samedi 19 octobre 2024

LAZULI, ENVERS ET CONTRE TOUR – du 20 au 27 octobre 2024.

 

On mesure avec certitude le temps passé, mais avec moins de garantie celui qui reste. Il était donc opportun d'assouvir enfin mon envie multidécennale de suivre des musiciens que j'apprécie, durant tout ou partie de leur tournée, dans une forme totalement assumée de musico-tourisme. Il me fallait juste trouver un prétexte, un artiste ou un groupe d'artistes qui en vaille la peine …

Avant que la Pandémie vienne ralentir nos ardeurs, nous envisagions de suivre Steven Wilson. Ce que nous avions fait partiellement en 2015, mais de manière discontinue.

C'est finalement la convergence d'intérêts de trois couples de mélomanes, autant adulescents que nous, qui m'a permis de jeter mon dévolu sur LAZULI, pour lesquels nous entretenons une affection toute particulière. Comme le prétendrait une célèbre publicité pour des produits cosmétiques, "ils le valent bien".

Depuis sa parution le 14 Janvier 2023, l'album "11" continue d'être promu par des tournées sporadiques. Celles-ci nous avaient déjà permis d'assister à sept concerts depuis janvier 2023, dont un cet été lors de l'ultime édition du  feu festival The Night of the Prog. Nous aurions pu aussi nous contenter d'assister à leur concert prévu à l'occasion de l'ultime édition du feu festival Prog en Beauce, ce 27 octobre. Mais l'idée, qui a muri pendant une année, a fini par s'imposer au fil des mois.

Parmi les seize dates prévues (à ce jour) en 2024, au titre du nouveau segment de tournée européenne, il ne nous restait plus qu'à choisir nos étapes. Toutefois, puisque LAZULI est bien plus attendu hors de notre douce France (…), cela implique de nous déplacer soit Outre-Rhin, soit Outre-Manche… Nous aurions pu visiter un pays ; soit l'Allemagne, soit les Pays-Bas. Nous aurions pu aussi reporter notre projet en 2025, pour aller en Grande-Bretagne. Nous avons finalement arbitré pour sillonner quatre pays différents, avec quatre dates. Notre plan prévoit ainsi :

      ·        20.10.2024 – Z7 – Pratteln (SUISSE) ;
·        22.10.2024 – Spirit of 66 – Verviers (BELGIQUE) ;
·        23.10.2024 – Harmonie – Bonn (ALLEMAGNE) ;
·        27.10.2024 – Prog En Beauce – Pierres (FRANCE).


EUX EMOI. J'ai le désagréable sentiment de me répéter, mais à l'instar de mes précédents récits sur leurs prestations, je dois une fois de plus déplorer que ce groupe FRANÇAIS et FRANCOPHONE demeure scandaleusement ignoré par la bulle médiatique et pseudo-artistique française, qui semble incapable de curiosité musicale. Je peste de me sentir impuissant face à des promoteurs aveuglés par leur cupidité, et animés d'aucune audace. Les médias, qu'ils se définissent comme généralistes ou spécialisés, n'en sont hélas que trop souvent le triste reflet … Pourtant, chacun des albums de LAZULI, chacun de ses concerts est un réel enchantement. Les mots m'interpellent et les notes m'ensorcellent.

Quoi qu'il en soit, je me revendique volontiers ardent promoteur du talent de ces troubadours occitans. Même si je concède volontiers les avoir tardivement découverts, petit à petit, au début des années 2010, par la grâce d'un forum musical.

La parution de "Tant que l’herbe est grasse" (2014) a motivé mon premier achat. Mais les occasions de les découvrir sur les scènes parisiennes sont rarissimes (2006 au Triton, 2007 à la Locomotive, 2008 à La Scène Bastille. Epicétou). Las d'attendre une improbable venue dans mes contrées, je me suis rendu au festival Rock au Château à Villersexel (70), lui aussi disparu, hélas ! Celui-ci avait eu la bonne idée de programmer LAZULI le samedi 05 aout 2017, alors que le groupe faisait la promotion de "Nos âmes saoules" (2016). Ce premier concert acheva de me convaincre de leur talent. J'ai ensuite pu mesurer leur notoriété notamment auprès des publics allemands (Sankt Goarshausen), néerlandais (Utrecht), norvégiens (Oslo), belges (Verviers) mais aussi … quand même (!) français (Saint-Palais, Pierres, Villeurbanne). Tant et si bien que ma présence ce soir au sein du public, suisse cette fois (Pratteln), va me permettre de revoir LAZULI pour la quinzième fois.

EUX ET LES AUTRES. Heureusement, bien avant moi, quelques autres (trop rares) illuminés les ont reconnus à leur juste valeur en France ; notamment les audacieux organisateurs de Prog en Beauce (2013, 2014, 2017), de Rock au Château (2017), du Crescendo (2007), et de Prog'Sud (2011 et 2018). Néanmoins, c'est encore le plus souvent Outre-Rhin ou Outre-Manche que nous trouvons les plus nombreux admirateurs. Ce qui démontre au moins que la langue de Molière n'est absolument pas un obstacle à la notoriété internationale.

De nature relativement prosélyte, j'ai tenté de porter, modestement mais avec conviction, la bonne parole autour de moi. J'ai commencé par ma P'tite Fée bien sûr. Absente du Rock au Château en 2017, elle fut peu sensible à mon récit pourtant ému. Elle ne prêtait qu'une oreille distraite aux enregistrements. Davantage impatient que désespéré, je pressentais que seul un contact scénique pouvait lui faire trouver la Porte. La Révélation survint assez rapidement, dès ce dimanche 29 octobre 2017, par la Grâce du feu festival Prog en Beauce ! Ce dangereux foyer de contagion lui a été fatal. Depuis, elle ne lâche plus l'affaire… Ainsi soit-il.

Mais cette saine conversion ne me suffisait pas. Inlassablement j'ai persisté, avec souvent le sentiment de prêcher dans le désert, tant mon exaltation devait paraitre suspecte. Mais, sans doute intrigués aussi par d'autres échos qui ont probablement été jugés plus fiables, d'autres mélomanes parmi mes amis ont à leur tour perçu le talent des membres de LAZULI. C'est ainsi que peu à peu notre microcosme s'est étoffé. Parmi eux, Pascal, Valérie, Xavier et Véronique sont désormais de fervents adeptes ; suffisamment en tous cas pour nous accompagner sur les routes de cette folle aventure !

EUX. Ce merveilleux quintuor existe depuis 1998. Les aléas de l'histoire d'un groupe ont abouti à voir passer Pol Amar (guitare, de 1998 à 2002), Yohan Simeon (percussions, de 1998 à 2009), Frederik Juan (marimba, vibraphone, percussions, de 1998 à 2009), Sylvan Bayol (Chapman Stick, de 1998 à 2009), Marc Almeras (de 2002 à 2004). Enfin, le guitariste Gédéric Byar (de 2004 à 2020) a quitté récemment le navire à la surprise générale.

Les frangins Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), sont désormais entourés de Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020).

Sur le site officiel, l'historique de leurs concerts qui débute le 5 avril 2005 à l'Antirouille de Montpellier, est édifiant. Parmi ces dates, on peut relever particulièrement leur prestation des 2 et 3 juillet 2005, à Montreux en Suisse, en marge du célèbre Jazz Festival, qui leur a valu un début de reconnaissance internationale. En effet, c'est à cette occasion qu'un jazzophile allemand, qui déambulait parmi les sites du festival, est tombé par hasard sur nos LAZULI.  Totalement séduit, il entreprendra peu à peu de les faire connaitre en Allemagne. C'est ainsi que le 12 avril 2006, LAZULI est invité au festival allemand KOMMZ-Festival au Colos-Saal, à Ashafenburg ; c'est le début d'une notoriété grandissante chez nos amis Teutons. Notons qu'entre-temps, le 10 mars 2006, LAZULI était présent au Baja Prog Festival au Mexique.

C'est à cette même époque, en 2006, que parait le troisième album intitulé "En Avant Doute", qui contribuera à accroitre une belle reconnaissance dans le milieu musical spécialisé. Néanmoins, pas assez connu en France, le groupe en devient l'ambassadeur sur les plus grosses scènes internationales du rock progressif.

Les média n'ont pas toujours ignoré LAZULI ; la défunte émission nocturne de France Inter, "Sous les étoiles exactement" (1997-2013) a évoqué leur existence le 10 décembre 2007. Rien à voir avec les programmations affligeantes de nos jours…

Bref, quoi qu'il en soit, LAZULI perdure, pour notre plus grand bonheur ! Leur musique délivre des sonorités inhabituelles et agréables. Les textes sont subtils, ciselés et délicats, rarement donneurs de leçons, juste des invitations à l'évasion ou à la réflexion. C'est rafraîchissant par les temps qui courent.

F https://lazuli-music.com/


NOTRE PERIPLE.

Le trajet peut impressionner le non-initié : Ivry/ Granvillard/ Pratteln/ Colmar/ Riquewihr/ Sélestat/ Verviers/ Bonn/ Ivry/ Pierres/ Ivry. En omettant quelques détours, on estime le tout à environ 2100 kilomètres tout de même ! Mais que le pourfendeur écologiste se rassure ; dans une démarche autant écodurable qu'économique, nous avons convenu de réunir les deux couples français et de confier la conduite du véhicule à notre émérite Véronique guidée par son non moins apprécié copilote Xavier. Certes, nous aurions pu voyager à cheval ou en carriole, mais c'eut été plus fastidieux.

LE 19 OCTOBRE, PREMIERE ETAPE : LA SUISSE. (Quelques 590 kilomètres, environ 7 heures, sans les pauses)

Notre cohorte infernale arrivera à temps pour l'apéro du soir, à Grandvillard, une commune suisse du canton de Fribourg, située dans le district de la Gruyère, où nous retrouvons le troisième couple, Valérie et Pascal.

Les adulescents palabrent et peinent à masquer leur impatience de débuter le fabuleux parcours ensemble.


LE 20 OCTOBRE, DEUXIEME ETAPE : PRATTELN. (Quelques 155 kilomètres, environ 1h30 de route). Nous reprenons la route, ponctuée de paysages grandioses, durant laquelle nous distinguons de rassurantes neiges éternelles ; oui il en existe encore… Nous aboutissons à Pratteln et rejoignons l'hôtel IBIS proche du Z7, une salle dans laquelle nous avions déjà assisté à un concert de SAGA en 2017. Le secteur demeure toujours aussi sordide (il me rappelle l'Espace Balard des années 80), mais on s'en fout, on y est que de passage !

Créé en 1994, le Z7 est un ancien entrepôt de Pratteln, situé à une douzaine de kilomètres de Bâle, qui a été transformé en salle de concert. Celle-ci s'est inscrite sur les tournées de plusieurs artistes et a ainsi vite gagné en notoriété. C'est maintenant l'une des salles de concert les plus célèbres de Suisse, confortable et dotée d'une bonne acoustique. Elle peut accueillir jusqu'à 1 600 spectateurs.

Le public est estimé à environ 150 auditeurs. Nous prenons facilement position à la barrière, excellent poste d'observation pour notre premier émoi musical.

TICKET TO THE MOON : (19h-19h50). Ce trio suisse a été formé en 2003 par Andrea "Andy" Portapia et Danny Gosteli. Après les péripéties habituelles d'une vie de groupe, le bassiste Guillaume "Gys" Carbonneau les a rejoints. Ensemble, ils ont joué plusieurs concerts en Suisse et ont décidé d'enregistrer leur premier album. Il faudra attendre novembre 2012, pour que paraisse ''Dilemma On Earth''. Deux semaines plus tard, le succès du concert promotionnel leur a permis d'être engagés en première partie du célèbre groupe néo-prog canadien SAGA. Ils se définissent en tant que "heavyrock progressif".

Un album autoproduit, intitulé "Elements" est paru le 25 septembre 2022.

Nous trouvons ainsi ce soir un trio instrumental composé d'Andrea Portapia (guitares, depuis 2003), Danny Gosteli (batterie, depuis 2003), et Guillaume Carbonneau (basse, depuis 2008). Il semble qu'un claviériste (Matt Zwick) les a récemment quittés.

Les musiciens me paraissent mieux maitriser leur répertoire que leur charisme sur scène. Les obsédants allers et retours des deux guitaristes m'ont semblé un peu trop académiques, mais en fermant les yeux j'ai pu apprécier quelques segments très intéressants, en dépit de quelques longueurs. Evidemment, dans ce style d'exercice sans voix, on est tenté de faire un rapprochement avec d'illustres semblables, tels que SPECIAL PROVIDENCE ou LTE. Mais sans en être là, disons qu'ils se sont montrés digne d'intérêt.

LAZULI : (20h05-22h). Afin de ne pas me montrer trop répétitif pour les trois (voire quatre !) concerts à venir, je me contenterai ici (comme ensuite) d'impressions succinctes. Après tout, mon statut de simple mélomane (j'entends rédacteur non professionnel) me permet de considérer que les prestations de LAZULI, davantage que d'autres encore, s'apprécient à l'écoute (pour les notes), au regard (pour les sourires) et moins à la lecture subjective de mes récits amateurs et approximatifs …

Je rassure néanmoins le lecteur inquiet qui se demande fébrilement si les musiciens demeurent à la hauteur de notre admiration : chaque pupitre est tenu avec talent et entrain. La Léode n'est pas tombée en panne. Les sons  m'ont semblé parfaitement équilibrés. Le chant et les instruments nous ont apportés les émotions et l'évasion attendue. L'ingénieur du son et les musiciens sont exigeants ; ils nous dénoncent souvent, ici et là, une faiblesse. Mais mon oreille a pour habitude d'ignorer ces prétendues imperfections inhérentes à un concert pour me concentrer sur l'exécution des harmonies. LAZULI ne me semble pas abuser de bandes-son ou d'artifices, et chaque artiste met toute sa virtuosité au service de la Musique, la vraie, celle qui se travaille avant d'être exécutée en réel, pour créer une mélodie propice à l'évasion. Tout autre commentaire pourrait paraitre partial et donc superflu.

Ce qui me semble toutefois plus notable à relater, c'est qu'une fois de plus, LAZULI a transformé la fosse en baptistère ; les bienheureux curieux venus découvrir les bonnes paroles sont désormais des adeptes. Derrière nous, un mélomane assistait médusé pour la première fois, à ce foisonnement de notes merveilleuses ; je me suis autant réjoui de son regard émerveillé, que du concert lui-même ! En préalable au concert, je lui avais confessé que j'aurais (un peu) aimé être à sa place, pour connaitre à nouveau ces instants de découverte. Ce qu'il a perçu n'a pas démenti ma prédiction.

Leur programme présente dix-huit titres, en comptant les deux fantaisies finales interprétées au marimba. Leur plus récente parution, "11", demeure très représentée avec sept morceaux, mais on peut déplorer le retrait de "Égoïne" "La bétaillère" et " "Lagune grise" ; personnellement j'aurais préféré le retrait d'autres segments que ceux-là, mais j'ai bien conscience qu'en disant cela je m'assimile à un commentateur d'après match... Ils auraient pu, ils auraient dû, Turlututu !...

Les trois titres à paraitre en 2025, qui avaient été présentés lors de leur prestation au Loreley cet été, sont interprétés aussi. J'aime les trois, mais je ne cache pas ma préférence pour "Chaque jour…" dont le texte et les harmonies m'émeuvent particulièrement ! Cette introduction au cor d'harmonie me prend aux tripes. Ce thème cuivré, repris et accompagné par la Léode, est tout simplement poignant. Il se pourrait bien que ce soit, à mon sens, l'une des plus belles chansons écrites par Dominique, voilà c'est dit. J'aime beaucoup "Être et ne plus être" aussi. Mais bon, tout cela est à placer en perspective avec mon admiration pour l'ensemble…

Autre observation, on pourrait aussi déplorer le retrait du morceau "Dans les Mains de Dieter", dont le solo final créé par Arnaud était époustouflant. Mais fort heureusement, celui-ci s'exprime désormais lors d'un non moins splendide solo à l'occasion de la séquence finale de la chanson "le Pleureur sous la Pluie". Décidément Arnaud, avec son immense talent et sa gentillesse remarquable, a pleinement pris sa place dans le groupe.

En tout état de cause chacun de ces cinq artistes multi-instrumentistes démontrent constamment un réel investissement collectif, un réel plaisir de partager. Les sourires ne s'effacent que pour la concentration nécessaire à certaines séquences. Romain est principalement titulaire du clavier, avec lequel il exprime une large palette d'inspirations plus ou moins jazzy. A cet égard, il convient de souligner son duo magnifique avec Vincent pour clore la chanson "Les courants ascendants", où il démontre toute l'étendue de son talent. Mais son attrait pour les sons cuivrés et bidouillés avec son cor d'harmonie est également admirable. Vincent excelle à la batterie, mais peut la céder ("Le miroir aux alouettes"), pour s'adonner à son autre centre d'intérêt ; les percussions, telles que le marimba. Arnaud exprime énormément de sensibilité lors d'accords et de soli avec sa guitare, mais sait aussi amplifier une rythmique par de puissants accords à la basse. Dominique est le plus souvent avec une de ses guitares en bandoulière, mais le timbre de son chant constitue indéniablement une des particularités du groupe ; en l'écoutant je pense souvent à celui de Geddy Lee de RUSH. Quant à Claude, sa Léode lui permet de combiner tant de sons différents qu'il semble pouvoir se substituer à tous les pupitres, et participe à un véritable maelström harmonique ! Enfin, à l'image de la cohésion qui se dégage de ce quintet magique, tous participent peu ou prou aux chœurs.

Excusez mes propos dithyrambiques mais, comment pourrais je tarir d'éloges pour décrire leur Musique et leur attitude positive !? Ils ne constituent que le contrepoids d'un silence médiatique assourdissant.

PROGRAMME

  1. Le lierre (Nos Ames Saoules, 2016)
  2. Sillonner des océans de vinyle (11, 2023)
  3. Dieter Böhm (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  4. Les chansons sont des bouteilles à la mer (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  5. L'homme volant (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  6. Triste carnaval (11, 2023)
  7. Qui d'autre que l'autre (11, 2023)
  8. Quel dommage (à paraitre, 2025)
  9. Être et ne plus être (à paraitre, 2025)
  10. Chaque jour que le soleil fait (à paraitre, 2025)
  11. Mille rêves hors de leur cage (11, 2023)
  12. Parlons du temps (11, 2023)
  13. Le miroir aux alouettes (4603 Battements, 2011)
  14. Les courants ascendants (Tant que l'herbe est grasse, 2014)
  15. Le grand vide (11, 2023)
  16. Le Pleureur sous la Pluie (11, 2023)

RAPPEL :

  1. Neuf Mains autour d'un Marimba
  2. Dreamer (reprise instrumentale de Supertramp).

Cette première soirée fut conforme à nos espoirs en suivant un groupe français ; un concert fantastique suivi d'une rencontre avec les musiciens toujours aussi aimables et disponibles. Ali Laouamen, l'ingénieur du son ne fait pas exception ; dans la cours des fumeurs, nous écoutons ses expériences. Elliot Leonetti, le patient, aimable et souriant responsable de l'échoppe finit par nous connaitre, à force de sollicitations pressantes de notre part ! "Comment cela, il n'y a pas de t-shirt sur cette tournée ??" Le pauvre n'a pas toujours réponse à tout !

Bref, après nos échanges d'émotions passionnées, et un portrait collectif obligé, nous les abandonnons à leur travaux de rangements, que Vincent "Tetris" a déjà entamé sans attendre !

Nos esprits sont gavés de bonnes ondes, nous rentrons à notre hôtel qui s'avère être également celui de LAZULI.


LE 21 OCTOBRE, TROISIEME ETAPE : L'ALSACE. (Quelques 75 kilomètres, environ 1 heure de route)

Alors que nous prenons notre petit déjeuner dans la salle à manger, toute l'équipe de LAZULI prend le sien de son côté. Bien sûr, nous respectons leur intimité, mais d'une envie réciproque les discussions et les échanges d'impressions reprennent de plus belle ! Nous décidons cependant de leur cacher notre dessein de les suivre, mais que c'est difficile ! Les échanges cordiaux se poursuivent jusque sur le parking.

Nous les quittons pour partir vers l'Alsace, une région que ma P'tite Fée et moi tenions à visiter, depuis très, très longtemps.

Colmar nous a séduits par son charme, et sa tranquillité. En particulier son quartier de la Petite Venise, dans lequel nous trouvons un restaurant "La Tarte Flambée" à la terrasse de laquelle nous prenons place. La célèbre Flamenküche est un pur régal bien sûr. Mais ce plaisir est encore accentué par l'accompagnement du divin Gewurztraminer vendanges tardives ! Toutefois, je confesse ne pas résister à assumer ma réputation en commandant une délicieuse bière locale servie à la pression, fraiche et désaltérante !

Ensuite, Riquewihr nous a complètement éblouis, sidérés, par l'authenticité et la beauté de ses rues pavées et de ses constructions à colombages, multicolores et pastel. On voyage plusieurs siècles en arrière en lisant les dates d'origine sur les encadrements de porte. Une des plus belles villes d'Alsace, si ce n'est de France, assurément.

Cette charmante journée touristique aboutit à Sélestat, dans un somptueux hôtel de charme, situé au Sud de Strasbourg. Accueil bienveillant, nourriture succulente et hébergement douillet, le tout proche de l'excellence.


LE 22 OCTOBRE, QUATRIEME ETAPE : LA BELGIQUE. (Quelques 400 kilomètres, environ 5 heures de route)

Après un long parcours sans singularité, nous nous rendons à "La Fringale", notre friterie habituelle de Verviers. Une délicieuse gamme de produits artisanaux, brochettes, boulets, frites et bière locale (brasserie Curtius !) nous remettent d'aplomb, avant la belle soirée qui s'annonce !

Verviers est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement dans la province de Liège. Elle ne présente que très peu d'intérêt (…) sauf de compatir à la désolation qui a résulté de l'inondation dantesque dont elle fut victime le 15 juillet 2021. D'ailleurs, déjà pauvre à la base, la ville peine à s'en remettre encore aujourd'hui…

Nous posons nos valises dans l'hôtel des Ardennes, où nous avons nos habitudes (…), accueilli par Maguy, notre adorable hôte ! Elle envisage de prendre une retraite certes bien méritée, mais avant cette échéance, nous profitons de son accueil traditionnel et particulièrement bienveillant.

Créé en juin 95, The Spirit au 66 est un club qui organise plusieurs concerts par mois, ce qui en fait l'un des plus actifs de Belgique ! Sa décoration, inspirée du style de la "Route 66", entretient une atmosphère très chaleureuse, semblable à celle de nombreux bars musicaux américains légendaires. Son acoustique est très bonne. Dans un grand éclectisme, il accueille toutes les musiques : blues, rock, progressif, hard-rock, métal, jazz, country, salsa, reggae, etc... Sa capacité d'accueil est limitée à 325 personnes, et pourtant elle parvient à présenter souvent de très grands noms (Parmi les plus illustres, citons Camel, Caravan, Gong, Magma, The Flower Kings, Saga, Porcupine Tree, Steve Hackett, IQ, Pendragon, Arena, Mostly Autumn, Amarok, Rose Tattoo, bref des légendes…). Son gérant, Francis Geron est modeste et réservé, pour ne pas dire distant, mais chacun lui sait gré de son abnégation au service de la Musique !

La soirée est intégralement consacrée à LAZULI, pas de première partie.

La taille de la salle la rend plus conviviale que le Z7, il n'y a pas de barrière pour nous séparer de la scène.

Ainsi que convenu en amont de ce récit, je ne m'étendrai pas sur mon appréciation de ce deuxième concert de notre tournée ; sans lassitude aucune, elle est similaire à celle de l'avant-veille. Notons toutefois que cette fois Dominique n'a pas résisté à son besoin de contact avec le public ; il s'est fondu dans le public pendant l'exotique et entrainant "Le miroir aux alouettes", pour partager quelques pas festifs sur la séquence finale ! C'est un réel bonheur de regarder Claude détendu avec une Léode fiable, qui lui permet d'exprimer tant de sonorités harmonieuses ! Ali n'a eu aucun mal à jouer des manettes pour permettre à chaque pupitre d'exprimer ses nuances de sons. L'éclairage de cette petite scène demeure traditionnellement assez limité, mais n'a pas terni l'ambiance chaleureuse accordée par le public belge. Tiens, en parlant de belgitude, notons plus anecdotiquement que le pauvre Romain avait mal mesuré l'impact de la bière Jupiler sur sa vessie ; une envie pressante imposa une pause impromptue au groupe ! Son retour à la scène fut dignement salué.


La soirée se prolonge en intarissables palabres positives et passionnées, notamment avec nos amis belges, mais aussi avec toute l'équipe de LAZULI, bien entendu. Il semble que notre démarche de suivi de leur tournée fut cousue de fils blancs, car ils ne semblèrent guère étonnés de nous revoir…


LE 23 OCTOBRE, CINQUIEME ETAPE : L'ALLEMAGNE, BONN. (Quelques 120 kilomètres, environ 1h30 de route)

Après un copieux petit déjeuner, notre joyeux équipage se remet en route en direction de l'Allemagne.

Nous faisons halte pour visiter le château de Drachenburg, construit entre 1882 et 1884 sur la commune de Königswinter, par un milliardaire qui a fait fortune dans divers placements financiers (en partie liés au Canal de Suez). Pour y accéder il faut marcher sur un chemin qui mène au sommet du Drachenfels, un lieu chargé de légendes dont s'est inspiré Richard Wagner pour son opéra "L'Anneau du Nibelung". Une structure à coupole la Nibelungenhalle abrite une collection de peintures d'Hermann Hendrich sur ce thème.

Le château est intéressant à visiter, ainsi que son jardin, ne fut-ce que pour mesurer la folie des grandeurs de son initiateur. La terrasse du restaurant nous offre une magnifique vue panoramique sur le Rhin et les environs du Siebengebirge, un massif montagneux situé sur la rive droite du Rhin au sud de Bonn.

Nous n'avons pas oublié que nous sommes en train de suivre LAZULI, et ne manquons pas d'acheter un p'tit cadeau pour l'anniversaire d'Elliot, le fils de Dominique. La figurine d'un p'tit Dragon constitue un astucieux clin d'œil.

L'Harmonie est un auditorium situé dans le quartier d'Endenich de Bonn (Frongasse 28-30 - 53121 Bonn). Outre la salle de concert d'une capacité de 500 personnes, dans une superficie de 1200 mètres carrés, l'Harmonie offre un bier garten, ainsi qu'un restaurant. Elle est par ailleurs particulièrement réputée pour accueillir la Beethovenfest en septembre.

Ce troisième concert de notre tournée ne nous déçoit pas et demeure une source continue de bonheur ! Pas de fait notable, hormis un p'tit incident pour Arnaud, dès le début du concert ; une corde ayant cédé, il a dû précipitamment changer sa guitare. Au moment d'interpréter "Le Pleureur sous la Pluie", c'est l'émetteur de la guitare de Domi qui s'est détaché. Le temps de brancher un câble traditionnel et c'est reparti ! Incidents mineurs et sans conséquence, réglé avec professionnalisme. La très bonne acoustique de l'Harmonie, les pupitres parfaitement équilibrés par Ali le magicien du son, et un éclairage lumineux, ont contribué à animer un très grand enthousiasme chez nos amis allemands ! Acclamation bruyante et chaleureuse accompagne le départ du groupe !

A la fin du concert, nous réunissons notre chœur à six voix pour chanter l'anniversaire d'Elliot, à qui nous remettons respectueusement le petit Dragon en signe de notre amitié. Pour cette remise solennelle, Eliott quitte son échoppe et il est remplacé par un mystérieux personnage très serviable et souriant et arborant un atypique t-shirt de LAZULI. Le personnage m'intrigue… Nous ferons sa connaissance un peu plus tard dans la soirée…

Mais nous n'étions pas au bout de nos émotions !... Alors que nous nous désaltérons sagement au bar, Dominique vient nous inviter à nous rendre …dans les coulisses, avec eux pour discuter le temps de leur repas. Nous avions beau nous pincer, nous vivions une situation extra-ordinaire, au plein sens du terme. Je me calais discrètement dans un canapé histoire de capter toutes les ondes positives de l'évènement.

Je me suis alors rappelé que nous étions en Allemagne et il me parut opportun d'évoquer l'existence de Dieter Böhm. "ah bah ça tombe bien", me dit Dominique, "il est là ce soir, il va arriver parmi nous". Là, c'est le séisme collectif dans nos esprits déjà bien secoués. En effet, ledit personnage finit un peu plus tard par nous apparaitre ; c'était celui que j'avais remarqué à l'échoppe alors qu'il remplaçait aimablement Elliot ! Il est tellement humble et gentil que nous avons tardé à l'aborder. Nous l'avons rassuré en comprenant ce qu'il pouvait ressentir ; bien évidemment il n'y est pour rien, il n'a rien demandé et surtout pas la notoriété ! Mais nous lui avons fait admettre qui lui c'est nous, nous sommes lui. Et qu'il était bien malgré lui devenu un symbole de tous les admirateurs de la Musique de Lazuli. Nous conserverons de lui le souvenir d'un garçon charmant, souriant, humble.

Le retour vers notre hôtel dans la pénombre de Bonn nous parait s'écouler hors du temps. L'esprit encore émerveillé par cette soirée en point d'orgue d'une folle tournée européenne !


LE 24 OCTOBRE, SIXIEME ETAPE : RETOUR EN ILE-DE-FRANCE, A DOMICILE. (Quelques 520 kilomètres, environ 6 heures de route)

Pour cette parenthèse déconnectée, nous flânerons dans Paris avec nos amis helvètes. Rien d'extravagant, il fallait juste laisser la poussière retomber, histoire de clarifier nos esprits. Après un déjeuner au pied de Notre-Dame, nous déambulons, en passant par l'ile Saint-Louis pour déguster une glace Berthillon, avant de longer l'hôtel de ville et continuer la rue de Rivoli jusqu'au Louvre puis le parc des Tuileries. Bref, du tourisme, sans musique.


LE 27 OCTOBRE, LA FINALE EN BEAUCE : PIERRES. (Quelques 90 kilomètres, environ 1h30 de route)

Cette fois accompagnés de Samuel et Julien, mes deux fils, nous reprenons la route vers la Beauce pour assister à la dernière édition du festival PROG EN BEAUCE, qui sera couronnée par un concert de ... LAZULI. Ce mémorable bouquet final fera l'objet d'un récit à part. Mais je souligne toutefois que ce quatrième concert sur notre tournée, leur dernier de l'année 2024, s'inscrit dans la continuité d'une épopée que nous n'oublierons jamais ! Encore un superbe concert qui constituera l'apothéose d'une idée folle que nous avons concrétisée enfin !


Alors que nous croyons être allés au bout de nos émotions, nous avons eu le plaisir de pouvoir discuter avec les parents de Claude et Dominique, qui sans surprise s'avèrent être des gens exquis, d'une très grande gentillesse. Tels parents, tels fils, quoi …

vendredi 18 octobre 2024

Y&T - Le Forum de Vauréal (95) – le Vendredi 18 Octobre 2024.

CONTEXTE : Nous n'étions plus allés au Forum de Vauréal depuis huit ans déjà (Y&T en octobre 2016, puis MYRATH en novembre). Cette cinquième occasion d'y retourner nous permettra, avec ma P'tite Fée et mon fils, de visiter le nouvel équipement qui a été inauguré le mardi 19 septembre 2023, après plus de deux ans de travaux. La nouvelle salle peut aujourd’hui réunir plus de 800 spectateurs (contre 420 dans l’ancien), avec sa fosse de 600 places, ses balcons à l’italienne (164 places assises et 36 debout). Une deuxième salle plus petite, "le Club" d’une capacité de 150 personnes, a aussi été aménagée afin d’accueillir les groupes émergents et locaux, ainsi que trois studios de répétition.

Très excentré au Nord-Ouest de Paris, la situation géographique de ce site n'est pas idéale ; à une soixantaine de kilomètre de mon domicile, soit une bonne heure de trajet en voiture. Comme d'habitude, notre trajet dans cette banlieue parisienne nous semble donc long et tortueux. Mais nous arrivons devant le site transfiguré, méconnaissable. C'est désormais une très belle et grande salle ! Une longue file d'attente de mélomanes, à la moyenne d'âge probablement proche de la soixantaine, nous confirme qu'un grand évènement se prépare…

Nous sommes accompagnés d'Olivier, le guitariste de THE SOUNDROOTS, et de sa jolie femme Isabelle. Il avait déjà rencontré Dave, à Los Angeles ; il tenait à venir spécialement des Charentes pour le revoir ici, en France.

LE GROUPEhttps://yandtrocks.com/ Le groupe californien nous propose une date unique en FRANCE, dans le cadre de sa tournée intitulée "An Evening With", commémorant le cinquantième anniversaire de son existence.

Formé en 1974, à l'origine sous le nom de Yesterday and Today, à Oakland, en Californie, le quatuor initial était composé de Dave Meniketti (guitare principale/voix principale), Phil Kennemore (basse), Leonard Haze (batterie) et Joey Alves (guitare rythmique). Après deux albums dans les années 70 sur London Records, ils raccourcissent leur nom pour laisser Y&T et sortent huit albums avec le soutien du label A&M dans les années 80. Après les décès de Kennemore, Haze et Alves, c'est désormais Dave Meniketti qui perpétue seul l'héritage de Y&T. Et pourtant, il n'a pas été davantage épargné par le destin, puisqu'il survit à un cancer de la prostate.

Dans la continuité du double principe, pochette moche et superbe musique, le douzième et dernier album studio "Facemelter" est paru le 21 mai 2010, sous le label Frontiers Records. Curieusement, cet opus est actuellement introuvable en rayon, ainsi qu'à l'échoppe du concert ; une réédition serait la bienvenue ! Depuis 2018, Dave semble avoir renoncé à de nouvelles créations ; nous devons nous contenter de mini-albums acoustiques.

Néanmoins, je me déplace volontiers une sixième fois pour revoir Y&T, car chaque concert est un enchantement qui me permet de voyager dans le temps. L'album "Earthshaker" m'avait séduit peu après sa parution le 30 juin 1981. Puis, dans le cadre de la promotion de "Black Tiger" qui est paru le 24 aout 1982, j'ai eu le bonheur d'assister à leur concert le 4 décembre 1982 au Bourget (invité par AC/DC). Je les ai revus un an après, le 22 décembre 1983 (invités par Ozzy) à l'Espace Balard. Puis deux autres fois, grâce au Raismesfest (2008 et 2013). En dernier lieu, c'était ici même au Forum de Vauréal, le 22 octobre 2016.

Leur biographie mentionne à juste titre "qu'ils se produisent dans un festival devant une foule de cinquante mille personnes ou dans une boîte de nuit intime, leur set très énergique et leurs performances passionnées captivent toujours des légions de fans dans le monde entier, prouvant que la musique de Y&T est intemporelle." Pour avoir assisté à leurs prestations dans les deux configurations, je confirme cette présentation. Y&T constitue une figure emblématique d'un style de musique qu'il a largement contribué à promouvoir.

Actuellement, Dave Meniketti (guitare solo, chant, depuis 1974), demeure fidèlement accompagné de John Nymann (guitare rythmique, chœurs, depuis 2003), Mike Vanderhule (batterie, chœurs, depuis 2006), auxquels s'est ajouté Aaron Leigh (basse, chœurs, depuis 2016), qui était déjà présent ici le 22 octobre 2016.

A l'ouverture des portes, 20h00, les spectateurs sont orientés vers la "Grande Salle".


LE CONCERT [20h46-22h45] (début retardé d'un quart d'heure, pour un concert d'une durée de deux heures)


Cet auditorium s'avère être doté d'une excellente acoustique, qui nous permet de profiter d'une sonorisation bien équilibrée et d'un éclairage satisfaisant. La scène est sobre, une tenture au logo du groupe s'étend en son fond.

Dave Meniketti qui fêtera ses 71 ans ce 12 décembre, me touche particulièrement. Humainement et musicalement. Il parle à son public avec le cœur et joue avec ses tripes. Sa dextérité et sa sensibilité en font un excellent guitariste... et la prestation de ce soir conforte une fois de plus mon estime.

Une séquence introductive rappelle déjà le titre qui terminera le concert, mais c'est en fait avec un "Hurricane" très énergisant que débute la soirée.

Physiquement, il a un peu changé, forcément (quoique), mais en fermant les yeux j'ai le sentiment de me replonger quatre décennies en arrière ! La voix me semble intacte et les soli demeurent toujours aussi incisifs ou bluesy, et pleins de sensibilité.

Le reste du groupe contribue largement à soutenir la qualité de la prestation ; les trois complices assurent leur soutien avec talent et y mettent à la fois leurs chœurs et leur cœur.

Certains titres m'emportent plus que d'autres, car je confesse ne pas avoir suivi assidument leur parcours après 1985. Le thème anniversaire de la tournée autorise Dave à nous interpréter des titres de ses débuts (74/80), qui me semblent moins intéressant, mais joués ici avec un entrain et une efficacité salvatrice !

L'auditoire ne peut qu'être enthousiaste et participe activement à l'ambiance, dans laquelle se mêlent la nostalgie des mélancoliques et le bonheur des amnésiques délibérés. Le temps passe mais nous sommes toujours là à nous fondre dans ces harmonies émouvantes ! Les morceaux d'anthologie sont chantés et acclamées très bruyamment.

Le quatuor nous a délivré un programme de vingt titres, dont quatre issus de l'album emblématique "Earthshaker". Une bonne douzaine de titres m'ont particulièrement ravi car ils correspondent à la période de mes années 80, que je préfère. Le sommet aura été, à mon sens, la magistrale interprétation de "I Believe in You".

PROGRAMME

  1. Hurricane (Earthshaker, 1981)
  2. Rock & Roll's Gonna Save the World (In Rock We Trust, 1984)
  3. 25 Hours a Day (Yesterday and Today, 1976)
  4. Struck Down (Struck Down, 1978)
  5. Don't Stop Runnin' (In Rock We Trust, 1984)
  6. How Long (Facemelter, 2010)
  7. Mean Streak (Mean Streak, 1983)
  8. Long Way Down (Musically Incorrect, 1995)
  9. Midnight in Tokyo (Mean Streak, 1983)
  10. Contagious (Contagious, 1987)
  11. Winds of Change (Black Tiger, 1982)
  12. Gimme the Beat (Endangered Species, 1997)
  13. Summertime Girls (Down for the Count, 1985)
  14. Don't Be Afraid of the Dark (Ten, 1990)
  15. Black Tiger (Black Tiger, 1982)
  16. Dirty Girl (Earthshaker, 1981)
  17. I'm Coming Home (Facemelter, 2010)
  18. Rescue Me (Earthshaker, 1981).

RAPPEL :

  1. I Believe in You (Earthshaker, 1981)
  2. Forever (Black Tiger, 1982).

L'échoppe ne propose pas les albums réputés épuisés, cela me fera faire des économies...


vendredi 27 septembre 2024

Be Prog! My Friend VI - Poble Espanyol - Barcelona (27-28/9/24)

 

LE CONTEXTE : S'agissant d'une Résurrection, il convient de consulter les textes anciens. L'avènement de ce festival eut lieu le 12 juillet 2014. A cette époque, j'en ignorais totalement l'existence et pourtant l'affiche avait déjà de quoi me faire déplacer ! A mon sens, elle ne présentait aucun déchet ; OPETH, ANATHEMA, FISH, PAIN OF SALVATION, ALCEST, ANTIMATTER, et TESSERACT.

Ma première participation ne se produira que l'année suivante, le 11 juillet 2015. D'ailleurs, compte tenu de la concurrence avec The Night of the Prog allemand, je n'y serais même pas allé, sans la prétendue présence d'IQ … qui devra finalement renoncer ! Nonobstant, les affiches successives ainsi que le cadre idyllique de l'époque, la cour centrale du Poble Espanyol, nous ont irrésistiblement attirés chacune des années suivantes (de 2015 à 2018).

Sans prétendre jouer au gendarme de la vertu, certains groupes programmés étaient parfois aux limites de la légitimité d'un Festival qui affirme, par son titre, vouer un culte au rock progressif (je citerais les présences particulièrement détonantes de MESSUGAH, KATATONIA, DEVIN TOWNSEND PROJECT, OBSIDIAN KINGDOM, IHSAHN, BETWEEN THE BURIED AND ME, PERSEFONE).

Mais en contrepartie, nous eûmes tellement de grandes et belles émotions inespérées ! (je citerais notamment CAMEL, PAIN OF SALVATION, MAGMA, STEVEN WILSON, ANATHEMA, MARILLION, HAKEN, LEPROUS, GAZPACHO, SONS OF APOLLO, OPETH, JETHRO TULL, et tant d'autres…).

Bref, lorsque le comité d'organisation décida de stopper brutalement l'aventure fin 2018, nous fûmes nombreux à nous sentir orphelin d'un merveilleux festival européen, même si par ailleurs The Night of the Prog perdurait en Allemagne … Il semblerait que le projet avait pris fin en 2018 car il n'était pas économiquement viable… Les années passèrent, l'espoir d'un retour s'amenuisait inexorablement.

C'est curieusement lorsque que le festival allemand déclare s'arrêter à son tour, que les Catalans annoncent une inespérée sixième édition ! Le concept BE PROG MY FRIEND est donc repris, mais avec un format qui est censé perdurer. En ce qui nous concerne, le principe de débuter après 16h, avec une scène unique, pour quatre groupes chacun des deux jours, nous convient parfaitement.

Dès le 3 mai, nous nous procurons les précieux Sésame pour les deux journées. Les deux groupes inscrits en têtes d'affiches ont achevé de nous convaincre ; HAKEN et surtout PAIN OF SALAVATION, ce dernier étant devenu rare en nos contrées… Le reste de l'affiche s'est avéré nettement moins séduisant, la tendance metal est encore plus accentuée que par le passé. To be metal or to be prog, that is the Question ; avec ma P'tite Fée, nous sommes partisan de l'éclectisme et de l'audace. Par conséquent, nous restions ouverts aux surprises, malgré tout.

LE SITE : La place centrale du Poble Espanyol est malheureusement accaparée pour l'Oktoberfest locale, le site traditionnel a donc été déplacé de quelques mètres. L'espace "La Carpa" est habituellement recouvert d'une tente mais, pour cette occasion il est à découvert. Seules les armatures sont maintenues et servent à suspendre les fils et enceintes. Juste à côté du lieu-dit la Tente se trouve une aire extérieure de pique-nique, constellées de grands arbres qui couvrent sa toute la surface de leur ombre. Très agréable agencement donc.

La capacité d'accueil du site est limitée strictement à mille personnes, nous dit l'organisateur, ce qui est inférieure à la capacité de l'ancien emplacement.

Sur l'ensemble du festival, l'acoustique m'a semblé très bonne, et la sonorisation plutôt bien équilibrée. La scène, sans être très profonde, offrait un espace correct aux musiciens ; son élévation était censée permettre une bonne visibilité à l'auditeur, sous réserve de sa taille et de la corpulence de son voisin devant... Quant à l'éclairage (inutile en plein jour) s'est révélé correct sauf pour Pain of Salvation qui, s'exprime délibérément sous des lumières sombres.

Ouverture du site : 16:00 h.

Le vendredi 27 Septembre 2024

Le ciel est bleu et la température agréable (j'entends, très loin des canicules ibériques habituelles !)

Nos deux couples (moi et ma P'tite Fée, ainsi que Hervé et Jacqueline) découvrent l'antre, dont le périmètre n'est pas bien profond ; nous choisissons de nous asseoir sur des gradins bétonnés dans le prolongement de la scène. Seules quelques armatures métalliques (un signe ?) nous polluent le point de vue, mais sans gravité. Il ne me reste plus qu'à m'abreuver d'une rafraichissante Estrella pour attendre patiemment (6€ pour 50cl). L'échoppe officielle finira par nous tenter avec le très joli t-shirt du festival (25 €).

J'essaie toujours de m'imposer une bienveillance relative à l'égard des artistes qui doivent ouvrir un festival, car cette redoutable tâche est dévolue à des novices, devant un auditoire encore parsemé, circonspect et méfiant. De surcroit, KINGCROW nous était déjà apparu le 24 juin 2023, pour l'ouverture du festival Midsummer.


KINGCROW [16h30-17h10].
https://www.kingcrow.it/ 

Le groupe a été fondé en 1996 à Rome, en Italie, par Diego Cafolla (guitares) et Manuel Thundra Cafolla (batterie), sous le nom d'EARTH SHAKER, nom inspiré par le poème "Raven" d'Edgar Allan Poe. Puis, le nom du groupe a rapidement été modifié pour devenir KINGCROW. Avec Stefano Tissi (chant), le premier CD promo "Eyes Of Memories" est publié en 1997. Le deuxième CD promo, "Hurricane's Eye", paru en 2000, a engagé l'évolution de KINGCROW vers des "atmosphères progressives" … interprétées avec une approche subtile de hard rock et de métal.

Présenté comme un sextet sur leur site officiel, c'est un quintet qui se présente et comprend Thundra Cafolla (batterie), Diego Cafolla (guitares), Ivan Nastasi (guitares), Diego Marchesi (chant), Riccardo Nifosì (basse). Le titulaire des claviers, pourtant mentionné sur leur site (Cristian Della Polla), demeure physiquement absent, fâcheusement remplacé par une bande-son, comme au Midsummer en 2023 ; je n'ai pas perçu d'explication (j'en suis preneur, à l'occasion !).

Le huitième album, "Hopium" est paru le 23 août 2024.

Leur concert du 24 juin 2023, lors du festival Midsummer m'avait relativement séduit, en dépit d'un style qui m'avait semblé plutôt metal et donc déjà quelque peu en décalage avec le thème prétendument prog du festival. J'espérais toutefois les revoir sur scène ; l'occasion m'en est donnée dans un autre festival réputé progressif. Je suppose que ma conception du prog est étriquée, c'est dur d'être un vieux con.

Cette courte prestation m'a laissé les mêmes impressions ; une bande-son pour remplacer le pupitre de clavier m'agace toujours autant et toutefois l'ensemble des chants et guitares produit de très belles harmonies comme les Italiens en sont souvent garants. Avec ces harmonies mélodiques et cette rythmique saccadée je parviens parfois à percevoir des sonorités qui me rappellent celles de Leprous, sans toutefois atteindre les mêmes sommets de virtuosité.

La prestation est correctement ovationnée par le public déjà présent, auquel je m'associe volontiers. Soyons fous !

Le court créneau accordé leur a permis d'interpréter cinq titres, dont quatre issus de "Hopium" paru le mois dernier.

PROGRAMME
1.      Kintsugi (Hopium, 2024)
2.      Parallel Lines (Hopium, 2024)
3.      Glitch (Hopium, 2024)
4.      The Moth (Eidos, 2015)
5.      Hopium (Hopium, 2024).

 

OBSIDIAN KINGDOM [17h30-18h20].
https://obsidiankingdom.com/

OBSIDIAN KINGDOM est un groupe barcelonais fondé en 2005. La composition de ce quintet me semble confuse et imprécise sur leur site, mais on peut déceler l'existence de Rider G Omega (ex-Myrkur, guitares, voix, depuis 2005), Viral Vector Lips (guitares, depuis 2019), entourés probablement de Sir L Warchild (batterie), Alga Brutal (basse) et Jade Riot Cul (clavier, depuis 2016).

Leur quatrième album, "Meat Machine" est paru le 25 septembre 2020.

Le Be Prog festival a déjà invité OBSIDIAN KINGDOM ; j'étais présent le 1er juillet 2016, pour leur promotion de "A Year With No Summer". Mais cela ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable.

Leur musique constitue une première source de relative crispation, puisque nous nous éloignons là encore un peu plus du rock progressif. Ce metal est puissant, rugueux, illustré par des voix souvent claires mais parfois gutturales, par des guitares incisives et des roulements de grosse caisse ravageurs. Manifestement, OBSIDIAN KINGDOM aurait eu davantage sa place dans un Hellfest.

Mais cela demeure cependant écoutable pour peu que l'oreille soit habituée à cet univers… Une part importante du public semble enthousiaste et acclame ce groupe local. J'applaudis mollement, en me disant que le lendemain risque d'être bien pire… (oui, j'avais un peu anticipé)

Etonnamment, le groupe opte pour une interprétation intégrale de leur premier opus "Mantiis" qui est paru le 16 novembre 2012.

PROGRAMME
1.      Not Yet Five (Mantiis, 2012)
2.      Oncoming Dark (Mantiis, 2012)
3.      Through the Glass (Mantiis, 2012)
4.      Cinnamon Balls (Mantiis, 2012)
5.      The Nurse (Mantiis, 2012)
6.      Answers Revealing (Mantiis, 2012)
7.      Last of the Light (Mantiis, 2012)
8.      Genteel to Mention (Mantiis, 2012)
9.      Awake Until Dawn (Mantiis, 2012)
10.  Haunts of the Underworld (Mantiis, 2012)
11.  Endless Wall (Mantiis, 2012)
12.  Fingers in Anguish (Mantiis, 2012)
13.  Ball-Room (Mantiis, 2012)
14.  And Then It Was (Mantiis, 2012).


PURE REASON REVOLUTION [18h50-19h40].
https://www.purereasonrevolutionofficial.com/

PURE REASON REVOLUTION est un groupe de rock britannique fondé en 2003, à l'université de Westminster. Les influences perceptibles sont issues de Pink Floyd, Fleetwood Mac, Porcupine Tree, Nirvana, Kraftwerk. Leur musique erre ainsi entre les sonorités du rock alternatif, progressif et électronique.

PPR se compose actuellement de Jon Courtney (chant, guitare, claviers), Greg Jong (choeur, guitare, de 2003 à 2005, et depuis 2021), Annicke Shireen (chant de Heilung ; Jon a fini par convenir du départ de Chloé Alper qui est partie officié dans un groupe populaire anglais) et Ravi Kesavaram (batterie de My Vitriol).

Leur sixième album, "Coming Up To Consciousness" est paru le 6 septembre 2024.

Je les revois aujourd'hui pour la septième fois. En effet j'ai pu les découvrir dans le sillage de Steven Wilson dès le 27 février 2007 au Café de la Danse (invités par Blackfield), puis le 3 juillet 2007 à la Cigale (invités par Porcupine Tree).

Si leurs prestations continuent de m'emporter par leurs rythmes lancinants et leurs mélodies enivrantes, en revanche je ressens une relative amertume depuis le départ de la multi-instrumentiste Chloé. Annicke est certes légitime à son pupitre dont elle assume correctement les fonctions avec une envie et un entrain évident. Mais il me semble percevoir des problèmes de justesses entre les voix un peu plus évidents. En outre l'inspiration semble peiner à renouveler leur style. Rien de rédhibitoire, les polyphonies demeurent douces et ensorceleuses et manifestement une bonne part du public (dont moi) s'enivre volontiers des mélodies entêtantes.

Je confesse volontiers avoir céder à la tentation de secouer le sac à poussières, au dépens de ma pauvre nuque. Je ne boude pas mon premier vrai plaisir de la journée et applaudis chaleureusement la prestation qui, comme d'habitude, a emporté l'ensemble du public présent.

Nous aurons ainsi écouté six titres dont un est issu de "Above Cirrus" paru en 2022. Le nouvel opus n'est donc pas promu ce soir…

PROGRAMME
1.      Silent Genesis (Eupnea, 2020)
2.      Dead Butterfly (Above Cirrus, 2022)
3.      The Bright Ambassadors of Morning (The Dark Third, 2006)
4.      Ghosts & Typhoons (Eupnea, 2020)
5.      Deus Ex Machina (Amor Vincit Omnia, 2009)
6.      AVO (Amor Vincit Omnia, 2009).

 

Nous étions relativement sur la réserve jusque 20 heures, en restant le plus souvent assis sur notre muret au bout de la fosse. Mais cette fois, nous n'avons pas voulu revivre la frustration du début de cette semaine, alors que nous étions assis en fond de salle. Nous nous plaçons au deuxième rang proche de Richard ! Toute la journée, nous avions remarqué de nombreux admirateurs arborant un t-shirt, ce qui ne laissait aucun doute sur l'objectif commun ! Ce soir, la tension monte donc d'un cran.

HAKEN [20h20-23h20].
https://hakenmusic.com/   & https://hakenarchive.co.uk/the_band/

Le quintuor anglais termine sa tournée européenne intitulée "An Evenning with", qui promeut particulièrement leur récent opus "Fauna". Celle-ci avait débuté le 4 septembre par Helsinki et aboutissait à Lyon ce 26 septembre. Entre temps, nous avions assisté à leur concert du 23 à l'Alhambra de Paris. Le Festival nous permet ainsi de les revoir pour la neuvième fois.

Après les avoir vus une première fois le 8 avril 2014 à la Boule Noire de Paris, nous les avions revus ici-même à Barcelone le 11 juillet 2015. A cette époque, encore peu connus, ils étaient invités du festival Be Prog ! "sur un strapontin" ; ils avaient joué sur un minuscule kiosque à musique en marge de la scène principale

Nous retrouvons ainsi les trois piliers historiques, Ross Jennings (chant, depuis 2007), Richard Henshall (guitares, claviers, chœurs depuis 2007), et Raymond Hearne (batterie, chœurs depuis 2007), entourés de Peter Jones (claviers, chœurs de 2007 à 2008, et depuis 2022), Charles Griffiths (guitares, chœurs, depuis 2008) et Conner Green (basse, chœurs depuis 2014).

Le septième album studio du groupe, "Fauna" est paru le 3 mars 2023.

Neuf années après, ils sont donc de retour au Poble Espanyol, mais cette fois en tête d'affiche, pour un spectacle éblouissant, au sens propre comme au sens figuré. Un éclairage somptueux, une sonorisation mixée idéalement, tant par sa puissance mesurée que par sa limpidité.

L'ambiance à l'Alhambra de Paris avait été quelque peu limitée par une configuration en places assises inappropriée. Ici, la fosse est debout, ce qui accentuera encore les effets de l'exubérance du public ibérique.

Mon récit est en mode "festival" ; je ne m'attarderai donc pas sur la perfection de la prestation. Le curieux pourra relire mes précédents ressentis, qui ne seront absolument pas contredit ici. Je considère être objectif en prétendant que ces musiciens sont simplement exceptionnels. Chaque pupitre est exprimé avec une rare conscience et une rare efficacité. Tout parait simple et évident dans une complexité extraordinaire des structures des chansons. Le chant reste juste dans des tonalités pourtant difficiles. La dextérité des guitaristes est sans faille et admirable. Clavier, basse et batterie ne sont au fond de la scène qu'en apparence, car leur rôle essentiel est fabuleux par la richesse des harmonies et des accords. C'est juste étourdissant de beauté ; mon admiration est sans faille.

Allez, histoire de reste crédible, je vais feindre le critique mesquin ; avec le recul l'intégrale de "Fauna" a pu sembler un peu longuet pour ceux qui attendait impatiemment les reprises de plus vieux titres. Mais bon, pour ma part je n'ai pas boudé mon plaisir ! Le répertoire est d'une telle richesse qu'en gourmand insatiable j'aurais apprécié que, pour ce dernier concert, leur programme de tournée intègre en plus "Celestial Elixir" par exemple… Je sais, je suis un enfant gâté (ce titre a déjà été joué devant nous au Midsummer en 2023 !).

Brefs, cessons de chipoter, ce concert fut dantesque, tout simplement ! C'est la fête, surtout durant la seconde partie. La fosse est en totale ébullition, le public se lâche, exulte, saute, danse, sourit béatement. Les plus téméraires se font porter au-dessus de la foule en liesse. Même le photographe officiellement habilité du groupe, vêtu d'un déguisement de Tigrou, se fait porter depuis le fond de la fosse vers la scène tout en filmant la séquence. Cela devrait à mon avis ressortir sur les réseaux ! Dans toute cette agitation, ma priorité est de protéger ma P'tite Fée, ce qui n'est pas une mince affaire, croyez-moi ! Heureusement, nous n'étions pas au centre mais légèrement excentrés, ce qui nous a épargné la fuite qui sinon aurait été inéluctable !!!

A voir les mines réjouies des membres de HAKEN, on imagine qu'ils se souviendront longtemps du public barcelonais (sans doute davantage que du parisien hélas, pour des raisons indépendantes de notre volonté).

Parmi les dix-neuf titres de ce magnifique programme, neuf sont issus de "Fauna", deux de "Affinity", deux de "Virus", deux de "Vector", un de "The Mountain" un de "Visions" un de "Aquarius" un de "Restoration".

PROGRAMME
Bande-son introductive : "The Last Lullaby" (édition japonaise de Fauna, 2023)

ACTE 1 – Fauna [20h20>]
1.      Taurus (Fauna, 2023)
2.      Nightingale (Fauna, 2023)
3.      The Alphabet of Me (Fauna, 2023)
4.      Sempiternal Beings (Fauna, 2023)
5.      Beneath the White Rainbow (Fauna, 2023)
6.      Island in the Clouds (Fauna, 2023)
7.      Lovebite (Fauna, 2023)
8.      Elephants Never Forget (Fauna, 2023)
9.      Eyes of Ebony (Fauna, 2023)
10.  Crystallised (mini-album Restoration, 2014).

ACTE 2 [>23h20]
11.  Puzzle Box (Vector, 2018)
12.  Earthrise (Affinity, 2016)
13.  Cockroach King (The Mountain, 2013)
14.  Nil by Mouth (Vector, 2018)
15.  1985 (Affinity, 2016)
16.  The Strain (Virus, 2020) suivi d'un solo batterie et clavier
17.  Canary Yellow (Virus, 2020)
18.  Drowning in the Flood. (Aquarius, 2010).

RAPPEL :
19.  Visions (Visions, 2011).

Après ce chaos bienveillant, nous quittons la place sans trop tarder, car demain s'annonce fort en émotions, a priori…

 

Le samedi 28 Septembre 2024.

Le ciel est bleu, mais la température est un peu plus fraiche que la veille. De la pluie annoncée pour la fin de soirée, il ne tombera que quelques gouttes négligeables à notre départ !

Nous retrouvons nos places assises de la veille pour attendre la suite des évènements. Je ne le cache pas, je sais que l'après-midi risque de paraitre long, car le programme va nous caresser à rebrousse-poil, jusqu'à la tombée de la nuit !

TODOMAL [16h40-17h30].
https://todomalband.bandcamp.com/
https://www.youtube.com/@todomalofficial7059/videos

Fondé en 2020, en Espagne, TodoMal (qui peut se traduire par "tout mauvais" ; inquiétant !) nous propose un metal doom puissant et lourd, influencé par Black Sabbath, ou plus récemment Opeth. Ses deux confondateurs, Christopher B. Wildman (chants, guitares) et Javier Fernández (basse, chœurs) sont entourés sur cette scène par Javier Félez (guitare, depuis 2023), "Bud" (batterie, depuis 2023) et Cecilia Onirica (claviers, chœurs).

Leur site présente deux albums ; "Ultracrepidarian" paru le 26 novembre 2021, et "A Greater Good" paru le 24 novembre 2023.

Même si encore une fois, nous ne sommes pas a priori venus pour écouter du metal, le groupe me séduit. Les sonorités s'approchent effectivement de celle exprimées par Opeth. D'ailleurs de nombreux mélomanes ne s'y sont pas trompés ; beaucoup arborent un t-shirt à la gloire des Suédois. La musique de TODOMAL est lourde et puissante. La voix claire et caverneuse du chant, les guitares et le clavier entrainent volontiers l'auditeur dans les tourments mélancoliques.

Encore un groupe local qui nous a semblé intéressant donc. En tous cas, pour nos oreilles aguerries de prog'metallos ! Je leur accorde mes applaudissements sincères. Hervé, notre très vénérable défenseur du prog intègre commence déjà à s'ennuyer. Hélas pour lui, cela n'aura été qu'un début…

Parmi sept titres, cinq sont issus de "A Greater Good" qui est paru en 2023.

PROGRAMME
1.      Silent Mass (A Greater Good, 2023)
2.      High Time (A Greater Good, 2023)
3.      Ultracrepidarian (Ultracrepidarian, 2021)
4.      Gods fucking in the Sky (Ultracrepidarian, 2021)
5.      Infero Tristi (A Greater Good, 2023)
6.      Antichrist of Love (A Greater Good, 2023)
7.      A Greater Good (A Greater Good, 2023).

 

ALKALOÏD [17h55].
https://alkaloid-band.com/

ALKALOÏD est un groupe bavarois (allemand) de Death Metal Progressif (!?) fondé en 2014. Sa biographie officielle indique une tendance au "metal progressif extreme" ; tout un programme ! Le premier album, "The Malkuth Grimoire", paraît en 2015 grâce à une campagne de financement participatif. La formation signe ensuite sur le label Season Of Mist suivi de la parution de "Liquid Anatomy" en mai 2018.

Sur scène nous observons un quintuor composé de Florian Magnus "Morean" Maier (guitares, chant), Christian Münzner (guitares), Linus Klausenitzer (basse) et Hannes Grossmann (batterie). Le cinquième serait Justin Hombach (guitare, mais sans garantie sur l'identité !) Je laisse loisir à mon lecteur de remonter le pedigree de ces messieurs.

Un troisième album, "Numen" est paru le 15 Septembre 2023.

Les premières secondes scéniques laissent espérer des choses intéressantes, évoquant même un côté TOOL séduisant. Hélas, ce n'étaient qu'une première impression vite balayée par un déferlement infernal, entretenu par des vociférations difficilement supportables. De ces grognements et autres gémissements d'outre-tombe, embourbés dans des roulements de grosse caisse, émergent certes quelques soli de guitare, voire de beaux duos, du plus bel effet, mais insuffisant pour lisser le tout à nos oreilles souffrantes. Nos oreilles saignent, et je compatis à la douleur d'Hervé, mon ami progueux perdu dans les méandres d'un univers sombre et particulièrement rébarbatif.

Une étonnante proportion du public semble y trouver son intérêt. Je les laisse acclamer la chose.

Sur huit titres, quatre sont issus "Numen" paru en 2023.

PROGRAMME
1.      Kernel Panic (Liquid Anatomy, 2018)
2.      Clusterfuck (Numen, 2023)
3.      Alter Magnitudes (The Malkuth Grimoire, 2015)
4.      Cthulhu (The Malkuth Grimoire, 2015)
5.      Concerto for Piano (libre reprise !? de Johann Sebastian Bach…)
6.      Qliphosis (Numen, 2023)
7.      A Fool's Desire (Numen, 2023)
8.      The Fungi from Yuggoth (Numen, 2023).

 

DØDHEIMSGARD [19h30].
https://peaceville.bandcamp.com/album/black-medium-current

DØDHEIMSGARD, connu aussi sous le diminutif DHG, a été fondé en 1994 à Oslo en Norvège. Le groupe est composé de Yusaf "Vicotnik" Parvez (voix depuis 1996, guitares depuis 1997), Tommy "Guns" Thunberg (guitares, depuis 2015), Lars-Emil Måløy (basse, depuis 2015) et Øyvind Myrvoll (batterie, depuis 2019). Je ne parviens pas à identifier le cinquième larron.

Le nom "Dødheimsgard" est dérivé de trois mots norvégiens : "død", qui signifie "mort" ; "heim", qui signifie "maison" ; et "gard", qui signifie "royaume". En anglais, il se traduit approximativement par "Realm of Death" (royaume de la mort). Voilà le doute n'est plus permis, ces Vikings ne plaisantent pas !

Le sixième (ah, quand même !!) album "Black Medium Current" est paru le 14 avril 2023.

Dans la série "coucou, fais-moi peur", nous avons tous bien failli mourir… de rire. Dans notre désarroi, mieux valait rire de cet affligeant spectacle indigeste. Dans ce chaos sonore indescriptible je n'ai même pas perçu que certains textes furent en norvégiens ; je ne m'en aperçois qu'a posteriori !

Là encore, une bonne part du public espagnol semble y trouver son compte. Sans nous.

Parmi les onze titres, trois sont issus de "Black Medium Current" paru en 2023.

PROGRAMME
1.      Et smelter (Black Medium Current, 2023)
2.      Sonar Bliss (666 International, 1999)
3.      Interstellar Nexus (Black Medium Current, 2023)
4.      Aphelion Void (A Umbra Omega, 2015)
5.      Midnattskogens sorte kjerne (Kronet til konge, 1995)
6.      Kuldeblest over evig isøde (Kronet til konge, 1995)
7.      Bluebell Heart (Monumental Possession, 1996)
8.      The Ultimate Reflection (Monumental Possession, 1996)
9.      Traces of Reality (mini album Satanic Art, 1998)
10.  The Snuff Dreams Are Made Of (Supervillain Outcast, 2007)
11.  It Does Not Follow (Black Medium Current, 2023).

 


COUP DE GUEULE : Un festival généraliste pourrait proposer un large panel de chaque style. Je suis partisan de défendre le concept d'une Musique non compartimentée, non étiquetée. C'est un art vivant et libre. Je suis partisan de la laisser évoluer, en particulier le rock progressif car c'est son essence, et sa vocation. J'en suis d'autant plus convaincu que, tout en restant attaché à ses multiples racines jazz, blues, classique, j'apprécie les évolutions tendant vers le son plus dur et puissant du progmetal ! Je considère que des groupes tels que (notamment) PORCUPINE TREE, DREAM THEATER, RIVERIDE, LEPROUS, HAKEN, OPETH, PAIN OF SALVATION, fers de lance de mon style préféré, continuent de lui apporter un réel élan de fraicheur, après plusieurs décennies d'existence.

Mais là quand même, avec ces trois groupes (OBSIDIAN KINGDOM, ALKALOÏD et DØDHEIMSGARD) je considère qu'il y a de l'abus, de l'usurpation d'identité ! Contrairement à l'étendard bravement montré pour attirer les mélomanes européens, l'incitation n'est plus "BE PROG", mais "BE METAL" ! Lorsque j'ai fait part de ces simples observations sur la page Facebook du festival, je me suis fait rabrouer par son administrateur, me faisant passer pour un Gardien de la Révolution (un comble) ! Puis, cherchant à en débattre respectueusement, j'ai été purement banni de tout accès au site… Cette attitude en dit long sur la mentalité de ces Grands Démocrates. Un peu à l'image de la scène politique ; ce sont souvent ceux qui prétendent défendre les libertés qui opposent le plus d'intolérance !

J'aurais pu continuer à venir à ce merveilleux festival, en dépit de ses choix inadéquats. Après tout, je ne prétends pas détenir la Vérité, et je dois m'incliner devant l'abnégation que requiert l'organisation d'un tel événement ! Mais autant dire qu'en dépit du cadre et du plaisir de venir à Barcelone, je n'ai plus vraiment envie de revenir ici.

Les oreilles ravagées par tant d'assaut destructeurs, notre ami Hervé et sa compagne ont décidé de quitter ce qui est devenu pour eux un lieu de perdition. Je ne lui en veux qu'à moitié. C'est quand même très dommage car le meilleur de la journée restait quand même, à n'en point douter, la tête d'affiche.


Avec ma P'tite Fée nous retrouvons les premiers rangs, mais sur la gauche de la scène cette fois, du côté de Daniel.  Confort d'écoute parfait, on va se régaler !

PAIN OF SALVATION [21h30-23h15].
https://painofsalvation.com/

PAIN OF SALVATION est un groupe suédois fondé en 1984 par le seul membre original restant, Daniel Gildenlöw (chant et guitare).  Reconnu pour son une incroyable musicalité, sa grande variété d'influences et une approche sombre et poétique. PAIN OF SALVATION a la réputation d'être imprévisible, de sortir des sentiers battus et de vouloir expérimenter avec les styles.

Le premier opus "Entropia" est paru en 1997, mais Daniel Gildenlöw a débuté les fondations du groupe dès 1984. Il s'est entouré peu à peu de ce qui allait devenir PAIN OF SALVATION ; Johan Hallgren (guitare, chœurs, de 1997 à 2011, puis depuis 2017), Léo Margarit (batterie, percussions, chœurs, depuis 2007), Vikram A. Shankar (claviers, percussions, chœurs, 2024), et  Per Schelander (basse, 2024).

Le onzième album studio, intitulé "Panther", est paru le 28 août 2020. Déjà plus de quatre années…

Je revois PAIN OF SALVATION pour la sixième fois ce soir. Je suis particulièrement impatient de les revoir car j'ai toujours été séduit par les atmosphères développées par ces Vikings ; polyrythmies sombres et progressives, des syncopes stimulantes, des percussions musclées. Le groupe fait partie de ces groupes dont le son lui est totalement propre ; une recette reconnaissable dès les premières notes.

L'éclairage m'a semblé délibérément trop sombre, mais la sonorisation est toujours aussi excellente. En fond de scène un écran diffusait alternativement le logo du groupe ou des images illustratives.

J'avais beaucoup apprécié leur concert au Midwinter prog festival, le 3 février dernier à Utrecht, mais ce soir c'était un cran encore au-dessus. Sans doute parce que le groupe est redevenu un quintuor, ce qui redonne de la puissance au son. La voix de Daniel est tellement émouvante, dotée d'un timbre à la voix expressive et émouvante, et d'une tessiture saisissante. Les chœurs et les soli de Johan contribuent énormément aux harmonies délicieuses. Léo est un batteur qui s'exprime alternativement avec délicatesse et puissance, sans omettre d'apporter sa voix si singulière (On a Tuesday). Le claviériste Vikram A. Shankar est particulièrement impliqué et exubérant, comme s'il avait contribué à l'ensemble du répertoire, et sa complicité avec Léo fait plaisir à voir (il vient lui arrêter la cymbale, taper sur les caisses, …). Quant au bassiste Per Schelander, idem ; il apparait dans le groupe déjà très impliqué, investi pour accroitre encore la puissante rythmique des chansons.

Tous les titres s'articulent à merveille. Le choix est un parfait équilibre pour évoquer les vingt-quatre dernières années. Bien sûr, on aurait apprécié remonter plus loin dans le temps, ou revisiter d'autres albums (je pense à "Scarsick", les "Road Salt" et "Entropia") mais bon… A défaut de les voir à Paris, je suis déjà bien content d'assister à ce qui est sans doute mon meilleur concert de ces Vikings, à ce jour.

L'auditoire est aux anges ; les mines sont ravies. Le chaos ne fut pas aussi intense que la veille pour Haken mais on en n'était pas loin. Les corps étaient bien épuisés après deux jours de festival mais l'esprit totalement libéré par tant de satisfaction !

Parmi treize titres, cinq sont issus de paru en 2020, quatre de "In the Passing Light of Day" (2017), trois de "The Perfect Element, Part I," (2000), un de "Remedy Lane" (2002).

PROGRAMME
1.      Accelerator (Panther, 2020)
2.      Reasons (In the Passing Light of Day, 2017)
3.      Meaningless (In the Passing Light of Day, 2017)
4.      Wait (Panther, 2020)
5.      Used (The Perfect Element, Part I, 2000)
6.      Beyond the Pale (Remedy Lane, 2002)
7.      Panther (Panther, 2020)
8.      Restless Boy (Panther, 2020)
9.      On a Tuesday (In the Passing Light of Day, 2017)
10.  Icon (Panther, 2020)
RAPPEL :
11.  Falling (The Perfect Element, Part I, 2000)
12.  The Perfect Element (The Perfect Element, Part I, 2000)
13.  The Passing Light of Day (In the Passing Light of Day, 2017).

 

Abasourdis par tant de beauté, nous tardons à remonter de la fosse. Une Estrella bien fraîche est la bienvenue pour remettre les idées en place et pour commencer à échanger nos émotions avec quelques français tout autant émus que nous.

Voilà, c'est fini. Peut-être même définitivement en ce qui concerne ce festival qui, je ne le l'oublie pas, m'aura fait vivre de très belles et inoubliables émotions.