samedi 16 mars 2024

AVATAR – Le Plan Ris-Orangis (91) – samedi 16 mars 2024.

LE SITE. Après plus de quarante années de pérégrinations, je n'avais pas encore fréquenté cette salle de concerts ! J'aurais pu/du m'y rendre auparavant (notamment pour revoir une dernière fois Rory GALLAGHER à l'occasion de l'un des derniers concerts de sa carrière, le 11 décembre 1994, quelques mois avant son décès survenu le 14 juin 1995. D'ailleurs, en hommage au guitariste irlandais, la rue dans laquelle se situait Le Plan avait été rebaptisée rue Rory Gallagher. La voie existe encore, mais le site n'y est plus). Toutefois, cette salle francilienne n'est plus celle qui naquit en 1984… Car en 2014, il fut considéré qu'elle devait déménager 650 mètres plus loin, pour s'agrandir. Sa page affiche désormais deux salles dotées d'une capacité respectives de 830 places et 200 places. 

https://leplan.com/home/billetterie/

Mais sa programmation (délibérément soumise à l'emprise élitiste d'une certaine la sphère médiatique) ne m'a jamais paru suffisamment attractive pour surmonter l'écueil de la distance. Il faut dire que les 28 kilomètres au Sud de Paris demeurent quelque peu rédhibitoire par les transports en commun, qui restent peu fréquents passé une certaine heure. Quoi qu'on en pense, avec la voiture c'est tout de même plus agréable. A peine une demi-heure de trajet.

LE CONTEXTE. On ne va donc pas trop se plaindre que LIVE NATION, qui a flairé le bon coup, soit parvenu à y organiser cette soirée. La salle afficha complet dès la mise en vente des billets ! Grâce à un ami bienveillant (merci Xavier !), nous avions obtenu les précieux sésames dès leur mise en vente en septembre dernier !

Les membres d'AVATAR m'impressionnent par leur endurance. La première partie de tournée de ces Vikings en 2023 fut déjà énorme, en Europe, puis aux Amériques. Les revoilà de nouveau en ce début d'année 2024, avec vingt-quatre dates européennes. "The Great Metal Circus Tour" a débuté le 1er mars à Hanovre, et se termine le 28 mars à Rennes… avant de repartir pour dix-neuf dates outre-Atlantique du 26 avril au 19 mai !

Soulignons que, pour une fois, la France n'est pas oubliée : AVATAR pose ses valises dans pas moins de onze étapes françaises (pour quatre allemandes !), qui toutes affichent "complet" ! Il faut croire que ces Scandinaves nous aiment bien … De surcroit, une halte exceptionnelle suspend la tournée, le jeudi 14 mars 2024, au Grand Rex (salle annexe) de Paris pour une projection exclusive du film "The Band Avatar Makes a Killer Album".

Il s'agit d'un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, qui relate les trente jours d'enregistrement de "Dance Devil Dance", leur dernier opus. Avec ma p'tite Fée nous avons pu assister à cet évènement unique, qui nous a permis de mieux imaginer leur univers, leur mentalité, et de connaitre les conditions d'enregistrement. Nous avons pu ainsi découvrir comment une maison, paumée au milieu d'une forêt suédoise, fut réaménagée en studio. Projet validé par Jay Ruston (producteur de The Winery Dogs, Sons of Apollo, Anthrax, Amon Amarth, Uriah Heep, Meat Loaf, ...), qui est venu coproduire un troisième album (après "Avatar Country", et "Hunter Gatherer") avec le groupe. Ce film, réalisé par Johan Carlén (qui réalise déjà la plupart de leurs clips) nous permet de mieux capter les subtilités et le son brut de cet album de fous furieux ! Après le film, les cinq membres d'AVATAR accompagnés par Johan Carlén, se sont prêtés à une séance de questions-réponses avec les admirateurs ! Nous sommes sortis de la séance encore plus convaincu de leur talent, de leur modestie, de leur humour. Certes, le côté commercial ne m'a pas échappé (quand même 46,30 € l'entrée, sans compter la possibilité pour les plus fêlés de claquer 100 € de plus pour pouvoir les rencontrer en préalable), ce qui ne nous a pas empêché d'acquérir le t-shirt spécial pour cette soirée moyennant 30 €. Sur le trottoir nous avons pu échanger quelque peu avec le guitariste Tim Öhrström (qui arborait un tshirt AC/DC) ainsi qu'avec Johan Carlén. Les autres n'ont pas jugé opportun de délégitimer la rencontre payante ; on les comprend d'une certaine façon mais on reste frustré…

La veille ils étaient à Prague, le lendemain ils étaient à Rouen. C'est ainsi le surlendemain que nous nous rendons à Ris-Orangis.

Nous sommes deux couples à nous réunir pour cet événement impatiemment attendu. En adulescents assumés, nous nous sommes motivés mutuellement pour nous maquiller, à l'image de Johannes. Ce n'était pas prévu en ce qui me concerne. Personnellement très hésitant à la démarche, car je ne me m'étais encore jamais, en aucune circonstance, maquillé ! Mais bon, l'émulation aidant, et sous l'autorité experte de la compagnie féminine, l'homme se plia aux obligations. Et ma foi, je dois admettre que c'est assez marrant. Ce sont ainsi quatre aliénés qui débarquent astucieusement au parking (150 places), avant qu'il ne fût complet. La file d'attente n'est qu'une formalité avant de découvrir ce bel auditorium.

Le plan propose une salle en largeur, avec peu de profondeur donc. La fosse est encadrée de trois marches d'escaliers, ce qui s'est avéré salvateur pour ma p'tite Fée qui a ainsi pu profiter d'un confort de vue exceptionnel pour sa taille ! Nous avons opté pour un stationnement sur ce rehaussement bienvenu, entre la console de sonorisation et la droite de la scène. La proximité relative d'enceintes suspendues m'a d'abord inquiété, mais l'acoustique s'est avérée excellente ; puissante mais audible, sans protection auditive !

L'espace est effectivement rapidement bondé, peuplé d'un public bien plus jeune que celui que nous côtoyons habituellement, ce qui est de nature à nous rassurer sur la pérennité de notre genre favori !

Vu la programmation habituelle de la salle, nous ne nous étonnerons pas outre mesure (quoique) de la bande-son d'attente qui diffuse notamment Julien Clerc et Barbara. Le choc sera d'autant plus saisissant avec la suite…

URNE [20h00-20h40].
https://urneofficial.com/
 https://www.youtube.com/@urne6363  et https://www.facebook.com/urneband/  https://candlelightrecordsuk.bandcamp.com/album/a-feast-on-sorrow

Déjà l'an dernier AVATAR avait invité deux groupes résolument très "metal" pour ouvrir sa soirée. Cette fois c'est donc au tour d'URNE un groupe anglais fondé en 2016 à Londres. Il se revendique dans la mouvance dite "sludge metal". Sludge signifie boue, ce qui en dit long sur l'ambition dudit style musical… Autant dire que la mélodie n'est pas le souci majeur des protagonistes. Les vocaux sont hurlés et puissants, sans concession. Les instruments entretiennent un mur sonore dont ressortent parfois quelques valeureux soli de guitare.

Après leur premier album "Serpent & Spirit" paru en 2021, un deuxième album intitulé "A Feast On Sorrow" est paru le 11 août 2023. Le trio londonien a collaboré avec Joe Duplantier, le leader de GOJIRA, pour aborder des sujets sombres : les maladies dégénératives, l’obscurcissement de l’esprit ou encore la mort. Un album sombre et agressif, inspiré par les déconvenues personnelles de Joe Nally, son concepteur. Voilà, le décor est planté, au moins, on sait qu'on ne va pas cueillir des pâquerettes.

Le trio se compose actuellement d'Angus Neyra (guitare, depuis 2016), Joe Nally (chant, basse depuis 2016) et James Cook (batterie, depuis 2022).

En fond de scène s'étend le logo du groupe. La sonorisation m'a paru correcte, et un éclairage modeste mais suffisant pour l'ambiance sombre délibérément visée.

Sur le contenu je ne m'étendrai pas excessivement, car j'avoue volontiers que ce n'est pas le style musical que je pourrais écouter dans mon salon. La voix, constamment vociférée sans aucune nuance, a le don de me lasser assez vite. Musicalement cette première partie me parut toutefois moins pénible que l'an dernier. Je dirais qu'ils ont contribué à bien chauffer la salle, ce qui était leur rôle après tout.

Le public a globalement bien accroché mais si on sentait une certaine retenue pour prévoir le déluge à venir. Il a cependant accordé une belle ovation aux Anglais. Et il y aura une affluence notable à leur échoppe.

Sur six titres, quatre sont issus de "A Feast on Sorrow" (2023) et deux de "Serpent & Spirit" (2021).

PROGRAMME
1.      Serpent & Spirit (Serpent & Spirit, 2021)
2.      Becoming the Ocean (A Feast on Sorrow, 2023)
3.      To Die Twice (A Feast on Sorrow, 2023)
4.      The Burden (A Feast on Sorrow, 2023)
5.      A Feast on Sorrow (A Feast on Sorrow, 2023)
6.      Desolate Heart (Serpent & Spirit, 2021).

 

AVATAR [21h15-23h15]
https://avatarmetal.com/

La biographie de ces suédois nous explique qu'AVATAR a ramé, lui aussi, avant de connaitre une phase ascensionnelle. AVATAR fut fondé en 2001 par le guitariste Jonas "Kungen" Jarlsby et le batteur John Alfredsson, pour proposer leur conception d'un "death metal" mélodique, saupoudré de heavy metal. Ils furent astreints à leur début au jeu toujours un peu pénible de la chaise musicale. Mais cela cesse en décembre 2011, lorsque Tim Ohrstrom remplace le guitariste Simon Andresson. Puis le groupe évolue, visuellement et musicalement. Le chanteur Johannes Eckerström se grime alors en clown, à l'occasion du tournage du clip de "Black Waltz" (sur le thème d'une troupe d'artistes de cirque qui montrent leurs étonnants talents). Les quatre albums suivants sont autant de tremplins au succès grandissant : "Black Waltz" en 2012, "Hail the Apocalypse" en 2014, "Feathers & Flesh" en 2016 et "Avatar Country" en 2018.

Les vidéos promotionnelles de Johan Carlén sont très soignées avec beaucoup d'humour et de dérision. A mon sens, elles permettent un rapprochement supplémentaire avec RAMMSTEIN dont les clips contribuent également à parfaire leur promotion par l'image. C'est aussi et surtout sur scène que le quintuor montre son efficacité avec une mise en scène astucieusement opportune, avec un son lourd et puissant qui provoque irrésistiblement l'ébullition du public. Mais aussi avec le charisme des musiciens, en particulier celui du facétieux et extravagant Johannes Eckerström. Ce dernier a le talent de dénoncer de nouveau un de mes paradoxe ; je n'apprécie guère les voix trop gutturales et pourtant avec lui ca passe. J'observe que lui-même semble compter fréquemment sur son jerricane pour apaiser les effets sur ses pauvres cordes vocales. Allez comprendre… J'ai accroché lors de leur prestation au Hellfest, puis j'ai été convaincu à l'Olympia. … 

Le quintuor est ainsi stabilisé depuis treize années, avec Jonas "Kungen" Jarlsby (guitares, 2001), John Alfredsson (batterie, depuis 2001), Johannes Eckerström (chant, trombone et claviers, depuis 2002), Henrik Sandelin (basse, chœurs, depuis 2003) et Tim Öhrström (guitares, chœurs, depuis 2011).

Leur neuvième album "Dance Devil Dance" est paru le 17 février 2023.

À propos de cette nouvelle tournée promotionnelle, le groupe déclare en profession de foi : "Nous sommes un cirque de métal. La route est notre maison. DANCE DEVIL DANCE reflète toute la folie de ce monde et des mondes au-delà. C'est une célébration de la laideur et un défi face à tout ce qui est considéré comme beau. Le métal doit vous faire bouger. Le métal est une musique pour le corps. Nous ne savons pas quand cela s'est produit, mais il semble qu'à un moment donné, récemment, la plupart des gens ont décidé que cette musique était mieux appréciée assis. C'est une grande tragédie et il faut y remédier. Pourquoi une batterie, pourquoi une basse, si les gens ne bougent pas leurs pieds ?

Et les pieds bougeront en effet. Notre musique a toujours été faite pour la scène, comme tout le monde peut en témoigner, que ce soit en tant que groupe d'ouverture pour des grands comme Iron Maiden ou Slipknot, ou en jouant sur les grandes scènes du Wacken, du Hellfest, du Download, du Grasspop, du Rock on the Range, du Poland Rock, et bien d'autres encore, ou en amenant tout le freakshow avec nous, en tête d'affiche soir après soir. D'une côte à l'autre des États-Unis d'Amérique et du Canada. Du Mexique jusqu'au Brésil, dans toute l'Europe, au Nord, au Sud, à l'Est et à l'Ouest. Le monde entier est notre scène et vous feriez mieux de vous préparer, car lorsque nous commencerons, vous serez tous les jouets du diable."

Quitte à être assujetti, autant se soumettre à leur suggestion. Mais trêve de bavardages, lorsque la chanson de "The Damned" nous met en garde contre le clown, le public sait que les choses sérieuses approchent ! Le déroulé de séance est similaire à celui de la précédente tournée. Le glas résonne comme pour surexciter encore davantage l'impatience de l'auditoire. Puis, des coups sourds, martelés puissamment, accentuent encore le crescendo. Enfin, John Alfredsson en Maître de cérémonie, apparait tel un automate pour prendre le relais de frappes qui martèlent le pas d'entrée en scène des quatre acolytes. Les jets de scène étincelants lancent la fête !

Durant les seules premières secondes, la sonorisation peine malheureusement à s'équilibrer sur le chant, mais très vite l'ingénieur fait son boulot et tout rentre dans l'Ordre pour que nous passions une excellente soirée. Le son sera puissant mais pas assourdissant, laissant ainsi percevoir toutes les subtilités des interventions des talentueux musiciens. L'éclairage fut relativement lumineux, bien que les teintes rougeâtres et bleutées m'aient paru un peu trop récurrentes ; en tant que chasseur d'images s'entend.

Le décor est un peu industriel ; la batterie légèrement surélevée est entourée de portiques métalliques. Le fond de scène est drapé entièrement d'une tenture montrant la fresque du groupe.

Le programme est en tous points identiques à celui de l'an dernier sauf "Paint Me Red" qui se substitue à "Scream Until You Wake".  Les deux titres me plaisent autant et j'aurais apprécié davantage d'évolution mais bon. Autre évolution notable, mais détail esthétique, où sont donc passées les guitares rouges magnifiquement décorées de Tim et Jonas !?

Difficile de préférer tel ou tel séquence du concert, tant les rythmes, le charisme des musiciens, et la folie extravertie du chanteur sont de nature à entretenir une atmosphère particulièrement festive. Johannes semble avoir manqué sa vocation de montreur de cirque ; il faut le voir présenter longuement "Chimp Mosh Pit" et faire monter la sauce avec son public ! Le très dansant "The Eagle Has Landed", le martial et pourtant très mélodique "Bloody Angel"... Les titres ne cessent d'accabler les capacités physiques des auditeurs ! Nos voix sont souvent mises à contribution, notamment pour "When the Snow Lies Red". L'humour et la dérision sont également de la partie ; le bouffonesque "Puppet Show" est toujours suspendu par la prestation exubérante de Johannes qui apparait au balcon pour gonfler des ballons puis jouer avec talent du trombone à coulisse. Le combat de soli de guitares est convenu mais tellement justifié pour montrer le talent des deux protagonistes ! Amusante, cette introduction astucieuse de "Black Waltz" qui nous rappelle à la fois de plus l'univers forain, mais aussi le thème de "It" (Ça) de Stephen King (le clown et ses ballons). Un technicien pose un carton devant la batterie, duquel duquel s'élève d'abord un lot de ballons retenus par les fils, puis notre bouffon préféré au sourire effrayant. Le titre "Tower" reste une parenthèse de calme et de beauté qui permet encore au décidément multiinstrumentiste de montrer un autre de ses talents. Mais le vigoureux et puissant "Colossus" recadre vite l'ambiance ; les cinq musiciens sont alignés au bord la scène, face au public, comme nous affronter. Le redoutable "Let It Burn" met les nuques de nouveau à rude épreuve ; les crinières tournoient allègrement ! Puis c'est au tour de John de sortir de son périmètre pour nous montrer une chorégraphie totalement déjantée et nous bombarder de ses cotillons. Impérial, Jonas entre en scène, couronné pour illustrer "A Statue of the King". Je ne cache mon immense plaisir lorsqu'ils interprètent enfin "The Dirt I'm Buried In", qui est tout simplement mon titre préféré ! Il contient tout de j'aime dans leur musique, la mélodie, la puissance, le chant en voix claire. Il faudra vraiment que je m'entraine pour apprendre à en chanter les paroles ; le public est admirable à cet égard, là aussi.

Bref, nous nous laissons ainsi guidé jusqu'au terme d'une soirée de folie totale. La communion fut intense !

Johannes tente de préparer le public à une fin inéluctable du concert. Il fait mine de négocier le nombre de titres restant, même si chacun sait que le programme est établi. L'auditoire bon enfant se prête volontiers à la négociation, et admet une part de gourmandise insatiable. Bref, c'est au tour de "Smells Like a Freakshow" de plonger le public dans une orgie de bonheur exubérante. De mon point de vue, je ne puis m'empêcher de comparer cette masse protéiforme à des diables dans un bénitier !

Le titre final "Hail the Apocalypse" débute sur le jet de serpentins festifs au-dessus de la fosse en ébullition ; le public exulte !  

Le groupe revient saluer son public reconnaissant sur fond sonore de "We'll Meet Again" de Vera Lynn.

Sur les dix-huit titres interprétés ; cinq sont issus de Dance Devil Dance (2023) ; un Hunter Gatherer (2020), un Avatar Country (2018), trois de Feathers and Flesh (2016), quatre de Hail the Apocalypse (2014), et quatre de Black Waltz, (2012).

PROGRAMME
Bande son introductive : Beware of the Clown (The Damned)

  1. Dance Devil Dance (Dance Devil Dance, 2023)
  2. The Eagle Has Landed (Feathers and Flesh, 2016)
  3. Valley of Disease (Dance Devil Dance, 2023)
  4. Chimp Mosh Pit (Dance Devil Dance, 2023)
  5. Paint Me Red (Black Waltz, 2012)
  6. Bloody Angel (Hail the Apocalypse, 2014)
  7. For the Swarm (Feathers and Flesh, 2016)
  8. Puppet Show (Hail the Apocalypse, 2014)
  9. When the Snow Lies Red (Feathers and Flesh, 2016)
  10. Do You Feel in Control ? (Dance Devil Dance, 2023)

Soli de guitares (Tim et Jonas)

  1. Black Waltz (Black Waltz, 2012)
  2. Tower (en acoustique, Johannes au piano) (Hail the Apocalypse, 2014)
  3. Colossus (Hunter Gatherer, 2020)
  4. Let It Burn (Black Waltz, 2012)
  5. A Statue of the King (Preceded with John's rave dance) (Avatar Country, 2018)

RAPPEL :

  1. The Dirt I'm Buried In (Dance Devil Dance, 2023)
  2. Smells Like a Freakshow (Black Waltz, 2012)
  3. Hail the Apocalypse (Hail the Apocalypse, 2014).

Bande son finale : We'll Meet Again" (Vera Lynn).



EUROPEAN TOUR 2024

  1. FRI, MAR 01, 2024    THE GREAT METAL CIRCUS          HANOVER
  2. SAT, MAR 02, 2024   THE GREAT METAL CIRCUS          FRANKFURT AM MAIN
  3. SUN, MAR 03, 2024  THE GREAT METAL CIRCUS          STUTTGART
  4. TUE, MAR 05, 2024  THE GREAT METAL CIRCUS          MILAN (COMPLET !)
  5. WED, MAR 06, 2024 THE GREAT METAL CIRCUS          BRATISLAVA I
  6. THU, MAR 07, 2024  THE GREAT METAL CIRCUS          BUDAPEST
  7. FRI, MAR 08, 2024    THE GREAT METAL CIRCUS          NÜRNBERG
  8. SAT, MAR 09, 2024   HEADBANGERS PARADE 2024      EINDHOVEN
  9. MON, MAR 11, 2024 THE GREAT METAL CIRCUS          POZNAŃ
  10. TUE, MAR 12, 2024  THE GREAT METAL CIRCUS          KRAKÓW (COMPLET !)
  11. WED, MAR 13, 2024 THE GREAT METAL CIRCUS          PRAHA

THU, MAR 14, 2024 THE BAND AVATAR MAKES A KILLER ALBUM        PARIS

  1. FRI, MAR 15, 2024    THE GREAT METAL CIRCUS          ROUEN (COMPLET !)
  2. SAT, MAR 16, 2024  THE GREAT METAL CIRCUS      RIS-ORANGIS  COMPLET !
  3. SUN, MAR 17, 2024  THE GREAT METAL CIRCUS          ROUBAIX (COMPLET !)
  4. TUE, MAR 19, 2024  THE GREAT METAL CIRCUS          STRASBOURG (COMPLET !)
  5. WED, MAR 20, 2024 THE GREAT METAL CIRCUS          REIMS (COMPLET !)
  6. FRI, MAR 22, 2024    THE GREAT METAL CIRCUS          NIMES (COMPLET !)
  7. SAT, MAR 23, 2024   THE GREAT METAL CIRCUS          CLERMONT-FERRAND COMPLET !
  8. MON, MAR 25, 2024 THE GREAT METAL CIRCUS          RAMONVILLE-ST-AGNE (COMPLET !)
  9. TUE, MAR 26, 2024  THE GREAT METAL CIRCUS          BIARRITZ (COMPLET !)
  10. WED, MAR 27, 2024 THE GREAT METAL CIRCUS          LA ROCHELLE (COMPLET !)
  11. THU, MAR 28, 2024  THE GREAT METAL CIRCUS          RENNES (COMPLET !).

vendredi 23 février 2024

THE PINEAPPLE THIEF – Elysée Montmartre (Paris 18) – vendredi 23 février 2024.

 

Ce n'est pas mon premier concert de rock progressif de l'année, après le déplacement au Midwinter festival au début de ce mois, mais c'est cependant le premier à Paris. Avec ma p'tite Fée et mon fils cadet, nous nous rendons ainsi à l'Elysée Montmartre. Une salle que j'affectionne beaucoup, que j'ai fréquentée trente fois depuis le 18 mai 1988 (concert de MAGNUM), et dans laquelle je n'avais plus eu l'occasion d'aller depuis… le 5 décembre 2021, pour le concert de LEPROUS !

Pour cet évènement, la soirée sera essentiellement constituée du concert de THE PINEAPPLE THIEF, puisqu'il sera précédé d'une courte prestation acoustique.

Bon, ce n'est pas la première fois que le concert d'un groupe est précédé d'un unique musicien(*) à qui est confiée la redoutable mission de "chauffer" la salle. Je respecte toujours la courageuse démarche de l'artiste qui accepte ce défi, même si elle peut surprendre l'auditoire. Mais c'est sans doute moins onéreux pour l'organisateur… Chacun se fera son opinion sur le principe, pour ma part je ressens le plus souvent une relative frustration, que je masque par mes applaudissements qui marquent mon encouragement sincère mais aussi mon envie de passer à l'étape suivante…

Nous optons ce soir pour un positionnement en retrait, juste devant la console de sonorisation. Choix qui s'avèrera judicieux pour un confort d'écoute optimal, mais aussi pour une liberté de mouvement à laquelle je n'étais plus habitué depuis longtemps !

RANDY McSTINE [19h45-20h15].
https://randymcstine.bandcamp.com/

Notre microcosme musical est décidément bien petit. Ce soir, c'est un complice de Gavin sur la récente tournée de PORCUPINE TREE, qui assume chauffer la salle. Randy McSTINE est un multi-instrumentiste, auteur-compositeur et producteur, guitariste et chanteur au sein LO-FI RESISTANCE. Parmi ses collaborations, depuis 2010, je retiens notablement celle avec "IN CONTINUUM", ou encore avec Marco MINNEMANN, mais aussi évidemment celle au sein de cette mémorable tournée de PORCUPINE TREE. J'ai ainsi pu assister à trois de ses prestations ; les mercredi 2 novembre 2022 au Zénith de Paris, le samedi 17 juin 2023 à Clisson lors du Hellfest, et le jeudi 29 juin 2023 à Manchester.

Après ses multiples collaborations sus-évoquées, "Unintentional" est paru le 1er décembre 2023. Le musicien y assure le chant, la guitare, et la basse ; il est soutenu par Marco Minnemann à la batterie. Le tout étant écrit et produit par lui-même. Enregistrement mixé et supervisé par Rich Mouser.

Pour cette prestation acoustique, la sonorisation est adaptée, audible, l'éclairage se réduit à un faisceau braqué sur lui, seul sur cette grande scène.

L'artiste est talentueux et a démontré, en tant que guitariste et en tant que chanteur, un réel potentiel que je connaissais déjà, après sa participation aux concerts de PORCUPINE TREE. Cependant, je ne peux cacher un certain ennui que j'ai peiné à combattre.

Le public se montra magnanime en lui accordant des applaudissements respectueux.

PROGRAMME
Intro instrumental avec pistes et bidouilles.
Before
Who to Avoid
Activate
Big Wave.

 

THE PINEAPPLE THIEF [20h33-22h05-22h18]
https://www.pineapplethief.com/

Les biographies nous expliquent : "Fondé en 1999 par Bruce Soord, le quatuor progressif a connu une renaissance en 2016/17 avec l'arrivée de Gavin Harrison (King Crimson, Porcupine Tree) à la batterie. Complété par le bassiste Jon Sykes et le claviériste Steve Kitch, ils ont peaufiné un son épuré mais luxuriant, tranquillement intemporel".

"Bruce Soord a fondé le groupe The Pineapple Thief en 1999, comme un exutoire pour sa musique. Au départ, le nom du groupe était simplement Pineapple Thief, d'après un dialogue dans le film "Eve's Bayou". Soord l'a ensuite changé en son nom actuel, en partie pour différencier les initiales PT de Porcupine Tree, un autre groupe anglais de la scène rock progressive".

Gavin Harrison apparait, en tant qu'invité, à la batterie le 12 août 2016, à l'occasion de la parution du onzième album "Your Wilderness". On pourrait s'étonner qu'après sa contribution au sein de KING CRIMSON, le batteur se soit tourné vers ces voleurs de fruits exotiques, mais on connait la suite, cette expérience semble avoir fondé une complicité durable.

The Pineapple Thief revient avec son quinzième album "It Leads To This" qui est paru ce 9 février 2024, sur le label Kscope. La tournée promotionnelle débute le 20 février ; Paris en est la troisième des vingt dates.

En ce qui me concerne, j'ai tardé à connaitre ce groupe puisque ce n'est que vers 2010 que j'ai commencé à m'intéresser à eux, en discutant avec des mélomanes admirateurs de PORCUPINE TREE, sur le forum "Chemical Harvest". Mais rapidement j'avais été séduit par les atmosphères éthérées douces mélancoliques et délicatement ciselées de leur musique. Accompagné de ma P'tit Fée, je me suis rendu à un premier concert le samedi 22 septembre 2012, à Londres au Pub Barfly, Camden Town (49 Chalk Farm Rd). Ce concert, inscrit dans leur tournée promotionnelle de "All the Wars", nous a durablement marqué. Au cours de la même tournée, deux mois plus tard, je suis retourné les voir à la Maroquinerie dès le jeudi 29 novembre 2012. Puis le samedi 16 mars 2013, sur la péniche "Batofar". Je n'ai pu les revoir que le vendredi 1er juillet 2016, au Poble Espagnol de Barcelone, lors du BeProg My Friend festival (Gavin n'était pas encore derrière les futs). Lors de la tournée "Your Wilderness", je les ai revus le 1er février 2017 au Divan du Monde. Enfin, le vendredi 22 juillet 2022, à St Goarshausen, lors du Night of the Prog.

J'ai manqué leurs deux derniers concerts parisiens (2018, tournée Dissolution et 2021, tournée Versions of the Truth). Je les revois ainsi pour la sixième fois ce soir.

Bruce Soord (guitares, voix depuis 1999) est entouré de Jon Sykes (basse, chœurs depuis 2002), Steve Kitch (claviers, depuis 2005), Gavin Harrison (batterie et percussions, depuis 2016) et Beren Matthews (guitares, chœurs, depuis 2021).


L'affluence est forte, c'est rassurant. Notre microcosme de mélomanes habitués s'étonne de la jeunesse du public ce soir. J'y ai contribué puisque mon fils cadet m'accompagne, mais au moins il doit se sentir moins seul !

Dès le début du concert, l'auditoire peut constater une sonorisation excellente, je ne ressens pas la nécessité de protéger mes oreilles. Un dispositif d'éclairage bien dosé contribuera également à maitriser les atmosphères si particulières. En fond de scène, une large tapisserie montre logiquement la couverture de l'album promu.

Je ne connaissais pas le très récent album. Je savais (après consultation des deux précédentes dates, en Angleterre) que le programme fut constitué principalement de l'opus promus. Paradoxalement, il me fallut ainsi souvent me placer en mode "découverte". Toujours bercé par leur délicieuse fusion de mélodies riches et enivrantes, brodées d’arrangements complexes, j'ai cependant peiné à vraiment trouver la Porte ce soir. Je n'ai pas réussi à comprendre la portée des nouveaux titres. (Objectif parfaitement atteint le lendemain à l'écoute dans mon salon !). C'est sur la seconde partie de soirée que leur talent artistique et leur capacité à créer une ambiance transcendante, m'ont finalement emporté.

Les deux fidèles lieutenants, Jon Sykes, toujours avec son casque fixé sur le crâne (atypique habitude chez un bassiste !), et Steve Kitch, brillent toujours par leurs interventions pertinentes. Les chœurs de Jon font partie des mélodies distinctives de la musique des voleurs d'ananas.

Même si je reste attaché à la version d'origine, le remaniement de "Give It Back" est intéressant, il me semble être marqué par l'expertise de Gavin. Les trois derniers titres (rappel compris) ont achevé de me confirmer tout l'attrait de la mélancolie onirique produite par ces anglais. Il faut dire que l'apport du propulseur polyrythmique Gavin et du très efficace guitariste Beren, consolide encore les harmonies envoutantes et puissantes à la fois.

L'auditoire est très enthousiaste et l'exprime très bruyamment, ce qui semble bouleverser Bruce. Pourtant peu charismatique d'une manière générale, il semble sincère dans sa reconnaissance pour son public démonstratif.

Nous avons pu ainsi écouter ce soir dix-sept titres, dont huit sont issus du "It Leads to This" (2024), trois de " Versions of the Truth " (2020), trois de " Your Wilderness " (2016), un de " All the Wars " (2012), un de " Little Man " (2006), et un de " Magnolia " (2014).

PROGRAMME

  1. The Frost (It Leads to This, 2024)
  2. Demons (Versions of the Truth, 2020)
  3. Put It Right (It Leads to This, 2024)
  4. Our Mire (Versions of the Truth, 2020)
  5. Versions of the Truth (Versions of the Truth, 2020)
  6. Every Trace of Us (It Leads to This, 2024)
  7. Dead in the Water (Version remaniée) (Little Man, 2006)
  8. All That's Left (It Leads to This, 2024)
  9. Now It's Yours (It Leads to This, 2024)
  10. Fend for Yourself (Your Wilderness, 2016)
  11. Rubicon (It Leads to This, 2024)
  12. To Forget (It Leads to This, 2024)
  13. It Leads to This (It Leads to This, 2024)
  14. Give It Back (Version remaniée, All the Wars, 2012)
  15. The Final Thing on My Mind (Your Wilderness, 2016).

RAPPEL :

  1. In Exile (Your Wilderness, 2016)
  2. Alone at Sea (Magnolia, 2014).

Les mines réjouies trahissent une satisfaction générale, même si les plus anciens complices de ces voleurs auraient apprécié une évocation de plus anciens larcins, telles que celles issues de la période de "Variations On A Dream" (2003) à "Tightly Unwound" (2008). Mais bon, le diptyque "Stories Down" va avoir vingt ans cette année ; qui sait, une p'tite tournée anniversaire serait la bien venue …

Je me procure le CD du nouvel album, moyennant 15 €. Je ne le regretterai pas ; le lendemain, dès sa première écoute je tombe sous son charme. Je retrouve ce subtil mélange de douceur mélancolique délicatement secouée par le percutant Gavin ; c'est tout bon !

 

 

* Parmi ces prestations solitaires, pour mémoire citons notamment Jacob MOON (en 2013, en ouverture de Marillion), Petter CARLSEN (en 2014 en ouverture de Blackfield) , Gary CHANDLER (en 2014 seul, sans Jadis, en ouverture de Pendragon), John YOUNG (en 2016 seul, sans Lifesigns, en ouverture de Pendragon), John WESLEY (en 2016 en ouverture de Marillion),  Paul MASVIDAL (en 2020, seul sans Cynic, en ouverture d'Anathema), Davey DODDS (en 2020 en ouverture de Pendragon), Glen MATLOCK (en 2018, seul ex-SexPistols, en ouverture de Dropkick Murphys), Tristan DECAMPS (en 2020, en ouverture d'Ange), Jesse AHERN (en 2020 en ouverture de Dropkick Murphys). Et plus récemment ZUN ALAK (en 2024, alias Benoît Cougoulat Guerroué, en ouverture de Patron).

“IT LEADS TO THIS” EUROPEAN TOUR 2024
20/2 Manchester (GB) – O2 The Ritz
21/2 Bristol (GB) – SWX
23/2 Paris (FR) – Elysee Montmartre
24/2 Amsterdam (NL) – Melkweg
26/2 Neunkirchen (DE) – Gebläsehalle
27/2 Aschaffenburg (DE) – Colos Saal
28/2 Zurich (CH) – Komplex 457
1/3 Barcelona (ES) – Apolo
2/3 Madrid (ES) – La Paqui
3/3 Lisbon (PT) – Lisboa Ao Vivo
5/3 Toulouse (FR) – Metronum
6/3 Lyon (FR) – La Rayonne
7/3 Milan (IT) – Alcatraz
8/3 Strasbourg (FR) – La Laiterie
9/3 Munich (DE) – Technikum
11/3 Warsaw (PL) – Palladium
13/3 Krakow (PL) – Klub Studio
14/3 Berlin (DE) – Kesselhaus
15/3 Cologne (DE) – Carlswerk Victoria
16/3 London (GB) – O2 Shepherd’s Bush Empire.

samedi 17 février 2024

PATRÓN – DANCERS IN RED - Supersonic (Paris 12) – samedi 17 février 2024.

Depuis notre découverte hallucinée de PATRÓN en première partie du concert de KLONE le samedi 11 février 2023 au Trabendo, nous guettions avec envie l'occasion de revoir ce phénomène musical ! De manière fortuite, je lis qu'un groupe appelé SOUTHALL a malheureusement dû annuler son concert au Supersonic… au bénéfice donc, de PATRÓN.

Cette bonne nouvelle se double du plaisir de retourner dans cette salle que nous avions beaucoup apprécié lors d'une soirée mémorable en février 2022. Pour rappel, le Supersonic, situé dans une ancienne fabrique, a ouvert en janvier 2016, mais en fait c'était déjà un lieu de soirées musicales depuis de nombreuses années sous le nom d'OPA-Bastille. Cet espace s'inscrit sur la cartographie de la vie nocturne parisienne, alternant ses fonctions pour répondre aux besoins des fêtards parisiens. Il se métamorphose en club électro après 23 heures, le vendredi et le samedi jusqu’à l’aube. Mais c'est dans sa version bar-concert que je le trouve très intéressant. Dans un cadre atypique, avec sa grande baie vitrée, ses murs en briques et sa mezzanine, son espace permet au public de profiter d'une bonne acoustique à tous les niveaux. Il s'est donné pour vocation de révéler les nouveaux talents de la scène pop indépendante et rock française avec des concerts gratuits. Les concerts sont généralement courts mais le principe est assumé et compris des auditeurs. Cette politique nous permettra encore ce soir de faire une découverte inattendue parmi les autres artistes prévus avant notre tête d'affiche.

Le prix des consommations compense sans doute en partie l'entrée gratuite pour assister à des concerts, ce qui me convient. Mais nous avons bénéficié du segment "Happy Hour de 19h à 20h" en payant notre bière (une excellente IPA), 6 €.

Ouverture des portes à 19h00, le temps donc de se détendre avant le début de soirée. Et même de discuter avec "Lo Patrón", qui confirme sa simplicité, son amabilité et sa modestie. Nous en profitons bien évidemment pour lui faire part de notre admiration non démentie depuis le Trabendo et pour lui soutirer quelques précieuses informations sur lui et ses projets. Il accepte volontiers le portrait avec ma P'tite Fée en pleine extase …Nous le laissons ensuite à sa conversation avec un photographe anglophone.

Au début de la soirée la foule était encore clairsemée. Sans doute un peu trop naïfs, nous avons laissé, au fil de minutes, quelques rangs s'installer devant nous. Mais sans nuire à notre perception, fort heureusement.

La sonorisation, s'est avérée excellente pendant toute la soirée. Le dispositif d'éclairage est proportionné à la taille de la scène qui est de taille modeste.

ZUN ALAK [20h30-21h15]
https://zunalak.bandcamp.com/music  et https://www.facebook.com/zunalak/

Je ne connaissais pas ce musicien. Il semble que ce garçon soit pourtant déjà reconnu dans le milieu musical, notamment outre atlantique. Son curriculum vitae nous indique ainsi qu' "Après une vingtaine d’années à tourner aux USA, à participer à la scène New-yorkaise, et 25 albums solo sous la ceinture, Zun Alak est de retour en France pour continuer à écrire son journal de bord pour notre plus grand plaisir. Zun Alak va de la chanson folk, à la musique ambiante contemporaine, en passant par le psychédélique, entre Neil Young et Grouper". J'ai peiné à trouver l'identité cachée derrière ce pseudonyme, avant de la découvrir : Benoît Cougoulat Guerroué.

Vingt-quatrième album depuis 2002, "Plein Soleil" est paru le 12 juillet 2023. Un album de neuf morceaux, qui dure 32 minutes. Après 23 albums, c'est son premier entièrement chanté en français.

Zun Alak qui a donc la redoutable mission de "chauffer la salle" nous suggère toutefois aujourd'hui une prestation "acoustique expérimentale". La démarche est audacieuse, d'autant que l'artiste semble d'humeur morose. Soutenu à ses pieds par de multiples outils (pédales d'effets sonores, notamment pour les boucles), le guitariste nous montre des mélodies sympathiques et de beaux accords. Mais, honnêtement, ce n'est pas ce que j'étais venu écouter et je n'ai pas été particulièrement emballé.

La partie de l'auditoire qui était plus respectueuse lui accorde les applaudissements convenus.

J'imagine qu'il a probablement promu des titres de son récent album.

PROGRAMME
(à determiner).


DANCERS IN RED [21h30-22h15].
https://www.youtube.com/@Dancersinred

J'aime ce genre de découverte inattendue : voilà un groupe, toulousain mais qui a choisi la langue anglaise, que je ne connaissais absolument pas et qui pourtant mériterait à mon sens, une bien plus ample notoriété ! Sa prestation nous a tous sidéré, par la musique bien sûr mais aussi par le charisme époustouflant de Mathieu Serres. Celui-ci, après avoir débuté sur scène avec "CARBONE 14" un groupe de reprises, a fondé, à l'âge de 18 ans en 2009 DANCERS IN RED. Puis entouré à l’époque de Marion Estivalelez (basse) et de Guillaume Soucasse (batterie) il a pu produire trois mini-albums : "Let’s stay awake" (2011), "I’d rather be Red" (2014), et " Move and Sting"  (2016) et assurer plusieurs concerts.

La biographie promotionnelle nous indique " Estampillé depuis toujours maximum rock n’roll, le trio débarque en ville avec un nouveau mini-album, "And they tore each other part", montrant une voix indémodable, un son qui sent toujours bon les 70’s, véritable marque de fabrique du groupe ".

Il semble que DANCERS IN RED réapparaisse sur scène après deux années qui ont abouti à un changement d'équipe. Le trio se compose désormais de Matthieu Ronfard (basse, depuis 2018), Vincent Fauvet (batterie, depuis 2020) et donc Mathieu Serres (guitare chant).

Nous percevons immédiatement les influences (Led zeppelin, The Who, Deep Purple, Black Sabbath, AC/DC) dans cette musique trépidante et énergique à souhait, plus souvent hard que blues ! Les nuques et les jambes ne cesseront de remuer aux rythmes endiablés. J'ai adoré l'abnégation, l'engagement total de Mathieu Serres qui n'a pas hésité à fendre la foule à deux reprises. Certes, cette démarche peut sembler stéréotypée, mais elle démontre à mes yeux un enthousiasme sincère et toujours entrainant ! Une voix rock mais juste, des accords puissants et harmoniques, un rock basique mais d'une redoutable efficacité. C'est clair je vais suivre et promouvoir cette bande d'énervés.

L'auditoire s'est considérablement étoffé au fil de la prestation. L'ovation finale fut particulièrement bruyante, ce qui démontrait un enthousiasme collectif garanti !

PROGRAMME

Onze titres ont laissé peu de répit :

  1. Combat
  2. Colorblind
  3. Dying Next To You
  4. Watch Me Burn
  5. Desperate Men
  6. Velours
  7. Clb
  8. Write a Song About Me
  9. Mandoline
  10. Why Are You Calling Me Love?
  11. Fantastic 5.

J'aurais volontiers apporté mon soutien en achetant un disque à l'échoppe en fin de soirée ; hélas le vendeur n'était pas à son poste. Les disques restant sont demeurés sur la table, tant pis…

 

PATRÓN [22h30-23h25]
https://patronofficial.bandcamp.com/album/patr-n
https://www.youtube.com/@PATRONBAND

PATRÓN est désormais davantage qu'un projet parallèle de Suave Chavez, alias "Lo Patrón", meneur, depuis 1999, du groupe de rock stoner LOADING DATA. Mais PATRÓN est un quatuor qui tient la route, même si le batteur est nouveau ce soir. Il se compose de Suave Chavez, alias Patrón (voix et guitare :), Aurélien Barbolosi (guitare), Guillaume Theoden (basse) et Sacha Viken Poulain (batterie).

L'album éponyme, intitulé "Patrón", contenant onze pistes, est paru le 29 mai 2020, sous le label Klonosphere. Il a été produit par ALAIN JOHANNES (Queens of the stone age, Them Crooked Vultures, Mark Lanegan, Chris Cornell Band) et se trouve aussi être le dernier disque jamais enregistré dans son mythique studio 11AD, à Los Angeles. "Sur cet album Lo fait appel à des amis, on trouve ainsi entre autres Barrett MARTIN (Mad Season, Screaming Trees) et Joey CASTILLO (Danzig, Queens of the Stone Age, The Bronx…) à la batterie, Nick OLIVERI (Queens of the Stone Age, Kyuss…) à la basse, Aurélien BARBOLOSI (Aston Villa, Elliott Murphy) à la guitare, ainsi qu’Alain Johannes à la guitare, la basse".

Cet opus lui a permis déjà une belle reconnaissance parmi les chroniqueurs mais aussi les auditeurs de ses trop rares concerts. Le prochain est en préparation ; il est prévu pour 2025. D'ici là, le PATRON nous promet une poignée de concerts ; il est permis d'en espérer un à Paris très prochainement….

Lo dispose d'un charisme énorme, surtout par le timbre de sa voix suave, chaude, et puissante mais aussi son allure, et son sourire dénonçant un réel plaisir de scène ! Sourire à peine crispé au début de concert par un souci technique au niveau de la batterie, heureusement de courte durée. Quoiqu'il en soit, il suffit de poser un regard sur le public pour observer ce charme indicible qui s'opère, entre lui et la partie féminine de l'auditoire, en particulier. Même si je ne m'interdis pas d'être troublé par ce chant envoutant.

Ses deux fidèles complices lui apportent le confort d'un soutien d'une redoutable efficacité ; leurs chœurs mais aussi les soli d'Aurélien et les accords et ostinati de Guillaume, le tout rythmé par Sacha qui assume parfaitement son rôle de remplacement. J'ai perçu par moment une fugace bande son synthé qui m'a semblé dispensable, mais je suppose que c'est agréable à d'autres oreilles. En tout état de cause, il me semble que Lo a su reconstruire avec PATRÓN une bonne cohésion de groupe. Je profite de cette période où nous pouvons encore l'approcher dans de si petites salles ; égoïste je redoute un succès qui nous éloignerait de cette délicieuse proximité…

Côté nostalgie, Lo nous rappelle qu'il n'était plus revenu au Supersonic depuis 2018, alors qu'il jouait avec LOADING DATA.

Le public est carrément en ébullition ! De l'avis de tous, ce fut bon mais trop court !!

Chacun des dix titres sont un régal auditif, source de bonheur constant et renouvelé. Tantôt plus rock, tantôt plus bluesy mais toujours entrainant, magnifiquement interprété, avec parfois une relative liberté avec la version studio ! Citons le moment d'émotion pour Lo lorsqu'il ne manquera pas de rappeler l'hommage à son amie Lorelei (qui fut chroniqueuse à Rock & Folk) que constitue "The Maker". Ce créneau horaire étroit n'a pas permis d'aller plus loin dans le répertoire, notamment avec ce "Seventeen" attendu de bon nombre d'entre nous, mais ce n'est que partie remise !

A la fin de "Vegas", Lo quitte la scène et laisser ses complices assumer les quelques dernières mesures.

Deux titres ne figurent pas sur l'album édité en Europe ; le très énergique "Next Stop" et "Vegas".

PROGRAMME

  1. Room with a View (Patrón, 2020)
  2. Jump in the Fire (Patrón, 2020)
  3. Hold Me Tight (Patrón, 2020)
  4. Who Do You Dance For? (Patrón, 2020)
  5. She Devil (Patrón, 2020)
  6. Very Bad Boy (Patrón, 2020)
  7. Leave It All Behind (Patrón, 2020)
  8. Next Stop
  9. The Maker (Patrón, 2020)
  10. Vegas.

Ayant déjà acquis et fait dédicacé le disque au Trabendo, nous avons tenu à acheter ici un t-shirt afin de promouvoir un peu plus le phénomène.

En sortant nous sommes éberlués de voir une file interminable de fêtards du samedi soir espérant pénétrer dans ce qui va se muer en discothèque. Les pauvres, ils ne peuvent même pas se rendre compte de ce qu'ils viennent de manquer ! Chacun sa notion de la fête…