dimanche 12 février 2023

LEPROUS – Salle Pleyel (Paris 08) – dimanche 12 février 2023.

Ces Vikings font désormais partie de ces groupes capables de nous faire bouger et bloquer une date à longue échéance. A l'annonce de cette tournée, nous avons décidé de prendre nos dispositions ; dès le 9 aout 2022 nous avons ainsi réservé nos places pour les revoir une ... onzième fois ! Nous avons d'autant moins hésité que le concert se passe à la salle Pleyel, auditorium par excellence. Je suis particulièrement heureux car nous y serons à quatre, avec ma p'tite Fée, et mes deux fils !

Beaucoup de dates de cette tournée affichent complet ; pas Paris. Nouvelle ingratitude bien française alors que le groupe a inscrit pas moins de sept étapes en France ! Seules deux villes affichent complet (à ce jour) : Nîmes et Toulouse. On retrouve ici le même dilemme qui se posait pour Marillion encore en octobre dernier : la demande de proximité des admirateurs est parfaitement légitime, et cependant si les artistes ne remplissent pas leur salle chèrement louée ils risquent de ne plus venir pour personne… Fort heureusement je ne suis qu'un modeste commentateur, il ne me revient pas d'arbitrer le débat.

Notre option pour des fauteuils numérotés n'était finalement pas une mauvaise idée compte tenu de notre concert la veille ! … Même si nôtre âge nous autorise encore à préférer vivre ces émotions debout dans la fosse.

Ce qui reste surprenant et agréable, c'est de pouvoir encore et toujours découvrir de nouveaux artistes lorsqu'ils sont invités sur des tournées ou lors des festivals. En l'occurrence, ce soir nous découvrirons KALANDRA et MONUMENTS.

KALANDRA [19h-19h30].
https://kalandra.bandcamp.com/ et www.kalandra.no

Peu de traces biographiques sur la Toile. Je finis par trouver quelques éléments, notamment sur le site Rockmeeting. KALANDRA est un trio norvégien fondé en 2012 à Olso, autour de Jogeir Daae Mæland (guitare), Katrine Ødegård Stenbekk (chant) et Florian Bernhard Döderlein Winter (guitare) auquel s'est ajouté Oskar Johnsen Rydh (batterie). Leur musique peut être apparentée à de la pop alternative nordique aux mélodies éthérées. Les influences revendiquées et ressenties sont des artistes connus tels que Pink Floyd, Tool, Mastodon, Radiohead, TesseracT, Wardruna, Gåte, IRAH et Sigur Rós, mais aussi des chanteuses folkloriques de Norvège, de Suède, d'Islande, des îles Féroé et du Danemark, expérimentant des techniques vocales du monde entier (y compris les cris de vache norvégiens comme le kauking, et les styles vocaux traditionnels mongols, arabes et indiens).

Un premier mini album, "Beneath The Breaking Waves" est paru le 27 mars 2017. Il y a trois ans, leur reprise de "Helvegen" (de Wardruna, donc) a été vue plus de quatre millions de fois sur YouTube ; cet intérêt leur a permis de signer avec le label By Norse Music.

Ils ont été remarqués dans nos contrées notamment en étant invités sur la tournée de WARDRUNA en mars 2022.

Leur premier album "The Line" est ainsi paru le 23 octobre 2020.

KALANDRA dispose d'un bel et vaste espace de scène, d'une très bonne sonorisation et d'un éclairage très correct. Ils ont ainsi bénéficié d'excellentes conditions pendant trente minutes pour séduire l'auditoire.

Instantanément c'est bien sûr la voix cristalline et envoutante de la très séduisante Katrine Ødegård Stenbekk qui attire l'oreille du mélomane. J'apprécie cette recherche mélodique aussi dans l'usage de sonorités traditionnelles et étranges. Leur prestation aurait pu emporter totalement mon enthousiasme sans l'apport que j'estime excessif de bandes préenregistrées. La Belle disposait bien d'un petit clavier ; mais elle ne s'en servait que pour des commandes qu'elle actionnait à sa volonté, selon les séquences désirées. On m'explique qu'elle peut aussi jouer des touches, parfois ... Au risque de paraitre intransigeant, je persiste à considérer que je paie un concert pour voir des artistes musiciens jouer d'un instrument ; pas pour assister à un usage de substituts. Pour écouter des enregistrements j'aime autant rester dans mon salon, sur mon canapé en sirotant une bonne bière.

Le public le moins exigeant ovationne bruyamment la prestation ; les autres comme moi applaudissent poliment avec un peu de frustration. Avec juste un pupitre clavier synthétiseur supplémentaire, cette prestation me séduisait sans retenue.

Leur concert m'a cependant assez intrigué pour conserver une impression plutôt positive. Une musique franchement originale et agréable à écouter.

Cette trop petite demi-heure Parmi sept titres, six sont issus de "The Line". Apparemment, nous avons eu droit à un inédit.

PROGRAMME
Borders (The Line, 2020)
Slow Motion (The Line, 2020)
Naive (The Line, 2020)
Virkelighetens Etterklang (The Line, 2020)
(à determiner) (nouvelle chanson, 2023)
Ensom (The Line, 2020)
Brave New World (The Line, 2020).


MONUMENTS [19h50-20h30].
https://www.thisismonuments.co/

A l'instar du groupe précédent, faute de connaitre ce groupe, je glane des informations sur la Toile, notamment au site Rockmeeting, pour connaitre quelques éléments biographiques. MONUMENTS est un groupe de metal britannique, originaire de Milton Keynes, en Angleterre. Il est formé en 2007 par les deux guitaristes John Browne (ex-Fellsilent) et Josh Travis (ex-The Tony Danza Tapdance Extravaganza). Le groupe joue alors sous le nom de Elements. En 2010, le groupe publie son premier EP intitulé We Are the Foundation.

Faisant suite à l'album "Phronesis" paru en 2018, le quatrième album "In Stasis" est paru le 15 avril 2022. C'est le premier album de MONUMENTS avec le chanteur Andy Cizek.

L'ensemble semble s'être stabilisé autour de John Browne (guitare, depuis 2007), avec Adam Swan (basse, depuis 2010), Andy Cizek (chant, depuis 2019), Mike Malyan (batterie, depuis 2019).

MONUMENTS prétend s'imposer comme un groupe "repoussant les limites du metal technique (? Ah parce que le metal peut être "technique" ! Heureusement, que cela est précisé je l'ignorais encore -je blague hein !-) pour les années à venir". Ambitieux programme, dites-moi ! …

En fond de scène, s'affiche l'impressionnant logotype du groupe. On s'attend à du lourd. Je me protège les oreilles, on ne sait jamais !

Pour ma part, je n'aurai pas été convaincu de cette prétention à l'issue de leur désespérante et très bruyante prestation, c'est un doux euphémisme ! Pourtant, l'espace scénique, la sonorisation et l'éclairage mis à leur disposition étaient de nature à séduire mes veilles oreilles de métallo endurci. Mais que nenni !

Je n'aurai retenu que vociférations, hurlements et étranglements divers. Les autres pupitres sont insipides. Pas d'originalité dans le genre ; ils ne me paraissent repousser aucune autre limite que celles de ma tolérance aux bruits inutiles. Bref, je n'ai pas su apprécier, voilà.

Question de génération, probablement ; une bonne part du public en fosse semble enthousiaste. J'en suis ravi pour lui, mais ce sera sans moi ; au suivant !

Durant une quarantaine de minutes, ils auront eu le temps de nous asséner huit titres, dont cinq issus de "In Stasis", un de "Gnosis", un de "Phronesis",  un de "The Amanuensis".

PROGRAMME
I, the Creator (The Amanuensis, 2014)
Opiate (In Stasis, 2022)
Leviathan (Phronesis, 2018)
Empty Vessels Make the Most Noise (Gnosis, 2012)
Cardinal Red (In Stasis, 2022)
False Providence (In Stasis, 2022)
Lavos (In Stasis, 2022)
The Cimmerian (In Stasis, 2022).


LEPROUS [21h-22h35]
https://www.leprous.net/

Ce groupe norvégien, de métal progressif originaire de Notodden, a été fondé en 2001 par Einar Solberg (chant, claviers depuis 2001) et Tor Oddmund Suhrke (guitares, chœurs depuis 2001). Ils demeurent à ce jour entourés de Baard Kolstad (batterie depuis 2014), Simen Børven (basse, chœurs depuis 2015), et Robin Ognedal (guitares, chœurs depuis 2017). Sur cette tournée Raphael Weinroth-Browne (violoncelle) est de nouveau présent ; à l'occasion du Midsummer il n'avait pas pu venir malheureusement.

Le groupe s'est consolidé courant 2008 alors qu'ils enregistraient leur album, "Tall Poppy Syndrome", paru le 5 mai 2009. Ils ont commencé à tourner en tant qu'invité de d'Ihsahn (le beau-frère de Solberg), qui, à son tour, a participé à plusieurs albums de LEPROUS en tant que chanteur invité ou producteur. C'est d'ailleurs à cette époque que j'entends parler d'eux avec insistance, sur les réseaux sociaux.  Dès les premières écoutes, je fus séduit !!! Le coup fatal, je l'ai reçu en assistant à leur concert du mercredi 3 novembre 2010 à l'Elysée Montmartre, alors qu'il était invité par THERION. Je fus subjugué par leur prestation phénoménale ; détail esthétique, c'est l'époque ou Einar était encore chevelu de dreadlocks et vêtu baroque, la clâââsse quoi ! A partir de ce moment, je ne manquerai plus une occasion de me déplacer pour les voir ; que ce fut à Paris, Barcelone, Raismes, Savigny, ou Valkenburg ! Je ne suis pas encore allé les voir jouer chez eux en Norvège, mais je n'en attends que l'occasion !

C'est avec leur album "Bilateral", très acclamé en 2011, que leur notoriété s'accroit. Mon admiration s'accentue encore lorsque LEPROUS expérimente de nouvelles sonorités avec le somptueux album "Pitfalls" paru le 25 octobre 2019.

Comme son nom l'indique, l'Aphelion European tour 2023 a vocation à promouvoir leur septième album "Aphelion" paru le 27 aout 2021. Sa promotion avait été reportée à la faveur d'une tournée du 20ème anniversaire ; dans la mesure où les deux se suivent mais ne s'annulent pas, qui s'en plaindrait ?

Que les âmes sensibles ne s'offusquent pas des lignes qui suivent : mes propos peuvent sembler dithyrambiques aux profanes ou à ceux qui n'ont pas vécu l'expérience. Mais ils me semblent cependant à la juste mesure de ce que nous avons vécu ce soir.

Dans cet écrin à l'acoustique absolument parfaite, la sonorisation était à la hauteur de l'événement. Je n'ai même pas ressenti le besoin de protéger mes oreilles. La puissance sonore fut juste excellemment dosée, laissant les pupitres s'exprimer de façon audible et opportune. Ajoutons à cela un dispositif d'éclairage saisissant et somptueux.

Comment relater la prestation de LEPROUS sans s'émerveiller d'abord de la qualité du timbre exceptionnel de la voix d'Einar. A la fois puissant, juste et émouvant, ce timbre développe en outre une tessiture impressionnante. Il a acquis une maitrise de ses cordes vocales qui expriment avec émotion toute les nuances de sa sensibilité. Combien sommes-nous à nous être hasardé à l'imiter (à risques et périls) dans notre salle de bain (le ridicule ne tue pas, parait-il !) ? Moi, je le confesse volontiers ; cela me permet toujours de mesurer ce qui me sépare du personnage.

Quant aux complices, coupables d'incitation à l'ivresse en public, ils valent autant de louanges, par leur capacité à distiller les notes avec une précision chirurgicale, cadencées par les rythmes fous et implacables d'un batteur à la frappe originale et énergique. J'adore ces rythmes syncopés qui signent une des particularités de la musique de LEPROUS. Ceux-ci sont encore alourdis par les accords de basse profonds et aiguisés d'autant plus perceptible que (je me répète, mais bon…) la sonorisation est parfaitement équilibrée. Autre talent de ces artistes ; leur omnipotence. Ils sont guitaristes, claviéristes et échangent tous leurs compétences au gré des mesures et des atmosphères requises. Ils n'abusent pas de bandes préenregistrées ; ils ont le potentiel pour assumer toutes les portées les plus denses.

Et que dire encore sur la présence du violoncelliste canadien Raphael Weinroth-Browne !? Rappelons qu'il participe désormais à la plupart des activités du groupe ; son intégration ne dépendrait que de son attachement géographique, ce qui est compréhensible. En tous cas ce soir encore, sa prestation est à mes oreilles aussi essentielles que celle du bassiste. Le son de ses cordes est incomparable avec celui d'un synthétiseur ; nos sens vibrent à chaque mouvement de l'archet ou chacun des pizzicati ! On comprend la nuance entre les deux instruments notamment lors du dantesque titre "The Sky Is Red" qui débute au synthé et finit au violoncelle. Son violoncelle accompagne quasiment tous les titres, il en introduit deux ; "Out of Here" et "Below". Mais, à l'instar des cinq autres musiciens, Raphaël n'hésite pas à poser son instrument pour prêter main forte aux claviers.

L'ensemble de ces talents individuels produit un sentiment de puissance maitrisée et de cohésion. Ces redoutables Vikings ont une nouvelle fois remporté une belle victoire ; leur Musique a contribué à détourner nos esprit des problèmes qui nous préoccupent tous au quotidien. Einar n'a cependant pas manqué de dédier un de leurs titres, "Castaway Angels", aux valeureux combattants ukrainiens. 

Le public, quel que soit son âge et son statut, est aux anges. L'ovation debout est bruyante, exaltée et longue ; personne ne veut quitter son siège. A l'issue de quatre-vingt-quinze minutes de bonheur pur, tout le monde en redemande. A la sortie, des couloirs au trottoir, tous les commentaires convergent, quel que soit le positionnement de l'auditeur, l'Expérience restera dans les mémoires !

Sans aucune prétention, j'ai envie d'adapter la définition encyclopédique à mon compte : Ce n'était pas l'aphélie mais plutôt le périhélie ; nous étions aujourd'hui à l'opposé de ce point de l'orbite où la distance de nos corps au Soleil est maximale.

Parmi quatorze titres, six sont issus de "Aphelion", trois de "Pitfalls", deux de "Malina", deux de "The Congregation", et un de "Coal". Nous sommes loin de l'exhaustivité du programme de leur tournée du 20ème anniversaire ; la période ici évoquée porte davantage sur la dernière décennie. Mais je ne m'en plaindrai pas car les six plages dédiées aux deux derniers opus me semblent indispensables. Le programme diffère tous les jours (au regard des publications sur setlist.fm) ; du coup on peut se réjouir par exemple d'avoir eu droit à "Alleviate" quand d'autres villes ont eu la chance de "Distant Bells". On ne peut pas tout avoir hein …

PROGRAMME
Have You Ever? (Aphelion, 2021)
The Price (The Congregation, 2015)
Illuminate (Malina, 2017)
Running Low (Aphelion, 2021)
On Hold (Aphelion, 2021)
Castaway Angels (Aphelion, 2021)
From the Flame (Malina, 2017)
Alleviate (Pitfalls, 2019)
Out of Here (intro au violoncelle) (Aphelion, 2021)
Slave (The Congregation, 2015)
The Cloak (Coal, 2013)
Below (intro au violoncelle) (Pitfalls, 2019)
Nighttime Disguise (Aphelion, 2021).
RAPPEL :
The Sky Is Red (Pitfalls, 2019).

Un concert d'une telle intensité ne pouvait pas rester sans souvenir matériel. Je ne peux que me ranger dans la file d'attente pour l'échoppe et me procurer trois exemplaires du t-shirt de la tournée ; un pour moi et mes deux fils, qui sont aussi ravis que moi ! A 30€ l'unité, ça pique un peu, mais quand on aime …








jeudi 19 janvier 2023

AMAROK - Spirit of 66 (Verviers, Belgique) - jeudi 19 janvier 2023.

 

C'est en 2017 que je remarque l'émotion suscitée par la parution de "Hunt", grâce aux discussions sur les réseaux sociaux. Immédiatement séduit, il me faudra cependant attendre ce 22 aout 2022 pour pouvoir enfin les voir sur une scène française, lors du festival Crescendo. Subjugué par leur prestation et par leur amabilité hors scène, ce concert fut l'un des moments les plus intenses de l'année.

Je craignais attendre une éternité avant de pouvoir revoir AMAROK. Et puis, à l'occasion du concert de Mostly Autumn le 16 décembre au Spirit of 66, nous avons remarqué que les polonais y étaient prévus ce 19 janvier. En dépit des prévisibles intempéries hivernales, et de la date fixée en semaine, nous nous étions engagés à venir. Néanmoins, ces deux écueils semblent avoir été rédhibitoires pour beaucoup, car cette salle de concert d'une capacité de 350 personnes n'en contenait qu'à peine une quarantaine.

Cette faible affluence est bien regrettable, car l'adage s'est de nouveau confirmé ; les absents ont toujours tort. Cette splendide soirée aura marqué nos mémoires ; tant par la qualité du concert, son atmosphère magique, son rarissime confort d'audition (vu l'espace, j'ai pu me déplacer à volonté en conservant mon point fixe au bord de la scène !) que par la disponibilité des artistes en fin de soirée.

BIOGRAPHIE
https://amarokmusic.bandcamp.com/  et https://amarok.pl/

Ces polonais méritent une bien plus grande notoriété ; je me permets de tenter humblement de l'amplifier en rappelant ici leur parcours. AMAROK est actuellement composé de Michał Wojtas (guitares, harmonium, claviers, thérémine), Marta Wojtas (chœur, percussions), Konrad Zieliński (batterie) et Kornel Popławski (basse, claviers, violon).

Michał Wojtas (né le 23 décembre 1977 à Kielce, Pologne) est un multi-instrumentiste qui a commencé au piano, très jeune, vite inspiré par la musique de J. M. JARRE. Il est curieux et s'initie aux guitares, ou aux instruments de percussion ethniques, au sein d'institutions musicales. En 1993, il est influencé par Mike OLDFIELD et PINK FLOYD. Dans les années 1996-97, il coopère avec Bartosz Jackowski, guitariste dont les inspirations lui paraissent similaires, pour des premiers enregistrements encourageants, avant de passer à d'autres participations.

Fasciné par l'album "Amarok" (1990) de Mike OLDFIELD, il fonde à Varsovie, en 1999, avec le guitariste Bartosz Jackowski, son nouveau projet musical qu'il baptise AMAROK et qui aboutira à un premier album éponyme en 2001. Sa musique peut être définie dans le style art-rock / rock progressif.

Entre 2001 et 2004, AMAROK a sorti trois albums. Depuis 2003, la formation s'est transformée en projet solo de Michał. Son parcours initiatique lui a permis de nouvelles inspirations avec notamment Mark KNOPFLER et Jeff BECK, avant de collaborer en studio avec des artistes tels que Colin Bass (Camel), Mariusz Duda (Riverside, Lunatic Soul) entre autres. Au cours de ses prestations, AMAROK a eu l'occasion de jouer sur la même scène que Nick Mason (Pink Floyd), Gazpacho, Bjørn Riis, Riverside et d'autres groupes.

Cependant, ce n'est qu'après une pause de douze années, que le quatrième album d'Amarok, "Hunt", est paru le 23 juin 2017. Les invités spéciaux étaient à nouveau Colin Bass et Mariusz Duda. Marta Wojtas, qui a écrit les paroles, a également rejoint la composition du groupe de façon permanente. C'est avec cet admirable opus, que j'ai acquis dès le 28 aout de la même année, qu'AMAROK me séduit.

En 2019, Michal a collaboré avec le chorégraphe britannique James Wilton ; ce qui a donné lieu au cinquième album "The Storm", paru le 24 mai 2019, pour le spectacle du même nom.

À partir de 2021, AMAROK a élargi la composition du groupe en intégrant deux musiciens supplémentaires Konrad Zielinski et le multi-instrumentiste Kornel Poplawski.

Le sixième album d'AMAROK, "Hero", paru le 15 octobre 2021.

LE CONCERT [20:30-22:27]

L'acoustique de cette salle mythique n'est plus à démontrer, et la sonorisation fut parfaitement maîtrisée ; ce qui aboutit à un concert absolument fantastique. L'espace n'offre pas de grande possibilité d'éclairage ni de mise en scène, mais la luminosité me parut parfaitement adaptée au besoin de la prestation. Mes prises d'images peuvent en témoigner.

Le premier volet de la soirée porte sur la période "Hunt", qui nous permet de retrouver aisément les sensations similaires à celles vécues lors leur concert à Saint-Palais. Michal et Kornel sont de remarquables multi-instrumentistes qui savent faire valoir toutes les harmonies avec virtuosité. Marta, avec une bienveillante attention, garantit l'alternance des atmosphères tantôt subtiles, tantôt dansantes, en complicité avec les frappes délicates ou fracassantes de Konrad

Comme une articulation, le titre "The Storm" précède le second volet qui promeut le dernier opus "Hero", paru déjà depuis dix-huit mois.  

Assister à l'interprétation fidèle de ces merveilleux titres sur scène, constitue un pur régal auditif et visuel. Je ressens peut-être encore davantage cette belle fusion de ses influences de Marc Knopfer pour la guitare, et de Jean-Michel Jarre pour les claviers. L'usage de l'harmonium, du thérémine, et (dans une moindre mesure) des percussions (gong, bâtons de pluie) de Marta et du violon, est assez peu courant pour attirer mon attention  admirative. Pas de bande-son, seulement la pleine exploitation de leurs instruments ; l'échange de pupitres notamment lorsque Kornel se substitue à Michal au clavier en est un bel exemple.

L'effleurement du thérémine par Michal, ou du gong par Marta, ou les accords de violon de Kornel et ceux de Michal à la guitare, les frappes délicatement mesurées de Konrad constituent des sonorités particulièrement délicates qui contribuent à faire chanceler les esprits. Les deux moments que j'attendais le plus n'ont pas manqué de me réjouir au plus haut point ; "Hail ! Hail ! Al" et surtout "The Dark Parade" qui nous entrainent dans un crescendo vers un irrésistible maelström avec une rythmique tribale. Et cependant, je n'ai pas boudé mon plaisir lors de titres plus calmes et atmosphériques, tel que " The Orb" ou encore "What You Sow" durant lequel Marta montre une chorégraphie élégante avec un ruban, histoire d'accentuer encore l'impression onirique. La répartition astucieuse de ces titres nous ont fait oublier que le temps passe ; ces deux heures sont passées bien trop vite !

L'auditoire est évidemment ravi et le fait entendre par une ovation enthousiaste et bruyante, malgré le faible effectif. Les sourires des artistes montrent qu'ils sont heureux d'avoir partagé cette soirée avec nous. Ce que me confirmera Michal à l'échoppe ; peu importe le nombre, pourvu qu'il y ait communion de bonheur.

Leur prestations de ce soir est comparable à celle du Crescendo mais comprend toutefois deux titres supplémentaires "Idyll" et "The Song of All Those Distant". Parmi les quinze titres interprétés ce soir, on aura écouté l'intégrale (les sept) de "Hero", cinq issus de "Hunt", deux de "The Storm" et un de "Metanoia".

PROGRAMME
Anonymous (Hunt, 2017)
Distorted Soul (Hunt, 2017)
Idyll (Hunt, 2017)
Winding Stairs (Hunt, 2017)
Nuke (Hunt, 2017)
The Storm (The Storm, 2019)
It's Not the End (Hero, 2021)
Surreal (Hero, 2021)
Hail! Hail! AI (Hero, 2021)
The Orb (Hero, 2021)
Hero (Hero, 2021)
The Dark Parade (Hero, 2021)
What You Sow (Hero, 2021).
RAPPEL :
The Song of All Those Distant (The Storm, 2019)
Metanoia (Metanoia, 2004).

On se retrouve à leur échoppe pour échanger nos impressions. Je me procure un CD (The Storm) qui me manquait encore et un t-shirt (même s'il n'est pas daté au dos, pour une fois ; je tenais à leur montrer mon soutien !). Les portraits s'imposaient pour se souvenir de cette si belle soirée ! Surtout qu'en leur rappelant l'attente d'une date parisienne, je n'y crois pas trop en réalité…







dimanche 18 décembre 2022

LACHY DOLEY – New Morning (Paris 10ème) – dimanche 18 décembre 2022

Depuis un peu plus d'un an, des âmes bienveillantes avaient attiré mon attention sur des vidéo musicales diffusées sur YouTube, montrant ce surdoué des claviers. Evidemment impressionné par le personnage, il est cependant difficile de suivre tous les artistes ; celui-là, comme d'autres, avait vocation à poursuivre ses prestations à mon insu. J'avais bien vu vaguement qu'il passait en Europe pour quelques dates, mais mon calendrier était déjà bien chargé et j'avais donc délibérément négligé ce concert.

Toutefois, en discutant sur les réseaux sociaux j'ai pressenti le danger de manquer une soirée présentée comme, je cite : "Le 1er concert en France du "Jimi Hendrix de l'Orgue Hammond" !". Je me suis donc donner pour objectif d'arriver à temps au New Morning ce dimanche soir, après mon retour du Spirit of 66 par des routes encombrées, même si cela relevait de la gageure. Malgré tout, je parviens à me présenter à l'entrée où patiente une petite quinzaine de mélomanes sous une bruine glaciale de nuit hivernale. En dépit de la raison de notre présence ici, nous ne pouvons ignorer l'excitation des rues alentour ; notre public s'étoffera à l'issue de la finale de la coupe du monde de football.

LE SITE : Situé au 7-9 rue des Petites-Écuries, au cœur du 10ème arrondissement de Paris, dans les locaux de l'ancienne imprimerie du journal Le Parisien, le New Morning est en fait un club dont la programmation est dédiée principalement au jazz. Il a été fondé en 1981 par Eglal Farhi, une franco-égyptienne, journaliste enseignante, puis directrice du club. Depuis le décès de cette dernière en 2010, il est dirigé par sa fille Catherine Farhi. Des artistes de renom s'y sont produit tels que B. B. King, Prince, Didier Lockwood, Chet Baker, Pat Metheny, Dizzy Gillespie… Pour ma part, j'avais découvert ce bel auditorium le 14 mai 2014, à l'occasion d'un concert atypique en ces lieux, celui du groupe de hard rock espagnol ELDORADO.

Cet établissement dispose d'une capacité de 500 places. (Ce soir, il restait de la place)

Lorsque les portes s'ouvrent enfin, je pensais naïvement pouvoir me procurer un ticket d'entrée au guichet, mais non. Il m'est demandé d'en commander un sur internet (26 €), de le télécharger puis de montrer le code barre. Drôle d'époque décidément ; sans mon portable je ne pouvais tout simplement pas participer au concert !… Le temps que j'accomplisse la procédure, évidemment tous les autres me passent devant… Mais bon, ce n'est pas bien grave car la configuration de l'auditorium offre de bonnes conditions d'écoute et de positionnement. Une fois admis, j'aurais pu me placer au bord de la scène, au pied du clavinet, mais je préfère rester un peu en retrait, en me calant sur la gauche, du côté dudit pupitre.

ROSAWAY [19h45-20h35].

Ce duo français, mais anglophone, fondé en 2017 exprime une musique qualifiée d'électro-pop-jazz et se compose, d'après les sites consultés, de musiciens anonymes officiant sous les pseudonymes "Rachel" et "SteF" ; une présentation rapide en fin de prestation ne m'a pas permis d'entendre les patronymes. On n'en saura pas davantage. (Ajout du 15/2/23 : je viens d'apprendre qu'il y a Rachel Ombredane)

Ils ont enregistré trois monoplages, "Walk" (2019), "Midnight" (2021), "Freedom" (2018) et deux mini albums (4 titres) "Stranger" (2019) et "Dreamer" (2020).

Une excellente sonorisation a permis au duo de s'exprimer de manière audible. Les pupitres de micro, flûte et batterie furent constamment perceptibles. Pour la petite partie de la scène qui leur était dévolue, le duo dispose d'un éclairage tamisé, mélange de blanc chaud et blanc froid, mais cependant suffisant pour distinguer les musiciens.

Le duo montre un certain gout pour la mise en scène ; les deux acolytes se présentent dos à dos, lui, est coiffé d'un large chapeau rouge écarlate et elle, dotée ma foi d'une jolie plastique, est en soutien-gorge.

Sur le plan musical, très vite, je perçois ce qui va m'agacer. Comme beaucoup, j'apprécie mieux ce que je comprends. Or, je ne comprends pas ce recours à une boite à sons ; à la rigueur je le tolèrerais mieux pour des musiciens de trottoir ou de métro. Oui, je suis de la vieille école ; ma conception d'un concert, c'est un musicien, un instrument, ou l'inverse. Un instrument pour plusieurs musiciens, ou un musicien pour plusieurs instruments. Remplacer ces deux éléments par une machine me parait incongru et surtout sans âme.

Cependant, je parviens à surmonter cet écueil, et à apprécier cette musique à la fois légère et dansante, alliant effectivement électro, pop, et jazz avec une certaine élégance. "Rachel" dispose d'une belle voix au timbre rappelant souvent le gospel ou la soul. Très à l'aise et expressive avec sa flûte traversière elle dégage une personnalité captivante et intense. Quant à "SteF", il occupe son poste de batteur avec une admirable ferveur, une belle énergie. L'ensemble produit une ambiance entrainante.

Au final je suis donc assez séduit par la prestation, mais compte tenu du concept j'aurais juste donné une obole dans leur panier en osier, avant de me précipiter pour attraper mon métro.

Le public s'enthousiasme volontiers et accorde de belles ovations. Quant à moi j'applaudis poliment pour leur talent individuel indéniable.

Titres du programme à déterminer.

LACHY DOLEY [21h-22h40]

Lachlan R "Lachy" Doley est né le 21 avril 1978 et a grandi à Adélaïde (Australie). Chanteur et auteur-compositeur, il a débuté musicalement avec Clayton, son frère ainé qui se chargeait de l'orgue Hammond, pendant que lui se chargeait déjà du clavinet. Ils jouent longtemps ensemble, puis en 2011, Lachy se lance dans un parcours en solo. Il fonde ensuite The Lachy Doley Group en s'entourant d'un bassiste et d'un batteur, avec lequel il enregistre un album qui parait en septembre 2013 sous son propre label.

A ce jour, son trio se compose du batteur Jackie Barnes et du bassiste Joel Burton.

Sa discographie est compliquée à déterminer (entre concert semi-acoustique ou pas, et studio…) mais son album le plus récent est "Studios 301 Sessions", paru le 17 Septembre 2021, chez le label All the Stops. Cette prestation s'intègre dans une tournée européenne comprenant neuf concerts en douze jours, dans sept pays. Ils disposent pour seul chauffeur et technicien de tournée, de Wouter Bakker.

L'acoustique de ce véritable écrin idéal pour les musiciens, a permis de jouir d'une sonorisation parfaitement adaptée à l'atmosphère voulue. Un éclairage tamisé, principalement blanc (chaud ou froid) parfois légèrement irisé, à l'ambiance de club, a mis en valeur les musiciens et leurs instruments avec sobriété mais efficacité. Seul le mur de fond était parfois teinté. La scène n'est pas bien grande, surtout au regard de l'agitation constante de Lachy, mais cela contribue sans doute au trio d'entretenir sa complicité.

Sa prestation est parfaitement conforme à mes impressions issues des visionnages de vidéos. Cet artiste vit totalement et sincèrement sa musique ; on peut dire qu' "il a le blues dans la peau". Il n'en demeure pas moins extraverti et charismatique ; il n'est pas du genre enfermé dans une mélancolie inconsolable. Que nenni, il raconte sa vie, ses émotions. Il tape les mains qui se tendent vers lui, il rit, il sautille vers ses acolytes, quand ce n'est pas sur son siège. Intenable et très expressif, il se dresse debout aux accords les plus énergiques, ou se colle au clavier comme pour approfondir sa tonalité plaintive. Il se penche vers le public pour attiser son excitation, ou vers le levier du clavinet pour accentuer les sonorités guitaristiques.

Jackie Barnes et Joel Burton font preuve de beaucoup de complicité, les regards, les sourires en disent long sur l'ambiance au sein du trio. Les deux soutiens montrent une grande efficacité, alliant finesse et énergie selon les tempi.

Le meneur transmet sa passion avec bonheur. Ce mec est tout simplement réjouissant, avec lui le blues n'est pas triste. Enfin, pas définitivement. Son énergie débordante est communicative. Le public répond avec enthousiasme et entretient ainsi la satisfaction du trio à jouer pour la première fois dans cette salle parisienne.

Parmi douze titres, il interpréta trois reprises des années 70, mais aussi deux titres issus de "Make or Break" 2019), cinq de "Conviction" (2015), un de "Lovelight" (2017) et un de "S.O.S. (Singer Organ Soul " (2013).

PROGRAMME
Stop Listening To The Blues (Conviction, 2015)
Conviction (Conviction, 2015)
Voodoo Child (J Hendrix, 1970)
Give It (But You Just Can’t Take It) (Make or Break, 2019)
Only Cure for the blues is the blues (Lovelight, 2017)
Make It Up (Conviction, 2015)
Use Me (Bill Withers) (Conviction, 2015)
Frankly My Dear I Don’t Give A Damn (Conviction, 2015)
Enchainé avec Just kissed my baby (the Meters, 1974)
A Woman (Make or Break, 2019)
Still In Love (S.O.S. (Singer Organ Soul), 2013).
RAPPEL :
I’m a Man (Spencer Davis Group, 1967).

Pour info, le surlendemain au Spirit of 66 ils joueront : Gimme Some Lovin (Spencer Davis Group, 1967), et Fortunate Son (Creedence Clearwater Revival, 1969) avec comme invité leur roadie Wouter Bakker.

A l'échoppe (qui était restée sans surveillance pendant toute la soirée !!), ce sont les trois musiciens en personne qui se rendent disponibles pour proposer leurs marchandises ; CD, t-shirt, poster. Disponibles aussi pour dédicacer leurs albums (j'en prends deux) et discuter de leur prestation ! Avec un peu de patience, ils posent volontiers pour un portrait. Leur état d'esprit est d'une fraicheur admirable ! Je leur ai dit et je le pense sincèrement : "Be back, the sooner the better !".

A lire les réactions/remerciements des trois musiciens sur leur page Facebook au moment de rentrer au pays, je pense qu'ils auront conservé une excellente impression de leur accueil. On peut raisonnablement estimer les revoir en 2023 !

 

vendredi 16 décembre 2022

MOSTLY AUTUMN – Spirit of 66 (Verviers, Belgique) – vendredi 16 décembre 2022

LE CONTEXTE

C'était déjà pour découvrir MOSTLY AUTUMN que nous avions découvert cette mythique salle, le Spirit of 66, ce vendredi 3 juin 2022. Le calendrier des concerts de ce bel écrin nous a tentés bien souvent au cours de l'année mais son éloignement de Paris (environ 400 km/4 heures de routes) ralentit nos ardeurs, quand même. Oui, il nous arrive d'être raisonnables. Les voisins de ce prestigieux établissement ont bien de la chance, épicétou.

A l'instar de CAMEL et de LAZULI, MOSTLY AUTUMN est de nature à nous faire déplacer sur de longues distances puisque la probabilité de les revoir à Paris reste faible à ce jour. En dépit de conditions hivernales sur les routes (brouillard, verglas, neige), nous avons maintenu notre engagement pris depuis le 8 octobre…

L'accueil particulièrement convivial, chaleureux, accueillant du personnel de l'hôtel des Ardennes (ah, Maggi c'est un personnage !), et de la friterie à proximité, nous a rapidement fait oublier ces aléas.

LE GROUPE, brève biographie

Mes récits de concert n'ont pas vocation à s'attarder excessivement sur la biographie des artistes. Mais je rappelle ici volontiers le pedigree de MOSTLY AUTUMN. Parce que ces musiciens méritent une attention particulière, compte tenu des émotions que leur Musique me procure.

Ce groupe originaire de York, (North Yorkshire) s’est formé en 1995 autour de Bryan Josh, chanteur et guitariste et de la chanteuse Heather Findlay (qui mène maintenant une carrière solo depuis 2010). A la base, leurs prestations consistaient principalement à reprendre des titres de Pink Floyd, mais, au fil du temps et des changements d'effectifs, leur musique s'est forgé une identité, en fusionnant diverses influences, notamment Pink Floyd donc, mais aussi Fleetwood Mac, Genesis, Jethro Tull ou Camel. Les ingrédients subtilement dosés se composent de superbes mélodies enveloppées de voix féminines sensuelles et envoutantes, et transcendées de longs soli de guitares. Cet enchantement musical mêle brillamment du rock à la fois puissant et mélodique avec des thèmes folkloriques, traditionnels, celtiques.

Il me semble intéressant de rapporter ce que Bryan raconte pour expliquer comment lui est venue l'idée du nom de son groupe : "Le nom "Mostly Autumn" est né en 1992, alors que Liam (Davison) et moi buvions dans un pub appelé The Newfield Inn à Dunnerdale, dans la région des lacs. Je savais que je voulais donner au projet un nom ayant un rapport avec l'automne et lorsque, de but en blanc, Liam a pointé du doigt un rail de carte postale indiquant "Mostly Sheep", je n'ai vu que le mot "mostly". Cela m'a frappé et c'est ainsi que le nom a été créé. J'ai et j'ai toujours un grand amour pour la saison de l'automne. Outre les changements de couleurs et les parfums frappants, je trouve que c'est une période très provocante, très nostalgique et puissante avec sa beauté époustouflante et un certain air de tristesse, mais avec un grand sentiment d'optimisme. La période entre l'automne et Noël a toujours été l'une de mes préférées." Je le comprends d'autant plus que je préfère l'automne également…

Bryan a demandé à Iain Jennings de jouer pour MOSTLY AUTUMN au pub "The Northern Wall" à York en 1997, pour remplacer temporairement leur claviériste qui ne pouvait pas venir. Iain se souvient n'avoir disposé que de peu de temps pour répéter avant le concert, mais il apprécia vraiment la musique car elle lui semblait différente de tout ce qu'il 'avait joué auparavant. Une belle complicité durable est ainsi née.

Angela Gordon rencontre Bryan Josh en 1997, c'est le début de son aventure avec MA. Elle suspend toutefois sa participation en 2007 pour une pause maternelle, avant de revenir en 2016. Une multi-instrumentiste de talent, capable d'alterner avec grâce et sensibilité les flûtes (traversière, picolo, fifre), les synthétiseurs, les percussions ou les chœurs.

Avec la parution du premier opus "For All We Shared..." en 1998, MA démontre déjà de très belles compétences. Dès 1999, MA fut remarqué et honorés, notamment en obtenant le trophée de meilleur nouveau groupe accordé par la "Classic Rock Society".

Arrivé en mai 2000, Andy Smith fait partie du groupe depuis leur troisième album. Mais en fait, c'est un ami de longue date, alors qu'il était ingénieur du son et éclairagiste. Il avait donc eu tout le temps de se familiariser avec l'univers de MA avant d'accepter de mettre ses compétences à son service pour remplacer le bassiste parti pour raisons familiales.

Chris Johnson est un auteur compositeur, ingénieur du son et universitaire qui semble s'épanouir pleinement au sein de MA depuis 2006, même s'il s'est aussi accordé une pause entre 2007 et 2014. Sa sensibilité, autant à la guitare qu'au chant, constitue un apport magistral (écoutez en particulier "Silver Glass" et "Changing Lives").

Un soir de fin 2004, Bryan entend Olivia Sparnenn chanter sur une scène et lui demande de faire les chœurs au sein de MA pour le lancement de l'album "Storms Over Still Waters", à l'Astoria. Puis Iain lui demande à son tour des collaborations de son côté. Tant et si bien qu'en 2010, Olivia a accepté l'offre de Bryan de prendre la relève de Heather Findlay en tant que chanteuse principale de Mostly Autumn. L'entente est telle que, sur le plan personnel, Olivia a épousé Bryan Josh en 2013, union dont est issue une fille, opportunément nommée Autumn.

Le poste de batteur semble être le plus délicat pour MA puisque Henry Rogers est le neuvième batteur. Arrivé en 2018, c'est ainsi le membre le plus récent. Recruté pour sa polyvalence et son expérience dans des styles musicaux différents, il a déjà officié au service du funk, de la soul, du progmetal.

Même si tous leurs enregistrements en studio rivalisent de qualités, leurs prestations scéniques sont légitiment remarquées par leur maitrise des atmosphères et par leur durée. Nous avons pu constater lors du concert de juin que ce groupe dégage une aura particulière. Son histoire humaine contribue sans doute à cette impression.

L'opus "White Rainbow", paru fin 2018 (ou le 1er mars 2019, selon les sources…) rend un hommage touchant à Liam Davison, longtemps guitariste de MA et ami d’enfance de Brian Josh, disparu brutalement fin 2017. Selon moi, c'est leur chef d'œuvre ; cet album transpire une émotion tellement sincère qu'elle en est à la fois indescriptible et presque palpable. Un opus indispensable dans la discothèque de tout mélomane.

Le quatorzième album, le superbe "Graveyard Star" est paru le 24 septembre 2021.

Ce soir, autour de Bryan Josh (chant et guitares, depuis 1995), et Iain Jennings (claviers, de 1995 à 2005, puis depuis 2010), nous retrouvons Olivia Sparnenn-Josh (chant principal depuis 2010, mais chœurs, percussions, flûte à bec, depuis 2004), Angela Gordon (flûtes, claviers, percussions, et chœurs, de 1999 à 2007, et depuis 2015), Chris Johnson (guitares rythmiques et acoustiques, chant, claviers, de 2006 à 2007, et depuis 2014), Andy Smith (basse, depuis 2000) et de Henry Rogers (batterie, depuis 2018).

LE CONCERT [20h30/21h30 – 21h50 /23h45]

Afin de se protéger du froid glacial (en dessous de zéro), nous nous réfugions dans le tunnel d'accès d'où nous percevons avec plaisir et admiration les derniers réglages préparatifs au concert ("Soundcheck", pour les anglicistes). Même en répétition, ces artistes assurent admirablement. Ce petit apéritif sonore accroit encore notre excitation. Peu après 19h les portes s'ouvrent enfin.

En pénétrant dans la salle avec ma p'tite Fée, nous étions tentés d'aller nous asseoir en balcon mais finalement nous optons pour un retour au premier rang, afin de communier pleinement avec les musiciens. Certes, ce n'est pas idéal pour le son, mais nous préférons partager leurs sourires, leurs regards, et leur complicité. L'établissement dispose d'une capacité d'accueil de 350 personnes, mais étonnamment la soirée n'affiche pas complet.

Le septuor prend place et la magie opère immédiatement avec le titre introductif "Tomorrow Dies". Olivia irradie la scène de son charisme, de son charme, de sa vivacité et de sa voix. Son timbre limpide, harmonieux et puissant est valorisé par les accords et soli de Bryan qui semble au mieux de sa forme ce soir. La complicité du couple se ressent pleinement ; les interventions sont dosées et exprimées avec charisme et engagement. A l'instar de leur prestation ici en juin, tout est interprété avec soin et poésie.


Les accords à la fois énergiques et sensibles de Chris aux guitares classiques et électriques étoffent ceux de Bryan et apportent indéniablement un surcroît d'émotions à l'ensemble. J'apprécie tout particulièrement les talents de Chris, notamment lorsque qu'il chante de sa voix douce mais expressive (lors des fameux "Changing Lives" et "Silver Glass" donc, mais aussi en chœur). A l'instar de la complicité entre les Josh, on peut distinguer aussi une belle complicité entre Chris et Angela qui jouent d'ailleurs ensemble en dehors du groupe. Cette multi-instrumentiste exprime de magnifiques émotions, surtout aux flûtes (notamment la traversière), mais aussi aux chants et aux chœurs, en appui à Olivia. Angela dispose également de son clavier pour soutenir les riches et puissants accords d'Iain dont le synthétiseur constitue un socle essentiel aux harmonies. Iain m'impressionne toujours par son calme, son regard vigilant sur ces collaborateurs.

Andy est peut-être celui qui bouge le plus, après Olivia. Il exprime ses lignes de basse stables et puissantes avec vivacité et expressivité. Avec la batterie d'Henry, ils constituent un plateau puissant et rythmé qui contribue largement à secouer les nuques et les jambes !

Bref, ces sept ne font qu'un. Aucun ne semble tirer les couvertures à lui, pas même Bryan dont les soli pourtant brillants semblent couler de source dans ce flot de mélodies. Il laisse chacun des pupitres s'exprimer et s'épanouir à tour de rôle. Ils sont visiblement heureux (au moins sur scène) et jouent parfaitement leur rôle de troubadour des temps modernes. Je ne peux m'empêcher de relater un court épisode de vie de couple anecdotique mais qui en dit long sur leur état d'esprit ; Bryan ayant maladroitement renversé une (de ses) Jupiler, Olivia s'est empressée d'éponger humblement le sol à ses pieds. J'ai trouvé cela mignon tout plein. Autre anecdote ; Bryan cherche un décapsuleur pour une (nouvelle) Jupiler ; je lui temps le mien (j'en ai toujours un sur moi !), c'est Olivia qui vient me l'emprunter. J'aurai ainsi accompli ma B.A. pour la journée !!

Cette petite scène, heureusement dépouillée d'artifice ou de décor, aura permis toutefois de contenir les sept musiciens sans léser leur expression. La sonorisation était sans doute parfaite pour les auditeurs plus en retrait ; de notre position assumée nous ressentions davantage les basses/batterie, au dépend parfois du chant. Mais rien de rédhibitoire à nos sens d'admirateurs inconditionnels !

Je serais tenté de distinguer des moments forts dans ce bouquet de toute beauté, mais à mon sens chaque titre est une invitation au voyage. Les opus "Graveyard Star", "White Rainbow" et "Sight of Day", "For All We Shared" sont légitimement représentés avec trois extraits chacun.

Le public ne pouvait qu'être enthousiaste et pleinement engagé dans ce tourbillon de notes enchanteresses et envoutantes.

En clôture de soirée, dans un admirable état d'esprit, les sept artistes nous accordent un programme spécial pour fêter Noël comme il se doit, coiffés des couvre-chefs adéquats.

Leur titre "For Everyone at Christmastime" paru le 4 décembre 2020 s'impose avec évidence et bonheur. Puis c'est l'opportune reprise de Greg Lake "I Believe in Father Christmas" durant laquelle Olivia, tout sourire, secoue bruyamment son manche à grelots, et Angela perce les harmonies de sa flute picolo. La magnifique reprise de Chris De Burgh "A Spaceman Came Travelling" permet une participation accrue du public. Je ne peux qu'approuver le recours au répertoire festif de The Pogues "Fairytale of New York" dont l'interprétation laisse percer fifre et flute. Dans une ambiance conviviale et chaleureuse, le public contribue volontiers à chanter avec le groupe ces airs réjouissants.

Cette magnifique soirée nous aura permis d'écouter vingt et un titres, dont trois du dernier opus "Graveyard Star" (2021), trois de issus de "White Rainbow" (2019), trois de "Sight of Day" (2017), trois de leur superbe premier opus "For All We Shared..." (1998), deux de "Heart Full of Sky" (2006), un titre de "The Last Bright Light", un de "The Spirit of Autumn Past" (1999), leur monoplage "For Everyone at Christmastime" (2020), et une reprise issu de l'album de Josh & Co. Limited "Transylvania - Part 1 - The Count Demands It "(2016). Et pour clore spécialement cette soirée de l'Avent, les trois reprises citées.

PROGRAMME
 
ACTE 1:

  1. Tomorrow Dies (Sight of Day, 2017)
  2. Spirit of Mankind (Graveyard Star, 2021)
  3. Nowhere to Hide (Close My Eyes) (For All We Shared…, 1998)
  4. The Spirit of Autumn Past, Part 2 (The Spirit of Autumn Past, 1999)
  5. The Last Climb (For All We Shared…, 1998)
  6. Gaze (Heart Full of Sky, 2006)
  7. This Endless War (Graveyard Star, 2021)
  8. Back in These Arms (Graveyard Star, 2021)
  9. Mother Nature (The Last Bright Light, 2001).

ACTE 2:

  1. In for the Bite (Limited, Transylvania - Part 1 - The Count Demands It, reprise de Josh & Co, 2016)
  2. Into the Stars (White Rainbow, 2019)
  3. Western Skies (White Rainbow, 2019)
  4. Changing Lives (Sight of Day, 2017)
  5. Silver Glass (Heart Full of Sky, 2006)
  6. Heart, Body and Soul (Sight of Day, 2017)
  7. Heroes Never Die (For All We Shared…, 1998)
  8. White Rainbow (White Rainbow, 2019).

RAPPEL

  1. For Everyone at Christmastime (monoplage, 2020)
  2. I Believe in Father Christmas (reprise de Greg Lake)
  3. A Spaceman Came Travelling (reprise de Chris de Burgh)
  4. Fairytale of New York (reprise de The Pogues).

Le programme aura peu évolué par rapport à celui interprété ici en juin ; des vingt et un titres, ils ont juste remplacé "Passengers", "Skin of Mankind", "The Harder That You Hurt" et "Forever and Beyond" par les quatre titres de Noël. Mais compte tenu de la qualité, on ne se plaindra pas !

A noter que le lendemain au De Boerderij de Zoetermeer, le public chanceux a eu droit à une reprise de "Comfortably Numb" de Pink Floyd. C'est bien connu, les absents ont toujours tort…

Comme en juin, le concert terminé, les musiciens (tous, cette fois, y compris Bryan) descendent dans la salle pour recueillir en toute simplicité et avec bienveillance nos impressions bafouillées dans un anglais plus ou moins approximatif. Je retrouve l'extrême amabilité d'Angela, et de Chris qui ont bien voulu entendre nos compliments et qui nous ont très simplement communiqué leurs activités parallèles. Olivia, radieuse et souriante reste elle aussi très disponible ; Rien d'une star si ce n'est la beauté. Mais je découvre également l'humilité et la gentillesse de son mari, Bryan qui nous laisse espérer une réédition d'une partie de sa discographie, espérer aussi une prestation au prochain Rock en Scène (le 13 mai semble-t-il) ! Iain, Andy et Henry étaient aussi disponibles mais les conversations ne m'ont pas laissé le temps de les approcher.

Je pourrais me lâcher à l'échoppe, mais je n'y trouve pas les premiers albums que je continue d'attendre…

Tout à une fin, nous peinons cependant à quitter les lieux.

Nous retrouvons nos chambres, la tête dans les étoiles.