samedi 16 novembre 2024

ROBERT JON & The Wreck – Le Trabendo (Paris 19e) – le samedi 16 novembre 2024.

LE CONTEXTE. Depuis quelques années, le rock sudiste me semblait en voie d'extinction, au fil de la disparition de ses plus éminents représentants. Pourtant, le XXXIIIème Raismesfest m'a permis de découvrir ROBERT JON & The Wreck, dont la vitalité revigorante, m'a donné le sentiment de revoir quelqu'un que je croyais mort depuis belle lurette !

J'attendais donc avec impatience de les revoir dans un cadre plus intime, persuadé que cette Musique prend encore davantage son ampleur dans un endroit plus confiné ; Le Trabendo me parait à cet égard idéal !

Nous étions arrivés dans la file d'attente peu avant l'ouverture des portes, et pourtant nous nous plaçons sans difficulté dans les premiers rangs, positionnés au centre droit. La scène est basse mais, pour une fois que ma P'tite Fée ne subit pas la présence d'un géant, on bravera la grosse caisse et l'ampli de la basse, qui sont situés en face de nous, au fond de la scène…

FAT JEFF [19h30-20h00]
https://fatjeff.bandcamp.com/album/get-back-to-boogie
https://www.facebook.com/fatbluesjeff?locale=fr_FR

Inconnu de mon répertoire, Jeff Duschek vient du département du Doubs, dans la région de Franche-Comté dans laquelle il s'est montré au sein de Wootz, Blend Of Stones, et Café Noir. Depuis 2017, il est FAT JEFF, un seul homme, doté de ses guitares et d'une grosse caisse. Son univers baigne délibérément dans les profondes racines du blues. Il a séduit de nombreux bars, de nombreuses salles, lors des concerts donnés en France, en Belgique ou encore au Luxembourg. Un premier album "Tales From The Road" est paru le 1 septembre 2018, suivi d'un deuxième, intitulé "Feelin' Wood" le 10 septembre 2020.

Son troisième album "Get Back to Boogie" est paru le 3 avril 2023. Alors qu'il est par ailleurs engagé pour accompagner STEVE'N'SEAGULLS durant trois dates, il vient d'apprendre ce 10 novembre qu'il est invité à assurer la présente première partie de soirée. C'est sa première prestation à Paris.

La sonorisation, parfaitement équilibrée pour les deux seuls instruments, lui a permis d'exprimer toute l'énergie et l'émotion qui se dégagent de ses compositions. Dans l'espace réduit qui lui était concédé, l'éclairage sobre mais efficace, nous a permis de distinguer correctement le personnage, et ses guitares parfois atypiques. Il débute sa prestation avec une "cigar box guitar" estampillée FAT JEFF, dont les sonorités placent l'imaginaire de l'auditeur dans les contrées américaines du Sud profond, en écoutant un blues, martelé par les coups de grosse caisse qu'il actionne nerveusement. Puis il utilise une guitare plus classique, avant de nous en présenter une autre, bidouillée avec deux jantes de roues d'une vieille Peugeot ! Le son de cette guitare résonne un peu comme celui  d'une Dobro. Et ma foi, le tout nous procure de bien belles sensations.

Franchement, nous avons beaucoup aimé cette prestation aussi étonnante qu'inattendue. Ce musicien exprime un authentique blues avec toute la sensibilité requise. Sa sincérité et sa joie manifeste de jouer sur cette scène nous le rend attachant. Pour clore la prestation, Jeff parvient sans difficulté à faire chanter le refrain "Goin' To The Radio" par le public.

Le public ovationne l'audacieux bluesman, dans le cadre de remerciements mutuels et sincères. Nous avons passé un moment bien agréable avec vous, merci monsieur.

Parmi six titres, quatre sont issus de "Get Back to Boogie" et deux de "Feelin' Wood".

PROGRAMME

  1. Clock Mornin’ (Get Back to Boogie, 2023)
  2. Cookie Box (Get Back to Boogie, 2023)
  3. Tarred and Feathered (Get Back to Boogie, 2023)
  4. I’m A Gipsy (Get Back to Boogie, 2023)
  5. Rust, Coffee and Cigarettes (Feelin' Wood, 2020)
  6. I’m Goin’ to the Radio (Feelin' Wood, 2020).

 

ROBERT JON & The Wreck [20h30-22h05]
https://robertjonandthewreck.com/

Ce quintuor américain de blues rock et de rock sudiste a été fondé en février 2011, non pas en Alabama, mais dans le comté d'Orange, en Californie, aux États-Unis. Un premier album autoproduit, intitulé "Fire Started" est paru le 2 Septembre 2011. Très vite, avec soixante dates à travers les Etats-Unis, leurs prestations sont remarquées. Tant et si bien que leur calendrier s'étoffe des tournées, ponctuées de dates en studio.

Avec un peu plus de perspicacités et d'opportunisme, j'aurais pu/dû les repérer plus tôt ; le groupe a ainsi joué dès le 8 avril 2015, au The Blue Devils, à Arras (un site fermé, depuis) ! Plus récemment, le 21 mai 2022 à Bully-les-Mines, puis à l'Empreinte le 30 juin 2022, puis le 5 février 2023 à la Maroquinerie. Mais j'aurai attendu ce 10 septembre 2023 pour découvrir ces américains, lors du Festival Raismesfest (ici), parmi un public abasourdi, sidéré par autant de talent !

Dans la continuité d'une abondante production, un neuvième album studio, intitulé "Red Moon Rising" est paru le 28 juin 2024. Réjouissons-nous de cette unique date française, puisqu'elle s'inscrit dans une tournée européenne débutée ce 30 octobre, et qui comprend dix dates en Allemagne et quatre aux Pays-Bas !... "pauvre, pôôoovre france" ?!

Nous retrouvons donc Robert Jon Burrison (chant, guitare), entouré d'Andrew Espantman (batterie, chœurs depuis 2011), Henry-James Schneekluth (guitare solo, chant, depuis 2017), Warren Murrel (basse, depuis 2017), et Jake Abernathie (claviers, depuis le 16 avril 2023).

L'éclairage m'a semblé satisfaisant, compte tenu de l'espace modeste dont le quintuor peut disposer. La sonorisation, après quelques petites minutes pour atteindre l'équilibre requis, a permis d'entendre distinctement les pupitres et en particulier, les sublimes soli de Henry-James.

D'entrée, l'exaltant "Hold On" nous plonge immédiatement dans l'univers du rock sudiste le plus étourdissant ! Les duos de guitares, ou de guitare et clavier, endiablés par une percutante base de basse/batterie, le chant et les chœurs américains, tout cela me permet de retrouver enfin mes sensations vécues lors des concerts de BLACKFOOT, MOLLY HATCHET, LYNYRD SKYNYRD. J'adooooooooore !

Robert Jon Burrison est manifestement le maître à bord, et pourtant il se place en retrait dès que l'un de ses musiciens s'exprime. Le regard obscurci par l'ombre de son chapeau de cow-boy, les traits de visage masqués par une barbe hirsute, il est concentré sur son chant, son jeu de guitare et celui de ses complices. Il apprécie de se frotter alternativement, comme par défi musical, à son bassiste et/ou à son guitariste. Il n'arborera ses sourires qu'une fois passée la première heure de concert, lorsqu'il aura estimé que le boulot est garanti, le public est emballé.

Les accords de basse de Warren Murrel sont intensément rythmés et finement tricotés. Il est manifestement heureux, épanoui, à voir son large sourire émaillé pendant la majeure partie du concert.

Jake Abernathie, intégré au groupe depuis dix-huit mois, apporte un indéniable surcroit de talent à ce groupe ; il agrémente excellemment les harmonies avec des accords d'une folie rock'n'roll aux claviers. Son duo avec le guitariste durant le rappel est le point d'orgue de son éminent rôle. Avec son apparence assumée de cowboy, le chapeau vissé sur une belle blonde crinière ondulée, il contribue aussi aux chœurs pour faire voyager nos esprits dans les vastes étendues d'Outre-Atlantique.

Le plus souvent dans l'ombre du fond de scène, Andrew Espantman n'en demeure pas moins bien sûr un des éléments moteur des rythmes effrénés ; sa frappe redoutable n'a laissé que bien peu de répit à nos nuques et nos jambes ! Il est le plus ancien membre avec Robert Jon, et en dépit de tournées répétitives, nous avons pourtant remarqué sa joie de jouer et de chanter les chœurs avec envie. Par exemple, son insistance à photographier et filmer ses complices et leur succès est d'une fraicheur réjouissante et communicative ! En voilà un autre qui ne semble pas se lasser de son statut de saltimbanque !

Bref, chacun contribue à perpétuer le style avec entrain et efficacité ! J'aborde délibérément à part le cas du guitariste Henry-James Schneekluth qui constitue une véritable pépite, que Robert a une chance inouïe d'avoir dégoté ! Il nous a une fois de plus totalement épatés par son talent, son inspiration, son implication dans chaque segment de jeu ! C'est un régal de regarder ses doigts courir sur l'instrument, et le bottleneck frotter très souvent le manche pour accentuer encore les atmosphères bluesy. L'intarissable guitariste ne pouvait pas s'arrêter de jouer, même lorsque le patron s'adressait à l'auditoire de son micro ; c'est à croire qu'il a une pile dans la main ! Incroyable. Il quitte souvent son espace pour se rapprocher du public et traverse la scène pour défier ses complices, notamment au clavier. Et, pourtant, l'homme me semble réservé, presque austère ; son charisme il le doit davantage à son jeu de guitare, qu'à sa communication. Par ailleurs, son allure se confond souvent avec celles de Jimi Hendrix (son maintien) et Phil Lynott (sa coupe afro ?). Vous l'aurez compris je suis totalement admiratif de ce musicien au jeu à la fois sobre dans l'attitude, et luxuriant dans la richesse des accords.

Ce genre de concert passe à une vitesse démesurée, on aimerait que cela continue encore… ROBERT JON & The Wreck constitue indéniablement un ardent hommage au Rock Sudiste, avec tout ce que l'on en attend ; sa Musique truffée de subtils arrangements met en valeur les guitares avec moult duos, intervention de clavier et de chœurs.

L'auditoire ovationne vivement ces américains avec un enthousiasme qui semble les toucher. Espérons qu'ils ne tarderont pas à revenir !

C'est assez rare et admirable pour être souligné ; en comparant les programmes du reste de la tournée, j'observe qu'un gros tiers des titres est renouvelé à chaque concert. A chaque fois, "Red Moon Rising", la plus récente parution est logiquement promue, ici avec cinq titres. Mais nous aurons droit à trois titres issus de "Glory Bound", trois de "Last Light on the Highway", un de "Ride into the Light" et un de "Robert Jon & The Wreck".

PROGRAMME

  1. Hold On (Red Moon Rising, 2024)
  2. Rager (Red Moon Rising, 2024)
  3. Blame It on the Whiskey (Glory Bound, 2015)
  4. Red Moon Rising (Red Moon Rising, 2024)
  5. High Time (Robert Jon & The Wreck, 2018)
  6. Life Between the Lines (Red Moon Rising, 2024)
  7. Ballad of a Broken Hearted Man (Red Moon Rising, 2024)
  8. Bring Me Back Home Again (Ride into the Light, 2020)
  9. Glory Bound (Glory Bound, 2015)
  10. Tired of Drinking Alone (Last Light on the Highway, 2020)
  11. Oh Miss Carolina (Last Light on the Highway, 2020)
  12. Do You Remember (Last Light on the Highway, 2020).

RAPPEL :

  1. Cold Night (Glory Bound, 2015).

Je me rue à l'échoppe pour me procurer trois autres albums pour compléter ma collection. Un t-shirt pour ma P'tite Fée compétera mon soutien au groupe. J'apprendrais plus tard que les musiciens étaient venus au bar sans que j'y sois, hélas… J'aurais pourtant apprécié discuter avec eux, histoire de vérifier leur bon état d'esprit, ce dont je ne doute pas vraiment, en fait.




vendredi 1 novembre 2024

DEEP PURPLE – Le Zénith (Paris 19e) le vendredi 1er novembre 2024.

LE CONTEXTE. Dans un contexte où les artistes sillonnent de plus en plus les routes au gré des organisateurs, à défaut de vivre de la vente de leurs albums, les dates des uns et des autres peuvent se chevaucher pour créer un dilemme pour les mélomanes les plus ouverts et éclectiques. Ce soir, deux options partageaient le milieu des hardos. Les Teutons ACCEPT, fers-de-lance du heavy-metal des 80's, étaient à l'Elysée Montmartre. C'est compliqué pour nous car avec ma P'tite Fée et mon fils, nous apprécions sincèrement la production de ce qui reste de ce groupe (un guitariste intégré huit après sa fondation) qui a marqué mon adolescence.

Mais nous n'avons cependant aucun scrupule à revoir une septième fois ces dinosaures pourpres, une véritable légende vivante et intergénérationnelle, qui a contribué à l'émergence du hard-rock traditionnel dès les 70's. Ma P'tite Fée est encore plus impatiente que moi. Mon fils aîné est également dans la fosse. Je me réjouis de voir Le Zénith aussi plein pour rendre hommage à nos anciens, c'est rassurant !

Sur notre ticket d'entrée, il n'était pas mentionné de première partie de soirée. Honnêtement, notre obsession était de revoir DEEP PURPLE et je ne m'étais même pas posé la question d'un potentiel invité ! Je réalise lorsque se déploie le fond de scène…

JEFFERSON STARSHIP https://www.jeffersonstarship.com/  La légende de JEFFERSON STARSHIP commence en 1970, lorsque Paul Kantner sort un album intitulé "Blows Against The Empire" sous le nom d'artiste "Paul Kantner/Jefferson Starship". Mais, l'histoire débute réellement en 1974, avec le projet de fusion du groupe Jefferson Starship lui-même, et de certains anciens membres de JEFFERSON AIRPLANE. A l'instar de nombreux groupes de cette époque, la confusion règne sur leur parcours, il est bien difficile de retracer un pedigree clair et définitif…

Bien que JEFFERSON STARSHIP continue de tourner aujourd'hui, sa fondation et son existence sont semées au fil des décennies de portes qui claquent, de bagarres de coulisses qui finissent à l'hôpital, et d'allers simples pour le cimetière…

Paul Lorin Kantner, fondateur des JEFFERSON AIRPLANE, avant de continuer avec JEFFERSON STARSHIP, était le dernier survivant qui aurait encore pu faire valoir sa légitimité, mais il est mort le 28 janvier 2016. Quant à David Freiberg il a bien collaboré avec JEFFERSON AIRPLANE, mais seulement sur leur dernier album de concert, "Thirty Seconds Over Winterland" (1972/73), avant de rejoindre JEFFERSON STARSHIP, né de la dissolution de l'Airplane en 1974. Puis, il quitte Jefferson Starship en 1984, …avant de le réintégrer en 2005.

Le groupe qui se présente à nous ce soir est composé de David Freiberg (chant guitare, de 1974 à 1984, et depuis 2005), Donny Baldwin (batterie, percussions, chœurs (de 1982 à 1984, et depuis 2008), Chris Smith (claviers, basse, depuis 1998), Cathy Richardson (chant, guitare rythmique, de 2008 à 2015, et depuis 2016), et Jude Gold (guitare solo, chœurs, depuis 2012).

Sans préjuger du talent des musiciens, ni de l'alchimie qu'ils prétendent entretenir, il est donc permis d'estimer cyniquement que la bande de potes devant nous ressemble bigrement à un groupe d'hommage à… ("tribute band" qu'ils disent en anglais !). Un peu comme MOLLY HATCHET, dont le patron actuel Bobby Ingram est un arrivé en 1987, soit seize années après sa fondation…

Mais c'est cependant en spectateur bienveillant que j'assiste à la prestation.

En fond de scène s'étend un gigantesque écran en trois volets.

LE CONCERT [19h55-20h40]. L'usage du volet central de l'écran du fond est cédé à JEFFERSON STARSHIP pour diffuser pendant le concert la publicité du cinquantième anniversaire de la formation.

Au début du concert, la sonorisation mal réglée ne permettait pas de distinguer correctement le chant, mais peu à peu cela s'est équilibré. Le dispositif d'éclairage m'a semblé correct et bien ciblé.

Sur le plan musical, je n'ai pas été totalement subjugué mais j'ai trouvé ce parfum hippy plutôt sympa. Un titre, "Jane" m'a intrigué un peu plus, tant cette chanson parue en 1979 me rappelait bigrement un air de TOTO (formé en 1976 par Jeff Porcaro (batterie) et David Paich !)… Qui a inspiré l'autre ?

Tout le monde a reconnu le mégatube "Somebody To Love", qui est en fait une chanson écrite par l'ancienne chanteuse Grace Slick, lorsqu'elle chantait avec THE GREAT SOCIETY, juste avant qu'elle rejoigne JEFFERSON AIRPLANE, avec arme et bagage…

Le programme aux parfums de patchouli et d'encens, dont la période couvrait 1967 à 1987, aura chauffé la salle de manière plutôt apaisante, doucement rythmé. Les clichés emblématiques de Woodstock m'ont paru toutefois bien éloignés.

PROGRAMME

  1. Find Your Way Back (Modern Times, 1981)
  2. Stranger (Modern Times, 1981)
  3. Sara (reprise de Starship : Knee Deep in the Hoopla, 1985)
  4. Nothing's Gonna Stop Us Now (reprise de Starship, 1987)
  5. Miracles (Red Octopus, 1975)
  6. White Rabbit (reprise de Jefferson Airplane : Surrealistic Pillow, 1967)
  7. We Built This City (reprise de Starship, 1985)
  8. Jane (Freedom at Point Zero, 1979)
  9. Somebody to Love (reprise de The Great Society/ Grace Slick, 1970).


DEEP PURPLE https://deeppurple.com/  Déjà sensibilisé à ces sonorités depuis décembre 1972, j'aurais pu suivre DEEP PURPLE à son apogée, mais disons que mon environnement n'était pas propice. Néanmoins, j'ai quand même eu la chance d'assister à un concert de la formation historique, le 8 juillet 1985 lors de leur tournée "Perfect Stranger".

Eux aussi ont eu à arbitrer des incompatibilités d'humeurs. Mais aujourd'hui, trois des membres issus de la Grande Epoque continuent de perpétuer la légende : Ian Paice (batterie de 1968 à 1976, et depuis 1984 - né le 29 juin 1948, 76 ans) et Roger Glover (basse de 1969 à 1973, et depuis 1984 - né le 30 novembre 1945, 78 ans), ainsi qu'Ian Gillan (chant, harmonica, de 1969 à 1973, de 1984 à 1988, et depuis 1992 - né le 19 août 1945, 79 ans).

Le claviériste Jon Lord (de 1968 à 1976, et de 1984 à 2002 - décédé le 16 juillet 2012) est désormais remplacé par Don Airey (claviers, du 9 août au 8 septembre 2001, et depuis 2002 - né le 21 juin 1948, 76 ans). Remplacer le guitariste Ritchie Blackmore (de 1968 à 1975, et de 1984 à 1993) fut compliqué et causa beaucoup de remous. Le talent et la personnalité de Steve Morse avait apporté la stabilité, jusqu'à ses soucis familiaux. C'est désormais Simon McBride (depuis septembre 2022 - né en 1978) qui occupe le poste.

Leur vingt-deuxième album studio, "=1" est paru 19 juillet 2024. Après quelques dates de festivals d'été, les infatigables  musiciens se sont lancés dans une tournée européenne de seize dates, "=1 more time tour" débutée le 17 octobre à Katowice (Pologne) et qui s'arrêtera à Glasgow le 10 novembre.

Nous parvenons à nous placer correctement, dans les premiers rangs. Bonne visibilité (y compris pour ma p'tite Fée !) car la scène est correctement surélevée.

LE CONCERT. [21h05-22h50]. A l'instar de la précédente tournée, le programme débute par le très jouissif et entrainant "Highway Star". Mais cette fois, il enchaine avec le tonitruant "A Bit on the Side" ! Quelle énergie !!

Le son est excellent, puissant et équilibré. L'éclairage est particulièrement lumineux et les trois écrans géants disposés en volets diffusent de magnifiques images d'une qualité inouïe sur les musiciens.

Je tente de capter la qualité des nouveaux titres, que je découvre, car je n'avais écouté qu'un seul titre "Lazy Sod", en promotion du nouvel album. Tout cela semble de nouveau constituer une nouvelle réussite…

Je constate avec bienveillance que les parties vocales évitent soigneusement désormais de défier la tessiture d'Ian Gillan. Chacun comprendra que celui-ci se contentera de chanter juste, mais ne fera plus les prouesses légendaires. En revanche, les p'tis copains sont là pour maintenir la baraque.

A ce titre, le p'tit nouveau Simon McBride excelle avec sa guitare ; dans un style certes différent du Grand Ritchie Blackmore, différent aussi de son émérite prédécesseur Steve Morse, mais Simon se montre indéniablement digne de ce poste. Certes, ce solo de plusieurs minutes, inhabituel dès le début du concert a pu déconcerter. Mais il a le talent, il le montre, cela ne me pose aucun souci. Ce n'est pas de la démonstration, c'est juste du rock'n'roll de Haute Qualité. Parmi la multitude des soli, on a remarqué l'intro de "Uncommon Man", qui fut dédié à Jon Lord.

Quant à Don Airey aux claviers, je me régale toujours de l'entendre/voir partir dans ses délires d'accords fabuleux, que j'admire depuis que je l'ai vu plusieurs fois depuis 1983 notamment lorsqu'il jouait avec Gary Moore, Ozzy Osbourne. Il est habile dans tous les styles ; classique, pop, blues, hard et le démontre sur un long solo qui lui est imparti. Dans sa fantaisie, on entend beaucoup d'allusions musicales, passant de Mozart (Alla turca) à Marguerite Monnot (Hymne à l'Amour), en passant par une marseillaise reprise en cœur par les mélomanes ravis !

Le talent ne s'estompe pas avec les rides et les cheveux blancs ; Roger Glover toujours souriant et manifestement heureux de continuer l'aventure pourpre, redoutablement efficace de technique et de sensibilité à la basse, notamment avec sa Vigier. (Une marque française qui va sans doute disparaitre hélas)

Et que dire de la remarquable efficacité d'Ian Paice qui maitrise une régularité de frappe jamais démentie. A 76 ans, après tant d'années passées sur les scènes du monde entier, le Monsieur démontre que la vieillesse, cela peut se gérer. En tous cas il y croit dur comme ses baguettes qu'il distribue à ses admirateurs à la fin du concert. Chapeau l'Artiste !

Parmi les seize titres, curieusement, des trois décennies 80, 90, 00, seul l'album "The Battle Rages On" (1993) est évoqué avec un morceau. Six titres sont issus de "=1" (2024), et un de " Now What?!," (2013), astucieusement répartis entre les classiques qui étaient bien sûr très attendus. Bonheur, Nostalgie, Ivresse avec les cinq titres issus de "Machine Head" (1972), et deux de l'époque "Deep Purple in Rock" (1970). Nous pouvons dire que nous avons été gâtés, car une très large plage a été accordée aux titres que tout le monde espérait écouter. Encore une fois (One More Time, titre la tournée !). Pas la dernière j'espère !

PROGRAMME

Bande sons : Mars, the Bringer of War (Gustav Holst)

  1. Highway Star (Machine Head, 1972)
  2. A Bit on the Side (=1, 2024)
  3. Into the Fire (Deep Purple in Rock, 1970)
  4. Uncommon Man (Now What?!, 2013) (précédé d'un solo guitare; dédié à Jon Lord)
  5. Lazy Sod (=1, 2024)
  6. Now You’re Talkin’ (=1, 2024)
  7. Lazy (intro emprunté à un accord d'orgue de d'Emerson, Lake & Palmer) (Machine Head, 1972)
  8. When a Blind Man Cries (Machine Head, 1972)
  9. Portable Door (=1, 2024)
  10. Anya (The Battle Rages On…, 1993)

Solo de claviers (évocation de Mozart's "Sonate N. 11 A-Dur KV 331, 3te Satz: Alla turca, L'Hymne à l'Amour & La Marseillaise)

  1. Bleeding Obvious (=1, 2024)
  2. Space Truckin' (Machine Head, 1972)
  3. Smoke on the Water (Machine Head, 1972)

RAPPEL :

  1. Old‐Fangled Thing (=1, 2024)
  2. Hush (reprise de Joe South) (comprenant un mix duo orgue guitare)
  3. Black Night (monoplage, paru en 1970, avant d'être inséré dans la réédition d'In Rock de 1995).



samedi 19 octobre 2024

LAZULI, ENVERS ET CONTRE TOUR – du 20 au 27 octobre 2024.

 

On mesure avec certitude le temps passé, mais avec moins de garantie celui qui reste. Il était donc opportun d'assouvir enfin mon envie multidécennale de suivre des musiciens que j'apprécie, durant tout ou partie de leur tournée, dans une forme totalement assumée de musico-tourisme. Il me fallait juste trouver un prétexte, un artiste ou un groupe d'artistes qui en vaille la peine …

Avant que la Pandémie vienne ralentir nos ardeurs, nous envisagions de suivre Steven Wilson. Ce que nous avions fait partiellement en 2015, mais de manière discontinue.

C'est finalement la convergence d'intérêts de trois couples de mélomanes, autant adulescents que nous, qui m'a permis de jeter mon dévolu sur LAZULI, pour lesquels nous entretenons une affection toute particulière. Comme le prétendrait une célèbre publicité pour des produits cosmétiques, "ils le valent bien".

Depuis sa parution le 14 Janvier 2023, l'album "11" continue d'être promu par des tournées sporadiques. Celles-ci nous avaient déjà permis d'assister à sept concerts depuis janvier 2023, dont un cet été lors de l'ultime édition du  feu festival The Night of the Prog. Nous aurions pu aussi nous contenter d'assister à leur concert prévu à l'occasion de l'ultime édition du feu festival Prog en Beauce, ce 27 octobre. Mais l'idée, qui a muri pendant une année, a fini par s'imposer au fil des mois.

Parmi les seize dates prévues (à ce jour) en 2024, au titre du nouveau segment de tournée européenne, il ne nous restait plus qu'à choisir nos étapes. Toutefois, puisque LAZULI est bien plus attendu hors de notre douce France (…), cela implique de nous déplacer soit Outre-Rhin, soit Outre-Manche… Nous aurions pu visiter un pays ; soit l'Allemagne, soit les Pays-Bas. Nous aurions pu aussi reporter notre projet en 2025, pour aller en Grande-Bretagne. Nous avons finalement arbitré pour sillonner quatre pays différents, avec quatre dates. Notre plan prévoit ainsi :

      ·        20.10.2024 – Z7 – Pratteln (SUISSE) ;
·        22.10.2024 – Spirit of 66 – Verviers (BELGIQUE) ;
·        23.10.2024 – Harmonie – Bonn (ALLEMAGNE) ;
·        27.10.2024 – Prog En Beauce – Pierres (FRANCE).


EUX EMOI. J'ai le désagréable sentiment de me répéter, mais à l'instar de mes précédents récits sur leurs prestations, je dois une fois de plus déplorer que ce groupe FRANÇAIS et FRANCOPHONE demeure scandaleusement ignoré par la bulle médiatique et pseudo-artistique française, qui semble incapable de curiosité musicale. Je peste de me sentir impuissant face à des promoteurs aveuglés par leur cupidité, et animés d'aucune audace. Les médias, qu'ils se définissent comme généralistes ou spécialisés, n'en sont hélas que trop souvent le triste reflet … Pourtant, chacun des albums de LAZULI, chacun de ses concerts est un réel enchantement. Les mots m'interpellent et les notes m'ensorcellent.

Quoi qu'il en soit, je me revendique volontiers ardent promoteur du talent de ces troubadours occitans. Même si je concède volontiers les avoir tardivement découverts, petit à petit, au début des années 2010, par la grâce d'un forum musical.

La parution de "Tant que l’herbe est grasse" (2014) a motivé mon premier achat. Mais les occasions de les découvrir sur les scènes parisiennes sont rarissimes (2006 au Triton, 2007 à la Locomotive, 2008 à La Scène Bastille. Epicétou). Las d'attendre une improbable venue dans mes contrées, je me suis rendu au festival Rock au Château à Villersexel (70), lui aussi disparu, hélas ! Celui-ci avait eu la bonne idée de programmer LAZULI le samedi 05 aout 2017, alors que le groupe faisait la promotion de "Nos âmes saoules" (2016). Ce premier concert acheva de me convaincre de leur talent. J'ai ensuite pu mesurer leur notoriété notamment auprès des publics allemands (Sankt Goarshausen), néerlandais (Utrecht), norvégiens (Oslo), belges (Verviers) mais aussi … quand même (!) français (Saint-Palais, Pierres, Villeurbanne). Tant et si bien que ma présence ce soir au sein du public, suisse cette fois (Pratteln), va me permettre de revoir LAZULI pour la quinzième fois.

EUX ET LES AUTRES. Heureusement, bien avant moi, quelques autres (trop rares) illuminés les ont reconnus à leur juste valeur en France ; notamment les audacieux organisateurs de Prog en Beauce (2013, 2014, 2017), de Rock au Château (2017), du Crescendo (2007), et de Prog'Sud (2011 et 2018). Néanmoins, c'est encore le plus souvent Outre-Rhin ou Outre-Manche que nous trouvons les plus nombreux admirateurs. Ce qui démontre au moins que la langue de Molière n'est absolument pas un obstacle à la notoriété internationale.

De nature relativement prosélyte, j'ai tenté de porter, modestement mais avec conviction, la bonne parole autour de moi. J'ai commencé par ma P'tite Fée bien sûr. Absente du Rock au Château en 2017, elle fut peu sensible à mon récit pourtant ému. Elle ne prêtait qu'une oreille distraite aux enregistrements. Davantage impatient que désespéré, je pressentais que seul un contact scénique pouvait lui faire trouver la Porte. La Révélation survint assez rapidement, dès ce dimanche 29 octobre 2017, par la Grâce du feu festival Prog en Beauce ! Ce dangereux foyer de contagion lui a été fatal. Depuis, elle ne lâche plus l'affaire… Ainsi soit-il.

Mais cette saine conversion ne me suffisait pas. Inlassablement j'ai persisté, avec souvent le sentiment de prêcher dans le désert, tant mon exaltation devait paraitre suspecte. Mais, sans doute intrigués aussi par d'autres échos qui ont probablement été jugés plus fiables, d'autres mélomanes parmi mes amis ont à leur tour perçu le talent des membres de LAZULI. C'est ainsi que peu à peu notre microcosme s'est étoffé. Parmi eux, Pascal, Valérie, Xavier et Véronique sont désormais de fervents adeptes ; suffisamment en tous cas pour nous accompagner sur les routes de cette folle aventure !

EUX. Ce merveilleux quintuor existe depuis 1998. Les aléas de l'histoire d'un groupe ont abouti à voir passer Pol Amar (guitare, de 1998 à 2002), Yohan Simeon (percussions, de 1998 à 2009), Frederik Juan (marimba, vibraphone, percussions, de 1998 à 2009), Sylvan Bayol (Chapman Stick, de 1998 à 2009), Marc Almeras (de 2002 à 2004). Enfin, le guitariste Gédéric Byar (de 2004 à 2020) a quitté récemment le navire à la surprise générale.

Les frangins Dominique Leonetti (chant, guitare, depuis 1998), et Claude Leonetti (léode, depuis 1998), sont désormais entourés de Vincent Barnavol (batterie, percussions depuis 2010), Romain Thorel (claviers, cor d'harmonie, depuis 2010) et Arnaud Beyney (guitare, depuis 2020).

Sur le site officiel, l'historique de leurs concerts qui débute le 5 avril 2005 à l'Antirouille de Montpellier, est édifiant. Parmi ces dates, on peut relever particulièrement leur prestation des 2 et 3 juillet 2005, à Montreux en Suisse, en marge du célèbre Jazz Festival, qui leur a valu un début de reconnaissance internationale. En effet, c'est à cette occasion qu'un jazzophile allemand, qui déambulait parmi les sites du festival, est tombé par hasard sur nos LAZULI.  Totalement séduit, il entreprendra peu à peu de les faire connaitre en Allemagne. C'est ainsi que le 12 avril 2006, LAZULI est invité au festival allemand KOMMZ-Festival au Colos-Saal, à Ashafenburg ; c'est le début d'une notoriété grandissante chez nos amis Teutons. Notons qu'entre-temps, le 10 mars 2006, LAZULI était présent au Baja Prog Festival au Mexique.

C'est à cette même époque, en 2006, que parait le troisième album intitulé "En Avant Doute", qui contribuera à accroitre une belle reconnaissance dans le milieu musical spécialisé. Néanmoins, pas assez connu en France, le groupe en devient l'ambassadeur sur les plus grosses scènes internationales du rock progressif.

Les média n'ont pas toujours ignoré LAZULI ; la défunte émission nocturne de France Inter, "Sous les étoiles exactement" (1997-2013) a évoqué leur existence le 10 décembre 2007. Rien à voir avec les programmations affligeantes de nos jours…

Bref, quoi qu'il en soit, LAZULI perdure, pour notre plus grand bonheur ! Leur musique délivre des sonorités inhabituelles et agréables. Les textes sont subtils, ciselés et délicats, rarement donneurs de leçons, juste des invitations à l'évasion ou à la réflexion. C'est rafraîchissant par les temps qui courent.

F https://lazuli-music.com/


NOTRE PERIPLE.

Le trajet peut impressionner le non-initié : Ivry/ Granvillard/ Pratteln/ Colmar/ Riquewihr/ Sélestat/ Verviers/ Bonn/ Ivry/ Pierres/ Ivry. En omettant quelques détours, on estime le tout à environ 2100 kilomètres tout de même ! Mais que le pourfendeur écologiste se rassure ; dans une démarche autant écodurable qu'économique, nous avons convenu de réunir les deux couples français et de confier la conduite du véhicule à notre émérite Véronique guidée par son non moins apprécié copilote Xavier. Certes, nous aurions pu voyager à cheval ou en carriole, mais c'eut été plus fastidieux.

LE 19 OCTOBRE, PREMIERE ETAPE : LA SUISSE. (Quelques 590 kilomètres, environ 7 heures, sans les pauses)

Notre cohorte infernale arrivera à temps pour l'apéro du soir, à Grandvillard, une commune suisse du canton de Fribourg, située dans le district de la Gruyère, où nous retrouvons le troisième couple, Valérie et Pascal.

Les adulescents palabrent et peinent à masquer leur impatience de débuter le fabuleux parcours ensemble.


LE 20 OCTOBRE, DEUXIEME ETAPE : PRATTELN. (Quelques 155 kilomètres, environ 1h30 de route). Nous reprenons la route, ponctuée de paysages grandioses, durant laquelle nous distinguons de rassurantes neiges éternelles ; oui il en existe encore… Nous aboutissons à Pratteln et rejoignons l'hôtel IBIS proche du Z7, une salle dans laquelle nous avions déjà assisté à un concert de SAGA en 2017. Le secteur demeure toujours aussi sordide (il me rappelle l'Espace Balard des années 80), mais on s'en fout, on y est que de passage !

Créé en 1994, le Z7 est un ancien entrepôt de Pratteln, situé à une douzaine de kilomètres de Bâle, qui a été transformé en salle de concert. Celle-ci s'est inscrite sur les tournées de plusieurs artistes et a ainsi vite gagné en notoriété. C'est maintenant l'une des salles de concert les plus célèbres de Suisse, confortable et dotée d'une bonne acoustique. Elle peut accueillir jusqu'à 1 600 spectateurs.

Le public est estimé à environ 150 auditeurs. Nous prenons facilement position à la barrière, excellent poste d'observation pour notre premier émoi musical.

TICKET TO THE MOON : (19h-19h50). Ce trio suisse a été formé en 2003 par Andrea "Andy" Portapia et Danny Gosteli. Après les péripéties habituelles d'une vie de groupe, le bassiste Guillaume "Gys" Carbonneau les a rejoints. Ensemble, ils ont joué plusieurs concerts en Suisse et ont décidé d'enregistrer leur premier album. Il faudra attendre novembre 2012, pour que paraisse ''Dilemma On Earth''. Deux semaines plus tard, le succès du concert promotionnel leur a permis d'être engagés en première partie du célèbre groupe néo-prog canadien SAGA. Ils se définissent en tant que "heavyrock progressif".

Un album autoproduit, intitulé "Elements" est paru le 25 septembre 2022.

Nous trouvons ainsi ce soir un trio instrumental composé d'Andrea Portapia (guitares, depuis 2003), Danny Gosteli (batterie, depuis 2003), et Guillaume Carbonneau (basse, depuis 2008). Il semble qu'un claviériste (Matt Zwick) les a récemment quittés.

Les musiciens me paraissent mieux maitriser leur répertoire que leur charisme sur scène. Les obsédants allers et retours des deux guitaristes m'ont semblé un peu trop académiques, mais en fermant les yeux j'ai pu apprécier quelques segments très intéressants, en dépit de quelques longueurs. Evidemment, dans ce style d'exercice sans voix, on est tenté de faire un rapprochement avec d'illustres semblables, tels que SPECIAL PROVIDENCE ou LTE. Mais sans en être là, disons qu'ils se sont montrés digne d'intérêt.

LAZULI : (20h05-22h). Afin de ne pas me montrer trop répétitif pour les trois (voire quatre !) concerts à venir, je me contenterai ici (comme ensuite) d'impressions succinctes. Après tout, mon statut de simple mélomane (j'entends rédacteur non professionnel) me permet de considérer que les prestations de LAZULI, davantage que d'autres encore, s'apprécient à l'écoute (pour les notes), au regard (pour les sourires) et moins à la lecture subjective de mes récits amateurs et approximatifs …

Je rassure néanmoins le lecteur inquiet qui se demande fébrilement si les musiciens demeurent à la hauteur de notre admiration : chaque pupitre est tenu avec talent et entrain. La Léode n'est pas tombée en panne. Les sons  m'ont semblé parfaitement équilibrés. Le chant et les instruments nous ont apportés les émotions et l'évasion attendue. L'ingénieur du son et les musiciens sont exigeants ; ils nous dénoncent souvent, ici et là, une faiblesse. Mais mon oreille a pour habitude d'ignorer ces prétendues imperfections inhérentes à un concert pour me concentrer sur l'exécution des harmonies. LAZULI ne me semble pas abuser de bandes-son ou d'artifices, et chaque artiste met toute sa virtuosité au service de la Musique, la vraie, celle qui se travaille avant d'être exécutée en réel, pour créer une mélodie propice à l'évasion. Tout autre commentaire pourrait paraitre partial et donc superflu.

Ce qui me semble toutefois plus notable à relater, c'est qu'une fois de plus, LAZULI a transformé la fosse en baptistère ; les bienheureux curieux venus découvrir les bonnes paroles sont désormais des adeptes. Derrière nous, un mélomane assistait médusé pour la première fois, à ce foisonnement de notes merveilleuses ; je me suis autant réjoui de son regard émerveillé, que du concert lui-même ! En préalable au concert, je lui avais confessé que j'aurais (un peu) aimé être à sa place, pour connaitre à nouveau ces instants de découverte. Ce qu'il a perçu n'a pas démenti ma prédiction.

Leur programme présente dix-huit titres, en comptant les deux fantaisies finales interprétées au marimba. Leur plus récente parution, "11", demeure très représentée avec sept morceaux, mais on peut déplorer le retrait de "Égoïne" "La bétaillère" et " "Lagune grise" ; personnellement j'aurais préféré le retrait d'autres segments que ceux-là, mais j'ai bien conscience qu'en disant cela je m'assimile à un commentateur d'après match... Ils auraient pu, ils auraient dû, Turlututu !...

Les trois titres à paraitre en 2025, qui avaient été présentés lors de leur prestation au Loreley cet été, sont interprétés aussi. J'aime les trois, mais je ne cache pas ma préférence pour "Chaque jour…" dont le texte et les harmonies m'émeuvent particulièrement ! Cette introduction au cor d'harmonie me prend aux tripes. Ce thème cuivré, repris et accompagné par la Léode, est tout simplement poignant. Il se pourrait bien que ce soit, à mon sens, l'une des plus belles chansons écrites par Dominique, voilà c'est dit. J'aime beaucoup "Être et ne plus être" aussi. Mais bon, tout cela est à placer en perspective avec mon admiration pour l'ensemble…

Autre observation, on pourrait aussi déplorer le retrait du morceau "Dans les Mains de Dieter", dont le solo final créé par Arnaud était époustouflant. Mais fort heureusement, celui-ci s'exprime désormais lors d'un non moins splendide solo à l'occasion de la séquence finale de la chanson "le Pleureur sous la Pluie". Décidément Arnaud, avec son immense talent et sa gentillesse remarquable, a pleinement pris sa place dans le groupe.

En tout état de cause chacun de ces cinq artistes multi-instrumentistes démontrent constamment un réel investissement collectif, un réel plaisir de partager. Les sourires ne s'effacent que pour la concentration nécessaire à certaines séquences. Romain est principalement titulaire du clavier, avec lequel il exprime une large palette d'inspirations plus ou moins jazzy. A cet égard, il convient de souligner son duo magnifique avec Vincent pour clore la chanson "Les courants ascendants", où il démontre toute l'étendue de son talent. Mais son attrait pour les sons cuivrés et bidouillés avec son cor d'harmonie est également admirable. Vincent excelle à la batterie, mais peut la céder ("Le miroir aux alouettes"), pour s'adonner à son autre centre d'intérêt ; les percussions, telles que le marimba. Arnaud exprime énormément de sensibilité lors d'accords et de soli avec sa guitare, mais sait aussi amplifier une rythmique par de puissants accords à la basse. Dominique est le plus souvent avec une de ses guitares en bandoulière, mais le timbre de son chant constitue indéniablement une des particularités du groupe ; en l'écoutant je pense souvent à celui de Geddy Lee de RUSH. Quant à Claude, sa Léode lui permet de combiner tant de sons différents qu'il semble pouvoir se substituer à tous les pupitres, et participe à un véritable maelström harmonique ! Enfin, à l'image de la cohésion qui se dégage de ce quintet magique, tous participent peu ou prou aux chœurs.

Excusez mes propos dithyrambiques mais, comment pourrais je tarir d'éloges pour décrire leur Musique et leur attitude positive !? Ils ne constituent que le contrepoids d'un silence médiatique assourdissant.

PROGRAMME

  1. Le lierre (Nos Ames Saoules, 2016)
  2. Sillonner des océans de vinyle (11, 2023)
  3. Dieter Böhm (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  4. Les chansons sont des bouteilles à la mer (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  5. L'homme volant (Le Fantastique envol de Dieter Böhm, 2020)
  6. Triste carnaval (11, 2023)
  7. Qui d'autre que l'autre (11, 2023)
  8. Quel dommage (à paraitre, 2025)
  9. Être et ne plus être (à paraitre, 2025)
  10. Chaque jour que le soleil fait (à paraitre, 2025)
  11. Mille rêves hors de leur cage (11, 2023)
  12. Parlons du temps (11, 2023)
  13. Le miroir aux alouettes (4603 Battements, 2011)
  14. Les courants ascendants (Tant que l'herbe est grasse, 2014)
  15. Le grand vide (11, 2023)
  16. Le Pleureur sous la Pluie (11, 2023)

RAPPEL :

  1. Neuf Mains autour d'un Marimba
  2. Dreamer (reprise instrumentale de Supertramp).

Cette première soirée fut conforme à nos espoirs en suivant un groupe français ; un concert fantastique suivi d'une rencontre avec les musiciens toujours aussi aimables et disponibles. Ali Laouamen, l'ingénieur du son ne fait pas exception ; dans la cours des fumeurs, nous écoutons ses expériences. Elliot Leonetti, le patient, aimable et souriant responsable de l'échoppe finit par nous connaitre, à force de sollicitations pressantes de notre part ! "Comment cela, il n'y a pas de t-shirt sur cette tournée ??" Le pauvre n'a pas toujours réponse à tout !

Bref, après nos échanges d'émotions passionnées, et un portrait collectif obligé, nous les abandonnons à leur travaux de rangements, que Vincent "Tetris" a déjà entamé sans attendre !

Nos esprits sont gavés de bonnes ondes, nous rentrons à notre hôtel qui s'avère être également celui de LAZULI.


LE 21 OCTOBRE, TROISIEME ETAPE : L'ALSACE. (Quelques 75 kilomètres, environ 1 heure de route)

Alors que nous prenons notre petit déjeuner dans la salle à manger, toute l'équipe de LAZULI prend le sien de son côté. Bien sûr, nous respectons leur intimité, mais d'une envie réciproque les discussions et les échanges d'impressions reprennent de plus belle ! Nous décidons cependant de leur cacher notre dessein de les suivre, mais que c'est difficile ! Les échanges cordiaux se poursuivent jusque sur le parking.

Nous les quittons pour partir vers l'Alsace, une région que ma P'tite Fée et moi tenions à visiter, depuis très, très longtemps.

Colmar nous a séduits par son charme, et sa tranquillité. En particulier son quartier de la Petite Venise, dans lequel nous trouvons un restaurant "La Tarte Flambée" à la terrasse de laquelle nous prenons place. La célèbre Flamenküche est un pur régal bien sûr. Mais ce plaisir est encore accentué par l'accompagnement du divin Gewurztraminer vendanges tardives ! Toutefois, je confesse ne pas résister à assumer ma réputation en commandant une délicieuse bière locale servie à la pression, fraiche et désaltérante !

Ensuite, Riquewihr nous a complètement éblouis, sidérés, par l'authenticité et la beauté de ses rues pavées et de ses constructions à colombages, multicolores et pastel. On voyage plusieurs siècles en arrière en lisant les dates d'origine sur les encadrements de porte. Une des plus belles villes d'Alsace, si ce n'est de France, assurément.

Cette charmante journée touristique aboutit à Sélestat, dans un somptueux hôtel de charme, situé au Sud de Strasbourg. Accueil bienveillant, nourriture succulente et hébergement douillet, le tout proche de l'excellence.


LE 22 OCTOBRE, QUATRIEME ETAPE : LA BELGIQUE. (Quelques 400 kilomètres, environ 5 heures de route)

Après un long parcours sans singularité, nous nous rendons à "La Fringale", notre friterie habituelle de Verviers. Une délicieuse gamme de produits artisanaux, brochettes, boulets, frites et bière locale (brasserie Curtius !) nous remettent d'aplomb, avant la belle soirée qui s'annonce !

Verviers est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement dans la province de Liège. Elle ne présente que très peu d'intérêt (…) sauf de compatir à la désolation qui a résulté de l'inondation dantesque dont elle fut victime le 15 juillet 2021. D'ailleurs, déjà pauvre à la base, la ville peine à s'en remettre encore aujourd'hui…

Nous posons nos valises dans l'hôtel des Ardennes, où nous avons nos habitudes (…), accueilli par Maguy, notre adorable hôte ! Elle envisage de prendre une retraite certes bien méritée, mais avant cette échéance, nous profitons de son accueil traditionnel et particulièrement bienveillant.

Créé en juin 95, The Spirit au 66 est un club qui organise plusieurs concerts par mois, ce qui en fait l'un des plus actifs de Belgique ! Sa décoration, inspirée du style de la "Route 66", entretient une atmosphère très chaleureuse, semblable à celle de nombreux bars musicaux américains légendaires. Son acoustique est très bonne. Dans un grand éclectisme, il accueille toutes les musiques : blues, rock, progressif, hard-rock, métal, jazz, country, salsa, reggae, etc... Sa capacité d'accueil est limitée à 325 personnes, et pourtant elle parvient à présenter souvent de très grands noms (Parmi les plus illustres, citons Camel, Caravan, Gong, Magma, The Flower Kings, Saga, Porcupine Tree, Steve Hackett, IQ, Pendragon, Arena, Mostly Autumn, Amarok, Rose Tattoo, bref des légendes…). Son gérant, Francis Geron est modeste et réservé, pour ne pas dire distant, mais chacun lui sait gré de son abnégation au service de la Musique !

La soirée est intégralement consacrée à LAZULI, pas de première partie.

La taille de la salle la rend plus conviviale que le Z7, il n'y a pas de barrière pour nous séparer de la scène.

Ainsi que convenu en amont de ce récit, je ne m'étendrai pas sur mon appréciation de ce deuxième concert de notre tournée ; sans lassitude aucune, elle est similaire à celle de l'avant-veille. Notons toutefois que cette fois Dominique n'a pas résisté à son besoin de contact avec le public ; il s'est fondu dans le public pendant l'exotique et entrainant "Le miroir aux alouettes", pour partager quelques pas festifs sur la séquence finale ! C'est un réel bonheur de regarder Claude détendu avec une Léode fiable, qui lui permet d'exprimer tant de sonorités harmonieuses ! Ali n'a eu aucun mal à jouer des manettes pour permettre à chaque pupitre d'exprimer ses nuances de sons. L'éclairage de cette petite scène demeure traditionnellement assez limité, mais n'a pas terni l'ambiance chaleureuse accordée par le public belge. Tiens, en parlant de belgitude, notons plus anecdotiquement que le pauvre Romain avait mal mesuré l'impact de la bière Jupiler sur sa vessie ; une envie pressante imposa une pause impromptue au groupe ! Son retour à la scène fut dignement salué.


La soirée se prolonge en intarissables palabres positives et passionnées, notamment avec nos amis belges, mais aussi avec toute l'équipe de LAZULI, bien entendu. Il semble que notre démarche de suivi de leur tournée fut cousue de fils blancs, car ils ne semblèrent guère étonnés de nous revoir…


LE 23 OCTOBRE, CINQUIEME ETAPE : L'ALLEMAGNE, BONN. (Quelques 120 kilomètres, environ 1h30 de route)

Après un copieux petit déjeuner, notre joyeux équipage se remet en route en direction de l'Allemagne.

Nous faisons halte pour visiter le château de Drachenburg, construit entre 1882 et 1884 sur la commune de Königswinter, par un milliardaire qui a fait fortune dans divers placements financiers (en partie liés au Canal de Suez). Pour y accéder il faut marcher sur un chemin qui mène au sommet du Drachenfels, un lieu chargé de légendes dont s'est inspiré Richard Wagner pour son opéra "L'Anneau du Nibelung". Une structure à coupole la Nibelungenhalle abrite une collection de peintures d'Hermann Hendrich sur ce thème.

Le château est intéressant à visiter, ainsi que son jardin, ne fut-ce que pour mesurer la folie des grandeurs de son initiateur. La terrasse du restaurant nous offre une magnifique vue panoramique sur le Rhin et les environs du Siebengebirge, un massif montagneux situé sur la rive droite du Rhin au sud de Bonn.

Nous n'avons pas oublié que nous sommes en train de suivre LAZULI, et ne manquons pas d'acheter un p'tit cadeau pour l'anniversaire d'Elliot, le fils de Dominique. La figurine d'un p'tit Dragon constitue un astucieux clin d'œil.

L'Harmonie est un auditorium situé dans le quartier d'Endenich de Bonn (Frongasse 28-30 - 53121 Bonn). Outre la salle de concert d'une capacité de 500 personnes, dans une superficie de 1200 mètres carrés, l'Harmonie offre un bier garten, ainsi qu'un restaurant. Elle est par ailleurs particulièrement réputée pour accueillir la Beethovenfest en septembre.

Ce troisième concert de notre tournée ne nous déçoit pas et demeure une source continue de bonheur ! Pas de fait notable, hormis un p'tit incident pour Arnaud, dès le début du concert ; une corde ayant cédé, il a dû précipitamment changer sa guitare. Au moment d'interpréter "Le Pleureur sous la Pluie", c'est l'émetteur de la guitare de Domi qui s'est détaché. Le temps de brancher un câble traditionnel et c'est reparti ! Incidents mineurs et sans conséquence, réglé avec professionnalisme. La très bonne acoustique de l'Harmonie, les pupitres parfaitement équilibrés par Ali le magicien du son, et un éclairage lumineux, ont contribué à animer un très grand enthousiasme chez nos amis allemands ! Acclamation bruyante et chaleureuse accompagne le départ du groupe !

A la fin du concert, nous réunissons notre chœur à six voix pour chanter l'anniversaire d'Elliot, à qui nous remettons respectueusement le petit Dragon en signe de notre amitié. Pour cette remise solennelle, Eliott quitte son échoppe et il est remplacé par un mystérieux personnage très serviable et souriant et arborant un atypique t-shirt de LAZULI. Le personnage m'intrigue… Nous ferons sa connaissance un peu plus tard dans la soirée…

Mais nous n'étions pas au bout de nos émotions !... Alors que nous nous désaltérons sagement au bar, Dominique vient nous inviter à nous rendre …dans les coulisses, avec eux pour discuter le temps de leur repas. Nous avions beau nous pincer, nous vivions une situation extra-ordinaire, au plein sens du terme. Je me calais discrètement dans un canapé histoire de capter toutes les ondes positives de l'évènement.

Je me suis alors rappelé que nous étions en Allemagne et il me parut opportun d'évoquer l'existence de Dieter Böhm. "ah bah ça tombe bien", me dit Dominique, "il est là ce soir, il va arriver parmi nous". Là, c'est le séisme collectif dans nos esprits déjà bien secoués. En effet, ledit personnage finit un peu plus tard par nous apparaitre ; c'était celui que j'avais remarqué à l'échoppe alors qu'il remplaçait aimablement Elliot ! Il est tellement humble et gentil que nous avons tardé à l'aborder. Nous l'avons rassuré en comprenant ce qu'il pouvait ressentir ; bien évidemment il n'y est pour rien, il n'a rien demandé et surtout pas la notoriété ! Mais nous lui avons fait admettre qui lui c'est nous, nous sommes lui. Et qu'il était bien malgré lui devenu un symbole de tous les admirateurs de la Musique de Lazuli. Nous conserverons de lui le souvenir d'un garçon charmant, souriant, humble.

Le retour vers notre hôtel dans la pénombre de Bonn nous parait s'écouler hors du temps. L'esprit encore émerveillé par cette soirée en point d'orgue d'une folle tournée européenne !


LE 24 OCTOBRE, SIXIEME ETAPE : RETOUR EN ILE-DE-FRANCE, A DOMICILE. (Quelques 520 kilomètres, environ 6 heures de route)

Pour cette parenthèse déconnectée, nous flânerons dans Paris avec nos amis helvètes. Rien d'extravagant, il fallait juste laisser la poussière retomber, histoire de clarifier nos esprits. Après un déjeuner au pied de Notre-Dame, nous déambulons, en passant par l'ile Saint-Louis pour déguster une glace Berthillon, avant de longer l'hôtel de ville et continuer la rue de Rivoli jusqu'au Louvre puis le parc des Tuileries. Bref, du tourisme, sans musique.


LE 27 OCTOBRE, LA FINALE EN BEAUCE : PIERRES. (Quelques 90 kilomètres, environ 1h30 de route)

Cette fois accompagnés de Samuel et Julien, mes deux fils, nous reprenons la route vers la Beauce pour assister à la dernière édition du festival PROG EN BEAUCE, qui sera couronnée par un concert de ... LAZULI. Ce mémorable bouquet final fera l'objet d'un récit à part. Mais je souligne toutefois que ce quatrième concert sur notre tournée, leur dernier de l'année 2024, s'inscrit dans la continuité d'une épopée que nous n'oublierons jamais ! Encore un superbe concert qui constituera l'apothéose d'une idée folle que nous avons concrétisée enfin !


Alors que nous croyons être allés au bout de nos émotions, nous avons eu le plaisir de pouvoir discuter avec les parents de Claude et Dominique, qui sans surprise s'avèrent être des gens exquis, d'une très grande gentillesse. Tels parents, tels fils, quoi …