Entre 1974 et
1979, mon attrait pourtant déjà bien affirmé pour les sonorités les plus
métalliques fut bien malencontreusement mis en veilleuse. Erreur de jeunesse,
alors que tant d'événements importants de déroulaient sur les scènes de
l'époque. La collaboration avec SCORPIONS de Monsieur Ulrich ROTH de 1974 à
1977, pour quatre opus d'anthologie, fut sans doute l'un d'entre eux.
Je n'ai donc
jamais eu la chance d'assister à un concert de SCORPIONS dans cette
configuration, pas même lors des trop rares réunions scéniques ultérieures. Uli
Jon ROTH a souhaité évoluer seul afin d'exprimer sa virtuosité dans un univers
mystique et davantage ancré dans les sons proches de ceux de Jimi Hendrix et de
Cream. Il fonda ainsi dès 1978 son propre groupe, Electric Sun avec lequel
il réalisa trois excellents albums jusqu'en 1985. Fort heureusement, le 18 mars
1985, j'ai pu assister à son concert à l'Eldorado (10ème
arrondissement de Paris).
Au début des
années 1980, il développa une guitare de six octaves appelée Sky
Guitar, qui lui permit de jouer des pièces de violon dans le registre
original. Il est ainsi le premier guitariste à interpréter les "Quatre saisons" de Vivaldi avec un
orchestre. Uli a ensuite continué sous son propre nom ; ce que je déplore
personnellement car il me semble que ses créations, oscillant entre le rock le
plus dur et la classique tantôt éthérée tantôt grandiloquente, furent d'inégales
qualités, indépendamment bien sûr de son talent de guitariste !
Cette soirée me
permettra cependant d'assister à son 5ème concert depuis 1985 après
ceux des tournées "Beyond the
astrial Skies" (1985), "Metamorphosis"
(2004), "Under a Dark Sky"
(2008), "Scorpions RevisitedTour / 40ème anniversaire" (2014), et donc ce "50ème anniversaire"
(2018).
Ce
cinquantenaire commémore ainsi décembre 1968 durant lequel, à l'âge de 13 ans,
ce surdoué se produisait sur scène !
Sur cette
tournée, ses compagnons de scène sont David Klosinsky (guitare), Corvin Bahn
(claviers, chœurs), Niklas Turmann (guitare,
chant), déjà présents depuis quelques années.
Il semble qu'ils soient
accompagnés ce soir par Michael O'Reily
(batterie) et Simon Foster (basse, chœurs)
; à vérifier. (Petit commentaire
personnel, j'aurais apprécié revoir au chant Nathan James, qui était sur la
précédente tournée, mais il est désormais impliqué au sein de Inglorious. Il faudra donc me contenter des images du
film).
Bien que le
Trabendo dispose d'une acoustique irréprochable, la sonorisation m'a semblé
déséquilibrée ; heureusement la guitare du Maître fut préservée, mais les
micros ne furent pas toujours audibles, à l'instar du clavier. Trop de
puissance accordée à la basse et de batterie, surtout durant la première
partie, qui aurait dû favoriser les atmosphères planantes.
L'éclairage
aurait pu être un peu plus vif pour garantir de meilleures photos, mais il faut
reconnaitre que les rouges, les verts et les bleus convenaient aux atmosphères
requises.
Pendant plus de
deux heures, (deux parties de plus d'une heure chacune, scindées par un
entracte de dix minutes) Uli nous fait revisiter à la fois ses créations
(1975-2000), mais aussi ses sources d'inspiration (1960 et 67) sans omettre
deux titres (1986) en hommage appuyé à Zeno, son frère décédé l'année dernière.
La première
partie de soirée fut principalement axée sur son parcours solo. Mais si son
œuvre personnelle fut écoutée avec respect et admiration, en revanche la
période Scorpions fut acclamée avec encore davantage de ferveur dans une
ambiance survoltée. J'imagine qu'il prend cette part de succès avec une
certaine philosophie, du moins je lui souhaite !
En introduction de la seconde partie, Uli nous présenta la seule nouveauté, crée cet été, "Passage to India", long titre interprété en acoustique, seul, assis. Gageons que ce soit l'amorce d'un futur album. Ensuite, il se leva pour prendre une guitare qui, nous dit-il, était restée au placard durant les quelques décennies qui ont précédé cette tournée. C'est avec elle qu'il interprète "Apache", une reprise des Shadows, un groupe qui a sans doute contribué à le motiver dans sa démarche artistique ! Après une longue séquence de reprise de SCORPIONS, il ne peut pas clore cet hommage à sa carrière sans évoquer son Maître, le Grand Jimi avec deux titres très emblématiques.
Uli Jon ROTH nous a encore démontré qu'il demeure un exceptionnel musicien, hors du commun tant par sa virtuosité, sa sensibilité, que par sa démarche artistique totalement assumée. N'oublions pas qu'en demeurant au sein de Scorpions, il aurait pu connaitre la gloire et la notoriété. Mais ce pionnier du metal néo-classique a préféré rester honnête avec lui-même, et donc avec ses admirateurs. Ainsi soit-il !
PROGRAMME :
partie 1
Sky Overture (Transcendental Sky Guitar, 2000)
Indian Dawn (titre de Electric Sun, Fire Wind, 1981)
Electric Sun (titre de Electric Sun, Earthquake (1979)
Sun in My Hand (titre de Scorpions, In Trance, 1975)
Why? (titre de Electric Sun, Beyond the Astral Skies, 1985)
Don't Tell the Wind (reprise de Zeno, 1986)
Eastern Sun (reprise de Zeno, 1986)
Starlight (reprise de Sky of Avalon, 1996)
Enola Gay (Hiroshima Today) (titre de Electric Sun, Fire Wind, 1981)
The Sails of Charon (titre de Scorpions, Taken by Force, 1977).
partie 2
Passage to India (inédit créé cet été2018)
Apache (reprise de The Shadows, 1960)
We'll Burn the Sky (titre de Scorpions, Taken by Force, 1977)
In Trance (titre de Scorpions, In Trance, 1975)
Pictured Life (titre de Scorpions, Virgin Killer, 1976)
Catch Your Train (titre de Scorpions, Virgin Killer, 1976)
Yellow Raven (titre de Scorpions, Virgin Killer, 1976)
All Along the Watchtower (reprise de Bob Dylan, 1967)
Little Wing (reprise de The Jimi Hendrix Experience, 1967).
Je me suis précipité à l'échoppe afin de me procurer le blu-ray de la tournée précédente, ainsi que le très beau t-shirt. La vendeuse m'assure qu'Uli passera pour rencontrer ses admirateurs. Et en effet, il ne tarde pas à se présenter, calme et particulièrement disponible et souriant. En bon allemand, il organise avec méthode mais courtoisement la séance ; les dédicaces d'abord, les portraits ensuite ! Lorsque mon tour vient, il me toise et me lance "tu as une allure d'artiste toi, t'es un artiste ?" Je n'ai jamais eu de répartie, ce soir moins encore qu'à l'accoutumée, tu juste ai-je pu lui retourner combien de l'admire… (le gars comprend le français, à tel point que je n'ai pas eu lui épelé mon prénom, pourtant atypique !) La pose pour le portrait s'en trouve d'autant plus souriante ! Reviens quand tu veux, Uli !
Depuis 1971, Andrew Latimer a
surmonté moult écueils pour que son groupe Camel parvienne à réaliser quatorze
albums studio. Le compteur a bien failli s'arrêter définitivement en 2002 suite
à de graves problèmes de santé qui ont fait craindre la fin. Mais le chameau
avait encore des ressources ; après une longue traversée d'un désert
angoissant, il est réapparu et ce n'était pas un Mirage.
A défaut d'un nouvel opus que nous attendons toujours, Camel s'est remis
en scène(s) pour rendre hommage aux albums qui ont fait sa gloire. Sa
prestation en tête d'affiche du Be Prog Festivalde
Barcelone en 2015 m'a rassuré sur le potentiel. Depuis, il semble se
complaire dans son " Moonmadness
Tour" puisque cet été encore, à l'occasion du Night Of The Prog festival de Loreley, j'ai eu la chance d'assister
à un excellent concert incluant l'intégralité l'album. Mais même si Camel était
en tête d'affiche dans les festivals, il me restait un objectif : assister à un
vrai concert de Camel. Ce concert dans le plus prestigieux auditorium anglais,
le Royal Albert Hall, me donnait enfin l'espoir de vivre un moment exceptionnel
en compagnie du père Andy.
Cette salle de concerts m'accueille pour la cinquième fois, mais c'est
la première fois que j'ai commis l'erreur de me montrer mesquin sur la dépense.
En optant pour les places en galerie (deuxième étage) afin de payer quelques
euros de moins, je pressentais ne pas avoir fait le meilleur des choix. En
effet, si le fauteuil en bord rampe me permis d'avoir une belle vue plongeante,
quoique relativement lointaine, sur la scène, en revanche une légère
réverbération nuisait un peu au confort auditif. Mais bon, pas de quoi troubler
la sensation d'assister à un grand événement ! Andy a maintenant 69 ans, il est
clair qu'il convient de ne pas bouder son plaisir de l'acclamer.
Andrew Latimer (guitare, chant, flute, depuis 1971) est
fidèlement accompagné par le bien-nommé Colin Bass (basse, choeurs, entre
1979 et 1981, et depuis 1984), et par Denis Clement (batterie depuis 2000).
Une divine inspiration permit au chameau de recruter l'admirable
multi-instrumentiste Pete Jones (claviers, saxophone et chant) en 2016 ! Dans
l'amphithéâtre de Loreley, j'avais déjà eu l'occasion de me réjouir de ce
nouvel apport (voir mon récit du 14
juillet NOTP 2018 )
La soirée est consacrée au groupe ; il n'y a donc pas de première
partie, mais ce sera un concert en deux actes. J'ai rapidement constaté la
présence de trois caméras qui trahissent la volonté de filmer la soirée !
Le DVD me permettra de conserver un vrai souvenir, alors que j'avais
misé vainement sur l'acquisition d'un t-shirt qui aurait été spécialement
floqué pour l’événement. Ce genre de petite gâterie matérialiste semble passer
largement au-dessus de la tête de papy Andy ; ses t-shirts ne m'ont jamais attiré
au point d'en acheter un, néanmoins j'imaginais bien naïvement qu'un effort
aurait été fait pour ce Royal rendez-vous. Que Nenni ! Bah, après tout je me
dis qu'à défaut de porter Camel sur mon dos, je le porterai dans mon cœur !
Lorsque les lumières s'éteignent et que l'introductif "Aristillus" résonne, je pressens un
risque que je refuse d'imaginer réellement. Non, il ne peut pas rester juste
dans l'excellence, je me persuade que je m'apprête à vivre un de ses moments sublimes
dont on se souvient longtemps. Le premier acte était prévisible ; une fidèle et
excellente reprise dudit opus de 1976. Somptueuses sensations garanties, de mon
poste d'observation je peux me régaler à observer et écouter Pete que je
surplombe, mais aussi à admirer la subtile dextérité de Denis ! Colin, toujours
aussi posé, calme et efficace à la basse contribue à entretenir la base
rythmique nécessaire à la mise en valeur des sons du Maître. A la différence de
cet été, Andy peut désormais se tenir debout pour exprimer son immense talent. Ces
sons de guitare si particuliers, bourré d'émotions et de virtuosité, sont
toujours un réel plaisir à entendre, la magie opère systématiquement.
A l'entracte, j'étais ravi de cette première partie, même si j'avais
déjà entendu ce concert à Loreley (ainsi qu'à Barcelone, d'ailleurs), mais
j'étais gourmand d'un second acte que j'imaginais plein de surprises et, qui
sait, avec d'heureux invités prestigieux…
Mais les minutes s'écoulent et les titres se succèdent avec une satisfaction
teintée de déjà-entendu qui aurait pu me suffire pour une date parisienne, mais
là dans cet écrin merveilleux l'auditoire pouvait légitiment prétendre à une
fantaisie, un p'tit supplément. A titre personnel, j'attendais "For Today" mais peu importe. Pas de
surprise, pas d'invité, un programme pratiquement identique à celui de Loreley,
à l'exception d'un dix-septième titre, "End of the Line". J'ai des scrupules à me plaindre alors que j'ai
bien conscience d'avoir vécu un événement privilégié et envié. Mais je
maintiens cependant que cette délicieuse soirée aurait pu/dû être l'occasion
d'assister à un bouquet final pour ceux qui ont fait le déplacement… Une soirée
qui aurait dû être exceptionnelle, de surcroît filmée, restera juste comme un excellent
concert de plus, ni plus ni moins. Ainsi soit la volonté du père Andy…
A prestation similaire, je conserverai un meilleur souvenir du concert
estival de Loreley ; Andy était encore figé sur son siège mais sans altérer son
talent, et au moins nous étions dans le cadre idyllique des rives du Rhin, dans
un grand confort visuel et auditif.
L'année dernière j'avais déjà parcouru avec
plaisir les quelques quatre cents kilomètres de voyage pour assister aux deux
journées d'une excellente édition de ce festival. Cette année, compte tenu de
mon calendrier déjà bien chargé il fallait bien MARILLION, dont c'était la seule date française de l'année, pour me
convaincre de refaire le déplacement. La perspective de retrouver une bonne
partie de la confrérie des progueux dans un site agréable constitue également
une bonne raison, et puis je n'oublie pas qu'un festival a pour principale
qualité de guider les mélomanes vers des découvertes musicales parfois
inattendues.
En l'occurrence, la IVème édition du festival organisée par ces valeureux
organisateurs francs-comtois m'a permis rien de moins que de faire ma
Découverte musicale de l'année ! Donc aucun regret !
SAMEDI 4 AOUT 2019
Ouverture des grilles du parc à 16h30.
17h30 : JACK DUPON. Initialement, l'affiche annonçait le groupe
niçois "YANG", mais un souci de santé (le batteur a du se faire
opérer du genou en urgence) les a contraint à renoncer. L'organisation a
déplacé la prestation des clermontois Jack Dupon prévue dimanche, sur
aujourd'hui samedi. Je ne saurai donc pas ce que nous avons perdu avec le
retrait de Yang, en revanche nous aurons exploré des contrées farfelues et
déjantées avec Jack Dupon.
J'imagine que, pour trouver la porte d'accès à leur univers, il faut au
préalable se placer dans un état second, car en ce qui me concerne je suis
resté sur le seuil avec une grande perplexité.
J'aime l'audace et je les respecte pour avoir bravé l'incrédulité d'un
public encore clairsemé mais par courtoisie mon appréciation s'arrêtera là ; je
reconnais volontiers ne pas disposer des compétences nécessaires pour évaluer
ce genre d'expérience.
Cela étant, la visite du site et des échoppes pendant cette séquence
nous a permis de faire de belles rencontres. Faire connaissance avec des amis jusque-là
virtuels : Sébastien, Renaud, Paul, … Puis, cerise sur le gâteau, enfin pouvoir
serrer la louche à Steve Hogarth, ce que nous n'avions pas pu réaliser lors de
la Convention 2017 !
L'occasion aussi de déplorer mon incapacité à
m'exprimer intelligiblement en anglais, ce qui est d'autant plus regrettable
avec un personnage comme H avec qui j'aimerais tant échanger notamment sur
l'état de notre société… Si mon contact n'aura pas dû
lui laisser une trace mémorable, en revanche j'aurai pour ma part pu vérifier
son amabilité et sa disponibilité … …
18h40-19h50
: ASHBY. A l'annonce de l'affiche, je ne connaissais absolument pas
l'existence de ce relativement jeune groupe allemand créé en 2011 dans la Ruhr.
Afin de soutenir ma volonté de me rendre à Villersexel, j'avais visionné
quelques vidéo sur YouTube. Cette première approche ne s'était pas avérée
convaincante. Mais, c'est là tout l'intérêt d'un festival ; un peu forcé de les
voir sur une scène je suis plutôt séduit en fin de compte par leur prestation.
Ce groupe se compose actuellement de Sabina Moser (chant), Joel von der
Heiden (Claviers, chœur), Jan Göpelt
(Guitare, chœur), Rik Schindler (Batterie,
chœur), et Christopher Streidt
(Basse, chœur).
C'est
grâce à une campagne de participation que le groupe a réussi à financer l'album
en très peu de temps. "Fragmental", leur premier album, est
ainsi paru le 13 novembre 2015.
Ce
deuxième concert m'a permis de faire une bien belle découverte. L'ensemble de
la prestation a maintenu mon attention favorablement mais j'ai surtout remarqué
le talent du guitariste et celui du clavier. Ces musiciens proposent ce qui
peut être apparenté à du progmetal mais relativement enjoué, harmonieux et
entêtant.
La
chanteuse Sabina Moser est attachante, exprimant un style et une voix dont le
timbre me rappelle celui de la belge Maurane. Il semblerait d'ailleurs que la
dame fut remarquée lors d'un concours télévisé en Allemagne. En dépit d'une tessiture
ordinaire, sa voix puissante séduit par la justesse et l'émotion dégagée dans
son expression. L'usage répété d'épais fumigènes dont elle se pare comme d'une
robe me laisse perplexe, à moins que l'explication soit dans le texte ... Cet
artifice aura au moins fait le bonheur des photographes.
Je
suis suffisamment séduit pour me procurer le CD (15€), et me le faire dûment
dédicacer à l'échoppe.
20h15
- 21h30 : KARCIUS. A l'instar du groupe
précédent, je n'avais pas davantage retenu l'existence de ces québécois et
pourtant ce nom a probablement été évoqué dans mes discussions puisqu'ils ont
été découverts et soutenus notamment par le Crescendo Festival en 2008, puis en
2012 semble-t-il. Hélas, leurs participations sont antérieures à mes présences (2016
et 2017)…
Je
dis bien hélas car j'ai le plaisir de décerner tout simplement la palme de ma Découverte musicale de
l'année à ces extraordinaires musiciens. Et pourtant, cette année j'ai eu
la chance de voir, revoir ou découvrir de nombreux d'artistes à l'occasion de
concerts et festivals, surtout cet été… Mais là, ces québécois me surprennent,
me bouleversent et me sidèrent ; ils sortent du lot, de la tête et des épaules
; c'est une vraie belle Révélation.
Le
choc de la découverte fut d'autant plus violent que manifestement, je n'avais
pas consulté YouTube avec suffisamment d'attention préalable. Un pressentiment
avait muri dans l'après-midi, lorsqu'avec une curiosité guidée par des fêlés
convaincus, je m'étais rendu à leur échoppe. Leurs influences musicales
annoncées me laissaient juste présager d'un concert qu'il n'aurait fallu
manquer sous aucun prétexte…
Thomas
Brodeur (batterie, percussions) est
le cofondateur de ce groupe à Montréal, avec le claviériste qui vient
d'abandonner le navire. Le bien nommé Simon L'Espérance (guitares) le rejoint en 2000, sur les bancs du collège d’enseignement général et
professionnel (CEGEP). Les aléas de la vie d'artistes aboutissent au départ du
premier bassiste puis à son remplacement par Sylvain Auclair (basse, chant) qui arrive en 2010. Enfin, Sébastien Cloutier (claviers, chœurs) a la lourde
tâche de remplacer le cofondateur en 2017.
Si
ces artistes ont acquis une solide formation scolaire, un peu à l'image de
Dream Theater, en revanche, à l'instar de ces américains, point d'académisme
dans leur musique débridée et inventive. On baigne dans une fusion de styles
allant du jazzrock au rock progressif, en passant par le metalprog. Ils vous
citeront sans doute d'autres références mais pour ma part j'entends notamment d'audacieuses
évocations, de Liquid Tension Experiment, de Rush ou de Porcupine Tree… bref
tout ce que j'aime, en fait !
Leur discographie débute avec "Sphere" (2004), opus déjà
très prometteur. Elle se poursuit avec l'excellent "Kaléidoscope"
(2006), puis confirme le haut niveau avec "Episodes" (2008), et
"The First Day" (2012). Les heureux festivaliers du
jour sont les premiers à pouvoir acquérir en exclusivité le nouvel album "The
Fold" (2018). Je me les suis tous
procurés à leur échoppe puis les ai écoutés dans la semaine qui a suivi. Verdict
: RIEN A JETER, on est dans l'excellence !
Ce
troisième concert constitue donc une découverte d'une ampleur inattendue. J'ai
reçu une colossale bouffée de chaleur incandescente. Excellente surprise, comme
seuls peuvent en apporter les festivals ou, de plus en plus rarement, les
premières parties de concerts. Je ne m'attendais vraiment pas à une telle
démonstration de fougue, de talent et bonne humeur réunie sur une même scène ! Outre
ces qualités, ces cousins d'Outre-Atlantique francophones peuvent aisément se
faire comprendre des festivaliers français et ce n'est pas un mince avantage !
Méconnaissant
la genèse de cette vraie pépite québécoise, cette prestation époustouflante m'a
permis en toute objectivité d'évaluer et d'apprécier les talents. Il me semble
manifeste que ce quatuor dispose d'un avenir radieux, à condition toutefois de
maintenir sa cohésion, car les départs du premier bassiste puis du premier
claviériste auraient pu leur être fatals…
Sûrs
de son dernier méfait, KARCIUS nous assène très logiquement sept titres de
"The Fold", parmi les neuf titres du programme. Ce
choix de programmation ne pouvait que me séduire ; cet opus (écouté et comparé chez moi, donc) me
parait être le plus progmetal de leur discographie, style que j'affectionne tout
particulièrement.
Nous
savions d'emblée que Pat O'May serait invité sur scène aux côtés de Karcius,
mais j'ignorais à quel moment du concert. J'étais impatient de revoir cet
excellent et trop méconnu franco-irlandais que j'avais découvert l'an dernier
au Crescendo. Et là encore, ces brillants artistes réunis m'ont fait frémir au
plus haut point en reprenant un "classique" de Pink Floyd "Have
a Cigar" laissant libre cours à des soli somptueux et émouvants !
Sous
une ovation particulièrement dense et méritée, le groupe aurait volontiers
continué sur un autre titre mais, l'heure c'est l'heure, et Karcius a été prié
gentiment de céder la place aux prestigieux suivants.
Complètement subjugué par ce que je viens de
découvrir, je me précipite à l'échoppe afin de leur dire toute mon admiration.
Leur talent n'a d'égal que leur modestie et leur simplicité, ce qui achève de
faire de moi un nouvel admirateur convaincu. Dédicaces et autoportraits imposés
! Wouahou ! Mer-ci; continuez comme cela et revenez viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite
(sans oublier Paris !). Je suis déjà frustré de mon absence probable du
prochain concert prévu au Crescendo le 18 aout.
22h - …. : MARILLION. Ces britanniques parviennent
à entretenir une relation très particulière avec leur fidèle public. Bien sûr, a
priori leurs dix-huit albums de studio paru entre 1983 et 2016 sont déjà de
nature à faire chavirer les mélomanes réceptifs. Cependant, pour dépasser la
frilosité des institutions, ces maîtres du néo-prog ont eu la bonne idée de
s'auto-produire préservant ainsi leur indépendance de création. Cette liberté
d'action permet de surcroît de réunir leurs admirateurs dans des conventions
biennales dont la charge émotive marque toujours les participants ; pour ma
part j'y suis allé et j'y retourne, comme une évidence.
Le quatrième et dernier concert de cette
journée de festival me permet ainsi de revoir pour la dixième fois sur scène
Steve Rothery (guitares, depuis 1979),
Mark Kelly (claviers, depuis 1981), Pete
Trewavas (basse, chœurs, depuis 1981),
Ian Mosley (batterie, depuis 1984),
et Steve Hogarth (chant, depuis 1988).
Marillion continue, depuis fin 2016, de
tourner dans le cadre de la tournée promotionnelle pour l'excellent "F.E.A.R." (Fuck Everyone and Run) ; une
quarantaine de minutes seront ce soir consacrée à sa promotion, avec
l'interprétation de "El Dorado", "Living in Fear",
et "The Leavers". Les autres titres de l'opus (White Paper et
The New Kings) auront sans doute pâti d'un souci technique qui a nécessité
d'écourter "The Leavers" avant de reprendre l'intégralité finalement
au rappel.
Bah, ce petit incident ne fut pas de nature
à gâcher notre plaisir sur une prestation de deux heures ; à tel point qu'en ce
qui me concerne je pensais que, même incongrue, cette programmation était
volontaire !
Chaque décennie aura été évoquée dans ce
programme relativement équilibré ; les années 2000 sont toutefois réduites à
l'album "Anoraknophobia"
(2001) ; là encore, chaque festivalier aura son avis sur l'oubli délibéré
d'albums au moins aussi importants que celui retenu.
Autre
débat potentiel : à propos de "Goodbye
to all That", un titre conçu en cinq mouvements issu de Brave, dont on
entendra cette fois que deux extraits ("Wave" et "Mad").
Là pour le coup je me suis senti un peu frustré, j'aurais préféré un choix
porté sur des titres peut-être plus courts ou moins nombreux plutôt qu'un titre
long tronqué. Mais bon, les artistes doivent sans doute faire des choix difficile
en fonction du temps qui leur est imparti en festival et de toute façon l'équilibre
est compliqué à trouver avec un répertoire de qualité aussi dense.
La
superbe chanson "Three Minute Boy"
issue de l'album "Radiation" reste un moment intense d'échange avec
le public, tout comme l'évocation de l'ère Fish (1983-87), avec ce soir "Sugar Mice" et "Garden Party" chantés à plein
poumons par un public ravi !
PROGRAMME
El Dorado: I. Long-Shadowed Sun (F.E.A.R., 2016)
El Dorado: II. The Gold (F.E.A.R., 2016)
El Dorado: III. Demolished Lives (F.E.A.R., 2016)
El Dorado: IV. F E A R (F.E.A.R. 2016)
El Dorado: V. The Grandchildren of
Apes (F.E.A.R., 2016)
Power (Sounds That Can't Be Made, 2012)
Quartz (Anoraknophobia, 2001)
The Party (Holidays In Eden, 1991)
Seasons End (Seasons End, 1989)
Living in F E A R (F.E.A.R., 2016)
Sounds That Can't Be Made (Sounds That Can't Be Made, 2012)
The Leavers: I. Wake Up in Music (F.E.A.R., 2016)
The Leavers: II. The Remainers (F.E.A.R., 2016)
[courte interruption technique]
Three Minute Boy (Radiation, 1998)
Wave (Brave, 1994)
Mad (Brave, 1994)
Afraid of Sunlight (Afraid of Sunlight, 1995)
The Great Escape (Brave, 1994)
RAPPEL :
The Leavers: I. Wake Up in Music (F.E.A.R., 2016)
The Leavers: II. The Remainers (F.E.A.R., 2016)
The Leavers: III. Vapour Trails in
the Sky (F.E.A.R., 2016)
The Leavers: IV. The Jumble of Days (F.E.A.R., 2016)
Et voilà, que d'émotions à partager entre
amis …Mais aucun d'entre nous (sur cette photo) ne restait le lendemain...
Il m'était difficile de rester le dimanche car seuls Anekdoten et Gens de la Lune étaient de nature à me
faire solliciter un jour de congé supplémentaire auprès de mon employeur. Mais
ayant bénéficié du mois de juillet, je me suis engagé à travailler en retour ce
mois d'Aout.
Donc tant pis pour ces suédois que j'ai déjà
vus au Crescendo en 2016 et que je compte bien revoir encore, une prochaine
fois… Tant pis aussi pour la bande à Décamps dont nous avions été partiellement
lésés l'an dernier faute à des problèmes techniques…
A mon humble avis, pour remédier à ce genre
de dilemme (dont je tiens à souligner que je ne suis pas le seul à souffrir
! et je m'en fais donc l'humble porte-parole), il suffirait de réduire le
festival à un samedi, afin d'accroitre le nombre potentiel de festivaliers en
focalisant leur objectif sur une unique affiche. L'affiche parfaite à
mon sens aurait été MARILLION, ANEKDOTEN, KARCIUS, GENS DE LA LUNE, et ASHBY le
samedi, en débutant du coup plus tôt (vers 14h, admettons), quitte à payer un
peu plus (puisque dans ce cas il y avait du lourd en concentré). Au lieu de
cela, l'organisation a perdu de l'argent et moi des émotions…Maintenant, moi je
dis ca, je dis rien …
Cette troisième série de
dates pour la tournée "To the Bone"
a déjà permis à Steven de s'exprimer notamment devant le public du Hellfest (vendredi).
Le choix fut difficile, mais je ne suis pas allé à ce rendez-vous. D'autres
opportunités se sont offertes heureusement à moi ; d'abord assister à sa très
bonne prestation au festival Retro-C-Trop dimanche dernier, puis d'assister à ce
retour à l'Olympia. C'est ainsi que j'ai la chance d'assister une quatrième fois
à la promotion de cet opus.
Je savais que le
principe d'une "soirée avec Steven"
en deux actes était maintenu, mais en revanche j'avais un doute sur sa volonté
à proposer un programme différent du printemps dernier. Bien qu'admirateur
absolu de l'œuvre du Monsieur, j'étais d'autant plus inquiet que son concert de
mars avait privé le public parisien de "Song of Unborn", sublime titre du dernier opus auquel je tiens
tout particulièrement. J'attendais donc au moins l'interprétation de ce titre,
faute de quoi le Steven m'aurait vraiment déçu pour la première fois (Il en
faut bien une me direz-vous…)
Il était par ailleurs
assez intéressant de jauger l'évolution de la notoriété de Steve, en observant
l'état de remplissage de la salle et la perception du public. Car l'auditoire
est cette fois composé de quelques nouveaux venus qui avaient été séduits par
la campagne de promotion, sans pouvoir accéder au concert de mars, qui affichait
complet mais bien avant la promotion dans nos "augustes" médias…
Fort heureusement, pas
de (mauvaise) surprise au niveau du groupe ; outre les fidèles Nick Beggs à la basse, et Adam Holzmann aux claviers, nous retrouvons
Craig Blundell (batterie) et Alex Hutchings (guitare) qui entourent
Steven dans la joie et la bonne humeur (enfin,
à ce qu'il me semble bien sûr). Je ne m'étendrai pas sur les talents de ces
musiciens que Steven a le bon goût de savoir recruter (mais pas toujours de savoir garder, hélas…). Ce concert ne pouvait
que confirmer mes récentes observations.
Pour une fois, j'avais pris
un siège situé plus en retrait sans être trop éloigné, face au milieu de la
scène. Connaissant le principe d'une partie du spectacle, qui consiste à
utiliser le rideau transparent pour y diffuser des images, je m'assurais ainsi
d'avoir le recul nécessaire pour apprécier la globalité du spectacle et surtout
apprécier davantage le son. En effet, à me précipiter trop systématiquement sur
les premiers rangs tel un fan transi (et,
disons-le franchement abruti), je me retrouvais trop souvent le nez sur le rideau
et les oreilles à proximité des enceintes. Là, au moins je peux affirmer d'une
part que la sonorisation, quoiqu'un peu surpuissante, fut excellente (d'autres auditeurs diront même, meilleure
qu'en mars) et, d'autre part que les images illustrant les titres sur le
rideau (notamment sur "Song of I")
comme en fond de scène sont d'un esthétisme soigné.
A l'instar de
trois précédents concerts, je revois le court-métrage introductif "Truth" qui (je le rappelle
pour le nouveau lecteur) évoque les dangers de l'interprétation des images par
des commentaires brefs et décalés.
Lors du premier acte, si
Steven choisit de débuter avec trois titres issus de "To the Bone" (dont le
titre éponyme qui avait été oublié lui aussi du concert de mars), en
revanche il enchaine avec sept titres
du précédent opus "Hand Cannot Erase". Beaucoup de
plaisir donc, mais afin de ne pas être suspecté d'angélisme je ferai part de
quelques observations. D'abord, toujours pas de Ninet Tayeb en personne pour
interpréter "Pariah" ; la
diva commence à m'agacer grave, le public doit se contenter d'une bande-son
accompagnant son minois en gros plan sur le rideau. Perso, j'apprécie
moyennement. Je ne comprends pas l'obstination de Steven, à moins qu'il ne soit
fada de la dame… Ensuite, lors des soli, sur "Routine" et "Ancestral"
notamment, je ne parviens pas à oublier la virtuosité, la finesse de jeu, la
sensibilité de Guthrie Govan (le
guitariste sur l'opus HCE et sa première partie de tournée). Cette légère
obsession n'a pas vraiment gâché mon plaisir mais c'est juste que ma mémoire
entend autre chose que ce que je vois interpréter. C'est tout le problème du
luxe, quand on en est privé, on a du mal à s'en passer, on devient aigri. Mais
bon, ne restons pas sur cette impression, Alex est aussi un très bon
guitariste, c'est certain ; le groupe est parvenu à évoquer avec bonheur cet
album d'anthologie.
Durant le second acte,
Steven revient à "To the Bone"
avec cinq titres. Cependant, le superbe "Don't Hate Me", dans sa version de "Stupid Dream", s'intercale d'autant plus judicieusement qu'il
nous épargne les miaulements dispensables subit dans la reprise de "4½". Une fois de plus, nous aurons
droit à son (trop) habituel "je suis
désolé d'écrire des chansons tristes". Ça devient lourd. Vous me direz
que je pourrais aussi m'abstenir de le voir quatre fois en une tournée, et vous
n'auriez pas tort. Même laïus pour "s'excuser" de jouer un titre pop
en référence à son adoration pour des groupes tels qu'ABBA… Mais, bon public,
on rit puis on se détend sur "Permanating",
titre qui me procure malgré tout un étrange malaise. Non pas que je n'aime pas cette
chanson ; mais depuis quinze années à écouter du mélancolique, du déprimant
avec lui, j'ai un peu de mal à sourire à la vie pendant ses concerts… Ça
viendra peut-être mais là c'est un peu dur, quoi. Mais bon, fort heureusement,
cet état d'âmes n'est que temporaire, cette deuxième partie est somptueuse
également ! Elle se clôt en pure folie avec "Vermillioncore" et "Sleep
Together".
En amont du présent récit
j'évoquais un regard sur la salle et ses occupants. La salle est bien pleine,
mais pas complète ; quelques sièges sont vacants ici et là mais sans toutefois ternir
l'impression d'une belle occupation. En revanche, je me suis amusé à regarder
du coin de l'œil et à écouter du coin de l'oreille, les auditeurs manifestement
nouveaux, et curieux d'examiner la nature de ce mystérieux va-nu-pied ! J'ai
bien perçu toute la fragilité de leur démarche dans les conversations pendant
l'entracte. Fatalement, ils n'ont pas résisté à l'assaut final ; "Vermillioncore" les a traumatisés et
"Sleep Together" les a fait
fuir, profitant de l'obscurité ! Le nombre de fauteuil vacants fut (relativement)
plus important lorsque l'éclairage fut rétabli ! Ah évidemment, mes p'tites
cailles, ici on n'est pas chez Nagui, ni à RTL2 hein ! Sacré Steven, va !! Il
va avoir encore du boulot s'il veut séduire les chastes oreilles
franchouillardes ! hahahaha !
Lorsque nous réclamons un
rappel, je réalise que je n'ai toujours pas obtenu MON TITRE, celui qui a été
accordé à d'autres salles, pas la mienne. Je peste à l'idée qu'il me lèse à
nouveau, …grrrr. Sous le coup de l'agacement sans doute, je trouve sa reprise
de "Blackfield" un peu
fade. "Postcard" à peine
mieux, dans les deux cas je préfère nettement leur version d'origine (que j'ai déjà entendue en concerts, dans les
deux cas). Mais "The Sound of
Muzak", avec ses rythmes chaloupés, tempère ma mauvaise humeur ;
j'adore chaque titre de "In Absentia"
qui demeure mon opus favori, toute ère confondue de SW.
Lorsqu'enfin Steven daigne
annoncer en dernier lieu "Song of
Unborn" c'est avec un immense soulagement que je me cale profondément
dans mon fauteuil pour déguster cette chanson aux mélodies parfaites et
mélancoliques. Ce titre et "From 44
to 48" écrit pour Blackfield, sont ceux que je préfère parmi ses
créations de ces deux dernières années (il
ne faudrait pas remonter plus loin dans le temps, car cela deviendrait trop
compliqué !).
Encore une superbe soirée
en compagnie de Monsieur Steven WILSON, qui m'a fait vivre une nouvelle fois
une bonne dose d'émotions.
PROGRAMME
ACTE 1: (20:00)
Introduction
mini-film "Truth"
To the Bone (To the Bone, 2017)
Nowhere Now (To the Bone, 2017)
Pariah (To the Bone, 2017)
Home Invasion (Hand Cannot Erase,
2015)
Regret #9 (Hand Cannot Erase, 2015)
Routine (Hand Cannot Erase, 2015)
Hand Cannot Erase (Hand Cannot
Erase, 2015)
Ancestral (Hand Cannot Erase, 2015)
Happy Returns (Hand Cannot Erase,
2015)
Ascendant Here On... (Hand Cannot
Erase, 2015).
(pause
: 21:10-21h30)
ACTE 2:
People Who Eat Darkness (To the Bone, 2017)
Don't Hate Me (Stupid Dream, Porcupine Tree, 1999)
Permanating (To the Bone, 2017)
Song of I (To the Bone, 2017)
Refuge (To the Bone, 2017)
The Same Asylum as Before (To the Bone, 2017)
Vermillioncore (4½, 2016)
Sleep Together (Fear of the Blank Planet, Porcupine Tree, 2007).
RAPPEL:
Blackfield en acoustique (Blackfield,
2004)
Postcard en acoustique (Grace for
Drowning, 2011)
The Sound of Muzak (In Absentia, Porcupine
Tree, 2002)
Song of Unborn (To the Bone, 2017).
(fin : 23:07)
Au moment où je rédige ce
récit, j'apprends qu'une quatrième série de concerts pour cette tournée TTB est
prévue début janvier, mais en province. J'incite les concernés à s'y rendre,
pour ma part j'ai le sentiment d'avoir (pour l'instant) reçu ma dose avec ce
que je voulais entendre. L'année 2019 commence déjà à se remplir par ailleurs…
Déjà cinq années que IRON MAIDEN n'est
plus revenu au POP de Bercy ! Il est vrai toutefois que depuis ils sont passés au Download Festival en 2016. Les revoilà donc pour deux soirées de suite (les
5 et 6 juillet) et ce, dix jours avec avoir rassemblé une foule immense au
Hellfest de Clisson !! Compte tenu de mon calendrier déjà bien chargé (…), j'ai
opté pour le premier soir.
19H30 : THE RAVEN AGE. Ce groupe heavy metal anglais s'est formé à Londres.
Il est conduit par George Harris
(guitares, depuis 2009), fils de Steve… Bon, ce n'est pas certes jamais facile
d'être "fils de", en particulier dans le milieu artistique, alors on
ne va pas l'accabler par des comparaisons inopportunes. Mais cette filiation
explique tout de même sa présence ce soir en ouverture de soirée, à l'instar de
celle de Rise To Remain en 2011…
Le groupe est par ailleurs composé de Matt Cox (basse, chœur, depuis 2012), Jai Patel (batterie, depuis 2013), Tony Maue (guitares, depuis 2017) et Matt James (chant, depuis 2018). Ils ont à
leur actif un opus "Darkness Will
Rise" paru en 2017, et un mini album "The Raven Age", paru en 2014.
The Raven Age nous aura produit une bonne prestation
mais toutefois pas de nature à me laisser un souvenir impérissable… Je n'ai pas
trouvé de motif d'enthousiasme particulier mais je veux bien admettre que mon
impression fut fondée en rapport avec ma position inhabituelle au fond de cette
arène. Ils ont bien chauffé la salle comme on dit …
PROGRAMME
Betrayal of the Mind
The Merciful One
Promised Land
The Death March
Salem's Fate
Surrogate
My Revenge
Angel in Disgrace.
A ce niveau, et indépendamment
des qualités de ces invités au demeurant fort sympathiques, je ne peux pas
m'empêcher de me rappeler que IRON MAIDEN nous avait habitué à des invités d'un
autre calibre. Je me rappelle avec une vraie nostalgie de : BLACKFOOT en 1982, MSG en 1983, MOTLEY CRUE
en 1984, ANTHRAX en 1990, HELLOWEEN en 1998, MEGADETH en 1999, SLAYER
en 2000, ou encore AVENGED SEVENFOLD
en 2008. Au risque de passer pour un vieux con, moi je l'assume et je le dis ;
c'était mieux avant !
L’imminence de l'extinction des feux avant
le concert de Maiden est, comme d'habitude, prévenue par le titre d'anthologie
de U.F.O. “Doctor, Doctor" ; l'impatience
du public est à son comble ! Dix jours après les avoir revus au Hellfest, mon
envie est intacte ! Le Discours de Churchill dans le noir fait monter encore la
pression… Un Spitfire surgit face à un auditoire en frénésie générale !
D'autant plus lorsque Bruce bondit sur la scène coiffé d'un casque d'aviateur
d'époque et revêtu d'une veste adéquate !
21h : IRON MAIDEN. Après plus de trente-sept années de fidélité, je
revois IRON MAIDEN pour leur vingt-deuxième concert, retrouvant ainsi Steve Harris (basse, chœur depuis 1975), Dave
Murray (guitares, depuis 1976), et Adrian
Smith (guitares, chœurs depuis 1980).
Bruce Dickinson (chant depuis 1981),
et Nicko McBrain (batterie, depuis
1982) qui ont rejoint le groupe dans les années 80 font désormais bien entendu
pleinement partie de l'Histoire. Je vais peut-être saouler le lecteur de mes
récits, mais je maintiens ma perplexité sur la présence de Janick Gers (guitares, depuis 1990). Voilà
pour les présentations.
Les admirateurs de la Vierge de Fer sont
encore gâtés pour cette tournée "Legacy
of the Beast", car si la mise en scène est, comme d'habitude, très
soignée, cette fois le surplomb de la scène par un Spitfire à 90% de sa taille
réelle impressionne d'emblée l'auditoire. "Aces High" n'aura jamais été aussi bien illustré !!! Bien
d'autres décors réussis alterneront avec notamment de nombreux effets
pyrotechniques et, en fond de scène, des représentations empruntant souvent au
style religieux, tels que des vitraux. Pour le reste, maintien des "classiques"
; Eddie intervient dans une simulation burlesque de combat au sabre contre
Bruce, et la tête d'Eddie finit par émerger derrière les fût de Nicko. Bruce
ayant affirmé que le spectacle aurait quelques ajouts par rapport à celui du
Hellfest (auquel j'ai assisté, pour celui
qui n'a pas tout suivi), je n'ai pas observé d'évolution notable… mais bon,
peu importe car le tout apporte une réelle satisfaction.
Bien entendu et fort heureusement,
l'intérêt du concert ne se limite pas aux effets spéciaux, même s'ils
entretiennent l'impression d'un spectacle réussi. Du fond de l'ovale, en gradin
où j'étais placé, la sonorisation m'a paru très bonne, après avoir été un peu brouillonne
durant les toutes premières minutes ; mais ca c'est comme d'hab' …
Mes impressions ressenties le 24 juin
dernier au sujet de la prestation de Bruce sont confortées. Il aura 60 ans le 7
aout ; sa prestance énergique est impressionnante, et sa voix semble encore
s'améliorer (en dépit du cancer de sa
langue, qu'il semble avoir surmonté). Je confesse l'avoir sous-estimé
pendant les années 80 durant lesquels je nourrissais l'amertume du départ de
son prédécesseur Paul Di'Anno. Mais avec le recul, je reconnais avoir été
injuste ; l'attitude et la voix de Paul était parfait pour le style musical du
groupe à l'époque mais Bruce a contribué à faire évoluer le concept voulu par
Steve. Omnipotent, ces nombreuses compétences rendent parfois des services
inattendus comme celui de pouvoir piloter leur avion de tournée ! Son caractère
affirmé l'a certes amené à une infidélité au groupe (1993-1999), mais on lui
pardonne au regard du regain de notoriété apporté par son retour. Pardonné
d'autant plus facilement qu'il se montre encore ce soir francophile (bien qu'eurosceptique d'après ce que j'ai lu…)
en tentant de parler quelques mots dans la langue de Molière lors de la
présentation du titre "The Clansman"
portant sur la Liberté.
Je conserve un peu le même scrupule à
l'égard de Nicko McBrain (ex-batteur de Trust et de Pat Travers Band), qui a
longtemps pâti de mon amertume du départ du précédent batteur Clive Burr. Il
faut dire qu'à l'époque je n'aurais pas garantis la future la carrière du
groupe ; le moindre changement d'effectif alimentait la crainte d'un arrêt
définitif. Et pourtant, … là encore Steve avait vu juste car Nicko s'est avéré
indispensable à la poursuite de l'aventure avec toutes ces tournées mondiales !
Il a eu 66 ans le 5 juin dernier ; sa bonne humeur, sa technique irréprochable
et son énergie continuent à rythmer très efficacement les grand-messes comme
celle d'aujourd'hui !
Les duos de guitares de Dave
Murray et Adrian Smith, à la fois mélodiques et rageurs contribuent au son distinctif
d'IRON MAIDEN et enivrent mes sens toujours de la même manière. La troisième
guitare tenue par Janick Gers (véritable
pantin désarticulé dont les gesticulations semblent vouloir démontrer la
solidité de la sangle de sa guitare) me paraît toujours dispensable mais
j'observe cependant qu'il assure désormais quelque soli réussis.
Et que dire de Steve
Harris qui, a 62 ans, peut être fier de sa création. A ce jour, il parvenu à
maintenir une cohésion satisfaisante. En bon père de famille, il a toujours su
accepter (ou obtenir) le retour de ses enfants prodigues … Quant à son talent
musical personnel, il suffit d'écouter son pupitre de basse pour jauger son
degré de technicité et d'habileté ; ca tricote le manche avec virtuosité et
constance, un vrai régal pour mélomane averti !
Le programme, à l'instar du spectacle, ne
diffère pas de celui du Hellfest, mis à part l'inversion des titres en rappel… L'accent
est mis sur l'album "Piece of Mind"
avec quatre titres et sur "The
Number of the Beast" avec trois titres ; ces opus sont effectivement
honorables puisqu'ils ont assurément propulsé IRON MAIDEN au stade de groupe
planétaire !
PROGRAMME
Aces High (Powerslave, 1984)
Where Eagles Dare (Piece of Mind, 1983)
2 Minutes to Midnight (Powerslave, 1984)
The Clansman (Virtual XI, 1998)
The Trooper (Piece of Mind, 1983)
Revelations (Piece of Mind, 1983)
For the Greater Good of God (A Matter of Life
and Death, 2006)
The Wicker Man (Brave New World, 2000)
Sign of the Cross (The X Factor, 1995)
Flight of Icarus (Piece of Mind, 1983)
Fear of the Dark (Fear of the Dark, 1992)
The Number of the Beast (The Number of the
Beast, 1982)
Iron Maiden (Iron Maiden, 1980)
Rappel:
Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast,
1982)
Run to the Hills (The Number of the Beast,
1982)
The Evil That Men Do (Seventh Son of a Seventh
Son, 1988).
De façon aussi traditionnelle que
l'introduction, la chanson “Always Look
on the Bright Side of Life” met un terme à tout espoir de second rappel.
Mais pas d'inquiétude, IRON MAIDEN n'est pas prêt d'arrêter, manifestement ils
ont encore envie ; ça tombe bien, moi aussi !