Déjà cinq années que IRON MAIDEN n'est
plus revenu au POP de Bercy ! Il est vrai toutefois que depuis ils sont passés au Download Festival en 2016. Les revoilà donc pour deux soirées de suite (les
5 et 6 juillet) et ce, dix jours avec avoir rassemblé une foule immense au
Hellfest de Clisson !! Compte tenu de mon calendrier déjà bien chargé (…), j'ai
opté pour le premier soir.
19H30 : THE RAVEN AGE. Ce groupe heavy metal anglais s'est formé à Londres.
Il est conduit par George Harris
(guitares, depuis 2009), fils de Steve… Bon, ce n'est pas certes jamais facile
d'être "fils de", en particulier dans le milieu artistique, alors on
ne va pas l'accabler par des comparaisons inopportunes. Mais cette filiation
explique tout de même sa présence ce soir en ouverture de soirée, à l'instar de
celle de Rise To Remain en 2011…
Le groupe est par ailleurs composé de Matt Cox (basse, chœur, depuis 2012), Jai Patel (batterie, depuis 2013), Tony Maue (guitares, depuis 2017) et Matt James (chant, depuis 2018). Ils ont à
leur actif un opus "Darkness Will
Rise" paru en 2017, et un mini album "The Raven Age", paru en 2014.
The Raven Age nous aura produit une bonne prestation
mais toutefois pas de nature à me laisser un souvenir impérissable… Je n'ai pas
trouvé de motif d'enthousiasme particulier mais je veux bien admettre que mon
impression fut fondée en rapport avec ma position inhabituelle au fond de cette
arène. Ils ont bien chauffé la salle comme on dit …
PROGRAMME
Betrayal of the Mind
The Merciful One
Promised Land
The Death March
Salem's Fate
Surrogate
My Revenge
Angel in Disgrace.
A ce niveau, et indépendamment
des qualités de ces invités au demeurant fort sympathiques, je ne peux pas
m'empêcher de me rappeler que IRON MAIDEN nous avait habitué à des invités d'un
autre calibre. Je me rappelle avec une vraie nostalgie de : BLACKFOOT en 1982, MSG en 1983, MOTLEY CRUE
en 1984, ANTHRAX en 1990, HELLOWEEN en 1998, MEGADETH en 1999, SLAYER
en 2000, ou encore AVENGED SEVENFOLD
en 2008. Au risque de passer pour un vieux con, moi je l'assume et je le dis ;
c'était mieux avant !
L’imminence de l'extinction des feux avant
le concert de Maiden est, comme d'habitude, prévenue par le titre d'anthologie
de U.F.O. “Doctor, Doctor" ; l'impatience
du public est à son comble ! Dix jours après les avoir revus au Hellfest, mon
envie est intacte ! Le Discours de Churchill dans le noir fait monter encore la
pression… Un Spitfire surgit face à un auditoire en frénésie générale !
D'autant plus lorsque Bruce bondit sur la scène coiffé d'un casque d'aviateur
d'époque et revêtu d'une veste adéquate !
21h : IRON MAIDEN. Après plus de trente-sept années de fidélité, je
revois IRON MAIDEN pour leur vingt-deuxième concert, retrouvant ainsi Steve Harris (basse, chœur depuis 1975), Dave
Murray (guitares, depuis 1976), et Adrian
Smith (guitares, chœurs depuis 1980).
Bruce Dickinson (chant depuis 1981),
et Nicko McBrain (batterie, depuis
1982) qui ont rejoint le groupe dans les années 80 font désormais bien entendu
pleinement partie de l'Histoire. Je vais peut-être saouler le lecteur de mes
récits, mais je maintiens ma perplexité sur la présence de Janick Gers (guitares, depuis 1990). Voilà
pour les présentations.
Les admirateurs de la Vierge de Fer sont
encore gâtés pour cette tournée "Legacy
of the Beast", car si la mise en scène est, comme d'habitude, très
soignée, cette fois le surplomb de la scène par un Spitfire à 90% de sa taille
réelle impressionne d'emblée l'auditoire. "Aces High" n'aura jamais été aussi bien illustré !!! Bien
d'autres décors réussis alterneront avec notamment de nombreux effets
pyrotechniques et, en fond de scène, des représentations empruntant souvent au
style religieux, tels que des vitraux. Pour le reste, maintien des "classiques"
; Eddie intervient dans une simulation burlesque de combat au sabre contre
Bruce, et la tête d'Eddie finit par émerger derrière les fût de Nicko. Bruce
ayant affirmé que le spectacle aurait quelques ajouts par rapport à celui du
Hellfest (auquel j'ai assisté, pour celui
qui n'a pas tout suivi), je n'ai pas observé d'évolution notable… mais bon,
peu importe car le tout apporte une réelle satisfaction.
Bien entendu et fort heureusement,
l'intérêt du concert ne se limite pas aux effets spéciaux, même s'ils
entretiennent l'impression d'un spectacle réussi. Du fond de l'ovale, en gradin
où j'étais placé, la sonorisation m'a paru très bonne, après avoir été un peu brouillonne
durant les toutes premières minutes ; mais ca c'est comme d'hab' …
Mes impressions ressenties le 24 juin
dernier au sujet de la prestation de Bruce sont confortées. Il aura 60 ans le 7
aout ; sa prestance énergique est impressionnante, et sa voix semble encore
s'améliorer (en dépit du cancer de sa
langue, qu'il semble avoir surmonté). Je confesse l'avoir sous-estimé
pendant les années 80 durant lesquels je nourrissais l'amertume du départ de
son prédécesseur Paul Di'Anno. Mais avec le recul, je reconnais avoir été
injuste ; l'attitude et la voix de Paul était parfait pour le style musical du
groupe à l'époque mais Bruce a contribué à faire évoluer le concept voulu par
Steve. Omnipotent, ces nombreuses compétences rendent parfois des services
inattendus comme celui de pouvoir piloter leur avion de tournée ! Son caractère
affirmé l'a certes amené à une infidélité au groupe (1993-1999), mais on lui
pardonne au regard du regain de notoriété apporté par son retour. Pardonné
d'autant plus facilement qu'il se montre encore ce soir francophile (bien qu'eurosceptique d'après ce que j'ai lu…)
en tentant de parler quelques mots dans la langue de Molière lors de la
présentation du titre "The Clansman"
portant sur la Liberté.
Je conserve un peu le même scrupule à
l'égard de Nicko McBrain (ex-batteur de Trust et de Pat Travers Band), qui a
longtemps pâti de mon amertume du départ du précédent batteur Clive Burr. Il
faut dire qu'à l'époque je n'aurais pas garantis la future la carrière du
groupe ; le moindre changement d'effectif alimentait la crainte d'un arrêt
définitif. Et pourtant, … là encore Steve avait vu juste car Nicko s'est avéré
indispensable à la poursuite de l'aventure avec toutes ces tournées mondiales !
Il a eu 66 ans le 5 juin dernier ; sa bonne humeur, sa technique irréprochable
et son énergie continuent à rythmer très efficacement les grand-messes comme
celle d'aujourd'hui !
Les duos de guitares de Dave
Murray et Adrian Smith, à la fois mélodiques et rageurs contribuent au son distinctif
d'IRON MAIDEN et enivrent mes sens toujours de la même manière. La troisième
guitare tenue par Janick Gers (véritable
pantin désarticulé dont les gesticulations semblent vouloir démontrer la
solidité de la sangle de sa guitare) me paraît toujours dispensable mais
j'observe cependant qu'il assure désormais quelque soli réussis.
Et que dire de Steve
Harris qui, a 62 ans, peut être fier de sa création. A ce jour, il parvenu à
maintenir une cohésion satisfaisante. En bon père de famille, il a toujours su
accepter (ou obtenir) le retour de ses enfants prodigues … Quant à son talent
musical personnel, il suffit d'écouter son pupitre de basse pour jauger son
degré de technicité et d'habileté ; ca tricote le manche avec virtuosité et
constance, un vrai régal pour mélomane averti !
Le programme, à l'instar du spectacle, ne
diffère pas de celui du Hellfest, mis à part l'inversion des titres en rappel… L'accent
est mis sur l'album "Piece of Mind"
avec quatre titres et sur "The
Number of the Beast" avec trois titres ; ces opus sont effectivement
honorables puisqu'ils ont assurément propulsé IRON MAIDEN au stade de groupe
planétaire !
PROGRAMME
Aces High (Powerslave, 1984)
Where Eagles Dare (Piece of Mind, 1983)
2 Minutes to Midnight (Powerslave, 1984)
The Clansman (Virtual XI, 1998)
The Trooper (Piece of Mind, 1983)
Revelations (Piece of Mind, 1983)
For the Greater Good of God (A Matter of Life
and Death, 2006)
The Wicker Man (Brave New World, 2000)
Sign of the Cross (The X Factor, 1995)
Flight of Icarus (Piece of Mind, 1983)
Fear of the Dark (Fear of the Dark, 1992)
The Number of the Beast (The Number of the
Beast, 1982)
Iron Maiden (Iron Maiden, 1980)
Rappel:
Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast,
1982)
Run to the Hills (The Number of the Beast,
1982)
The Evil That Men Do (Seventh Son of a Seventh
Son, 1988).
De façon aussi traditionnelle que
l'introduction, la chanson “Always Look
on the Bright Side of Life” met un terme à tout espoir de second rappel.
Mais pas d'inquiétude, IRON MAIDEN n'est pas prêt d'arrêter, manifestement ils
ont encore envie ; ça tombe bien, moi aussi !
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