mercredi 12 mars 2025

MARILLION-WEEK-END A PORT-ZELAND (PAYS-BAS) – du 12 au 16/03/2025.

 

On le sait bien, il y a une fin à tout, mais elle survient parfois trop tôt. En 2024, deux festivals ont cessé d'exister ; The Night of the Prog, et le Prog en Beauce. Quant au Midsummer Prog Festival, il ne doit sa survie en 2025 qu'à un déplacement géographique et calendaire.

C'est au tour de l'illustre Marillion Weekend Convention d'alimenter la rubrique nécrologique, pour l'année 2025 qui aura marqué son édition finale. En voici le faire-part : Rappelons que l'origine des Conventions, avant celles de Port-Zélande, remonte à 2002, il y a donc vingt-trois années. Après une journée préalable qui s'est tenue le mercredi 3 avril 2002 au Jumpin' Jaks, à Cardiff, Pays de Galles, c'est de l'autre côté du canal de Bristol que la véritable première Convention eut lieu du vendredi 5 au dimanche 7 avril 2002 à Pontins, Brean Sands, Angleterre.

Plus tard, une première édition s'est tenue au Center Parcs de Port Zelande aux Pays-Bas, du vendredi 2 au dimanche 4 février 2007. Depuis, elle a eu lieu tous les deux ans, excepté lors de la Pandémie.

La neuvième Convention néerlandaise sera donc particulièrement émouvante, puisqu'elle est présentée comme l'ultime édition à Port Zelande. Le Center Parks a décidé d'exploiter durablement l'emplacement du chapiteau, en y installant une centrale solaire photovoltaïque au sol. Notre rendez-vous bisannuel sera ainsi sacrifié sur l'autel de l'énergie renouvelable, au profit d'un dispositif de production d'électricité. Même si le site risque d'avoir prochainement les pieds dans l'eau à cause de la montée du niveau de la mer. Ainsi soit-il… Toujours est-il que pour ma P'tite Fée et moi, ce sera notre quatrième Convention, puisque je n'avais pas eu l'audace de m'engager avant 2017, hélas.

Autre particularité de cette édition finale, une journée est ajoutée, ce qui permet à MARILLION de s'accorder une pause intermédiaire. Ainsi notre réunion débute ce mercredi au lieu du jeudi. Le vendredi, nous auront droit au concert d'un autre groupe invité.

A l'instar de l'édition 2023, les douze mêmes fêlés avaient convenu depuis plusieurs mois de postuler pour la réservation de deux chalets, de six places chacun. Nous avons ensuite attendu notre sélection avec une fébrilité identique aux précédentes éditions. Puis nous sommes entrés dans un état paradoxal, mêlant impatience d'y être et crainte que cela passe trop vite…


Détail plus prosaïque, mais non moins intéressant ; certains amis mélomanes ne se sont pas engagés dans la procédure, compte tenu du coût redouté. Il convient donc de faire un point de situation afin de dissiper tout malentendu. Certes, c'est un budget important. Nous avions chacun versé un apport de 235 € en juin 2024, qui a été complété d'un solde de 365 € en janvier 2025, soit un total de 600 € par personne. Cette facturation comprend pour chacun, cinq nuits au Center Parcs, l'exclusivité du Parc réservé pour la Convention avec ses équipements (Aquamundo…), les soirées festives, les concerts annexes, … et bien sûr les quatre concerts au chapiteau central (dont trois de Marillion et un de Anneke).

Nonobstant, je me permets de relativiser avec une simulation de la seule réservation d'une maison sur la même période (19 au 24 mars) qui montre un cout de 572 € pour six personnes, soit 95,3 € par personne. (Le prix de location varie selon les types de maisons et les saisons ; dès le 2 avril la même maison à la même période affiche 628 € !).

Difficile donc d'estimer le prix isolé de chacun des quatre concerts ; disons environ soixante-dix euros. Mais une chose est sûre, nous ne sommes pas dans le luxe absolu ; juste dans un luxe de bonheur !


MERCREDI 12 MARS 2025

Comme aimantés irrésistiblement par une Force Majeure, nos escouades respectives convergent vers le lieu devenu mythique ; nous ma P'tite Fée et mon fils depuis la banlieue parisienne, Xavier et Véronique depuis la Picardie, Philippe, Jean-Luc et Isabelle depuis l'Aveyron, Valérie et Pascal depuis la Suisse, Hervé et Philippe depuis la Normandie.

La traversée des Flandres françaises puis belges, sont une formalité, mais le passage des ponts et des tunnels qui traversent les bras de mer de la province néerlandaise de Hollande-Méridionale, accroit notre excitation. C'est toujours impressionnant d'emprunter le tunnel de l'Escaut occidental (en néerlandais : Westerscheldetunnel) long de 6,6 km (situé sur la route N62). Sensation aussi sur le pont de Zélande (Zeelandbrug) long de 5 022 m qui est un viaduc autoroutier reliant Noord-Beveland à l'île de Schouwen-Duiveland ; lors de son inauguration en 1965, c'était alors le plus long pont d'Europe mais il demeure encore à ce jour le pont le plus long du pays ! On roule à un niveau proche de zéro au-dessus de la mer, mais le remplacement des moulins à vent par des éoliennes gâche un peu le folklore.

Mais l'émotion est à son comble lorsque nous approchons (une dernière fois) le site de la Convention, sous un ciel bleu azur !... Soit dit en passant, nous aurons la chance de bénéficier d'un soleil radieux durant tout le séjour, mais en contrepartie les températures ressenties furent glaciales, souvent accentuées par un redoutable vent maritime.

Arrivés peu après 14 heures, nous ne tardons pas à nous emparer de nos enveloppes d'accueil afin de situer nos chalets. Nous serons installés non loin des sites centraux avec vue sur la Marina Port-Zélande. Le système d'ouverture des portes n'étant actionnés qu'après 16h, nous optons pour une visite, parfaitement désintéressée bien sûr, à la boutique officielle.

L'ouverture de la boutique était à 12h00. Vers 14h35, nous rejoignons une file d'attente déjà très impressionnante. Ne nous leurrons pas, en victimes consentantes, ces menues emplettes traditionnelles ne tarderons pas à grever nos budgets. Nous avions été informés des marchandises proposées pour la présente édition, mais nous les découvrons physiquement aujourd'hui. J'opte pour le t-shirt qui me parait immanquable, celui intitulé "a Farewell to PZ". Je regretterai plus tard de ne pas avoir acquis aussi l'autre, avec les trois logos thématiques retenus pour les trois soirées. J'ai réalisé tardivement la portée symbolique du troisième volet qui a pour thème l'album "Seasons End" qui est paru en 1989. En effet, le choix me parait particulièrement opportun ; c'est la fin d'une époque, celle des Conventions bisannuelle ici à Port-Zélande… Nous quittons ce lieu de perdition vers 17h10, ruinés mais heureux !

Cette fièvre acheteuse nous a singulièrement donné soif. Ça tombe bien, nous pouvons désormais nous rendre à nos chalets pour nous installer avant de prendre un premier apéro. Nous enfilons nos bracelets et échangeons nous premières impressions sur le programme des jours à venir. Chacun gère son énergie à sa guise, mais pour ma part, je compte bien honorer tous les artistes invités en assistant à leur prestation. En contrepartie, je renonce aux soirées festives d'après concert, certes ô combien réjouissantes mais très fatigantes également.

Sans plus tarder, nous devons nous préparer pour le premier rassemblement festif ; nous nous déguisons sur le thème "héros et/ou méchants". Notre joyeuse équipe a opté pour deux univers ; celui de STAR WARS et celui de SQUID GAMES. Sur le trajet qui nous mène au lieu de débauche, nos déguisements sont remarqués, ce qui a le don de nous décomplexer rapidement.

20h30 : "FANCY DRESS PARTY : HEROES & VILLAINS". La soirée, organisée dans l' "Adventure Factory", est présidée par Lucy et Stephanie. L'ambiance musicale est débridée et loin de notre confort musical habituel, mais tels des diables dans un bénitier on se trémousse ou se dandine, bref on se laisse un peu aller. C'est l'avantage d'être déguisé. Une atmosphère festive, surréaliste et bienveillante perdure encore lorsque, vers 21h40 nous décidons de quitter les lieux. Cette première journée fut déjà bien agitée et surtout on se ménage en prévision d'autres émotions à venir, pour lesquelles nous tenons à garantir notre forme physique !



JEUDI 13 MARS 2025

Après cette première nuit réparatrice, et un solide petit déjeuner, nous ciblons nos premières priorités du jour. Il s'agit notamment de prévoir la très probable file d'attente pour ceux qui souhaitent acquérir un bracelet donnant accès aux gradins, moyennant un supplément de quarante euros.

11h00 : Mise en vente des tickets pour les places assises dans les gradins du chapiteau principal. En ce qui me concerne, je n'étais pas trop décidé à m'engager. Mais des âmes bienveillantes ont jugé opportun de pousser le sexagénaire à accepter cette option… Option qui a ses avantages et ses inconvénients, mais dont finalement je ne me plaindrai pas. L'alternative porte entre l'ambiance de la fosse, la proximité des artistes sur la scène ou, le confort visuel et auditif intéressant. Vanité blessée, mais muscles reposés. Bref, c'est un choix à assumer…

Tous ces scrupules me donnent soif ; heureusement c'est déjà l'heure de l'apéro !

13h00 : Séance dédicace d'Anne-Marie Foker, une photographe adoubée par MARILLION. Mais je m'abstiens délibérément pour ne pas risquer une dépense supplémentaire, que j'estime dispensable, en dépit de la qualité indéniable des clichés.

Et puis de toute façon, je n'ai pas fini mes bières, et je compte bien me rendre à la Factory pour un premier rendez-vous musical…

15h00-16h00 : DAISY MAE.
https://www.facebook.com/profile.php?id=100093140643825

Biographie publiée par le site : "Daisy Mae est une chanteuse, compositrice et guitariste originaire du Devon, au Royaume-Uni, dont la musique s'inscrit dans le style du jazz acoustique et de l'indie pop. Elle s'inspire de musiciens aux mélodies pleines d'âme et aux paroles sincères tels que celles chantées par Bob Marley, Julie London, Billie Holiday, Bob Dylan et Ella Fitzgerald. La plupart de ses chansons prennent la forme d'un commentaire social, (…)".

Les textes, en anglais bien entendu, m'importent peu, je me contente d'écouter les mélodies. Un microphone, une guitare pour exprimer un chant chaleureux et jazzy. C'est sympa. Ô, pas de quoi me faire grimper aux rideaux, mais c'est ma foi très agréable à écouter. Ce petit apéritif musical est une détente bien venue ; j'estime en tous cas que je suis mieux là qu'ailleurs.

Je ne reconnais que deux titres qui sont des reprises bien connues.

PROGRAMME
(à déterminer/compléter)
Summertime (reprise de George Gershwin, Porgy and Bess, 1935)
Heart of Glass (reprise de Blondie, 1979)
(…)

Je confesse ne pas avoir attendu la fin, le masochiste était pressé de braver la fraicheur batave pour s'insérer dans la file d'attente pour le chapiteau. Je sais déjà que je n'irai pas en gradin ce soir. Je trépigne d'impatience de vivre intensément l'événement tant attendu !

18h00 : Ouverture ponctuelle des portes du chapiteau principal. La scène est disposée en largeur et, même si les plus futés (ou privilégiés) ont déjà accaparé leur segment de barrière, je n'ai aucune difficulté à me placer dans les premiers rangs, face au micro de H.

19h00 - 19h50 : THE BEGGS SISTERS.
https://www.facebook.com/thebeggssisters/

Biographie publiée par le site : "Les Beggs Sisters sont Willow Beggs (ukulélé, guitare et voix), Lula Beggs (ukulélé, guitare et voix) et Nick Beggs (contrebasse et voix). Willow et Lula ont été encouragées dès leur plus jeune âge à suivre leur propre voie musicale par leur père Nick Beggs, musicien, qui s'est d'abord fait connaître dans les années 80 avec le groupe Kajagoogoo. Son travail ultérieur avec Steve Hackett et Steven Wilson lui a permis d'échapper à l'appellation pop des années 80 et d'obtenir plusieurs récompenses et distinctions en cours de route. Faisant toujours partie du Steven Wilson Band et d'autres artistes en tournée comme Howard Jones, Beggs embrasse une grande variété de genres, refusant d'être catalogué. En 2024, les Beggs Sisters ont sorti leur premier EP, "Sleep with the Ghost", et ont continué à se produire sur scène."

Les prestations de KAJAGOOGOO dans les années 80 étaient loin d'attirer mon attention, mais je subissais comme tout le monde le matraquage médiatique. Je n'imaginais pas à l'époque que quelques décennies plus tard je serai un admirateur de son bassiste, que d'ailleurs je n'avais jamais particulièrement remarqué ! Et pourtant, depuis le 26 octobre 2011 au Bataclan, j'ai assisté à douze prestations du fantasque bassiste d'un certain Monsieur Steven WILSON. Le personnage extravagant (en jupe, cheveux nattés) m'avait d'abord fait sourire avant que je réalise son talent remarquable. Je me réjouis donc de le voir s'épanouir ici avec sa progéniture ! S'épanouir est le verbe adéquat, tant le fanfaron ne cache pas sa fierté. Ses filles sont très belles et démontrent un vrai talent de musicienne. Baignant dans une euphorie retenue "so british" dans laquelle il excelle, il plaisante, raconte le contexte des chansons de ses filles, qui ne manquent pas de prendre le relais verbal et surtout musical. Elles semblent aussi à l'aise que leur papa et pose leur voix et leurs accords de guitare avec la jovialité et l'aisance de musicienne déjà rodée à l'exercice scénique. Je m'attache davantage à la qualité harmonique des chansons. Il semble cependant que les textes constituent une sorte de catharsis, ils racontent des événements familiaux, tels que des naissances, ou des amourettes.

Bref, j'ai vécu un moment agréable et rafraichissant. Les voix, y compris celle du père, accompagnées des cordes ont entretenu des instants de grâce. Leur set a passé trop vite.

Pourtant, une part bruyante du n'en avait manifestement cure ; un désagréable et malpoli brouhaha a perduré en fond sonore pendant tout le spectacle. Mais le trio semble déjà aguerri à la scène et n'a jamais oublié de sourire à la partie de l'auditoire digne de ce nom.

PROGRAMME
Play It Safe ( 2022)
Walking Dead Man (Sleep with the Ghost, 2024)
Into Your Heart (Sleep with the Ghost, 2024)
So True (nouvelle chanson)
Sarah (Sleep with the Ghost, 2024).

 

20h30 - 22h25 : MARILLION.

Dans la pénombre, un film introductif apparait sur la toile tendue devant la scène. H y apparait, sous différents aspects, tourmenté et inquiétant. On peut imaginer qu'il a tenu à cette transition avant de paraitre avec sa nouvelle apparence ? Nous sommes en tous cas nombreux à le découvrir pour la première fois avec ses cheveux blancs. Une nouvelle ère débute.

Ce premier concert de la Convention ravit la plupart des admirateurs ; MARILLION déroule le treizième album studio du groupe, "Marbles". De surcroit, certains titres n'avaient plus été joués depuis 2015 (Marbles I, II, II et IV, Angelina), depuis 2017 (The Only Unforgivable Thing) ou depuis 2019 (Don't Hurt Yourself).

Le son me semble parfait, l'éclairage somptueux, la mise en scène soignée. Un imposant dispositif de projecteurs multicolores et de tubes lumineux suspendus accentuent la féérie du spectacle. La scène est habituelle ; sur notre droite on retrouve Steve Rothery, derrière lequel est disposé le socle surélevé de Mark Kelly. Sur notre gauche, c'est Pete Trewavas qui nous rassure ; après son triple pontage coronarien subi l'an dernier, il apparait marqué. Mais son talent n'en pas souffert. Derrière lui, trône la batterie d'Ian Mosley, le métronome qui continue de montrer un calme et une régularité à toutes épreuves.

Cet album n'est pas celui que j'écoute le plus souvent. Hormis les titres phares (The Invisible Man, Genie, Fantastic Place, Neverland) maintes fois joués et que tout le monde adore, j'ai particulièrement apprécié l'enchainement enjoué de "Don't Hurt Yourself" et "You're Gone", puis "Angelina" qui a permis d'assister à un duo de charme entre H et la ravissante Willow Beggs. Manifestement, H multipliant les facéties, fut là au sommet de son bonheur pour cette soirée (on peut le comprendre). Les soli de Steve Rothery sont systématiquement de nature à émouvoir, mais cette fois, sans doute touché par tant de complicité, je fus particulièrement bouleversé. Ensuite, le reste du concert fut un crescendo d'émotions sans fin ; "Neverland" fut l'extase. Une communion entre les artistes et le chœur d'un public dans un état second. A noter que le groupe s'est autorisé un entracte inhabituel de quelques minutes, sans doute pour ménager Pete….

Est-il utile de préciser l'intensité de l'ovation finale ?!

PROGRAMME

SOIREE MARBLES (2004)

  1. The Invisible Man
  2. Marbles I
  3. Genie
  4. Fantastic Place
  5. The Only Unforgivable Thing
  6. Marbles II
  7. Ocean Cloud
  8. Marbles III
  9. The Damage
  10. Don't Hurt Yourself
  11. You're Gone
  12. Angelina
  13. Drilling Holes
  14. Marbles IV
  15. Neverland.

Le public sort, à la fois soulagé après tant d'attente et déjà impatient d'assister à la suite. Les plus fêtards continueront la soirée. Avec un peu plus d'énergie en réserve je me serais volontiers rendu au Lucy’s Rock Disco à l' "Adventure Factory", ou alors au Stephanie’s progathon au "Market Dome". Les témoignages feront état d'une belle ambiance… Mais bon, oserais-je le dire ; ce n'est plus trop de mon âge ?

Nous préférons faire un premier bilan émerveillé entre amis dans le confort de notre chalet.


VENDREDI 14 MARS 2025

9h00 - 10h00 : YOGA WITH NIKKI à l' "Adventure Factory". Ce n'est pas pour moi.

Cette matinée est libre pour me rendre à l'Aqua Mundo qui est laissé à notre entière disposition. La Musique de MARILLION accentue le sentiment de bien-être, entre les différents bassins, parcours extérieurs et autres tunnels express. Ce sont déjà des images et des sensations qui s'ajouteront à nos mémoires ; notamment celles d'un ciel bleu et froid dont on se sent protégé par une eau chaude et tumultueuse… Que du bonheur !

11h : MARK KELLY’S MARKRUN : Sur ce temps-là, le claviériste préside une course pour les plus sportif d'entre nous… dont je ne fais pas partie. Mais, l'honneur est sauf, mon fils m'y représente vaillamment, avec le courage et la vivacité de son âge ! Une médaille honorifique, quoique symbolique, et un portrait avec le Maître, récompenseront l'effort louable.

Le retour de mon héros est dignement célébré, durant l'apéro qui ne manque pas de suivre. Les discussions vont bon train, mais je n'omets pas de conserver un œil sur l'heure pour éviter de manquer le prochain rendez-vous musical !

16h – 17h : THE DAVE FOSTER BAND à l' "Adventure Factory".
( http://thedavefosterband.com/ )

Biographie publiée par le site : "Le duo anglo-néerlandais de rock progressif et de pop DAVE FOSTER BAND (DFB) a été fondé en 2017 par Dave Foster (UK) et le chanteur Dinet Poortman (NL) après avoir été présentés par Steve Rothery. Foster joue également de la guitare dans le Steve Rothery Band. Leurs premiers pas ont été une expérience pour voir s'ils pouvaient travailler ensemble efficacement, mais un certain nombre de chansons coécrites qui sont apparues sur les albums solo de Foster "Gravity" (2011) et ”Dreamless" (paru le 25 avril 2016) ont été la preuve solide qu'ils avaient une alchimie musicale. Après avoir formé DFB, ils ont assuré la première partie des tournées de Rothery et de Marillion tout en travaillant sur leur premier album, "Nocebo", qui est paru le 23 février 2019. Leur deuxième album, "Glimmer", est paru le 19 mai 2023, et leur troisième album, "Maybe They'll Come Back For Us", paru le 28 juin 2024. L'album comprend des apparitions de Steve Rothery, guitariste de Marillion, Mark King de Level 42 et Neil Fairclough de Queen + Adam Lambert. Lors du week-end Marillion, ils donneront un concert acoustique spécial avec Riccardo Romano."

Cette même formation s'était produite, ici même il y a deux ans, le 18 mars 2023. Dans l'excitation courante des activités de la Convention, j'avais quelque peu méprisé la prestation. Depuis, cette date, j'ai appris à mieux apprécier Monsieur Dave Foster ; j'ai assisté à plusieurs de ses prestations au sein de Steve Rothery Band (à Stockholm les 7 et 8 octobre 2023, à Valkenburg le 28 juin 2024 puis à Sankt Goarshausen le 21 juillet 2024) et avec Anneke Van Giersbergen (à Sankt Goarshausen le 14 juillet 2023). Je n'oublie pas l'avoir également apprécié dès les 24 et 25 mars 2017 ici à PZ alors qu'il officiait au sein de Panic Room.

Bref, cette fois je perçois davantage le talent de ce guitariste aussi sensible et efficace que souriant et aimable, avant, pendant et après le concert. Son trio est également composé de Dinet Poortman et de Riccardo Romano (Ranestrane).

Nous assistons à une prestation très agréable, en semi acoustique. Dave gère son groupe en maître discret, mettant ses compétences au service de sa musique, laissant s'exprimer sa complice au micro ainsi que son très expressif claviériste qui ne manque pas d'apporter ses chœurs.

Ses trois derniers albums sont évoqués. Parmi les huit titres, on en retrouve trois issus de "Dreamless", deux de "Nocebo", un issu de "Glimmer", mais cependant un seul du plus récent "Maybe They'll Come Back For Us". A l'écoute de ce bel opus, il est permis de déplorer sa faible place dans ce programme.

PROGRAMME

  1. Cabello (Dreamless, 2016)
  2. Karma (Nocebo, 2019)
  3. Lingering (Dreamless, 2016)
  4. Queen of Maybe (Maybe They'll Come Back For Us, 2024)
  5. Dive In (Glimmer, 2023)
  6. New York Rain (Dreamless, 2016)
  7. Marlene on the Wall (reprise de Suzonne Vega)
  8. Counting Down The Days (Nocebo, 2019).

Nous ne nous attardons pas ; peu après la fin du concert nous filons vers le chapiteau, histoire de nous rafraichir, autant les idées que le corps, au gré d'un vent maritime qui accentue une sensation de fraicheur.

18h00 : Ouverture des portes du chapiteau principal.

19h00 - 20h10 : AN AUDIENCE WITH MARILLION.

Pour cette séquence, je me rends directement sur les gradins, car je savais à quoi m'attendre… Je le redoutais, l'audience s'est révélée être un trop long moment de bavardages pour anglophones, dont je me suis senti exclu la plupart du temps. Pourtant, sincèrement j'aurais voulu partager ses échanges qui semblaient très intéressants et souvent drôle.

On retiendra toutefois quelques chiffres impressionnants. Tels que les 2556 concerts donnés par Marillion au cours de ses nombreuses tournées. Mais aussi les 235 Conventions organisées depuis les années 2000.

L'évocation de diversité internationale aura toutefois soulevé des engagements disons discutables, que j'évoque par souci d'objectivité, dans un océan de félicité. Le fascicule de la Convention prétend vanter la représentation de quarante-cinq pays. On passe encore, sous peine de passer pour un pisse-vinaigre, sur l'aspect sémantique et politique de la notion d'un pays, d'un état ou d'une nation ; pour satisfaire chauvinismes et autres fatuités, on cite sur un même plan les pays, les états, les territoires, les îles... En revanche, je sais qu'un pays a été délibérément omis, sachant que nous savons qu'il y en avait au moins un représentant présent parmi nous. Mais le citer, serait déjà afficher un prétendu parti, donc fermons la parenthèse, je ne suis concerné par aucune de ces chapelles partisanes, je voulais juste souligner que rien n'est parfait en ce bas monde.

20h30 - 22h05 : ANNEKE VAN GIERSBERGEN.
https://www.annekevangiersbergen.com/

Biographie publiée par le site : "Après treize ans passés à la tête du groupe néerlandais The Gathering, Anneke a décidé de voler de ses propres ailes en 2007. Elle a enregistré et joué avec des groupes tels que Devin Townsend, Ayreon, Within Temptation, Amorphis, la légende du prog John Wetton et le groupe folklorique islandais Árstíðir. En 2012, l'album "Everything Is Changing", le premier à être publié sous le nom d'Anneke, a reçu deux nominations aux Dutch Edison Awards dans les catégories "Meilleure artiste féminine" et "Meilleur album". En 2015, Anneke et Arjen Lucassen (Ayreon) ont sorti leur album "The Diary" sous le nom de The Gentle Storm. En 2017, VUUR, le groupe de metal progressif d'Anneke, a sorti son premier album, "In This Moment We Are Free - Cities", qui est entré dans le Top 100 néerlandais des albums à la deuxième place, la meilleure position d'Anneke dans le classement. Toujours aussi imprévisible, Anneke a sorti fin 2018 Symphonized, un album orchestral live de 11 titres. Il a été enregistré lors de deux concerts couvrant l'ensemble de sa carrière aux côtés de Residentie Orkest Den Haag, et présente des réarrangements de chansons de l'ensemble de son catalogue. Avec son dernier album solo "The Darkest Skies Are The Brightest" (2021), Anneke a de nouveau surpris ses fans. Cet album de chansons à histoires, essentiellement acoustique, présente un éventail éclectique de styles musicaux - du folk au classique en passant par le prog et la musique ethnique de l'Est.".

Pour ma part, je la revois pour la quatrième fois, par la force des choses ; j'ai croisé son parcours au gré de ses participations. Le dimanche 10 octobre 2010, à l'Elysée Montmartre invitée en duo avec Petter CARSLEN par ANATHEMA, puis le samedi 2 juillet 2016 à Barcelone lors du BeProg My Friend festival, puis seule avec Dave Foster le vendredi 14 juillet 2023 à Sankt Goarshausen lors du Night of the Prog festival.

A l'instar de ces précédents, je ressens des sensations similaires; elle se présente dans une configuration encore différente aujourd'hui, mais finalement ce qui prédomine dans mon esprit c'est le gâchis qu'a constitué son départ de THE GATHERING. Elle brille toujours du timbre puissant et juste de sa voix mais aussi de son sourire et de sa beauté. Les chansons, soutenues par un groupe cohérent et convaincant, sont enjouées et pop à souhait, mais ne me paraissent pas à la hauteur de son talent réel. Heureusement, elle intercale quelques évocations de sa participation à THE GATHERING, ce qui relève le niveau, à mon sens. Même sa reprise de Kate Bush m'a moins ému que celle qu'elle avait interprétée au NOTP. Elle revient en rappel, d'abord en solo pour rendre un hommage apprécié à Genesis. Elle termine en beauté avec une évocation tardive de son album "Air" d'Aqua de Annique qui était paru peu après son départ de The Gathering, en 2007.

Il y a pourtant du monde avec elle sur la scène ; pas moins de sept musiciens : une violoniste, un batteur, un bassiste, deux guitaristes, un clavier et un saxophoniste ! Mais globalement, je me suis un peu ennuyé ; sympa mais pas transcendant. Dommage. Je l'ai applaudi poliment comme si on applaudit la chanson d'une tante lors d'une réunion familiale.

Vingt titres dont dix issus de ses albums parus en solo, trois reprises de THE GATHERING. Elle interprète en outre les quatre titres, soit l'intégralité de son mini-album "La Vie" qui est paru ce 28 février 2025.

PROGRAMME

  1. You Will Never Change (Drive, 2013)
  2. She (Drive, 2013)
  3. Too Late (Everything is Changing, 2012)
  4. The May Song (Nighttime Birds, 1997) (The Gathering)
  5. My Promise (The Darkest Skies Are the Brightest, 2021)
  6. I Saw a Car (The Darkest Skies Are the Brightest, 2021)
  7. More Than a Thousand Words (La Vie, 2025)
  8. Survive (The Darkest Skies Are the Brightest, 2021)
  9. Saturnine (Sleepy Buildings, 2004) (The Gathering)
  10. You Want to Be Free (Everything is Changing, 2012)
  11. When I Die (La Vie, 2025)
  12. Heal Me (La Vie, 2025)
  13. Running Up That Hill (A Deal With God) (Hounds of Love, 1985) (reprise de Kate Bush)
  14. Stay (Everything is Changing, 2012)
  15. One More Nanosecond (La Vie, 2025)
  16. Strange Machines (Mandylion, 1995) (The Gathering).

RAPPEL

  1. Follow You Follow Me (...And Then There Were Three..., 1978) (reprise de Genesis)
  2. Hurricane (The Darkest Skies Are the Brightest, 2021)
  3. Mental Jungle (Drive, 2013)
  4. Witnesses (Air, 2007) (Agua de Annique).

Les soirées organisées à l' "Adventure Factory" (rockaoke) ou au "Market Dome" (chill & chat zone) ne nous inspirent pas assez pour nous éviter un sage retour à nos foyers.


SAMEDI 15 MARS 2025

9h00 - 10h00 : YOGA WITH NIKKI au site "Adventure Factory". Ce n'est pas pour moi.

12h45-15h00 : MARILLION QUIZ également au site "Adventure Factory". Ce n'est pas pour moi non plus ; je ne suis pas anglophone et de surcroit je ne prétends pas connaitre leur Histoire au point de jouer le Sherlock Holmes !

… Et puis nous avons mieux à faire. A commencer par une balade sur la plage, suivie de l'apéro dans le chalet d'un ami ch'ti. Suivi d'un autre apéro chez nos voisins.

16h – 17h : THE BEGGS SISTERS au site "Adventure Factory".

Cette prestation est similaire à celle de leur ouverture pour Marillion avant-hier, mais dans un cadre plus chaleureux, mieux adapté à ce mode acoustique. Je me place à proximité du micro de Lula pour me laisser bercer de nouveau par ces comptines familiales et sympathiques.

Un spectacle sans autre prétention que de divertir avec des chansons de qualité, interprétées avec décontraction, sourire et bonne humeur.

PROGRAMME

A confirmer, mais titres quasi sûrs (photo de la liste de scène) :
(à vérifier : "Fallen Angels" "You've got a friend in me")

  1. Sarah (Sleep with the Ghost, 2024)
  2. Play It Safe (2022)
  3. Will You
  4. Into Your Heart (Sleep with the Ghost, 2024)
  5. Walking Dead Man (Sleep with the Ghost, 2024)
  6. Just Fine (Sleep with the Ghost, 2024)
  7. This Life I lead (Sleep with the Ghost, 2024)
  8. So True
  9. You Remind Me Of Me.

Le public me semble ici davantage respectueux qu'au chapiteau et les ovations méritées ponctuent la prestation d'une durée d'une petite heure. Le temps de saisir un autoportrait avec les deux Belles (qui me comparent à l'aspect de leur papa !), et hop, je file au chapiteau sans plus tarder !

18h00 : Ouverture des portes du chapiteau principal.

Je parviens à me placer dans les premiers rangs. Je suis impatient de revoir HAUNT THE WOODS dont le talent nous avait séduits à l'occasion de leur prestation sur la scène du VIème Midsummer festival, le samedi 29 juin 2024, alors qu'ils assuraient la promotion de leur album "Ubiquity" qui est paru le 9 septembre 2023.

19h00 - 19h45 : HAUNT THE WOODS.
https://www.hauntthewoods.com/

Biographie publiée par le site : "Formé entre le Devon et les Cornouailles en 2016, HAUNT THE WOODS entremêle habilement alt rock, folk, prog et pop avec un niveau épique de pompe et d'élégance poétique. Avec deux EPs chaleureusement accueillis et un premier album, Opaque, qui est sorti en 2020, la scène a été préparée pour leur introduction tardive au monde, et un disque magnifiquement conçu, "Ubiquity" : 12 pistes de brillance excentrique, de lumière et d'ombre et de cette qualité la plus rare : la portée. De l'échelle cinématographique de leur morceau d'ouverture opératique à la ballade émouvante et confessionnelle de Home, en passant par le psychédélisme rêveur de leur puissante déclaration d'intention, Ubiquity est un album de qualité."

Nous retrouvons donc avec plaisir le quatuor composé de Phoenix Elleschild à la guitare, Jonathan Stafford au chant et à la guitare rythmique, Jacke Hale à la basse et Oliver Bignell à la batterie.

Leurs mérites se confirment et je ne regrette pas d'avoir investi mon intérêt pour ces artistes prometteurs. La tessiture de la voix de Jonathan Stafford est saisissante, son timbre peut exprimer une grande douceur ou une immense révolte. Le guitariste Phoenix Elleschild exprime beaucoup de délicatesse et de nuance dans ses accords ; l'introduction de "The Line" fut à cet égard d'une finesse audacieuse dans ce cadre. Le tout est soutenu avec sensibilité par une basse et une batterie discrète ou puissante selon les humeurs.

Bref, je ne suis pas déçu et j'ai même déjà hâte de les revoir à Paris, au-delà de leur prestation acoustique prévue demain à la Factory !

Neuf titres dont sept issus de "Ubiquity", leur album le plus récent.

PROGRAMME
Intro, bande son.

  1. Elephant (Opaque, 2020)
  2. Fever Dream (Ubiquity, 2023)
  3. Gold (Ubiquity, 2023)
  4. Save Me (Ubiquity, 2023)
  5. The Line (2017)
  6. The Line, Pt. II (Ubiquity, 2023)
  7. Ubiquity (Ubiquity, 2023)
  8. Overflow (Ubiquity, 2023)
  9. Twisted
  10. Helter Skelter (The Line, 2017)
  11. Said And Done (Ubiquity, 2023).

 

20h30 - 22h20 : MARILLION.

Le drap tombe en dévoilant une scène similaire à la première soirée, mais avec un dispositif d'éclairage légèrement modifié. Les tubes lumineux suspendus ont été déplacés et répartis. H entre en scène tout sautillant pour engager "Gazpacho", un titre il est vrai assez enjoué. Mais c'est avec l'émouvant "Beautiful" que j'accroche à l'ambiance, sans doute autant ému par le talent des artistes que par ce public chantant et heureux.

Le programme enjoue le public avec dix-huit titres, comprenant surtout l'intégralité des huit issus de "Afraid of Sunlight" qui est ainsi le thème principal de la soirée. 

Puis le groupe se retire pour un entracte de quelques minutes.

Mais loin de se limiter à l'interprétation du deuxième thème de la Convention, un premier rappel permet au public de réentendre aussi les quatre chapitres de "The New Kings", le titre issu de F.E.A.R..

Le choix des titres ravit tout le monde ; un enchainement d'émotions puissantes, telles que Marillion est capable d'en procurer.

Les joies du direct et de l'authenticité créent l'anecdote, le "Waiting to Happen" débute avec la tranquillité requise ; Rothery engage ses accords avec sa jubilation habituelle, H entoure l'épaule de Trewawas avec complicité… Puis Rothery grimace et regarde Kelly avec inquiétude avant de sortir. La chanson s'interrompt après le premier couplet ; H fait le fanfaron pour faire patienter le public, avant que Rothery revienne avec une nouvelle guitare temporaire, dont il se débarrassera dès le dernier accord de la chanson. La légendaire bienveillance du public a très vite oublié cet incident. D'autant plus que "Sugar Mice" a le don de faire systématiquement monter la tension encore d'un cran, tel un karaoké géant, le public chante à pleine poitrine ! H, peut-être soulagé, en tout cas reconnaissant, tend le micro à l'auditoire qui ne demande pas mieux que de prendre le relais !

Un second rappel ravit la part du public qui est attaché à l'opus "Brave" pour un bon quart d'heure excellemment interprété. Un très grand moment ; "The Great Escape" émeut par un H très en voix et Rothery impérial. Le public exulte, chante… Puis "Hooks in You" libère les esprits, des ballons rebondissent sur un public exalté et heureux, même Rothery quitte son cercle sacré pour venir montrer son talent au public opposé.

PROGRAMME

  1. Gazpacho (Afraid of Sunlight, 1995)
  2. Cannibal Surf Babe (Afraid of Sunlight, 1995)
  3. Beautiful (Afraid of Sunlight, 1995)
  4. Afraid of Sunrise (Afraid of Sunlight, 1995)
  5. Out of This World (Afraid of Sunlight, 1995)
  6. Afraid of Sunlight (Afraid of Sunlight, 1995)
  7. Beyond You (Afraid of Sunlight, 1995)
  8. King (Afraid of Sunlight, 1995).

RAPPEL

  1. The New Kings: I. Fuck Everyone and Run (F E A R, 2016)
  2. The New Kings: II. Russia's Locked Doors (F E A R, 2016)
  3. The New Kings: III. A Scary Sky (F E A R, 2016)
  4. The New Kings: IV. Why Is Nothing Ever True? (F E A R, 2016)
  5. Waiting to Happen (Holidays in Eden, 1991)
  6. Sugar Mice (Clutching at Straws, 1987).

RAPPEL 2:

  1. Goodbye to all That : I Wave (Brave, 1994)
  2. Goodbye to all That : II Mad (Brave, 1994)
  3. The Great Escape (Brave, 1994)
  4. Hooks in You (Seasons End, 1989).

Rothery distribue ses derniers médiators, les lumières se rallument et les enceintes diffusent un très opportun "Happy Together" (titre de The Turtles en 1967) qui anime l'entrain d'un public festif après un si beau concert, l'avant-dernier déjà …

Les mélomanes se dispersent pour leur fin de soirée respective ("rockaoke" au site "Adventure Factory" "chill & chat" zone au "Market Dome"). Nous rentrons sagement à notre chalet, la tête pleine d'étoiles, sans doute un reflet de la voute céleste, sans nuage encore ce soir.

DIMANCHE 16 MARS 2025

Après une matinée calme, nos errements dans le Parc aboutissent finalement à un apéro au chalet de nos voisins, sur la terrasse desquels se réunissent l'ensemble des trois maisons. Trois musiciens faisant partie de l'ensemble, nous improvisons un rockaoké sous le soleil néerlandais. Toutes les querelles paraissent futiles à l'aune de ces moments exquis. Ce sont encore des émotions, des sons et des images inoubliables.

Cependant, nous sommes nombreux à ne pas perdre l'idée de revoir HAUNT THE WOODS.

16h – 16h45 : HAUNT THE WOODS au site "Adventure Factory".

Cette salle se prête idéalement à la Musique de ces très talentueux et très prometteurs anglais. L'auditoire se montre particulièrement silencieux et respectueux pour écouter toutes les subtilités que ces jeunes artistes sont capables d'exprimer. Pour beaucoup, c'est une découverte depuis hier, mais pour moi et ma P'tit Fée, nous sommes ravis de les voir confirmer nos espoirs placés en eux depuis leur apparition à Valkenburg l'an dernier.

Sept titres, tous avaient été interprétés la veille au chapiteau, mais prennent ici une texture toute particulière. En prime, ici ils chantent a capella "Sleepwalking". Respect.

PROGRAMME

  1. Fever Dream (Ubiquity, 2023)
  2. Gold (Ubiquity, 2023)
  3. Save Me (Ubiquity, 2023)
  4. The Line, Pt. II (Ubiquity, 2023)
  5. Beautiful Catastrophe
  6. Ubiquity
  7. Overflow
  8. Helter Skelter (The Line, 2017)
  9. Said And Done (Ubiquity, 2023)
  10. Sleepwalking (Ubiquity, 2023)          (Acoustique).

Je ne les aborde une nouvelle fois que pour les inciter à ne pas oublier Paris à l'avenir. Puis je m'éclipse rapidement pour laisser aux autres admirateurs mesurer leur gentillesse et leur disponibilité.

On part se ranger dans la file d'attente pour l'ultime prestation de cette merveilleuse convention.

18h00 : Ouverture des portes du chapiteau principal.

Je renonce d'office à me rendre en fosse et je prends place en gradin en premier rang ; vue panoramique pour des sensations qui s'annoncent très probablement d'un niveau élevé… En parlant d'émotions, en surplomb de la zone PMR, je dois souligner mon admiration pour cette rangée de mélomanes pudiquement qualifiés de personnes en situation de handicap, qui ont tenu à venir ici partager ces instants de grâce, cette parenthèse dans un monde de brutes. Je les ai souvent vus chanter, pleurer, s'émouvoir ; il me plait de croire que nous étions tous dans le même état d'esprit le temps de quelques vagues de notes.

19h00 - 20h00 : RICK & DAVE.

Biographie publiée par le site : "R&D est la collaboration entre la musique de Rick Armstrong et la créativité de Dave Foster, inspirée par des artistes tels que Tangerine Dream, Vangelis, Jean Michel Jarre et Klaus Schulze. Rick, qui est également membre du groupe EDISONS CHILDREN avec Pete Trewavas et Eric Blackwood, a sorti trois albums ; "Infinite Corridors" en 2021, "Spatial Elements" en 2022 et "Chromosphere" en 2023. Le travail sur le prochain album a commencé et la sortie est prévue pour 2025. Rick a également joué de la basse avec Steve Rothery and Friends au Chili et des claviers avec Lonely Robot sur Cruise To The Edge en 2024. Dave est bien connu des fans de Marillion en tant que membre du Steve Rothery Band et a joué sur les scènes du Marillion Weekend plus que n'importe qui d'autre en dehors de Marillion. Il a également contribué à des chansons sur chacun des albums de Rick. Outre son travail en solo (deux albums), The Dave Foster Band (trois albums) et SRB, Dave a joué avec un certain nombre d'autres groupes, dont Big Train, Panic Room et Mr. So & So, et a fait une longue liste d'apparitions sur scène en tant qu'invité, notamment à Night Of The Prog 2023 avec Anneke Van Giersbergen."

Honnêtement j'ai peiné à demeurer attentif et éveillé durant cette prestation. Les musiciens sont certes honorables et sincères dans leur démarche. C'est juste que je serais davantage enclin à écouter cette musique dans mon salon, dans le noir, détendu sur mon canapé. Le lieu et l'évènement me semble peu propice à cette écoute… D'ailleurs, beaucoup d'entre nous avaient les paupières fermées, plus proches de l'assoupissement que de la méditation ou son regard sur un écran de portable.

Notons toutefois un regain d'intérêt lorsque Steve Rothery est venu pour assurer un duo avec son complice Dave.

PROGRAMME
(à déterminer)

Nous déployons nos membres engourdis, histoire de reprendre nos esprits. J'en profite pour aller me chercher une p'tite bière et visiter une ultime fois ce chapiteau fantôme, déjà voué à disparaitre.

20h30 - 22h50 : MARILLION.

La scène dévoile encore un éclairage différent qui suscite l'ébahissement bruyant du public. D'une luminosité et d'une richesse inouïe ; faisceaux de lumières et de lasers somptueux ! Le titre "The King of Sunset Town" paraitra un simple apéritif en comparaison avec la suite que nous réserve le groupe !

Des serpentins inondent la fosse lorsque débute "Slàinte Mhath" qui ravit un public toujours aussi chantant et prompt à faire la fête aux sonorités de nos années 80 ! Enorme … De surcroit, MARILLION enivre le public en interprétant des titres quelque peu oubliés depuis de nombreuses années ; "Script for a Jester's Tear" (première fois depuis 2013), "Lavender" et "Bitter Suite : III Blue Angel" (première fois depuis 2016), et "Kayleigh" (première fois depuis 2018). En fait, nous aurons droit à quatre titres issus de "Misplaced Childhood" (1985), un de "Script for a Jester's Tear" (1983) et un de de "Clutching at Straws" (1987) !

Toutefois, le thème de la soirée a été choisi très opportunément. "Seasons End", dont nous entendrons sept titres (le huitième ayant été interprété la vieille), a largement contribué à émouvoir les esprits. Car il évoque à la fois un virage dans la carrière du groupe avec l'arrivée de H, mais il évoque aussi la fin des Conventions néerlandaises ; la fin d'une époque (ou d'une saison, par extension).

Alors que les premiers accords de la chanson "Seasons End" sont engagés, un incident technique semble contrarier H (lequel, mystère…. ?). Tout s'arrête quelques instants. Mais rapidement les musiciens réengagent le titre.

Il y a un titre que j'attendais en particulier pour clore l'événement, c'est bien "The Space", que je considère comme un monument, une pièce majeure de l'ère Hogarth. Ce treizième titre m'a comblé de bonheur, donc. D'autant plus que la voix de H n'a pas fait défaut dans cet exercice périlleux surtout en fin de Convention !

Mais ces treize premiers titres, d'une charge émotionnelle déjà puissante, n'auront été que les prémices à un feu d'artifice sensationnel !

Après un entracte de quelques minutes, nous espérions tous un p'tit rappel sympa', histoire de terminer en beauté cette si belle suite de rencontres internationales, vieilles de deux décennies. Par ailleurs, je gardais dans un coin de ma mémoire une petite frustration depuis la dernière édition (PZ 2023), que le Choir Noir (chœur ayant participé au dernier opus) n'y fut pas invité.

Une vague émotionnelle me submerge totalement lorsque la chute du rideau dévoile la présence d'un chœur placé en fond de scène entre la batterie et les claviers !!!!!    Excusez mon impudeur. J'en perds la voix, et j'en pleure de bonheur.

J'avais bien observé sur les trois concerts l'absence du quatuor de cordes et celle du percussionniste des prestations récentes. Mais je n'osais pas espérer que cela compenserait un tel effort de la part de Marillion. Il s'agit du chœur italien, FLOWING CHORDS, composé ici de cinq femmes et trois hommes, dirigé par une femme, qui avait déjà accompagné H et Ranestrane, à Rome l'année dernière.

Quatre titres ont été choisis pour cet exercice exceptionnel (un autre chœur, français, avait déjà accompagné le groupe à la salle Pleyel de Paris le 9 décembre 2019). Même si d'autres titres auraient également pu faire l'affaire, le choix me semble incritiquable ! "The Crow and the Nightingale" et "Care" s'imposaient absolument bien entendu ! Quant à "Go!" ce fut un émerveillement total. Frissons imparables, j'en ai chialé comme un gamin. Ajoutez à ces voix divines, le son tout aussi divin des soli de Rothery, et vous aurez une petite idée de l'état d'incandescence dans mon cerveau !! L'Art, et la Musique en particulier, ce doit être avant tout de l'émotion ; là j'estime être gâté par la Chance d'assister à une telle féerie musicale. Ces moments sont inoubliables, gravés à jamais, et tant pis si Alzheimer en serait contrarié… Un film conservera cela pour la postérité de toute façon.

Passé cette séquence bouleversante, un deuxième rappel ramène d'abord uniquement P. Trewewas, S. Rothery et H qui viennent s'asseoir en bord de scène pour interpréter "Faith" (qui n'avait plus été joué depuis 2018), en acoustique.

La chanson "Made Again" était de nature à me maintenir en lévitation, mais elle m'aura permis d'atterrir en douceur. Nous assistons à une scénographie qui aurait pu être parfaite pour illustrer l'atmosphère bienveillante entre les participants de notre Convention ; des porteurs de drapeaux arborent les symboles des différentes nations présentes. C'est beau, émouvant et symboliquement très fort. En écoutant les paroles de la chanson ("comme si le monde entier était refait"), on se met à rêver d'une harmonie planétaire. Emporté par une sorte d'exaltation humaniste, j'imaginais naïvement que chaque nation représentée intégrait évidemment un ensemble de peuples avec toutes ses diversités culturelles et sociétales. Pourtant, dans ce beau tableau multicolore agité et joyeux qui se voulait fédérateur, un cheveu sur la soupe. Une faute de gout m'interpelle... Il m'avait semblé que nous étions tous réunis sans distinction de religion ou de mœurs pour partager ensemble une même dévotion musicale. Mais non. Au lieu de préserver cette magie, certains tiennent à revendiquer leur particularité, comme pour s'extraire du Groupe, apparemment pas si fusionnel que cela. Brandir le symbole partisan aux couleurs LGBT+qq'z…&yxw#@+ ect... m'a paru aussi clivant et incongru s'il y avait eu un symbole BTHAE (lisez Blanc, Tolérant, Hétéro, Apolitique, Ecolo). On n'était pas réuni ici pour revendiquer autre chose que le droit au bonheur pour tous…

En passant ainsi de l'apesanteur à la pesanteur, je suis assis, déconcerté pour assister au dernier titre de la dernière Convention. Fort heureusement, "The Leavers" me permet de balayer ce tracas vigoureusement ; il demeure un de mes titres préférés de son album. A la fois pour ce qu'il relate et pour sa musique, en plusieurs mouvements nuancés. Au sommet d'un crescendo, l'expulsion de milliers de confettis en forme de cœurs pose un point d'orgue de toute beauté finale.

L'auditoire a beau claquer des mains et chanter le dernier refrain en guise de rappel, les lumières se rallument, les enceintes balances à fond une bande son masquant toute velléité de résistance. C'est la fin.

Voici donc le programme de vingt titres qui nous a été délivré :

PROGRAMME

  1. The King of Sunset Town (Seasons End, 1989)
  2. Slàinte Mhath (Clutching at Straws, 1987)
  3. Script for a Jester's Tear (Script for a Jester's Tear, 1983)
  4. The Uninvited Guest (Seasons End, 1989)
  5. Easter (Seasons End, 1989)
  6. Holloway Girl (Seasons End, 1989)
  7. Berlin (Seasons End, 1989)
  8. Seasons End (Seasons End, 1989)
  9. Kayleigh (Misplaced Childhood, 1985)
  10. Lavender (Misplaced Childhood, 1985)
  11. Bitter Suite : III Blue Angel (Misplaced Childhood, 1985)
  12. Heart of Lothian : I Wide Boy (Misplaced Childhood, 1985)
  13. The Space (Seasons End, 1989).

RAPPEL

  1. The Crow and the Nightingale (An Hour Before It's Dark, 2022) (avec chœur)
  2. Go! (marillion.com, 1999) (avec chœur)
  3. Man of a Thousand Faces (This Strange Engine, 1997) (avec chœur)
  4. Care (IV) Angels on Earth (An Hour Before It's Dark, 2022) (avec chœur)

RAPPEL 2:

  1. Faith (Somewhere Else, 2007)
  2. Made Again (Brave, 1994).

RAPPEL 3:

  1. The Leavers: V. One Tonight (F E A R.), 2016).

La plupart des mines sont réjouies après un concert d'une telle intensité. Pour ma part, je suis partagé entre sentiments de joie et d'amertume mêlés. On s'attarde sur les gradins et en fosse, on se dandine sur fond sonore des bandes sons (Focus, Queen, …).

L'heure des bilans approche. Comme tous les soirs, les mélomanes se séparent selon leur choix de fin de soirée, de fin de Convention cette fois. Nous écartons l'option "rockaoké" à l' "Adventure Factory", jugée un peu trop bruyante et agitée. Nous respectons notre rituel de fin de Convention en optant pour "chill & chat zone", au "Market Dome". C'est là où notre microcosme s'attarde traditionnellement pour marquer la fin de l'aventure avec une photo souvenir et partager un dernier verre d'amitié.


LUNDI 17 MARS 2025.

Le lendemain est forcément douloureux. Un peu de pudeur ne me fera pas de mal, je tais donc la morosité et les sourires figés (forcés) au moment des embarcations, des séparations. La route m'en parait d'autant plus longue et pensante.

A LA MAISON.

On ne ressort pas indemne d'une telle expérience. Selon les états d'esprit, c'est soit le bonheur du vécu, soit la mélancolie du passé qui prend le dessus. Mais en tout état de cause, les images et les sensations ne manqueront pas d'être soutenus, notamment grâce un DVD-BluRay qui manquera pas de paraitre dans les semestres à venir… wait and see.