Neal MORSE seul a accompagné THE FLOWER KINGS sur deux
étapes en Suède fin mai 2025, puis une tournée européenne s'est engagée le 4
juin, où Neal MORSE a été rejoint par son groupe THE RESONANCE pour onze dates en double affiche. Cette
tournée a prévu une escale au Trianon, Paris, unique étape française.
J'ai néanmoins tardé à me décider pour cette soirée ;
à 15h je n'avais pas encore acquis son ticket ! J'apprécie pourtant tous les
musiciens de cette affiche. De surcroit, je n'avais vu THE FLOWER KINGS qu'à
trois occasions mais toujours en festivals (Midsummer 2019, Night of the Prog 2024,
et Midwinter 2025). J'arrive sur le site peu après l'ouverture des portes 18h30.
La salle étant intégralement configurée en places assises, j'avais opté pour un
fauteuil I22, plutôt bien positionné au neuvième rang, en légère diagonale sur
la droite, en regardant la scène.
THE
FLOWER KINGS [19h30-20h30]
Ce quintet suédois perdure depuis sa création en 1994 à Uppsala, Suède, en
dépit d'un hiatus de quatre années, entre 2008 et 2012. Pour l'anecdote, ce nom
est un hommage au botaniste suédois Carl Linnaeus (alias Carl von Linné), le
père de la taxonomie moderne, qui est né non loin de l'endroit où Stolt a grandi.
"C'est lui qui a donné des noms aux
fleurs", a déclaré M. Stolt. Leur premier
album "Back in the World of Adventures"
est paru en septembre 1995. Parmi les changements de personnel, notons qu'en 1999,
Michael Stolt a quitté le groupe et
est remplacé par Jonas Reingold… Jusqu'au mouvement inverse en 2021.
Nous retrouvons ainsi ce soir : Roine Stolt (chant et guitare solo, depuis
1994), Hasse Fröberg (chant et
guitare, depuis 1994), Michael Stolt
(basse et Moog, de 1994 à 1999, et depuis 2021), Mirko DeMaio (batterie et percussions, depuis 2018), Lalle Larsson (claviers, depuis 2023).
Leur dix-septième
opus studio "Love" est paru
le 2 mai 2025.
La sonorisation s'avère très bonne. Mais l'éclairage
me parait indigne, sans couleur, blafard et mal orienté, laissant trop souvent les
musiciens dans l'ombre.
La prestation ne me déçoit pas, conforme à mes
précédentes impressions sur le groupe. Je ne suis pas un fervent admirateur de leur
musique, je suis juste admiratif du talent des artistes. Roine et Hasse ont des
voix complémentaires, justes et douces, idéales pour leur conception d'un rock
progressif romantique et dont les mélodies sont entrecoupées de fantaisies
inhérentes au genre. Si le style ne m'emporte pas aussi loin que Transatlantic
(que je vénère), je n'en demeure pas moins sensible à la parenté indéniable. Je
peinerais bien à expliquer pourquoi je n'adhère pas totalement à leur jeu ;
question de sensibilité, on dira. Mon commentaire exprimé en 2019 demeure et le
rappelle donc sans contradiction : "Leur
rock progressif m'a toujours paru un peu difficile d'accès. Un style plus
proche de Yes voire de King Crimson par la complexité des harmonies, avec peu
ou pas de mélodie émergeante. J'écoute donc parfois cette musique comme un
mélomane curieux, empreint de davantage d'admiration respectueuse que de réel
ravissement".
Paradoxalement, alors que leurs titres s'étirent souvent
dans la durée, celle de leurs concerts me semblent souffrir du contexte ou de soucis
techniques inopinés, leurs prestations m'ont toujours paru courtes ; soixante-quinze
minutes en 2019, soixante-dix minutes en 2025, encore un peu moins en 2024. Ce
soir, ils ne jouent que soixante minutes, afin sans doute de partager
équitablement la scène avec Neal Morse.
A l'instar du public, même quelque peu frustré, j'ovationne
fortement les Vikings pour une prestation sans faille ni mauvais goût. Avant de
quitter la scène, Roine nous promet une suite de soirée émouvantes, mais les
plus curieux auront pu consulter la nature de cet engament en ayant consulté
les programmes de la tournée…
THE FLOWER KINGS nous aura accordé une évocation de quatre albums avec sixtitres, dont trois
issus de "Love", un
de "The Rainmaker", un
de "Back in the World of Adventures"
et un de "Look at You Now". Nota bene : privilégié, le public batave de Tilburg, a
eu le droit la veille d'assister à l'interprétation d'un titre supplémentaire,
"The Elder" (Love2025).
PROGRAMME 1.We Claim the Moon (Love2025) [introduit aux percussions par
Hasse] 2.How Can You Leave
Us Now!? (Love2025) 3.Considerations (Love,2025) [Michael Stolt au chant] 4.Last Minute on Earth (The Rainmaker, 2001) Piano Solo ((Lasse Larsson) 5.Big Puzzle (Back in the World of Adventures, 1995) 6.The Dream, (Look
at You Now, 2023).
NEAL
MORSE & THE RESONANCE [20h55-22h05-22h10-22h15+].
Neal Morse est un chanteur, musicien et compositeur
américain, né le 2 août 1960 (Van Nuys, Californie, États-Unis). Après avoir d'abord
brièvement orienté ses jeunes ambitions sur la scène pop, il s'est heureusement
tourné vers notre rock progressif. Avec son frère Alan, ils fondèrent SPOCK'S
BEARD en 1992, qui a bénéficié d'une honorable reconnaissance. Pourtant, l'artiste
insatiable s'est ensuite engagé sur moult participations ; les plus notables
étant TRANSATLANTIC, FLYING COLORS, et NEAL MORSE BAND. Personnellement, je n'ai
pu voir Neal qu'à deux reprises ; le vendredi 7 avril 2000 alors que Spock's Beard était invité de Dream Theater
au Zénith de Paris. Puis parmi Transatlantic, le jeudi 28 juillet 2022 à l'Olympia.
Après un premier
album en solo paru le 5 octobre 1999,
son trente-troisième album "No Hill For A Climber" est paru le 8 novembre 2024 ; Neal Morse est l'un
des artistes de rock progressif les plus prolifiques de nos jours.
Neal Morse (chant / Guitares / Claviers) est entouré ce soir de cinq musiciens ; j'ai distingué Andre Madatian (guitares, chœurs), Johnny Bisaha (chant, guitare). Ils sont accompagnés pour cette tournée de CJ Fiandra (basse, chant et chœurs), Andrew Delph (batterie) et Nathan Girard (clavier, guitare, chœurs et percussion).
La sonorisation est demeurée excellente, limpide et
modérément puissante. En revanche, le choix d'éclairage ne m'a pas paru à la
hauteur du spectacle ; aucune couleur, des faisceaux blancs blafards aux
teintes jaunâtres ou légèrement bleutées laissant les musiciens quasi
constamment dans l'ombre.
A la différence de la première partie de soirée, cette prestation emporte mon enthousiasme très rapidement, grâce des mélodies puissantes et inspirées. Je ne cache pas mon admiration à l’égard de Neal pour son talent individuel de multi instrumentiste. On le sait très porté sur la spiritualité, et cela s'entend, cela se ressent dans toute son interprétation. Il est capable d'exprimer une réelle adresse aux claviers autant qu'aux guitares, ainsi que vocalement. Sa voix exprime la sensibilité, la conviction et l'émotion avec justesse. De surcroit, cet artiste sait s'entourer d'excellence, loin de s'accaparer toute la gloire, il laisse ses complices s'exprimer. Ils sont six sur la scène, mais ce sont quatre chanteurs de très haut niveau, quatre guitaristes, deux claviers qui se dédoublent alternativement, soutenu ardemment par le batteur et le bassiste. Ce groupe est récemment assemblé et pourtant les imperfections de cohésion sont rares et négligeables. D'une richesse harmonique inouïe, tout est exécuté avec nuance et finesse, d'une subtilité, d'une puissance mesurée et toujours mélodique.
Leur audace à reprendre le répertoire de TRANSATLANTIC a ravi les mélophiles qui attendaient ardemment cette séquence ! De fait, Roine Stolt et Neal Morse, étant sur une même tournée, nous aurions été frustrés que les deux ex-complices ne profitent pas de l'occasion pour nous rappeler quelques extraits (Surtout qu'à Londres, le 4 juin, ce fut même l'occasion d'accueillir Pete Trewavas !…).
Ce matin encore j'hésitais à venir ; ce soir je serais prêt à revenir dès demain ! Une énorme sensation. Voilà donc un bel imprévu et je me dois de remercier ceux de mes amis qui m'ont influencé !
L'auditoire exulte de satisfaction ! Nous baignons dans le bonheur ! Les deux derniers titres sont joués devant un parterre debout et particulièrement enthousiaste.
Légitiment, quatre des six titres interprétés
sont issus de l'album récemment paru. Nota bene : "Wind
at My Back" (reprise de Spock’s Beard) n'a pas été interprété, à la
différence de précédentes étapes de la tournée.
PROGRAMME Bande son introductive 1.Eternity in Your
Eyes (No Hill For A Climber,2024) 2.Thief (No Hill For A Climber,2024) 3.Ever Interceding
(No Hill For A Climber,2024) 4.No Hill for a
Climber (Intro from tape) (No Hill For A
Climber,2024) 5.Stranger in Your Soul (reprise de Transatlantic, Bridge Across
Forever (2001), parties I : Sleeping Wide Awake & VI : Stranger in Your
Soul). RAPPEL : 6.Bridge Across
Forever (reprise de Transatlantic,
en duo acoustique entre Neal et Roine).
L'échoppe m'aura permis de saisir une belle édition
spéciale de "No Hill For A Climber"
en CD, moyennant 20 €. Les t-shirts, sans dates ne m'inspirent pas.
Cette belle soirée de rock progressif a été l'occasion
de rassembler une bonne partie de notre microcosme d'amis, dont certains, Yann,
Hervé, Chantal et Catherine, m'accompagnent pour un verre à la terrasse de la
brasserie voisine. Nous en fûmes bien inspirés. On assiste ainsi au chargement
des bus qui se préparent déjà à la date suivante. Néanmoins, les musiciens se montrent
accessibles. A tel point que Monsieur Neal Morse, très détendu, aimable et
souriant, s'assoit à la table à côté de la nôtre pour prendre le temps de
répondre aux nombreuses sollicitations. J'en profite sans aucun scrupule pour
obtenir un sympathique portrait ! Quoi d'autre ? Je pense qu'avec un peu plus
vigueur, j'aurais pu me rapprocher aussi de Roine. Mais bon, je suis déjà dans
le bonheur, profitant du temps présent, entre gens de bonne compagnie…
Cet auteur, interprète, multi-instrumentiste, né le 3
novembre 1967, est reconnu également pour sa compétence dans l'optimisation les
sons. Il a même revalorisé les enregistrements des artistes qui l'ont influencé
! Sa propension à l'aventure artistique déstabilise ses auditeurs ; son
éclectisme peut parfois surprendre. Il prospecte les sphères aussi variées que
le psychédélisme avant-gardiste, le rock progressif, il s’autorise des
incursions dans le post-punk, l'électro ou le metal, il ose même (ô sacrilège !) la pop ! Et pourtant,
c'est toujours le même homme qui s'investit dans des projets aussi divers que PORCUPINE TREE, BLACKFIELD, NO-MAN, I.E.M., BASS COMMUNION, STORM CORROSION,
celui qui prodigue son expertise auprès de MARILLION, OPETH, Anja GARBAREK,…
celui qui remixe des œuvres légendaires de KING CRIMSON, YES, RUSH, THE WHO,
GENTLE GIANT, … Bref, il revendique et assume un choix délibéré pour sa Liberté
artistique. Cet autodidacte touche-à-tout, formé par un papa ingénieur en
électronique et bricolo du son, a été maintes fois récompensé par des prix,
mais surtout par la reconnaissance d'un nombre croissant de sagaces mélophiles.
Il continue ainsi de mener une brillante carrière solo depuis plus de quinze
ans, en affutant sans cesse son talent entretenu par la Curiosité.
Depuis une dizaine d'année, cette notoriété
grandissante et méritée l'éloigne hélas de sa base d'admirateurs, et il perd
désormais de son accessibilité. Mais il demeure dans mon Panthéon des artistes
contemporains. Je confesse volontiers avoir trop tardé à m'accrocher aux wagons
de ses admirateurs, puisque je n'ai entamé cette addiction que vers 2003/04… Le
pire, c'est qu'avant la Révélation, il passait en concert dans des petites
salles, parfois juste à côté de chez moi !
La dernière prestation parisienne de sa formation en
solo date du 7 juillet 2018, à l'Olympia. Un concours de
circonstances a entretenu ces sept années d'attente. D'abord, la Pandémie avait
empêché la promotion de son album "Future
Bites", paru le 29 janvier 2021. Puis, Steven avait estimé opportun de
reconstituer, après douze années d'abandon, une nouvelle mouture de PORCUPINE TREE. Le
onzième album studio "Closure /
Continuation", est ainsi paru le 24 juin 2022. Ensuite, la tournée ad hoc
s'est étalée sur 2022 et 2023. Cependant, il avait prévenu que cette
reconstitution ne constituerait qu'une parenthèse. D'ailleurs, il semble avoir
recentré ses activités ; PORCUPINE TREE, BLACKFIELD et NO-MAN ainsi que STORM
CORROSION, pourtant très appréciés, semblent mis de côté, sinon enterrés…
Le revoilà donc avec un appétit redoublé, puisqu'après
un septième album "The Harmony Codex"
paru le 29 septembre 2023 sans tournée promotionnelle, le huitième
"The Overview", est paru ce
14 mars 2025. Sa tournée printanière prévoit trente-et-une dates et visite ainsi onze pays européens ; elle a débuté le 1er mai à
Stockholm (Suède) et s'arrêtera le 13 juin à Madrid. La France peut se flatter
de l'intérêt de l'artiste anglais. Parmi les heureuses cités élues, notons que
si Londres accueillera quatre dates, Paris en accueillera trois ! Ensuite, une
tournée d'automne débutera le 10 septembre à San Francisco (Etats-Unis) et se
terminera le 17 novembre à Brisbane (Australie).
Pour établir notre plan de campagne, nous demeurons d'humbles
et raisonnables mélomanes ; nous limitons les étapes ; ce sera donc un treizième
concert à Bruxelles, avant ceux de Paris. Pourtant, Lyon et Londres nous auraient
bien tentés aussi, mais bon, je l'ai dit, nous sommes sages…
Steven Wilson est déjà venu fréquemment en Belgique ;
Ancienne Belgique en 2012, 2016 et 2018, Cirque Royal en 2019.Mais aussi à Anvers en 2013 et 2015, ou encore au
festival Rock Werchter en 2018.
La logistique pour nous rendre à Bruxelles (trajet en Flixbus, hôtel) représente un coût
relativement négligeable, ce qui nous porte à regretter de ne pas le faire plus
souvent…
CIRQUE
ROYAL (BRUXELLES, BELGIQUE) – LE MERCREDI 7 MAI 2025.
Cette salle constitue une belle découverte pour nous.
Nous apprenons que le Cirque Royal de Bruxelles a été inauguré en 1878. Ce site
était alors l'unique cirque permanent de Bruxelles. Depuis les années 1950, il
accueille des concerts et des ballets. La salle, propriété de la ville de
Bruxelles, a subi en 2018 une profonde rénovation. D'une capacité d'accueil de 2 000 places (debout en fosse et
rangées de fauteuils), sa gestion est confiée à Denis Gérardy. Pour davantage de précisions : https://www.cirque-royal-bruxelles.be/les-salles
Nous avions acquis nos tickets dès le 8 juillet 2024,
pour ce soir moyennant 45,78 € avec
accès en fosse. A titre de comparaison,
les tickets pour le concert du 24 mai prochain qui se tiendra à la Salle
Pleyel, oscillent dans une fourchette entre 57 €, pour les moins bien
lotis, et 140 € pour les plus fortunés.
Les portes s'ouvrent à 19h, comme prévu.
LE
CONCERT [19h45-20h30 / 20h50-22h15].
Avec ma P'tite Fée et nos deux amis bruxellois, nous
prenons place à proximité de la scène sur son côté gauche (en la regardant), dans les tout premiers rangs. Nous sommes ainsi
face aux pupitres de la batterie et de la basse.
Sur la scène, qui baigne encore dans la pénombre
bleutée, l'apparition des ombres des musiciens annoncent le début des émotions.
On retrouve ainsi les fidèles de la première heure, Nick Beggs à la basse, et Adam Holzmann
aux claviers, mais aussi Craig Blundell
à la batterie. Le p'tit nouveau, c'est Randy Mcstine à la guitare ; pas si nouveau que cela puisqu'il avait déjà
été recruté par Steven pour la récente tournée (2022/23) de PORCUPINE TREE.
Le concert débute avec ponctualité et dans un silence
respectueux général. Le programme s'ouvre par l'interprétation intégrale du
récent album, c’est-à-dire les deux
titres de "The Overview".
Le silence attentif du public permet dès les premières notes musicales de
jauger l'excellente qualité acoustique de la salle.
Le chant en fausset de Steven introduit une expérience
audiovisuelle basée sur le thème de l'Espace qui est initié sur son album
"The Overview". Le surdoué
est réputé pour son habileté à emporter le bienheureux auditeur dans une autre
dimension que celle de son quotidien. Avec les deux titres de son opus, l'acte I n'a aucun mal à confirmer cette capacité.
Durant quelques minutes l'éclairage demeure sombre mais il s'éclaire avec
subtilité pour mettre en valeur les différents intervenants. Difficile
cependant d'en saisir une mémoire photographique, mais de toutes façons nous avions
été avertis de nous abstenir de l'usage d'appareils.
En fond de scène, un large écran entretient cette
atmosphère par des imagescaptivantes qui
illustrent, dans une douce folie psychédélique, les tourments chantés. "The Overview" est en effet accompagné d’un long-métrage, réalisé
par Miles Skarin, une expérience
audiovisuelle de quarante-deux minutes dans l'obscurité infinie de l'espace.
Pour mémoire, Miles Skarin est un réalisateur et producteur de vidéos musicales
et de films, au sein du studio de créations Crystal Spotlight
(GAZPACHO, HAKEN, DREAM THEATER, LEPROUS, PAIN of SALVATION, …) qu'il a cofondé
avec son frère Rob Skarin. Il y combine sa passion pour la musique et les
effets visuels, afin de créer des mondes
numériques entiers et d'y raconter des histoires. Il en fait une captivante
démonstration de son activité ce soir. Pour davantage de précisions : https://crystalspotlight.com/clients/
L'auditeur est donc ici en immersion complète, en
conditions optimales pour apprécier cette œuvre en deux volets, d'une grande
densité émotionnelle. Dans cette salle obscure et parfaitement sonorisée, elle
prend toute sa dimension, ce qui nous permettra d'encore mieux appréhender l'album
ultérieurement. Fidèle à sa démarche musicale, l'ensemble audiovisuel emmène
son auditoire dans un univers contrasté, alternant rythmes variés, mélodies
enjouées ou angoissantes. Pour ma part, j'apprécie ce mariage de l'image et du son ; ma P'tite Fée estime que l'image à
trop tendance à accaparer le regard et l'attention, aux dépens des musiciens.
Il s'agit d'une perception personnelle que chacun vit à sa manière… Le concept "The Overview" démontre en deux phases une magistrale synthèse
des styles musicaux, dont Steven s'est déjà montré capable ; on y entend du
prog jazzy, de l'atmosphérique éthéré, du metal et de l'électro. Les musiciens se
placent et se retirent en fonction de leur utilité ; Nick et Craig ont quelques
segments en retrait, au profit des boites à rythmes électroniques et des synthétiseurs.
On ne peut rester insensible aux messages transmis par
les images de ce diptyque ; un premier volet de 23 minutes exprime avec poésie
et réalisme la surexploitation des richesses de la planète, le mépris de la vie
terrestre, la vulnérabilité de notre Terre dans cette immensité cosmique. Un
second volet de 18 minutes insiste davantage sur l'insignifiance de notre
planète dans ce cosmos infini. Au passage, j'aurai pris conscience de quelque
notions de mesures vertigineuses de distances intergalactiques : le mégamètre
(106), le gigamètre (109), le téramètre (1012),
le pétamètre (1018), le zéttamètre (1021), le yottamètre
(1027), ect… On traverse les constellations tels que Polaris,
Sirius, Altair, Vega, Andromède, … des noms qui effraient et font rêver tout à
la fois … Puis, en final, dans un monde dévasté en noir et blanc, une brindille
d'espoir… Il me semble compliqué de capter tous ces messages en même temps que
l'écoute et le regard de la scène ; en tous cas, moi je redécouvre le film chez
moi.
L'acte II
décline également ces variations d'atmosphères, mais en évoquant sa discographie
; il y propose onze autres titres issus de ses sept autres albums parus en solo
entre 2008 et 2023, ainsi qu'un titre issu de son mini album " 4 ½ " et un autre de "The Sky Moves Sideways", Porcupine
Tree (1995). Steven l'admettra lors d'un de ses commentaires, le choix de
titres peut faire débat, comme d'habitude. Mais c'est le sien. Soulignons
toutefois que le surprenant album "The
Future Bites" aura fait définitivement les frais de la Pandémie,
puisque peu évoqué ce soir…
Personnellement, ce programme me convient très bien ;
la reprise de "Luminol" est
une divine surprise. Allons, je me laisse cependant aller à une petite frustration
par rapport au public de Stockholm ; il a eu droit à "Remainder the Black Dog" qui a finalement été remplacé ici par
le non moins magnifique "Impossible
Tightrope". Les deux titres sont excellents, mais j'aurais apprécié
les deux, en fait … Toutefois, la cuvée 2011 n'a pas été manquée puisque "No Part of Me" a été superbement
interprété. J'adore ce titre avec sa première phase calme avant de se durcir puissamment.
Le professionnalisme, l'efficacité des musiciens qui
entourent Steven n'est pas une surprise, car on connait l'exigence du Monsieur.
Nonobstant, j'étais bien placé pour observer les regards de Steven sur Craig
dont les frappes subtiles et millimétrées m'ont semblé particulièrement surveillées.
Nick me semble plus sobre, moins farfelu que durant la précédente décennie,
mais son jeu est toujours aussi sensible et perspicace. Adam demeure discret
derrière son clavier mais on le devine studieux et concentré sur ses partitions
souvent complexes. Quant à l'Américain du groupe, Randy semble à l'aise sur un
pupitre qui fut pourtant occupé de très augustes prédécesseurs tel que Monsieur
Guthrie Govan. A cet égard, je m'inquiétais en particulier de l'interprétation
de "Ancestral" avec des sublimes
soli, mais l'ensemble n'a pas été maltraité ; Randy exécute sa partition et ses
soli avec conformité et application.
"Vermillioncore"
permet à Steven d'exprimer une pointe de metal lourd, propice à un déboitement
des nuques (en particulier la mienne !).
Le public belge, musicophile avisé, ovationne
ardemment Monsieur Wilson comme il le mérite. Les marques de reconnaissances
sont relativement rapides ; pas d'effusion excessive, l'Anglais se montre
conforme à sa retenue habituelle, mais on lit toutefois sur son visage la
satisfaction d'une mission bien accomplie.
Je m'attarde peu à l'échoppe, avec une réelle
déception ; le prétendu t-shirt de la tournée présente un recto plutôt joli,
mais un dos d'une neutralité navrante, sans aucune date de la tournée. C'est
pour moi rédhibitoire et donc l'occasion d'économiser quarante euros.
Les treize
titres de ce programme sont extraits de dix
albums, dont deux issus de "The
Overview", trois de "The
Harmony Codex", un de "The
Raven That Refused to Sing", un de "The Future Bites", un de "To the Bone", un de "Hand. Cannot. Erase.", un de"Grace for Drowning",
un de "Insurgentes",
un de "4 ½" et une
reprise de Porcupine Tree, "The Sky
Moves Sideways".
PROGRAMME
DE BRUXELLES, 7/5
ACTE 1 : The
Overview (2025)
Objects Outlive
Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects:
Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the
Moor ; Heat Death of the Universe ;
The Overview : Perspective
; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ;
Infinity Measured In Moments ; Permanence.
ACTE 2:
The Harmony
Codex (The Harmony Codex, 2023)
King Ghost (The Future Bites, 2021)
Luminol (The Raven That Refused to Sing, 2013)
What Life
Brings (The Harmony Codex, 2023)
No Part of Me (Grace for Drowning, 2011)
Dislocated Day
(The Sky Moves Sideways, Porcupine
Tree, 1995)
Impossible
Tightrope (The Harmony Codex, 2023)
Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
Vermillioncore (4 ½, 2016).
RAPPEL :
Pariah (To
the Bone, 2017)
Ancestral (Hand.
Cannot. Erase., 2015).
SALLE
PLEYEL (PARIS, 8EME) – LE SAMEDI 24 MAI 2025.
La capacité d'accueil de la salle Pleyel en
configuration intégralement fauteuils, est de deux mille trente. Premier pari gagné ; très peu de fauteuil sont
demeurés vides, ce premier soir. Parmi le public, je retrouve, outre mes deux
fils et ma P'tite Fée, des amis de notre microcosme ainsi que quelques
coforumeurs de Chemical Harvest (un site qui a largement contribué à m'instruire
de l'Univers de Wilson).
LE
CONCERT [20h10-20h50 / 21h13-22h28 / 22h30-22h54].
Le 8 juillet 2024, nous avions estimé astucieux
d'opter pour des fauteuils situés en "parterre haut pair/ZB04",
notamment afin d'étaler les dépenses sur deux jours avec Bruxelles. Un
emplacement jugé raisonnable puisque facturés 74 € la place ; nous étions bien
en dessous des maximums (140, 107, 90 €) et au-dessus du minimum (57 €). Pourtant,
nous voilà assis dos au mur et sous le
balcon, ce qui est loin d'une position idéale.
Mais, alors que nous prenions cet emplacement avec
philosophie (après tout, nous étions aux
premiers rangs à Bruxelles !), nous allions subir une de nos pires expériences auditives en concert !! Dès le début,
j'ai ressenti avec réserve cette frustrante sensation d'entendre un son comme
sorti d'une boite, un son clair et distinct, mais sans cette immersion que je
recherche en concert. Pourtant, même cette impression mitigée, qui résultait de
l'encaissement de notre emplacement,
aurait pu encore me satisfaire. Le pire, c'est cette maudite enceinte acoustique,
placée sur la droite de notre rangée, qui était censée nous délivrer les effets
spatiaux (échos, chœur). Celle-ci a en fait fréquemment hurlé par intermittence
des sons hyperpuissants, et parfois même décalés et donc insupportables. Avec
nos voisins d'infortune nous sursautions à chaque dérive sonore. Un calvaire qui nous a pourri le plaisir
durant une grande partie du concert. Nous avons bien signalé cet inconfort (doux euphémisme) au personnel de salle,
qui a prétendu faire le nécessaire. Mais après l'entracte, nous retrouvions le
même supplice ! Il aura fallu toute
ma bienveillance pour pouvoir me recadrer durant les (trop courtes) séquences
de sonorisation apaisée.
Cette déconvenue fut d'autant plus désespérante
qu'elle était forcément incomprise des autres auditeurs placés ailleurs et que
nous avons consultés ensuite. Certains auront souffert de leur position,
d'autres non. Fort heureusement, mes deux fils étaient bien mieux placés que
nous, à proximité de la scène, et m'ont assuré avoir pleinement apprécié le
concert… Toujours cette question d'emplacement lié surtout aux moyens de son
acquéreur ; malheur aux grouillots !
Mais bon, il serait injuste de résumer mes sensations
à ce malheureux concours de circonstances, car je veux croire que Steven, cet
authentique maniaque notoire du son, n'y est pour rien. Son ingénieur du son quant
à lui, a probablement dû gérer le matériel du site, manifestement défaillant.
Notre emplacement nous a au moins permis d'apprécier
le ballet d'images et de sons, avec un recul qui aurait pu être pleinement
satisfaisant car tout était harmonieusement pesé.
J'avais consulté les programmes des concerts du début
de la tournée, et je m'attendais assister à une soirée sans grande surprise.
Mais, bon quand même ; je ne pouvais m'empêcher d'espérer un p'tit effort, à la
hauteur de celui dont a bénéficié Londres il y a quelques jours… D'ailleurs, durant
l'entracte nous échangions encore sur ce sujet entre mélomanes. Mon espoir a
soudainement pris forme lorsque le Steven s'est mis à parler des débuts de PORCUPINE TREE,
remontant à plus de trente-cinq années.
Je crois halluciner lorsque les premières notes de "Voyage 34" retentissent ; ce titre n'avait
plus été joué depuis plus de deux décennies. De mémoire de vieux admirateurs,
il semblerait même que Paris n'ait plus résonné avec, depuis le 16 octobre 1999
à Paris, Club Dunois (13e ardt). Délicieux mouvements floydiens,
avec ses soli stratosphériques et ses étourdissants ostinati à la basse. Fort
heureusement, "Voyage 34", enchaîné
avec "Dislocated Day" ne
sont pas soumis au dictat d'une interprétation minutée par la diffusion du film
sur l'écran mural. Quelques lenteurs et facéties bienvenues ont redonné aux
auditeurs ces délicieuses sensations de Liberté qui ont trop tendances à disparaitre
sur les scènes modernes.
Le public ne s'y est pas trompé ; une ovation debout,
longue et bruyante, impose à Steven d'attendre avant de poursuivre son
programme !
Faisant (plus ou
moins) fi du désagrément majeur sus évoqué, j'ai néanmoins décidé de conserver
un souvenir positif de cette soirée. Ne fut-ce que pour le principe de revoir cette
formation à Paris, mais aussi pour l'interprétation du titre de 1992, tant
espéré. Et puis c'est toujours un bonheur de retrouver une partie de notre
microcosme et d'échanger nos impressions passionnées. Ça change du milieu
professionnel, qui demeure hélas bien trop hermétique à nos plaisirs.
Steven indique que ceux qui participeront aux trois
dates parisiennes auront droit à quelques évolutions du programme. Très judicieuse
décision.
Les treize
titres sont extraits de neuf albums,
dont deux issus de "The
Overview", trois de "The
Harmony Codex", deux de "The Raven That Refused to Sing", un de "Hand. Cannot. Erase.", un de
"The Future Bites", un
de "Insurgentes", un
de "4 ½" et deux
reprises de Porcupine Tree "The Sky
Moves Sideways" et "Voyage
34".
PROGRAMME DE PLEYEL, 24/5
ACTE 1 : The
Overview (2025)
Objects
Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects:
Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the
Moor ; Heat Death of the Universe ;
The Overview : Perspective
; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ;
Infinity Measured In Moments ; Permanence.
ACTE 2:
The Harmony
Codex (The Harmony Codex, 2023)
King Ghost (The Future Bites, 2021)
Luminol (The Raven That Refused to Sing, 2013)
What Life
Brings (The Harmony Codex, 2023)
Voyage 34 -
Phase I (Porcupine Tree, 1992)
Dislocated Day
(The Sky Moves Sideways,
Porcupine Tree, 1995)
Impossible Tightrope
(The Harmony Codex, 2023)
Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
Vermillioncore (4 ½, 2016).
RAPPEL :
Ancestral (Hand.
Cannot. Erase., 2015)
The Raven That
Refused to Sing (The Raven That
Refused to Sing, 2013).
L'échoppe ne me séduit pas
davantage qu'à Bruxelles, et c'est tant mieux.
DROIT DE REPONSE DE LA SALLE PLEYEL. Tout d’abord, merci d’avoir pris le temps de nous
écrire, et veuillez nous excuser pour ce délai de réponse. Nous sommes sincèrement
désolés d’apprendre que votre expérience à la Salle Pleyel ait été compromise
par des problèmes de sonorisation. Nous comprenons pleinement votre déception,
d’autant plus lorsque l’on connaît l’exigence artistique et technique d’un artiste
tel que Steven Wilson. Concernant les enceintes
situées en haut du parterre pair, elles ont effectivement été installées de
manière exceptionnelle, à la demande du producteur et de l’artiste lui-même,
dans le cadre de la scénographie spécifique à ce concert. Ces choix techniques
ne relèvent donc pas de notre initiative, mais bien de celle de l’équipe de
production, à laquelle l’entière régie son et lumière est confiée. En tant que salle d’accueil,
nous ne prenons pas de décisions sur les aspects artistiques ou techniques du
spectacle (setlist, scénographie, installation sonore...), mais nous faisons
systématiquement remonter ce type de retour aux équipes concernées, afin qu’ils
puissent en tenir compte pour les futures représentations. Nous vous remercions malgré
tout pour votre fidélité à notre auditorium, et espérons avoir le plaisir de
vous accueillir prochainement dans de meilleures conditions. Bien cordialement, L’équipe
de la Salle Pleyel
SALLE
PLEYEL (PARIS, 8EME) – LE DIMANCHE 25 MAI 2025.
Cet évènement m'apporte une nouvelle preuve qu'être
père apporte souvent son lot de bonheurs. Mon fils ainé a le don pour trouver
des opportunités de rachats de tickets auprès des mélophiles malheureux. Le
malheur des uns fait souvent le bonheur des autres ; la perspicacité de Samuel
a soulagé l'embarras d'un acquéreur vendéen, qui avait été abandonné par un
complice empêché, et il m'a ravi par la même occasion !
Alors que j'ai renoncé à une soirée calme
intermédiaire (avant celle de demain), mon seul regret aura été de ne pas être
accompagné de ma Douce, qui est empêchée par d'augustes obligations…
Me voilà ainsi, de manière tout à fait inattendue, installé
en catégorie diamant (parterre bas, pair/AA02), moyennant 80 € eu lieu de 140 ! Je me retrouve
donc assis au pied de Maître, en tout premier rang, tel un roi avec son
ménestrel. Je suis comme dans mon salon, jambes étendues, le confort visuel et auditif s'avèrera absolument
parfait ! Chaque pupitre est audible et toutes les nuances perceptibles. C'est
tout simplement le jour et la nuit en comparaison avec la veille !!!
Cependant, même nageant dans ce bonheur privilégié, je
n'oublie pas qu'ainsi je soutiens indirectement la regrettable politique de
discrimination entre les mélophiles. Mais je ne pense pas que mon abstention
changerait le cours des choses …
LE
CONCERT [19h10-19h50 / 20h10-21h25 / 21h30-21h50].
En ce dimanche, le concert commençait une heure plus
tôt que la veille (et que le lendemain). Tant mieux, cela me permettra de
recharger les batteries au plus tôt, pour mieux supporter la trilogie. Ce
concert n'est pas à guichet fermé, mais seuls quelques fauteuils restèrent
vacants.
Mes impressions générales étant conformes aux concerts
précédents, je m'abstiens de toute redondance ; bien évidemment elles sont juste
accentuées par un confort exceptionnel en tous points. J'ai eu tout loisir
d'observer l'expression des regards complices, la concentration des musiciens.
Deux faits notables, cependant. Comme prévu, des
titres diffèrent de la veille et, plus anecdotique, l'intervention d'une femme
mystère (je m'en explique).
Durant "The
Harmony Codex", une voix narrative accompagne la musique, c'est celle
de Rotem Wilson. Mais habituellement,
c'est une voix enregistrée qui est diffusée pendant le concert. Ce soir, c'est
l'épouse de Monsieur qui est présente en
personne. Leur complicité et le respect des mesures (j'ai remarqué le top lancé de la tête pour le couplet de retour) garantissent
une interprétation parfaite. Je trouve surprenant que la Dame n'ait pas été
présentée du tout ; ni à cette occasion, ni à la fin. Mettons cela sur le
compte d'un excès de pudeur… Etonnant également son discours récurrent comme pour s'excuser de jouer du prog auprès des non-initiés ; oui c'est long, mais c'est teeeeellement bon !!
Steven avait prévenu hier, les trois jours parisiens
proposent quelques nuances de programme. Evidemment, à ce jeu, on crée des
frustrations et autant de satisfactions. Trois titres sont substitués, "Voyage 34 - Phase I", "King Ghost", "Luminol", au profit de "Home Invasion + Regret #9", "Pariah" et "Economies of Scale". Pour ma part,
je suis ravi de la référence à l'opus HRE (2015) qui constitue un chef d'œuvre
absolu. Le style metal qui se dégage de "Home Invasion" a tout pour me séduire !
Les quatorze
titres sont extraits de huit albums,
dont deux issus de "The Overview",
quatre de "The Harmony Codex",
quatre de "Hand. Cannot.
Erase.", un de "To
the Bone", un de "The
Raven That Refused to Sing", un de "Insurgentes", un de "4 ½" et une reprise de Porcupine Tree, de "The Sky Moves Sideways".
PROGRAMME
DE PLEYEL, 25/5
ACTE 1 : The
Overview (2025)
Objects
Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects:
Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the
Moor ; Heat Death of the Universe ;
The Overview : Perspective
; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ;
Infinity Measured In Moments ; Permanence.
ACTE 2 :
The Harmony
Codex (The Harmony Codex, 2023)
Home Invasion (Hand. Cannot. Erase., 2015)
Regret #9
(Hand. Cannot. Erase., 2015)
What Life
Brings (The Harmony Codex, 2023)
Dislocated Day
(The Sky Moves Sideways,
Porcupine Tree 1995)
Pariah (To
the Bone,2017)
Impossible
Tightrope (The Harmony Codex, 2023)
Economies of
Scale (The Harmony Codex, 2023)
Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
Vermillioncore (4 ½, 2016).
RAPPEL :
Ancestral (Hand.
Cannot. Erase., 2015)
The Raven That
Refused to Sing (The Raven That
Refused to Sing, 2013).
Je suis d'autant moins susceptible d'oublier cette
soirée que j'ai pu ramasser deux médiators
que Steven avait nonchalamment jetés à ses pieds (un au pied de son micro, et
l'autre au pied de la scène) !
Ancestral
SALLE
PLEYEL (PARIS, 8EME) – LE LUNDI 26 MAI 2025.
Avec ma p'tite Fée, nous avions acquis le 13 octobre
2024, moyennant 74€, ces fauteuils situés en "balcon 1, latéral pair/A266",
dans la branche à droite de la scène (en
la regardant). La salle n'affiche pas complet, et le balcon 2 est fermé, mais
si quelques fauteuils sont bien vacants, le parterre est bien garni.
Dans cet auditorium d'exception, l'acoustique s'est
révélée absolument époustouflante, répartissant équitablement puissance et clarté
!
Cet emplacement atypique m'a permis un regard
différent sur la scène, avec ses avantages et ses inconvénients. Il ne donnait
pas un angle de vue optimal sur la scène, car il fallait se pencher un peu pour
voir le pupitre d'Adam. En revanche, ce regard plongeant était très
intéressant. Paradoxalement, je n'avais jamais aussi bien vu le jeu de claviers
d'Adam ; ce fut un régal la plupart du temps, mais aussi l'occasion de
m'interpeller sur l'usage des séquenceurs que je n'avais pas autant remarqué
jusqu'alors. Qui aime bien, châtie bien et à chacun son ressenti, mais moi je
reste de la vieille école de musique, et je peine à admettre que la musique
soit confiée à un outil qui sert à automatiser l’exécution d'une séquence
musicale. Cette gêne m'a troublé particulièrement durant les titres "The Harmony Codex", "Pariah" (de longues plages
synthétiques, sur lesquels les musiciens brodent quelques accords) et "The Raven That Refused to Sing" (le
son mélancolique du violon). Mais je pardonne à Steven, l'autodidacte qui a
toujours pris plaisir à jouer avec les sons… Et le résultat est si beau et
pertinent dans son ensemble, que je lui maintiens toute mon admiration.
La particularité du programme de ce lundi est la
présence de titres relativement anciens, deux issus de "Grace for Drowning" (2011) et deux autres de "Insurgentes" (2008), ce qui confère à cette soirée un intérêt nostalgique
d'autant plus appréciable que j'attendais ardemment "Abandoner" et "Remainder
the Black Dog". Anecdote amusante, Steven a reconnu s'être trompé lorsqu'il
a exposé cette période, en inversant ces deux opus. Ca me rassure, je ne suis
pas le seul à perdre la boule !!
Les treize
titres sont extraits de neuf albums,
dont deux issus de "The
Overview", deux de "Insurgentes",
deux de "Grace for Drowning",
deux de "The Raven That
Refused to Sing", un de "The Harmony Codex", un de "Hand. Cannot. Erase.", un de "To the Bone", un de "4 ½" et une reprise de Porcupine Tree, de "The Sky Moves Sideways".
PROGRAMME DE PLEYEL 26/5
ACTE 1 : The
Overview (2025)
Objects
Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects:
Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the
Moor ; Heat Death of the Universe ;
The Overview : Perspective
; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ;
Infinity Measured In Moments ; Permanence.
ACTE 2:
The Harmony
Codex (The Harmony Codex, 2023)
Luminol (The Raven That Refused to Sing, 2013)
No Part of Me (Grace for Drowning, 2011)
Dislocated Day
(The Sky Moves Sideways,
Porcupine Tree 1995)
Pariah (To
the Bone,2017)
Abandoner (Insurgentes, 2008)
Remainder the
Black Dog (Grace for Drowning, 2011)
Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
Vermillioncore (4 ½, 2016).
RAPPEL :
Ancestral (Hand.
Cannot. Erase., 2015).
The Raven That
Refused to Sing (The Raven That
Refused to Sing, 2013).
Etonnamment, en ce lundi soir, nous ne rencontrons
personne ; aucun ami n'est venu ce soir. Nous rentrons donc d'autant plus
rapidement pour nous reposer de toutes ces belles émotions !
HISTORIQUE DE WLR. Il était une fois, à Hurum,
un mélomane et musicien appelé Morten-Løken
Clason qui, assisté de quelques autres, invita des musiciens à venir
s'exprimer dans une grange. Hurum
est une ancienne commune située dans le comté de Buskerud, aux alentours d'Oslo,
en Norvège. L'initiative avait déjà pris de l'ampleur lorsque Hurum fut
intégrée à la municipalité d'Asker, le 1ᵉʳ janvier 2020. De concerts en
festivals, de déboires en réussites, et à force de persévérance et
d'abnégation, une structure s'est imposée. Le site indique que l'Organisation
œuvre ainsi depuis 2013. Une consultation du site officiel de l'Association, notamment
la page historique, permet de réaliser la grande qualité des programmations.
C'est en mémoire de ses origines que l'Organisation s'est
intitulée WE LÅVE ROCK, qui est en
fait un jeu de mot éloquent pour les initiés ; car s'il se prononce bien "we love rock", le mot norvégien
"låve" signifie "grange". Oui, en effet nous adorons
tous le rock fût-t-il joué dans une grange ou dans son salon.
Cette structure perpétue ainsi son œuvre pour
promouvoir le rock, et le rock progressif en particulier. Depuis 2018, son festival en est une des
déclinaisons, mais des concerts et un partenariat avec la maison "Crime
Records" accentue un soutien sans faille à la bonne Musique ! (pour info, CR soutient des artistes, tels
que THE WINDMILL, INFRINGEMENT, CLIVE NOLAN, ARKENTYPE, entre autres…). > https://www.welaverock.no/festival
Dans cet honorable élan, chaque année en mai, le
festival de rock progressif We Låve Rock rassemble des musiciens et des
amateurs de musique, de Norvège et de l'étranger, en collaboration avec des
artistes, des sponsors, des sympathisants et des bénévoles. Mais le site
originel demeurait pénalisé car relativement peu aisé d'accès. Récemment, la
ville d'Asker accepta un partenariat en confiant sa Maison de la Culture (Kulturhus) pour accueillir les artistes
et les mélomanes dans un plus grand confort.
Fait louable, WLR est un festival non commercial dont
les bénéfices sont reversés aux artistes et au festival de l'année suivante. Il
faut saluer la persévérance des organisateurs, authentiques passionnés. Elle se
heurte, même en Norvège, à l'apathie de trop nombreux mélophiles ; ce qui pèse
sur les objectifs, en dépit des bonnes volontés. De surcroit, des évènements
ont été annulés à cause de la Pandémie.
Dommage que leur éloignement et leur situation
économique rendent leur accès onéreux pour nous. Parmi toutes les belles affiches
précédentes, nous n'avons pu assister qu'à deux évènements ; d'abord le concert
ARENA/THE WINDMILL au Cosmopolite d'Oslo, le 15 octobre 2022 ; puis la mémorable croisière Prog at Sea, le 5 mai 2023.
Cette dernière n'a été maintenue faute de rentabilité, malheureusement…
La septième édition du festival propose huit groupes sur deux soirées ; trois
le vendredi et cinq le samedi. Cinq groupes sont norvégiens ; THE WINDMILL, BRESK, MEER, CONFIRMATION BIAS et
PIL & BUE. Un groupe est suédois
; PAIN OF SALVATION. Le cas de Kristoffer GILDENLOW est particulier ; ce
Suédois a émigré aux Pays-Bas pour
rejoindre sa chérie batave ; cela et ses complices, donnent à son groupe une
identité néerlandaise… CYAN sera le seul groupe clairement non scandinave,
puisque britannique.
UNE PASSION CONTRARIEE PAR DES SCRUPULES. A défaut de trouver dans notre douce France de quoi
assouvir notre passion musicale, nous continuons de sillonner l'Europe. Fût-ce
à pied, en béquilles, en chaise roulante, en voiture, en train, à cheval, …ou
en avion, il me semble encore que peu d'entraves seraient de nature à m'empêcher
de partir à l'aventure musicotouristique, dès qu'une affiche en vaille la
peine, à mon sens bien entendu. Et pourtant, un jour viendra où nous devrons
fatalement nous calmer ; La Raison, la santé, les finances, et peut-être
d'autres contrariétés, finiront fatalement par l'emporter tôt ou tard, mais je
procrastine délibérément ! Carpe Diem !
En dépit de nos Grands Principes écodurables, nous
prendrons donc l'avion pour aller à Oslo. L'impact négatif de nos voyages sur l'environnement
est relativement peu défendable, certes. Oui mais, je plaide des circonstances
atténuantes ; cela reste un mode de transport collectif et en outre, je me vois
mal me lancer dans un trajet de plus d'une journée… Et puis, il s'agit d'assister
à un évènement avec des artistes trop rares (en tous cas en France) ; THE WINDMILL, mais aussi Peter JONES, CYAN, et PAIN of SALVATION.
Au-delà de ces états d'âme, nos errances
musico-touristiques nous ont déjà mené en Scandinavie sans jamais nous
décevoir. En outre, je considère que nos allers-retours dans ces contrées
nordiques sont d'autant plus légitimes, que ces Vikings ont largement contribué
ces dernières années à revigorer notre Musique préférée. Symptôme révélateur,
le répertoire des concerts auxquels j'ai assisté depuis 1979, montre que les
artistes originaires de la Norvège occupent le sixième rang (ceux de la Suède le cinquième !!). Même
caractéristique prééminente en analysant ma discothèque.
Nous allons voir ailleurs si l'herbe est plus verte,
mais paradoxalement je considère que les moutons ne sont pas ceux qu'on imagine
! Notre microcosme, dans toute sa diversité, se démarque obstinément en dépit
de nos très médiocres médias nationaux.
LE FESTIVAL.
Au sein de la Maison de la Culture d'Asker, nous montons quelques marches pour
accéder à un espace qui comprend, d'une part la salle polyvalente dont la capacité d'accueil est de 300 personnes debout, et d'autre part
"la scène Radar", une cafétéria étendue dont la capacité
est de 150 personnes. J'ai glané un chiffre de participation à
deux cent vingt pour le samedi (source
fiable a priori), ce qui est rassurant pour la pérennité de ce valeureux
festival. Les principales prestations se tiendront dans la salle polyvalente,
mais la scène Radar va nous offrir une splendide surprise le samedi…
Morten, en Maître de cérémonie, se chargera de la
présentation de chaque groupe. Je trouve ce geste très courtois, à la fois pour
les artistes et pour le public, qui n'est pas censé tout connaitre. Coiffé d'un
chapeau qui n'est pas sans me rappeler celui de Franck Carducci, il apparait ainsi
pour ouvrir le Festival puis pour présenter son propre groupe, en norvégien ce
qui est bien légitime. Ainsi nous resterons perplexes aux commentaires de la
plupart des artistes, autant que ceux de Morten. A noter que la langue suédoise
est très proche de la langue norvégienne, ce qui leur facilite la communication
… mais à nos dépends. Néanmoins, lot de consolation non négligeable, Morten ne
manque pas de signaler notre présence dans l'assemblée. Sans fausse modestie,
il est vrai que nous sommes les deux seuls Français à avoir fait le voyage !
Nous sommes ainsi deux Français et un Anglais, réunis
pour une fois dans une même galère linguistique ! Pas grave. Nous avons ainsi
saisi l'occasion de nous faire un nouvel ami franchement sympathique, Paul, un
anglais de notre génération, venu de Sheffield pour la même passion musicale
que nous. A défaut de maitriser totalement la langue de Shakespeare (il ne
maitrise pas du tout celle de Molière !), nous avons cependant échangé moult
informations. Je lui sais gré déjà de nous avoir fait découvrir le quatuor anglais
KYROS que nous allons suivre de près désormais … mais trêve de bavardage en
fosse, je m'égare, c'est une autre histoire. Silence, on écoute !
Les horaires indiqués sont ceux constatés ; ils
diffèrent quelque peu du protocole établi.
L'acoustique de ce bel auditorium s'avérera d'une
excellente qualité.
Présentation par l'Organisation du Festival : "THE
WINDMILL fête ses 25 ans en tant que groupe et jouera les quatre titres
emblématiques de leurs quatre albums. Presque
deux heures de Musique : "A Day In A Hero's Life", "The
Gamer", "The Tree", et "Fear"."
Le groupe de rock progressif norvégien THE WINDMILL a débuté en 2001. Que de chemin parcouru
après cette divine révélation de Jean-Robert, à la vue d'un parc éolien dont
les pales de rotor semblaient en quasi synchronisation alors qu'il écoutait
CAMEL diffusé sur l'autoradio ! La graine était semée, un temps de gestion permit
de rassembler des volontaires. Les membres fondateurs sont Jean R. Viita (claviers, chant), Morten Clason (saxophone, flûtes, guitares,
chant, claviers) et Arnfinn Isaksen
(basse). Puis Bent Jensen (guitares), Vidar Kleivane (batterie) et Erik Borgen
(guitares, chant) se sont ensuite ajoutés à la formation. Leur premier album
"To Be Continued" est paru
en mai 2010.
Leur quatrième opus "Mindscapes" est paru le 1er
juillet 2024, via Crime Records.
THE WINDMILL se compose actuellement de Morten-Løken Clason (chant, flûtes, saxophones,
guitare, claviers, depuis 2001), Jean-Robert Viita (claviers, et chant, depuis 2001), Arnfinn Isaksen (basse, depuis 2001), Erik Borgen (chant, guitare, depuis 2003),
et Stig André Clason (fils de
Morten). En octobre 2023, Kristoffer Utby, le batteur depuis 2018, a choisi de
se retirer du groupe, pour consacrer plus de temps à INFRINGEMENT. Le nouveau
batteur est Nils Harsem ; il a fait
ses débuts avec le groupe lors d'un concert le 15 janvier 2024.
Avec ma p'tite Fée, nous avions découverts ce sextuor
norvégien à l'occasion du festival The Night of the Prog, à Sankt Goarshausen le
21 juillet 2019. Immédiatement
séduits par ces harmonieuses combinaisons d'instruments et de chants, nous
sommes allés les revoir en concert trois années plus tard, sur leurs terres à
Oslo (Cosmopolite). Ce soir, c'est la sixième
fois que nous avons la chance et le plaisir d'assister à ce concert.
Nous parvenons à nous placer parfaitement, devant la
scène au centre. Le fond de scène est décoré des quatre tentures peintes par Kirsten Knoph Viita (l'épouse de J-Robert),
pour illustrer les quatre albums à leur actif.
D'emblée nous nous réjouissons d'une sonorisation parfaitement
équilibrée qui nous permet de jouir totalement d'un concert qui s'avérera réussi
et mémorable. Le dispositif d'éclairage est bien dosé, en densité et en
couleurs, et sont le plus souvent correctement ciblés sur les intervenants.
La prestation est comme un gâteau quatre-quarts (les
gourmets apprécieront) ; les quatre morceaux emblématiques dépassent les vingt
minutes. Sans mépriser le reste de leur répertoire, ce choix me parait
judicieux pour symboliser leur quart de siècle d'existence. Ces pièces majeures
rassemblent tout ce qu'un mélomane progueux apprécie. Les ruptures rythmiques
et harmoniques ; les atmosphères oniriques sont ponctuées de sons jazzy, folk
ou orageusement métalliques. Il serait circonvenu de hiérarchiser ces quatre
titres, mais pour ma part je considère que "Fear" montre, dans sa structure, une apogée des expériences
engrangées durant leur existence et laisse augurer d'un avenir appétissant.
Les accords et les nappes mélodiques enivrantes du
clavier de Jean-Robert sont magnifiés
par le chant d'Erik, qui est accompagné
des chœurs exprimés en douceur par Morten, et J-Robert.
La Musique de The Windmill est succession de voyages
poétiques dans lesquels chaque pupitre peut s'exposer lors d'un solo à tour de
rôles ; pas de prérogative. Les musiciens sont parvenus à doser concentration,
efficacité et décontraction.
Toutefois, la particularité multi-instrumentiste de
Morten l'amène à intervenir souvent avec l'une de ses trois flutes ou de ses
deux saxophones. On imagine la satisfaction, voire la fierté de Morten de pouvoir échanger des duos
avec son fils Stig-André ; leurs
rapprochements sur scène est assez éloquent.
La fonction de guitariste soliste est brillamment
assurée par Stig-André ; avec une
apparente décontraction, toujours avec le sourire d'un bonheur évident. Il
distille des accords brodés avec la minutie et la sensibilité requise pour
magnifier l'ambiance onirique des chansons. Mais ne minorons pas les
compétences d'Erik ; loin de se
cantonner à son micro, il excelle également sur d'admirables interventions à
six cordes !
La transition avec Nils, le nouveau batteur, semble acquise, son rôle continue de
cadrer la rythmique avec soutien implacable de la basse d'Arnfinn.
The Gamer
Je pourrais m'étendre en compliments sur tous les titres,
mais si je devais désigner un segment ce serait la séquence de "The Tree" qui débute à la dixième
minute, particulièrement jouissive, jazzy à souhait ! Il met à l'épreuve les
six musiciens pour une parfaite synchronisation, qui s'est à nouveau vérifiée
sur scène ce soir.
Dans la foulée des marques de reconnaissances
mutuelles entre les artistes et l'auditoire, Kirsten est invitée par Morten à
venir sur la scène afin d'être honorée pour sa contribution artistique au
groupe. Elle reçoit une juste récompense.
La notable complicité entre la fosse et la scène est
logique puisque THE WINDMILL joue à domicile, devant son public ! La prestation
de qualité est bien évidemment acclamée en conséquence ! Le bonheur est
réciproque et nous en profitons modestement lorsque Jean-Robert n'a pas manqué
de nous cibler d'un signe d'affection pour marquer sa satisfaction de notre
présence.
Les quatre
opus sont donc évoqués avec quatre
titres, durant chacun plus de vingt minutes ! Et pourtant le temps est passé
très (trop) vite !
PROGRAMME
A Day In A Hero`s Life [21:43]
(To Be Continued..., 2010)
Présentation par l'Organisation du Festival : "BRESK est
un trio instrumental norvégien qui joue un prog symphonique, inspiré par des
artistes tels que FOCUS, ELP et JON LORD. Le groupe est composé du claviériste
Lars Christian Narum, qui se fit
connaitre par des groupes tels que Conception, Nickels & Dimes, Crest of
Darkness, Narum et Hellbillies. Son fils Peder Narum est à la batterie et son frère Jon Anders Narum à la basse. "A Journey
Through the Life of Peder Balke 1804-1887", un opus paru le 28 janvier
2022, est un album instrumental basé sur le concept de la vie dramatique du
peintre Peder Balke. WLR a hâte d'entendre ces incroyables musiciens jouer la
musique de ce disque."
Le trio familial ne semble donc pas avoir de nouveauté
à nous présenter, mais pas de frustration car nous sommes en totale découverte.
En curieux intrigués, nous nous étions positionnés en
retrait dans la fosse, entre la scène et la console de sons, afin d'assister à
ce que nous imaginions un sympathique intermède musical, sans plus… Quelle
erreur, quelle surprise ! Nous avons en fait assisté à une réjouissante
prestation !!
Un socle surélevé supporte un ensemble de claviers. Il
fait face à l'autre socle sur lequel est établie la batterie. En léger contrebas
se situe l'espace du bassiste. Pas de guitare, donc. Les trois pupitres forment
ainsi un cercle, magique et complice. Lars Christian est entouré de claviers dont
il joue avec une gourmandise évidente, un entrain et une fougue qui ne peut
laisser personne indifférent. Peder, qui se charge des commentaires
intermédiaires, démontre alternativement une puissance et subtilité qui
accentue encore le tourbillon dans lequel est plongé l'auditoire. Jon Anders
est sans doute le plus discret des trois mais il suffit de le regarder et de
l'entendre jouer pour réaliser la parfaite cohésion que constituent les trois Narum.
Le tout est très rythmé et entrainant, foisonnant de notes galopantes sur le
clavier ; personnellement j'ai capté de délicieuses influences des années 70.
Hangin' Out With the King
La prestation, instrumentale, a été bien mise en valeur par une sonorisation
excellente. Un éclairage assez modeste, mais suffisant pour le trio, puisque
relativement statique par nature.
Le public semble déjà connaitre le phénomène et
acclame bruyamment ces fous furieux. Avec ma p'tite Fée nous nous associons
volontiers à cet enthousiasme général. Nous sommes totalement conquis !
Wouahou, ça c'est vraiment le genre de surprise qu'on adore recevoir !
Dix titres sont interprétés, dont six issus de leur album paru en 2022.
PROGRAMME
Fanfare
Sailing the Northern
Coast (A Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
Train to Transylvania
The Revolution of 1848 (A Journey Through the Life of Peder
Balke 1804-1887, 2022)
Balkeby (A Journey Through the Life of Peder
Balke 1804-1887, 2022)
The Fire (A
Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
The End (A
Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
Hangin' Out With the King
(A Journey Through the Life of Peder Balke 1804-1887, 2022)
Varøger
The Lynx.
L'entracte me permet de les approcher. Ils sont d'une
grande simplicité qui tranche avec leur talent. Ils n'ont hélas pas prévu de
vendre de CD (il parait que ce matériel serait obsolète chez les Vikings). Mais
je ne manque pas de m'autoriser un portrait en leur compagnie, histoire de me
rappeler de leurs bonnes bouilles !
Présentation par l'Organisation du Festival : "Comme
tout le monde le sait, MEER est l'un des grands favoris de WLR. Ils ont sorti trois
albums depuis 2016 et nous avons maintenant hâte d'entendre les chansons des trois
albums quand nous les aurons enfin en tête d'affiche vendredi. MEER mélange
pop, rock et rock progressif d'une façon accrocheuse et très propre. On attend
ça avec impatience !"
Bref rappel
de la biographie. A la base, MEER a débuté en
2008 en tant que duo(Johanne Margrethe et Knut) à Hamar, en Norvège, sous le nom de TED GLEN
EXTENDED. Depuis, le duo s'est considérablement développé pour devenir ce qu'il
est aujourd'hui : un collectif éclectique de huit musiciens dont la musique est
un mélange de pop orchestrale, de musique classique et de rock progressif.
Son deuxième "Playing House"
est paru le 29 janvier 2021. Un troisième
album intitulé Wheels Within Wheels, est paru le 23 aout 2024. Ils participent à ce festival WLR pour la
quatrième fois !
MEER illustre parfaitement l'intérêt des
festivals, car sans ces évènements fédérateurs, nous n'aurions pas eu l'occasion
d'être séduit peu à peu par ces artistes atypiques. En effet, le 23 juin 2023
(Midsummer festival), puis le 3 février 2024 (Midwinter festival), je n'étais
pas parvenu à me laisser séduire... Mais ce n'est qu'à l'occasion du Night of
the Prog festival le 21 juillet 2024que j'ai commencé
à percevoir les subtilités harmoniques.
Constitué à la base
de la fratrie, Johanne Kippersund
(chant) est seule aujourd'hui. Sur le site du groupe on peut lire que "Knut
Kippersund (chant, claviers) a
obtenu le travail de ses rêves, acteur au Nye Hjorten Teater à Trondheim ; son
emploi du temps n'était hélas pas compatible en ce vendredi." Le reste
du groupe est présent ; Eivind Strømstad
(guitare), Ole Gjøstøl (piano),
Morten Strypet (basse), et Mats Lillehaug (batterie). Åsa Ree est toujours au violon, mais sa
complice habituelle (Ingvild Nordstoga Eide) à l'alto, est ici remplacée par un
homme que je ne suis pas parvenu à identifier, qu'il me pardonne !
Nous parvenons
à nous positionner sur la gauche (en regardant la scène), entre le micro et le
clavier.
La sonorisation est cette fois encore parfaitement
équilibrée. Tous les pupitres, pourtant nombreux, sont audibles, et aucune
protection auditive ne parait nécessaire. Le dispositif d'éclairage est correct
et permet de distinguer les musiciens tout en entretenant les atmosphères
requises.
Nous sommes positionnés plus à proximité que pour nos
trois précédentes participations, cette prestation nous a encore davantage séduits.
Nous avons mieux mesuré la qualité du timbre et le charisme de Johanne, et
l'efficacité des autres complices. On peut en effet parler d'efficacité et de
talent car, à quatre reprise, une panne de sonorisation aurait pu en
déstabiliser plus d'un, mais eux non. Le batteur, imperturbable, continuait à
marquer le rythme qui permettait à chaque fois aux autres pupitres de reprendre
le morceau en cours !Du grand Art !
En dépit de ma discothèque encore incomplète, j'ai pu
reconnaitre et apprécier les mélodies entrainante et symphoniques de cette musique
atypique. Ils ne se complaisent pas dans la facilité ; les ruptures
surprenantes font alterner avec subtilité les atmosphères joyeuses ou
hargneuses.
Nous sommes autant enthousiasmés que le public avec
lequel nous manifestons notre grande satisfaction. Les échanges en norvégiens
nous laissent un peu de côté dans cette belle communion, mais l'essentiel est
l'impression partagée dans la bonne humeur.
Quatre albums ont été évoqués avec seize titres, dont sept issus de "Wheels Within Wheels" (2024),
cinq de "Playing House"
(2021), trois de "Meer" (2016), un du mini album "Ted Glen Extended" (2012).
PROGRAMME
To What End (Wheels Within
Wheels, 2024)
Lay It Down (Playing House,
2021)
Come to Light (Wheels Within
Wheels, 2024)
Golden Circle (Wheels Within
Wheels, 2024)
You Were a Drum (Playing
House, 2021)
Chains of Changes (Wheels
Within Wheels, 2024)
Solveig (Meer, 2016)
Hello (Ted Glen Extended EP,
2012)
Sorry for the Kiss (Meer,
2016)
Something in the Water (Wheels
Within Wheels, 2024)
Honey (Playing House, 2021)
Today Tonight Tomorrow (Wheels
Within Wheels, 2024)
Take Me to the River (Wheels
Within Wheels, 2024)
Valentina in the Sky (Meer,
2016).
RAPPEL :
Picking Up the Pieces (Playing
House, 2021)
Beehive (Playing House, 2021).
J'ai visité l'échoppe dans la journée mais avec
abstinence, car je me méfie de la couronne norvégienne (je ferai mon marché en rentrant en France) pour éviter les frais
bancaires et les fluctuants taux de changes. Par ailleurs, je n'ai pas rencontré
les membres de MEER.
Dès la fin du concert, nous filons à la gare pour
éviter de louper le dernier train vers Oslo qui est passé à 0h35.
SAMEDI 26 AVRIL 2025
Une fois n'est pas coutume, nous ne sommes pas parvenu
à respecter les impératifs horaires. Suite à des contretemps inopinés, nous
avons été contraints de manquer le premier groupe du jour. Désolé pour CONFIRMATION
BIAS que je n'ai pas eu l'occasion de découvrir… Je me dois cependant, par
respect et pour la postérité, d'évoquer au moins leur pédigrée :
Présentation
par l'Organisation du Festival : "CONFIRMATION BIAS est un groupe
de progrock dont la musique peut être décrite provisoirement comme un creuset
inspiré de l'art-rock seventies, du rock moderne et d'une touche de metal,
jouée par des musiciens expérimentés et habiles aux goûts éclectiques et un
filtre à conneries bien développé. CONFIRMATION BIAS a sorti l'un des meilleurs
albums norvégiens sorti en 2024"Century
Mornings" paru le 29 mars 2024."
Leur
biographie relevée sur leur site officiel nous indique : "Confirmation
Bias est né dans le sillage du groupe hommage RUSJ – A Working Man's Tribute to
RUSH, formé en 2013. Le noyau dur de ce groupe souhaitait se lancer un défi
créatif : écrire et enregistrer des morceaux originaux. Depuis 2016, nous avons
complété notre line-up, écrit, répété et enregistré de nouveaux morceaux."
Les membres
du groupe sont : Lars Martin Aasgård
(chant principal), Jon Martin Haarr
(basse, pédales, claviers et chant), Ørjan Risa Svensen (guitares électriques et acoustiques, chant), Kai Gabrielsen (batterie et percussions), Fredrik
Skår (claviers et vocodeur), Eirik Hanssen (guitare acoustique, mandoline
et chant).
Fort heureusement, nous parvenons juste à temps à la
scène Radar (la petite scène en face de
la cafétéria pour ceux qui n'auraient pas tout suivi), pour assister à LA surprise immanquable du festival ;
Peter Jones nous offre un récital,
juste accompagné d'un clavier. Je ne cache pas ma gourmandise pour ce genre
d'imprévu musical, surtout s'agissant de cet admirable artiste.
Bref rappel biographique : Voilà un exemple de musicien complet,
multi-instrumentiste de talent. Il semble aussi à l'aise au chant qu'aux
claviers, le piano, la guitare, la basse, le saxophone, la clarinette, la flûte
à bec, les sifflets ainsi que divers instruments de percussion. Malheureusement
atteint, à l'âge de 15 mois, d'un rétinoblastome (une forme de cancer qui attaque la partie sensible à la lumière de
l'œil), la musicothérapie lui a été salvatrice. Son immense sensibilité et
ses talents musicaux variés lui ont très vite valu la reconnaissance de ses
pairs. Ainsi, outre son propre projet TIGER
MOTH TALES, il a intégré CAMEL en 2016, puis CYAN, et RED BAZAR. De surcroît, il n'hésite
pas à participer à toutes prestations de nature à partager les plaisirs de la
Musique. La clairvoyance et la sensibilité de la plupart des aveugles n'est
plus à démontrer, mais elle est d'autant plus évidente à l'égard de Peter Jones
; C'est un authentique Musicien qui vit pour
et par la Musique.
LE RECITAL. Le
cadre est quasi idéal pour ce genre de prestation ; l'artiste fait face à un
public assis (pour les premiers arrivés) ou débout (pour les autres, dont nous
deux qui ont déjà la chance d'assister à l'évènement). La cafétéria est
relativement respectueuse et silencieuse pour écouter religieusement les
émotions exprimées par ce musicien hors pair. Il reprend tout ou partie de divers
chansons empruntées au répertoire du rock progressif, mais très légitiment, il
puise beaucoup dans celui de son groupe TIGER
MOTH TALES.
Lorsqu'il reprend un judicieux montage de titres extraits du répertoire de GENESIS, on perçoit nettement le frémissement de satisfaction des mélomanes. Emotion aussi lorsqu'il dédie "We'll Remember" à son ami David LONGDON. Mais, lorsqu'il reprend "Long Good Byes" de CAMEL, mes pieds ne touchent plus le sol ; mon émotion est à son comble. .
Long Good Byes
Dancing with the Moonlit Knight +Carpet Crawlers
Ce sont ainsi quelque huit titres (dans l'exaltation,
on me pardonnera de ne pas avoir compté) qui seront interprétés avec le
brio qui éclabousse nos âmes. Enormissime sensation que je ne suis pas près
d'oublier… Et le plus beau, c'est que ce n'est pas fini ! (mais ça je ne le sais pas à cet instant).
PROGRAMME (non exhaustif,
mais nous avons écouté ceci) Taking the Dawn (issu de "The Whispering of the World", TIGER MOTH TALES, 2020) ; Intro de "Dancing with the Moonlit Knight",
et un extrait de "Carpet Crawlers"
(de GENESIS, 1973/74) ; The Lock Keeper (issu de "The Turning Of The World", TIGER MOTH TALES, 2023) ; We'll Remember (issu de "Inside the Cocoon ", TIGER MOTH
TALES, 2024) ; Long Good Byes (issu de "Stationary
Traveller" de CAMEL, 1984) ; Harold the Barrel (issu de "Nursery Cryme" de GENESIS, 1971) ; Don’t Let Go, Feels Alright (issu de "Cocoon", TIGER MOTH TALES, 2014) ; Blackbird (issu de "The Whispering Of The World", TIGER MOTH TALES, 2020)
Nous ne disposons pas de beaucoup de temps pour nous
attendrir, il faut s'engouffrer dans la salle polyvalente pour espérer
bénéficier d'un bon emplacement…
Présentation par l'Organisation du Festival : "Kristoffer
Gildenlöw a sorti cinq albums depuis qu'il a quitté son poste de bassiste dans
Pain Of Salvation en 2006. La musique est évocatrice, mélodique et inspirée par
des groupes comme Pink Floyd, Dire Straits et Mike Oldfield, dont l'influence
est particulièrement entendue sur son dernier disque "Empty", qui est
l'un des meilleurs disques paru en 2024. En plus de faire sa propre musique,
Kristoffer Gildenlöw a enregistré des disques et fait des tournées avec Kayak,
Neal Morse et Nine Skies. WLR a hâte de voir Kristoffer sur scène samedi et
ceux qui viennent peuvent attendre avec enthousiasme pour voir s'il y aura des
retrouvailles entre frères sur scène ce soir."
Bref rappel biographique : Né le 27 juillet 1978 à
Eskilstuna (Suède), Kristoffer commence à jouer du piano à l'âge de 8 ans. À 13
ans, son intérêt s'oriente davantage vers le rock et il passe à la guitare
basse et à la batterie tout en jouant dans différents groupes de hard rock à
l'école. En 1994, il étudie la guitare basse à l'Aesthetic College of Music
d'Eskilstuna, en Suède.
Puis dès novembre 1994, à
l'âge de 16 ans, Kristoffer a été invité à participer à un concert du groupe de
Daniel Gildenlöw, son frère : c'est PAIN
OF SALVATION. Les choses se sont bien passées et on lui a demandé de
rejoindre le groupe et de devenir membre à part entière début 1995. Avec le quatrième album "Remedy Lane",
PAIN OF SALVATION accroit encore son envergure. C'est à l'occasion de cette
tournée promotionnelle qu'il m'est permis de voir Kristoffer Gildenlow une première fois sur la
scène du Zénith de Paris le 7 février 2002,
alors que le groupe était invité de DREAM THEATER.
Mais en 2006, Kristoffer
émigre aux Pays-Bas pour partager la vie de Lilo (Liselotte Hegt), l'élue de son cœur. Il doit
quitter le groupe. Il offre alors ses services auprès d'autres artistes, en
concert ou en studio, tels que Neal Morse (US), Lana Lane (US), Damian Wilson
(UK), Mr. Fastfinger (FIN), Dark Suns (DE), Harmony (S), Omnia (NL), Bert
Heerink (NL), Semantic Saturation (US), For All We Know (NL) et bien d'autres… En
2007, il fonde avec sa femme Lilo le groupe DIAL, étiqueté "art-rock".
L'album "Synchronized" parait le 8 mai 2007. Ce fut
le début de l'écriture de sa propre musique cela mènera Kristoffer à sa propre
carrière solo. Son premier album solo "Rust" parait le 24 mai
2012.
Il continue toutefois ses diverses
collaborations ; il est annoncé officiellement en janvier 2023, comme bassiste
au sein du groupe néerlandais DILEMMA.
C'est ainsi que je l'ai revu sur scène une deuxième fois, au Center Park de
Port-Zeland (lors du Marillion Weekend), le 17 mars 2023.
Le deuxième album "Empty" est paru le 8 février 2024. Un album portant "sur le monde, ses
habitants, ses dirigeants et son créateur", selon la promotion.
Puis, la prestation de cette même formation à
l'occasion du Midsummer Festival, à Valkenburg le 28 juin 2024, m'a permis de le revoir une troisième fois. Il nous
avait totalement séduits.
Kristoffer, Suédois
d'origine est toujours entouré de ses complices néerlandais ; Paul Coenradie (guitare), qui a largement
contribué à magnifier son dernier opus, par ses soli étourdissants. Mais aussi Joris
Lindner (guitare), Liselotte Hegt (basse), Dirk Bruinenberg (batterie), et Paul van Acht (claviers).
Notre place, sur la gauche (en regardant la scène) face au pupitre de la bassiste, nous permet
de voir parfaitement tout en bénéficiant d'une sonorisation équilibrée et
audible, et ce, même si nous somme proche d'une enceinte.
Très vite, nous retrouvons
les impressions positives ressenties à Valkenburg ; des influences de Pink
Floyd, Mike Oldfield, voire Dire Straits, sont magnifiées par des musiciens de
talents. Les guitares se partagent les soli et de nombreux trio de guitares ("Down
We Go") apporte un surcroît d'harmonies somptueuses. Paul Coenradie et Joris Lindner constituent indéniablement un soutien de luxe pour
Kristoffer. La complicité avec les autres membres du sextuor, articule tout
cela avec efficacité et implication. Etant juste à ses pieds, je me suis amusé
à observer Lilo ; comme pour contrarier sa discrétion car souvent en retrait,
dans l'ombre (retrait d'ailleurs dénoncé avec amusement par Kristoffer au
moment des présentations). Pourtant, il pouvait lui arriver de s'avancer en
martelant les deux pieds comme pour accentuer les accords de sa basse.
Empty
L'auditoire a été complètement conquis, et l'a fait
savoir par de belles ovations !
Trois albums ont été évoqués avec dix titres ; L'opus le plus récent "Empty" (2024) est
valorisé avec sept morceaux, deux sont issus de "Rust" (2012) et un de "Let
Me Be a Ghost" (2021).
PROGRAMME
Time to Turn the Page (Empty,
2024)
The End of their Run (Empty,
2024)
Harbinger of Sorrow (Empty,
2024)
He’s Not Me (Empty, 2024)
Down We Go (Empty, 2024)
Saturated (Empty, 2024)
Rust (Rust, 2012)
Living Soil (Rust, 2012)
Fleeting Thought (Let Me Be
a Ghost, 2021).
RAPPEL :
Empty (Empty, 2024).
PETER
JONES [16h30-17h05]
Revenu d'une nécessaire pause extérieure, nous
constatons à notre grand émerveillement que le Monsieur est de retour. Toutes
les places assises sont bien évidemment occupées ; au jeu des chaises
musicales, nous n'avons gagné qu'en fin de session, nous sommes restés un bon
moment sur le côté pour assister à cette suite inespérée. Mais peu importe,
nous n'en avons pas souffert trop longtemps.
Cette seconde session accentue encore notre admiration
pour l'Artiste. Doté de beaucoup d'humour, il vit complétement ses
interprétations et maitrise parfaitement paroles et notes avec une mémoire
admirable. La durée des deux sessions cumulées constitue indéniablement un
concert à part entière et c'est ainsi que je m'en souviendrai, même s'il n'est
pas ainsi présenté à l'affiche.
Nous aurons droit à quelques huit autres titres, toujours magnifiques et émouvants. Il a
notamment rendu hommage à David Longdon (BIGBIG TRAIN).
PROGRAMME (non exhaustif,
mais nous avons écouté ceci) Ripples (issu de "A Trick of the Tail" de GENESIS, 1976) ; The Merry Vicar (issu de "Cocoon", TIGER MOTH TALES, 2014) ; Musical Box (issu de "Nursery Cryme" de GENESIS, 1971) ; A Visit to Chigwick (issu de "Cocoon", TIGER MOTH TALES, 2014) ; Guide
Vocal (issu de "Duke" de GENESIS,
1980) ; Hygge (issu de "The Depths of Winter", TIGER MOTH TALES, 2017).
N'en déplaise
à certains râleurs (ici cela ne gêne personne), je revendique avoir conservé de
nombreuses images ; je ne pouvais pas me permettre de laisser tomber dans
l'oubli cet évènement …
Au terme de cette session bouleversante, nous ne
tardons pas à nous engouffrer dans la salle polyvalente, afin de découvrir ce
que peut exprimer le groupe suivant, parfaitement inconnu dans nos contrées.
Présentation par l'Organisation du Festival : "Réservés
pour le WLRF de cette année, après leur concert à Tons of Rock à Oslo l'été dernier.
Pil & Bue sont géniaux en concert et les deux musiciens sur scène livrent
un feu d'artifice de hard rock mélodieux et merveilleux. On attend ça avec
impatience !"
Leur biographie nous indique que Pil & Bue est "un duo venu des profondeurs du Nord de
la Norvège, qui malgré leur format minimal ressemble à un groupe à part
entière. Avec l'un des meilleurs chanteur norvégien, Petter Carlsen, au chant et à la guitare, et
Gøran Johansen redoutable à la
batterie, ils sont une explosion de hard rock."
Un quatrième album studio "Special Agents" est paru le 24 février 2023.
Il convient de préciser, pour éviter tout malentendu,
que ce Petter Carlsen est un homonyme
à l'autre Petter Carlsen qui avait accompagné Anneke Van Giersbergen en son
temps… Carlsen, c'est un peu le Dupont français.
Bon, l'unanimité des appréciations du public s'estompe
à cette occasion. Le duo semble populaire ici et était très attendu par une
bonne partie de l'auditoire. Mais pas toute. Quelques-uns ont profité de la
prestation pour se détendre.
Pour ma part, en curieux, j'ai cependant tenu à
assister à la majeure partie de ce concert étonnant. Au début la voix peut
surprendre, un peu aigue avec une tendance à crier, ce qui est de nature à
heurter les oreilles les plus délicates, j'en conviens.
Cependant, doté d'un tant soit peu de bienveillance au
fil des morceaux, on s'y fait d'autant plus qu'il varie les humeurs avec une
certaine subtilité. Je suis également étonné du son délivré avec pour seul
accompagnement une batterie fut-elle densément équipée. Je ne dis pas que la
prestation m'a fait grimper aux rideaux, mais les deux complices ont eu le
mérite d'exprimer une Musique plutôt séduisante, parfois mélodique, assez
brutale le plus souvent mais sans excès. Franchement, j'ai trouvé cela très
intéressant.
Nonobstant, cette séquence restera au rayon des
curiosités vikings.
Le public de connaisseurs, ma foi assez conséquent,
n'a pas manqué de soutenir bruyamment leurs valeureux compatriotes.
PROGRAMME A déterminer…
CYAN [19h45-21h17].
Présentation par l'Organisation du Festival : "CYAN a
été fondé par Rob Reed en 1984, mais les premiers albums ne sont parus que dans
les années 90. En 2018, Rob a réactivé CYAN, qui est maintenant un "supergroupe"
de musiciens incroyables, dont bien sûr Rob Reed lui-même aux claviers, Peter Jones (de Tiger Moth Tales et Camel) au chant, le guitariste Luke Machin (de The Tangent) et le bassiste Dan
Nelson (Magenta/ex-Godsticks). Pour
les concerts, la batterie est gérée soit par Tim Robinson, soit Jon 'Jiffy' Griffiths issus de MAGENTA. WLR est
fier de présenter ce super groupe à leur festival. On attend ça avec impatience
!"
Bref rappel biographique : Durant les années 80,
Robert Reed composa les premiers
morceaux qui allaient devenir ceux de CYAN quelques années plus tard. Mais ce
groupe n'a été officiellement fondé par Rob Reed qu'au début des années 90 ;
trois albums sont ainsi parus entre 1993
et 1999. Mais CYAN a été plus ou
moins mis en sommeil, lorsque R. Reed s'est impliqué dans un autre projet qui
est devenu MAGENTA, en 2001.
Il y a quelques années, Reed a décidé de ressusciter CYAN, mais pour cela il fallait trouver
de nouveaux partenaires. En 2021, il
parvient à réunir de gros talents ; Pete Jones
(TALES FROM THE TIGER MOTH, CAMEL, RED BAZAR), Luke Machin et Dan Nelson
(GODSTICKS, MAGENTA).
Je tiens à m'attarder sur le cas du guitariste. J'ai déjà évoqué
ci-dessus la bio de Peter. Voici celle tout aussi édifiante de Luke Machin : "musicien, artiste,
compositeur, producteur et enseignant. Il a commencé à jouer de la guitare à
l'âge de 3 ans et a été impliqué dans la musique toute sa vie. Il a étudié à
l'Institut de musique moderne de Brighton sous la direction de musiciens tels
que Guthrie Govan et a joué aux côtés de Jeff Beck ; il a été élu "étudiant
de l'année" lors de sa première année d'études." https://www.lukemachin.com/
C'est ainsi que l'album "For King And Country", qui
était initialement paru en 1993, fait l'objet d'une nouvelle parution le 25 Septembre 2021, réarrangé (on
peut dire, revalorisé !) et enregistré avec la nouvelle formation. En hommage
aux autres compositions écrites, mais pas toutes publiées, dans les années 90,
Reed a choisi de les remodeler en deux volets. D'abord sur "Pictures
from the Other Side" paru le 17 novembre 2023, puis "The Guardians" paru le 9 aout 2024.
La prestation de CYAN lors du Night of the Prog
festival, à Sankt Goarshausen le 14
juillet 2023, nous avait fortement impressionnés.
Le groupe se compose donc de CYAN : Rob Reed (guitares, claviers), Dan Nelson
(basse), Luke Machin (guitares), et
Peter Jones (chant, claviers, saxo,
flûte), ainsi que Jon "Jiffy" Griffith (batterie). Notons qu'Angharad Brinn qui illumine de sa
voix en studio n'est pas présente.
Je me doutais que nous allions assister à un grand
moment. En fait ce fut un TRES grand
moment ! On a beau prétendre que le meilleur point d'écoute n'est pas le bord
de la scène, il n'empêche que regarder de près les musiciens dans un cadre
aussi confortable, ne peut qu'accroire notre admiration. A Loreley nous étions
en gradin, relativement distants de la scène. Là, nous avons pu bien observer
de près et nous imprégner totalement de leur maitrise impressionnante pour
interpréter des chansons pourtant très complexes dans leurs structures, dans la
pure tradition du rock progressif !
I Defy the Sun
Une parfaite sonorisation a valorisé idéalement chaque
pupitre. Pourtant placés à la barrière, entre les pupitres de Peter et de Rob,
nous nous sommes régalés de l'exécution des titres.
Nous avons pu jouir totalement des compétences qui
sont subtilement dirigées par Rob ;
on le voit vibrer de sa Musique qu'il est parvenu à ressusciter après tant
d'année dans l'oubli. Peter et Luke ont en commun une grande
sensibilité qu'ils expriment magnifiquement avec leurs instruments. Tout fut
parfaitement en place avec les nuances requises pour un jeu de scène, et sans
bande son excessive (juste quelques sons d'ambiance), tous les titres nous ont
replongé dans l'univers crée en studio. C'est passionnant de regarder la
vivacité du jeu de Luke, son
apparente facilité d'exécution… Et puis son regard bienveillant et attentif sur
son partenaire Peter, dont on
pressent que rien ne lui échappe. Son regard est vide, mais on devine aux
traits de son visage l'acuité de son audition et de son analyse de la
situation.
Je sais bien qu'il faut toujours relativiser, qu'il y
a bien d'autres artistes exceptionnels, bien d'autres style musicaux, et même
qu'il n'y as pas que la Musique dans la vie, blabla… oui mais moi, c'est ici,
parmi ce microcosme de quelques mélomanes et avec ma P'tite Fée à mes côtés, au
fin fond d'un bled paumé de la Norvège, que je suis heureux, tout simplement. Ce
n'est pas mépriser les autres que de considérer modestement ma chance de vivre
de tels moments de bonheur, grâce à ces artistes exceptionnels. Voilà.
Bien évidemment conquis, l'auditoire ne pouvait
qu'être exalté par tant de prouesses et d'harmonie entre des musiciens
exceptionnels. L'ovation reconnaissante est longue et bruyante !
Deux albums (mais étonnamment pas du plus récent) ont été
évoqués avec neuf titres. Sept
sont issus de "For King and Country"
(2021) et deux de Man "Pictures from the Other Side" (2023).
PROGRAMME
Snowbound (For King and
Country, 2021)
Don't Turn Away (For King
and Country, 2021)
Pictures From the Other Side (Pictures
from the Other Side, 2023)
Call Me (For King and
Country, 2021)
Man Amongst Men (For King
and Country, 2021)
I Defy the Sun (For King and
Country, 2021)
Broken Man (Pictures from
the Other Side, 2023)
The Sorcerer (For King and
Country, 2021).
RAPPEL :
For King and Country (For
King and Country, 2021).
Le
retard pris sur la programmation fait craindre le pire à ceux qui dépendent du
dernier train pour rentrer à Oslo.
Présentation par l'Organisation du Festival : "Pain Of
Salvation n'a plus joué à Oslo depuis le 15 novembre 2017 ; et c'était pourtant
à guichet fermé. Nous sommes impatients d'entendre des chansons de toute la
carrière, teintées à la fois de pop, rock, prog et metal, avec des harmonies
vocales lourdes et des puissantes."
> Je constate ainsi que même les mélomanes
norvégiens se plaignent de la rareté de PoS !
Bref rappel biographique. PAIN OF SALVATION est un groupe suédois dont les fondements remontent en 1984 avec le seul membre original restant, Daniel Gildenlöw (chant et guitare). Reconnu
pour son incroyable instinct musical, sa grande variété d'influences et une
approche sombre et poétique. PAIN OF SALVATION a la réputation d'être
imprévisible, de sortir des sentiers battus et de vouloir expérimenter avec les
styles.Le son de Pain of Salvation est
caractérisé par une large gamme vocale et une oscillation entre passages lourds et calmes. Mais ce sont surtout les harmonies complexes, ponctuées de syncopes, de contretemps et de polyrythmies
qui entrainent l'auditeur dans un maelström enivrant. Ceux qui sont en capacité
de comprendre les textes anglais auront observé que jusqu'à présent, chaque
album sorti par le groupe est un album concept. Le groupe a tendance à aborder
des questions contemporaines, telles que la guerre, l'environnement, la
sexualité, ou encore la nature de Dieu, l'humanité et l'existence.
Le premier opus "Entropia" n'est paru qu'en 1997, même si Daniel Gildenlöw
a débuté les fondations du groupe dès 1984.
Le onzième
album studio, intitulé "Panther",
est paru le 28 août 2020. Rien
depuis cinq longues années, donc…
Je ne revois PAIN OF SALVATION ce soir que pour la
septième fois depuis le 7 février 2002 ; et encore, dont trois fois seulement
en France ! Au travers de ses entretiens et de son œuvre, je ressens Daniel
Gildenlöw comme un artiste particulièrement sensible et farouchement
indépendant. Il est rare, même sur les réseaux sociaux. Rien ne semble influer
sur son rythme créatif ni sur ses activités. La rareté entretient l'envie ; les
sorties du groupe sont donc guettées…
Daniel Gildenlöw
(chant et guitare) est actuellement entouré de Johan Hallgren (guitare, chœurs, de 1997 à 2011, puis depuis 2017), Léo Margarit (batterie, percussions, chœurs,
depuis 2007). Vikram A. Shankar
(claviers, percussions, chœurs, 2024), et Per Schelander (basse, 2024) semblent toujours considérés comme des
musiciens additionnels de tournée.
Malgré notre vigilance, et compte tenu de l'engouement
pour cette ultime prestation, nous ne retrouvons pas notre premier rang. Nous
nous positionnons cependant au deuxième rang face au centre de la scène, là où
nous apparait le nouveau Daniel. Le nouveau
car ce qui nous sidère d'amblée, c'est sa nouvelle apparence. Un peu comme l'a
fait il y a quelques années Einar Solberg (un
autre Suédois), Daniel a décidé de couper sa tignasse. Son apparence me
semble plus féline, mais plus austère. Il faudra nous y faire… Il continue à
nous surprendre.
Le concert débute très fort, dans tous les sens du
terme. La sonorisation nous semble excessivement puissante et pour la première
fois du festival, je dois me protéger de mes protections auditives ! De
surcroît, le choix du titre introductif a le mérite d'imposer à l'auditoire un
réveil très brutal, après le concert précédent (Cyan pour ceux qui n'ont pas tout suivi) qui fut davantage dans un lyrisme
plus apaisé.
L'éclairage me semble un peu trop sombre, mais il faut
reconnaitre qu'il sied bien à l'atmosphère requise. En fond de scène s'étale l'inquiétante
image d'une panthère sournoise dont le regard me rappelle étrangement celui de
Daniel.
D'une puissance phénoménale, le deuxième titre "Reasons" est loin de calmer les
esprits. Puis vient le "Meaningless"
un des titres que j'affectionne particulièrement pour sa fausse mélancolie
désespérée, marquée notamment par le chœur de Johan Hallgren. Avec "Wait"
l'univers musical devient moins violent, toute proportion gardée.
Les huit premiers titres restent ainsi dans la période
relativement récente des deux derniers albums (2017-2020), hormis la parenthèse
"Used" dont le rythme est
de nature à désarticuler le plus rigide des Guard de Buckingham Palace !
Lorsque tous les musiciens se coiffent d'un inquiétant masque à l'image d'un
chien, on comprend que nous aurons droit à "Panther".
Une bonne première moitié du concert aura été marquée
par un enchainement impitoyable n'offrant que peu de répit à l'auditoire
abasourdi. Enfin c'est mon ressenti, mais je reconnais que ma fatigue physique
se faisait déjà ressentir.
Loin de reposer les muscles déjà lourdement mis à
contribution, "On a Tuesday"
apporte cependant davantage de nuance, d'alternance entre le calme solennel et
la folie totale ; c'est aussi un de mes titres favoris. La séquence reste
toujours surprenante, lorsque Léo Margarit
derrière sa batterie chantonne d'une voix androgyne, avant que la folie
s'empare de la fosse. Ma nuque va encore souffrir demain. Le sac à poussière a
été encore très agité !
Puis le maelström semble s'apaiser quelque peu ; Daniel
semble affectionner l'opus "The
Perfect Element" puisqu'il y revient avec le titre éponyme. On
retrouve une certaine quiétude avec cette diversité musicale que j'apprécie
plus particulièrement dans la démarche du groupe, même si on demeure dans
l'humeur mélancoliquement désespérée.
Comme un clin d'œil à ma propre approche du groupe, le
programme aborde à deux reprises l'opus "Remedy Lane", tournée sur laquelle je les ai découverts à
l'époque.
Moi, le point
culminant du concert pour moi aura été le titre final (avant le rappel) ;
"Icon" me parle. Je ne sais pas pourquoi ; sans doute
toujours cette fameuse alternance de mélancolie tourmentée et de puissance
dévastatrice irrésistible. Une rythmique implacable sur un fond sonore
dissonant et inquiétant, tout cela crée en moi une perte totale du sens de la
raison. L'émotion m'a pris à la gorge et aux yeux. J'adore, tout simplement.
Déjà fatigué, ce titre a achevé d'épuiser mes ultimes forces. Imparable.
Tant et si bien que le temps du rappel, j'ai commencé
à regarder avec inquiétude l'heure qui s'approchait dangereusement de la limite
au-delà de laquelle nous aurions dû écouter la fête, ce dont j'ai horreur. A ce
moment-là nous ignorions en effet ce que nous réservait PoS, et j'espérais
toujours l'arrivée du frangin Kristoffer pour quelques titres joué ensemble.
Cela aurait été une apothéose. Mais cela ne se produira pas hélas. Ils n'ont
pas voulu nous accorder ce plaisir ; c'était pourtant l'occasion unique.
Dommage.
Au lieu de cela, "The Passing Light of Day" conclut le concert sur un crescendo
émotionnel. D'abord en quasi acoustique très calme, puis avec l'apport des
autres pupitres dans un final déchirant. Ce titre a eu le don de faire pleurer (au moins) deux Norvégiennes à mes
côtés. N'ayant jamais tenté de comprendre ces paroles en particulier, j'imagine
que leur sens doit être très triste.
Paradoxalement, je confesse que c'est avec une forme
de soulagement relatif que je constate la fin du concert. Au moins, nous
n'aurons pas à quitter une fête en cours…Nous pourrons quitter la fosse sans
frustration.
Bien évidemment le groupe recueille une belle ovation à
laquelle je ne participe que brièvement, ayant déjà tourné les talons.
Quatre albums ont été évoqués avec quatorze titres. Cinq sont issus de "Panther", quatre de "In the Passing Light of Day", trois
de "The Perfect Element - Part 1"
et deux de "Remedy Lane".
J'aurais apprécié que la période entre 2002 et 2017
soit davantage evoquée, mais puisqu'aucun titre ne m'a déplu, j'imagine que
j'étais condamné à une certaine attente insatisfaite.
PROGRAMME
Accelerator (Panther, 2020)
Reasons (In the Passing
Light of Day, 2017)
Meaningless (In the Passing
Light of Day, 2017)
Wait (Panther, 2020)
Used (The Perfect Element -
Part 1, 2000)
Panther (Panther, 2020)
Restless Boy (Panther, 2020)
On a Tuesday (In the Passing
Light of Day, 2017)
Falling (The Perfect Element
- Part 1, 2000)
The Perfect Element (The
Perfect Element - Part 1, 2000)
Chain Sling (Remedy Lane,
2002)
Icon (Panther, 2020)
Beyond the Pale (Remedy Lane,
2002).
RAPPEL :
The Passing Light of Day (In
the Passing Light of Day, 2017).
Nous ne pouvons pas nous permettre de saluer nos amis
avant de courir vers la gare pour monter dans le dernier train vers Oslo, ouf !
Nous nous effondrons dans les confortables fauteuils du wagon, épuisés
totalement mais heureux et conscients d'avoir vécu un Grand moment.