samedi 10 décembre 2022

CLUTCH – Bataclan (Paris 11e) – Samedi 10 Décembre 2022 à 19h30

Voilà un de ces groupes que j'avais vaguement écouté au gré de signalements sur les réseaux sociaux. Mais, faute de temps, on passe à autre chose. Pourtant, ce rock puissant et énergique n'est pas sans me rappeler d'autres groupes déjà vus/écoutés au cours des quatre dernières décennies ; j'y retrouve des sonorités sudistes, mais aussi celles encore plus rugueuses exprimées par THE ALMIGHTY, BIOHAZARD durant les années 90, ou plus récemment MOLYBARON…

C'est l'évocation de leur dernier concert à Toulouse qui m'a remis la puce à l'oreille. Au point d'acquérir le sésame ce 3 décembre, alors que la mise en vente avait débuté le vendredi 25 mars 2022 à 10h. Et pourtant, il n'était pas évident de m'investir pour ce concert prévisiblement agité et prévu de surcroit le lendemain de celui de Saxon. Ma p'tite Fée n'a d'ailleurs pas eu l'énergie de me suivre, c'est donc mon fiston qui m'accompagnera.

Je n'étais pas retourné au Bataclan depuis le 8 novembre 2017, date où se tenait l'un des trois concerts parisiens de TRUST. Ce lieu est chargé d'émotions ; nous sommes nombreux à le rattacher désormais à la barbarie depuis novembre 2015, mais j'essaie cependant de maintenir le souvenir plus heureux de Grands concerts. A commencer par mon premier concert d'IRON MAIDEN le samedi 21 mars 1981. J'y ai ainsi assisté à trente-neuf concerts (21 soirées), en quarante-et-une années ! Petite salle sympathique dont l'acoustique était médiocre, sa réhabilitation en 2017 l'a transformée en un magnifique auditorium. On apprécierait davantage de programmations convergentes avec les goûts de notre microcosme … Mais bon.

Après une file d'attente étonnement courte, nous allons nous positionner très aisément au premier rang, face au centre de la scène, très légèrement sur sa gauche ; nous y resterons fermement ancrés pendant toute la soirée ! Nous sommes très surpris par le peu de monde une petite heure avant le début annoncé ; l'actualité sportive aura probablement contribué à cette lenteur. Le public ne viendra s'amasser que plus tard dans la soirée, jusqu'à remplir la salle heureusement.

TIGERCUB [19h15-19h45].

Ce trio venu de Brighton a été formé en 2011 par Jamie Stephen Hall et James Allix qui se sont rencontrés dans une université de Brighton. En 2012, Jimi Wheelwright les rejoint. Après avoir fait paraitre trois monoplages étendus, ils ont enregistrés deux albums ; "Abstract Figures in the Dark" (2016) et "As Blue as Indigo" (2021).

Le groupe se compose ainsi actuellement de Jamie Stephen Hall (chant, guitare), James Allix (batterie), Jimi Wheelwright, (basse). Leur second album "As Blue as Indigo" est paru chez Blame Recordings, le 18 juin 2021.

La sonorisation aurait pu être meilleure avec seulement trois pupitres à équilibrer ; le chant ne fut pas toujours très audible. Le son trop puissant nécessitait des protections auditives. Un éclairage minimaliste et blafard laissait toutefois l'auditoire observer ces jeunes loups à l'aspect atypique, assez british. Le chanteur/guitariste androgyne aux ongles vernis, vêtu d'un pardessus kitchissime, le batteur en marcel avec une coupe "à la Blade Runner" et le bassiste avec un bonnet à pompon. La partie avant de la scène qui leur est concédée est dépouillée de tout artifice. La batterie présente un aspect également atypique, elle est totalement transparente ; on peut ainsi notamment distinguer le mécanisme de la grosse caisse.

Leur concert débute devant un parterre encore clairsemé, mais bienveillant. Je ne relève pas d'intérêt particulier de cette prestation, sympathique pour chauffer la salle mais sans plus. Une découverte qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Les anglais quittent la scène au bout d'une petite demi-heure, ovationnés poliment (Ils pourront ainsi assister à la défaite de leur équipe de football, hihi… mais là je m'égare).

Parmi les huit titres interprétés, quatre sont issus de "As Blue as Indigo" (2021).

PROGRAMME (photo de la liste)
Favourite Song (?, ?)
Sleepwalker (As Blue as Indigo, 2021)
Blue Mist in My Head (As Blue as Indigo, 2021)
Memory Glands (??, ??)
The Perfume of Decay (à paraitre, 2022)
Stop Beating on My Heart (Like a Bass Drum) (As Blue as Indigo, 2021)
Beauty (As Blue as Indigo, 2021)

GREEN LUNG [20h00-20h25]
https://greenlung.co.uk/

Dans le vaste éventail des styles de hard rock, j'affectionne particulièrement le "doom", qui décline à l'infini l'univers défini par BLACK SABBATH. A l'annonce de cette première partie, je fus donc satisfait et impatient de découvrir GREEN LUNG, dont je n'avais jamais entendu parler auparavant. Il faut reconnaitre que moult artistes se sont engouffrés avec plus ou moins de bonheur dans ce style sombre et enivrant. Fondé en 2017 à Londres (Angleterre) en quatuor, il se fit connaitre avec son rock influencé par les mouvements psychédéliques/stoner/doom. Il s'inspire de thèmes occultes et païens, ainsi que du folklore, des mythes et des légendes de Grande-Bretagne.

Tom "Templar" Killingbeck (34 ans, chant depuis 2017), Matt Wiseman (batterie depuis 2017), et Scott "Black" Masson (guitares depuis 2017), sont actuellement entourés de John Wright (claviers et percussions depuis 2018), Joe Murgatroyd, alias Joseph Ghast (basse et chœur depuis 2020), formant désormais un quintuor atypique pour un groupe de doom, genre peu enclin à la présence d'un clavier.

Après un premier album "Woodland Rites" paru le 20 mars 2019, leur second opus "Black Harvest" est paru chez le label Svart Records le 22 octobre 2021.

De chaque côté de la scène, deux tentures montrent chacune un bélier maléfique debout, en écho à la tête d'animal affichée sur la grosse caisse de la batterie. Aucun autre artifice ne sera déployé, sur cet espace qui s'est élargi avec le débarras du matériel précédent.


La sonorisation est puissante et il me semble prudent de garder les protections auditives. Cependant la musique est audible, malgré une balance qui m'a semblé parfois défavoriser le chant (depuis mon point d'écoute en tous cas). Rien de rédhibitoire puisque j'ai adoré ce son qui nous a ramené à l'âge d'or du rock sombre et lugubre des premières années du grand Sabbath. Les puissants accords de Scott "Black" Masson, chaloupés par les frappes redoutables de Matt Wiseman, soutenus des basses de Joe Murgatroyd, sont accompagnés d'un chant plaintif de Tom "Templar" Killingbeck qui nous rappelle plus souvent Ozzy Osbourne que R.J. Dio ou I. Gillan. Les lignes de clavier de John Wright ajoutent une très agréable touche 70's.

Bref, voilà encore un nouveau groupe à suivre ! Je suis conquis par cette prestation très convaincante qui m'a paru bien trop courte ; une petite demi-heure qui appelle un retour à Paris dans les meilleurs délais !

Le public s'est heureusement étoffé pour acclamer fortement cette révélation très, très prometteuse !

Parmi six titres, quatre sont issus de "Black Harvest" (2021), et deux de "Woodland Rites" (2019).

PROGRAMME (photo de la liste)
Woodland Rites (Woodland Rites, 2019)
Leaders of the Blind (Black Harvest, 2021)
Old Gods (Black Harvest, 2021)
Graveyard Sun (Black Harvest, 2021)
Reaper's Scythe (Black Harvest, 2021)
Let the Devil In (Woodland Rites, 2019).

CLUTCH [21h00-22h30]
https://www.pro-rock.com/

Fait notable dans le monde artistique ; depuis sa formation en 1991, à Germantown (Maryland/USA), le groupe a conservé une formation constante composée de Neil Fallon (voix principale, guitare rythmique, Thérémine), Tim Sult (guitare principale, chœurs), Dan Maines (basse, chœurs) et Jean-Paul Gaster (batterie, percussions).

Clutch s'est forgé le succès dans les années 2000 grâce à ses tournées incessantes démontrant sa réputation de groupe de rock surpuissant, mêlant blues, rock sudiste, et hardrock. Le monoplage "Passive Restraints", sorti sur le label Earache, a été la première sortie commerciale de CLUTCH, attirant l'attention d'autres labels. Leur premier album, "Transnational Speedway League", est paru le 17 aout 1993. Autre particularité, depuis 2008, le groupe est signé sur son propre label, Weathermaker Music.

Pour la petite histoire, avant de se fixer sur le nom CLUTCH, le groupe a utilisé les premiers noms GLUT TRIP et MORAL MINORITY. J'aurais bien aimé qu'ils gardent ce deuxième ! Le nom du groupe a finalement été choisi en raison de l'intérêt du groupe pour les voitures à l'époque, et du fait qu'il s'agit d'un nom à une syllabe comme beaucoup de groupes de l'époque, y compris Prong, dont le groupe était fan.

Le treizième album studio, "Sunrise on Slaughter Beach" est paru le 16 septembre 2022.

Le mur du fond de scène est entièrement couvert du tableau représentant le dernier opus. La batterie est traditionnellement installée au fond cernée des lignes d'amplificateurs (Orange et Marshall). Aucune autre fioriture pour exprimer un rock brut de décoffrage.

Très puissante mais audible, la sonorisation m'a toutefois semblé minorer un peu trop le chant. Mais cette impression est probablement causée par ma proximité des enceintes.

En tant que novice dans ce public-là, j'avais pris la précaution de visionner quelques vidéos de concerts en préalable, ce qui m'avait averti de la santé nécessaire pour demeurer dans la fosse… Solidement accroché à ma barrière, j'ai pu mesurer le poids d'une horde en folie harcelant mon pauvre dos de quinqua, durant quatre-vingt-dix minutes. Mais j'ai tenu, vaillamment. Et cela en valait la peine, pour observer l'éloquence de Neil Fallon, qui tranche avec la sobriété de ses comparses. Très expressif, il sillonne la scène pour raconter ses histoires à son auditoire, semblant persuadé que nous comprenons son américain accentué (ce qui n'est pas mon cas). Hormis le chant, il assume souvent la guitare rythmique, parfois l'harmonica ou des percussions durant "D.C. Sound Attack !" et même le Thérémine durant "Skeletons on Mars".

Tim Sult est très appliqué sur ses accords au point de rester planté toute la soirée à bidouiller son matériel, obsédé notamment par sa pédale wah-wah dont il use à volonté. Dan Maines assume efficacement toutes les lignes de basse, mais reste discrètement dans son coin au fond et n'en bouge que pour se rendre de temps à autre sur sa console de réglages. Jean-Paul Gaster est l'imperturbable métronome de service, dont j'ai cependant apprécié les frappes subtilement chaloupées et redoutables.

Je suis ainsi globalement emballé par cet univers torride et terriblement puissant. J'avais conservé un souvenir lointain de ces concerts musclés (THE ALMIGHTY le 22 aout 1992, ou BIOHAZARD le 4 juin 1994 par exemple) ; cette soirée aura au moins eu le mérite de décrasser les cages à miel !

Le souci pour continuer à assister à ce type de soirée, c'est qu'il faut conserver la forme de ses jeunes années, car si ne je n'avais pas eu cette opportune barrière devant moi, je n'aurais sans doute pas tenu longtemps dans ce bénitier endiablé ! Je me suis retourné deux ou trois fois pour observer la frénésie dont s'emparaient les fous furieux venus faire la fête ! Ça faisait quand même plaisir à voir. Tous les jeunes n'écoutent donc pas que de la mièvrerie médiatisée, fort heureusement ! Non, le rock n'est pas mort !!

C'est assez rare pour être souligné, durant sa tournée, le programme de CLUTCH diffère souvent d'un concert
à l'autre. Aujourd'hui, parmi les vingt titres, quatre sont issus de "Sunrise on Slaughter Beach" (2022), trois de "Blast Tyrant, 2004", trois de "Earth Rocker, 2013", trois de "Psychic Warfare, 2015", deux de "Clutch, 1995", un de "Book of Bad Decisions, 2018", un de "From Beale Street to Oblivion, 2007", un de "Robot Hive/Exodus, 2005", un de "Transnational Speedway League, 1993", et un de "Passive Restraints, 1992".

PROGRAMME (photo de la liste)
Passive Restraints (Passive Restraints, 1992)
The Mob Goes Wild (Blast Tyrant, 2004)
Earthrocker (Earth Rocker, 2013)
Red Alert (Boss Metal Zone) (Sunrise on Slaughter Beach, 2022)
Nosferatu Madre (Sunrise on Slaughter Beach, 2022)
Walking in the Great Shining Path of Monster Trucks (Transnational Speedway League, 1993)
(Notes from the Trial Of) La Curandera (Blast Tyrant, 2004)
The House That Peterbilt (Clutch, 1995)
Sucker for the Witch (Psychic Warfare, 2015)
Skeletons on Mars (Sunrise on Slaughter Beach, 2022)
X-Ray Visions (Psychic Warfare, 2015)
Firebirds! (Psychic Warfare, 2015)
Slaughter Beach (Sunrise on Slaughter Beach, 2022)
Burning Beard (Robot Hive/Exodus, 2005)
The Regulator (Blast Tyrant, 2004)
D.C. Sound Attack ! (Earth Rocker, 2013)
Spacegrass (Clutch, 1995).
RAPPEL :
Ghoul Wrangler (Book of Bad Decisions, 2018)
Electric Worry (From Beale Street to Oblivion, 2007)
The Face (Earth Rocker, 2013).

Je sors de la fosse épuisé mais content. Je regarde l'échoppe, sans être tenté outre mesure. Je reste sage pour ma dernière soirée metal de l'année 2022. On la terminera plus en douceur dans une semaine, au mythique Spirit of 66 …



 

vendredi 9 décembre 2022

SAXON – Le Trianon (Paris 18e) – le vendredi 9 décembre 2022 à 19h00.

Quelle nouvelle calamité pouvait encore contrarier nos esprits déjà tourmentés après deux années de Pandémie, après une guerre aux portes de l'Europe,  alors que le nombre d'imbéciles sur Terre semble s'accroitre à proportion de sa population, et que le dérèglement climatique semble hors de contrôle … Allons, toute proportion gardée, pourquoi pas une p'tite inondation, hein ?! Qu'à cela ne tienne, dans l'après-midi du dimanche 2 octobre 2022, à quelques heures du concert, nous sommes alertés par un communiqué, nous annonçant que le Trianon rencontre des soucis de plomberie !

Il faudra attendre quelque temps après pour être rassurés sur le report de la soirée ; Gérard Drouot Productions annonce : "Nous sommes heureux d’annoncer le report du concert de Saxon prévu le dimanche 2 octobre 2022, au vendredi 9 décembre 2022 dans la même salle. Nous invitons les spectateurs à conserver leurs billets, qui resteront valables pour cette nouvelle date. Les clients souhaitant se faire rembourser leurs billets peuvent s’adresser au point de vente où ils ont été achetés. Nous remercions les spectateurs de leur compréhension. L’équipe Gérard Drouot Productions".

Le calendrier de cette période était déjà bien chargé (après le concert de SOEN et avant celui de MAGMA et celui de THE WINDMILL), nous avons donc pris ce report avec soulagement et philosophie. SAXON se présente ainsi à Paris treize jours après la fin officielle de leur tournée européenne, alors que cette étape aurait dû en être la première. On peut donc leur savoir gré de cet effort respectueux de son fidèle public. Seul dégât collatéral, que nous n'apprenons que ce soir, DIAMOND HEAD est remplacé par VICTORY.

Déçu de ne pas revoir une troisième fois ceux qui ont marqués l'Histoire du metal (au point d'inspirer Metallica). D'autant plus qu'ils sont remplacés par un ensemble musical, "Victory" qui, à l'instar de Molly Hatchet, n'a pas eu l'honnêteté de changer de nom après le départ de leurs membres fondateurs. Ce soir, je vais pourtant leur accorder le bénéfice du doute.

C'est dans ces conditions que je me rends, avec ma p'tite Fée et mon rejeton, à une soirée qui me rappellera Mes années 80. Celles du Renouveau du hardrock, autrement appelé en son temps la "NWOBHM" (New Wave Of British Heavy Metal). Encore une occasion de réaliser que le temps s'écoule inexorablement ; plus de quarante années sont passées, mais il me plait de croire que je reste cet adulescent qui continue de s'émerveiller et de voyager dans l'espace et dans le temps.

SAXON a marqué fortement l'Epoque, sans toutefois avoir suivi l'ascension des meilleurs. Et pourtant, ils sont toujours là. Cette soirée est d'autant plus attrayante qu'elle se tient dans un des plus beaux auditoriums parisiens, le Trianon de Paris.

18:30 Ouverture des portes.

Avec mon fils, nous nous plaçons en fosse, à deux rangs du centre de la scène. Ma p'tite fée a opté pour la mezzanine avec un pote ; nous aurons ainsi l'occasion de comparer nos impressions de deux points de vue/écoute.

VICTORY [19:00-19:45].

A l'instar de Molly Hatchet, Victory est désormais l'ombre de lui-même, il a été formé en 1984 par des musiciens allemands dont aucun ne subsiste à ce jour ; les derniers cofondateurs, le guitariste Tommy Newton et le bassiste Peter Knorn sont partis en 2011. Depuis 1994, les divergences nuisaient au groupe qui finit par se séparer après la promotion du dernier album "Voiceprint" paru en 1996. Une reformation partielle aboutit à un huitième album "Instinct" paru en 2003.

Le plus ancien membre est le guitariste Herman Frank recruté en 1986 mais qui avait abandonné le groupe durant dix années, entre 1995 et 2005. Je l'avais vu deux fois sur scène lors de son très bref premier passage au sein d'Accept en 1983. Curieusement, en parallèle à son retour au sein de Victory, Herman est revenu au sein d'Accept, de 2005 jusqu'à son nouveau départ le 28 décembre 2014 ; période durant laquelle je n'avais plus suivi ce groupe.

A l'issue de ce parcours chaotique, le quintet se compose actuellement d'Herman Frank (guitare 1986–1995, et depuis 2005), de Christos Mamalitsidis (guitare depuis 2013), Peter Pichl (basse, depuis 2013), Michael Wolpers (batterie depuis 2013) et Gianni Pontillo (chant, depuis 2019).

Un onzième album de ce pseudo-groupe, "Gods of Tomorrow", est paru le 26 novembre 2021.

Compte tenu de leur statut, les musiciens peuvent se déclarer satisfaits des moyens mis à leur disposition. Ils bénéficient d'une sonorisation correcte (je me protège les oreilles par précaution) pas de surpuissance et les pupitres sont audibles. L'éclairage est correcte également et la scène est sobre, pas de fond de scène ; seul la batterie montre le logotype du groupe.

Leur prestation fut convaincante. Les musiciens sont d'un bon niveau et ils interprètent les titres avec la même respectable fougue des groupes de reprise. Ils ont su enthousiasmer le public avec une grande efficacité toute germanique. Tous sont impliqués. Herman maintient manifestement l'intérêt du groupe avec des soli ciselés pour les mélodies. Mais physiquement il me fait de la peine ; je ne l'avais pas revu depuis plus de 39 années, quand même…il m'a semblé très marqué par ses années sur les planches.

Je les ovationne sincèrement pour avoir chauffé la salle avec ferveur et conviction. Mais il n'en demeure par moins que pour moi cette formation aurait dû se présenter sous le pseudonyme Victory II.

Parmi les titres interprétés, deux ont été reconnus mais il reste à définir les autres …

Are You Ready (Don't Get Mad... Get Even, xxx)
Take the Pace (Temples of Gold, xxx)
… (à déterminer)

Alors que la bande-son d'entracte diffuse une succession de titres phares des années 80, quelques parasites tentent de s'incruster dans nos premiers rangs ; ils n'assument pas leur arrivée tardive et s'imaginent qu'ils pourront me défaire de mon emplacement. C'est bien mal me connaitre. Après une brève mise au point je me fais comprendre, on ne viendra plus me casser les c….

SAXON [20:15-22:00]

Ce quintet anglais a été formé en 1977 à Barnsley, sous le nom "SON OF A BITCH", par Peter "Biff" Byford au chant, Paul Quinn (deux ex-membres du groupe COAST), rejoints par Graham Oliver aux guitares, Steve "Dobby" Dawson à la basse (deux ex-membres du groupe SOB), puis par Pete Gill à la batterie. En 1979, le groupe change son nom en SAXON et signe avec le label (français !) Carrere qui sort alors son premier album éponyme.

Alors que le heavy metal en était à ses balbutiements, mettant le hardrock en mutation, Saxon était un des fers de lance de la NWOBHM. Il faut se rappeler que dans les années 1980, huit albums étaient positionnés au Top 40 britannique, dont quatre albums du Top 10 et deux albums du Top 5. De nombreux monoplages se sont placés dans les meilleurs classements britanniques européens et japonais. Au cours des années 1980, Saxon a vendu plus de 13 millions d'albums dans le monde.

Voilà pour son pédigrée reconnu. Pour ma part, ce groupe m'a passionné peu après la parution de "Wheels of Steel" (paru le 5 mai 1980), puis encore davantage avec celle de "Strong Arm of the Law" (paru le 1er septembre 1980). J'ai continué à le suivre assidument jusque "Rock the Nations" (paru le 19 Septembre 1986). Mais, si j'apprécie toujours les ambiances festives de ses concerts, je confesse l'avoir peu à peu mis de côté, au profit d'artistes qui me parurent plus audacieux (Iron Maiden bien sûr, mais aussi Tyger of Pan-Tang, Def Leppard, Girlschool, Rock Goddess, Holocaust, Witchfinder General, Tokyo Blade, pour ne parler que de la NWOBHM…).

Ainsi, contrairement à d'autres groupes de cette mouvance, je ne l'ai vu que quatre fois ; une première le 22 novembre 1981 au Pavillon Baltard de Nogent sur Marne-94 (tournée Denim&Leather), puis le 11 octobre 1985 au Zénith de Paris (tournée Crusader), le 2 novembre 1986 au Zénith de Paris (tournée Rock the Nations) et enfin le 13 septembre 2008 au Raismesfest (tournée Into The Labyrinth).

Un concert de Saxon ne déçoit pas ; l'ambiance est garantie. Des rythmes relativement binaires, des accords mélodiques accrocheurs et saturés ... ces maudits anglais maîtrisent les ingrédients de base ! Il me plaisait de le répéter : "SAXON, c'est le secret des ambiances réussies !"

Il convient aussi de saluer la persévérance de Peter Rodney "Biff" Byford (71 ans, chant depuis 1977 - né le 15 janvier 1951), et de Paul Quinn (70 ans, guitares depuis 1977 - né le 26 décembre 1951) toujours aux commandes. Entourés de Nigel Glockler (69 ans, batterie depuis 1981, avec quelques interruptions – né le 24 janvier 1953), mais aussi de Nibbs Carter (56 ans, basse depuis 1988), et de Doug Scarratt (63 ans, guitares depuis 1995). On peut donc parler de relative stabilité depuis plus de vingt ans avec ce gang de papy dont la moyenne d'âge s'établit à 66 ans !

Voilà, pour toutes ces raisons, je tenais à emmener mon fils et ma P'tite Fée pour assister à un concert de ces authentiques vétérans !

Son vingt-troisième album studio, le bien nommé "Carpe Diem", est paru le 3 février 2022. C'est tout simplement un de mes préférés de l'année 2022 dans ma catégorie "metal" (en compétition avec le Magnum, le Rammstein et le Scorpions et, dans une moindre mesure, le Ghost). Leur tournée promotionnelle (17 dates prévues) intitulée "Seize the Day World Tour" devait débuter par Paris ; finalement elle s'y achèvera !

Une excellente sonorisation m'autorisera à ne pas protéger mes oreilles, même à proximité de la scène ; pas de surpuissance et la qualité rend audible tous les pupitres. (nota bene : Perception identique depuis la mezzanine) Un éclairage très colorés, et bien orienté permet aux yeux et aux objectifs de capter les plans de scène. Au mur est étendu le drap sur lequel est dessiné l'immuable logotype du groupe. Au centre, la batterie surplombe la scène sur un socle revêtu du thème du dernier opus. A chacun de ses côté sont alignés les amplificateurs estampillés du logo. Pour seuls effets spéciaux, quelques sobres jets de vapeurs, mais sinon pas d'extravagance, juste le rock'n'roll quoi !

Biff est vêtu de sa veste triplement boutonnée qui me paraitrait encombrante mais qui semble lui convenir, en tout cas il a toujours de l'allure avec ! Sa voix est intacte et nous laisse croire que le temps n'a que peu de prise sur lui. C'est agréable, et rassurant pour ceux de nous qui le suivent depuis quatre décennies… Eloquent, face à son ventilateur, il chante avec charisme et conviction un programme qui m'a semblé équilibré, même si j'aurais apprécié aussi davantage d'évocation de nos années 80.

Paul Quinn est là, c'est sûr. Mais sobrement. Il assure quelques soli efficaces, mais nettement il a passé le relais au plus flamboyant Doug Scarratt. En tous cas ces deux-là ont su faire résonner en nous les meilleurs souvenirs du parcours du groupe ! Nibbs Carter est le plus jeune et aussi le plus agité du groupe ! En même temps, on comprend qu'il ressente le besoin de se dégourdir car pour accompagner les rythmes relativement binaires martelés par Nigel Glockler, sa fonction est le plus souvent (mais pas toujours) d'assurer des ostinatos.

Bon voilà le tableau ; on n'est pas ici pour faire de la dentelle, juste pour écouter du heavy metal basique mais terriblement efficace. Mon exigence de mélomane aurait apprécié davantage de nuances sur certains titres emblématiques ; par exemple sur "Dallas 1 PM", la reprise après la brève bande son des coups de feu aurait pu s'amplifier avec un crescendo qui aurait sans doute emporté le public dans un pogo infernal. En revanche, l'enchainement avec "Heavy Metal Thunder" de Zeus fut très apprécié ! Depuis le début du concert un admirateur du premier rang brandissait un drapeau à l'image de "Wheels of Steel" ; manifestement cela n'avait pas échappé à Biff qui attendit son interprétation pour le réclamer et le poser sur le socle de batterie et le fixer solidement avec deux bouteilles d'eau ! Encore un beau geste de reconnaissance pour son fidèle auditoire, d'autant plus que Biff aura la précaution de lui restituer l'objet à la fin dudit titre ! Respect ! Peu de répit dans ce flux de metal incandescent, hormis peut-être le (relativement) calme "The Eagle Has Landed".

Le rappel est évidemment exigible et dûment exprimé ! Seul bémol durant celui-ci, à mon sens en tous cas, le titre légendaire "Strong Arm of the Law" est tronqué en le mixant avec "Solid Ball of Rock". Un peu dommage quand même… Mais bon, en poursuivant avec "747", puis le puissant "Denim and Leather" on leur pardonne volontiers ! Pour clore cette soirée festive, nous eûmes droit à un bondissant "Princess of the Night" qui me permis de clamer une nouvelle fois mon Amour pour ma Belle princesse dans sa mezzanine ! Romantique, moi ? bah oui, cela m'arrive …

Cette prestation ne pouvait pas me décevoir ; elle fut conforme à ce que je suis venu rechercher. Faire la teuf et la partager à mes êtres chers.

La réaction du public a logiquement répondu à l'attente du groupe qui semble avoir remarqué l'engouement du public parisien, en dépit de la barrière de la langue. J'ai connu des publics de Saxon bien plus agités que ce soir, mais cela m'arrangeait bien après une journée automnale de travail ! L'essentiel est que tout le monde avait le sourire en sortant !

Parmi les vingt titres interprétés, six sont issus de "Carpe Diem", (2022), quatre de "Denim and Leather", (1981), deux de "Strong Arm of the Law", (1980/09), deux de "Wheels of Steel", (1980/04), un de "Power and the Glory", (1983), un de "Unleash the Beast", (1997), un de "Metalhead", (1999), un de "The Inner Sanctum", (2007), un de "Sacrifice", (2013), une séquence a rendu hommage à deux opus (Strong Arm of the Law, 1980/09 / Solid Ball of Rock, 1990).

PROGRAMME
Carpe Diem (Seize the Day) (Carpe Diem, 2022)
Sacrifice (Sacrifice, 2013)
Age of Steam (Carpe Diem, 2022)
Never Surrender (Denim and Leather, 1981)
I've Got to Rock (To Stay Alive) (The Inner Sanctum, 2007)
Dambusters (Carpe Diem, 2022)
The Thin Red Line (Unleash the Beast, 1997)
Living on the Limit (Carpe Diem, 2022)
Dallas 1 PM (Strong Arm of the Law, 1980/09)
Heavy Metal Thunder (Strong Arm of the Law, 1980/09)
Metalhead (Metalhead, 1999)
The Eagle Has Landed (Power and the Glory, 1983)
Black Is the Night (Carpe Diem, 2022)
And the Bands Played On (Denim and Leather, 1981)
Wheels of Steel (Wheels of Steel, 1980/04).
RAPPEL :
The Pilgrimage (Carpe Diem, 2022)
Strong Arm of the Law / Solid Ball of Rock
(Strong Arm of the Law, 1980/09 / Solid Ball of Rock, 1990)
747 (Strangers in the Night) (Wheels of Steel, 1980/04)
Denim and Leather (Denim and Leather, 1981)
Princess of the Night (Denim and Leather, 1981).

En sortant je passe à l'échoppe, histoire de me laisser tenter. Il faut dire que je n'ai jamais acheté de t-shirt de SAXON à leurs concerts. Il me semblait que ce beau concert était l'occasion de rétablir cette injustice. Mais j'ai amèrement regretté de ne pas avoir saisi l'occasion au début de la soirée où le beau t-shirt rouge était encore disponible, avec ses dates au verso. Cette fois, tout était vendu ; logique en cette fin de tournée, j'en suis ravi pour eux, tant pis pour moi. Côté positif 35€ d'économisé !


 

dimanche 27 novembre 2022

POWERWOLF – LE ZENITH (Paris 19e) – dimanche 27 novembre 2022.

A priori je ne suis plus enclin, depuis belle lurette, à assister à une soirée consacrée au "power metal", qui est une des nombreuses déclinaisons dans le vaste Univers du Hard-Rock. Avec l'âge, je suis moins souvent d'humeur à sauter comme un cabri, mais il m'arrive de faire appel à cette source d'énergie, lorsque la mélancolie me pèse. Je reprends alors volontiers la guitare en carton, je mets les deux doigts dans la prise, et c'est parti pour secouer la crinière dans le sac à poussières. Ces accords ébouriffés, ces chants aigus, cette énergie dévastatrice décrasse les cages à miel, comme disait tonton Zézé ! Dans les années 80, on évoquait davantage le terme de "heavy-speed mélodique", qui me semble plus approprié que "power". A mon sens, la puissance est un euphémisme pour définir tous les styles dans le Hard. Les centrales motrices que j'apprécie le plus sont Angra, Helloween, Manticora ou plus récemment et dans une moindre mesure Sabaton.

Mais lors du festival Download, le 15 juin 2018, j'avais été très impressionné par la prestation de POWERWOLF, dans le cadre de sa promotion "The Sacrament of Sin" qui est paru le 20 juillet 2018. Leur concert exprimait en harmonie, la puissance et l'efficacité avec une rigueur germanique. Les musiciens assumaient excellemment toutes les partitions notamment avec deux claviers (en comparaison avec Sabaton qui se contente de bandes-sons). Cette découverte m'avait motivé pour les voir dès l'automne suivant au Bataclan, avant de constater que ce concert était déjà à guichet fermé. J'attendais donc avec impatience cette nouvelle tournée. Hélas, ces allemands ont subi la Pandémie, comme tant d'autres ; ce concert, initialement prévu le 07 octobre 2021 avait donc été reporté à ce 27 novembre 2022.

Dans l'allée qui mène au Zénith, on pressent que le public n'est pas venu pour une veillée funèbre. Ça sent la teuf, et la déraison. Nous partageons la révolte ultime d'un exaspéré qui scande "Libérez la moutarde ! Libérez la moutarde !" ! Revendication parfaitement légitime en ces temps difficiles, que je soutiens volontiers. Mais finalement elle est peu reprise par les mélomanes venus chercher d'autres sensations, bien plus forte que la moutarde (bien que tout soit relatif !).

Dans ce calendrier d'automne très chargé, j'avais tardé à me procurer mon ticket. Accompagné/motivé par mon fils, je me le procure au guichet sans difficulté et sans surcout.

Une fois dans l'antre du Loup, c'est la foule des grands jours, le Zénith, dans sa plus grande configuration, est plein comme un œuf. Le maximum des 5700 est probablement atteint. C'est rassurant de constater qu'il reste encore autant de tympans fêlés de nos jours !

Avec mon fils, nous parvenons à contourner la masse centrale et nous glisser sur la droite de la fosse, sans souffrir de la perspective, ni de la sonorisation.

WARKINGS [18h35-19h20]

Totalement inconnu de mes répertoires, Warkings est un groupe international formé en 2018. Avec un nom pareil on sait s'attendre à un discours guerrier et à une musique qui sonne la charge de la cavalerie. Ces messieurs sont de ceux qui cultivent le mystère de l'anonymat, mais en cherchant un peu j'ai appris que le quartet se compose de l'autrichien Georg Neuhauser (alias The Tribune), au chant, et des allemand Markus Pohl (alias The Crusader), à la guitare Chris Rodens (alias The Viking) à la basse, et Steffen Theurer (alias The Spartan) à la batterie. Sur cette tournée, ils ont invité la turque Secil Sen (alias Morgana le Fay) pour quelques éructations.

Leur premier album, "Reborn" est paru le 16 Novembre 2018. Un quatrième album, intitulé "Morgana" est paru le 11 novembre 2022.

Ils bénéficient d'un très éloquent tableau en fond de scène ; le nom du groupe s'affiche en lettres stylisées et énormes au-dessus d'un tas de crânes, dans un décor apocalyptique. Sur la scène, les musiciens sont entourés d'étendards et d'oriflammes d'origines hétéroclites.

Mon inquiétude s'accroit lorsque une sorte de forgeron se présente seul sur la scène encore vide, muni d'une masse un peu kitsch. Il plombe la scène de quelques coups, un peu comme au théâtre. Apparaissent alors les personnages d'une pièce qui va se jouer en quarante minutes. Acteurs ou musiciens, à ce stade on n'en est pas encore très sûr. Ils sont déguisés et grimés en soldats d'outre-tombe et se cachent derrière des casques de combats, eux aussi d'époques hétéroclites.

Leur goût prononcé pour la dissimulation (pseudonymes et déguisements) leur autorise tous les excès gratuits et peu convaincants. Leur conviction s'affiche à grands renfort de gesticulations, de bruits et de rythmes lourds. Voir pesants. Heureusement que le ridicule ne tue pas ; et pourtant un combat contre ce redoutable adversaire pourrait être une autre source d'inspiration pour leur chansons. Le renfort guttural de Morgana le Fay sur quelques titres ne changera pas le cours des choses. Pour accentuer mon malaise, des bandes-son laissent entendre un clavier venu de nulle-part…

Allons, soyons indulgents, le guitariste nous a cependant allégé l'esprit de quelques jolis soli, et le chanteur n'est pas mauvais. Pourtant soutenu par un bon éclairage et une bonne sonorisation, WARKINGS ne sera pas parvenu à me laisser un souvenir impérissable.

Ils pourront se satisfaire de cette valeureuse part du public (il en faut aussi !) qui a su les ovationner.

Etonnement ils n'ont pas particulièrement promu leur dernier album puisque sur huit titres, quatre sont issus de "Reborn" (2018), deux de "Revolution" (2021), un de "Revenge" (2020) et seulement un de "Morgana" (2022).

PROGRAMME
The Last Battle (Reborn, 2018)
Spartacus (Revolution, 2021)
Maximus (Revenge, 2020)
Monsters (Morgana, 2022)
Fight (Revolution, 2021)
Hephaistos (Reborn, 2018)
Sparta (Reborn, 2018)
Gladiator (Reborn, 2018).


DRAGONFORCE [19h40-20h30].
dragonforce.com

Je ne connaissais pas ce quintuor de "power metal" formé par les guitaristes Herman Li et Sam Totman à Londres en 1999, d'abord sous le nom de DragonHeart (1999-2002). Leur premier opus "Valley of the Damned" parait le 27 février 2003, soutenu par le label Sanctuary Records. Le quatrième opus "Ultra Beatdown" parait le 26 aout 2008 avec le label Roadrunner Records. Le sixième opus " Maximum Overload" parait le 18 aout 2014 avec le label Metal Blade Records.

DragonForce est reconnu pour illustrer tout particulièrement le genre par de nombreuses interventions de guitares, dont les soli longs et rapides sont soutenus par des rythmes effrénés. Les thèmes abordent le plus souvent des jeux vidéo.

Le quintuor est actuellement composé de Herman Li (46 ans, guitare, chœurs, depuis 1999), Sam Totman (48 ans, guitare, chœurs, depuis 1999), Marc Hudson (35 ans, chant principal, depuis 2011), Gee Anzalone (batterie, percussions, chœurs, 2014 depuis) et Alicia Vigil (basse, chœurs, depuis 2022; membre en tournée depuis 2020).

Leur huitième album studio, "Extreme Power Metal" est paru le 27 septembre 2019.

En fond de scène s'affiche le logotype surmontant un dessin assez flou que, en tant que profane, je ne parviens pas à distinguer nettement. L'éclairage m'a paru très lumineux et varié. L'espace scénique est fatalement minoré par celui réservé à la tête d'affiche mais cependant il est très bien exploité. A chaque extrémité sont posées des répliques actives de consoles de jeux, telles que nous les trouvions dans les bars dans les années 80 et 90. La batterie est au centre sur son piédestal, elle est entourée de deux écrans sur lesquels sont diffusés vous savez quoi (?)… des images de jeux vidéo bien sûr !

Une excellente sonorisation m'a permis de découvrir et d'apprécier les talents. La puissance est maitrisée et ne nécessite pas de protection auditive. J'ai immédiatement trouvé la Porte et distingué toutes les subtilités harmoniques de cette musique jouissive et entrainante. Le chanteur est doté de la tessiture requise pour le genre et son charisme rend le personnage attractif. Il a tenté de baragouiner quelques mots en français mais il a vite cédé cette fonction à Herman Li qui maitrise parfaitement la langue de Molière. Etonnant quand on sait qu'il est originaire de Hong-Kong. Ce dernier a par ailleurs surtout brillé par sa virtuosité à la guitare. Quel talent pour ne pas confondre vitesse et précipitation ; peu de notes sont omises ! Son complice Sam Totman excelle notamment à lui donner la réplique dans des duos étourdissants et très mélodiques. La base rythmique basse/batterie fut d'une efficacité sans faille, apportant les chœurs en supplément. Alicia Vigil me semble bien s'impliquer dans les interprétations avec entrain et sourire ; son intégration serait méritée.

Je souligne leur reprise audacieuse mais très efficace de la chanson interprétée par Céline Dion pour le film Titanic. A cette occasion (mais pas seulement), la fosse intensifia encore son excitation dans une énorme et bienveillante agitation circulaire ! Les corps s'élèvent et sont portés dans une joyeuse pagaille ! Tous les titres sont pareillement saisissants de talent et de dextérité des guitaristes, tels que "Cry Thunder"

A ces instants, j'ai une pensée émue pour ceux de mes chers amis progueux, qui critiquent John Petrucci pour sa rapidité d'exécution ; je serais assez sadique pour les enfermer dans une pièce en leur imposant des heures d'écoutes de "powermetal" pour leur faire admettre d'une part que tout est relatif, et d'autre part que même dans la vélocité on peut trouver de l'émotion… héhéhé… Mais bon, là je m'égare sans doute…

La réaction du public fut à la hauteur de cette messe pour un bonheur présent ; rondes infernales, joyeuses bousculades et danses frénétiques ont contribué à l'ambiance festive que n'ont pas manqué de remarquer les musiciens.

Une prestation enthousiasmante et réjouissante qui m'incitera assurément à prospecter leur carrière, à l'aune de ce que j'ai sincèrement aimé ce soir.

Sur sept titres, deux sont issus de "Extreme Power Metal" (2019), un de "Maximum Overload" (2014), un de "The Power Within" (2012), un de "Inhuman Rampage" (2006), un de "Sonic Firestorm" (2004), de une reprise de Horner et Jennings (Titanic, 1997).

PROGRAMME
Highway to Oblivion (Extreme Power Metal, 2019)
Three Hammers (Maximum Overload, 2014)
Fury of the Storm (Sonic Firestorm, 2004)
The Last Dragonborn (Extreme Power Metal, 2019)
My Heart Will Go On (Titanic, 1997/James Horner et Wilbur Jennings, popularisé par Céline Dion)
Cry Thunder (The Power Within, 2012)
Through the Fire and Flames (Inhuman Rampage, 2006)

POWERWOLF [21h-22h45]

Les deux membres fondateurs, Benjamin Buss et David Vogt sont des amis jouant ensemble depuis longtemps dans des groupes, avant de former Powerwolf en 2003 ; Originaire de Sarrebruck, il a d'abord été soutenu par le label Metal Blade Records, leur premier album "Return in Bloodred" est paru le 4 avril 2005. Le groupe est entré pour la première fois dans les classements officiels allemands en 2009 avec son troisième album, "Bible of the Beast" paru le 27 avril 2009. A partir de 2012, il signe chez le label Napalm Records et leur cinquième album "Preachers of the Night" parait le 19 juillet 2013.

Leur prédilection pour les thèmes et les images sombres les distinguent des autres groupes officiant dans le power metal traditionnel. On entend le plus souvent des compositions aux accents gothiques ou démoniaques et des chansons sur les légendes de loups-garous et de vampires. Ils utilisent abondamment orgues et chœurs rappelant fréquemment des chants religieux, citant parfois des expressions en latin, martelés en grimaçant.

Bon, à mon sens on est aux frontières du mauvais goût, voire du grotesque, je ne sais pas trop s'ils parodient les rites chrétiens pour s'en moquer en toute démagogie pour correspondre à l'air du temps (c'est sans doute plus facile que de moquer une autre religion (…), par les temps qui courent !), ou simplement parce que c'est esthétique. Mais quoi qu'il en soit, je tolère et j'apprécie. Sans doute en raison du caractère malgré tout festif et entrainant de leur mélodies.

Leur huitième album "Call of the Wild" est paru le 16 juillet 2021.

Le quintuor allemand se compose actuellement de Benjamin Buss alias "Matthew Greywolf" (45 ans, guitare, depuis 2003) et David Vogt alias "Charles Greywolf" (47 ans, guitare, depuis 2003 puis basse, depuis 2011), soutenus par Karsten Brill alias "Attila Dorn" (52 ans, chant, depuis 2003), Christian Jost alias "Falk Maria Schlegel" (47 ans, orgue et synthétiseur, depuis 2003), et Roel van Helden (42 ans, batterie, depuis 2011).

La scène est magnifiquement décorée d'une imitation de ruines médiévales. En fond de scène, un écran géant montre alternativement plusieurs somptueux tableaux pour illustrer les thèmes des chansons. En surplomb trônent sur la gauche le clavier et, sur la droite la batterie, laissant un accès central d'où les musiciens accèdent à la scène. Un orgue imposant sera déplacé temporairement sur le devant de la scène. L'éclairage restera dans les teintes relativement sombres mais suffisamment lumineuses pour les chasseurs d'images, d'autant plus que les nombreux effets pyrotechniques viendront fréquemment illuminer encore davantage le spectacle. On a l'impression à cet égard que les allemands se sont inspirés de Rammstein pour l'usage judicieusement contrôlé des flammes.

La section basse/batterie fut certes puissante, suffisamment pour m'inciter à protéger mes oreilles, mais pas dans l'excès. La sonorisation m'a semblé équilibrée et audible.

Dès l'introduction, le ton est donné. Le son d'une cloche anticipe la chute du rideau estampillé au logotype du groupe. Au fond de la scène, une herse coulisse verticalement pour laisser apparaitre, sur un thème musical sourd, lugubre et martial, les musiciens précédés chacun de deux inquiétants personnages vêtus de pèlerines à capuchon, munis d'une torche. Effet garanti sur l'auditoire impatient. La herse redescend, les huit porteurs de flamme ont à peine le temps de s'éclipser de la scène que le titre "Faster Than the Flame" ne laisse aucun doute sur le déluge sonore à venir.



Le concert sera une suite de titres tous plus épiques, phénoménal et entrainant, au rythme d'une cavalerie infernale. Le batteur ne chôme pas, je vous le garantis.

Contrairement à DragonForce, les instrumentistes de Powerwolf ne s'inscrivent pas dans un concours de virtuosités individuelles, ni de vitesse d'exécution, ni de sourires, mais davantage dans un cadre collectif, martial et solennel. La prestation impressionne par sa force dévastatrice et son univers très chantant et mélodique, que la voix de ténor de Karsten illustre à merveille. D'ailleurs le public ne s'y trompe pas et chante à tue-tête, en particulier lorsque la "Bête du Gévaudan" est racontée en français ! Même si lorsque Karsten Brill chante en allemand ou en latin (Stossgebet), c'est sans doute plus compliqué.

En fait, si les deux guitaristes fondateurs se montrent relativement sobres (quoique) c'est Christian Jost surtout Karsten Brill qui par leur charisme haranguent le public avec grande efficacité. Karsten sait user toutes les ficelles du genre pour exciter et faire participer les admirateurs. Lorsque les refrains ne s'y prêtent pas (autant dire jamais !) Karsten fait chanter alternativement la partie gauche et la partie droite de la salle, ou sépare les hommes des femmes pour leur faire valoir leurs capacité à chanter ou à hurler, c'est selon. Bref, comme il aime à le répéter on est là pour fêter le heavy metal !

Une courte pose permet à l'auditoire de réclamer un rappel qu'il obtiendra sans trop forcer tans le plaisir est communément ressenti. Trois titres terminent le programme toujours avec le même entrain. Pour le dernier "Werewolves of Armenia", Karsten galvanise encore les chœurs dans la salle en les incitant à hurler les "hou", "ha" adéquates sur l'air slave de la chanson.

Sur dix-huit titres, quatre sont issus "Call of the Wild" (2021), cinq de "The Sacrament of Sin" (2018), trois de "Blessed & Possessed" (2015), deux de "Blood of the Saints" (2011), deux de "Preachers of the Night" (2013), un de "Bible of the Beast" (2009), et un issu du monoplage "Sainted by the Storm" (2022).

PROGRAMME
Faster Than the Flame (Call of the Wild, 2021)
Incense & Iron (The Sacrament of Sin, 2018)
Cardinal Sin (Preachers of the Night, 2013)
Amen & Attack (Preachers of the Night, 2013)
Dancing With the Dead (Call of the Wild, 2021)
Armata Strigoi (Blessed & Possessed, 2015)
Bête du Gévaudan (Call of the Wild, 2021)
Stossgebet (The Sacrament of Sin, 2018)
Demons Are a Girl's Best Friend (The Sacrament of Sin, 2018)
Fire and Forgive (The Sacrament of Sin, 2018)
Where the Wild Wolves Have Gone (The Sacrament of Sin, 2018)
Sainted by the Storm (monoplage, 2022)
Army of the Night (Blessed & Possessed, 2015)
Blood for Blood (Faoladh) (Call of the Wild, 2021)
Let There Be Night (Blessed & Possessed, 2015).
RAPPEL :
Sanctified With Dynamite (Blood of the Saints, 2011)
We Drink Your Blood (Blood of the Saints, 2011)
Werewolves of Armenia (Bible of the Beast, 2009).

Exténués, nous sortons ravis par cette nouvelle grand'messe du metal pur et dur. Powerwolf a confirmé sont solide statut de Maître en son genre et ne m'a pas déçu ; c'est puissant, c'est mélodique, c'est esthétique. Toutefois, je reste fortement marqué par cette belle découverte que fut DragonForce desquels j'aurai probablement moins de scrupule à me procurer leurs albums. Par ces temps d'austérité, je m'abstiens de tout achat à l'échoppe, même si le t-shirt astucieusement floqué pour ce concert de Powerwolf au Zénith de Paris est bien tentant.