samedi 9 août 2025

AC/DC – Stade de France, à St-Denis (93) – samedi 9 et mercredi 13 août 2025.

GENESE D'UNE FIN ANNONCEE. Il était une fois, en cette fin d'été 1979, il y a donc quarante-six années, un ami bien inspiré, appelé Didier F. (ce même ami qui, un peu plus tard, récidivera en me faisant connaitre IRON MAIDEN) qui, avec la conviction d'un prédicateur, entama un processus irréversible… Il posa fébrilement sur la platine de sa chaine hi-fi, un 33T dont la pochette entretenait déjà une inquiétude attirante. Il s'agissait du cultissime "If you want Blood, you've got It". Dès les premiers accords de "Riff Raff", je venais de mettre les doigts dans la prise avec la curiosité d'un aventurier…

Le phénomène cataclysmique fut imparable. J'avais seize ans et demi. Mes yeux s'ouvrirent. Mes oreilles se déployèrent. Mon esprit s'évada. C'en fut fini du sage et studieux collégien, pourtant déjà musicien et mélophile dans un classicisme programmé, qui se mua alors en un monstre passionné et exalté, au grand désespoir de son entourage. Les conséquences de ce séisme sont encore perceptibles près d'un demi-siècle plus tard. Car fatalement, l'hideuse métamorphose a continué ; le vecteur AC/DC fut à l'origine de mon ouverture vers le monde insondable du rock'n'roll et de ses déclinaisons ; principalement le blues, le hardrock, le rock progressif.

Cette genèse irrémédiable ainsi entamée n'a pourtant pas abouti à un processus suffisamment rapide. Car encore aujourd'hui, je regrette amèrement d'avoir manqué (au moins) l'un des deux concerts du 9 décembre 1979. Il faut souligner que ce fut la toute dernière des cinq apparitions parisiennes d'AC/DC avec son chanteur d'exception Bon Scott. Un concert qui, de surcroit fut enregistré pour un film de pure anthologie … Hélas, je ne verrai jamais le groupe dans sa formation historique. Certaines fautes sont impardonnables car irréparables. Pis, cette part d'immaturité a perduré… J'étais présent à New-York le 1er aout 1980, alors qu'AC/DC jouait au Palladium de New-York …Puis AC/DC jouait à Saint-Paul/Minneapolis, Le 11 septembre 1980 … que je venais de quitter dix jours auparavant.

Nonobstant, il me faudra attendre le samedi 29 novembre 1980 au Bourget (93), pour assister à mon premier concert d'AC/DC, dans un immense hangar désaffecté, qui avait été rebaptisé "hall d'exposition", pour faire plus élégant.

Ce fut le premier d'une longue série…


LA DER DES DER ? Bien que réticent à retourner dans une arène sportive pour écouter de la musique, je n'ai pas hésité à saisir cette nouvelle occasion de célébrer l'œuvre des frères Young, qui aura marqué une époque, celle de mon adolescence. Les non-initiés de mon entourage ordinaire pourront toujours persifler de mon engagement pour cet évènement répété, une année après le précédent à l'Hippodrome Paris-Longchamp le 13 août 2024, qui était pourtant censé mettre en terme à un déjà honorable parcours de cinq décennies. Pour ma part, noyé dans une masse d'admirateurs qui n'a cessé d'enfler au cours des décennies, j'aurais le sentiment d'être bien ingrat en méprisant ce passage supplémentaire dans la Capitale. Certes, la poussière est retombée, beaucoup de crinières sont blanchies, voire dégarnies. Nous n'allons pas encore au concert en déambulateurs, mais on n'en est pas loin, en lorgnant sur les places assises…

Cependant, à l'approche de l'évènement, je me surprends désormais à m'inquiéter de l'état de santé, du potentiel de nos idoles d'antan. Demeureront-ils à la hauteur de l'enjeu ?… Angus Young, dont la fougue autant que le talent sont à l'origine de la ferveur du public, vient de fêter ses soixante-dix ans ce 31 mars. Brian Johnson qui continue de martyriser ses cordes vocales, alors qu'il va vers ses soixante-dix-huit ans le 5 octobre. Les autres membres historiques ont disparu, rattrapés pas la Faucheuse ou par les aléas du temps qui passe inexorablement avec son lot de tristesses mais aussi de belles émotions qui sont toujours bonnes à prendre. Surtout par les temps qui courent…

Lorsque Malcolm suggéra aux autres membres, hilares et incrédules d'un AC/DC balbutiant, d'intégrer son p'tit Frère Angus, personne n'aurait imaginé qu'un demi-siècle plus tard, il serait désormais le dernier membre issu de la formation d'origine !

La mort de Bon Scott (19/02/1980), puis celle de Malcolm Young (18/11/2017), et la défection de Phil Rudd (de 1975 à 1983 et de 1994 à 2014) puis celle de Cliff Williams (de 1977 à 2016 et de 2018 à 2024), aurait pu mettre un terme (prématuré ?) à l'existence du groupe  légendaire. Chacun des admirateurs aura son opinion sur la pertinence de continuer, malgré tout… Moi-même je suis partagé entre la frustration inconsolable de ne pas avoir assisté à l'ère Bon Scott, et la relative compensation d'avoir assisté à l'avènement de l'ère Brian. La poursuite de l'aventure après le retrait puis le décès de Malcolm pourrait être considérée comme une hérésie et pourtant leur concert de l'an dernier m'a ému à un point inattendu.

Mais la discographie du groupe en atteste, il fallait que le rock soit exprimé par ces Australiens. Il convient de considérer que les deux premiers albums parus en Australie ont été partiellement fusionnés dans un premier album international "High Voltage" paru le 14 mai 1976. L'album "Power Up" paru le 13 novembre 2020 est ainsi considéré comme le seizième. Sans doute le dernier (?).


Dans la vie d'un mélomane passionné, il est des offres qui ne se refusent pas. Telles que l'opportunité de rencontrer les membres du groupe à leur hôtel, lors de l'enregistrement de "For Those About to Rock", en juin 1982, alors que nous étions quelques heureux privilégiés à l'époque. Seulement trois dans la confidence, le premier jour !

Autre opportunité, grâce à Daniel, avec mon fils et ma P'tite Fée, ainsi que Rémi et Amy (REDCLOUD) nous avons modestement participé à un p'tit reportage que France 2 a brièvement diffusé au JT du 13h le vendredi précédent le concert. Quelques secondes qui seront archivées dans les mémoires de France-Télévision.


LE CONCERT.

Après treize étapes américaines, du 10 avril à Minneapolis au 28 mai 2025 à Cleveland, ils ont débarqué dans nos contrées pour quinze étapes européennes du 26 juin à Prague au 21 aout à Edinburgh.

La présente tournée européenne fut annoncée le 3 février 2025. Mon pote Daniel s'est chargé du pénible processus d'acquisition du ticket sur internet, pour ce qui était réputé l'unique concert prévu le 9 août. Les quatre-vingt-mille tickets ont été rapidement vendus. Puis il a fallu attendre le 29 juillet pour enfin le télécharger … Nous serons ainsi debout, en pelouse or (secteur Est, Porte G).

Allons-y pour la Joie et la bonne humeur, d'autant plus qu'avec ma P'tite Fée et mon fils, nous sommes accompagnés d'un couple d'amis chers, Daniel et Vivianne. Et bien d'autres rencontres émailleront cette après-midi festive !

Un bémol à cet enthousiasme ; la première partie de soirée demeurera assurée, comme l'an dernier, par THE PRETTY RECKLESS. Cette annonce déçoit davantage par son manque d'originalité que par les musiciens choisis. Elle illustre simplement une nouvelle fois le désintérêt habituel des Australiens pour tout ce qui entoure leur promotion. Angus assume ainsi son côté rock'n'roll ; le cirque qui l'entoure est délégué à des agents, dont la considération pour les admirateurs du groupe ne semble hélas pas une préoccupation majeure (doux euphémisme). Dommage, bon nombres d'autres artistes méritants auraient sans doute apprécié disposer de ce tremplin exceptionnel … Je me souviens d'autres invités d'AC/DC ; citons juste WHITESNAKE, Y&T, DOKKEN, THE ANSWER, … pour les plus mémorables (stop ! celui qui me rappelle avoir manqué Judas Priest en 1979, je lui mords férocement le mollet !!).

Bref, nous rejoignons d'autres fervents admirateurs aux abords dudit Stade de France en début d'après-midi, au mépris d'une fatigue qui ne manquera pas de décliner des longues heures d'attentes sous un soleil particulièrement accablant en cette période de canicule. Mais cette joyeuse assemblée d'admirateurs venus des quatre coins de la France et d'au-delà, est un réel plaisir à voir et entendre. Les t-shirts et les tatouages rivalisent d'originalité pour vanter notre passion commune. Les cornes lumineuses achèvent de démontrer la bonhomie de bon nombre des mélomanes de tous âges.

Certes on pourra toujours se lamenter légitimement du prix des marchandises, autant que celui des places ; cinquante euros le t-shirt, vingt euros la paire de cornes, et cette onéreuse "pelouse or" qui est tout sauf un carré réellement privilégié, la quête de rentabilité a rendu l'espace démesuré. Sans parler de cette infâme pisse d'âne servie en guise de bière, juste pour obtenir un joli gobelet de collection du groupe. Mais je confesse avoir toutefois cédé pour un jeu de protection auditive au nom du groupe, pour vingt euros.

Vient l'heure de l'ouverture de portes qui nous permet de courir vers le meilleur emplacement possible. Nous parvenons à nous caser non loin de la scène (tout est relatif dans cet espace bien sûr!). Nous stationnons dans le creux entre le prolongement de scène et le côté droit en la regardant. Le confort s'y avèrera ma foi correcte, l'entourage se montrant bienveillant et raisonnable, sans doute dû à la proportion féminine non négligeable. Reste à supporter l'attente interminable sous le soleil. Les jambes sont lourdes et les gosiers déjà secs lorsque débutent les turbulences rock'n'roll assumées.

THE PRETTY RECKLESS [19h00-19h50]
https://theprettyreckless.com/#music

L'an dernier, ma méfiance à l'égard de cet ancien mannequin s'était estompée quelque peu à l'issue de sa prestation. Loin de m'exalter, le concert m'avait toutefois permis de patienter dans une ambiance relativement appropriée.

Il faut admettre qu'elle commence à accumuler une certaine expérience ; Taylor Momsen a 15 ans lorsqu'elle forme THE PRETTY RECKLESS en 2009. Son premier concert s'est tenu le 5 mai 2009, à New York. Je n'ai pas trop envie de répéter la biographie de la dame, que j'avais déjà évoquée dans mon précédent récit et dont la présence réitérée n'est même pas justifiée par une nouveauté quelconque ! Le quatrième album studio, intitulé "Death by Rock and Roll" paru le 21 février 2021, justifiait déjà sa prestation de l'an dernier.

Le quatuor me semble plutôt stable puisqu'après l'agitation de la période de construction, Taylor Momsen (chant, guitare rythmique, depuis 2009), demeure entourée par Ben Phillips (guitare, chant, depuis 2010), Mark Damon (basse, depuis 2010), et Jamie Perkins (batterie, depuis 2010).

La sonorisation nous semble bien équilibrée ; puissante mais pas assourdissante ; les pupitres sont audibles.

Quant à la prestation, rien à reprocher objectivement. C'est juste une affaire de perception d'un style et d'une attitude.  Disons que je ne suis pas davantage convaincu que l'an dernier ; la Belle est poliment provocante dans sa nuisette, sa voix est soutenue d'un ton rock mais loin d'être rauque. Tout cela me parait un peu savamment préfabriqué à vrai dire. Pourtant les musiciens assurent leur partie avec un certain talent, les soli de Ben Phillips sont bien interprétés, la chanteuse chante juste et est relativement charismatique… Mais dans ce style j'avais mieux apprécié Lita Ford que j'avais trouvé plus … authentique. Mais je concède exprimer un avis sans doute sévère et subjectif…

Je me joins de bonne grâce au public qui leur accorde un bel accueil et salue la prestation d'ovations respectueuses.

TPR ne s'est pas embarrassé de scrupules, le groupe nous interprète exactement le même programme que l'an dernier. Soit neuf titres, issus de ses quatre albums, dont trois de "Death by Rock and Roll" (2021), trois de "Going to Hell" (2014), deux de "Light Me Up" (2010) et un de "Who You Selling For" (2016).

PROGRAMME

  1. Death by Rock and Roll (Death by Rock and Roll, 2021)
  2. Since You're Gone (Light Me Up, 2010)
  3. Follow Me Down (Going to Hell, 2014)
  4. Only Love Can Save Me Now (Death by Rock and Roll, 2021)
  5. Witches Burn (Death by Rock and Roll, 2021)
  6. Make Me Wanna Die (Light Me Up, 2010)
  7. Going to Hell (Going to Hell, 2014)
  8. Heaven Knows (Going to Hell, 2014)
  9. Take Me Down (Who You Selling For, 2016). 



AC/DC [20h30-22h45]
https://www.acdc.com/home/

Le groupe est actuellement formé par Angus YOUNG (guitare solo, depuis novembre 1973), Brian JOHNSON (chant, depuis avril 1980), Stevie YOUNG (guitare rythmique, de mai à novembre 1988, puis depuis mai 2014), Matt LAUG (batterie, depuis octobre 2023) et Chris CHANEY (basse, depuis mai 2024).

Cinq écrans prévoient de montrer au public ce qui se passe sur scène et d'illustrer les titres interprétés. Un écran géant central, deux latéraux principaux et deux autres annexes sur les côtés pour la part du public la plus excentrées.

La sagesse n'a pas sa place dans l'enceinte où s'exprime AC/DC ; nous sommes ici dans le domaine de la Passion et donc de la déraison. L'attente éreintante pour assister à une prestation millimétrée et sans vraie surprise est à certains égard de la l'ordre du puéril. Mais j'assume mes poils hérissés dès les premières images d'introduction diffusées sur les écrans. Elles imitent l'arrivée de l'Entité par les routes parvenant à Paris, puis le Stade de France, dans les sous-sols duquel déboule à toute allure un bolide que l'on imagine occupé par un Angus impatient. Durant la diffusion, les autres membres s'installent. Puis tel un Messie Angus apparait, coiffé d'une casquette bleue, vêtu d'une chemise blanche et d'un costume rouge ; une délicate attention pour le pays hôte ! L'ovation qui accompagne son arrivée, est vite masquée par les premiers accords émouvants de "If you want blood".

Je rappelle que nous sommes en fosse. La sonorisation nous semble parfaite, tout est audible, …même les limites vocales d'un Brian qu'on aime quoi qu'il en soit. Lui est le public sont comme un vieux couple, on se sent bien ensemble, même si ça coince parfois. Cela relève d'un subtil mélange de respect, de nostalgie, de subjectivité et de bienveillance. En tout état de cause, Brian assure honorablement sa partition d'une manière qui ne me choque pas davantage que par le passé. Ce timbre suraigu et égosillé peut agacer mais elle fait partie d'AC/DC depuis plus de quatre décennies. A mon sens, son mérite se mesure favorablement surtout sur son répertoire (de 1980 à nos jours). Son allure diffère peu du passé, même s'il s'abstiendra de faire le pitre sous la cloche pour entamer "Hell's Bells".

Angus quant à lui m'impressionne par sa forme physique. Il est manifestement dans un grand jour. Oh ! bien sûr nous sommes loin de l'espiègle et turbulent adolescent des années soixante-dix ! Mais compte tenu du poids des ans, son attitude inspire le respect et l'admiration. Il parvient toujours à produire son légendaire pas de canard (inspiré par Chuck Berry), à arpenter vaillamment les coins d'une scène pourtant étendue. Et bien sûr sa dextérité sur le manche demeure quasi intacte, même si le rythme d'exécution est parfois ralenti délibérément afin d'en garantir la qualité.

Une lenteur parfois pesante, comme pour l'entame de "Thunderstruck" ou les pauses entre les titres. Le solo traditionnel exécuté à la fin de "Let There Be Rock" peut paraitre un tantinet longuet. Pourtant, à l'instar de sa démonstration, sur le support surélevé et inondé d'une pluie de confettis, puis en fond de scène au-dessus du mur d'enceintes, il fait partie du rituel et on se régale de son plaisir à exprimer son talent. Et puis globalement on se réjouit sincèrement du plaisir que procurent encore ces interprétations légendaires.

Les trois musiciens chargés du soutien rythmique, le bassiste Chis Chaney, le batteur Matt Laug et le guitariste rythmique Stevie Young, assurent correctement leur rôle même si les plus anciens ne peuvent pas oublier les illustres prédécesseurs.

Autant l'attente préalable aura paru longue, autant la prestation de cent-trente-cinq minutes aura passé bien trop vite ; lorsque le titre final achève d'émouvoir l'auditoire avec ses coups de canons. Brian remercie chaleureusement le public au nom du groupe. Un feu d'artifice clôt la fête et déjà la mélancolie s'empare des esprits ; Au revoir ou adieux ?

L'émotion est palpable, la reconnaissance est sincère. Toutes générations confondues l'exaltation n'a cessé de s'exprimer dans une ferveur adulescente que j'affectionne particulièrement.

Etonnement, l'équilibrage (sans doute difficile) du programme a abouti à l'exclusion de l'album "Black Ice" (2008), mais on ne se plaindra pas du choix qui rend hommage autant à l'ère de Bon Scott (onze titres) que celle de Brian Johnson (dix titres).

Dix albums ont été ciblés pour en extraire vingt et un titres. Cinq sont issus de Back in Black (1980), deux de Highway to Hell (1979), trois de Let There Be Rock (1977), deux de Power Up (2020), deux de Powerage (1978), deux de High Voltage (1975-76), un de Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976), un de For Those About to Rock (1981), un de The Razors Edge (1990), et un de Stiff Upper Lip (2000).

PROGRAMME

  1. If You Want Blood (You've Got It) (Highway to Hell, 1979)
  2. Back in Black (Back in Black, 1980)
  3. Demon Fire (Power Up, 2020)
  4. Shot Down In Flames (Highway to Hell, 1979)
  5. Thunderstruck (The Razors Edge, 1990)
  6. Have a Drink on Me (Back in Black, 1980)
  7. Hells Bells (Back in Black, 1980)
  8. Shot in the Dark (Power Up, 2020)
  9. Stiff Upper Lip (Stiff Upper Lip, 2000)
  10. Highway to Hell (Highway to Hell, 1979)
  11. Shoot to Thrill (Back in Black, 1980)
  12. Sin City (Powerage, 1978)
  13. Hell Ain't a Bad Place to Be (Let There Be Rock, 1977)
  14. Dirty Deeds Done Dirt Cheap (Dirty Deeds Done Dirt Cheap, 1976)
  15. High Voltage (High Voltage, 1976)
  16. Riff Raff (Powerage, 1978)
  17. You Shook Me All Night Long (Back in Black, 1980)
  18. Whole Lotta Rosie (Let There Be Rock, 1977)
  19. Let There Be Rock (Let There Be Rock, 1977).

RAPPEL :

  1. T.N.T. (T.N.T., 1975, puis High Voltage européen, 1976)
  2. For Those About to Rock (We Salute You) (For Those About to Rock, 1981).

A ce stade de la nuit, je rentre à la maison avec l'amertume d'une fin de règne. Je dois dès demain partir dans la famille chez les Chtis et me passer par conséquent du second concert prévu mercredi prochain…


Mais la vie réserve (aussi) de bonnes surprises. Les circonstances m'ont permis de revenir mercredi matin, ce qui m'a autorisé à assister à l'ultime concert, mon seizième, en compagnie de mon fils ainé dans un autre secteur du stade. Tribune haute, secteur Ouest, bloc U4, rang 72, place 26. Cette occasion inespérée m'a permis de prendre de la hauteur au sens propre comme au figuré, sur l'évènement. Le stade est plein comme un œuf (hormis un peu d'espace en pelor). Cette masse populaire demeure toujours impressionnante, sensation accentuée par cette multitude de cornes clignotantes.

L'atmosphère lourde, le ciel laiteux et menaçant de la journée, finit par donner de la pluie pile à l'heure du début de la prestation d'AC/DC ! Nous étions protégés par le toit, mais en fosse j'imagine que cet incident a dû être modérément apprécié… Heureusement, après "Back in Black" la pluie s'est arrêtée.

Seul le segment treize du programme diffère de celui du samedi : "Dog Eat Dog" remplace "Hell Ain't a Bad Place to Be". Autre détail, Angus, dans un excès de coquetterie est cette fois apparu en costume bleu.

J'ai remarqué quelques négligeables faiblesses dans l'interprétation de ce mercredi, telles qu'une légère confusion rythmique sur "Shoot to Thrill" et quelques limites vocales de Brian.

Mais bon, globalement encore une fois, ce fut un pur plaisir d'être là avec mon fils pour ce qui pourrait être une dernière prestation de mes héros d'antan. La boucle semble bouclée ; le symbole vaut pour mon fils aussi qui assistait en ma présence à ce baissé de rideau, alors qu'il m'avait déjà accompagné le 25 février 2009 au POP-Bercy… Emotion.

PROGRAMME

  1. If You Want Blood (You've Got It) (Highway to Hell, 1979)
  2. Back in Black (Back in Black, 1980)
  3. Demon Fire (Power Up, 2020)
  4. Shot Down In Flames (Highway to Hell, 1979)
  5. Thunderstruck (The Razors Edge, 1990)
  6. Have a Drink on Me (Back in Black, 1980)
  7. Hells Bells (Back in Black, 1980)
  8. Shot in the Dark (Power Up, 2020)
  9. Stiff Upper Lip (Stiff Upper Lip, 2000)
  10. Highway to Hell (Highway to Hell, 1979)
  11. Shoot to Thrill (Back in Black, 1980)
  12. Sin City (Powerage, 1978)
  13. Dog Eat Dog (Let There Be Rock, 1977)
  14. Dirty Deeds Done Dirt Cheap (Dirty Deeds Done Dirt Cheap, 1976)
  15. High Voltage (High Voltage, 1976)
  16. Riff Raff (Powerage, 1978)
  17. You Shook Me All Night Long (Back in Black, 1980)
  18. Whole Lotta Rosie (Let There Be Rock, 1977)
  19. Let There Be Rock (Let There Be Rock, 1977).

RAPPEL :

  1. T.N.T. (T.N.T., 1975, puis High Voltage européen, 1976)
  2. For Those About to Rock (We Salute You) (For Those About to Rock, 1981).

à mon gamin (27/2/09)

On salue nos amis puis on rentre fourbus mais heureux ! FOR THOSE ABOUT TO ROCK, WE SALUTE YOU !


samedi 24 mai 2025

Steven WILSON – The Overview Tour 2025

Cet auteur, interprète, multi-instrumentiste, né le 3 novembre 1967, est reconnu également pour sa compétence dans l'optimisation les sons. Il a même revalorisé les enregistrements des artistes qui l'ont influencé ! Sa propension à l'aventure artistique déstabilise ses auditeurs ; son éclectisme peut parfois surprendre. Il prospecte les sphères aussi variées que le psychédélisme avant-gardiste, le rock progressif, il s’autorise des incursions dans le post-punk, l'électro ou le metal, il ose même (ô sacrilège !) la pop ! Et pourtant, c'est toujours le même homme qui s'investit dans des projets aussi divers que PORCUPINE TREE, BLACKFIELD, NO-MAN, I.E.M., BASS COMMUNION, STORM CORROSION, celui qui prodigue son expertise auprès de MARILLION, OPETH, Anja GARBAREK,… celui qui remixe des œuvres légendaires de KING CRIMSON, YES, RUSH, THE WHO, GENTLE GIANT, … Bref, il revendique et assume un choix délibéré pour sa Liberté artistique. Cet autodidacte touche-à-tout, formé par un papa ingénieur en électronique et bricolo du son, a été maintes fois récompensé par des prix, mais surtout par la reconnaissance d'un nombre croissant de sagaces mélophiles. Il continue ainsi de mener une brillante carrière solo depuis plus de quinze ans, en affutant sans cesse son talent entretenu par la Curiosité.

Depuis une dizaine d'année, cette notoriété grandissante et méritée l'éloigne hélas de sa base d'admirateurs, et il perd désormais de son accessibilité. Mais il demeure dans mon Panthéon des artistes contemporains. Je confesse volontiers avoir trop tardé à m'accrocher aux wagons de ses admirateurs, puisque je n'ai entamé cette addiction que vers 2003/04… Le pire, c'est qu'avant la Révélation, il passait en concert dans des petites salles, parfois juste à côté de chez moi !


La dernière prestation parisienne de sa formation en solo date du 7 juillet 2018, à l'Olympia. Un concours de circonstances a entretenu ces sept années d'attente. D'abord, la Pandémie avait empêché la promotion de son album "Future Bites", paru le 29 janvier 2021. Puis, Steven avait estimé opportun de reconstituer, après douze années d'abandon,  une nouvelle mouture de PORCUPINE TREE. Le onzième album studio "Closure / Continuation", est ainsi paru le 24 juin 2022. Ensuite, la tournée ad hoc s'est étalée sur 2022 et 2023. Cependant, il avait prévenu que cette reconstitution ne constituerait qu'une parenthèse. D'ailleurs, il semble avoir recentré ses activités ; PORCUPINE TREE, BLACKFIELD et NO-MAN ainsi que STORM CORROSION, pourtant très appréciés, semblent mis de côté, sinon enterrés…

Le revoilà donc avec un appétit redoublé, puisqu'après un septième album "The Harmony Codex" paru le 29 septembre 2023 sans tournée promotionnelle, le huitième "The Overview", est paru ce 14 mars 2025. Sa tournée printanière prévoit trente-et-une dates et visite ainsi onze pays européens ; elle a débuté le 1er mai à Stockholm (Suède) et s'arrêtera le 13 juin à Madrid. La France peut se flatter de l'intérêt de l'artiste anglais. Parmi les heureuses cités élues, notons que si Londres accueillera quatre dates, Paris en accueillera trois ! Ensuite, une tournée d'automne débutera le 10 septembre à San Francisco (Etats-Unis) et se terminera le 17 novembre à Brisbane (Australie).

Pour établir notre plan de campagne, nous demeurons d'humbles et raisonnables mélomanes ; nous limitons les étapes ; ce sera donc un treizième concert à Bruxelles, avant ceux de Paris. Pourtant, Lyon et Londres nous auraient bien tentés aussi, mais bon, je l'ai dit, nous sommes sages…


Steven Wilson est déjà venu fréquemment en Belgique ; Ancienne Belgique en 2012, 2016 et 2018, Cirque Royal en 2019. Mais aussi à Anvers en 2013 et 2015, ou encore au festival Rock Werchter en 2018.

La logistique pour nous rendre à Bruxelles (trajet en Flixbus, hôtel) représente un coût relativement négligeable, ce qui nous porte à regretter de ne pas le faire plus souvent…

CIRQUE ROYAL (BRUXELLES, BELGIQUE) – LE MERCREDI 7 MAI 2025.

Cette salle constitue une belle découverte pour nous. Nous apprenons que le Cirque Royal de Bruxelles a été inauguré en 1878. Ce site était alors l'unique cirque permanent de Bruxelles. Depuis les années 1950, il accueille des concerts et des ballets. La salle, propriété de la ville de Bruxelles, a subi en 2018 une profonde rénovation. D'une capacité d'accueil de 2 000 places (debout en fosse et rangées de fauteuils), sa gestion est confiée à Denis Gérardy.
Pour davantage de précisions : https://www.cirque-royal-bruxelles.be/les-salles

Nous avions acquis nos tickets dès le 8 juillet 2024, pour ce soir moyennant 45,78 € avec accès en fosse. A titre de comparaison, les tickets pour le concert du 24 mai prochain qui se tiendra à la Salle Pleyel, oscillent dans une fourchette entre 57 €, pour les moins bien lotis, et 140 € pour les plus fortunés.

Les portes s'ouvrent à 19h, comme prévu.

LE CONCERT [19h45-20h30 / 20h50-22h15].

Avec ma P'tite Fée et nos deux amis bruxellois, nous prenons place à proximité de la scène sur son côté gauche (en la regardant), dans les tout premiers rangs. Nous sommes ainsi face aux pupitres de la batterie et de la basse.

Sur la scène, qui baigne encore dans la pénombre bleutée, l'apparition des ombres des musiciens annoncent le début des émotions. On retrouve ainsi les fidèles de la première heure, Nick Beggs à la basse, et Adam Holzmann aux claviers, mais aussi Craig Blundell à la batterie. Le p'tit nouveau, c'est Randy Mcstine à la guitare ; pas si nouveau que cela puisqu'il avait déjà été recruté par Steven pour la récente tournée (2022/23) de PORCUPINE TREE.

Le concert débute avec ponctualité et dans un silence respectueux général. Le programme s'ouvre par l'interprétation intégrale du récent album, c’est-à-dire les deux titres de "The Overview". Le silence attentif du public permet dès les premières notes musicales de jauger l'excellente qualité acoustique de la salle.

Le chant en fausset de Steven introduit une expérience audiovisuelle basée sur le thème de l'Espace qui est initié sur son album "The Overview". Le surdoué est réputé pour son habileté à emporter le bienheureux auditeur dans une autre dimension que celle de son quotidien. Avec les deux titres de son opus, l'acte I n'a aucun mal à confirmer cette capacité. Durant quelques minutes l'éclairage demeure sombre mais il s'éclaire avec subtilité pour mettre en valeur les différents intervenants. Difficile cependant d'en saisir une mémoire photographique, mais de toutes façons nous avions été avertis de nous abstenir de l'usage d'appareils.

En fond de scène, un large écran entretient cette atmosphère par des images captivantes qui illustrent, dans une douce folie psychédélique, les tourments chantés. "The Overview" est en effet accompagné d’un long-métrage, réalisé par Miles Skarin, une expérience audiovisuelle de quarante-deux minutes dans l'obscurité infinie de l'espace. Pour mémoire, Miles Skarin est un réalisateur et producteur de vidéos musicales et de films, au sein du studio de créations Crystal Spotlight (GAZPACHO, HAKEN, DREAM THEATER, LEPROUS, PAIN of SALVATION, …) qu'il a cofondé avec son frère Rob Skarin. Il y combine sa passion pour la musique et les effets visuels, afin de créer des mondes numériques entiers et d'y raconter des histoires. Il en fait une captivante démonstration de son activité ce soir.
Pour davantage de précisions : https://crystalspotlight.com/clients/

L'auditeur est donc ici en immersion complète, en conditions optimales pour apprécier cette œuvre en deux volets, d'une grande densité émotionnelle. Dans cette salle obscure et parfaitement sonorisée, elle prend toute sa dimension, ce qui nous permettra d'encore mieux appréhender l'album ultérieurement. Fidèle à sa démarche musicale, l'ensemble audiovisuel emmène son auditoire dans un univers contrasté, alternant rythmes variés, mélodies enjouées ou angoissantes. Pour ma part, j'apprécie ce mariage de l'image et du son ; ma P'tite Fée estime que l'image à trop tendance à accaparer le regard et l'attention, aux dépens des musiciens. Il s'agit d'une perception personnelle que chacun vit à sa manière… Le concept "The Overview" démontre en deux phases une magistrale synthèse des styles musicaux, dont Steven s'est déjà montré capable ; on y entend du prog jazzy, de l'atmosphérique éthéré, du metal et de l'électro. Les musiciens se placent et se retirent en fonction de leur utilité ; Nick et Craig ont quelques segments en retrait, au profit des boites à rythmes électroniques et des synthétiseurs.

On ne peut rester insensible aux messages transmis par les images de ce diptyque ; un premier volet de 23 minutes exprime avec poésie et réalisme la surexploitation des richesses de la planète, le mépris de la vie terrestre, la vulnérabilité de notre Terre dans cette immensité cosmique. Un second volet de 18 minutes insiste davantage sur l'insignifiance de notre planète dans ce cosmos infini. Au passage, j'aurai pris conscience de quelque notions de mesures vertigineuses de distances intergalactiques : le mégamètre (106), le gigamètre (109), le téramètre (1012), le pétamètre (1018), le zéttamètre (1021), le yottamètre (1027), ect… On traverse les constellations tels que Polaris, Sirius, Altair, Vega, Andromède, … des noms qui effraient et font rêver tout à la fois … Puis, en final, dans un monde dévasté en noir et blanc, une brindille d'espoir… Il me semble compliqué de capter tous ces messages en même temps que l'écoute et le regard de la scène ; en tous cas, moi je redécouvre le film chez moi.

L'acte II décline également ces variations d'atmosphères, mais en évoquant sa discographie ; il y propose onze autres titres issus de ses sept autres albums parus en solo entre 2008 et 2023, ainsi qu'un titre issu de son mini album " 4 ½ " et un autre de "The Sky Moves Sideways", Porcupine Tree (1995). Steven l'admettra lors d'un de ses commentaires, le choix de titres peut faire débat, comme d'habitude. Mais c'est le sien. Soulignons toutefois que le surprenant album "The Future Bites" aura fait définitivement les frais de la Pandémie, puisque peu évoqué ce soir…

Personnellement, ce programme me convient très bien ; la reprise de "Luminol" est une divine surprise. Allons, je me laisse cependant aller à une petite frustration par rapport au public de Stockholm ; il a eu droit à "Remainder the Black Dog" qui a finalement été remplacé ici par le non moins magnifique "Impossible Tightrope". Les deux titres sont excellents, mais j'aurais apprécié les deux, en fait … Toutefois, la cuvée 2011 n'a pas été manquée puisque "No Part of Me" a été superbement interprété. J'adore ce titre avec sa première phase calme avant de se durcir puissamment.

Le professionnalisme, l'efficacité des musiciens qui entourent Steven n'est pas une surprise, car on connait l'exigence du Monsieur. Nonobstant, j'étais bien placé pour observer les regards de Steven sur Craig dont les frappes subtiles et millimétrées m'ont semblé particulièrement surveillées. Nick me semble plus sobre, moins farfelu que durant la précédente décennie, mais son jeu est toujours aussi sensible et perspicace. Adam demeure discret derrière son clavier mais on le devine studieux et concentré sur ses partitions souvent complexes. Quant à l'Américain du groupe, Randy semble à l'aise sur un pupitre qui fut pourtant occupé de très augustes prédécesseurs tel que Monsieur Guthrie Govan. A cet égard, je m'inquiétais en particulier de l'interprétation de "Ancestral" avec des sublimes soli, mais l'ensemble n'a pas été maltraité ; Randy exécute sa partition et ses soli avec conformité et application.

"Vermillioncore" permet à Steven d'exprimer une pointe de metal lourd, propice à un déboitement des nuques (en particulier la mienne !).

Le public belge, musicophile avisé, ovationne ardemment Monsieur Wilson comme il le mérite. Les marques de reconnaissances sont relativement rapides ; pas d'effusion excessive, l'Anglais se montre conforme à sa retenue habituelle, mais on lit toutefois sur son visage la satisfaction d'une mission bien accomplie.

Je m'attarde peu à l'échoppe, avec une réelle déception ; le prétendu t-shirt de la tournée présente un recto plutôt joli, mais un dos d'une neutralité navrante, sans aucune date de la tournée. C'est pour moi rédhibitoire et donc l'occasion d'économiser quarante euros.

Les treize titres de ce programme sont extraits de dix albums, dont deux issus de "The Overview", trois de "The Harmony Codex", un de "The Raven That Refused to Sing", un de "The Future Bites", un de "To the Bone", un de "Hand. Cannot. Erase.", un de "Grace for Drowning", un de "Insurgentes", un de "4 ½" et une reprise de Porcupine Tree, "The Sky Moves Sideways".

PROGRAMME DE BRUXELLES, 7/5

ACTE 1 : The Overview (2025)

  1. Objects Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects: Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the Moor ; Heat Death of the Universe ;
  2. The Overview : Perspective ; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ; Infinity Measured In Moments ; Permanence.

ACTE 2:

  1. The Harmony Codex (The Harmony Codex, 2023)
  2. King Ghost (The Future Bites, 2021)
  3. Luminol (The Raven That Refused to Sing, 2013)
  4. What Life Brings (The Harmony Codex, 2023)
  5. No Part of Me (Grace for Drowning, 2011)
  6. Dislocated Day (The Sky Moves Sideways, Porcupine Tree, 1995)
  7. Impossible Tightrope (The Harmony Codex, 2023)
  8. Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
  9. Vermillioncore (4 ½, 2016).

RAPPEL :

  1. Pariah (To the Bone, 2017)
  2. Ancestral (Hand. Cannot. Erase., 2015).

 


SALLE PLEYEL (PARIS, 8EME) – LE SAMEDI 24 MAI 2025.

La capacité d'accueil de la salle Pleyel en configuration intégralement fauteuils, est de deux mille trente. Premier pari gagné ; très peu de fauteuil sont demeurés vides, ce premier soir. Parmi le public, je retrouve, outre mes deux fils et ma P'tite Fée, des amis de notre microcosme ainsi que quelques coforumeurs de Chemical Harvest (un site qui a largement contribué à m'instruire de l'Univers de Wilson).

LE CONCERT [20h10-20h50 / 21h13-22h28 / 22h30-22h54].

Le 8 juillet 2024, nous avions estimé astucieux d'opter pour des fauteuils situés en "parterre haut pair/ZB04", notamment afin d'étaler les dépenses sur deux jours avec Bruxelles. Un emplacement jugé raisonnable puisque facturés 74 € la place ; nous étions bien en dessous des maximums (140, 107, 90 €) et au-dessus du minimum (57 €). Pourtant, nous voilà assis dos au mur et sous le balcon, ce qui est loin d'une position idéale.

Mais, alors que nous prenions cet emplacement avec philosophie (après tout, nous étions aux premiers rangs à Bruxelles !), nous allions subir une de nos pires expériences auditives en concert !! Dès le début, j'ai ressenti avec réserve cette frustrante sensation d'entendre un son comme sorti d'une boite, un son clair et distinct, mais sans cette immersion que je recherche en concert. Pourtant, même cette impression mitigée, qui résultait de l'encaissement de notre emplacement, aurait pu encore me satisfaire. Le pire, c'est cette maudite enceinte acoustique, placée sur la droite de notre rangée, qui était censée nous délivrer les effets spatiaux (échos, chœur). Celle-ci a en fait fréquemment hurlé par intermittence des sons hyperpuissants, et parfois même décalés et donc insupportables. Avec nos voisins d'infortune nous sursautions à chaque dérive sonore. Un calvaire qui nous a pourri le plaisir durant une grande partie du concert. Nous avons bien signalé cet inconfort (doux euphémisme) au personnel de salle, qui a prétendu faire le nécessaire. Mais après l'entracte, nous retrouvions le même supplice ! Il aura fallu toute ma bienveillance pour pouvoir me recadrer durant les (trop courtes) séquences de sonorisation apaisée.

Cette déconvenue fut d'autant plus désespérante qu'elle était forcément incomprise des autres auditeurs placés ailleurs et que nous avons consultés ensuite. Certains auront souffert de leur position, d'autres non. Fort heureusement, mes deux fils étaient bien mieux placés que nous, à proximité de la scène, et m'ont assuré avoir pleinement apprécié le concert… Toujours cette question d'emplacement lié surtout aux moyens de son acquéreur ; malheur aux grouillots !

Mais bon, il serait injuste de résumer mes sensations à ce malheureux concours de circonstances, car je veux croire que Steven, cet authentique maniaque notoire du son, n'y est pour rien. Son ingénieur du son quant à lui, a probablement dû gérer le matériel du site, manifestement défaillant.

Notre emplacement nous a au moins permis d'apprécier le ballet d'images et de sons, avec un recul qui aurait pu être pleinement satisfaisant car tout était harmonieusement pesé.

J'avais consulté les programmes des concerts du début de la tournée, et je m'attendais assister à une soirée sans grande surprise. Mais, bon quand même ; je ne pouvais m'empêcher d'espérer un p'tit effort, à la hauteur de celui dont a bénéficié Londres il y a quelques jours… D'ailleurs, durant l'entracte nous échangions encore sur ce sujet entre mélomanes. Mon espoir a soudainement pris forme lorsque le Steven s'est mis à parler des débuts de PORCUPINE TREE, remontant à plus de trente-cinq années.

Je crois halluciner lorsque les premières notes de "Voyage 34" retentissent ; ce titre n'avait plus été joué depuis plus de deux décennies. De mémoire de vieux admirateurs, il semblerait même que Paris n'ait plus résonné avec, depuis le 16 octobre 1999 à Paris, Club Dunois (13e ardt). Délicieux mouvements floydiens, avec ses soli stratosphériques et ses étourdissants ostinati à la basse. Fort heureusement, "Voyage 34", enchaîné avec "Dislocated Day" ne sont pas soumis au dictat d'une interprétation minutée par la diffusion du film sur l'écran mural. Quelques lenteurs et facéties bienvenues ont redonné aux auditeurs ces délicieuses sensations de Liberté qui ont trop tendances à disparaitre sur les scènes modernes.

Le public ne s'y est pas trompé ; une ovation debout, longue et bruyante, impose à Steven d'attendre avant de poursuivre son programme !

Faisant (plus ou moins) fi du désagrément majeur sus évoqué, j'ai néanmoins décidé de conserver un souvenir positif de cette soirée. Ne fut-ce que pour le principe de revoir cette formation à Paris, mais aussi pour l'interprétation du titre de 1992, tant espéré. Et puis c'est toujours un bonheur de retrouver une partie de notre microcosme et d'échanger nos impressions passionnées. Ça change du milieu professionnel, qui demeure hélas bien trop hermétique à nos plaisirs.

Steven indique que ceux qui participeront aux trois dates parisiennes auront droit à quelques évolutions du programme. Très judicieuse décision.

Les treize titres sont extraits de neuf albums, dont deux issus de "The Overview", trois de "The Harmony Codex", deux de "The Raven That Refused to Sing", un de "Hand. Cannot. Erase.", un de "The Future Bites", un de "Insurgentes", un de "4 ½" et deux reprises de Porcupine Tree "The Sky Moves Sideways" et "Voyage 34".

PROGRAMME DE PLEYEL, 24/5

ACTE 1 : The Overview (2025)

  1. Objects Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects: Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the Moor ; Heat Death of the Universe ;
  2. The Overview : Perspective ; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ; Infinity Measured In Moments ; Permanence.

ACTE 2:

  1. The Harmony Codex (The Harmony Codex, 2023)
  2. King Ghost (The Future Bites, 2021)
  3. Luminol (The Raven That Refused to Sing, 2013)
  4. What Life Brings (The Harmony Codex, 2023)
  5. Voyage 34 - Phase I (Porcupine Tree, 1992)
  6. Dislocated Day (The Sky Moves Sideways, Porcupine Tree, 1995)
  7. Impossible Tightrope (The Harmony Codex, 2023)
  8. Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
  9. Vermillioncore (4 ½, 2016).

RAPPEL :

  1. Ancestral (Hand. Cannot. Erase., 2015)
  2. The Raven That Refused to Sing (The Raven That Refused to Sing, 2013).
 
L'échoppe ne me séduit pas davantage qu'à Bruxelles, et c'est tant mieux.


DROIT DE REPONSE DE LA SALLE PLEYEL. Tout d’abord, merci d’avoir pris le temps de nous écrire, et veuillez nous excuser pour ce délai de réponse.
Nous sommes sincèrement désolés d’apprendre que votre expérience à la Salle Pleyel ait été compromise par des problèmes de sonorisation. Nous comprenons pleinement votre déception, d’autant plus lorsque l’on connaît l’exigence artistique et technique d’un artiste tel que Steven Wilson.
Concernant les enceintes situées en haut du parterre pair, elles ont effectivement été installées de manière exceptionnelle, à la demande du producteur et de l’artiste lui-même, dans le cadre de la scénographie spécifique à ce concert. Ces choix techniques ne relèvent donc pas de notre initiative, mais bien de celle de l’équipe de production, à laquelle l’entière régie son et lumière est confiée.
En tant que salle d’accueil, nous ne prenons pas de décisions sur les aspects artistiques ou techniques du spectacle (setlist, scénographie, installation sonore...), mais nous faisons systématiquement remonter ce type de retour aux équipes concernées, afin qu’ils puissent en tenir compte pour les futures représentations.
Nous vous remercions malgré tout pour votre fidélité à notre auditorium, et espérons avoir le plaisir de vous accueillir prochainement dans de meilleures conditions.
Bien cordialement,
L’équipe de la Salle Pleyel

SALLE PLEYEL (PARIS, 8EME) – LE DIMANCHE 25 MAI 2025.

Cet évènement m'apporte une nouvelle preuve qu'être père apporte souvent son lot de bonheurs. Mon fils ainé a le don pour trouver des opportunités de rachats de tickets auprès des mélophiles malheureux. Le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres ; la perspicacité de Samuel a soulagé l'embarras d'un acquéreur vendéen, qui avait été abandonné par un complice empêché, et il m'a ravi par la même occasion !

Alors que j'ai renoncé à une soirée calme intermédiaire (avant celle de demain), mon seul regret aura été de ne pas être accompagné de ma Douce, qui est empêchée par d'augustes obligations…

Me voilà ainsi, de manière tout à fait inattendue, installé en catégorie diamant (parterre bas, pair/AA02), moyennant 80 € eu lieu de 140 ! Je me retrouve donc assis au pied de Maître, en tout premier rang, tel un roi avec son ménestrel. Je suis comme dans mon salon, jambes étendues, le confort visuel et auditif s'avèrera absolument parfait ! Chaque pupitre est audible et toutes les nuances perceptibles. C'est tout simplement le jour et la nuit en comparaison avec la veille !!!

Cependant, même nageant dans ce bonheur privilégié, je n'oublie pas qu'ainsi je soutiens indirectement la regrettable politique de discrimination entre les mélophiles. Mais je ne pense pas que mon abstention changerait le cours des choses …

LE CONCERT [19h10-19h50 / 20h10-21h25 / 21h30-21h50].

En ce dimanche, le concert commençait une heure plus tôt que la veille (et que le lendemain). Tant mieux, cela me permettra de recharger les batteries au plus tôt, pour mieux supporter la trilogie. Ce concert n'est pas à guichet fermé, mais seuls quelques fauteuils restèrent vacants.

Mes impressions générales étant conformes aux concerts précédents, je m'abstiens de toute redondance ; bien évidemment elles sont juste accentuées par un confort exceptionnel en tous points. J'ai eu tout loisir d'observer l'expression des regards complices, la concentration des musiciens.

Deux faits notables, cependant. Comme prévu, des titres diffèrent de la veille et, plus anecdotique, l'intervention d'une femme mystère (je m'en explique).

Durant "The Harmony Codex", une voix narrative accompagne la musique, c'est celle de Rotem Wilson. Mais habituellement, c'est une voix enregistrée qui est diffusée pendant le concert. Ce soir, c'est l'épouse de Monsieur qui est présente en personne. Leur complicité et le respect des mesures (j'ai remarqué le top lancé de la tête pour le couplet de retour) garantissent une interprétation parfaite. Je trouve surprenant que la Dame n'ait pas été présentée du tout ; ni à cette occasion, ni à la fin. Mettons cela sur le compte d'un excès de pudeur… Etonnant également son discours récurrent comme pour s'excuser de jouer du prog auprès des non-initiés ; oui c'est long, mais c'est teeeeellement bon !!

Steven avait prévenu hier, les trois jours parisiens proposent quelques nuances de programme. Evidemment, à ce jeu, on crée des frustrations et autant de satisfactions. Trois titres sont substitués, "Voyage 34 - Phase I", "King Ghost", "Luminol", au profit de "Home Invasion + Regret #9", "Pariah" et "Economies of Scale". Pour ma part, je suis ravi de la référence à l'opus HRE (2015) qui constitue un chef d'œuvre absolu. Le style metal qui se dégage de "Home Invasion" a tout pour me séduire !

Les quatorze titres sont extraits de huit albums, dont deux issus de "The Overview", quatre de "The Harmony Codex", quatre de "Hand. Cannot. Erase.", un de "To the Bone", un de "The Raven That Refused to Sing", un de "Insurgentes", un de "4 ½" et une reprise de Porcupine Tree, de "The Sky Moves Sideways".

PROGRAMME DE PLEYEL, 25/5

ACTE 1 : The Overview (2025)

  1. Objects Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects: Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the Moor ; Heat Death of the Universe ;
  2. The Overview : Perspective ; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ; Infinity Measured In Moments ; Permanence.

ACTE 2 :

  1. The Harmony Codex (The Harmony Codex, 2023)
  2. Home Invasion (Hand. Cannot. Erase., 2015)
  3. Regret #9 (Hand. Cannot. Erase., 2015)
  4. What Life Brings (The Harmony Codex, 2023)
  5. Dislocated Day (The Sky Moves Sideways, Porcupine Tree 1995)
  6. Pariah (To the Bone, 2017)
  7. Impossible Tightrope (The Harmony Codex, 2023)
  8. Economies of Scale (The Harmony Codex, 2023)
  9. Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
  10. Vermillioncore (4 ½, 2016).

RAPPEL :

  1. Ancestral (Hand. Cannot. Erase., 2015)
  2. The Raven That Refused to Sing (The Raven That Refused to Sing, 2013).

Je suis d'autant moins susceptible d'oublier cette soirée que j'ai pu ramasser deux médiators que Steven avait nonchalamment jetés à ses pieds (un au pied de son micro, et l'autre au pied de la scène) !

Ancestral


SALLE PLEYEL (PARIS, 8EME) – LE LUNDI 26 MAI 2025.

Avec ma p'tite Fée, nous avions acquis le 13 octobre 2024, moyennant 74€, ces fauteuils situés en "balcon 1, latéral pair/A266", dans la branche à droite de la scène (en la regardant). La salle n'affiche pas complet, et le balcon 2 est fermé, mais si quelques fauteuils sont bien vacants, le parterre est bien garni.

Dans cet auditorium d'exception, l'acoustique s'est révélée absolument époustouflante, répartissant équitablement puissance et clarté !

Cet emplacement atypique m'a permis un regard différent sur la scène, avec ses avantages et ses inconvénients. Il ne donnait pas un angle de vue optimal sur la scène, car il fallait se pencher un peu pour voir le pupitre d'Adam. En revanche, ce regard plongeant était très intéressant. Paradoxalement, je n'avais jamais aussi bien vu le jeu de claviers d'Adam ; ce fut un régal la plupart du temps, mais aussi l'occasion de m'interpeller sur l'usage des séquenceurs que je n'avais pas autant remarqué jusqu'alors. Qui aime bien, châtie bien et à chacun son ressenti, mais moi je reste de la vieille école de musique, et je peine à admettre que la musique soit confiée à un outil qui sert à automatiser l’exécution d'une séquence musicale. Cette gêne m'a troublé particulièrement durant les titres "The Harmony Codex", "Pariah" (de longues plages synthétiques, sur lesquels les musiciens brodent quelques accords) et "The Raven That Refused to Sing" (le son mélancolique du violon). Mais je pardonne à Steven, l'autodidacte qui a toujours pris plaisir à jouer avec les sons… Et le résultat est si beau et pertinent dans son ensemble, que je lui maintiens toute mon admiration.

La particularité du programme de ce lundi est la présence de titres relativement anciens, deux issus de "Grace for Drowning" (2011) et deux autres de "Insurgentes" (2008), ce qui confère à cette soirée un intérêt nostalgique d'autant plus appréciable que j'attendais ardemment "Abandoner" et "Remainder the Black Dog". Anecdote amusante, Steven a reconnu s'être trompé lorsqu'il a exposé cette période, en inversant ces deux opus. Ca me rassure, je ne suis pas le seul à perdre la boule !!

Les treize titres sont extraits de neuf albums, dont deux issus de "The Overview", deux de "Insurgentes", deux de "Grace for Drowning", deux de "The Raven That Refused to Sing", un de "The Harmony Codex", un de "Hand. Cannot. Erase.", un de "To the Bone", un de "4 ½" et une reprise de Porcupine Tree, de "The Sky Moves Sideways".

PROGRAMME DE PLEYEL 26/5

ACTE 1 : The Overview (2025)

  1. Objects Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects: Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the Moor ; Heat Death of the Universe ;
  2. The Overview : Perspective ; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ; Infinity Measured In Moments ; Permanence.

ACTE 2:

  1. The Harmony Codex (The Harmony Codex, 2023)
  2. Luminol (The Raven That Refused to Sing, 2013)
  3. No Part of Me (Grace for Drowning, 2011)
  4. Dislocated Day (The Sky Moves Sideways, Porcupine Tree 1995)
  5. Pariah (To the Bone, 2017)
  6. Abandoner (Insurgentes, 2008)
  7. Remainder the Black Dog (Grace for Drowning, 2011)
  8. Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
  9. Vermillioncore (4 ½, 2016).

RAPPEL :

  1. Ancestral (Hand. Cannot. Erase., 2015).
  2. The Raven That Refused to Sing (The Raven That Refused to Sing, 2013).

 

Etonnamment, en ce lundi soir, nous ne rencontrons personne ; aucun ami n'est venu ce soir. Nous rentrons donc d'autant plus rapidement pour nous reposer de toutes ces belles émotions !