vendredi 31 janvier 2020

ANGE, 50ème anniversaire – Trianon de Paris – 31/01/2020

L'univers d'Ange a tardé à me séduire. Il ne s'agissait pas d'un rejet de ma part, puisque je n'avais jamais eu l'occasion d'écouter réellement ; c'était juste une question de circonstances non propices. Ma sœur, mon initiatrice à la base, écoutait beaucoup d'artistes durant les années 70, mais pas Ange. Mes amis durant les années 80, pas davantage. Submergé de découvertes au gré des courants musicaux au cours des décennies suivantes, j'ai oublié d'écouter Ange, à l'instar de bien d'autres artistes également. C'est regrettable, mais comme beaucoup de mélomanes français, je fais valoir des circonstances atténuantes ; nos médias dotés d'une ouverture d'esprit et d'une curiosité musicale légendaires n'ont franchement pas contribué à ma Culture musicale. J'étais pourtant enclin à soutenir nos artistes français puisque j'ai tout de même assisté notamment aux concerts de Jean-Michel Jarre dès juillet 1979, de Téléphone dès février 1981, de Trust dès novembre 1981. Par ailleurs, mon premier concert de rock progressif fut Asia en octobre 1982. Pourtant, je me souviens qu'ANGE a été évoqué dans nos discussions au lycée notamment, mais ce n'était probablement pas en des termes assez enthousiastes pour que j'y prête une attention suffisante…
Tant et si mal que je ne les ai vus pour la première fois que le 4 juin 2018, au Café de la Danse. Eh oui. C'est donc avec un surcroît d'humilité que j'évoque ici mes modestes impressions issues de ce quatrième concert auquel j'ai la chance d'assister ce soir. Ma précédente participation à leur prestation remonte au festival Night of the Prog le 15 juillet 2018, alors qu'Ange était dans sa tournée pour la promotion de l'album "Heureux" paru cette année-là.
J'ai réservé nos tickets dès le 30 avril 2019 ; je ne pouvais pas manquer le cinquantième anniversaire surtout dans cet auditorium que j'affectionne tout particulièrement, le Trianon.
Le concert de ce soir affiche complet ; une journée supplémentaire a été ajoutée pour le lendemain. La file d'attente est logiquement impressionnante mais, une fois dans le hall d'entrée, les auditeurs sont accueillis par un comité qui distribue un sac de tissus estampillé au thème de la soirée. Il contient une photo du groupe, un stylo et un très joli porte-clés. Ce n'est que la première belle surprise !
Tristan DECAMPS [19h-19h30]
J'ai déjà eu l'occasion d'écouter Tristan Décamps, le fils de Christian Décamps, à l'occasion de son concert le 6 aout 2017, alors qu'il était à l'affiche du festival Rock au Château. Si j'avais beaucoup apprécié son magnifique timbre de voix, en revanche je confesse ne pas avoir été complètement séduit. J'avais davantage en tête d'autres artistes inscrits sur l'affiche (LAZULI, MAGMA, CARAVAN, notamment). Cependant, avec le recul je suis content de le réentendre ce soir car, outre ses qualités que je lui avais déjà reconnues, je me suis depuis familiarisé avec la planète Ange et ses satellites.
Il aborde la soirée avec humour et dérision, faisant entendre au micro une conversation téléphonique avec son père simulant son impossibilité de participer à la soirée.
Tout de blanc vêtu, seul avec son micro et son clavier, il s'exprime avec une sonorisation parfaitement limpide. Un éclairage basique et l'absence d'effets spéciaux rendent la prestation captivante ; le personnage exprime avec talent et éloquence son chant à la fois passionné et mélodique. Cette fois encore le timbre de sa voix m'impressionne et sa tessiture s'étale avec puissance et justesse. Les textes francophones sont beaux.
Bref, un programme court mais dense en émotions provoque une ovation méritée pour l'artiste qui aura ainsi opportunément chauffé sa voix pour le reste de la soirée.

PROGRAMME
La Tisane de Verlaine
Botticelli Sérénade
Le bal des Laze (reprise de Michel Polnareff).


ANGE [19h50-22h40]. Depuis 1969, grâce à la volonté de Christian Décamps (73 ans), ANGE perdure dont son univers à part, poétique et inclassable. Ce groupe a connu un notable succès dans la France des 70's, puis nos "très perspicaces" média sont vite passés à autre chose et l'ont oublié. Il convient de souligner que les nombreux claquements de portes n'ont rien arrangé pour leur notoriété.
Mais cependant l'effectif semble enfin se stabiliser depuis une bonne quinzaine d'année, puisqu'il se compose de Christian Décamps (chant, claviers depuis 1970, seul membre fondateur donc), Tristan Décamps (47 ans, claviers, voix depuis 1997 et fils du premier), Hassan Hajdi (54 ans, guitare depuis 1997), Thierry Sidhoum (basse depuis 1997), et Benoît Cazzulini (batterie depuis 2003, neuvième titulaire du poste, quand même !).
Bon an, mal an, Christian Décamps peut se permettre de commémorer les cinquante années d'existence du groupe.
Dans un Trianon dont l'acoustique m'a toujours semblé excellente, la sonorisation m'a paru très bonne ; aucune protection auditive ne me paraîtra nécessaire.
Avec un éclairage satisfaisant à la fois pour les yeux et pour les objectifs, la scène fut sobre, dépourvue de superflu, afin d'accueillir le grand nombre d'invités qui était prévu. En fond de scène, un écran diffusait alternativement des images suivant la chronologie du groupe et des dessins de Phil Umbdenstock.
Moi qui me plains souvent de la quasi disparition des interventions d'invités sur les scènes de concerts, (d'autant plus déplorables lors de festivals), je ne puis que me réjouir de cette somptueuse soirée durant laquelle huit anciens membres sont revenus partager de bons moments avec le groupe et son public.
La présence la plus appréciée fut sans aucun doute celle de Francis Décamps aux claviers ; le quasi cofondateur du groupe, et frère de Christian, avait malheureusement quitté le navire dès 1995 en raison de fâcheuses querelles. Le revoir aux côtés de son frère et de son neveu pendant la quasi-totalité de la soirée a entretenu une atmosphère émotive non négligeable ! Nous assisterons aussi à la participation du bassiste Daniel Haas, du guitariste Serge Cuénot, du bassiste Laurent Sigrist, du batteur Fabrice Bony, du batteur Hervé Rouyer, du batteur Jean-Claude Potin et de la chanteuse Caroline Crozat !
La programmation eut le bon gout de respecter l'évolution chronologique du groupe franc-comtois, accordant ainsi une cohérence à l'événement ainsi qu'une grande satisfaction aux plus fidèles admirateurs. Deux titres représentaient chacun des albums les plus anciens mais, très étonnamment, le célèbre "Le Cimetière Des Arlequins" (1973) me semble avoir été oublié, même si la reprise de Jacques Brel qui y figure. Cela aura bien été la seule fausse note de la soirée… Ce sont donc vingt-trois titres (hormis la bande son en intro) qui furent interprétés pour un public ravi pendant plus de deux heures cinquante !
Parmi les nombreux grands moments je pourrais citer tout particulièrement les soli somptueux d'Hassan Hajdi, le talent vocal, la bonne humeur de Caroline Crozat ou encore la polyphonie Cœur de Chauffe venue de la Creuse pour chanter a capella une belle version de "Les longues nuits d'Isaac".

Point d'orgue à cette magnifique soirée, le rappel permettra à tous les musiciens présents ce soir de venir interpréter ensemble un fort à propos "Hymne à la vie".
Le public était certes de toutes façons conquis d'avance, mais les ovations successives aux titres, puis celle après le final ont montré un réel plaisir partagé par tous !
Ce concert aura encore accentué mon intérêt pour ce groupe injustement oublié dans l'Histoire du rock français. Sans me revendiquer en tant qu'admirateur inconditionnel, je pense cependant déjà à leur prochaine prestation dans mon rayon d'action. Tiens, ça tombe bien ; dès ce 2 aout je compte bien les voir dans leur fief à Villersexel à l'occasion du festival Rock au Château ! (et hop !)
PROGRAMME
Caricatures (a cappella hors scène par Francis Décamps) [Caricatures, 1972]
Le chien, la poubelle et la rose (avec Francis Décamps) (Thème final) [Tome VI, 1977]
Dignité (avec Francis Décamps aux claviers et Tristan Décamps au chant) [Caricatures, 1972]
Le soir du diable (avec Francis Décamps, claviers et Daniel Haas, basse [1971-1977, 1988-1995]) [Caricatures, 1972]
Fils de Lumière (avec Francis Décamps, claviers et Daniel Haas, basse) [Au-delà du délire, 1974]
Les longues nuits d'Isaac (chanté par le chœur Cœur de Chauffe) [Au-delà du délire, 1974]
Sur la trace des fées (avec Francis Décamps, claviers et Daniel Haas, basse) [Emile Jacotey, 1975]
Ode à Émile (avec Francis Décamps, claviers et Daniel Haas, basse) [Emile Jacotey, 1975]
Réveille-toi (avec Francis Décamps, claviers et Daniel Haas, basse et Tristan Décamps au chant) [Guet-apens, 1978]
Capitaine cœur de miel (avec Francis Décamps, claviers et Daniel Haas puis Thierry Sidhoum, basse) [Guet-apens, 1978]
Vu d'un chien (Avec Serge Cuénot guitare [1982-1987, 1990], Laurent Sigrist, basse [1982-1987], Fabrice Bony, batterie [1993] et Hervé Rouyer, batterie, percussions [1995, 1997-2002]) [Vu d'un chien, 1980]
La gare de Troyes (avec Francis Décamps, claviers, Serge Cuénot, Laurent Sigrist et Jean-Claude Potin, batterie [1982-1986]) [La gare de Troyes, 1983]
Là pour personne (avec Francis Décamps aux claviers, Serge Cuénot, Laurent Sigrist & Jean-Claude Potin) [Fou !, 1984]
Fou (Duo avec Caroline Crozat, chant, chœurs [2001-2010] et Francis Décamps à l'accordéon) [Fou !, 1984]
Crever d'amour (Duo avec Caroline Crozat et Tristan Décamps) [Fou !, 1984]
Le ballon de Billy (avec Francis Décamps, claviers et Daniel Haas, basse et Fabrice Bony) [Les Larmes du Dalaï Lama, 1992]
Quasimodo (Avec Hervé Rouyer aux percussions) [Rêves-parties, 2000]
Le rêve est à rêver (avec Hervé Rouyer) [La Voiture à eau, 1999]
Les collines roses (avec Caroline Crozat et Hervé Rouyer) [Le bois travaille, même le dimanche, 2009]
À l'ombre des pictogrammes [Le bois travaille, même le dimanche, 2009]
La colère des dieux (Apocalypso) (Avec Fabrice Bony) [Emile Jacotey résurrection Live, 2015]
L'autre est plus précieux que le temps [Heureux !, 2018]
Ces gens-là (reprise de Jacques Brel).
RAPPEL :
Hymne à la vie (Avec tous les invités de la soirée) [Par les fils de Mandrin, 1976].

mardi 12 novembre 2019

LEPROUS Le Cabaret Sauvage le 12 novembre 2019.

Alors que je rédige ce petit relevé d'impressions, au lendemain de cette soirée dantesque, je suis encore sous le choc émotionnel avec le sentiment d'avoir assisté à un concert tout simplement exceptionnel et inoubliable.
Lorsque ce concert a été annoncé officiellement en mai 2019, je disposais d'un double motif d'engagement.
1°) Revoir un concert de LEPROUS me semble a priori un objectif quasi inévitable compte tenu de leur discographie qui est pour moi une source ininterrompue de plaisirs auditifs, mais aussi compte tenu de la haute qualité de tous les concerts auxquels j'avais déjà assisté.
2°) Mais tout bijou mérite son écrin ; retourner au Cabaret Sauvage entretient une motivation supplémentaire pour mon déplacement. Je n'y avais pas remis les pieds depuis 2014 ; c'était à l'occasion du concert de Guillaume Perret et son Electric Epic. C'est un très joli petit auditorium, situé en bord du Canal de l'Ourcq, qui affiche une capacité de 1 200 personnes. Cet espace douillet me fait davantage penser à un petit cirque car il offre la particularité d'être conçu selon un format à 360°. Dans sa configuration concert, une piste centrale accueille la fosse. Elle est entourée d'un cercle compartimenté et feutré pour accueillir des spectateurs, et entrecoupé d'un segment pour la scène. Cette particularité permet à une partie du public d'assister au concert depuis les côtés de la scène. Je m'étonne et déplore que sa programmation particulièrement hétéroclite soit trop rarement à mon goût pour y venir plus souvent. Mais outre la bonne visibilité, c'est surtout l'excellente acoustique qui en fait un véritable auditorium.
PORT NOIR [19h30-20h]
Port Noir est un groupe suédois de rock alternatif qui a commencé en 2011. Leur premier album, "Puls", est sorti à l'automne 2013. Il est actuellement composé de Love Andersson (basse, chant), Andreas Hollstrand (boite à sons, guitare) et Andreas Wiberg (batterie).
Leur nouvel album, "The New Routine" est paru le 10 mai 2019.
La sonorisation fut correcte, audible et équilibrée laissant entendre notamment les sonorités électroniques crées par Andreas Hollstrand sur son bidouilleur de sons sur pied.
Logiquement réduit vu le statut d'invité, l'éclairage fut toutefois plutôt clair et sans fumée. Pas de fond de scène mais, afin de s'identifier ostensiblement, deux bloc monolithiques noirs installés de chaque côté de la batterie montrait respectivement les mots "Port" et "Noir". Voilà qui a le mérite d'être clair !
Habituellement, je suis enclin à aimer les trios, car ils ont tendance à exprimer avec une guitare, une basse et une batterie, un rock épuré de toute fioriture inutile. Sur le papier, un trio avec un bassiste chanteur, cela aurait pu m'évoquer Mötorhead, mais ici on est bien loin du rock'n'roll pur et dur, plus proche du rock électro. D'ailleurs, la guitare de Hollstrand est juste un accessoire, peu mise en valeur, le plus souvent en bandoulière dans le dos. Le chant est juste, mais sans tessiture ni relief particulier. Les rythmes sont chaloupés et souvent entraînant, mais peu de mélodie susceptible de m’entraîner vers la satisfaction.

Heureusement pour ces scandinaves, une part du public semble apprécier plus que moi et leur accorde une ovation sans doute méritée dans leur genre…
Durant une demi-heure, ils ont pu chanter six titres.
PROGRAMME :
Young Bloods (The New Routine)
Flawless (The New Routine)
Blow (The New Routine)
Champagne (The New Routine)
Old Fashioned (The New Routine)
13 (The New Routine).

THE OCEAN [20h10-20h45]
Ce quintet allemand est supposé proposer au fil de ses créations du post-metal ou/et du metal progressif (personnellement je cherche encore l'aspect progeux...) Le groupe trouve ses origines à Berlin en 2001 sous l'impulsion du guitariste Robin Staps. Mais THE OCEAN se stabilise à partir de 2009. C'est ainsi qu'actuellement, autour de Robin Staps (guitare, depuis 2001) nous découvrons le français Loïc Rossetti (chant-ou plutôt hurlement-, depuis 2009), Damian Murdoch (guitare, depuis 2013), Paul Seidel (batterie, depuis 2013), Chris Breuer (basse, depuis 2013, membre de tournée et apparition sur l'album "Pelagial"). Il semblerait que le titulaire du pupitre de basse depuis 2008, Louis Jucker ait mis son activité en suspens pour suivre ses études…
Leur septième album, "Phanerozoic I: Palaeozoic" est paru le 2 novembre 2018. Il semble que ce soit le premier volet d'un diptyque dont la deuxième partie serait prévue pour 2020. J'ai déjà eu l'occasion d'assister à un de leurs concerts car, lors de leur tournée "Precambrian", ils furent invités par Opeth pour ouvrir leur soirée à l'Elysée Montmartre, le 27 novembre 2008. Je n'en avais conservé qu'un souvenir bruyant et désagréable.
L'ingénieur du son a su tirer profit de l'excellente acoustique de cet espace en produisant un son un peu trop puissant mais équilibré et audible.
Pas de fond de scène dans cet espace restreint. Quant à l'éclairage, il est logiquement minimaliste vu le statut d'invité, et plutôt sombre favorisant les couleurs vertes enveloppées de vapeurs épaisses. Un Mandrilloptère aurait sans doute été nécessaire pour distinguer autre chose que des ombres sur la scène, mais je suppose que l'effet était recherché…


 
Leur musique très metal aurait pu me paraître attractive s'il n'y avait pas ces hurlements du vociféraptor de service. Du coup, globalement THE OCEAN me parait toujours aussi répulsif, onze années après. Quant à leurs textes anglais, notoirement antithéistes, ils ne me touchent guère.
Une bonne part du public leur a accordé son soutien. Ils ont recueillis une belle ovation finale. On est content pour eux. Moi, je suis soulagé de passer à autre chose…
Durant une grosse demi-heure, six titres ont été interprétés.
PROGRAMME :
Permian: The Great Dying (Phanerozoic I: Palaeozoic)
Mesopelagic: Into the Uncanny (Pelagial)
Silurian: Age of Sea Scorpions (Phanerozoic I: Palaeozoic)
Bathyalpelagic II: The Wish in Dreams (Pelagial)
Devonian: Nascent (Phanerozoic I: Palaeozoic)
Firmament (Heliocentric).

LEPROUS [21h45-23h10]
Ce groupe norvégiens a été fondé en 2001 par le chanteur et claviériste Einar Solberg et le guitariste Tor Oddmund Suhrke.
Après quelques tâtonnements et changements, Einar Solberg (chant, claviers, depuis 2001) et Tor Oddmund Suhrke (guitares, chœur, depuis 2001), ont finalement été rejoints par Baard Kolstad (batterie, depuis 2014), Simen Børven (basse, chœur, claviers occasionnel, depuis 2015) et Robin Ognedal (guitares, chœur, depuis 2017).
Cette tournée, débutée avec l'arrivée de l'automne, se cadre dans la promotion de leur sixième album "Pitfalls" paru le 25 Octobre 2019. Déjà avec l'opus "Melina" paru en 2017, on pressentait un virage vers un horizon moins agressif, plus éthéré. Les soli de guitares, leurs accords agressifs et les grognements ayant disparu. En effet, après la parution du dvd "Live at Rockefeller Music Hall"  (2016), il est probable qu'Einar aura voulu tourner une page. Au désarroi de certains admirateurs des débuts, ce "Pitfalls" confirme et accentue magnifiquement cette orientation. Ce splendide opus transpire l'état psychologique difficile et finalement salvateur que vient de traverser Einar. Il restait à vérifier la transposition de cette création sur les scènes de la tournée…
Avant de me rendre au concert de THERION ce 3 novembre 2010, à l'Elysée Montmartre, j'avais été prévenu d'une probable transmission d'un virus imparable durant la première partie de soirée. LEPROUS était à cette époque en tournée pour promouvoir "Tall Poppy Syndrome". A l'écoute de leur musique à la fois très énergique et mélodique, et de la voix incroyable d'Einar, la contagion fut en effet inévitable. Je ne pouvais que subir l'évolution de la fièvre en attendant fébrilement les parutions successives d'opus-remèdes pour calmer les accès. A l'occasion des tournées que s'en suivirent, j'ai eu ainsi la chance d'assister aux concerts du 20 octobre 2012 au Divan du Monde (tournée Bilateral), du 11 juillet 2015 au Poble Espagnol/BeProg My Friend (tournée The Congregation), du 05 octobre 2015 au Divan du Monde (tournée The Congregation), du 01 juillet 2017 au Poble Espagnol/BeProg My Friend (tournée Malina), et enfin du 15 septembre 2019 au Raismefest (tournée Pitfalls). Ce soir c'est donc la septième fois que j'ai le plaisir d'assister à un de leurs concerts.
Au fil des années, leur metal-progressif aux mélodies irrésistibles emportées par une puissance colossale s'est mué en rock de plus en plus éthéré, mélancolique mais paradoxalement toujours aussi puissant, atypique et toujours surprenant.
Je sais à quoi m'attendre musicalement ce soir, puisqu'il y a deux mois, je faisais partie des metallos du Raismesfest qui avaient la lourde tâche de soutenir ces valeureux vikings, parmi un public majoritairement sceptique. Mais j'ai hâte de communier avec le public de LEPROUS a priori plus réceptif. Je m'incruste dans les premiers rangs, histoire de capter l'émotion au plus près.
S'agissant de la sonorisation, il est rare de bénéficier d'un tel faisceau d'opportunités : le plus souvent soit l'acoustique de la salle est mauvaise, soit l'ingénieur du son est plus ou moins incompétent, ou/et désinvolte. Cette fois, tout est parfait, et ce du début à la fin du concert ! Il ne me fut même pas nécessaire de garder mes protections auditives, ce qui a encore accru la finesse de ma perception de tous les sons. Dès les premières notes la pureté sonore a permis aux auditeurs de percevoir toute la sensibilité, tout le talent exprimé par les artistes, et Dieu sait qu'ils en ont !
Alors que l'éclairage m'avait semblé sombre et lugubre au Raismesfest, cette fois il m'a paru plus lumineux offrant davantage de visibilité aux auditeurs et aux chasseurs d'images. Les couleurs rouges et bleues sont toujours favorites, mais les projecteurs blancs me paraissent plus présents qu'auparavant, c'est en tous cas mon ressenti de photographe amateurs. En fond de scène, malgré l'exiguïté du lieu on distingue l'image de la couverture du dernier album.
La scène est étroite, et pourtant non seulement LEPROUS est parvenu à caser un espace pour chacun des cinq membres du groupe (pourtant très expansifs et agités !), et un espace pour un clavier occasionnel en plus du clavier central, mais de surcroît ils accueillent à leurs côtés Raphael Weinroth-Brown, un violoncelliste canadien déjà connu pour avoir collaboré avec Steven Wilson et Mikael Åkerfeldt. Ce virtuose se révèle aussi expressif sur scène que pouvaient le laisser imaginer ses vidéos.
Dans ce contexte, cette soirée ne pouvait être que grandiose. Einar, d'une main de maître est parvenu à adapter parfaitement ses chansons à la fois somptueuses et complexes pour la scène et à les faire apprécier de son public. Voilà un artiste qui prend des risques et les assume. Cela passe ou cela casse, mais en l'occurrence, LEPROUS parvient à obliger son auditoire à adapter son logiciel d'écoute pour le suivre dans des aventures qui débordent largement du metal et même du rock progressif. Il nous emmène aux confins d'une pop expérimentale.
Les conditions idéales d'écoute, et ma proximité avec les artistes m'ont permis de déceler moult subtilités que je n'avais pas encore eu le temps de capter sur l'album. Je souligne bien évidement la performance vocale de Einar qui, sur des titres comme "Below", ou "Alleviate" entre autres, montre le même timbre à la fois délicat et puissant, la même tessiture étourdissante qu'en studio. Il chante avec une telle facilité apparente que rien sur son visage ne montre d'autre marque que celle de sa conviction. Je souligne aussi en particulier la présence quasi permanente du violoncelliste, dont les accords en contre-chant subliment densément les mélodies. Je souligne encore l'abnégation des guitaristes (tous pupitres) qui font un travail remarquable techniquement sans pour autant démontrer de soli saillant. Ils contribuent ainsi à l'expression d'une musique fouillée mais pas fouillis, chacun à sa place mais tous ensemble. Je souligne de surcroît les talents de multi-instrumentistes qui alternent leur pupitre avec un clavier ou avec un micro pour les chœurs. D'ailleurs j'en profite pour ajouter une autre qualité à cette prestation, à part quelques rares séquences négligeables, tout était interprété par les musiciens : pas de bandes-son ! Les deux claviers et le violoncelle ont remplis à merveille les fonctions de jonctions harmoniques et d'ambiance. Que du bonheur je vous dis !
Le public ne pouvait que chavirer de bonheur. L'auditoire était certes conquis d'avance mais beaucoup comme moi ont eu le sentiment ce soir d'avoir assisté à un concert d'une rare perfection.
Durant près de deux heures et demie, nous aurons eu droit à quatorze titres, dont sept (des dix) titres extraits de Pitfalls. Je me permets de déplorer l'absence de "Golden Prayers", très beau titre paru en monoplage (mot québécois que je préfère à "single") le 1er juin 2018, et qui avait pourtant été chanté au Raismesfest … Mais par ailleurs l'ensemble du programme fut un pur régal ; de surcroit il m'a permis de redécouvrir  "Distant Bells" qui figure désormais dans mes favoris !
PROGRAMME :
Below (Pitfalls, 2019)
I Lose Hope (Pitfalls, 2019)
Illuminate (Malina, 2017)
Foe (Coal, 2013)
From the Flame (Malina, 2017)
Observe the Train (Pitfalls, 2019)
Alleviate (Pitfalls, 2019)
At the Bottom (Pitfalls, 2019)
The Cloak (Coal, 2013)
The Price (The Congregation, 2015)
Third Law (The Congregation, 2015)
Salt (Coal, 2013)
Distant Bells (Pitfalls, 2019).
RAPPEL
The Sky Is Red. (Pitfalls, 2019).

lundi 11 novembre 2019

OPETH – Olympia (Paris 9) – 11/11/2019.

 
L'Olympia affichait complet, mais Garmonbozia a annoncé sur son site, en dernières minutes, lutter contre la vente frauduleuse de ticket en mettant quelques tickets en vente. Je trouve cette démarche astucieuse, digne d'être maintenue pour tous les concerts. Quitte à risquer de ne pas remplir une salle, ce qui était loin d'être le cas ce soir, car l'Olympia est plein comme un œuf !
L'audace paie ! Steven Wilson continue à attirer toujours plus d'admirateurs en déstabilisant sa base, Einar Solberg idem, et Mikael Åkerfeldt idem. Je suis sans doute très bien placé pour discuter de la nécessité de maintenir une saine curiosité musicale, car à la base la musique "death mélodique" d'Opeth ne me paraissait pas accessible à cause du chant guttural de Mikael. Si Monsieur Wilson ne m'avait pas montré le chemin de la sagesse, alors je n'aurais jamais compris toutes les subtilités qu'Opeth offre à ses auditeurs. En effet, Steven Wilson, que j'admirais en tant que concepteur de fines dentelles musicales, a été le producteur, ingénieur du son et responsable du mixage du magnifique album "Damnation" paru le 22 avril 2003. Le travail de SW avec Opeth m'a contraint à outrepasser mes principes ; petit à petit j'ai été séduit par ces alternances surprenantes de délicatesse et de violence, même si je persiste à préférer les voix claires aux grognements. Alors que je commençais à m'habituer bon gré mal gré à ceux-ci, Mikael décida de les abandonner ! Le virus Opeth pu alors se propager sans anticorps, toute résistance était vaine. Les vannes de la débauche ouvertes, il me fallut acheter la discographie antérieure et m'engager à surveiller les passages du groupe en France.
C'est ainsi que j'assiste ce soir pour la dixième fois à un de leurs concerts. J'eus en effet la chance d'assister aux concerts du 27 novembre 2008 à l'Elysée Montmartre (tournée Watershed), du 4 octobre 2009 au Zénith (tournée ProgNation Watershed), du 3 avril 2010 au Bataclan (tournée BlackWaterPark réédité), du 16 novembre 2011 au Bataclan (tournée Heritage), du 5 novembre 2014 au Bataclan (tournée Pale Communion), du 17 octobre 2015 au Trianon (tournée 25ème anniversaire), du 2 juillet 2016 au BeProg Festival, du 21 novembre 2016 au Trianon (tournée Sorceress), et du 15 juin 2018 au Download Festival.
VINTAGE CARAVAN [20h00-20h40].
Ce trio fut Cofondé en Islande par Óskar Logi Ágústsson (chant, guitare, depuis 2006). Partie d'une histoire de gamins passionnés, les choses sérieuses débutent plutôt vers 2009. Óskar est maintenant entouré par Alexander Örn Númason (basse, chœur depuis 2012) et Stefán Ari Stefánsson (drums, percussion, depuis 2015).
VINTAGE CARAVAN profite de l'invitation d'Opeth sur cette tournée européenne, pour promouvoir "Gateways" leur album paru le 12 octobre 2018. J'aurais pu/dû les découvrir lors de leur tournée "Arrival" en 2015, car le Raismesfest les a accueillis en septembre de cette année-là. Hélas c'est une des éditions que j'avais dû manquer. Les échos favorables que j'en avais recueillis ne pouvaient que m'inciter à m'impatienter de les voir.
La sonorisation est puissante mais audible, j'estime préférable de conserver ses protections auditives.
L'éclairage est basique, correspondant au minimum syndical pour des invités. Mais suffisant, et je dirais même paradoxalement plus lumineux que celui d'Opeth !
Leur performance particulièrement énergique est sidérante. Contrairement à ce que pourrait laisser penser leur nom, leur musique, moins vintage que hard rock psychédélique, allie certaines sonorités classiques des années 60 et 70 mais avec une puissance et une folie qui leur attribue un cachet personnel et très convaincant. Óskar ne se contente pas de s'agiter et d'exciter son auditoire, c'est surtout un très bon guitariste dont les soli trahissent une maîtrise indéniable de ses cordes. Beaucoup de virtuosité accentuée par la rapidité mais aussi beaucoup de finesse aux moments opportuns. Ses deux acolytes assurent une rythmique d'enfer, avec la même énergie.
Face à tant de fougue, le public ne pouvait qu'acclamer ces trois jeunes vikings.
Durant une quarantaine de minutes, ils interpréteront des titres que je ne peux reconnaître puisque je ne maîtrise pas leur répertoire. Toutefois j'ai reconnu un titre extrait de "Gateways" (2018).

PROGRAMME 
(à compléter et sous réserve, car ne connaissant pas assez leur répertoire)
Reflections (Gateways, 2018)
Crazy Horses (Arrival, 2015)
Set Your Sights (Gateways, 2018)
Innerverse (Arrival, 2015)
Babylon (Arrival, 2015)
Expand Your Mind (Voyage, 2018)
On the Run (Gateways, 2018).
Midnight Meditation (Voyage, 2018).

OPETH [21h00-22h45]  
Fondé en Suède par Mikael Åkerfeldt (guitare, depuis 1990, puis chant, depuis 1992), OPETH a connu de nombreux changements de musiciens. Une relative stabilité s'est établie depuis une dizaine d'année. Il est entouré désormais de Martín Méndez (guitare basse, depuis 1997), Martin "Axe" Axenrot (batterie, percussion, depuis 2006), Fredrik Åkesson (guitare, chœurs, depuis 2007) et Joakim Svalberg (clavier, synthétiseur, chœurs, percussions, depuis 2011).
Cette tournée a vocation à promouvoir "In Cauda Venenum" leur treizième album paru le 27 Septembre 2019. A mon humble avis, l'un des meilleurs opus parus en cette année 2019. Bourré de raffinements harmoniques, de ruptures mélodiques, de puissance maîtrisée, cet album renferme tout ce que j'aime dans Opeth. Mikael semble avoir abandonné définitivement l'enregistrement de ces alternances de voix gutturales et de voix claires qui étaient pourtant l'un des signes distinctifs à ses débuts. Cependant, les compositions continuent de faire dresser les poils de mes avant-bras avec d'autant plus de ferveur que ces titres sont transcendés sur scène.
La musique d'Opeth est une dentelle particulièrement subtile et complexe, elle exige une salle avec une bonne acoustique. Elle exige également un ingénieur du son compétent pour obtenir une sonorisation qui respecte parfaitement les équilibres instrumentaux. Je ne voulais plus jamais subir à nouveau une bouillie sonore aussi indigne que celle du concert du 5 novembre 2014, alors que j'étais pourtant bien placé en mezzanine. Il m'était permis d'espérer un bon confort d'écoute ce soir car tous les autres concerts auxquels j'ai assisté furent excellents, y compris lors du mini-festival Progressive-Nation en 2009.
Malheureusement, durant une bonne moitié du concert la sonorisation était déséquilibrée, laissant encore les fréquences basses excessivement imposantes. Fort heureusement, cette très désagréable sensation fut estompée ensuite. C'est franchement dommage et d'autant plus incompréhensible lorsque l'on sait la minutie de Mikael qui réaccorde fréquemment sa guitare, tout comme Frederik. La faute à l'ingénieur Duçon, probablement. Si je peux me permettre cette petite suggestion à Mikael ; si c'est le même incapable qu'en 2014, il conviendrait de lui suggérer d'exercer ses talents ailleurs, dans une technoparade par exemple...

Un vaste écran en fond de scène diffusait soit des images de natures mortes, soit des jeux de faisceaux lumineux et parfois l'image en direct de Mikael. Délibérément très sombre, au désespoir des photographes amateurs, la lumière principalement axée sur le rouge et le bleu a entretenu une atmosphère intime et inquiétante. L'introduction du concert fut à cet égard particulièrement réussie ; durant une longue séquence, dans le noir absolu, accompagnées de la bande-son de "Svekets Prins", des étoiles blanches montent du sol comme pour inviter l'auditeur à élever son esprit avec elles. Puis les musiciens prennent leur place avant de faire exploser les sensations… juste sublime !
Les pupitres de Joakim Svalberg, du Martín Méndez et Martin Axe sont surélevés ; ce dernier étant au-dessus de tous. Fredrik Åkesson est à hauteur de Mikael sur sa droite. Cette disposition permit une relative mobilité des deux guitaristes ; je dis "relative" car les deux ont rarement interverti leur place. Sur la fin le bassiste est descendu terminer le concert parmi ses deux compères.
Mikael demeure adepte de la dérision et de l'humour "so-british" ; son chapeau mormon est revenu plusieurs fois dans les échanges. A la fois concentré sur l'ajustement du son de sa guitare et impliqué dans la conversation qu'il anime volontiers avec la part anglophone de son public. Évidemment, je me sens parfois à l'écart des subtilités de langages, mais l'essentiel est que la bonne humeur générale soit entretenue. Ces discussions de salon ne s'étendent pas à l'excès, laissant aux autres musiciens le plaisir de s'exprimer à leur manière. Fredrik nous produit ainsi de nombreux soli d'une virtuosité enivrante, notamment sur le final de "Hope Leaves". S'il n'avait pas été surexposé à la sono, j'aurais pu sans doute souligner le talent de Martín Méndez qui a cependant été invité par Mikael à s'exprimer seul, durant un p'tit solo funky impressionnant, juste avant "Deliverance".
Je retrouve dans le cours de programme ces astucieuses alternances d'atmosphères durant lesquelles se succèdent finesse, puissance, fluidité, mélancolie.
Parallèlement à la sonorisation, l'enthousiasme a logiquement été croissant aboutissant à un bouquet final d'une beauté étourdissante.
Durant une heure quarante-cinq, nous nous régalerons de onze titres dont seulement trois extraits de "In Cauda Venenum".
PROGRAMME
Svekets Prins (In Cauda Venenum, 2019)
The Leper Affinity (Blackwater Park, 2001)
Hjärtat Vet Vad Handen Gör (In Cauda Venenum, 2019)
Reverie/Harlequin Forest (Ghost Reveries, 2005)
Nepenthe (Heritage, 2011)
Moon Above, Sun Below (Pale Communion, 2014)
Hope Leaves (Damnation, 2003)
The Lotus Eater (Watershed, 2008)
Allting Tar Slut (In Cauda Venenum, 2019)
RAPPEL :
Sorceress (Sorceress, 2016)
Deliverance (Deliverance, 2002).




samedi 9 novembre 2019

RIVAL SONS – Olympia (Paris 9) – 09/11/2019

Certains "défenseurs du Temple" entretiennent une polémique, prétendant dénoncer RIVAL SONS, et d'autres tels que DEWOLFF, qui n'auraient rien inventé, et qui ne feraient "que" du recyclage, blâablabla… Ce faisant, ils omettent que d'une part tous les artistes au travers de l'Histoire ont fondé leurs créations sur leur propre expérience culturelle et donc avec une inspiration plus ou moins influencée par celle-ci. Ils omettent aussi que le peuple a certes besoin d'honorer les légendes mais a aussi besoin d'entendre les troubadours et autres trouvères bien vivants, eux. Je laisse tous ces pisse-vinaigre à leur nostalgie poussiéreuse. Fort d'une expérience acquise durant plus de quarante années ponctuées de concerts, je suis ravi de voir le flambeau du Rock être aussi vigoureusement repris. Car il le vaut bien. Et nos oreilles aussi. Ainsi soit-il.
RIVAL SONS m'a séduit lors du Download festival le 12 juin 2016, alors qu'une pluie incessante aurait pu/dû nous faire fuir. Leur concert dantesque à l'Elysée Montmartre le 6 février 2017 ne pouvait que me confirmer leur talent. Leur musique, leur attitude tout concourt à succomber à leurs incantations émise dans une transe électrique irrésistible.
Malgré un calendrier musical déjà chargé en cet automne, nous sommes donc impatients de retrouver ces sensations.
Nous nous plaçons dans les premiers rangs de la fosse, excentrés sur la droite (face aux pupitres guitare et clavier). En dépit de la proximité de personnages un peu trop éméchés dans notre entourage (…), nous jouirons d'un bon point de vue et d'écoute durant toute la soirée.
MNNQNS (prononcez “mannequins”, avec l’accent gallois si possible, nous dit-on. Ce sigle antivoyelle me rappelle celui du groupe belge BRNS qu'il faut prononcer "brains") [20h00-20h30]. Ce quatuor désigné pour débuter la soirée, m'est totalement inconnu. A priori, c'est déjà mieux que la première partie proposée en février 2017 (voir mon récit). N'ayant pas consulté l'affiche officielle, j'en ai même ignoré le nom jusqu'au lendemain (ils se sont peut-être présentés mais je n'ai pas compris grand-chose à ce qu'a bien voulu exprimer notre normand de passage) ! Renseignement pris, Adrian, rouennais, a commencé MNNQNS tout seul, en 2013 lors d’un échange universitaire à Cardiff, au Pays de Galles. Douze membres en trois ans se sont succédés dans le groupe. Adrian (chant, guitare) est aujourd'hui entouré de Grégoire (batterie), de Félix (basse) et de Marc (guitare). En dépit de mes recherches, on n'en saura pas plus sur leur identité.
Ils ont livré un mini-album en 2016 intitulé "Capital", puis un autre le 13 avril 2018, intitulé "Advertisement". Un premier album "Body Negative" est paru le 30 août 2019. Leurs prestations aux festivals Printemps de Bourges, Terra Incognita, puis Rock en Seine en 2019, viennent apparemment de marquer certains esprits. Début octobre la Maroquinerie les accueillait en tête d'affiche. D'une influence délibérément britannique, les textes sont en anglais. Leur démarche de révoltés transparaît dans leur musique et sur scène.
Un éclairage vif et blafard est à l'image d'une scène dépouillée de tout décor, pour une musique qui l'est tout autant. La sonorisation est délibérément puissante et sans concession, conforme au style revendiqué par le groupe ; on n'est pas dans la subtilité.


Ce soir, ils ont délivré un bon rock solide, énervé, efficace. Les musiciens sont impliqués, honnêtes et motivés, mais pour ma part, en dépit de leur conviction ce n'est pas (ou plus ?) ce qui me touche maintenant. MNNQNS aura eu le mérite de faire chauffer les muscles de mon cou en parvenant à me faire marquer un rythme complice et bienveillant.
Le public leur accorde une ovation respectueuse et méritée.

RIVAL SONS [21h00-22h45] La formation qui m'a tant séduite en 2016 et 2017 demeure identique. Fondé en 2009 par Jay Buchanan (chant), Scott Holiday (guitare, chœur) et Mike Miley (batterie), ce groupe californien a accueilli Dave Beste (basse, chœur) depuis 2013. Pour la scène, le très barbu Todd Ögren-Brooks semble être régulièrement recruté depuis 2014 pour tenir les claviers (mais aussi assurer les chœurs et quelques percussions).
Leur sixième album, "Feral Roots" est paru le 25 janvier 2019.
La scène est de plain-pied, est n'est encombrée d'aucun décor ; les musiciens disposent de beaucoup d'espace. L'éclairage s'avère très lumineux, alternant toutes les teintes, un vrai plaisir pour les yeux mais aussi pour les objectifs des chasseurs d'images. Le fond de scène est fixe, il reprend la couverture très colorée de "Feral Roots". La sonorisation est puissante mais audible. Aucun pupitre ne s'impose sur les autres, et les protections auditives sont juste une précaution.
Avec "End of Forever" en introduction je perçois vite les mêmes sensations qu'en 2017 ; leur prestation a tendance à me faire oublier les dimensions de la salle. Il me plait de m'imaginer dans un club en écoutant ce hardrock chaleureusement bluesy et survolté. Musicalement, ils entretiennent une maîtrise remarquable des sonorités distinctives de leur style de prédilection, telles que ces guitares plaintives répondant à un chant écorché conforme au style. Les mélodies sont appuyées par des chœurs auxquels participent tous les autres musiciens.
Scott Holiday dispose toujours d'un impressionnant râtelier, particulièrement fournis en guitares adaptées à ses besoins, pour nous offrir ses soli d'une sensibilité réjouissante. Mike Miley, à qui le groupe a accordé quelques instants d'un solo efficace (mais dispensable à mon humble avis), assure par ailleurs son rôle de métronome avec un juste équilibre de brutalité assumée et de finesse. Dave Beste, dont le son de la basse m'a souvent évoqué celui de Lemmy, est relativement discret et pourtant plusieurs accords vigoureux m'ont impressionné. Todd Ögren-Brooks ne semble pas complexé par son statut d'occupant de strapontin car sa participation est notable autant par les accords de clavier que par ses interventions vocales ou par ses interventions aux percussions.
Mais par la force des choses, le regard et l'attention du public se porte particulièrement sur le très charismatique Jay Buchanan, dont la voix est émouvante, captivante ; elle continue de me rappeler celle de Joe Cocker et celle de Rusty Day (Cactus), voire celle de Robert Plant (Led Zeppelin, parfois). Le chanteur vit ses chansons avec une émotion qui ne peut qu’accroître l'attention du public à son égard. En observant ses grimaces qui lézardent parfois son visage, il est permis de se demander combien d'années il pourra tenir à ce rythme quotidien (ou quasi).
Bien que toujours aussi peu souriants, ils n'ont rien perdu de leur classe. Scott Holiday, toujours aussi dandy avec un costume et une moustache finement taillés ; Todd Ögren-Brooks avec sa très longue et dense barbe. Jay Buchanan, qui était arrivé chaussé de chaussures vernies et couvert d'un chapeau de paysan américain, se mettra très vite plus à son aise, tête et pieds nus.
Dans ces conditions, l'auditorium plein comme un œuf, le public s'est montré logiquement enthousiaste et répondant volontiers aux sollicitations du chanteur. Comme d'habitude, le groupe peine à calmer les ardeurs de l'auditoire notamment lorsque celui-ci impose une longue pause en chantant une mélodie marquante.
Durant une heure quarante-cinq défilerons dix-huit titres, dont six (des onze) titres de leur opus "Feral Roots", paru en 2019.
PROGRAMME
End of Forever (Feral Roots, 2019)
Wild Animal (Head Down, 2012)
Pressure and Time (Pressure & Time, 2011)
Secret (Great Western Valkyrie, 2014)
Burn Down Los Angeles (Pressure & Time, 2011)
Tied Up (Hollow Bones, 2016)
My Nature (Great Western Valkyrie, 2014)
Solo de batterie
Look Away (Feral Roots, 2019)
Too Bad (Feral Roots, 2019)
Where I've Been (Great Western Valkyrie, 2014)
Feral Roots (Feral Roots, 2019)
Open My Eyes (Great Western Valkyrie, 2014)
Electric Man (Great Western Valkyrie, 2014)
Shooting Stars (Feral Roots, 2019)
Do Your Worst (Feral Roots, 2019).
RAPPEL :
Sleepwalker (Rival Sons EP, 2011)
Face of Light (Pressure & Time, 2011)
Keep On Swinging (Head Down, 2012).


Une très bonne ambiance, et par conséquent une excellente soirée.



https://patriceduhoublon.blogspot.com/2019/11/rival-sons-elysee-montmartre-paris-18.html

samedi 14 septembre 2019

XXIeme RAISMESFEST / 14 & 15 SEPTEMBRE 2019 CHATEAU DE LA PRINCESSE D'ARENBERG, RAISMES (59)


Certains événements sont systématiquement cochés en rouge dans mon calendrier annuel. Le Raismesfest en fait partie, tant qu'aucun aléa ne vient contrarier cet objectif. Si cette priorité peut sembler puérile ou désinvolte, à l'heure où les collapsologues de tous poils nous prédisent une proche fin du monde, je compte pourtant bien assumer mon adulescence et jouir du temps présent en musique ! Cette année, grâce à la persévérance que dis-je, la pugnacité de passionnés, c'était déjà la vingt-et-unième édition depuis 1998. Mais je dois confesser une coupable négligence à l'égard des premières ; ce n'est que ma huitième participation au Raismesfest (2007, 2008, 2013, 2014, 2016, 2017 et 2018).
Comme tous les ans, en dépit des sempiternelles contraintes budgétaires, Philippe Delory et son équipe sont parvenus à nous concocter, une superbe affiche qui ne pouvait que m'inciter à m'y rendre et en faire la plus large publicité sur les réseaux sociaux ! A lire les réactions d'une (petite) partie du public, certains aimeraient scléroser la programmation dans des critères exclusifs. Pour ma part, je me réjouis de continuer à trouver ici ce subtil équilibre d'artistes confirmés avec d'autres à découvrir, visant à promouvoir les courants du hardrock traditionnel, allant du plus bluesy au plus progressif. Plusieurs pays sont représentés encore cette année ; la France bien sûr, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, … mais les plus représentés sont les britanniques (cinq groupes) et les suédois (trois groupes) ce qui me parait bien refléter la tendance actuelle. Si l'origine de notre mouvement vient bien de la perfide-Albion, force est de constater l'extraordinaire vivacité de la scène scandinave, et cela vaut autant pour le hardrock que pour le rock progressif, d'ailleurs !
Et puis, ce rendez-vous est d'autant plus attendu qu'il fait converger les festivaliers dans le site agréable du parc d'un château désaffecté, dont la capacité d'accueil est estimée à un peu plus de mille spectateurs. Depuis quelques éditions, l'organisation a fait le choix judicieux de maintenir une scène unique, ce qui laisse du temps aux festivaliers pour visiter les échoppes ou discuter pendant que les techniciens montent la scène suivante. Bertrand se charge, non sans humour, de présenter les artistes pour rameuter la foule le moment venu. Cette démarche contribue largement à entretenir une ambiance particulièrement conviviale. Je suis lassé de ces festivals où il faut sans cesse courir entre les scènes, sous peine de manquer un artiste à découvrir…
Contrairement à mon habituelle exigence de ponctualité pour les concerts et festivals, celui-ci fait exception. La proximité avec mon noyau familial m'astreint à n'arriver aux deux journées qu'en début d'après-midi, ce qui me porte à manquer les premières prestations scéniques… Désolé pour les artistes qui, souvent, méritent mieux que la faible audience constatée traditionnellement à l'heure du déjeuner.
SAMEDI 14 SEPTEMBRE 2019
Ouverture des portes 11h30
Le ciel est bleu, aucun nuage ne viendra perturber la fête. La température oscille autour des 22°C, ce qui est tout simplement l'idéal pour moi (au-dessus de 25° je risque de passer mon temps au bar, ce qui n'est pas précisément mon objectif, cqfd). Au bar, on peut toujours s'abreuver avec la Cuvée des Troll, une délicieuse bière belge servie à la pression pour la modique somme de 3€ !
Come Unstuck (12h30-13h), puis Sweet Needles (13h15-13h45) avaient quitté la scène lorsque j'ai pénétré dans le site, accompagné de ma p'tite Fée.

14h00-14h35 : MOLYBARON. Au gré des conversations sur les réseaux sociaux j'avais repéré l'existence de ce groupe prometteur. Mes premières tentatives d'écoute furent positives mais je m'étais résigné à attendre l'occasion de les voir sur scène pour confirmer mes impressions. A l'annonce de l'affiche d'aujourd'hui, je m'étais donc fait un devoir de creuser davantage en écoutant leur opus en entier. Ma (relative) sagesse de l'attente laissa alors très vite place à l'impatience.
Né à Dublin, Gary Kelly (chanteur et guitariste) a eu la bonne idée, en 2014, d'enrôler ses potes français, le guitariste Steven André, puis le bassiste Sébastien de Saint-Angel pour fonder Molybaron. Puis en février 2019, le groupe semble se stabiliser avec le nouveau batteur Camille Greneron. Entre temps, dès le début 2017, parait le premier album éponyme de "Molybaron" ; cet opus auto-produit aux influences bien lourdes et puissantes m'évoque des influences telles que Metallica et Zodiac, voire même certains accents progressifs à la Rush (dernières décennies). Un deuxième album vient d'être enregistré ; plusieurs nouvelles chansons seront interprétées ici.
Mon espoir ne sera pas déçu ; le concert m'a impressionné en me procurant les mêmes sensations qu'à l'écoute du disque, et pourtant la majorité des titres chantés ici apparaîtront dans l'album en cours ! Les musiciens m'ont paru chevronnés et qualifiés pour mériter une bien plus ample notoriété !
La sonorisation m'a paru très bonne. (Même si, de leur côté, ils se seraient plains d'un mauvais retour de sons).
Le public, qui commençait fort opportunément à se densifier, a accordé une ovation enthousiaste et bien méritée !
Première belle découverte scénique de la journée, donc !

PROGRAMME (confirmé par le groupe, que je remercie au passage)
Lucifer
24 hours
Fear is better business than love (Molybaron, 2016)
Prosperity Gospel
Amongst the boys and the dead flowers
Something for the pain
Incognito (Molybaron, 2016).

14h50-15h30 : 58 SHOTS. Ces français venus de Belfort m'étaient inconnus jusqu'à l'annonce de l'affiche. Ils étaient pourtant déjà venus au Raismesfest, mais c'était en 2015, année où je n'avais pas pu venir.
Le groupe fondé en 2011 se compose d'anonymes ; Arthur (chant, guitare), Théo (basse, chœur), William (guitare, chœur), Tony (batterie, chœur). Ils ont déjà à leur actif un album, "You don't Mess with the Lion" paru 2015 et plusieurs scènes, dont une tournée britannique remarquée. Je relève dans leur pédigrée que les 6 et 7 mai 2016, le groupe s'est associé au clavier Nicolas Pourret et au chef d'orchestre Frédéric Bouton pour donner deux concerts du "Concerto For Group and Orchestra" inspiré de Deep Purple, accompagné par 72 musiciens de l'orchestre d'harmonie de Beaulieu Mandeure. Plus de 800 personnes avaient fait le déplacement ; ces deux soirées refusèrent du monde.
Leur concert aujourd'hui donne bien le sentiment qu'ils jouissent déjà d'une jolie expérience de scènes. Ils revendiquent et assument pleinement leurs références, notamment à celle des plus célèbres des bipèdes australiens. Pour ma part, cette filiation ne me dérange aucunement ; ils auraient pu être enclins à de bien plus mauvaises tendances ! A défaut d'originalité, les francs-comtois maîtrisent suffisamment leur répertoire pour inciter le public à continuer à battre du pied, secouer les nuques et transpirer à grosses gouttes !
Deuxième belle découverte scénique de la journée …

PROGRAMME (à determiner).

 15h50 -16h50: LAURA COX BAND. Depuis quelques temps déjà je visionnais les vidéos de la Dame qui étaient largement relayées sur les réseaux sociaux. Alors, j'avais fini par me décider à me rendre coûte que coûte à un concert ; ce fut celui de Paray-Vieille-Poste ce 8 décembre 2018. Très enthousiasmé, tant par le talent (pendant le concert) que par l'amabilité (après le concert) de Laura, je fus très heureux d'apprendre sa participation à ce festival qui me semble taillé pour elle et sa musique !
Laura Cox et Mathieu Albiac ont fondé ce groupe en 2013. Celui-ci s'est stabilisé dans sa formation actuelle en 2015. Il est composé ainsi de Laura Cox (chant et guitares), et Mathieu Albiac (guitare, chœur), entourés désormais de François C. Delacoudre (basse, chœur) et de Antonin Guérin (batterie).
Avec beaucoup de détermination et de talent, Laura Cox nous démontre une fois de plus son éclectisme en nous balançant des sonorités teinté de blues-rock ou de hard bien costaud. Son statut aurait pu imposer à ses coéquipiers de rester dans son ombre mais la Belle les laisse s'exprimer et à juste titre ; nous eûmes droit à un duo basse/batterie très impressionnant.
Le concert endiablé se terminera par un "If You Wanna Get Loud" qui englobera l'emblématique titre "Johnny B. Goode" qui a ravi tout particulièrement le public !
L'air de rien c'était la seule femme de l'affiche (excepté la guitariste d' Aaron Buchanan le lendemain), mais bon sang, elle assure grave !
PROGRAMME
Hard Blues Shot (Hard Blues Shot, 2017)
Going Down (Hard Blues Shot, 2017)
Too Nice for Rock & Roll (Hard Blues Shot, 2017)
Foxy Lady (reprise de The Jimi Hendrix Experience)
Bad Luck Blues
Take Me Back Home (Hard Blues Shot, 2017)
Duo basse & batterie
Fire Fire
The Australian Way (Hard Blues Shot, 2017)
River
As I Am
If You Wanna Get Loud, Come to the Show (Hard Blues Shot, 2017) (avec un extrait de Johnny B. Goode).


17h10-18h10: DEWOLFF. Ces bataves m'étaient absolument inconnus avant l'annonce de l'affiche. Mes recherches et écoutes m'avaient fortement enthousiasmé. Les sonorités 70's émanant de ce trio ne pouvaient que me séduire au plus haut point. Il ne me restait plus qu'à vérifier cela sur scène…
L'histoire de DeWolff débute à Geleen (Pays-Bas), en 2007. Fondé par Pablo van de Poel (guitare, chant), son frère Luka van de Poel (batterie, chœur) et Robin Piso (claviers, basse moog).
Le septième album, "Thrust", est paru le 4 mai 2018 et continue de faire l'objet d'une tournée promotionnelle.
Autant ne pas y aller par quatre chemins, j'ai reçu là non pas une claque mais un coup de poing dans la gueule, rien que ca ! Enormissiiiime prestation de ces gamins inspirés tout droit par mes chères années 70 !!! Du bon gros et gras rock psychédélique, du blues rock teigneux comme j'adore. Étonnamment, ce trio ne comprend pas de bassiste, c'est juste le clavier qu'il s'occupe des lignes de basses et l'ensemble produit pourtant un son époustouflant !
Dès l'installation du trio sur la scène, on comprend qu'ils sont tous investis dans leur passion pour une époque durant laquelle on n'hésitait pas à entretenir une apparence caractéristique avec une chemise à franges, aux cols "pelle-à-tartes", avec des pantalons "pattes-d'éléphant" ou des bottes dans le même style. L'orgue ne dépareille pas de l'ensemble ! Pablo semble particulièrement habité par les fantômes des plus grands artistes des 70's ; sa voix, l'émotion qu'il extrait de sa guitare et son attitude, tout rappelle cette époque. Sans abus mais avec une conviction sincère il occupe la scène, doté un charisme évident ; il ira jusqu'à monter sur le meuble des claviers pour surplomber Robin lors d'un solo !
Mon visionnage préalable d'une vidéo d'un concert donné l'an dernier aux Pays-Bas me laissait espérer la présence de choristes. L'absence de micros a vite dissipé cet espoir mais finalement Luka et Robin assument très bien les chœurs, même s'ils n'ont pas les mêmes charmes.
Troisième découverte scénique de la journée ; celle-ci est particulièrement époustouflante ! Encore un groupe dont il me faudra suivre le calendrier. En tout état de cause, je me rue à l'échoppe pour acheter immédiatement deux CD, "Thrust" (2018) et "Roux-Ga-Roux" (2016), mais aussi un patch pour revendiquer mon addiction.
PROGRAMME (à determiner)

Deceit & Woo
...

18h30-19h45 : ZODIAC. C'est grâce aux débats sur les réseaux sociaux que j'ai connu ces allemands originaires de Münster. Le Raismesfest m'a permis ensuite de les découvrir sur scène, le 6 septembre 2014, lors de leur promotion de "Sonic Child". Particulièrement convaincants, ils ont été de nouveau invités au Raismesfest le 9 septembre 2016, pour la promotion de leur quatrième opus "Grain of Soul". Ces valeureux teutons ne m'ont jamais déçu. Si bien que dans la foulée, je ne pus m'abstenir d'assister dès le 3 octobre suivant, à leur concert à la Flèche d'Or (Paris 20ème). Mais, en sollicitant un autographe de Nick à la fin de ce concert j'avais remarqué comme un grand désarroi dans son regard. Je mettais cela sur le compte de la fatigue d'une tournée en cours. En fait, très peu de temps après il annonçait la fin du groupe… Tout le monde cria au gâchis.
Pour rappel, le chanteur-guitariste Nick Van Delft et le batteur de Long Distance Calling, Janosch Rathmer ont formé le groupe en 2010. Dans la foulée, Stephan Gall (guitare rythmique) les a rejoints pour former ce qui constitue encore à ce jour le noyau dur. Ruben Claro le deuxième bassiste arrivé en 2012 n'a pas jugé opportun de revenir suite aux tensions de 2016 puisque cette reformation s'est faite sans lui ; Hendrik Müller-Späth est devenu le bassiste depuis 2018.
Dans la mesure où le groupe se remet d'une rupture, ils ne présentent pas de nouvel opus aujourd'hui mais peu importe, nous sommes ravi de réentendre le répertoire déjà bien excitant !
Aujourd'hui on retrouve Zodiac avec ses qualités si attractives ; une musique hard-blues bien chaloupée, Nick avec sa voix si rocailleuse et sa guitare si incisive, Janosch implacable en batterie, Stephan discret mais très efficace en soutien à la guitare. Hendrik s'avère un excellent remplaçant puisqu'il se charge également des chœurs voire du chant.
Ravi de revoir Zodiac sur scène en si bonne forme ; reste maintenant à concrétiser cette reformation avec un cinquième opus, près de quatre ans après "Grain of Soul" (2016), dont quatre titres sont joués ce soir.
PROGRAMME
Diamond shoes (A Bit Of Devil (2012)
Rebirth by fire (Grain of Soul (2016)
Free (A Hiding Place (2013)
Believer (A Hiding Place (2013)
Cortez the killer (A Hiding Place (2013)
Animal (Grain of Soul (2016)
Down (Grain of Soul (2016)
A bit of Devil (A Bit Of Devil (2012)
Grain of Soul (Grain of Soul (2016)
Coming home (A Bit Of Devil (2012).

20h15-21h30 : H.E.A.T. J'avais plus ou moins entendu parler de ce groupe, sans être sûr de ne pas le confondre avec d'autres homonymes ou paronymes. Néanmoins, c'est une fois de plus l'affiche de ce Raismesfest qui m'a incité à écouter en préalable. Plutôt séduit a priori par ce hard mélodique (durant les 80's, on l'aurait étiqueté "hard-FM") dont les influences me semblent relever de Bon Jovi (par exemple Blind Leads The Blind) et plus récemment de Tobias Sammet's Avantassia (par ex. Eye Of The Storm,). J'attendais ainsi cette prestation scénique pour vérifier les capacités vocale du monsieur.
Ces suédois apparaissent en 2007 à Upplands Väsby. H.E.A.T. se compose de Jimmy Jay (basse, depuis 2007), Jona Tee (claviers, depuis 2007), "Crash" Lars Jarkell (batterie, depuis 2007), Erik Grönwall (chant, depuis 2010) et Dave Dalone (guitares, 2007-2013, et depuis 2016).
Un cinquième album studio "Into The Great Unknown" est paru le 20 septembre 2017. C'est leur troisième opus avec le chanteur Erik Grönwall, mais le fait notable de cet album c'est le retour de l'ancien guitariste Dave Dalone, qui rejoint le groupe après le départ d'Eric Rivers en 2016.
Pour être tout à fait honnête, j'abordais ce concert avec méfiance. Ce que j'avais entendu me plait, mais pas au point de me battre pour demeurer dans les premiers rangs avec bon nombre d'admirateurs déjà convaincus et bien informés. C'est la raison pour laquelle j'ai assisté à la prestation depuis la console de l'ingé-son. Bien m'en a pris puisque grâce à une sonorisation claire et puissante, j'ai très vite été emballé par les mélodies et rythmes enthousiasmants ainsi que par la voix remarquable et le charisme d'Erik Grönwall, sautant comme un cabri aux quatre coins de la scène. Il a pourtant 31 ans, mais on croirait cependant voir un ado surexcité, notamment en venant haranguer sans cesse la foule aux barrières ! Au final sa fougue le pousse a se lancer dans un saut d'autant plus perilleux qu'il s'emmêle les pieds dans les fils ! Sans doute quelque peu vexé, il tient à reussir l'acrobatie, salué cette fois par la caisse claire et l'ovation du public !!
L'atmosphère festive est garantie. Il s'agit ici davantage d'une invitation à l'entrain, à la bonne humeur, que d'une démonstration de talents particuliers. Force est de reconnaitre que ces scandinaves (à l'instar de la plupart des autres Vikings de la scène metal et progmetal) disposent d'un sens aigu des mélodies puissantes et entrainantes.
Quatrième belle découverte scénique de la journée ; à leur échoppe il n'y avait étonnamment que du vinyle, tant pis pour eux. Très intrigués par le talent du chanteur et par la présentation qui en a été faite par Bertrand, nous sommes allés sur YouTube pour consulter de quelle façon il avait été repéré dans "Idol 2009 Sverige", une émission de télévisionsuédoise, alors qu'il avait 21 ans, notamment en chantant "Run to the Hills" d'Iron Maiden ! Je vous invite (h)ardemment à en faire autant !!
PROGRAMME
Bastard of Society (Into the Great Unknown, 2017)
Breaking the Silence (Address the Nation, 2012)
Danger Road (Freedom Rock, 2010)
Emergency (Tearing Down the Walls, 2014)
Shit City (Into the Great Unknown, 2017)
Downtown (Address the Nation, 2012)
In and Out of Trouble (Address the Nation, 2012)
It's All About Tonight (Address the Nation, 2012)
Living on the Run (Address the Nation, 2012)
Beg Beg Beg (Freedom Rock, 2010)
Redefined (Into the Great Unknown, 2017)
Late Night Lady (H.E.A.T., 2008)
Mannequin Show (Tearing Down the Walls, 2014)
Laughing at Tomorrow (Tearing Down the Walls, 2014) (Erik seul à la guitare accoustique)
A Shot At Redemption (Tearing Down the Walls, 2014).

22h00-23H30 : GLENN HUGHES. Arf, je dois avouer que mon intérêt pour ce chanteur hors norme fut chaotique, tiraillé entre d'une part mon admiration pour ses talents indéniables de bassiste et de chanteur, et d'autre part son comportement que je trouve un peu trop maniéré, précieux, exubérants. Bref sa personnalité m'agace, et pourtant je reconnais que ce musicien peut faire valoir un beau pédigrée. Personnellement, je l'ai découvert en écoutant une étoile filante nommée "Hughes&Thrall", parue en été 1982, mais à l'époque je méconnaissais son parcours au sein de Deep Purple (bah oui). Une fois de plus, c'est bien grâce à ce Raismesfest que j'ai pu l'admirer sur scène lors de sa prestation mémorable du 8 septembre 2007. Plus récemment, j'ai assisté ébahi au superbe concert de Black Country Communion, le 9 juillet 2011 au Bataclan. Cette fois il nous revient en solo mais pour évoquer ses années Deep Purple (1973-76).
Pour une telle évocation il se devait d'être bien entouré afin de ne pas écorner l'image du dinosaure (qui reste par ailleurs encore bien vivant !). Pour cette tournée il est donc accompagné de son fidèle Soren Andersen (guitare), mais aussi de Jesper Bo Hansen (claviers), et d' Ash Sheehan (batterie).
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre de ce concert, ni de ses musiciens. Par les méfaits du temps qui passe inexorablement, le concept d'un "ex-du groupe" évoquant sa carrière passée, est de plus en plus en vogue ; cet été j'avais admiré Nick Mason reprenant (magnifiquement) du Pink Floyd et le lendemain j'allais admirer Brian Downey reprenant (magnifiquement aussi) du Thin Lizzy. Tout cela ressemble de plus en plus à des hommages posthumes ; viendra ensuite le temps des groupes-hommage, comme c'est déjà le cas pour quelques dinosaures trop prématurément éteints… Mais bon, tant que les artistes ne s'arrogent pas de manière éhontée l'enseigne du groupe, moi je reste à l'écoute.
Mon admiration pour le Monsieur ne s'arrêtera pas ce soir ; bien qu'âgé de 67 ans, sa voix reste exceptionnelle et a de quoi faire pâlir d'envie ses ex petits camarades de Deep Purple ! Sa tessiture et sa puissance est hallucinante. Je trouve même que Glenn a parfois tendance à en abuser, comme pour prouver inlassablement qu'il est le maître en la matière ! Ses partenaires ont bien peu de place pour s'exprimer tant l'aura de cette légende vivante est forte.
Nous avons ainsi passé un concert extraordinaire, sans voir le temps passer ! J'ai relevé deux temps forts en ce qui me concerne. Une version de "Mistreated" à couper le souffle. Et un rappel pour deux titre d'anthologie ; "Burn" et surtout l'inespéré "Highway Star" dans une version transcendée par cette voix saisissante, qui n'a rien à envier à celle de Gillan de la grande époque ! Du coup je me surprends à espérer un "Child in Time", mais là j'en demandais trop sans doute.
Glenn quitte la scène sous les ardentes acclamations, il nous dit qu'il nous aime ; ca tombe bien, nous aussi on l'aime. Enfin… en tout bien tout honneur hein !
PROGRAMME (ordre à confirmer)
Stormbringer (Stormbringer, 1974)
Might Just Take Your Life (Burn, 1974)
Sail Away (Burn, 1974)
You Keep On Moving (Come Taste The Band, 1975)
Gettin' Tighter (Come Taste The Band, 1975)
Mistreated (Burn, 1974)
Smoke on the Water (Machine Head, 1972)
RAPPEL :
Burn (Burn, 1974)
Highway Star (Machine Head, 1972).



DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2018
Ouverture des portes 11h30
Le ciel reste toujours aussi bleu, décidément on est gâté ! La température dépasse le 22°C, et même si elle chute à la nuit tombée, cela reste très agréable !
Freak Show (12h00-12h30), puis Massive (12h45-13h25) avaient quitté la scène lorsque j'ai pu fouler la pelouse.
Arrivé pour la dernière demi-heure d'Aaron Buchanan, je ne tarde pas à m'infiltrer dans le public encore clairsemé à cette heure.

13h40-14h20 : Aaron BUCHANAN & the Cult Classics. Je ne connais ce monsieur et son groupe ni d'Ève, ni d'Adam ! Il semble qu'il fit partie d'un autre groupe britannique appelé Heaven's Basement, dont il est parti à la fin 2015. Il a alors fondé en 2016, son groupe composé donc de lui-même, Aaron Buchanan, de sa (très jolie) sœur Laurie Buchanan (guitare, chœur, depuis 2016), de Tom McCarthy (guitare, chœur, depuis 2016), de Mart Trail (basse, 2017) et de Paul White (batterie, depuis 2017).
Un premier opus "The Man With Stars On His Knees" est paru en 2017 ; il vient d'être réédité en février 2019.
D'emblée le chanteur m'étonne par son charisme et son énergie. D'une allure féline qui me rappelle celle de Freddy Mercury, il ne cesse d'haranguer son public comme pour le secouer de la torpeur de la sieste (ce qui est quelque peu mon cas, je le confesse !). Fait notable, pendant un titre il vient sur le bord des barrières, fait signe à l'auditoire de se grouper le plus possible, vient par-dessus et … fait le poirier (très réussi, d'ailleurs) ! Mais il serait injuste de définir Aaron comme un simple acrobate ; sa voix est bien en place et contribue largement à l'intérêt que je prête au groupe ! Laurie et Tom alternent les soli plutôt bien ficelés.
Conformément à la présentation qui en est faite sur le programme, on ressent de multiples influences, sans pour autant se vautrer dans le plagiat. C'est puissant, c'est mélodique et efficace. Par l'effet des chœurs, leur musique parfois peut rappeler notamment Queen.
Franchement, j'ai bien aimé et regretté de ne pas être arrivé dès le début ! Voilà ainsi la première belle découverte scénique de la journée !
PROGRAMME (à determiner)


14h40-15H30 : TOKYO BLADE. Si plusieurs raisons motivent mon retour tous les ans à ce festival, il y en a bien une qui constitue un puissant moteur ; sa programmation me permet souvent de voir enfin des groupes que je n'avais pas vus ou revus depuis quelques décennies. Tokyo Blade, groupe anglais actif depuis 1982, est de ceux-là. J'ai en effet eu le plaisir d'assister à deux concerts ; le 30 août 1984 au Bourget (lors du mémorable et prestigieux Breaking Sound Festival) puis le 27 janvier 1986 à la Mutualité (invités par Blue Oyster Cult).
Tokyo Blade est considéré comme faisant partie de la remarquable NWOBHM (New Wave Of British Heavy Metal), mais j'ai pourtant bien failli ne jamais revoir ce groupe puisqu'il a connu de nombreux changements de formation et s'est même dissous à deux reprises ! Pour l'anecdote, au moment de la sortie de "Night of the Blade", le chanteur Alan Marsh avait été remplacé par Vic Wright. Paru en 1984 avec Wright au chant, il sera cependant réédité, avec la voix originale de Marsh en 1998, sous le titre "Night of the Blade... The Night Before" !!
Bref, Tokyo Blade est toujours là, de surcroît avec la plupart des membres originaux. Honorable biographie puisque si le groupe a été formé à Salisbury à la fin des années 1970 sous différents noms, sa composition comprenait déjà Andy Boulton (guitare, depuis 1982), Alan Marsh (chant, 1982-1984 ; 1990-1991 ; 1995-1996 ; et depuis 2016), et Steve Pierce (batterie, 1982-1986 ; 1987; et depuis 2010), qui sont toujours présents aujourd'hui. Les deux autres peuvent revendiquer aussi leur part de légitimité puisqu'on retrouve ainsi, John Wiggins (guitare rythmique, 1983-1986 ; et depuis 2010) et Andy Wrighton (basse 1984-1986 ; et depuis 2010).
Leur concert s'inscrit dans la promotion de "Unbroken" paru à la fin de l'été 2018.
Leur concert a mal commencé puisque une guitare n'était pas au point, et le quintet a ainsi été contraint de jouer un moment en quartet. La panne surmontée, la musique de TB est redevenue cohérente et aura sans doute ravi les nostalgiques des années 80 (dont je suis, d'une certaine façon), car les sonorités rappellent immanquablement cette époque. On est là dans le bon hard traditionnel, tel que nous le prodiguait Tygers of Pan-Tang, Heavy Petting ou encore Pretty Maids. Avec un chant légèrement agressif mais mélodique, des guitares aux soli incisifs, une base rythmique intraitable… Alors certes, à l'instar de tous ces groupes, ils n'ont jamais percé vers la gloire comme notamment Iron Maiden, ni même comme Saxon, mais ce n'est pas faute de fougue et d'énergie. De cette énergie qui leur permet encore de tenir la scène sans avoir à en rougir ! Ils n'ont sans doute pas eu les mêmes opportunités ; car si je considère qu'Iron Maiden est artistiquement un cran au-dessus, en revanche TB est tout à fait comparable à Saxon qui lui, s'en est sorti avec davantage de notoriété. Allez comprendre …
Réentendre des titres du premier opus comme "If Heaven is Hell" ou "Sunrise in Tokyo" ou encore "Mean Streak", bah c'est juste réjouissant ! Quatre titres du premier opus et cinq du deuxième mais aucun des suivants, pas même du dernier paru l'an dernier. Surprenant mépris, à croire que Tokyo Blade venait juste à un bal des anciens combattants … Allez on ne leur en veut pas, il nous a fait passer un bon moment !
PROGRAMME
Sunrise in Tokyo (Tokyo Blade, 1983)
Someone to Love (Night of the Blade, 1984)
Midnight Rendezvous (Tokyo Blade, 1983)
Lightning Strikes (Straight Through the Heart) (Night of the Blade, 1984)
Mean Streak (Tokyo Blade, 1983)
Love Struck (Night of the Blade, 1984)
Night of the Blade (Night of the Blade, 1984)
If Heaven Is Hell (Tokyo Blade, 1983).
RAPPEL :
Fever (Night of the Blade, 1984).


15H50 -16H50: ELECTRIC BOYS. Des groupes de hard des années 80, je pensais au moins connaitre tous les noms, à défaut de connaitre leur musique… eh ben non. Le Raismesfest me permet de découvrir ce groupe suédois, fondé en 1988 qui jouissait semble-t-il d'une certaine notoriété … qui m'avait échappé manifestement ! A ma décharge, frappé sans doute en partie par la vague grunge, le groupe s'était séparé dès 1994, mais il s'est reformé en 2009.
A l'origine il s'agissait d'un duo (?...) formé de Conny "Bloom" Blomqvist (chant, guitare, sitar, 1988-1994, depuis 2009), et Andy Christell (basse, chœur, 1988-1994, depuis 2009). Ils parvinrent ainsi à produire un premier "tube" avec le titre "All Lips and Hips" en 1988. Fort de ce prometteur début, Franco Santunione (guitare, chœur, 1988-1993, depuis 2009) est recruté avec Niklas Sigevall (batterie 1988-1993, depuis 2009).
Ils promeuvent "The Ghost Ward Diaries" paru en novembre 2018.
Comme souvent avec les musiciens scandinaves, on passe en leur compagnie un agréable moment. Ils possèdent un art maitrisé de la mélodie allié à l'énergie. ELECTRIC BOYS provoque un bien bel engouement du public, ravi de se dandiner sous le ch'ti soleil !
En ce qui me concerne j'ai passé un bon moment sans toutefois tomber à la renverse. Leur musique est certes interprétée avec fougue et bonne humeur, elle s'écoute bien une bière la main et la clope dans l'autre quoi. Leur inspiration évidente issue d'Aerosmith aurait pu me séduire si elle ne m'avait pas paru aussi flagrante pour plusieurs titres. Je sais bien que tous les artistes ont leurs influences mais là, certains accords m'ont paru limite plagiat. Mais bon je suis sans doute sévère ; l'essentiel est la satisfaction d'une bonne partie du public, dans lequel je m'insère volontiers, qui les ovationne légitimement !
PROGRAMME (à determiner)

The Night Flight Orchestra devait être le suivant de la programmation. Mais, et c'est tout de même un paradoxe pour un groupe ainsi intitulé, le vol de la Lufthansa a eu du retard et a bien failli leur faire manquer notre rendez-vous ! L'ordre de passage a donc été décalé ; le groupe était prévu à 17h10 mais jouera en fin de soirée. Brian Downey a juste du anticiper son concert d'une demi-heure.
18h00-19H00 : BRIAN DWONEY's Alive&Dangerous. Pour rappel, Brian Michael Downey (né le 27 janvier 1951), batteur irlandais, est le cofondateur de Thin Lizzy avec le très regretté Phil Lynott ; à ce titre il a participé à la Légende en coécrivant plusieurs titres et contribuant très largement aux rythmes si particulier. Depuis 2017, Brian Downey a formé ce nouveau groupe qui se compose de Brian Grace (guitare/choeur), de Phil Edgar (guitare/choeur). Pour tenir la basse et chanter, il a trouvé Matt Wilson, très ressemblant à l'irremplaçable Phil Lynott avec une coupe de cheveux en boule, de grosses lunettes de soleil et une allure similaire.
Sur les quatre dernières décennies, j'ai eu la chance de voir beaucoup de groupes sur scène, néanmoins j'ai de quoi nourrir quelques amertumes à la suite de mauvais choix à l'époque … Parmi ceux-ci, mon absence du concert de THIN LIZZY au Pavillon Baltard restera à jamais gravé sur le marbre de mes regrets. J'aurais pu, j'aurai du y aller imbécile que je fus. C'était l'ultime occasion de voir Phil Lynott entouré de sa fine équipe. Par la suite, je n'ai jamais eu envie d'aller voir un groupe s'arroger le droit de conserver titre et enseigne, sans son icone, même si au début Brian en faisait partie. En tout état de cause il en est parti, j'avais donc raison. C'était un peu comme imaginer Motörhead sans Lemmy Kilmister ou UFO sans Phil Mogg. Question de principe.
Bref, maintenant que Brian a choisi d'assumer personnellement un hommage à ce passé révolu, à l'instar de Nick Mason (qui rend un bien bel hommage à la "période Syd Barrett" de Pink Floyd, voir mon récit du Loreley cette année !), je consens à prêter une oreille attentive à cette prestation.
Très vite, grâce à une très bonne sonorisation, je suis pris dans le tourbillon fantastique de la musique crée par le duo dont un représentant est devant moi au fond de la scène. Je peine à oublier mon ancienne amertume et pourtant je ferme les yeux et me laisse aller à partir en vrilles ! Je retrouve mes sensations de bonheur à l'écoute de ces titres qui font partie pour moi du Panthéon des créations musicales : une alchimie de sonorités délicieusement acidulées. Je parle souvent de ma quête de mélodie associée à la puissance ; Thin Lizzy en est pour moi la quintessence ! Avec UFO, ce groupe a représenté la fine-fleur du hardrock britannique dans ce qu'il y a de plus beau !
Matt Wilson n'a pas le timbre si particulier de Phil mais il respecte la tonalité et la ligne mélodique. Les deux guitaristes sont très bons aussi, même s'il faut bien se garder de les comparer à leurs aînés dont il émanait une sensation si particulière. Voilà, à défaut d'avoir vécu un vrai concert de Thin Lizzy à la Grande Epoque, je suis ravi d'être là à m'éclater dans la fosse avec d'autres métallos au moins aussi nostalgiques que moi ! Je ne suis pas sûr que les plus jeunes puissent percevoir une once de mon émotion et de mes états d'âmes mais il me semble que le groupe est parvenu à convaincre son auditoire ; sans doute la plus vigoureuse ovation du festival leur est accordée à très juste titre !
Enorme séquence émotion ; respect, Brian !
PROGRAMME
Jailbreak (Jailbreak, 1976)
Emerald (Jailbreak, 1976)
Rosalie (reprise de Bob Seger) (Fighting, 1975)
Dancing in the Moonlight (It's Caught Me in Its Spotlight) (Bad Reputation, 1977)
Massacre (Johnny the Fox, 1976)
Cowboy Song (Jailbreak, 1976)
The Boys Are Back in Town (Jailbreak, 1976)
Warriors (Jailbreak, 1976)
Don't Believe a Word (Johnny the Fox, 1976)
Are You Ready ()
Suicide (Fighting, 1975)
Bad Reputation (Bad Reputation, 1977)
Whiskey in the Jar (trad.)

Phil Campbell devait être en tête d'affiche ce soir. Compte tenu du retard confirmé de NFO, il a consenti à anticiper son passage tout en conservant sa durée de sa prestation.
19h20-20h40 : PHIL CAMPBELL & The Bastard Sons. C'est dur, mais quoi qu'il en soit, nous sommes condamnés à nous passer de Motörhead qui a logiquement cessé d'exister avec le décès de Monsieur Lemmy Kilmister (24 décembre 1945-28 décembre 2015U). Le batteur Mickey Dee (né le 31 octobre 1963) a ensuite saisi une belle opportunité de rejoindre Scorpions. On se demandait bien ce qu'allait devenir Phil…
Le gallois Philip Anthony Campbell (né le 7 mai 1961), ex-guitariste de Motörhead de 1984 à 2015, a choisi de créer un groupe avec ses enfants, en 2016. On trouve ainsi Todd Campbell (guitare/harmonica), Dane Campbell (batterie), Tyla Campbell (basse), Neil Starr (chant gallois),
Phil Campbell & the Bastard Sons promeuvent "The Age of Absurdity", paru le 26 janvier 2018. Mais tout le monde attend bien sûr des reprises du groupe mythique qui l'a fait connaitre.
Honnêtement j'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce concert. J'ignore pourquoi, mais davantage que pour le fantôme de Phil Lynott juste avant, je sentais planer celui de Lemmy. Mon regard restait planté sur le malheureux titulaire de la basse qui évidemment me paraissait transparent par rapport à … mais c'est con, j'en conviens. Tant et si mal que les premiers titres m'ont paru insipides et même décalés s'agissant des reprises de Motörhead.
L'attitude très british, très austère de Phil Campbell, genre "je suis fier d'être là avec mes enfants, mais je ne vous le dirais pas", n'est sans doute pas étrangère à mon absence d'émotion particulière.
Et puis au fil du concert, je suis parvenu à trouver une porte dans laquelle je me suis engouffré avec envie. Il me semble que la reprise de "R.A.M.O.N.E.S." de Motörhead a été le déclencheur. Celle de "Silver Machine", de Hawkwind a achevé de me convaincre de me joindre à l'ambiance. Avec "Ace of Spades" j'ai sérieusement hoché de la tête, puis lorsqu'est venu "Bomber" puis "Killed by Death" en rappel, je me suis laissé aller à un pogo destructeur dans la fosse avec mon fils… Destroïïïï !!! Hein ? J'ai quel âge ? J'sais pu. Foutez-moi la paix, j'me défoule épicétou. Nan mais… Ca fait du bien de se laisser aller parfois !
Bon je ne suis pas particulièrement fier de cet épisode d'égarement, et en outre ce concert à lui seul aura contribué à mes crampes du lendemain. Mais honnêtement je ne pouvais pas le passer sous silence, d'autant moins qu'il existe des images de cette débauche d'énergie !
PROGRAMME (sous reserve, à confirmer)
Step Into The Fire (The Age of Absurdity) ssres
Freak Show (The Age of Absurdity) ssr
Rock Out (reprise de Motörhead, Motörizer 2008) ssres
These Old Boots (titre du prochain opus de Phil) ssres
High Rule (The Age of Absurdity) ssres
Born to Raise Hell (reprise de Motörhead)  ssres
Dark Days (The Age of Absurdity) ssres
Get On Your Knees (The Age of Absurdity) ssres
Rockaway Beach (reprise de Ramones) ssres
R.A.M.O.N.E.S. (reprise de Motörhead, 1916 1991)þ
Straight Up (titre du prochain opus de Phil) ssres
Silver Machine (reprise de Hawkwind)þ
Ace of Spades (reprise de Motörhead, 1980)þ
Ringleader (The Age of Absurdity). ssres
RAPPEL :
Big Mouth ssres
Bomber  (reprise de Motörhead, 1979)þ
Lost Woman Blues (reprise de Motörhead)
Killed by Death (reprise de Motörhead, 1984)þ.



21h30-22H30 : LEPROUS. De toute l'affiche du festival, je ne cache pas que c'est mon groupe favori, celui que j'ai le plus d'impatience à revoir. Ce sera la sixième fois ce soir. En même temps, à l'aune de certaines critiques (heureusement minoritaires) formulées l'an dernier sur la colossale prestation de Sons of Appollo, j'avais de quoi nourrir une certaine inquiétude quant à l'accueil du public, dont je doutais de la capacité à comprendre toute la complexité de la musique de ces valeureux vikings.
Ce groupe norvégien (de Notodden) a été fondé en 2001 par Einar Solberg (chant, claviers, depuis 2001) et Tor Oddmund Suhrke (guitares, chœur, depuis 2001). Après quelques changements, ils ont finalement été rejoints par Baard Kolstad (batterie, depuis 2014), Simen Børven (basse, chœur, claviers occasionnel, depuis 2015) et  Robin Ognedal (guitares, chœur, depuis 2017).
Lorsque j'étais allé voir THERION le 03/11/2010 à l'Elysée Montmartre, je n'imaginais pas être aussi séduit par leur invité, LEPROUS (tournée Tall Poppy Syndrome). Les concerts suivant me permirent de suivre leur évolution ; le  20/10/2012 au Divan du Monde (tournée Bilateral), le 11/07/2015 au Poble Espagnol/BeProg My Friend (tournée The Congregation), le 05/10/2015 au Divan du Monde (tournée The Congregation), et le 01/07/2017 au Poble Espagnol/BeProg My Friend (tournée Malina). Leur metal progressif draine des influences multiples et réjouit les tympans par des mélodies irrésistibles et une puissance colossale.
Leprous continue de promouvoir son sixième opus, "Malina" (2017) avec quatre titres mais ce soir nous aurons droit à deux titres "Below" et "Golden Prayers" du prochain opus qui sort en octobre prochain !
Les vikings sont des gens obstinés, ça on le savait déjà. Mais leur programme de ce soir confère à la provocation devant un public a priori enclin à attendre les sons du metal le plus puissant. Au contraire, avec une audace insolente, Leprous nous sort son programme le plus complexe, le plus perché, en un mot le plus progressif, tricoté autour de cinq opus. En outre, fidèle à son habitude, le groupe est resté dans l'ombre, laissant un éclairage particulièrement tamisé voire obscur (et tant pis pour les photographes !). Entouré de progueux je me serais senti plus à l'aise et moins inquiet. De surcroit, la sonorisation des premiers titres a minoré les voix ; nous n'entendions pratiquement pas le chanteur ni les chœurs, ce qui est particulièrement préjudiciable à cette musique tout en subtilité.
Bref, ça sentait la catastrophe à plein nez …
Mais le son s'est ensuite un peu amélioré. Sans toutefois atteindre l'excellence requise pour une musique aussi sophistiquée. Toutefois, je me suis aperçu qu'autour de moi, dans les premiers rangs, s'était amassé un public bienveillant, curieux et attentif. A mon grand étonnement, beaucoup de tshirt de Leprous montraient même des connaisseurs ! Si bien que le concert s'est bien passé, avec un splendide final sur "Mirage" et surtout "From the Flame" qui a emporté l'ovation méritée !
Hormis la sono déplorable, leur concert fut exécuté avec leur maitrise habituelle ; des ruptures d'atmosphères, des lignes mélodiques succédant à de brèves séquences d'une violence ultime… Toute la splendeur du metal progressif était dignement représentée ! Chaque musicien s'est livré avec une belle débauche d'énergie, cherchant malgré tout à convaincre l'auditoire majoritairement perplexe. Beaucoup en effet n'ont pas perçu les subtilités ; en cette fin de soirée le parterre s'était fortement clairsemé. Mais l'honneur des progueux est sauf, LEPROUS s'est sorti avec la reconnaissance d'une bonne part du public resté attentif !
J'aurais préféré que Leprous tente de séduire ce public-là avec leurs titres les plus accessibles, mais manifestement ces norvégiens n'inscrivent pas leur démarche dans l'ostentation. Seuls les adeptes sont invités au bal. Cette attitude assez clivante n'a pas manqué de nourrir les débats post festival, j'imagine que chacun sera resté dans sa chapelle ; pour les uns c'était les oreilles et l'esprit ouvert, pour les autres ce fut le gosier, au bar.
PROGRAMME
Illuminate (Malina, 2017)
Third Law (The Congregation, 2015)
MB. Indifferentia (Bilateral, 2011)
The Cloak (Coal, 2013)
Below (Pitfalls, 2019)
The Price (The Congregation, 2015)
Golden Prayers (monoplage paru en 2018)
Stuck (Malina, 2017)
Mirage (Malina, 2017)
From the Flame (Malina, 2017).

Tout va bien NFO a fini par arriver ; sa scène est installée … ouf !
23h-00h10: THE NIGHT FLIGHT ORCHESTRA. N'ayant jamais entendu parler de ces suédois, c'est à l'annonce de l'affiche que j'ai débuté mes écoutes et recherches. Très vite j'ai réalisé que ce hardrock à la fois mélodique et énergique allait m'emporter. Depuis, leur musique revient plus souvent qu'à son tour sur mon lecteur et j'ai hâte de vérifier cela sur scène.
Fondé en 2007 à Helsingborg par Björn "Speed" Strid (chant) et David Andersson (guitare) alors qu'ils étaient en tournée aux Etats-Unis avec leur groupe Soilwork. Ils ont été rejoints dans la foulée par le bassiste Sharlee d'Angelo (basse, toujours au sein d'Arch Enemy, et de Spiritual Beggars, et ex-King Diamond), Richard Larsson (claviers, de Von Benzo), et Jonas Källsbäck (batterie, de Mean Streak). En 2014, l'équipe est complétée avec Sebastian Forslund (guitare, congas, percussion, de Kadwatha). Anna-Mia Bonde (chœur, depuis 2017) et Anna Brygård (chœur, depuis 2017) semblent se plaire avec ces fêlés et c'est tant mieux !
En 2018, Ils ont réalisé leur quatrième album studio. "Sometimes the World Ain't Enough".
Ce sont donc bien huit musiciens qui envahissent la scène. Très vite, grâce à une sonorisation excellente, l'enthousiasme monte dans le public. La musique excellemment interprétée confirme mon à priori ; mélodie, énergie et folie douce vont faire chavirer les derniers noctambules ! Purement réjouissant ! Mes oreilles de progueux croient même déceler quelques références à Electric Light Orchestra (E.L.O.) ; j'y retrouve certaines tonalités à la fois enjouées et finement ciselées.
Les deux choristes ne sont pas étrangères à l'ambiance surréaliste et délicieusement délirante ; vêtues en hôtesses de l'air, elles ne se limitent pas à chanter, elles miment des attitudes faussement maniérées et mécaniques inhérentes à leur déguisement.
A la différence de HEAT qui mise davantage sur son chanteur et les harmonies des compositions, la maitrise instrumentale de chacun me semble davantage évidente, les soli du guitariste m'ont paru toujours incisifs et enivrants. De même, j'ai remarqué en fond de scène Sebastian Forslund qui alternait la guitare et les percussions avec un enthousiasme remarquable.
Le chanteur, très charismatique, doté d'une excellente voix qui me rappelle parfois Graham Bonnet, n'a aucun mal à inviter une partie des metallo dans la fosse à faire la chenille ; c'est la teuf, sans peur et sans complexe ! Décidément comme je le disais ici précédemment, ces scandinaves maitrisent le son. ABBA a fait des enfants heureux !
Heureusement que ce concert a pu se dérouler ; un retard de vol aurait pu nous priver stupidement d'une excellente découverte musicale. Je me rue à l'échoppe in extremis (les sacs étaient bouclés !) pour me procurer le t-shirt de la tournée, dont la date d'aujourd'hui figure en dernier au dos.
PROGRAMME (sous reserve, à confirmer)
Sometimes the World Ain't Enough (Sometimes the World Ain't Enough, 2018)
Midnight Flyer (Amber Galactic, 2017)
Satellite (2020)
Living for the Nighttime (Skyline Whispers)
Gemini (Amber Galactic, 2017)
Something Mysterious (Amber Galactic)
Paralyzed (Sometimes the World Ain't Enough, 2018)
Can't Be That Bad (Sometimes the World Ain't Enough, 2018)
1998 (Internal Affairs, 2012)
This Time (Sometimes the World Ain't Enough, 2018)
West Ruth Ave (Internal Affairs, 2012).
Un fois de plus, ce festival nous a apporté du bonheur à la pelle. Cette édition a su équilibrer sa programmation entre les groupes confirmés et les groupes plus récents, fondés depuis les années 2000. Elle a su apporter au public ce qu'il attendait tout en l'invitant à la découverte, ce qui est à mon sens l'objectif d'un festival. J'en redemande, vivement la prochaine édition !