samedi 31 janvier 2026

CACHEMIRE + HOWARD / La Cigale (Paris 18e) / le samedi 31 janvier 2026.

La période que certains s'amusent à nommer avec gourmandise "la trêve des confiseurs", s'apparente plutôt, pour le musicophile que je suis, à un jeûne, une diète, une privation de concerts, de musique vivante ! Ma musicothérapie est ainsi amputée d'un traitement de soutien essentiel. En ce 31 janvier, j'ai ainsi fiévreusement compté pas moins de cinquante-six jours, soit un mois et vingt-cinq jours sans concerts.

Bien que l'attractivité des sonorités raffinées du rock progressif m'ait quelque peu écarté du rock énervé ces dernières années, CACHEMIRE avait marqué mon répertoire musical de l'année 2024. Leur prestation lors du RAISMESFEST le dimanche 8 septembre 2024 avait totalement sidéré tous les festivaliers. Y compris ma P'tite Fée qui m'accompagne ce soir ! Cette prestation extérieure en appelait une autre, en salle ! Nous attendions donc une nouvelle tournée promotionnelle, et nous n'avons donc pas longtemps hésité à nous procurer nos tickets, dès le 15 juillet 2025.

En tout état de cause, la soirée est annoncée "complet", le 20 janvier !


LE SITE. Aaaah, enfin LA CIGALE ! " Viens ici, fout le camp ! "…

Bien que située, une fois de plus, au Nord de Paris, cette jolie salle de spectacles m'avait séduit, par son décor mais aussi et surtout par son acoustique. Mais je n'avais eu le plaisir de m'y rendre que pour seulement trois concerts, entre 1998 (Manowar) et 2007 (Pure Reason Revolution et Porcupine Tree). J'admets bien volontiers avoir probablement manqué quelques autres opportunités ; oui, je confesse avoir manqué notamment le concert de MARILLION qui y fut enregistré le 29 avril 1994. Mais de fait, il me semble cependant que la programmation particulièrement sélective (j'allais écrire intolérante) rend son accès particulièrement restreint, voire interdit à notre microcosme (progueux et metalleux inclus). Mes goûts sont pourtant éclectiques mais visiblement, la dogmatique programmation encore affichée à ce jour pour l'année à venir (https://lacigale.fr/programmation) continue d'accueillir des artistes probablement respectables (quoique…), mais en contribuant à ostraciser notre univers. Ah, je relève toutefois la prévision de The Aristocrats, le 1er juin 2026.

LA CIGALE est entourée de voisins bien plus accueillants et bien plus éclectiques ; tels que Le Trianon, l'Elysée Montmartre. Avec une certaine arrogance, son slogan a pourtant l'insolence de prétendre : " La Cigale, un véritable lieu d'échange, de partage et de découvertes aux pieds de Montmartre ; cent-trente-huit années de passion, de vibrations et d'émotions. Elle maintient son statut de salle iconique en accueillant la fine fleur de la scène française et internationale ". Donc, comprenons ici que pour être digne de ces oreilles-là, le rock doit démontrer des qualités horticoles, séduisantes et conformes aux standards élitistes tels que définis par un mystérieux oracle !

Mais que les gueux incultes soient enfin comblés et reconnaissants, sa Seigneurie a estimé qu'au regard de ses dix années CACHEMIRE serait digne de fouler l'auguste scène.

Allons, soyons magnanimes et laissons au gérant exposer l'histoire : "En 1887, à Pigalle, La Cigale entonne son premier chant face à mille spectateurs. Elle agite l’éventail de ses spectacles : Sketchs, danse, musique. Comme son prestigieux voisin Le Moulin Rouge, elle accueille de célèbres danseuses de Cancan : La Goulue, Rigolboche etc… Les opérettes et vaudevilles se succèdent jusqu’en 1927 avec Mistinguett, Maurice Chevalier et Arletty pour ne citer qu’eux. Depuis 1887, La Cigale n’a jamais fermé ses portes et s’est perpétuellement transformée, au gré des travaux d’embellissement et renouvelé au travers des grandes avancées de son temps. D’abord café-concert puis music-hall, elle devient "La Cigale-Cinéma" pendant 60 ans… avant de devenir, en 1987, la salle de concert que nous connaissons aujourd’hui." Ses murs englobent LA BOULE NOIRE, autre lieu de notre mémoire (…).

Compte tenu de sa capacité d'accueil de 1 472 personnes debout, j'imagine que beaucoup de nos groupes favoris s'y rendrait volontiers…


LA SOIREE. Nous arrivons vers 17h30 pour nous insérer dans une file d'attente encore à son amorce, mais qui ne tarde pas à s'agrandir derrière nous ! Nous pourrons ainsi entrer paisiblement pour choisir un emplacement à notre guise, situé en balcon sur la gauche en regardant la scène. En effet, il convient de souligner avec satisfaction que le placement est libre, à l'ancienne. Ce qui avantage les plus passionnés et courageux, ayant bravé l'attente hivernale. Seules deux rangées de fauteuils de balcon, soit une vingtaine face à la scène, étaient réservés, ce qui laissait un beau choix à tous les autres spectateurs.

HOWARD [19h50-20h30].
https://howardtheband.bandcamp.com/

Ne connaissant pas le groupe, je me renseigne en préalable : "Entre le rock organique des aînés et les résonances électroniques actuelles, le trio Howard trace son chemin en puisant dans ses émotions les plus sombres comme les plus porteuses d’espoir pour offrir un véritable ouragan rock confinant à la transe." Ce que j'entends sur son site Bandcamp me semble intéressant, en tous cas a priori cohérent avec son hôte… Je relève qu'il est passé sur la scène du Hellfest le 21 juin 2025 et du Grand Rex le 9 novembre 2024.

Après un premier album sorti le 15 juin 2018, quelques autres parutions précèdent celle d' "Oscillations" du 28 mars 2025.

L'effectif semble stable depuis le début avec Jean-Marie Canoville (chant guitare, et thérémine), Raphaël Jeandenand (claviers, thérémine), et Tom Karren (batterie). Sur la gauche de la scène se trouve le pupitre des claviers, sur la droite s'agite le guitariste/chanteur, alors que le batteur est au centre légèrement en retrait.

La sonorisation était parfaitement équilibrée pour laisser percevoir les accords flamboyants des claviers, de deux thérémines et de guitares. L'éclairage accordé pour cette première partie de soirée est certes limité, mais un projecteur additif astucieusement ajouté sur le côté rend l'espace suffisamment lumineux pour distinguer musiciens et instruments. Le mur du fond de scène est drapé avec le logo du groupe.

Nous avons été rapidement séduits par cette musique entrainante, festive et/ou atmosphérique, mêlant électro et rock survitaminé. J'ai particulièrement apprécié la maitrise de Raphaël Jeandenand sur ses outils numériques et la thérémine placée de son côté. Ses mains galopent et caressent les touches, sur les nombreuses options en face de lui. L'autre thérémine étant utilisé une seule fois en complément par Jean-Marie Canoville, qui pour sa part, alternait une guitare électrique habituelle avec une guitare basse étonnamment petite, surtout sur le personnage d'une corpulence impressionnante ! L'ensemble étant vaillamment cadré par les frappes redoutablement efficaces de Tom Karren.

Une prestation qui aurait toutefois pu être davantage convaincante avec moins de bavardages intermédiaires, qui ont un peu cassé le rythme. Bon, on aura compris qu'ils semblaient sincèrement émus de leur présence sur cette scène. Le meneur est pourtant charismatique même s'il peine à bien diriger le public ; par exemple en s'inspirant des concerts metal, il scinde la foule en deux, mais laisse les protagonistes égarés, sans top départ. Quelques maladresses qui ont traduit un manque d'expérience de la scène, dommage.

Ce fut cependant un agréable moment et le public acclament le trio qui peut être content d'avoir emporté l'adhésion qui attendait pourtant avec impatience d'en découdre avec Cachemire.

PROGRAMME
A déterminer


CACHEMIRE [21h00-22h25]
https://www.cachemiremusic.fr/
https://www.facebook.com/cachemiremusic/about?locale=fr_FR
https://www.youtube.com/@cachemirevideos/videos

Avant leur remarquable prestation au RAISMESFEST, je ne connaissais pas vraiment CACHEMIRE, un quintuor français et francophone, qui avait pourtant déjà conquis quelques scènes ! Fort heureusement, à l'heure dite de leur prestation, j'étais particulièrement réceptif car, intrigué par sa réputation, j'avais eu la prudence de me renseigner sur la Bête. Sage précaution, quand on connait la vie de festivalier, qui est parfois enclin à des discussions interminables au bar ou dans les files d'attente de latrines !

Depuis cette apparition, je ne pouvais que reprendre mon bâton de pèlerin prédicateur pour soutenir ces vaillants adeptes du rock francophone, dignes descendants d'illustres ainés ! A l'instar de LAZULI, ils démontrent une fois de plus que notre langue n'est pas incompatible avec le rock.

Contrairement à mon habitude, cette fois je ne peux pas honorer les musiciens en les identifiant. Ils font partie de ceux qui prétendent effacer leurs individualités au profit de l'Art qu'ils sont censés nous faire partager.

Article de presse intéressant pour en savoir davantage : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/cachemire-du-rock-francais-qui-demange-5742996

J'espère ne pas brusquer leur modestie en relatant cependant qu'après cinq années passées dans le groupe MOBSOFA, "Seb" et "Freddy" avaient décidé de repartir à l’aventure début 2012, avec deux nouveaux compères. CACHEMIRE voit ainsi le jour mi-2012, composé de quatre musiciens des Pays de Loire. Plus exactement, ils viennent des Mauges, de Vendée et de Nantes. Puis le quatuor est devenu un quintuor. Nous écoutons donc les pseudonymés "Fred Bastar" au chant, "Seb" à la basse (+chœurs), "Farid" à la batterie, et "Ron" à la guitare. Quant au guitariste "Sven" Kaballero, il vient de céder son pupitre à "Alice Animal".

Un premier album "Photochope-moi" est paru le 13 mars 2015. Un deuxième album studio, "Qui est la Punk ?" est paru le 4 mai 2018, puis un troisième "Dernier Essai" est paru le 25 février 2022.

Leur quatrième album studio "Suffit Juste d'Une Seconde" est paru le 10 octobre 2025.

Le quintuor, conformément à leur campagne promotionnelle, est vêtu de blanc. En jupe (avec panty, en dessous quand même hein ; 'faut pas déconner !) pour les hommes et en short pour la dame. Même les instruments, guitares et batterie) sont blancs ! Sur notre gauche de l'espace on distingue le quatuor de cordes (trois violons et un violoncelle, compagnons depuis 2018). Le bassiste est devant eux. Des invités participeront en alternance ; le claviériste Corentin Pujol, a impressionné avec ses accords joués au clavinet, puis le guitariste Stanislas " Yarol " Poupaud fut également remarquable de talent et de charisme, ainsi que Tanguy " Teka " Kerleroux. L'apport de ces trois larrons fut remarquable, étoffant les harmonies de soli opportuns !

Dans ce cadre acoustique excellent, la sonorisation fut parfaitement équilibrée ; elle a permis de percevoir les pupitres avec clarté et puissance. En revanche, l'éclairage m'a semblé insuffisant ; juste quelques projecteurs placés en plafond et en fond de scène, finalement peu efficients. Heureusement, une imposante structure triangulaire permet de maintenir une relative luminosité. Le mur du fond de la scène est peu utilisé, juste éclairé ponctuellement de la diapo du dernier album.

Nous pouvions nous en douter, l'ambiance fut très électrique, réactive, bouillante. C'est bel et bien du rock brut de décoffrage, puissant, percutant, simple mais efficace. Ledit Fred Bastar avoue volontiers, dans ses entretiens, une influence de TELEPHONE, mais je ressens aussi du NOIR DESIR et même du SUPERBUS. Le charisme de Fred Bastar pourrait réveiller n'importe quel désabusé, la foule répond à ses moindres désirs ; ça s'assoit, ça saute, ça danse, ça chante et ça acclame bruyamment. Vu du balcon, on ne peut qu'être impressionné par la puissance dégagée. Bref, on voulait s'encanailler, on n'est pas déçu. On est bien loin des subtilités harmoniques du rock progressif, mais on assume.

Bon, s'il fallait poser un bémol sur cette harmonieuse portée musicale, les textes en français effleurent parfois une démagogie rampante. Mais qui est inhérente au genre. La plupart de leurs ainés ont également dénoncé et revendiqué avec plus ou moins de subtilité, sur des sujets sociétaux ; une forme de politiquement correct dans un milieu rock réputé alternatif. Personnellement, cet aspect ne me dérange pas trop, je fais mon marché. Je prends en priorité cette énergie salvatrice.

Le concert aura duré moins de quatre-vingt-dix minutes, et sans rappel. Une fin un peu brutale donc. Les lumières du palais sont rallumées lorsqu'une bande son amplifie "Hey Jude" des Beatles, et que Fred Bastar se laisse porter par la foule en délire, pour un aller/retour vers la console du fond !

Sur les quatorze titres, neuf sont issus de "Suffit Juste d'Une Seconde". L'album précédent "Dernier Essai" est oublié.

PROGRAMME

  1. Moi Etre Roi (Qui est la Punk, 2018)
  2. Ma gueule (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  3. A l'ancienne (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  4. Sexy beat (Qui est la Punk, 2018)
  5. Suis-Moi Baby ! (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  6. Mouscash (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  7. La Nuit je mens (reprise d'Alain Bashung, 1998)
  8. Adam (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  9. Ces Voix (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  10. Seul (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  11. La Veste (Qui est la Punk, 2018)
  12. Pied Au Plancher (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025)
  13. L'Animal (Photochope-moi, 2015)
  14. Chanson pour sépultures (Suffit Juste d'Une Seconde, 2025).

Conforme à ma prévision, cette soirée de remise en forme fut très agitée, et revigorante. Nous aspirons désormais à notre prochaine étape, davantage conforme à nos centres d'intérêts musicaux désormais ; ce sera dès samedi prochain, pour le MidWinter Festival, à Utrecht !


samedi 6 décembre 2025

MOSTLY AUTUMN – Spirit of 66 (Verviers, Belgique) – samedi 6 décembre 2025.

MOSTLY AUTUMN a instauré, il y a plusieurs années, un rituel auquel nous nous sommes joints tardivement, depuis 2022. Tous les ans à la même époque, (allons, j'ose) surtout en automne donc, ces artistes Anglais originaires de York, traversent la Manche pour convier ses admirateurs du continent à marquer la période de l'Avent. Le Spirit of 66 constitue une des étapes.

Avec ma p'tite Fée, nous revenons volontiers festoyer ce soir, pour notre quatrième Avent consécutif. C'est aussi l'occasion d'assister à notre huitième concert de MOSTLY AUTUMN, depuis le 3 juin 2022 ; en trois ans et demi, le septuor accède ainsi au rang des vingt groupes que j'ai vu en concert le plus souvent depuis quarante ans. Notre objectif demeure un déplacement sur leur terre, à York

On peut comparer cet engouement à un vrai coup de foudre, sur fond de repentir. Nous nous sommes beaucoup attachés à ces musiciens, tant musicalement qu'humainement. Dans mes précédents récits, je me suis déjà longuement exprimé sur le talent et la personnalité des musiciens, en évoquant la biographie du groupe formé en 1995. (cf. notamment mon récit du 16/12/22, ou alors celui plus récent et plus succinct du 28/3/25).

Voilà une vingtaine d'années que des albums fabuleux ont été édités à notre insu, à la différence de quelques astucieux musicophiles. Heureusement, le prosélytisme au sein de notre microcosme de mélomanes passionnés permet, un tant soit peu, de rattraper ce genre de coupable bévue.


Notre Rite annuel débute par une route de quelques quatre cents kilomètres, qui nous mène à Verviers, une petite ville ardennaise de Belgique.

L'étape gastronomique traditionnelle s'impose ; comme à chaque fois, nous nous restaurons à La Fringale, une petite friterie qui satisfait pleinement notre gourmandise ! N'oublions pas que nous sommes en Belgique ; l'excellente bière locale nous est servie à la pression, les frites sont succulentes. Nous sommes comblés de plaisir.

Une fois restaurés, nous retrouvons avec bonheur notre chère Maguy qui nous accueille dans son douillet hôtel des Ardennes. Nous sommes heureux de la revoir, car depuis quelque temps, elle cherche un repreneur pour son établissement. Elle voudrait prendre sa retraite, sans aucun doute bien méritée, néanmoins secrètement nous aimerions qu'elle reste encore le plus longtemps possible. Car sans elle, cet accueil et ces espaces au charme suranné disparaitraient assurément… Cependant, il plane comme un parfum de fin de règne.

Nous nous y accordons une phase de repos bien mérité avant de nous rendre au Spirit of 66.


LE CONCERT [20h30-21h30 et 21h50-23h30].

Impatients, confiants, heureux, nous retrouvons le septuor constitué de Bryan Josh (chant et guitares, depuis 1995), et Iain Jennings (claviers, de 1995 à 2005, puis depuis 2010), toujours entourés d'Olivia Sparnenn-Josh (chant principal depuis 2010, mais chœurs, percussions, flûte à bec, depuis 2004), Angela Gordon (flûtes, claviers, percussions, et chœurs, de 1999 à 2007, et depuis 2015), Chris Johnson (guitares rythmiques et acoustiques, chant, claviers, de 2006 à 2007, et depuis 2014), Andy Smith (basse, depuis 2000) et de Henry Rogers (batterie, depuis 2018).

Dans le cadre de la promotion de leur album " Sea Water ", qui est paru le 28 février 2025, nous avions assisté à leur concert du vendredi 28 mars 2025, chez Paulette. Ce fut encore une soirée gavée de belles émotions !

Nous sommes toujours ravis de revenir au Spirit of 66. L'acoustique de cette salle mythique n'est plus à démontrer, et ce soir l'ingénieur du son fut à la hauteur en nous délivrant une sonorisation digne de ces artistes. Basses et batterie furent dosées avec l'équilibre requis, ce qui permit à tous les autres pupitres de s'exprimer dans toutes leurs nuances. La configuration du Spirit ne permettra jamais de disposer d'un éclairage considérable mais cependant nous nous sommes facilement contentés de l'existant.

Le temps avec MOSTLY AUTUMN passe toujours bien trop vite. Pourtant, un dense programme de vingt-trois titres, délivré en deux actes, aurait pu rassasier notre appétit féroce. Mais que nenni ; nous trouvons au final encore le moyen de déplorer l'absence de tel ou tel autre titre !!! Averti de ce danger à l'aune de mes précédentes participations, j'ai pris soin de porter mon attention sur chaque moment, sur chaque musicien. J'ai tenu à capter ces mini-évènements qui rendent un concert particulier ; les (fréquents) moments de virtuosité, les regards complices entre les musiciens, mais aussi les échanges avec le public. A défaut de maitriser le temps, j'ai tenté de maitriser mes émotions. Autant que faire se peut…

Une bande son (sans doute la seule du concert) introductive, un peu longuette, met notre patience à rude épreuve, avant que les musiciens pénètrent enfin sur la scène… L'équilibre des sons est immédiat, ce qui nous permet de nous réjouir dès les premières mesures, de nous laisser délicieusement emporter dans un tourbillon d'harmonies…

Olivia Sparnenn-Josh, modeste, humble et pourtant tellement douée, irradie la salle de tout son talent et de toute sa beauté ; sa voix est dotée d'un timbre, d'une tessiture et d'une puissance magnifique. L'an dernier, certains avaient remarqué qu'elle n'était pas aussi à l'aise qu'à son habitude, sans doute indisposée. Mais ce soir, d'un avis unanime, elle est à son meilleur niveau, sans équivoque ! D'ailleurs, son sourire trahit un plaisir évident d'être sur la scène avec ses amis, elle contribue ainsi à une complicité réjouissante et efficace.

Angela Gordon, discrète et humble, mais tellement essentielle, apporte ses talents de multi instrumentiste ; la choriste qui accentue les émotions avec une remarquable intensité, la flutiste bouleversante de sensibilité, la claviériste en complément astucieux aux partitions d'Iain. Dans tous les cas, elle incarne avec brio l'authenticité du groupe qui évite les bandes-son.

Chris Johnson, dont la sensibilité à fleur de peau se ressent constamment, démontre lui aussi un talent essentiel au groupe. Sa voix, tant aux chœurs, qu'au chant principal quand vient son tour, est touchante de délicatesse et de douceur. Idem pour ses interventions aux guitares (sa vieille acoustique trouée mais toujours sonore ou son électrique) qui viennent étoffer et soutenir celles du Patron.

Andy Smith, discret pilier avec sa nouvelle basse (il est vrai que son ancienne avait visiblement vécu !!) contribue à la rythmique entrainante avec une constance sans doute rassurante pour les autres.

Henry Rogers, le maitre des tempos, est également d'une efficacité sans faille alors que son regard montre une attention scrupuleuse pour se conformer aux dispositions du collectif.

Iain Jennings, c'est le lieutenant qui encadre la scène dans l'espace opposé du Patron. Ses accords de claviers expriment de gracieuses mélodies dans une atmosphère onirique avec une grande sensibilité. Il surveille lui aussi la cohérence du groupe avec bienveillance.

Enfin, le Grand Patron, Bryan Josh, que je considère parmi les plus grands guitaristes, régule son équipage avec une bienveillante fermeté. Toujours vêtu de son t-shirt (sons of Ragnar), le virtuose exprime des soli de guitare avec une élégance, une sensibilité qui ne peuvent qu'émouvoir son auditoire. Son chant, rauque mais doux, est une alternance agréable à celle de son épouse, avec qui la complicité est évidente, touchante.

Bref, la prestation fut conforme à ce que nous étions venus chercher ; un plaisir intense et partagé. Les mots qui continuent de résumer leur musique, et qui reviennent sans dans mon récit demeurent "mélodie", "harmonie", "sensibilité", "délicatesse", "douceur", "complicité", "virtuosité", "talent". Bref, un pur enchantement musical.

Le public nombreux et cosmopolite (ça parle allemand, néerlandais et français) se montra particulièrement enthousiaste et chaleureux, ce qui semble avoir été perçu par le groupe au regard des sourires affichés (et de leur publication du lendemain).

MOSTLY AUTUMN dispose d'une discographie de quinze opus de studio et pourrait sans réserve y puiser de quoi réjouir son auditoire. Il en résulte assez fatalement une frustration de ne pas entendre davantage de titres anciens et de retrouver souvent un programme similaire aux précédents concerts. Mais ce caprice d'admirateur est coupable car on n'est jamais déçu par cette source de plaisirs irrésistibles.

La prestation de ce soir a sélectionné sept opus. Elle comporte vingt-trois titres, dont huit issus de " Sea Water " (2025). Mais aussi un de "Graveyard Star" (2021), trois de "White Rainbow" (2018), un de "Sight of Day" (2017), un de "Heart Full of Sky" (2006), trois de "Passengers" (2003) et deux de "For All We Shared" (1998). Le concert se termine par trois reprises traditionnelles et opportunément festives. Notons que contrairement aux années précédentes, les joyeux lurons ne se sont pas coiffés du bonnet conique rouge et blanc. Nous non plus, d'ailleurs.

PROGRAMME

ACTE 1 :

  1. Let’s Take a Walk (Seawater, 2025)
  2. In for the Bite (reprise de Josh & Co. Limited, 2016)
  3. Winter Dreaming (Seawater, 2025)
  4. Western Skies (White Rainbow, 2018)
  5. Why Do We Remember All the Rain (Seawater, 2025)
  6. Future Is a Child (Seawater, 2025)
  7. Passengers (Passengers, 2003)
  8. Silver Glass (Heart Full of Sky, 2006)
  9. The Night Sky (For All We Shared, 1999).

ACTE 2 :

  1. Distant Train (Passengers, 2003)
  2. Answer the Question (Passengers, 2003)
  3. My Home (Seawater, 2025)
  4. Be Something (Seawater, 2025)
  5. If Only for a Day (Seawater, 2025)
  6. Back in These Arms (Graveyard Star, 2021)
  7. Into the Stars (White Rainbow, 2018)
  8. Changing Lives (Sight of Day, 2017)
  9. When We Ran (Seawater, 2025)
  10. White Rainbow (White Rainbow, 2018).

RAPPEL :

  1. Heroes Never Die (For All We Shared, 1998).
  2. I Believe in Father Christmas (reprise de Greg Lake)
  3. A Spaceman Came Travelling (reprise de Chris de Burgh)
  4. Fairytale of New York (reprise de The Pogues). 

Comme d'habitude, en dépit de leurs travaux de démontage de la scène et de chargement du matériel, les membres du groupe (en particulier Olivia, Chris, Angela et Bryan) se montrent accessibles et d'une sincère gentillesse. Je ne me prive pas de leur répéter toute mon admiration. Je leur épargne les portraits, mais je les invite malgré tout à signer le dernier opus que j'avais préalablement emmené à dessein.

A l'échoppe, je me lâche. Je me procure quatre albums ; "Glass Shadows" (15€), "Still Beautiful - Live 2011" (20€), "Through These Eyes" (10€) et "Transylvania - Part 1 - The Count Demands It" (10€). Ainsi qu'un t-shirt (15€). Et hop ! Parce qu'ils le méritent. Et puis moi aussi.

Nous sommes déjà impatients de les revoir, même si "Heroes Never Die" faisant, cela ne manquera pas de survenir, tôt ou tard… Hélas, il ne faut pas trop compter sur notre petit hexagone pour cela. A défaut de traverser la Manche pour se rendre à York (il faudra bien qu'on atteigne cet objectif un jour ou l'autre), il se pourrait bien que nous traversions le Rhin. L'Allemagne est dans le viseur (Neunkirchen n'est qu'à 420 km aussi après tout…), ce serait le jeudi 7 mai 2026. Soyons fou…



samedi 15 novembre 2025

KOMODRAG & THE MOUNODOR + LUCIE SUE Espace Icare du Réacteur, à Issy-les-Moulineaux (92) – samedi 15 novembre 2025.

Ce concert, à priori l'avant-dernier de l'année 2025, me semble l'occasion d'un premier regard dans le rétroviseur. Le bilan annuel montrera certes de nombreuses émotions liées aux parutions d'albums et aux concerts, mais je peux d'ores et déjà prétendre qu'au rayon "découvertes", KOMODRAG & THE MOUNODOR aura été LA Révélation de l'année 2025 ! Confirmant ainsi que non, le rock n'est pas mort, de jeunes loups prennent la relève, et de très brillante manière !!

Cette découverte, le 14 septembre à l'occasion du Raismesfest 2025 (Nord), fut assez ébouriffante pour nous inciter, dès la semaine suivante, à traverser l'Ile-de-France (et sa légendaire circulation…), vers sa banlieue Nord, afin de nous assurer de ne pas avoir été victime de la berlue ! Cette piqûre de rappel, le 20 septembre à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), s'avéra encore plus convaincante et achevait de nous séduire ! Nous étions ainsi rassurés ; nous n'avions donc pas été victimes de substances hallucinogènes ! Nous ne sommes pas dans un futur incertain et chaotique des années 2020, nous sommes bien en 1970, …tout va bien !

De surcroît, leur échéancier montrait quelques autres dates dans nos contrées durant cet automne ; jamais deux sans trois, dit-on… La présente date fut ainsi immédiatement cochée !! Le ticket fut acquis le 23 octobre.

Une fois n'est pas coutume, cela se passe dans notre banlieue Sud de Paris. Le pôle musical du Réacteur d'Issy-les-Moulineaux, qui dispose notamment de l'Espace Icare, est situé au 31 boulevard Gambetta. Il s'agit d'un bâtiment de plus de 2500 m², doté de plusieurs équipements à caractères culturels et sportifs, dont cet auditorium modulable qui peut accueillir 350 places debout, 142 places assises). Encore un site à découvrir !

Les joies procurées par les transports en commun à Paris sont insondables ; la ligne 12, censée desservir le site, est fermée précisément sur ce secteur, depuis la Porte de Versailles. Bah, une p'tite marche d'une vingtaine de minute ne nous fera pas de mal (à l'aller en tous cas, au retour ce sera un peu plus pénible !), d'autant plus que la pluie automnale s'est arrêtée. On arrivera une trentaine de minutes avant l'ouverture des portes qui sera effective à19h30.

Nous découvrons la salle d'accueil du bâtiment avec son p'tit bar sympa (peu onéreux), puis l'espace Icare qui est situé en sous-sol. Sensation de confort dans ce bel auditorium dont le mobilier et les murs sont de nature à nous rassurer a priori sur sa qualité.


LUCIE SUE [20h00-20h45].
https://luciesue.com/
https://luciesue.bandcamp.com/
https://www.youtube.com/@iamluciesue
https://www.metalrock-magazine.com/news/20244/lucie-sue-nouvel-album-battlestation-le-29-aout/

Dans notre entrain à revoir les Bretons, nous avions quelque peu ignoré l'invitée, LUCIE SUE dont j'ignorais totalement l'existence. Seul mon fils connaissait la Dame, qu'il avait remarquée sur la scène principale du HELLFEST, le 13 juin 2025, lorsqu'elle fut invitée à gratouiller des cordes de basse quelques minutes pendant la prestation de STEEL PANTHER, devant 60 000 personnes.

Son ascension est soutenue par Richard Gamba, son directeur musical qui est connu pour avoir travaillé entre autres pour Gojira pendant plusieurs années. Il voit en elle, une artiste majeure de la scène metal. Son frère Baptiste Germser lui apporte également son soutien technique et logistique. À 46 ans, son obstination lui permet d'atteindre ses objectifs. Afin de garantir son financement, elle continue à travailler dans son studio de graphiste, Sphynx, dont elle a repris le nom pour créer son label musical.

Je me renseigne sur ce quatuor et découvre le parcours honorable de la Biarrotte. Elle se présente ainsi : "La musique, c’est ma vie. Je suis née dans une famille de musiciens. J’ai étudié le violoncelle au conservatoire de Lyon. Il ne s’est jamais passé un jour sans musique. J’ai joué dans des groupes de rock, metal, pop, ou folk. Dans des orchestres symphoniques aussi ! (…). Jusqu’ici j’ai TOUT payé avec mes économies : L’enregistrement, le mixage, la production musicale, la promotion, les clips, les marchandises, l’essence, les péages, les sandwichs Sodebo, etc. Beaucoup pensent que la musique est mon métier et que j’en vis agréablement. PAS DU TOUT : Je travaille comme graphiste la journée, et le soir, quand j’ai fini de bosser et couché les enfants, je peux enfin m'y coller. La musique me coûte bien plus qu’elle ne me rapporte. Les salles de concert sont de plus en plus rares et fauchées. Nous sommes très souvent payés au lance-pierres. Mais on le fait parce que comme Johnny, on a ça dans le sang ! "

Après un premier album, "To Sing in french" paru le 31 janvier 2023, le deuxième album, intitulé "Battlestation" est paru le 29 aout 2025. Il comprend treize titres.

LE CONCERT. Nous sommes positionnés en deuxième rang, entre les pupitres du chant et de la basse. Très vite, nous sommes rassurés par la qualité de la sonorisation, qui profite de l'excellente acoustique de la salle. La scène est un peu réduite par la place prise pour les instruments du groupe suivant, mais les quatre pupitres parviennent à s'exprimer sans dommage. L'éclairage, davantage porté sur les tons rouges, m'a semblé un peu trop sombre et limité, la pénalité que subissent la plupart des invités.

Outre la chanteuse guitariste Lucie Germser, le quatuor est composé d'Enzo Metro à la guitare, Mitch Livas à la batterie (qui fête son anniversaire aujourd'hui !). La basse (et les chœurs) est assumée par une aussi mystérieusement anonyme que ravissante Laura, dite "Cosmic Girl". On n'en saura pas davantage…

L'auditoire a pu être convaincu avec des accords et refrains entraînants, une fougue collective menée par une voix féroce et sincère qui force l'intérêt. Le groupe français chante en anglais, mais Lucie a la bonne idée de souvent présenter le thème de ses chansons pour les présenter. Les interventions incisives d'Enzo sont appréciées. La base rythmique (batterie/basse), est bien en place et contribue efficacement à l'entrain général.

On perçoit les influences, tels que L7, METALLICA et plus globalement les groupes anglo-saxons des 90’s, que la chanteuse ne cache pas avoir admiré en visionnant les clips sur MTV de l'époque. D'ailleurs, elle a souligné sa fierté de jouer ce soir sur les planches où avait joué NIRVANA. En effet, le 1er décembre 1989, le groupe américain a donné son premier concert français dans cette modeste MJC des Hauts-de-Seine, devant 214 personnes !

Le public semble poliment enthousiasmé, il chante et danse, mais notre présence dans les premiers rangs ne sera pas bousculée. Les musiciens quittent la scène avec les ovations méritées.

L'échoppe sera prise d'assaut, les albums se vendront bien. Il faut dire que les musiciens se sont montrés agréables et disponibles pour des discussions et des autoportraits délirants. Je soutiens volontiers ce groupe prometteur, en achetant le CD du récent album.

PROGRAMME
(à déterminer)


KOMODRAG & THE MOUNODOR [21h10-22h35]
https://www.youtube.com/@komodragandthemounodor
https://komodragantthemounodor.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/komodragandthemounodor/

Le parcours du groupe, et de sa genèse, a été abondamment commenté dans les médias bretons, dont la consultation m'a permis de relater, sur mes deux précédents récits [ ici ], une partie de leur biographie déjà riche. Je rappelle seulement ici que KOMODRAG & THE MOUNODOR constitue une fusion de deux autres formations ; KOMODOR d'une part et de MOUNDRAG d'autre part. Cette union n'est en aucune manière un faire-part de décès ; ces deux groupes sont bel et bien vivants ! D'ailleurs, chacun va bientôt promouvoir un nouvel album ; MOUNDRAG sera en concert le jeudi 5 Mars 2026 au Petit-Bain et KOMODOR sera en concert le jeudi 26 mars 2026 à La Maroquinerie.

Quant à l'Entité ici formée, elle est représentée par un premier album " Green Fields of Armorica ", qui est paru le 20 octobre 2023. Un album qui avait été enregistré dans l'urgence d'un succès fulgurant, après des premières prestations particulièrement convaincantes. Plus récemment, deux nouveaux monoplages " Stone In The Field " et " Ready For The Boogie " sont parus en 2024, et seront probablement insérés dans un nouvel album à venir.

LE CONCERT. Nous retrouvons le confort acoustique de la première partie de soirée. Aucun excès sonore ne viendra pénaliser la prestation ; sans mes protections auditives, je pourrai ressentir pleinement les sensations. L'éclairage s'est intensifié et clarifié pour une scène densément occupée par le septuor qui demeure composé de Camille "Organ Fury" Goellaen-Duvivier (Orgue), Colin "Dr Mad Drum" Goellaen-Duvivier (batterie, chant), Gaëtan "Goudzou" Convert (basse, chant), Yves-Marie "Slyde Barnett" Cariou (guitare, chant), Ronnie Calva (guitare), et Elrik "Monroe" Morvan (batterie), et Melin Le Bigot (guitares, chant, percussions).

Grâce à ces excellentes conditions, je retrouve rapidement les émotions provoquées par cette déflagration de rock, dont les sonorités évoquent la période psychédélique des années 70, totalement maîtrisées ! Le son du clavier, les guitares incandescentes et harmonieuses, les voix incantatoires ou douces selon les séquences et une énergie brute et explosive. Tout contribue à créer et à entretenir une transe collective irrépressible, même parmi la large part des auditeurs venus découvrir ces fous furieux bretons. De nouveaux adeptes ont été assurément recrutés ce soir encore !

Bien sûr, le programme a peu évolué depuis notre récente découverte de cette formation, qui en est encore à ces prémices. Mais on redemande volontiers de revivre ces instants privilégiés qui nous accordent une salvatrice parenthèse dans un quotidien morose. Et puis, leur attitude est tellement sincèrement orientée pour la fête, que le public ne peut que se laisser emporter dans un délicieux tourbillon aux parfums de patchouli et d'encens exotiques. Les auditeurs sexagénaires voyagent dans l'espace-temps, les plus jeunes peuvent imaginer l'époque avec une relative frustration. Mais toutes les générations s'accordent pour s'enivrer de ce bal évocateur.

La prestation est similaire à celle de Tremblay (et donc plus étendue qu'à Raismes), mais cette fois point d'invité pour partager la scène. Nous sommes quelques-uns à avoir nourri un vœu naïf de voir intervenir Lucie Sue durant un "Voodoo Love", ce qui n'aurait pas manqué d'accentuer encore la folie ambiante. Mais bon, disons que la taille de la scène aurait pu rendre l'opération un peu compliquée...

La complicité entre les musiciens est flagrante, ils se partagent les interventions avec une redoutable efficacité. Les sourires et les accolades trahissent un bonheur collectif, une fraicheur d'esprit absolument réjouissante.

L'auditoire a été d'autant plus conquis que, comme à leur habitude, les plus exubérants "Goudzou", "Monroe" et "Slyde Barnett" sont venus fendre la foule comme pour l'exalter encore davantage. Ce dernier allant même jusqu'à confier sa guitare aux spectateurs pour clore le spectacle ! Chacun y a allant de sa gratouille pour ajouter à la cacophonie finale !

PROGRAMME
Bande son introductive hawaïenne
1.         Ready to Boogie (monoplage, 2024)
2.         Born in a Valley (Green Fields of Armorica, 2023)
3.         Brown Sugar (Green Fields of Armorica, 2023)
4.         Stone in the Field (monoplage, 2024)
5.         Fleeing Soldier (Green Fields of Armorica, 2023)
6.         It Could Be You (Green Fields of Armorica, 2023)
7.         Green Fields of Armorica (Green Fields of Armorica, 2023)
8.         Voodoo Love (Green Fields of Armorica, 2023)
9.         Marie France (Green Fields of Armorica, 2023).
RAPPEL :
10.       If I Were a King (Green Fields of Armorica, 2023)
11.       We're an American Band (reprise de Grand Funk Railroad [1973])
12.       Ramblin'Rose (reprise de MC5 [1970], qui l'avait repris de Jerry Lee Lewis [1962]).

Leur opération séduction fonctionne totalement ; l'échoppe a de nouveau été envahie massivement par une nouvelle horde d'admirateurs fraichement conquis ; ceux qui voulaient acquérir CD, vinyle ou t-shirts devaient s'aligner dans une longue file !

Pour notre part, nous avons profité de la grande disponibilité des musiciens qui, fidèles à leur habitude, se rendent accessible pour discuter, échanger les impressions, poser pour des portraits, dans la joie et la bonne humeur.

La capacité de KOMODRAG & THE MOUNODOR à agiter les foules ne s'est pas démentie ce soir. L'avenir dira si le septuor s'inscrira dans la durée pour surmonter les aléas d'une vie de groupe ; en tout cas on lui souhaite (h)ardement ! Pour ma part, j'attends le mois de mars pour découvrir leur facette originelle…




vendredi 26 septembre 2025

PROG ROCK FEST PARIS 2025 - Casino de Paris (Paris 09) – 26 et 27 septembre 2025.


CONTEXTES POUR NOTRE MICROCOSME DE MELOMANES :

Ce festival était l'occasion de réunir toute notre communauté de passionnés du rock progressif. Mais c'était sans compter sur le Crabe qui nous a ôté notre amie Marie-Antoinette, alias "Montague Miel", qui a brutalement disparu à la surprise générale, en ce mois de septembre, deux ans après Thierry…

Le 11 avril dernier encore, authentiquement passionnée, elle nous distribuait des bougies à brandir pendant le concert de Lazuli, ici même au Casino de Paris. Marie-Antoinette et sa peluche habillée des t-shirts des concerts consciencieusement élaborés, vont nous manquer avant, pendant et après nos concerts ; à commencer par ce festival qu'elle avait pourtant coché sur son calendrier…

Nonobstant, cet évènement aura permis de faire converger nos amis venus d'Aveyron, de Picardie, de Suisse, de Belgique et de partout en France ! Tous autant que nous sommes, tenterons d'oublier nos tracas quotidiens le temps du Festival…

Ces dernières années, des festivals français et européens spécialisés dans le rock progressifs se sont arrêtés (tels que le NOTP et le PeB en 2024). D'autres ont vu le jour (tel que le MidWinter). Cependant, avec un courage animé par la passion, Cédric Segal et son équipe ont organisé ce premier festival de rock progressif dans Paris. Je rends hommage à cette heureuse initiative qui a nécessité sans doute beaucoup d'efforts et d'abnégation pour parvenir à maintenir cet honorable objectif.


CONTEXTE POUR IQ : Après une vingtaine d'années sans être revenus à Paris, IQ avait ravi l'auditoire du Café de la Danse, le 21 septembre 2024. Cette satisfaction semble avoir été réciproque puisque peu de temps après, courait la rumeur d'un "IQ WEEKEND" à Paris. Cette rumeur a finalement pris la forme d'un festival, sous la houlette de Cédric …

Un concept qui pouvait a priori paraître plus raisonnable, compte tenu de la fiabilité d'un public français trop peu nombreux, il faut bien le reconnaitre... L'idée de réunir une palette de rock progressif autour d'IQ avait de quoi attirer et aurait dû/pu remplir cette salle qui revendique une capacité de deux mille spectateurs.

Nonobstant, en dépit de toute la bonne volonté et de la louable énergie déployée par l'Organisation, il y avait beaucoup d'espaces vides le premier soir. Un peu moins de second.

Ce regrettable constat pourrait mettre en péril la pérennité de l'initiative, car en ce bas monde tout a un coût et le défaut de rentabilité entravera toujours toute utopie. La quête d'équilibre financier est un enjeu majeur.

Parmi les causes probables du peu d'affluence, on ne peut pas ignorer cette part de mélomanes qui ont déclaré être réticents à payer un ticket, dont le montant est estimé d'autant plus onéreux au regard de quatre groupes inscrits à l'affiche, pour cinq concerts sur deux soirées…

Alors, comparaison n'est pas raison, certes, et les conseilleurs ne sont pas les payeurs… Les arbitrages pour préserver à la fois la sécurité financière et l'intérêt de l'évènement, sont évidemment compliqués. Mais j'observe que le MARILLION WEEKEND parisien, qui s'était tenu dans cette même salle, le 11 avril dernier, était lui aussi onéreux. Certes, le Casino de Paris est un auditorium splendide, dont l'acoustique est excellente. Mais est-il est permis de se demander si la location de ce prestigieux écrin ne fut pas trop audacieux…

Les pistes de réflexion pour organiser la prochaine édition, pourraient-elles conduire à changer de site ? à réduire la voilure à une journée ?? Après tout, mieux vaut un petit festival en banlieue, que pas de festival du tout…

Quoi qu'il en soit, j'ai acquis nos tickets dès le 12 février 2025, surtout motivé pour revoir non pas un mais deux concerts d'IQ !  Même si, parmi les artistes invités, seul THE WATCH, un groupe hommage, constituait une découverte pour moi et ma P'tite Fée. Nous étions néanmoins ravis de revoir RPWL. S'il est difficile de satisfaire toutes les sensibilités, disons qu'avec le recul, c'était déjà bien, pour une première édition d'un festival de rock progressif dans Paris !

Et puis, l'autre paramètre agréable, c'est le plan de passage des artistes qui ne débute pas trop tôt dans l'après-midi ! Cela laisse le temps aux festivaliers de se restaurer et d'arriver détendu sur le site. En outre, rester réceptif et debout de midi à minuit devient une gageüre pour beaucoup d'entre nous (…)


Le vendredi 26 septembre

A l'ouverture des portes, la désinvolture du personnel du Casino constatée au printemps dernier, se renouvelle ; il avait laissé délibérément les files d'attente se former, avant de les redéfinir malicieusement à la dernière minute. Ce manque d'égard pour les plus passionnés peut agacer. Malheur aux premiers arrivés…

Cet agacement à peine surmonté, lorsque nous présentons nos tickets aux contrôleurs du Casino, leurs lecteurs ne parviennent pas à valider le QR code ! Nous sommes quelques dizaines de victimes dans le même embarras, a devoir s'agglutiner dans une cohue devant le guichet pour la délivrance d'un Sésame en bonne et due forme…

De surcroît, l'accueil chaotique (pour ne pas dire irrespectueux) des PMR n'aura pas contribué à grandir l'image de la France pour les festivaliers venus de l'étranger. Les urinoirs tous bouchés en seconde soirée, viendront ensuite sublimer l'impression.

A ce stade, on pouvait donc s'inquiéter de la suite du Festival … Mais, le produit des efforts conjoints de l'Organisateur du Festival et des équipes techniques (Les changements de plateaux, la sonorisation, le respect des horaires et les échoppes …) fut à la hauteur des attentes ! Bravo encore une fois !!


KARNATAKA [19h05-20h20]. (ANGLETERRE)
https://www.karnataka.org.uk/
http://www.youtube.com/channel/UCgejaVIWDijAax6kjqXakuQ

KARNATAKA a été fondé au Pays de Galles, en 1997, par Ian Jones (basse/guitare acoustique), Jonathan Edwards (claviers) et Rachel Jones (chant). La biographie est segmentée en plusieurs ères, car dans les faits, le concept est devenu avant tout le groupe de Môssieur Ian Jones…

J'avais été séduit par KARNATAKA, ère Hayley Griffiths en 2017, après avoir assisté aux festivals Crescendo le 19 aout 2017, puis Prog en Beauce le 29 octobre 2017. Ces deux concerts se cadraient dans la tournée "Secrets of Angels". La vitalité et l'harmonie, que j'avais perçu lors de la remarquable (euphémisme) prestation de la chanteuse Hayley Griffiths, du guitariste Enrico Pinna et du batteur Jimmy Pallagrosi, était de nature à prévoir un beau parcours à venir. Il paraissait évident que ces musiciens s'étaient pleinement investis dans l'aventure. … Pourtant, quelques semaines plus tard, ils étaient tous congédiés, par le Patron. Le Créateur décide de virer systématiquement son entourage dès qu'il estime vouloir passer à autre chose… Ce qui peut certes paraitre artistiquement respectable, mais humainement beaucoup moins.

En tout état de cause, on observe que le " KARNATAKA's IAN JONES BAND " peine décidément à se stabiliser, puisque s'il demeure composé (pour combien de temps encore ?) de la (quatrième) chanteuse Nicola "Sertari"  Knight (chant, aaah mais !… depuis 2018, quand même !), et de Luke Machin (guitares, depuis 2018, membre de CYAN), en revanche les deux autres strapontins (ou sièges éjectables) sont désormais occupés par Rob Wilsher (claviers, depuis 2023), et Jack Summerfield (batterie, depuis 2023).

Leur sixième album "Requiem for a Dream", est paru le 28 juillet 2023.

Nous avons découvert cette nouvelle mouture lors du Festival Night of the Prog le 20 juillet 2024. Avec l'objectivité requise, je dois reconnaitre que j'ai de nouveau été séduit. Car, une nouvelle fois, le bougre est parvenu à s'entourer de talents. En particulier celui du guitariste Luke Machin, dont j'ai déjà admiré toute l'adresse et la sensibilité en le voyant officier au sein de CYAN. Mais aussi celui de la chanteuse Sertari dont le timbre, la tessiture et le charisme sont remarquables.

Ce soir encore, la prestation est agréable en tous points. La sonorisation extériorise le chant pendant quelques minutes. Cela tarde un peu à s'équilibrer, mais peu à peu, on pourrait se laisser bercer par les mélodies entrainantes, souvent ponctuées d'admirables soli du Grand Luke. Cependant, l'ensemble lissé à l'extrême finit par me lasser quelque peu. Les limites du genre néo-prog sont poussées aux confins d'une pop gentillette. C'est certes mignon, cela semble plaire à une bonne partie de l'auditoire, mais nous sommes quelques-uns à attendre en vain les caractéristiques du rock progressif, avec ses ruptures et ses digressions rythmiques.

La part conquise du public ovationne chaleureusement les musiciens qui n'ont pas démérité dans leur genre.

Même si je suis sensible aux qualités vocales (mais aussi esthétiques ; au Diable l'hypocrisie) de Sertari, mes applaudissements s'adressent plus particulièrement à Luke Machin, qui décidément confirme encore ici sa finesse de jeu.

Plus tard dans la soirée, j'aurai le plaisir de rencontrer Luke dans le hall ; il est modeste et très accessible. Il m'apprend qu'un nouvel opus de CYAN est en cours. Et puisqu'il est proche de Peter Jones, il me confirme hélas que CAMEL demeure moribond.

Sur cinq titres, la période la plus récente est privilégiée, avec trois issus de "Requiem for a Dream", mais fait notable, "Secrets of Angels" est boudé, pour laisser place à deux opus plus anciens "Delicate Flame of Desire" et "The Gathering Light".

PROGRAMME
1.        The Serpent and the Sea (The Gathering Light, 2010)
2.        All Around the World (Requiem for a Dream, 2023)
3.        Forgiven (Requiem for a Dream, 2023)
4.        Heart of Stone (Delicate Flame of Desire, 2003)
5.        Requiem for a Dream (Requiem for a Dream, 2023).


IQ [20h40-22h30] (ANGLETERRE)
https://www.thewatchmusic.net/
http://www.youtube.com/@TheWatchband

POUR RAPPEL : Ce quintet britannique, cofondé en 1981 par Mike Holmes et Martin Orford, s'inscrit dans la mouvance du rock néo-progressif, à l'instar de ses contemporains MARILLION et PENDRAGON. Ses musiciens sont parfois partis pour revenir, parfois non. Le groupe a surmonté ses instabilités ; Actuellement, le pilier Mike Holmes (guitares, claviers, chœur depuis 1981) est entouré de Tim Esau (basse, chœur de 1981 à 1989, et depuis 2011), Peter Nicholls (chant de 1982 à 1985, et depuis 1989), Paul Cook (de batterie 1982 à 2005, et depuis 2009), Neil Durant (claviers depuis 2011).

Le treizième album, "Dominion" est paru le 28 mars 2025.

Personnellement, j'ai hélas tardé à voir sur scène ce groupe pourtant majeur de l'univers néo-progressif. Je les écoute depuis 1988 (peu après la parution de "Nomzamo"), mais je n'ai assisté à un premier concert que le 22 juin 2019, à l'occasion du festival Midsummer. Puis le 19 juillet 2019 lors du Night of the Prog festival, et enfin le 21 septembre 2024 au Café de la Danse à Paris ! Nonobstant, avec le recul, je m'accorde une circonstance atténuante ; il me semble que le groupe n'a valorisé réellement ses longs morceaux aux arrangements et aux harmonies complexes, qu'à l'occasion du retour de Peter Nicholls et de l'enregistrement de "Ever", qui est paru le 1er juin 1993.

Le concert débute avec un titre issu de "The Road of Bones" qui nous séduit immédiatement grâce à une sonorisation qui me semble parfaitement équilibrée, comme le dispositif d'éclairage. En fond de scène, trois écrans diffuseront les illustrations. Les trois pupitres alignés de Peter, Mike et Tim me paraissent un peu trop éloigné du public.

Je retrouve avec bonheur les sensations inhérentes aux atmosphères à la fois mélancoliques et oniriques qui sont développées avec une grande sensibilité par ces musiciens.

Sans s'embourber dans des préjugés stupides, force est d'admettre que Mike Holmes semble insignifiant physiquement, et pourtant ses soli s'imposent avec une élégance et une émotion à faire pleurer le plus féroce des prédateurs ! A mon sens, il n'aurait pas à rougir de la comparaison avec les plus grands.


L'autre personnage qui focalise l'attention, c'est bien sûr Peter Nicholls, dont la sobriété gestuelle ne nuit absolument pas à un charisme maitrisé. Son allure triste, voire désespérée, est assortie à une voix dotée d'un timbre qui exprime davantage la détresse que la joie de vivre. Et cependant, la beauté des mélodies invite davantage à l'extase qu'à la neurasthénie. J'admire particulièrement sa constante maitrise des tonalités mineures, car elle requiert un vrai talent pour maintenir la justesse des harmonies produites avec les claviers et guitare.

Pour accentuer ces atmosphères enivrantes, il fallait encore pouvoir compter sur un accompagnement à la fois harmonieux, éloquent et puissant ; toutes choses que maitrisent Neil Durant, avec ses accords et nappes splendides, ainsi que Paul Cook et Tim Esau, avec leur interventions relativement discrètes mais indispensables.

Alors que j'applaudis vivement à chaque session, je mesure la chance de pouvoir apprécier cette Musique qui m'enivre et me réconforte ; j'ai une pensée émue pour les malheureuses oreilles hermétiques.

Pendant les chansons, les auditeurs semblent comme engourdis, mais la satisfaction est suffisamment stimulante pour acclamer les pilotes du vaisseau IQ. Le rappel s'impose à tous, bien évidemment.

Près de deux heures (1h50) ont ainsi passé à l'insu général. Avec douze titres, IQ a évoqué neuf albums parus sur quatre décennies. Deux titres sont issus de "Dominion" (2025), un de "Resistance" (2019), trois de "The Road of Bones" (2014), un de "Frequency" (2009), un de "Dark Matter" (2008), un de "The Seventh House" (2001), un de "Subterranea" (1997), un de "Ever" (1993), et un de "The Wake" (1985).

PROGRAMME
1.        From the Outside In (The Road of Bones, 2014)
2.        Sacred Sound (Dark Matter, 2008)
3.        Subterranea (Subterranea, 1997)
4.        Guiding Light (The Seventh House, 2001)
5.    Never Land (Dominion, 2025)
6.    The Wake (The Wake, 1985)
7.    Shallow Bay (Resistance, 2019)
8.    Far from Here (Dominion, 2025)
9.    The Road of Bones (The Road of Bones, 2014)
10.    Closer (Frequency, 2009)
11.    Further Away (Ever, 1993).
RAPPEL :
12.    Ten Million Demons (The Road of Bones, 2014).

Je ne peux pas quitter la salle sans me procurer à l'échoppe le t-shirt de la tournée d'IQ. Compte tenu du relatif éloignement du site (une petite heure de transports en commun), nous sommes contraints de ne pas nous attarder, et de couper court aux conversations passionnées.



Le samedi 27 septembre

RPWL [17h-18h10]. (ALLEMAGNE)
https://www.rpwl.net/
http://www.youtube.com/@RPWLtv

RPWL (initiales des quatre membres fondateurs du groupe, à savoir Risettion-Postl-Wallner-Lang, dont les deux premiers sont partis) est un groupe de rock progressif allemand fondé à Freising (Bavière), en 1997. Le groupe se donnait alors pour vocation de reprendre du Pink Floyd. Après trois années à jouer la musique des autres, ils ont créé peu à peu leur propre musique, basée sur leurs influences de l'époque, du rock progressif psychédélique. Un parcours similaire avec celui de MOSTLY AUTUMN, même si les Anglais ont davantage incliné sur le versant folk.

J'ai eu plaisir à assister à leur concert à l'occasion du festival Midsummer le 25 juin 2022, puis à celui du festival The Night of the Prog le 24 juillet 2022. J'ai davantage apprécié leur deuxième prestation ; peut-être en raison de l'ajout de deux choristes, Caro von Brünken et Carmen Tannich Wallner, qui avaient singulièrement valorisé les chansons.

Leur huitième album studio, "Crime Scene" est paru le 17 mars 2023.

Jürgen "Yogi" LANG (chant, claviers, depuis 1997) et Karlheinz "Kalle" WALLNER (guitare, depuis 1997), sont maintenant entourés de Marc TURIAUX (batterie, depuis 2008), Markus GRÜTZNER (basse, depuis 2022) et "Butsch Keys"(?) (claviers, depuis 2022). Je suis soulagé de la présence des deux choristes déjà participantes en 2022 à Sank-Goarshausen, Caro von Brünken et Carmen Tannich-Wallner.

En fond de scène, un vaste écran diffusera des mini-films et images d'illustrations.

D'emblée, la présence des deux choristes apporte indéniablement une profondeur aux émotions, elles brillent par leur timbre puissant et par leur éloquence. Leur tessiture se limite à une portée intermédiaire, mais avec la sensibilité et la justesse requises pour émouvoir.

Parmi les séquences intenses de la prestation, cet ancien groupe d'hommage à Pink Floyd, nous accorde une excellente reprise de "Welcome to the Machine".

La similitude du timbre de Yogi avec celui de la voix de David Gilmour est troublante. Il n'en trahit aucunement la sensibilité mélancolique. Quant à Kalle, il excelle dans des soli magnifiquement délicats et émouvants. Le bassiste, à la stature imposante, semble s'être bien intégré au groupe, et contribue avec le batteur et le clavier à soutenir efficacement toute la force émotionnelle des compositions.

L'ensemble de la prestation de ce soir vient me rappeler combien ces Allemands devraient pouvoir compter sur un succès mérité. L'ovation ardente de l'auditoire entretient une satisfaction générale.

© Hervé

Outre l'émouvante reprise de PINK FLOYD, RPWL puise dans cinq albums pour exprimer neuf titres, dont trois issus de "World Through My Eyes" (2005), deux de "Beyond man and time" (2012), un de "Tales from outer Space" (2019), un de "Crime Scene" (2023), et un de "God Has Failed" (2000).

PROGRAMME
1.        Victim of Desire (Crime Scene, 2023)
2.        Sleep (World Through My Eyes, 2005)
3.        A New World (Tales from outer Space, 2019)
4.        3 Lights (World Through My Eyes, 2005)
5.        The Shadow (Beyond man and time, 2012)
6.        Welcome to the Machine (reprise de PINK FLOYD, 1975)
7.        Hole in the Sky (God Has Failed, 2000)
8.        Unchain the Earth (Beyond man and time, 2012).
RAPPEL :
9.        Roses (World Through My Eyes, 2005).

J'ai trop hésité à me procurer leur t-shirt à l'échoppe. J'ai sans doute trop hésité également à me rapprocher de Yogi et Kalle notamment, qui semblaient pourtant abordables et souriants. Bah, on se reverra !


THE WATCH [19h-20h]. (ITALIE)
https://www.thewatchmusic.net/
http://www.youtube.com/@TheWatchband

Je ne connaissais que de réputation ce groupe italien, qui est composé d'authentiques passionnés et garants de l'héritage de Genesis, et qui est surtout focalisé sur l'ère des années septante.

Je constate qu'il a été initialement formé en 1997 sous le nom de THE NIGHT WATCH. Par ailleurs, le groupe a publié son premier album original, "Twilight" avant de se séparer en 2000. Seul, le chanteur Simone Rossetti a décidé pourtant de continuer l'aventure sous le nom de THE WATCH. Puis, ses éphémères complices le laissent de nouveau seul dès 2008.

Mais il est toujours là envers et contre tout. Simone Rossetti (chant, flûte traversière, depuis 1997) est actuellement entouré de Valerio de Vittorio (claviers, depuis 2009), Mattia Rossetti (fils de Simone Rossetti, à la basse, depuis 2014), et Francesco Vaccarezza (batterie, depuis 2022). Giorgio Gabriel (guitare, depuis 2008) remplace Andrea Giustiniani, qui est cependant toujours cité à ce jour sur le site officiel...

Un neuvième album studio original, "The Art of Bleeding" est paru le 24 septembre 2021.

Nonobstant, ce soir THE WATCH annonce uniquement recréer l’univers musical de Genesis.

La sonorisation est bien équilibrée et permet à l'auditeur de très vite s'immerger dans l'atmosphère grâce un respect total de l'âme de Genesis. Chaque musicien est totalement investi dans ses fonctions ; Simone exprime religieusement les partitions vocales et à la flute traversière, Giorgio va jusqu'à mimer l'attitude de Hackett en restant assis le plus souvent… Ils appliquent consciencieusement les subtilités harmoniques entre les différents pupitres. 

Les plus fins connaisseurs du groupe légendaires sont séduits, ce qui n'est pas une mince appréciation quand on connait l'exigence que requiert l'exécution de cette musique à la fois complexe et onirique ! Même ma P'tite Fée, pourtant réticente a priori, a été emportée par ce vent nostalgique ! Pour ma part d'appréciation, il m'a semblé que sur certains segment le chanteur manqua un peu de tessiture, mais mettons cela sur le compte de l'émotion. Car visiblement, sur scène on les ressent tous très investis dans leur mission.

Bref, pari réussi pour les Italiens. Autant la prestation des Canadiens de Musical Box au NOTP ne m'avait pas ému, autant celle-ci est parvenue à me séduire, et à m'imaginer en présence de l'Original !

De la liste de dix chansons prévues, quatre titres ont été abandonnés. Simone Rossetti s'en est excusé (sans que j'en comprenne l'explication). Dommage car les six titres en appelaient volontiers d'autres !

PROGRAMME
1.        The Knife (de Genesis, Trespass, 1970)
2.        Watcher of the Skies (de Genesis, Foxtrot, 1972)
3.        I Know What I Like (In Your Wardrobe) (de Genesis, Selling England by the Pound, 1973)
4.        Firth of Fifth (de Genesis, Selling England by the Pound, 1973)
5.        In the Cage (de Genesis, The Lamb Lies Down on Broadway, 1974).
RAPPEL :
6.        Supper's Ready (reprise de Genesis, Foxtrot, 1972). 


IQ [20h35-22h35]
https://www.iq-hq.co.uk/
http://www.youtube.com/@IQUK

Lorsque Peter Nicholls annonce que l'intégralité de leur dixième opus, "Frequency", qui est paru le 26 mai 2009, sera interprétée, je suis absolument ravi car il s'agit de l'un de mes albums préférés de leur discographie.

Cependant, avec le recul, je m'étonne que "Closer", titre magnifique au demeurant, fut joué une deuxième fois… D'autant plus que, "Never Land" et "Far From Here", issus de l'album "Dominion", furent également joués une deuxième fois ce soir, alors qu'il m'aurait semblé plus opportun de promouvoir le récent album paru cette année, avec des titres tels que "No Dominion" par exemple.

Dans le même ordre d'idée, IQ persiste à jouer "No Love Lost", certes un joli titre, mais déjà joué aussi l'an dernier au Café de la Danse…

Mais bon, notre exigence d'auditeur peinerait à satisfaire toutes sensibilités dans la salle, de toutes façons, et j'imagine que ces choix artistiques sont sans doute justifiés d'une manière ou d'une autre. Et puis honnêtement, je n'ai même pas eu le sentiment de redondance au cours de la soirée !

Bref, la sélection n'en fut pas moins réjouissante, et comme la veille, elle a évoqué les quatre dernières décennies.

Seul incident notable, cette maudite corde qui lâche la guitare de Mike Holmes sur le solo final de "Headlong" !

L'auditoire ne manque pas d'ovationner la prestation, une réaction qui semble toucher les musiciens.

©Hervé

Durant ces deux heures somptueuses, IQ a privilégié cinq albums, avec treize titres, dont sept issus de "Frequency", deux de "Dominion", deux de "Ever", un de "Nomzamo" et un "The Wake".

PROGRAMME
1.        Frequency (Frequency, 2009)
2.        Life Support (Frequency, 2009)
3.        Stronger Than Friction (Frequency, 2009)
4.        One Fatal Mistake (Frequency, 2009)
5.        Ryker Skies (Frequency, 2009)
6.        The Province Of The King (Frequency, 2009)
7.        Closer (Frequency, 2009)
8.        No Love Lost (Nomzamo, 1987)
9.        Never Land (Dominion, 2025)
10.    Leap of Faith (Ever, 1993)
11.    Far from Here (Dominion, 2025)
12.    Headlong (The Wake, 1985).
RAPPEL :
13.    The Darkest Hour (Ever, 1993).

 

Ce festival en appelle un autre bien entendu ; on se demande déjà qui sera à l'affiche en 2026 !