samedi 19 juillet 2025

IRON MAIDEN – La Défense Arena de Nanterre (92) – samedi 19 et dimanche 20 juillet 2025.

Je reviens contre mon gré dans cette arène sportive. J'ai hélas déjà eu l'occasion de confirmer qu'elle est davantage adaptée pour brailler un soutien lors d'une compétition que pour écouter notre Musique. Mes expériences pour RAMMSTEIN et GENESIS, certes à des degrés divers, ne m'avaient pas donné l'envie d'y revenir a priori… Mais pour assister aux concerts d'IRON MAIDEN, j'ai vécu pires aventures ! (…)

Une fois de plus et sans surprise, durant les deux soirées, la réverbération du son a nui à l'acoustique, en dépit des efforts d'équilibrage des pupitres par l'ingénieur du son. L'ampleur du son fut perçue différemment selon l'emplacement du spectateur, sa perception fut plus ou moins décalée. Je rapporte cette sensation à la fois de mon expérience personnelle sur les deux jours, mais aussi des témoignages recueillis. En secteur prestige, le samedi cela restait correct. Mais le lendemain, en secteur tribune basse, davantage éloigné de la scène, le décalage systématique entre la cadence et les pupitres fut parfois à la limite du supportable.

Pour apprécier les deux concerts, il fallait avant tout admettre cette pénalité. Avec un minimum de bonne volonté, mes oreilles ont fini par s'y faire bon gré, mal gré. Heureusement, car par ailleurs, cet évènement aura été mémorable !


LEUR HISTOIRE DANS MON HISTOIRE. Steve Harris avait dix-neuf ans lorsqu'il a fondé IRON MAIDEN en 1975, à Leyton, dans l'est de Londres ; il n'imaginait probablement pas le développement de son projet. Alors que son groupe débutait dans le pub "Cart and Horses" à Stratford, pouvait-il concevoir la perspective de cinq décennies passées à sillonner la planète, pour promouvoir dix-sept albums enregistrés en studio, relayés par moult enregistrements audio et vidéo. Comme souvent, un engrenage de circonstances et de rencontres a contribué à construire un univers musical et visuel. Parmi celles-ci, Derek Riggs avec qui il a conçu dès 1979, la mascotte légendaire, Eddie, dont l'iconographie exploitée sur scène et dans les médias, a participé à la notoriété du groupe.

A l'instar de beaucoup, je fus emporté dans cette enivrante spirale. Mes aînés m'avaient pourtant prévenu ; les années passent à une vitesse vertigineuse. Cela fait déjà près de quarante-cinq années que ces maudits Anglais ont contribué à m'ouvrir un univers obsédant, dans un sillage déjà creusé par d'autres énervés. N'oublions pas qu'IRON MAIDEN est un des vecteurs de la très fameuse NWOBHM, autrement dit, la "nouvelle vague de heavy metal britanique".

Chacun grandit avec ses icônes contemporaines. Moi, c'est notamment avec IRON MAIDEN, qui m'évoque MES années 80, celles de mon adolescence. Avec davantage de constance qu'AC/DC (et ce n'est pas rien de le dire !), IRON MAIDEN a accompagné et soutenu lors de nombreuses étapes dans ma vie, comme une médecine alternative, une musicothérapie. La plupart des concerts de la Vierge de Fer me rappellent des souvenirs particuliers, et cela dépasse largement le strict cadre musical (…).

Passons sur le choc subi lorsque Didier F. cet ami bien inspiré de l'époque posa sur la platine de sa chaine hi-fi, dans le salon de ses parents, le vinyle du tout premier opus de la Dame de Fer (…). Je me contente ici de rappeler le cataclysme culturel que j'ai vécu en ce jour printanier du samedi 21 mars 1981 au Bataclan, à l'occasion de leur tournée "Killers". Certes, dans les quelques semaines qui avaient précédé, je venais d'assister au dantesque concert d'AC/DC le 29 novembre 1980 au Bourget, qui m'avait déjà ouvert les Portes de la Perdition ; puis je m'étais exalté avec TELEPHONE le 17 février 1981 au Palais des Sports. Mais là, avec ce concert survolté d'IRON MAIDEN, … clairement je pénétrais dans une autre dimension !

Visiblement, je ne m'en suis toujours pas remis. Je guette chaque tournée et chaque occasion festivalière de les revoir. Les nombreuses aventures liées à mes participations à leurs concerts seraient trop longues à relater ici ! L'après-midi sur 21 mars 1981 passée dans les locaux du Quai des Orfèvres, la nuit du 24 mars 1982 amené en panier à salades au commissariat du 12e arrondissement de Paris, les deux Monsters of Rock de Castle Donington, les onze concerts étourdissants vus à Bercy, les deux Zénith de Paris …ect.

En dernier lieu, le samedi 17 juin 2023, j'ai bravé, à mes risques et périls, la folie de dizaines de milliers de festivaliers hystérisés au Hellfest, en m'obstinant à m'accrocher au deuxième rang. J'étais ressorti de cette expérience littéralement vidé, exténué. Ce guet ne fut toutefois pas infaillible puisque, le 30 juin 2023, j'ai stupidement manqué l'occasion de les revoir à Manchester ; avec un peu plus de perspicacité, nous aurions dû/pu rester une journée de plus, après d'autres émotions musicales (…). Bref, quoi qu'il en soit, ce 19 juillet me permettra d'assister une vingt-quatrième fois à un de leurs concerts (dont six en festival) ; une nouvelle étape qui anime une charge émotive que je ne cache pas…

J'avais hâte de les revoir dans des conditions moins …éreintantes.

De surcroit, une fois n'est pas coutume (…), IRON MAIDEN sera précédé d'un groupe qui nous semble digne d'intérêt. En effet, nous revoyons AVATAR pour la quatrième fois ; jusqu'à présent ces Vikings ne nous ont pas déçu en concert.

Je ressens toujours le même plaisir de participer à ces grand-messes, vers lesquelles convergent des milliers de mélophiles vêtus de t-shirts, et de vestes à patch ; cela me rassure. Pour la présente occasion, force est de constater la grande diversité d'imagerie à la gloire d'IRON MAIDEN. Impressionnant ! Pour ma part, j'avais enfilé le t-shirt spécialement édité pour leur prestation du HellFest 2023, mon concert le plus récent avec eux.

Arrivé sur le site de La Défense, on doit s'insérer dans une dantesque file d'attente ; Elle débute bien avant le parvis de l'arène !! Mais bon, elle a le mérite d'avancer relativement vite. Les contrôles s'avèrent pragmatiques et rapides. Le concert, réputé complet (aujourd'hui et demain), est censé se produire devant plus de quarante mille personnes, d'après la capacité officiellement affichée par la salle.

Dès le 23 septembre 2024, moi et ma P'tite Fée avions délégué à un couple d'amis, la mission d'acquérir nos tickets pour le samedi 19. Pour une fois, nous avons opté pour un placement de prestige (E60/P116/R23/P21 & 22), afin de nous accorder la moins mauvaise place possible… Le fait est que nous sommes excellemment positionnés, compte tenu de la configuration de l'ovale ; la diagonale vers la scène n'est pas trop écrasée et nous permet une très bonne visibilité de l'ensemble de la scène. En outre, notre rangée de sièges surplombe la cage d'escalier ; ce qui dégage totalement notre point de vue, sans crainte subir des gaillards relevés devant nous (ce qui est la spécialité de ma P'tite Fée) ! Détails confortable, un rebord de balcon nous permet de déposer nos gobelets ; parfait ! Ces places numérotées ont également l'avantage d'autoriser, sans crainte de replacement aléatoire, d'aller chercher nos boissons. Les gobelets sont à collectionner ; magnifiquement illustrés à l'effigie d'Eddie, sur trois modèles différents ; Acte de bravoure indéniable en toute modestie, il m'aura fallu siffler trois bières pour les collecter.

On se dépêche de visiter l'échoppe officielle. Les t-shirts sont beaux, attrayants mais onéreux ; moyennant 50 € je prends un exemplaire pour ma p'tite Fée, mais je m'abstiens de tout excès. Les miens me suffiront compte tenu de ce cout que j'estime excessif.

Les conditions sont donc quasi idéales, dans ce contexte, même si l'oreille devra bien évidemment s'adapter à l'acoustique de cette arène… Il reste donc à évaluer les balances pour des pupitres audibles.


AVATAR [19h30-20h15].
https://avatarmetal.com/

BREVE BIO : Le quintuor suédois, originaire de Göteborg, a été fondé en 2001 par le batteur John Alfredsson et le guitariste Jonas "Kungen" Jarlsby. Après une phase toujours un peu pénible de chaises musicales inhérente à la genèse, le groupe se stabilise en décembre 2011, lorsque Tim Ohrstrom remplace le guitariste Simon Andresson. Puis le groupe évolue, visuellement et musicalement. Le chanteur Johannes Eckerström se grime alors en clown, à l'occasion du tournage du clip de "Black Waltz" (sur le thème d'une troupe d'artistes de cirque qui montrent leurs étonnants talents).

Leur neuvième album "Dance Devil Dance" est paru le 17 février 2023. Toujours sur un rythme effréné, un dixième est déjà en gestation, puisqu'ils sont rentrés en studio en janvier 2025. Mais sa tournée promotionnelle est déjà bien engagée. Depuis ce 5 juillet à Madrid, AVATAR a accroché son wagon au train fou d'IRON MAIDEN. A l'instar de la précédente tournée, je suis impressionné par la longueur de son calendrier, qui sera interrompu seulement en septembre 2025 et en janvier 2026 ; il s'étend à ce jour avec plus de soixante-douze dates déjà prévues jusqu'au 5 juillet 2026 à Londres ! Quelle santé !!

AVATAR se compose actuellement de Jonas "Kungen" Jarlsby (guitares, 2001), John Alfredsson (batterie, depuis 2001), Johannes Eckerström (chant, trombone et claviers, depuis 2002), Henrik Sandelin (basse, chœurs, depuis 2003) et Tim Öhrström (guitares, chœurs, depuis 2011).

A priori, je n'étais pas enclin à apprécier ce groupe, car le chant n'est pas de nature à me séduire, en tant qu'amateur de belles voix. Mais de bonnes âmes ont tellement insisté pour que j'y prête une oreille plus attentive que j'ai fini par apprécier leur conception d'un "death metal" mélodique, agrémenté d'un heavy metal puissant et ciselé. En outre, les vidéos promotionnelles de Johan Carlén sont très soignées, avec beaucoup d'humour et de dérision. Enfin, c'est leur prestation à la fois dantesque, loufoque et captivante du dimanche 26 juin 2022 au Hellfest, qui a achevé de nous magnétiser. Le quintuor démontre sur scène son efficacité, par une maitrise technique, une réelle harmonie entre les pupitres et de surcroit une mise en scène fantaisiste. Leur son lourd et puissant provoque irrésistiblement l'ébullition du public. Le charisme des musiciens, en particulier celui du facétieux et extravagant Johannes Eckerström, est fascinant. Ce dernier trahit de nouveau un de mes paradoxes ; sa voix peut rebuter par sa rugosité, par l'expression d'une folie inquiétante et pourtant je retiens une réelle cohérence avec l'univers développé.

La sonorisation de cette maudite enceinte s'avère acceptable depuis notre point de perception. Certes, le son résonne fatalement mais les pupitres sont distinctement audibles et c'est le principal, après tout ! Mon appréciation sur leur prestation de ce jour est heureusement conforme aux précédentes.

Un manutentionnaire dépose un carton (sans fond) au pied de la batterie. Johannes semble sortir de la boite, (du dessous de la sous-scène), l'illusion est jouissive ! Tu veux un ballon ? Puis, la machine est enclenchée ; nous retrouvons cette puissance dévastatrice ponctuée de séquences circassiennes déstabilisantes. Derrière une brutalité musicale se dévoilent de magnifiques segments mélodiques joués aux guitares. Ces contrastes de puissance mélodique continuent de me rappeler d'autres Suédois ; ARCH ENEMY et (les débuts de) TIAMAT.

Des deux nouveaux titres, je préfère "Captain Goat", plus mélodique que "In the Airwaves".

Manifestement, une bonne part du public découvre ces Suédois, et finit par acclamer bruyamment la prestation. Je suppose qu'ils ont su séduire de nouveau métallos ce soir.

Ce puissant maelström musical nous a proposé huit titres dont deux nouveaux et six issus de quatre de leurs neuf albums antérieurs. Deux titres sont issus de "Dance Devil Dance", deux de "Hail the Apocalypse", un de "Black Waltz", un de "Feathers & Flesh".

PROGRAMME
Bande-son introductive : "Beware of the Clown" (The Damned)

  1. Dance Devil Dance (Dance Devil Dance, 2023)
  2. The Eagle Has Landed (Feathers & Flesh, 2016)
  3. In the Airwaves (à paraitre, 2025)
  4. Bloody Angel (Hail the Apocalypse, 2014)
  5. The Dirt I'm Buried In (Dance Devil Dance, 2023)
  6. Captain Goat (à paraitre, 2025)
  7. Smells Like a Freakshow (Black Waltz, 2012)
  8. Hail the Apocalypse (Hail the Apocalyps, 2014).

 Notre calendrier est d'ores et déjà coché à la date du samedi 7 mars 2026 ; ils sont prévus au Zénith de Paris - La Villette.

L'entracte me permet de revoir des amis de longue date, dans les coursives. Beau moment de convivialité dans un état d'exaltation générale.


IRON MAIDEN [21h-23h].

La présente tournée mondiale est intitulée "Run for Your Lives World Tour". Sa partie européenne comprend à ce jour trente-deux dates ; elle a débuté le 27 mai 2025 à Budapest, en Hongrie, et se terminera le 2 aout 2025 à Varsovie. Il s'agit là de commémorer le demi-siècle de carrière du groupe. Ce qui exclut leur dix-septième opus, "Senjutsu " qui est paru le 3 Septembre 2021.

Alors que la bande son introductive clame puissamment l'hymne "Doctor, Doctor" de UFO, je sens l'émotion me prendre à la gorge. Les cinq décennies passées remontent en mémoire. Ce sont un peu des grands frères ; même s'ils sont légèrement plus âgés que moi, je me considère un peu de leur génération. Le fondateur, le bassiste Stephen Percy Harris, est né le 12 mars 1956 (69 ans). Il demeure fidèlement accompagné depuis 1976 par le guitariste David Michael Murray, né le 23 décembre 1956 (68 ans). Un peu moins fidèles mais finalement toujours au poste, nous retrouvons Adrian Frederick Smith, né le 27 février 1957 (68 ans), guitariste de 1980 à 1990 et depuis 1999, et Paul Bruce Dickinson, né le 7 août 1958 (66 ans), chanteur de 1981 à 1993, et depuis 1999.

Selon moi, le groupe aurait dû rester en quintuor, l'essence même de son existence. Le son de cette époque me parait plus incisif et moins confus. Mais, en 1990, le départ d'Adrian avait nécessité le recrutement de Janick Robert Gers, né le 27 janvier 1957 (68 ans). Au retour d'Adrian en 1999, on peut supposer qu'humainement il aurait semblé ingrat de débarquer Janick. C'est ainsi qu'est apparu un sixième pupitre.

La nouveauté sur cette tournée c'est l'absence de Nicko McBrain, qui était le batteur d'Iron Maiden depuis 1982 ; il avait succédé au déjà excellent Clive Burr. On a beau se persuader qu'il est préférable arrêter avant de défaillir ; il n'en demeure pas moins que revoir Maiden sans lui, c'est un peu dur… Nicko a sagement préféré déposer ses baguettes, à 72 ans ; son ultime concert a eu lieu le 7 décembre 2024 à São Paulo. Dès le lendemain, Steve Harris a désigné officiellement son remplaçant ; c'est Simon Dawson, (66 ans), le batteur de son groupe parallèle, BRITISH LION.

L'hommage à UFO se termine, une autre bande introductive recadre la période qui va être évoquée, c'est celle qui ouvre l'album "Killers". Les premières images diffusées évoquent astucieusement les débuts de l'aventure du groupe. Tels que le pub Cart and Horses de leurs premiers concerts, les allusions aux titres emblématiques des premiers opus…

La sonorisation ne me décevra pas, (hormis encore une fois l'acoustique résonnante du lieu) les musiciens expriment leur art avec un équilibre subtil de clarté et de puissance. Avec l'esprit bienveillant d'un admirateur de ladite Musique, l'oreille s'adapte autant que possible et parvient à estomper la démesure du lieu.

La mise en scène des concerts d'IRON MAIDEN a toujours fait l'objet d'un soin particulier, d'un esthétisme recherché, avec beaucoup d'audace. Ce soir encore, l'organisation s'est surpassée. C'est tout simplement excellent. Un écran géant central surplombe la scène et diffusera les illustrations des titres. Deux autres plus petits, de chaque côté, montreront principalement les plans rapprochés des musiciens filmés en direct, mais seront parfois aussi un complément du grand écran. Les images diffusées sur le central illustrent somptueusement les chansons ; en concert, j'ai rarement vu d'aussi belles images en termes de couleurs, de jeu d'ombres et lumières, d'hologrammes et autres trompe l'œil. Je pourrais disserter longuement sur la scénographie très soignée de chaque séquence sans tarir d'éloges. Les proportions étaient savamment calculées pour y fondre les interventions de Bruce, acteur malicieux.

L'éclairage est subtilement dosé pour produire les meilleurs effets. Il permet souvent de créer l'illusion de décors. Sans oublier les effets pyrotechniques, notamment durant "The Number of the Beast".

Mais les deux moments qui m'ont paru les plus esthétiquement remarquables furent "Powerslave", "Rime of the Ancient Mariner" et "Hallowed Be Thy Name".

Durant "Powerslave" de somptueuses images faisaient évoluer la pyramide au gré des éclairages d'une journée avec des couleurs chaudes et chatoyantes. Bruce semblait vraiment agir au pied des marches du monument ! En contrebas, un jeu de lumières produisait l'illusion de blocs sculptés (sans doute un gain de place précieux pour le transport du matériel de tournée !)

Le sommet de l'esthétisme et de la poésie fut atteint durant "Hallowed Be Thy Name" dans un décor et un jeu de lumières et d'images absolument saisissant et oniriques. La silhouette de Bruce qui se confond astucieusement avec son hologramme alors qu'il est poursuivi par l'esprit est un pur moment d'anthologie scénique du hardrock. Sa chute après une pendaison ratée, puis sa réapparition dans un fumigène flamboyant et superbement mis en scène.

Quant à "Rime of the Ancient Mariner", qui est de toute façon un de mes titres (si ce n'est mon titre) préféré(s) de toute la discographie, on erre dans le comte fantastique avec ses décors maritimes digne des meilleurs films du genre ! L'image d'Eddie y apparait de manière effrayante et belle à la fois !

Si l'avion Spitfire n'est plus suspendu comme lors de la précédente tournée, le mannequin d'Eddie intervient traditionnellement ; cette fois durant les titres "Killers" et "The Trooper" (mais pas durant "Iron Maiden").

Et bien entendu, nous sommes censés commenter avant tout un concert de musique ; les musiciens ne sont pas en reste ! Le sextuor émerveille les sens des mélophiles les plus exigeants. Steve demeure fougueux et évidemment très impliqué, le son des cordes tricotées de sa basse est omniprésent, sans pour autant masquer celui de ses petits camarades.

Bruce conserve son timbre distinctif, et il délecte sur des tonalités mineures fleuretant avec la justesse. Sa tessiture en concert est parfois surprenante. Son souffle m'a particulièrement sidéré sur le final de "Seventh Son…". D'un charisme évident, capable de soulever les foules à sa volonté, il fait partie de ces chanteurs qui adorent jouer la comédie, se déguiser et s'imprégner de ses personnages. Les chansons du répertoire lui en donnent d'excellentes occasions. Sur "Powerslave" il se coiffe toujours de ce mystérieux masque (plutôt incas en fait !). Sur "Rime of the Ancient Mariner", il est vêtu de guenille de marin fatigué. Sur "The Trooper" il est habillé en soldat, il agite fièrement le drapeau britannique et exacerbe un patriotisme assumé (dont une simple fraction équivalente ne serait pas pardonné à un Français, mais bon passons …!). Bondissant et pleinement engagé dans ses rôles, l'agilité et la fougue du sportif reconnu ne semble pas faiblir à l'approche de sa septième décennie. Et puis, sa francophonie accroit encore la sympathie du public français ; il ose des blagues et des allusions à nos us et coutumes ! Mon propos peut paraitre excessivement dithyrambique et pourtant j'estime que ce n'est pas le cas, car je maintiens ma préférence pour le personnage de son prédécesseur, Paul Di'Anno. Les deux ont leurs qualités et leurs défauts, mais j'appréciais beaucoup le côté rocker assumé de Paul, le timbre à la fois rugueux et mélodique, ainsi que sa tessiture impressionnante…

Dave le fidèle guitariste assume légitimement la majorité des soli avec perspicacité. Adrian est un excellent lieutenant assumant son pupitre et ses de soli à la perfection, mais aussi pour des duos splendides à pleurer.

Alors le cas Janick… Désolé mais je n'arrive pas à m'y faire. Oui je sais il compose et exécute quelques jolis soli. Je respecte l'artiste, ce n'est pas lui que je mets en cause, c'est juste sa présence. La plupart du temps je le sens en trop. Lui-même peut-être aussi d'ailleurs, quand on le voit faire le pantin désarticulé en maltraitant le harnais de sa guitare virevoltante. Et encore une fois, même quand il vient étoffer les harmonies avec sa troisième guitare, ce surcroît de corde me semble inutile, voire néfaste à la vigueur des interprétations.

Simon, le nouveau venu, doit assumer la redoutable fonction de remplacer Nicko. Je me dois par respect de modérer mon sentiment mais quand même… il me semble que son jeu manque des roulements de caisses et de cymbales que Niko étaient capable de produire avec fougue et bonne humeur. Pour le reste, honnêtement j'ai peiné à distinguer ce qui relève de sa responsabilité ou de l'acoustique résonnante, dans quelques pertes de rythme… Bref, une page est tournée avec le départ de Nicko.

Et le public… ahlalalaaa… quel enthousiasme encore et toujours... Les années passent mais la passion demeure, même si là aussi j'ai connu des concerts de Maiden encore bien plus telluriques ; les 21 mars 81 au Bataclan, 24 mars 82 au Pavillon Baltard. Et que dire de celui du  17 novembre 1983 à Balard durant lequel la sueur se mélangeait à l'eau de condensation qui coulait du toit de la tente ! Bref, j'arrête là mes souvenirs de vieux con. Disons que ce soir encore le public chante, s'époumone, exulte de joie. Ces chœurs de quarante mille gorges déployées sur "Fear of the Dark", par exemple, ça laisse des traces.

Je ne peux pas évoquer le public en général, sans évoquer ceux qui sont venus malgré leur handicap. Je les voyais heureux durant cette parenthèse de cent vingt minutes, sans béquilles ni chaise roulante, juste un esprit léger et empli de bonheur, dans la communion avec tous les autres.

Parmi leur discographie de dix-sept albums de studio, huit opus parus entre 1980 et 1992 ont été choisi pour évoquer cette période de leur prestigieuse carrière. A l'exclusion de "No Prayer for the Dying" (qui, même si ce n'est pas leur chef d'œuvre (…), aurait cependant mérité une mention).

Nous écouterons ainsi dix-sept titres, dont quatre issus de "Powerslave" (1984), trois de "Killers" (1981), trois de "The Number of the Beast" (1982), deux de "Iron Maiden" (1980), deux de "Seventh Son of a Seventh Son" (1988), une de " Fear of the Dark" (1992), une de "Piece of Mind" (1983), une de "Somewhere in Time" (1986).

PROGRAMME
Bande-son introductive : Doctor, Doctor (UFO)

Bande-son introductive : The Ides of March (Killers, 1981)

  1. Murders in the Rue Morgue (Killers, 1981)
  2. Wrathchild (Killers, 1981)
  3. Killers (Killers, 1981)
  4. Phantom of the Opera (Iron Maiden, 1980)
  5. The Number of the Beast (The Number of the Beast, 1982)
  6. The Clairvoyant (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  7. Powerslave (Powerslave, 1984)
  8. 2 Minutes to Midnight (Powerslave, 1984)
  9. Rime of the Ancient Mariner (Powerslave, 1984)
  10. Run to the Hills (The Number of the Beast, 1982)
  11. Seventh Son of a Seventh Son (Seventh Son of a Seventh Son, 1988)
  12. The Trooper (Piece of Mind, 1983)
  13. Hallowed Be Thy Name (The Number of the Beast, 1982)
  14. Iron Maiden (Iron Maiden, 1980).
RAPPEL :
Bande-son introductive : discours de Churchill
  1. Aces High (Powerslave, 1984)
  2. Fear of the Dark (Fear of the Dark, 1992)
  3. Wasted Years (Somewhere in Time, 1986).

Bande-son finale : thème des Monty Python, "Always Look on the Bright Side of Life".


Mon ami Philippe, originaire du Sud-Ouest, m'avait lancé quelques jours auparavant un arrogant "Belote !" en me narguant de ses deux soirées réservées… Grâce à l'astuce de mon fils qui m'a dégoté un ticket à 40 € en tribune basse (au lieu de 112 !), j'ai pu répondre " et rebelote ! ". J'ai ainsi fait fi de ma fatigue de la veille et je me suis repointé à la grand-messe du dimanche. Ce 20 juillet me permettra d'assister une vingt-cinquième fois à un de leurs concerts, cette fois revêtu de mon t-shirt de leur prestation au Monters of Rok 1988, à Castle Donington ; beaucoup de connaisseurs, dans toutes les langues, ont loué ce tissu de collection, et surtout ce fut l'occasion d'échanger nos souvenirs, ce qui est la principale vocation d'un t-shirt évocateur...

Avec un point de vue différent, un peu plus en retrait que la veille, j'ai pu revoir tout le spectacle, ajuster mes impressions, et mesurer le bonheur collectif de cette belle communauté d'admirateurs de la Vierge de Fer !

UP THE IRONS !









samedi 7 juin 2025

NEAL MORSE & THE RESONANCE + THE FLOWER KINGS – Le Trianon (Paris 18) – samedi 07 juin 2025

 

Neal MORSE seul a accompagné THE FLOWER KINGS sur deux étapes en Suède fin mai 2025, puis une tournée européenne s'est engagée le 4 juin, où Neal MORSE a été rejoint par son groupe THE RESONANCE pour onze dates en double affiche. Cette tournée a prévu une escale au Trianon, Paris, unique étape française.

J'ai néanmoins tardé à me décider pour cette soirée ; à 15h je n'avais pas encore acquis son ticket ! J'apprécie pourtant tous les musiciens de cette affiche. De surcroit, je n'avais vu THE FLOWER KINGS qu'à trois occasions mais toujours en festivals (Midsummer 2019, Night of the Prog 2024, et Midwinter 2025). J'arrive sur le site peu après l'ouverture des portes 18h30. La salle étant intégralement configurée en places assises, j'avais opté pour un fauteuil I22, plutôt bien positionné au neuvième rang, en légère diagonale sur la droite, en regardant la scène.

THE FLOWER KINGS [19h30-20h30]

Ce quintet suédois perdure depuis sa création en 1994 à Uppsala, Suède, en dépit d'un hiatus de quatre années, entre 2008 et 2012. Pour l'anecdote, ce nom est un hommage au botaniste suédois Carl Linnaeus (alias Carl von Linné), le père de la taxonomie moderne, qui est né non loin de l'endroit où Stolt a grandi. "C'est lui qui a donné des noms aux fleurs", a déclaré M. Stolt. Leur premier album "Back in the World of Adventures" est paru en septembre 1995. Parmi les changements de personnel, notons qu'en 1999, Michael Stolt a quitté le groupe et est remplacé par Jonas Reingold… Jusqu'au mouvement inverse en 2021.

Nous retrouvons ainsi ce soir : Roine Stolt (chant et guitare solo, depuis 1994), Hasse Fröberg (chant et guitare, depuis 1994), Michael Stolt (basse et Moog, de 1994 à 1999, et depuis 2021), Mirko DeMaio (batterie et percussions, depuis 2018), Lalle Larsson (claviers, depuis 2023).

Leur dix-septième opus studio "Love" est paru le 2 mai 2025.

La sonorisation s'avère très bonne. Mais l'éclairage me parait indigne, sans couleur, blafard et mal orienté, laissant trop souvent les musiciens dans l'ombre.

La prestation ne me déçoit pas, conforme à mes précédentes impressions sur le groupe. Je ne suis pas un fervent admirateur de leur musique, je suis juste admiratif du talent des artistes. Roine et Hasse ont des voix complémentaires, justes et douces, idéales pour leur conception d'un rock progressif romantique et dont les mélodies sont entrecoupées de fantaisies inhérentes au genre. Si le style ne m'emporte pas aussi loin que Transatlantic (que je vénère), je n'en demeure pas moins sensible à la parenté indéniable. Je peinerais bien à expliquer pourquoi je n'adhère pas totalement à leur jeu ; question de sensibilité, on dira. Mon commentaire exprimé en 2019 demeure et le rappelle donc sans contradiction : "Leur rock progressif m'a toujours paru un peu difficile d'accès. Un style plus proche de Yes voire de King Crimson par la complexité des harmonies, avec peu ou pas de mélodie émergeante. J'écoute donc parfois cette musique comme un mélomane curieux, empreint de davantage d'admiration respectueuse que de réel ravissement".

Paradoxalement, alors que leurs titres s'étirent souvent dans la durée, celle de leurs concerts me semblent souffrir du contexte ou de soucis techniques inopinés, leurs prestations m'ont toujours paru courtes ; soixante-quinze minutes en 2019, soixante-dix minutes en 2025, encore un peu moins en 2024. Ce soir, ils ne jouent que soixante minutes, afin sans doute de partager équitablement la scène avec Neal Morse.

A l'instar du public, même quelque peu frustré, j'ovationne fortement les Vikings pour une prestation sans faille ni mauvais goût. Avant de quitter la scène, Roine nous promet une suite de soirée émouvantes, mais les plus curieux auront pu consulter la nature de cet engament en ayant consulté les programmes de la tournée…

THE FLOWER KINGS nous aura accordé une évocation de quatre albums avec six titres, dont trois issus de "Love", un de "The Rainmaker", un de "Back in the World of Adventures" et un de "Look at You Now".
Nota bene : privilégié, le public batave de Tilburg, a eu le droit la veille d'assister à l'interprétation d'un titre supplémentaire, "The Elder" (Love 2025).

PROGRAMME
1.                  We Claim the Moon (Love 2025) [introduit aux percussions par Hasse]
2.                  How Can You Leave Us Now!? (Love 2025)
3.                  Considerations (Love, 2025) [Michael Stolt au chant]
4.                  Last Minute on Earth (The Rainmaker, 2001)
Piano Solo ((Lasse Larsson)
5.                  Big Puzzle (Back in the World of Adventures, 1995)
6.                  The Dream, (Look at You Now, 2023).

NEAL MORSE & THE RESONANCE [20h55-22h05-22h10-22h15+].

Neal Morse est un chanteur, musicien et compositeur américain, né le 2 août 1960 (Van Nuys, Californie, États-Unis). Après avoir d'abord brièvement orienté ses jeunes ambitions sur la scène pop, il s'est heureusement tourné vers notre rock progressif. Avec son frère Alan, ils fondèrent SPOCK'S BEARD en 1992, qui a bénéficié d'une honorable reconnaissance. Pourtant, l'artiste insatiable s'est ensuite engagé sur moult participations ; les plus notables étant TRANSATLANTIC, FLYING COLORS, et NEAL MORSE BAND. Personnellement, je n'ai pu voir Neal qu'à deux reprises ; le vendredi 7 avril 2000 alors que Spock's Beard était invité de Dream Theater au Zénith de Paris. Puis parmi Transatlantic, le jeudi 28 juillet 2022 à l'Olympia.

Après un premier album en solo paru le 5 octobre 1999, son trente-troisième album "No Hill For A Climber" est paru le 8 novembre 2024 ; Neal Morse est l'un des artistes de rock progressif les plus prolifiques de nos jours.

Neal Morse (chant / Guitares / Claviers) est entouré ce soir de cinq musiciens ; j'ai distingué Andre Madatian (guitares, chœurs), Johnny Bisaha (chant, guitare). Ils sont accompagnés pour cette tournée de CJ Fiandra (basse, chant et chœurs), Andrew Delph (batterie) et Nathan Girard (clavier, guitare, chœurs et percussion).

La sonorisation est demeurée excellente, limpide et modérément puissante. En revanche, le choix d'éclairage ne m'a pas paru à la hauteur du spectacle ; aucune couleur, des faisceaux blancs blafards aux teintes jaunâtres ou légèrement bleutées laissant les musiciens quasi constamment dans l'ombre.

A la différence de la première partie de soirée, cette prestation emporte mon enthousiasme très rapidement, grâce des mélodies puissantes et inspirées. Je ne cache pas mon admiration à l’égard de Neal pour son talent individuel de multi instrumentiste. On le sait très porté sur la spiritualité, et cela s'entend, cela se ressent dans toute son interprétation. Il est capable d'exprimer une réelle adresse aux claviers autant qu'aux guitares, ainsi que vocalement. Sa voix exprime la sensibilité, la conviction et l'émotion avec justesse. De surcroit, cet artiste sait s'entourer d'excellence, loin de s'accaparer toute la gloire, il laisse ses complices s'exprimer. Ils sont six sur la scène, mais ce sont quatre chanteurs de très haut niveau, quatre guitaristes, deux claviers qui se dédoublent alternativement, soutenu ardemment par le batteur et le bassiste. Ce groupe est récemment assemblé et pourtant les imperfections de cohésion sont rares et négligeables. D'une richesse harmonique inouïe, tout est exécuté avec nuance et finesse, d'une subtilité, d'une puissance mesurée et toujours mélodique.

Leur audace à reprendre le répertoire de TRANSATLANTIC a ravi les mélophiles qui attendaient ardemment cette séquence ! De fait, Roine Stolt et Neal Morse, étant sur une même tournée, nous aurions été frustrés que les deux ex-complices ne profitent pas de l'occasion pour nous rappeler quelques extraits (Surtout qu'à Londres, le 4 juin, ce fut même l'occasion d'accueillir Pete Trewavas !…).

Ce matin encore j'hésitais à venir ; ce soir je serais prêt à revenir dès demain ! Une énorme sensation. Voilà donc un bel imprévu et je me dois de remercier ceux de mes amis qui m'ont influencé !

L'auditoire exulte de satisfaction ! Nous baignons dans le bonheur ! Les deux derniers titres sont joués devant un parterre debout et particulièrement enthousiaste. 

Légitiment, quatre des six titres interprétés sont issus de l'album récemment paru.
Nota bene : "Wind at My Back" (reprise de Spock’s Beard) n'a pas été interprété, à la différence de précédentes étapes de la tournée.

 PROGRAMME
Bande son introductive
1.                  Eternity in Your Eyes (No Hill For A Climber, 2024)
2.                  Thief (No Hill For A Climber, 2024)
3.                  Ever Interceding (No Hill For A Climber, 2024)
4.                  No Hill for a Climber (Intro from tape) (No Hill For A Climber, 2024)
5.                  Stranger in Your Soul (reprise de Transatlantic, Bridge Across Forever (2001), parties I : Sleeping Wide Awake & VI : Stranger in Your Soul).
RAPPEL :
6.                  Bridge Across Forever (reprise de Transatlantic, en duo acoustique entre Neal et Roine).

 

L'échoppe m'aura permis de saisir une belle édition spéciale de "No Hill For A Climber" en CD, moyennant 20 €. Les t-shirts, sans dates ne m'inspirent pas.

Cette belle soirée de rock progressif a été l'occasion de rassembler une bonne partie de notre microcosme d'amis, dont certains, Yann, Hervé, Chantal et Catherine, m'accompagnent pour un verre à la terrasse de la brasserie voisine. Nous en fûmes bien inspirés. On assiste ainsi au chargement des bus qui se préparent déjà à la date suivante. Néanmoins, les musiciens se montrent accessibles. A tel point que Monsieur Neal Morse, très détendu, aimable et souriant, s'assoit à la table à côté de la nôtre pour prendre le temps de répondre aux nombreuses sollicitations. J'en profite sans aucun scrupule pour obtenir un sympathique portrait ! Quoi d'autre ? Je pense qu'avec un peu plus vigueur, j'aurais pu me rapprocher aussi de Roine. Mais bon, je suis déjà dans le bonheur, profitant du temps présent, entre gens de bonne compagnie…




samedi 24 mai 2025

Steven WILSON – The Overview Tour 2025

Cet auteur, interprète, multi-instrumentiste, né le 3 novembre 1967, est reconnu également pour sa compétence dans l'optimisation les sons. Il a même revalorisé les enregistrements des artistes qui l'ont influencé ! Sa propension à l'aventure artistique déstabilise ses auditeurs ; son éclectisme peut parfois surprendre. Il prospecte les sphères aussi variées que le psychédélisme avant-gardiste, le rock progressif, il s’autorise des incursions dans le post-punk, l'électro ou le metal, il ose même (ô sacrilège !) la pop ! Et pourtant, c'est toujours le même homme qui s'investit dans des projets aussi divers que PORCUPINE TREE, BLACKFIELD, NO-MAN, I.E.M., BASS COMMUNION, STORM CORROSION, celui qui prodigue son expertise auprès de MARILLION, OPETH, Anja GARBAREK,… celui qui remixe des œuvres légendaires de KING CRIMSON, YES, RUSH, THE WHO, GENTLE GIANT, … Bref, il revendique et assume un choix délibéré pour sa Liberté artistique. Cet autodidacte touche-à-tout, formé par un papa ingénieur en électronique et bricolo du son, a été maintes fois récompensé par des prix, mais surtout par la reconnaissance d'un nombre croissant de sagaces mélophiles. Il continue ainsi de mener une brillante carrière solo depuis plus de quinze ans, en affutant sans cesse son talent entretenu par la Curiosité.

Depuis une dizaine d'année, cette notoriété grandissante et méritée l'éloigne hélas de sa base d'admirateurs, et il perd désormais de son accessibilité. Mais il demeure dans mon Panthéon des artistes contemporains. Je confesse volontiers avoir trop tardé à m'accrocher aux wagons de ses admirateurs, puisque je n'ai entamé cette addiction que vers 2003/04… Le pire, c'est qu'avant la Révélation, il passait en concert dans des petites salles, parfois juste à côté de chez moi !


La dernière prestation parisienne de sa formation en solo date du 7 juillet 2018, à l'Olympia. Un concours de circonstances a entretenu ces sept années d'attente. D'abord, la Pandémie avait empêché la promotion de son album "Future Bites", paru le 29 janvier 2021. Puis, Steven avait estimé opportun de reconstituer, après douze années d'abandon,  une nouvelle mouture de PORCUPINE TREE. Le onzième album studio "Closure / Continuation", est ainsi paru le 24 juin 2022. Ensuite, la tournée ad hoc s'est étalée sur 2022 et 2023. Cependant, il avait prévenu que cette reconstitution ne constituerait qu'une parenthèse. D'ailleurs, il semble avoir recentré ses activités ; PORCUPINE TREE, BLACKFIELD et NO-MAN ainsi que STORM CORROSION, pourtant très appréciés, semblent mis de côté, sinon enterrés…

Le revoilà donc avec un appétit redoublé, puisqu'après un septième album "The Harmony Codex" paru le 29 septembre 2023 sans tournée promotionnelle, le huitième "The Overview", est paru ce 14 mars 2025. Sa tournée printanière prévoit trente-et-une dates et visite ainsi onze pays européens ; elle a débuté le 1er mai à Stockholm (Suède) et s'arrêtera le 13 juin à Madrid. La France peut se flatter de l'intérêt de l'artiste anglais. Parmi les heureuses cités élues, notons que si Londres accueillera quatre dates, Paris en accueillera trois ! Ensuite, une tournée d'automne débutera le 10 septembre à San Francisco (Etats-Unis) et se terminera le 17 novembre à Brisbane (Australie).

Pour établir notre plan de campagne, nous demeurons d'humbles et raisonnables mélomanes ; nous limitons les étapes ; ce sera donc un treizième concert à Bruxelles, avant ceux de Paris. Pourtant, Lyon et Londres nous auraient bien tentés aussi, mais bon, je l'ai dit, nous sommes sages…


Steven Wilson est déjà venu fréquemment en Belgique ; Ancienne Belgique en 2012, 2016 et 2018, Cirque Royal en 2019. Mais aussi à Anvers en 2013 et 2015, ou encore au festival Rock Werchter en 2018.

La logistique pour nous rendre à Bruxelles (trajet en Flixbus, hôtel) représente un coût relativement négligeable, ce qui nous porte à regretter de ne pas le faire plus souvent…

CIRQUE ROYAL (BRUXELLES, BELGIQUE) – LE MERCREDI 7 MAI 2025.

Cette salle constitue une belle découverte pour nous. Nous apprenons que le Cirque Royal de Bruxelles a été inauguré en 1878. Ce site était alors l'unique cirque permanent de Bruxelles. Depuis les années 1950, il accueille des concerts et des ballets. La salle, propriété de la ville de Bruxelles, a subi en 2018 une profonde rénovation. D'une capacité d'accueil de 2 000 places (debout en fosse et rangées de fauteuils), sa gestion est confiée à Denis Gérardy.
Pour davantage de précisions : https://www.cirque-royal-bruxelles.be/les-salles

Nous avions acquis nos tickets dès le 8 juillet 2024, pour ce soir moyennant 45,78 € avec accès en fosse. A titre de comparaison, les tickets pour le concert du 24 mai prochain qui se tiendra à la Salle Pleyel, oscillent dans une fourchette entre 57 €, pour les moins bien lotis, et 140 € pour les plus fortunés.

Les portes s'ouvrent à 19h, comme prévu.

LE CONCERT [19h45-20h30 / 20h50-22h15].

Avec ma P'tite Fée et nos deux amis bruxellois, nous prenons place à proximité de la scène sur son côté gauche (en la regardant), dans les tout premiers rangs. Nous sommes ainsi face aux pupitres de la batterie et de la basse.

Sur la scène, qui baigne encore dans la pénombre bleutée, l'apparition des ombres des musiciens annoncent le début des émotions. On retrouve ainsi les fidèles de la première heure, Nick Beggs à la basse, et Adam Holzmann aux claviers, mais aussi Craig Blundell à la batterie. Le p'tit nouveau, c'est Randy Mcstine à la guitare ; pas si nouveau que cela puisqu'il avait déjà été recruté par Steven pour la récente tournée (2022/23) de PORCUPINE TREE.

Le concert débute avec ponctualité et dans un silence respectueux général. Le programme s'ouvre par l'interprétation intégrale du récent album, c’est-à-dire les deux titres de "The Overview". Le silence attentif du public permet dès les premières notes musicales de jauger l'excellente qualité acoustique de la salle.

Le chant en fausset de Steven introduit une expérience audiovisuelle basée sur le thème de l'Espace qui est initié sur son album "The Overview". Le surdoué est réputé pour son habileté à emporter le bienheureux auditeur dans une autre dimension que celle de son quotidien. Avec les deux titres de son opus, l'acte I n'a aucun mal à confirmer cette capacité. Durant quelques minutes l'éclairage demeure sombre mais il s'éclaire avec subtilité pour mettre en valeur les différents intervenants. Difficile cependant d'en saisir une mémoire photographique, mais de toutes façons nous avions été avertis de nous abstenir de l'usage d'appareils.

En fond de scène, un large écran entretient cette atmosphère par des images captivantes qui illustrent, dans une douce folie psychédélique, les tourments chantés. "The Overview" est en effet accompagné d’un long-métrage, réalisé par Miles Skarin, une expérience audiovisuelle de quarante-deux minutes dans l'obscurité infinie de l'espace. Pour mémoire, Miles Skarin est un réalisateur et producteur de vidéos musicales et de films, au sein du studio de créations Crystal Spotlight (GAZPACHO, HAKEN, DREAM THEATER, LEPROUS, PAIN of SALVATION, …) qu'il a cofondé avec son frère Rob Skarin. Il y combine sa passion pour la musique et les effets visuels, afin de créer des mondes numériques entiers et d'y raconter des histoires. Il en fait une captivante démonstration de son activité ce soir.
Pour davantage de précisions : https://crystalspotlight.com/clients/

L'auditeur est donc ici en immersion complète, en conditions optimales pour apprécier cette œuvre en deux volets, d'une grande densité émotionnelle. Dans cette salle obscure et parfaitement sonorisée, elle prend toute sa dimension, ce qui nous permettra d'encore mieux appréhender l'album ultérieurement. Fidèle à sa démarche musicale, l'ensemble audiovisuel emmène son auditoire dans un univers contrasté, alternant rythmes variés, mélodies enjouées ou angoissantes. Pour ma part, j'apprécie ce mariage de l'image et du son ; ma P'tite Fée estime que l'image à trop tendance à accaparer le regard et l'attention, aux dépens des musiciens. Il s'agit d'une perception personnelle que chacun vit à sa manière… Le concept "The Overview" démontre en deux phases une magistrale synthèse des styles musicaux, dont Steven s'est déjà montré capable ; on y entend du prog jazzy, de l'atmosphérique éthéré, du metal et de l'électro. Les musiciens se placent et se retirent en fonction de leur utilité ; Nick et Craig ont quelques segments en retrait, au profit des boites à rythmes électroniques et des synthétiseurs.

On ne peut rester insensible aux messages transmis par les images de ce diptyque ; un premier volet de 23 minutes exprime avec poésie et réalisme la surexploitation des richesses de la planète, le mépris de la vie terrestre, la vulnérabilité de notre Terre dans cette immensité cosmique. Un second volet de 18 minutes insiste davantage sur l'insignifiance de notre planète dans ce cosmos infini. Au passage, j'aurai pris conscience de quelque notions de mesures vertigineuses de distances intergalactiques : le mégamètre (106), le gigamètre (109), le téramètre (1012), le pétamètre (1018), le zéttamètre (1021), le yottamètre (1027), ect… On traverse les constellations tels que Polaris, Sirius, Altair, Vega, Andromède, … des noms qui effraient et font rêver tout à la fois … Puis, en final, dans un monde dévasté en noir et blanc, une brindille d'espoir… Il me semble compliqué de capter tous ces messages en même temps que l'écoute et le regard de la scène ; en tous cas, moi je redécouvre le film chez moi.

L'acte II décline également ces variations d'atmosphères, mais en évoquant sa discographie ; il y propose onze autres titres issus de ses sept autres albums parus en solo entre 2008 et 2023, ainsi qu'un titre issu de son mini album " 4 ½ " et un autre de "The Sky Moves Sideways", Porcupine Tree (1995). Steven l'admettra lors d'un de ses commentaires, le choix de titres peut faire débat, comme d'habitude. Mais c'est le sien. Soulignons toutefois que le surprenant album "The Future Bites" aura fait définitivement les frais de la Pandémie, puisque peu évoqué ce soir…

Personnellement, ce programme me convient très bien ; la reprise de "Luminol" est une divine surprise. Allons, je me laisse cependant aller à une petite frustration par rapport au public de Stockholm ; il a eu droit à "Remainder the Black Dog" qui a finalement été remplacé ici par le non moins magnifique "Impossible Tightrope". Les deux titres sont excellents, mais j'aurais apprécié les deux, en fait … Toutefois, la cuvée 2011 n'a pas été manquée puisque "No Part of Me" a été superbement interprété. J'adore ce titre avec sa première phase calme avant de se durcir puissamment.

Le professionnalisme, l'efficacité des musiciens qui entourent Steven n'est pas une surprise, car on connait l'exigence du Monsieur. Nonobstant, j'étais bien placé pour observer les regards de Steven sur Craig dont les frappes subtiles et millimétrées m'ont semblé particulièrement surveillées. Nick me semble plus sobre, moins farfelu que durant la précédente décennie, mais son jeu est toujours aussi sensible et perspicace. Adam demeure discret derrière son clavier mais on le devine studieux et concentré sur ses partitions souvent complexes. Quant à l'Américain du groupe, Randy semble à l'aise sur un pupitre qui fut pourtant occupé de très augustes prédécesseurs tel que Monsieur Guthrie Govan. A cet égard, je m'inquiétais en particulier de l'interprétation de "Ancestral" avec des sublimes soli, mais l'ensemble n'a pas été maltraité ; Randy exécute sa partition et ses soli avec conformité et application.

"Vermillioncore" permet à Steven d'exprimer une pointe de metal lourd, propice à un déboitement des nuques (en particulier la mienne !).

Le public belge, musicophile avisé, ovationne ardemment Monsieur Wilson comme il le mérite. Les marques de reconnaissances sont relativement rapides ; pas d'effusion excessive, l'Anglais se montre conforme à sa retenue habituelle, mais on lit toutefois sur son visage la satisfaction d'une mission bien accomplie.

Je m'attarde peu à l'échoppe, avec une réelle déception ; le prétendu t-shirt de la tournée présente un recto plutôt joli, mais un dos d'une neutralité navrante, sans aucune date de la tournée. C'est pour moi rédhibitoire et donc l'occasion d'économiser quarante euros.

Les treize titres de ce programme sont extraits de dix albums, dont deux issus de "The Overview", trois de "The Harmony Codex", un de "The Raven That Refused to Sing", un de "The Future Bites", un de "To the Bone", un de "Hand. Cannot. Erase.", un de "Grace for Drowning", un de "Insurgentes", un de "4 ½" et une reprise de Porcupine Tree, "The Sky Moves Sideways".

PROGRAMME DE BRUXELLES, 7/5

ACTE 1 : The Overview (2025)

  1. Objects Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects: Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the Moor ; Heat Death of the Universe ;
  2. The Overview : Perspective ; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ; Infinity Measured In Moments ; Permanence.

ACTE 2:

  1. The Harmony Codex (The Harmony Codex, 2023)
  2. King Ghost (The Future Bites, 2021)
  3. Luminol (The Raven That Refused to Sing, 2013)
  4. What Life Brings (The Harmony Codex, 2023)
  5. No Part of Me (Grace for Drowning, 2011)
  6. Dislocated Day (The Sky Moves Sideways, Porcupine Tree, 1995)
  7. Impossible Tightrope (The Harmony Codex, 2023)
  8. Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
  9. Vermillioncore (4 ½, 2016).

RAPPEL :

  1. Pariah (To the Bone, 2017)
  2. Ancestral (Hand. Cannot. Erase., 2015).

 


SALLE PLEYEL (PARIS, 8EME) – LE SAMEDI 24 MAI 2025.

La capacité d'accueil de la salle Pleyel en configuration intégralement fauteuils, est de deux mille trente. Premier pari gagné ; très peu de fauteuil sont demeurés vides, ce premier soir. Parmi le public, je retrouve, outre mes deux fils et ma P'tite Fée, des amis de notre microcosme ainsi que quelques coforumeurs de Chemical Harvest (un site qui a largement contribué à m'instruire de l'Univers de Wilson).

LE CONCERT [20h10-20h50 / 21h13-22h28 / 22h30-22h54].

Le 8 juillet 2024, nous avions estimé astucieux d'opter pour des fauteuils situés en "parterre haut pair/ZB04", notamment afin d'étaler les dépenses sur deux jours avec Bruxelles. Un emplacement jugé raisonnable puisque facturés 74 € la place ; nous étions bien en dessous des maximums (140, 107, 90 €) et au-dessus du minimum (57 €). Pourtant, nous voilà assis dos au mur et sous le balcon, ce qui est loin d'une position idéale.

Mais, alors que nous prenions cet emplacement avec philosophie (après tout, nous étions aux premiers rangs à Bruxelles !), nous allions subir une de nos pires expériences auditives en concert !! Dès le début, j'ai ressenti avec réserve cette frustrante sensation d'entendre un son comme sorti d'une boite, un son clair et distinct, mais sans cette immersion que je recherche en concert. Pourtant, même cette impression mitigée, qui résultait de l'encaissement de notre emplacement, aurait pu encore me satisfaire. Le pire, c'est cette maudite enceinte acoustique, placée sur la droite de notre rangée, qui était censée nous délivrer les effets spatiaux (échos, chœur). Celle-ci a en fait fréquemment hurlé par intermittence des sons hyperpuissants, et parfois même décalés et donc insupportables. Avec nos voisins d'infortune nous sursautions à chaque dérive sonore. Un calvaire qui nous a pourri le plaisir durant une grande partie du concert. Nous avons bien signalé cet inconfort (doux euphémisme) au personnel de salle, qui a prétendu faire le nécessaire. Mais après l'entracte, nous retrouvions le même supplice ! Il aura fallu toute ma bienveillance pour pouvoir me recadrer durant les (trop courtes) séquences de sonorisation apaisée.

Cette déconvenue fut d'autant plus désespérante qu'elle était forcément incomprise des autres auditeurs placés ailleurs et que nous avons consultés ensuite. Certains auront souffert de leur position, d'autres non. Fort heureusement, mes deux fils étaient bien mieux placés que nous, à proximité de la scène, et m'ont assuré avoir pleinement apprécié le concert… Toujours cette question d'emplacement lié surtout aux moyens de son acquéreur ; malheur aux grouillots !

Mais bon, il serait injuste de résumer mes sensations à ce malheureux concours de circonstances, car je veux croire que Steven, cet authentique maniaque notoire du son, n'y est pour rien. Son ingénieur du son quant à lui, a probablement dû gérer le matériel du site, manifestement défaillant.

Notre emplacement nous a au moins permis d'apprécier le ballet d'images et de sons, avec un recul qui aurait pu être pleinement satisfaisant car tout était harmonieusement pesé.

J'avais consulté les programmes des concerts du début de la tournée, et je m'attendais assister à une soirée sans grande surprise. Mais, bon quand même ; je ne pouvais m'empêcher d'espérer un p'tit effort, à la hauteur de celui dont a bénéficié Londres il y a quelques jours… D'ailleurs, durant l'entracte nous échangions encore sur ce sujet entre mélomanes. Mon espoir a soudainement pris forme lorsque le Steven s'est mis à parler des débuts de PORCUPINE TREE, remontant à plus de trente-cinq années.

Je crois halluciner lorsque les premières notes de "Voyage 34" retentissent ; ce titre n'avait plus été joué depuis plus de deux décennies. De mémoire de vieux admirateurs, il semblerait même que Paris n'ait plus résonné avec, depuis le 16 octobre 1999 à Paris, Club Dunois (13e ardt). Délicieux mouvements floydiens, avec ses soli stratosphériques et ses étourdissants ostinati à la basse. Fort heureusement, "Voyage 34", enchaîné avec "Dislocated Day" ne sont pas soumis au dictat d'une interprétation minutée par la diffusion du film sur l'écran mural. Quelques lenteurs et facéties bienvenues ont redonné aux auditeurs ces délicieuses sensations de Liberté qui ont trop tendances à disparaitre sur les scènes modernes.

Le public ne s'y est pas trompé ; une ovation debout, longue et bruyante, impose à Steven d'attendre avant de poursuivre son programme !

Faisant (plus ou moins) fi du désagrément majeur sus évoqué, j'ai néanmoins décidé de conserver un souvenir positif de cette soirée. Ne fut-ce que pour le principe de revoir cette formation à Paris, mais aussi pour l'interprétation du titre de 1992, tant espéré. Et puis c'est toujours un bonheur de retrouver une partie de notre microcosme et d'échanger nos impressions passionnées. Ça change du milieu professionnel, qui demeure hélas bien trop hermétique à nos plaisirs.

Steven indique que ceux qui participeront aux trois dates parisiennes auront droit à quelques évolutions du programme. Très judicieuse décision.

Les treize titres sont extraits de neuf albums, dont deux issus de "The Overview", trois de "The Harmony Codex", deux de "The Raven That Refused to Sing", un de "Hand. Cannot. Erase.", un de "The Future Bites", un de "Insurgentes", un de "4 ½" et deux reprises de Porcupine Tree "The Sky Moves Sideways" et "Voyage 34".

PROGRAMME DE PLEYEL, 24/5

ACTE 1 : The Overview (2025)

  1. Objects Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects: Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the Moor ; Heat Death of the Universe ;
  2. The Overview : Perspective ; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ; Infinity Measured In Moments ; Permanence.

ACTE 2:

  1. The Harmony Codex (The Harmony Codex, 2023)
  2. King Ghost (The Future Bites, 2021)
  3. Luminol (The Raven That Refused to Sing, 2013)
  4. What Life Brings (The Harmony Codex, 2023)
  5. Voyage 34 - Phase I (Porcupine Tree, 1992)
  6. Dislocated Day (The Sky Moves Sideways, Porcupine Tree, 1995)
  7. Impossible Tightrope (The Harmony Codex, 2023)
  8. Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
  9. Vermillioncore (4 ½, 2016).

RAPPEL :

  1. Ancestral (Hand. Cannot. Erase., 2015)
  2. The Raven That Refused to Sing (The Raven That Refused to Sing, 2013).
 
L'échoppe ne me séduit pas davantage qu'à Bruxelles, et c'est tant mieux.


DROIT DE REPONSE DE LA SALLE PLEYEL. Tout d’abord, merci d’avoir pris le temps de nous écrire, et veuillez nous excuser pour ce délai de réponse.
Nous sommes sincèrement désolés d’apprendre que votre expérience à la Salle Pleyel ait été compromise par des problèmes de sonorisation. Nous comprenons pleinement votre déception, d’autant plus lorsque l’on connaît l’exigence artistique et technique d’un artiste tel que Steven Wilson.
Concernant les enceintes situées en haut du parterre pair, elles ont effectivement été installées de manière exceptionnelle, à la demande du producteur et de l’artiste lui-même, dans le cadre de la scénographie spécifique à ce concert. Ces choix techniques ne relèvent donc pas de notre initiative, mais bien de celle de l’équipe de production, à laquelle l’entière régie son et lumière est confiée.
En tant que salle d’accueil, nous ne prenons pas de décisions sur les aspects artistiques ou techniques du spectacle (setlist, scénographie, installation sonore...), mais nous faisons systématiquement remonter ce type de retour aux équipes concernées, afin qu’ils puissent en tenir compte pour les futures représentations.
Nous vous remercions malgré tout pour votre fidélité à notre auditorium, et espérons avoir le plaisir de vous accueillir prochainement dans de meilleures conditions.
Bien cordialement,
L’équipe de la Salle Pleyel

SALLE PLEYEL (PARIS, 8EME) – LE DIMANCHE 25 MAI 2025.

Cet évènement m'apporte une nouvelle preuve qu'être père apporte souvent son lot de bonheurs. Mon fils ainé a le don pour trouver des opportunités de rachats de tickets auprès des mélophiles malheureux. Le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres ; la perspicacité de Samuel a soulagé l'embarras d'un acquéreur vendéen, qui avait été abandonné par un complice empêché, et il m'a ravi par la même occasion !

Alors que j'ai renoncé à une soirée calme intermédiaire (avant celle de demain), mon seul regret aura été de ne pas être accompagné de ma Douce, qui est empêchée par d'augustes obligations…

Me voilà ainsi, de manière tout à fait inattendue, installé en catégorie diamant (parterre bas, pair/AA02), moyennant 80 € eu lieu de 140 ! Je me retrouve donc assis au pied de Maître, en tout premier rang, tel un roi avec son ménestrel. Je suis comme dans mon salon, jambes étendues, le confort visuel et auditif s'avèrera absolument parfait ! Chaque pupitre est audible et toutes les nuances perceptibles. C'est tout simplement le jour et la nuit en comparaison avec la veille !!!

Cependant, même nageant dans ce bonheur privilégié, je n'oublie pas qu'ainsi je soutiens indirectement la regrettable politique de discrimination entre les mélophiles. Mais je ne pense pas que mon abstention changerait le cours des choses …

LE CONCERT [19h10-19h50 / 20h10-21h25 / 21h30-21h50].

En ce dimanche, le concert commençait une heure plus tôt que la veille (et que le lendemain). Tant mieux, cela me permettra de recharger les batteries au plus tôt, pour mieux supporter la trilogie. Ce concert n'est pas à guichet fermé, mais seuls quelques fauteuils restèrent vacants.

Mes impressions générales étant conformes aux concerts précédents, je m'abstiens de toute redondance ; bien évidemment elles sont juste accentuées par un confort exceptionnel en tous points. J'ai eu tout loisir d'observer l'expression des regards complices, la concentration des musiciens.

Deux faits notables, cependant. Comme prévu, des titres diffèrent de la veille et, plus anecdotique, l'intervention d'une femme mystère (je m'en explique).

Durant "The Harmony Codex", une voix narrative accompagne la musique, c'est celle de Rotem Wilson. Mais habituellement, c'est une voix enregistrée qui est diffusée pendant le concert. Ce soir, c'est l'épouse de Monsieur qui est présente en personne. Leur complicité et le respect des mesures (j'ai remarqué le top lancé de la tête pour le couplet de retour) garantissent une interprétation parfaite. Je trouve surprenant que la Dame n'ait pas été présentée du tout ; ni à cette occasion, ni à la fin. Mettons cela sur le compte d'un excès de pudeur… Etonnant également son discours récurrent comme pour s'excuser de jouer du prog auprès des non-initiés ; oui c'est long, mais c'est teeeeellement bon !!

Steven avait prévenu hier, les trois jours parisiens proposent quelques nuances de programme. Evidemment, à ce jeu, on crée des frustrations et autant de satisfactions. Trois titres sont substitués, "Voyage 34 - Phase I", "King Ghost", "Luminol", au profit de "Home Invasion + Regret #9", "Pariah" et "Economies of Scale". Pour ma part, je suis ravi de la référence à l'opus HRE (2015) qui constitue un chef d'œuvre absolu. Le style metal qui se dégage de "Home Invasion" a tout pour me séduire !

Les quatorze titres sont extraits de huit albums, dont deux issus de "The Overview", quatre de "The Harmony Codex", quatre de "Hand. Cannot. Erase.", un de "To the Bone", un de "The Raven That Refused to Sing", un de "Insurgentes", un de "4 ½" et une reprise de Porcupine Tree, de "The Sky Moves Sideways".

PROGRAMME DE PLEYEL, 25/5

ACTE 1 : The Overview (2025)

  1. Objects Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects: Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the Moor ; Heat Death of the Universe ;
  2. The Overview : Perspective ; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ; Infinity Measured In Moments ; Permanence.

ACTE 2 :

  1. The Harmony Codex (The Harmony Codex, 2023)
  2. Home Invasion (Hand. Cannot. Erase., 2015)
  3. Regret #9 (Hand. Cannot. Erase., 2015)
  4. What Life Brings (The Harmony Codex, 2023)
  5. Dislocated Day (The Sky Moves Sideways, Porcupine Tree 1995)
  6. Pariah (To the Bone, 2017)
  7. Impossible Tightrope (The Harmony Codex, 2023)
  8. Economies of Scale (The Harmony Codex, 2023)
  9. Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
  10. Vermillioncore (4 ½, 2016).

RAPPEL :

  1. Ancestral (Hand. Cannot. Erase., 2015)
  2. The Raven That Refused to Sing (The Raven That Refused to Sing, 2013).

Je suis d'autant moins susceptible d'oublier cette soirée que j'ai pu ramasser deux médiators que Steven avait nonchalamment jetés à ses pieds (un au pied de son micro, et l'autre au pied de la scène) !

Ancestral


SALLE PLEYEL (PARIS, 8EME) – LE LUNDI 26 MAI 2025.

Avec ma p'tite Fée, nous avions acquis le 13 octobre 2024, moyennant 74€, ces fauteuils situés en "balcon 1, latéral pair/A266", dans la branche à droite de la scène (en la regardant). La salle n'affiche pas complet, et le balcon 2 est fermé, mais si quelques fauteuils sont bien vacants, le parterre est bien garni.

Dans cet auditorium d'exception, l'acoustique s'est révélée absolument époustouflante, répartissant équitablement puissance et clarté !

Cet emplacement atypique m'a permis un regard différent sur la scène, avec ses avantages et ses inconvénients. Il ne donnait pas un angle de vue optimal sur la scène, car il fallait se pencher un peu pour voir le pupitre d'Adam. En revanche, ce regard plongeant était très intéressant. Paradoxalement, je n'avais jamais aussi bien vu le jeu de claviers d'Adam ; ce fut un régal la plupart du temps, mais aussi l'occasion de m'interpeller sur l'usage des séquenceurs que je n'avais pas autant remarqué jusqu'alors. Qui aime bien, châtie bien et à chacun son ressenti, mais moi je reste de la vieille école de musique, et je peine à admettre que la musique soit confiée à un outil qui sert à automatiser l’exécution d'une séquence musicale. Cette gêne m'a troublé particulièrement durant les titres "The Harmony Codex", "Pariah" (de longues plages synthétiques, sur lesquels les musiciens brodent quelques accords) et "The Raven That Refused to Sing" (le son mélancolique du violon). Mais je pardonne à Steven, l'autodidacte qui a toujours pris plaisir à jouer avec les sons… Et le résultat est si beau et pertinent dans son ensemble, que je lui maintiens toute mon admiration.

La particularité du programme de ce lundi est la présence de titres relativement anciens, deux issus de "Grace for Drowning" (2011) et deux autres de "Insurgentes" (2008), ce qui confère à cette soirée un intérêt nostalgique d'autant plus appréciable que j'attendais ardemment "Abandoner" et "Remainder the Black Dog". Anecdote amusante, Steven a reconnu s'être trompé lorsqu'il a exposé cette période, en inversant ces deux opus. Ca me rassure, je ne suis pas le seul à perdre la boule !!

Les treize titres sont extraits de neuf albums, dont deux issus de "The Overview", deux de "Insurgentes", deux de "Grace for Drowning", deux de "The Raven That Refused to Sing", un de "The Harmony Codex", un de "Hand. Cannot. Erase.", un de "To the Bone", un de "4 ½" et une reprise de Porcupine Tree, de "The Sky Moves Sideways".

PROGRAMME DE PLEYEL 26/5

ACTE 1 : The Overview (2025)

  1. Objects Outlive Us : No Monkey’s Paw ; The Buddha of the Modern Age ; Objects: Meanwhile ; The Cicerones ; Ark ; Cosmic Sons of Toil ; No Ghost on the Moor ; Heat Death of the Universe ;
  2. The Overview : Perspective ; A Beautiful Infinity I ; Borrowed Atoms ; A Beautiful Infinity II ; Infinity Measured In Moments ; Permanence.

ACTE 2:

  1. The Harmony Codex (The Harmony Codex, 2023)
  2. Luminol (The Raven That Refused to Sing, 2013)
  3. No Part of Me (Grace for Drowning, 2011)
  4. Dislocated Day (The Sky Moves Sideways, Porcupine Tree 1995)
  5. Pariah (To the Bone, 2017)
  6. Abandoner (Insurgentes, 2008)
  7. Remainder the Black Dog (Grace for Drowning, 2011)
  8. Harmony Korine (Insurgentes, 2008)
  9. Vermillioncore (4 ½, 2016).

RAPPEL :

  1. Ancestral (Hand. Cannot. Erase., 2015).
  2. The Raven That Refused to Sing (The Raven That Refused to Sing, 2013).

 

Etonnamment, en ce lundi soir, nous ne rencontrons personne ; aucun ami n'est venu ce soir. Nous rentrons donc d'autant plus rapidement pour nous reposer de toutes ces belles émotions !