dimanche 27 janvier 2019

JUDAS PRIEST – Zénith de Paris – 27/01/2019

En préambule à mes récits de concerts, il me semble souvent opportun de rappeler le contexte afin de mieux faire comprendre mes sensations. Le relevé d'impressions de cette soirée dantesque ne pourra pas faire exception car Judas Priest fait partie de ces quelques groupes qui m'ont rendu raide-dingue durant mon adolescence, et ce bien avant les Metallica et autres gamins qui ne faisaient que percer dans les années 80. Je ne relaterais ici que très succinctement les nuques endolories et les cordes vocales maltraitées qui résultaient inéluctablement de mes soirées à les écouter. A cet égard, il était d'ailleurs préférable d'avoir des voisins très compréhensifs, ce qui était très heureusement mon cas à cette époque bénie.
Jusqu'en 1991, après la parution de "Painkiller" (1990) suivie de sa tournée promotionnelle, je vénérais ces Dieux du Metal ; je considérais leur chanson "Metal Gods" comme une auto-proclamation. Judas Priest incarnait tout simplement le Heavy Metal tel que je le conçois ; des accords à la fois rageurs et mélodiques, souvent en duos, une base rythmique implacable et surtout une voix phénoménale. Je n'étais pas présent au concert légendaire d'AC/DC en 1979 et j'ai ainsi manqué une première occasion de les voir, mais j'ai toutefois ensuite eu la chance d'assister à cinq concerts d'anthologie, sur les tournées "Point of Entry" (07/12/1981, Pavillon Baltard), "Defender of the Faith" (11/02/1984, espace Balard), "Turbo" (20/10/1986, Zénith), "Ram it down" (16/05/1988, Zénith) et "Painkiller" (17/03/1991, Zénith).
Cependant, j'ai sans doute eu le tort de prendre à la lettre leur chanson "United" extraite du monumental opus "British Steel" (1980) ; si bien que lorsque Rob a quitté le navire pour des ambitions personnelles, je me suis senti trahi. J'ai alors classé l'affaire dans les dossiers archivés ; à mes oreilles intransigeantes, personne ne pouvait le remplacer. C'était juste une question de principe. Metallica leur a alors succédé au Panthéon des maîtres du metal en fusion. Mes goûts musicaux étaient par ailleurs déjà assez éclectiques pour ne pas m'attarder sur les états d'âmes de ces casseurs de rêves.
Rob est revenu en 2003, mais la viande était refroidie et je n'ai plus retrouvé la même faim.
A l'occasion de la tournée "Nostradamus", j'ai toutefois assisté à un sixième concert (21/03/2009, Zénith) que je n'ai pas trouvé assez convaincant pour me donner envie de les suivre avec autant de ferveur qu'auparavant. D'autant moins lorsqu'en 2010 ils annoncent une tournée d'adieu, annonce suivie de surcroit par le départ incompréhensible de K. K. Downing en 2011 qui avait décidé de monter un club de golf (nan, mais j'hallucine ?!!). Ca sentait la fin…
Nonobstant ces sujets d'inquiétudes, en 2015 leur prestation au Wacken Festival a fait l'objet d'un film édité en 2016 sur le DVD "Battle Cry". Richie Faulkner y supplée Glenn avec une telle efficacité que mon intérêt a commencé à se réactiver. Intrigué par cette renaissance inespérée, j'ai été subjugué par le nouvel album du groupe, "Firepower", sorti ce 9 mars 2018. Mais, nouveau coup dur, Glenn Tipton déclare être atteint par la maladie de Parkinson et annonce son retrait de la tournée, après avoir toutefois contribué à l'album. Ce coup du sort n'est pas sans me rappeler celui de Malcolm Young.
Ainsi, seul Ian Hill (basse, 68 ans) demeure membre fondateur, depuis 1970. Il est permis d'estimer toutefois que la légitimité de Judas Priest est partagée avec Rob Halford (chant, 67 ans) qui est toujours là depuis 1974, en dépit de son infidélité. Scott Travis (batterie, 57 ans) est là depuis 1989 mais, comme Rob, il est parti en 1993. Cependant, l'enfant prodigue est revenu dès 1996. Aux guitares nous trouvons donc désormais Richie Faulkner (guitare, 39 ans) qui accompagne donc Judas Priest depuis 2011. Andy Sneap (guitare, producteur du dernier album, 49 ans) remplace Glenn sur la tournée…
Les échos scéniques de cette formation étant plutôt positifs, je me suis résolu à emmener mon fils et ma Fée pour qu'ils assistent au moins une fois à ce qui reste de cette Légende du metal, pour qu'ils aient au moins une idée de ce qu'ils furent. Cette prestation montrera que Judas Priest n'est pas un groupe de "has‑been", force est de constater ce soir que le phénix est resplendissant ! "Some Heads are gonna roll" !

DISCONNECTED (19h-19h30). Ce récent quintet troyen, français quoiqu'anglophone, m'était parfaitement inconnu ; j'ignorais même qu'il ouvrait les hostilités ce soir. Il se compose d'Adrian Martinot (Guitare), Ivan Pavlakovic (voix), Romain Laure (basse), Florian Merindol (guitare), et de Jelly Cardarelli (batterie).
En dépit de ma bonne volonté de mélomane curieux, les rugissements du hurleur de service furent plutôt de nature à agresser mes pauvres tympans non-avertis. Que voulez-vous, depuis mon année passée en caserne, je n'apprécie guère que l'on vienne me brailler aux oreilles de manière intempestive… Quand je serai à l'hospice il faudra peut-être en revenir à cette extrémité, mais on n'en est pas encore là.
Cependant, passé un premier épisode agité, les propos humbles et reconnaissant du monsieur m'ont porté à la bienveillance. Son plaisir et son émotion à assurer la première partie des Maitres furent exprimés avec une sincérité touchante.
Il le reconnait lui-même, le style de Disconnected diffère de celui de Judas Priest. Néanmoins, son metal (qualifié de "modern", semble-t-il ?) passe plutôt bien et le public ovationne poliment ces valeureux combattants qui reviennent d'une tournée européenne visant à promouvoir leur premier opus "White Colossus", paru en mars 2018 ! La sonorisation est correcte et permet de percevoir les soli du guitariste qui parviennent à imposer une certaine fantaisie dans un bloc sonore qui m'a paru assez brutal.
Souhaitons-leur bon vent ; dans leur style, ils me semblent pouvoir aller loin.
PROGRAMME
Living Incomplete
Blind Faith
Losing Yourself Again
For All Our Sakes
White Colossus.


JUDAS PRIEST (20h-21h40). Je ne le cache plus après coup, mais mon anxiété fut à son paroxysme jusqu'aux premières minutes du concert ! Je craignais une prestation décevante, pas à la hauteur de leur réputation. J'ai tenu cependant à me donner toute les chances d'apprécier. Placés en fosse, mais pas trop loin, face au milieu de scène, nous étions en tout état de cause idéalement placés pour l'acoustique. Bien sûr, comme d'habitude, il fallait toutefois bénéficier d'une taille respectable, ce qui n'est pas le cas de ma p'tite Fée qui parviendra cependant à percevoir l'essentiel.
Un rideau aux couleurs flamboyantes, arborant le symbole du groupe, est comme gobé dès l'entrée en scène des anglais et… le tourbillon de bonheurs ne tarde pas m'enivrer les sens ! En effet, la sonorisation est juste parfaite, une puissance maîtrisée et audible ; je n'ai même pas besoin de protections auditives, je suis comme dans mon salon !!
Mon enthousiasme s'accroit encore lorsque les titres d'anthologie et inespérés se succèdent, ceux du dernier excellent opus n'étant pas oubliés ! Après l'introduction sur "Firepower", nous avons droit à un pur régal inouï avec la succession de "Running Wild", "Grinder", "Sinner" et "The Ripper" ! Peu de répit, car Rob échange avec son public mais sans discours qu'il estime sans doute superflu. Il est vrai que l'auditoire ravi ne demandait pas mieux que de savourer le plus intensément possible cette grand'messe ! Des titres comme "Green Manalishi" ou "the Ripper" furent de purs moments de bonheur ! Cerise sur le gâteau, nous eûmes même droit au rare "Killing Machine" (plus interprété depuis … 1978) ! Seul manqua "Victim of Changes" (qui aurait été de circonstance avec la malheur qui accable Glenn), mais j'imagine que la partie vocale doit désormais effrayer Rob. Pourtant, sur des titres comme "Sinner", "Freewheel burning", ou encore ce "Painkiller" de folie, il n'a rien perdu de son efficacité ! Moment d'émotion durant ce titre, des images de Glenn, le grand absent, permettent d'imaginer sa présence sur la scène. La discographie est ainsi largement passée en revue, avec dix opus évoqués (sans compter le "Unleashed", bien sûr) ; petite pointe d'émotion particulière pour moi lorsque "Desert Plains" issu de "Point of Entry" fut interprété, me ramenant ainsi à mon premier concert de JP, 38 années en arrière ! (gasp !)…
Au fil de la soirée, une douce folie m'emporte ; je peine à croire mes oreilles et mes yeux devant l'excellence des interprétations. Rob doit certes composer avec ses années mais il n'en demeure pas moins performant sur le plan vocal. Certaines astuces lui permettent parfois de masquer les notes les plus élevées, cependant la prestation reste sidérante ; Rob is God ! Coquetterie du Maître, il changera plusieurs fois de vêtements, qui ne vaudront jamais ceux qu'il montrait dans les années 70's ! La base batterie/basse assure un train d'enfer ; Ian toujours très discret au fond de la scène et Scott toujours carré et imperturbable. Les deux guitaristes tentent de faire oublier leur prédécesseur ; si Andy assume modestement son pupitre, en revanche Richie se montre excellent lors des soli qu'il assume en quasi-totalité !
L'éclairage est très lumineux (idéal pour les photographes) et les fonds de scène sur écrans alternent illustrations et films en adéquation avec les titres, comme par exemple durant "The Ripper" avec des images rappelant les événements de Whitechapel. Le plus souvent c'est le thème du feu (ou de la puissance de feu) qui logiquement était évoqué, compte tenu de la tournée actuelle. Tout est parfait pour entretenir la fête du Metal ! Le public ne s'y trompe pas, les plus jeunes (dont mon fils) "pogotent" allègrement dans leur secteur, sans empêcher les plus anciens (dont je suis) de savourer leur nostalgie.
Pas le temps de souffler, les titres s’enchaînent à en perdre haleine ! Le moteur de la moto annonce la traditionnelle arrivée pétaradante de Rob sur scène enfourchant une rutilante Harley, avant de lâcher la vapeur sur "Hell bent for Leather". Scott harangue ensuite la foule avant de lancer la machine infernale sur "Painkiller" qui clôt le concert… avant le rappel bien sûr !
Le temps de rappel est à peine perceptible, mais dans la logique de la soirée ; tout est balancé à la gueule d'un public affamé et ravi ! Après dix-sept premiers titres, nous sommes comblés de quatre titres pour conclure un concert d'une heure quarante (21 titres, donc !) qui restera gravé dans nos mémoires ! Tradition oblige la moto trône au pied de la batterie jusqu'à la fin du concert. La communion fut parfaite, la messe est dite, ses prêtres n'ont pas trahi !
Un message s'affiche en grandes lettres sur fond de scène : "THE PRIEST WILL BE BACK". Comme pour rassurer un public légitiment inquiet, tant les ravages du temps qui passe ont de quoi entretenir le doute sur les chances de les revoir… Glenn est cramé par la maladie, KK est banni par sa connerie… Alors certes, cette formation reste crédible et semble pouvoir tenir la route… On verra bien.
PROGRAMME
Firepower (Firepower, 2018)
Running Wild (Killing Machine, 1978)
Grinder (British Steel, 1980)
Sinner (Sin After Sin, 1977)
The Ripper (Sad Wings of Destiny, 1976)
Lightning Strike (Firepower, 2018)
Desert Plains (Point of Entry, 1981)
No Surrender (Firepower, 2018)
Turbo Lover (Turbo, 1986)
Killing Machine (Killing Machine, 1978) (première interpretation scénique depuis le 24 novembre 1978)
The Green Manalishi (With the Two Prong Crown) (reprise de Fleetwood Mac)
Night Comes Down (Defenders of the Faith, 1984)
Rising From Ruins (Firepower, 2018)
Freewheel Burning (Defenders of the Faith, 1984)
You've Got Another Thing Comin' (Screaming for Vengeance, 1982)
Hell Bent for Leather (Killing Machine, 1978)
Painkiller (Painkiller, 1990).
RAPPEL :
The Hellion/Electric Eye (Screaming for Vengeance, 1982)
Metal Gods (British Steel, 1980)
Breaking the Law (British Steel, 1980)
Living After Midnight (British Steel, 1980).


Fabuleux programme donc, mais trois opus "oubliés" auraient pu/dû aussi être évoqués : Rocka Rolla (74), Stained Class (78), et Ram It Down (88). Ce sera pour une prochaine fois ?








jeudi 20 décembre 2018

Uli Jon ROTH au Trabendo - 20/12/2018.


Entre 1974 et 1979, mon attrait pourtant déjà bien affirmé pour les sonorités les plus métalliques fut bien malencontreusement mis en veilleuse. Erreur de jeunesse, alors que tant d'événements importants de déroulaient sur les scènes de l'époque. La collaboration avec SCORPIONS de Monsieur Ulrich ROTH de 1974 à 1977, pour quatre opus d'anthologie, fut sans doute l'un d'entre eux.
Je n'ai donc jamais eu la chance d'assister à un concert de SCORPIONS dans cette configuration, pas même lors des trop rares réunions scéniques ultérieures. Uli Jon ROTH a souhaité évoluer seul afin d'exprimer sa virtuosité dans un univers mystique et davantage ancré dans les sons proches de ceux de Jimi Hendrix et de Cream. Il fonda ainsi dès 1978 son propre groupe, Electric Sun avec lequel il réalisa trois excellents albums jusqu'en 1985. Fort heureusement, le 18 mars 1985, j'ai pu assister à son concert à l'Eldorado (10ème arrondissement de Paris).
Au début des années 1980, il développa une guitare de six octaves appelée Sky Guitar, qui lui permit de jouer des pièces de violon dans le registre original. Il est ainsi le premier guitariste à interpréter les "Quatre saisons" de Vivaldi avec un orchestre. Uli a ensuite continué sous son propre nom ; ce que je déplore personnellement car il me semble que ses créations, oscillant entre le rock le plus dur et la classique tantôt éthérée tantôt grandiloquente, furent d'inégales qualités, indépendamment bien sûr de son talent de guitariste !
Cette soirée me permettra cependant d'assister à son 5ème concert depuis 1985 après ceux des tournées "Beyond the astrial Skies" (1985), "Metamorphosis" (2004), "Under a Dark Sky" (2008), "Scorpions Revisited Tour / 40ème  anniversaire" (2014), et donc ce "50ème anniversaire" (2018).
Ce cinquantenaire commémore ainsi décembre 1968 durant lequel, à l'âge de 13 ans, ce surdoué se produisait sur scène !
Sur cette tournée, ses compagnons de scène sont David Klosinsky (guitare), Corvin Bahn (claviers, chœurs), Niklas Turmann (guitare, chant), déjà présents depuis quelques années.
Il semble qu'ils soient accompagnés ce soir par Michael O'Reily (batterie) et Simon Foster (basse, chœurs) ; à vérifier. (Petit commentaire personnel, j'aurais apprécié revoir au chant Nathan James, qui était sur la précédente tournée, mais il est désormais impliqué au sein de Inglorious. Il faudra donc me contenter des images du film).
Bien que le Trabendo dispose d'une acoustique irréprochable, la sonorisation m'a semblé déséquilibrée ; heureusement la guitare du Maître fut préservée, mais les micros ne furent pas toujours audibles, à l'instar du clavier. Trop de puissance accordée à la basse et de batterie, surtout durant la première partie, qui aurait dû favoriser les atmosphères planantes.
L'éclairage aurait pu être un peu plus vif pour garantir de meilleures photos, mais il faut reconnaitre que les rouges, les verts et les bleus convenaient aux atmosphères requises.
Pendant plus de deux heures, (deux parties de plus d'une heure chacune, scindées par un entracte de dix minutes) Uli nous fait revisiter à la fois ses créations (1975-2000), mais aussi ses sources d'inspiration (1960 et 67) sans omettre deux titres (1986) en hommage appuyé à Zeno, son frère décédé l'année dernière.
La première partie de soirée fut principalement axée sur son parcours solo. Mais si son œuvre personnelle fut écoutée avec respect et admiration, en revanche la période Scorpions fut acclamée avec encore davantage de ferveur dans une ambiance survoltée. J'imagine qu'il prend cette part de succès avec une certaine philosophie, du moins je lui souhaite !














En introduction de la seconde partie, Uli nous présenta la seule nouveauté, crée cet été, "Passage to India", long titre interprété en acoustique, seul, assis. Gageons que ce soit l'amorce d'un futur album. Ensuite, il se leva pour prendre une guitare qui, nous dit-il, était restée au placard durant les quelques décennies qui ont précédé cette tournée. C'est avec elle qu'il interprète "Apache", une reprise des Shadows, un groupe qui a sans doute contribué à le motiver dans sa démarche artistique ! Après une longue séquence de reprise de SCORPIONS, il ne peut pas clore cet hommage à sa carrière sans évoquer son Maître, le Grand Jimi avec deux titres très emblématiques.





Uli Jon ROTH nous a encore démontré qu'il demeure un exceptionnel musicien, hors du commun tant par sa virtuosité, sa sensibilité, que par sa démarche artistique totalement assumée. N'oublions pas qu'en demeurant au sein de Scorpions, il aurait pu connaitre la gloire et la notoriété. Mais ce pionnier du metal néo-classique a préféré rester honnête avec lui-même, et donc avec ses admirateurs. Ainsi soit-il !
PROGRAMME :
partie 1
Sky Overture (Transcendental Sky Guitar, 2000)
Indian Dawn (titre de Electric Sun, Fire Wind, 1981)
Electric Sun (titre de Electric Sun, Earthquake (1979)
Sun in My Hand (titre de Scorpions, In Trance, 1975)
Why? (titre de Electric Sun, Beyond the Astral Skies, 1985)
Don't Tell the Wind (reprise de Zeno, 1986)
Eastern Sun (reprise de Zeno, 1986)
Starlight (reprise de Sky of Avalon, 1996)
Enola Gay (Hiroshima Today) (titre de Electric Sun, Fire Wind, 1981)
The Sails of Charon (titre de Scorpions, Taken by Force, 1977).
partie 2
Passage to India (inédit créé cet été 2018)
Apache (reprise de The Shadows, 1960)
We'll Burn the Sky (titre de Scorpions, Taken by Force, 1977)
In Trance (titre de Scorpions, In Trance, 1975)
Pictured Life (titre de Scorpions, Virgin Killer, 1976)
Catch Your Train (titre de Scorpions, Virgin Killer, 1976)
Yellow Raven (titre de Scorpions, Virgin Killer, 1976)
All Along the Watchtower (reprise de Bob Dylan, 1967)
Little Wing (reprise de The Jimi Hendrix Experience, 1967).
Je me suis précipité à l'échoppe afin de me procurer le blu-ray de la tournée précédente, ainsi que le très beau t-shirt. La vendeuse m'assure qu'Uli passera pour rencontrer ses admirateurs. Et en effet, il ne tarde pas à se présenter, calme et particulièrement disponible et souriant. En bon allemand, il organise avec méthode mais courtoisement la séance ; les dédicaces d'abord, les portraits ensuite ! Lorsque mon tour vient, il me toise et me lance "tu as une allure d'artiste toi, t'es un artiste ?" Je n'ai jamais eu de répartie, ce soir moins encore qu'à l'accoutumée, tu juste ai-je pu lui retourner combien de l'admire… (le gars comprend le français, à tel point que je n'ai pas eu lui épelé mon prénom, pourtant atypique !) La pose pour le portrait s'en trouve d'autant plus souriante ! Reviens quand tu veux, Uli !


lundi 17 septembre 2018

CAMEL au Royal Albert Hall, le lundi 17 septembre 2018



CAMEL – Royal Albert Hall, London - 17/09/2018

Depuis 1971, Andrew Latimer a surmonté moult écueils pour que son groupe Camel parvienne à réaliser quatorze albums studio. Le compteur a bien failli s'arrêter définitivement en 2002 suite à de graves problèmes de santé qui ont fait craindre la fin. Mais le chameau avait encore des ressources ; après une longue traversée d'un désert angoissant, il est réapparu et ce n'était pas un Mirage. 
A défaut d'un nouvel opus que nous attendons toujours, Camel s'est remis en scène(s) pour rendre hommage aux albums qui ont fait sa gloire. Sa prestation en tête d'affiche du Be Prog Festival de Barcelone en 2015 m'a rassuré sur le potentiel. Depuis, il semble se complaire dans son " Moonmadness Tour" puisque cet été encore, à l'occasion du Night Of The Prog festival de Loreley, j'ai eu la chance d'assister à un excellent concert incluant l'intégralité l'album. Mais même si Camel était en tête d'affiche dans les festivals, il me restait un objectif : assister à un vrai concert de Camel. Ce concert dans le plus prestigieux auditorium anglais, le Royal Albert Hall, me donnait enfin l'espoir de vivre un moment exceptionnel en compagnie du père Andy.
Cette salle de concerts m'accueille pour la cinquième fois, mais c'est la première fois que j'ai commis l'erreur de me montrer mesquin sur la dépense. En optant pour les places en galerie (deuxième étage) afin de payer quelques euros de moins, je pressentais ne pas avoir fait le meilleur des choix. En effet, si le fauteuil en bord rampe me permis d'avoir une belle vue plongeante, quoique relativement lointaine, sur la scène, en revanche une légère réverbération nuisait un peu au confort auditif. Mais bon, pas de quoi troubler la sensation d'assister à un grand événement ! Andy a maintenant 69 ans, il est clair qu'il convient de ne pas bouder son plaisir de l'acclamer.
Andrew Latimer (guitare, chant, flute, depuis 1971) est fidèlement accompagné par le bien-nommé Colin Bass (basse, choeurs, entre 1979 et 1981, et depuis 1984), et par Denis Clement (batterie depuis 2000). Une divine inspiration permit au chameau de recruter l'admirable multi-instrumentiste Pete Jones (claviers, saxophone et chant) en 2016 ! Dans l'amphithéâtre de Loreley, j'avais déjà eu l'occasion de me réjouir de ce nouvel apport (voir mon récit du 14 juillet NOTP 2018 )
La soirée est consacrée au groupe ; il n'y a donc pas de première partie, mais ce sera un concert en deux actes. J'ai rapidement constaté la présence de trois caméras qui trahissent la volonté de filmer la soirée !
Le DVD me permettra de conserver un vrai souvenir, alors que j'avais misé vainement sur l'acquisition d'un t-shirt qui aurait été spécialement floqué pour l’événement. Ce genre de petite gâterie matérialiste semble passer largement au-dessus de la tête de papy Andy ; ses t-shirts ne m'ont jamais attiré au point d'en acheter un, néanmoins j'imaginais bien naïvement qu'un effort aurait été fait pour ce Royal rendez-vous. Que Nenni ! Bah, après tout je me dis qu'à défaut de porter Camel sur mon dos, je le porterai dans mon cœur !
Lorsque les lumières s'éteignent et que l'introductif "Aristillus" résonne, je pressens un risque que je refuse d'imaginer réellement. Non, il ne peut pas rester juste dans l'excellence, je me persuade que je m'apprête à vivre un de ses moments sublimes dont on se souvient longtemps. Le premier acte était prévisible ; une fidèle et excellente reprise dudit opus de 1976. Somptueuses sensations garanties, de mon poste d'observation je peux me régaler à observer et écouter Pete que je surplombe, mais aussi à admirer la subtile dextérité de Denis ! Colin, toujours aussi posé, calme et efficace à la basse contribue à entretenir la base rythmique nécessaire à la mise en valeur des sons du Maître. A la différence de cet été, Andy peut désormais se tenir debout pour exprimer son immense talent. Ces sons de guitare si particuliers, bourré d'émotions et de virtuosité, sont toujours un réel plaisir à entendre, la magie opère systématiquement.
A l'entracte, j'étais ravi de cette première partie, même si j'avais déjà entendu ce concert à Loreley (ainsi qu'à Barcelone, d'ailleurs), mais j'étais gourmand d'un second acte que j'imaginais plein de surprises et, qui sait, avec d'heureux invités prestigieux…
Mais les minutes s'écoulent et les titres se succèdent avec une satisfaction teintée de déjà-entendu qui aurait pu me suffire pour une date parisienne, mais là dans cet écrin merveilleux l'auditoire pouvait légitiment prétendre à une fantaisie, un p'tit supplément. A titre personnel, j'attendais "For Today" mais peu importe. Pas de surprise, pas d'invité, un programme pratiquement identique à celui de Loreley, à l'exception d'un dix-septième titre, "End of the Line". J'ai des scrupules à me plaindre alors que j'ai bien conscience d'avoir vécu un événement privilégié et envié. Mais je maintiens cependant que cette délicieuse soirée aurait pu/dû être l'occasion d'assister à un bouquet final pour ceux qui ont fait le déplacement… Une soirée qui aurait dû être exceptionnelle, de surcroît filmée, restera juste comme un excellent concert de plus, ni plus ni moins. Ainsi soit la volonté du père Andy…


A prestation similaire, je conserverai un meilleur souvenir du concert estival de Loreley ; Andy était encore figé sur son siège mais sans altérer son talent, et au moins nous étions dans le cadre idyllique des rives du Rhin, dans un grand confort visuel et auditif.







samedi 4 août 2018

ROCK AU CHATEAU festival 2018 – Villersexel, Parc du Château – 04 08/2018.


L'année dernière j'avais déjà parcouru avec plaisir les quelques quatre cents kilomètres de voyage pour assister aux deux journées d'une excellente édition de ce festival. Cette année, compte tenu de mon calendrier déjà bien chargé il fallait bien MARILLION, dont c'était la seule date française de l'année, pour me convaincre de refaire le déplacement. La perspective de retrouver une bonne partie de la confrérie des progueux dans un site agréable constitue également une bonne raison, et puis je n'oublie pas qu'un festival a pour principale qualité de guider les mélomanes vers des découvertes musicales parfois inattendues.
En l'occurrence, la IVème édition du festival organisée par ces valeureux organisateurs francs-comtois m'a permis rien de moins que de faire ma Découverte musicale de l'année ! Donc aucun regret !

SAMEDI 4 AOUT 2019
Ouverture des grilles du parc à 16h30.

17h30 : JACK DUPON. Initialement, l'affiche annonçait le groupe niçois "YANG", mais un souci de santé (le batteur a du se faire opérer du genou en urgence) les a contraint à renoncer. L'organisation a déplacé la prestation des clermontois Jack Dupon prévue dimanche, sur aujourd'hui samedi. Je ne saurai donc pas ce que nous avons perdu avec le retrait de Yang, en revanche nous aurons exploré des contrées farfelues et déjantées avec Jack Dupon.
J'imagine que, pour trouver la porte d'accès à leur univers, il faut au préalable se placer dans un état second, car en ce qui me concerne je suis resté sur le seuil avec une grande perplexité.
J'aime l'audace et je les respecte pour avoir bravé l'incrédulité d'un public encore clairsemé mais par courtoisie mon appréciation s'arrêtera là ; je reconnais volontiers ne pas disposer des compétences nécessaires pour évaluer ce genre d'expérience.
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Cela étant, la visite du site et des échoppes pendant cette séquence nous a permis de faire de belles rencontres. Faire connaissance avec des amis jusque-là virtuels : Sébastien, Renaud, Paul, … Puis, cerise sur le gâteau, enfin pouvoir serrer la louche à Steve Hogarth, ce que nous n'avions pas pu réaliser lors de la Convention 2017 !  


L'occasion aussi de déplorer mon incapacité à m'exprimer intelligiblement en anglais, ce qui est d'autant plus regrettable avec un personnage comme H avec qui j'aimerais tant échanger notamment sur l'état de notre société… Si mon contact n'aura pas dû lui laisser une trace mémorable, en revanche j'aurai pour ma part pu vérifier son amabilité et sa disponibilité …  … 
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18h40-19h50 : ASHBY. A l'annonce de l'affiche, je ne connaissais absolument pas l'existence de ce relativement jeune groupe allemand créé en 2011 dans la Ruhr. Afin de soutenir ma volonté de me rendre à Villersexel, j'avais visionné quelques vidéo sur YouTube. Cette première approche ne s'était pas avérée convaincante. Mais, c'est là tout l'intérêt d'un festival ; un peu forcé de les voir sur une scène je suis plutôt séduit en fin de compte par leur prestation.
Ce groupe se compose actuellement de Sabina Moser (chant), Joel von der Heiden (Claviers, chœur), Jan Göpelt (Guitare, chœur), Rik Schindler (Batterie, chœur), et Christopher Streidt (Basse, chœur).
C'est grâce à une campagne de participation que le groupe a réussi à financer l'album en très peu de temps. "Fragmental", leur premier album, est ainsi paru le 13 novembre 2015.
Ce deuxième concert m'a permis de faire une bien belle découverte. L'ensemble de la prestation a maintenu mon attention favorablement mais j'ai surtout remarqué le talent du guitariste et celui du clavier. Ces musiciens proposent ce qui peut être apparenté à du progmetal mais relativement enjoué, harmonieux et entêtant.
La chanteuse Sabina Moser est attachante, exprimant un style et une voix dont le timbre me rappelle celui de la belge Maurane. Il semblerait d'ailleurs que la dame fut remarquée lors d'un concours télévisé en Allemagne. En dépit d'une tessiture ordinaire, sa voix puissante séduit par la justesse et l'émotion dégagée dans son expression. L'usage répété d'épais fumigènes dont elle se pare comme d'une robe me laisse perplexe, à moins que l'explication soit dans le texte ... Cet artifice aura au moins fait le bonheur des photographes.
Je suis suffisamment séduit pour me procurer le CD (15€), et me le faire dûment dédicacer à l'échoppe.
PROGRAMME (à déterminer)
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20h15 - 21h30 : KARCIUS. A l'instar du groupe précédent, je n'avais pas davantage retenu l'existence de ces québécois et pourtant ce nom a probablement été évoqué dans mes discussions puisqu'ils ont été découverts et soutenus notamment par le Crescendo Festival en 2008, puis en 2012 semble-t-il. Hélas, leurs participations sont antérieures à mes présences (2016 et 2017)…
Je dis bien hélas car j'ai le plaisir de décerner tout simplement la palme de ma Découverte musicale de l'année à ces extraordinaires musiciens. Et pourtant, cette année j'ai eu la chance de voir, revoir ou découvrir de nombreux d'artistes à l'occasion de concerts et festivals, surtout cet été… Mais là, ces québécois me surprennent, me bouleversent et me sidèrent ; ils sortent du lot, de la tête et des épaules ; c'est une vraie belle Révélation.
Le choc de la découverte fut d'autant plus violent que manifestement, je n'avais pas consulté YouTube avec suffisamment d'attention préalable. Un pressentiment avait muri dans l'après-midi, lorsqu'avec une curiosité guidée par des fêlés convaincus, je m'étais rendu à leur échoppe. Leurs influences musicales annoncées me laissaient juste présager d'un concert qu'il n'aurait fallu manquer sous aucun prétexte…
Thomas Brodeur (batterie, percussions) est le cofondateur de ce groupe à Montréal, avec le claviériste qui vient d'abandonner le navire. Le bien nommé Simon L'Espérance (guitares) le rejoint en 2000, sur les bancs du collège d’enseignement général et professionnel (CEGEP). Les aléas de la vie d'artistes aboutissent au départ du premier bassiste puis à son remplacement par Sylvain Auclair (basse, chant) qui arrive en 2010. Enfin, Sébastien Cloutier (claviers, chœurs) a la lourde tâche de remplacer le cofondateur en 2017.
Si ces artistes ont acquis une solide formation scolaire, un peu à l'image de Dream Theater, en revanche, à l'instar de ces américains, point d'académisme dans leur musique débridée et inventive. On baigne dans une fusion de styles allant du jazzrock au rock progressif, en passant par le metalprog. Ils vous citeront sans doute d'autres références mais pour ma part j'entends notamment d'audacieuses évocations, de Liquid Tension Experiment, de Rush ou de Porcupine Tree… bref tout ce que j'aime, en fait !
Leur discographie débute avec "Sphere" (2004), opus déjà très prometteur. Elle se poursuit avec l'excellent "Kaléidoscope" (2006), puis confirme le haut niveau avec "Episodes" (2008), et "The First Day" (2012). Les heureux festivaliers du jour sont les premiers à pouvoir acquérir en exclusivité le nouvel album "The Fold" (2018). Je me les suis tous procurés à leur échoppe puis les ai écoutés dans la semaine qui a suivi. Verdict : RIEN A JETER, on est dans l'excellence !

Ce troisième concert constitue donc une découverte d'une ampleur inattendue. J'ai reçu une colossale bouffée de chaleur incandescente. Excellente surprise, comme seuls peuvent en apporter les festivals ou, de plus en plus rarement, les premières parties de concerts. Je ne m'attendais vraiment pas à une telle démonstration de fougue, de talent et bonne humeur réunie sur une même scène ! Outre ces qualités, ces cousins d'Outre-Atlantique francophones peuvent aisément se faire comprendre des festivaliers français et ce n'est pas un mince avantage !
Méconnaissant la genèse de cette vraie pépite québécoise, cette prestation époustouflante m'a permis en toute objectivité d'évaluer et d'apprécier les talents. Il me semble manifeste que ce quatuor dispose d'un avenir radieux, à condition toutefois de maintenir sa cohésion, car les départs du premier bassiste puis du premier claviériste auraient pu leur être fatals…

Sûrs de son dernier méfait, KARCIUS nous assène très logiquement sept titres de "The Fold", parmi les neuf titres du programme. Ce choix de programmation ne pouvait que me séduire ; cet opus (écouté et comparé chez moi, donc) me parait être le plus progmetal de leur discographie, style que j'affectionne tout particulièrement.
Nous savions d'emblée que Pat O'May serait invité sur scène aux côtés de Karcius, mais j'ignorais à quel moment du concert. J'étais impatient de revoir cet excellent et trop méconnu franco-irlandais que j'avais découvert l'an dernier au Crescendo. Et là encore, ces brillants artistes réunis m'ont fait frémir au plus haut point en reprenant un "classique" de Pink Floyd "Have a Cigar" laissant libre cours à des soli somptueux et émouvants !
Sous une ovation particulièrement dense et méritée, le groupe aurait volontiers continué sur un autre titre mais, l'heure c'est l'heure, et Karcius a été prié gentiment de céder la place aux prestigieux suivants.
Complètement subjugué par ce que je viens de découvrir, je me précipite à l'échoppe afin de leur dire toute mon admiration. Leur talent n'a d'égal que leur modestie et leur simplicité, ce qui achève de faire de moi un nouvel admirateur convaincu. Dédicaces et autoportraits imposés ! Wouahou ! Mer-ci; continuez comme cela et revenez viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite (sans oublier Paris !). Je suis déjà frustré de mon absence probable du prochain concert prévu au Crescendo le 18 aout.


PROGRAMME
Absence of Light (The Fold, 2018)
Something (The Fold, 2018)
Hardwired (The Fold, 2018)
Water (the First Day, 2012)
Sol (Episodes, 2008)
Goodbye (The Fold, 2018)
Burning My Dreams (The Fold, 2018)
The Fold (The Fold, 2018)
Have a Cigar (reprise de Pink Floyd, avec Pat O'May).


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22h - …. : MARILLION. Ces britanniques parviennent à entretenir une relation très particulière avec leur fidèle public. Bien sûr, a priori leurs dix-huit albums de studio paru entre 1983 et 2016 sont déjà de nature à faire chavirer les mélomanes réceptifs. Cependant, pour dépasser la frilosité des institutions, ces maîtres du néo-prog ont eu la bonne idée de s'auto-produire préservant ainsi leur indépendance de création. Cette liberté d'action permet de surcroît de réunir leurs admirateurs dans des conventions biennales dont la charge émotive marque toujours les participants ; pour ma part j'y suis allé et j'y retourne, comme une évidence.
Le quatrième et dernier concert de cette journée de festival me permet ainsi de revoir pour la dixième fois sur scène Steve Rothery (guitares, depuis 1979), Mark Kelly (claviers, depuis 1981), Pete Trewavas (basse, chœurs, depuis 1981), Ian Mosley (batterie, depuis 1984), et Steve Hogarth (chant, depuis 1988).
Marillion continue, depuis fin 2016, de tourner dans le cadre de la tournée promotionnelle pour l'excellent "F.E.A.R." (Fuck Everyone and Run) ; une quarantaine de minutes seront ce soir consacrée à sa promotion, avec l'interprétation de "El Dorado", "Living in Fear", et "The Leavers". Les autres titres de l'opus (White Paper et The New Kings) auront sans doute pâti d'un souci technique qui a nécessité d'écourter "The Leavers" avant de reprendre l'intégralité finalement au rappel.
Bah, ce petit incident ne fut pas de nature à gâcher notre plaisir sur une prestation de deux heures ; à tel point qu'en ce qui me concerne je pensais que, même incongrue, cette programmation était volontaire !

Chaque décennie aura été évoquée dans ce programme relativement équilibré ; les années 2000 sont toutefois réduites à l'album "Anoraknophobia" (2001) ; là encore, chaque festivalier aura son avis sur l'oubli délibéré d'albums au moins aussi importants que celui retenu.
Autre débat potentiel : à propos de "Goodbye to all That", un titre conçu en cinq mouvements issu de Brave, dont on entendra cette fois que deux extraits ("Wave" et "Mad"). Là pour le coup je me suis senti un peu frustré, j'aurais préféré un choix porté sur des titres peut-être plus courts ou moins nombreux plutôt qu'un titre long tronqué. Mais bon, les artistes doivent sans doute faire des choix difficile en fonction du temps qui leur est imparti en festival et de toute façon l'équilibre est compliqué à trouver avec un répertoire de qualité aussi dense.

La superbe chanson "Three Minute Boy" issue de l'album "Radiation" reste un moment intense d'échange avec le public, tout comme l'évocation de l'ère Fish (1983-87), avec ce soir "Sugar Mice" et "Garden Party" chantés à plein poumons par un public ravi !

PROGRAMME
El Dorado: I. Long-Shadowed Sun (F.E.A.R., 2016)
El Dorado: II. The Gold (F.E.A.R., 2016)
El Dorado: III. Demolished Lives (F.E.A.R., 2016)
El Dorado: IV. F E A R (F.E.A.R. 2016)
El Dorado: V. The Grandchildren of Apes (F.E.A.R., 2016)
Power (Sounds That Can't Be Made, 2012)
Quartz (Anoraknophobia, 2001)
The Party (Holidays In Eden, 1991)
Seasons End (Seasons End, 1989)
Living in F E A R (F.E.A.R., 2016)
Sounds That Can't Be Made (Sounds That Can't Be Made, 2012)
The Leavers: I. Wake Up in Music (F.E.A.R., 2016)
The Leavers: II. The Remainers (F.E.A.R., 2016)
[courte interruption technique]
Three Minute Boy (Radiation, 1998)
Wave (Brave, 1994)
Mad (Brave, 1994)
Afraid of Sunlight (Afraid of Sunlight, 1995)
The Great Escape (Brave, 1994)

RAPPEL :
The Leavers: I. Wake Up in Music (F.E.A.R., 2016)
The Leavers: II. The Remainers (F.E.A.R., 2016)
The Leavers: III. Vapour Trails in the Sky (F.E.A.R., 2016)
The Leavers: IV. The Jumble of Days (F.E.A.R., 2016)
The Leavers: V. One Tonight (F.E.A.R., 2016)
Sugar Mice (Clutching at Straws, 1987)
Garden Party (Script for a Jester's Tear, 1983).
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Et voilà, que d'émotions à partager entre amis …Mais aucun d'entre nous (sur cette photo) ne restait le lendemain...
Il m'était difficile de rester le dimanche car seuls Anekdoten et Gens de la Lune étaient de nature à me faire solliciter un jour de congé supplémentaire auprès de mon employeur. Mais ayant bénéficié du mois de juillet, je me suis engagé à travailler en retour ce mois d'Aout.
Donc tant pis pour ces suédois que j'ai déjà vus au Crescendo en 2016 et que je compte bien revoir encore, une prochaine fois… Tant pis aussi pour la bande à Décamps dont nous avions été partiellement lésés l'an dernier faute à des problèmes techniques…
A mon humble avis, pour remédier à ce genre de dilemme (dont je tiens à souligner que je ne suis pas le seul à souffrir ! et je m'en fais donc l'humble porte-parole), il suffirait de réduire le festival à un samedi, afin d'accroitre le nombre potentiel de festivaliers en focalisant leur objectif sur une unique affiche. L'affiche parfaite à mon sens aurait été MARILLION, ANEKDOTEN, KARCIUS, GENS DE LA LUNE, et ASHBY le samedi, en débutant du coup plus tôt (vers 14h, admettons), quitte à payer un peu plus (puisque dans ce cas il y avait du lourd en concentré). Au lieu de cela, l'organisation a perdu de l'argent et moi des émotions…Maintenant, moi je dis ca, je dis rien …




samedi 7 juillet 2018

STEVEN WILSON – Olympia, Paris - 07/07/2018



Cette troisième série de dates pour la tournée "To the Bone" a déjà permis à Steven de s'exprimer notamment devant le public du Hellfest (vendredi). Le choix fut difficile, mais je ne suis pas allé à ce rendez-vous. D'autres opportunités se sont offertes heureusement à moi ; d'abord assister à sa très bonne prestation au festival Retro-C-Trop dimanche dernier, puis d'assister à ce retour à l'Olympia. C'est ainsi que j'ai la chance d'assister une quatrième fois à la promotion de cet opus.
Je savais que le principe d'une "soirée avec Steven" en deux actes était maintenu, mais en revanche j'avais un doute sur sa volonté à proposer un programme différent du printemps dernier. Bien qu'admirateur absolu de l'œuvre du Monsieur, j'étais d'autant plus inquiet que son concert de mars avait privé le public parisien de "Song of Unborn", sublime titre du dernier opus auquel je tiens tout particulièrement. J'attendais donc au moins l'interprétation de ce titre, faute de quoi le Steven m'aurait vraiment déçu pour la première fois (Il en faut bien une me direz-vous…)
Il était par ailleurs assez intéressant de jauger l'évolution de la notoriété de Steve, en observant l'état de remplissage de la salle et la perception du public. Car l'auditoire est cette fois composé de quelques nouveaux venus qui avaient été séduits par la campagne de promotion, sans pouvoir accéder au concert de mars, qui affichait complet mais bien avant la promotion dans nos "augustes" médias…
Fort heureusement, pas de (mauvaise) surprise au niveau du groupe ; outre les fidèles Nick Beggs à la basse, et Adam Holzmann aux claviers, nous retrouvons Craig Blundell (batterie) et Alex Hutchings (guitare) qui entourent Steven dans la joie et la bonne humeur (enfin, à ce qu'il me semble bien sûr). Je ne m'étendrai pas sur les talents de ces musiciens que Steven a le bon goût de savoir recruter (mais pas toujours de savoir garder, hélas…). Ce concert ne pouvait que confirmer mes récentes observations.
Pour une fois, j'avais pris un siège situé plus en retrait sans être trop éloigné, face au milieu de la scène. Connaissant le principe d'une partie du spectacle, qui consiste à utiliser le rideau transparent pour y diffuser des images, je m'assurais ainsi d'avoir le recul nécessaire pour apprécier la globalité du spectacle et surtout apprécier davantage le son. En effet, à me précipiter trop systématiquement sur les premiers rangs tel un fan transi (et, disons-le franchement abruti), je me retrouvais trop souvent le nez sur le rideau et les oreilles à proximité des enceintes. Là, au moins je peux affirmer d'une part que la sonorisation, quoiqu'un peu surpuissante, fut excellente (d'autres auditeurs diront même, meilleure qu'en mars) et, d'autre part que les images illustrant les titres sur le rideau (notamment sur "Song of I") comme en fond de scène sont d'un esthétisme soigné.
A l'instar de trois précédents concerts, je revois le court-métrage introductif "Truth" qui (je le rappelle pour le nouveau lecteur) évoque les dangers de l'interprétation des images par des commentaires brefs et décalés.
Lors du premier acte, si Steven choisit de débuter avec trois titres issus de "To the Bone" (dont le titre éponyme qui avait été oublié lui aussi du concert de mars), en revanche il enchaine avec sept titres du précédent opus "Hand Cannot Erase". Beaucoup de plaisir donc, mais afin de ne pas être suspecté d'angélisme je ferai part de quelques observations. D'abord, toujours pas de Ninet Tayeb en personne pour interpréter "Pariah" ; la diva commence à m'agacer grave, le public doit se contenter d'une bande-son accompagnant son minois en gros plan sur le rideau. Perso, j'apprécie moyennement. Je ne comprends pas l'obstination de Steven, à moins qu'il ne soit fada de la dame… Ensuite, lors des soli, sur "Routine" et "Ancestral" notamment, je ne parviens pas à oublier la virtuosité, la finesse de jeu, la sensibilité de Guthrie Govan (le guitariste sur l'opus HCE et sa première partie de tournée). Cette légère obsession n'a pas vraiment gâché mon plaisir mais c'est juste que ma mémoire entend autre chose que ce que je vois interpréter. C'est tout le problème du luxe, quand on en est privé, on a du mal à s'en passer, on devient aigri. Mais bon, ne restons pas sur cette impression, Alex est aussi un très bon guitariste, c'est certain ; le groupe est parvenu à évoquer avec bonheur cet album d'anthologie.
Durant le second acte, Steven revient à "To the Bone" avec cinq titres. Cependant, le superbe "Don't Hate Me", dans sa version de "Stupid Dream", s'intercale d'autant plus judicieusement qu'il nous épargne les miaulements dispensables subit dans la reprise de "". Une fois de plus, nous aurons droit à son (trop) habituel "je suis désolé d'écrire des chansons tristes". Ça devient lourd. Vous me direz que je pourrais aussi m'abstenir de le voir quatre fois en une tournée, et vous n'auriez pas tort. Même laïus pour "s'excuser" de jouer un titre pop en référence à son adoration pour des groupes tels qu'ABBA… Mais, bon public, on rit puis on se détend sur "Permanating", titre qui me procure malgré tout un étrange malaise. Non pas que je n'aime pas cette chanson ; mais depuis quinze années à écouter du mélancolique, du déprimant avec lui, j'ai un peu de mal à sourire à la vie pendant ses concerts… Ça viendra peut-être mais là c'est un peu dur, quoi. Mais bon, fort heureusement, cet état d'âmes n'est que temporaire, cette deuxième partie est somptueuse également ! Elle se clôt en pure folie avec "Vermillioncore" et "Sleep Together".
En amont du présent récit j'évoquais un regard sur la salle et ses occupants. La salle est bien pleine, mais pas complète ; quelques sièges sont vacants ici et là mais sans toutefois ternir l'impression d'une belle occupation. En revanche, je me suis amusé à regarder du coin de l'œil et à écouter du coin de l'oreille, les auditeurs manifestement nouveaux, et curieux d'examiner la nature de ce mystérieux va-nu-pied ! J'ai bien perçu toute la fragilité de leur démarche dans les conversations pendant l'entracte. Fatalement, ils n'ont pas résisté à l'assaut final ; "Vermillioncore" les a traumatisés et "Sleep Together" les a fait fuir, profitant de l'obscurité ! Le nombre de fauteuil vacants fut (relativement) plus important lorsque l'éclairage fut rétabli ! Ah évidemment, mes p'tites cailles, ici on n'est pas chez Nagui, ni à RTL2 hein ! Sacré Steven, va !! Il va avoir encore du boulot s'il veut séduire les chastes oreilles franchouillardes ! hahahaha !
Lorsque nous réclamons un rappel, je réalise que je n'ai toujours pas obtenu MON TITRE, celui qui a été accordé à d'autres salles, pas la mienne. Je peste à l'idée qu'il me lèse à nouveau, …grrrr. Sous le coup de l'agacement sans doute, je trouve sa reprise de "Blackfield" un peu fade. "Postcard" à peine mieux, dans les deux cas je préfère nettement leur version d'origine (que j'ai déjà entendue en concerts, dans les deux cas). Mais "The Sound of Muzak", avec ses rythmes chaloupés, tempère ma mauvaise humeur ; j'adore chaque titre de "In Absentia" qui demeure mon opus favori, toute ère confondue de SW.
Lorsqu'enfin Steven daigne annoncer en dernier lieu "Song of Unborn" c'est avec un immense soulagement que je me cale profondément dans mon fauteuil pour déguster cette chanson aux mélodies parfaites et mélancoliques. Ce titre et "From 44 to 48" écrit pour Blackfield, sont ceux que je préfère parmi ses créations de ces deux dernières années (il ne faudrait pas remonter plus loin dans le temps, car cela deviendrait trop compliqué !).
Encore une superbe soirée en compagnie de Monsieur Steven WILSON, qui m'a fait vivre une nouvelle fois une bonne dose d'émotions.

PROGRAMME

ACTE 1: (20:00)
Introduction mini-film "Truth"
To the Bone (To the Bone, 2017)
Nowhere Now (To the Bone, 2017)
Pariah (To the Bone, 2017)
Home Invasion (Hand Cannot Erase, 2015)
Regret #9 (Hand Cannot Erase, 2015)
Routine (Hand Cannot Erase, 2015)
Hand Cannot Erase (Hand Cannot Erase, 2015)
Ancestral (Hand Cannot Erase, 2015)
Happy Returns (Hand Cannot Erase, 2015)
Ascendant Here On... (Hand Cannot Erase, 2015).
(pause : 21:10-21h30)
ACTE 2:
People Who Eat Darkness (To the Bone, 2017)
Don't Hate Me (Stupid Dream, Porcupine Tree, 1999)
Permanating (To the Bone, 2017)
Song of I (To the Bone, 2017)
Refuge (To the Bone, 2017)
The Same Asylum as Before (To the Bone, 2017)
Vermillioncore (4½, 2016)
Sleep Together (Fear of the Blank Planet, Porcupine Tree, 2007).

RAPPEL:
Blackfield en acoustique (Blackfield, 2004)
Postcard en acoustique (Grace for Drowning, 2011)
The Sound of Muzak (In Absentia, Porcupine Tree, 2002)
Song of Unborn (To the Bone, 2017).
(fin : 23:07)
Au moment où je rédige ce récit, j'apprends qu'une quatrième série de concerts pour cette tournée TTB est prévue début janvier, mais en province. J'incite les concernés à s'y rendre, pour ma part j'ai le sentiment d'avoir (pour l'instant) reçu ma dose avec ce que je voulais entendre. L'année 2019 commence déjà à se remplir par ailleurs…