samedi 20 janvier 2018

AUDREY HORNE + THE NEW ROSES au Petit-Bain à Paris (13ème) – 20/01/2018



Quatre bonnes raisons pour contrarier cette morose soirée hivernale et pluvieuse.
- D'abord, AUDREY HORNE est un groupe norvégien qui nous avait laissé un souvenir étourdissant et impérissable lors de son passage au fameux Raismesfest lors de l'édition 2013.
- Le Petit-Bain est une salle de concert que je ne connaissais pas encore.
- Cerise sur le gâteau, les teutons THE NEW ROSES, autre belle révélation du Raismesfest (édition 2016) sont aussi de la partie !
- Epi, deux mois sans concert c'est long.
Ajoutons à cela que cette soirée était un bon prétexte pour festoyer joyeusement entre amis toute l'après-midi …

La crue de la Seine (l'eau est au ras du quai à cet endroit !) aurait pourtant pu contrarier ce projet car en fait ce site est une barge flottante, amarrée sur le quai opposé à Bercy, entre le quai de la Gare et le Batofar (…) ! Astucieusement aménagée, son fond-de-cale est un bel auditorium qui annonce pouvoir accueillir quelques 450 personnes et dont l'acoustique s'est révélée excellente !
Cette belle dame s'est cependant faite désirer ; la bande de joyeux drilles dont nous faisions partie a dû attendre sous une pluie fine, bien au-delà de l'horaire qui était annoncé. Mais il en fallait davantage pour refroidir nos (h)ardeurs !

Une fois dans la place, nous avons à peine le temps de papoter dans la fosse, que le hardrock mélodique, festif et énergique d'AUDREY HORNE vient nous décrasser les cages à miel ! Les nuques sont vite mises à l'épreuve, les crinières, les poings et les cornes s'agitent, les rangs se bousculent, bref c'est la fête !!!
Rapidement rassurés sur la qualité sonore (le son est audible et d'une puissance raisonnable !), nous sommes rentrés immédiatement dans le vif du sujet, en retrouvant toutes les qualités qui motivent notre intérêt pour ces Vikings ! Les lignes mélodiques et soli incisifs des guitares, la section basse/batterie implacable, les chœurs qui accompagnent un chanteur survitaminé, tout a contribué à nous rappeler les meilleures heures du hardrock des 80's. Il n'est pas rare que certains passages donnent l'impression troublante que Thin Lizzy aurait pris Ozzy au chant ! Iron Maiden n'était pas loin dans les esprits non plus mais n'allez pas croire que le répertoire d'AUDREY HORNE se limite à leurs influences ! C'est rafraichissant et jouissif à souhait !
C'est du rock pur jus et sans fioritures pas de bande-son, juste de l'énergie qui donne envie de bondir à en perdre haleine !

Dans le programme de quatorze titres, cinq permettent de se faire une idée prometteuse pour "Blackout", opus qui vient juste de paraitre (et que je me procure à l'échoppe) ; "Audrevolution", "Blackout", "Midnight Man", "Naysayer", et "This is War". Six titres sont issus de "Youngblood" paru en 2013, l'auditoire n'en attendait pas moins ! Mais bon, de toutes les façons, point de temps mort durant leur concert.

En tout état de cause, ces valeureux scandinaves confirment une nouvelle fois les talents que j'avais décelés en 2013 ; énergie, mélodie, folie et fraternité. En effet, ce groupe semble soudé depuis 2002 autour de Torkjell Rød/Toschie (chant), Arve Isdal/Ice Dale (guitare), Thomas Tofthagen (guitare), et Kjetil Greve (batterie). Le dernier arrivé est le bassiste barbu Espen Lien (depuis 2007), tout autant impliqué, notamment dans les chœurs.
Toschie, doté de tatouages remarquables, dispose comme à l'accoutumée d'un vrai charisme. Il harangue constamment le premier rang et vient dans la fosse chanter avec son public ébahi ! Comme si cela ne suffisait pas, les deux guitaristes font de même un peu plus tard, ce qui est encore plus surprenant. Comment ne pas être séduit par ces gros malades !
PROGRAMME
This Is War (Blackout)
Audrevolution (Blackout)
Out of the City (Pure Heavy)
This Ends Here (Youngblood)
Youngblood (Youngblood)
Midnight Man (Blackout)
Blackout (Blackout)
The King Is Dead (Youngblood)
Naysayer (Blackout)
Pretty Little Sunshine (Youngblood)
Straight Into Your Grave (Youngblood)
Redemption Blues (Youngblood)
Waiting For The Night (Pure Heavy)
Blaze of Ashes (Audrey Horne).

La prestation incandescente dure soixante-quinze minutes ; un peu court, tout de même. Sans rappel de surcroit. Paradoxalement, alors que le public était logiquement déchainé durant le concert, le retour des musiciens ne m'a pas semblé être réclamé avec la vigueur qui eût été nécessaire. On va tenter une justification hasardeuse : c'est l'hiver, les ours ont ouvert un œil mais hibernent encore. Il est probable aussi que la soirée avait ainsi été planifiée pour permettre au second groupe de ne pas finir trop tard …
Toschie est le premier à venir à l'échoppe pour se soumettre volontiers aux demandes de dédicaces et de portraits. Les autres membres se montreront tout autant disponibles ! Bien entendu, le CD "Blackout" (15€) dédicacé sera désormais en bonne place dans mon salon dans les jours à venir.




La soirée continue avec les allemands de Wiesbaden, THE NEW ROSES.
Fondé en 2007, ce groupe est actuellement composé de Timmy Rough (chant et guitare), de Norman Bites (guitare), de "Hardy" (? mais où est donc Laurel ?? - basse) et Urban Berz (batterie). Ils commencent à disposer d'une notoriété grandissante grâce à leurs prestations en ouverture de ZZ-Top, Y&T, ou d'autres allemands tels qu'Accept ou Die Toten Hosen. Je les ai donc découverts et remarqués en 2016 lors du Raismesfest mais l'année suivante il étaient également au Hellfest…(non, je n'y étais pas).
Les musiciens sont efficaces, en particulier Norman Bites dont les interventions sont remarquables et leur style, qui me semble se rapprocher davantage de Guns 'n' Roses ou de Poison que de Metallica, est agréable à écouter. Etonnamment, alors qu'à la base je n'ai jamais été un admirateur de G'n'R, je parviens à apprécier (impression accentuée à l'écoute du dernier CD) ces sons chaloupés et endiablés  par des musiciens qui manifestement ont pris leur biberon en écoutant ces ricains.

Onze titres défilent, dont quatre du dernier opus "One More For The Road".
Mais, après la prestation très musclée des norvégiens il faut reconnaitre que l'atmosphère paru différente, relativement plus apaisée, on va dire …
PROGRAMME
Every Wildheart
Forever Never Comes (One More For The Road)
Dancing on a Razorblade
For A While (Without A Trace)
It's A Long Way (Dead Man's Voice)
Whiskey Nightmare (Dead Man's Voice)
Devil's Toys (Without A Trace)
Life Ain't Easy (For A Boy With Long Hair) (One More For The Road)
My Own Worst Enemy (One More For The Road)
Thirsty (Dead Man's Voice)
One More for the Road  (One More For The Road).

Pas de rappel non plus, il faut croire que la soirée était ainsi formatée… Je me demande bien qui est l'hurluberlu qui se permet ainsi de régenter notre soirée, car The New Roses semblait frustré de ne pas pouvoir continuer …



La durée de la prestation, l'éclairage et la sonorisation furent similaires aux deux groupes ; on ne peut donc pas prétendre que le dernier fut la tête d'affiche. Néanmoins, a posteriori, nous étions nombreux à imaginer que THE NEW ROSES eût mieux adapté pour chauffer la salle. Le public aurait pu se lâcher avec les Vikings et peut-être obtenir un programme un peu plus long
Je tiens à soutenir THE NEW ROSES qui n'a toutefois pas démérité, en me rendant à l'échoppe où je retrouve le bassiste qui me vend leur dernier CD "One More for the Road", (15€) paru en 2017. 

lundi 6 novembre 2017

TRUST – Bus Palladium le 06/11/2017 + Le Bataclan le 08/11/17


L'histoire de mon intérêt pour TRUST est à la fois longue, torturée, paradoxale et complexe. Mon respect et mon admiration pour ce groupe ne peut pas être mis en doute mais, comme il est coutume de dire, "qui aime bien châtie bien". Il me semble nécessaire de situer mon état d'esprit avant de tenter de relater mes impressions sur cette série de concerts parisiens.

J'ai découvert le groupe courant 1980, peu après avoir découvert AC/DC. Dès la première écoute de leur opus "Répression" j'ai été subjugué par l'énergie et l'audace dégagées par ce groupe français et francophone ! L'analyse de ses textes m'a passionné et me questionne encore aujourd'hui sur notre société et ses valeurs. Mêmes réactions à l'écoute de l' "Elite", leur précédent et premier opus.
Le propos insolent et dénonciateur des …disons quatre premiers opus, me parait le plus souvent pertinent ; cependant si j'adhère totalement à une grande partie d'entre eux, d'autres me gênent déjà en 1980. Paradoxalement, j'étais ainsi prêt à soutenir l'existence de TRUST face à des détracteurs, tout en dénigrant certaines prises de position.
Les pseudo-critiques du milieu musical et des élites bien-pensantes (toujours les mêmes que de nos jours) prétend(ai)ent dénoncer une démagogie à propos de certaines chansons qui, certes, dévi(ai)ent de la pensée-unique en vigueur. Pour ma part je persiste à penser que la part de démagogie de Bernie porte sur d'autres chansons et s'est amplifiée dans les années 90, en particulier avec la tournée "Europe et Haines". En gros, j'adore le Bernie qui dénonce tous les extrêmes religieux et politiques, ce qui fut le cas en particulier dans les quatre premiers opus, mais je ne peux pas adhérer à son apologie de certains personnages douteux de l'Histoire. C'est la raison pour laquelle je me suis peu à peu déconnecté du parcours, d'ailleurs très chaotique (claquements de portes incessants), du groupe…

Cette passion contrariée m'a toutefois permis d'assister à cinq de leurs concerts, le premier étant celui du 21 novembre 1981 à Blois (41), lors de la tournée "Marche ou Crève", avec Starfighters en première partie ! J'ai gardé de cette époque le souvenir nostalgique de concerts comparables avec ce qui était permis d'imaginer en écoutant les 33 tours. Mais, je doutais de revivre tout cela. Cette crainte avait été alimentée par le souvenir amer de la dernière fois où je les voyais ; c'était au concert du 25 novembre 1989. Impression encore accrue par la suite avec les échos perçus à l'issue des autres prestations durant les 90's ; même la musique avait perdu son identité.
Et puis, vingt-huit années ont passé. Après moult "viens-ici, fout-le-camp", voici nos deux complices réunis à nouveau et, semble-t-il, avec les meilleures intentions.

Leur longue, audacieuse et admirable tournée leur a permis de confirmer leur popularité dans de nombreuses villes françaises et les voilà enfin pour une série de cinq concerts à Paname ! Mon calendrier d'automne étant déjà bien chargé je me suis contenté de choisir deux dates. Choix difficile, j'ai renoncé au Trianon, à La Maroquinerie ainsi qu'à l'Elysée Montmartre et donc opté pour les deux autres…

D'abord le Bus Palladium, car cette salle mythique a accueilli une bonne part des artistes du monde rock depuis les années 60, alors que je n'y ai jamais mis les pieds ! Je me disais (naïvement) que le premier concert de cette série parisienne serait probablement marqué par des particularités pour les privilégiés entassés dans ce petit club. J'imaginais un concert jusqu'au bout de la nuit, des invités …
Ensuite le Bataclan, car je tiens à soutenir cette salle qui vient de renaitre d'un cataclysme et car, en déclinaison qui me semble logique, j'attends de pieds fermes que Bernie y chante LA chanson adéquate. En effet, pour moi "M. Comédie" s'impose à la fois en hommage aux victimes et en rappel aux amnésiques.

J'attends donc beaucoup de ces deux concerts ; j'attends de l'émotion, de la rage, de la révolte, de l'abnégation, de la générosité (durée de concert), de la passion, de la nostalgie et, (était-ce trop demander ?) pour le Bataclan, un hommage en chanson. Il s'avèrera que je suis bien trop exigeant.

Le problème avec la bande à Bernie, c'est que la Légende, les Principes, la communion avec le public et tout le tralala, c'est de la foutaise. Alors, bien sûr, on pourra toujours m'opposer que l'artiste est libre et que le public n'a qu'à suivre ou s'en aller, épicétou. Certes, mais quand-même…

Déjà, avec le recul sur les deux soirées, comment ne pas remarquer le maigre programme. Dix titres par soir et puis "au revoir les amis, nous avons notre tisane à prendre". De surcroît, peu de différence entre les programmes ; en allant au Bus Palladium le public a eu droit (ô privilège !) à "Chaude est la foule" et "Instinct de mort" (wouaaaâh, la vââche !), et en allant au Bataclan, leurs Altesses ont daigné nous accorder "La mort rôde" et "Le temps efface tout" (ô làlàààh !), autant dire que côté friandise les gourmands sont restés sur leur faim.
En outre, au Bataclan, Trust a eu la bonne idée d'interpréter "Fatalité" (aaâh !) …mais ce fut sans la fantaisie d'un saxophoniste (oooôh !) qui aurait pourtant ajouté à la folie du titre et aurait donc été le bien venu pour cet événement… (et qu'on ne vienne pas m'argumenter du cout d'un musicien de session, d'autant plus que d'autres fantaisies auront été accordées aux privilégiés du Trianon.)
Pompon sur le béret : Je suis évidemment très déçu de l'absence de mon très attendu, tellement indispensable et opportun "M. Comédie". Au diable les symboles, "L'institution n'a plus d'valeur, pratique l'inceste avec ta sœur" qu'il disait le Bernie. Ça c'était avant, c'était il y a longtemps !
Ah, j'allais oublier (et pour cause !), autre décalage avec la réalité : l'hommage aux victimes du Bataclan était sans doute émouvant, mais la minute de silence fut d'autant plus facile à respecter que la salle était encore à moitié vide ! L'autre moitié du public, dont moi, mon fils et ma p'tite Fée, et ben elle était dehors à attendre de pouvoir entrer. Affligeant, juste affligeant.

A la lecture de ce récit, je ne voudrais pas laisser l'impression de n'avoir rien apprécié durant ces deux soirées, c'est juste qu'il a toujours un "mais". J'ai trouvé les musiciens à la hauteur, même si on aurait apprécié un peu plus de spontanéité et de folie. Bernie chante bien, avec sa désinvolture habituelle, mais pourquoi a-t-il gommé du répertoire tous les titres vraiment dénonciateurs des premiers albums ? A la trappe, "Bosser 8 heures", "Idéal", "les Brutes", "l'Elite", "Le Sauvage", "La Grande Illusion", "Varsovie", "Les sectes", "Toujours pas une tune", et donc " M. Comédie" (oui j'y tenais !). Sans compter qu'il aura encore fallu qu'il balance des propos contestables et pour le coup bien démago (affaire Traoré qui est loin d'être aussi manichéenne qu'il le dit, ou encore Macron qu'il est de bon aloi de critiquer bien sûr). En fait, Bernie n'est plus révolté, il est juste désabusé mais lisse et politiquement correct. Soit il a oublié qui il était, soit je ne l'ai pas compris. Il y a sans doute un peu des deux, à mon humble avis.

Le public a plutôt bien participé, mais aucun rapport avec le public des Insus qui se démène bien plus et chante tout, à la place du chanteur. Revoir enfin Trust à Paris après tant d'années aurait pu/dû être une fête, mais au final ça sent plutôt le pétard mouillé. Et ce n'est pas le magistral et réjouissant "Antisocial" qui aura changé l'impression globale. Pour le côté exceptionnel, il aurait fallu être au Trianon, m'a-t-on dit ; bah merde alors, c'est comme au loto, j'ai misé et j'ai perdu !

Heureusement Nono sauve le portrait. Sur les deux soirées (un peu plus à l'aise au Bataclan) il était manifestement ravi et fier d'être là avec le public.

Et les invités me direz-vous ?
Eh bien au BP j'ai passé une excellente première partie de soirée avec Klink-Clock; un couple français bien déjanté et surprenant. La fille, debout avec un ensemble de percussions atypiques et le mec, avec une guitare ; le tout assurant un bon rock ravageur ! La fille avec son faux-air de Françoise Hardy se révèle en fait comme une tigresse, sauvage, bougeant, frappant et chantant avec une conviction évidente ! Aucune fioriture, du rock à l'état pur !
Vraiment une excellente surprise que je demande à revoir !
Quant au Bataclan, ce fut simplement soporifique. Des belges bien sympathiques mais franchement décalés qui ne laisseront probablement pas un souvenir indélébile, ils ont toutefois bénéficié de l'applaudissement poli du public.

Reste que sur les deux soirées, j'en tire un sentiment contrarié, comme d'habitude avec Trust. Je suis ravi de les avoir revus en bonne forme, pour interpréter les titres dans leur jus d'origine (excepté un "Surveille ton look" méconnaissable). En même temps, je suis assez frustré par un événement qui, à défaut d'être extraordinaire, aura été juste réjouissant.



PROGRAMME

BUS PALLADIUM
BA TA CLAN
L'Archange
L'Archange
Marche ou crève
Marche ou crève
Fais où on te dit de faire
Fais où on te dit de faire
Au nom de la race
Au nom de la race
L'exterminateur
L'exterminateur
Chaude est la foule
La mort rôde
Instinct de mort
Le temps efface tout
Déjà servie
Déjà servie
Démocrassie
Démocrassie
Surveille ton look
Surveille ton look
Comme un damné
Comme un damné
Préfabriqués
Fatalité


Rappel :
Rappel :
Certitude... Solitude...
Certitude... Solitude...
Le temps efface tout
Préfabriqués
Antisocial.
Antisocial.


vendredi 27 octobre 2017

PENDRAGON – Chez Paulette à Pagney-Derrière-Barine (54) - 27/10/2017

Ah, "Chez Paulette" ! Depuis quelques années, j'entends ce lieu résonner d'échos favorables relayés par de chanceux autochtones. Pendragon y a déjà sévi mais aussi Lazuli, Carducci et bien d'autres y sont passés depuis 1970 alors que Georges Lang en parlait déjà sur RTL (Cf. entrevue avec MusicWaves). La salle accueille environ 55 concerts par an pour une capacité maximum de 400 mélomanes !

Lorsque Pendragon a annoncé cette nouvelle tournée pour la promotion de son DVD "Masquerade20" nous avons vite réalisé que c'était le moment de se décider à visiter cette contrée. En effet, c'était la seule date française sur une mini-tournée !

Après avoir posé notre bagage dans un petit hôtel pris à Toul, à quelques minutes du village, nous avons enfin pu approcher de ce fameux site "Chez Paulette". Evidemment surpris en arrivant de constater l'environnement : un petit village très ordinaire avec une maison très ordinaire également sur laquelle était juste inscrit la désignation. A ce stade, dans la maigre file d'attente qui se forme derrière nous, il était encore possible de douter de la qualité acoustique d'un tel lieu. Mais bon nous ne sommes pas vraiment inquiet, forts des échos de précédents concerts et des discussions entre mélomanes impatients devant l'entrée.
Les discussions entre fous furieux de musique sont toujours intéressantes mais là nous avons eu la chance de discuter avec un couple venu de la Suisse voisine. Cette amitié naissante nous poussera plus tard, en ce vendredi soir, à décider de les suivre le lendemain pour poursuivre un délirant parcours néo-prog qui ne s'arrêtera que dimanche à minuit. Mais, mon récit risque alors de s'égarer ; c'est une autre histoire …
Tiens d'ailleurs, alors que nous attendions, plus ou moins patiemment, Nick nous salue en passant ; tout va bien le groupe a bien fait étape dans le coin !

En première partie de soirée, Nick en bon prince permet à sa Verity White, une des deux choristes de Pendragon accompagnée de son mari (récemment mariés, d'ailleurs) à la basse et d'une boite à rythmes, de nous proposer un petit concert de rock du genre électro.
Le public bienveillant accueille poliment la chanteuse. Davantage eu égard à son talent vocal et à son sourire irrésistible qu'à l'intérêt des chansons interprétées. Les deux musiciens proposent une série de chansons qui, sans être désagréables à entendre, n'en sont pas moins ordinaires ; en tant que parisien je peux entendre au moins aussi bien quotidiennement dans les couloirs du métro.
Mais bon, la dame semble s'épanouir sur la scène, alors nous applaudissons volontiers ce qui pourra être au moins considéré comme un bon exercice pour chauffer sa voix pour le concert qui suit !

PENDRAGON, composé de Nick Barrett (guitares, chant, depuis 1978), Peter Gee (basse, clavier depuis 1978), est toujours entourés de Clive Nolan (claviers, depuis 1986) et de Jan-Vincent Velazco (batterie, depuis 2015). Comme en mai 2016, Verity White et toujours là aussi, mais accompagnée cette fois de Zoe Devenish.
Une belle complicité semble unir ces musiciens qui ont chacun l'opportunité de montrer à tour de rôle leur talent, sans dénaturer les atmosphères voulues par Nick et son public. Les choristes s'impliquent également avec beaucoup d'entrain et semblent beaucoup s'amuser avec le groupe. La présence de choristes sur les dernières tournées ont apporté indéniablement un surcroît de qualité !
Très vite la qualité acoustique de la salle se vérifie alors que la puissance sonore n'impose pas de protection auditive. Nous sommes comme dans notre salon, avec cette différence que nous sommes entourés de quelques centaines de fêlés comme nous !

Le programme dévoile un bon équilibre pour illustrer la carrière du groupe, puisque sur les quatorze titres interprétés ce soir, quatre font toujours référence au 20ème anniversaire de "The Masquerade Overture", mais trois sont issus de "Men Who Climb Mountains" dernier opus en date.
C'est la cinquième fois depuis 2011 que j'assiste à un concert de Pendragon et, comme à l'accoutumée, je ne peux que m'extasier devant l'émotion gilmourienne qui se dégage du jeu de guitare de Nick et devant l'étendue de sa technique. D'autant plus cette fois que nous étions à ses pieds (deuxième rang) dans une petite salle parfaitement adaptée à la prestation. Bien placé pour observer les regards complices de Nick avec ses comparses. Observer Peter le fidèle et discret compagnon depuis le début. Observer aussi la placidité de Clive qui pourtant avait quelques soucis peu perceptibles avec son clavier. Observer enfin la frappe à la fois dévastatrice et chirurgicale de Jan-Vincent.

Pour le reste, il suffit de rappeler qu'un concert de néo-prog, plus encore que l'écoute d'un CD, ca se vit plus que ca ne se raconte. Quelques images vidéo ou fixes tenteront bien d'en dénoncer les bienfaits, mais il est clair qu'il faut assister à leurs concerts pour en connaitre l'intensité. Pourtant, il n'est pas certain que d'espérer un plus grand public, et par conséquent une plus grande salle, soit de nature à vraiment promouvoir cette musique divine ! Donc, chuuuuuuuuuuuut ! Taisons-nous et jouissons du temps présent !




PROGRAMME :
Intro bande-son de The Masquerade Overture

As Good as Gold (The Masquerade Overture)
Paintbox (The Masquerade Overture)
A Man of Nomadic Traits (Not of This World)
The Shadow (The Masquerade Overture)
Masters of Illusion (+solo de batterie) (The Masquerade Overture)
King of the Castle (Not of This World)
Beautiful Soul (Men Who Climb Mountains)
Faces of Light (Men Who Climb Mountains)
Nostradamus (Stargazing) (The Window of Life)
If I Were the Wind (and You Were the Rain) (Not of This World)
This Green and Pleasant Land (Passion)
Breaking the Spell (The Window of Life).

RAPPEL :
Indigo (Pure)
Netherworld (Men Who Climb Mountains).

samedi 7 octobre 2017

MARILLION – Zénith de Paris – 07/10/2017.


Mea culpa ! A chaque fois que je me rends à un concert de Marillion, je me remémore avec regrets toutes ces années malheureuses durant lesquelles j'avais décrété un mépris basé sur des impressions erronées. Heureusement, grâce aux réseaux sociaux (et oui, n'en déplaise aux anti-[réseau] sociaux !), depuis 2007, alors que Marillion terminait sa tournée "Somewhere Else" je suis revenu dans l'Univers de ce groupe merveilleux que j'avais donc stupidement délaissé en 1985.
Outre les émotions perdues durant ces années, ce retour bien trop tardif a retardé ma découverte d'autres groupes qui sont passés dans leur sillage (je pense surtout à Porcupine Tree, bien sûr !).
Mais désormais, je me rattrape comme je peux ; en me gavant de bouchées doubles ! Cette tournée F.E.A.R. par exemple m'aura donné l'occasion d'assister à six autres concerts (l'Elysée Montmartre, la Convention à Port-Zélande, le BeProg à Barcelone, puis ce Zénith de Paris).
Comme à l'accoutumée, l'avant-concert donne l'occasion à notre microcosme d'admirateurs de se rencontrer pour échanger nos émotions. Pour ma part, c'est une bonne trentaine de coforumeurs et conventionnistes, tous animés de la même passion que je revois avec plaisir.
Les réseaux sociaux (toujours eux) ont bien évidemment anéanti l'effet de surprise sur le contenu de la soirée et de la programmation. Nous savons que le quatuor de cordes qui était invité à la Convention sera là. Nous savons aussi qu'il s'agit d'une soirée consacrée exclusivement au groupe avec un premier acte consacré au dernier opus (F.E.A.R.) suivi d'un second constellé de titres magnifiques. Le seul suspense résidait sur leur choix de jouer "The Space" lors de cette date, certaines villes ayant été comblées, d'autres pas. Mais fort heureusement l'effet de surprise n'est pas le seul vecteur de plaisir dans notre rencontre avec ces artistes !
C'est ainsi que, vers 19h30, je revois pour la neuvième fois sur scène Steve Rothery (guitares), Pete Trewavas (basse), Mark Kelly (claviers), Ian Mosley (batterie) et Steve Hogarth (chant) dans un Zénith à peine rétréci (env.4500 places), mais plein comme un œuf !
Placé judicieusement dans les tout-premiers rangs sur le centre droit, entre SH et PT, le son me semble un peu trop puissant en basse. Mais rien de rédhibitoire car le chant, la musique et l'émotion restent parfaitement perceptibles ! Les images particulièrement colorées défilent en fond d'écran et illustrent à merveille les chansons.
A l'instar des récents concerts auxquels j'ai eu le privilège d'assister ces derniers mois, FEAR, le dernier opus est magnifié en concert ; on se rend ainsi compte que chaque titre constitue une véritable pépite. Les musiciens sont unis étroitement et harmonieusement, en totale symbiose ; cette tournée aura achevé de les rassurer sur leur capacité à interpréter ces titres difficiles. L'an dernier à l'Elysée Montmartre, ils avaient évité "The Leavers" le temps sans doute de le roder ; mais à la Convention ce titre m'avait complètement subjugué et ce soir c'est la confirmation ! J'adore ce titre ! Tant de mélodies, tant de ruptures rythmiques et de force tranquille qui précèdent cette montée finale en puissance, c'est juste émotionnellement étourdissant !
Alors qu'un entracte nous est accordé, nous savons que nous ne sortirons pas davantage indemnes que des précédentes prestations du groupe !
Pour le second acte, nous avons la surprise de constater que certes le quatuor de cordes est bien présent mais qu'en outre une flûte traversière et un cor d'harmonie sont venus étoffer le groupe classique ! J'en suis absolument ravi car j'apprécie les instruments à vents et tout particulièrement les cuivres !!
Lorsque "The Space" débute je suis sur un nuage de bonheur. Là encore il s'agit d'une chanson enivrante dont le final est tout particulièrement émouvant. Quel talent ce chanteur, que dis-je ce comédien ! Les autres titres sont parfaitement joués et ravissent les spectateurs ébahis, même si chacun aura sa propre attente d'un titre qui lui est cher. Mais il n'y a aucune place pour la déception tant les solos de Steve Rothery sont toujours aussi étourdissants, tant les atmosphères dégagées par Mark Kelly sont toujours magnifiques, tant la paire rythmique Pete Trewavas/Ian Mosley martèle la marche vers le bonheur !
Le moment du rappel arrive trop vite et nous fait craindre une fin trop proche ; mais en fait, les titres choisis pour terminer ce concert en apothéose sont d'une durée suffisante pour apaiser les esprits !
Une caméra judicieusement placée filme les musiciens retirés provisoirement en arrière scène et les images sont diffusées en fond d'écran. Le lien du groupe avec son public est ainsi maintenu et l'envie attisée ! Un second rappel est pressenti.
Compte tenu de ce que j'ai relaté ci-haut, je vous laisse imaginer ma satisfaction d'entendre de nouveau le final de "The Leavers" ! D'autant plus que j'avais dès le début de la soirée observé la présence d'un canon à confettis … J'ai alors immédiatement fait le lien avec la Convention qui s'était conclue avec le même titre ! L'effet est toujours aussi enivrant ; tels de pauvres diables dans un bénitier les spectateurs ravis agitent les bras parmi les milliers de confettis bleus, blancs, rouges qui retombent !
Un à un les musiciens quittent la scène (pas de salut collectif, donc), les éclairages s'éteignent, lumières du Zénith s'allument ; c'est la fin du voyage !
Alors que, vers 23h10, se termine ce fabuleux concert, je regrette déjà de ne pas avoir opté pour un voyage à Londres la semaine suivante ; c'est le Royal Albert Hall qui les accueille pour le tournage d'une vidéo qui sera, à n'en point douter, un document à détenir !

PROGRAMME :

ACTE I
El Dorado: I. Long-Shadowed Sun
El Dorado: II. The Gold
El Dorado: III. Demolished Lives
El Dorado: IV. F E A R
El Dorado: V. The Grandchildren of Apes
Living in F E A R
The Leavers: I. Wake Up in Music
The Leavers: II. The Remainers
The Leavers: III. Vapour Trails in the Sky
The Leavers: IV. The Jumble of Days
The Leavers: V. One Tonight
White Paper
The New Kings: I. Fuck Everyone and Run
The New Kings: II. Russia's Locked Doors
The New Kings: III. A Scary Sky
The New Kings: IV. Why Is Nothing Ever True ?

ACTE II
The Space (Seasons End)
Afraid of Sunlight (Afraid of Sunlight)
The Great Escape (Brave)
Easter (Seasons End)
Man of a Thousand Faces (This Strange Engine)
Go! (.com)

RAPPEL :
The Invisible Man (Marbles)
Waiting to Happen (Holidays in Eden)
Neverland. (Marbles).

RAPPEL 2:

The Leavers: V. One Tonight.


mercredi 4 octobre 2017

ANATHEMA – Bataclan (75) – 04/10/2017



Ma démarche pour réserver cette soirée était un peu particulière, cette fois …
D'abord, parce que si Anathema demeure un grand groupe de scène, en revanche leur deux derniers opus (Distant Satellites et The Optimist) ne me transcendent toujours pas.
Ensuite, parce que si je ne suis plus retourné au Bataclan depuis le concert d'Opeth du 5 novembre 2014 ce n'est pas uniquement dû au manque d'intérêt musical (quoique) ; un événement légèrement dramatique survenu le 13 novembre 2015 a eu de quoi alimenter cette réticence.

Mais bon, après mûre réflexion j'ai fini par balayer ces deux arguments.
Primo, je ne pouvais pas manquer une occasion de revoir (et accessoirement réentendre) Lee, dont je reste un grand admirateur (...). Plus sérieusement, les atmosphères scéniques développées par ces musiciens sont toujours aussi délicieusement réussies. J'ai pu le vérifier de nouveau au BeProg Festival cet été.
Secundo, je considère que ce lieu emblématique des nuits parisiennes doit survivre à ce qui s'y est passé. Hors de question que des abrutis barbares nous dictent notre culture. Depuis le 21 mars 1981, j'assiste ce soir à mon trente-huitième concert dans cette salle mythique. Elle ne devait pas, elle ne pouvait définitivement pas rester seulement associée à de telles atrocités. Il ne s'agit pas d'oublier mais davantage de surmonter. D'autant plus que les travaux de restauration, impératifs pour cette si belle salle, ont permis me semble-t-il d'améliorer l'acoustique et le confort en mezzanine.


ALCEST ouvre la soirée. Etonnant lien avec mon dernier concert ici ; ces français assuraient également la première partie pour Opeth ! Là s'arrête la comparaison car s'il y a trois années je n'avais pas accroché du tout, cette fois j'ai davantage apprécié ces atmosphères envoutantes.
Je suis même bienveillant à l'égard du chanteur alors que sa voix est juste inaudible et ses propos incompréhensibles … Mais cependant cette voix, que je veux croire intentionnellement sous mixée tant elle est lointaine, fait cependant partie d'un ensemble sonore ma foi très captivant.
L'ensemble du groupe (excessivement introverti et discret, taisant jusque leur identité derrière des surnoms) reste d'ailleurs dans la pénombre et le brouillard de scène, éclairé de lumières sombres, le tout collant à merveille avec une musique sombre mais cependant souvent entrainante.
Je n'écouterais pas cela pendant des heures infinies mais cette entame de soirée était ainsi fort bien réussie !


ANATHEMA se présente à moi pour la quatorzième fois. Le sextuor est toujours composé de Vincent Cavanagh (chant,guitares), Daniel Cavanagh (guitare, chant, clavier), Jamie Cavanagh (basse), Lee Douglas (chant) John Douglas et de Daniel Cardoso (batteries, percussion et claviers).

Dix-sept titres se succèdent dont six tirés du dernier opus (The Optimist) et un seul de l'avant-dernier (Distant Satellites). Je n'aurais donc pas eu trop à souffrir du programme choisi, d'autant moins qu'il me faut admettre que décidément même ces titres passent très bien sur scène, ce qui démontre une fois de plus la propension de ce groupe à s'exprimer en concert !
Même si Vincent ne réside désormais plus à Paris, afin de se rapprocher de sa fratrie à Londres, il reste cependant francophile et le prouve par ses efforts persistants à échanger quelques mots français avec son public. Ca n'a l'air de rien, mais j'imagine aisément que cela contribue à l'affection particulière qui lie Anathema à ses fidèles mélomanes français ; ce groupe reste de surcroit un des seuls à visiter de nombreuses villes de province, qualité appréciables pour les intéressés.

Mon récit, comme d'habitude, n'exprime que mes émotions personnelles et ne prétend à aucune objectivité ni à un quelconque professionnalisme, mais je ne serais pas honnête si je taisais ce qui m'a particulièrement gêné ce soir dans l'interprétation. Tous, (à l'exception de Lee et de Jamie) démontrent leur talent de multi-instrumentiste, notamment leur compétence au clavier. Or, 'faudra qu'on m'explique l'intérêt de ces trop fréquentes bandes pré-enregistrées … de clavier ! Soit les séquences sont dispensables et on s'en passe, soit elles contribuent à l'atmosphère et on les joue ; les deux options relèvent bien d'un choix artistique, mais celle qui a été choisie me semble inappropriée.

Mais bon qui aime bien châtie bien, et puisque je sais que les frères Cavanagh n'apprécient guère d'être contrariés (j'ai en mémoire des anecdotes) je ne m'attarderai pas sur cet aspect du concert qui par ailleurs fut un beau voyage !
Le diptyque "Untouchable I & II" reste au programme des tournées depuis quelques années et semble s'inscrire ainsi comme un incontournable, et je ne m'en plaindrai pas ; Lee et Vincent y forment un duo toujours très émouvant.
Quatre chansons issues de l'excellent opus "Weather Systems" et trois du non-moins réussi " We’re Here…" contribuent à maintenir un très haut niveau de qualité.
Bien évidemment, la durée du concert n'étant pas extensible à volonté, cette forte proportion de titres "imposés" laisse peu place à d'autres titres plus anciens, question de choix.
Cependant avec le rappel, c'est un autre titre récurrent, "Closer", qui ravit le public qui profite de ce titre festif pour se dégourdir un peu la nuque et les jambes. Vincent me semble moins s'attarder sur les distorsions de guitares au sol que d'habitude ; les aléas de l'improvisation sans doute.

Cinq titres en rappel viennent clore cette bien belle soirée.
Notons particulièrement la dédicace émouvante de "A Natural Disaster" pour les victimes du massacre. Les lampes de portable qui éclairent la salle d'une lumière blafarde et la musique mélancolique contribuent à alimenter une atmosphère de recueillement bienveillante.
"Fragile Dreams" vient alors à point nommé pour une fin étincelante et époumonante, le chant de guitare étant repris par le public ravi ! Si les rêves de bonheur sont bien fragiles, Anathema sait les chanter (et c'est déjà ca !…).

A l'échoppe, les marchandises sont plutôt tentantes mais j'ai décidé d'être sage, cette fois. Si, si je vous assure que j'en suis capable ! Je ne prends même pas le CD.
PROGRAMME
San Francisco (The Optimist)
Untouchable, Part 1 (Weather Systems)
Untouchable, Part 2 (Weather Systems)
Can't Let Go (The Optimist)
Endless Ways (The Optimist)
The Optimist (The Optimist)
Thin Air (We’re Here Because We’re Here)
Lightning Song (Weather Systems)
Dreaming Light (We’re Here Because We’re Here)
The Beginning and the End (Weather Systems)
Universal (We’re Here Because We’re Here)
Closer (A Natural Disaster)

RAPPEL
Distant Satellites (Distant Satellites)
Springfield (The Optimist)
Back to the Start (The Optimist)
A Natural Disaster (dedié aux victimes) (A Natural Disaster)

Fragile Dreams (Alternative 4).

samedi 9 septembre 2017

XIXeme RAISMESFEST – Raismes – 09-10/09/2017

Voici donc la 19ème édition de ce festival orienté sur le hardrock, un de mes préférés dans ce genre. D'année en année, les affiches proposent toujours des artistes intéressants à découvrir, redécouvrir ou à revoir avec plaisir. De surcroit, je peux souvent y trouver un zeste de progmetal ou de rock sudiste (deux styles qui comptent beaucoup pour moi). C'est la raison pour laquelle je me suis fidélisé autant que faire se peut à cet événement de fin d'été ; ce sera ainsi la sixième participation pour moi (2007, 2008, 2013, 2014, 2016 et 2017).
Cette année ma motivation première est de revoir UFO et TYGERS OF PAN TANG, deux groupes des années 80, des groupes qui figurent parmi les premiers concerts auxquels j'ai pu me rendre à l'époque ! Mais au-delà de cet attrait "automatique" j'ai été intrigué tout particulièrement par DEAD LORD et WOLVESPIRIT dont les vidéos laissent imaginer un bon concert. Pour le reste je fais confiance à Phil et toute son équipe qui auront sans doute su nous dégoter des belles surprises, comme tous les ans !
Quel plaisir de pénétrer dans le parc du château tous les ans, avec ma p'tite fée, tel un rituel attendu !
Les marchands sont là, entourant les quelques vrais passionnés arrivés en premiers. Premières poignées de mains et accolades avec des amis déjà croisés lors d'autres évènements musicaux cet été ! Puis direction l'échoppe officielle pour le t-shirt (15€) qui cette fois encore est joli et évocateur, mais hélas pas de taille M pour la couleur bleue que j'aurais préférée ; je me contente donc du noir. Et malheureusement pas de taille "fille" pour ma fée. Ca nous fera des économies pour boire plus de bières ! Ca tombe bien ; à la buvette, c'est toujours de la Cuvée des Trolls à la pression ! Le système de paiement des consommations est désormais basé sur des jetons estampillés, je m'en rempli les fouilles et hop !
Météo relativement clémente au regard de ce qui était craint : pas mal de périodes ensoleillées avec toutefois un passage pluvieux pendant les malheureux Gypsies. Mais les nuits sont très fraiches, pour ne pas dire froides (11°C).

Samedi 09 septembre.
Pour des raisons familiale je ne peux pas arriver l'ouverture et je manque ainsi le premier groupe Ev'Sane, désolé pour eux. Mais j'arrive pile-poil avant le début du deuxième !
NIGHT [14h-14h30]. Ce groupe suédois vient se produire pour la première fois en France dans le cadre de la promotion de leur troisième opus "Raft of the World" qui vient juste de paraitre. Dans la série "le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres", il faut souligner que NIGHT bénéficie d'un concours de circonstances : il assure en ce moment les premières parties de la tournée de Dead Lord ; lorsque Headblaster, initialement prévu, a dû être remplacé, les regards se sont logiquement et opportunément tournés vers eux. Une vraie chance pour eux comme pour nous car ces valeureux Vickings se révèlent comme une première belle découverte de la journée !
Leur hard rock est on ne peut plus traditionnel mais révèle une extraordinaire efficacité. La voix suraiguë du chanteur/guitariste Oskar Andersson peut surprendre de prime abord mais finalement leur musique accroche ! Il est solidement entouré de Sammy Ouirra (guitare) ainsi que de Joseph Max (basse) et Dennis Skoglund (batterie).

Voilà qui aura permis à nos nuques et nos jambes de chauffer les muscles en prévision du reste de l'affiche !

Programme : (à déterminer)

BLACK RIVER SONS [15h-15h30]. Ce groupe Ch'ti nous propose un rock sudiste très efficace. Les duos de guitares acérées délivrant des arpèges mélodiques et énergiques typiques du genre ne pouvaient que me séduire.
A défaut de chanter Ch'ti (et pourquoi pas ?!!) j'aurais préféré qu'ils suivent la lignée tracée par leurs ainés Stocks en chantant français, mais bon c'est le choix de l'artiste qu'il faut respecter quoiqu'on en pense.
Emeric Martel (guitare et chant), Baptiste Duquesnoy (guitare), Luke Debruyne (basse) et Vincent Bourree (batterie) exercent leur passion dans divers autres groupes (Luke reviendra demain à la guitare au sein d'Abbygail), mais cette formation-là semble soudée et destinée à écumer les bars et autres scènes pendant de longues années. En tous cas c'est ce que je leur souhaite !

Programme : (à déterminer)


JESTER SMOKEBREAK [16h-16h30]. Ce groupe breton (Rennes) semble bien rodé et pourtant de l'aveu du chanteur, il s'agit de leur première prestation sur une grande scène ! Du bon rock'n'roll rappelant parfois les Gun's and Roses, parfois AC/DC, est parvenu à secouer rudement les nuques des festivaliers présents !
Il faut dire que le chanteur Hugo Trémorin s'est particulièrement démené et n'a pas hésité à descendre en fosse durant tout un morceau (en dépit d'un micro à fil !). Il faut dire aussi que ses petits camarades Méd Stuff (guitare), Fred Mevel (guitare), Guillaume Le Moine (basse) et Axel Fayet (batterie) assurent également un train d'enfer.
Ces p'tits jeunes me semblent prometteurs, souhaitons leur bon vent et hissez haut !

Programme : (à déterminer)


AYMERIC SILVERT [17h-17h45]. Bien qu'ayant déjà participé aux deux premières éditions du festival (1998 et 1999), je n'avais pas encore entendu parler de ce Ch'ti local.
Son rock est maîtrisé. Trop peut-être, car il ne m'a toutefois pas bouleversé particulièrement.

Programme : (à déterminer)


BAND OF GYPSIES [18h15-19h15]. Décidément ANGE me poursuit et il va bien falloir que je m'intéresse de plus près à ce groupe français qui hante mes univers musicaux progressifs. Notamment parce Ange figure parmi les groupes favoris de Steven Wilson ! Ses membres étaient assis juste devant moi en mezzanine lors du dernier concert de Porcupine Tree à l'Olympia. Puis j'en ai vu une géniale émanation, Gens de la Lune, cet été au festival Rock au Château.
Bref, aujourd'hui c'est son guitariste (depuis 1995) Hassan Hadji accompagné de Benoit Cazzulini (membres tous les deux de ANGE) et de Jean-Christophe Bauer à la basse qui nous proposent un hommage au Dieu Jimmy Hendrix.
En dépit d'une drache inopportunément passagère, ils nous ont démontré une excellente maitrise du sujet lors de savoureuses et époustouflantes interprétations ! Un régal auditif teinté de nostalgie …

Programme :
Fire
Foxy Lady
Manic Depression
Spanish Castle Magic
If 6 Was 9
Castles Made of Sand
Stone Free
Voodoo Child (Slight Return)
Izabella
Freedom
Purple Haze.

La pluie ne reviendra plus ce samedi et quelques éclaircies nous rassurent sur le reste de la journée !


DEAD LORD [19h45-20h45]. Les suédois de Dead Lord ont confirmé ma bonne impression préalable.
Le groupe, composé du très charismatique et fantasque Hakim Krim au chant et à la guitare, de Olle Hedenström à la guitare, de Martin Nordin à la basse (depuis 2013), et de Adam Lindmark à la batterie a secoué l'audience avec une redoutable efficacité durant un concert sans aucun temps-mort.
Cette prestation aurait pu plaire à certains absents malheureux, admirateurs de Thin Lizzy tant les titres donnent l'impression de constituer des inédits du groupe et tant les intonations de voix sont similaires à celles du très regretté Phil Lynnot.
Cette 19ème édition du Raismes Fest a de nouveau apporté son lot de belles découvertes.

Programme :
Too Late
When History Repeats Itself
Kill Them All
Because of Spite
No Regrets
Onkalo
Hank
(titre à déterminer)
Reruns
No Prayers Can Help You Now
Ruins
Hammer to the Heart.

Achat du CD obligé (15€) mais pas eu l'opportunité de le faire dédicacer … tant pis.

Le froid tombe sur le site et nous commençons à peiner à maintenir notre esprit éveillé …


VANDEN PLAS [21h15-22h30]. Ce groupe allemand ayant déjà participé à l'édition de RF1998, est sensé emporter mon enthousiasme puisqu'il est le seul à représenter mon style favori, le metalprog. Cependant, il ne m'avait guère laissé de souvenir impérissable lors de son concert en invité d'Angra (Aquaboulevard, le 15/11/1996).
Ils reviennent ici pour promouvoir un live "The Seraphic Liveworks".
Andy Kuntz (chant), Stephan Lill (guitares), Andreas Lill (batterie), Günter Werno (claviers) et Torsten Reichert (basse) ne sont toujours pas parvenus à me convertir à leur concept. Je ne sais pas ce qui cloche. Le manque de charisme du chanteur peut-être. Des compositions pas très inspirées plus sûrement. Il est vrai que la comparaison avec la scène prog et progmetal actuelle est sévère ; il y règne une telle créativité, une telle énergie que la moindre fadeur minore tout intérêt.
Heureusement, Vanden Plas reste un groupe constitué de bons musiciens qui ont produit de bonnes séquences et cela aura suffi à satisfaire mon appétit de progmetal que j'avais mis en veilleuse pour ce festival dont ce n'est pas la spécialité…

Programme : (à déterminer)


D.A.D. [23h-00h30]. Ayant déjà assisté à la prestation de ces danois au RF 2014, je savais que cette journée allait se clôturer de bonne manière.
Les postures déjantées et extravagantes de son bassiste Stig Pedersen ont tendance à attirer les regards ; ses deux modèles de basse à deux cordes sont surprenants. L'une transparente et lumineuse et l'autre en forme de croix de fer. Mais il serait bien réducteur de se limiter à cela, car Jesper Binzer (chant, guitare), Jacob Binzer (guitare), Stig Pedersen (basse, chant), Laust Sonne (batterie), maitrisent vraiment leur art et savent créer une bonne ambiance en interprétant un hardrock basique mais efficace.
Il fallait au moins ca pour tenter (vainement) de réchauffer nos côtelettes car le soleil aura été un peu trop timide cet après-midi et la petite pluie pendant Gypsies a accentué de la fraicheur nocturne habituelle en cette saison.

Programme :
Riskin' It All
Evil Twin
Written in Water
Monster Philosophy
Girl Nation
Soulbender
A New Age Moving In
Grow or Pay
Riding With Sue
Everything Glows
Scare Yourself
Jihad
I Want What She's Got

RAPPEL :
Bad Craziness
Sleeping My Day Away
It's After Dark.

Une première journée qui se termine donc en beauté. Mais nous ne tardons pas à rentrer car d'une part il fait froid désormais et puis demain s'annonce encore pleine d'émotions !

Dimanche 10 septembre.
A l'instar de la veille, nous ne parvenons à revenir avant le début de l'après-midi. Lorsque nous arrivons les dunkerquois Fool's Paradise et les arrageois Hycks sont déjà passés. Désolé pour eux.
Les nuages vont nous épargner jusqu'en fin de soirée ; une p'tite bruine bien Ch'ti est venue pour clore le festival.

ABBYGAIL [15h-15h30]. Lorsque ces Ch'tis arrivent sur scène je n'ai aucune idée du style qui va nous être délivré, n'ayant pas pris le temps de fouiner sur Youtube à leur sujet. Et c'est tant mieux ; la surprise est d'autant plus belle !
Bertrand Roussel (chant) a troqué son uniforme de présentateur du festival pour une tenue de scène plus adéquate. Luke Debruyne (guitares, chœurs), Guillaume Rue (guitares, chœurs), et Pascal Roszyk (basse, chœurs) assurent l'interprétation d'un bon hardrock bien bluesy !
Abbygail profite de cette prestation pour promouvoir de son premier album, "Electric lady",  et pour montrer son potentiel très convaincant ! La plupart des autres groupes français que je soutiens subissent la même réserve de ma part et Abbygail n'y échappera pas : je déplore que le chant ne soit pas français, à l'instar, par exemple, de leurs illustres et honorables ainés nordistes Stocks. Mais bon je suis peut-être bien le seul à le regretter alors je ferme ma grande gueule et ouvre mes petites oreilles pour jouir pleinement des riffs acérés et du chant toujours juste et accrocheur !
J'ai adoré, carrément ! Achat du CD obligé et dédicaces accordées volontiers par des mecs adorables ! A soutenir impérativement ! (note a posteriori : le CD est juste excellent !)

Programme : (à déterminer)


Yann ARMELLINO & EL BUTCHO [16h-16h50]. Ce duo français, aux longs pédigrées individuels, réunis depuis 2016, vient promouvoir son opus "Better Way" et nous propose un hardrock classique, tantôt blues, tantôt glam. En plus de leur musique, j'observe que je partage aussi l'intérêt affiché du chanteur sur son tshirt pour le groupe Dokken !
C'est très bien fait, le chant est juste et la guitare affutée mais j'ai attendu vainement dans les titres interprétés les preuves de virtuosité affichées dans l'annonce. La prestation ne me donne aucune raison de douter de la "virtuosité" de Yann mais disons que malheureusement la publicité laissait présager autre chose du plus marquant …
Si je reste donc sur ma faim, j'aurais cependant passé un moment agréable. Mais pas renversant.

Programme : (à déterminer)


WOLVESPIRIT [17h20-18h20]. J'attendais ce groupe allemand de pieds fermes car j'avais prospecté avec envie sur Youtube. Il faut dire aussi que je suis frustré de ne pas avoir encore pu assister à un concert de Blues Pills, autres fabuleux nostalgiques des 70's.
Debby Craft (chant), Oliver Eberlein (claviers, orgue), Richy Eberlein (guitare) et Daniel Scholz (batterie) font revivre, depuis 2010 semble-t-il, un style heavy/psychedelic qui ne laisse pas le public indifférent. Il faut dire aussi qu'outre les sons typiques et revendiqués des musiciens, Debby aguiche par des postures suggestives et des paroles très portées sur le thème "love&peace" très prisé dans les 70's…
N'ayant pas encore assisté à un concert de Blues Pills (mais ayant néanmoins visionné les vidéos) je me réserve de comparer définitivement a priori mais il me semble que Wolvespirit présente moins de talents individuels. En dépit d'avoir passé un très bon moment il m'a semblé percevoir quelques lacunes ; des titres qui se concluent mal, un chant parfois limité, des regards inquiets entre eux qui trahissaient un manque d'assurance.
Cependant je suis suffisemment convaincu pour me procurer leur CD (15€) et le faire dédicacer dans la foulée par les musiciens accessibles et sympas. Séance de portrait sympathiques aussi !

Programme : (à déterminer)


TYGERS OF PAN-TANG [18h50-20h05]. Ah ! Alors là … on touche à ma nostalgie et donc mon objectivité s'en trouve d'autant plus relative. Ce groupe britannique a accompagné quelques années de mon adolescence. J'étais allé voir Gillan ce 3 février 1982 au Bataclan non pas pour l'ex-chanteur de Deep Purple (que je méprisais à l'époque pour avoir quitté le groupe) mais bien davantage pour ses invités ; ces jeunes félins très prometteurs de la NWOBHM (New-Wave-Of-British-Heavy-Metal pour les non-initiés !) ! A l'époque, le guitariste qui focalisait les regards et les oreilles n'était autre que John Sykes, qui allait ensuite être recruté par le légendaire Thin Lizzy. Voilà pour mon état d'esprit avant ce concert.
Evidemment les années ont passé, le groupe s'est séparé mais à l'instar de Diamond Head (venu au RF l'an passé aussi !), un des musiciens a eu la bonne idée de reformer le concept une dizaine d'années après. Il ne reste plus que Rob Weir, mais bon, leur dernier opus récemment paru montre que l'esprit est toujours vivace ! Robb Weir (guitares) est désormais entouré du très bon chanteur Jacopo Meille, d'un excellent guitariste Micky Crystal, du bassiste Gav Gray et du batteur Craig Ellis.
Des titres comme "Gangland", "Hellbound", "Take It" claquent encore de bien belle manière et me renvoient à une trentaine d'année derrière …
Beaucoup d'émotions donc durant cette prestation.

Programme : (à déterminer)


U.F.O. [20h35-22h05]. …et là, le centre d'intérêt numéro un du festival, pour moi ! Pour avoir assisté à leur concert au Bataclan le 7 février 1983, même si la période glorieuse avec Mickael Schenker était déjà finie, j'ai continué d'admirer la bande à Mogg. Les formations ont changé mais la musique a conservé son charme, sa finesse. UFO faisait partie dans les 80's (avec Thin Lizzy) de ces fleurons du hard rock mélodique. Depuis je ne les ai vus qu'une fois par décennie. Et ce soir sera donc la quatrième fois. Voilà pour le contexte.
Donc, fatalement, je me place au second rang pour profiter pleinement du spectacle tant attendu. C'était sans compter avec l'ingénieur du son qui aurait dû s'engager chez des bûcherons canadien au lieu de venir nous assourdir les tympans. Ce son excessivement puissant a bien failli me gâcher le plaisir, même si je m'étais doté de protections auditives.
Mais mon admiration m'a permis de prendre le dessus et d'apprécier la voix de Phil Mogg, entouré du batteur historique Andy Parker (déjà présent en 1969 !), mais aussi de Paul Raymond (au clavier, déjà présent en 1976), Vinnie Moore (guitariste, depuis 2003), Rob De Luca (bassiste depuis 2008). Ce quintet magique a su me transporter au pays du bonheur en dépit, encore une fois, du son aurait dû être moins fort… Mais il semble d'après ceux qui étaient en retrait, que j'aurais dû quitter la proximité de la scène. Difficile choix entre entendre ou voir…
Beaucoup de plaisir d'entendre une nouvelle fois en concert ces titres notamment ceux interprétés dans le fameux enregistrement "Strangers in the Night", qui a tant contribué au succès du groupe. "Too Hot to Handle", "Doctor, doctor", "Shoot, shoot", …mais aussi l'inattendu "We belong to the Night" extrait de "Mechanix" !

Programme : (à déterminer)





Encore une belle édition réussie ! Merci à cette équipe de valeureux bénévoles passionnés et vivement la 20ème édition !