mardi 26 juin 2018

SCORPIONS / SLYDIGS – POP BERCY – 26/06/2018



20h : SLYDIGS. Ces britanniques se définissent comme un groupe de rock & roll ; cette définition minimaliste peut sembler prétentieuse sans les avoir entendus. Cependant, après coup je ne vois pas de raison de leur coller une autre étiquette ; c'est juste du rock'n'roll après tout en effet, comme disait une de leurs inspirations manifestes, les Rolling Stones.
Autant dans leur allure que dans leur musique on sent bien que ces musiciens ont été bercé aux sons des 70's.
Cette impression ne retire rien à leur talent et à leur état d'esprit. Ils sont enthousiasmants et leur énergie a su capter l'intérêt des quelque vingt mille paires d'oreilles présentes dans l'arène de Bercy.
Ce quatuor britannique est composé de Dean FAIRHURST (chant, guitare rythmique), Louis MENGUY (guitare solo, chœurs), Peter FLEMING (batterie) et Ben BRESLIN (basse, chœurs).
Le succès recueilli au terme de leur prestation et leur disponibilité à la fin de la soirée pour vendre et signer leurs mini-Cd's, augurent d'un engament et d'une carrière durable ; c'est tout ce que l'on peut souhaiter à ce groupe prometteur !

PROGRAMME (sous réserve)
How Animal Are You?
Light the Fuse
She's My Rattlesnake
Sleep in the Wind
To Catch a Fading Light
Give It Up, Brother
Electric Love
The Love That Keeps on Giving.


SCORPIONS. Comme Ozzy, en dépit d'une volonté prétendue, Scorpions ne se sent pas encore vraiment prêt à cesser de faire vibrer les salles. Et c'est tant mieux, tant que leurs prestations ne frôlent pas trop la parodie. Or, c'est loin d'être le cas !
Immanquablement, ce concert d'une légende vivante du hard rock teuton anime en moi un curieux mélange de mélancolie et d'excitation.
Scorpions fait partie de ces groupes qui flattent ma vanité car il me donne l'impression futile, mais ô combien agréable, que le temps ne nous affaiblit pas, ou pas trop… Enfin pas encore. Certes, les titres qui me rendaient dingues dans les 80's ("The Zoo", en particulier) sont maintenant interprétés sur un tempo plus … adapté aux capacités physiques quelque peu émoussées quoiqu'on en dise, mais sacré bon sang que ces musiciens sont jouissifs à entendre, à voir et à revoir ! Personnellement, je ne me lasse pas de participer à leurs fêtes depuis ce 6 mars 1982 (Hippodrome de Pantin-tournée Blackout) ; cette soirée aura été mon dixième concert.

Difficile d'imaginer que c'est depuis 1965 que Rudolf Schenker (bientôt 70 ans !) persiste à nous réjouir avec ses accords, ses refrains mélodiques et ses facéties juvéniles (guitare fumante, accoutrements improbables, …) !
Respect aussi pour Klaus Meine, le fidèle compagnon depuis 1969 ; un Bercy plein à craquer, toutes générations confondues, a chanté avec lui comme pour le soutenir, et surtout pour se souvenir. Qu'il est réjouissant d'entendre la voix si reconnaissable de ce septuagénaire, même si parfois il lui arrive de prendre l'octave en dessous par précaution (pas aussi souvent qu'Ozzy, toutefois !).
Matthias Jabs, qui avait eu la très lourde de tâche de remplacer l'irremplaçable virtuose Uli Jon Roth en 1979, a su s'imposer comme guitariste soliste. Par ailleurs toujours aussi beau gosse à 62 ans d'après ma p'tite Fée, ses soli sont abordés certes différemment de ceux d'Uli mais n'en sont pas moins à la fois mélodiques et techniques ! Preuve en démontrée une nouvelle fois avec ce magnifique solo qu'est "Delicate Dance" !
Hormis ce trio soudé ainsi depuis 1979, on retrouve le p'tit jeune, Paweł Mąciwoda (51 ans) qui assume depuis 2004 la partie de basse sans éclat mais sans faillir non plus.
Mais le nouvel arrivé, Mikky Dee (55 ans quand-même) apporte une énergie nouvelle au groupe ; non pas que James Kottak fut plus calme (loin de là !!), mais fatalement l'ancien batteur de Motörhead a une réputation à défendre et ne s'en prive pas ! D'ailleurs, fort élégamment Scorpions a accordé à son public une fulgurante reprise de "Overkill" donnant ainsi l'occasion à son batteur de présenter un solo édifiant ! Sa batterie tirée vers le haut par quatre filins, avec une propulsion imitée par jets de fumigènes vers le sol, lui a permis d'exprimer toute sa sauvagerie et d'instaurer une forme de dialogue avec le public.

Sur le plan spectacle, la scène est toujours très colorée ; éclairage lumineux, écrans géants en fond de scène qui diffusent des images reflétant les textes ou les périodes (telles que les images psyché lors de l'enchaînement de plusieurs extraits de chansons diverses des 70's).

De la fosse où j'étais positionné, sur le côté droit de l'avancée de scène, la sonorisation m'a paru impeccable, puissante mais audible.
L'ambiance fut enthousiaste et le public admiratif mais respectueux ; pas de bousculade et franchement, à peine remis du Hellfest, je ne me plaindrai pas de ce calme relatif ! Ma p'tite Fée non plus. Quant à mon fougueux fils, s'il est toujours prêt et prompt à se lancer dans la moindre mêlée, il a quand même su apprécier l'univers musical des allemands. Pour lui ce fut une découverte, et pour moi un bonheur partagé !


Danke shön messieurs, et revenez quand vous voulez !
PROGRAMME
Going Out With a Bang (Return to Forever)
Make It Real (Animal Magnetism)
Is There Anybody There ? (Lovedrive)
The Zoo (Animal Magnetism)
Coast to Coast (Lovedrive)
Top of the Bill / Steamrock Fever / Speedy's Coming / Catch Your Train (succession d'extraits 70's)
We Built This House (Return to Forever)
Delicate Dance (avec Ingo Powitzer - MTV unplugged, live in Athens)
Follow Your Heart / Eye of the Storm / Send Me an Angel (succession d'extraits en acoustique)
Wind of Change (Crazy World)
Tease Me Please Me (Crazy World)
Overkill (reprise de Motörhead suivie d'un solo de Mikkey Dee)
Blackout (Blackout)
Big City Nights (Love at First Sting).
Rappel :
Still Loving You (suivi par un extrait a capella de "Holiday") (Love at First Sting)
Rock You Like a Hurricane (Love at First Sting).

lundi 4 juin 2018

ANGE – Café de la Danse – 04/06/2018


Légendaire groupe français de rock progressif, ANGE perdure depuis 1969 grâce à la volonté de Christian Décamps. Il a connu un notable succès dans la France des 70's mais nos "très perspicaces" média sont vite passés à autre chose.
Certes, le microcosme français du rock progressif ne les a pas oubliés, mais hélas il semble que trop de querelles (familiales ou musicales, ou les deux, allez savoir ...) ont achevé de nuire à leur prometteuse notoriété. Heureusement, des albums intéressants ont maintenu l'intérêt des admirateurs et l'espoir de les revoir sur de grandes tournées…
Depuis 1972 (année où j'ai mis les doigts dans la prise), certains groupes m'ont séduit moins que d'autres. Non pas qu'ils m'aient paru mauvais, mais juste parce que mon humeur fut plus métal ou plus prog selon les époques ; à ce petit jeu-là, fatalement il y a des oublis fâcheux… Ange en fait partie (eh oui, j'en connais qui doivent s'étrangler d'effroi, mais ainsi c'est construite ma culture musicale !).

Les chemins de ma culture musicale sont relativement sinueux et variés mais ceux qui m'ont conduit vers Ange résultent en fait de concours de circonstances. A défaut d'avoir été séduit par ce que j'avais entendu du groupe sur les réseaux, j'ai pu me familiariser peu à peu avec cet univers en découvrant certains de ses membres éparpillés. Il m'a ensuite suffi de rassembler le puzzle. Explications.

- Première vraie alerte (tardive, j'en conviens volontiers) ; le 13 octobre 2009, lorsque je me trouve assis au deuxième rang de la mezzanine de l'Olympia pour assister à ce qui devait s'avérer être le dernier concert parisien de PORCUPINE TREE, je réalise que juste devant moi sont assis les membres d'Ange (aux côtés de la famille de Steven). Etonné de cette présence, j'apprendrai ensuite qu'en fait STEVEN WILSON vénère Ange depuis toujours ! Je me dis alors que j'ai dû louper non pas un wagon mais plutôt un train !! Nonobstant, le rythme de mes découvertes musicales dans les années 2010 est tel que les quelques écoutes du groupe ne parviennent pas à m'accrocher …

- Deuxième alerte (encore plus tardive) ; été 2017, lorsque j'assiste au festival Rock au Château de Villersexel (leur région d'origine). Célébrités locales oblige, Gens de la Lune me permit agréablement d'imaginer ce que représentait Ange sur scène durant les 70's car Francis Décamps (clavier, chœurs) était notamment accompagné de Gérard Jelsch (batterie) ; ils avaient tous deux quitté le groupe mythique en 1995. Malgré de gros soucis techniques du synthétiseur qui ont passablement nui à la prestation au point de l'écourter, j'entrevoyais déjà un intérêt certain !
Sur la même scène, le même jour, je restais cependant perplexe, peu convaincu, en écoutant le fils de Christian, Tristan Décamps (clavier, chœurs d'Ange depuis 1997) qui chanta valeureusement seul ce jour-là. Sa voix était certes admirable mais le répertoire beaucoup moins. En tous cas, je n'avais pas trouvé la Porte d'accès, on va dire.

- Troisième alerte, le 9 septembre 2017, lorsque j'assiste au festival RaismesFest, je me suis alors régalé en découvrant sur scène le talent d'Hassan Hajdi (guitare d'Ange depuis 1997) qui, accompagné de Benoît Cazzulini dans son "Band of Gypsies", rendait un hommage exclusif et très convaincant à son maître Jimmy Hendrix !

Enfin, pour achever de me décider à assister au moins une fois à un concert d'Ange, des amis bien intentionnés (merci, Thierry et Christian !) me préviennent quelques semaines avant cet événement prévu au Café de la Danse, salle que j'affectionne tout particulièrement par ailleurs !

Voilà pour le contexte, c'est long pour le préambule d'un récit de concert j'en conviens, mais le cas est particulier … En clair, sans l'insistance amicale de deux esprits éclairés, j'aurais attendu le festival Loreley en Allemagne pour les écouter. Or, compte tenu de la qualité de l'affiche dudit festival et de la qualité de la bière allemande, le risque était grand de passer à côté d'une belle découverte ; car en effet ce soir dans ce bel auditorium, je suis tombé sous le charme…

La salle est bien pleine ; beaucoup de têtes chauves ou blanches, mais pas seulement.
La chaleur est étouffante or, en dépit de ses autres qualités, la salle ne semble pas disposer d'air conditionné…
C'est donc dans une étuve que nous assistons à une première partie sympathique mais soporifique animée par Eddy La Gooyatsh, deux braves types dotés chacun d'une guitare (sèche pour l'un, électrique pour l'autre). Leurs chansonnettes auraient probablement été adéquates dans un cabaret ou un resto branché. Mais en première partie d'ANGE, il me semble qu'il ne manque pas d'autres artistes qui eussent été honorés de prendre la place (je pense notamment à Nicolas Chapel avec son groupe Demians, qui avait assuré la première partie de Blackfield, le 24 janvier 2009 ici même). Bref, il nous aura fallu une bonne dose de tolérance entre 19h30 et 20h05 pour applaudir poliment ces troubadours de passage.

C'est encore une autre bonne dose de patience qui nous sera imposée jusque 20h30 avant d'assister à l'entrée des artistes en scène.
Après quelques turbulences dans l'effectif, le groupe semble avoir acquis une certaine stabilité depuis une quinzaine d'année, puisqu'il se compose de Christian Décamps (chant, claviers depuis 1970, seul membre fondateur donc), Tristan Décamps (claviers, voix depuis 1997 et fils du premier), Hassan Hajdi (guitare depuis 1997), Thierry Sidhoum (basse depuis 1997), et Benoît Cazzulini (batterie depuis 2003, neuvième titulaire du poste !).
La tournée promeut l'album "Heureux" paru cette année, dont cinq titres seront joués ce soir.


D'emblée le concert s'annonce bien, la sonorisation est très bonne ; tous les pupitres sont audibles et si je ne comprends pas tout ce que chante Christian, c'est sans doute dû à mon obstination de tenter de percevoir et découvrir toutes les subtilités musicales en même temps !
L'éclairage est modeste mais suffisant pour accompagner et mettre en valeur les artistes.
Le public est réactif, les textes sont souvent chantés par des admirateurs de longue date, selon toute vraisemblance !
En dépit d'une chaleur torride et de mon inculture je sens vite de bonnes sensations.
Hassan Hajdi m'était déjà apparu admirable lors de sa prestation très ciblée au Raismefest 2017, déjà en compagnie de son non moins talentueux bassiste. Ce soir, la virtuosité éblouissante d'Hassan apporte un avantage indéniable aux compostions d'Ange. Sa sensibilité et son sens des harmonies laissent apparaitre une nette influence d'Hendrix, sans pour autant se complaire dans le plagiat et cependant ses interventions sont d'autant plus saisissantes qu'il sait rester humblement en retrait lorsque Christian et son fils s'expriment.
Pour sa part, Tristan doit être la fierté de son père tant il le surpasse avec une voix exceptionnelle. Le titre "Harmonie", qu'il chanta seul avec son clavier, fut un moment émouvant. De surcroit, au clavier il accompagne merveilleusement les lignes mélodiques et parvient ainsi à créer des atmosphères que l'on aime retrouver dans les grandes évasions, par la grâce du rock progressif !
Thierry Sidhoum se tient discrètement en fond de scène dont il ressort parfois pour accentuer une folie rythmique ambiante, et cependant j'ai noté une remarquable sensibilité dans le jeu de basse.
Coté batterie la partie est assurée sobrement mais avec efficacité.
Christian, quant à lui, vit pleinement ses textes, par le mime ou le costume (sur ce point il n'est pas sans me rappeler un certain h !) ; on le devine aisément jouir de chaque instant aux côtés de ses désormais fidèles complices. Sur le plan vocal il est clair que son fils aurait tendance à lui faire de l'ombre, mais il chante toutefois juste et sa voix est portante. Son bonheur se lit sur son visage constamment ; le message délivré par son dernier opus n'est pas un vain mot !

D'ailleurs, les mots, il s'en amuse avec gourmandise, en multipliant des allusions malicieuses, des grivoiseries et autres contrepèteries. Je ne peux pas commenter les titres, bien évidemment, puisque je découvrais quasiment le groupe ce soir. Mais, à l'instar des Trust, Téléphone et autres Noirs Désirs, ANGE démontre une nouvelle fois que la langue française a toute sa place dans le rock ; je note avec admiration l'art d'en user et d'en abuser avec un vrai bonheur alors que trop souvent nos artistes nationaux y renoncent.
Le dernier titre "Capitaine cœur de miel" comme une apothéose permet d'accentuer encore davantage notre admiration pour chacun des musiciens qui peuvent d'exprimer avec tout leur talent.
Le rappel s'impose ; Ange nous propose "Ces gens-là" somptueuse reprise de Jacques Brel.


Je sors donc conquis de ce spectacle, alors que je m'y étais rendu davantage par curiosité que par conviction ; j'aime ce genre de bonne surprise musicale ! Hallelujah, Ange existe je l'ai vu !
Il reste à vérifier que ce divin attrait scénique se confirme à l'écoute d'un disque (je confirme, a posteriori avec mon achat du jour). Cette belle impression résistera-t-elle à l'écoute objective d'un salon ? et comment ressentirai-je leur prestation dans un théâtre antique en plein air (le 15 juillet) ? à suivre…

A l'échoppe, j'opte pour l'édition d'Émile Jacotey Résurrection (15€), parue en 2014, qui est en fait une réédition améliorée de l'opus de 1975 "Émile Jacotey" dont Christian s'est désormais libéré des contraintes de l'époque. Voilà qui me permettra d'entretenir la flamme jusqu'à leur prestation que j'espère aussi réussie dans le cadre du festival allemand !
PROGRAMME (20h25-22h05)
L'autre est plus précieux que le temps (Heureux !)
Aujourd'hui c'est la fête chez l'apprenti-sorcier (Le Cimetière des arlequins)
Jour de chance pour un poète en mal de rimes (Heureux !)
La Gare de Troyes (La Gare de Troyes)
Sens et jouissances (Heureux !)
Les Lorgnons (Vu d'un chien)
Quasimodo (Rêves-parties)
Heureux (Heureux !)
Chante n'importe quoi (Heureux !)
Harmonie (Fou !)
Ballade pour une orgie (Au-delà du délire)
Vu d'un chien (Vu d'un chien)
Capitaine cœur de miel (Guet-apens).

RAPPEL (jusque 22h15)

Ces gens-là (reprise de Jacques Brel).



vendredi 11 mai 2018

ARENA – La Maroquinerie – 11/05/2018



Il y a un peu plus de trois ans, le 24 avril 2015, j'avais tenté l'expérience ARENA, sans trop connaitre ; je m'étais rendu à leur concert sur le seul conseil insistant de plusieurs amis. J'étais sorti du Divan de Monde ravi et convaincu.
Depuis, j'ai pris le temps de m'intéresser un peu plus à ce groupe britannique qui nous propose un rock néo-progressif pure souche qui perdure depuis 1995, non sans bonnes raisons !

Je retrouve ainsi Clive Nolan (claviers et chœurs, cofondateur), Mick Pointer (batterie et chœurs, cofondateur), John Mitchell (guitares, depuis 1997), Paul Manzi (chant, depuis 2010) et Kylan Amos (basse, depuis 2014). Le groupe semble donc enfin se stabiliser après avoir changé, en vingt années et huit opus, trois fois de chanteur, deux fois de bassiste, et une fois de guitariste.

La tournée prévoit actuellement vingt-deux dates, dont dix-sept dates quotidiennes entre les 4 et 20 mai ! Quelle santé ! Cependant, au lendemain de leur prestation dans la belle Z7 suisse, leur arrivée à la Maroquinerie aura probablement de nouveau dû leur suggérer une amertume à propos du désintérêt (relatif) du public parisien. Heureusement, l'ambiance que le public parisien leur réserve aura permis sans doute de relativiser cette fâcheuse impression.

La salle est bien remplie (sans être pleine, toutefois), on peut évaluer le public à quelque quatre cents personnes…
L'éclairage est correct pour cette salle qui, de toute façon, ne pourrait pas accueillir un dispositif plus impressionnant.

Si le confort visuel de cette petite salle est excellent, en revanche son acoustique nous a souvent déçu ; ce n'est pas cette soirée qui nous aura fait changer d'avis. La sonorisation de s'avéra correcte mais, comme souvent, à la condition de se placer en retrait de la scène. Pour le début de la prestation, je m'étais positionné dans les premiers rangs avec ma petite Fée pour lui garantir un bon point de vue, mais il s'est vite avéré que ce n'était pas un bon point d'écoute ; les sons de la batterie et de la basse nous ont dissuadé d'y rester ! A distance respectable, les mélodies et les soli redevenaient reconnaissables.

Il eût été permis d'imaginer qu'ARENA soit reparti sur les routes pour promouvoir la parution de son neuvième album "Double Vision". En fait, étonnamment seuls deux titres sont inscrits au programme ("Poisoned" et "The Mirror lies") ; la tournée insiste davantage sur le 20ème anniversaire de l'album "The Visitor", qui est repris intégralement !
Si le concept de tournée pour l'anniversaire d'un évènement me séduit toujours lorsque les artistes ont décidé de faire une pause créative, en revanche, je me sens un peu frustré de ne pas entendre davantage de titres d'un opus qui vient de paraître. J'attendais tout particulièrement l'interprétation du magnifique titre de (plus de) vingt-deux minutes "The Legend of Elijah Shade". Mais bon, soyons optimiste et gageons que ce sera pour une prochaine fois, mais pas dans trois années !
Cette légère amertume n'était pas de nature à voiler le plaisir d'écouter "The Visitor", ce troisième opus (paru en 1998, donc, pour ceux qui n'auraient pas suivi !). L'ordre d'interprétation a été modifié, sans doute histoire d'exciter encore davantage l'intérêt de l'auditoire, tout acquis à leur cause de toute manière ! Néanmoins, c'est bel et bien le magnifique "A Crack in the Ice" qui ouvre la soirée ! Parmi les autres réjouissances, je souligne "The Hanging Tree" dont le solo de John Mitchell, en état de grâce, fut éblouissant. "State of Grace" est enchainé derrière, à point nommé ! La première heure ainsi consacrée à cette commémoration est passée très (trop) vite.
Bien d'autres titres auraient réjouis le public insatiable, mais "Jericho" aura satisfait tout particulièrement les admirateurs les plus anciens.
Pour clore la soirée, le programme avait prévu "Solomon" (source : affiche à leur pied !), mais "The Tinder Box" de leur septième opus sera le point d'orgue qui enchantera l'auditoire.
En rappel, "Ascension" issu du monumental opus "Contagion" m'occasionne une nouvelle (relative) frustration en imaginant les autres titres ! In fine, "Crying for help VII" permet au public de communier bruyamment en chantant le refrain.


En digne représentant du rock néo-progressif, le groupe délivre une somptueuse atmosphère musicale dans laquelle alternent la mélancolie et la révolte, grâce à une combinaison de mélodies et de technicités musicales.
Paul Manzi, qui aurait pu être gêné vocalement par la reprise de "The Visitor" auquel il n'avait pas contribué, continue d'être très convaincant grâce à la justesse de son chant et à son charisme. Il n'hésite pas à revêtir de sobres mais éloquents déguisements en rapport avec les chansons, pour contribuer à donner une réelle conviction à son interprétation.
Mick Pointer, qui a le mérite honorable d'avoir cofondé ARENA avec Clive Nolan (ainsi que de permettre sa survie en tenant à bout de bras sa société éditrice de disques), semble cependant parfois un peu fatigué musicalement. Un ou deux contretemps fâcheux mais pas excessivement perceptibles ont paru contrarier John Mitchell. Notez que ce dernier semble constamment contrarié, les épais sourcils froncés lui donnant une impression d'immuable concentration ! Le guitariste, qui conserve une démarche un peu pataude et une allure si ordinaire (sa dégaine me donne, comme en 2015, l'impression d'un simple employé consciencieux et effacé), nous délivre pourtant de superbes soli et partage des moments exquis avec ses partenaires, magnifiant ainsi les titres, même ceux de l'époque antérieure à son arrivée !
Kylan Amos, toujours le sourire aux lèvres, me parait épanoui au sein de ce groupe qui l'a accueilli il y a quatre ans.
Clive Nolan, qui ne s'est toujours pas engagé dans un programme de régime alimentaire (doux euphémisme), reste maître de son pupitre, du groupe et de son public avec lequel il échange d'ailleurs davantage que lorsqu'il officie au sein de Pendragon. La comparaison entre les deux groupes s'arrêtera là, car ma préférence pour Pendragon est purement affective et donc irrationnelle.
Globalement ARENA donne l'impression d'une bonne cohésion et d'une belle complicité (même si en authentiques britanniques ils n'en font pas de démonstration éclatante) qui laisse augurer de belles années à suivre. J'aspire donc à un retour rapide, ne fut-ce que pour nous interpréter le dernier opus !

Un passage à l'échoppe s'impose car ma discothèque présentait quelques lacunes… A noter que les CD sont vendus à des prix raisonnables ; 10€ l'unité, 15€ pour le dernier !
Les membres du groupe ajoutent à leur talent, celui de la convivialité ; après le concert ils viennent tous discuter avec leurs admirateurs. Portraits et dédicaces s'imposent naturellement.






PROGRAMME :
A Crack in the Ice (The Visitor)
Pins and Needles (The Visitor)
Double Vision (The Visitor)
Elea (The Visitor)
The Hanging Tree (The Visitor)
A state of Grace (The Visitor)
Blood red Doom (The Visitor)
In the blink of an Eye (The Visitor)
(Don't forget to) breathe (The Visitor)
Serenity (The Visitor)
Tears in the Rain (The Visitor)
Enemy without (The Visitor)
Running from Damascus (The Visitor)
The Visitor (The Visitor)
Poisoned (Double Vision)
Jericho (Songs from the Lion's Cage)
The mirror lies (Double Vision)
The tinder Box (The Seventh Degree of Separation).

RAPPEL :
Ascension (Contagion)
Crying for help VII (Pride).

samedi 24 mars 2018

LAX'N'BLUES - LE SAMEDI 24 MARS 2018 - BARAQUEVILLE (12)




Des âmes bienveillantes insistaient depuis quelques années pour que je me rende à ce festival aveyronnais, cette fois les astres sont positionnés favorablement. Ca tombe bien, compte tenu du succès qui ne se dément pas, un nouvel auditorium est inauguré à l'occasion de cette 16ème édition.
Lax est un lieu-dit de Baraqueville qui accueille une fois par an toute la faune de mélomanes hétéroclites mais éclectiques des environs et d'au-delà. Sous la pluie, heureusement guidé par ma p'tite Fée une autochtone notoire, dans cette campagne profondément retirée, je finis par trouver l'antre réputée.

Très vite, le second objectif de la soirée est atteint ; les amis se retrouvent (au bar, principalement !) et discutent avec un accent aveyronnais qui oblige mes oreilles parisiennes à se tendre tout particulièrement. Heureusement, pour me soutenir dans cet effort, la bière est buvable et pas chère (2€). J'ai bien remarqué le comptoir dédié à l'appétissante gastronomie locale, mais je n'aurai pas eu le temps de m'y rendre ; l'alternance des bavardages, des concerts et des tentatives redoutables d'accès au bar m'auront dissuadé de m'y restaurer. 


Une foule compacte de fêtards s'est donné rendez-vous ce soir et ne se clairsèmera que tard dans la soirée ! (la plus haute densité étant atteinte après 21 heures)
Les plus mélomanes se pressent dans la partie scène alors que les plus assoiffés resteront dans la partie bar dans laquelle était judicieusement installé un écran géant.

KATHY BOYE & THE DTG GANG.
Kathy Boyé (Chant, Piano & Harmonica) a déjà participé à ce festival avec d'autres accompagnants mais cette fois ce sont Mister Tchang (Guitares & Chant), Daniel TBone Stec (Orgue, Piano et Chœurs), Pascal Celma (Basse & Chœurs) et Fabien Tournier (Batterie & Chœurs).
Son retour sur ces planches me semble légitime, non seulement en raison de son origine locale, mais aussi pour la qualité de sa prestation. Du bon blues, de la soul, du rock, se mêlent avec un brio et entrain.
La troublante ressemblance de Kathy avec une femme politique est immanquablement observée par beaucoup, cependant c'est bel et bien son talent de chanteuse qui s'impose, pour le plus grand plaisir du public. Le timbre viscéral et profond de sa voix alternant avec les sons de son harmonica et celui de ses comparses produisent une chaude ambiance, propice à l'entame de cette soirée.
Mister Tchang fait pleurer sa guitare provoquant de belles émotions, pendant que la rythmique délicate et les mélodies au clavier apportent un soutien non négligeable.
Un bel apéritif musical, en somme !





MOUNTAIN MEN
L'écoute de leur dernier opus paru en 2016 "Black Market Flowers" m'avait séduit sans toutefois m'emporter au septième ciel ; du blues, du rock, du folk chanté parfois en anglais parfois en français avec force et conviction mais pas de quoi grimper aux rideaux. C'est donc sans conviction que je me plaçais en fosse.

Mais là, ce fut la claque monumentale de la soirée !! Voilà donc l'exemple-type du groupe de scène par excellence !
Mathieu Guillou (dit "Mr Mat", au chant et à la guitare), et Ian Giddey (dit "Barefoot Iano", à l'harmonica et au choeur) les deux membres fondateurs (2005), déjà très talentueux, ont une la bonne idée de s'entourer d'une rythmique d'enfer avec Denis Barthe (batteur de Noir Désir) et d'Olivier Mathios (bassiste de The Hyènes) ! J'ignore si cette collaboration perdurera mais à mon humble avis ce quartet ainsi formé est forgé pour un succès garanti et en tous cas mérité !
Les deux insolents sont dotés de surcroît d'un humour et d'un charisme saisissant.
Le chant de Mr Mat me fait parfois penser à Bernard Bonvoisin ("passe dans cette vallée", notamment), parfois à Tom Waits.
Mais le plus exubérant est assurément Barefoot Iano ; il s'agite comme un fou furieux sur la scène qui semble du coup trop petite pour lui ! A tel point que, continuant à souffler dans son harmonica, il descend dans la fosse et se fraye un chemin dans le public, jusqu'au fond pour que tout le monde en profite ! Son accent australien ne l'empêche pas d'échanger avec le public amusé par ses pitreries.
J'achète leur opus (15€), emporté par mon enthousiasme et le fait dédicacé par Ian, très sympathique. (L'écoute a posteriori ne fait que confirmer mon impression : à ce jour, MM est avant tout un groupe de scène !) à suivre et revoir absolument !! (Déjà la date du 30 mars à Brétigny me tente bien…)






THE CHRIS SLADE TIMELINE


Le pedigree du Gallois, né le 30 octobre 1946 (71 ans !) laisse songeur : batteur de Tom Jones de 1965 à 1968, Manfred Mann de 1971 à 1978, Uriah Heep en 1980, David Gilmour en 1984, The Firm (avec Jimmy Page !) en 1985/86, Gary Moore en 1987/88, et aussi Asia pour deux opus en 2001 et 2004 ! Mais il est fort probable que ce sont principalement ses prestations au sein d'AC/DC (1989-1994, 2014-2016) qui constituent le motif d'attraction du public de ce soir ! D'ailleurs, c'est bien cet aspect qui est opportunément mis en valeur sur l'affiche …
Manifestement toujours enthousiaste et peu enclin à prendre sa retraite en dépit des errements de ses employeurs australiens, Chris a décidé de s'entourer de cinq musiciens ; deux chanteurs, Paul 'Bun' Davis et Steve Glasscock, (un pour le registre AC/DC et un autre pour le reste) ainsi que James Cornford à la guitare, Michael J Clark au clavier + guitare, et Andy Crosby à la basse. Il nous présente ainsi son honorable parcours, en reprenant des titres qu'il a interprété parfois en studio, parfois sur scène.

Je me suis rendu dans la fosse sans a priori, notamment perplexe sur leur capacité de faire oublier Angus. La soirée en leur compagnie s'avèrera ma foi plutôt sympathique avec des très bonnes reprises ("Back in Black", "Thunderstruck", et "Highway to Hell" pour AC/DC mais aussi "July Morning" pour Uriah Heep et "Davy's on the Road Again" et "Blinded by the Light" pour Manfred Mann).
Hélas, le talent des musiciens, et particulièrement celui du guitariste, a montré ses limites sur des titres cultes ; n'est pas David Gilmour ou Gary Moore qui veut ! L'interprétation de "Parisienne Walkways" a dû faire retourner le pauvre Gary dans sa tombe et celle de "Comfortably Numb" a failli me provoquer une crise cardiaque sur les solos respectifs … Je m'abstiens habituellement de descendre en flammes les artistes que je respecte pour leur courage mais là, non. C'est juste pas possible de toucher ainsi au sacré ! A l'inverse, il m'a pourtant semblé que les parties d'Angus étaient valorisées …
M'enfin, je tiens à rester "bon public" et globalement je veux retenir les bons moments ; et il y en a eu !
Je salue surtout la fougue de Chris qui continue à tourner et à frapper avec l'énergie de ses 19 ans alors qu'il débutait avec Tom Jones ! Il nous présente fièrement et légitimement les titres qui évoquent sa longue carrière, avec lui nous visitons une partie de l'Histoire du rock et je lui en sais gré ! Je sens d'ailleurs que je vais me remettre à écouter du Manfred Mann !!

PROGRAMME
Dirty Deeds Done Dirt Cheap (AC/DC)
Davy's on the Road Again (reprise de Manfred Mann issue de "Watch" (1978)
High Voltage (AC/DC)
July Morning (reprise de Uriah Heep issue de "Look at Yourself" (1971)
Hells Bells (AC/DC)
Parisienne Walkways (reprise de Gary Moore, issue de "Back on the Streets" (1978)
Comfortably Numb (reprise de Pink Floyd)
You Shook Me All Night Long (AC/DC)
Drum Solo
The Razors Edge (AC/DC)
Back in Black (AC/DC)
Blinded by the Light (reprise de Manfred Mann issue de "The Roaring Silence" (1976)
Thunderstruck (AC/DC).

Rappel :
Highway to Hell (AC/DC).



MISS AMERICA
Je ne connaissais pas ce groupe, ni d'Ève ni d'Adam ! A la lecture de leur nom sur l'affiche je craignais le pire et je me disais que leur prestation me donnerait sans doute l'occasion d'aller me désaltérer au bar avec une bonne tisane de houblon. D'autant plus qu'ils sont arrivés sur scène alors qu'une partie du public avait quitté les lieux après le départ de CST ; il faut souligner qu'il était déjà bien tard (plus d'une heure et quart du matin !) lorsque le quartet se décide à venir …
Les rangs de l'auditoire sont donc un peu éclaircis mais l'ambiance monte vite d'un cran grâce à la hargne de ces jeunes sudistes plein d'envie ! Tant pis pour les couche-tôt, ils auront manqué une très belle occasion de se décrasser les cages à miel !
Fondé en 2012, ce groupe composé de Morgane Taylor (Batterie), Dimitri Walas (guitares, chœurs), et Mathilde Malaussena (Basse, chœurs) a véritablement décollé à l'arrivée de Tommy Roves au chant et guitares). Il faut dire que la voix rauque du monsieur a de quoi décoiffer n'importe quel gominé !
Les quatre musiciens occupent la scène avec toute la fougue qui sied à leur musique dont on sent les influences diverses et variées : surtout The Rolling Stones, ZZ-Top, Led Zeppelin, Aerosmith, mais aussi The Who, AC/DC, Oasis, et on en passe ! Cependant avec ma p'tite Fée nous avons nettement ressenti une voix évoquant celle de Joe COCKER, alors que son imposante carrure ne lui prête pas a priori ce timbre…
De surcroît, et cela ne gâche rien, ce sont tous de "beaux gosses" comme on dit ! Personnellement, vous me permettrez d'avoir craqué tout particulièrement pour les deux minettes ravissantes, pleines d'enthousiasme et d'énergie accordant ainsi une place prépondérante à la section rythmique !
Dans la foulée et en dépit de l'heure très tardive de la fin de leur prestation, je me suis rendu à l'échoppe où leurs deux mini-Cd étaient en vente (pour 5€ chaque) ; j'en ai pris un pour le faire dédicacer aux quatre musiciens très volontaires et accessibles. Un petit portrait s'imposait avec ces dames bien entendu …
Dans la nuit aveyronnaise il nous reste à rentrer au son de cet enregistrement qui ne trahit pas notre enthousiasme ! Encore un groupe à suivre !...












vendredi 9 mars 2018

STEVEN WILSON – Ancienne Belgique, Bruxelles - 09/03/2018


Je ne peux pas prétendre m'être isolé des informations qui ont filtré sur le début de la tournée, mais j'ai essayé tout de même de m'en détacher un tant soit peu pour préserver une part de mystère. Je connaissais ainsi à peu près la teneur du programme et la satisfaction de mes amis, mais je n'ai pas visionné de vidéos que la Surveillance de Steven aurait pu laisser sur YouTube.
Mon impatience d'assister à ce concert est encore accrue par sa situation géographique et temporelle ; ce rendez vous est hors de nos frontières et avant la date prévue pour l'Olympia !

Ravi de retrouver l'Ancienne Belgique, belle salle que je venais de découvrir le samedi précédent à l'occasion du concert de Machiavel. Les deux mille tickets ont été vendus, la soirée s'annonce bien ! Je m'ajoute aux deux seules personnes présente à l'entrée vers 16h15.

Ouverture ponctuelle de la salle à 18:30 ; je me précipite vers l'intérieur afin de garantir ma place au premier rang au centre légèrement sur la gauche, au pied du Maître. Ici, la fosse accueille un public debout ce qui me permettra une autre appréciation de celle qui sera perçue à l'Olympia. Seuls les 184 fauteuils de la mezzanine sont au fond de la salle.
Première observation, les emplacements sont installés en profondeur, la batterie, les claviers et les micros sur pieds sont éloignés du bord. En fait, il s'avérera que ce dispositif favorise le confort de vue des premiers rangs, surtout pour visionner les images diffusées sur le rideau semi-transparent qui s'intercalera par intermittence à deux mètres de l'auditoire.
Deuxième observation, je ne suis pas spécialiste mais j'observe que les ampli utilisés par Steven me paraissent avoir changé ; les Badcat noirs sont toujours là mais un bloc orange qui ne pouvait être ignoré dans le dispositif a disparu.
Troisième observation, le nouveau logo-signature de Steven est dessiné en tapis devant son micro.


La salle s'obscurcit comme prévu à 19:40 pour laisser cours au mini-film d'introduction diffusé sur le rideau. Des images de personnages publics et de scènes de vie défilent, commentées chacune d'un mot sensé les qualifier. Puis ce diaporama revient dans le même ordre mais avec les commentaires décalés ; une manière de démontrer la subjectivité et la relativité de l'information par les seules images.

Les musiciens pénètrent alors sur la scène sous les ovations. Le premier titre diffère selon les dates, à l'AB, nous aurons "Nowhere now". A ce stade, il est encore permis d'espérer entendre aussi le titre éponyme de l'album qu'il vient promouvoir (ce sera vain). Le concert débute ainsi de manière assez calme, jusqu'à la cinquantième seconde où le son et les couleurs explosent à la perception de l'auditoire, qui comprend à ce moment-là que la sonorisation sera quasi parfaite ! L'éclairage est très réussi également avec beaucoup de couleurs chaudes, des rouges et des verts puissants, qui ne sont pas sans rappeler la campagne de promotion dans laquelle on voit Steven arrosé de pigments.

Parmi les compagnons de route sur cette tournée nous retrouvons les deux fidèles lieutenants Nick Beggs (basse), Adam Holzmann (claviers). Craig Blundell (batterie) semble avoir gagné la confiance de Steven. Le guitariste Dave Kilminster ayant réintégré la troupe de Roger Waters, c'est Alex Hutchings qui a la lourde charge de suppléer Steven aux parties de guitares.
Quant à Ninet Tayeb, comme prévu, elle respecte ses préceptes religieux en s'abstenant de participer à cette soirée de vendredi. Steven semble cependant tenir à interpréter "Pariah" qui sera le deuxième titre de la soirée ; le public doit donc se contenter de l'enregistrement de son image et de sa voix. Cela ne me gâche que partiellement mon plaisir, tant il est vrai que ce titre est l'un des phares de l'album. Surtout vers 3'15" où, là aussi, c'est une explosion de couleurs et de sons qui sautent sur nos visages émerveillés par tant de sensations !

Steven est devenu bavard au fil des tournées.
Il l'a encore récemment reconnu ; il a dû apprendre à se produire sur scène, car ce n’est pas quelque chose d’inné chez lui. Ce caractère relativement introverti je l'ai découvert (trop tardivement) en 2005. Ensuite, j'ai pu constater une réelle évolution de son assurance et sa communication avec son public. Certes, il reste encore parfois un peu maladroit et ce soir il aura crispé quelques oreilles sensibles en critiquant la relative passivité de telle ou telle partie du public anglo-saxon et scandinave de sa tournée. Mais apparemment, nous pouvons nous flatter en tant que public latin de recueillir son agrément, puisque ce soir il ne cessera pas de nous remercier pour notre vif engouement !

Passons sur ces flatteries réciproques, le titre suivant nous ramène à l'opus précédent "HCE" et constitue ma première source de surexcitation car "Home Invasion" représente l'aspect que je préfère chez Wilson ; il me rappelle Porcupine Tree et sa période metal. Je sais bien que mon attrait n'est pas forcément partagé par l'auditoire éclectique du Monsieur, mais c'est le mien. Ces ruptures tantôt jazzy (3'05"), tantôt floydienne (5'50"), tantôt metal m'enivrent au plus haut point ! A l'instar de la précédente tournée, au début de ce titre Nick est au clavier et Steven à la basse, avant que chacun reprenne vite sa place. Ce titre nous permet de savourer un premier duo étourdissant entre les claviers d'Adam et le chant mélancolique de la guitare d'Alex ! En fond d'écran, on retrouve la dame mystérieuse de la précédente tournée qui nous confie ses pensées imagées du fond de sa pupille. Mon délire s'accroit encore avec l'enchaînement de "Regret #9" dont, là aussi, la conjugaison des atmosphères jazzy et metal est particulièrement réjouissante. Les rythmes syncopés de la batterie de Craig sont irrésistibles, même s'il ne parvient pas complètement à me faire oublier la finesse et subtilité de Marco Minnemann.

Steven a choisi d'enfoncer le clou énergétique à ce stade de la soirée car c'est le très énervé "The Creator has a Mastertape" qui secoue les nuques déjà bien chauffées ! L'exercice est audacieux tant la technique me semble redoutable ; notamment à la basse mais Nick maitrise parfaitement sa partition. Premier bel hommage à Porcupine Tree sur le programme qui en comportera bien d'autres, pour mon plus grand bonheur !

L'introduction de "Refuge" vient rassurer nos neurones. Une invitation au recueillement à l'égard de ce douloureux sujet d'actualité. Les images, sans doute filmées par Lasse Hoile sur les plages du Sud de l'Europe, illustrent cette chanson poignante et mélancolique qui, à défaut d'apporter une solution, suggère la compassion et la réflexion.


Steven nous parle ensuite longuement de la nouvelle guitare qu'il déclare adorer pour le son particulier qu'elle émet. Je n'ai pas tout capté de ses explications mais en tout état de cause, cet instrument, au corps déjà bien usé, me parait en effet bien adapté au titre suivant "People who eat Darkness", très énergique.

Troisième et dernier regard sur "HCE", c'est avec "Ancestral" que le groupe choisit de clôturer magistralement le premier acte. Cette plainte déchirante (3'30") reste un des summums d'émotions comme Steven sait nous faire partager. Le solo de guitare qui suit est une merveille d'expression sentimentale. Le son produit par la guitare d'Alex ne me semble toutefois pas parfait à ce moment-là; je ne parviens pas à percevoir les subtilités crées par Guthrie Govan. Est-ce la faute au musicien ou à celle de la sonorisation, ou encore la faute subjective de mon regret inconsolable du départ de Guthrie ? Bref, le tourbillon des délirantes ambiances qui s'en suivent estompent vite mes états d'âmes ! Titre jouissif et étourdissant à souhait !

Autant avouer que la pause est bienvenue.

A peine quelques minutes d'entracte nous préparent à une dantesque et mémorable reprise d'un autre titre de Porcupine Tree. L'introduction au son des maracas, qui était interprété initialement au clavier (Barbieri) est inédite : Craig secoue un instrument, puis arrive et Nick en secoue un deuxième et c'est enfin au tour de Steven qui en secoue un troisième "Arriving Somewhere but not here" est ainsi sublimé dès le départ. Quel bonheur de réécouter ce titre que je n'avais plus entendu sur scène depuis le Royal Albert Hall ce 14 octobre 2010 ! Rythmes successivement chaloupés, jazzy ou metal, chaque sensibilité musicale est abordée dans ce titre d'un petit quart d'heure ! Une pépite du répertoire de Porcupine Tree.

Après une longue ovation méritée, Steven profite de l'enthousiasme général pour présenter "Permanating" un titre polémique depuis sa parution le dernier opus. Il explique tout son intérêt pour la musique pop, et rappelle que ce terme vient de "populaire", qui a vocation à plaire au plus grand nombre sans que cela ne soit grossier. Il fait rappeler au public que le plus grand groupe du genre reste The Beatles, suivi également d'autres grands comme ABBA, Tear For Fears, ou encore "Kajogoogoo" (mention qui suscite l'ovation en direction de Nick bien sûr) ! Mes oreilles d'admirateur d'ABBA (et oui !) sont particulièrement réceptives à ce message. Il prêche un convaincu. Il invite donc son public à faire la fête sans scrupule. Durant la chanson, chacun se regardera du coin de l'œil mais disons qu'il y avait de la bonne volonté ! Pour agrémenter la prestation je déplore qu'il n'ait pas diffusé la vidéo officielle en fond de scène ; je considère que les danseuses indiennes auraient pu nous aider à se décoincer ! A la fin, Steven dit se réjouir d'avoir vu des t-shirt Opeth se dandiner allègrement, il y a donc de l'espoir !

Dans la série titres atypiques et perturbants, il enchaine avec "Song of I", une chanson qui me rappelle à la fois Prince et The Cure. Sur le rideau se dessinent des ombres d'abord sobres en noir et blanc puis des ombres multicolores qui dansent aux rythmes chaloupés. Dans l'ombre, les musiciens s'appliquent à créer une atmosphère bien lugubre ; notons particulièrement pour ce faire l'usage d'un archet par Alex sur sa guitare. Je dois reconnaître que j'avais eu du mal avec ce titre lors des premières écoutes mais maintenant je l'adore et sur scène il est encore transcendé.


Nouvelle introspection dans le monde Porcupine Tree, c'est au tour du magnifiquement mélodique "Lazarus" d'animer des sentiments nostalgiques pour les plus anciens admirateurs.

La promotion du dernier opus revient avec "Detonation", encore un régal d'atmosphères fortes en émotions diverses et variées. La fausse douceur de la voix est pulvérisée avec une puissance surprenante à 2'20" ; excellent pour une ambiance de concert !

Ensuite, Steven décidément très loquace nous parle de son très grand respect pour Prince qui l'a inspiré notamment pour composer "The Same Asylum as before". Il énumère tous les multiples talents de l'artiste récemment disparu. Avec une fausse arrogance, il annonce relever le défi de tenter un chant en voix de tête à la manière de Prince. Le résultat n'est ma foi pas si mal. Le public ovationne à la fois la performance vocale et la tonalité pop de la chanson.

Quatrième retour sur la faste période de Porcupine Tree, "Heartattack in a Layby" nous plonge dans une ambiance délicieusement mélancolique. Steven est assis sans guitare sur un tabouret ; à 2'40" Nick et Alex et Steven se font écho dans une polyphonie absolument merveilleuse ! Excellent exercice vocal délicatement accompagné par un clavier et une batterie tout en retenue.

Repos de courte durée, puisque Steven a décidé de nous asséner une très violente montée d'adrénaline avec l'enchaînement de "Vermillioncore" et de "Sleep Together" qui, personnellement, m'a juste explosé les neurones, débridé les dernières retenues et désaxé la nuque. Comme disait tonton Zézé, je secouais la boite à poussières. Je dois confesser que ce genre de titre me transcende au-delà du raisonnable. Faudra bien que je me calme avec l'âge mais pour l'instant Steven ne m'y aide pas.


La fin de soirée approche et c'est déjà l'heure d'un rappel. Surprenant retour de Steven avec un ampli et sa guitare dans les mains. Il a décidé de nous interpréter "Even Less", une cinquième reprise de son ancien groupe, mais seul. Personnellement, j'ai trouvé cette idée malheureuse. J'adore ce titre que je connais dans plusieurs versions, mais celle-ci n'est pas la plus probante à mon humble avis.


Pour clore le concert, cela devient une habitude (depuis 2013 il clôt tous ces concerts avec ce titre), il a choisi "The Raven that refused to sing". J'aime beaucoup ce titre magnifiquement mélancolique, mais tant qu'à reprendre cet opus j'aurais préféré "Holy Drinker" ou encore n'importe quel autre titre, histoire de changer un peu mais bon je ne bouderai pas ces huit dernières délicieuses minutes…

La promotion de "To the Bone" s'est ainsi limité à huit titres, en omettant les trois autres dont le pourtant superbe "Song of Unborn" et "To the Bone". Le groupe a interprété par ailleurs trois titres de "Hand. Cannot. Erase.", un titre de "4 ½" et un de "The Raven That Refused to Sing (and Other Stories)", écartant ainsi malheureusement le pourtant très remarquable "Grace for Drawning".

Une nouvelle fois, Monsieur Steven WILSON a prouvé son immense talent d'artiste en parvenant à nous emmener dans son univers toujours plus éclectique et merveilleux. Un noyau dur de musiciens (Nick et Adam) semble s'être aggloméré à lui et ceux qui s'intègrent ont toutes les raisons de s'enorgueillir de cet accès qui doit leur apporter beaucoup de plaisir… Je revois le groupe lundi prochain mais déjà j'ai hâte de le revoir encore et encore …


PROGRAMME
Introduction mini-film "Truth"

ACTE 1: (19:50)
Nowhere now (To the Bone)
Pariah (To the Bone)
Home Invasion (Hand. Cannot. Erase)
Regret #9 (Hand. Cannot. Erase)
The Creator has a Mastertape (Reprise de Porcupine Tree)
Refuge (To the Bone)
People who eat Darkness (To the Bone)
Ancestral (Hand. Cannot. Erase).
(pause : 21:05)

ACTE 2:
Arriving Somewhere but not here (Reprise de Porcupine Tree)
Permanating (To the Bone)
Song of I (To the Bone)
Lazarus (Reprise de Porcupine Tree)
Detonation (To the Bone)
The Same Asylum as before (To the Bone)
Heartattack in a Layby (Reprise de Porcupine Tree)
Vermillioncore (4 ½)
Sleep Together (Reprise de Porcupine Tree).

RAPPEL:
Even Less (Steven seul, reprise de Porcupine Tree)
The Raven that refused to sing.

(fin : 22:30)
L'échoppe ne répond pas totalement à mon espoir, je comptais bien trouver le t-shirt du concert en rouge mais il n'existait qu'en noir ou en gris. Je ne pouvais pas revenir sans un souvenir donc je me suis contenté du gris (pour 30 €). Je ne parviens pas à m'abstenir d'arroser cette acquisition d'une modeste petite Jupiler à la pression (2€70) ; je sais que ce n'est pas raisonnable avant de conduire mais tant pis.
Adam était disponible pour signer son opus solo. Mais il était temps pour moi de repartir vers un trajet d'une heure et quart dans la nuit humide pour traverser les Flandres, mais avec la tête plein d'étoiles une nouvelle fois !



STEVEN WILSON – Olympia, Paris - 12/03/2018

En tous points identiques au spectacle bruxellois, il ne me semble pas nécessaire de refaire un nouveau récit. Juste quelques nuances … La sonorisation d'Alex lui a été davantage favorable à Paris. Steven un peu moins bavard s'est abstenu de commentaires sur la parenté de "The Same Asylum as before" avec l'œuvre de Prince. Le public de l'Olympia étant assis (à l'étroit, d'ailleurs !), s'est volontiers levé sur l'invitation de Steven durant "Permanating".
Bref, si je suis toujours ravi d'assister à un concert de Steven Wilson, en revanche je suis un tantinet déçu par la similarité des deux programmes. Paris, pas davantage que Bruxelles, n'aura pas eu droit à "to the bone" et encore moins "Song of Unborn". De surcroit, Ninet Tayeb n'a pas daigné participer à la soirée, les informés nous suggèrent que la "diva" serait occupée sous d'autres cieux. Je comprends qu'elle ne se sente pas motivée pour répondre au duo de Steven sur une seule chanson, mais alors que son absence soit affirmée, point final.
Ces légers motifs d'amertume s'estomperont très rapidement avec le temps, seul l'enchantement des concerts de SWB demeurera !