C'est en 2017
que je remarque l'émotion suscitée par la parution de "Hunt", grâce aux discussions sur
les réseaux sociaux. Immédiatement séduit, il me faudra cependant attendre ce 22 aout 2022 pour pouvoir enfin les
voir sur une scène française, lors du festival Crescendo. Subjugué par leur
prestation et par leur amabilité hors scène, ce concert fut l'un des moments
les plus intenses de l'année.
Je craignais attendre une éternité avant de pouvoir
revoir AMAROK. Et puis, à l'occasion du concert de Mostly Autumn le 16 décembre
au Spirit of 66, nous avons remarqué que les polonais y étaient prévus ce 19 janvier.
En dépit des prévisibles intempéries hivernales, et de la date fixée en
semaine, nous nous étions engagés à venir. Néanmoins, ces deux écueils semblent
avoir été rédhibitoires pour beaucoup, car cette salle de concert d'une
capacité de 350 personnes n'en contenait qu'à peine une quarantaine.
Cette faible affluence est bien regrettable, car l'adage
s'est de nouveau confirmé ; les absents ont toujours tort. Cette splendide
soirée aura marqué nos mémoires ; tant par la qualité du concert, son
atmosphère magique, son rarissime confort d'audition (vu l'espace, j'ai pu me déplacer à volonté en conservant mon point fixe
au bord de la scène !) que par la disponibilité des artistes en fin de
soirée.
Ces polonais méritent une bien plus grande notoriété ;
je me permets de tenter humblement de l'amplifier en rappelant ici leur
parcours. AMAROK est actuellement composé de Michał Wojtas (guitares, harmonium, claviers, thérémine), Marta Wojtas (chœur, percussions), Konrad Zieliński (batterie) et Kornel Popławski (basse, claviers, violon).
Michał Wojtas (né le 23 décembre 1977 à Kielce,
Pologne) est un multi-instrumentiste qui a commencé au piano, très jeune, vite
inspiré par la musique de J. M. JARRE. Il est curieux et s'initie aux guitares,
ou aux instruments de percussion ethniques, au sein d'institutions musicales.
En 1993, il est influencé par Mike OLDFIELD et PINK FLOYD. Dans les années
1996-97, il coopère avec Bartosz Jackowski, guitariste dont les inspirations
lui paraissent similaires, pour des premiers enregistrements encourageants,
avant de passer à d'autres participations.
Fasciné par l'album "Amarok" (1990) de Mike OLDFIELD, il fonde à Varsovie, en 1999,
avec le guitariste Bartosz Jackowski, son nouveau projet musical qu'il baptise AMAROK
et qui aboutira à un premier album
éponyme en 2001. Sa musique peut être définie dans le style art-rock / rock
progressif.
Entre 2001 et 2004, AMAROK a sorti trois albums.
Depuis 2003, la formation s'est transformée en projet solo de Michał. Son
parcours initiatique lui a permis de nouvelles inspirations avec notamment Mark
KNOPFLER et Jeff BECK, avant de collaborer en studio avec des artistes tels que
Colin Bass (Camel), Mariusz Duda (Riverside, Lunatic Soul) entre autres. Au
cours de ses prestations, AMAROK a eu l'occasion de jouer sur la même scène que
Nick Mason (Pink Floyd), Gazpacho, Bjørn Riis, Riverside et d'autres groupes.
Cependant, ce n'est qu'après une pause de douze années,
que le quatrième album d'Amarok, "Hunt",
est paru le 23 juin 2017.
Les invités spéciaux étaient à nouveau Colin Bass et Mariusz Duda. Marta
Wojtas, qui a écrit les paroles, a également rejoint la composition du groupe de
façon permanente. C'est avec cet admirable opus, que j'ai acquis dès le 28 aout
de la même année, qu'AMAROK me séduit.
En 2019, Michal a collaboré avec le chorégraphe
britannique James Wilton ; ce qui a donné lieu au cinquième album "The Storm", paru le 24 mai 2019, pour le spectacle du même
nom.
À partir de 2021, AMAROK a élargi la composition du
groupe en intégrant deux musiciens supplémentaires Konrad Zielinski et le multi-instrumentiste Kornel Poplawski.
Le sixième
album d'AMAROK, "Hero", paru
le 15 octobre 2021.
LE
CONCERT [20:30-22:27]
L'acoustique de cette salle mythique n'est plus à
démontrer, et la sonorisation fut parfaitement maîtrisée ; ce qui aboutit à un
concert absolument fantastique. L'espace n'offre pas de grande possibilité
d'éclairage ni de mise en scène, mais la luminosité me parut parfaitement
adaptée au besoin de la prestation. Mes prises d'images peuvent en témoigner.
Le premier volet de la soirée porte sur la période "Hunt", qui nous permet de retrouver aisément les sensations similaires à celles vécues lors leur concert à Saint-Palais. Michal et Kornel sont de remarquables multi-instrumentistes qui savent faire valoir toutes les harmonies avec virtuosité. Marta, avec une bienveillante attention, garantit l'alternance des atmosphères tantôt subtiles, tantôt dansantes, en complicité avec les frappes délicates ou fracassantes de Konrad
Comme une articulation, le titre "The Storm" précède le second volet
qui promeut le dernier opus "Hero",
paru déjà depuis dix-huit mois.
Assister à l'interprétation fidèle de ces merveilleux titres
sur scène, constitue un pur régal auditif et visuel. Je ressens peut-être
encore davantage cette belle fusion de ses influences de Marc Knopfer pour la
guitare, et de Jean-Michel Jarre pour les claviers. L'usage de l'harmonium, du
thérémine, et (dans une moindre mesure) des percussions (gong, bâtons de pluie)
de Marta et du violon, est assez peu courant pour attirer mon attention admirative. Pas de bande-son, seulement la
pleine exploitation de leurs instruments ; l'échange de pupitres notamment
lorsque Kornel se substitue à Michal au clavier en est un bel exemple.
L'effleurement du thérémine par Michal, ou du gong par
Marta, ou les accords de violon de Kornel et ceux de Michal à la guitare, les
frappes délicatement mesurées de Konrad constituent des sonorités particulièrement
délicates qui contribuent à faire chanceler les esprits. Les deux moments que
j'attendais le plus n'ont pas manqué de me réjouir au plus haut point ; "Hail ! Hail ! Al" et surtout "The Dark Parade" qui nous entrainent
dans un crescendo vers un irrésistible maelström avec une rythmique tribale. Et
cependant, je n'ai pas boudé mon plaisir lors de titres plus calmes et
atmosphériques, tel que " The Orb"
ou encore "What You Sow"
durant lequel Marta montre une chorégraphie élégante avec un ruban, histoire
d'accentuer encore l'impressiononirique.
La répartition astucieuse de ces titres nous ont fait oublier que le temps
passe ; ces deux heures sont passées bien trop vite !
L'auditoire est évidemment ravi et le fait entendre
par une ovation enthousiaste et bruyante, malgré le faible effectif. Les
sourires des artistes montrent qu'ils sont heureux d'avoir partagé cette soirée
avec nous. Ce que me confirmera Michal à l'échoppe ; peu importe le nombre,
pourvu qu'il y ait communion de bonheur.
Leur prestations de ce soir est comparable à celle du
Crescendo mais comprend toutefois deux titres supplémentaires "Idyll" et "The Song of All Those Distant". Parmi
les quinze titres interprétés ce
soir, on aura écouté l'intégrale (les sept)
de "Hero", cinq issus de "Hunt", deux de "The Storm"
et un de "Metanoia".
PROGRAMME Anonymous (Hunt, 2017) Distorted Soul (Hunt, 2017) Idyll (Hunt, 2017) Winding Stairs (Hunt, 2017) Nuke (Hunt, 2017) The Storm (The Storm, 2019) It's Not the End (Hero, 2021) Surreal (Hero, 2021) Hail! Hail! AI (Hero, 2021) The Orb (Hero, 2021) Hero (Hero, 2021) The Dark Parade (Hero, 2021) What You Sow (Hero, 2021). RAPPEL : The Song of All Those Distant (The
Storm, 2019) Metanoia (Metanoia, 2004).
On se retrouve à leur échoppe pour échanger nos impressions. Je me procure un CD (The Storm) qui me manquait encore et un t-shirt (même s'il n'est pas daté au dos, pour une fois ; je tenais à leur montrer mon soutien !). Les portraits s'imposaient pour se souvenir de cette si belle soirée ! Surtout qu'en leur rappelant l'attente d'une date parisienne, je n'y crois pas trop en réalité…
Quelle magnifique occasion de débuter le calendrier de
nos concerts rock de l'année 2023 !
Impatients de revoir notre groupe français favori, toutes
catégories confondues, nous avions réservé très rapidement notre ticket pour
assister au concert de LAZULI, sans nous soucier des 460 km qui nous séparent
du site, ni du cadre dans lequel il se déroulerait.
Ce n'est que la semaine précédant le dit concert que
nous réalisons l'intitulé de l'événement… mystérieusement dénommé "Enneade & Friends Épisode 1". Tiens,
qu'est-ce donc ? Je me renseigne et reste perplexe sur une première définition
: "l’Ennéade (Pésédjet, en égyptien)
est le groupe des neuf divinités rassemblant toutes les forces présentes dans
l’univers : le démiurge Atoum, l’humidité Tefnout, l’air Shou, la terre Geb, le
ciel Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephthys." Allons bon, 'manquait plus
qu' ça ; serions-nous impliqués dans un culte tout droit sorti de la mythologie
égyptienne ?!… Plus sérieusement, nous réalisons alors l'existence d'un groupe
français, lyonnais qui plus est, dont nous n'avions encore jamais entendu
parler… Âaaaah, encore une belle occasion de rendre Grâce à nos chers médias
dits "culturels" français ;
nous connaissons tous les pires bouffons de notre scène soi-disant artistique,
mais des musiciens œuvrant fidèlement dans le rock progressif depuis plus de
deux décennies, que nenni !…
Bref, sempiternel sujet qu'il vaut mieux surmonter, sous
peine de se vautrer dans la dépression. Réjouissons-nous plutôt de cette belle
initiative de Laurent Wilb,
promoteur d'ENNEADE, mais aussi fondateur de Splintering Booking Agency.
Cette récente agence aspire à promouvoir des artistes et d'organiser leurs
prestations. Elle a ainsi permis de réunir ce soir trois groupes français WEDINGOTH,
ENNEADE et LAZULI.
Un Flexbus emmène notre couple à Lyon-Perrache,
moyennant 10 € (soit 40 € pour deux
aller-retour), et une chambre d'hôtel nous accueille moyennant 59 €. Nous
aurions bien eu tort de ne pas effectuer ce déplacement compte tenu de la modique
dépense !
Une partie de notre cher microcosme se donne
rendez-vous dans un Ninkasi du coin pour
se réjouir de l'évènement autour d'une bonne bière locale. Puis, nous
traversons le campus étudiant pour parvenir à La Rotonde. L'amphithéâtred'une capacité de 378 places assises s'avérera
doté d'une acoustique excellente. Nous prenons place en hauteur, juste au pied
de la console de sons.
Il semble que l'Organisation soit satisfaite du
remplissage ; c'est une bonne nouvelle qui laisse présager un épisode 2. Les
réglages de son ayant pris un peu de retard, la soirée débutera avec une p'tite
dizaine de minutes plus tard que prévu.
Français, mais anglophone, ce groupe lyonnais m'était
inconnu ; la consultation de leur site m'apprend qu'il se définit en tant que "projet musical rock/metal/progressif basé
sur l'ouverture, le mélange des styles, dont le credo revendiqué est
l'éclectisme". Steve Segarra
est actuellement entouré du batteur Stéphane Rochas, de la bassiste Manon Fortin,
et de la chanteuse Céline Staquet.
Un premier concept album, intitulé "Candlelight", est paru en décembre 2009. Un accueil favorable a facilité
la parution d'un deuxième, intitulé "The
Other Side" en mars 2012,
puis d'un troisième, intitulé "Alone
in the Crowd" en octobre 2016.
Leur quatrième album "Five Stars Above" est paru ce 10 janvier
2023.
La sonorisation est équilibrée et rend les pupitres
audibles. L'éclairage est limité et sombre mais suffisant pour distinguer le
jeu des musicien. En fond de scène un écran montre images animées et textes en
rapport avec les titres. La scène, bien que quelque peu encombrée du matériel
des artistes suivant, leur laisse un bel espace d'expression.
Les conditions semblaient ainsi réunies pour leur
permettre de promouvoir leur récent album, dans une ambiance bienveillante. Visionnée
en préalable, leur vidéo promotionnelle "Cross the Mirror", dont les allusions à "Fear of the Blank Planet" ne
pouvaient que séduire l'admirateur de Porcupine Tree que je suis, m'avait inspiré
un a priori favorable.
Mes récits demeurent une simple expression de mes
impressions personnelles. J'aurais aimé sincèrement pouvoir vanter leur prestation,
mais en dépit de bonnes séquences, WEDINGOTH ne nous aura pas enthousiasmés.
Certes, les soli de Steve Segarra démontrent
un réel talent. Mais la section rythmique ne nous a pas toujours semblé à-propos
et du coup, il aura manqué la flamme, la vivacité. Un manque de souffle encore
aggravé par quelques soucis de justesse et de précision. L'usage très abusif de
bandes-son, avec des voix, des guitares et même des rythmes préenregistrés a
achevé de nous agacer. Céline Staquet
a semblé particulièrement émue à l'évocation d'un proche (?) disparu ; dans de
pareils cas, soit on en dit trop soit on en dit pas assez. En l'occurrence, le
spectateur était mal à l'aise sans savoir pourquoi. Cet instant pathos n'a rien
arrangé quant à l'impression ressentie par notre rangée…
Toutefois, le public prog, même exigeant, n'en demeure
pas moins poli. Les applaudissements auront rassuré un tant soit peu Steven qui,
a mon humble avis, aura des boulons à resserrer dans son groupe pour convaincre
davantage.
Ils ont fait le choix de présenter sept des neuf titres
de l'album "Five Stars Above" paru il y a quelques jours. Etonnamment, le titre Cross the Mirror n'a pas été interprété
ce soir.
PROGRAMME Dear Universe (Five Stars Above, 2022) Masterpiece of Life
(Five Stars Above, 2022) Dear Man on Earth (Five Stars Above, 2022) Time (Five Stars Above, 2022) The Space Man (Five Stars Above, 2022) I Don't Care (Five Stars Above, 2022) Love (Five Stars Above, 2022).
Une collation, proscrite dans l'enceinte, est prise
dehors, sous un abri de fortune pour éviter la pluie. Même la boisson étant
proscrite, je me vois contraint à ingurgiter ma bière cul-sec … (toujours sous la pluie !). Ces tracas
m'empêchent d'arriver avant le début du concert suivant. Peut mieux faire côté
confort …
Groupe français, lyonnais mais anglophone, Enneade a
été fondé en 1996 à l’initiative de
Frédéric Lacousse, Gines Jimenez et de Georges-Marc Lavarenne.
L'annonce de cette prestation ayant animé ma
curiosité, j'avais trouvé le temps d'écouter les trois albums sur YouTube. Autant
l'avouer de suite, l'écoute de leur troisième album, puis de leur premier et
enfin de leur deuxième m'a séduit par leur éclectisme. J'y entends de
nombreuses références issues du rock progressif avec ses sonorités ambitieuses à
la fois complexes, mélodiques et cependant originales qui ne peuvent que
retenir mon attention. Un zeste de GENTLE GIANT (notamment "Grand Buffet") par-ci, un autre de
KING CRIMSON par-là, ces évocations me ramènent aussi parfois à d'autres
artistes, tels KARCIUS.
La consultation de leur biographie montre que le
groupe a commencé par enregistrer trois démos : "Shades of Death" (1996), "King of Silver" (1998) et "Tunis Area" (2001). Puis ils signent sur le label Musea, ce qui leur permet de faire
paraitre, fin 2005, leur premier
album complet "Remembrance",
dont les quatre titres montrent déjà une identité affirmée avec talent ; un gros
son de basse, des accords ciselés de guitares, une batterie, puissante
déroulent des mélodies nuancées. Six années plus tard, en septembre 2011, parait le deuxième album "Teardrops in Morning Dew" qui me semble toujours aussi polymorphe,
mais un peu plus metal aux sonorités Sabbathienne. On ne pourra pas les accuser
de bâcler leur musique puisqu'il faudra attendre encore plus de dix années pour
assister à la parution du troisième opus "Withered Flowers And Cinnamon" ce 29
avril 2022. Entre temps le co-fondateur Gines Jimenez a quitté le navire,
ce qui ne semble pas avoir altéré la qualité du groupe. L'album comprend cinq
titres aux ambiances moins metal mais toujours variées, puissantes et
mélodiques, dont les enchainements me paraissent plus cohérents, démontrant
ainsi une belle maturité. Le chant de Christian Greven me semble s'améliorer et
se montrer plus expressif. Les sons de mellotron, de synthétiseurs analogiques
et de xylophone accentuent encore leur tendance à baigner dans le rock
progressif des années 70. L'apport du saxophone constitue un pigment
supplémentaire à ce beau panel !
Le groupe devenu quintuor se compose aujourd'hui de Julien
Fayolle (basse), Christophe Goulevitch (guitares), Christian Greven (chant et claviers), Frédéric Lacousse (batterie, percussions,
marimba, xylophone), Georges-Marc Lavarenne
(guitares, mellotron, chœurs). Aujourd'hui, ils seront rejoints sur scène par Gines
Jimenez à la guitare (ila
rejoint ses anciens complices sur les anciens titres), et Olivier Sola aux saxophones (alto et sopran).
La sonorisation est très bonne, même si le chant ne
nous a pas semblé assez perceptible ; le doute subsistera sur la cause de cette
impression, le timbre insuffisant de la voix ou le micro sous mixé. L'éclairage
était densifié pour cette deuxième prestation. Un écran diffusait quelques
plans fixes. Même si l'effectif est supérieur à celui de la prestation
précédente, la scène continue d'offrir un bel espace d'expression aux
musiciens.
Conforme à mes premières impressions, la musique de
ces valeureux lyonnais m'a séduit. Ces rythmes déjantés et jazzy sont
interprétés avec concentration mais décontraction et sourires complices. Les
mélomanes disciples du genre, dont je suis, ont pu savourer ces compositions
sophistiquées et mélodiques.
Parmi le public se trouvent des adeptes de différentes
chapelles du prog qui ont moins apprécié cette prestation que moi, mais ces
nuances d'appréciations démontrent une nouvelle fois toute la richesse de notre
univers musical !
Les trois albums sont représentés durant le concert. Parmi
les sept titres choisis, quatre sont issus du récent "Withered Flowers and Cinnamon"
(2022), deux de "Teardrops in Morning Dew" (2011),
et un de "Remembrance" (2005).
PROGRAMME 1 - Foul Taste of Freedom (Withered Flowers and Cinnamon, 2022) 2 - The Dreamscape Part III -
Farewell Goodbye (Remembrance, 2005) 3 - The Message (Teardrops in Morning Dew, 2011) 4 - The Shape (Teardrops in Morning Dew, 2011) 5 - Tinkling Forks (Withered Flowers and Cinnamon, 2022) 6 - Grand Buffet (Withered Flowers and Cinnamon, 2022) 7 - Illumination (Withered Flowers and Cinnamon, 2022).
Je profite de l'entracte pour me procurer deux CD à
leur échoppe ; je leur fais dédicacer le plus récent.
Même si j'ai découvert et admiré tardivement ce
merveilleux quintuor français et
francophone au début des années 2010, alors qu'il existe depuis 1998, je m'en revendique
volontiers ardent promoteur. Chacun de ses albums, chacun de ses concerts est
un enchantement. Les mots nous interpellent et les notes nous ensorcellent. Les
sept concerts auxquels j'ai eu la chance d'assister depuis lesamedi 5 aout 2017 constituent toujours une parenthèse
de volupté dans un monde de brutes. Ils expriment et défendent avec une ferveur
poétique des idées louables, voire utopiques, qui permettent d'imaginer un
monde meilleur. Même si mon esprit cartésien, critique et sceptique reprend
vite le dessus lorsque je m'éloigne de leur Univers envoutant, je leur sais gré
de contribuer à prolonger les fonctions de leurs ancêtrestroubadours en nous divertissant des réalités.
Cependant, leur manque de notoriété en France, alors
qu'ils sont tellement reconnus outre-Rhin et outre-Manche, reste pour moi un
sujet d'exaspération. Pour l'avoir vécu deux fois au NOTP de Loreley, être
français parmi un public allemand et international me procure un curieux
mélange de honte, de fierté et d'admiration. Honte d'appartenir à un peuple
manipulé par ses média prétendument spécialisés, inculte et ingrat. Fierté de
soutenir le succès d'un groupe francophone à l'étranger. Admiration de
constater le résultat de tant d'années d'obstination à créer leur musique aux
sonorités atypiques, exprimées par cinq excellents musiciens aux pupitres
divers ; léode, cor d'harmonie bidouillé, marimba, percussions, en plus des
instruments basiques. Je m'agace (doux
euphémisme) de constater que cette part de commentateurs, élite d'inquisiteurs
prompte à condamner toute discrimination, me semble bien amorphe et apathique
lorsqu'il s'agirait de souligner la cohésion du groupe autour de Claude et de
sa léode. Rappelons que cet instrument, créé pour palier au handicap de Claude
causé par un accident de moto, demeure unique sur la scène musicale. Sa
lutherie, en érable mouchetée, comprend sur son manche des canaux sensibles aux
déplacements et à la pression des doigts. Le cœur de la léode, placé dans le
bas de l’instrument, permet de gérer l’accordage, la vélocité, la sensibilité et
le système d’exploitation MIDI (Musical
Instrument Digital Interface). Ce matériel demeure délicat et fragile voire
capricieux, mais il produit des sons qui contribuent largement à l'identité du
groupe.
Après leur magnifique concept-album "Le Fantastique envol de Dieter Böhm"
paru en 2020, leur annonce d'un nouvel opus excite encore mon impatience. Il
devait être disponible à partir du 18 janvier, mais c'est un pur bonheur que
d'en disposer dès aujourd'hui à l'échoppe ! Dominique nous annonce qu'il en est
lui-même (heureusement) surpris ! Bien évidemment, nous nous ruons sur l'objet
convoité opportunément intitulé "Onze".
J'aurais pensé "Dix" mais
le groupe considère que l'album acoustique paru pendant la Pandémie constitue
un opus à part entière…Soit. Très bel objet, il s'agit d'un livret dont les
pages montrent les textes de manière lisible et agréables à consulter. Nous le
ferons dédicacer après le concert. Il nous tarde déjà d'en écouter le contenu !
Je retrouve donc ce soir, avec un authentique bonheur,
Dominique Leonetti (chant, guitare,
depuis 1998), et Claude Leonetti
(léode, depuis 1998), entourés de Vincent Barnavol
(batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020).
Dominique peine à calmer les acclamations déjà enthousiastes
de leur admirateurs impatients, mais il parvient à nous annoncer que ce soir
nous assisterons à la dernière interprétation intégrale de "Le fantastique envol de Dieter Böhm",
puis à neuf des onze titres du
nouvel album, dont cette soirée constituera le lancement.
Dans ce bel écrin, la sonorisation fut parfaitement
réglée par Ali Laouamen pour contribuer à un concert de rêve ! Elle nous a
semblé toutefois un peu trop puissante sur la seconde partie, mais rien de
rédhibitoire toutefois. Arnaud (guitare) et Romain (cor) semblent avoir eu des
petits soucis mais peu perceptibles du public. Un éclairage peu coloré mais
très lumineux permit aux auditeurs de percevoir les sourires, les expressions
de visages et les implications. En fond de scène, l'écran diffuse les images
encore améliorées par rapport aux concerts du groupe. Bien évidemment, l'espace
de la scène leur est désormais totalement dévolu, le virevoltant Dominique
pourra s'exprimer avec son exubérance naturelle, Arnaud et Romain s'autorisant
quelques incursions dans son périmètre.
Le premier acte fut exécuté à la perfection ; on ne
peut s'empêcher de ressentir une certaine nostalgie aux dernières mesures.
D'autant qu'elles sont magnifiées par le solo étourdissant d'Arnaud !
Quant au second acte, nous étions tous en mode
"découverte". Donc forcément plus attentif, l'excitation était moins
due à l'enthousiasme qu'au sentiment d'assister à une première. Nous aurons
besoin de réécouter ces titres pour les intégrer au répertoire, mais tout cela
nous semble excellent (comme d'habitude !).
Heureusement, ces nouveaux titres étaient entourés de trois plus anciens, à
l'ambiance garantie. Dont l'exotique "Le
miroir aux alouettes" à la fin duquel Dominique est venu nous
haranguer dans les travées !
Avec des membres de leurs familles respectives
présentes parmi les auditeurs, l'atmosphère s'en trouvait encore plus
émouvante. Nous étions fiers de partager ce grand moment du prog français ! Le
public m'a toutefois un peu déçu par son apathie à la fin de "Les courants ascendants", durant
laquelle habituellement il invite et accompagne l'improvisation de Romain et de
Vincent. A entendre les commentaires en sortant, une bonne partie de
l'auditoire semblait découvrir le groupe ce soir ; ceci explique sans doute
cela.
L'ovation du public est évidemment phénoménale,
comment pouvait-il en être autrement ? Après une telle prestation en tous
points parfaits, seul un bonheur intense et expansif pouvait unir l'assemblée,
debout, acclamant bruyamment nos héros !
La prestation se sera déroulée en deux actes mais sans
coupure.
PROGRAMME Le
fantastique envol de Dieter Böhm Sol Les chansons sont des bouteilles à la mer Mers lacrymales Dieter Böhm Baume Un visage lunaire L'homme volant Dans les mains de Dieter. Déraille (Tant Que L'Herbe Est Grasse, 2014) Le miroir aux alouettes (4603 Battements, 2011) Soirée
de lancement de l'album "Onze" Sillonner des océans de vinyle Triste carnaval Qui d'autre que l'autre Égoïne Lagune grise Le Pleureur sous la Pluie Parlons du temps La bétaillère Les courants ascendants (Tant
Que L'Herbe Est Grasse, 2014)
(suivi d'une improvisation au clavier et
à la batterie) Les Mots Désuets. RAPPEL : 9 Mains autour d'un Marimba (Reprise
d'Here Comes The Sun).
Malgré plus de deux heures de concert, l'auditoire
aurait volontiers continué la soirée. Mais, avec humour, Dominique nous
rapporte une opportune expression allemande : "Alles hat ein Ende, nur die
Wurst hat zwei" (Tout a une fin,
seule la saucisse en a deux). Comme tout évènement regrettable, mieux vaut
en rire…
Comme d'habitude ces êtres adorables et disponibles
viennent échanger sourires et propos sur la soirée ainsi que sur leur actualité
musicale. J'en profite pour faire connaissance et certains membres de leurs
familles, dont Aline qui m'a semblé aussi adorable que son mari ! La soirée se
prolonge ainsi en douceur dans la nuit. La séparation est d'autant moins
douloureuse que nous nous reverrons dès le 9 mai prochain, en Belgique !
Nous arrivons à notre hôtel vers 1h30 fatigués mais
heureux. Le lever du corps six heures après s'avèrera pénible mais il fallait
bien rentrer dans notre monde ordinaire…
Depuis un peu plus d'un an, des âmes bienveillantes
avaient attiré mon attention sur des vidéo musicales diffusées sur YouTube,
montrant ce surdoué des claviers. Evidemment impressionné par le personnage, il
est cependant difficile de suivre tous les artistes ; celui-là, comme d'autres,
avait vocation à poursuivre ses prestations à mon insu. J'avais bien vu vaguement
qu'il passait en Europe pour quelques dates, mais mon calendrier était déjà
bien chargé et j'avais donc délibérément négligé ce concert.
Toutefois, en discutant sur les réseaux sociaux j'ai
pressenti le danger de manquer une soirée présentée comme, je cite : "Le 1er concert en France du
"Jimi Hendrix de l'Orgue Hammond" !". Je me suis donc donner
pour objectif d'arriver à temps au New Morning ce dimanche soir, après mon
retour du Spirit of 66 par des routes encombrées, même si cela relevait de la gageure.
Malgré tout, je parviens à me présenter à l'entrée où patiente une petite quinzaine
de mélomanes sous une bruine glaciale de nuit hivernale. En dépit de la raison
de notre présence ici, nous ne pouvons ignorer l'excitation des rues alentour ;
notre public s'étoffera à l'issue de la finale de la coupe du monde de
football.
LE SITE : Situé
au 7-9 rue des Petites-Écuries, au cœur du 10ème arrondissement de
Paris,dans les locaux de l'ancienne
imprimerie du journal Le Parisien, le New Morning est en fait un club dont la
programmation est dédiée principalement au jazz. Il a été fondé en 1981 par
Eglal Farhi, une franco-égyptienne, journaliste enseignante, puis directrice du
club. Depuis le décès de cette dernière en 2010, il est dirigé par sa fille
Catherine Farhi. Des artistes de renom s'y sont produit tels que B. B. King,
Prince, Didier Lockwood, Chet Baker, Pat Metheny, Dizzy Gillespie… Pour ma
part, j'avais découvert ce bel auditorium le 14 mai 2014, à l'occasion d'un
concert atypique en ces lieux, celui du groupe de hard rock espagnol ELDORADO.
Cet établissement dispose d'une capacité de 500 places. (Ce soir, il restait de la place)
Lorsque les portes s'ouvrent enfin, je pensais naïvement
pouvoir me procurer un ticket d'entrée au guichet, mais non. Il m'est demandé
d'en commander un sur internet (26 €), de le télécharger puis de montrer le
code barre. Drôle d'époque décidément ; sans mon portable je ne pouvais tout
simplement pas participer au concert !… Le temps que j'accomplisse la
procédure, évidemment tous les autres me passent devant… Mais bon, ce n'est pas
bien grave car la configuration de l'auditorium offre de bonnes conditions
d'écoute et de positionnement. Une fois admis, j'aurais pu me placer au bord de
la scène, au pied du clavinet, mais je préfère rester un peu en retrait, en me
calant sur la gauche, du côté dudit pupitre.
ROSAWAY [19h45-20h35].
Ce duo français, mais anglophone, fondé en 2017 exprime une musique qualifiée d'électro-pop-jazz et
se compose, d'après les sites consultés, de musiciens anonymes officiant sous
les pseudonymes "Rachel" et
"SteF" ; une présentation
rapide en fin de prestation ne m'a pas permis d'entendre les patronymes. On
n'en saura pas davantage. (Ajout du 15/2/23 : je viens d'apprendre qu'il y a Rachel Ombredane)
Ils ont enregistré trois monoplages, "Walk" (2019), "Midnight" (2021), "Freedom" (2018) et deux mini albums
(4 titres) "Stranger"
(2019) et "Dreamer" (2020).
Une excellente sonorisation a permis au duo de
s'exprimer de manière audible. Les pupitres de micro, flûte et batterie furent
constamment perceptibles. Pour la petite partie de la scène qui leur était
dévolue, le duo dispose d'un éclairage tamisé, mélange de blanc chaud et blanc
froid, mais cependant suffisant pour distinguer les musiciens.
Le duo montre un certain gout pour la mise en scène ; les
deux acolytes se présentent dos à dos, lui, est coiffé d'un large chapeau rouge
écarlate et elle, dotée ma foi d'une jolie plastique, est en soutien-gorge.
Sur le plan musical, très vite, je perçois ce qui va
m'agacer. Comme beaucoup, j'apprécie mieux ce que je comprends. Or, je ne
comprends pas ce recours à une boite à sons ; à la rigueur je le tolèrerais
mieux pour des musiciens de trottoir ou de métro. Oui, je suis de la vieille
école ; ma conception d'un concert, c'est un musicien, un instrument, ou
l'inverse. Un instrument pour plusieurs musiciens, ou un musicien pour
plusieurs instruments. Remplacer ces deux éléments par une machine me parait
incongru et surtout sans âme.
Cependant, je parviens à surmonter cet écueil, et à apprécier
cette musique à la fois légère et dansante, alliant effectivement électro, pop,
et jazz avec une certaine élégance. "Rachel" dispose d'une belle voix
au timbre rappelant souvent le gospel ou la soul. Très à l'aise et expressive
avec sa flûte traversière elle dégage une personnalité captivante et intense.
Quant à "SteF", il occupe son poste de batteur avec une admirable
ferveur, une belle énergie. L'ensemble produit une ambiance entrainante.
Au final je suis donc assez séduit par la prestation, mais
compte tenu du concept j'aurais juste donné une obole dans leur panier en osier,
avant de me précipiter pour attraper mon métro.
Le public s'enthousiasme volontiers et accorde de
belles ovations. Quant à moi j'applaudis poliment pour leur talent individuel
indéniable.
Titres du
programme à déterminer.
LACHY
DOLEY [21h-22h40]
Lachlan R "Lachy"
Doley est né le 21 avril 1978 et a
grandi à Adélaïde (Australie). Chanteur et auteur-compositeur, il a débuté
musicalement avec Clayton, son frère ainé qui se chargeait de l'orgue Hammond,
pendant que lui se chargeait déjà du clavinet. Ils jouent longtemps ensemble,
puis en 2011, Lachy se lance dans un parcours en solo. Il fonde ensuite The Lachy Doley Group en s'entourant
d'un bassiste et d'un batteur, avec lequel il enregistre un album qui parait en
septembre 2013 sous son propre label.
A ce jour, son trio se compose du batteur Jackie Barnes et du bassiste Joel Burton.
Sa discographie est compliquée à déterminer (entre concert
semi-acoustique ou pas, et studio…) mais son album le plus récent est "Studios 301
Sessions",paru le 17
Septembre 2021, chez le label All the
Stops. Cette prestation s'intègre dans une tournée européenne comprenant
neuf concerts en douze jours, dans sept pays. Ils disposent pour seul chauffeur
et technicien de tournée, de Wouter Bakker.
L'acoustique de ce véritable écrin idéal pour les
musiciens, a permis de jouir d'une sonorisation parfaitement adaptée à
l'atmosphère voulue. Un éclairage tamisé, principalement blanc (chaud ou froid)
parfois légèrement irisé, à l'ambiance de club, a mis en valeur les musiciens
et leurs instruments avec sobriété mais efficacité. Seul le mur de fond était parfois
teinté. La scène n'est pas bien grande, surtout au regard de l'agitation
constante de Lachy, mais cela contribue sans doute au trio d'entretenir sa
complicité.
Sa prestation est parfaitement conforme à mes
impressions issues des visionnages de vidéos. Cet artiste vit totalement et
sincèrement sa musique ; on peut dire qu' "il a le blues dans la peau". Il n'en demeure pas moins extraverti
et charismatique ; il n'est pas du genre enfermé dans une mélancolie
inconsolable. Que nenni, il raconte sa vie, ses émotions. Il tape les mains qui
se tendent vers lui, il rit, il sautille vers ses acolytes, quand ce n'est pas
sur son siège. Intenable et très expressif, il se dresse debout aux accords les
plus énergiques, ou se colle au clavier comme pour approfondir sa tonalité
plaintive. Il se penche vers le public pour attiser son excitation, ou vers le
levier du clavinet pour accentuer les sonorités guitaristiques.
Jackie Barnes et Joel Burton font preuve de beaucoup
de complicité, les regards, les sourires en disent long sur l'ambiance au sein
du trio. Les deux soutiens montrent une grande efficacité, alliant finesse et
énergie selon les tempi.
Le meneur transmet sa passion avec bonheur. Ce mec est
tout simplement réjouissant, avec lui le blues n'est pas triste. Enfin, pas
définitivement. Son énergie débordante est communicative. Le public répond avec
enthousiasme et entretient ainsi la satisfaction du trio à jouer pour la
première fois dans cette salle parisienne.
Parmi douze titres,
il interpréta trois reprises des
années 70, mais aussi deux titres
issus de "Make or Break" 2019), cinq de "Conviction"
(2015), un de "Lovelight" (2017) et un de "S.O.S.
(Singer Organ Soul " (2013).
PROGRAMME Stop Listening To The Blues (Conviction, 2015) Conviction (Conviction, 2015) Voodoo Child (J Hendrix, 1970) Give It (But You Just Can’t
Take It) (Make or Break, 2019) Only Cure for the blues is
the blues (Lovelight, 2017) Make It Up (Conviction, 2015) Use Me (Bill Withers) (Conviction, 2015) Frankly My Dear I Don’t Give
A Damn (Conviction, 2015) Enchainé avec Just kissed my baby (the Meters, 1974) A Woman (Make or Break, 2019) Still In Love (S.O.S. (Singer Organ Soul), 2013). RAPPEL : I’m a Man (Spencer Davis
Group, 1967).
Pour info, le
surlendemain au Spirit of 66 ils joueront : Gimme Some Lovin (Spencer Davis
Group, 1967), et Fortunate Son (Creedence Clearwater Revival, 1969) avec comme
invité leur roadie Wouter Bakker.
A l'échoppe (qui
était restée sans surveillance pendant toute la soirée !!), ce sont les
trois musiciens en personne qui se rendent disponibles pour proposer leurs
marchandises ; CD, t-shirt, poster. Disponibles aussi pour dédicacer leurs
albums (j'en prends deux) et discuter
de leur prestation ! Avec un peu de patience, ils posent volontiers pour un
portrait. Leur état d'esprit est d'une fraicheur admirable ! Je leur ai dit et
je le pense sincèrement : "Be back,
the sooner the better !".
A lire les réactions/remerciements des trois musiciens
sur leur page Facebook au moment de rentrer au pays, je pense qu'ils auront
conservé une excellente impression de leur accueil. On peut raisonnablement
estimer les revoir en 2023 !
C'était déjà pour découvrir MOSTLY AUTUMN que nous
avions découvert cette mythique salle, le Spirit of 66, ce vendredi 3 juin 2022.
Le calendrier des concerts de ce bel écrin nous a tentés bien souvent au cours
de l'année mais son éloignement de Paris (environ 400 km/4 heures de routes)
ralentit nos ardeurs, quand même. Oui, il nous arrive d'être raisonnables. Les
voisins de ce prestigieux établissement ont bien de la chance, épicétou.
A l'instar de CAMEL et de LAZULI, MOSTLY AUTUMN est de
nature à nous faire déplacer sur de longues distances puisque la probabilité de
les revoir à Paris reste faible à ce jour. En dépit de conditions hivernales sur
les routes (brouillard, verglas, neige), nous avons maintenu notre engagement
pris depuis le 8 octobre…
L'accueil particulièrement convivial, chaleureux, accueillant
du personnel de l'hôtel des Ardennes (ah, Maggi c'est un personnage !), et de la
friterie à proximité, nous a rapidement fait oublier ces aléas.
LE GROUPE, brève biographie
Mes récits de concert n'ont pas vocation à s'attarder excessivement
sur la biographie des artistes. Mais je rappelle ici volontiers le pedigree de MOSTLY
AUTUMN. Parce que ces musiciens méritent une attention particulière, compte
tenu des émotions que leur Musique me procure.
Ce groupe originaire de York, (North Yorkshire) s’est
formé en 1995 autour de Bryan Josh,
chanteur et guitariste et de la chanteuse Heather Findlay (qui mène maintenant une carrière solo depuis 2010). A la base, leurs
prestations consistaient principalement à reprendre des titres de Pink Floyd,
mais, au fil du temps et des changements d'effectifs, leur musique s'est forgé une
identité, en fusionnant diverses influences, notamment Pink Floyd donc, mais
aussi Fleetwood Mac, Genesis, Jethro Tull ou Camel. Les ingrédients subtilement
dosés se composent de superbes mélodies enveloppées de voix féminines sensuelles
et envoutantes, et transcendées de longs soli de guitares. Cet enchantement
musical mêle brillamment du rock à la fois puissant et mélodique avec des
thèmes folkloriques, traditionnels, celtiques.
Il me semble intéressant de rapporter ce que Bryan
raconte pour expliquer comment lui est venue l'idée du nom de son groupe :
"Le nom "Mostly Autumn"
est né en 1992, alors que Liam
(Davison)
et moi buvions dans un pub appelé The Newfield Inn à Dunnerdale, dans la région
des lacs. Je savais que je voulais donner au projet un nom ayant un rapport
avec l'automne et lorsque, de but en blanc, Liam a pointé du doigt un rail de
carte postale indiquant "Mostly Sheep", je n'ai vu que le mot
"mostly". Cela m'a frappé et c'est ainsi que le nom a été créé. J'ai
et j'ai toujours un grand amour pour la saison de l'automne. Outre les
changements de couleurs et les parfums frappants, je trouve que c'est une
période très provocante, très nostalgique et puissante avec sa beauté
époustouflante et un certain air de tristesse, mais avec un grand sentiment
d'optimisme. La période entre l'automne et Noël a toujours été l'une de mes
préférées." Je le comprends
d'autant plus que je préfère l'automne également…
Bryan a demandé à Iain Jennings de jouer pour MOSTLY AUTUMN au pub "The Northern Wall" à York en1997,
pour remplacer temporairement leur
claviériste qui ne pouvait pas venir. Iain se souvient n'avoir disposé que de
peu de temps pour répéter avant le concert, mais il apprécia vraiment la
musique car elle lui semblait différente de tout ce qu'il 'avait joué
auparavant. Une belle complicité durable est ainsi née.
Angela Gordon
rencontre Bryan Josh en1997, c'est le début de son aventure
avec MA. Elle suspend toutefois sa participation en 2007 pour une pause
maternelle, avant de revenir en 2016. Une multi-instrumentiste de talent,
capable d'alterner avec grâce et sensibilité les flûtes (traversière, picolo, fifre), les synthétiseurs, les percussions ou
les chœurs.
Avec la parution du premier opus "For All We
Shared..." en 1998, MA
démontre déjà de très belles compétences. Dès 1999, MA fut remarqué et honorés,
notamment en obtenant le trophée de meilleur nouveau groupeaccordé par la "Classic Rock Society".
Arrivé en mai
2000, Andy Smith fait partie du
groupe depuis leur troisième album. Mais en fait, c'est un ami de longue date,
alors qu'il était ingénieur du son et éclairagiste. Il avait donc eu tout le
temps de se familiariser avec l'univers de MA avant d'accepter de mettre ses
compétences à son service pour remplacer le bassiste parti pour raisons
familiales.
Chris Johnson
est un auteur compositeur, ingénieur du son et universitaire qui semble
s'épanouir pleinement au sein de MA depuis
2006, même s'il s'est aussi accordé une pause entre 2007 et 2014. Sa
sensibilité, autant à la guitare qu'au chant, constitue un apport magistral (écoutez
en particulier "Silver Glass"
et "Changing Lives").
Un soir de fin 2004, Bryan entend Olivia Sparnenn chanter sur une scène et lui
demande de faire les chœurs au sein de MA pour le lancement de l'album "Storms Over Still Waters", à
l'Astoria. Puis Iain lui demande à son tour des collaborations de son côté. Tant
et si bien qu'en2010, Olivia a accepté l'offre de Bryan
de prendre la relève de Heather Findlay en tant que chanteuse principale de
Mostly Autumn. L'entente est telle que, sur le plan personnel, Olivia a épousé
Bryan Josh en 2013, union dont est issue une fille, opportunément nommée
Autumn.
Le poste de batteur semble être le plus délicat pour
MA puisque Henry Rogers est le
neuvième batteur. Arrivé en 2018,
c'est ainsi le membre le plus récent. Recruté pour sa polyvalence et son
expérience dans des styles musicaux différents, il a déjà officié au service du
funk, de la soul, du progmetal.
Même si tous leurs enregistrements en studio rivalisent
de qualités, leurs prestations scéniques sont légitiment remarquées par leur
maitrise des atmosphères et par leur durée. Nous avons pu constater lors du
concert de juin que ce groupe dégage une aura particulière. Son histoire humaine
contribue sans doute à cette impression.
L'opus "White
Rainbow", paru fin 2018 (ou le 1er
mars 2019, selon les sources…) rend un hommage touchant à Liam Davison, longtemps
guitariste de MA et ami d’enfance de Brian Josh, disparu brutalement fin 2017. Selon
moi, c'est leur chef d'œuvre ; cet album transpire une émotion tellement
sincère qu'elle en est à la fois indescriptible et presque palpable. Un opus indispensable
dans la discothèque de tout mélomane.
Le quatorzième album, le superbe "Graveyard Star" est paru le 24 septembre 2021.
Ce soir, autour de Bryan Josh (chant et guitares, depuis 1995), et Iain Jennings
(claviers, de 1995 à 2005, puis
depuis 2010), nous retrouvons Olivia Sparnenn-Josh
(chant principal depuis 2010, mais chœurs, percussions, flûte à bec, depuis 2004), Angela Gordon (flûtes, claviers, percussions, et chœurs, de 1999 à 2007, et depuis 2015), Chris Johnson (guitares rythmiques et
acoustiques, chant, claviers, de 2006 à 2007, et depuis 2014), Andy Smith (basse, depuis 2000) et de Henry Rogers (batterie, depuis 2018).
LE CONCERT [20h30/21h30
– 21h50/23h45]
Afin de se protéger du froid glacial (en dessous de
zéro), nous nous réfugions dans le tunnel d'accès d'où nous percevons avec
plaisir et admiration les derniers réglages préparatifs au concert ("Soundcheck", pour les anglicistes).
Même en répétition, ces artistes assurent admirablement. Ce petit apéritif
sonore accroit encore notre excitation. Peu après 19h les portes s'ouvrent
enfin.
En pénétrant dans la salle avec ma p'tite Fée, nous étions
tentés d'aller nous asseoir en balcon mais finalement nous optons pour un
retour au premier rang, afin de communier pleinement avec les musiciens. Certes,
ce n'est pas idéal pour le son, mais nous préférons partager leurs sourires,
leurs regards, et leur complicité. L'établissement dispose d'une capacité
d'accueil de 350 personnes, mais étonnamment la soirée n'affiche pas complet.
Le septuor prend place et la magie opère immédiatement avec le titre introductif "Tomorrow Dies". Olivia irradie la scène de son charisme, de son charme, de sa vivacité et de sa voix. Son timbre limpide, harmonieux et puissant est valorisé par les accords et soli de Bryan qui semble au mieux de sa forme ce soir. La complicité du couple se ressent pleinement ; les interventions sont dosées et exprimées avec charisme et engagement. A l'instar de leur prestation ici en juin, tout est interprété avec soin et poésie.
Les accords à la fois énergiques et sensibles de Chris aux guitares classiques et
électriques étoffent ceux de Bryan et apportent indéniablement un surcroît d'émotions
à l'ensemble. J'apprécie tout particulièrement les talents de Chris, notamment
lorsque qu'il chante de sa voix douce mais expressive (lors des fameux "Changing Lives" et "Silver Glass" donc, mais aussi en chœur). A l'instar de la
complicité entre les Josh, on peut distinguer aussi une belle complicité entre
Chris et Angela qui jouent d'ailleurs
ensemble en dehors du groupe. Cette multi-instrumentiste exprime de magnifiques
émotions, surtout aux flûtes (notamment la traversière), mais aussi aux chants
et aux chœurs, en appui à Olivia. Angela dispose également de son clavier pour
soutenir les riches et puissants accords d'Iain
dont le synthétiseur constitue un socle essentiel aux harmonies. Iain
m'impressionne toujours par son calme, son regard vigilant sur ces collaborateurs.
Andy est peut-être celui qui bouge le plus, après Olivia.
Il exprime ses lignes de basse stables et puissantes avec vivacité et
expressivité. Avec la batterie d'Henry,
ils constituent un plateau puissant et rythmé qui contribue largement à secouer
les nuques et les jambes !
Bref, ces sept ne font qu'un. Aucun ne semble tirer
les couvertures à lui, pas même Bryan dont les soli pourtant brillants semblent
couler de source dans ce flot de mélodies. Il laisse chacun des pupitres
s'exprimer et s'épanouir à tour de rôle. Ils sont visiblement heureux (au moins
sur scène) et jouent parfaitement leur rôle de troubadour des temps modernes.
Je ne peux m'empêcher de relater un court épisode de vie de couple anecdotique
mais qui en dit long sur leur état d'esprit ; Bryan ayant maladroitement
renversé une (de ses) Jupiler, Olivia s'est empressée d'éponger humblement le
sol à ses pieds. J'ai trouvé cela mignon tout plein. Autre anecdote ; Bryan
cherche un décapsuleur pour une (nouvelle) Jupiler ; je lui temps le mien (j'en
ai toujours un sur moi !), c'est Olivia qui vient me l'emprunter. J'aurai ainsi
accompli ma B.A. pour la journée !!
Cette petite scène, heureusement dépouillée d'artifice
ou de décor, aura permis toutefois de contenir les sept musiciens sans léser
leur expression. La sonorisation était sans doute parfaite pour les auditeurs
plus en retrait ; de notre position assumée nous ressentions davantage les
basses/batterie, au dépend parfois du chant. Mais rien de rédhibitoire à nos
sens d'admirateurs inconditionnels !
Je serais tenté de distinguer des moments forts dans
ce bouquet de toute beauté, mais à mon sens chaque titre est une invitation au
voyage. Les opus "Graveyard Star",
"White Rainbow" et "Sight of Day", "For All We Shared" sont légitimement
représentés avec trois extraits chacun.
Le public ne pouvait qu'être enthousiaste et
pleinement engagé dans ce tourbillon de notes enchanteresses et envoutantes.
En clôture de soirée, dans un admirable état d'esprit,
les sept artistes nous accordent un programme spécial pour fêter Noël comme il
se doit, coiffés des couvre-chefs adéquats.
Leur titre "For
Everyone at Christmastime" paru le 4 décembre 2020 s'impose avec évidence
et bonheur. Puis c'est l'opportune reprise de Greg Lake "I Believe in
Father Christmas" durant laquelle Olivia, tout sourire, secoue bruyamment
son manche à grelots, et Angela perce les harmonies de sa flute picolo. La magnifique
reprise de Chris De Burgh "A Spaceman Came Travelling" permet
une participation accrue du public. Je ne peux qu'approuver le recours au
répertoire festif de The Pogues
"Fairytale of New York" dont
l'interprétation laisse percer fifre et flute. Dans une ambiance conviviale et
chaleureuse, le public contribue volontiers à chanter avec le groupe ces airs réjouissants.
Cette magnifique soirée nous aura permis d'écouter vingt et un titres, dont trois du dernier opus "Graveyard Star" (2021), trois de issus de "White Rainbow" (2019), trois de "Sight of Day" (2017), trois
de leur superbe premier opus "For
All We Shared..." (1998), deux
de "Heart Full of Sky"
(2006), un titre de "The Last Bright Light", un de "The Spirit of Autumn Past" (1999), leur monoplage "For Everyone at Christmastime"
(2020), et une reprise issu de l'album
de Josh & Co. Limited "Transylvania
- Part 1 - The Count Demands It "(2016). Et pour clore spécialement
cette soirée de l'Avent, les trois
reprises citées.
PROGRAMME ACTE 1:
Tomorrow Dies (Sight of Day,
2017)
Spirit of Mankind (Graveyard
Star, 2021)
Nowhere to Hide (Close My Eyes) (For All We Shared…, 1998)
The Spirit of Autumn Past, Part 2 (The Spirit of Autumn Past, 1999)
The Last Climb (For All We
Shared…, 1998)
Gaze (Heart Full of Sky, 2006)
This Endless War (Graveyard
Star, 2021)
Back in These Arms (Graveyard
Star, 2021)
Mother Nature (The Last
Bright Light, 2001).
ACTE 2:
In for the Bite (Limited,
Transylvania - Part 1 - The Count Demands It, reprise de Josh & Co, 2016)
Into the Stars (White
Rainbow, 2019)
Western Skies (White Rainbow,
2019)
Changing Lives (Sight of Day,
2017)
Silver Glass (Heart Full of
Sky, 2006)
Heart, Body and Soul (Sight
of Day, 2017)
Heroes Never Die (For All We
Shared…, 1998)
White Rainbow (White Rainbow,
2019).
RAPPEL
For Everyone at Christmastime (monoplage, 2020)
I Believe in Father Christmas (reprise de Greg Lake)
A Spaceman Came Travelling (reprise de Chris de Burgh)
Fairytale of New York (reprise de The Pogues).
Le programme aura peu évolué par rapport à celui interprété
ici en juin ; des vingt et un titres, ils ont juste remplacé "Passengers", "Skin of Mankind", "The Harder That You Hurt" et "Forever and Beyond" par les quatre titres
de Noël. Mais compte tenu de la qualité, on ne se plaindra pas !
A noter que le lendemain au De Boerderij de
Zoetermeer, le public chanceux a eu droit à une reprise de "Comfortably Numb" de Pink Floyd.
C'est bien connu, les absents ont toujours tort…
Comme en juin, le concert terminé, les musiciens (tous, cette fois, y compris Bryan)
descendent dans la salle pour recueillir en toute simplicité et avec
bienveillance nos impressions bafouillées dans un anglais plus ou moins approximatif.
Je retrouve l'extrême amabilité d'Angela, et de Chris qui ont bien voulu
entendre nos compliments et qui nous ont très simplement communiqué leurs
activités parallèles. Olivia, radieuse et souriante reste elle aussi très
disponible ; Rien d'une star si ce n'est la beauté. Mais je découvre également
l'humilité et la gentillesse de son mari, Bryan qui nous laisse espérer une
réédition d'une partie de sa discographie, espérer aussi une prestation au
prochain Rock en Scène (le 13 mai
semble-t-il) ! Iain, Andy et Henry étaient aussi disponibles mais les
conversations ne m'ont pas laissé le temps de les approcher.
Je pourrais me lâcher à l'échoppe, mais je n'y trouve
pas les premiers albums que je continue d'attendre…
Tout à une fin, nous peinons cependant à quitter les
lieux.
Nous retrouvons nos chambres, la tête dans les étoiles.