lundi 26 octobre 2026

ROBERT JON & The Wreck – Spirit of 66 (Verviers) – le lundi 26 octobre 2026.

Alors, à défaut de nous rendre aux Etats-Unis, s'il y a bien un endroit où nous souhaitions assister à un concert de ROBERT JON & The Wreck, c'est bien au Spirit of 66 ! Avec ma P'tite Fée, nous étions déjà venus au Spirit of 66 à l'occasion de onze évènements, mais ces derniers temps, nous en sortions en nous disant "T'imagines, si nous pouvions assister à un concert de RJW ici !..."

Ces Américains sont invités par Look at Music ASBL dans ce bar belge qui a su recréer une ambiance similaire à celle de ses homologues d'Outre-Atlantique ; un cadre idéal donc. Le lieu mythique peut s'enorgueillir de l'accueillir pour la neuvième fois, depuis 2016 ! Un regard sur l'évolution de l'affluence à l'occasion de ses concerts, est éloquent : 49 tickets le 31 mai 2016, 58 tickets le 24 octobre 2018, 71 tickets le 13 juin 2019, 181 tickets le 2 mai 2022, 272 tickets le 22 février 2023, complet les 11 septembre 2023, 8 juillet 2024, 16 avril 2025 et enfin ce soir !!!!

RJW sillonnait déjà nos contrées depuis le printemps 2015 (dès le 8 avril 2015, au The Blue Devil's à Arras) et n'a jamais cessé de revenir depuis, mais nous ne l'avons découvert que le dimanche 10 septembre 2023, grâce à sa renversante participation au Festival RAISMESFEST. Durablement marqués par cette prestation, nous sommes allés à son concert du samedi 16 novembre 2024 au Trabendo. Ce cadre resserré a achevé de nous convaincre, que nous tenions les Sauveurs du genre, et qu'il s'agissait d'un nouveau groupe à inscrire sur notre répertoire des artistes incontournables !

Je dois rappeler ici que mon engouement est d'autant plus exalté, qu'au fil des décennies j'avais fini par me persuader que le rock dit "sudiste" était mort avec ses protagonistes. De façon inespérée, ROBERT JON & The Wreck a ressuscité la Flamme !

Ce quintuor a été fondé en février 2011, dans le comté d'Orange, en Californie, (non pas en Alabama, comme ses sonorités blues rock et rock sudiste pourrait le laisser imaginer !). Un premier album autoproduit, intitulé "Fire Started" est paru le 2 Septembre 2011.

La discographie de ROBERT JON & The Wreck est déjà dense ; le neuvième album studio "Heartbreaks & Last Goodbyes" est paru le 22 aout 2025. Parallèlement à celle-ci, des parutions intermédiaires constituent les "Wreckage" ; ce sont des compilations de titres joués en concert, ou de reprises, ou de monoplages inédits. Le régal est autant garanti ! Le troisième volume est paru ce 1er mai 2026.

Forgés par et pour la scène, ces gaillards étaient déjà venus promouvoir l'album en début d'année ; nous avions ainsi assisté à un concert fabuleux à l'Alhambra de Paris le mercredi 22 avril 2026 ! L'étape de Verviers constitue la dernière d'une tournée d'automne européenne de vingt-deux dates (dont cinq françaises), qui a débuté le 2 octobre à Cambridge (Angleterre). Les Américains rentrent au Pays pour entamer une nouvelle tournée dès le 9 novembre à Salt Lake ! 

C'est un lundi, en fin de mois, ce qui rend notre disponibilité compliquée. Cependant, nous n'avons pas tardé à nous procurer nos tickets, dès le 13 mai dernier ! Soyons fou !

Après une route enchantée de quelques quatre cents kilomètres de bitumes, nous filons vers nos étapes traditionnelles ; La Fringale notre friterie favorite, puis Chez Maguy, à l'hôtel des Ardennes, pour une pause nécessaire avec une soirée qui s'annonce chaude.

Ouverture des portes : 19h. Nous choisissons le Plaisir masochiste d'un emplacement au bord de la scène sur la gauche pour être aux pieds du guitariste prodige. Certes, nous serons debout et proche des enceintes, mais c'est la contrepartie pour capter les ondes et les humeurs d'une soirée qui s'avèrera exceptionnelle !

ROBERT JON & The Wreck [20h35-21h20 + 21h50-23h05]
https://robertjonandthewreck.com/

Nous retrouvons donc Robert Jon Burrison (chant, guitare), entouré d'Andrew Espantman (batterie, chœurs depuis 2011), Henry-James Schneekluth (guitare solo, chant, depuis 2017), Warren Murrel (basse, depuis 2017), et Jake Abernathie (claviers, depuis le 16 avril 2023).

Très soucieux des réglages, en dépit de l'impatience du public, les musiciens prennent consciencieusement le temps d'accorder l'ensemble avant d'entamer les festivités avec un bouillonnant "Waiting for Your Man", issu de leur "Wreckage, vol2". Dès lors, nous comprenons que nous allons vivre un de ces évènements inoubliables ; le son, le cadre, l'ambiance, tout se prête à la fête. Certes, en ce qui nous concerne, compte tenu de notre emplacement, nous estimons opportun de nous protéger les oreilles. L'exigence des artistes les porte au début à réclamer quelques ajustements à la console, mais franchement rien de perceptible à mon niveau.

Notre préférence pour les premiers rangs vaut autant pour admirer la virtuosité, les techniques employées, que pour distinguer les humeurs des artistes. Comme d'hab' le visage de Robert Jon Burrison demeurera figé, et tendu ; il est concentré dans sa quête de perfection. Sa peau juvénile cachée par une barbe hirsute ne se détendra qu'à la fin, une fois le devoir accompli !! Le contraste est saisissant en observant le pur plaisir évident du batteur Andrew Espantman ; en voilà un qui est heureux ! Idem pour Warren Murrel le bassiste au large sourire émaillé dont le regard souvent pointé vers le plafond, demeure maqué par des lunettes de soleil ; à tel point qu'il continue de me rappeler Stevie Wonder ou Gilbert Montagné ! Jake Abernathie, qui est le dernier arrivé dans la bande, s'implique admirablement pour parvenir à alterner ses chœurs et ses accords et contribuer à entretenir ce parfum bluesy qui caractérise cette Musique enivrante.

Last but not least, nous nous sommes régalés du talent immense, époustouflant du guitariste Henry-James Schneekluth. Nous admirons beaucoup d'autres guitaristes bien sûr, et il ne serait pas opportun de les comparer car chacun s'exprime dans son style et avec ses sentiments. Mais pour ma part, Henry-James continue de me sidérer par tant de vigueur et d'envie. Il ne s'arrête pratiquement jamais, soli ou pas, il semble infatigable ! De surcroit, le bougre se permet de participer aux chœurs, accentuant ainsi les intonations typiquement américaines. Le personnage constitue la perle du groupe (sans dénigrer les autres) et cependant il nous semble modeste, loin de toute exubérance inutile, avec une apparence décalée sortie des années 70. Il joue et vit ses notes avec sincérité et émotion. Avec une dextérité admirable, alternant l'usage ou non du médiator, ses doigts galopent inlassablement sur l'instrument, ou le bottleneck vient frotter le manche pour accentuer encore les atmosphères bluesy. Et sans oublier les duos typiquement sudistes avec Robert, un pur régal dont je ne me lasserai jamais !

La tessiture de Robert est parfaitement calibrée pour exprimer les atmosphères sudistes, en tous cas pour évoquer un parfum d'ambiances imprégnées de whiskey et de sables chauds. Sans prompteur, avec sincérité et conviction, il chante son quotidien, avec une forme de mélancolie inhérente au blues. Avec les chœurs de ses trois complices (sauf le bassiste !) le dépaysement est garanti. Même si j'adorerais assister à une prestation soutenue par des choristes féminines, dans la tradition d'un certain LYNYRD SKYNYRD… ça m'arrivera peut-être, en tous cas, cela s'est déjà produit notamment à l'Ancienne Belgique (DVD). Mais bon, on imagine aisément les frais occasionnés.

Les influences sont perceptibles, pourtant la musique de RJW dégage un fort sentiment de fraicheur et entraine sans lassitude son auditeur dans les contrées lointaines ; peu importe qu'elles soient d'un authentique Sud profond ou de la côte Ouest. Ces atmosphères nous font voyager à moindres frais ; Qui oserait s'en plaindre ? Pas nous.

Fait notable, car de plus en plus rare, il suffit de lire les programmes des autres dates pour remarquer une honorable audace ; RJW s'évertue à modifier sa liste à chaque étape de sa tournée ! Bien sûr, il y a bien quelques titres devenus incontournables, tels que "Cold Night", "Oh Miss Carolina" ou "Do You Remember", mais au-delà de cet "impératif", force est de constater que le groupe aime modifier chaque jour son programme, sans doute pour éviter la lassitude sur leurs longues, longues tournées. Cette démarche serait de nature à inciter ses admirateurs de suivre le groupe, en mode musicotourisme…

L'auditoire du Spirit exulte, chavire de bonheur, chante et ovationne ardemment. Il y a de quoi. Le groupe publiera le lendemain un message particulièrement reconnaissant pour nos amis belges qui ont bruyamment acclamé la prestation !

Nous avions a priori le sentiment de vivre un privilège. Tant en raison de la qualité des interprétations, et des titres chantés. Des chansons rarement interprétées, tels que "Hurricane" (une première, si j'ai bien capté la présentation par Robert), ou "Highway", "Arroyo", et "One Last Time". De surcroit, un regard sur les listes des autres concerts de cette tournée européenne démontre que ROBERT JON & The Wreck nous a accordé, pour cette dernière date, un bouquet final inouï ! D'après ce que j'ai pu consulter, les programmes habituels ne dépassaient jamais les quinze ou seize titres maximum !....

Subdivisé en deux actes, et sans première partie, le concert fut un pur régal durant plus de deux heures ! Le programme fut un royal florilège de vingt titres issus de huit albums parus depuis 2015. Dont six issus de "Heartbreaks & Last Goodbyes", trois de "Glory Bound", trois de "Last Light on the Highway", trois de "Red Moon Rising", deux de "Shine a Light on Me Brother", un de "Ride into the Light", un de "Wreckage, Vol. 2", et un de "Wreckage, Vol. 3".

PROGRAMME

Acte 1 [20h35-21h20] :

  1. Waiting for Your Man (Wreckage, Vol. 2, 2022)
  2. Blame It on the Whiskey (Glory Bound, 2015)
  3. Arroyo (Wreckage, Vol. 3, 2026)
  4. Sittin' Pretty (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  5. Highway (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  6. Dark Angel (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  7. Keep Myself Clean (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  8. Ashes in the Snow (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025)
  9. Heartbreaks and Last Goodbyes (Heartbreaks & Last Goodbyes, 2025).

Acte 2 [21h50-23h05] :

  1. The Devil Is Your Only Friend (Glory Bound, 2015)
  2. Stone Cold Killer (Red Moon Rising, 2024)
  3. Bring Me Back Home Again (Ride into the Light, 2023)
  4. Life Between the Lines (Red Moon Rising, 2024)
  5. Ballad of a Broken Hearted Man (Red Moon Rising, 2024)
  6. One Last Time (Last Light on the Highway, 2020)
  7. Hurricane (Shine a Light on Me Brother, 2021)
  8. Oh Miss Carolina (Last Light on the Highway, 2020)
  9. Do You Remember (Last Light on the Highway, 2020).

RAPPEL :

  1. Shine a Light on Me Brother (Shine a Light on Me Brother, 2021)
  2. Cold Night (Glory Bound, 2015).

La soirée était déjà excellente, pourtant notre attente hasardeuse nous a permis de parachever notre ivresse de bonheur (et la seule bière Spirit of 66, servie à la pression, n'y fut [!] pour rien !). Les musiciens sont tous descendus recueillir nos louanges et serrer les mains chaleureusement ; les gaillards sont d'une gentillesse et d'une simplicité que je n'aurais pas osé espérer. Ils ont pris le temps de décoder mes propos franglais et sans doute maladroits et accepter des portraits d'anthologie avec moi et avec ma P'tite Fée émerveillée. Un pur bonheur !

Petite déception, je m'y attendais, l'échoppe de cette dernière étape européenne dispose d'une offre restreinte,  dépourvue de tailles du t-shirt de tournée qui est pourtant attrayant. Je me suis abstenu d'acquérir une taille bien trop ample. Pas d'exemplaire de CD du "Wreckage, volume I".

Alors bien évidement, à la fin on dit "vivement une dixième édition, ici même" ! Mais, dans les discussions on a bien compris que le groupe est en pleine expansion ; il est à craindre que tout cela risque de prendre vite une autre dimension… Ce sera bientôt fini, les Spirit, les Trabendo et autres Alhambra, ces petites salles ou cette Musique s'exprime parfaitement. Bientôt, vu le nombre exponentiel de spectateurs, RJW devra hélas envisager les Zéniths, puis horreur-malheur, les arènes... Ne lisez pas mon récit, oubliez le ; ces Américains sont nuls à chier, incompétents et soporifiques. Oubliez les, n'en parlez pas, laissez-les nous ! Amen.



















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