Hiver 2019, Winfried Völklein annonce les premiers
groupes prévus au festival Night of the Prog de Loreley. Parmi ceux-ci, un
groupe norvégien : THE WINDMILL. Totalement
inconnu de mon répertoire, je me suis donc tourné vers notre microcosme de
mélomanes passionnés pour assouvir ma curiosité habituelle. Ces recherches
aboutirent très rapidement à me convaincre de l'intérêt d'assister à leur concert
en juillet. Celui-ci a confirmé tout leur talent ; moi et ma p'tite Fée avions
été totalement subjugué (le mot n'est pas
excessif !) par ces vikings romantiques.
Cette remarquable prestation nous avait laissé une
envie irrépressible de les revoir en concert. Hélas, ils font partie de ces artistes
talentueux qui peinent à se faire connaitre.
Autant dire que l'annonce d'un concert de ces
norvégiens chez eux, à Oslo, a immédiatement réactivé notre désir latent de
visiter la Scandinavie, destination de rêve pour nous. De surcroit, THE
WINDMILL partage l'affiche avec les britanniques ARENA, que nous affectionnons
fortement. Le doute n'était plus possible. En dépit de l'éloignement, en dépit
de la réputation onéreuse du pays, nous nous engageâmes ainsi pour un court
séjour au pays des Vikings !
Mais c'était sans compter avec cette maudite pandémie.
D'abord prévue le 17 octobre 2020,
la soirée fut reportée en octobre 2021, puis à ce samedi 15 octobre 2022. Passons sur les tracas logistiques engendrés par
ces reports successifs (…), mais pour sa part THE WINDMILL a eu la courtoisie de nous renvoyer deux nouveaux
tickets par courrier postal ; aucun des autres concerts reportés n'ont fait
l'objet d'autant d'égard ! A défaut de les voir sur scène, nous avions pu les
rencontrer en spectateurs lors du NOTP auquel ils sont régulièrement présents. Nouvelle
occasion d'apprécier leur humilité, leur accessibilité, leur amabilité ; c'est
un vrai bonheur de leur offrir notre admiration. Ces traits de caractère seront
une nouvelle fois confirmés ce soir.
Je ne m'étendrai pas ici sur le volet touristique du
séjour, qui s'imposait de toute évidence. Je souligne juste la qualité de vie
supérieure dans la capitale norvégienne, illustrée notamment par son réseau de
transports en commun (RUTER) particulièrement pratique et fonctionnel. Avec un forfait
journalier à 11,70 € (117 kr), nous avions accès à toutes les lignes de tramway,
de bus et surtout de bateau-bus de la ville et du port ! Du jeudi 13 au
dimanche 16 je n'ai observé aucun encombrement, ni de pollution ; la plupart
des véhicules (bateaux, voitures, bus) sont à propulsion électrique. Je n'avais
encore jamais vu autant de Tesla ! Même un mélomane américain (venu pour les mêmes raisons que nous)
s'en est étonné ! Les rues sont calmes, rassurantes et propres à part quelques
malheureux tags qui paraissent encore plus incongrus qu'ailleurs…
LE SITE
Après avoir déménagé entre plusieurs sites différents
à Oslo, le choix de nouveaux locaux s'est porté depuis 2008 sur le vénérable
cinéma de Soria Moria (construit en 1928),
situé dans le quartier Torshov au Vogts gate, 64. Le bâtiment s'inscrit dans la
plus pure tradition architecturale de la ville nordique avec sa façade
relativement austère mais imposante. Ici, le Cosmopolite a eu l'opportunité de
s'étendre sur trois étages et, après une période de rénovation, a rouvert le 24
octobre 2008. Depuis lors, plusieurs concerts sont organisés chaque semaine
tant sur la grande scène du Cosmopolite, que sur la scène du club de
Belleville.
L'accès au Cosmopolite Scene est d'autant plus aisé
qu'il est situé à deux stations de tram et/ou de bus de notre lieu
d'hébergement. Conforme à l'intitulé du lieu, les affiches lumineuse qui
défilent sur l'écran publicitaire révèlent une programmation très …
cosmopolite, voire exotique. Cette affichage délibérément orienté "multiculturel" m'aurait moins agacé
sans l'absence de mention de NOTRE soirée … Ce n'est qu'en nous approchant, que
nous remarquons une ridicule affichette, imprimée à la sauvette, scotchée sur
la porte vitrée. Nul n'est prophète en son pays, pas même en Norvège ! Seule la
présence du car de tournée d'ARENA trahit une présence réjouissante.
Au passage on aura noté une fois de plus le caractère
pragmatique de l'organisation norvégienne ; un large espace de stationnement
est réservé aux artistes. Clive Nolan aura pu comparer, non sans une certaine
émotion, cet accessibilité à celle de La Maroquinerie (Cf. concert de Pendragon le 3 mars 2020)…
LE
CONCERT
Arrivé avec une heure d'avance, nous ne sommes
précédés que d'un mélomane. En l'abordant, je m'aperçois qu'il s'agit d'un plus
gros malade que nous !! Certes, nous avons voyagé 1400 km pour assister à
un concert de THE WINDMILL, mais lui c'est un américain qui vient de Chicago
tout spécialement pour assister à la prestation de Damian Wilson ! Je suis
toujours rassuré de trouver pire que moi dans la déraison ! Entre passionnés nous échangeons nos goûts ; il me
conseille l'écoute de l'album récemment paru d'un groupe australienTOEHIDER, "I
have little to no memory of these memories". (Enorme claque a posteriori).
Justement, voilà qu'apparait l'exubérant Damian Wilson,
désireux d'ouvrir la porte vitrée qui nous sépare, pour venir discuter avec ses
admirateurs. Particulièrement expansif, il réclame impatiemment la clé pour
sortir et étreindre chaleureusement les volontaires. Une fois parmi nous, il se
lâche en effusions et marques de gratitude puis il se lance dans un discours exalté
démontrant son impatience de chanter ce soir.
La trentaine de spectateurs présents à ce moment-là
s'amuse des facéties du personnage atypique, avant d'être autorisés à pénétrer
dans le bâtiment. Dans le petit hall d'accueil sont installées les échoppes.
Mais je m'y rendrai à la fin, nous ne tardons pas à nous engouffrer dans
l'auditorium qui se révèle spacieux et doté d'un bar au fond, face à la scène. Après
un petit doute sur le choix d'emplacement, nous optons pour la proximité avec
les artistes, même si la console de sonorisation est peu éloignée de la scène. Nous
n'avons aucun mal à nous positionner au premier rang, en plein centre. Pas de
fosse aux photographes, nous sommes donc collés à la scène à hauteur de hanche.
Juste parfait !
Lors des derniers préparatifs de la scène, Morten L. Clason
et Arnfinn Isaksen nous repèrent et viennent immédiatement nous saluer
chaleureusement ; notre dernière accolade remontait à juillet dernier au
Loreley. Nous ne nous lassons pas de leur gentillesse.
THE
WINDMILL [20h-21h].
The Windmill est un groupe norvégien apparenté à la
catégorie rock progressif symphonique, créé à l'automne 2001. Leur Histoire raconte que le claviériste Jean
Robert Viita en se promenant un jour en Allemagne dans les années 90,
remarquait un parc éolien dont les rotors des moulins à vent semblaient tourner
en cadence avec "Moonmadness"
de Camel que diffusait son autoradio. C'est de là que serait née l'idée de baptiser
son projet "THE WINDMILL". Projet occasionnel et marginal à la base, les
premières années ont été caractérisées par des répétitions sporadiques, juste
pour le plaisir. Mais, ses protagonistes, pourtant impliqués dans d'autres
groupes à l'époque, ont fini par se convaincre de s'impliquer davantage … À
l'automne 2005, il a été décidé de commencer l'enregistrement de ce qui allait
devenir le premier album, délibérément intitulé "To be continued..." qui n'est paru qu'en… 2010. Les répétitions
régulières se sont alors intensifiées, le groupe a commencé à prendre forme en
tant que groupe à part entière. Un concert à Oslo en avril 2007, en première
partie de Panzerpappas'est avéré être un
succès et a encouragé de nouveaux efforts, autant en salle de répétition et qu'en
studio. L'Histoire était en route …
Le second opus "The Continuation" est paru le 3 mars 2013 ; très
astucieusement le premier titre éponyme débute sur le même thème musical que le dernier titre "To be continued"
de l'opus précédent. C'est ce qui s'appelle avoir de la suite dans les idées…
Un troisième album studio "Tribus" est paru le 15 novembre 2018. Acclamé par les
chroniqueurs, cet opus permet au groupe de s'engager sur des concerts l'année
suivante… Dont ce fameux festival Night of the Prog, Loreley, à Sankt
Goarshausen en Allemagne, le dimanche 21
juillet 2019 à l'occasion duquel j'ai pu les voir pour la première fois. Ce
fut une révélation, même si dès l'annonce de leur participation j'avais en
préalable pris connaissance de leur discographie.
De nouvelles compositions sont en cours depuis début
2020 pour le quatrième album, mais la pandémie a pesé sur le processus.
THE WINDMILL se compose actuellement de Morten L. Clason (chant, flûtes, saxophones, guitare,
claviers, depuis 2001), Jean Robert Viita
(claviers, et chant, depuis 2001), Arnfinn Isaksen
(basse, depuis 2001), Erik Borgen (chant,
guitare, depuis 2003), Stig André Clason
(guitare, depuis 2010) et Kristoffer Utby
(batterie, percussions et choeur, depuis 2018).
Je devine déjà le lecteur doutant de mon objectivité
sur mon évaluation, compte-tenu de ce qui précède. En effet, je confesse aborder
la soirée avec un a priori favorable. Ces très talentueux musiciens n'ont pas
une grande expérience de la scène et ils ne se cachent pas derrières des
artifices sonores ou visuels ; pas de bande-sons, pas de fumigènes, pas de
flammes infernales, juste des musiciens, leur(s) instrument(s) au service de la
Musique. De ce fait, oui je leur accorde délibérément un droit à
l'imperfection. Droit dont ils n'ont pas abusé, loin de là !
Mes récits demeurent purement subjectifs, ils n'ont
jamais eu la prétention de faire une étude musicologique sur le niveau
technique des artistes ; je me permets juste de souligner mon admiration pour
tel ou tel, en fonction d'un talent qui me semble remarquable. Avec THE
WINDMILL, je continue à me cadrer dans cet état d'esprit. Ces troubadours
contemporains assument pleinement leur fonction de médecins de l'âme. Et Dieu
sait combien la musicothérapie est plus que jamais nécessaire dans ce monde en
folie ! Leur prestation nous a accordé la parenthèse poétique dont nous avions
besoin. Nous retrouvons sur scène toutes les qualités mélodiques admirées sur
les enregistrements, l'harmonie entre les pupitres, les accords de guitares, de
basse, de claviers et les rythmes entrainants ; tout concorde pour emmener
l'auditeur dans un monde enchanté. Comme me l'a récemment évoqué un ami, la
formule de Beaudelaire "La musique
creuse le ciel" a rarement été autant bien illustrée.
L'acoustique de la salle est excellente, et la sonorisation
l'est tout autant. Les protections auditives ne sont pas vraiment nécessaires. L'éclairage
est lumineux, excellent pour les prises de vues. Peu de nuances de couleurs ;
elles seront davantage attribuées à ARENA. Un vaste écran fluorescent montre le
logo THE WINDMILL. La scène reste relativement spacieuse pour le sextuor. Bref,
les ingrédients matériels sont réunis pour passer une bonne soirée. Nous sommes
confiants, mais impatients de vivre enfin l'événement tant attendu !!!
Le multi-instrumentiste Morten L. Clason a attiré tout particulièrement mon attention pour son
aptitude à jouer de tant d'instruments avec sensibilité, émotion et talent ; flûtes,
saxophones, guitares, sans omettre le chant pour suppléer Erik. Quant à Erik Borgen, avec son chant à la voix douce,
chaude et calme, son jeu de guitare, il constitue un point d'ancrage essentiel
du groupe. L'intonation de sa voix captive son auditeur, Erik nous raconte une histoire
avec sensibilité. En alternance avec Erik, Stig André Clason intervient consciencieusement sur les soli, et les
combinaisons d'accords de guitare. Positionné derrière lui, à la batterie,
Kristoffer Utby (son complice au sein de The Infringement),
martèle avec force et délicatesse les percussions et les rythmes balancés, tout
en participant aux chœurs. L'imperturbable Arnfinn Isaksen assure solidement ses ostinatos et accords de basse avec la
régularité et la justesse appropriée. Enfin et surtout, Jean Robert Viita en maître omniprésent de
cérémonie, assure les bases mélodiques de l'ensemble, fort de nappes et
d'accords aux sonorités 70's. L'ensemble produit un pur régal auditif.
THE WINDMILL aurait pu interpréter n'importe quels
titresdes trois opus parus à ce jour, cela nous aurait ravis ; ils ont choisi de débuter avec deux
titres issus de "The Continuation"
("Not Alone" et "The Masque"). Entre les deux, Jean-Robert
a pris le temps de remercier le couple français venu les voir à Oslo. Cette marque
d'empathie fait plaisir à entendre, quand même !
Puis à notre grande satisfaction, nous aurons eu le
privilège de découvrir l'ébauche d'un nouveau titre d'une vingtaine de minutes.
Intitulé "Fear", sa
deuxième interprétation scénique reste en évolution mais est très prometteuse ;
nous avons déjà hâte d'écouter sa version studio ! On y retrouve les
ingrédients mélodiques et instrumentaux familiers, sans redondance.
Puis c'est le splendide "The Tree" la pièce maitresse issue de "Tribus". Un titre épique que
j'affectionne particulièrement (je le porte en t-shirt ce soir !) car, à
l'instar de "The Gamer", il
me semble valoriser l'éclectisme musical de ce groupe lors de séquences jazzy
et rock interprétées avec des interventions délicieuses aux saxophones, aux flûtes,
notamment.
Bref, je pourrais me perdre dans de vaines
descriptions de mon ressenti sans jamais convaincre, mais cette musique
s'écoute, se perçoit, se vit. Ils auront ainsi opté pour des titres de longues
durées, ce qui n'est pas pour me déplaire en tant qu'amateur de rock progressif…
Alors que se dessine la fin de cette première partie
de soirée, avec seulement quatre
titres, le concert nous a déjà paru bien trop court, et pourtant il aura duré une
heure ! Quoiqu'il en soit, en dépit de notre vigoureuse et très enthousiaste acclamation,
ils doivent céder la place aux anglais. Je réaliserai lors de la seconde partie
de soirée qu'une grande partie du public était là pour ARENA. Mais la
prestation de THE WINDMILL a cependant recueilli les belles ovations méritées.
Nous réalisons alors que nous devrons attendre
longtemps avant de les revoir… Nous continuerons à mettre notre activisme au
service de leur venue dans nos contrées, mais je nous sens prêt à bien d'autres
excès pour aller les revoir ! En attendant, ils peuvent compter sur notre prosélytisme
zélé, ce récit dithyrambique n'en est que le prolongement. Mes chers amis, vous
n'avez pas fini de les entendre en notre compagnie ; dans notre voiture ou dans
notre salon, vous n'y échapperez pas !
Les musiciens quittent la scène avec le sourire et le
sentiment du devoir bien accompli.
PROGRAMME Not Alone (The Continuation, 2013) The Masque (The Continuation, 2013) Fear (Opus en cours, 2023) The Tree (Tribus, 2018).
ARENA [21h30-23h15]
Arena est un groupe de rock britannique apparenté au
style néo-progressif. Il fut fondé en 1995 par le claviériste Clive Nolan (Pendragon,
Shadowland), et le batteur Mick Pointer (Marillion de 1979 à 1983).
J'ai assisté à trois concert d'ARENA, durant l'ère du
chanteur Paul Manzi ; le 24 avril 2015
au Divan du Monde (Paris 18), le 11 mai
2018 à La Maroquinerie (Paris 20), puis le
15 juillet 2018 au Loreley (Night of the Prog, Sankt Goarshausen, Allemagne).
Manzi a estimé que ses projets personnels priment sur ceux d'ARENA et a donc
annoncé son départ en pleine pandémie, le 13 juillet 2020, après dix années de
collaboration. Dès le lendemain, son remplaçant était indiqué. Je ne
connaissais Damian Wilson que vaguement, par ses participations au sein d'Ayreon.
ARENA se compose donc désormais de Clive Nolan (claviers et chœurs, depuis 1995),
Mick Pointer (batterie, depuis 1995),
John Mitchell (guitares chœurs,
depuis 1997), Kylan Amos (basse,
depuis 2014), et Damian Wilson
(chant, depuis 2020).
A peine recruté le nouveau chanteur est entrée en
studio pour enregistrer "The Theory of Molecular Inheritance" dont la date officielle de parution est prévue
le 21 octobre 2022, mais qui est
déjà en prévente ce soir. Déjà écouté deux ou trois fois en préalable, il me
semble très réussi.
A l'instar de la première partie de soirée, la sonorisation
m'a semblé excellente. L'éclairage (à tout seigneur tout honneur) dispose de davantage
de densité et de couleurs, et a permis de belles nuances d'atmosphères. De
beaux clichés, aussi. En fond de scène, l'écran diffuse des images illustrant
les différentes chansons. Le quintette prend moins de place que leur
prédécesseur et la scène parait ainsi plus spacieuse ; ce qui n'est pas un
détail pour l'itinérant Damian Wilson !
Le groupe semble décidément très attaché à son opus
"The Visitor" paru en 1998,
car une grande part des chansons en sont issues (à l'instar des concerts de
2015 et 2018). En comparaison, le dernier opus "The Theory of Molecular Inheritance" se contente de trois
espaces, tout comme "The Seventh
Degree of Separation". Le reste de la programmation est un subtil
équilibre revisitant le parcours musical du groupe depuis ses débuts.
La prestation d'ARENA m'a semblé accroitre la ferveur
du public. Décontractés devant la scène pour savourer THE WINDMILL, il aura
fallu batailler dur pour y rester. Et croyez-moi, chez les Vikings ce ne sont
pas forcément les mâles les plus agités !!! Il faut dire que le comportement du
nouveau chanteur est de nature à exciter les esprits de féminins. Elles sont d'autant
plus exaltées qu'il est démonstratif, expansif. Pendant le titre de rappel "Solomon", il fend la foule pour
venir chanter au milieu. Damian s'est durant le titre suivant jeté sur la foule du haut de la scène mais
… même les vikings n'ont pas pu le soutenir !! Mais son charisme ne se limite pas à la
gestuelle, le monsieur est aussi doté d'un organe impressionnant (calmez-vous mesdames, je parle de la voix),
émettant un chant au timbre puissant et émouvant.
Mais John Mitchell,
(avec l'aval d'un hochement de tête de
Clive Nolan) a su maitriser l'enthousiasme débordant de Damian qui
s'engageait dans des bavardages estimés un peu longuets à son goût ; il lance
ainsi "et si on chantait ?".
Il faut dire que le John n'est pas du genre à rire aux éclats, toujours austère
et concentré sur son (magnifique) jeu de guitare. Le plus souvent perchés dans
les aigus, ses soli puissants constituent une des marques de fabrique des compositions
depuis 1997. J'ai redécouvert le talent de Kylan Amos, dont le travail à la basse m'a paru excellent, alternant
accords chaloupés, et tricots de notes courantes. Le bassiste, toujours
souriant, semble constamment s'éclater ; impliqué et efficace il n'a d'ailleurs
pas manqué d'attirer l'admiration d'Arnfinn qui était venu se glisser parmi
nous. Ici aussi le maître de cérémonie est le claviériste ; avec l'autre
cofondateur le batteur Mick Pointer,
Clive Nolan dirige et surveille
l'exécution, depuis le fond de la scène. Choriste intermittent, ses nappes et
accords de synthé accompagnent et articulent magnifiquement les compositions sans
défaillir. On ressent bien qu'ARENA c'est son groupe, alors que dans PENDRAGON
il semble davantage au service du guitariste Nick Barrett.
Très bon concert donc. Nous avons hâte de les revoir
au festival Prog en Beauce ce 22 octobre ; nous aurons sans doute l'esprit davantage
disponible à leur attention que ce soir. A l'issue d'un vol en haute altitude,
la Terre parait toujours un peu trop basse ! La charge émotionnelle procurée
par les norvégiens fut telle que nous avons un peu tardé à nous investir dans
la seconde partie de soirée ! Objectivement et avec le recul nous avons
conscience d'avoir vécu deux excellents concerts.
ARENA a interprété
dix-sept titres, dont quatre de The Visitor, (1998), trois de The Theory of Molecular Inheritance, (2022), trois de The Seventh Degree
of Separation, (2011), un de Songs From the Lion’s Cage, (1995),
un de Pride, (1996), un de Immortal ?, (2000), un de Contagion, (2003), un de Pepper's Ghost, (2005),un de The Unquiet Sky, (2015), un de Double Vision, (2018).
A la semaine prochaine, les gars ! Bravo !!
PROGRAMME Enigma
Variations: Nimrod (Edward Elgar song) Time Capsule (The Theory of
Molecular Inheritance, 2022) Rapture (The Seventh Degree of
Separation, 2011) Bedlam Fayre (Pepper's Ghost, 2005) How Did It Come to This? (The
Unquiet Sky, 2015) The Butterfly Man (Immortal ?,
2000) Paradise of Thieves (Double Vision,
2018) The Equation (The Science of Magic) (The
Theory of Molecular Inheritance, 2022) A Crack in the Ice (The Visitor,
1998) Salamander (Contagion, 2003) A State of Grace (The Visitor,
1998) The Ghost Walks (The Seventh
Degree of Separation, 2011) (Instrumental) Life Goes On (The Theory of
Molecular Inheritance, 2022) (Don't Forget to) Breathe (The
Visitor, 1998) The Tinder Box (The Seventh Degree
of Separation, 2011) The Visitor (The Visitor, 1998). RAPPEL : Solomon (Songs From the Lion’s
Cage, 1995) Crying for Help VII (Pride, 1996).
Mais où est donc Sandrine ?
Les lumières se rallument, la soirée touche à sa fin.
Nous sommes encore abasourdis par tant d'émotions, lorsqu' Arnfinn Isaksen s'approche
de nous, avec gentillesse et modestie. Il tenait à nous remercier
chaleureusement d'avoir fait le déplacement pour venir les soutenir. Il
semblait réellement étonné de notre démarche. Cette empathie exprimée avant
tant de sincérité nous touche profondément. Pendant de longues minutes, nous
échangeons nos amabilités, tant bien que mal exprimées avec mon anglais approximatif.
Mais l'émotion réciproque facilite la compréhension mutuelle.
Nous nous rendons ensuite à l'échoppe où je me procure
le CD "The Theory of Molecular
Inheritance" d'Arena avant de le faire dédicacer par Mick Pointer,
John Mitchell et Damian Wilson. Les autres (Clive et Kylan) n'étant pas
disponible à cet instant. Rien de nouveau à l'échoppe de THE WINDMILL, je possède déjà la discographie et le tshirt !
Nous rencontrons de nouveau Arnfinn, Morten et Kristoffer
pour de nouvelles effusions et portraits. Hélas, nous souhaitions également
saluer Jean-Robert, Stig-André et Erik, mais en vain.
Il est temps de partir. Dehors, il pleut, il fait
froid, c'est la nuit. Tout un symbole. Après une météo clémente durant le
séjour, elle nous rappelle à la dure réalité du temps qui passe inexorablement.
L'objectif accompli, un étrange mélange de joie et de mélancolie nous étreint
dans le tramway (30) qui nous remmène à l'appartement.
Le bâtiment, inscrit au titre des monuments
historiques depuis le 7 novembre 1990, est situé 32 rue Richer dans le 9ème
arrondissement de Paris, sur un ancien terrain qui appartenait à l'hôpital des
Quinze-Vingts. Ce site accueillait, en 1860, un grand magasin de literie, qui
décida d'ouvrir une salle de spectacle sous le nom de "Folies
Bergère", inaugurée le 2
mai 1869. Situé non loin de la rue Bergère, ce qui justifie l'absence de
"s" à Bergère (et, pour les
superstitieux, permet au passage d'avoir
un nom comportant 13 lettres !), il fait référence aux folies, maisons de
divertissement au XVIIIème siècle. Pour l'anecdote, le théâtre des
Folies Bergère est notamment réputé pour avoir permis dès 1912 l'apparition sur
scène d'une femme totalement dénudée.
Bref, de nos jours cette salle de spectacle peut aussi
accueillir 1720 spectateurs pour les concerts, dont celui de Nina HAGEN le vendredi
15 janvier 1988, auquel j'ai eu la chance d'assister. Je n'y étais pas retourné
depuis … Un peu surpris d'être sollicité par les malheureuses placeuses qui
sont rémunérées aux pourboires, je n'ai plus de monnaies en poche depuis belle
lurette …
LE GROUPE.
Depuis 1969,
MAGMA entretient son concept musical, baptisé Zeuhl, croisant ses influences
aux confins du jazz, du rock progressif, de la musique classique, des musiques
folkloriques d'Europe de l'Est, du chant choral ou encore du chant lyrique. Son
cofondateur, le compositeur-batteur-chanteur Christian Vander, perpétue cet univers atypique qui enivre ses auditeurs de
rythmes puissants, et de textes dans une langue inventée et mystérieuse, le
kobaïen. Ce groupe culte de la scène musicale française est capable de séduire
le public à travers le monde, capable de surprendre des publics aussi variés
qu'en Chine, qu'au Hellfest de Clisson (2016), ou qu'au BeProg My Friend de
Barcelone (2016).
Pour ma part, si je me souviens très bien des intrigantes
affiches observées vers la fin des années 70 sur les murs des stations de métro,
puis de prestations télévisées (notamment aux Enfants du Rock), en revanche je
n'étais pas parvenu à trouver la Porte de cet Univers mystérieux. Finalement, les
rencontres providentielles d'adeptes convaincus et convaincants (je ne citerai que Robert, Marie, puis
Marie-Emmanuelle, Marco, Joël, et ma p'tite Fée entre autres) m'ont permis
une approche éclairée.
Ce n'est qu'en assistant à un premier concert le samedi
15 novembre 2014 dans leur
antre du Triton, aux Lilas (93), que j'ai réellement commencé à percevoir la
petite Lueur annonciatrice de révélations. Puis au fil des concerts suivants, j'ai
peu à peu appris à capter toutes les subtilités ; le samedi 31 janvier 2015 (Le Bascala à
Bruguière, 31), le vendredi 26 février 2016
(Le Triton, Les Lilas, 93), le samedi 2 juillet 2016
(Poble Espagnol, Barcelone, Espagne), et le samedi 5 aout 2017 (Château de Villersexel, 70).
Je ne les ai pas revus depuis leur fantastique concert
du mercredi 26 juin 2019 à
La Philharmonie de Paris (Paris 19e). Ce soir, ce n'est ainsi que mon
septième concert.
Depuis cette date, trois membres éminents sont partis.
On ne compte plus les artistes de talent qui se sont ainsi succédés au sein du
groupe depuis cinq décennies…Mais cette fois Philippe Bussonnet (basse), Jérôme
Martineau (clavier) et Benoit Alziary (percussions) sont à leur tour passés à la
trappe. Dommage, moi j'aimais bien Bubu ; mais je le reverrai dans son autre
groupe Welcome-X.
Actuellement, le démiurge musical Christian Vander demeure entouré des voix de Stella
Vander, Isabelle Feuillebois, et Hervé Aknin (depuis 2008), avec le renfort si justement apprécié de Sylvie Fisichella (depuis 2019), Laura Guarrato
(depuis 2019) et Caroline Indjein (depuis 2021). Aux instruments nous retrouvons Rudy Blas (guitare, depuis 2016), Jimmy Top
(basse, depuis 2020), Thierry Eliez (claviers, voix, depuis 2020) et l'éternel Simon Goubert (claviers, complice de longue date de Christian notamment au sein
d'Offering en1983 et 2014 et de Magma en 1982, de retour pour le concert à la
Philharmonie le 26 juin 2019 puis à nouveau dans Magma depuis 2020).
Le quatorzième album studio, "Zëss" (sous-titré "Le jour du néant") est paru le 14
juin 2019 (sur le label Seventh Records).
"Kãrtëhl" le quinzième est paru
ce 7 octobre 2022.
LE
CONCERT [20h15-21h15 ENTRACTE 21h37-22h48].
L'acoustique de cette salle n'est pas mauvaise mais
elle varie selon l'emplacement. Les auditeurs installés au rez-de-chaussée semblèrent
pleinement satisfaits, alors que nous, placés en mezzanine avec un plafond
relativement bas, avons perçu un son imparfait, manquant de profondeur. Une
puissance insuffisante sur le premier titre justifia des sommations d'auditeurs
agacés. Le son s'est renforcé dès le deuxième titre, puis s'est progressivement
amélioré jusqu'à la deuxième partie de soirée. Mais je veux bien admettre que
cette sensation passagère trouvait sa source dans ma légère frustration de ne
pas être plus près…
L'éclairage est sobre, relativement sombre, plutôt
dans le rouge et le bleu. Pas de fond de scène, hormis l'apparition
intermittente du logo rouge du groupe projeté sur le rideau. La scène est
évidement plus spacieuse que celle du Triton, elle permet aux onze musiciens de
s'exprimer dans un espace décent.
En préalable aux concerts de Magma, je dois toujours
me préparer psychologiquement afin d'adapter mes paramètres d'évaluation. Je
suis habituellement davantage attiré par les mélodies et les sons harmonieux,
quitte à les percevoir dans le métal le plus brutal. Or, pour s'imprégner de
l'univers Magma il faut savoir s'abandonner dans une chute vertigineuse,
prévoir l'imprévu, se laisser séduire par les sonorités étranges, perturbantes,
parfois dissonantes, mais toujours baignées de rythmes enivrants. Gare à celui
qui ne conçoit la musique que dans un cadre préfabriqué, Magma invite son
auditeur à voyager dans un chaos sonore dont lui seul maitrise les articulations,
à force sans doute de longues répétitions. Ce soir ne fera pas exception à
cette règle.
Après un "KA
I" introductif, le premier acte m'a d'autant plus déstabilisé qu'il est
consacré au nouvel opus que je n'avais pas encore entendu.
Très loin des connaissances encyclopédiques de
certains adeptes qui m'entourent lors des concerts de Magma, je ne
m'aventurerai pas dans un descriptif musical très hasardeux de ma part, les
perceptions sont ici plus que jamais très personnelles. J'ai surtout perçu avec
satisfaction les accords de la basse et de la guitare, d'une technicité
admirable. Avec désormais six chanteurs, les atmosphères n'en sont que plus
enivrantes. Les deux claviers enchantent le tout de nappes ou d'accords
incisifs ; les deux semblent se répondre ou se compléter selon les séquences. Le
tout est cadencé implacablement par les frappes chaloupées et puissantes du
Maître de cérémonie. Il ne cède sa place à son clavier que l'espace d'un titre
où il intervient au micro.
Cet enchevêtrement de partitions produit sur les
adeptes les habituelles sensations étourdissantes ; l'enthousiasme du public s'exprime
avec ferveur à l'issue des titres, et parfois aussi pour saluer une
intervention remarquable. Là aussi la passion se ressent, les mélomanes
commentent avec gourmandise et enthousiasme les différentes interprétations du
soir.
En ce qui me concerne, j'ai bel et bien été emporté
sur plusieurs séquences, mais ce concert-là de Magma ne me laissera pas le
meilleur souvenir. Habituellement mieux placé, mon impression s'en est trouvée
sans doute plus mitigée.
Les auditeurs du jour auront eu droit à neuf titres dont les six du nouvel opus.
PROGRAMME ACTE 1 K.A. I [K.A, 2004] Walomend Ëm warreï [Kãrtëhl, 2022] Hakëhn Deïs [Kãrtëhl, 2022] Do Rïn Ïlï Üss (première scène)
[Kãrtëhl, 2022] Irena Balladina [Kãrtëhl, 2022] Wïï Mëlëhn Tü (première scène) [Kãrtëhl, 2022]. ACTE
2 Ëmëhntëhtt-ré (Parts I - IV) [Ëmëhntëhtt-Ré, 2009]. RAPPEL : The Night We Died [Merci, 1984] Dëhndë (première scène) [Kãrtëhl, 2022].
Autre victime collatérale de la Pandémie, ce concert initialement prévu le samedi 27 novembre 2021
a été reporté à ce samedi 24 septembre 2022. SOEN, dont la musique suscite déjà
par nature une forte mélancolie, semble maudit sur mon parcours… Contrairement
à sa conclusion, cette soirée s'annonçait déplaisante.
Ce report, déjà déconcertant, tombe précisément le
jour d'un autre concert auquel j'aurais voulu assister ; celui de PRIMUS qui
annonce reprendre un album de RUSH. Je peinais déjà à me motiver pour maintenir
ce rendez-vous, payé quoi qu'il en soit, lorsque je fus accablé par le deuil,
le 8 septembre 2022. Incapable de surmonter ma peine, j'ai renoncé au
Raismesfest (les 10 et 11 septembre, avec notamment la prestation très attendue
de Lazuli). Ce concert de SOEN est resté en suspens dans mon calendrier,
avant de choisir finalement de me soumettre à ma musicothérapie habituelle, celle
qui m'a toujours sauvé de mes détresses. En tout état de cause, l'univers
morose et sombre de SOEN me semble relativement adapté à ma reprise de
calendrier musical…
De surcroit cet événement se tient à la Maroquinerie,
une salle où je m'étais promis ne plus jamais remettre les pieds depuis leur odieux
accueil de Pendragon le 3 mars 2020 (lire
mon récit ad hoc).
En outre, le climat mondial, aussi bien politique,
social que météorologique se dégrade partout. Poutine n'arrête pas d'emmerder
le monde. Le froid automnal accompagne les averses.
Pour couronner le tout, ma p'tite Fée n'a pas envie de
sortir… Bref, y'a plus rien qui va …
Mais il se trouve que SOEN demeure un groupe que
j'avais envie de voir sur scène depuis que j'avais découvert leur existence
avec "Lykaia" en 2017. Les parutions de "Lotus" en 2019, puis du magnifique "Imperial"
en 2021 ont accentué cet objectif.
Je maintiens donc ma démarche, je prends ma p'tite Fée
par la main pour nous rendre à cette soirée que je crains ennuyeuse mais qui
s'avèrera délicieuse. Elle me rendra une bonne part de bonheur perdu ces
derniers temps !
Ouverture des portes à 18h30. Nous nous engouffrons
dans la cave, pour nous placer directement à la base de la console de sons, en
surplomb de la fosse. Du haut de trois marches, avec ma p'tite fée nous
n'aurons aucun mal à jouir d'une vue imprenable sur la scène devant son public
et d'une acoustique absolument parfaite.
OCEANHOARSE [19h20-19h50].
Oceanhoarse est un groupe de heavy metal finlandais fondé en janvier 2018, fondé à Helsinki,
Finlande, par Ben Varon, ex-guitariste et auteur-compositeur d'Amoral, après
avoir mis fin à Amoral début 2017. Après un album enregistré en concert "The Damage Is Done -Live!" sorti le
5 juin 2020. Son premier album "Dead
Reckoning" est paru le 20 août 2021.
Le groupe se compose actuellement de Ben Varon (guitares, depuis 2018), Jyri Helko, (basse, depuis 2018), Oskari Niemi (batterie, depuis 2018), Joonas Kosonen (chant, depuis 2018).
La sonorisation m'a semblé relativement équilibrée
depuis mon point d'écoute, mais sa puissance m'a quand même contraint à poser
mes protections auditives. L'éclairage fut minimaliste, correspondant au
premier passage de trois groupes. L'espace qui leur est cédé est étroit mais
semble toutefois leur suffire.
Leur prestation ne m'a pas convaincu. Pour surmonter
ma morosité de base, il eut fallu davantage de mélodie et d'originalité. Au
lieu de cela, j'ai perçu des vociférations d'un tenant du micro qui, dans ses
rares moments de voix claire et posée, peinait parfois à chanter juste. Le
bassiste et le guitariste ont montré du talent, mais au service d'accords,
d'harmonies, et d'évocations déjà entendues.
Heureusement pour eux, la réaction du public encore
clairsemé en ce début de soirée, fut cependant relativement enthousiaste. Leur
départ de scène fut accompagné d'une ovation respectable. Mais je n'ai pas
constaté de bousculade à leur échoppe.
PROGRAMME (à déterminer)
LIZZARD [20h00-20h45].
Le trio est la plus ancienne formation de la soirée,
puisqu'il naît début 2006 à Limoges
; il est composé de Mathieu Ricou
(Guitar / Chant), de Katy Elwell
(Batterie) et de William Knox (Basse
/ Chant). Il enregistre la même année sa première démo "La Criée". Son quatrième album "Eroded" est paru le 19 février 2021,
chez Pelagic Record.
Je ne connaissais pas leur existence avant l'annonce
de l'affiche. Des écoutes préalables m'ont paru favorables même si ces limougeaud
ont (eux aussi) opté pour l'anglophonie, ce qui me semble toujours de nature à relativiser
une originalité probablement revendiquée. Heureusement, leur musique résonne
agréablement à mes oreilles, sans me lasser, preuve qu'elle dégage une identité
inédite. S'il fallait définir la sphère d'influences musicales, je les comparerais
à Anathema ou Klone. Détail notable, assez rare pour être souligné, la batterie
est tenue par une femme qui ne semble pas démériter au regard des vidéo. Tout
cela est donc à vérifier sur scène…
La sonorisation m'a semblé bien équilibrée depuis mon
point d'écoute. Néanmoins, la puissance m'a paru suffisamment gênante pour
conserver mes protections auditives. L'éclairage était amélioré par rapport à
la prestation précédente, ce qui m'a permis de réussir quelques beaux clichés.
La scène reste assez exiguë mais suffisante pour un
trio qui est resté statique ; la batterie est juste devant le public, les deux
autres pupitres de chaque côté.
Assez rapidement, je réalise que ces musiciens
maitrisent bien la scène, sans le fruit de leurs nombreuses prestations
notamment hors de nos frontières. Leur musique plutôt sombre, puissante et
lourde est convaincante et entrainante. Le titre instrumental "Shift" en est une belle synthèse. Mathieu
est un bon communiquant et entretient une bonne relation avec le public, à la
fois informative et enthousiaste. Son jeu est caractérisé par un usage fréquent
des effets techniques comme l'effet en boucle (loop) ce qui étoffe la musique
que rythment énergiquement la basse et la batterie. Katy rayonne par la qualité de sa frappe, à la fois
énergique et subtile ; placée au centre de la scène, je confesse volontiers
avoir placé mon regard sur elle la plupart du temps.
Le public est un peu plus nombreux qu'au début, et
acclame allègrement ces honorables limougeaud. Leur sourire final montre une
satisfaction réciproque.
Franchement, c'est une bien belle découverte,
inattendue. Nouvelle preuve que la scène rock française n'est pas aussi
insipide que ce que nous imposent nos médias nationaux…
Je me rendrai en fin de soirée à leur échoppe pour faire
part à chacun des trois de mon intérêt et pour les soutenir en me procurant
leur dernier CD, moyennant tout de même 20 €. Là aussi c'est l'inflation…
Huit titres ont été interprétés, dont trois issus de
"Eroded" (2021), deux de "Shift" (2018), deux de "Out of
Reach" (2012), et un de "Majestic" (2014).
PROGRAMME (confirmé par Mathieu) The Decline (Eroded,
2021) Vigilent (Majestic, 2014) Haywire (Eroded, 2021) Blowdown (Eroded, 2021) Shift (Shift, 2018) Min(E)d (Shift, 2018) The Orbiter (Out of Reach, 2012) Tear Down The Sky (Out of Reach, 2012).
SOEN [21h05-22h40]
Martin Lopez
fut le batteur du groupe suédois OPETH de 1997 à 2005. Alors que ses complices
prenaient un essor de notoriété grâce au soutien Steven Wilson, des soucis de
santé lui ont fait hélas renoncer. Il a cependant entrepris de fonder un nouveau
groupe dès 2004, mais qui n'a pris vraiment forme qu'en mai 2010.
Un premier album, "Cognitive", est sorti le 15 février 2012. Leurs textes sociétaux
fouillés, alliés à des musiques aux atmosphères pesantes et mélodiques en font
un groupe atypique. Musicalement on peut trouver aux détours des chansons des
influences d'Opeth, d'Anathema ou de Leprous.
Le quintet est actuellement composé outre Martin Lopez (batterie, percussion depuis 2010),
de Joel Ekelöf (chant, depuis 2010),
Lars Enok Åhlund (claviers guitare et
chœurs, depuis 2014), Cody Lee Ford (guitare
chœur, depuis 2018) et Oleksii "Zlatoyar" Kobel (basse, depuis 2020).
Le cinquième album, "Imperial" est paru le 29
janvier 2021 ; la présente tournée promotionnelle est intitulée "Soen Imperial European Tour".
Rapidement la sonorisation me parait parfaite ; on
distingue nettement chaque pupitre. C'est du pur bonheur qui me dispense de
protections auditives. Bien sûr l'éclairage est un cran au-dessus ; il
distingue mieux les atmosphères requises, il nous permet de bien observer la
concentration des musiciens mais aussi de percevoir les humeurs, les regards. Dans
cet espace relativement réduit, SOEN ne s'est pas embarrassé d'écran ni de fond
de scène. Et à dire vrai, on s'en est bien passé ; l'atmosphère créée par la
musique suffisait largement à décorer notre imaginaire !
Enorme ambiance, le public se montre particulièrement enthousiaste.
Les musiciens eux-mêmes n'ont pas caché leur satisfaction d'assister à cet
engouement.
Mes craintes se sont très vite dissipées ; aucun
ressenti de mélancolie excessive, ni de redondance musicale. Martin Lopez s'est
entouré d'une équipe qui m'a semblé cohérente et soudée par une belle
complicité. Je méconnaissais le talent des musiciens, notamment celui de
l'impressionnant viking multi-instrumentiste Lars Enok Åhlund qui vaque du
clavier aux guitares, en passant par le micro et des percussions. Le chant, que
je craignais excessivement plaintif, s'est avéré en fait harmonieux et d'une beauté
enivrante. Le canadien Cody Lee Ford nous a délivré de magnifiques et (pas
assez) nombreux soli empreints de sensibilité gilmourienne. L'apport des chœurs délicats des deux guitaristes
contribuaient largement à l'harmonie des chansons. La section basse/batterie fut à l'image des nuances
voulues, alternant douceur et puissance.
Quatorze titres ont été interprétés, dont six issus de Imperial, 2021, cinq de Lotus, 2019, deux de Lykaia, 2017, et un Cognitive, 2012.
Je
regarde l'échoppe sans rien acquérir ; le t-shirt est sympa mais sans
inscription des dates de tournées, et le CD "imperial" à 20€ sera moins cher ailleurs. On se rend plutôt au
bar où les musiciens viennent se détendre également.
XXIIe FESTIVAL CRESCENDO - Du
vendredi 19 au lundi 22 août 2022, Esplanade du Concié, face à l'océan, 17420
St Palais sur mer.
Cette 22ème
édition continue la longue et interminable litanie des concerts et
festivals reportés en raison de la Pandémie qui aura été bien pénalisante,
source de frustrations pour les artistes et pour les organisateurs. En ce qui
concerne mon calendrier, ces répercutions se feront sentir jusqu'en novembre.
Et encore, c'est sans compter avec Steven Wilson qui a carrément tout renvoyé
aux Calendes grecques (2024 ?) en
attendant des jours meilleurs…
Vaille que vaille, l'Organisation du Crescendo relance
donc sa machine cette année en densifiant l'affiche par rapport à la précédente
; la 21ème édition qui s'était tenue en 2019 proposait dix groupes en
trois jours, cette fois ce sera quatorze sur quatre jours ! Avec une
remarquable pugnacité depuis 1999, l'équipe
de bénévoles de ce festival charentais de rock progressif est parvenu à adapter
la voilure au fil des différents avis de tempêtes. Jusqu'aux mesures nationales
de confinement qui s'imposaient à tous en 2020. Cette évidence a pourtant créé
de surprenantes tensions au sein même de l'équipe organisatrice qui, à défaut
de conséquence fatale pour l'événement, a néanmoins abouti à une regrettable scission.
Quoi qu'il en soit, en tant que festivalier, je me
réjouis du maintien de ce rendez-vous estival, souvent source de belles
découvertes, grâce à une programmation audacieuse et éclectique qui s'efforce
vaillamment chaque année de promouvoir des artistes prometteurs.
Cet événement est attractif avant tout pour les plus
fidèles mélomanes d'entre nous, et dans une moindre mesure pour des vacanciers
pas forcément enclins à écouter du rock progressif mais suffisamment détendus
pour tenter l'aventure. Gageons que cet évènement aura été un nouveau foyer de
contagion, au moins pour certains d'entre eux ! Plus on est de malades, plus on
rit, c'est bien connu.
Pour ma part, je déplore très amèrement avoir manqué certaines
éditions précédentes qui m'auraient permis d'y découvrir de nombreux groupes
qui sont maintenant listés parmi mes favoris. La distance qui me sépare du site
constitue une circonstance atténuante à mon manque d'assiduité mais cependant
j'entretiens de gros regrets en repensant en particulier à Mostly Autumn en 2000,
à Änglagård et à The Pineapple Thief en 2003, à Pain of Salvation en 2005, à
Lazuli et à Karcius en 2007, à Sunchild en 2009, à Special Providence en 2010, à
Haken et à Karfagen en 2012, à Leprous en 2013, et à The Wobbler en 2015. Sans
compter les artistes que j'aurais éventuellement pu découvrir !!
Finalement, c'est la force d'attraction d'ANEKDOTEN, en
tête d'affiche de cette 18ème édition, qui m'a suffisamment motivé
pour me rendre à la seule journée du 20 aout2016. L'année suivante, je suis revenu les
18 et 19 aout 2017,
accompagné de ma p'tite Fée et mes deux enfants ; histoire de concilier ainsi ma
passion musicale et les plaisirs de petites vacances en famille !
Puis, j'ai de nouveau négligé les éditions suivantes. J'ai
ainsi manqué, en 2019, Blank Manuskript (qui
m'a ébloui ce mois de juillet au NOTP), ainsi que Io Earth (que j'avais déjà manqué en 2016).
Cependant, nous sommes revenus pour le formidable
concert de Lazuli le 22 aout 2021, organisé par l'équipe
du Crescendo.
Cette année, à l'instar de 2017, j'emmène mes deux fils
et ma p'tite Fée. Après six heures de routes (512 km), nous déposons vite fait
nos bagages à notre location, et hop nous partons retrouver une partie de notre
microcosme protéiforme sur l'esplanade.
Le festival propose cette année quatorze groupes, représentant dix
nationalités différentes, dont onze seront pour moi une découverte
scénique.
En effet, j'ai le plaisir de revoir sur scène trois
groupes ; les français ANAÏD, les
allemands SMALLTAPE et les
finlandais OVERHEAD.
J'avais déjà vu sur les planches le suédois HASSE FRÖBERG, mais au sein de The
Flower Kings ; je vais découvrir son activité parallèle.
Quatre groupes
figuraient dans mes objectifs ; je m'impatiente de voir sur scène les polonais AMAROK, les ukrainiens KARFAGEN, et les français ESTHESIS, dont j'écoute fréquemment les
albums. Par ailleurs, notre microcosme m'a incité à visionner quelques vidéos des
anglais LAST FIGHT TO PLUTO ; je
vais voir ce qu'ils produisent sur scène.
Les six autres groupes vont mettre à l'épreuve
mon esprit de découverte ; les norvégiens PYMLICO,
les italiens UNIVERSAL TOTEM ORCHESTRA
et LONDON UNDERGROUND, les danois ØRESUND SPACE COLLECTIVE, et les
français Ex'ODD et AQ&F.
Autant le dire en préambule, (cela évitera aux plus flemmards de lire le reste de ce récit !)
cette affiche s'avérera une réussite totale, absolument formidable, source de découvertes fabuleuses et de plaisirs
auditifs inoubliables.
La météo s'est montrée capricieuse, alternant un
soleil accablant (surtout le vendredi), les passages nuageux (finalement
bienvenus) et les très légères bruines (surtout lundi soir). Le tout m'a laissé
une impression estivale très agréable.
De surcroit, l'Organisation a eu la bonne idée de
nouer un partenariat avec "La Débauche", une brasserie artisanale basée à Angoulême,
dont la bière blonde IPA légère servie à la pression m'a régalé pendant tout le
Festival moyennant quatre euros le gobelet. Joli gobelet d'ailleurs, estampillé
aux dessins du Crescendo et consigné à un euro. Je salue au passage ce geste
éco-citoyen, et les autres, en faveur de sauvegarde de ce merveilleux
environnement. Je souligne aussi l'abnégation des bénévoles, ceux qui ont
assuré anonymement la logistique et ceux qui ont permis la vente de
restauration et de boisson, garantissant ainsi les recettes indispensables.
Le personnel technique
et notamment celui de la console de sonorisation m'a paru globalement très compétent, sur l'ensemble des
quatre jours. Même si Smalltape semble être poursuivi par la malédiction du
micro (soucis similaires en juillet au
NOTP !).
Je reprends ici les horaires de passages prévus, sans
mentionner les retards éventuels ; ils n'ont que marginalement (à mon humble
niveau) impacté les prestations.
Ce groupe français fut cofondé dans le Nord
de la France en 1981 par Jean-Max DELVA
(batterie, vibraphone, claviers), Emmanuelle LIONET (voix, clavier) et Christophe Delvallé. Ce dernier a quitté
le navire dès 1983. Après plusieurs évolutions, le groupe s'est mis en veille
en 1990, avant de se reformer en 2013, sous la forme d'un trio, avec leur fils
Alexis DELVA à la guitare.
Son cinquième album "I have a Dream" est paru au printemps 2019. Un double album enregistré en concert au Triton en Février
2020. Un sixième studio sera enregistré cet automne.
A deux reprises, j'ai eu le plaisir d'assister à leur
prestation ; ici au Crescendo le 20 aout 2016 puis à la péniche Antipode ce 28 avril 2022. Je salue particulièrement leur persévérance compte tenu du manque de
curiosité et de soutien de nos "chers
médias" nationaux depuis quatre décennies ; j'imaginerais pourtant volontiers
en percevoir des échos par exemple sur les ondes d'Arte, de France Inter,
France Culture ou dans les pages de Télérama. "I have a Dream…".
Pour parfaire l'équipage, Enguerran Dufour (basse) et Théo Ferrari (saxos, batterie), déjà
présents à la Péniche Antipode en avril dernier, sont également sur les
planches aujourd'hui.
Quoi qu'il en soit, ANAÏD peut compter sur l'intérêt
de notre microcosme qui sait reconnaitre leur talent, et leur originalité. D'autant
plus que les qualités intrinsèques du duo fondateur sont magnifiées par leur
fils Alexis qui maitrise sa guitare avec virtuosité et sensibilité. Ses soli
ainsi que ceux d'Enguerran à la trompette, en alternance avec sa basse, et de Théo
aux saxophones ont contribué grandement dépayser l'esprit des festivaliers.
Gageons que leur prestation sera de nature à accroitre
leur notoriété injustement insuffisante !
Dix titres interprétés dont six issus de "I Have a Dream" (2019).
PROGRAMME Migration (I Have a Dream, 2019) White nature (I Have a Dream, 2019) Sweet memories (I Have a Dream, 2019) Sophia Blue moon I have a dream (I Have a Dream, 2019) Kate (Libertad, 2016) Happy Loving grace Vêtue de Noir (Vêtue
de Noir, 1986). RAPPEL : Imbahe (I Have a Dream, 2019).
Le groupe norvégien a été fondé à Oslo en 2009 par le
batteur Arild Brøter. Il s'est
entouré de six autres complices ; Øyvind Brøter
(claviers), Stephan Hvinden (guitares),
Andreas Sjo Engen (guitares), Oda Rydning (percussions), Are Nerland (basse) et Robin Havem Løvøy (saxophones, claviers et chœur).
Le septième album de PYMLICO "Supermassive" est paru le 20 mai 2022. Fait notable ; Roine Stolt (guitare) y participe sur le
troisième titre.
Ces compositions instrumentales chaloupées sont très
variées, aux marges du rock progressif, alliant des atmosphères funk et jazzy.
Elles ont eu tôt fait de capter et maintenir mon attention. La complicité et le
plaisir de jouer ensemble est évidente chez ces Vikings. Les guitares et
saxophones se conjuguent avec bonheur pour produire des mélodies entrainantes, tantôt
jazzy, tantôt métal et voire aux confins de la pop.
La conclusion avec une reprise de GENESIS ne pouvait
que couronner mon impression favorable. Très agréable donc ; cette première
découverte de la journée sera à suivre à l'avenir, sans aucun doute.
Je suis totalement séduit au point de me procurer "Supermassive" à l'échoppe.
Quinze titres sont interprétés, dont six issus de "Supermassive"(2022), quatre de "VI: on this
day"(2020), un de Nightscape, (2018), et trois
de "Meeting Point"(2016).
PROGRAMME Heliotrope (VI: on this day, 2020) Breaking Protocol (Supermassive, 2022) Confusion (Supermassive, 2022) Are we there yet ?
(Supermassive, 2022) Broken Glass (Meeting Point, 2016) Clockwork (Supermassive, 2022) Partners in Crime (VI: on this day, 2020) Lucy does not
approve (Meeting Point, 2016) Second Rate Punk (Meeting Point, 2016) WTG (Supermassive, 2022) Little Nellie (Supermassive, 2022) Survival Guide (VI: on this day, 2020) Gabagool (Nightscape, 2018) Real People (VI: on this day, 2020) Los
Endos (Reprise de Genesis).
Antony Kalugin a fondé en 1997
un groupe d'écoliers en Ukraine, qu'il a nommé Karfagen (Carthago, Carthage).
Dès l'année suivante, étudiant à l'université d'architecture, ses premières
compositions de KARFAGEN sont enregistrées, certains de ces morceaux se
retrouvent sur la compilation "Key
to Perception" parue en 2009. Les premiers enregistrements d'une très
longue série…
Le treizième album de KARFAGEN "Land Of Green And Gold" est paru le
7 janvier 2022. Un septième album
solo "Rebirth" vient de paraitre
ce 6 juin 2022, accompagné en
édition limitée de "Land Of Green
Bonus Disk".
Je le confesse volontiers, ce n'est que depuis la fin
de l'hiver dernier, dans le contexte douloureux que connait l'Ukraine (…), que j'ai appris
l'existence d'Antony Kalugin et de
ses nombreuses créations séduisantes. Mon parcours initiatique, ruineux, a
abouti à l'acquisition d'une bonne part de son impressionnante discographie ; des
opus en solo, mais aussi de KARFAGEN, et de SUNCHILD. Et encore, par
"chance" les albums d'HOGGWASH sont hélas épuisés, à ce jour, ce qui
me laisse un peu de répit pour digérer le tout !
En préalable à mes impressions sur la prestation, il
me semble important de louer l'enthousiasme et la volonté d'Antony qui, en
dépit du contexte particulièrement chaotique en Ukraine, a tenu à maintenir et
à assumer son engagement à participer au Crescendo. Il a rassemblé un groupe
avec des musiciens, disponibles malgré tout. Il a organisé le voyage (un trajet deplus de 2000 km avec équipement, et l'hébergement), pour venir partager
leur musique et chercher un peu d'espoir et de réconfort dans leur univers
devenu si sombre depuis ce 24 février 2022. Respect.
Le voir aussi volontaire et enthousiaste sur scène ne
pouvait donc qu'animer notre sympathie. Antony Kalugin (claviers, chant) est parvenu à s'entourer de sa (très belle) femme Olga Rostovskaya (claviers, percussion et chœur),
et de son fidèle batteur Kostyantyn Shepelenko
(batterie).
Pour le reste, une nouvelle choriste Mariya Panasenko remplaceOlga Vodolazhska. A la guitare, Anton Barsukov, remplace Max Velychko. Ces
deux absences me peinent beaucoup tant j'avais apprivoisé leurs talents
respectifs (la voix KateBushienne de la
belle Olga, et les soli étourdissants de Max), et j'espérais beaucoup les
voir dans la configuration de leur tournée de 2016. Quant à la basse, elle est
tenue par Vladyslav Karbovskyien remplacement
d'Oleg Prokhorov (basse). En outre, l'accordéoniste Sergii Kovalov pourtant
prévu n'est pas présent.
La composition du groupe est donc une relative
déception a priori, d'autant plus que les trois "nouveaux" (la
choriste, le guitariste et le bassiste) en étaient réduits à garder le nez sur
leur prompteur (guitariste) ou leur pupitre (basse). Mais, le charisme, la
fougue et la conviction d'Antony estomperont ce sentiment au fil du concert. Il
n'hésite pas à quitter ses claviers, prendre son micro, et venir haranguer le
public. Olga s'est repositionnée sur le seul micro (délaissant donc le
clavier), en appui à Mariya Panasenko qui assure très bien sa partition avec
beaucoup d'éloquence. L'implication exubérante de cette dernière laisse à
penser qu'elle se verrait bien intégrée au groupe de manière durable …
Conformément à mes préférences après l'écoute des
albums, ce soir aussi je prends davantage de plaisir à entendre
l'interprétation des titres issus des albums de SUNCHILD. Même si globalement, j'aime beaucoup l'ensemble des
compositions d'Antony, qui allient les atmosphères chantantes, doucement
énergiques et qui ont le don d'inviter l'auditeur dans des paysages musicaux
chatoyants. De manière très professionnelle, Antony a fait ce qu'il a pu avec
les moyens du bord ; je lui pardonne volontiers les petites séquences à vide
mettant à l'épreuve l'enthousiasme du public. Nous avons partagé avec lui un
bon moment de convivialité, en attendant un concert dans des conditions plus
sereines.
Les acclamations du public sont vigoureuses et
méritées. On ressent fortement l'émotion collective, sentiment encore accru
lorsque les ukrainiens déployèrent leur drapeau national avec une légitime
fierté. Un mystérieux acronyme inscrit dans la partie bleue revendiquait en
fait l'acquisition d'armes de défense pour le pays. (ATACMS pour Army Tactical
Missile System)
A l'échoppe, je me procure un cd de Sunchild (the
Gnome) qui me manquait encore avant de le faire dédicacer par le Maître,
toujours aimable et disponible.
Huit titres de SUNCHILD, un de HOGGWASH, deux titres de l'album "Continium", un
titre de l'album " The Space Between
Us", un titre de l'album
" The Space Between Us", un titre de l'album " Aleatorica".
PROGRAMME 1. Piano Introduction Ukraine 2. Another Friday Night (The Last Horizon, Hoggwash 2007) 3. Shall we Run (Isolation, Sunchild 2012) 4. Rain Drops (The Invisible Line, Sunchild 2009) 5. Reason Why (Synesthesia, Sunchild 2015) 6. Visionary Sights (As Far as the Eye Can See, Sunchild 2011) 7. Grail and Time (Messages From Afar, Sunchild 2018) 8. Invisible Line (The Invisible Line, Sunchild 2009) 9. Close to Heaven (Continium, 2006) 10 Amused Fair (Continium, 2006) 11. Father (Messages From Afar, Sunchild 2018) 12. Labyrinth (The
Space Between Us, 2007) 13. Amaj Marillion Dedication 14. Day without Rain (Aleatorica, 2013) 15. Never Say Goodbye (Sergey Obolonkov) (Xxx, 2xxx) 16. Wish You Were Here (Reprise de Pink Floyd, 1975) 17. Day of Destiny (The Wrap, Sunchild 2010). RAPPEL : 18. Reason Why (Synesthesia, Sunchild 2015) 19. Shall we Run (Isolation, Sunchild 2012).
Ce quatuor anglophone français de rock
progressif (dark neoprog), a été créé et est dirigé par le multi-instrumentiste
français Aurélien GOUDE (chant,
claviers, guitares). Aurélien exploite ses nombreuses influences (rock
britannique des années 70, musique de film, ambient, métal, pop…) pour exprimer
des ambiances empreintes d'émotions et de mélancolie.
Un mini album "Raising Hands" est paru le 1er février 2019, puis
le premier album "The Awakening"
est paru le 14 novembre 2020, suivi d'un monoplage "Still Far To Go" est paru le
5 mars 2021. J'écoute plus souvent qu'à leur tour ces deux premiers enregistrements,
produits avec soin. A tel points qu'ils sont maintenant reconnus dans le petit
monde du rock progressif, jusqu'en Angleterre. Un deuxième album "Watching Worlds Collide" est paru
ce 19 aout 2022.
Aujourd'hui il se présente sur scène entouré de
Baptiste DESMARES (guitares), et
Marc ANGUILL (basse), auxquels s'est
joint plus récemment Arnaud NICOLAU
(batterie). Sa compagne "Tildou Tidette" assure les chœurs sur quelques titres.
Le Crescendo m'offre l'opportunité d'assister enfin à
un de leurs concerts. L'admirateur de la première période de Porcupine Tree ne
peut qu'être séduit par la musique d'Esthésis, pourtant originale, développée
par Aurélien et ses complices. Deux voix doucement plaintives accompagnent des
rythmes lourds ou éthérés, ponctués pas des soli de guitare ciselés à point. Le
batteur semble avoir trouvé sa place, sa frappe me semble assurée et chaloupée
comme il convient. Marc me rappelle lui aussi Porcupine Tree (Colin) dans sa
manière d'intervenir ; discret mais essentiel. On sent que le groupe dispose du
potentiel, qui devra s'affirmer avec l'aisance et le charisme qui ne manquera
pas de s'épanouir au fil des concerts.
Voilà un bien bel essai qui ne devrait pas tarder à
être transformé, notamment lors d'un prochain concert, prévu ce 6 septembre à
Pantin (Péniche Antipode).
L'auditoire applaudit la prestation, elle le vaut bien
!
A l'échoppe, je me procure le cd tout frais sorti des
presses, dans sa version spéciale tant
qu'à faire, avant de le faire dédicacer bien entendu !
PROGRAMME Raising Hands (Pt
2) (Raising Hands, 2019) Place Your Bets (Watching Worlds Collide, 2022) (première scène) Chameleon (The Awakening, 2020) The Awakening (The Awakening, 2020) Vertigo (Watching Worlds Collide, 2022) (première scène) Downstream (The Awakening, 2020) Through My Lens (Watching Worlds Collide, 2022) (première scène).
Le batteur Giorgio Golin et le bassiste Dauno Giuseppe Buttiglione, avait déjà créé
ensemble Runaway Totem, avant de fonder UTO
en 1995. Toutefois, Dauno a quitté le navire en 2005. Ce sextet italien définit
sa musique comme une fusion Zeuhl/rock.
Le groupe qui se présente à nous comprend Giorgio Golin (batterie), Ana Torres
Fraile (chant), Antonio Fedeli
(saxophones, alto and tenor), Daniele Valle
(guitare), Fabrizio Mattuzzi
(claviers), et Fabrizio Vincentini
(basse). Ce petit monde vient de célébrer 20 ans de collaboration.
Ils ne sont pas particulièrement prolifiques
puisqu'ils ont sorti trois albums en vingt ans : "Rituale Alieno" (1999),"The Magus" (2008) et
le troisième "Mathematical Mother"paru le 16 décembre 2016. 21 février
2018
Dès les premiers instants du concert, je trouve La
Porte. Un monde d'harmonies s'ouvre immédiatement à moi, sans transition. L'influence
de Kobaïa est évidente et pourtant leur musique me semble bien plus accessible,
plus aérée. Ils illustrent eux aussi la vivacité de la scène prog italienne (PFM,
Barock Project, Ranestrane, …).
Plus encore que les rythmes chaloupés caractéristiques
du genre, j'apprécie tout particulièrement ces dialogues voix/saxo/claviers/guitare.
La voix d'Ana Torres Fraile se fond
admirablement dans les dialogues instrumentaux, sur une même tonalité, avec la
même sensibilité. Il m'est fréquemment arrivé pendant le concert de tendre
l'oreille et le regard vers Antonio, alors que c'était soit Ana, soit Daniele
qui jouait. Hallucinant.
Et pourtant, le bassiste Fabrizio Vincentini, aux allures
hybrides entre le physique de Tony Levin et la dextérité de Philippe Bussonnet,
est également remarquable d'efficacité. Qu'il soit en mode "mur de
son" ou en acrobaties chromatiques, Fabrizio a parfaitement joué son rôle
pilier.
Quant à Daniele Valle,
quel guitariste exceptionnel ! Déjà le son qui sort de sa guitare est
particulier, mais de surcroit il en sort des flots d'émotions au fil de soli,
splendides et toujours à propos. Très souvent sa dextérité et son expression me
donnait le sentiment qu'il racontait une histoire en jouant.
Encore une extraordinaire
découverte, donc ! Décidément, la programmation de cette édition du
Crescendo n'en finit pas de réjouir les festivaliers ! La plupart des auditeurs
sont conquis par ces transalpins qui parviennent encore à surprendre, même les
oreilles les plus exigeantes !
Je cours, je me rue, je m'envole vers l'échoppe et me
procure sans aucun scrupule deux (de leurs trois) opus, "The Magus"et "Mathematical Mother"
!... que je m'empresse de leur faire dédicacer bien sûr ! Discussions et
portraits avec des êtres humbles et charmants !
Sept titres sont interprétés, dont cinq issus de "Mathematical
Mother" (2016) et deux de
"The Magus" (2008).
PROGRAMME Codice y 16 (Mathematical Mother, 2016) Terra Cava (Mathematical Mother, 2016) Elogio Del Dubbio (Mathematical Mother, 2016) Architettura
dell'acqua (Mathematical Mother, 2016) Mors Ultima Linea
Rerum (The Magus, 2008) Ato
Piradime (The Magus, 2008) Mare Verticale (Mathematical Mother, 2016).
En 2011,
le berlinois Philipp NESPITAL
(chant, guitare et claviers) donne forme à son projet solo en fait paraitre son
premier album "Circles".
C'est dans le cadre de la promotion de son deuxième album "The Ocean" que j'ai assisté à son
concert lors du Night of the Prog (NOTP) en 2018. J'avais été tellement séduit
que je m'étais procuré son CD à l'échoppe dans la foulée. Toutefois, sa
prestation cette année, dans le même cadre m'avait déçu. Son équipe m'avait
semblé manquer de cohésion, de conviction, quand lui se mettait à causer
politique sociétale, en mode leçon de morale (ce qui a toujours le don de m'agacer). Nonobstant, je lui accorde
ce soir le bénéfice du doute.
Son troisième album "The Hungry Heart" est paru le 16 juillet 2021.
Sur scène, il s'entoure fréquemment, comme
aujourd'hui, d'Alexandra Praet
(basse, claviers, chœurs) et Flavio De
Giusti (guitares, chœurs). Ori Jacobson
(saxophone), et Mesut Gürsoy
(batterie) sont également présents à l'instar du NOTP.
Cette prestation les a rétablis dans mon estime. Et
pourtant, poursuivi par une poisse, c'était mal parti, à l'instar du NOTP en
juillet dernier, un souci technique a bien failli pourrir son concert. Le micro
central était inopérant pour débuter, il a vite dû se rabattre sur le micro
couplé au clavier ! Cet inconfort relatif et temporaire n'a pas nui aux
ambiances voulues ; l'alternance des douces mélodies mélancoliques et
enivrantes avec les emportements à la violence contenue ont emporté
l'auditoire. L'exigence musicale du multi-instrumentiste se ressent dans les
atmosphères nuancées.
Le public ovationne les berlinois comme il se doit.
Sur les dix
titres interprétés, il aurons focalisé sur les seuls deux derniers opus ;
soit sept titres issus de "The Hungry Heart"(2021) et trois de "The Ocean"(2017).
PROGRAMME The Hungry Heart (The Hungry Heart, 2021) The Golden Siren (The Hungry Heart, 2021) The Ocean Pt1 & Pt2 (The Ocean, 2017) One Day (The Hungry Heart, 2021) Burning House (The Hungry Heart, 2021) Colors (The Hungry Heart, 2021) Hunger (The Hungry Heart, 2021) Kaventsmann (The Ocean, 2017) Dissolution (The Hungry Heart, 2021) Picture of a Dawn (The Ocean, 2017)
Ce samedi continue ainsi de ravir les festivaliers qui
acclament le groupe comme il se doit.
Hasse Fröberg (né en Suède le 4 janvier 1964) est un guitariste,
compositeur et chanteur suédois, il fait partie actuellement de THE FLOWER
KINGS. Dès l'âge de 10 ans, il formait déjà un premier groupe avant plusieurs
autres projets dans le domaine de la pop, du hardrock, ou du rock progressif.
Au sein de The Flower Kings depuis 1994, il décida cependant
de fonder HASSE FRÖBERG & MUSICAL COMPANION en octobre 2008, alors que TFK faisait une pause. Il se mit en quête
de musiciens qu'ils voulaient "enthousiastes,
qui aiment jouer ma musique et prêts à répéter et à créer une unité qui
fonctionne vraiment bien ensemble ".
Leur premier album, Future Past, est sorti au
printemps 2010 ; après une très belle discographie, un cinquième album "We Are the Truth" est paru le 26 novembre 2021.
Ce soir nous constatons que Hasse Fröberg (chant, guitares) a réussi cette symbiose entre Kjell Haraldsson (claviers, choeur), Ola Strandberg (batterie, chœur), Anton Lindsjö (guitare principale, chœur) et Sampo
Axelsson (basse).
Compte tenu de mon attrait pour les atmosphères
musicales relativement musclées, ce genre ne pouvait que me plaire. De solides
mélodies soutenues par une rythmique infaillible ont produit le plus bel effet
sur l'auditoire. C'est pro, c'est carré, c'est puissant. La très belle voix de Hasse se marie admirablement avec les
soli d'Anton, toujours incisifs, à
la fois sensibles et puissants.
Conquis par la prestation de haute qualité, je me suis
procuré à l'échoppe l'album "We Are
the Truth". Personnage charmant (j'ai
pris le soin de laisser ma p'tite Fée à l'écart) et accessible qui se plie
volontiers aux conversations et aux portraits. Je subodore que d'autres achats
de CD se profilent à l'horizon…
Treize titres, dont six
issus de "We Are the Truth"(2021), deux de "Powerplay"(2012), deux de "HFMC"(2015), un de "Parallel Life"(2019), et deux reprises de The Flower Kings.
PROGRAMME Rise Up (We Are the Truth, 2021) Venice CA (Powerplay, 2012) Other Eyes (We Are the Truth, 2021) Yoko (We Are the Truth, 2021) Genius (HFMC, 2015) The Constant Search
For Bravery (We Are the Truth, 2021) A Spiritual Change
(We Are the Truth, 2021) We Are The Truth(We
Are the Truth, 2021) Can’t Stop The
Clock (HFMC, 2015) What If God Is
Alone (partie finale, issue de "Paradox
Hotel" de The Flower Kings, 2006) Parallel Life (Parallel Life, 2019) Godsong (Powerplay, 2012). RAPPEL Church Of Your
Heart (issu de "Stardust we are"de The Flower Kings, 1997).
DIMANCHE 21 AOUT.
Avec des amis toujours plus nombreux, nous formons un
microcosme dans le microcosme. Nous nous sentons suffisamment bien ensemble
pour nous réunir autour d'une bonne table ou d'un bon verre ! Une parenthèse
gastronomique s'imposait donc dans ce paysage maritime ; l'éclade (moules grillées sous un lit d'aiguilles de
pins) fut le choix de la majorité des convives. Discutions musicales
passionnées, dégustations et rigolades n'ont eu d'échéance que celle du début
de la troisième journée du Festival.
Ce quatuor instrumental originaire de
Marseille, créé en juillet 2007, se dit influencé notamment par le rock progressif des années 70 (Pink Floyd,
Genesis...). Mais en fait leur musique est une fusion de styles, passant du
métal (Nirvana, Rage Against The Machine, Porcupine Tree, …), au jazz-rock en
passant par l'électro (Air, Moby,…).
Un 1er album éponyme est paru en 2012 suivi
par des concerts en France, au Portugal, au Japon. Cependant, un important
changement d'effectif a précédé la parution, le 20 octobre 2017, d'un deuxième album intitulé "Ta2πR".
Alors que la voix de Jo Corbeau (alias Georges Ohannessian) résonne en introduction du premier
titre, Alban "Albattor" Gautier
(batterie), Sylvain Massaïa (basse),
Grégory Baldoureaux (guitare) et
Mickaël Bertoncini (claviers) ont
pris places sur les planches. Ils accueillent en outre Eléonore Begueria (violoncelle).
Encore une surprenante et réjouissante découverte de
ce Festival, décidément très prospecteur de talents. Une invitation au voyage
très réussie. Pourtant, de prime abord la similitude d'Alban avec Akhenaton
(jeune) était plutôt de nature à me rappeler que Marseille fut le berceau du
rap (argh !)… Me voilà bien rassuré, car tout au long du concert j'ai
franchement apprécié l'esprit novateur de ces musiciens qui osent et composent
dans un bel élan d'éclectisme. De surcroit, en tant d'admirateur de Leprous, je
ne peux que soutenir l'arrivée (récente apparemment) d'une violoncelliste au
sein du groupe. J'espère que cette nouvelle audace ne sera pas sans lendemain,
car il me semble qu'elle apporte une couleur appréciable à leur ambiance.
Le public leur accorde une ovation bien méritée. Un
mini entretien en public leur a permis d'exprimer leurs influences ; entendre
la référence d'Alban pour Nicko McBrain ne pouvait d'entretenir mon respect.
Artistes à suivre, donc !
Je me rends ensuite à l'échoppe pour me procurer "Ta2πR" et, à titre d'exploration,
leur premier album de 2012. J'ai pu faire part de mon soutien à ces cinq musiciens
humbles et aimables. Portraits et dédicaces immortalisent cette belle
rencontre.
PROGRAMME - Exode onirique (feat Jo Corbeau) (Ta2πR, 2017) - Rapa nui (Ta2πR,
2017) - Angkor vat (Ta2πR,
2017) - M87 (pas encore sorti, sur le futur 3èmealbum) - Breathe (monoplage sorti le 10 juin dernier) - Origins (pas encore sorti, sur le futur 3èmealbum). RAPPEL : - Astre témoin (feat Jo Corbeau) (Xxx, 2xxx) -
Aldebaran (Ta2πR, 2017).
A la base, ce groupe italien formé en 1998 à Florence, était le
projet parallèle du batteur/chanteur, Daniele CAPUTO. Il fut rejoint par le
claviériste Gianluca GERLINI qui
revendique maintenant la légitimité du groupe, puisque Daniele CAPUTO a posé
les baguettes dès 2010 ; Alessandro GIMIGNANI
est désormais le batteur. Le bassiste Stefano GABBANI a également rejoint le groupe, formant ainsi un trio.
Un premier album éponyme est paru en 2000. Un
quatrième album sobrement intitulé "Four"
est paru le 24 aout 2018.
Le nom du groupe ne cache pas son influence majeure,
celle des musiques qui se jouaient dans le métro londonien au début des années
70. Là encore, bien inspirée, la programmation du Crescendo explore les marges
du rock progressif.
Les festivaliers auront écouté, non sans nostalgie, Gianluca
Gerlini jouant à fond la carte de son orgue Hammond, dans la tradition inscrite
notamment par le britannique Brian Auger. Mais on entendra aussi les sons de
Mellotron et de Moog. Les musiciens m'ont semblé peu expressif, limite
introverti, mais appliqué. Un moment très agréable, propice à la détente et aux
évocations nostalgiques des années 70. Suggestion bienvenue alors que le ciel était
devenu bien gris et le vent un peu frais, à ce moment-là.
Une bonne partie du public s'est montrée réceptive à
ces évocations d'un autre âge. Une ovation honorable accompagne leur sortie des
planches.
PROGRAMME à déterminer
; j'attends la réponse du groupe… Xxx (Xxx, 2xxx).
Ce quatuor basé au Royaume-Unia été fondée au milieu des années 2010 par Alice Freya (chant, guitares). Le groupe semble
s'être relativement stabilisé autour d'elle, avec Darren Joseph (batterie, percussions), Jack Parry et Ryan Barnard
(guitares), et Jay Lewis Kreft
(basse). C'est leur première prestation en France, nous dit-on.
Leur premier album "See You At The End" est sorti en 2015, suivi de "A Drop In The Ocean" en 2019. Un
troisième album "Random Karma, Fate
And Destiny" est paru le 2 juin
2022.
Ce que je perçois ce soir me parait moins prog que
pop-rock, mais "qu'importe le flacon
pourvu qu'on ait l'ivresse", bien entendu. D'autant plus que la belle
Alice laisse entendre une très belle voix ; son timbre et sa tessiture me
rappellent bigrement la voix de Cindy Lauper (années 80). J'aime bien son
allure et son accent qui me paraissent typiquement british, même si elle tient
à se définir comme Galloise avant tout !
Bon, à part cela rien de franchement étourdissant ;
c'est de la bonne pop, rafraichissante et bien faite, mais qui m'a paru un peu
linéaire finalement. Cette prestation m'aura enfin permis de m'asseoir un peu
dans l'herbe, répit apprécié en ce troisième jour.
Toutefois, une interlocution musicale reconnaissable me
redresse immédiatement ; je cours dans la fosse lorsque le groupe termine son
concert par un mélange de titres de Led Zeppelin et surtout … de RUSH, oui de RUUUUUUSH !!! Je suis particulièrement
ravi par cette très belle reprise de "The Spirit of the Radio" ; il
faut dire que la voix de la Belle s'y marie à merveille ! Astucieuse manière de
clore leur prestation qui ainsi ne sera pas oubliée !
Douze titres auront été ainsi interprétés ; huit issus du récent opus (dont un seul titre a été écarté !), deux issus de "A Drop In The Ocean"(2019), et deux issus de "See You
At The End" (2015).
PROGRAMME Stop Yourself From
Turning Into Dust (Random Karma, Fate And
Destiny, 2022) Some Of Us (Random Karma, Fate And Destiny, 2022) We’re Being Rewired
(Random Karma, Fate And Destiny, 2022) White Noise (Random Karma, Fate And Destiny, 2022) Feed The Machine (Random Karma, Fate And Destiny, 2022) Any News (Random Karma, Fate And Destiny, 2022) Stay Out Of My Head
(Random Karma, Fate And Destiny, 2022) Game Over (Random Karma, Fate And Destiny, 2022) Morning Glow (A Drop In The Ocean, 2019) Lots Of Swords (See You At The End, 2015) Now Boarding (See You
At The End, 2015) Supergirl (A Drop In The Ocean, 2019). RAPPEL Extraits de LED ZEPPELIN et de RUSH.
Retracer le parcours créatif de ce collectif
multinational (danois, suédois et américains) me parait hasardeux et risqué. Je
me contente donc de relever simplement qu'il s'agit de babos qui se plaisent à "se réunir aussi souvent que possible pour
jouer de la musique space rock improvisée de forme libre". Le concept aurait
débuté en 2004. Le nom du groupe s'inspire
du pont Øresund, reliant le Danemark et la Suède depuis l'an 2000.Leur musique expérimentale est constituée d'un mélange
de psychédélique, de spacerock, de jazz et de krautrock. Le collectif évolue constamment,
ayant collecté sur leur parcours pas moins de 60 authentiques babacools, issus notamment
de groupes danois (Mantric Muse, The
Universals et Gas Giant), ainsi que de groupes suédois (Bland Bladen, The Carpet Knights, First Band
From Outer Space, Drahk Von Trip, Siena Root et Sgt. Sunshine).
Un premier éponyme est paru en 2006 ; le vingt-sixième
album "Oily Echoes Of The Soul"
est paru le 30 mars 2022.
Le collectif protéiforme se présente pour la première
fois en France ! Ce soir, le sextet est composé de Scott "Dr Space" Heller (synthétiseurs modulaires), Mogens Pedersen (claviers), Jiri Hjort
(basse), Jonathan Segel (violon,
guitare), Tim Wallander (batterie)
et Vemund Engan (guitare, Black Moon Circle).
Autant l'avouer, a priori je m'attendais au pire,
inculte que je suis. Ce concept difforme ne m'inspirait guère confiance, tout
juste m'apprêtais-je à sourire avec compassion. Et pourtant, à peine la fusée
partie, je me suis aperçu que je n'étais pas resté sur le pas de tir, mais
qu'au contraire j'étais à bord, parti avec eux vers la stratosphère et même au-delà.
Bon sang, quel plaisir inouï !!! J'ai rarement ressenti une telle transe pour un groupe découvert sur
scène ! Durant le concert, lors de mes rares instants de lucidité, je
m'étonnais du ressort de mes jambes, des contorsions de mon corps, et des échos
dans mon misérable esprit égaré dans les nimbes
extra-terrestres !!!... Quand je pense que certains se ruinent pour
acquérir des produits stupéfiants, alors qu'il suffit de se laisser emporter
par cette musique intersidérale pour oublier son ordinaire !
Le concept atypique de ce collectif consiste à
improviser sur scène avant de faire paraitre l'enregistrement correspondant. Un
musicien, souvent le bassisteJiri Hjort,
suggère à ses complices un accord, un son, une mélodie, puis les autres
enchainent sous l'autorité discrète mais vigilante de Dr Space. Derrière sa
boite mystérieuse, tel un énigmatique chef d'orchestre, le personnage un
tantinet mystique, vêtu tel un sorcier, semble diriger l'ensemble avec une
rigueur bienveillante.
La rythmique basse/batterie délivre une énergie
étourdissante sans répit, elle garantit implacablement les nuances hypnotiques et
une puissance sonore sidérante. C'est elle qui fait perdre le sens du commun à
l'auditeur. Je suis impressionné par la capacité d'adaptation et les soli deVemund Engan (guitare) et Jonathan Segel (violon ou guitare) qui
contribuent ainsi à retrouver des repères dans ce foisonnement d'émotions !
Incontestablement une
de mes plus belles révélations du Festival ! Avis largement mutuel, la
plupart des festivaliers peinent à atterrir après un tel périple intersidéral ! On ne sort pas indemne d'une telle
expérience, moi je vous le dis !!
Je me rue évidemment à l'échoppe pour me procurer
"ØSC Meets BMC", un album
représentatif me dit-on ; il fallait bien faire un choix. Dédicace et portraits
avec ces personnages charmants, qui se rendent disponibles entre deux bouffées
de fumées évasives…
Pas de liste de titres, puisque tout n'est
qu'improvisation. Ephémère. Ou pas. Peu importe. A posteriori Scott Heller a
publié quand cette liste :
1. French Intro 1:16 2. Tim’s Organic Pube Farm
28:07 3. Thanks 1:04 4. Crescendo Jam (for Francios
and Sylvestor) 26:26 5. Colourful Band Man 31:56 6. Encore Break 7. Reaching the Ocean 13:04
Pour débuter ce quatrième et dernier
jour, le Crescendo va surprendre les festivaliers ; il nous invite à faire
connaissance d'un artiste local Arnaud QUEVEDO
(né en 1981). Il enseigne la musique au Conservatoire de La Rochelle. Mais en
mélomane passionné et curieux, il partage ses influences musicales avec des
collègues, des anciens élèves devenus complices, pour produire des musiques
innovantes. Il ne cache pas son attrait éclectique pour des univers lyriques,
jazzy, funky ou rock, inspiré aussi par Magma, King Crimson, Gong entre autres.
Un mini-album (6 titres) "OniZ" est paru le 1er janvier 2012. Au printemps
2020, il décide d'enregistrer l'album "Electric
Tales" sous son nom propre (Arnaud Quevedo & Friends), paru le 1er
juillet 2020. Son second album "Roan"
est paru le 17 août 2021, enregistré
avec douze autres musiciens.
Ce personnage atypique nous aura surpris par sa bonne
humeur, son envie de partage, son insolence musicale, sa pédagogie …
Le public est encore un peu clairsemé à cette heure (mais cela ne durera pas heureusement tant le
Monsieur intriguera). D'entrée, il fait participer l'auditoire pour
introduire les musiciens. Entre ainsi en scène Eva Tribolles (contrebasse/chœurs), Lucille Mille (flûte traversière/chœurs), Éloïse Baleynaud (chant), Anthony Raynal
(batterie), Noé Russeil (basse/chœurs),
Marin Michelat (claviers), et Julien
Gomila (sax soprano et ténor).
Puis le professeur invite, interpelle, explique et
démontre, sans aucune procédure, de manière à la fois didactique et ludique.
Les oreilles s'aiguisent au fil des titres grâce à ce parcours initiatique. Chaque
pupitre est valorisé au fil du concert. Entre autres fantaisies, un auditeur est invité à monter sur les planches pour
participer à une Création musicale ;
il doit désigner successivement les pupitres qu'il invite à émettre des sons
sensés se conjuguer et produire une improvisation.
Et la magie de la Musique fonctionne
!
Les morceaux foisonnent
de sons enivrants,et
d'accords tantôt subtils, tantôt puissants. La richesse harmonique dégagée par cet ensemble est purement réjouissante et a enchanté le
public pendant environ soixante-dix minutes. Une ovation nourrie accompagne
légitimement cette belle équipe d'insolents !
Totalement séduit par la démarche, je me rue à l'échoppe
pour me procurer l'album "Roan".
Arnaud et ses musiciens sont aimables et disponibles, conformes à l'image qui
se dégageait sur scène. Le talent ne les étouffe pas, il les rend souriant et
heureux de nous faire plaisir par le partage des émotions. Un portrait pris
avec l'ensemble me laissera un souvenir impérissable d'une très belle
expérience purement musicale !
Nous aurons ainsi assisté à huit titres, dont trois
issus de "Roan" (2021) et quatre de "Electric Tales"(2020).
PROGRAMME - Prologue (Roan, 2021) - The Dark Jester (Electric Tales, 2020) - Electric Princess
1 & 2 (Electric Tales, 2020) - improvisation
avec le public - Mushi's Forest (Electric
Tales, 2020) - The Hypothetical
Knight (Electric Tales, 2020) - Métamorphose (Roan, 2021) - Ryoko (Roan, 2021).
Fondé en Finlande en 1999, ce quintet se
compose actuellement d'Alex Keskitalo
(chant et flûte), Jaakko Kettunen
(guitare), Ville Sjöblom (batterie),
Janne Katalkin (basse), Jere Saarainen (claviers).
Si leur premier opus fut déjà réussi, c'est avec leur
deuxième opus "Metaepitome"
paru en 2005, qu'Overhead a commencé gagner en notoriété dans le microcosme
progueux… "And We're Not Here After
All" paru le 1er juillet 2008 a confirmé leur
rang de valeur sûre. Mais c'est avec leur cinquième et très bon album "Haydenspark" paru le 15 novembre 2018 que j'ai connu leur
existence.
Un double album est en cours ; son titre sera "Telepathic Minds", et devrait
paraitre d'ici à février 2023. J'ai évidemment hâte d'écouter ce qu'ils
mijotent depuis de nombreux mois déjà !
Je suis particulièrement ravi de les revoir après leur
prestation particulièrement convaincante du 20 juillet 2019 lors du Night Of The Prog Festival (Loreley). Avant de les découvrir sur
cette scène, je me souviens avoir été inquiet de la voix, que j'assimilais à celle
de Kurt Cobain, ce qui me paraissait relativement éloigné de l'univers du prog.
Mais en fait elle passe très bien ! Leur musique est à la fois mélodique et
énergique. Accords et soli de flûte, de guitares ou de claviers créent une
harmonie entrainante et enthousiasmante.
Ce soir, je me suis collé au premier rang, au risque
de prendre les basses en pleine figure. Mais, c'est bien connu, quand on aime,
on prend des risques ; il faut les assumer. Mais en fait, je n'en ai pas trop
souffert, sauf à minorer la perception du chant. Mais pas de quoi altérer mon
plaisir. Et puis cela m'a au moins permis de saisir quelques belles images.
J'ai ainsi pu assister de près au jeu de scène très
agité d'Alex, le chanteur ! Intenable,
très expressif, en mouvement perpétuel ; il saute, il court, il fait mine de trébucher,
laisse tomber son micro (au moins deux fois !), se sert de sa flûte autant
comme instrument que comme accessoire de théâtre, renoue le fil d'attache de sa
flûte … bref on a du spectacle garanti ! ah au fait, je rassure, il chante
(aussi !). On devine son admiration pour Ian Anderson lorsqu'il joue de la
flûte en imitant sa posture légendaire. Le tout sous l'œil stoïque,
imperturbable du très efficace batteur Ville
qui semble habitué aux frasques de son comparse ! Jere, semble totalement investi dans ses accords synthétiques. Quant
à Jakko, serein, souriant, il est
manifestement heureux d'être là et heureux de nous rendre heureux ; quoi
d'autre ? Des soli étourdissants et incisifs accroissent les motifs
d'admiration pour ce groupe décidément très attachant.
Lorsque le concert se termine, les regards complices
entre les auditeurs en dissent long sur la satisfaction générale d'avoir
assisté à un concert jouissif !
Neuf titres sont interprétés, dont quatre issus de "Haydenspark"
(2018), trois issus de "Metaepitome"(2005), et un de "And
We're Not Here" (2008).
PROGRAMME Haydenspark (Haydenspark, 2018) Count Your
Blessings (Haydenspark, 2018) Metaepitome (Metaepitome, 2005) Last Generation (Haydenspark, 2018) Butterfly's Cry (Metaepitome, 2005) Gone Too Far (Haydenspark, 2018) Tuesday That Never
Came To The Madness (And We're Not Here After All, 2008) Dawn (Metaepitome, 2005).
Michał Wojtas (né le 23 décembre 1977
à Kielce, Pologne) est un multi-instrumentiste qui a commencé au piano,
très jeune, vite inspiré par la musique de J. M. JARRE. Mais il est curieux et
s'initie aux guitares, ou aux instruments de percussion ethniques, au sein
d'institutions musicales. En 1993, il est influencé par Mike OLDFIELD et PINK
FLOYD. Dans les années 1996-97, il coopère avec Bartosz Jackowski, guitariste
dont les inspirations lui paraissent similaires, pour des premiers
enregistrements encourageants, avant de passer à d'autres participations.
En 1999, fasciné par "Amarok" de Mike OLDFIELD, il baptise son nouveau projet de
rock progressif fondé à Varsovie, AMAROK qui aboutira à un premier album
éponyme en 2001. Puis il se découvre une nouvelle inspiration avec Mark KNOPFLER
et Jeff BECK, et collabore en studio avec Collin BASS (Camel).
Après une Interruption de 2005 à 2017, un quatrième
album; "Hunt" est paru le
23 juin 2017 ; c'est avec cet admirable opus qu'AMAROK me séduit.
Le sixième album "Hero" est paru le 15
octobre 2021.
AMAROK joue ce soir pour la première fois en France ;
un vrai privilège pour les festivaliers ! Nous trouvons ainsi sur les planches
Michał Wojtas (chant, guitare
claviers), Marta Wojtas (chant,
percussions), Konrad Zieliński (batterie)
et Kornel Popławski (basse, violon, claviers,
chœur).
Je craignais une déception tant j'attendais ces polonais depuis de nombreuses années. Ils ont surpassé mes espoirs. Une rigueur dans une prestation de haute-fidélité aux ambiances de leurs albums. Des musiciens sensibles talentueux, multi-instrumentistes. Un son absolument sublime, une atmosphère à la fois prog, éthérée, electro... PARFAIT. Un vrai régal !
Dès les premières mesures, ce concert s'avère être un nouveau voyage auditif somptueux, hors du temps ! Pour ce faire, Michał utilise, outre sa guitare et ses claviers traditionnels, plusieurs autres instruments et accessoires. Notamment l'harmonium, dont il utilise le soufflet à l'arrière afin de produire les meilleurs effets. Le thérémine, dont j'ai rarement assisté à un usage aussi subtil ! L'EBow, qui provoque l'entretien du son des cordes similaire à celui que produirait l'utilisation d'un archet. Tout cela anime un sentiment de rêve éveillé, bercé par sa voix douce et puissante à la fois. Marta rythme l'ensemble en toute subtilité et précision à l'aide de gong, conga, et autres accessoires. Konrad est le métronome absolu, sa sensibilité et sa puissance garantissent les atmosphères requises. Quant à Kornel, sa touche de perfection au violon à la basse ou au clavier, pleine de finesses et de raffinements, peaufinaient encore un peu plus l'interprétation.
La petite bruine qui s'était mise à tomber en cette fin de soirée n'a en rien terni ce magnifique concert. Au contraire, le léger rideau de crachin aux couleurs des éclairages amplifiait encore le sentiment féerique.
L'ovation du public ne pouvait qu'être exaltée ce concert fut un pur moment de bonheur !
Je me rends à leur échoppe non pour acheter (c'est le dernier jour, je n'ai plus de sous, et j'ai leurs albums) mais dans l'espoir de les rencontrer. A ma grande satisfaction, je découvre qu'ils sont exquis, humbles, accessibles ! Ils se prêtent volontiers au jeu des portraits, des discussions passionnées...
PROGRAMME Anonymous (Hunt, 2017) Distorted Soul (Hunt, 2017) Winding Stairs (Hunt, 2017) Nuke (Hunt, 2017) The Storm (The Storm, 2019) It's Not the End (Hero, 2021) Surreal (Hero, 2021) Hail! Hail! Al (Hero, 2021) The Orb (Hero, 2021) Hero (Hero, 2021) The Dark Parade (Hero, 2021) What you Sow (Hero, 2021) RAPPEL Metanoia (Metanoia,
2004).
FINAL[23h30]
C'est
une tradition, le Festival se termine par un monstrueux assemblage de musiciens
réunis pour chanter des chansons fédératrices. En l'occurrence la maîtresse de
cérémonie est la chanteuse lyrique (soprano) hongroise Yaroslava Dautry-Shevlyuga. Avec beaucoup de
charisme elle a interprété une belle version de Bohémian Rhapsody (Queen). D'autres
titres seront aussi interprétés par d'autres musiciens qui rejoindront la
scène, dont Antony Kalugin manifestement
surexcité de participer avec ses amis à cette instant de bonheur volé à sa dure
réalité. Nous aurons même droit à un mini-concert de Sunchild ! Overhead
dirigera une reprise de "21st
Century Schizoid Man" de King Crimson, à l'instar, de son final au
NOTP 2019.
Ce
qui suit ne se raconte pas mais se vit ; toute l'équipe de bénévoles (même les trois défunts camardes,
dernièrement disparus, sont à l'écran) rejoint la scène pour communier
ensemble à la gloire de la réussite de cette formidable et tant attendue
édition.
Rendez-vous
est fixé au vendredi 18 aout 2023.
L'agenda est coché.