vendredi 21 février 2025

OPETH – Olympia (Paris 9e) – le vendredi 21 février 2025.

Le Last Will And Testament european Tour 2025, s'inscrit dans une vaste tournée mondiale que OPETH a débuté en octobre 2024. La promotion de leur quatorzième album, qui est paru le 22 novembre 2024, nous permet donc de revoir ces Suédois enfin, plus de deux années après leur dernier passage à Paris. Parmi les seize dates européennes, prévues du 9 février et le 2 mars 2025, onze dates ont été annoncé "complet", dont celle de l'Olympia. Fort heureusement j'ai acquis mon ticket dès le 28 aout 2024 !

Ce nouvel album m'a complétement séduit dès la première écoute ; il constitue à mes sens l'une de leurs meilleures créations, et me parait être un des meilleurs albums de l'année 2024. Mon intérêt porte essentiellement sur la musique, mais, s'agissant d'un album conceptuel, il convient de souligner le thème de l'opus : "The Last Will & Testament se déroule dans l’après-Première Guerre Mondiale. Il raconte l’histoire d’un riche patriarche conservateur dont les dernières volontés et le testament révèlent des secrets de famille choquants. Le récit se tisse au fil des confessions du patriarche, des réactions de ses enfants jumeaux et de la présence mystérieuse d’une jeune fille atteinte de polio dont la famille s’est occupée. L’album commence par la lecture du testament du père dans son manoir. Parmi les personnes présentes se trouve une jeune fille qui, bien qu’orpheline et atteinte de poliomyélite, a été élevée par la famille. Sa présence à la lecture du testament éveille les soupçons et les questions des jumeaux..."

Pour en revenir à la Musique, ma réelle aversion de base pour les voix gutturales s'est partiellement dissipée au fil des écoutes d'albums de TIAMAT, dès le début des années 90, puis de ceux d'OPETH. Cet exercice n'est toujours pas mon style favori, mais ces deux groupes suédois, ont eu l'intelligence de ne pas en abuser et au contraire de l'enrober dans de subtiles alternances d'atmosphères certes lugubres et terrifiantes mais séduisantes. Et désormais, j'en suis arrivé à me considérer comme privilégié d'être capable de percevoir tous les raffinements de la Musique créée par Mikael Åkerfeldt.

La prestation d'OPETH du 27 novembre 2008 à l'Elysée Montmartre, lors de sa tournée "Watershed", m'avait suffisamment séduit pour continuer l'expérience. Cependant, celle-ci aurait pu s'interrompre le 5 novembre 2014 au Bataclan, par la faute d'une mauvaise acoustique pour les auditeurs placés en mezzanine (fort heureusement, j'avais eu la bonne idée de descendre au niveau de la console avant la fin !). Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais déçu par le groupe et sa musique. Sa plus récente prestation parisienne, à la salle Pleyel, le 16 novembre 2022 fut un régal. Ce soir, c'est ainsi mon douzième concert…

©ph. Samuel


Avec mon fiston, nous pénétrons dans l'Olympia peu après l'ouverture des Portes, vers 18h40 et prenons place à nos risques et périls, dans la fosse aux lions, dans les cinq/six premiers rangs, face au micro central de la scène.


GRAND MAGUS [20h00-20h40].
https://www.grandmagus.com/  et https://grandmagusband.bandcamp.com/album/sunraven

EXTRAIT DE LA BIOGRAPHIE OFFICIELLE : Le groupe fondé à Stockholm, Suède a publié un premier album éponyme "Grand Magus", le 5 novembre 2001 sur Rise Above Records. L'album orienté doom metal, a commencé à agiter l'underground et est aujourd'hui considéré comme un album culte. Au fil des années, GRAND MAGUS a introduit un penchant pour le heavy metal classique qui, combiné à son groove inhérent, est devenu la signature du groupe. Les premiers signes de cette évolution se trouvent sur "Monument" (2003) et "Wolf's Return" (2005). Mais c'est en 2008, avec '"Iron Will"', que le groupe s'est imposé et a conquis le cœur des fans. En plus des innombrables concerts, dont une tournée avec ELECTRIC WIZARD et CATHEDRAL, il a joué un rôle clé dans l'ascension proéminente du groupe. L'album "Hammer Of The North" (2010) a continué sur cette lancée et le groupe a tourné avec d'autres légendes de la scène : MOTÖRHEAD et DORO PESCH. L'entrée dans le classement des albums allemands était inévitable. Il en va de même pour les trois albums suivants : "The Hunt" (2012), "Triumph And Power" (2014) et "Sword Songs" (2016). On peut dire qu'il en va de même avec "Wolf God (2019)".

Leur dixième album "Sunraven" est paru le 18 octobre 2024. https://metal.nightfall.fr/index_17205_grand-magus-sunraven.html 

Le trio se compose actuellement de Janne "JB" Christoffersson (ex Cardinal Fang et ex Spiritual Beggars, chant, guitare, depuis 1996), Fox Skinner (basse, chœurs, depuis 1996), et Ludwig "Ludde" Witt (batterie, depuis 2012).

LE CONCERT. Grâce à une sonorisation équilibrée, relativement puissante mais audible, et un éclairage sobre mais clair, les Vikings nous ont confirmé leur capacité à reprendre tous les principes fondateurs du heavy metal. Car effet, leur musique évoque de belles références traditionnelles, influencée par Judas Priest, Saxon, Black Sabbath. Mais GRAND MAGUS exprime cependant une musique et un son particulier, sans doute du fait de leur configuration en trio.

C'est très bien exécuté et donc convaincant. Devant une telle efficacité difficile de critiquer ; il me semble cependant qu'ils pêchent par un certain statisme qui contraste avec l'énergie qui se dégage de leurs titres. Mais bon, cet impression est sans doute subjective et injuste, ils ont probablement passé l'âge de faire les clowns sur scène. On peut dire qu'ils ont bien chauffé la salle ; à son invitation le public participé (h)ardemment aux chœurs !

Etonnamment d'ailleurs, quatre ou cinq hurluberlus particulièrement excités de (re)voir GRAND MAGUS se sont crus autorisés à bousculer tous les premiers rangs pour imposer leur fortes corpulences devant nous... mais uniquement durant la prestation de ce groupe. Fort heureusement, après avoir démontré leur exaltation et contribué à l'ambiance, ils sont partis, bon débarras, nous accordant ainsi de nouveau nos champs de vision.

Le groupe quitte la scène sous les acclamations ma foi méritées ; ils sont ravis, nous aussi.

Leur prestation a parcouru cinq albums, avec huit titres, dont deux de leur plus récente parution, "Sunraven".

PROGRAMME

  1. I, the Jury (Hammer Of The North, 2010)
  2. Skybound (Sunraven, 2024)
  3. Steel Versus Steel (Triumph And Power, 2014)
  4. Ravens Guide Our Way (Hammer Of The North, 2010)
  5. Sunraven (Sunraven, 2024)
  6. Untamed (Wolf God, 2019)
  7. Like the Oar Strikes the Water (Iron Will, 2008)
  8. Hammer of the North (Hammer Of The North, 2010).

OPETH [21h15-23h15]

Fondé en Suède par Mikael Åkerfeldt (guitare, depuis 1990, puis chant, depuis 1992), OPETH a connu de nombreux changements de musiciens. Une relative stabilité s'est établie depuis une quinzaine d'année. Il est entouré désormais de Martín Méndez (guitare basse, depuis 1997), Fredrik Åkesson (guitare, chœurs, depuis 2007) et Joakim Svalberg (clavier, synthétiseur, chœurs, percussions, depuis 2011), ainsi que Waltteri Väyrynen (batterie, percussion, depuis septembre 2022).

La sonorisation m'a semblé bien équilibrée et raisonnablement puissante ; mes protections auditives ne m'ont pas paru nécessaires. Un éclairage raffiné a mis en valeur toutes les nuances d'atmosphères, sans nuire à la visibilité. Un fond de scène était constitué d'un dispositif de plusieurs écrans de différentes tailles, répartis sur toute la largeur ; ils ont permis d'illustrer le plus souvent les titres du récent album.

Sans surprise, et pour le plus grand bonheur des plus anciens admirateurs, OPETH est revenu à un univers plus metal et plus puissant. Toutefois, le groupe conserve sa capacité à exprimer toutes ses nuances et ses complexités harmoniques, avec finesse et efficacité. Ce qui me séduit dans mon salon, continue dans cette fosse très agitée. Une puissance dévastatrice qui soudainement se calme, comme si on se trouvait au centre d'un cyclone. 

Les quatre titres du récent opus, somptueusement illustrés par les images sur les écrans, sont exprimés fidèlement et avec une grande maitrise. Je confirme l'émotion produite par les soli de Fredrik, sensibles et incisifs. Martín et Waltteri sont parfaitement coordonnés pour garantir une rythmique d'une redoutable efficacité. Joakim apporte l'onirisme et la délicatesse dans ce monde tenté par la brutalité.

Mikael quant à lui, m'impressionne toujours pour son aisance à alterner la voix claires et la voix gutturales, sans altérer la qualité du chant. A part cela, fidèle à lui-même, il demeure toujours très bavard entre les chansons. Peut-être trop, pour ceux qui ne maitrisent pas la langue de Shakespeare. Mais, de ce que je parviens à capter, il est tellement drôle et sincère, qu'on lui accorde volontiers ce droit, d'autant que la durée du concert est en proportion acceptable. Anecdote amusante, Mikael, emporté par son éloquence, s'est trompé dans la présentation d'un titre à venir ; avec une opportune sagacité, Martín vient lui rappeler l'ordre prévu, pour rétablir la situation. Autre anecdote, lorsque sa guitare le lâche en pleine prestation, et que son technicien se précipite pour lui remplacer, il n'omet pas de lui rendre un hommage appuyé, repris par le public qui ovationne et scande son prénom "Yyyyves" !

Bref l'ambiance était là, un bel échange entre les artistes qui expriment leur Art et les auditeurs qui renvoient leur satisfaction. Avec une ferveur qui m'a souvent éprouvé ; à mon âge, je commence à peiner à supporter les bousculades, même bienveillantes. D'autant moins que je conserve un esprit guerrier, qui tient son emplacement âprement. Mais au bout d'un moment je sature, et je confesse que cela est parfois de nature à contrarier ma perception du moment. A l'avenir, j'opterai probablement pour un supplément de frais afin de bénéficier d'une place plus calme… Mais mon combat parmi ces jeunes loups ne m'a pas abattu, puisque je me suis retrouvé au troisième rang, toujours face à Mikael ; bel exploit.

C'est ainsi que j'étais parfaitement placé pour assister au titre final que j'attendais ; "Deliverance", un puissant feu d'émotions, imparable ! Pourtant, comme son nom l'indique, cette délivrance finale est la bienvenue pour reposer le corps et l'esprit après deux heures de concert de très haute intensité !

Les ovations et la participation très physique d'un public exalté, ont démontré la satisfaction générale. On m'a rapporté que l'acoustique fut excellente en mezzanine également.  

Huit albums sont évoqués avec douze titres, dont quatre issus de "The Last Will & Testament", deux de "Deliverance", un de "Blackwater Park", un de "Damnation", un de "Ghost Reveries", un de "Heritage", un de "Morningrise", et un de "Sorceress". De manière plus anecdotique, le groupe joue une traditionnelle et amusante évocation de Napalm Death, avec "You Suffer", un titre aussi court que brutal.

PROGRAMME

Bande son introductrice :Seven Bowls (chanson d'Aphrodite’s Child)

  1. §1 (The Last Will & Testament, 2024)
  2. Master's Apprentices (Deliverance, 2002)
  3. The Leper Affinity (Blackwater Park, 2001)
  4. §7 (The Last Will & Testament, 2024)
  5. Häxprocess (Heritage, 2011)
  6. In My Time of Need (Damnation, 2003)
  7. The Night and the Silent Water (Morningrise, 1996)
  8. §3 (The Last Will & Testament, 2024)
  9. Ghost of Perdition (Ghost Reveries, 2005)
  10. A Story Never Told (The Last Will & Testament, 2024).

RAPPEL :

  1. Sorceress (Sorceress, 2016)
  2. Deliverance (Deliverance, 2002).

Cette fois encore, je suis sage et je ne cède pas aux tentations de l'échoppe. Les t-shirts sont pourtant tentants mais onéreux, à quarante euros ; c'est non. Heureux mais épuisés, je dirais même éreintés (...), nous passons notre chemin, pour nous engager sur une heure de trajet dans les transports nocturnes.




samedi 8 février 2025

MOONSHINE BLAST – LE ZÈBRE de Belleville (Paris 11) – samedi 08 février 2025

Soirée en quasi-totale découverte ! La salle comme ses occupants (locataires et visiteurs) m'étaient (presque) inconnus jusque cette  soirée promotionnelle d'un nouvel opus. Le plaisir n'en est que décuplé !

LE SITE. Son gérant prétend, de manière quelque peu chauvine, que le lieu est situé "au cœur du Paris qui bouge". Il est situé au 63 boulevard de Belleville, dans le 11ème arrondissement de Paris, à mi-chemin entre le Bataclan et les Buttes-Chaumont. En tous cas, pour ma part je découvre ce site… Il s'agit d'un ancien cinéma de quartier "Le Berry" qui s’est métamorphosé en un cabaret parisien et une salle de cirque/spectacle/concert. LE ZÈBRE DE BELLEVILLE a été inauguré le 1er mars 2002, vantant "Un espace accueillant, chaleureux et convivial se prêtant à toutes les envies, toutes les folies et bien entendu tous les arts. Un lieu qui a une âme !" Rien de moins …  Nous allons donc vérifier cela. Sa capacité d'accueil est de cent-quatre-vingt-dix-neuf personnes, pas une de plus !


LE CONTEXTE. En dépit d'un calendrier musical 2025, déjà bien rempli, les discussions passionnées entre mélomanes demeurent de nature à entretenir des envies nouvelles… Fut-t-il charitable de me signaler l'existence d'un groupe français, MOONSHINE BLAST, dont les influences seraient susceptibles de caresser mes sens ?

Toujours est-il qu'animé d'une curiosité bienveillante, j'ai ainsi pris le temps, entre deux autres nouveautés, d'écouter une copie du nouvel album "Realm of Possibilities". Même si les références sont effectivement relativement évidentes, j'ai été suffisamment séduit pour acquérir, moyennant 15 €, le ticket de ce concert dès le 12 décembre dernier. Autant accorder à de jeunes pousses une chance de broder sur d'honorables canevas ! Après tout, je n'oublie pas que beaucoup d'artistes de renom ont débuté, eux aussi, par des contributions en hommage à leurs propres références. J'estime ainsi que c'est une occasion peu onéreuse de sortir des sentiers battus (je parle du site) et de vérifier ce que ces franciliens (originaires de l'Essonne) ont dans les tripes.

En prospectant un peu, je découvre qu'un premier album, déjà prometteur, "Reality Fear" est paru le 20 mars 2018. Six années de maturation ont abouti à un second album, "Realm of Possibilities" paru le 6 décembre 2024, qui confirme les qualités du premier, tout en diversifiant les tendances musicales vers des sphères davantage susceptibles de me séduire. Fait notable, des personnages prestigieux de l'univers progueux ont collaboré pour ce nouvel ouvrage ; Bruce Soord, Steve Kitch, Colin Edwin (basse), Pat Mastelotto (batterie). Des harmonies familières bercent mes oreilles et me rappellent agréablement THE PINEAPPLE THIEF, MARILLION ou PORCUPINE TREE, et cependant je parviens à trouver mon plaisir ; n'est-ce pas là l'essentiel, après tout ?

Arrivés les premiers sur place avec ma p'tite Fée et mon fils, nous voyons rapidement la file d'attente s'étoffer. Les portes tardent à s'ouvrir ; les équilibrages de sonorisation de l'invité semblent prendre du temps. Mais Thomas Zecchinon vient en personne nous rassurer sur le trottoir. Manifestement, l'homme est excité à l'idée de nous faire partager son émotion…

A l'intérieur, nous parvenons aisément à nous placer à notre convenance ; je préfère me positionner avec mon fils et Christian, mon pote photographe, au premier rang, quand ma protégée se mets en retrait en confort, nous aurons ainsi un recueil d'impressions stéréophoniques !

Le lieu est très agréable, le décor et l'éclairage tamisé entretiennent un sentiment de confort douillet et tranquille. La fosse et le bar sont surplombés d'une mezzanine en fer à cheval. L'acoustique de la salle s'avérera excellente.


RAITH MRAD [20h30-21h10].

Méconnaissant le personnage, j'ai glané des informations : Raith est compositeur-auteur-interprète; qui s'est construit d'expériences scéniques autant en duo, qu'en solo, et qu'en groupe, en Ile-de-France, mais aussi dans d’autres pays européens. Un premier album "Live from Nowhere", un concert en acoustique, semble avoir recueilli un bel accueil.

Pour en savoir plus :
https://compositiondemao.com/raith-compositeur-de-mao/
https://indie-up.com/raith-mrad-prepare-sa-prochaine-sortie-avec-indie-up/ (entretien publié le 23 janvier 2020)

Raith et sa guitare acoustique se présente sur scène, d'abord pour une première partie, accompagné d'un choriste doté d'une caisse de percussion. Puis, pour une seconde partie, de prestation par un saxophoniste et un trompettiste. La sonorisation est confortable pour la configuration acoustique de la formation. L'éclairage est sobre mais toutefois suffisamment lumineux pour montrer ce qui se passe sur la scène.

Raith exprime avec sincérité et authenticité ses chansons aux sonorités chaleureuses folk et soul. Parfois francophone, parfois non. Les auditeurs peuvent cependant être touchés par le biais d'une voix au timbre émouvant. Son envie de communiquer des émotions complexes avec simplicité le rend attachant. D'autant plus lorsqu'il souligne sa reconnaissance pour Moonshine Blast qui l'a invité une nouvelle fois ! Il suggère à la part du public venu pour lui ce soir, de prêter attention à ce groupe qui l'a séduit. Malheureusement ceux-ci ne semblent pas assez curieux et respectueux pour capter quoi que ce soit au-delà de leur bulle, car ils n'auront pas cessé de la soirée de bavarder en tournant même le dos à la scène !! Je considère que Raith mérite un meilleur public que celui-là … Tant pis pour eux, leur brouhaha ne sera pas parvenu à couvrir le concert de MB.

Huit titres ont été interprétés :

PROGRAMME

  1. Tellement de si
  2. Si c'est flou
  3. From Nowhere
  4. Moi, je ris
  5. Summer Breeze
  6. Epiphénome
  7. How I love You
  8. Hey Ya.

MOONSHINE BLAST [21h20-23h00]
https://moonshineblast.bandcamp.com/album/reality-fear

Nous découvrons quatre musiciens sur la scène : Nicolas dit "Duke" (chant, claviers), Thomas Zecchinon (batterie, percussions), Jean-Baptiste David (basse) et Marius Marin (guitare / chœurs).

La sonorisation est parfaitement équilibrée, le son est profond mais sans puissance excessive, juste ce qui faut pour entrainer un auditoire qui se laisse volontiers bercer. L'éclairage nous a semblé aux couleurs bien dosées, lumineux et bien positionné (même si Duke se plaint de ne pas discerner le public en raison du faisceau éblouissant) permet aux chasseurs d'images ainsi qu'au public de percevoir les émotions et la concentration des musiciens. La batterie est placée au fond sur notre droite. Le pupitre du guitariste à notre gauche, celui du bassiste à notre droite. Le clavier de Duke est au centre mais légèrement en retrait, ce qui lui permet de passer devant pour mieux s'exprimer au chant.

Très rapidement l'auditoire ne peut qu'être happé par le charisme de Duke, charisme qui n'est pas sans rappeler celui d'un certain H. Sa gestuelle, son éloquence, son gout pour la comédie allant jusqu'à se munir d'un masque à gaz ou se draper. Son attrait pour le clavier comme pour le micro. On ressent l'artiste impliqué, investi et motivé pour convaincre son auditoire. Il surveille tout, jusqu'à poser la main sur le manche de son guitariste pour lui indiquer un accord attendu !

Thomas est un homme heureux. Son sourire transparait de son coin obscur. Sa frappe entraine efficacement ses complices ainsi que le public. Il a la redoutable responsabilité de lancer les séquenceurs et s'en acquitte bien en dépit des aléas techniques inhérents à cet exercice… Un ou deux incidents ne perturberont pas notre engouement. Comme l'a reconnu Duke, lui-même, à trop se confier à la technologie on prête le flanc à ce genre d'aléas. Je ne suis pas partisan (doux euphémisme) de l'usage de bandes-son, mais je dois reconnaitre que celles-ci n'étaient pas toutes superflues (je pense en particulier à celle pour "The Cell").

Quant au guitariste et au bassiste, j'ignore quel avenir leur est réservé dans le groupe, mais il est permis d'imaginer le travail accompli pour assurer ce concert. Ils s'en tirent ma foi honorablement, quelques accords et soli n'ont pas manqué de relever le plat à maintes reprises.

Ces talents conjugués ont permis de mettre en valeur ledit opus qui se veut aux confins du rock alternatif et du poprock ; l'auditeur aura perçu l'univers alternativement aérien, éthéré, envoutant et puissant.

Le public, à la moyenne d'âge très jeune, est enthousiaste et bruyant pour montrer sa satisfaction et soutenir ces brillants prétendants à un avenir radieux.


Les deux albums ont été représentés par treize titres ; huit issus des douze de "Realm Of Possibilities", et cinq des dix de "Reality Fear". En abordant le concert avec le dyptique "Realm Of Possibilities", puis "Strangled", l'auditoire s'est trouvé vite embarqué dans un tourbillon enivrant et d'autant plus réconfortant que toutes les chansons sont interprétées brillamment. La conclusion, avec un "The Cell" construit sur un exaltant et audacieux crescendo electro-prog d'une quinzaine de minutes, a achevé le sentiment d'avoir vécu une excellente soirée !

PROGRAMME

  1. Realm of Possibilities (Realm Of Possibilities, 2024)
  2. Strangled (Realm Of Possibilities, 2024)
  3. The Gate of Dawn (Reality Fear, 2018)
  4. Only you (Realm Of Possibilities, 2024)
  5. Mars (Reality Fear, 2018)
  6. Leaving the way Home (Reality Fear, 2018)
  7. Fractal (Realm Of Possibilities, 2024)
  8. Under. Control. (Realm Of Possibilities, 2024)
  9. Earthquake (Reality Fear, 2018)
  10. Burning out (Reality Fear, 2018)
  11. Liquid feels II (Realm Of Possibilities, 2024)
  12. Broken Arrow (Realm Of Possibilities, 2024).

RAPPEL :

  1. The Cell (Realm Of Possibilities, 2024).

Pour récompenser tant d'efforts efficaces, il eût été amplement mérité de pouvoir nous procurer le CD de l'album dûment promu. Hélas un souci de pressage ne nous permettra pas d'en disposer dès ce soir ; nous devrons nous contenter encore quelques semaines de sa copie. Au final, voilà une excellente soirée qui me sera revenu à 15€, soit un rapport qualité-prix bien supérieur à celui d'un de ces méga concerts dont les organisateurs se rassasient !




samedi 25 janvier 2025

MIDWINTER festival 2025 – TivoliVredenburg Grote Zaal, Utrecht, Pays-Bas - 25 janvier 2025.

 

Le 3 février 2024, la première édition de ce festival hivernal nous avait ravis, par son affiche ainsi que par son cadre, dans un auditorium confortable en tous points. Ce nouveau festival compensait ainsi la fin de deux autres (Loreley et Prog en Beauce). Nous nous sommes procurés nos tickets le 25 septembre 2024, compte tenu du prix modique (identique à l'an dernier !) et de l'affiche encore attrayante.

Ouverture des portes à 13h00. Nous arrivons vers 13h30, mais néanmoins nous parvenons à prendre place avec un très bon point de vue et d'écoute. L'organisateur laisse le placement libre ; les premiers arrivés sont ainsi légitimement les mieux placés. Nous retrouvons donc ce bel espace, configuré en demi-cercle pour l'évènement. La salle propose 1 717 places assises, disposées en gradin. Avec la fosse, sa capacité d'accueil peut atteindre 2 000 personnes. La déclivité abrupte des gradins permet une hauteur entre chaque rangée qui est mesurée de manière à ce qu'aucun auditeur ne gêne celui qui est placé devant ou derrière. Petits et grands sont ainsi à la même enseigne. La salle est bien remplie.

De leur côté, les artistes me semblent bénéficier d'un espace scénique confortable. La procédure de transfert de matériel entre les artistes est suffisamment astucieuse pour qu'aucun ne gêne l'autre. Le dispositif d'éclairage et de sonorisation m'a paru globalement équitable durant toute la session.

A l'échoppe, je me procure le t-shirt officiel du festival (25€).


LESOIR [13h45-14h45]. https://lesoirmusic.com/

Ce quintet néerlandais (limbourgeois) a été fondé en 2009 par Maartje MEESSEN (claviers, flûte, voix) et Ingo DASSEN (guitares). Il définit sa musique en tant que "artrock". Les musiciens ne cachent pas leurs influences ; Gazpacho, The Pineapple Thief, Anathema, Steven Wilson, Porcupine Tree, Pain of Salvation. Leur premier album éponyme est sorti en 2011.

J'ai pu apprécier leur prestation du 16 octobre 2023, alors invités par RIVERSIDE à l'Alhambra de Paris.

Le sixième album, "Push Back The Horizon" est paru le 20 Septembre 2024.

LESOIR est actuellement composé de Maartje Meessen (voix, piano, flûte), Ingo Dassen (guitare, synthé, Co-Fondateur du Midsummer Prog Festival), Eleën Bartholomeus (guitare, chœurs), Ingo Jetten (basse, chœurs), et Bob Van Heumen (batterie et percussions, chœurs). Sept autres musiciens sont invités, spécialement pour le MidWinter Prog, afin de pouvoir interpréter leur morceau épique d'une vingtaine de minutes, "Babel" ; le lot supplémentaire est constitué d'un quatuor de cordes, d'un percussionniste et d'une chanteuse, ainsi que de Kristoffer Gildenlow.

LESOIR a choisi pour sa prestation sept titres parmi deux albums, dont six issus de "Push Back The Horizon". A l'instar de mes impressions précédentes, ce groupe est agréable à entendre, les musiciens s'appliquent à produire une musique harmonieuse avec des segments enthousiasmants. Personnellement, j'ai été davantage emporté par le morceau final "Babel", audacieux dans sa conception, mais efficace.

Le groupe local est chaudement acclamé par le public majoritairement batave.

PROGRAMME

  1. Aeon (Push Back The Horizon, 2024)
  2. You Are the World (Push Back The Horizon, 2024)
  3. The Drawer (Push Back The Horizon, 2024)
  4. Dystopia (Mosaic, 2020)
  5. Under the Stars (Push Back The Horizon, 2024)
  6. Push Back the Horizon (Push Back The Horizon, 2024)
  7. Babel (Push Back The Horizon, 2024).


Une séance de dédicaces a été proposée avec THE FLOWER KINGS à 14h45.


AVKRVST [15h30-16h30]. https://www.avkrvst.com/

AVKRVST (prononcer Aukrust, ou phonétiquement "Owkreust" ; remplacer les V par des U) est un quintuor norvégien récemment fondé par Martin UTBY et Simon BERGSETH ; on nous rapporte qu'ils auraient fait un pacte à l'âge de sept ans pour former un groupe. Ces deux gamins avaient donc de la suite dans les idées…

Leur album "The Approbation" est paru le 16 Juin 2023. L'opus, décrit comme " conceptuel ", a été enregistré dans une petite cabane dans la forêt norvégienne d'Alvdal. Il exprime des atmosphères qui ne sont pas sans rappeler celles de Porcupine Tree, ou Opeth. Ces joyeux lurons chantent sur "une âme sombre qui est laissée à ses propres pensées, vivant à l'intérieur d'une cabane, seule et isolée, s'éloignant de la civilisation et acceptant la mort". Le visionnage de la vidéo promotionnelle " The Pale Moon " illustre avec de bien belles images, un progmetal que j'estime assez convaincant, ma foi.  Il leur reste à confirmer sur scène cette impression favorable …

AVKRVST est actuellement composé de Simon Bergseth (basse, guitares, chant), Martin Utby (batterie, synthétiseurs), Oystein Aadland (basse, claviers), Edvard Seim (guitares), et Auver Gaaren (claviers).

Leur prestation  me semble conforme à ce qui était pressenti. Cette musique ne prête guère aux réjouissances, et ces jeunes artistes manquent encore d'un peu de charisme. Cependant, les segments semi acoustiques et accords plus lourds alternent avec une belle fluidité mélodique. On perçoit bien leurs influences assumées qui nous rappellent bigrement Opeth et/ou Porcupine Tree, avec un zeste de King Crimson. Le chant est le plus souvent clair, mais de courtes incursions à une voix gutturale peuvent surprendre l'auditeur non averti.

Une bonne partie du public acclame cette prestation relativement prometteuse. Pour convaincre davantage, ils devront s'émanciper de leurs honorables inspirations.

AVKRVST a choisi pour sa prestation six titres issus de "The Approbation".

PROGRAMME

  1. The Pale Moon (The Approbation, 2023)
  2. Isolation (The Approbation, 2023)
  3. The Great White River (The Approbation, 2023)
  4. Arcane Clouds (The Approbation, 2023)
  5. Anodyne (The Approbation, 2023)
  6. The Approbation (The Approbation, 2023).


Une séance de dédicaces a été proposée avec RIVERSIDE à 16h30.


RENDEZVOUS POINT [17h15-18h30]. https://rendezvouspointband.com/

Ce quintuor norvégien fut fondé à Kristiansand, en 2010. Les musiciens se sont rencontrés lorsqu'ils étudiaient la musique rythmique à l'université d'Agder.

J'ai déjà pu les apprécier à deux reprises en concert ; durant leur tournée "Solar Storm", le 5 octobre 2015 (ici) au feu Divan du Monde, invité de LEPROUS. Puis durant leur tournée "Universal Chaos", (ici) le 8 mars 2020 au Trianon, invité d'ANATHEMA.

Leur troisième album, "Dream Chaser" est paru le 21 juin 2024.

RENDEZVOUS POINT est actuellement composé de Petter Walter Hallaråker (guitar), Nicolay Tangen Svennæs (claviers), Gunn-Hilde Erstad Haugen (basse), Baard Hvesser Kolstad (batterie, LEPROUS) et Geirmund Hansen (chant).

Là encore, pas de surprise, je retrouve le groupe conforme à mes impressions antérieures. Ces Scandinaves jouent un métal progressif davantage énergique que mélodique, principalement influencé par leur très illustre compatriote LEPROUS. Mais il serait injuste de s'attarder à cette comparaison. Certes, les compositions ne me paraissent pas aussi mélodiques, et bien évidemment, le chant de Geirmund Hansen, quoique puissant, souffrirait de la comparaison avec celui d'Einar. En revanche, chaque musicien exprime sa partition avec talent et efficacité. Le prix du charisme étant bien sûr décerné à Baard Hvesser Kolstad qui s'implique autant qu'au sein de LEPROUS ; sa frappe dévastatrice procure au groupe une énergie impressionnante. Par ailleurs, je vous mentirais si je n'avouais pas avoir porté plus souvent qu'à mon tour un regard sur la très belle Gunn-Hilde… Détail notable, ils arboraient tous un ruban de couleur autour d'un bras ou d'une jambe ; allez savoir pourquoi…

La tension et l'attention montent indéniablement d'un cran avec cette prestation. L'auditoire, auquel je me joins avec enthousiasme, ovationne bruyamment.

RENDEZVOUS POINT a choisi pour sa prestation treize titres parmi trois albums, dont six issus de "Dream Chaser". Il semble que ces six titres sont interprétés pour la première fois en concert.

PROGRAMME

  1. Digital Waste (Universal Chaos, 2019)
  2. Utopia (Dream Chaser, 2024)
  3. Pressure (Universal Chaos, 2019)
  4. Para (Solar Storm, 2015)
  5. Oslo Syndrome (Dream Chaser, 2024)
  6. The Tormented (Dream Chaser, 2024)
  7. Universal Chaos (Universal Chaos, 2019)
  8. Presence (Dream Chaser, 2024)
  9. Still Water (Dream Chaser, 2024)
  10. Wasteland (Solar Storm, 2015)
  11. Don’t Look Up (Dream Chaser, 2024)
  12. Apollo (Universal Chaos, 2024)
  13. Mirrors (Solar Storm, 2015).

Je me rends à l'échoppe pour me procurer "Dream Chaser" (20€).


THE FLOWER KINGS [prévu 19h15, mais début 19h30-20h40]. https://www.roinestolt.com/

Ce quintet suédois perdure depuis sa création en 1994 à Uppsala, Suède, en dépit d'un hiatus de quatre années, entre 2008 et 2012. Roine Stolt (Ex-KAIPA) avait d'abord formé un trio, avec lui à la guitare et au chant, Jaime Salazar à la batterie et Hasse Bruniusson aux percussions, ex-SAMLA MAMMAS MANNA). Puis cette formation a travaillé avec Stolt sur son album solo "The Flower King", avec la participation de Hasse Fröberg (chant principal et chœurs) …qui est finalement resté avec eux. Bientôt, ils décident de former un groupe en utilisant le nom de l'album solo, THE FLOWER KINGS est ainsi né, ce nom est un hommage au botaniste suédois Carl Linnaeus (alias Carl von Linné), le père de la taxonomie moderne, qui est né non loin de l'endroit où Stolt a grandi. "C'est lui qui a donné des noms aux fleurs", a déclaré M. Stolt. Puis, le claviériste Tomas Bodin et le frère de Roine, Michael Stolt, à la basse, se joignent à eux et le groupe est officiellement au complet.

Leur premier album "Back in the World of Adventures" parait en septembre 1995. En 1999, Michael Stolt quitte le groupe et est remplacé par Jonas Reingold… Jusqu'au mouvement inverse en 2021. En 2001, après "The Rainmaker", c'est au tour de Jaime Salazar de quitter le groupe.

Leur seizième opus studio "Look at You Now" est paru le 8 septembre 2023. Mais, ce soir, les vétérans suédois du rock progressif THE FLOWER KINGS joueront un set spécial basé principalement sur leur troisième album studio "Stardust We Are" qui est paru en avril 1997.

Lors du Misummer festival en 2019, nous avons eu l'occasion d'assister à la prestation de THE FLOWER KINGS "REVISTED" (les pupitres du claviériste et du bassiste étaient en flottement). En revanche, la formation aujourd'hui est identique à celle que nous avons vue au festival NOTP, le 21 juillet 2023.

Nous retrouvons ainsi : Roine Stolt (chant et guitare solo, depuis 1994), Hasse Fröberg (chant et guitare, depuis 1994), Michael Stolt (basse et Moog, de 1994 à 1999, et depuis 2021), Mirko DeMaio (batterie et percussions, depuis 2018), Lalle Larsson (claviers, depuis 2023).

Cette prestation était d'autant plus attendue, que celle du Loreley a été malheureusement écourtée par des problèmes techniques. Hélas, ce soir encore, de nouveaux soucis semblent avoir perturbé l'ordonnancement de leur passage ; après quelques réglages, TFK débute avant un quart d'heure de retard ; celui-ci ne sera que très partiellement rattrapé en finissant cinq minutes plus tard…

Mais notre patience aura été récompensée par un concert fantastique. On retrouve toute la richesse de mélodies, les harmonies (vocales et instrumentales), les ruptures dynamiques… le tout, souvent comparable à l'univers de Yes. En se concentrant principalement sur l'album "Stardust We Are", cette belle formation de THE FLOWER KINGS s'est assurée de la satisfaction des progueux les plus anciens !

Bien évidemment le public est ravi et acclament haut et fort ces dignes représentants du rock progressif !

THE FLOWER KINGS a choisi pour sa prestation cinq titres parmi trois albums, dont trois issus de "Stardust We Are".

PROGRAMME

  1. Compassion (Stardust We Are, 1997)
  2. Church of Your Heart (Stardust We Are, 1997)
  3. Garden of Dreams (Flower Power, 1999)
  4. Big Puzzle (Back in the World of Adventures, 1995)
  5. Stardust We Are (Stardust We Are, 1997).

RIVERSIDE [21h30-23h00]. https://riversideband.pl/en/

Ce quintet polonais créé à Varsovie fin 2001, s'est imposé comme un des groupes majeurs du rock progressif moderne, à force de talent et de persévérance. Après avoir surmonté son immense tristesse qui a suivi le brutal décès de leur guitariste Piotr Grudziński en 2016, RIVERSIDE parvient à perdurer et à rayonner sans cesse davantage, grâce à une discographie frisant l'excellence et des tournées triomphales.

En ce qui me concerne, c'est par le biais de réseaux sociaux que je me suis intéressé à eux vers la fin des années 2000, avant de pouvoir assister à un premier concert, à la Locomotive (ici) le samedi 14 novembre 2009, lors de leur tournée "Anno Domini High Definition" ; un événement dont je ne me suis toujours pas remis. Je les revois ce soir pour une douzième fois.

La formation actuelle comprend Mariusz Duda (chant, guitare basse, guitare acoustique, depuis 2001), Piotr Kozieradzki (batterie, percussions, depuis 2001), Michał Łapaj (claviers, chœurs, depuis 2003) et Maciej Meller (guitare solo, depuis 2017).

Leur huitième album studio, "ID.Entity" est paru le 20 janvier 2023. Ce énième succès a été entretenu par de longues tournées intercontinentales. On peut admettre que le groupe se sente assez cramé pour annoncer une pause pour l'année 2025 ! Mariusz a en effet déclaré que ce 25 janvier sera l'unique date européenne de l'année et que la Cruise sera leur seule autre prestation.

Déjà dans ce cadre, nous pouvons donc nous considérer comme privilégiés d'assister à cet évènement, de fait exceptionnel. Mais en outre RIVERSIDE présente un programme spécifique, composé de titres retravaillés et interprétés avec fantaisie et talent ! A tel point que, pour être honnête, je n'ai pas toujours pu reconnaitre les chansons ! Je ne pouvais qu'être ravi par cette démarche, moi qui me plains fréquemment du manque d'improvisations pendant les concerts de nos jours… Par confort ou par obligation, les spectacles me paraissent trop souvent formatés, minutés, sélectionnés, cadrés. Ce soir, pour cet ultime concert avant longtemps, les polonais se sont fait Plaisir, ils ont joué l'Audace et la Liberté ! Mariusz et Michał nageaient de toute évidence dans le bonheur, les mines réjouies, les corps dansants ! Piotr était trop concentré derrière son pupitre pour que nous distinguions un quelconque signe de plaisir, mais il est permis d'imaginer son régal de contrebalancer son registre traditionnel ! Quant à Maciej, il m'a semblé vraiment s'épanouir enfin dans son rôle ; le groupe lui laisse désormais de plus longs segments de jeu. Par exemple, "Hyperactive" a été introduite à la guitare au lieu du clavier.

Comble de fantaisie, pour terminer ce concert d'anthologie, les membres du groupes s'égrainent un à un pour sortir de scène ; d'abord Maciej puis Mariusz, puis Michał laissant seul Piotr clore le son dans l'obscurité tombée. Tout un symbole.

Le public ne s'y est pas trompé et a ovationné les artistes, comme ils le méritent ! Je me fiche pas mal de la médiocre qualité de mes images immortalisée pour l'occasion ; elles témoignent au moins d'un évènement qui m'aura marqué durablement.

RIVERSIDE a choisi pour sa prestation neuf titres parmi six albums, dont deux issus de "ID.Entity", deux de "Anno Domini High Definition", deux de "Out of Myself", un de "Second Life Syndrome", un de "Shrine of New Generation Slaves", un de "Wasteland". J'ai assisté, incrédule, à des interprétations originales de chansons ; les deux premières m'ont paru méconnaissables ! Certaines n'avaient plus été jouées depuis 2020 ("Out of Myself", "Wasteland", "Hyperactive"). Mon album préféré "Anno Domini" n'a pas été oublié, avec deux titres ! Débarrassée d'artifices sonores, "Big Tech Brother" n'a pas subi d'introduction parlée préenregistrée !!

Bref, que du Bonheur !

PROGRAMME

Bande son introductive : "I Don't Want to Set the World on Fire" (chanson de The Ink Spots, 1938)

  1. Second Life Syndrome (Second Life Syndrome, 2005)
  2. Out of Myself (Out of Myself, 2003)
  3. Big Tech Brother (ID.Entity, 2023)
  4. Wasteland (Wasteland, 2018)
  5. Hyperactive (Anno Domini High Definition, 2009)
  6. Friend or Foe? (ID.Entity, 2023)
  7. Egoist Hedonist (Anno Domini High Definition, 2009)
  8. Escalator Shrine (Shrine of New Generation Slaves, 2013).

RAPPEL :

  1. The Curtain Falls (Out of Myself, 2003).

Il m'a fallu toute la haute classe de ce concert mémorable pour me maintenir éveillé après une journée agitée (…) ; le déplacement vers l'hôtel s'effectue en mode zombie.