Après une première immersion d'un mois en aout 1980, je ne suis plus retourné aux Etats-Unis. Quarante-six années que ses paysages et son atmosphère me manquent. Il me reste de beaux états à visiter… Mais disons que le pays de Jimmy Carter a bien changé. Et puis, les conditions d'accès se compliquent toujours davantage (elles l'étaient déjà auparavant).
A défaut de s'y rendre, il reste le rêve. Pour cela ses
artistes peuvent nous aider. Notamment ses musiciens. En l'occurrence, ROBERT JON & The Wreck a ravivé la
flamme du rock sudiste qui s'était
quelque peu affaiblie ces dernières décennies, avec les décès de nombreux héros
des années 70 et 80. Des groupes ont disparus, quand d'autres tentent encore de
nous faire croire aux fantômes ou aux morts-vivants.
Mais la bande d'épaves à Robert a décidé de redresser
la situation, et de fort belle manière ! Il était venu hanter nos contrées,
bien avant que je découvre son existence. Depuis le 8 avril 2015, (au The Blue Devils, à Arras, un site fermé,
depuis) le groupe visite fréquemment notre beau pays. Mais pour ma part, ce
n'est que le dimanche 10 septembre 2023 que j'ai découvert ces américains,
à l'occasion du Festival Raismesfest. Ce jour-là nous étions nombreux à avoir
été sidérés, abasourdis (mon récit).
Non le rock sudiste n'est pas mort ! Nous l'avons vérifié le samedi 16 novembre
2024 au Trabendo (mon récit), inscrivant ainsi ces artistes à notre liste des
incontournables à revoir inlassablement !
Pour rappel, ce quintuor américain de blues rock et de
rock sudiste a été fondé en février 2011,
non pas en Alabama, mais dans le comté d'Orange, en Californie, aux États-Unis. Un premier album autoproduit, intitulé
"Fire Started" est paru le
2 Septembre 2011.
La discographie de ROBERT JON & The Wreck est déjà dense ; le neuvième album studio "Heartbreaks
& Last Goodbyes" est paru le 22
aout 2025. Mais il ne faut pas négliger les parutions intermédiaires que
constituent les "Wreckage",
dont le troisième volume parait ce 1er mai 2026. Ce sont des sortes
de compilations de titres joués en concert, de reprises, ou de monoplages
inédits. Régal garanti !
Nous n'avons pas hésité à nous procurer nos tickets dès
le 23 octobre 2025, dans la foulée de l'acquisition du nouvel album ! La
tournée promotionnelle demeure dense ; actuellement une nouvelle session
européenne vient de débuter ce 14 avril à Herne Bay (The Kings Hall, Canterbury) qui s'achève ce 9 mai 26 à Bruxelles (Ancienne Belgique). Quelques dates aux
Etats-Unis durant l'été, puis ce sera un retour pour quelques semaines en
Europe le 2 octobre !
Ma p'tite Fée et moi sommes accompagnés de Véro et
Xavier qui avaient découverts avec nous le groupe lors du fameux festival. Mon
prosélytisme acharné a fini par convaincre un troisième couple, Murielle et
Éric. Ils ne le regretteront pas.
C'est la troisième fois ce soir que nous retrouvons l'Alhambra
; nous étions venus ici pour RIVERSIDE (16/10/23) et pour HAKEN (23/9/24). J'aime
beaucoup cet auditorium, son cadre, son acoustique ; elle peut accueillir entre
600 et 800 personnes selon sa configuration. A l'ouverture des portes, à 19h, avec
ma p'tite Fée et nos amis, nous nous engouffrons au balcon et prenons place assise
juste à côté de la console de sons. L'acoustique s'avérera excellente ! Le
point de vue est un peu éloigné (relatif
dans cette petite salle), et l'ambiance de la fosse nous manque mais l'emplacement
nous permet de ne pas trop fatiguer en ce jour de semaine (eh ouai, demain on
bosse). En tout état de cause, la salle est pleine comme un œuf !
A l'échoppe, je suis victime d'une fièvre acheteuse ;
je me saisis des volumes 2 et 3 de "Wreckage",
pour 15€ pièce. Ma p'tite Fée m'offre de surcroit un pin's qui sera du plus bel
effet sur mon cuir !
EARTH
MOTION [20h-20h30]
https://earthmotion.bandcamp.com/album/earthmotion
Difficile de glaner des informations sur ce groupe
français mais anglophone, qui semble s'être récemment formé à Reims (France). EarthMotion
a joué pour la première fois ses compos sur scène le 29 mars 2025, devant le
public du Music & Bike. Une année plus tard, le quatuor ne cache pas son
plaisir de jouer au théâtre de l'Alhamlbra, à Paris ! Un premier mini-album
(trois titres/quatorze minutes) est paru le 24 octobre 2025.
Actuellement, le quatuor se compose de Tom Aeschbach (chant, Guitare), Tristan Appert (batterie), Florian "pepito" Pascual (basse), et Tom Caburet
(claviers), le tout sonorisé par Anouchka Starzynski.
Cette première a dû justifier une pression considérable
et compréhensible sur les intéressés. Leur audace mérite le respect. Cette
formation a au moins le mérite de s'engager à promouvoir un style devenu rare
sur nos scènes. Nous avons ainsi passé une petite demi-heure bien sympa, aux
sonorités conformes au thème de la soirée. Du bon rock sudiste joué de manière
un peu académique mais avec de bonnes séquences. Gageons qu'avec un peu plus d'expérience,
ils confirmeront une impression encourageante.
PROGRAMME
- Rock'n'Roll Band
- Bad Decision
- 1969
- Lonely Man
- I won't Get Down.
Nous retrouvons donc Robert Jon Burrison (chant, guitare), entouré d'Andrew Espantman (batterie, chœurs depuis 2011), Henry-James Schneekluth (guitare solo, chant,
depuis 2017), Warren Murrel (basse,
depuis 2017), et Jake Abernathie (claviers,
depuis le 16 avril 2023).
Le premier titre me surprend car je ne le reconnais
pas, alors que j'avais pris la précaution de réécouter la discographie ces
derniers jours… En fait, il s'agit d'un titre du récemment paru "Wreckage, volume 3" ! C'est
compliqué de suivre l'actualité de ces insatiables musiciens ! On se demande où
ils trouvent le temps d'enregistrer alors qu'ils semblent constamment en
tournées, sur des dizaines de concerts par an…
Bref, le quintuor taillé pour la scène nous happe
immédiatement avec son énergie à l'état pur, son rythme imprégné d'un blues-rock
étourdissant, qui rappelle l'ambiance enivrante des pianos-bars américains. Il
ne manque au tableau qu'une brochette de choristes, telles que Lynyrd Skynyrd
parvenaient à entretenir. Mais pas grave, les musiciens assument parfaitement cette
fonction avec émotion, enrichissant ainsi les mélodies endiablées par les soli
de guitares et de claviers.
La basse est surplombée du large sourire émaillé de
Warren Murrel. Avec ses lunettes et sa
tête levée vers les étoiles, il me fait penser à Gilbert Montagné, et montre
encore un vrai bonheur à planter ses clous, en parallèle aux frappes d'Andrew Espantman, son complice rythmique, le
plus ancien membre avec Robert Jon. Jake Abernathie,
le dernier arrivé dans la bande, contribue par ses chœurs et par ses claviers, à
accentuer encore l'identité américaine de la musique.
Le cas du guitariste Henry-James Schneekluth est à part. Ce monsieur focalise les regards, et
davantage encore les oreilles. Avec son apparence décalée tout droit sortie des
années 70, il n'en demeure pas moins un intarissable guitariste, sans cesse
dans le jeu. Sans démonstration, sobre dans l'attitude mais exubérant dans la
richesse des accords, il optimise l'harmonie dans le contre chant avec une
technicité hors du commun, sans médiator. Ses doigts galopent inlassablement sur
l'instrument, et le bottleneck vient souvent frotter le manche pour accentuer
encore les atmosphères bluesy.
Le superviseur en chef, Robert Jon Burrison, ne me semble pas
particulièrement charismatique ; "hello
Paris, how are you doing ?" et quelques locutions convenues ne
laissent pas un souvenir impérissable. On retiendra juste qu'il est ravi de
jouer dans une salle parisienne plus grande qu'à son précédent passage. En
revanche, sa tessiture est parfaitement adaptée aux atmosphères sudistes.
D'autant plus étonnement qu'il est Californien ! Sa voix est calibrée d'une
intonation qui rappelle celle de ses illustres sources d'inspiration. Ses duos
de guitare avec Henry entretiennent les sons légendaires et m'enivrent
l'esprit; Le Patron est pourtant suffisamment humble pour se placer en retrait
dès que l'un de ses musiciens s'exprime. Le regard obscurci par l'ombre de son
chapeau de cow-boy, les traits de visage masqués par une barbe hirsute, on
distingue pourtant dans son attitude un vrai plaisir.
Au-delà de la maitrise de chacun, le groupe permet à
son auditoire de voyager dans l'espace (aux Etats-Unis) et dans le temps (les
70's). En ce sens, ROBERT JON & The
Wreck répond à notre quête d'évasion ! Il entretient une image fantasmée de
l'Amérique et d'une époque révolue. Dans l'auditoire, les crânes à la pilosité
dispersée et grisonnante trahissaient un certain âge, pour ne pas dire un âge
certain. D'ailleurs, mon fils aîné n'est pas venu ce soir… Notre génération
s'accroche à des symboles : ROBERT JON
& The Wreck en est un.
Nous avons eu quatre-vingt-dix minutes de bonheur,
l'intensité des ovations l'exprime bruyamment.
Le programme est un magnifique florilège de douze titres issus de leur discographie
entre 2015 et 2026, ce à quoi ils ont intercalé une surprenante reprise de THE
WHO (1982). Si quelques titres de leur répertoire sont devenus incontournables,
trois sont toutefois issu du récent "Heartbreaks
& Last Goodbyes".
PROGRAMME
- Put Your Money Where Your Mouth Is (Wreckage, Vol. 3, 2026)
- Hold On (Red Moon Rising, 2024)
- Blame It on the Whiskey (Glory Bound, 2015)
- Ashes in the Snow (Heartbreaks
& Last Goodbyes, 2025)
- Dark Angel (Heartbreaks
& Last Goodbyes, 2025)
- Better Of Me (Heartbreaks
& Last Goodbyes, 2025)
- Red Moon Rising (Red Moon Rising, 2024)
- Eminence Front (reprise de The
Who, It's Hard, 1982)
- Old Friend (Robert Jon &
The Wreck, 2018)
- Glory Bound (Glory Bound, 2015)
- Oh Miss Carolina (Last Light
on the Highway, 2020)
- Cold Night (Glory Bound, 2015).
RAPPEL :
- Do You Remember (Last Light
on the Highway, 2020).





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