemble qu'avait semblé un peu trop pop, par rapport aux
autres artistes, que j'estimais davantage investis dans les sonorités
celtiques.
Nonobstant, après 13 ans d'existence, le groupe se sépare en 1998. Le départ de "Sammy" semble être à l'origine du
hiatus, durant lequel "Fañch"
quittera également le groupe…
Pourtant, un des deux initiateurs ne voulait pas
renoncer. Entre 2012 et 2015, Tristan "Stan"
Nihouarn (chant, guitares,
harmonica, oud, claviers, flûtes), et Éric Digaire
(basse, chant, guitare, piano) ont peu à peu relancé la machine. Ils sont
désormais entourés de Benoît "Scholl"
Fournier (batterie, percussions, depuis 2002), Julien Carton (claviers, piano, chant, depuis 2017), et Léopold "Léo" Riou (guitare électrique, chant, depuis 2022).
Le cinquième album studio, "Plates Coutures" venait de paraitre le 3 mars 2017, lorsque j'ai
revu MATMATAH le dimanche 25 juin 2017,
à l'occasion du festival RETRO C TROP, au parc du Château de Tilloloy (80).
Cette prestation ne m'avait pas vraiment laissé un souvenir impérissable,
hormis quelques allusions à ses origines ; en oubliant sa singularité celtique MATMATAH
me semblait se confondre avec une musique déjà maintes fois entendue.
Cependant, MATMATAH semble revenu à des bonnes
orientations, démontrées avec la parution de "Miscellanées Bissextiles",
le premier double album studio paru le 3 février 2023. Plus anecdotiquement, "L'Embardée", un album constitué de vingt
reprises, est paru le 24 avril 2026.
Première bonne surprise, l'introduction est assurée
par un trompettiste endiablé. Celui-ci prend place ensuite dans une rutilante section de cuivres (saxo
basse, saxo alto, trombone et donc trompette). Voilà un choix de formation qui
ne pouvait que m'enthousiasmer ! L'adaptation des titres s'en trouve
transcendée. Le public ne s'y trompe pas et manifeste une exaltation
particulièrement festive. On chante, on danse le drapeau breton virevolte
allègrement dans la fosse. L'ambiance est rapidement à son comble ; il faut
croire que la majorité s'impatientait de ressentir cette belle énergie !
La nuit est tombée et les éclairages chaleureux vont
accroitre les festivités. La sonorisation ne s'est équilibré qu'après quelques
minutes, mais une fois acquise, elle a permis de capter les accords exaltants
des quatre cuivres, dont l'apport est manifestement réussi ! Une audace
convaincante ! Du coup, les sonorités bretonnes avaient parfois des échos
latinos, comme sur "Lambé An Dro"
par exemple qui clôt le concert, avant un rappel mérité.
Voilà ce que
j'appelle une très belle surprise !
Cette prestation est à mon sens la meilleure de trois auxquelles j'ai assisté
depuis dix-neuf ans. J'ignore si l'intégration des cuivres aurait vocation à
perdurer, mais MATMATAH ferait bien d'y réfléchir sérieusement. Enfin, ce n'est
que mon avis.
Le groupe revient en rappel pour reprendre "Putain, Putain" un titre du Belge
Arno, qui me laisse perplexe. Un texte simpliste et une musique basique,
répétitive voire binaire. Fort heureusement on n'en reste pas là ; Stan revient avec sa flûte pour
interpréter "L'apologie",
ce qui remet opportunément les pendules à l'heure débridée.
Bon, cette musique demeure en marge de ce que j'écoute
habituellement désormais, mais elle aura eu le mérite de m'emporter dans une
transe collective bienvenue après un début de soirée insipide… Difficile de
satisfaire toutes les sensibilités ; ma p'tite Fée n'a malheureusement pas
réussi à trouver la Porte de cet univers un peu trop celte à son goût.
PROGRAMME
1.
Retour à la Normale
(Plates Coutures, 2017)
CACHEMIRE [00h30-01h45].
https://www.facebook.com/cachemiremusic/about?locale=fr_FR
https://www.youtube.com/@cachemirevideos/videos
Longtemps absent de mes répertoires, ce groupe
français et francophone a pourtant
le mérite de démontrer une fois de plus que notre belle langue se marie
parfaitement au rock ! CACHEMIRE se place dignement dans le sillage d'augustes
et vénérables prédécesseurs, tels que notamment Noir Désir, Téléphone, Trust,
Stocks, Blasphème, Sortilège … Je n'achetais pas d'album et n'assistais pas à
ses concerts, faute de profiter d'une occasion de le découvrir.
C'est sa prestation au Raismesfest, le dimanche 8 septembre 2024 qui m'a enfin permis
de confirmer la pertinence de sa réputation. Ce jour-là nous étions nombreux à
nous laisser porter par une ambiance de feu. Dans la foulée de cette heureuse
découverte, avec ma P'tite Fée nous sommes allés les revoir à la Cigale, le samedi
31 janvier 2026 histoire de vérifier
nos impressions. Autant dire que nous ne fûmes pas déçus, même si entre temps
je réalisais que, la perfection n'étant pas de ce monde, le discours pouvait me
paraitre un parfois un tantinet donneur de leçon voire démago (…). Ce n'est pas
bien grave quand ça passe dans un flot harmonique, mais lorsque c'est scandé
comme précepte sociétal, cela peut devenir agaçant. Un artiste de rock progressif
peut me chanter en anglais que l'herbe est bleue et que le ciel est vert, que
les éléphants sont rose à pois verts ; pas de souci je m'en bats les joues. Mais
CACHEMIRE ne me fera pas prendre des vessies pour des lanternes. Fred Bastar a
beau relativiser son texte en avant-propos, la démarche n'en demeure pas moins
déplacée. Ce plaidoyer militant me rappelle que même Bernard Bonvoisin ne
parvenait pas à me convaincre de son apologie sur Mesrine. Ils ne sont pas nos
Gourous, juste des musiciens plus ou moins engagés. Je ne suis pas leur adepte,
juste un mélomane indépendant d'esprit. Bref, évitons donc de nous attarder sur
ces détails d'ordre lyriques, et profitons de cette belle énergie scénique !
Ce soir, nous retrouvons CACHEMIRE qui demeure composé
de Frédéric "Fred Bastar" Batard au chant, Sébastien "Seb" Le Pallec à la
basse (+chœurs), Farid "Farid"
Shanny à la batterie, et Ronan "Ron"
Gaudin à la guitare et Alessandra "Alice
Animal" Giraudo (depuis 2025).
Toujours dans le contexte de sa tournée promotionnelle,
le quintuor se présente vêtu de blanc. En jupe (avec panty, en dessous quand même hein ; 'faut pas déconner !)
pour les hommes et en short pour la dame. Même les instruments, guitares et
batterie) sont blancs ! Ces attributs seront du plus bel effet sous les
éclairages. Les lumières dynamiques et
rythmées ont contribué à valoriser l’énergie du concert et les différentes
ambiances musicales. Grâce à une sonorisation très bien équilibrée, l'auditoire
a pu retrouver les harmonies et partager le plaisir festif dans un réel confort
auditif, puissant mais audible. En fond de scène apparaissait parfois l'allusion
à la couverture du récent album. Alessandra
et Frédéric venaient s'encadrer à tour de rôle dans un grand triangle
lumineux placé devant la batterie.
Voilà pour la forme. Sur le plan musical rien à reprocher,
ni sur l'interprétation d'une redoutable efficacité, ni sur le choix des titres
(en dépit de ma réserve exprimée). C'est
du rock brut mais mélodique, sans artifice. La discographie de CACHEMIRE est intelligemment
représentée par le programme qui est d'une longueur équivalente à celui de la
Cigale en janvier. En outre, il diffère sur le choix de plusieurs titres ;
encore une qualité !
Je souligne que Frédéric est vraiment charismatique en
plus de disposer d'un timbre convaincant. Cette fois, il s'est abstenu de se
faire porter par la foule, mais en revanche il a invité trois enfants à venir
sur scène. Les pauvres avaient plutôt l'air transis de terreur mais Fred est
parvenu à les décrisper un tant soit peu. On imagine la satisfaction de leurs
parents qui en garderont probablement davantage le souvenir que leurs protégés…
Le groupe recueille très légitiment une bruyante ovation
du public, à laquelle je me joins volontiers.
Leur quatrième
album studio, "Suffit Juste d'Une
Seconde" est paru le 10 octobre
2025. Il est logiquement promu ce soir, avec huit titres.
PROGRAMME
1.
Moi être Roi (Qui est la punk ?, 2018)
Une bande son retentit la chanson "Hey Jude" des Beatles (comme à la Cigale). Il n'y aura pas de rappel (comme à la Cigale).





