vendredi 26 septembre 2025

PROG ROCK FEST PARIS 2025 - Casino de Paris (Paris 09) – 26 et 27 septembre 2025.


CONTEXTES POUR NOTRE MICROCOSME DE MELOMANES :

Ce festival était l'occasion de réunir toute notre communauté de passionnés du rock progressif. Mais c'était sans compter sur le Crabe qui nous a ôté notre amie Marie-Antoinette, alias "Montague Miel", qui a brutalement disparu à la surprise générale, en ce mois de septembre, deux ans après Thierry…

Le 11 avril dernier encore, authentiquement passionnée, elle nous distribuait des bougies à brandir pendant le concert de Lazuli, ici même au Casino de Paris. Marie-Antoinette et sa peluche habillée des t-shirts des concerts consciencieusement élaborés, vont nous manquer avant, pendant et après nos concerts ; à commencer par ce festival qu'elle avait pourtant coché sur son calendrier…

Nonobstant, cet évènement aura permis de faire converger nos amis venus d'Aveyron, de Picardie, de Suisse, de Belgique et de partout en France ! Tous autant que nous sommes, tenterons d'oublier nos tracas quotidiens le temps du Festival…

Ces dernières années, des festivals français et européens spécialisés dans le rock progressifs se sont arrêtés (tels que le NOTP et le PeB en 2024). D'autres ont vu le jour (tel que le MidWinter). Cependant, avec un courage animé par la passion, Cédric Segal et son équipe ont organisé ce premier festival de rock progressif dans Paris. Je rends hommage à cette heureuse initiative qui a nécessité sans doute beaucoup d'efforts et d'abnégation pour parvenir à maintenir cet honorable objectif.


CONTEXTE POUR IQ : Après une vingtaine d'années sans être revenus à Paris, IQ avait ravi l'auditoire du Café de la Danse, le 21 septembre 2024. Cette satisfaction semble avoir été réciproque puisque peu de temps après, courait la rumeur d'un "IQ WEEKEND" à Paris. Cette rumeur a finalement pris la forme d'un festival, sous la houlette de Cédric …

Un concept qui pouvait a priori paraître plus raisonnable, compte tenu de la fiabilité d'un public français trop peu nombreux, il faut bien le reconnaitre... L'idée de réunir une palette de rock progressif autour d'IQ avait de quoi attirer et aurait dû/pu remplir cette salle qui revendique une capacité de deux mille spectateurs.

Nonobstant, en dépit de toute la bonne volonté et de la louable énergie déployée par l'Organisation, il y avait beaucoup d'espaces vides le premier soir. Un peu moins de second.

Ce regrettable constat pourrait mettre en péril la pérennité de l'initiative, car en ce bas monde tout a un coût et le défaut de rentabilité entravera toujours toute utopie. La quête d'équilibre financier est un enjeu majeur.

Parmi les causes probables du peu d'affluence, on ne peut pas ignorer cette part de mélomanes qui ont déclaré être réticents à payer un ticket, dont le montant est estimé d'autant plus onéreux au regard de quatre groupes inscrits à l'affiche, pour cinq concerts sur deux soirées…

Alors, comparaison n'est pas raison, certes, et les conseilleurs ne sont pas les payeurs… Les arbitrages pour préserver à la fois la sécurité financière et l'intérêt de l'évènement, sont évidemment compliqués. Mais j'observe que le MARILLION WEEKEND parisien, qui s'était tenu dans cette même salle, le 11 avril dernier, était lui aussi onéreux. Certes, le Casino de Paris est un auditorium splendide, dont l'acoustique est excellente. Mais est-il est permis de se demander si la location de ce prestigieux écrin ne fut pas trop audacieux…

Les pistes de réflexion pour organiser la prochaine édition, pourraient-elles conduire à changer de site ? à réduire la voilure à une journée ?? Après tout, mieux vaut un petit festival en banlieue, que pas de festival du tout…

Quoi qu'il en soit, j'ai acquis nos tickets dès le 12 février 2025, surtout motivé pour revoir non pas un mais deux concerts d'IQ !  Même si, parmi les artistes invités, seul THE WATCH, un groupe hommage, constituait une découverte pour moi et ma P'tite Fée. Nous étions néanmoins ravis de revoir RPWL. S'il est difficile de satisfaire toutes les sensibilités, disons qu'avec le recul, c'était déjà bien, pour une première édition d'un festival de rock progressif dans Paris !

Et puis, l'autre paramètre agréable, c'est le plan de passage des artistes qui ne débute pas trop tôt dans l'après-midi ! Cela laisse le temps aux festivaliers de se restaurer et d'arriver détendu sur le site. En outre, rester réceptif et debout de midi à minuit devient une gageüre pour beaucoup d'entre nous (…)


Le vendredi 26 septembre

A l'ouverture des portes, la désinvolture du personnel du Casino constatée au printemps dernier, se renouvelle ; il avait laissé délibérément les files d'attente se former, avant de les redéfinir malicieusement à la dernière minute. Ce manque d'égard pour les plus passionnés peut agacer. Malheur aux premiers arrivés…

Cet agacement à peine surmonté, lorsque nous présentons nos tickets aux contrôleurs du Casino, leurs lecteurs ne parviennent pas à valider le QR code ! Nous sommes quelques dizaines de victimes dans le même embarras, a devoir s'agglutiner dans une cohue devant le guichet pour la délivrance d'un Sésame en bonne et due forme…

De surcroît, l'accueil chaotique (pour ne pas dire irrespectueux) des PMR n'aura pas contribué à grandir l'image de la France pour les festivaliers venus de l'étranger. Les urinoirs tous bouchés en seconde soirée, viendront ensuite sublimer l'impression.

A ce stade, on pouvait donc s'inquiéter de la suite du Festival … Mais, le produit des efforts conjoints de l'Organisateur du Festival et des équipes techniques (Les changements de plateaux, la sonorisation, le respect des horaires et les échoppes …) fut à la hauteur des attentes ! Bravo encore une fois !!


KARNATAKA [19h05-20h20]. (ANGLETERRE)
https://www.karnataka.org.uk/
http://www.youtube.com/channel/UCgejaVIWDijAax6kjqXakuQ

KARNATAKA a été fondé au Pays de Galles, en 1997, par Ian Jones (basse/guitare acoustique), Jonathan Edwards (claviers) et Rachel Jones (chant). La biographie est segmentée en plusieurs ères, car dans les faits, le concept est devenu avant tout le groupe de Môssieur Ian Jones…

J'avais été séduit par KARNATAKA, ère Hayley Griffiths en 2017, après avoir assisté aux festivals Crescendo le 19 aout 2017, puis Prog en Beauce le 29 octobre 2017. Ces deux concerts se cadraient dans la tournée "Secrets of Angels". La vitalité et l'harmonie, que j'avais perçu lors de la remarquable (euphémisme) prestation de la chanteuse Hayley Griffiths, du guitariste Enrico Pinna et du batteur Jimmy Pallagrosi, était de nature à prévoir un beau parcours à venir. Il paraissait évident que ces musiciens s'étaient pleinement investis dans l'aventure. … Pourtant, quelques semaines plus tard, ils étaient tous congédiés, par le Patron. Le Créateur décide de virer systématiquement son entourage dès qu'il estime vouloir passer à autre chose… Ce qui peut certes paraitre artistiquement respectable, mais humainement beaucoup moins.

En tout état de cause, on observe que le " KARNATAKA's IAN JONES BAND " peine décidément à se stabiliser, puisque s'il demeure composé (pour combien de temps encore ?) de la (quatrième) chanteuse Nicola "Sertari"  Knight (chant, aaah mais !… depuis 2018, quand même !), et de Luke Machin (guitares, depuis 2018, membre de CYAN), en revanche les deux autres strapontins (ou sièges éjectables) sont désormais occupés par Rob Wilsher (claviers, depuis 2023), et Jack Summerfield (batterie, depuis 2023).

Leur sixième album "Requiem for a Dream", est paru le 28 juillet 2023.

Nous avons découvert cette nouvelle mouture lors du Festival Night of the Prog le 20 juillet 2024. Avec l'objectivité requise, je dois reconnaitre que j'ai de nouveau été séduit. Car, une nouvelle fois, le bougre est parvenu à s'entourer de talents. En particulier celui du guitariste Luke Machin, dont j'ai déjà admiré toute l'adresse et la sensibilité en le voyant officier au sein de CYAN. Mais aussi celui de la chanteuse Sertari dont le timbre, la tessiture et le charisme sont remarquables.

Ce soir encore, la prestation est agréable en tous points. La sonorisation extériorise le chant pendant quelques minutes. Cela tarde un peu à s'équilibrer, mais peu à peu, on pourrait se laisser bercer par les mélodies entrainantes, souvent ponctuées d'admirables soli du Grand Luke. Cependant, l'ensemble lissé à l'extrême finit par me lasser quelque peu. Les limites du genre néo-prog sont poussées aux confins d'une pop gentillette. C'est certes mignon, cela semble plaire à une bonne partie de l'auditoire, mais nous sommes quelques-uns à attendre en vain les caractéristiques du rock progressif, avec ses ruptures et ses digressions rythmiques.

La part conquise du public ovationne chaleureusement les musiciens qui n'ont pas démérité dans leur genre.

Même si je suis sensible aux qualités vocales (mais aussi esthétiques ; au Diable l'hypocrisie) de Sertari, mes applaudissements s'adressent plus particulièrement à Luke Machin, qui décidément confirme encore ici sa finesse de jeu.

Plus tard dans la soirée, j'aurai le plaisir de rencontrer Luke dans le hall ; il est modeste et très accessible. Il m'apprend qu'un nouvel opus de CYAN est en cours. Et puisqu'il est proche de Peter Jones, il me confirme hélas que CAMEL demeure moribond.

Sur cinq titres, la période la plus récente est privilégiée, avec trois issus de "Requiem for a Dream", mais fait notable, "Secrets of Angels" est boudé, pour laisser place à deux opus plus anciens "Delicate Flame of Desire" et "The Gathering Light".

PROGRAMME
1.        The Serpent and the Sea (The Gathering Light, 2010)
2.        All Around the World (Requiem for a Dream, 2023)
3.        Forgiven (Requiem for a Dream, 2023)
4.        Heart of Stone (Delicate Flame of Desire, 2003)
5.        Requiem for a Dream (Requiem for a Dream, 2023).


IQ [20h40-22h30] (ANGLETERRE)
https://www.thewatchmusic.net/
http://www.youtube.com/@TheWatchband

POUR RAPPEL : Ce quintet britannique, cofondé en 1981 par Mike Holmes et Martin Orford, s'inscrit dans la mouvance du rock néo-progressif, à l'instar de ses contemporains MARILLION et PENDRAGON. Ses musiciens sont parfois partis pour revenir, parfois non. Le groupe a surmonté ses instabilités ; Actuellement, le pilier Mike Holmes (guitares, claviers, chœur depuis 1981) est entouré de Tim Esau (basse, chœur de 1981 à 1989, et depuis 2011), Peter Nicholls (chant de 1982 à 1985, et depuis 1989), Paul Cook (de batterie 1982 à 2005, et depuis 2009), Neil Durant (claviers depuis 2011).

Le treizième album, "Dominion" est paru le 28 mars 2025.

Personnellement, j'ai hélas tardé à voir sur scène ce groupe pourtant majeur de l'univers néo-progressif. Je les écoute depuis 1988 (peu après la parution de "Nomzamo"), mais je n'ai assisté à un premier concert que le 22 juin 2019, à l'occasion du festival Midsummer. Puis le 19 juillet 2019 lors du Night of the Prog festival, et enfin le 21 septembre 2024 au Café de la Danse à Paris ! Nonobstant, avec le recul, je m'accorde une circonstance atténuante ; il me semble que le groupe n'a valorisé réellement ses longs morceaux aux arrangements et aux harmonies complexes, qu'à l'occasion du retour de Peter Nicholls et de l'enregistrement de "Ever", qui est paru le 1er juin 1993.

Le concert débute avec un titre issu de "The Road of Bones" qui nous séduit immédiatement grâce à une sonorisation qui me semble parfaitement équilibrée, comme le dispositif d'éclairage. En fond de scène, trois écrans diffuseront les illustrations. Les trois pupitres alignés de Peter, Mike et Tim me paraissent un peu trop éloigné du public.

Je retrouve avec bonheur les sensations inhérentes aux atmosphères à la fois mélancoliques et oniriques qui sont développées avec une grande sensibilité par ces musiciens.

Sans s'embourber dans des préjugés stupides, force est d'admettre que Mike Holmes semble insignifiant physiquement, et pourtant ses soli s'imposent avec une élégance et une émotion à faire pleurer le plus féroce des prédateurs ! A mon sens, il n'aurait pas à rougir de la comparaison avec les plus grands.


L'autre personnage qui focalise l'attention, c'est bien sûr Peter Nicholls, dont la sobriété gestuelle ne nuit absolument pas à un charisme maitrisé. Son allure triste, voire désespérée, est assortie à une voix dotée d'un timbre qui exprime davantage la détresse que la joie de vivre. Et cependant, la beauté des mélodies invite davantage à l'extase qu'à la neurasthénie. J'admire particulièrement sa constante maitrise des tonalités mineures, car elle requiert un vrai talent pour maintenir la justesse des harmonies produites avec les claviers et guitare.

Pour accentuer ces atmosphères enivrantes, il fallait encore pouvoir compter sur un accompagnement à la fois harmonieux, éloquent et puissant ; toutes choses que maitrisent Neil Durant, avec ses accords et nappes splendides, ainsi que Paul Cook et Tim Esau, avec leur interventions relativement discrètes mais indispensables.

Alors que j'applaudis vivement à chaque session, je mesure la chance de pouvoir apprécier cette Musique qui m'enivre et me réconforte ; j'ai une pensée émue pour les malheureuses oreilles hermétiques.

Pendant les chansons, les auditeurs semblent comme engourdis, mais la satisfaction est suffisamment stimulante pour acclamer les pilotes du vaisseau IQ. Le rappel s'impose à tous, bien évidemment.

Près de deux heures (1h50) ont ainsi passé à l'insu général. Avec douze titres, IQ a évoqué neuf albums parus sur quatre décennies. Deux titres sont issus de "Dominion" (2025), un de "Resistance" (2019), trois de "The Road of Bones" (2014), un de "Frequency" (2009), un de "Dark Matter" (2008), un de "The Seventh House" (2001), un de "Subterranea" (1997), un de "Ever" (1993), et un de "The Wake" (1985).

PROGRAMME
1.        From the Outside In (The Road of Bones, 2014)
2.        Sacred Sound (Dark Matter, 2008)
3.        Subterranea (Subterranea, 1997)
4.        Guiding Light (The Seventh House, 2001)
5.    Never Land (Dominion, 2025)
6.    The Wake (The Wake, 1985)
7.    Shallow Bay (Resistance, 2019)
8.    Far from Here (Dominion, 2025)
9.    The Road of Bones (The Road of Bones, 2014)
10.    Closer (Frequency, 2009)
11.    Further Away (Ever, 1993).
RAPPEL :
12.    Ten Million Demons (The Road of Bones, 2014).

Je ne peux pas quitter la salle sans me procurer à l'échoppe le t-shirt de la tournée d'IQ. Compte tenu du relatif éloignement du site (une petite heure de transports en commun), nous sommes contraints de ne pas nous attarder, et de couper court aux conversations passionnées.



Le samedi 27 septembre

RPWL [17h-18h10]. (ALLEMAGNE)
https://www.rpwl.net/
http://www.youtube.com/@RPWLtv

RPWL (initiales des quatre membres fondateurs du groupe, à savoir Risettion-Postl-Wallner-Lang, dont les deux premiers sont partis) est un groupe de rock progressif allemand fondé à Freising (Bavière), en 1997. Le groupe se donnait alors pour vocation de reprendre du Pink Floyd. Après trois années à jouer la musique des autres, ils ont créé peu à peu leur propre musique, basée sur leurs influences de l'époque, du rock progressif psychédélique. Un parcours similaire avec celui de MOSTLY AUTUMN, même si les Anglais ont davantage incliné sur le versant folk.

J'ai eu plaisir à assister à leur concert à l'occasion du festival Midsummer le 25 juin 2022, puis à celui du festival The Night of the Prog le 24 juillet 2022. J'ai davantage apprécié leur deuxième prestation ; peut-être en raison de l'ajout de deux choristes, Caro von Brünken et Carmen Tannich Wallner, qui avaient singulièrement valorisé les chansons.

Leur huitième album studio, "Crime Scene" est paru le 17 mars 2023.

Jürgen "Yogi" LANG (chant, claviers, depuis 1997) et Karlheinz "Kalle" WALLNER (guitare, depuis 1997), sont maintenant entourés de Marc TURIAUX (batterie, depuis 2008), Markus GRÜTZNER (basse, depuis 2022) et "Butsch Keys"(?) (claviers, depuis 2022). Je suis soulagé de la présence des deux choristes déjà participantes en 2022 à Sank-Goarshausen, Caro von Brünken et Carmen Tannich-Wallner.

En fond de scène, un vaste écran diffusera des mini-films et images d'illustrations.

D'emblée, la présence des deux choristes apporte indéniablement une profondeur aux émotions, elles brillent par leur timbre puissant et par leur éloquence. Leur tessiture se limite à une portée intermédiaire, mais avec la sensibilité et la justesse requises pour émouvoir.

Parmi les séquences intenses de la prestation, cet ancien groupe d'hommage à Pink Floyd, nous accorde une excellente reprise de "Welcome to the Machine".

La similitude du timbre de Yogi avec celui de la voix de David Gilmour est troublante. Il n'en trahit aucunement la sensibilité mélancolique. Quant à Kalle, il excelle dans des soli magnifiquement délicats et émouvants. Le bassiste, à la stature imposante, semble s'être bien intégré au groupe, et contribue avec le batteur et le clavier à soutenir efficacement toute la force émotionnelle des compositions.

L'ensemble de la prestation de ce soir vient me rappeler combien ces Allemands devraient pouvoir compter sur un succès mérité. L'ovation ardente de l'auditoire entretient une satisfaction générale.

© Hervé

Outre l'émouvante reprise de PINK FLOYD, RPWL puise dans cinq albums pour exprimer neuf titres, dont trois issus de "World Through My Eyes" (2005), deux de "Beyond man and time" (2012), un de "Tales from outer Space" (2019), un de "Crime Scene" (2023), et un de "God Has Failed" (2000).

PROGRAMME
1.        Victim of Desire (Crime Scene, 2023)
2.        Sleep (World Through My Eyes, 2005)
3.        A New World (Tales from outer Space, 2019)
4.        3 Lights (World Through My Eyes, 2005)
5.        The Shadow (Beyond man and time, 2012)
6.        Welcome to the Machine (reprise de PINK FLOYD, 1975)
7.        Hole in the Sky (God Has Failed, 2000)
8.        Unchain the Earth (Beyond man and time, 2012).
RAPPEL :
9.        Roses (World Through My Eyes, 2005).

J'ai trop hésité à me procurer leur t-shirt à l'échoppe. J'ai sans doute trop hésité également à me rapprocher de Yogi et Kalle notamment, qui semblaient pourtant abordables et souriants. Bah, on se reverra !


THE WATCH [19h-20h]. (ITALIE)
https://www.thewatchmusic.net/
http://www.youtube.com/@TheWatchband

Je ne connaissais que de réputation ce groupe italien, qui est composé d'authentiques passionnés et garants de l'héritage de Genesis, et qui est surtout focalisé sur l'ère des années septante.

Je constate qu'il a été initialement formé en 1997 sous le nom de THE NIGHT WATCH. Par ailleurs, le groupe a publié son premier album original, "Twilight" avant de se séparer en 2000. Seul, le chanteur Simone Rossetti a décidé pourtant de continuer l'aventure sous le nom de THE WATCH. Puis, ses éphémères complices le laissent de nouveau seul dès 2008.

Mais il est toujours là envers et contre tout. Simone Rossetti (chant, flûte traversière, depuis 1997) est actuellement entouré de Valerio de Vittorio (claviers, depuis 2009), Mattia Rossetti (fils de Simone Rossetti, à la basse, depuis 2014), et Francesco Vaccarezza (batterie, depuis 2022). Giorgio Gabriel (guitare, depuis 2008) remplace Andrea Giustiniani, qui est cependant toujours cité à ce jour sur le site officiel...

Un neuvième album studio original, "The Art of Bleeding" est paru le 24 septembre 2021.

Nonobstant, ce soir THE WATCH annonce uniquement recréer l’univers musical de Genesis.

La sonorisation est bien équilibrée et permet à l'auditeur de très vite s'immerger dans l'atmosphère grâce un respect total de l'âme de Genesis. Chaque musicien est totalement investi dans ses fonctions ; Simone exprime religieusement les partitions vocales et à la flute traversière, Giorgio va jusqu'à mimer l'attitude de Hackett en restant assis le plus souvent… Ils appliquent consciencieusement les subtilités harmoniques entre les différents pupitres. 

Les plus fins connaisseurs du groupe légendaires sont séduits, ce qui n'est pas une mince appréciation quand on connait l'exigence que requiert l'exécution de cette musique à la fois complexe et onirique ! Même ma P'tite Fée, pourtant réticente a priori, a été emportée par ce vent nostalgique ! Pour ma part d'appréciation, il m'a semblé que sur certains segment le chanteur manqua un peu de tessiture, mais mettons cela sur le compte de l'émotion. Car visiblement, sur scène on les ressent tous très investis dans leur mission.

Bref, pari réussi pour les Italiens. Autant la prestation des Canadiens de Musical Box au NOTP ne m'avait pas ému, autant celle-ci est parvenue à me séduire, et à m'imaginer en présence de l'Original !

De la liste de dix chansons prévues, quatre titres ont été abandonnés. Simone Rossetti s'en est excusé (sans que j'en comprenne l'explication). Dommage car les six titres en appelaient volontiers d'autres !

PROGRAMME
1.        The Knife (de Genesis, Trespass, 1970)
2.        Watcher of the Skies (de Genesis, Foxtrot, 1972)
3.        I Know What I Like (In Your Wardrobe) (de Genesis, Selling England by the Pound, 1973)
4.        Firth of Fifth (de Genesis, Selling England by the Pound, 1973)
5.        In the Cage (de Genesis, The Lamb Lies Down on Broadway, 1974).
RAPPEL :
6.        Supper's Ready (reprise de Genesis, Foxtrot, 1972). 


IQ [20h35-22h35]
https://www.iq-hq.co.uk/
http://www.youtube.com/@IQUK

Lorsque Peter Nicholls annonce que l'intégralité de leur dixième opus, "Frequency", qui est paru le 26 mai 2009, sera interprétée, je suis absolument ravi car il s'agit de l'un de mes albums préférés de leur discographie.

Cependant, avec le recul, je m'étonne que "Closer", titre magnifique au demeurant, fut joué une deuxième fois… D'autant plus que, "Never Land" et "Far From Here", issus de l'album "Dominion", furent également joués une deuxième fois ce soir, alors qu'il m'aurait semblé plus opportun de promouvoir le récent album paru cette année, avec des titres tels que "No Dominion" par exemple.

Dans le même ordre d'idée, IQ persiste à jouer "No Love Lost", certes un joli titre, mais déjà joué aussi l'an dernier au Café de la Danse…

Mais bon, notre exigence d'auditeur peinerait à satisfaire toutes sensibilités dans la salle, de toutes façons, et j'imagine que ces choix artistiques sont sans doute justifiés d'une manière ou d'une autre. Et puis honnêtement, je n'ai même pas eu le sentiment de redondance au cours de la soirée !

Bref, la sélection n'en fut pas moins réjouissante, et comme la veille, elle a évoqué les quatre dernières décennies.

Seul incident notable, cette maudite corde qui lâche la guitare de Mike Holmes sur le solo final de "Headlong" !

L'auditoire ne manque pas d'ovationner la prestation, une réaction qui semble toucher les musiciens.

©Hervé

Durant ces deux heures somptueuses, IQ a privilégié cinq albums, avec treize titres, dont sept issus de "Frequency", deux de "Dominion", deux de "Ever", un de "Nomzamo" et un "The Wake".

PROGRAMME
1.        Frequency (Frequency, 2009)
2.        Life Support (Frequency, 2009)
3.        Stronger Than Friction (Frequency, 2009)
4.        One Fatal Mistake (Frequency, 2009)
5.        Ryker Skies (Frequency, 2009)
6.        The Province Of The King (Frequency, 2009)
7.        Closer (Frequency, 2009)
8.        No Love Lost (Nomzamo, 1987)
9.        Never Land (Dominion, 2025)
10.    Leap of Faith (Ever, 1993)
11.    Far from Here (Dominion, 2025)
12.    Headlong (The Wake, 1985).
RAPPEL :
13.    The Darkest Hour (Ever, 1993).

 

Ce festival en appelle un autre bien entendu ; on se demande déjà qui sera à l'affiche en 2026 !


samedi 6 septembre 2025

XIIIème MENNECY METALFEST – Parc de Villeroy (Mennecy 91) – samedi 6 septembre 2025.

 

CONTEXTE & CONTRAINTES. Cette année, le MENNECYMETALFEST organise sa treizième édition, et pourtant, je n'avais encore assisté à aucune des précédentes. D'une part l'évènement vient systématiquement contrarier celui du RAISMESFEST qui demeure ma priorité, et d'autre part sa programmation habituelle ne correspond pas à mes prédilections (en gros leur style est souvent d'une inspiration similaire à la scène WarZone du Hellfest) … Sauf que, cette année, WALTARI alias "je-me-fais-désirer" est prévu le samedi.

Tant qu'à faire, nous aurions pu assister aux trente concerts prévus sur trois jours. Mais, dans la Grande Sagesse légendaire qui me caractérise, je bride ma curiosité et nous faisons délibérément l'impasse sur le vendredi et le dimanche. Il s'agit avant tout de nous économiser, en perspective d'une autre source de dépense d'énergie à la fin de semaine suivante. Dans ce cadre, nous allégeons de moitié cette journée du samedi, durant laquelle douze groupes sont pourtant affichés.


MOTIVÉS, MOTIVÉS … En février 2012, alors qu'un forum de discussion attirait mon attention sur un étrange groupe finlandais nommé WALTARI, je suis alerté de leur prochain passage à Paris. Ce nom m'évoquait davantage un jeu vidéo (les jeux Atari), une série télévisée (Daktari) ou un dessin animé (Walt…), qu'un groupe de musique ; et pourtant, le prosélytisme fut assez convaincant pour m'intriguer et tenter quelques écoutes… A priori, je fus plutôt séduit. A tel point que, sous l'impulsion de Sylvain, l'un des lanceurs d'alerte, je me suis décidé à tester l'aventure… Après tout, nous sommes en 2012, et comme le proclamait le candidat à la présidentielle à l'époque, "le changement c'est maintenant" !

C'est ainsi que, le vendredi 2 mars 2012 au Divan du Monde, j'ai pris une claque monumentale ! Dans une ambiance de feu, j'ai immédiatement été emporté par cette fusion hallucinante de metal-funk-punk- trash-industriel-techno-hiphop- reggae-folk (et j'en oublie !), une musique hybride, survoltée et déjantée qui déstabilise et ne respecte aucune règle. On y perçoit des sonorités débridées, aux influences tentaculaires allant d'INFECTIOUS GROOVE, à ANTHRAX en passant par OZZY. Le genre de musique qui vous garantit un bon moment, qui vous galvanise et vous procure une énergie de fou, un remède radical à la déprime.

Je ne m'en suis toujours pas remis ; d'autant moins que depuis maintenant TREIZE ANNÉES j'entretiens une frustration de ne pas les revoir. Et puis, j'ai refilé le redoutable virus à ma p'tite Fée ; ce fut même un des vecteurs de notre Union !

Autant dire que la présence de WALTARI à ce festival a placé notre esprit en ébullition incontrôlable, en dépit d'un calendrier bien chargé, soit une semaine avant notre incontournable RAISMESFEST.


FESTIVAAAAL, NOUS VOILÀAAA. A moins de quarante kilomètres de chez nous, soit une cinquantaine de minutes en voiture, on arrive tranquillement vers 16h45. Avec ma P'tite Fée et mon fiston, nous découvrons le Parc de Villeroy de la mairie de Mennecy dans lequel deux scènes ont été installées ; la scène principale, appelée astucieusement "Menn'Stage", et la scène secondaire, la "Eye Stage". Le site réservé au festival est très joli et très bien organisé avec de longues allées d'échoppes spécialisées et des arbres qui apportent une fraicheur et une ombre opportune. Le cadre est donc agréable et à taille humaine. La bière (50 cl) est à 7 € ce qui me parait raisonnable. Les gobelets sont consignés à 2€, mais la version estampillée du festival est déjà épuisée ; il nous faudra toute la pugnace diplomatie de ma P'tite Fée pour en trouver un malgré tout.

Longtemps incertaine, la météo est finalement plutôt douce et ensoleillée.

Nous approchons de la scène annexe où un concert vient de débuter.

PARALLYX [Eye Stage, 16h45-17h20]
https://parallyx.com/
https://www.youtube.com/@ParallyxOfficial
https://parallyx.bandcamp.com/album/the-cult

Je ne connaissais absolument pas ce groupe. En recherchant, je découvre que PARALLYX a été fondé en 2023 par la chanteuse marocaine Lina Benabdesslem, mais est basé en France. Le style " metalcore " est revendiqué. Il semblerait que les textes, en anglais ou en arabe ("Glass Throat"), abordent notamment les cultes, sur des rythmes puissants et énergiques chantés d'une voix au timbre guttural le plus souvent mais parfois clair, qui accentuent un sentiment de résistance. Leur message est ainsi revendiqué : "Parallyx ne se contentera pas de suivre la vague, ils la brisent et la redéfinissent". Voilà qui a le mérite de clarifier le débat…

Le premier album studio, " The Cult " comprend neuf titres, il est paru le 4 octobre 2024.

Le quintuor se compose de Lina Benabdesslem (chant), Robin Cabaret (Batterie), Corentin Miara (Basse), Adrien Gottis (Guitares), et Mathis Megrier (Guitares).

La sonorisation est très bien équilibrée et nous accorde de bonnes conditions pour cette découverte. A priori, le style n'est pas ma prédilection. Pourtant, la prestation me parait convaincante, grâce au charisme et l'élégance de Lina, et à sa voix juste et puissante qui est exprimée alternativement en timbre clair ou guttural. Ses complices se montrent impliqués pour produire en harmonie de beaux accords, parfois segmentés de soli opportuns.

Bon, même si je n'écouterai pas cela tous les jours, je considère cette belle découverte. Bien qu'agressive par nature, la musique me semble assez mélodique pour emporter l'enthousiasme. L'agitation dans la fosse en témoigne.

L'auditoire ovationne (h)ardemment ce concert ensoleillé.

Six titres pour présenter leur début de parcours déjà très prometteur.

PROGRAMME

  1. Walk Away (The Cult, 2024)
  2. Matriochka (The Cult, 2024)
  3. The Remedy (The Cult, 2024)
  4. Vices of Men (The Cult, 2024)
  5. Glass Throat (à paraitre, 2025)
  6. Pandemonium (The Cult, 2024).


Mais je n'oublie pas qu'à la base, mon premier objectif du jour était de revoir LES SHERRIFS, raison pour laquelle j'avais prévu une marge (ce qui m'a permis de faire une première découverte)… On se déplace donc une première fois d'un espace vers l'autre, sans prendre encore le temps de nous détendre un peu.


LES SHERIFF [Menn'Stage, 17h30-18h25]
https://www.lessheriff.fr/
https://www.rockmadeinfrance.com/encyclo/les-sheriff/3003/

Voilà un groupe qui fera opportunément le lien avec Drulhe en fête, le dernier festival auquel j'ai participé fin aout, dont l'affiche était délibérément à tendance punk-rock …

Lors de la treizième édition du Hellfest, le dimanche 24 juin 2018, le groupe occitan LES SHERIFF m'avait franchement séduit. On est loin des pisse-vinaigre assez courant dans ce milieu (…) ; quoiqu'ils pensent, ils ne nous saoulent pas avec des discours politiques manichéens et démagogiques. Il s'agit d'une musique avant tout festive, avec les limites du genre mais d'une redoutable efficacité.

Ils sont francophones, originaires de Montpellier, dans l'Hérault (Occitanie). Leur lente gestion, et leur existence un peu chaotique, aurait débuté avant 1984 (…) pour s'arrêter en 1999. Ils ont cependant contribué à entretenir une tradition de la scène punk rock française. Des retrouvailles, en 2012 puis en 2014, leur ont donné envie de continuer… Bref, une histoire agitée faite de ruptures, de portes qui claquent et de coup de gueules, genre je-t'aime-moi-non-plus. C'est ainsi que je les ai découvert en 2018.

Actuellement, Olivier Téna (chant), est toujours accompagné d'Emmanuel "Manu" Larnaud qui a toutefois changé de pupitre (basse -ex batteur-). Ils sont désormais entourés de Patrice XX? (guitare, depuis 1996), Sébastien "Seb Lulu le Cévenol" Benoit (batterie, arrivé en 1998), et Ritchie "Buzz" XX? (guitare, depuis 2021).

Leur huitième album, "Grand Bombardement Tardif" est paru le 10 décembre 2021.

Bénéficiant d'une excellente sonorisation, ils m'ont confirmé encore aujourd'hui tout le bien que j'avais ressenti il y a déjà… sept ans à Clisson. Eh oui, d'ailleurs, ces gaillards, oubliant les parenthèses, affichent en fond de scène un valeureux gâteau d'anniversaire affichant leurs quarante ans d'existence, quand même !

Les textes parlent de quotidien, de distraction ; ils donnent envie de sourire. Ils sont exprimés avec une musique certes relativement binaire, qui pourrait paraitre un peu bourrin à mes oreilles formatées désormais aux sonorités plus complexes et subtiles du rock progressif …. Cependant, au moins à l'occasion de ce festival je prends avec plaisir la bonne humeur distillée par ces fanfarons occitans. "He, ho, let's go ! " comme dirait les Ramones !

Le public ne s'y trompe pas et en fosse ca pogote énergiquement mais avec bienveillance!

PROGRAMME

Titres à déterminer, mais entendu  "Du Rock'n'Roll dans ma Bagnole", " A Montpellier ", "Soleil de Plomb",  (Grand Bombardement Tardif, 2021), "Jouer Avec Le Feu " (3, 2, 1... Zero !, 1988), " Arrête d'aboyer" (Du goudron et des plumes, 1991), …. 


Que DIRTY FONZY [Eye Stage, 18h35] nous pardonne, nous nous accordons un temps de répit ; nous avons dû patienter en file d'attente pour acheter des jetons de consommation, avant de nous procurer une bonne bière désaltérante et impérative. En fond sonore, nous entendons sans autre regret qu'une curiosité non assouvie, ce groupe de punk rock français, mais anglophone. Nous savourons donc tranquillement notre bière, assis aux abords de la scène principale en vue de tenter l’aventure franco-espagnole.


IMPUREZA [Menn'Stage, 19h30-20h25]
http://www.impureza.eu/
https://impureza.bandcamp.com/album/alc-zares

Je ne connaissais absolument pas ce groupe.

BIO OFFICIELLE : "Fondé en 2004 à Orléans, né de l'idée de Lionel et Laurent, qui ont décidé de faire couler le sang espagnol avec la violence du death metal sur scène, Impureza a commencé à travailler sur son projet inhabituel mêlant guitares flamenco et fureur brutale. Influencé par Nile, Behemoth, Origin et la grande star du flamenco Paco De Lucia, Impureza s'inspire des événements de l'histoire espagnole, des conquêtes et des massacres. Préparez-vous à des chansons épiques, des riffs disciplinés et des rythmes explosifs dans une atmosphère sombre et suffocante."

À ce jour, trois démos ont été publiées : "Y Correra La Sangre" (2004), "Ruina De La Penitencia" (2006) et "En El Desierto De La Carencia" (2008). Son premier album complet, intitulé "La Iglesia Del Odio"  est paru le 14 avril 2010. A l'occasion de l'arrivée d'Esteban (ex-Como Muertos) au chant guttural et de Florian à la basse, le groupe sortira un tout mini-album deux titres, " El Nuevo Reino de los Ahorcados" le 11 novembre 2013. Bien qu'ils soient français, les textes d'Impureza sont en espagnol.

Le troisième album studio "Alcázares" paru le 11 juillet 2025.

Le groupe est officiellement présenté comme un quatuor, et pourtant c'est un quintuor qui se présente sur la scène. Il y a donc un second guitariste mystère… Bref, je ne peux donc identifier que Lionel Cano Muñoz (guitares), Esteban Martín (tous les chants gutturaux), Florian Saillard (basses), Guillermo Auge (batterie).

La sonorisation est puissante, mais il m'est difficile de la qualifier d'audible car, dans ce déluge de violences vocales et sonores, mes sens peinent à discerner ce qui relève de la basse ou de la batterie. La scène est joliment décorée pour donner des impressions hispanisantes, notamment  avec des plantes vertes, un châle brodé, et des guitares espagnoles posées sur leur support de crânes entassés. D'emblée, lorsque Esteban Martín, l'homme de Cro-Magnon vient nous haranguer du bord de sa scène, on comprend qu'ils ne sont pas venus cueillir des pâquerettes. On est loin d'une promenade champêtre et reposante ; "vous allez voir ce que vous allez voir, on est en colère", épicétou.

Bon, mon esprit abruti par tant d'agitation, parvient toutefois à surmonter ce maelström lorsqu'à deux occasions, une danseuse andalouse somptueusement vêtue, exécute une chorégraphie typique, en agitant avec fureur son emblématique éventail flamenco et sa robe.

Pour le reste, hormis quelques passages intéressants, je goute peu à cette atmosphère plutôt pesante. Bref, je m'astreins par principe à rester une bonne demi-heure pour tenter une immersion. Mais décidément, je ne trouve pas la Porte. Ma compagnie pas davantage. Sans attendre la fin, nous partons nous positionner à la scène annexe pour la suite très attendue des évènements… olé !

Issus de leurs trois albums, les cinq titres ont déferlé puissamment.

PROGRAMME
Bande son introductive : Verdiales

1.                  Bajo las tizonas de Toledo (Alcázares, 2025)
2.                  El gitano maldito (La Iglesia Del Odio, 2010)
3.                  Sangre para los dioses (La caída de Tonatiuh, 2017)
4.                  Leyenda negra (La caída de Tonatiuh, 2017)
5.                  Pestilencia (Alcázares, 2025). 



WALTARI [Eye Stage, 20h35-21h25].
https://www.waltariband.com/
https://www.youtube.com/@waltariofficial
https://www.facebook.com/waltariofficial
https://kartsy.net/waltari/

BIO OFFICIELLE : Waltari est la preuve vivante qu'un groupe de rock peut être inspiré indéfiniment sans pour autant stagner. Jusqu'à son dernier album studio, le groupe a toujours proposé une approche fraîche et variée du metal moderne.

Le chanteur et cerveau du groupe, Kärtsy Hatakka, résume ainsi la philosophie de Waltari : "Le rock est une attitude, une soif inextinguible de rester enjoué face à la vie, jusqu'à la fin ! C'est le monde dans lequel Waltari est né. Je trouve toujours cool de me maquiller et d'être un marginal. Notre objectif est de créer une musique qui épatera nos auditeurs."

Ainsi soit-il.

WALTARI est inclassable, certains voudraient les déterminer comme un groupe de "heavy metal" finlandais, formé en 1986 à Helsinki, par Kärtsy Hatakka. Mais en fait, c'est bien davantage ! C'est une surprenante combinaison de metal-funk-punk-reggae-trash-industriel-techno-hiphop-folk, avec un zeste de musique classique (Ecoutez donc le déstabilisant Yeah! Yeah! Die! Die! Death Metal Symphony In Deep C paru en 1996 ! ). Un univers recomposé, à partir de musiques apparemment hétérogènes mais qui devient une évidence jouissive sous la direction de ce farfelu Kärtsy Hatakka ! La voix de ce chanteur me rappelle souvent celle d'Ozzy ; la folie et l'irrévérence ainsi que le timbre de la voix des deux hommes sont similaires ! Une diversité musicale qui peut s'apprécier dans tous les albums, même certains tels que "Big Bang" (1995) ou "So Fine !" (1994), en sont la parfaite illustration. Après l'écoute de ces deux pépites, il faut aussi écouter trois chefs d'œuvres que sont "Rare Species" (2004), "Blood Sample" (2005), et "Below Zero" (2009) ! Bref, TOUS les opus constituent une source de perturbation mentale, qui secoue les neurones autant que les jambes.

Les textes écrits par Kärtsy Hatakka évoquent l'isolement, l'angoisse, le cynisme politique mais sont exprimés avec ironie et insolence… A cet égard, il convient de souligner que le nom du groupe fait référence à l'écrivain finlandais Mika Waltari, réputé pour l'éclectisme de ses thèmes. Notons enfin que "waltari" en finlandais signifie "homme fort" ; tout un programme, en fait !

Leur premier album, "Monk Punk" paru en 1991, montre déjà les prémices de leur carrière. Après quelques dix-huit albums, sans compter les éditions particulières produites aux cours des décennies (notamment les "Decade" 1, 2 et 3), l'album "Nations' Neurosis" est paru le 16 mai 2025.

Actuellement, Kärtsy Hatakka (57 ans, chant principal, basse, depuis 1986) est entouré de Ville Vehviläinen (batterie, depuis 2004), Eero Nykänen (guitare, depuis 2024), et Jakke Setälä (guitare, depuis 2024). Veli-Matti Kyllönen (claviers) semble avoir été recruté récemment. (Notons que les fidèles guitaristes Jariot Lehtinen (complice depuis 1986), et Sami Yli-Sirniö (depuis 1989) semblent avoir jeté l'éponge récemment.)

Ce groupe étant notre objectif principal, nous nous positionnons au deuxième rang, puisque des plus malins que nous sont déjà accrochés à la barrière… Car en effet, nous nous réjouissons déjà de constater de nombreux admirateurs arborant fièrement leur t-shirt. En discutant avec eux, je réalise que WALTARI est venu promouvoir ses meilleurs albums dans les années 90 tout près de mon domicile de l'époque ; à l'Arapaho le 13 mai 1994 et le 22 octobre 1995 à la salle Dunois, et encore à l'Arapaho le 13 mars 1996 ! Je connaissais ces salles, mais pas le groupe. Je fais pâle figure en attendant le début du concert…

Toujours farouchement épris de liberté artistique, Kärtsy déstabilise son auditeur d'emblée en choisissant d'introduire sa prestation avec "Murder Plot", un titre "indus" écrit par un musicien britannique Michael Kenney, dit Kordhell. Personnellement, je ne m'attendais pas à une telle audace, même connaissant le personnage ! J'ai été plus rassuré avec un rock franc et massif… Fort heureusement, immédiatement après résonnent les premiers accords d'une titre que je n'osais pas espérer ; "One Day" ! A partir de là la soirée décolle pour moi, ma p'tite Fée mon fils et d'ailleurs toute la fosse qui entre en ébullition totale !




La sonorisation s'avéra raisonnablement puissante, audible, même si certaines parties de guitare me parurent peu perceptibles.

Kärtsy demeure fidèle à son attitude excentrique et délurée, ce qui ne l'empêche pas de soigner les interprétations, tantôt au pupitre de la basse, tantôt au seul micro. La frappe déjantée et redoutable de Ville Vehviläinen garantit un rythme impitoyable. Veli-Matti Kyllönen s'implique comme un fou dans la gestion de ses claviers et au-delà en venant au-devant de la scène pour se confronter physiquement à ses complices, dans la joie et la bonne humeur ! Quant aux deux nouveaux guitaristes, ils semblent bien intégrés et ne laissent paraitre aucune difficulté à reproduire les accords de leurs prédécesseurs.

Tout est réjouissant, survolté, festif, et audacieux ! Kärtsy revendique et répète entre les titres sa volonté d'entretenir sa liberté artistique ; il assume pleinement ses transgressions.

Et de fait, les metallos se retrouvent à danser sur des rythmes improbables et délirants. Même ma P'tite Fée, d'habitude si sage (quoique), s'est laissée bousculer dans une pagaille indescriptible, puis s'est essayée au survol de la fosse !! Portée par des bras bienveillants, elle survola depuis le fond vers les autres bras des vaillants agents de sécurité… On est prêt à suivre Kärtsy dans toutes ses extravagances, tant il est sincèrement investi dans sa musique, dans sa mission de produire la fête. Lorsque WALTARI exprime du trash metal, les cheveux se balancent et les corps se contorsionnent. Lorsque WALTARI exprime du rock urbain, Kärtsy mime le corps raidi et désarticulé ad hoc. Comme en 2012 au Divan du Monde, il se fait porter en survol de la fosse, souriant et heureux comme un gosse ! Bref, il se donne à fond !

Parmi les audaces notables, j'en souligne deux.

La large reprise du très surprenant " Yeah! Yeah! Die !... " créé en 1996, qui a pu démontrer ce soir la complexité de l'œuvre, même si l'orchestre symphonique est remplacé par le synthétiseur (A noter aussi le saisissant "Evangelicum" (1999) pour lequel la chanteuse soprano d’opéra et de metal finlandaise Tarja Turunen, est invitée à chanter un solo dans le ballet rock de Waltari : Elle participe à dix représentations à guichets fermés dans le rôle d'un ange gardien à l'opéra national de Finlande).

Notons aussi l'interprétation "So Fine ! " qui était dépouillée de tout artifice sonore ; ce qui produit mon admiration, alors que d'autres auraient imposé une bande-son avec les voix folkloriques samis. J'ai toujours soutenu une production sincère des seuls musiciens sur scène. Me voilà donc satisfait. Cela dit, je conviens que ces voix résonnaient de mémoire dans ma tête, entretenant une légère frustration que seul un chœur sami aurait pu combler… Mais pour cela il nous faudra aller en Finlande pour assister à une telle représentation.

Les titres "Helsinki" et "Atmosfear" furent aussi de grands moments d'exaltation.

La fosse exulte et l'ovation finale est démonstratrice d'une énorme satisfaction.

Compte tenu du faible temps imparti, nous devrons nous contenter de dix titres extraits de sept albums parmi leur dense discographie, dont deux issus de "Nations' Neurosis" (2025), un de "So Fine ! " (1994), un de "Big Bang" (1995), un de "Blood Sample" (2009), un de "Global Rock" (2020), un de "Rare Species" (2004), un de "Yeah! Yeah! Die! Die! Death Metal Symphony in Deep C " (1996), et deux reprises (1980 et 2023). Hélas, aucun de "Below Zero" (2009).

PROGRAMME

  1. Murder Plot (Nations' Neurosis, 2025, reprise de Kordhell, 2023)
  2. One Day (Rare Species, 2004)
  3. Major Mistake (Nations' Neurosis, 2025)
  4. A Sign (Yeah! Yeah! Die! Die! Death Metal Symphony in Deep C, (1996)
  5. Helsinki (Blood Sample, 2009)
  6. Nature Rules (So Fine !, 1994)
  7. Atmosfear (Big Bang, 1995)
  8. Postrock (Global Rock, 2020)
  9. So Fine (So Fine !, 1994)
  10. A Forest (So Fine !, 1994, reprise de The Cure, 1980).

Après cette prestation étourdissante, nous sommes lessivés, épuisés, desséchés. Nous devons impérativement nous désaltérer d'une bonne bière et nous remettre de nos émotions et les partager avec d'autres festivaliers heureux. Nous nous plantons devant l'échoppe du groupe dans l'espoir de les rencontrer.

Nous nous procurons pour 15 € chacun, le CD du récent album " Nations' Neurosis ", ainsi que, plus surprenant, celui de " Torcha ! " ! Etonné de constater sa réédition, ce dernier était réputé épuisé depuis longtemps. Nous optons également pour le t-shirt à l'image de l'album promu (25 €).

Puis, l'attente est récompensée, la totalité du groupe apparait ! Tous accessibles et souriants ! Discussions, dédicaces et portraits s'imposent dans la bonne humeur. Des instants qui marqueront nos mémoires, assurément !


Le problème, après une prestation d'une telle densité émotive et physique, c'est que le reste risque fort de paraitre fade, insipide. Nous n'avons pas la force, ni la volonté d'assister au concert de ENSIFERUM (21h30) un groupe finlandais de folk métal, qu'en d'autres circonstances j'aurais volontiers apprécié.

Toutefois, un autre concert débute sur la scène annexe ; nous nous y rendons par curiosité…


NIGHTMARE [Eye Stage, 22h35-23h25].
https://www.facebook.com/nightmare.france

Ce groupe français fait partie de ces quelques artistes dont j'avais toujours entendu parler dans la mouvance du hardrock hexagonal des années 80. Mais le fait est que les circonstances n'avaient pas abouti à me focaliser sur lui. NIGHTMARE s'est pourtant formé dès 1979 à Grenoble. Influencé par la vague NWOBHM (New wave of British heavy metal), ils auraient pourtant été de nature à me séduire, à l'époque. Mais les aléas de leur existence (soutient financier inadéquat, tensions internes, soucis de santé…) ne leur ont pas permis de s'épanouir…

Un premier album, "Waiting for the Twilight" est paru en 1984. Les dissensions internes finissent par entraîner la dissolution du groupe en 1987. En 1999, une nouvelle mouture prend une nouvelle forme déjà bien différente de l'origine… Bref, je n'ai jamais eu l'occasion de voir, ni en concert, ni en festival… Ce soir cette lacune est comblée… Mais un peu tard…

NIGHTMARE semble tenu à bouts de bras par l'unique survivant de l'aventure, Yves Campion (basse, de 1979 à 1988, et depuis 1999). Il est désormais entouré de Franck Milleliri (guitare, depuis 2004), Matt Asselberghs (guitare, depuis 2012), Niels Quiais (batterie, depuis 2018), et enfin Barbara Mogore (chant, depuis 2022).

Un douzième album "Encrypted" est paru le 7 juin 2024.

La sonorisation demeure excellente, comme le reste de la journée. Le système d'éclairage permet de mettre en valeur les musiciens. Très bonne condition d'audition donc. Je patiente avec bienveillance et nostalgie. Pourtant, je ne trouverai jamais la Porte de cet univers un peu daté, malheureusement. Pourtant les musiciens sont appliqués et impliqués, ils ménagent leur chorégraphie et soignent leur partition. La chanteuse a beau y mettre toute sa bonne volonté et sa voix en alternance claire ou gutturale, je ne parviens pas à m'enthousiasmer. Il me manque une aspérité pour m'accrocher. Un relief que même les quelques rares soli ne révèlent pas. Dans les années 80, je pense que j'aurais trouvé cela fabuleux, mais maintenant tout cela me semble déjà entendu maintes fois. Honnêtement, je me suis m'ennuyé pendant cinquante minutes. Je leur souhaite de réussir à continuer de séduire, mais pour ma part, je suis passé à autre chose, tout simplement.

Fort heureusement, une bonne partie du public est là pour faire la fête quoi qu'il en soit et contribue à créer une belle ambiance. ……..

Titres à déterminer.
PROGRAMME 



CARPENTER BRUT [Menn'Stage, 23h30-00h30]
https://ensiferum.com/
https://www.youtube.com/@EnsiferumTV

Complètement méconnu de mon répertoire, Franck Hueso produit pourtant de la musique depuis 2012. Le style de sa production est étiqueté de mile qualificatifs dans lesquels je m'y perds, mais ce que j'entends ce soir, je le résume à de la techno. Il affiche deux albums à son répertoire, dont le deuxième " Leather Terror " est paru le 31 mars 2022. Le personnage semble médiatisé et reconnu, mais visiblement hors de mon cercle…

La sonorisation s'avère relativement puissante et prend aux tripes, comme il se doit.

Le monsieur se tient derrière un pupitre amovible contenant des synthétiseurs. Sur celle-ci, face au public se trouve un "Brutagram" le mystérieux logo de l'artiste, rouge et lumineux ("constitué de cinq nonagones irréguliers entrelacés, insérés dans un pentagone régulier convexe global").

De sa console, il extrait la majorité des sons. Il est pourtant entouré d'un guitariste et d'un batteur, dont je peine à distinguer le caractère indispensable. On entend certes le guitariste exprimer quelques accords… Dans une nébuleuse scénique, alternativement blafarde ou rougeâtre on distingue à peine les protagonistes, mais j'ai cru comprendre qu'il est accompagné par Adrien Grousset à la guitare (membre du groupe de metal Hacride) et Florent Marcadet à la batterie (également membre de Hacride et du groupe de rock progressif Klone).

En dépit de ma perplexité, je peux comprendre la fascination festive pour cette musique souvent hypnotique. Et moi-même je me suis surpris à me laisser emporter dans certaines séquences, qui me rappelaient celles que j'avais ressenties avec davantage d'entrain lors un concert de ULVER, un groupe de musique expérimentale norvégien.

Bon, je ne chercherai pas à me cacher derrière mon petit doigt, cet univers a eu vite fait de me saouler. J'ai patienté une bonne demi-heure avant de lever le camp avec le reste de notre équipage, qui n'en pensait pas moins finalement, même si chacun a pris sa part de plaisir plus ou moins intense.

Titres à déterminer.
PROGRAMME 


Parmi quelques autres festivaliers également désabusés, nous retrouvons notre véhicule, avant de reprendre une route du retour de trois quart d'heures nocturnes. Grâce à ce festival, qui n'était pas prévu sur notre prévisionnel annuel, nous avons assisté à un concert de WALTARI, tout va bien !