vendredi 21 février 2025

OPETH – Olympia (Paris 9e) – le vendredi 21 février 2025.

Le Last Will And Testament european Tour 2025, s'inscrit dans une vaste tournée mondiale que OPETH a débuté en octobre 2024. La promotion de leur quatorzième album, qui est paru le 22 novembre 2024, nous permet donc de revoir ces Suédois enfin, plus de deux années après leur dernier passage à Paris. Parmi les seize dates européennes, prévues du 9 février et le 2 mars 2025, onze dates ont été annoncé "complet", dont celle de l'Olympia. Fort heureusement j'ai acquis mon ticket dès le 28 aout 2024 !

Ce nouvel album m'a complétement séduit dès la première écoute ; il constitue à mes sens l'une de leurs meilleures créations, et me parait être un des meilleurs albums de l'année 2024. Mon intérêt porte essentiellement sur la musique, mais, s'agissant d'un album conceptuel, il convient de souligner le thème de l'opus : "The Last Will & Testament se déroule dans l’après-Première Guerre Mondiale. Il raconte l’histoire d’un riche patriarche conservateur dont les dernières volontés et le testament révèlent des secrets de famille choquants. Le récit se tisse au fil des confessions du patriarche, des réactions de ses enfants jumeaux et de la présence mystérieuse d’une jeune fille atteinte de polio dont la famille s’est occupée. L’album commence par la lecture du testament du père dans son manoir. Parmi les personnes présentes se trouve une jeune fille qui, bien qu’orpheline et atteinte de poliomyélite, a été élevée par la famille. Sa présence à la lecture du testament éveille les soupçons et les questions des jumeaux..."

Pour en revenir à la Musique, ma réelle aversion de base pour les voix gutturales s'est partiellement dissipée au fil des écoutes d'albums de TIAMAT, dès le début des années 90, puis de ceux d'OPETH. Cet exercice n'est toujours pas mon style favori, mais ces deux groupes suédois, ont eu l'intelligence de ne pas en abuser et au contraire de l'enrober dans de subtiles alternances d'atmosphères certes lugubres et terrifiantes mais séduisantes. Et désormais, j'en suis arrivé à me considérer comme privilégié d'être capable de percevoir tous les raffinements de la Musique créée par Mikael Åkerfeldt.

La prestation d'OPETH du 27 novembre 2008 à l'Elysée Montmartre, lors de sa tournée "Watershed", m'avait suffisamment séduit pour continuer l'expérience. Cependant, celle-ci aurait pu s'interrompre le 5 novembre 2014 au Bataclan, par la faute d'une mauvaise acoustique pour les auditeurs placés en mezzanine (fort heureusement, j'avais eu la bonne idée de descendre au niveau de la console avant la fin !). Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais déçu par le groupe et sa musique. Sa plus récente prestation parisienne, à la salle Pleyel, le 16 novembre 2022 fut un régal. Ce soir, c'est ainsi mon douzième concert…

©ph. Samuel


Avec mon fiston, nous pénétrons dans l'Olympia peu après l'ouverture des Portes, vers 18h40 et prenons place à nos risques et périls, dans la fosse aux lions, dans les cinq/six premiers rangs, face au micro central de la scène.


GRAND MAGUS [20h00-20h40].
https://www.grandmagus.com/  et https://grandmagusband.bandcamp.com/album/sunraven

EXTRAIT DE LA BIOGRAPHIE OFFICIELLE : Le groupe fondé à Stockholm, Suède a publié un premier album éponyme "Grand Magus", le 5 novembre 2001 sur Rise Above Records. L'album orienté doom metal, a commencé à agiter l'underground et est aujourd'hui considéré comme un album culte. Au fil des années, GRAND MAGUS a introduit un penchant pour le heavy metal classique qui, combiné à son groove inhérent, est devenu la signature du groupe. Les premiers signes de cette évolution se trouvent sur "Monument" (2003) et "Wolf's Return" (2005). Mais c'est en 2008, avec '"Iron Will"', que le groupe s'est imposé et a conquis le cœur des fans. En plus des innombrables concerts, dont une tournée avec ELECTRIC WIZARD et CATHEDRAL, il a joué un rôle clé dans l'ascension proéminente du groupe. L'album "Hammer Of The North" (2010) a continué sur cette lancée et le groupe a tourné avec d'autres légendes de la scène : MOTÖRHEAD et DORO PESCH. L'entrée dans le classement des albums allemands était inévitable. Il en va de même pour les trois albums suivants : "The Hunt" (2012), "Triumph And Power" (2014) et "Sword Songs" (2016). On peut dire qu'il en va de même avec "Wolf God (2019)".

Leur dixième album "Sunraven" est paru le 18 octobre 2024. https://metal.nightfall.fr/index_17205_grand-magus-sunraven.html 

Le trio se compose actuellement de Janne "JB" Christoffersson (ex Cardinal Fang et ex Spiritual Beggars, chant, guitare, depuis 1996), Fox Skinner (basse, chœurs, depuis 1996), et Ludwig "Ludde" Witt (batterie, depuis 2012).

LE CONCERT. Grâce à une sonorisation équilibrée, relativement puissante mais audible, et un éclairage sobre mais clair, les Vikings nous ont confirmé leur capacité à reprendre tous les principes fondateurs du heavy metal. Car effet, leur musique évoque de belles références traditionnelles, influencée par Judas Priest, Saxon, Black Sabbath. Mais GRAND MAGUS exprime cependant une musique et un son particulier, sans doute du fait de leur configuration en trio.

C'est très bien exécuté et donc convaincant. Devant une telle efficacité difficile de critiquer ; il me semble cependant qu'ils pêchent par un certain statisme qui contraste avec l'énergie qui se dégage de leurs titres. Mais bon, cet impression est sans doute subjective et injuste, ils ont probablement passé l'âge de faire les clowns sur scène. On peut dire qu'ils ont bien chauffé la salle ; à son invitation le public participé (h)ardemment aux chœurs !

Etonnamment d'ailleurs, quatre ou cinq hurluberlus particulièrement excités de (re)voir GRAND MAGUS se sont crus autorisés à bousculer tous les premiers rangs pour imposer leur fortes corpulences devant nous... mais uniquement durant la prestation de ce groupe. Fort heureusement, après avoir démontré leur exaltation et contribué à l'ambiance, ils sont partis, bon débarras, nous accordant ainsi de nouveau nos champs de vision.

Le groupe quitte la scène sous les acclamations ma foi méritées ; ils sont ravis, nous aussi.

Leur prestation a parcouru cinq albums, avec huit titres, dont deux de leur plus récente parution, "Sunraven".

PROGRAMME

  1. I, the Jury (Hammer Of The North, 2010)
  2. Skybound (Sunraven, 2024)
  3. Steel Versus Steel (Triumph And Power, 2014)
  4. Ravens Guide Our Way (Hammer Of The North, 2010)
  5. Sunraven (Sunraven, 2024)
  6. Untamed (Wolf God, 2019)
  7. Like the Oar Strikes the Water (Iron Will, 2008)
  8. Hammer of the North (Hammer Of The North, 2010).

OPETH [21h15-23h15]

Fondé en Suède par Mikael Åkerfeldt (guitare, depuis 1990, puis chant, depuis 1992), OPETH a connu de nombreux changements de musiciens. Une relative stabilité s'est établie depuis une quinzaine d'année. Il est entouré désormais de Martín Méndez (guitare basse, depuis 1997), Fredrik Åkesson (guitare, chœurs, depuis 2007) et Joakim Svalberg (clavier, synthétiseur, chœurs, percussions, depuis 2011), ainsi que Waltteri Väyrynen (batterie, percussion, depuis septembre 2022).

La sonorisation m'a semblé bien équilibrée et raisonnablement puissante ; mes protections auditives ne m'ont pas paru nécessaires. Un éclairage raffiné a mis en valeur toutes les nuances d'atmosphères, sans nuire à la visibilité. Un fond de scène était constitué d'un dispositif de plusieurs écrans de différentes tailles, répartis sur toute la largeur ; ils ont permis d'illustrer le plus souvent les titres du récent album.

Sans surprise, et pour le plus grand bonheur des plus anciens admirateurs, OPETH est revenu à un univers plus metal et plus puissant. Toutefois, le groupe conserve sa capacité à exprimer toutes ses nuances et ses complexités harmoniques, avec finesse et efficacité. Ce qui me séduit dans mon salon, continue dans cette fosse très agitée. Une puissance dévastatrice qui soudainement se calme, comme si on se trouvait au centre d'un cyclone. 

Les quatre titres du récent opus, somptueusement illustrés par les images sur les écrans, sont exprimés fidèlement et avec une grande maitrise. Je confirme l'émotion produite par les soli de Fredrik, sensibles et incisifs. Martín et Waltteri sont parfaitement coordonnés pour garantir une rythmique d'une redoutable efficacité. Joakim apporte l'onirisme et la délicatesse dans ce monde tenté par la brutalité.

Mikael quant à lui, m'impressionne toujours pour son aisance à alterner la voix claires et la voix gutturales, sans altérer la qualité du chant. A part cela, fidèle à lui-même, il demeure toujours très bavard entre les chansons. Peut-être trop, pour ceux qui ne maitrisent pas la langue de Shakespeare. Mais, de ce que je parviens à capter, il est tellement drôle et sincère, qu'on lui accorde volontiers ce droit, d'autant que la durée du concert est en proportion acceptable. Anecdote amusante, Mikael, emporté par son éloquence, s'est trompé dans la présentation d'un titre à venir ; avec une opportune sagacité, Martín vient lui rappeler l'ordre prévu, pour rétablir la situation. Autre anecdote, lorsque sa guitare le lâche en pleine prestation, et que son technicien se précipite pour lui remplacer, il n'omet pas de lui rendre un hommage appuyé, repris par le public qui ovationne et scande son prénom "Yyyyves" !

Bref l'ambiance était là, un bel échange entre les artistes qui expriment leur Art et les auditeurs qui renvoient leur satisfaction. Avec une ferveur qui m'a souvent éprouvé ; à mon âge, je commence à peiner à supporter les bousculades, même bienveillantes. D'autant moins que je conserve un esprit guerrier, qui tient son emplacement âprement. Mais au bout d'un moment je sature, et je confesse que cela est parfois de nature à contrarier ma perception du moment. A l'avenir, j'opterai probablement pour un supplément de frais afin de bénéficier d'une place plus calme… Mais mon combat parmi ces jeunes loups ne m'a pas abattu, puisque je me suis retrouvé au troisième rang, toujours face à Mikael ; bel exploit.

C'est ainsi que j'étais parfaitement placé pour assister au titre final que j'attendais ; "Deliverance", un puissant feu d'émotions, imparable ! Pourtant, comme son nom l'indique, cette délivrance finale est la bienvenue pour reposer le corps et l'esprit après deux heures de concert de très haute intensité !

Les ovations et la participation très physique d'un public exalté, ont démontré la satisfaction générale. On m'a rapporté que l'acoustique fut excellente en mezzanine également.  

Huit albums sont évoqués avec douze titres, dont quatre issus de "The Last Will & Testament", deux de "Deliverance", un de "Blackwater Park", un de "Damnation", un de "Ghost Reveries", un de "Heritage", un de "Morningrise", et un de "Sorceress". De manière plus anecdotique, le groupe joue une traditionnelle et amusante évocation de Napalm Death, avec "You Suffer", un titre aussi court que brutal.

PROGRAMME

Bande son introductrice :Seven Bowls (chanson d'Aphrodite’s Child)

  1. §1 (The Last Will & Testament, 2024)
  2. Master's Apprentices (Deliverance, 2002)
  3. The Leper Affinity (Blackwater Park, 2001)
  4. §7 (The Last Will & Testament, 2024)
  5. Häxprocess (Heritage, 2011)
  6. In My Time of Need (Damnation, 2003)
  7. The Night and the Silent Water (Morningrise, 1996)
  8. §3 (The Last Will & Testament, 2024)
  9. Ghost of Perdition (Ghost Reveries, 2005)
  10. A Story Never Told (The Last Will & Testament, 2024).

RAPPEL :

  1. Sorceress (Sorceress, 2016)
  2. Deliverance (Deliverance, 2002).

Cette fois encore, je suis sage et je ne cède pas aux tentations de l'échoppe. Les t-shirts sont pourtant tentants mais onéreux, à quarante euros ; c'est non. Heureux mais épuisés, je dirais même éreintés (...), nous passons notre chemin, pour nous engager sur une heure de trajet dans les transports nocturnes.




jeudi 6 février 2025

DEWOLFF + Tal Rasha – Le Trabendo (Paris 19) – jeudi 6 février 2025.

 

C'est le 14 septembre 2019, lors du festival RAISMESFEST, que j'ai reçu la déflagration d'autant plus saisissante que j'ignorais tout de DeWOLFF. Ce trio assurait la promotion pour son septième album, "Thrust", paru le 4 mai 2018. Totalement subjugué par ces bataves, je m'étais juré depuis de les revoir en concert ; l'occasion m'en est enfin donnée ce soir.

J'ai cependant tardé jusque la veille pour me procurer le Sésame car le calendrier hivernal me paraissait un peu chargé. Une écoute de rappel de mes deux CD m'a rafraichi la mémoire et recadré le cerveau ! Mais je ne regretterai pas ma décision, ce concert fut en effet immanquable !!

Ouverture des portes 19:00

Avec mon fils, nous parvenons sans difficulté à nous placer en deuxième rangée au bord de la scène. La salle se remplira ensuite ; ce n'est pas complet, mais l'affluence est rassurante.

TAL RASHA [19h45-20h30].

BREF RAPPEL DE BIO : TAL RASHA est un quatuor international, basé dans le Nord de la France. Marty Zissel décide de fonder Tal Rasha en 2023 en rassemblant Baptiste-Gautier Lorenzo, qui est ami depuis plusieurs années avec Marty Zissel et Ben Geiser. Marty contacte alors son ami de longue date, Joshua Cook chanteur originaire de la Nouvelle-Orléans. Après un an d'existence et des concerts effectués dans plusieurs coins de la France et de la Suisse, Tal Rasha a su conquérir le public qui a croisé leur route.

Un premier mini-album, de cinq titres originaux, intitulé "Tal Rasha" est paru le 29 novembre 2024.

Le quatuor se compose donc actuellement de Joshua Cook (chant), Marty Zissel (guitare), Ben Geiser (basse) et un batteur (temporaire semble-t-il).

J'ai assisté un peu par hasard, le dimanche 1er décembre 2024 sur la Péniche Antipode – Abricadabra, à leur concert promotionnel pour la parution de leur premier album. A la base j'allais seulement assister au concert de RED CLOUD (ici).

Le son est bien équilibré et permet de percevoir les subtilités de chaque pupitre. L'éclairage est satisfaisant, les tons colorés sont suffisamment clairs pour distinguer correctement les échanges entre les musiciens. La scène n'est encombrée que par la batterie installée pour la seconde partie de soirée, ce qui laisse un bel espace d'expression.

Je retrouve les influences évidentes tirées des années 70, dans la veine des styles hard rock, et blues, que l'on peut écouter chez Aerosmith, Cactus et Led Zeppelin pour ne citer qu'eux. De nos jours, on retrouve cet univers avec Rival Sons. Ce rock classique mais efficace met en évidence le chanteur et le guitariste, même si le tout est soutenu par une base rythmique puissante et entrainante.

La palme du charisme est détenue par Joshua dont le chant expressif, éraillé ainsi que l'allure, sont dignes de ladite époque ! On est plus que proche du timbre de Rusty Day que de la tessiture de Steven Tyler.

Le jeu et l'apparence de Marty contribue fortement à rappeler les sonorités 70's. Son apparence, ses soli et accords de guitare, me rappellent souvent, de près ou de loin, des personnages illustres dont il s'est inspiré très probablement tels que Richie Blackmore, Joe Perry ou Jimmy Page.

Ce concert confirme ma première impression de décembre ; ce groupe a de quoi prétendre à perdurer.

L'auditoire se laisse emporter dès le début de cette prestation, ce qui ravit et rassure le jeune groupe. Nous aurons ainsi tous passé une première partie de soirée agréable et de nature à chauffer les corps et les esprits comme il se doit !

Huit titres ont été interprétés :

PROGRAMME

  1. Gypsy Eyes Take Me There
  2. Cactus Honey
  3. All (For You)
  4. Sorrow Creeping In
  5. No One Sees But Nola And Me
  6. Hands Of Time
  7. Nothing But Trouble
  8. Train kept a Rollin (reprise d'Aerosmith).

 

DeWOLFF [20h50-22h25]
https://dewolff.nu/#/home et https://dewolff.bandcamp.com/

BREF RAPPEL DE BIO : Le trio influencé par le rock psychédélique, rock 'n' soul des années 70, a été fondé à Geleen dans le sud profond des Pays-Bas, dans la province du Limbourg en 2007. Alors qu'ils étaient adolescents, Pablo van de Poel et Luka van de Poel ainsi que Robin Piso, se sont fait une place en tant qu'aventuriers insouciants, prolifiques en studio et habitués à prendre la route. Pablo déclare : "Cela ressemble à une histoire fantastique ! Il y a 17 ans, mon esprit n'aurait jamais osé aller là-bas pour penser à toutes les choses que nous avons faites et à tous les endroits que nous avons vus."

Le dixième album "Muscle Shoals" est paru le 6 décembre 2024, enregistré dans les légendaires FAME Studios et Muscle Shoals Sound Studios, en Alabama, via Mascot Records. Pour l'anecdote soulignons que, leur inspiration aura été confortée en jouant dans les Studios F.A.M.E. (Florence Alabama Music Enterprises), où sont passés notamment Aretha Franklin et Wilson Pickett. Puis en jouant à un peu plus de trois kilomètres de là, où se trouvent les Muscle Shoals Sound Studios, qui ont vu passer notamment Cher, les Rolling Stones, Lynyrd Skynyrd, Bob Dylan. Très fier de cette aventure, Pablo ne manquera pas de le rappeler ce soir !

Le trio se présente parfois avec d'autres musiciens sur scène tels que des choristes et/ou des cuivres, mais ce soir nous retrouvons de Pablo van de Poel (34 ans, guitare/ chant), son frère Luka van de Poel (31ans, batterie/ chant), et Robin Piso (34 ans, Hammond/Wurlitzer, chant). Ils ont donc tous passé la trentaine en dépit de leur aspect juvénile.

L'orgue imposant et les claviers annexes sont installés pendant l'entracte.

Une courte bande sonore fait patienter quelques instants le public plongé dans l'obscurité. Les ombres trahissent l'arrivée des musiciens, qui sont acclamés à la hauteur du niveau d'attente de l'auditoire ! Ceux-ci ne tardent pas à faire rugir les amplificateurs. Le son me parait bien équilibré, puissant mais pas assourdissant ; il permet de percevoir les subtilités de chaque pupitre, avec d'autant plus de limpidité qu'il n'y a pas d'autre son de basse, que celui exprimé par le clavier ! C'est une des particularités du groupe. L'éclairage est chaud et diversifié, les couleurs n'altèrent pas la visibilité des musiciens. La scène est bien entendue accaparée par le seul guitariste, le bouillonnant et hyperactif Pablo, qui ne qui ne cessera jamais de remuer. Il dispose de deux micro de chaque côté de la scène ; il le décrochera souvent de sa main gauche tout en continuant à jouer de la main droite.

Leur expédition américaine ne les a pourtant pas fondamentalement changés ; DeWolff sonne toujours comme DeWolff ! Ils sont parvenus à distinguer leur style, entretenu au carrefour du blues, de la soul, du psychédélique et du rock sudiste. Je retrouve sans surprise mes émotions perçues au RAISMESFEST en 2019 ; les trois artistes disposent d'un charisme attrayant et entrainant, ils maitrisent parfaitement les éléments essentiels à un bon concert dans le genre.

Pablo est particulièrement doué pour attiser l'admiration du public, et pas seulement par son réel talent de guitariste chanteur. Il alterne ou superpose les deux pupitres avec conviction et talent. Mais il se charge au passage d'haranguer sans cesse son public. Fait inhabituel, il distribue un t-shirt, une casquette, un jeu de cartes personnalisé (dont les cartes à figures sont à l'image du trio !)… Il n'hésite pas à descendre en fosse pour fendre le public en profondeur, il s'assoit sur le bord de la scène pour chanter nez à nez, ou pour jouer ses accords au plus près des auditeurs ébahis. Le personnage est tactile et spontané à l'égard des auditeurs du premier rang, n'hésitant pas par exemple à poser sa main sur les crânes ou à partager un verre de bière ! Etonnant de la part d'un Batave, j'aurais davantage imaginé cela de la part d'un italien par exemple ! Mais c'est tellement rassurant et rafraichissant sur la nature humaine, par les temps qui courent…

Bref, pour ne pas être impliqué dans ce tourbillon, il aurait fallu être très accablé par ses soucis !

Les deux autres artistes participent par séquences aux chants, ce qui accentue le sentiment de cohésion du groupe, ce qui est d'ailleurs illustré à maintes reprises par les sourires complices. On sent que ces gars-là s'éclatent sur scène comme à leurs débuts, c'est agréable à voir et à entendre. Je n'ai pas observé de privilège relationnel entre les deux frères ; ces deux-là sont de fait connectés. En revanche, Pablo se rapproche souvent de Robin comme pour communier encore plus intensément sur leurs accords. C'est un régal d'en entendre les sons ainsi exprimés ! De larges plages d'expression sont accordées à Robin qui ne se prive pas de nous faire vibrer aux sons bluesy de son Hammond. Il fait vivre son instrument, le bouscule parfois, se dresse devant lui. Par moment on perçoit assez logiquement des sonorités "purpliennes". Quant à Luka, son omniprésente frappe délicate ou percutante selon les thèmes est évidemment remarquable.

Les mines réjouies dans le public font plaisir à voir et à partager, les ovations sont bruyantes et éloquentes.

Quatre albums ont été présentés, avec huit titres (neuf si on distingue les deux titres mêlés au final). Dont quatre issus de "Muscle Shoals" et trois issus de "Love, Death & In Between". Autant de titres que la prestation du 1er février en Belgique mais beaucoup moins que celles pour le parties néerlandaise de la tournée…

PROGRAMME

  1. Night Train (Love, Death & In Between, 2023)
  2. In Love (Muscle Shoals, 2024)
  3. Natural Woman (Muscle Shoals, 2024)
  4. Will o' the Wisp (Love, Death & In Between, 2023)
  5. Out on the town (Muscle Shoals, 2024)
  6. Snowbird (Muscle Shoals, 2024)
  7. Rosita (Love, Death & In Between, 2023)

RAPPEL :

  1. Nothing's Changing / Freeway Flight (Tascam Tapes; 2020, Thrust, 2018).

 


Cette fois, je suis sage, certes aux dépends des artistes, je ne céderai à aucun achat. Le t-shirt était pourtant attrayant (30€), et les deux derniers albums en cd attirants mais bon.

C'est la onzième fois (depuis 2003) que le Trabendo me permet de voyager ! La dernière fois c'était pour des émotions similaires, avec un groupe de rock sudiste, Robert Jon. J'aime beaucoup cet auditorium, surtout pour son acoustique, mais aussi pour son cadre.