samedi 7 juillet 2018

STEVEN WILSON – Olympia, Paris - 07/07/2018



Cette troisième série de dates pour la tournée "To the Bone" a déjà permis à Steven de s'exprimer notamment devant le public du Hellfest (vendredi). Le choix fut difficile, mais je ne suis pas allé à ce rendez-vous. D'autres opportunités se sont offertes heureusement à moi ; d'abord assister à sa très bonne prestation au festival Retro-C-Trop dimanche dernier, puis d'assister à ce retour à l'Olympia. C'est ainsi que j'ai la chance d'assister une quatrième fois à la promotion de cet opus.
Je savais que le principe d'une "soirée avec Steven" en deux actes était maintenu, mais en revanche j'avais un doute sur sa volonté à proposer un programme différent du printemps dernier. Bien qu'admirateur absolu de l'œuvre du Monsieur, j'étais d'autant plus inquiet que son concert de mars avait privé le public parisien de "Song of Unborn", sublime titre du dernier opus auquel je tiens tout particulièrement. J'attendais donc au moins l'interprétation de ce titre, faute de quoi le Steven m'aurait vraiment déçu pour la première fois (Il en faut bien une me direz-vous…)
Il était par ailleurs assez intéressant de jauger l'évolution de la notoriété de Steve, en observant l'état de remplissage de la salle et la perception du public. Car l'auditoire est cette fois composé de quelques nouveaux venus qui avaient été séduits par la campagne de promotion, sans pouvoir accéder au concert de mars, qui affichait complet mais bien avant la promotion dans nos "augustes" médias…
Fort heureusement, pas de (mauvaise) surprise au niveau du groupe ; outre les fidèles Nick Beggs à la basse, et Adam Holzmann aux claviers, nous retrouvons Craig Blundell (batterie) et Alex Hutchings (guitare) qui entourent Steven dans la joie et la bonne humeur (enfin, à ce qu'il me semble bien sûr). Je ne m'étendrai pas sur les talents de ces musiciens que Steven a le bon goût de savoir recruter (mais pas toujours de savoir garder, hélas…). Ce concert ne pouvait que confirmer mes récentes observations.
Pour une fois, j'avais pris un siège situé plus en retrait sans être trop éloigné, face au milieu de la scène. Connaissant le principe d'une partie du spectacle, qui consiste à utiliser le rideau transparent pour y diffuser des images, je m'assurais ainsi d'avoir le recul nécessaire pour apprécier la globalité du spectacle et surtout apprécier davantage le son. En effet, à me précipiter trop systématiquement sur les premiers rangs tel un fan transi (et, disons-le franchement abruti), je me retrouvais trop souvent le nez sur le rideau et les oreilles à proximité des enceintes. Là, au moins je peux affirmer d'une part que la sonorisation, quoiqu'un peu surpuissante, fut excellente (d'autres auditeurs diront même, meilleure qu'en mars) et, d'autre part que les images illustrant les titres sur le rideau (notamment sur "Song of I") comme en fond de scène sont d'un esthétisme soigné.
A l'instar de trois précédents concerts, je revois le court-métrage introductif "Truth" qui (je le rappelle pour le nouveau lecteur) évoque les dangers de l'interprétation des images par des commentaires brefs et décalés.
Lors du premier acte, si Steven choisit de débuter avec trois titres issus de "To the Bone" (dont le titre éponyme qui avait été oublié lui aussi du concert de mars), en revanche il enchaine avec sept titres du précédent opus "Hand Cannot Erase". Beaucoup de plaisir donc, mais afin de ne pas être suspecté d'angélisme je ferai part de quelques observations. D'abord, toujours pas de Ninet Tayeb en personne pour interpréter "Pariah" ; la diva commence à m'agacer grave, le public doit se contenter d'une bande-son accompagnant son minois en gros plan sur le rideau. Perso, j'apprécie moyennement. Je ne comprends pas l'obstination de Steven, à moins qu'il ne soit fada de la dame… Ensuite, lors des soli, sur "Routine" et "Ancestral" notamment, je ne parviens pas à oublier la virtuosité, la finesse de jeu, la sensibilité de Guthrie Govan (le guitariste sur l'opus HCE et sa première partie de tournée). Cette légère obsession n'a pas vraiment gâché mon plaisir mais c'est juste que ma mémoire entend autre chose que ce que je vois interpréter. C'est tout le problème du luxe, quand on en est privé, on a du mal à s'en passer, on devient aigri. Mais bon, ne restons pas sur cette impression, Alex est aussi un très bon guitariste, c'est certain ; le groupe est parvenu à évoquer avec bonheur cet album d'anthologie.
Durant le second acte, Steven revient à "To the Bone" avec cinq titres. Cependant, le superbe "Don't Hate Me", dans sa version de "Stupid Dream", s'intercale d'autant plus judicieusement qu'il nous épargne les miaulements dispensables subit dans la reprise de "". Une fois de plus, nous aurons droit à son (trop) habituel "je suis désolé d'écrire des chansons tristes". Ça devient lourd. Vous me direz que je pourrais aussi m'abstenir de le voir quatre fois en une tournée, et vous n'auriez pas tort. Même laïus pour "s'excuser" de jouer un titre pop en référence à son adoration pour des groupes tels qu'ABBA… Mais, bon public, on rit puis on se détend sur "Permanating", titre qui me procure malgré tout un étrange malaise. Non pas que je n'aime pas cette chanson ; mais depuis quinze années à écouter du mélancolique, du déprimant avec lui, j'ai un peu de mal à sourire à la vie pendant ses concerts… Ça viendra peut-être mais là c'est un peu dur, quoi. Mais bon, fort heureusement, cet état d'âmes n'est que temporaire, cette deuxième partie est somptueuse également ! Elle se clôt en pure folie avec "Vermillioncore" et "Sleep Together".
En amont du présent récit j'évoquais un regard sur la salle et ses occupants. La salle est bien pleine, mais pas complète ; quelques sièges sont vacants ici et là mais sans toutefois ternir l'impression d'une belle occupation. En revanche, je me suis amusé à regarder du coin de l'œil et à écouter du coin de l'oreille, les auditeurs manifestement nouveaux, et curieux d'examiner la nature de ce mystérieux va-nu-pied ! J'ai bien perçu toute la fragilité de leur démarche dans les conversations pendant l'entracte. Fatalement, ils n'ont pas résisté à l'assaut final ; "Vermillioncore" les a traumatisés et "Sleep Together" les a fait fuir, profitant de l'obscurité ! Le nombre de fauteuil vacants fut (relativement) plus important lorsque l'éclairage fut rétabli ! Ah évidemment, mes p'tites cailles, ici on n'est pas chez Nagui, ni à RTL2 hein ! Sacré Steven, va !! Il va avoir encore du boulot s'il veut séduire les chastes oreilles franchouillardes ! hahahaha !
Lorsque nous réclamons un rappel, je réalise que je n'ai toujours pas obtenu MON TITRE, celui qui a été accordé à d'autres salles, pas la mienne. Je peste à l'idée qu'il me lèse à nouveau, …grrrr. Sous le coup de l'agacement sans doute, je trouve sa reprise de "Blackfield" un peu fade. "Postcard" à peine mieux, dans les deux cas je préfère nettement leur version d'origine (que j'ai déjà entendue en concerts, dans les deux cas). Mais "The Sound of Muzak", avec ses rythmes chaloupés, tempère ma mauvaise humeur ; j'adore chaque titre de "In Absentia" qui demeure mon opus favori, toute ère confondue de SW.
Lorsqu'enfin Steven daigne annoncer en dernier lieu "Song of Unborn" c'est avec un immense soulagement que je me cale profondément dans mon fauteuil pour déguster cette chanson aux mélodies parfaites et mélancoliques. Ce titre et "From 44 to 48" écrit pour Blackfield, sont ceux que je préfère parmi ses créations de ces deux dernières années (il ne faudrait pas remonter plus loin dans le temps, car cela deviendrait trop compliqué !).
Encore une superbe soirée en compagnie de Monsieur Steven WILSON, qui m'a fait vivre une nouvelle fois une bonne dose d'émotions.

PROGRAMME

ACTE 1: (20:00)
Introduction mini-film "Truth"
To the Bone (To the Bone, 2017)
Nowhere Now (To the Bone, 2017)
Pariah (To the Bone, 2017)
Home Invasion (Hand Cannot Erase, 2015)
Regret #9 (Hand Cannot Erase, 2015)
Routine (Hand Cannot Erase, 2015)
Hand Cannot Erase (Hand Cannot Erase, 2015)
Ancestral (Hand Cannot Erase, 2015)
Happy Returns (Hand Cannot Erase, 2015)
Ascendant Here On... (Hand Cannot Erase, 2015).
(pause : 21:10-21h30)
ACTE 2:
People Who Eat Darkness (To the Bone, 2017)
Don't Hate Me (Stupid Dream, Porcupine Tree, 1999)
Permanating (To the Bone, 2017)
Song of I (To the Bone, 2017)
Refuge (To the Bone, 2017)
The Same Asylum as Before (To the Bone, 2017)
Vermillioncore (4½, 2016)
Sleep Together (Fear of the Blank Planet, Porcupine Tree, 2007).

RAPPEL:
Blackfield en acoustique (Blackfield, 2004)
Postcard en acoustique (Grace for Drowning, 2011)
The Sound of Muzak (In Absentia, Porcupine Tree, 2002)
Song of Unborn (To the Bone, 2017).
(fin : 23:07)
Au moment où je rédige ce récit, j'apprends qu'une quatrième série de concerts pour cette tournée TTB est prévue début janvier, mais en province. J'incite les concernés à s'y rendre, pour ma part j'ai le sentiment d'avoir (pour l'instant) reçu ma dose avec ce que je voulais entendre. L'année 2019 commence déjà à se remplir par ailleurs…

jeudi 5 juillet 2018

IRON MAIDEN – POP BERCY - 05/07/2018



Déjà cinq années que IRON MAIDEN n'est plus revenu au POP de Bercy ! Il est vrai toutefois que depuis ils sont passés au Download Festival en 2016. Les revoilà donc pour deux soirées de suite (les 5 et 6 juillet) et ce, dix jours avec avoir rassemblé une foule immense au Hellfest de Clisson !! Compte tenu de mon calendrier déjà bien chargé (…), j'ai opté pour le premier soir.

19H30 : THE RAVEN AGE. Ce groupe heavy metal anglais s'est formé à Londres. Il est conduit par George Harris (guitares, depuis 2009), fils de Steve… Bon, ce n'est pas certes jamais facile d'être "fils de", en particulier dans le milieu artistique, alors on ne va pas l'accabler par des comparaisons inopportunes. Mais cette filiation explique tout de même sa présence ce soir en ouverture de soirée, à l'instar de celle de Rise To Remain en 2011…
Le groupe est par ailleurs composé de Matt Cox (basse, chœur, depuis 2012), Jai Patel (batterie, depuis 2013), Tony Maue (guitares, depuis 2017) et Matt James (chant, depuis 2018). Ils ont à leur actif un opus "Darkness Will Rise" paru en 2017, et un mini album "The Raven Age", paru en 2014.
The Raven Age nous aura produit une bonne prestation mais toutefois pas de nature à me laisser un souvenir impérissable… Je n'ai pas trouvé de motif d'enthousiasme particulier mais je veux bien admettre que mon impression fut fondée en rapport avec ma position inhabituelle au fond de cette arène. Ils ont bien chauffé la salle comme on dit …
PROGRAMME
Betrayal of the Mind
The Merciful One
Promised Land
The Death March
Salem's Fate
Surrogate
My Revenge
Angel in Disgrace.
A ce niveau, et indépendamment des qualités de ces invités au demeurant fort sympathiques, je ne peux pas m'empêcher de me rappeler que IRON MAIDEN nous avait habitué à des invités d'un autre calibre. Je me rappelle avec une vraie nostalgie de : BLACKFOOT en 1982, MSG en 1983, MOTLEY CRUE en 1984, ANTHRAX en 1990, HELLOWEEN en 1998, MEGADETH en 1999, SLAYER en 2000, ou encore AVENGED SEVENFOLD en 2008. Au risque de passer pour un vieux con, moi je l'assume et je le dis ; c'était mieux avant !

L’imminence de l'extinction des feux avant le concert de Maiden est, comme d'habitude, prévenue par le titre d'anthologie de U.F.O. “Doctor, Doctor" ; l'impatience du public est à son comble ! Dix jours après les avoir revus au Hellfest, mon envie est intacte ! Le Discours de Churchill dans le noir fait monter encore la pression… Un Spitfire surgit face à un auditoire en frénésie générale ! D'autant plus lorsque Bruce bondit sur la scène coiffé d'un casque d'aviateur d'époque et revêtu d'une veste adéquate !
21h : IRON MAIDEN. Après plus de trente-sept années de fidélité, je revois IRON MAIDEN pour leur vingt-deuxième concert, retrouvant ainsi Steve Harris (basse, chœur depuis 1975), Dave Murray (guitares, depuis 1976), et Adrian Smith (guitares, chœurs depuis 1980). Bruce Dickinson (chant depuis 1981), et Nicko McBrain (batterie, depuis 1982) qui ont rejoint le groupe dans les années 80 font désormais bien entendu pleinement partie de l'Histoire. Je vais peut-être saouler le lecteur de mes récits, mais je maintiens ma perplexité sur la présence de Janick Gers (guitares, depuis 1990). Voilà pour les présentations.


Les admirateurs de la Vierge de Fer sont encore gâtés pour cette tournée "Legacy of the Beast", car si la mise en scène est, comme d'habitude, très soignée, cette fois le surplomb de la scène par un Spitfire à 90% de sa taille réelle impressionne d'emblée l'auditoire. "Aces High" n'aura jamais été aussi bien illustré !!! Bien d'autres décors réussis alterneront avec notamment de nombreux effets pyrotechniques et, en fond de scène, des représentations empruntant souvent au style religieux, tels que des vitraux. Pour le reste, maintien des "classiques" ; Eddie intervient dans une simulation burlesque de combat au sabre contre Bruce, et la tête d'Eddie finit par émerger derrière les fût de Nicko. Bruce ayant affirmé que le spectacle aurait quelques ajouts par rapport à celui du Hellfest (auquel j'ai assisté, pour celui qui n'a pas tout suivi), je n'ai pas observé d'évolution notable… mais bon, peu importe car le tout apporte une réelle satisfaction.
Bien entendu et fort heureusement, l'intérêt du concert ne se limite pas aux effets spéciaux, même s'ils entretiennent l'impression d'un spectacle réussi. Du fond de l'ovale, en gradin où j'étais placé, la sonorisation m'a paru très bonne, après avoir été un peu brouillonne durant les toutes premières minutes ; mais ca c'est comme d'hab' …
Mes impressions ressenties le 24 juin dernier au sujet de la prestation de Bruce sont confortées. Il aura 60 ans le 7 aout ; sa prestance énergique est impressionnante, et sa voix semble encore s'améliorer (en dépit du cancer de sa langue, qu'il semble avoir surmonté). Je confesse l'avoir sous-estimé pendant les années 80 durant lesquels je nourrissais l'amertume du départ de son prédécesseur Paul Di'Anno. Mais avec le recul, je reconnais avoir été injuste ; l'attitude et la voix de Paul était parfait pour le style musical du groupe à l'époque mais Bruce a contribué à faire évoluer le concept voulu par Steve. Omnipotent, ces nombreuses compétences rendent parfois des services inattendus comme celui de pouvoir piloter leur avion de tournée ! Son caractère affirmé l'a certes amené à une infidélité au groupe (1993-1999), mais on lui pardonne au regard du regain de notoriété apporté par son retour. Pardonné d'autant plus facilement qu'il se montre encore ce soir francophile (bien qu'eurosceptique d'après ce que j'ai lu…) en tentant de parler quelques mots dans la langue de Molière lors de la présentation du titre "The Clansman" portant sur la Liberté.
Je conserve un peu le même scrupule à l'égard de Nicko McBrain (ex-batteur de Trust et de Pat Travers Band), qui a longtemps pâti de mon amertume du départ du précédent batteur Clive Burr. Il faut dire qu'à l'époque je n'aurais pas garantis la future la carrière du groupe ; le moindre changement d'effectif alimentait la crainte d'un arrêt définitif. Et pourtant, … là encore Steve avait vu juste car Nicko s'est avéré indispensable à la poursuite de l'aventure avec toutes ces tournées mondiales ! Il a eu 66 ans le 5 juin dernier ; sa bonne humeur, sa technique irréprochable et son énergie continuent à rythmer très efficacement les grand-messes comme celle d'aujourd'hui !
Les duos de guitares de Dave Murray et Adrian Smith, à la fois mélodiques et rageurs contribuent au son distinctif d'IRON MAIDEN et enivrent mes sens toujours de la même manière. La troisième guitare tenue par Janick Gers (véritable pantin désarticulé dont les gesticulations semblent vouloir démontrer la solidité de la sangle de sa guitare) me paraît toujours dispensable mais j'observe cependant qu'il assure désormais quelque soli réussis.
Et que dire de Steve Harris qui, a 62 ans, peut être fier de sa création. A ce jour, il parvenu à maintenir une cohésion satisfaisante. En bon père de famille, il a toujours su accepter (ou obtenir) le retour de ses enfants prodigues … Quant à son talent musical personnel, il suffit d'écouter son pupitre de basse pour jauger son degré de technicité et d'habileté ; ca tricote le manche avec virtuosité et constance, un vrai régal pour mélomane averti !
Le programme, à l'instar du spectacle, ne diffère pas de celui du Hellfest, mis à part l'inversion des titres en rappel… L'accent est mis sur l'album "Piece of Mind" avec quatre titres et sur "The Number of the Beast" avec trois titres ; ces opus sont effectivement honorables puisqu'ils ont assurément propulsé IRON MAIDEN au stade de groupe planétaire !
PROGRAMME
Aces High (Powerslave, 1984)
Where Eagles Dare (Piece of Mind, 1983)
2 Minutes to Midnight (Powerslave, 1984)
The Clansman (Virtual XI, 1998)
The Trooper (Piece of Mind, 1983)
Revelations (Piece of Mind, 1983)
For the Greater Good of God (A Matter of Life and Death, 2006)
The Wicker Man (Brave New World, 2000)
Sign of the Cross (The X Factor, 1995)
Flight of Icarus (Piece of Mind, 1983)
Fear of the Dark (Fear of the Dark, 1992)
The Number of the Beast (The Number of the Beast, 1982)
Iron Maiden (Iron Maiden, 1980)

Rappel:
Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast, 1982)
Run to the Hills (The Number of the Beast, 1982)
The Evil That Men Do (Seventh Son of a Seventh Son, 1988).


De façon aussi traditionnelle que l'introduction, la chanson “Always Look on the Bright Side of Life” met un terme à tout espoir de second rappel. Mais pas d'inquiétude, IRON MAIDEN n'est pas prêt d'arrêter, manifestement ils ont encore envie ; ça tombe bien, moi aussi !

dimanche 1 juillet 2018

RETRO C TROP FESTIVAL – LE 1er JUILLET 2018 – CHATEAU DE TILLOLOY (80)



Mon calendrier des événements étaient trop chargé pour que je puisse inscrire ce festival dans mes prévisions. J'avais donc renoncé, à mon grand désespoir, à revoir Steven à cette occasion.
Mais, foi de Bélier, une petite flamme veillait dans mon esprit ; la convergence de plusieurs facteurs favorables pouvaient me permettre in extremis de me rendre au moins à la seconde journée, celle où (ô, joie) Steven joue ! N'étant pas féru d'astrologie, je confesse avoir fortement espéré un alignement favorable de planètes et autres satellites…

Le premier facteur nécessaire s'est déroulé conformément à mes vœux ; le décollage à l'heure de mon avion de Barcelone, suivi d'un bus pas trop lent (quoique) pour rentrer sur Paris avant midi.
Un deuxième facteur restait à surmonter (mais je nourris volontiers quelques scrupules à m'en plaindre) ; une grosse fatigue causée par l'accumulation des derniers jours de travail avec les trois journées de festivals et un concert … pour surmonter cet écueil, il fallait toute ma passion de mélomane mais aussi l'envie de retrouver des amis qui avaient prévu de s'y rendre.
Alors hop ! Ce sera bien le premier ticket de festival que j'aurai acquis sur place !

Arrivé à 14h15, je me réjouis de pouvoir garer facilement ma voiture sous un temps ensoleillé et chaud, avec un petit vent agréable. Tout se déroule comme prévu !


15h00 : ANGE. A cette heure de la journée, devant la scène il reste un petit angle à l'ombre ; j'arrive à temps pour m'y placer afin de me ménager après toutes ces émotions. Les conditions sont donc proches de l'idéal pour revoir ces musiciens français qui m'avaient déjà bien séduit le mois dernier au Café de la Danse.
Je retrouve donc Christian Décamps (chant, claviers depuis 1970, seul membre fondateur donc), Tristan Décamps (claviers, voix depuis 1997 et fils du premier), Hassan Hajdi (guitare depuis 1997), Thierry Sidhoum (basse depuis 1997), et Benoît Cazzulini (batterie depuis 2003).
Les textes en français sont indéniablement un point fort de ce groupe atypique. Les limites vocales de Christian sont négligeables si l'auditeur veut bien écouter les textes et des mélodies. De surcroît, Tristan (davantage discret qu'au café de la Danse) soutient son père avec une voix surprenante de volume, et de charge émotive.
Une très bonne section rythmique met en valeur la virtuosité d'Hassan qui exprime avec bonheur son influence notable de Jimi Hendrix.
Leur prestation en extérieur ne diffère pas de l'intérieur, et ne peut que confirmer mes premières impressions enthousiastes. D'ailleurs, le talent d'Hassan Hajdi m'était déjà apparu en extérieur aussi puisque c'était au RaismesFest (le 9 septembre 2017). J'ai déjà hâte de les revoir sur la scène du Loreley dans quinze jours, pour leur première prestation en Allemagne !


PROGRAMME
L'autre est plus précieux que le temps (Heureux !)
Aujourd'hui c'est la fête chez l'apprenti-sorcier (Le Cimetière des arlequins)
Jour de chance pour un poète en mal de rimes (Heureux !)
Quasimodo (Rêves-parties)
Vu d'un chien (Vu d'un chien)
Capitaine cœur de miel (Guet-apens)
Ces gens-là (reprise de Jacques Brel).


16h30 : THE SELECTER. Voilà un groupe britannique, survivant de l'époque où le ska faisait dandiner moult rocker en manque d'exotisme dans les années 80. Encore que, le mot "groupe" est exagéré puisque seule Pauline Black est là depuis le début, au chant. Il faut lui reconnaitre une sacrée volonté puisqu'en 2017, the Selecter sortait un dix-neuvième album, depuis 1980 !

La dame est entourée d'une respectable section de cuivres et de la section rythmique adéquate. Ces sonorités de reggae accéléré me rappellent mes propres souvenirs de l'époque et, au début je trouve cela plutôt sympa… mais ensuite, je finis par me lasser de ces rythmes un peu trop répétitifs.
Mes oreilles sont devenues trop exigeantes sans doute ; le prog' s'y est installé au détriment du reste …
Mais bon, ce désintérêt relatif me permet d'aller me mettre à l'ombre du petit bois dans lequel ont été installés astucieusement des fontaines et un coin toilette. Au travers des branchages, je continue à avoir un œil curieux sur la scène et sur le public qui se déhanche.


18H15 : BUZZCOCKS. Encore des survivants britanniques ! … mais cette fois-ci issus du front punk-rock. Pete Shelley (chant, guitare, depuis 1976), et Steve Diggle (guitare, chant, depuis 1977), sont désormais entourés de Chris Remington (basse, depuis 2008) et Danny Farrant (batterie, depuis 2006). En 2014, est paru "The Way" leur onzième album depuis 1977.
Voilà du rock qui agite les neurones en cette fin d'après-midi et cela fait du bien ! Ce rock abrupt n'est pas au gout de nombreux festivaliers qui du coup vont se mettre à l'ombre, à leur tour. Mais il reste suffisamment d'amateurs et de curieux pour ovationner comme il se doit ces authentiques rockers !
Honnêtement j'ignorais leur existence, n'ayant pas particulièrement baigné dans ce style musical, mais je suis admiratif de leur ténacité et leur démarche au fil des décennies.
Une belle ovation leur est accordée pour saluer leur départ.

Mon objectif de la soirée approche et irrésistiblement je me positionne au plus proche de la scène, dès la fin du concert des Buzzcocks ! Solidement ancré au deuxième rang au centre, légèrement sur la gauche j'attends patiemment l'arrivée du va-nu-pied.

20h00 : STEVEN WILSON. Le lecteur assidu de mes récits (si tant est qu'il y en eu un) le sait déjà, mon admiration pour Monsieur Steven Wilson ne faiblit pas au fil de ses tournées. Bien au contraire, son éclectisme parvient même toujours à remettre en question mes préférences musicales.
Sa collaboration avec Mickael Arkerfeld (Opeth, Storm Corrosion) m'a permis de comprendre et de savoir apprécier les couleurs sombres de ce death progressif suédois si particulier. Sa collaboration avec Aviv Geffen (Blackfield) ainsi que le port de son t-shirt au logo d'ABBA ont contribué à ne plus cacher mon même intérêt pour la bonne musique pop. Sa collaboration avec Tim Bowness (No-Man) m'a réconcilié avec la douceur musicale. Ce raisonnement éclectique est infini tant le monsieur se complait dans l'exploration de nombreux univers musicaux avec toutefois une vraie exigence de qualité.
La preuve en est une nouvelle fois donnée aujourd'hui, puisque quelques jours après avoir convaincu une bonne part du public franchement metal du Hellfest, Steven participe à ce jeune festival hétérogène qui se dit "rétro" !

Toutefois, son programme est audacieux ; il a heurté les oreilles les plus délicates des festivaliers de Tilloloy avec en introduction musclée "Home Invasion", titre que j'adore tout particulièrement. Il a encore traumatisé une bonne part de l'auditoire sur la fin avec un "Vermilloncore" survitaminé, et un "Sleep Together" totalement enivrant ! Je me suis beaucoup amusé à regarder du coin de l'œil les mines effarées et les âmes égarées autour de moi qui semblaient découvrir l'Animal ! La gestuelle de Steven a dû en dérouter plus d'un, aussi.
Steven pouvait bien s'excuser de ne jouer que des titres sombres ou mélancoliques, je en suis pas sûr qu'il ait convaincu beaucoup de nouveaux adeptes dans ce public ! Bien évidemment, on pouvait s'y attendre, c'est le titre "Permanating", arrivé en sixième position, qui a mis tout le monde (ou presque) d'accord !

Pour les admirateurs convaincus comme moi, et nous étions heureusement quelques-uns, aucun problème, que du bonheur. Chacun de nous aimerait être le sélectionneur et valoriser un autre opus. Néanmoins, il faut reconnaitre qu'il a su proposer, pour promouvoir son œuvre au sein de ce festival, un panel plutôt équilibré, mais fatalement très restreint, comprenant trois titres de 2017, quatre de 2015, un (seul) de 2013 et deux titres de l'époque Porcupine Tree.
Quant aux musiciens, on se régale toujours avec Nick Beggs à la basse, d'une élégance et d'une rigueur technique irréprochable. Adam Holzmann au clavier est aussi étourdissant dans les mélodies torturées que dans les passages nappés. Steven a eu le tort d'habituer mes oreilles au grand luxe en 2015 avec la paire Guthrie Govan/Marco Minnemann dont je ne parviens toujours pas à oublier l'absence, en dépit du talent d'Alex Hutchings (guitare) et Craig Blundell (batterie) qui font bien leur boulot.

Finalement l'ovation finale est rassurante ; le courant est globalement bien passé ! Gageons que cette prestation au format festival aura donné envie à (au moins) quelques festivaliers de se rendre à l'Olympia ce 7 juillet pour assister à un vrai concert, une soirée avec Monsieur Steven Wilson.


PROGRAMME
Home Invasion (Hand Cannot Erase, 2015)
Regret #9 (Hand Cannot Erase, 2015)
Pariah (To the Bone, 2017)
The Sound of Muzak (Porcupine Tree, In Absentia, 2002)
Refuge (To the Bone, 2017)
Permanating (To the Bone, 2017)
Ancestral (Hand Cannot Erase, 2015)
Vermillioncore (4½, 2015)
Sleep Together (Porcupine Tree, Fear of a Blank Planet, 2007)
The Raven that refused to sing (TRTRTS, 2013).


22h00 : STING. L'annonce de cette tournée était sans équivoque mais je n'y avais bien sûr pas prêté attention ; on pouvait lire dans les médias "Sting & Shaggy : avis de brise jamaïcaine sur les festivals".
En fixant cet azimut, Sting était assuré de séduire la masse du public. Le pari était peu risqué et de fait une foule immense avait les yeux rivés sur la scène. Les amateurs du genre balançaient leurs hanches s'imaginant sans doute passer des vacances sous les tropiques.
En ce qui me concerne, mes craintes se sont vites avérées exactes ; les sonorités reggae et, disons-le, variété britannique, ont largement plombé le programme de l'ex-rockeur.
Si je suis resté trois quart d'heure, c'est par curiosité et un peu aussi par respect pour la carrière de Sting, avec l'espoir de ressentir ne fut-ce qu'un zeste de folie rock'n'roll. Mais au bout d'un moment, affligé, j'ai jeté l'éponge ; le corps n'étant plus soutenu par l'esprit, il était temps d'aller me reposer.

PROGRAMME
Englishman in New York
44/876
Morning Is Coming
Every Little Thing She Does Is Magic (reprise de The Police)
Oh Carolina / We'll Be Together (Shaggy / Sting)
If You Can’t Find Love
Love Is the Seventh Wave
To Love and Be Loved
Message in a Bottle (reprise de The Police)
Fields of Gold
Gotta Get Back My Baby
(…)

Mais il y a toujours un mal pour un bien, puisque sur le chemin d'accès à la zone de stationnement je rencontre Nick Beggs !! Très accessible et gentil, il a été capable de supporter le p'tit franchouillard ridicule, incapable de s'exprimer correctement en anglais. Ma fatigue et mon émotion de le rencontrer m'ont fait perdre le peu de capacité linguistique dont j'aurais pu/dû disposer… M'enfin il aura compris toute mon admiration, un p'tit portrait à deux et je le laisse aller se reposer, sachant que je ferais mieux d'en faire autant.
Je file à la voiture et rentre sans encombre sur Paris …

mardi 26 juin 2018

SCORPIONS / SLYDIGS – POP BERCY – 26/06/2018



20h : SLYDIGS. Ces britanniques se définissent comme un groupe de rock & roll ; cette définition minimaliste peut sembler prétentieuse sans les avoir entendus. Cependant, après coup je ne vois pas de raison de leur coller une autre étiquette ; c'est juste du rock'n'roll après tout en effet, comme disait une de leurs inspirations manifestes, les Rolling Stones.
Autant dans leur allure que dans leur musique on sent bien que ces musiciens ont été bercé aux sons des 70's.
Cette impression ne retire rien à leur talent et à leur état d'esprit. Ils sont enthousiasmants et leur énergie a su capter l'intérêt des quelque vingt mille paires d'oreilles présentes dans l'arène de Bercy.
Ce quatuor britannique est composé de Dean FAIRHURST (chant, guitare rythmique), Louis MENGUY (guitare solo, chœurs), Peter FLEMING (batterie) et Ben BRESLIN (basse, chœurs).
Le succès recueilli au terme de leur prestation et leur disponibilité à la fin de la soirée pour vendre et signer leurs mini-Cd's, augurent d'un engament et d'une carrière durable ; c'est tout ce que l'on peut souhaiter à ce groupe prometteur !

PROGRAMME (sous réserve)
How Animal Are You?
Light the Fuse
She's My Rattlesnake
Sleep in the Wind
To Catch a Fading Light
Give It Up, Brother
Electric Love
The Love That Keeps on Giving.


SCORPIONS. Comme Ozzy, en dépit d'une volonté prétendue, Scorpions ne se sent pas encore vraiment prêt à cesser de faire vibrer les salles. Et c'est tant mieux, tant que leurs prestations ne frôlent pas trop la parodie. Or, c'est loin d'être le cas !
Immanquablement, ce concert d'une légende vivante du hard rock teuton anime en moi un curieux mélange de mélancolie et d'excitation.
Scorpions fait partie de ces groupes qui flattent ma vanité car il me donne l'impression futile, mais ô combien agréable, que le temps ne nous affaiblit pas, ou pas trop… Enfin pas encore. Certes, les titres qui me rendaient dingues dans les 80's ("The Zoo", en particulier) sont maintenant interprétés sur un tempo plus … adapté aux capacités physiques quelque peu émoussées quoiqu'on en dise, mais sacré bon sang que ces musiciens sont jouissifs à entendre, à voir et à revoir ! Personnellement, je ne me lasse pas de participer à leurs fêtes depuis ce 6 mars 1982 (Hippodrome de Pantin-tournée Blackout) ; cette soirée aura été mon dixième concert.

Difficile d'imaginer que c'est depuis 1965 que Rudolf Schenker (bientôt 70 ans !) persiste à nous réjouir avec ses accords, ses refrains mélodiques et ses facéties juvéniles (guitare fumante, accoutrements improbables, …) !
Respect aussi pour Klaus Meine, le fidèle compagnon depuis 1969 ; un Bercy plein à craquer, toutes générations confondues, a chanté avec lui comme pour le soutenir, et surtout pour se souvenir. Qu'il est réjouissant d'entendre la voix si reconnaissable de ce septuagénaire, même si parfois il lui arrive de prendre l'octave en dessous par précaution (pas aussi souvent qu'Ozzy, toutefois !).
Matthias Jabs, qui avait eu la très lourde de tâche de remplacer l'irremplaçable virtuose Uli Jon Roth en 1979, a su s'imposer comme guitariste soliste. Par ailleurs toujours aussi beau gosse à 62 ans d'après ma p'tite Fée, ses soli sont abordés certes différemment de ceux d'Uli mais n'en sont pas moins à la fois mélodiques et techniques ! Preuve en démontrée une nouvelle fois avec ce magnifique solo qu'est "Delicate Dance" !
Hormis ce trio soudé ainsi depuis 1979, on retrouve le p'tit jeune, Paweł Mąciwoda (51 ans) qui assume depuis 2004 la partie de basse sans éclat mais sans faillir non plus.
Mais le nouvel arrivé, Mikky Dee (55 ans quand-même) apporte une énergie nouvelle au groupe ; non pas que James Kottak fut plus calme (loin de là !!), mais fatalement l'ancien batteur de Motörhead a une réputation à défendre et ne s'en prive pas ! D'ailleurs, fort élégamment Scorpions a accordé à son public une fulgurante reprise de "Overkill" donnant ainsi l'occasion à son batteur de présenter un solo édifiant ! Sa batterie tirée vers le haut par quatre filins, avec une propulsion imitée par jets de fumigènes vers le sol, lui a permis d'exprimer toute sa sauvagerie et d'instaurer une forme de dialogue avec le public.

Sur le plan spectacle, la scène est toujours très colorée ; éclairage lumineux, écrans géants en fond de scène qui diffusent des images reflétant les textes ou les périodes (telles que les images psyché lors de l'enchaînement de plusieurs extraits de chansons diverses des 70's).

De la fosse où j'étais positionné, sur le côté droit de l'avancée de scène, la sonorisation m'a paru impeccable, puissante mais audible.
L'ambiance fut enthousiaste et le public admiratif mais respectueux ; pas de bousculade et franchement, à peine remis du Hellfest, je ne me plaindrai pas de ce calme relatif ! Ma p'tite Fée non plus. Quant à mon fougueux fils, s'il est toujours prêt et prompt à se lancer dans la moindre mêlée, il a quand même su apprécier l'univers musical des allemands. Pour lui ce fut une découverte, et pour moi un bonheur partagé !


Danke shön messieurs, et revenez quand vous voulez !
PROGRAMME
Going Out With a Bang (Return to Forever)
Make It Real (Animal Magnetism)
Is There Anybody There ? (Lovedrive)
The Zoo (Animal Magnetism)
Coast to Coast (Lovedrive)
Top of the Bill / Steamrock Fever / Speedy's Coming / Catch Your Train (succession d'extraits 70's)
We Built This House (Return to Forever)
Delicate Dance (avec Ingo Powitzer - MTV unplugged, live in Athens)
Follow Your Heart / Eye of the Storm / Send Me an Angel (succession d'extraits en acoustique)
Wind of Change (Crazy World)
Tease Me Please Me (Crazy World)
Overkill (reprise de Motörhead suivie d'un solo de Mikkey Dee)
Blackout (Blackout)
Big City Nights (Love at First Sting).
Rappel :
Still Loving You (suivi par un extrait a capella de "Holiday") (Love at First Sting)
Rock You Like a Hurricane (Love at First Sting).

dimanche 24 juin 2018

HELLFEST 2018 – Clisson, Val de Moine (44) – DIMANCHE 24 JUIN 2018.



Dix années après ma première participation à ce festival, je me suis enfin décidé à y retourner, compte tenu de l'attrait de l'affiche qui est une nouvelle fois très fort cette année, mais aussi pour accompagner mon fils.
Durant cette décennie, plusieurs fois j'ai renoncé avec regrets, en particulier pour la dernière prestation en France de Black Sabbath en 2016, sans doute celle d'Aerosmith en 2017 ou encore celle de Motörhead en 2015 … Nonobstant cette amertume, j'assume tant bien que mal ma réticence ; le mode de programmation de m'attire pas car il impose, au public ainsi qu'aux artistes, les prestations simultanées et donc frustrantes des musiciens sur sept scènes différentes. Ce qui ne favorise ni les découvertes par les festivaliers, ni la promotion par les artistes.

Toutefois, hormis cet écueil, je reconnais que l'organisation du festival évolue chaque année, pour satisfaire toujours davantage un public dont les récits et les échos ne cessent d'en louer les qualités. Avec de nouvelles améliorations annoncées cette année encore, je suis très curieux de vérifier tout cela par moi-même en mettant de côté ma désapprobation de principe. Compte tenu d'un calendrier déjà bien chargé, j'ai opté pour le seul dimanche.

Notre pèlerinage débute à 6h du matin à Paris où je prends deux passagers en covoiturage. Trois heures et demie plus tard nous parvenons à garer le véhicule (tant bien que mal, je passe les détails), avant de nous fondre dans une des files de pèlerins convergents, vers les lieux sacrés.


Aucune attente notable pour pénétrer et les contrôles sont rapides. J'enfile le précieux bracelet et sa puce cashless avec soulagement, tout va bien !
L'accès au site procure un choc visuel intense ; nul ne peut pas ignorer que ce festival est conçu par des metalleux pour des metalleux. La décoration est fabuleuse, la répartition des sites thématiques est astucieuse. De surcroit, la restauration est variée peu onéreuse et de qualité, les marchandises officielles sont à des prix assez honnêtes (prix sympa pour le tshirt à 20€ mais un peu excessif pour le short à 39€ qui est cependant de belle qualité) ; tout est étudié pour les laisser un souvenir inoubliable aux festivaliers !
La quête du confort des artistes et du public a notamment conduit l'organisation à daller les devant de scènes afin d'éviter les levées de poussières. Celles-ci étaient certes impressionnantes et faisaient partie du folklore mais objectivement elles pouvaient nuire au confort de tous, notamment celui des chanteurs.
Autre nouveauté, deux "rideaux d'eau" géants sont installés derrière le bar des grandes scènes sous lesquels les festivaliers peuvent désormais se rafraichir ! Raffinement supplémentaire, le flux de ce rideau permet de lire des messages, tels que le logo du festival.
Juste excellent !
Ces aménagements forcent le respect et l'admiration. Le succès croissant depuis 2006 (et même auparavant si on compte le FuryFest) est mérité car Benjamin Barbaud et son équipe ont dû surmonter bien des écueils, à force de persévérance, de pugnacité, et de passion, mais ils l'ont fait avec raffinement.


Mon premier objectif est de visiter la Warzone au sein de laquelle je sais pouvoir trouver la fameuse statue érigée en l'honneur de Lemmy. Je ne suis pas déçu ; elle est impressionnante. Les détails sculptés sous le personnage ne me paraissent pas toujours du meilleur goût, m'enfin Lemmy est ressemblant, c'est le principal ! Une petite chapelle émouvante est creusée dans son socle.


A peine le temps de déguster une bonne bière, et les premières notes attirent mon attention !

11h05 - 11h35 : POGO CAR CRASH CONTROL. Lorsque le festivalier se rend dans l'enceinte de la Warzone, en général ce n'est pas pour y écouter de la variété. De fait, "P3C" ne fait pas dans dentelle et propose du punk rock particulièrement musclé ; une bonne entrée en matière pour cette journée qui s'annonce longue et pleine d'émotions !
Les 4 musiciens, Olivier Pernot, Louis et Simon Péchinot, Lola Frichet, originaires de Seine-et-Marne et âgés d'une vingtaine d'années, viennent défendre leur premier album, "Déprime hostile".
Ceux craignant pour leur mise en plis sont priés de s'abstenir ! Dans la tradition d'un punk-hardcore rageur, entêtant et entraînant, leurs textes impertinents scandent et hurlent en français, des textes à l'humour dérangeant. Cela étant dit, honnêtement je parle des paroles en rapport avec ce que j'ai lu sur eux, car les propos en concert ne sont pas vraiment très audibles tant les éléments se déchainent !
A la basse, madame cache bien son jeu sous des airs de petites filles bien élevée, elle s'avère être une tigresse redoutable pour accompagner une section rythmique acharnée.
Bon, je ne le cache pas, ce n'est pas mon style de prédilection mais encore une fois, ce p'tit concert aura donné le ton de la journée !


PROGRAMME
(à déterminer)


11h40 – (12h10) : CRISIX. En me rendant vers un autre objectif, j'entends cependant des sonorités "trash-metal", qui me rappellent ce que j'écoutais au début des 80's ; je rentre donc par curiosité dans l'espace "Altar".
Ce groupe espagnol (tiens, ils viennent de Barcelone, ça me parle car j'y vais la semaine prochaine pour un autre festival !), comprend Marc Torras (basse), Javi Carrión (batterie), Albert Requena (guitare), Marc Busqué (guitare), et Julián Baz (chant).
Assez rapidement je réalise qu'en fait à cet instant (je rappelle que je sortais de la Warzone !), je n'étais pas d'humeur à supporter ce style et, puisque l'organisation de ce festival-hypermarché le permet, après un p'tit quart d'heure, je m'en vais butiner ailleurs. Et puis, je le répète j'avais un autre objectif en tête …

PROGRAMME
(à déterminer)


(11h40) - 12h10 : LUCIFER. Je me rends donc dans l'espace "Valley", parvenant ainsi à un de mes objectifs de la journée. J'avais repéré sur le programme ce groupe anglo-allemand de doom-metal qui m'était jusqu'alors parfaitement inconnu.
Là, je ressens une atmosphère qui répond à ma pieuse quête en ce dimanche matin. La musique me rappelle immanquablement les premiers opus du légendaire Black Sabbath. Je ne suis donc pas déçu en dépit d'une sonorisation qui pénalise un peu la chanteuse Johanna Sadonis.
Les chansons me paraissent toutefois originales et les musiciens crédibles, tant par leur talent que par leur allure, délibérément inspirée des 70's.
Lucifer, composé également de Dino Gollnick (basse), Gaz Jennings (Guitare) et Andrew Prestridge (batterie), a ainsi promu notamment son second opus durant une demi-heure.
L'auditoire leur a accordé un beau succès mérité !
Voilà un groupe bien sympa qu'il conviendra de suivre, à l'occasion !

PROGRAMME
Anubis
Abracadabra
California Son
Dreamer
Phoenix
Faux Pharaoh.

Après ces premières émotions matinales, la machine demande son charbon. Avec mon fils, nous profitons de la désertion du Valley pour nous y asseoir à l'abri du soleil et nous y restaurer…

Nous ne tardons pas à nous diriger enfin vers le site central du Hellfest. Impressionnant de voir ces deux gigantesques scènes alignées et séparées par un tout aussi gigantesque écran sur lequel sont diffusés en direct les images de la scène. Deux autres écrans géants bordent les scènes. La sonorisation est excellente la plupart du temps et l'image des écrans est parfaite, en qualité et en synchronisation (je me rappelle en comparaison des écrans du Download, durant le concert d'Ozzy en particulier, qui diffusaient des images décalées avec le son, ce qui était très désagréable).
Vraiment, là encore, c'est l'occasion de souligner le travail de professionnels impliqués et passionnés par notre musique !

12h50 - 13h30 : PRIMAL FEAR. Ma quatrième découverte musicale de la journée se tiendra cette fois sur la première scène principale. Depuis longtemps j'entends parler de ces allemands, qui ont déjà publié douze opus depuis 1998, mais je n'avais encore jamais eu l'occasion de tester leur power- heavy-metal. Ils sont ici pour promouvoir " Apocalypse ", leur dernier opus.
Avec une efficacité toute germanique, ce quintet, Ralf Scheepers (chant), Alex Beyrodt (guitare), Tom Naumann (guitare), Mat Sinner (basse, choeur), Francesco Jovino (batterie), me rappelle souvent Judas Priest. Le chant n'est pas étranger à cette impression.
Cette prestation d'une quarantaine de minutes m'a suffisamment séduit pour que je demeure dans l'espace sous le soleil de plomb, mais je n'en ai toutefois pas gardé un souvenir impérissable, allez savoir pourquoi … La digestion peut-être.

PROGRAMME
Final Embrace
In Metal We Trust
Angel in Black
Rulebreaker
Nuclear Fire
Angels of Mercy
The End Is Near
Fighting the Darkness
Chainbreaker
Metal Is Forever.


13h35 - 14h15 : SHINEDOWN. Pas le temps de souffler, la seconde scène principale propose ma cinquième découverte musicale. Depuis 2001, Brent Smith (chant) anime avec Barry Kerch (batterie, percussions, depuis 2001), Zach Myers (guitares, chœur, depuis 2005) et Eric Bass (basse, piano, chœur, depuis 2008) ce groupe de bon hard rock américain bien ficelé.
Agréable à écouter, ce ne sera toutefois pas ma révélation de la journée. Un public important semble pour sa part ravi et enthousiaste. Tant mieux pour eux.

PROGRAMME
SHINEDOWN
Sound of Madness
Cut the Cord
Unity
Enemies
Second Chance
Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom)
Devil.

Nous nous rendrons alors à la boutique officielle pour faire nos emplettes. Mon fils prend un t-shirt (20€) et le chapeau (12€), moi un short estampillé.
Fatalement, aucune pause musicale n'étant prévue, durant cette période nous ignorons tous les autres artistes qui se démènent sur les autres sites, c'est la loterie de cette grande Foire aux notes qui prévaut…


15h50 - 16h35 : ICED EARTH. Retour vers la première scène principale pour assister à la prestation de ces américains que j'avais déjà vus ici-même au Hellfest 2008 ! J'avais déjà apprécié à l'époque leur heavy metal très efficace. Je n'avais toutefois pas eu l'opportunité de suivre leur parcours par la suite… Eh oui, la concurrence est rude !
Ce quintet est composé de Jon Schaffer (guitares rythmique, chœurs, claviers, depuis 1984), Brent Smedley (batterie depuis 1996), Stu Block (chant, depuis 2011), Luke Appleton (basse, chœurs, depuis 2012) et Jake Dreyer (guitare solo, depuis 2016). Leur douzième opus "Incorruptible" est paru en 2017.

Encore un agréable moment musical, la qualité des prestations me semble s'intensifier avec la journée et en tous cas l'ambiance monte avec l'affluence. Je ne suis pas subjugué au point de viser absolument leur prochaine tournée, mais qui sait, nos destins sont peut-être de nous revoir ici, de nouveau au Hellfest !

PROGRAMME
Great Heathen Army
Burning Times
Dystopia
Seven Headed Whore
Vengeance Is Mine
Raven Wing
Angels Holocaust
The Hunter
Watching Over Me.


La foule était encore relativement clairsemée avant 15h mais désormais on ressent une certaine densification qui se manifeste notamment par la saturation du réseau téléphonique.

16h40 – (17h30) : LES SHERIFF. Retournons à la Warzone pour assister à la prestation des punks occitans (ils sont originaires de Montpellier, dans l'Hérault). Ma sixième découverte de la journée.
Ils subsistent depuis 1984 malgré une histoire agitée faite de ruptures, de portes qui claquent et je-t'aime-moi-non-plus. En tout état de cause, nous trouvons dans la joie et la bonne humeur en ce beau jour ensoleillé Manu (Emmanuel Larnaud) (batterie, compositeur), Olivier (Olivier Téna) (chant, auteur) et Fab (Fabrice Albert-Birot) (guitare, arrivé en 1989). Autant certains textes (en français c'est notable) sont parfois revendicatifs, sombres ou, disons-le, pisse-vinaigre, autant la musique dégage un désir irrépressible de faire la teuf !
La Warzone fut bondée à ce moment de la journée, nous pouvions difficilement, voire pas du tout, nous déplacer ; Les Sherrif peuvent se vanter d'avoir attiré aujourd'hui le plus de monde sur ce site ! Les festivaliers sautent, dansent, crient de la fosse jusqu'au bar qui surplombe le site. Il est permis d'imaginer que même Lemmy statufié devait avoir des fourmis dans les pieds !

PROGRAMME
Arrête de parler (pendant que tu dors)
Panik (à Daytona Beach)
À coup de battes de base-ball
Bon à rien
Je suis pas menteur
Condamné à brûler
Les 2 doigts (dans la prise)
¿ Que pasa ?
Fanatique de télé
Pas de doute
À la chaleur des missiles
3, 2, 1... Zéro
Pile ou face
Attention à toi
Je veux savoir pourquoi
Jouer avec le feu
(C'est une) idée fixe (Oho! oh! oh!).

Cependant, nous avions l'œil sur le cadran car sur la première scène principale se préparait un autre objectif de la journée ! Nous quittons donc Les Sherrif quelques minutes avant la fin de leur concert … (scrongneugneu, décidément que je n'aime pas ce système…)


17h30 - 18h20 : ACCEPT. Le soleil commence à décliner et c'est tant mieux car désormais les groupes qui sont prévus désormais vont susciter une énergie déjà bien assez torride ! Nous voici donc de retour devant la première scène principale pour assister à ma huitième prestation des teutons au heavy metal en fusion !
De la formation que j'avais vue ce 23 avril 1983 à la Mutualité, il ne reste que Wolf Hoffmann (guitares, chœur, depuis 1976) et Peter Baltes (basse, chœur, depuis 1976). Là aussi, il y a eu depuis des claquements de porte, et des tensions (merci Duffy, comprenne qui pourra)… Bref, toute cette agitation aboutit à voir aujourd'hui sur la scène le duo cofondateur entouré par Mark Tornillo (chant, depuis 2009), Uwe Lulis (guitares, depuis 2015) et Christopher Williams (batterie, depuis 2015). Leur quinzième opus "The Rise of Chaos" est paru en 2017.

En dépit de ces changements, l'âme du groupe demeure, c'est toujours aussi carré, puissant et mélodique à la fois. Sur les huit titres interprétés, trois sont récents ; le reste est résolument axé sur les années 80, qui sont, il est vrai, emblématiques de la carrière du groupe.
La foule est enthousiaste, moi avec !
La voix de Mark Tornillo est assez proche de celle d'Udo Dirckschneider pour que les chansons de cette époque sonnent adéquates. Depuis 2009, il a eu le temps de s'approprier l'héritage.
Que de souvenirs en réécoutant ce titres qui ont bercé mes vingt ans ; les trois titres de Restless and Wild enchainés laissent peu de répit aux nuques ! Je me marre encore lorsque je ressens la gêne de certains franchouillards à chanter "heidi heido heida" introductif de "Fast as a Shark" ; c'est surprenant comme les préjugés ont la vie dure, même 78 années après ! (mais bon sang, puisqu'on vous dit que ce n'est qu'un chant folklorique composé vers 1830  !!! ahlàlàaaa… 'sont têtues les grenouilles !)
"Metal Heart" m'a particulièrement réjoui tant cette mélodie entêtante ce chante comme un hymne ! Pour clore cette démonstration d'efficacité germanique, quoi de mieux que martial "Balls to the Wall"…
Bref, à défaut de me rajeunir (oups ! 35 années), cette prestation m'aura bien revigoré ! Jawohl !

PROGRAMME
Die by the Sword (The Rise of Chaos)
Pandemic (Blood of the Nations)
Restless and Wild (Restless and Wild)
Princess of the Dawn (Restless and Wild)
Fast as a Shark (Restless and Wild)
Metal Heart (Metal Heart)
Teutonic Terror (Blood of the Nations)
Balls to the Wall (Balls to the Wall).


18h25 – (19h15) : ARCH ENNEMY. Et hop, dans la foulée le public se tourne vers la seconde scène principale sur laquelle l'enfer suédois ne tarde pas à déferler ! Ma septième découverte de la journée pour entendre un death-metal-mélodique que l'on me dit redoutablement efficace. En effet, beaucoup m'en disent le plus grand bien depuis longtemps, mais ce que je visionnais sur YouTube ne me séduisait pas totalement ; la voix de cette douce créature féminine m'a toujours irrité les oreilles.
Mais c'est avec la plus grande ouverture d'esprit que je suis mon fils qui trépigne d'impatience vers les premiers rangs. Toutefois, nous ne sommes pas seuls ; une foule impressionnante se presse devant la scène, de laquelle très vite les sons puissants surgissent des entrailles de la belle et de ses bêtes.
Le quintet scandinave se compose de Michael Amott (guitares, depuis 1996), Sharlee D'Angelo (basse, depuis 1999), Daniel Erlandsson (batterie, depuis 1996), Jeff Loomis (guitare, depuis 2014) et la ravissante mais redoutable québécoise Alissa White-Gluz (chant, depuis 2014). Leur onzième opus "Will To Power" est paru en 2017.
Je dois vite reconnaitre que la puissance des compositions est saisissante. Pour accroitre encore les sensations, des flammes sont crachées d'un peu partout sur la scène ; de là où nous sommes nous en ressentons toute la chaleur, un peu comme lors des concerts de Rammstein (toute proportion gardée, hein).
Techniquement, je distingue une certaine virtuosité des musiciens qui parviennent dans tout ce déluge sonore à exprimer de beaux segments mélodiques. Certains duos de guitares ne sont pas sans rappeler Iron Maiden ou Metallica.
La belle ténébreuse, bien que francophone, s'exprime avec l'audience davantage en anglais, c'est un peu dommage car elle perd ainsi l'occasion d'accroitre un peu plus une complicité avec le public du Hellfest.

Je commence alors à tomber sous une certaine forme de séduction mais les "survols" particulièrement nombreux des festivaliers qui s'abandonnent au-dessus de nos épaules, ajouté à l'agitation locale finissent par me lasser profondément. Je ne tarde pas à lâcher prise, c'est plus de mon âge toutes ces conneries ! Je laisse donc mon fils se régaler.
Une fois en retrait, je ressens moins la magie et mon impression première refait surface ; je ne parviens pas à apprécier cette voix gutturale qui ne parait pas très naturelle pour une femme. Surtout aussi jolie.
Mais, bon, dans le genre ils sont convaincants, c'est bien fait. C'est juste que je n'écouterai pas cela quotidiennement…

PROGRAMME
The World Is Yours
War Eternal
My Apocalypse
The Race
You Will Know My Name
The Eagle Flies Alone
First Day in Hell
As the Pages Burn
We Will Rise
Nemesis.


A ce moment de la journée un autre dilemme se posait ; aller voir BARONESS, ou rester voir MEGADETH… Baroness étant sur mon agenda à Barcelone la semaine prochaine, j'opte pour revoir Megadeth encore une fois… (ouh, que ces choix imposés m'agacent, je ne m'y ferai JAMAIS !grrrr)


19h20 - 20h20 : MEGADETH. Depuis leur concert au Monters of Rock à Donington (20 aout 1988), c'est la cinquième fois que je vois (jamais en tête d'affiche, toujours en invité) le groupe de Dave Mustaine (chant, guitare, depuis 1983), soutenu fidèlement par David Ellefson (basse, choeur, depuis 1983). Son départ mouvementé de Metallica (pour une sombre histoire de biturins) lui a permis de créer son propre groupe de trash-metal américain avec une certaine ténacité dont il aurait pu manquer lorsqu'il a vu s'envoler ses anciens comparses vers le succès qu'ils ont atteint sans lui...
Le voilà cependant sur la première scène principale du Hellfest pour nous offrir une bonne heure de plaisirs auditifs alors que l'entourage des Mets semble désormais bien trop cupide pour en faire autant…

Je ne cache pas que j'ai toujours trouvé les Mets musicalement plus convaincants. Mais je conserve toujours une sympathie pour ce p'tit gars qui fait ce qu'il peut pour maintenir l'intérêt de ses fidèles admirateurs !
Aujourd'hui le duo est entouré de l'ex-Angra brésilien Kiko Loureiro (guitare, chœur, depuis 2015) et Dirk Verbeuren (batterie, percussion, depuis 2016).
La prestation reste de qualité mais il me manque toujours ce zeste de quelque chose (de folie, de mélodie entêtante, …) pour m'emporter. Je trouve de surcroit que le pauvre Kiko est sous-employé, compte tenu de son talent que j'ai pu constater lorsqu'il était au sein d'Angra.
Voilà quoi, j'aimerais bien le soutenir et l'aider à rattraper la notoriété de ses p'tits camarades mais bon quoiqu'on en dise, le monde (musical, lui aussi) est impitoyable. Succès d'estime, mais moins intime que d'habitude sous ce soleil de Clisson.

PROGRAMME
Rattlehead (sound issues)
Hangar 18
The Conjuring
My Last Words (dedié à Vinnie Paul)
Take No Prisoners
Symphony of Destruction (avec Michael Amott)
Dystopia
A Tout Le Monde
Peace Sells
Holy Wars... The Punishment Due.


20h25 – (21h25): ALICE IN CHAINS. J'attendais avec une forte et réelle curiosité bienveillante cette huitième découverte de la journée. Combien de fois ne m'a-t-on pas prétendu que ces américains seraient les génies du grunge alternatif !?!! Mes tentatives via les médias ne m'ont jamais convaincu de cette prétention, m'enfin je me disais que leur passage sur la seconde scène principale du Hellfest serait peut-être la bonne occasion pour être séduit.
Jerry Cantrell (guitares, chœurs, depuis 1987), et Sean Kinney (batterie, percussions, depuis 1987) sont les rescapés d'un parcours semés d'embuches. C'est désormais Mike Inez (basse, depuis 1993) et William DuVall (chant, guitares, depuis 2006) qui permettent au groupe de perpétuer leur conception du rock.
Plein de bonne volonté donc, je me suis faufilé dans les rangs pour tenter d'apprécier dans les meilleures conditions ladite musique.
Hélas, j'ai attendu une étincelle qui n'est pas apparue… J'ai cherché la porte des plaisirs que semblaient avoir emprunté mes voisins de foule, je n'ai trouvé qu'un mur de perplexité. Toute cette notoriété me semble bien surfaite, par le tapage médiatique qui choisit ses cibles… Franchement, j'ai trouvé cela mou du genou et peu convaincant.

PROGRAMME
Bleed the Freak
Check My Brain
Again
Them Bones
Dam That River
Nutshell (Dédié à Vinnie Paul)
No Excuses
Hollow
We Die Young
Man in the Box
The One You Know
Would?
Rooster.

Après quelques titres, craignant que ma mâchoire se décroche à force de bâillements répétés, je me suis rappelé une nouvelle fois que je pouvais tirer avantage de la programmation tous azimuts et je pars à vers une autre aventure musicale…


(20h25) - 21h25 : GLUECIFER. Déçu de ce qu'écoutait la masse des festivaliers derrière mon dos, je me sens attiré vers la Warzone, alors qu'un autre concert a déjà débuté (grrrr…). Et bien m'en a pris !!! Ces norvégiens sont ainsi ma neuvième découverte de la journée, et quelle belle découverte ! wouahou, quelle claque !! Leur hardrock puissant et musclé est juste saisissant, entrainant ; that's rock'nroll !

Renseignement collecté sur internet j'observe qu'ils se reforment juste après treize années de séparation ; on se demande bien quel grain de sable les a empêchés de rester ensemble !
Le groupe se composerait (sous réserve, du coup :/ ) de Biff Malibu (chant, depuis 1994), Captain Poon (guitare, chœurs (depuis 1994), Stu Manx (basse, chœurs, depuis 2000), Raldo Useless (guitare, depuis 1996) et Danny Young (batterie et percussion depuis 1997). Mais peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse, ces types sont m'auront procuré parmi les meilleures sensations de la journée !

Le public est relativement clairsemé mais enthousiaste pour cette musique que provoque irrésistiblement des secousses allant de la nuque au bout des orteils ! Cette puissance mélodique me rappelle entre autres The Almighty (écoutez donc "Evil Matcher") ou, plus récents, leurs compatriotes Audrey Horne.
Tout au long de leur prestation je ne peux m'empêcher de penser, d'enrager, à ce que manque l'auditoire de la scène principale ; que les dieux du métal leur pardonnent, ils ne savent pas ce qu'ils ratent ! Lemmy tourné, vers ces malheureux, semble les interpeller pour changer de fosse !
Bref, GLUECIFER aura été tout simplement LA révélation du festival pour moi.

A tel point, que je ne parviens pas à quitter la place avant la fin, ce qui était la condition impérative pour me placer correctement afin d'assister au concert-objectif-ultime de ma journée…

PROGRAMME
I Got A War
Automatic Thrill
Take It
Go Away Man
A Call From the Other Side
Car Full of Stash
Reversed
The Year Of Manly Living
Shaking So Bad
Evil Matcher
Get the Horn
Here Come the Pigs
Desolate City
Black Book Lodge
Easy Living.


… Je pouvais m'en douter, mais pas l'imaginer à ce point, lorsque je tente de me rapprocher des scènes principales je comprends vite que je vais devoir déchanter…Même moi, le vieux guerriers des foules, le futé des placements, avec mes 39 années d'expérience, je en suis pas parvenu à me rapprocher décemment de la scène. Une foule compacte et impressionnante c'était massée pour attendre l'événement de la journée. Rarement vu un public aussi important pour un groupe. J'aimerais connaitre le chiffre exact à cet instant ...
Après avoir effectué, de fines ruses, une percée sur le flanc gauche, je ne pouvais pas être satisfait de mon point de vue. J'ai eu autant de mal à en sortir, alors que le premier titre arrivait à sa fin… Un vrai calvaire. Finalement, je me suis positionné très en retrait sur le flanc droit. Je me suis consolé de cet éloignement en trouvant un bon compromis ; un emplacement d'où je voyais toute la scène et ses lilliputiens, les écrans géants mais aussi, aux abords, tout le décor fantastique du Hellfest qui s'enflammait ! En effet, la nuit tombante permet aux multiples flammes crachées de part et d'autres du site de prendre toute leur dimension ; ce fut juste somptueux !
Mais je ne peux pas le cacher, j'étais quand même un peu frustré de ne pas être dans le chaudron.


21h30 - 23h30 : IRON MAIDEN. Mon attachement à ce groupe s'est noué au fil des décennies depuis ce mémorable concert du Bataclan (21 mars 1981) où je les ai découverts sous l'incitation d'un pote bien inspiré (pour l'anecdote, ce brave jeune homme m'avait inoculé le virus fatal, puis avait totalement débranché du hardrock peu après, telle une abeille qui meurt après avoir planté son dard !). C'est avec un sentiment mêlé d'admiration pour leur carrière et de fierté de les avoir soutenus toutes ces années que je les vois sur cette scène principale, admirés par une foule immense ! Je les revois avec toujours autant d'envie et de plaisir, pour la vingt-et-unième fois ce soir.

Le fondateur de cette légende vivante, Steve Harris (basse, chœurs depuis 1975), mérite le respect car sa pugnacité ajoutée à ses talents de compositeur et de musicien ont permis de fédérer autour de lui une équipe forte. Bien sûr, comme dans toutes les familles, il y a des portes qui claquent et des êtres chers qui disparaissent. Mais le résultat est là : il est toujours entouré de ses plus ou moins fidèles compagnons ; Dave Murray (guitares, depuis 1976), Adrian Smith (guitares, chœurs, depuis 1980, avec un retrait de 1990 à 1999), Bruce Dickinson (chant, depuis 1981, avec un retrait de 1993 à 1999), Nicko McBrain (batterie, depuis 1982).
Pour moi IRON MAIDEN aurait dû se maintenir avec ce quintet mais Bruce a fait venir, pour une raison qui échappe encore maintenant à mon raisonnement, Janick Gers (guitares, depuis 1990). On pourra toujours dérouler son CV et ses compétences, je ne parviens toujours pas à admettre sa présence ; il gesticule beaucoup trop, tel un pantin désarticulé, pour être crédible. Certes, il sort davantage de soli qu'au début m'enfin les deux solistes historiques se débrouillaient très bien sans lui et l'apport d'une troisième guitare tend à saturer inutilement les sons… Enfin ce n'est que mon avis. Maître Harris a sans doute de bonne raisons pour le garder depuis maintenant 28 années quand-même, l'air de rien.
Autre mystère pourquoi Michael Kenney, le clavier depuis 1988 est-il caché ? Certes, il n'intervient que très peu, mais alors pourquoi ne pas s'en passer tout simplement ?! Comme ces bandes pré-enregistrées introductives que je trouve superflues, en dépit des belles ambiances crée…

IRON MAIDEN a toujours (en tous cas depuis qu'ils en ont les moyens) apporté un soin particulier à ses décors de scène. Cette tournée ne dément pas ce principe et le présent spectacle est encore particulièrement soigné ; cette magnifique maquette grandeur nature d'un Spitfire survolant la scène pendant "Aces High" est saisissante, les décors en fond de scène également. Servi par une sonorisation impeccable, les musiciens auront pu démontrer une nouvelle fois tout leur talent.

Les duos de guitares typiques des lignes mélodiques du groupe, alternant avec les tricots étourdissants de la basse et la frappe incisive de la batterie continuent à me procurer autant de plaisirs !
Mais plus que jamais c'est Bruce qui me surprend par sa forme physique et par sa voix ! Il aura bientôt soixante ans et il a surmonté l'épreuve d'une maladie qui aurait pu être invalidante pour son poste. Pourtant il chante des parties d'une remarquable technicité vocale, maintenant l'octave adéquate avec une facilité qui force le respect. Je ne citerai pas de noms mais bien d'autres chanteurs (que j'apprécie cependant) n'en font pas autant en concert !... (Je l'admire d'autant plus actuellement que je confesse avoir longtemps persisté à regretter son prédécesseur Paul Di'Anno). Toujours aussi charismatique et francophile, Bruce s'attardera avant de chanter "The Clansman", pour nous parler longuement, dans un français suffisamment correct pour être compris, de la Liberté individuelle et de celle des peuples. Bruce artiste, musicien, chanteur, compositeur, écrivain, pilote de ligne, escrimeur, chef d'entreprises (…) est décidément un être exquis et cultivé.

A l'instar que quelques autres groupes survivants des années 80, IRON MAIDEN me procure le plaisir vaniteux de considérer, l'espace d'un concert, que le temps n'a pas de prise sur nous. Steve Harris, à 62 ans, arpente la scène et sautille comme un cabri, excitant encore un peu plus le public qui ne demande que danser avec lui, rythmé par les coups de boutoir du toujours en forme Nicko, 66 ans !!!

Concert époustouflant parfaitement maitrisé. Sans aucun doute le meilleur de cette journée au Hellfest. Je n'ai pas trop envie ni la capacité de mémoire pour comparer ce concert de Maiden avec les vingt autres, mais indéniablement ce fut sans doute un des tout meilleurs qu'ils m'auront donné !
Up the Irons !

PROGRAMME
Aces High (Powerslave)
Where Eagles Dare (Piece of Mind)
2 Minutes to Midnight (Powerslave)
The Clansman (Virtual XI)
The Trooper (Piece of Mind)
Revelations (Piece of Mind)
For the Greater Good of God (A Matter of Life and Death)
The Wicker Man (Brave New World)
Sign of the Cross (The X Factor)
Flight of Icarus (Piece of Mind)
Fear of the Dark (Fear of the Dark)
The Number of the Beast (The Number of the Beast)
Iron Maiden (Iron Maiden).
Rappel :
The Evil That Men Do (Seventh Son of a Seventh Son)
Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast)
Run to the Hills (The Number of the Beast).


Après un tel concert les artistes suivants peineront à me séduire, mais je tente ne fut-ce que par principe, de maintenir ma curiosité naturelle …

23h50 - 00h50 : MARILYN MANSON. Encore un personnage à la réputation sulfureuse, depuis 1989, que beaucoup me conseillent depuis longtemps d'aller voir … Ce que je voyais de lui sur YouTube ne m'enthousiasmant pas particulièrement, je le cantonnais au rayon des pâles réplique d'Alice Cooper personnage plus authentiquement déjanté me semble-t-il. Je n'avais donc pas trouvé l'occasion de le voir jusqu'à présent ; dixième découverte du jour, donc.

Le monsieur aborde la seconde scène principale de manière un peu trop brutale à mon gout, hurlant dans son micro, ce à quoi je ne m'étais pas préparé, compte tenu de j'avais entendu de lui jusqu'alors … Un peu traumatisé par cette entame, je persiste toutefois à rester dans le public pour tenter de discerner un quelconque centre d'intérêt.
Marilyn Manson, entouré de ses suppôts Gil Sharone (batterie, depuis 2013), Tyler Bates (guitare, chœurs, depuis 2014), Paul Wiley (guitare, chœurs, depuis 2014) et Daniel Fox (clavier, percussions, depuis 2015), assume pleinement son rôle. Un metal-indus froid, sans autres émotions que des offensives malsaines et d'un gout douteux, que je trouve peu convaincant.

Je ne me sens pas à l'aise dans ce cadre et je profite du système une fois de plus pour aller butiner ailleurs, en laissant mon fils à son extase… Je me rends donc à l'Altar, avant de revenir voir la fin du cirque Manson. Juste pour assister au spectacle affligeant de trois greluches torses nus soumises aux ordres du gros malade dans un délire final. La plastique au demeurant intéressantes de ces dames n'aura pas suffi à me persuader de l'intérêt musical pour MM.

PROGRAMME
Irresponsible Hate Anthem
Angel With the Scabbed Wings
Deep Six
This Is the New Shit
Disposable Teens
mOBSCENE
Kill4Me (With fans on stage)
The Dope Show (I Don't Like The Drugs
Sweet Dreams (Are Made of This) (reprise d'Eurythmics)
Say10
Antichrist Superstar
The Beautiful People.


(00h00)(01h00) : EXODUS. Tournant le dos à un américain je vais en voir d'autres, sans doute plus bruyants mais moins glauques ! Avec le recul, cela me parait étonnant mais le fait est que je n'ai jamais vu Exodus sur scène, alors que les années 80 auraient pu m'en donner l'occasion. Ne fut-ce que parce qu'à l'instar de Megadeth, ce groupe est lié également à l'histoire de Metallica, puisque son cofondateur en 1981 (avec Tom Hunting) n'est autre que Kirk Hammett lui-même ! Mais les membres d'Exodus se révèlent d'humeurs incompatibles ; dés 1983, Kirk va là où on sait, puis les portes claques, les projets s'arrêtent, puis repartent.
Aujourd'hui, on peut retrouver sur la scène Tom Hunting (batterie depuis1981), entouré désormais de Gary Holt (guitare depuis 1981), Steve Souza (chant, depuis 1986), Jack Gibson (basse, depuis 1997) et Lee Altus (guitare, depuis 2005). Leur dernier opus remonte à 2014 : "Blood In, Blood Out", dixième depuis 1985…
Ce groupe de trash donc ma onzième découverte du jour, dans l'espace Altar.

A cette heure tardive, je commence singulièrement à avoir les jambes lourdes ; j'alterne donc ma présence dans les rangs et un peu au fond pour m'asseoir à terre. La violence des accords et des sons ne peut que me tenir éveillé et pourtant autour de moi quelques-uns sont allongés dans les bras de Morphée.

Certains titres résonnent en moi, preuve que tonton Zézé en son temps avait dû passer le groupe sur Wango-Tengo ! Prétendre que j'ai ressenti plaisir à ce concert serait excessif car honnêtement je n'étais plus en capacité d'apprécier vraiment. Cependant, j'ai tout de même pu observer la maîtrise du genre par ces anciens briscards (ils ont une trentaine d'années de services au compteur en moyenne, quand même !).

PROGRAMME
Funeral Hymn (partiel)
Blood In, Blood Out
Deliver Us to Evil
And Then There Were None
Parasite
A Lesson in Violence
Blacklist
Bonded by Blood
The Toxic Waltz
Strike of the Beast.

Ces bonnes décharges électriques permettent au moribond que je suis de me relever tant bien que mal avant la fin pour retourner vers la scène principale, car j'y ai mon dernier objectif de la journée … eh oui, encore un et puis ce sera fini !

00h55 - 02h05 : NIGHTWISH. Aaaaaaaaaaaah Flooooooooor ! Floor Jansen, je l'adore. Rien, pas même mon authentique et profonde fatigue de pourrait m'empêcher de la revoir ! J'avais eu la délicieuse surprise de la découvrir sur la scène du RaismesFest (9 septembre 2007) alors qu'elle était chanteuse d'After Forever. Sa voix sublime et sa beauté éblouissante ne pouvait pas me laisser insensible.
Désormais, la belle batave chante au sein du groupe finlandais NIGHTWISH, dans le pur style de metal-symphonique. Ce sera mon douzième groupe découvert aujourd'hui puisqu'étonnamment les circonstances ne m'ont pas encore donné l'occasion de les voir.
Pourtant les membres du groupe sont pour la plupart des musiciens complets et multi-instrumentistes, ce qui rend leur musique particulièrement mélodique et fouillée. A l'excès même parfois.

Tuomas Holopainen (claviers, chant depuis 1996), Emppu Vuorinen (guitares, 1996) sont désormais entourés de Marco Hietala (basse, chant depuis 2001), Troy Donockley (cornemuse, flûte irlandaise, guitare, chant depuis 2013), et Kai Hahto (batterie depuis 2014).
Depuis 2013, Floor Jansen est la chanteuse que les irascibles fondateurs ont recruté après avoir viré les deux précédentes …

La sonorisation permet toujours de distinguer les différents pupitres mais je prête une attention toute particulière à la prestation de Floor que je confirme dans mon panthéon des chanteuses actuelles. Bien qu'un peu éloigné de la scène j'observe  son charisme, sa voix, un timbre maitrisé ; tout est excellent. Dans mon esprit, les musiciens aussi talentueux soient-ils et quel que soit leur légitimité ne font que l'accompagner. Je sais c'est purement subjectif, mais je n'ai jamais prétendu exprimer un avis professionnel !

Je m'étonne de l'absence de caméras de proximité aux abords de la scène principale sur laquelle s'exprime le groupe ; sur les écrans géants sont diffusés uniquement des images captées par une caméra fixe au fond  de la zone dans le dos des festivaliers … Très étonnant car tous les groupes auparavant avaient pu montrer les musiciens de près par caméras interposées, ce qui n'est donc pas le cas et du coup je n'aurai pas vu Floor de près. Est-ce une demande du groupe (on se demanderait bien pourquoi) ou bien est-ce une panne ? Mystère…
Bah, de toutes façons en cette fin de journée je pense ne pas être le seul à vivre ce concert un peu dans les vapeurs d'une fatigue extrême … Seule la beauté des mélodies et l'entrain des rythmes me maintient debout jusqu'à la fin, mais je dois avouer avoir attendu la fin avec une certaine impatience …

PROGRAMME
End of All Hope
Wish I Had an Angel
10th Man Down
Come Cover Me
Gethsemane
Élan
Amaranth
I Want My Tears Back
Devil & the Deep Dark Ocean
Nemo
Slaying the Dreamer
Ghost Love Score.


Voilà c'est fini, la foule des fidèles se disperse, la grand'messe est finie. Pour ma part, je rejoins ma voiture et au comble de déraisonnable je remets en route vers Paris… Bien évidemment, je ferai plusieurs poses sur autoroute mais je parviens toutefois à approcher la capitale à l'heure de ses bouchons matinaux traditionnels, composés de braves gens qui sont à des années lumières des émotions vécues par les pèlerins de Clisson !