vendredi 15 août 2025

FESTIVAL CRESCENDO – Esplanade du Concié de St-Palais sur Mer (17) – 15, 16 et 17 août 2025.

En dépit des quelques cinq cents kilomètres de routes, j'essaie de descendre le plus souvent possible sur ce rivage atlantique. Ce avec d'autant plus de motivation, que les affiches de ce qui constitue désormais l'un des derniers festivals européens de rock progressif, révèlent toujours de belles découvertes, de belles émotions musicales, et de surcroit dans un cadre exceptionnel ! Et puis, fait notable, ce festival, dédié au rock progressif sous toutes ses formes, demeure gratuit, grâce notamment au soutien de la municipalité de St-Palais, des fidèles bénévoles, ainsi que celui des partenaires publics et privés. Les incitations aux dons n'en sont que d'autant plus légitimes.
https://festival-crescendo.com/index.html

D'ailleurs, les organisateurs peuvent s'enorgueillir d'avoir décroché, le 13 novembre 2024 à Paris, la récompense du "meilleur festival européen de capacité de moins de cinq mille personnes par jour", attribué par un jury de douze personnalités de grandes sociétés internationales !

Pour cette année 2025, l'organisation nous informe que soixante-dix-huit groupes internationaux et trente-huit français ont postulé pour cette 25ème édition. Finalement, dix groupes d’Amérique du Nord et d’Europe ont été sélectionnés.

Ma participation aux éditions de 2016, 2017, 2021 et 2022, est constellée de mémorables souvenirs musicaux, et de cordiales réunions avec une part importante de notre microcosme de mélomanes. Les précédentes programmations ont souvent été inspirées du feu de Dieu et on a envie que cela continue, mais …

Dans l'après-midi, sur l'esplanade nous retrouvons peu à peu nos amis mélomanes. Avec nos sensibilités musicales individuelles nous visons nos centres d'intérêts sur les trois journées à venir. Pour ma part, je considère que cela débute très fort !...

VENDREDI 15 AOUT

Le ciel est bleu et ensoleillé, il fait très chaud ; heureusement que l'océan parvient à tempérer quelque peu les sensations, et que la buvette sert de très bonnes bières locales bien fraîches !

!GéRald! – (prévu à 18h30) vers 18h45-19h50 [FRANCE].
http://www.youtube.com/@houseofgerald
https://gerald-omniscient.bandcamp.com/

Ce groupe franco-anglais, fondé en 2018 dans les Deux-Sèvres, propose un rock atypique et expérimental. Cette particularité lui a valu de s'exprimer notamment en assurant les premières parties de concert de Gong et de Magma. (…)

Il s'agit d'un quatuor composé de Teddie Burton (batterie, percussions et bruitages, chant), Marin Michelat (claviers, chant, également chez Arnaud Quevedo & Friends), Quentin Loizeau (basse, chant), Thomas Redon (guitare, chant).

Je me réjouis de revoir ces authentiques artistes farfelus, car ils m'avaient intrigué favorablement le 20 juillet 2024, à l'occasion de leur prestation pendant le Loreley, the Night of the Prog festival. A tel point que je m'étais procuré leur mini-album "Music For Broken Elevators", qui venait de paraitre le 31 mai 2024.

Pas de nouvelle parution, depuis. Cependant, entre le 29 avril et le 20 septembre 2025, ils ont prévu onze dates de concerts dont six en Allemagne, deux en Tchéquie, une en Slovaquie, et …deux en France dont celle de ce jour.

Dès le début de la prestation, une bonne sonorisation me permet de retrouver mes sensations ; C'est le genre de musiciens qui placent le mélomane aux frontières de l'inconfort. La production rythmique est sans compromis, les structures complexes et protéiformes engagent les esprits dans un univers surréaliste. Le tout pourrait sembler extrêmement confus à une oreille non avertie. Pourtant, avec un peu de bonne volonté et d'écoute attentive on parvient aisément à discerner une musicalité dotée d'une verve et d'une ferveur parfaitement canalisées.

Leur musique bouscule les neurones et remettent en question les notions de l'harmonie. Et franchement, ça me fait du bien. Ce genre d'évasion spirituelle est ce que je recherche par ces temps troublés… Cette insolence me rappelle souvent celle exprimée par Steven Wilson et ses inspirations "crimsonniennes" ! La percussion et les bruitages exprimées par tous les instruments contribuent à produire, non pas une mélodie (quoi que …), mais une étourdissante harmonie, pour peu que le musicophile perçoive l'habileté de ces musiciens surprenants !

Pour assumer totalement leur signature effrontée, l'idéal eut été un chant francophone. Mais bon, mettons leur textes anglais sur le compte d'un compromis avec Teddie, le batteur tellement attachant !

Le public est encore clairsemé en ce début de programme. Mais ceux qui sont présents participent à une ovation méritée pour ces audacieux gladiateurs, ces valeureux anticonformistes qui défient les musiques préfabriquées !

PROGRAMME (merci Teddie !)

  1. The blissful little life of Frank Bigbof (Music For Broken Elevators, 2024)
  2. Raskol's Crime (The Lost Tapes, 2022)
  3. Letter to Sandrine (Music For Broken Elevators, 2024)
  4. The short way home (Music For Broken Elevators, 2024)
  5. Interlude (inédit, 2025)
  6. Glory whole (Music For Broken Elevators, 2024)
  7. I really don't mind (inédit, 2025)
  8. The Dead dance (The Lost Tapes, 2022)
  9. Waterfront Ratholes - Act II (The Lost Tapes, 2022).


INDREK PATTE BAND - (prévu à 20h) 20h25-21h55 [ESTONIE].
https://indrekpatte.com/home/
http://www.youtube.com/@IndrekPatteMusic
https://www.progarchives.com/artist.asp?id=7142

Cet Estonien, né à Antsla, le 30 avril 1959, est un multiinstrumentiste, auteur-compositeur-interprète, ingénieur du son, mixeur et producteur, qui a exploré toutes sortes de styles, errant du folk au rock, du classique au jazz. Il fut récompensé pour avoir composé des musiques de films. Il fit partie de plusieurs groupes dans les années 1980, (LINNU TEE, RUJA).

Puis, en 2004, Indrek s'est converti au christianisme, ce qu'il a exprimé dans un groupe de louanges. Son premier album solo, intitulé "Celebration" parait en 2011. Il est suivi par "Thank and Share" en 2014, et "Cinemanic" en 2017. Ces albums aux messages touchant à la spiritualité, proposent un rock progressif aux diverses influences, mais avec certaines subtiles allusions au metal et au rock symphonique.

Plus récemment, l'album "In", paru le 23 septembre 2023, voit l'intégration de Matthieu Spaeter à la guitare, qui est bien connu du Festival Crescendo, puisqu'il y a déjà partagé la scène avec Franck Carducci ou Hayley Griffiths.

Le sextuor d'Indrek Patte (chant, claviers), est actuellement constitué de Andrus Lillepea (batterie), Priidik Soon (claviers, flute), Mathieu Spaeter (guitares, depuis 2023), Oliver Kilk (guitares, depuis 2025) et Märten Lehto (basse, depuis 2025 en remplacement de Vladislav Reinfeldt).

La sonorisation demeure correcte, et la tombée du jour permet au Balte de bénéficier des éclairages ma foi bien dosés.

Totalement inconnu à mon répertoire, je m'étais intéressé au Monsieur dès l'annonce de la programmation, en visionnant quelques vidéos. Je m'approche ainsi de la scène avec un préjugé favorable, car je trouve le personnage attachant. Hélas, je ne suis pas parvenu à trouver un motif à m'enthousiasmer franchement. La musique est certes plaisante et relativement mélodique, mais trop convenue, a-t-elle peut-être pâti de la comparaison avec les farfelus précédents.

L'étincelle a toutefois jailli de la guitare de Mathieu Spaeter dont les interventions ont manifestement rehaussé le niveau.

L'auditoire s'est densifié au cours de la soirée, ce qui accroit le potentiel de mélomanes satisfaits. Le groupe est ainsi satisfait des applaudissements recueillis. Auxquels je me joins volontiers, poliment.

Les quatre albums sont évoqués avec dix titres, dont quatre issus de "In" (2023), un de "Cinemanic" (2017), trois de "Thank and Share" (2014), et deux de "Celebration" (2011).

PROGRAMME

  1. The Opening (In, 2023)
  2. Are You In (In, 2023)
  3. The Journey (Celebration, 2011)
  4. Heaven’s Truth (Thank And Share, 2014)
  5. Walking With You (In, 2023)
  6. Fragile (In, 2023)
  7. Promises (Thank And Share, 2014)
  8. Waba Riik (Cinemanic, 2017)
  9. Light Ship (Thank And Share, 2014)

RAPPEL :

  1. Celebration (Celebration, 2011). 


BEARDFISH - (prévu à 22h) 22h25-00h15 [SUEDE].
https://www.facebook.com/beardfish/
http://www.youtube.com/channel/UCG2bMczryYqwdtx_UGKGFrw

Groupe suédois fondé en 2001 à Gävle par Rikard Sjöblom. De 2003 à 2015, il y aura huit albums. Parmi leurs prestations dans plusieurs pays, notons celle au Crescendo en 2012. Il se sépare en 2016. Durant huit ans, les membres se consacrent à leur projet en solo, notamment GUNGFLY (passé au Crescendo en 2012 et 2019 et au Crescendo Guyane en 2018). Rikard est membre de BIGBIG TRAIN depuis 2014.

BEARDFISH s’est réuni en 2023, ce qui a abouti à un nouvel album, "Songs For Beating Hearts" qui est paru le 1 novembre 2024.

Pour ma part, je revois avec plaisir cette formation qui m'avait séduite le 20 juillet 2024, à l'occasion de leur prestation pendant le Loreley, the Night of the Prog festival (eh oui, le même jour que !Gérald!).

Le quatuor réunit, outre Rikard Sjöblom (claviers, chant lead), David Zackrinsson (guitares), Robert Hansen (basse), et Magnus Östgren (batterie).

La scène demeure dépouillée de tout artifice, laissant à chacun son espace, celui de Rikard étant doté de deux pupitres, celui du clavier et celui de la guitare. L'éclairage s'est évidemment densifié avec la nuit et contribue à entretenir de belles atmosphères.

Cette délicieuse alternance de nappes de claviers et d'accords de guitares harmonieusement joués, produit une prestation aux sonorités rappelant souvent celles des années 70. Ces musiciens maitrisent leur sujet et sont ainsi en capacité d'exprimer de belles mélodies avec beaucoup de talent. Honnêtement, si j'ai beaucoup aimé et si je suis resté à proximité de la scène, je n'ai pourtant pas été exalté au point d'en conserver un souvenir impérissable. Il m'a manqué une pointe de fantaisie ou de virtuosité, un je ne sais quoi qui m'aurait permis d'accorder à ces valeureux Vikings une estime supérieure.

Le public ne manque pas d'exprimer bruyamment sa satisfaction au cœur de la nuit.

Cinq albums ont été choisis pour interpréter neuf titres, dont deux inédits et trois issus de "Songs For Beating Hearts" (2024).

PROGRAMME

  1. Out In the Open (Songs For Beating Hearts, 2024)
  2. Comfort Zone (+4626 - Comfortzone, 2015)
  3. Beating Hearts (Songs For Beating Hearts, 2024)
  4. Baltzar Broms (Instrumental inédit enregistré pendant les sessions de Songs For Beating Hearts, 2024)
  5. Torrential Downpour (Songs For Beating Hearts, 2024)
  6. (nouveau non intitulé)
  7. Coup de grâce (Destined Solitaire, 2009)
  8. And the Stone Said: If I Could Speak (Mammoth, 2011).

RAPPEL :

  1. Voluntary Slavery (The Void, 2012). 


Ainsi s'achève une première journée qui aura déjà démontré de belles valeurs dans la diversité du rock progressif et qui aura satisfait globalement aux critères attendus pour ce beau festival.


SAMEDI 16 AOUT

Le ciel est d'abord laiteux, puis est envahi d'un brouillard épais venu de l'océan. Ce qui rafraichi singulièrement l'atmosphère. Mais en ce qui me concerne la température me convient bien mieux que celle de la veille ! Un p'tit restaurant typique, au Parc des Graves à Mornac-sur-Seudre, nous permet de déguster une éclade en petit comité (8).

DER NEUE PLANET - (prévu à 17h) 17h15-18h35 [ALLEMAGNE].
https://derneueplanetband.de/
www.youtube.com/@derneueplanet3234
https://derneueplanet.bandcamp.com/

Quatuor fondé à Cologne en 2016. DNP définit sa musique comme étant instrumentale, expérimentale et qui fusionne plusieurs styles. Un premier mini-album au titre éponyme "Der Neue Planet" est paru dès 2016. Trois autres ont suivi, de 2018 à 2024, dont "Schwerkraft für Anfänger" ("la Gravité pour les Débutants") qui est paru le 23 août 2024.

Le quatuor est actuellement constitué de Tim Daescher (guitares), Ramin Moozeh (guitares), Claudius Pleiss (batterie, percussions), Luca Loeb (basse).

Bénéficiant d'une sonorisation adaptée, les musiciens expriment des compositions relativement originales et intéressantes, sans pour autant parvenir à me transcender. Je demeure à proximité de la scène pour tenter de capter une énergie, ou un fil mélodique mais en vain. J'ai le désagréable sentiment de manquer quelque chose… J'estime qu'on est loin des promesses d'une musique prétendument audacieuse.

Heureusement pour eux, une bonne part du public présent semble se satisfaire de la production et applaudit les Teutons. Bien entendu je me joins à cette ovation mais sans réelle conviction.

PROGRAMME (Merci Jean-Mi !)

  1. Heavy Dream Prog (Aera Fifty-Fun, 2022)
  2. Fintel Wudelwix (Magrathea Erwacht, 2018)
  3. Turing Test (inédit, 2025)
  4. Galaktisch.Praktisch.Gut (Schwerkraft für Anfänger, 2024)
  5. Instabile Weisse Zwerge  (Schwerkraft für Anfänger, 2024)
  6. Unendlicher Unwahrscheinlichkeitsdrive  (Schwerkraft für Anfänger, 2024)
  7. Verfremdete Welten (Magrathea Erwacht, 2018)
  8. Alpha Ursa Minoris (Schwerkraft für Anfänger, 2024)
  9. Das Gesicht des Königs  (Aera Fifty-Fun, 2022).


REGNA. (prévu à 18h30) 18h55-20h05 [ESPAGNE].
https://regna.cat/
www.youtube.com/@regnaofficial
https://regna.bandcamp.com/track/curtains

Ce sextuor catalan a été fondé en 2014. Leur biographie indique que leurs compositions chantées en anglais puisent leur inspiration dans des atmosphères "jazz-rock, folk et symphonique, caractéristique des années 70". Leurs racines hispaniques apportent une touche particulière.

Notons que le Festival accueille ainsi un troisième groupe venu de Barcelone, après HARVEST en 2017 et ON THE RAW en 2018. Son premier mini-album, "Meridian" est paru en 2015, puis "Cinéma" est paru en 2023.

REGNA est actuellement composé d'Alejandro Dominguez et Xavier Martinez (guitares), Arturo Garcia (basse), Miquel Gonzàlez (claviers), Marc Illa (chant), et Eric Lavado (batterie, Percussions).

Leur album, "Curtains" qui est paru le 22 décembre 2024, est joué ici en exclusivité

La sonorisation m'a paru équilibrée et susceptible de laisser percevoir de beaux segments. J'ai cependant davantage apprécié les parties instrumentales. Il me semble que le peu de charisme du chanteur a plombé mon appréciation globale. A tel point que j’ai ressenti le besoin de me déplacer plusieurs fois durant le concert pour tenter une autre perception… Bref, je suis déçu de la prestation compte tenu de ce que laissait espérer la présentation ; je n'ai pas su percevoir d'alchimie particulière ou de motif d'emportement.

Au titre des quelques beaux passages exprimés, je me joins bien volontiers à l'acclamation du public bienveillant du Concié.

PROGRAMME

1.                  Opening Credits (Cinema, 2023)
2.                  Return to... (Cinema, 2023)
3.                  Spyglass (Cinema, 2023)
4.                  For Whom the Bell Tolls (reprise de Metallica, Ride the Lightning, 1984)
Meridian, Parts Three and Four
5.                  Awake Again (Meridian, 2015)
6.                  Coda (Meridian, 2015)
7.                  Curtains (Cinema, 2023)
8.                  Field of Hats, Part One
9.                  Dramatis Personae (Cinema, 2023)
10.              Accolade (Cinema, 2023).

RAPPEL :
11.              Gran Regnismo: The Real Regna Stimulator
12.              Tangent (Cinema, 2023) (avec des extraits du thème principal des Sept Mercenaires et du thème principal de Retour vers le futur.)


HIPOKAMP PROJEKT. (prévu à 20h15) 20h35-21h45 [POLOGNE].
https://hipokampprojekt.bandcamp.com/
www.youtube.com/@hipokampprojekt6762

Ce groupe polonais est né d'une collaboration entre les musiciens polonais Maciej Zamczała (guitare, basse, claviers) et Lukasz Oliwkowski (batterie, percussions). Leur plus récent album "Memory implanted" est paru le 8 octobre 2023.

HIPOKAMP PROJEKT, se présente sous la forme d'un quintuor, constitué de Maciej Zamczała (guitare, basse, claviers), Łukasz Oliwkowski (batterie), et sont entourés de Dominika Kapuśniak (violon, chant), Zbigniew Florek (claviers), Maciej Tonder (basse).

Avec ce troisième groupe de la journée, je trouve enfin une Porte intéressante à ouvrir. La musique me semble d'emblée inspirée et mélodieuse. Pourtant la sonorisation fut déséquilibrée au début, laissant trop de basse écraser le reste. Les musiciens ont capté tout mon intérêt, grâce à une saine alchimie qui canalise une instrumentalisation riche en harmonies. Maciej Zamczała exprime une belle sensibilité et des accords enthousiasmants. Dominika est envoutante, par sa voix autant que par son violon. Qualité supplémentaire, les textes sont chantés en polonais, avec une expressivité qui maintient l'auditeur en attention.

Fait notable une chanson a été composée spécialement pour le Festival Crescendo ; elle n'a pas encore de titre !

Franchement une belle révélation de ce Festival. J'aurais voulu concrétiser mon intérêt en me procurant leur album mais je n'ai les pas trouvé à l'échoppe, malheureusement.

Très logiquement l'auditoire marque un enthousiasme éloquent.

PROGRAMME (merci Maciej !)
1.                  Flashback 1 (Memory implanted, 2023)
2.                  Flashback 3 (Memory implanted, 2023)
3.                  Coda (Futurocklogia, 2021)
4.                  Triolet (Futurocklogia, 2021)
5.                  Valse Triste (Futurocklogia, 2021)
6.                  Owady (Futurocklogia, 2021)
7.                  Futurocklogia (Futurocklogia, 2021)
8.                  Nie wiem czy ręka ślepca... (Futurocklogia, 2021)
9.                  Gołębie (Futurocklogia, 2021)
10.              Nowy (inédit, 2025)
11.              Prośba do Twoich ust (reprise de Kayah, Stereo typ, 2003)
12.              Sam w parku (LemINOscencja, 2022).


TRAVELER - (prévu à 22h) 22h15-00h05 [USA, ARIZONA]
https://scottjefferstraveler.com/
https://www.youtube.com/@ScottJeffersTraveler  

On nous dit que ce quatuor venu de l’Arizona, fondé par Scott Jeffers, propose une "fusion explosive de rock progressif avec les héritages ethniques du monde entier".

TRAVELER se compose de Scott Jeffers (chant, violon, oud turc, loutar marocain, bouzouki), Jason Wiedman (batterie, percussions, duval bulgare, doumbek égyptien, cajon), Zack Egan (guitare, banjitar), et Barton Applewite (basse fretless, violoncelle).

Il faut reconnaitre que ce quatrième groupe de la journée a de quoi surprendre instantanément son auditeur qui n'aurait pas été averti … Chaque mélomane en ces lieux s'attend à découvrir de nouvelles conceptions de notre rock progressif, mais à ce point-là, beaucoup seront déstabilisés ! Progressif ou pas, ce rock endiablé de toutes sortes d'influences surprend et réjouit ; que demander d'autre ?

En tant que progueux en quête de référence lorsqu'on découvre un artiste, on pourrait trouver de fortes influences de Jethro TULL avec un zest du groupe mongol The Hu. Pour le reste, on ressent bien que le monsieur a agi comme une éponge en explorant des contrées lointaines ; oui, on baigne bien dans une expérience musicale multiculturelle fusionnant le rock avec les styles celtique, grec turc, gitan, et moyen-orientaux. C'est d'ailleurs sur ce dernier thème qu'il entre en scène.

A la surprise générale une danseuse vient exécuter une chorégraphie des plus admirables et élégantes. On apprendra à la fin qu'il s'agit d'un professeur de danse orientale de la région, qui ne connaissait pas Traveller avant la vieille ! Son talent n'en est que plus appréciable. Elle se sera produite sur plusieurs titres, pour le plaisir des yeux émerveillés.

Scott démontre une authentique maitrise des instruments ethniques traditionnels (oud turc, le loutar marocain, …), autant que de son violon virevoltant. Sa voix dispose d'une tessiture hors du commun (quatre octaves), allant du guttural mongol au suraigu. Nous aurions apprécié davantage d'intervention sur ce point vocal, mais on se contentera de beaucoup d'exubérance et de gaieté dans les interprétations instrumentales. Zack Egan n'est pas en reste, notamment avec sa banjitar.

Fait notable, le morceau "Wicked Train" fut l'occasion d'un délire génial, composé d'extraits d'airs connus issus de répertoires variés. Tantôt au violon, tantôt à la batterie, tantôt au banjo, des artistes tels que ZZ-Top, Rush ... ont été honorés.

Bref, le lutin farfelu, passionné et fougueux aura dérouté plus d'un mélomane ce soir. En ce qui me concerne, je me suis laissé volontiers emporter par ce tourbillon dépaysant. Au point de me rendre à l'échoppe et de me procurer pas moins de deux CD. Je ne prétends pas écouter cela tous les jours, mais je soutiens la démarche.

Une large part du public s'est enthousiasmé et acclame l'artiste et ses complices. Les considérations visant à relativiser la pertinence de cette musique ici sont oubliées dans un émoi partagé.

Parmi pas moins de vingt albums, il a choisi huit titres.

PROGRAMME (Merci Jean-Mi !)
1.                  Epta-Octo (Phoenicia, 2007)
2.                  Calico Jack (Mutiny, 2012)
3.                  Into the Blue (inédit, 2025)
4.                  Minor Caprice (inédit, 2025)
5.                  Pipes of Piltocry (Out of the Dust, 2019)
6.                  Elephant Drum  (Out of the Dust, 2019)
7.                  Corsairs of Byblos (Marrakech, 2012)
8.                  Deeper (Kings of India, 2021)
9.                  Brian Boru (Tales of Old Ireland, 2024)
10.              Awaken the Light (Mongol, 2011)
11.              Inédit des Balkans (2025)
12.              Wicked Train (improvisations)
13.              Dahab (Out of the Dust, 2019)
14.              Mc Crowley's Reel (The Celtic Collection, 2014)
RAPPEL :
15.              Haggis (inédit, 2025) 

 


DIMANCHE 17 AOUT

Manifestement perturbé par un front atmosphérique contrariant, le temps demeure incertain et plus frais que nous pouvions le craindre. Mais personnellement, ce climat me convient parfaitement. Notre microcosme d'amis (une vingtaine) s'est réuni dans un restaurant du côté de l'Eguille, pour déguster une nouvelle éclade.


EDENYA - (prévu à 17h) 17h30-18h45 [FRANCE].
https://www.edenyaband.fr/
https://edenya.bandcamp.com/music
http://www.youtube.com/@edenyaofficial

Fondé en 2010 en tant que projet instrumental par Marco L (?), auteur-compositeur et guitariste-claviériste, Edenya a évolué au fil des années.

On nous indique que ce quintuor français nous propose une autre déclinaison du rock progressif, le "folk prog" qui s'inspire du folk, mais également "des musiques traditionnelles et ethniques, influencé par Renaissance, Gryphon ou encore In The Labyrinth". Après un mini-album (6 titres) éponyme (2017) et un premier album "Silence" (2020), Edenya a sorti son deuxième album "Another Place" en 2023.

Le troisième album "The Secret Destination You Are Looking For" est paru ce 17 aout 2025,

EDENYA se compose de Marc "Marco" Le Cudonnec (guitares, clavier, piano), Jean-Paul Cartigny (basse, depuis 2023), Juliette Carradec (violon, claviers, depuis 2023), d'Ingrid Denis-Payet (chant, chœurs, depuis 2024), mais aussi Sylvie "Sj" Jacquot (batterie, depuis 2024).

En dépit d'une sonorisation correcte, je n'ai pas été emporté par la grâce. Les musiciens ont pourtant montré beaucoup de talent, à tour de rôles. Mais l'ensemble ne m'a pas paru enthousiasmant, ni convaincant. J'ai tenté pourtant plusieurs emplacements, pour trouver une porte d'accès, mais en vain. Le chant gagnerait à être travaillé pour garantir une justesse plus constante. Et d'une manière générale, je n'ai pas perçu beaucoup d'émotion. Les influences revendiquées auraient pu me séduire ; on attend une envolée lyrique mais visiblement je suis resté sur le tarmac…

Heureusement pour eux, une partie du public comprend leur message et les acclame en fin d'exercice.

PROGRAMME (Merci Jean-Mi !)
1.                  The Promise (Silence, 2020)
2.                  Inside Your Walls (Another Place, 2023)
3.                  I Hope  (Another Place, 2023)
4.                  Princess of the Light (The Secret Destination You Are Looking For, 2025)
5.                  Sabrina (Silence, 2020)
6.                  Silence (Silence, 2020)
7.                  Foreign Ground (The Secret Destination You Are Looking For, 2025)
8.                  Little Girl (The Secret Destination You Are Looking For, 2025)
9.                  My Burden (The Secret Destination You Are Looking For, 2025)
10.              The Other Side (Another Place, 2023).


VECTEUR K - (prévu à 18h45) 19h15-20h45 [QUEBEC].
https://vecteurk.bandcamp.com/
http://www.youtube.com/channel/UCS1n_OJyI20R4u3_vvHXszg

Créé en 2003 par Marc-André Noël, le quintuor québécois est un groupe de rock progressif francophone, de Lanaudière, région située entre le St-Laurent et les Laurentides, au nord de Montréal. Il vient pour la première fois en Europe. Sa discographie montre trois albums studios, "La peur du désert" (2009), "Incident au Café" (2016) et "Stratigraphie" (2023). Le bruit court selon lequel le groupe pourrait enregistrer ce concert à paraitre en CD ou en bluray…

Vecteur K se compose de Marc-André Noël (guitare, chant), Marc-Antoine Sauvé (guitare électrique, lapsteel, mandoline), Cédric Charest-Lafond (claviers), François Fournier (basse, claviers, également au sein de MYSTERY), Alexandre De Sève (batterie).

Le troisième album, "Stratigraphie" paru le 23 Novembre 2023.

Pour avoir écouté en préalable avant de venir, je me présente face à la scène avec un a priori favorable et bienveillant pour ces cousins des Amériques. La sonorisation est claire et puissante et pourrait dégager une envie de s'emporter… mais rapidement la musique me parait bien éloignée de ce que j'en attends. Certes, c'est bien fait, c'est joli, c'est chantant, certes les textes français nous parlent et pourtant il me manque un tantinet d'énergie pour appeler cela du rock en bonne et due forme. Je sais parfois apprécier la variété mais, on s'en approche ici et ce n'est pas ce que je suis venu écouter. Donc clairement, je me suis ennuyé durant cette prestation.

Cette fois encore, heureusement pour eux, une partie du public capte leur onde de fréquence et les acclame en fin de prestation. J'avais un verre de bière à la main à ce moment-là…

Parmi trois albums, dix titres ont été interprétés, dont six issus de "Stratigraphie" (2023), trois de "Incident au Café" (2016) et un de "La peur du désert" (2009).

PROGRAMME

  1. Flashback (Stratigraphie, 2023)
  2. Débarques (Stratigraphie, 2023)
  3. Galveston (Stratigraphie, 2023)
  4. 50-50 (Stratigraphie, 2023)
  5. Carrousel (Stratigraphie, 2023)
  6. Rue Jeanne Mance (Incident au Café, 2016)
  7. Rencontre, Dialogue et Vendetta (Incident au Café, 2016)
  8. Vendetta (la Peur du Desert, 2009)
  9. Stratigraphie (Stratigraphie, 2023).

RAPPEL :

  1. 714 Park Avenue (Incident au Café, 2016).

 

HAYLEY GRIFFITHS Band (prévu à 20h45) 21h25-23h20 [ANGLETERRE].
https://www.hayleygriffiths.com/
http://www.youtube.com/@HayleyGriffithsMusic

Bio rapide : "Née et élevée dans le Surrey, en Angleterre, Hayley a pris conscience très tôt de son talent de chanteuse et de comédienne. Le fait de chanter sans cesse à la maison et à la radio a révélé une aptitude naturelle, et Hayley a donc commencé à prendre des cours de chant à l'âge de 6 ans. Parallèlement à sa scolarité, elle a également fréquenté la célèbre Laine Theatre Arts School, qui l'a aidée à affiner ses compétences en matière de théâtre musical et d'art dramatique. Une formation vocale intensive avec la mezzo-soprano Louise Crane lui a permis d'obtenir le prestigieux diplôme de chant ABRSM. (…) Hayley fut chanteuse principale du phénomène mondial "Riverdance" et de "Lord of the Dance" de Michael Flatley. En février 2011, Hayley Griffiths est devenue la nouvelle chanteuse principale du groupe Karnataka. En 2014, le batteur Jimmy Pallagrosi rejoint Karnataka. Mais le 3 décembre 2017, son meneur Ian Jones a décrété que l'aventure était terminée. Hayley s'est donc lancée sur d'autres projets avec celui qui était devenu son compagnon, Jimmy Pallagrosi."

La chanteuse est déjà venue au Crescendo ; avec KARNATAKA en 2017 (j'y étais !), puis en 2018 avec ZIO, et en 2019 déjà avec son propre groupe.

Deux albums sont parus simultanément "Far from Here" et "Melanie", le 20 janvier 2023.

Le quintuor anglais est actuellement compose d'Hayley Griffiths (chant), Mathieu Spaeter (guitares), George Price (basse), Rob Lindop (claviers), Jimmy Pallagrosi (batterie).

Une sonorisation très bien équilibrée, à la fois puissante et claire permet à la Belle d'exprimer tout son talent de chanteuse exceptionnelle. Bénéficiant en outre d'un éclairage chaleureux et varié, chaque pupitre a pu s'exprimer à tour de rôles, sans aucun égo. Très féminine, Hayley a l'intelligence de tirer parti du besoin d'expression de ses musiciens pour se changer au vestiaire. Après chaque soli, elle réapparait drapée d'une nouvelle tenue.

Avec une aisance admirable elle varie les styles et parvient à satisfaire les différentes oreilles ; de belles ballades aux sonorités celtiques alternent avec des rythmes plus pop ou du rock plus ou moins lourd. Alors bien sûr, cette variété de genre pourrait nourrir un sentiment décousu. Mais la Dame joue d'un charisme entretenu à la fois par un timbre juste et puissant et par un charme indéniable.

Pour ne rien gâcher, elle est entourée d'excellents musiciens ; en particulier le guitariste Mathieu Spaeter qui me semble ici s'épanouir bien davantage qu'au sein du groupe estonien. Ses soli sont très inspirés et exécuté avec maitrise. Bien entendu, derrière les fûts on admire la fougue et la technicité de Jimmy Pallagrosi, dont la crinière a fondu depuis sa dernière apparition. Le bassiste George Price s'est montré très perspicace, notamment lors de son solo durant lequel il a brillamment repris "Bohemian Rapsody", de Queen. Quant au claviériste Rob Lindop, ses accords envoutants ont merveilleusement accompagné toutes les ambiances.

Bref, même si, encore une fois ce style, pourrait interpeller dans la programmation, laissons les débats aux organisateurs, et prenons le plaisir tel qu'il peut être ressenti avec de très bons musiciens.

Le public est ravi et acclame l'Anglaise qui se représente finalement, en famille accompagnée de ses enfants et de l'ensemble de son groupe.

Sept titres sont interprétés, dont deux reprises de l'ère KARNATAKA (2015), et trois issus de "Far from Here" et deux de "Melanie" tous deux parus en 2023.

PROGRAMME
1.                  Haunted (monoplage, 2019)
2.                  Perfect Lie (Mélanie, 2023)
3.                  Far from Here (Far from Here, 2023)
4.                  Star of the Country down (Far from Here, 2023)
5.                  Aurora (monoplage, 2018)
6.                  Made my Bed (Mélanie, 2023)
7.                  Little Star (Melanie, 2023)
8.                  Broken Lullaby (Mélanie, 2023)
9.                  Poison Ivy (reprise de Karnataka, Secrets of Angels, 2015)
10.              The Bonnie Banks o' Loch Lomond (chant traditionnel, Far from Here, 2023)
11.              Black Is the Color (of My True Love's Hair) (chant traditionnel, Far from Here, 2023)
12.              Calédonia  (Far from Here, 2023)
13.              Separated by Glass (monoplage, 2009)
14.              Last Goodbye (Mélanie, 2023)
15.              Melanie (Melanie, 2023).
RAPPEL :
Solo batterie de Jimmy et impro avec Mathieu
16.              Borderline (reprise de Karnataka, Secrets of Angels, 2015).




Vers 23h30, après un rapide réaménagent de la scène, une fête finale est organisée. A la volonté des artistes, quelques reprises sont jouées en alternance, dans la bonne humeur d'un festival terminé et réussi. Un p'tit jeune guitariste prometteur joue quelques accords, alors que Scott Jeffers se montre étonnamment réservé, malgré les sollicitations. Mathieu Spaeter n'en finit pas d'exprimer tout son talent en improvisations. L'hommage traditionnel aux bénévoles conclut une édition réussie sur le plan de l'organisation, illustrée par une forte affluence, même si, d'un avis partagé, cette vingt-cinquième programmation n'atteint pas le niveau des précédentes…


samedi 9 août 2025

AC/DC – Stade de France, à St-Denis (93) – samedi 9 et mercredi 13 août 2025.

GENESE D'UNE FIN ANNONCEE. Il était une fois, en cette fin d'été 1979, il y a donc quarante-six années, un ami bien inspiré, appelé Didier F. (ce même ami qui, un peu plus tard, récidivera en me faisant connaitre IRON MAIDEN) qui, avec la conviction d'un prédicateur, entama un processus irréversible… Il posa fébrilement sur la platine de sa chaine hi-fi, un 33T dont la pochette entretenait déjà une inquiétude attirante. Il s'agissait du cultissime "If you want Blood, you've got It". Dès les premiers accords de "Riff Raff", je venais de mettre les doigts dans la prise avec la curiosité d'un aventurier…

Le phénomène cataclysmique fut imparable. J'avais seize ans et demi. Mes yeux s'ouvrirent. Mes oreilles se déployèrent. Mon esprit s'évada. C'en fut fini du sage et studieux collégien, pourtant déjà musicien et mélophile dans un classicisme programmé, qui se mua alors en un monstre passionné et exalté, au grand désespoir de son entourage. Les conséquences de ce séisme sont encore perceptibles près d'un demi-siècle plus tard. Car fatalement, l'hideuse métamorphose a continué ; le vecteur AC/DC fut à l'origine de mon ouverture vers le monde insondable du rock'n'roll et de ses déclinaisons ; principalement le blues, le hardrock, le rock progressif.

Cette genèse irrémédiable ainsi entamée n'a pourtant pas abouti à un processus suffisamment rapide. Car encore aujourd'hui, je regrette amèrement d'avoir manqué (au moins) l'un des deux concerts du 9 décembre 1979. Il faut souligner que ce fut la toute dernière des cinq apparitions parisiennes d'AC/DC avec son chanteur d'exception Bon Scott. Un concert qui, de surcroit fut enregistré pour un film de pure anthologie … Hélas, je ne verrai jamais le groupe dans sa formation historique. Certaines fautes sont impardonnables car irréparables. Pis, cette part d'immaturité a perduré… J'étais présent à New-York le 1er aout 1980, alors qu'AC/DC jouait au Palladium de New-York …Puis AC/DC jouait à Saint-Paul/Minneapolis, Le 11 septembre 1980 … que je venais de quitter dix jours auparavant.

Nonobstant, il me faudra attendre le samedi 29 novembre 1980 au Bourget (93), pour assister à mon premier concert d'AC/DC, dans un immense hangar désaffecté, qui avait été rebaptisé "hall d'exposition", pour faire plus élégant.

Ce fut le premier d'une longue série…


LA DER DES DER ? Bien que réticent à retourner dans une arène sportive pour écouter de la musique, je n'ai pas hésité à saisir cette nouvelle occasion de célébrer l'œuvre des frères Young, qui aura marqué une époque, celle de mon adolescence. Les non-initiés de mon entourage ordinaire pourront toujours persifler de mon engagement pour cet évènement répété, une année après le précédent à l'Hippodrome Paris-Longchamp le 13 août 2024, qui était pourtant censé mettre en terme à un déjà honorable parcours de cinq décennies. Pour ma part, noyé dans une masse d'admirateurs qui n'a cessé d'enfler au cours des décennies, j'aurais le sentiment d'être bien ingrat en méprisant ce passage supplémentaire dans la Capitale. Certes, la poussière est retombée, beaucoup de crinières sont blanchies, voire dégarnies. Nous n'allons pas encore au concert en déambulateurs, mais on n'en est pas loin, en lorgnant sur les places assises…

Cependant, à l'approche de l'évènement, je me surprends désormais à m'inquiéter de l'état de santé, du potentiel de nos idoles d'antan. Demeureront-ils à la hauteur de l'enjeu ?… Angus Young, dont la fougue autant que le talent sont à l'origine de la ferveur du public, vient de fêter ses soixante-dix ans ce 31 mars. Brian Johnson qui continue de martyriser ses cordes vocales, alors qu'il va vers ses soixante-dix-huit ans le 5 octobre. Les autres membres historiques ont disparu, rattrapés pas la Faucheuse ou par les aléas du temps qui passe inexorablement avec son lot de tristesses mais aussi de belles émotions qui sont toujours bonnes à prendre. Surtout par les temps qui courent…

Lorsque Malcolm suggéra aux autres membres, hilares et incrédules d'un AC/DC balbutiant, d'intégrer son p'tit Frère Angus, personne n'aurait imaginé qu'un demi-siècle plus tard, il serait désormais le dernier membre issu de la formation d'origine !

La mort de Bon Scott (19/02/1980), puis celle de Malcolm Young (18/11/2017), et la défection de Phil Rudd (de 1975 à 1983 et de 1994 à 2014) puis celle de Cliff Williams (de 1977 à 2016 et de 2018 à 2024), aurait pu mettre un terme (prématuré ?) à l'existence du groupe  légendaire. Chacun des admirateurs aura son opinion sur la pertinence de continuer, malgré tout… Moi-même je suis partagé entre la frustration inconsolable de ne pas avoir assisté à l'ère Bon Scott, et la relative compensation d'avoir assisté à l'avènement de l'ère Brian. La poursuite de l'aventure après le retrait puis le décès de Malcolm pourrait être considérée comme une hérésie et pourtant leur concert de l'an dernier m'a ému à un point inattendu.

Mais la discographie du groupe en atteste, il fallait que le rock soit exprimé par ces Australiens. Il convient de considérer que les deux premiers albums parus en Australie ont été partiellement fusionnés dans un premier album international "High Voltage" paru le 14 mai 1976. L'album "Power Up" paru le 13 novembre 2020 est ainsi considéré comme le seizième. Sans doute le dernier (?).


Dans la vie d'un mélomane passionné, il est des offres qui ne se refusent pas. Telles que l'opportunité de rencontrer les membres du groupe à leur hôtel, lors de l'enregistrement de "For Those About to Rock", en juin 1982, alors que nous étions quelques heureux privilégiés à l'époque. Seulement trois dans la confidence, le premier jour !

Autre opportunité, grâce à Daniel, avec mon fils et ma P'tite Fée, ainsi que Rémi et Amy (REDCLOUD) nous avons modestement participé à un p'tit reportage que France 2 a brièvement diffusé au JT du 13h le vendredi précédent le concert. Quelques secondes qui seront archivées dans les mémoires de France-Télévision.


LE CONCERT.

Après treize étapes américaines, du 10 avril à Minneapolis au 28 mai 2025 à Cleveland, ils ont débarqué dans nos contrées pour quinze étapes européennes du 26 juin à Prague au 21 aout à Edinburgh.

La présente tournée européenne fut annoncée le 3 février 2025. Mon pote Daniel s'est chargé du pénible processus d'acquisition du ticket sur internet, pour ce qui était réputé l'unique concert prévu le 9 août. Les quatre-vingt-mille tickets ont été rapidement vendus. Puis il a fallu attendre le 29 juillet pour enfin le télécharger … Nous serons ainsi debout, en pelouse or (secteur Est, Porte G).

Allons-y pour la Joie et la bonne humeur, d'autant plus qu'avec ma P'tite Fée et mon fils, nous sommes accompagnés d'un couple d'amis chers, Daniel et Vivianne. Et bien d'autres rencontres émailleront cette après-midi festive !

Un bémol à cet enthousiasme ; la première partie de soirée demeurera assurée, comme l'an dernier, par THE PRETTY RECKLESS. Cette annonce déçoit davantage par son manque d'originalité que par les musiciens choisis. Elle illustre simplement une nouvelle fois le désintérêt habituel des Australiens pour tout ce qui entoure leur promotion. Angus assume ainsi son côté rock'n'roll ; le cirque qui l'entoure est délégué à des agents, dont la considération pour les admirateurs du groupe ne semble hélas pas une préoccupation majeure (doux euphémisme). Dommage, bon nombres d'autres artistes méritants auraient sans doute apprécié disposer de ce tremplin exceptionnel … Je me souviens d'autres invités d'AC/DC ; citons juste WHITESNAKE, Y&T, DOKKEN, THE ANSWER, … pour les plus mémorables (stop ! celui qui me rappelle avoir manqué Judas Priest en 1979, je lui mords férocement le mollet !!).

Bref, nous rejoignons d'autres fervents admirateurs aux abords dudit Stade de France en début d'après-midi, au mépris d'une fatigue qui ne manquera pas de décliner des longues heures d'attentes sous un soleil particulièrement accablant en cette période de canicule. Mais cette joyeuse assemblée d'admirateurs venus des quatre coins de la France et d'au-delà, est un réel plaisir à voir et entendre. Les t-shirts et les tatouages rivalisent d'originalité pour vanter notre passion commune. Les cornes lumineuses achèvent de démontrer la bonhomie de bon nombre des mélomanes de tous âges.

Certes on pourra toujours se lamenter légitimement du prix des marchandises, autant que celui des places ; cinquante euros le t-shirt, vingt euros la paire de cornes, et cette onéreuse "pelouse or" qui est tout sauf un carré réellement privilégié, la quête de rentabilité a rendu l'espace démesuré. Sans parler de cette infâme pisse d'âne servie en guise de bière, juste pour obtenir un joli gobelet de collection du groupe. Mais je confesse avoir toutefois cédé pour un jeu de protection auditive au nom du groupe, pour vingt euros.

Vient l'heure de l'ouverture de portes qui nous permet de courir vers le meilleur emplacement possible. Nous parvenons à nous caser non loin de la scène (tout est relatif dans cet espace bien sûr!). Nous stationnons dans le creux entre le prolongement de scène et le côté droit en la regardant. Le confort s'y avèrera ma foi correcte, l'entourage se montrant bienveillant et raisonnable, sans doute dû à la proportion féminine non négligeable. Reste à supporter l'attente interminable sous le soleil. Les jambes sont lourdes et les gosiers déjà secs lorsque débutent les turbulences rock'n'roll assumées.

THE PRETTY RECKLESS [19h00-19h50]
https://theprettyreckless.com/#music

L'an dernier, ma méfiance à l'égard de cet ancien mannequin s'était estompée quelque peu à l'issue de sa prestation. Loin de m'exalter, le concert m'avait toutefois permis de patienter dans une ambiance relativement appropriée.

Il faut admettre qu'elle commence à accumuler une certaine expérience ; Taylor Momsen a 15 ans lorsqu'elle forme THE PRETTY RECKLESS en 2009. Son premier concert s'est tenu le 5 mai 2009, à New York. Je n'ai pas trop envie de répéter la biographie de la dame, que j'avais déjà évoquée dans mon précédent récit et dont la présence réitérée n'est même pas justifiée par une nouveauté quelconque ! Le quatrième album studio, intitulé "Death by Rock and Roll" paru le 21 février 2021, justifiait déjà sa prestation de l'an dernier.

Le quatuor me semble plutôt stable puisqu'après l'agitation de la période de construction, Taylor Momsen (chant, guitare rythmique, depuis 2009), demeure entourée par Ben Phillips (guitare, chant, depuis 2010), Mark Damon (basse, depuis 2010), et Jamie Perkins (batterie, depuis 2010).

La sonorisation nous semble bien équilibrée ; puissante mais pas assourdissante ; les pupitres sont audibles.

Quant à la prestation, rien à reprocher objectivement. C'est juste une affaire de perception d'un style et d'une attitude.  Disons que je ne suis pas davantage convaincu que l'an dernier ; la Belle est poliment provocante dans sa nuisette, sa voix est soutenue d'un ton rock mais loin d'être rauque. Tout cela me parait un peu savamment préfabriqué à vrai dire. Pourtant les musiciens assurent leur partie avec un certain talent, les soli de Ben Phillips sont bien interprétés, la chanteuse chante juste et est relativement charismatique… Mais dans ce style j'avais mieux apprécié Lita Ford que j'avais trouvé plus … authentique. Mais je concède exprimer un avis sans doute sévère et subjectif…

Je me joins de bonne grâce au public qui leur accorde un bel accueil et salue la prestation d'ovations respectueuses.

TPR ne s'est pas embarrassé de scrupules, le groupe nous interprète exactement le même programme que l'an dernier. Soit neuf titres, issus de ses quatre albums, dont trois de "Death by Rock and Roll" (2021), trois de "Going to Hell" (2014), deux de "Light Me Up" (2010) et un de "Who You Selling For" (2016).

PROGRAMME

  1. Death by Rock and Roll (Death by Rock and Roll, 2021)
  2. Since You're Gone (Light Me Up, 2010)
  3. Follow Me Down (Going to Hell, 2014)
  4. Only Love Can Save Me Now (Death by Rock and Roll, 2021)
  5. Witches Burn (Death by Rock and Roll, 2021)
  6. Make Me Wanna Die (Light Me Up, 2010)
  7. Going to Hell (Going to Hell, 2014)
  8. Heaven Knows (Going to Hell, 2014)
  9. Take Me Down (Who You Selling For, 2016). 



AC/DC [20h30-22h45]
https://www.acdc.com/home/

Le groupe est actuellement formé par Angus YOUNG (guitare solo, depuis novembre 1973), Brian JOHNSON (chant, depuis avril 1980), Stevie YOUNG (guitare rythmique, de mai à novembre 1988, puis depuis mai 2014), Matt LAUG (batterie, depuis octobre 2023) et Chris CHANEY (basse, depuis mai 2024).

Cinq écrans prévoient de montrer au public ce qui se passe sur scène et d'illustrer les titres interprétés. Un écran géant central, deux latéraux principaux et deux autres annexes sur les côtés pour la part du public la plus excentrées.

La sagesse n'a pas sa place dans l'enceinte où s'exprime AC/DC ; nous sommes ici dans le domaine de la Passion et donc de la déraison. L'attente éreintante pour assister à une prestation millimétrée et sans vraie surprise est à certains égard de la l'ordre du puéril. Mais j'assume mes poils hérissés dès les premières images d'introduction diffusées sur les écrans. Elles imitent l'arrivée de l'Entité par les routes parvenant à Paris, puis le Stade de France, dans les sous-sols duquel déboule à toute allure un bolide que l'on imagine occupé par un Angus impatient. Durant la diffusion, les autres membres s'installent. Puis tel un Messie Angus apparait, coiffé d'une casquette bleue, vêtu d'une chemise blanche et d'un costume rouge ; une délicate attention pour le pays hôte ! L'ovation qui accompagne son arrivée, est vite masquée par les premiers accords émouvants de "If you want blood".

Je rappelle que nous sommes en fosse. La sonorisation nous semble parfaite, tout est audible, …même les limites vocales d'un Brian qu'on aime quoi qu'il en soit. Lui est le public sont comme un vieux couple, on se sent bien ensemble, même si ça coince parfois. Cela relève d'un subtil mélange de respect, de nostalgie, de subjectivité et de bienveillance. En tout état de cause, Brian assure honorablement sa partition d'une manière qui ne me choque pas davantage que par le passé. Ce timbre suraigu et égosillé peut agacer mais elle fait partie d'AC/DC depuis plus de quatre décennies. A mon sens, son mérite se mesure favorablement surtout sur son répertoire (de 1980 à nos jours). Son allure diffère peu du passé, même s'il s'abstiendra de faire le pitre sous la cloche pour entamer "Hell's Bells".

Angus quant à lui m'impressionne par sa forme physique. Il est manifestement dans un grand jour. Oh ! bien sûr nous sommes loin de l'espiègle et turbulent adolescent des années soixante-dix ! Mais compte tenu du poids des ans, son attitude inspire le respect et l'admiration. Il parvient toujours à produire son légendaire pas de canard (inspiré par Chuck Berry), à arpenter vaillamment les coins d'une scène pourtant étendue. Et bien sûr sa dextérité sur le manche demeure quasi intacte, même si le rythme d'exécution est parfois ralenti délibérément afin d'en garantir la qualité.

Une lenteur parfois pesante, comme pour l'entame de "Thunderstruck" ou les pauses entre les titres. Le solo traditionnel exécuté à la fin de "Let There Be Rock" peut paraitre un tantinet longuet. Pourtant, à l'instar de sa démonstration, sur le support surélevé et inondé d'une pluie de confettis, puis en fond de scène au-dessus du mur d'enceintes, il fait partie du rituel et on se régale de son plaisir à exprimer son talent. Et puis globalement on se réjouit sincèrement du plaisir que procurent encore ces interprétations légendaires.

Les trois musiciens chargés du soutien rythmique, le bassiste Chis Chaney, le batteur Matt Laug et le guitariste rythmique Stevie Young, assurent correctement leur rôle même si les plus anciens ne peuvent pas oublier les illustres prédécesseurs.

Autant l'attente préalable aura paru longue, autant la prestation de cent-trente-cinq minutes aura passé bien trop vite ; lorsque le titre final achève d'émouvoir l'auditoire avec ses coups de canons. Brian remercie chaleureusement le public au nom du groupe. Un feu d'artifice clôt la fête et déjà la mélancolie s'empare des esprits ; Au revoir ou adieux ?

L'émotion est palpable, la reconnaissance est sincère. Toutes générations confondues l'exaltation n'a cessé de s'exprimer dans une ferveur adulescente que j'affectionne particulièrement.

Etonnement, l'équilibrage (sans doute difficile) du programme a abouti à l'exclusion de l'album "Black Ice" (2008), mais on ne se plaindra pas du choix qui rend hommage autant à l'ère de Bon Scott (onze titres) que celle de Brian Johnson (dix titres).

Dix albums ont été ciblés pour en extraire vingt et un titres. Cinq sont issus de Back in Black (1980), deux de Highway to Hell (1979), trois de Let There Be Rock (1977), deux de Power Up (2020), deux de Powerage (1978), deux de High Voltage (1975-76), un de Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976), un de For Those About to Rock (1981), un de The Razors Edge (1990), et un de Stiff Upper Lip (2000).

PROGRAMME

  1. If You Want Blood (You've Got It) (Highway to Hell, 1979)
  2. Back in Black (Back in Black, 1980)
  3. Demon Fire (Power Up, 2020)
  4. Shot Down In Flames (Highway to Hell, 1979)
  5. Thunderstruck (The Razors Edge, 1990)
  6. Have a Drink on Me (Back in Black, 1980)
  7. Hells Bells (Back in Black, 1980)
  8. Shot in the Dark (Power Up, 2020)
  9. Stiff Upper Lip (Stiff Upper Lip, 2000)
  10. Highway to Hell (Highway to Hell, 1979)
  11. Shoot to Thrill (Back in Black, 1980)
  12. Sin City (Powerage, 1978)
  13. Hell Ain't a Bad Place to Be (Let There Be Rock, 1977)
  14. Dirty Deeds Done Dirt Cheap (Dirty Deeds Done Dirt Cheap, 1976)
  15. High Voltage (High Voltage, 1976)
  16. Riff Raff (Powerage, 1978)
  17. You Shook Me All Night Long (Back in Black, 1980)
  18. Whole Lotta Rosie (Let There Be Rock, 1977)
  19. Let There Be Rock (Let There Be Rock, 1977).

RAPPEL :

  1. T.N.T. (T.N.T., 1975, puis High Voltage européen, 1976)
  2. For Those About to Rock (We Salute You) (For Those About to Rock, 1981).

A ce stade de la nuit, je rentre à la maison avec l'amertume d'une fin de règne. Je dois dès demain partir dans la famille chez les Chtis et me passer par conséquent du second concert prévu mercredi prochain…


Mais la vie réserve (aussi) de bonnes surprises. Les circonstances m'ont permis de revenir mercredi matin, ce qui m'a autorisé à assister à l'ultime concert, mon seizième, en compagnie de mon fils ainé dans un autre secteur du stade. Tribune haute, secteur Ouest, bloc U4, rang 72, place 26. Cette occasion inespérée m'a permis de prendre de la hauteur au sens propre comme au figuré, sur l'évènement. Le stade est plein comme un œuf (hormis un peu d'espace en pelor). Cette masse populaire demeure toujours impressionnante, sensation accentuée par cette multitude de cornes clignotantes.

L'atmosphère lourde, le ciel laiteux et menaçant de la journée, finit par donner de la pluie pile à l'heure du début de la prestation d'AC/DC ! Nous étions protégés par le toit, mais en fosse j'imagine que cet incident a dû être modérément apprécié… Heureusement, après "Back in Black" la pluie s'est arrêtée.

Seul le segment treize du programme diffère de celui du samedi : "Dog Eat Dog" remplace "Hell Ain't a Bad Place to Be". Autre détail, Angus, dans un excès de coquetterie est cette fois apparu en costume bleu.

J'ai remarqué quelques négligeables faiblesses dans l'interprétation de ce mercredi, telles qu'une légère confusion rythmique sur "Shoot to Thrill" et quelques limites vocales de Brian.

Mais bon, globalement encore une fois, ce fut un pur plaisir d'être là avec mon fils pour ce qui pourrait être une dernière prestation de mes héros d'antan. La boucle semble bouclée ; le symbole vaut pour mon fils aussi qui assistait en ma présence à ce baissé de rideau, alors qu'il m'avait déjà accompagné le 25 février 2009 au POP-Bercy… Emotion.

PROGRAMME

  1. If You Want Blood (You've Got It) (Highway to Hell, 1979)
  2. Back in Black (Back in Black, 1980)
  3. Demon Fire (Power Up, 2020)
  4. Shot Down In Flames (Highway to Hell, 1979)
  5. Thunderstruck (The Razors Edge, 1990)
  6. Have a Drink on Me (Back in Black, 1980)
  7. Hells Bells (Back in Black, 1980)
  8. Shot in the Dark (Power Up, 2020)
  9. Stiff Upper Lip (Stiff Upper Lip, 2000)
  10. Highway to Hell (Highway to Hell, 1979)
  11. Shoot to Thrill (Back in Black, 1980)
  12. Sin City (Powerage, 1978)
  13. Dog Eat Dog (Let There Be Rock, 1977)
  14. Dirty Deeds Done Dirt Cheap (Dirty Deeds Done Dirt Cheap, 1976)
  15. High Voltage (High Voltage, 1976)
  16. Riff Raff (Powerage, 1978)
  17. You Shook Me All Night Long (Back in Black, 1980)
  18. Whole Lotta Rosie (Let There Be Rock, 1977)
  19. Let There Be Rock (Let There Be Rock, 1977).

RAPPEL :

  1. T.N.T. (T.N.T., 1975, puis High Voltage européen, 1976)
  2. For Those About to Rock (We Salute You) (For Those About to Rock, 1981).

à mon gamin (27/2/09)

On salue nos amis puis on rentre fourbus mais heureux ! FOR THOSE ABOUT TO ROCK, WE SALUTE YOU !


samedi 19 juillet 2025

IRON MAIDEN – La Défense Arena de Nanterre (92) – samedi 19 et dimanche 20 juillet 2025.

Je reviens contre mon gré dans cette arène sportive. J'ai hélas déjà eu l'occasion de confirmer qu'elle est davantage adaptée pour brailler un soutien lors d'une compétition que pour écouter notre Musique. Mes expériences pour RAMMSTEIN et GENESIS, certes à des degrés divers, ne m'avaient pas donné l'envie d'y revenir a priori… Mais pour assister aux concerts d'IRON MAIDEN, j'ai vécu pires aventures ! (…)

Une fois de plus et sans surprise, durant les deux soirées, la réverbération du son a nui à l'acoustique, en dépit des efforts d'équilibrage des pupitres par l'ingénieur du son. L'ampleur du son fut perçue différemment selon l'emplacement du spectateur, sa perception fut plus ou moins décalée. Je rapporte cette sensation à la fois de mon expérience personnelle sur les deux jours, mais aussi des témoignages recueillis. En secteur prestige, le samedi cela restait correct. Mais le lendemain, en secteur tribune basse, davantage éloigné de la scène, le décalage systématique entre la cadence et les pupitres fut parfois à la limite du supportable.

Pour apprécier les deux concerts, il fallait avant tout admettre cette pénalité. Avec un minimum de bonne volonté, mes oreilles ont fini par s'y faire bon gré, mal gré. Heureusement, car par ailleurs, cet évènement aura été mémorable !


LEUR HISTOIRE DANS MON HISTOIRE. Steve Harris avait dix-neuf ans lorsqu'il a fondé IRON MAIDEN en 1975, à Leyton, dans l'est de Londres ; il n'imaginait probablement pas le développement de son projet. Alors que son groupe débutait dans le pub "Cart and Horses" à Stratford, pouvait-il concevoir la perspective de cinq décennies passées à sillonner la planète, pour promouvoir dix-sept albums enregistrés en studio, relayés par moult enregistrements audio et vidéo. Comme souvent, un engrenage de circonstances et de rencontres a contribué à construire un univers musical et visuel. Parmi celles-ci, Derek Riggs avec qui il a conçu dès 1979, la mascotte légendaire, Eddie, dont l'iconographie exploitée sur scène et dans les médias, a participé à la notoriété du groupe.

A l'instar de beaucoup, je fus emporté dans cette enivrante spirale. Mes aînés m'avaient pourtant prévenu ; les années passent à une vitesse vertigineuse. Cela fait déjà près de quarante-cinq années que ces maudits Anglais ont contribué à m'ouvrir un univers obsédant, dans un sillage déjà creusé par d'autres énervés. N'oublions pas qu'IRON MAIDEN est un des vecteurs de la très fameuse NWOBHM, autrement dit, la "nouvelle vague de heavy metal britanique".

Chacun grandit avec ses icônes contemporaines. Moi, c'est notamment avec IRON MAIDEN, qui m'évoque MES années 80, celles de mon adolescence. Avec davantage de constance qu'AC/DC (et ce n'est pas rien de le dire !), IRON MAIDEN a accompagné et soutenu lors de nombreuses étapes dans ma vie, comme une médecine alternative, une musicothérapie. La plupart des concerts de la Vierge de Fer me rappellent des souvenirs particuliers, et cela dépasse largement le strict cadre musical (…).

Passons sur le choc subi lorsque Didier F. cet ami bien inspiré de l'époque posa sur la platine de sa chaine hi-fi, dans le salon de ses parents, le vinyle du tout premier opus de la Dame de Fer (…). Je me contente ici de rappeler le cataclysme culturel que j'ai vécu en ce jour printanier du samedi 21 mars 1981 au Bataclan, à l'occasion de leur tournée "Killers". Certes, dans les quelques semaines qui avaient précédé, je venais d'assister au dantesque concert d'AC/DC le 29 novembre 1980 au Bourget, qui m'avait déjà ouvert les Portes de la Perdition ; puis je m'étais exalté avec TELEPHONE le 17 février 1981 au Palais des Sports. Mais là, avec ce concert survolté d'IRON MAIDEN, … clairement je pénétrais dans une autre dimension !

Visiblement, je ne m'en suis toujours pas remis. Je guette chaque tournée et chaque occasion festivalière de les revoir. Les nombreuses aventures liées à mes participations à leurs concerts seraient trop longues à relater ici ! L'après-midi sur 21 mars 1981 passée dans les locaux du Quai des Orfèvres, la nuit du 24 mars 1982 amené en panier à salades au commissariat du 12e arrondissement de Paris, les deux Monsters of Rock de Castle Donington, les onze concerts étourdissants vus à Bercy, les deux Zénith de Paris …ect.

En dernier lieu, le samedi 17 juin 2023, j'ai bravé, à mes risques et périls, la folie de dizaines de milliers de festivaliers hystérisés au Hellfest, en m'obstinant à m'accrocher au deuxième rang. J'étais ressorti de cette expérience littéralement vidé, exténué. Ce guet ne fut toutefois pas infaillible puisque, le 30 juin 2023, j'ai stupidement manqué l'occasion de les revoir à Manchester ; avec un peu plus de perspicacité, nous aurions dû/pu rester une journée de plus, après d'autres émotions musicales (…). Bref, quoi qu'il en soit, ce 19 juillet me permettra d'assister une vingt-quatrième fois à un de leurs concerts (dont six en festival) ; une nouvelle étape qui anime une charge émotive que je ne cache pas…

J'avais hâte de les revoir dans des conditions moins …éreintantes.

De surcroit, une fois n'est pas coutume (…), IRON MAIDEN sera précédé d'un groupe qui nous semble digne d'intérêt. En effet, nous revoyons AVATAR pour la quatrième fois ; jusqu'à présent ces Vikings ne nous ont pas déçu en concert.

Je ressens toujours le même plaisir de participer à ces grand-messes, vers lesquelles convergent des milliers de mélophiles vêtus de t-shirts, et de vestes à patch ; cela me rassure. Pour la présente occasion, force est de constater la grande diversité d'imagerie à la gloire d'IRON MAIDEN. Impressionnant ! Pour ma part, j'avais enfilé le t-shirt spécialement édité pour leur prestation du HellFest 2023, mon concert le plus récent avec eux.

Arrivé sur le site de La Défense, on doit s'insérer dans une dantesque file d'attente ; Elle débute bien avant le parvis de l'arène !! Mais bon, elle a le mérite d'avancer relativement vite. Les contrôles s'avèrent pragmatiques et rapides. Le concert, réputé complet (aujourd'hui et demain), est censé se produire devant plus de quarante mille personnes, d'après la capacité officiellement affichée par la salle.

Dès le 23 septembre 2024, moi et ma P'tite Fée avions délégué à un couple d'amis, la mission d'acquérir nos tickets pour le samedi 19. Pour une fois, nous avons opté pour un placement de prestige (E60/P116/R23/P21 & 22), afin de nous accorder la moins mauvaise place possible… Le fait est que nous sommes excellemment positionnés, compte tenu de la configuration de l'ovale ; la diagonale vers la scène n'est pas trop écrasée et nous permet une très bonne visibilité de l'ensemble de la scène. En outre, notre rangée de sièges surplombe la cage d'escalier ; ce qui dégage totalement notre point de vue, sans crainte subir des gaillards relevés devant nous (ce qui est la spécialité de ma P'tite Fée) ! Détails confortable, un rebord de balcon nous permet de déposer nos gobelets ; parfait ! Ces places numérotées ont également l'avantage d'autoriser, sans crainte de replacement aléatoire, d'aller chercher nos boissons. Les gobelets sont à collectionner ; magnifiquement illustrés à l'effigie d'Eddie, sur trois modèles différents ; Acte de bravoure indéniable en toute modestie, il m'aura fallu siffler trois bières pour les collecter.

On se dépêche de visiter l'échoppe officielle. Les t-shirts sont beaux, attrayants mais onéreux ; moyennant 50 € je prends un exemplaire pour ma p'tite Fée, mais je m'abstiens de tout excès. Les miens me suffiront compte tenu de ce cout que j'estime excessif.

Les conditions sont donc quasi idéales, dans ce contexte, même si l'oreille devra bien évidemment s'adapter à l'acoustique de cette arène… Il reste donc à évaluer les balances pour des pupitres audibles.


AVATAR [19h30-20h15].
https://avatarmetal.com/

BREVE BIO : Le quintuor suédois, originaire de Göteborg, a été fondé en 2001 par le batteur John Alfredsson et le guitariste Jonas "Kungen" Jarlsby. Après une phase toujours un peu pénible de chaises musicales inhérente à la genèse, le groupe se stabilise en décembre 2011, lorsque Tim Ohrstrom remplace le guitariste Simon Andresson. Puis le groupe évolue, visuellement et musicalement. Le chanteur Johannes Eckerström se grime alors en clown, à l'occasion du tournage du clip de "Black Waltz" (sur le thème d'une troupe d'artistes de cirque qui montrent leurs étonnants talents).

Leur neuvième album "Dance Devil Dance" est paru le 17 février 2023. Toujours sur un rythme effréné, un dixième est déjà en gestation, puisqu'ils sont rentrés en studio en janvier 2025. Mais sa tournée promotionnelle est déjà bien engagée. Depuis ce 5 juillet à Madrid, AVATAR a accroché son wagon au train fou d'IRON MAIDEN. A l'instar de la précédente tournée, je suis impressionné par la longueur de son calendrier, qui sera interrompu seulement en septembre 2025 et en janvier 2026 ; il s'étend à ce jour avec plus de soixante-douze dates déjà prévues jusqu'au 5 juillet 2026 à Londres ! Quelle santé !!

AVATAR se compose actuellement de Jonas "Kungen" Jarlsby (guitares, 2001), John Alfredsson (batterie, depuis 2001), Johannes Eckerström (chant, trombone et claviers, depuis 2002), Henrik Sandelin (basse, chœurs, depuis 2003) et Tim Öhrström (guitares, chœurs, depuis 2011).

A priori, je n'étais pas enclin à apprécier ce groupe, car le chant n'est pas de nature à me séduire, en tant qu'amateur de belles voix. Mais de bonnes âmes ont tellement insisté pour que j'y prête une oreille plus attentive que j'ai fini par apprécier leur conception d'un "death metal" mélodique, agrémenté d'un heavy metal puissant et ciselé. En outre, les vidéos promotionnelles de Johan Carlén sont très soignées, avec beaucoup d'humour et de dérision. Enfin, c'est leur prestation à la fois dantesque, loufoque et captivante du dimanche 26 juin 2022 au Hellfest, qui a achevé de nous magnétiser. Le quintuor démontre sur scène son efficacité, par une maitrise technique, une réelle harmonie entre les pupitres et de surcroit une mise en scène fantaisiste. Leur son lourd et puissant provoque irrésistiblement l'ébullition du public. Le charisme des musiciens, en particulier celui du facétieux et extravagant Johannes Eckerström, est fascinant. Ce dernier trahit de nouveau un de mes paradoxes ; sa voix peut rebuter par sa rugosité, par l'expression d'une folie inquiétante et pourtant je retiens une réelle cohérence avec l'univers développé.

La sonorisation de cette maudite enceinte s'avère acceptable depuis notre point de perception. Certes, le son résonne fatalement mais les pupitres sont distinctement audibles et c'est le principal, après tout ! Mon appréciation sur leur prestation de ce jour est heureusement conforme aux précédentes.

Un manutentionnaire dépose un carton (sans fond) au pied de la batterie. Johannes semble sortir de la boite, (du dessous de la sous-scène), l'illusion est jouissive ! Tu veux un ballon ? Puis, la machine est enclenchée ; nous retrouvons cette puissance dévastatrice ponctuée de séquences circassiennes déstabilisantes. Derrière une brutalité musicale se dévoilent de magnifiques segments mélodiques joués aux guitares. Ces contrastes de puissance mélodique continuent de me rappeler d'autres Suédois ; ARCH ENEMY et (les débuts de) TIAMAT.

Des deux nouveaux titres, je préfère "Captain Goat", plus mélodique que "In the Airwaves".

Manifestement, une bonne part du public découvre ces Suédois, et finit par acclamer bruyamment la prestation. Je suppose qu'ils ont su séduire de nouveau métallos ce soir.

Ce puissant maelström musical nous a proposé huit titres dont deux nouveaux et six issus de quatre de leurs neuf albums antérieurs. Deux titres sont issus de "Dance Devil Dance", deux de "Hail the Apocalypse", un de "Black Waltz", un de "Feathers & Flesh".

PROGRAMME
Bande-son introductive : "Beware of the Clown" (The Damned)

  1. Dance Devil Dance (Dance Devil Dance, 2023)
  2. The Eagle Has Landed (Feathers & Flesh, 2016)
  3. In the Airwaves (à paraitre, 2025)
  4. Bloody Angel (Hail the Apocalypse, 2014)
  5. The Dirt I'm Buried In (Dance Devil Dance, 2023)
  6. Captain Goat (à paraitre, 2025)
  7. Smells Like a Freakshow (Black Waltz, 2012)
  8. Hail the Apocalypse (Hail the Apocalyps, 2014).

 Notre calendrier est d'ores et déjà coché à la date du samedi 7 mars 2026 ; ils sont prévus au Zénith de Paris - La Villette.

L'entracte me permet de revoir des amis de longue date, dans les coursives. Beau moment de convivialité dans un état d'exaltation générale.


IRON MAIDEN [21h-23h].

La présente tournée mondiale est intitulée "Run for Your Lives World Tour". Sa partie européenne comprend à ce jour trente-deux dates ; elle a débuté le 27 mai 2025 à Budapest, en Hongrie, et se terminera le 2 aout 2025 à Varsovie. Il s'agit là de commémorer le demi-siècle de carrière du groupe. Ce qui exclut leur dix-septième opus, "Senjutsu " qui est paru le 3 Septembre 2021.

Alors que la bande son introductive clame puissamment l'hymne "Doctor, Doctor" de UFO, je sens l'émotion me prendre à la gorge. Les cinq décennies passées remontent en mémoire. Ce sont un peu des grands frères ; même s'ils sont légèrement plus âgés que moi, je me considère un peu de leur génération. Le fondateur, le bassiste Stephen Percy Harris, est né le 12 mars 1956 (69 ans). Il demeure fidèlement accompagné depuis 1976 par le guitariste David Michael Murray, né le 23 décembre 1956 (68 ans). Un peu moins fidèles mais finalement toujours au poste, nous retrouvons Adrian Frederick Smith, né le 27 février 1957 (68 ans), guitariste de 1980 à 1990 et depuis 1999, et Paul Bruce Dickinson, né le 7 août 1958 (66 ans), chanteur de 1981 à 1993, et depuis 1999.

Selon moi, le groupe aurait dû rester en quintuor, l'essence même de son existence. Le son de cette époque me parait plus incisif et moins confus. Mais, en 1990, le départ d'Adrian avait nécessité le recrutement de Janick Robert Gers, né le 27 janvier 1957 (68 ans). Au retour d'Adrian en 1999, on peut supposer qu'humainement il aurait semblé ingrat de débarquer Janick. C'est ainsi qu'est apparu un sixième pupitre.

La nouveauté sur cette tournée c'est l'absence de Nicko McBrain, qui était le batteur d'Iron Maiden depuis 1982 ; il avait succédé au déjà excellent Clive Burr. On a beau se persuader qu'il est préférable arrêter avant de défaillir ; il n'en demeure pas moins que revoir Maiden sans lui, c'est un peu dur… Nicko a sagement préféré déposer ses baguettes, à 72 ans ; son ultime concert a eu lieu le 7 décembre 2024 à São Paulo. Dès le lendemain, Steve Harris a désigné officiellement son remplaçant ; c'est Simon Dawson, (66 ans), le batteur de son groupe parallèle, BRITISH LION.

L'hommage à UFO se termine, une autre bande introductive recadre la période qui va être évoquée, c'est celle qui ouvre l'album "Killers". Les premières images diffusées évoquent astucieusement les débuts de l'aventure du groupe. Tels que le pub Cart and Horses de leurs premiers concerts, les allusions aux titres emblématiques des premiers opus…

La sonorisation ne me décevra pas, (hormis encore une fois l'acoustique résonnante du lieu) les musiciens expriment leur art avec un équilibre subtil de clarté et de puissance. Avec l'esprit bienveillant d'un admirateur de ladite Musique, l'oreille s'adapte autant que possible et parvient à estomper la démesure du lieu.

La mise en scène des concerts d'IRON MAIDEN a toujours fait l'objet d'un soin particulier, d'un esthétisme recherché, avec beaucoup d'audace. Ce soir encore, l'organisation s'est surpassée. C'est tout simplement excellent. Un écran géant central surplombe la scène et diffusera les illustrations des titres. Deux autres plus petits, de chaque côté, montreront principalement les plans rapprochés des musiciens filmés en direct, mais seront parfois aussi un complément du grand écran. Les images diffusées sur le central illustrent somptueusement les chansons ; en concert, j'ai rarement vu d'aussi belles images en termes de couleurs, de jeu d'ombres et lumières, d'hologrammes et autres trompe l'œil. Je pourrais disserter longuement sur la scénographie très soignée de chaque séquence sans tarir d'éloges. Les proportions étaient savamment calculées pour y fondre les interventions de Bruce, acteur malicieux.

L'éclairage est subtilement dosé pour produire les meilleurs effets. Il permet souvent de créer l'illusion de décors. Sans oublier les effets pyrotechniques, notamment durant "The Number of the Beast".

Mais les deux moments qui m'ont paru les plus esthétiquement remarquables furent "Powerslave", "Rime of the Ancient Mariner" et "Hallowed Be Thy Name".

Durant "Powerslave" de somptueuses images faisaient évoluer la pyramide au gré des éclairages d'une journée avec des couleurs chaudes et chatoyantes. Bruce semblait vraiment agir au pied des marches du monument ! En contrebas, un jeu de lumières produisait l'illusion de blocs sculptés (sans doute un gain de place précieux pour le transport du matériel de tournée !)

Le sommet de l'esthétisme et de la poésie fut atteint durant "Hallowed Be Thy Name" dans un décor et un jeu de lumières et d'images absolument saisissant et oniriques. La silhouette de Bruce qui se confond astucieusement avec son hologramme alors qu'il est poursuivi par l'esprit est un pur moment d'anthologie scénique du hardrock. Sa chute après une pendaison ratée, puis sa réapparition dans un fumigène flamboyant et superbement mis en scène.

Quant à "Rime of the Ancient Mariner", qui est de toute façon un de mes titres (si ce n'est mon titre) préféré(s) de toute la discographie, on erre dans le comte fantastique avec ses décors maritimes digne des meilleurs films du genre ! L'image d'Eddie y apparait de manière effrayante et belle à la fois !

Si l'avion Spitfire n'est plus suspendu comme lors de la précédente tournée, le mannequin d'Eddie intervient traditionnellement ; cette fois durant les titres "Killers" et "The Trooper" (mais pas durant "Iron Maiden").

Et bien entendu, nous sommes censés commenter avant tout un concert de musique ; les musiciens ne sont pas en reste ! Le sextuor émerveille les sens des mélophiles les plus exigeants. Steve demeure fougueux et évidemment très impliqué, le son des cordes tricotées de sa basse est omniprésent, sans pour autant masquer celui de ses petits camarades.

Bruce conserve son timbre distinctif, et il délecte sur des tonalités mineures fleuretant avec la justesse. Sa tessiture en concert est parfois surprenante. Son souffle m'a particulièrement sidéré sur le final de "Seventh Son…". D'un charisme évident, capable de soulever les foules à sa volonté, il fait partie de ces chanteurs qui adorent jouer la comédie, se déguiser et s'imprégner de ses personnages. Les chansons du répertoire lui en donnent d'excellentes occasions. Sur "Powerslave" il se coiffe toujours de ce mystérieux masque (plutôt incas en fait !). Sur "Rime of the Ancient Mariner", il est vêtu de guenille de marin fatigué. Sur "The Trooper" il est habillé en soldat, il agite fièrement le drapeau britannique et exacerbe un patriotisme assumé (dont une simple fraction équivalente ne serait pas pardonné à un Français, mais bon passons …!). Bondissant et pleinement engagé dans ses rôles, l'agilité et la fougue du sportif reconnu ne semble pas faiblir à l'approche de sa septième décennie. Et puis, sa francophonie accroit encore la sympathie du public français ; il ose des blagues et des allusions à nos us et coutumes ! Mon propos peut paraitre excessivement dithyrambique et pourtant j'estime que ce n'est pas le cas, car je maintiens ma préférence pour le personnage de son prédécesseur, Paul Di'Anno. Les deux ont leurs qualités et leurs défauts, mais j'appréciais beaucoup le côté rocker assumé de Paul, le timbre à la fois rugueux et mélodique, ainsi que sa tessiture impressionnante…

Dave le fidèle guitariste assume légitimement la majorité des soli avec perspicacité. Adrian est un excellent lieutenant assumant son pupitre et ses de soli à la perfection, mais aussi pour des duos splendides à pleurer.

Alors le cas Janick… Désolé mais je n'arrive pas à m'y faire. Oui je sais il compose et exécute quelques jolis soli. Je respecte l'artiste, ce n'est pas lui que je mets en cause, c'est juste sa présence. La plupart du temps je le sens en trop. Lui-même peut-être aussi d'ailleurs, quand on le voit faire le pantin désarticulé en maltraitant le harnais de sa guitare virevoltante. Et encore une fois, même quand il vient étoffer les harmonies avec sa troisième guitare, ce surcroît de corde me semble inutile, voire néfaste à la vigueur des interprétations.

Simon, le nouveau venu, doit assumer la redoutable fonction de remplacer Nicko. Je me dois par respect de modérer mon sentiment mais quand même… il me semble que son jeu manque des roulements de caisses et de cymbales que Niko étaient capable de produire avec fougue et bonne humeur. Pour le reste, honnêtement j'ai peiné à distinguer ce qui relève de sa responsabilité ou de l'acoustique résonnante, dans quelques pertes de rythme… Bref, une page est tournée avec le départ de Nicko.

Et le public… ahlalalaaa… quel enthousiasme encore et toujours... Les années passent mais la passion demeure, même si là aussi j'ai connu des concerts de Maiden encore bien plus telluriques ; les 21 mars 81 au Bataclan, 24 mars 82 au Pavillon Baltard. Et que dire de celui du  17 novembre 1983 à Balard durant lequel la sueur se mélangeait à l'eau de condensation qui coulait du toit de la tente ! Bref, j'arrête là mes souvenirs de vieux con. Disons que ce soir encore le public chante, s'époumone, exulte de joie. Ces chœurs de quarante mille gorges déployées sur "Fear of the Dark", par exemple, ça laisse des traces.

Je ne peux pas évoquer le public en général, sans évoquer ceux qui sont venus malgré leur handicap. Je les voyais heureux durant cette parenthèse de cent vingt minutes, sans béquilles ni chaise roulante, juste un esprit léger et empli de bonheur, dans la communion avec tous les autres.

Parmi leur discographie de dix-sept albums de studio, huit opus parus entre 1980 et 1992 ont été choisi pour évoquer cette période de leur prestigieuse carrière. A l'exclusion de "No Prayer for the Dying" (qui, même si ce n'est pas leur chef d'œuvre (…), aurait cependant mérité une mention).

Nous écouterons ainsi dix-sept titres, dont quatre issus de "Powerslave" (1984), trois de "Killers" (1981), trois de "The Number of the Beast" (1982), deux de "Iron Maiden" (1980), deux de "Seventh Son of a Seventh Son" (1988), une de " Fear of the Dark" (1992), une de "Piece of Mind" (1983), une de "Somewhere in Time" (1986).

PROGRAMME
Bande-son introductive : Doctor, Doctor (UFO)

Bande-son introductive : The Ides of March (Killers, 1981)

  1. Murders in the Rue Morgue (Killers, 1981)
  2. Wrathchild (Killers, 1981)
  3. Killers (Killers, 1981)
  4. Phantom of the Opera (Iron Maiden, 1980)
  5. The Number of the Beast (The Number of the Beast, 1982)
  6. The Clairvoyant (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  7. Powerslave (Powerslave, 1984)
  8. 2 Minutes to Midnight (Powerslave, 1984)
  9. Rime of the Ancient Mariner (Powerslave, 1984)
  10. Run to the Hills (The Number of the Beast, 1982)
  11. Seventh Son of a Seventh Son (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  12. The Trooper (Piece of Mind, 1983)
  13. Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast, 1982)
  14. Iron Maiden (Iron Maiden, 1980).
RAPPEL :
Bande-son introductive : discours de Churchill
  1. Aces High (Powerslave, 1984)
  2. Fear of the Dark (Fear of the Dark, 1992)
  3. Wasted Years (Somewhere in Time, 1986).

Bande-son finale : thème des Monty Python, "Always Look on the Bright Side of Life".


Mon ami Philippe, originaire du Sud-Ouest, m'avait lancé quelques jours auparavant un arrogant "Belote !" en me narguant de ses deux soirées réservées… Grâce à l'astuce de mon fils qui m'a dégoté un ticket à 40 € en tribune basse (au lieu de 112 !), j'ai pu répondre " et rebelote ! ". J'ai ainsi fait fi de ma fatigue de la veille et je me suis repointé à la grand-messe du dimanche. Ce 20 juillet me permettra d'assister une vingt-cinquième fois à un de leurs concerts, cette fois revêtu de mon t-shirt de leur prestation au Monters of Rok 1988, à Castle Donington ; beaucoup de connaisseurs, dans toutes les langues, ont loué ce tissu de collection, et surtout ce fut l'occasion d'échanger nos souvenirs, ce qui est la principale vocation d'un t-shirt évocateur...

Avec un point de vue différent, un peu plus en retrait que la veille, j'ai pu revoir tout le spectacle, ajuster mes impressions, et mesurer le bonheur collectif de cette belle communauté d'admirateurs de la Vierge de Fer !

UP THE IRONS !